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-9- POLÉMIQUE QUAND TU NOUS TIENS !

Les cendres de la cathédrale Notre-Dame de Paris ne sont pas encore froides, que déjà s’installent le ridicule et la médiocrité d’une polémique : comment dépenser autant d’argent pour de vieilles pierres ? 
Certes, l’homme doit pouvoir vivre de son salaire et face à cela, la société ne remplit pas son devoir.
Certes, l’homme a droit à des soins de santé, à une retraite décente, à un accès à la justice ... et là encore, un chemin pharaonique reste à parcourir.
Certes, l’homme doit être respecté dans sa dignité, dans son droit au travail. Il a droit à une existence qui ne soit pas de la survie ... et là, que de lacunes économiques et financières !
Mais soyons sérieux : l’homme ne vit pas seulement de pain ...

Quand la cathédrale s’enflamme, c’est une partie du patrimoine national qui s’envole en fumée. Ce n’est pas seulement une église, faite de pierres et de bois. C’est une œuvre humaine qui a nécessité des heures de travail de la part d’artisans et d’artistes fiers de leur savoir-faire.
Quand la cathédrale prend feu, c’est le cœur d’une nation qui s’effondre, un cœur imprégné par la reconnaissance du monde entier et par la fierté d’un peuple.
Quand la cathédrale s’effondre, c’est le livre de souvenirs d’une nation, ce sont des siècles d’Histoire qui s’envolent en poussière, anéantissant la grandeur dont l’homme est capable.

Je ne crois pas aux coïncidences, et les miracles ne sont pas pour moi une carotte pour avancer.
Ce drame français n’intervient pas à n’importe quel moment !
Le feu s’installe comme pour ponctuer l’incendie qui embrase depuis cinq mois, les rues des villes de France. Une colère juste qui n’est pas écoutée, qui n’est pas rencontrée. Elle vient réunir un peuple qui va mal, un peuple qui demande le respect, un peuple qui a le droit d’être entendu.
À Notre-Dame, c’était le feu !
Dans les rues, c’est la colère des gilets jaunes !
Et s’il y avait là un même visage, un même combat, dont la grandeur de l’homme et sa valeur sont le centre ?
Certes, cela fait beaucoup d’argent !
Certes, cela fait sortir du bois des familles qui ont les moyens de participer à la vie sociétale sans répondre à ce qui devrait être un devoir.
Et si nos racines valaient ce prix-là, en n’oubliant pas – en même temps - l’insupportable de la misère de l’homme.
Victor Hugo a écrit « Notre-Dame de Paris. Il a aussi écrit « les Misérables » !

Ce drame intervient aussi au début de la semaine sainte des Catholiques qui, jusque-là, n’a guère intéressée les médias.
C’est une croix qui prend feu, plantée dans un monde qui va mal et qui pleure.
C’est une croix qui se brise, révélant un monde et une Église qui se brise : l’Église des scandales et la société des humains divisés et déchirés.
L’Église des compromis et des intolérances et la société des laissés pour compte et des défigurés de tous genres.
L’Église des tièdes et la société des sectaires.
L’Église des intégrismes et le monde des conflits, des destructions, des courses au pouvoir, des inégalités ...
Les jours de l’homme et les jours de Dieu seraient-ils d’éternels vendredis-saints ?
Le chemin de Dieu, de sa pauvreté ne sont-ils pas le chemin de l’homme et de sa désespérance ?
La destruction de Notre-Dame est un cri. Elle invite à casser tout ce qui détruit l’homme, socialement et économiquement et à purifier une Église qui doit enfin retourner à l’essentiel.
Ce cri sera-t-il entendu ?

Ce drame s’en vient mettre en lumière les actes de vandalisme et les destructions qu’ont subi les églises, dans l’indifférence générale, ces derniers temps.
Ces yeux n’auraient jamais pu rester fermés ainsi s’il avait été question d’une mosquée ou d’une synagogue ou encore d’un cimetière juif !
En écrivant cela, mon propos n’est pas de caresser un racisme facile ... il s’agit d’une simple constatation  !
Un exemple de cela : l’église Saint-Sulpice à Paris a été la proie des flammes, elle aussi, sans que cela n’attire les regards de la presse.
On ne compte plus les actes malveillants et intolérants qui ont atteint des Catholiques qui ne nuisaient à personne.
Serions-nous revenus à l’époque des catacombes, laissant là le temps des cathédrales qui fut une illumination de notre civilisation ?
L’homme a droit à ses croyances. Il a droit à sa vie spirituelle. Il a droit au respect et à la tolérance, tout comme il a le devoir d’en être le signe (ce qui, ces dernières années, ne fut pas toujours le cas !)
Si, dans un pays laïc, la religion fait partie de la vie privée, cela ne signifie pas qu’elle doit être « incendiée » et vilipendée.

Ce drame s’en vient, enfin, secouer une communauté chrétienne qui s’enfonce dans la démoralisation. Les églises se vident, les séminaires sont à l’abandon, les Chrétiens vieillissent ...
Autour de Notre-Dame, ils étaient des milliers, croyants et incroyants, à se recueillir, à se taire face à ce bâtiment qu’ils ne réchauffent plus par leur présence.
Certes, l’homme d ‘aujourd’hui se pose bien des questions. Il est en recherche de bien des réponses quant au sens de son existence, ou encore face à sa quête de bonheur. Il a souvent l’impression que les mots de l’Église sont en inadéquation avec son attente, pire, qu’elle « dit mais ne fait pas ». Les scandales de ces dernières années en ont été des exemples foudroyants ! De là à penser qu’elle ne sert à rien, il n’y a qu’un pas !
Que les Chrétiens entendent l’appel de ce sinistre : ne laissez pas détruire votre feu, mais offrez-nous le témoignage d’une Espérance, d’une Résurrection.

Tout cela mérite-t-il une polémique ?
Je préfère ces quelques mots de Francis Cabrel : « On a dressé des cathédrales, des flèches à toucher les étoiles, dit des prières monumentales. Qu’est-ce qu’on pouvait faire de mieux ? »

Guy De Smet (17 avril 2019)

-8- JÉSUS TOMBE POUR LA QUATRIÈME FOIS

Lundi saint, entrée dans la semaine sainte ... celle de la Foi des Chrétiens, celle d’un Dieu qui chemine, main dans la main, avec l’homme.
Dans la soirée, une colonne de fumée et de feu déchire le ciel de Paris.
La cathédrale, ce joyau de l’art gothique est en feu, sans que nous en connaissions la raison.
La flèche s’effondre. Des milliers d’arbres, transformés par nos ancêtres en charpente depuis le XIIème et le XIVème siècles, s’envolent en fumée.
Une balafre défigure désormais l’île de la Cité, laissant Esméralda et Quasimodo à leur détresse.

Ce lundi saint, ce sont les Parisiens qui s’écroulent dans la tristesse et dans les larmes.
Ce lundi saint, ce sont les Catholiques de Paris qui tombent à genoux, à l’image de Jésus, lors de son chemin de croix et se lancent dans une prière d’espérance et de vérité.
Ce lundi saint, c’est le monde qui se tait, effaré par tant de chaos ; qui se tait, en ne trouvant pas les mots pour signifier son désarroi.
Notre-Dame de Paris, ce sont 856 pages d’Histoire qui, du Moyen-âge jusqu’à nos jours, s’envolent en fumée.
Notre-Dame de Paris, c’est un monument qui, au-delà des croyances et des courants de pensée, aura été un élément unificateur de la France.
Des rois de France y furent sacrés, des présidents de la république y furent honorés, les grands événements de la vie d’un pays y furent marqués par le son du Bourdon de la Cathédrale, l’Église y déroula ses fastes et ses beaux moments de Foi.
Notre-Dame de Paris, c’est une merveille du patrimoine français, célébrant la grandeur du gothique et, par-delà, la grandeur de Dieu.
C’est l’œuvre de Bâtisseurs audacieux, de Victor Hugo qui la magnifia dans son roman.
C’est l’œuvre de Viollet-le-Duc qui lui rendit la splendeur de sa flèche.
C’est l’œuvre des artistes qui, firent résonner son orgue prestigieux.
Ce sont ces symphonies de couleurs qui, à travers vitraux et rosaces, illuminaient celles et ceux qui s’y rassemblaient ou qui la visitaient.
C’est l’œuvre de poètes qui, tel Paul Claudel, y découvrirent le chemin de la Foi.
C’est l’œuvre de tant de croyants, connus et inconnus, qui y imprimèrent leur marque sur le tissu d’une prière fervente ou dans la beauté d’un monument qui perpétue le souvenir à travers les âges.

En regardant cette cathédrale en feu, mes yeux se fixent sur Jésus qui tombe une nouvelle fois.
Il venait de tomber sous le poids des scandales qui déchirent l’Église.
Il venait de tomber sous le désintérêt d’un peuple noyé dans une société de consommation aveuglante.
Il venait de s’écrouler sous la tiédeur de la Foi de croyants qui n’avaient plus trop l’air d’y croire, au point d’en faire le centre de leur vie.
Oui, en ce lundi saint, Jésus tombe pour la quatrième fois.

Il tombe dans la chaleur d’un incendie dévastateur.
Il tombe aussi dans la désespérance d’un peuple qui, depuis 5 mois, s’exprime, chaque samedi, dans les rues de Paris.
L’homme n’en peut plus de ne plus vivre de son travail.
Il n’en peut plus d’être étiqueter comme un fainéant et méprisé par la finance.
Il n’en peut plus d’être privé d’une retraite ou de soins de santé ou d’un peu de dignité et de reconnaissance.
L’homme d’aujourd’hui s’embrase, lui aussi, dans le feu destructeur de l’argent et de conditions de vies innommables.
Et personne pour l’entendre ou venir à son chevet !
On nous parle de millions d’euros qu’il faudra pour restaurer la cathédrale de Paris.
On n’entend moins nos dirigeants à l’écoute d’un peuple qui souffre et qui s’enfonce dans la pauvreté.
Ce lundi soir, le président de la République devait s’adresser à la nation pour lui indiquer les mesures qu’il avait prises, pour donner suite au grand débat.
L’incendie de la cathédrale lui a dit : « Tais-toi ! viens me regarder et vois ton peuple rassemblé à mes pieds : il souffre, il pleure.
L’incendie de la cathédrale vient nous rappeler que « si Paris vaut bien une messe », l’homme, le vrai sanctuaire de Dieu, la mérite lui aussi.
Chrétiens, vous qui priez devant Notre-Dame en flamme, priez aussi pour l’homme qui, chaque samedi, clame qu’il n’en peut plus de ne plus vivre. On aurait aimé entendre vos prières, nous n’avons eu que celui de votre silence assourdissant !
Mais aujourd’hui, c’est l’heure d’une nuit sans bruit.
Nous pleurons avec Esméralda et avec Quasimodo : que vont-ils devenir ?
Nous pleurons avec les Parisiens, investis par ce grand drame qui fera que Paris ne sera plus le même dorénavant.
Nous pleurons avec, dans les yeux, cette vision que décrivait Victor Hugo, ce chantre de Notre-Dame de Paris.
« Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église. Ce qu’ils voyaient était extraordinaire. Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers avec des tourbillons d’étincelles, une grande flamme désordonnée et furieuse dont le vent emportait par moments un lambeau dans la fumée ».
Si Paris ne brûle pas, ce matin, son cœur est en cendre !

Guy De Smet (16 avril 2019)


-7- LETTRE OUVERTE AU PEUPLE D’ISRAËL

Dieu vous l’avait déjà dit, voici des siècles : « Il ne vous suffit pas de fatiguer les hommes, il faut encore que vous fatiguiez votre Dieu »
C’est pourtant bien ce que vous continuez à faire à travers l’ignominie de la mise en place des institutions de votre pays.
Depuis 1948, par la création unilatérale d’un État sioniste, vous ne cessez de vous comporter comme des escrocs et des voleurs.
À l’image du coucou, vous vous êtes installés dans le nid du peuple palestinien qui, jusque-là, y vivait en toute légalité.
Certes l’Histoire a fait de ces terres des lieux de conflits entre les grandes puissances, pour être abandonnées à leur sort quand le vent des intérêts tournait.
L’Occident s’est défait du problème juif, vous en avez fait une nation !
Depuis votre arrivée au Moyen-Orient, vous n’avez cessé de grignoter les territoires et les rêves palestiniens. Ils ne vous appartenaient pourtant pas !
Vous avez construit des murs de la haine et de la violence, au lieu de faire des ponts les symboles de votre politique et de vos relations humaines.
Vous avez considéré comme des terroristes des hommes et des femmes qui étaient des « résistants », face à la spoliation de leur dignité et de leurs droits. Ils sont de la trempe de ceux qui sont venus en aide à votre peuple lors de la dernière guerre, chez nous !
Vous les avez enfermés dans des camps, comme Sabra et Chatila ou comme dans ces prisons que sont la bande de Gaza et les quelques territoires occupés de Cisjordanie.
Et pourtant, quand il s’agissait de rappeler la Shoah et l’horreur des camps nazis vous étiez les champions. Cela vous permettait d’occulter au mieux les « crimes contre l’humanité » que vous ne cessez de perpétrer en douce.
Vous humiliez aujourd’hui des hommes et des femmes, leur occasionnant des tracasseries sans nom, les réduisant à une violence que vous vous empressez de montrer du doigt, comme étant ceux qui mettent votre sécurité d’égoïstes en question.
Vous emprisonnez des enfants à qui vous refusez le moindre avenir et la moindre chance de s’épanouir dans ce qu’ils sont et dans ce qu’ils vivent.

Pour agir ainsi selon la logique d’une mafia de la haine et de la destruction, vous vous êtes placés sous le drapeau partisan des Sionistes.
Vous avez suivi des leaders qui ne méritent pas d’appartenir à la race humaine et qui n’ont droit à la moindre considération.
Le dernier d’entre eux, c’est Benjamin Netanyahu, cet être abject, corrompu et qui ne cesse de courir après un pouvoir qui le met à l’abri d’ennuis judicaires conséquents.
Vous venez de voter massivement pour lui, cet « Hitler » des Palestiniens et de la conscience humaine.
Vous avez voté pour ce voleur de terres qui envisage, en cas de victoire, d’annexer, purement et simplement, les territoires palestiniens.
Vous venez de choisir ce rapace qui a transformé votre État en un État juif, niant l’existence des autres composantes du pays. En plus, il n’a pas hésité à décréter le choix de Jérusalem comme étant sa capitale, loin de toutes les recommandations des Nations-Unies et des havres de civilisation.
Vous avez donné votre voix à ce barbare qui ne cesse de construire, malgré les interventions des nations, des colonies dont le fanatisme et l’intolérance sont les sources bénies.
Vous venez de faire le choix d’un être méprisable dont les comportements font de lui un semeur d’antisémitisme, aux quatre coins du monde.
Vous vous sentez parfois rejetés chez nous : demandez-vous enfin pourquoi !
Vous resterez pour moi un peuple que je rejette, dont je condamne l’existence dans ses structures.
Vous serez de ceux qui ne me feront plus pleurer sur l’horreur des camps de concentration ... Aujourd’hui, vous ne faites pas mieux qu’Hitler et ses sbires !
Et dire que nous avions proclamé haut et fort : « Plus jamais ça ! »

Courage à tous ces juifs « vrais » qui ont l’audace de lutter contre l’idéologie qui guide de tels assoiffés de haine et de pouvoir.
Courage à vous les Juifs honnêtes et démocrates qui aviez des plans pour vivre dans l’harmonie et dans la paix.
Courage à vous qui nous donnez des raisons brillantes de lumière pour ne pas sombrer dans un antisémitisme morbide et tout aussi assassin.

Quant à vous, mes amis palestiniens, c’est vers vous que se tournent mes pensées.
Vous vivez votre malheur dans l’indifférence apparente de l’Occident. Pourtant un jour, la Justice vaincra.
Vous connaissez le dénuement et l’humiliation dans ces territoires, véritables gouffres d’inhumanité.
Vous êtes les victimes d’un boycott terrestre et marin, imposé par des dirigeants sionistes qui, depuis Ben Gourion, ne méritent aucune considération et aucun respect, assoiffés qu’ils sont de guerre et de puissance.
Vous êtes les sinistrés d’une infamie qui fait mal à la conscience de l’humanité.
Restez vigilants !
Maintenez en vous l’esprit de résistance qui fait que jamais vous n’accepterez d’être cloués au sol. À l’image des résistants de chez nous, lors des conflits, vous restez les veilleurs de la Justice, là où elle est bafouée.
Vous êtes un peuple grand, dans lequel se reconnaîtront toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté.
Vive la Palestine libre !

Guy De Smet (10 avril 2019)

-6- «KWIBUKA 25 »

Des mots qui s’écrivent ce soir, en lettres de sang, dans le ciel du Rwanda !
Ils signifient « souviens-toi, il y a 25 ans » !
Un drame affreux allait s’abattre, sur ce pays d’Afrique, ancienne colonie Belge.
250.000 corps de Tutsis, mais aussi de Hutus, allaient être recensés. Chaque jour, d’autres os sont encore découverts. Ils reposent désormais sous une lourde dalle de béton, symbole de tant de haine et de tant d’inhumanité.
Parmi eux, beaucoup de Chrétiens qui allaient s’entretuer, malgré une évangélisation, dont nous mesurons l’échec, aujourd’hui.
Alors qu’après la Shoah, tout le monde clamait haut et fort : « Plus jamais ça », la fin du XXème siècle a laissé résonner les cris d’un autre génocide, les cris de tant d’hommes, de femmes et d’enfants tutsis qui ne demandaient qu’à vivre.
Aujourd’hui, le Président Rwandais déclare que « cela ne sera plus jamais possible », désormais dans son pays. L’heure du pardon et de la réconciliation aurait-elle enfin sonnée ?
Décidément, ce pays, comme d’autres en Afrique, n’a pas de chance !
D’abord une période de colonisation qui les a privés de leur authenticité, de leur culture, ne profitant qu’au bien-être de colonisateurs sans scrupules.
Ils ont osé prétendre leur apporter la civilisation, alors qu’ils n’y semaient que nos divisions, nos soifs de puissance et de richesse, notre mépris pour ces humains qu’ils exploitaient sous le vocable de « leurs boys ».
Certes, il y eut des initiatives généreuses et désintéressés, mais que sont-elles dans un océan de soif de profits et dans un monde baignant dans un capitalisme écervelé ?
250.000 corps !
Des familles entières détruites et abandonnées !
Des atteintes aux droits de l’homme que l’on n’ose imaginer !
Tout un avenir spolié et sacrifié sur l’autel du mal dont l’être humain est capable !
On entendra encore longtemps les cris déchirés, dans un ciel rouge sang, loin des préoccupations d’une société occidentale qui faisait de l’exploitation du Tiers-Monde, une forme de développement !

25 ans, après, ils s’en viennent des quatre coins du monde pour rendre hommage !
Des demandes de pardon s’expriment, entre autres de la Belgique.
Des journées du souvenir se fixent dans les calendriers des grandes nations, dont la France.
Ils étaient tous là, face à la dalle de béton, la dalle de la honte et du silence.
Ils étaient là face à ces corps qui auraient pu se lever pour les montrer du doigt et les accuser de complicité !
Ils étaient là pour voir s’embraser la flamme de l’espoir, là où les nations riches avaient laissé les ténèbres de l’horreur s’installer.
Hypocrites !
Ce n’est pas aujourd’hui qu’il faut pleurer et manifester sa solidarité avec le peuple rwandais.
Ce n’est pas aujourd’hui que tous ces falbalas sont nécessaires !
C’était il y a 25 ans que vous, les chefs du monde, auriez dû prévenir et être des « empêcheurs » de haine !
C’était il y a 25 ans que vous auriez dû tendre la main à ces hommes qui, à vie, resteront couchés sous la chape du mépris et de l’incompétence de l’Occident des nantis ainsi que de la haine tribale !
C’était il y a 25 ans que vos mains de gouvernants trempaient dans le sang de la destruction de la dignité et de la soif de liberté, ne voyant ou ne voulant pas voir ce qui se tramait !
Où étiez-vous, vous, les dirigeants du monde, à l’époque ?
Resterez-vous décidément sourds à tous les silences des « shoah » qui ne cessent de décimer le meilleur de l’humanité ?
Votre incompétence et votre lâcheté ont été complices de crimes contre l’humanité, pour lesquels vous condamnerez des lampistes.
Votre croisade pour le pouvoir et pour vos économies a été le bras armé qui a permis de décimer des familles entières.
Honte à vous !
Même nos commandos, nos coopérants vous les avez envoyés à la mort, ne vous souciant en rien des conditions de leur intervention.
Ils sont, eux aussi, désormais, des noms sur des monuments et des blessures qui ne cicatriseront jamais dans le cœur de leurs familles.

Le développement de ces pays ne passera pas par l’exploitation de leurs richesses et de leur soif de liberté.
Leur développement passera par une main tendue, par un partage juste de compétences et par une coopération, empreintes de respect et d’humilité.
Le continent africain est un des leviers du monde de demain : il n’a que faire de notre compassion et de nos aides intéressées.
Il veut être l’acteur principal de son développement, pour lequel il a besoin de reconnaissance et de bienveillance, de luttes communes contre la corruption et l’escroquerie. Serions-nous capables de cela, loin de nos égoïsmes et de nos replis sur nous-mêmes ?
Et si le souvenir de ce génocide devenait enfin l’occasion d’une honnête réflexion sur un développement qui apporte le bonheur à tous ?
Donnons un crédit à cette parole du Président rwandais : « rien n'aura jamais plus le pouvoir de tourner les Rwandais les uns contre les autres. Cette histoire ne se répétera pas. C'est notre ferme engagement ».

G. De Smet (8 avril 2019)