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61. Consternant (01/06/13)
62. Les enfants ... stop (02/07/13)
63. Une absence ... une expérience (13/08/13)
64. L'Occident s'insurge (16/08/13)
65. Ma liberté (20/08/13)
66. C'est la rentrée (02/09/13)
67. Être ou ne pas être (04/09/13)
68. Le service des banques (09/09/13)
69. Madame ? Majesté ? (13/09/13)
70. Attention ... danger ! (19/09/13)
71. Un nouveau Dallas serait-il né chez nous ? (23/09/13)
72. Une histoire belge et occidentale (24/09/13)
73. J'ai honte d'être belge (27/09/13)
74. Logique ... ils ne manquent pas d'air (02/10/13)
75. Trop is te veel (07/10/13)
76. Au service de la communauté (08/10/13)
77. Honte à notre belgitude (14/10/13)
78.Le cri du désespoir (16/10/13)
79. Le manteau de la polémique (19/10/13)
80.Alerte ... racisme (23/10/13)
81. « Burn Out » dans le clergé (23/10/13)
82. Vote obligatoire ? (25/10/13)
83. Une musique pour une soirée d'automne (31/10/13)
84. Pas de place pour eux (03/11/13)
85. L'argent n'a pas d'odeur (04/11/13)
86. Marre (04/11/13)
87. SOS Planètes (06/11/13)
88. Ouf, c'est fini ! (06/11/13)
89. Où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir (07/11/13)
90. Et ils voudraient qu'on les respectent ! (08/11/13)
91. Une femme de cœur (14/11/13)
92. 55.000 de trop (20/11/13)
93. Un mort de trop ! (29/11/13)
94. Utopie ou urgence ? (02/12/13)
95. Des cadeaux salés (04/12/13)
96. Adieu Madiba (10/12/13)
97. Il est où l'avion (12/12/13)
98. Un hôtel tout confort pour chats (12/12/13)
99. Belfius : jusqu'où ira l'indécence (13/12/13)
100. L'Europe, cette dictature qui s'ignore (17/12/13)
101. La plus belle nuit du monde (20/12/13)
102. L'Europe, une aberation qui nous coûte cher (29/12/13)
 
 
 

-1- MONSIEUR DEPARDIEU ...


I
l ne comprend pas que le premier ministre français ait pu dire de lui que son déménagement vers la Belgique était « minable ». Il demande le respect, loin de toutes les injures. Il ne manque pas d’air !
Au nom de tous les Belges qui, en ces temps de crise, éprouvent les pires  difficultés pour nouer les deux bouts, au nom de tous ceux qui viennent de perdre leur emploi au nom d’intérêts économiques sordides qui les dépassent, au nom de toutes ces familles qui n’arrivent plus à se soigner, à profiter de la vie, à payer les factures d’énergie … je voudrais lui dire que, de fait, ce qu’il ose faire est « minable » … et le mot est faible !
Je voudrais le lui dire, mais aussi à toutes celles et à tous ceux qui n’hésitent pas à étaler leur richesse grandissante, en ces temps de crise … C’est que ce n’est pas la crise pour tout le monde !
Je voudrais leur dire que – sans scrupule – ils reçoivent des dotations injustifiées, des primes de départ qui dépassent l’entendement, des traitements qui ne coïncident à aucun travail  et pendant ce temps-là d’autres trinquent sans raison !
Je voudrais leur placer devant les yeux la honte d’oser se pavaner dans un « paradis fiscal » qui ne l’est pas pour tout le monde … et que cela crie au « scandale » … et même plus !
Monsieur Depardieu, où est votre solidarité envers vos spectateurs qui paient leur billet pour visionner vos films, pas toujours extraordinaires ?
Vous les nantis qui étalez votre argent, que feriez-vous sans le travail d’hommes et de femmes qui vivent souvent dans des conditions précaires ? Que feriez-vous sans les avantages d’un État qui taxe le  travail bien plus que le capital … comme si l’un pouvait se passer de l’autre ?
Vous les actionnaires et les banquiers, que feriez-vous, si nous évitions de placer chez vous nos économies que vous considérez trop souvent comme des jetons de casinos, appelant au sauvetage par tous quand vous avez mal joué ?
Vous les multinationales, qui délocalisez quand ça vous arrange, que faites-vous, aujourd’hui, des avantages fiscaux et des intérêts notionnels qui vous ont permis de ne pas payer d’impôts pendant que vos ouvriers en payaient ?
Vous qui récoltez des dotations, de quoi vivriez-vous, si chaque mois ne tombait une contribution prélevée sur les petits moyens de ceux qui travaillent ?
Il y a là des signes qui indiquent l’urgence d’une moralisation du monde de l’argent qui aille dans le sens du respect de tout homme et de ce qu’il apporte au bien de tous.
Il y a là un véritable appel au changement : la valeur de l’homme n’est-elle pas dans ce qu’il est et non dans ce qu’il a ?
Ne provoquons pas des rancœurs et des désillusions qui, demain, risquent de nous exploser à la figure ! 

                                                                       G. De Smet (décembre 2012)


-2- HONTE

Un soir de janvier, tout s’annonçait calme … jusqu’aux images du journal télévisé : « Vendredi, une nonagénaire a été déposée aux urgences de l'hôpital de Châteaudun dans l'Eure-et-Loir après avoir été expulsée de sa maison de retraite dont son fils ne payait plus le loyer. »
Imaginez le drame vécu par cette dame. Son seul tort est d’être âgée, de ne plus pouvoir faire face aux contraintes financières d’une société chaque jour plus exigeante.
Le lendemain, en écho à ce reportage, France 2 nous montre comment les choses se passent en Allemagne, une des premières économies à succès d’Europe et de sa « terrible » zone euro.
Dans ce pays – comme partout – les frais d’hébergement (hors soins …) ne cessent d’augmenter, au point que plus d’une famille ne peut plus faire face. La solution trouvée a été de « délocaliser » ces vieux vers des pays de l’Est dans lesquels les finances le permettent.
Au nom de l’argent, il est donc possible, aujourd’hui, de déraciner une personne âgée, loin de son pays, loin de sa langue, loin des siens et de ses sécurités … et nous nous posons en états civilisés, capables d’en apprendre à d’autres !
Nos anciens ne sont-ils pas ces êtres précieux qui nous ont tout appris ?
Ne sont-ils pas ceux qui se sont donnés pour nous ?
Ne sont-ils pas ceux qui aujourd’hui mériteraient d’être entourés de notre affection et de nos soins ?
Bravo Madame Merkel ! On vous savait arrogante, sûre de vous, fière de votre pays qui vit une croissance économique importante, peu accessible à un grain d’humanité (les faits le démontrent !)
N’empêche que pas grand-chose ne semble avoir changé dans la mentalité face à certains de vos prédécesseurs de funeste mémoire.
Il était un temps où, en Germanie, ce qui n’était pas rentable était éloigné de la vie en société, parce que « parasite ». Ces « inutiles » étaient alors relégués dans des camps de concentration. Aujourd’hui vous les délocalisez, vous les exportez … serait-ce plus soft ?
Vous semblez nettement plus douée pour sauver une banque, pour imposez à des Grecs innocents des plans d’austérité inhumains, alors qu’ils ne sont en rien responsables de la crise. Auriez-vous oublié d’où vous venez … de cette ancienne Allemagne de l’Est sauvée du marasme économique et social par un Occident plus soucieux de liberté et de paix que d’économie à redresser ?
A l’image de certains de vos prédécesseurs, à l’image d’un Occident enfermé dans sa logique économique inhumaine, à l’image d’un monde qui ne place plus l’homme au centre de ses préoccupations, vous faites honte à l’humanité.
Oui honte à vous et à ceux qui partagent votre logique ! Quand vous parlez de croissance, des pauvres des quatre coins de l’Europe revendent ce qu’ils trouvent dans les poubelles … pour survivre !
Honte à vous et aux autres tenants du monde de l’argent ! Quand vous poussez certains à jouer à nouveau en bourse, d’autres croulent sous des fins de mois impossibles.
Honte à vous et à tant d’autres qui prônent une économie forte ! Pendant que vous contemplez vos chiffres et que vous offrez des passeports aux nantis, d’autres ne rencontrent qu’indifférence et calvaire … Jusqu’à quand ?
Honte !

G. De Smet (le 9 janvier 2013)


-3- LETTRE À LA REINE FABIOLA


Madame,
Vous ne semblez pas comprendre l’indignation d’une large part de vos concitoyens face à la création de votre Fondation « Fons Pereos ». Vous en aviez déposé les statuts au Moniteur belge en octobre 2012.
Non seulement, vous ne semblez pas comprendre, mais en plus, vous vous dites « atteinte » par toutes ces prises de positions en votre défaveur … et là, c’est nous qui ne comprenons plus !« Cette fondation, "Fons Pereos", poursuit quatre objectifs, selon ses statuts. Le premier est philanthropique, en aidant les membres de sa famille. Le second est historique et culturel, et doit promouvoir les œuvres et la mémoire du couple royal. Un troisième objectif de la fondation est de venir en aide à la Fondation Astrida, fondée par le roi Baudouin. Le dernier but de la Fondation est d'ordre religieux et doit encourager des institutions catholiques. » C’est ce que nous révèle la presse (rtlinfos – 10 janvier 2013)
« La démarche de Fabiola est parfaitement légale, même si elle peut choquer. En effet, créer une fondation pour gérer son patrimoine, et ainsi, par la même occasion, éluder l'impôt concernant les droits de succession sur sa fortune, est une pratique reconnue. Veuve depuis 1993, la reine a reçu 26.988.036 euros de dotation publique en vingt ans, peut-on lire dans les titres Sud presse. Elle a, de plus, hérité d'une partie considérable de la fortune du roi Baudouin après son décès. N'ayant pas d'héritier direct, les droits de succession sur la fortune de la reine auraient été imposés à hauteur de 70%. » (rtlinfos – 10 janvier 2013)Si cette démarche est légale, est-elle bien éthique en ces temps de crise que connait le peuple belge qui n’a cessé de clamer sa sympathie à celle qui fut si proche de son cœur ?
Certes la loi vous confie chaque année une dotation ; celle-ci est puisée dans les impôts que paient les Belges pour vous permettre d’assumer les obligations liées à votre rang.
Où sont la grandeur d’âme et le civisme qui vous auraient donné l’occasion de poser le geste prophétique qui vous aurait rendu crédible ?
Madame, savez-vous que : « En Belgique, 14,6% de la population vit sous le seuil de pauvreté, a-t-on appris jeudi lors de la présentation du premier annuaire fédéral sur la pauvreté en Belgique. Ce pourcentage est encore plus important parmi les jeunes et les aînés. Pour le reste de la population, le marché du travail ne constitue par ailleurs plus une garantie contre la pauvreté. » (rtlinfos 12 janvier 2012)
Madame, savez-vous que : « Le seuil de pauvreté est fixé à 973 euros par mois pour les personnes isolées et 2.044 euros pour les ménages composés de deux adultes et deux enfants. En 2010, près de 15% de la population belge vivait avec des revenus inférieurs. Les enfants et les personnes âgées sont les groupes les plus à risque de pauvreté. Ainsi, le seuil de pauvreté atteint 18,5% des enfants âgés de 0 à 18 ans et il se situe à 19,4% pour les personnes âgées de 65 ans et plus. » (rtlinfos 12 janvier 2012) Madame, savez-vous que certains mots sont devenus des signes d’angoisse pour plus d’un Belge : santé, fin de mois, emploi, chômage, précarité, avenir, impôts … Pendant ce temps là, des riches se voient ouvrir les frontières, l’industrie du luxe se porte bien et des fortunes n’éprouvent aucun scrupule à s’afficher.
Des personnes de votre âge connaissent la peur du lendemain, parce qu’elles ne savent pas comment elles vont pouvoir assumer dignement leurs derniers jours, d’autres vivent de ce qu’elles récoltent dans les poubelles ou ce qu’elles peuvent recevoir de la charité publique, en mettant de côté leur dignité, d’autres encore ont recours aux médiations, parce qu’elles ne peuvent plus payer les factures de chauffage, les soins de santé, le loyer.
Elles aimeraient aussi, après une existence sans gloire et laborieuse, pouvoir profiter d’un peu de sérénité et de reconnaissance, d’une vie de qualité et non d’une survie humiliante. Mais pour eux - comme pour d’autres jadis, à Bethléem - : «  Pas de place ! »
Au lendemain de la mort de votre regretté époux, le Roi Baudouin, vous nous disiez avoir « épousé » le peuple belge. Vous considériez votre rôle comme un « sacerdoce ».
Aujourd’hui, sentant l’âge avancer, vous mettez votre patrimoine à l’abri, en allant jusqu’à éluder l’impôt ! Est-ce le bon moment ? Est-ce défendable, à une époque où plus d’un a les yeux fixés sur la monarchie ?
Vous indiquez  votre souhait de venir en aide à « des institutions catholiques » … un peu de précision aurait pu éviter bien des amalgames !
Mais l’Eglise a-t-elle le droit d’accepter cet argent,  aujourd’hui contesté par la population, alors que des groupes d’entraide et de solidarité devront demain se passer des subventions d’une Europe soucieuse de sa croissance mais non de la misère qu’elle génère ?
Nous aimions votre sourire, votre spontanéité, votre présence. Tout cela se serait-il déjà figé dans la froideur d’une pierre sans cœur ?
Nous aimions votre noblesse vous faisant partager l’aura de ces grandes dames que furent nos reines de jadis. N’est-elle plus, aujourd’hui, qu’un article dans le Moniteur belge ou quelques lignes dans un acte notarié créant une Fondation ?
J’ose espérer que l’Histoire ne se répète pas.
Il était jadis une reine de France qui portait le doux nom de Marie-Antoinette.
L’imaginaire a voulu lire en son vécu l’insouciance, l’ivresse de la fête et des réceptions, le luxe d’un quotidien contrastant avec le délabrement d’une population exsangue.
Elle ne comprenait pas la colère du peuple à son égard et en était « atteinte ».
Elle ne soupçonnait pas que le peuple connaisse la misère, qu’il ne mangeât pas à sa faim, alors que l’abondance régnait à Versailles.
Elle n’imaginait pas une révolution qui allait lui coûter la tête … et pourtant, nous connaissons la suite !Il serait si grand, au terme d’une vie, de ressembler à ces grands témoins de notre Foi qui ont tout donné … jusqu’à leur propre vie.
Ils s’appelaient l’Abbé Pierre, Mère Térésa, Charles Ier de Habsbourg, Sœur Emmanuelle … N’auraient-ils plus de quoi nous inspirer dans notre aujourd’hui, dans lequel s’écrit celui de Dieu ?
Mais qui serais-je pour me permettre de vous interpeller ou de vous faire la leçon … à moins que je ne sois que ce citoyen, ce chrétien qui à la lecture de l’actualité et de l’Évangile éprouve le besoin de s’interroger !

G. De Smet (11 janvier 2013)


-4- LES MODÈLES MATHÉMATIQUES ET LA CRISE

« Une erreur dans un document de travail du FMI sur l'impact des politiques d'austérité »
L'information pourrait renforcer la conviction de ceux qui pensent que les politiques de rigueur ne feront pas sortir l'Europe de la crise ... Un document de travail du FMI révèle que l'institution s'est trompée en évaluant l'impact sur l'économie des mesures d'austérité imposées à la Grèce, l'Espagne et l'Italie.
C'est un Français, Olivier Blanchard, économiste en chef du Fond Monétaire International, qui a remarqué cette erreur de modèle mathématique.
Les spécialistes avaient calculé qu'un euro d'économie réalisé dans le cadre d'un plan d'austérité impliquait aussi un euro de moins dans le PIB des pays concernés. Seulement, la théorie n'a jamais fonctionné dans la réalité.
Pour un euro économisé, des pays comme la Grèce, l'Espagne et l'Italie ont parfois vu disparaître jusqu'à 3 euros de leur PIB.
Dans leur calcul, les experts du FMI n'avaient pas tenu compte de l'impact psychologique des mesures d'austérité ». (BFMTV -09/01/2013)Voici une information qui donne des frissons !
On nous avait déjà parlé du « jeu de casino » des banques, lancées dans des guerres commerciales sans merci …
On nous avait montré des images de banquiers véreux, partageant leurs expériences lors d’une réception luxueuse … pendant que leurs clients se retrouvaient dans le pétrin …
On nous en avait fait avaler des couleuvres !
Le patronat expliquait le besoin de délocaliser, afin de pouvoir mieux faire face à la concurrence internationale. Par la même occasion, ces patrons s’octroyaient des salaires et des primes qui donnent le vertige.
Les syndicats s’habillaient des vêtements de la fatalité et de la morosité.
Les agences de notation tiraient des sonnettes d’alarme face à des économies qui n’inspiraient plus la confiance.
Nos ministres, confortés par la nébuleuse européenne, concoctaient des plans d’austérité qu’ils n’osaient parfois pas appeler par leur nom !
« Les marchés », ces extraterrestres venus dont on ne sait où, prenaient les commandes de nos portefeuilles, se passant de nos avis démocratiques.
Des responsables du FMI faisaient des galipettes libérant leur libido tout en stérilisant leurs capacités intellectuelles d’évaluation.
Dans le même temps, on imposait des délocalisations d’entreprises, engendrant un taux de chômage rarement atteint et générant surtout des drames humains inqualifiables.
Dans le même temps, on jetait sur des pays comme l’Irlande, la Grèce, l’Espagne ou le Portugal (et qui encore demain ?) la chape de l’humiliation et de la spoliation de leur identité et de leur patrimoine.
Dans le même temps, « l’erreur mathématique » inondait nos sociétés d’une vague de pauvreté inouïe, creusant un fossé consternant face aux nantis qui ne cessaient d’étaler leur fortune.
Dans le même temps, les bourses du monde entier narguaient une population qui n’en pouvait plus de ne plus vivre.Et aujourd’hui, nos responsables politiques et économiques – ceux qui gèrent nos quotidiens – vont-ils se contenter de lire cette annonce qui est tombée sur leurs messageries ou oseront-ils un sursaut de professionnalisme ?
N’est-il pas venu le temps d’un peu de sérieux et de compétence ? On ne joue pas avec la vie des gens !
N’est-il pas venu le temps d’une authentique moralisation du monde de l’argent, cet instrument qui devait être au service de l’homme, et non l’inverse ?
N’est-il pas venu le temps de laisser les armes criminelles d’une guerre économique et sa logique du « toujours plus » pour un dialogue où la vie et le bonheur de tout homme entre enfin en considération ?
N’est-il pas venu le temps d’envisager une juste adéquation entre « l’argent » dont l’homme dispose pour entreprendre et le « travail » que d’autres sont capables de mettre en œuvre pour mener à bien les projets économiques utiles à la vitalité de nos sociétés ?
N’est-il pas venu le temps de sortir du « virtuel » de nos statistiques et de nos modèles mathématiques pour se laisser habiter par le visage du « concret » de celles et de ceux qui vivent sur cette planète ?En attendant, tous ces « grands » de ce monde qui décident de nos quotidiens pourraient prendre le temps du pardon et d’un zeste de modestie et de culpabilité.
Pardon à vous les Grecs, les Espagnols, les Portugais victimes de nos soifs de toujours vouloir plus, même si pour cela il faut tout écraser sur son passage.
Pardon à ce pharmacien grec qui n’avait d’autre alternative que de se suicider, la crise le privant de ce qu’il avait et de ce qu’il était.
Pardon à cette espagnole qui s’est jetée dans le vide, ne pouvant plus payer son loyer.
Pardon à vous tous qui avez perdu votre emploi, au nom d’un meilleur profit et d’une plus grande rentabilité. Ils ont nié votre savoir-faire au nom de leur rentabilité.
Pardon à vous, les pays du Tiers-Monde, chez qui les patrons de chez nous sont allés s’installer. La main d’œuvre y était moins onéreuse. Tant pis pour vos conditions de vie qu’ils n’ont voulu voir.
Pardon à vous, nos aînés, que de grands pays comme l’Allemagne délocalisent aujourd’hui, simplement parce qu’ils ne répondent plus à nos critères financiers.
Pardon à vous qui aviez placé les économies de toute une vie  dans une banque et qui avez tout perdu au nom de la cupidité et de l’insouciance de quelques mafieux à qui vous faisiez pourtant confiance.
Pardon à vous les jeunes à qui nous n’avons pas d’avenir à proposer, vous fermant une fois pour toute les portes d’une espérance, au nom de votre manque de formation ou d’années d’ancienneté.
Pardon à vous les sans papiers, les sans logis qui en venant chez nous espériez un peu d’aide. Désolé, vous ne portiez pas un nom prestigieux et votre fortune n’était pas à la hauteur de l’appétit de nos yeux. Qu’à cela ne tienne : nous avons inventés les charters !
Pardon à vous qui aujourd’hui avez mal à vos fins de mois, à votre recours aux soins de santé ou à votre besoin de chaleur pour vivre … vous n’étiez pas dans nos formules mathématiques.
Pardons à vous, ceux que des nantis traitent de populistes, simplement parce que vous mettez le doigt sur la gangrène d’une société : si elle oublie ses pauvres, elle oublie d’exister !
Oui, pardon à toutes et à tous … et s’ils pouvaient ajouter, tous ces responsables : « Nous ferons mieux la prochaine fois » … quel avenir pour le monde humain !Il nous reste à faire un rêve. Le rêve d’un monde qui, au-delà de tous les modèles économiques, politiques ou philosophiques, offrira un avenir à tout homme, respectant ses droits et sa dignité.
Au fond de chacune et de chacun de nous n’y a-t-il pas un cœur qui bat … un cœur que de nouvelles lunettes seraient susceptibles d’apercevoir ?

G. De Smet (12 janvier 2013)


-5- LÉA, MA PETITE SŒUR DE FRANCE

Léa … une petite fille de cinq ans, dans un petit village français du pays basque.
Ce prénom, ses parents l’avait choisi avec délicatesse. Elle allait être unique à leurs yeux. Elle avait tout pour être heureuse … jusqu’au jour …
Jusqu’au jour où ses parents se sont séparés. Ils ne s’aimaient plus, rejoignant ces milliers de drames, qui chaque année déchirent des familles.
Jusqu’au jour, où ses parents n’avaient pas réglé les 170 € de la cantine scolaire … Une situation inadmissible dans un État réglé par des lois, des convenances, des interdits ! Direction, Mairie … tous étaient les gardiens de l’ordre public ! Tous avaient la mission de récupérer cette dette …  qui n’aurait pu qu’agrandir le déficit municipal ou scolaire.
Au nom de la société, ils avaient bien organisé les choses.
La maman de Léa avait été convoquée et était priée de retirer son enfant de l’école à midi.
La police, elle aussi, avait été appelée en renfort pour faire évacuer la petite fille du réfectoire de l’école.
Léa a donc été emmenée manu militari, encadrée par des uniformes, comme un vulgaire criminel.
Imaginez ce qu’a dû penser cette petite fille : ses parents avaient-ils eu un problème ? Étaient-ils morts ? On ne sait pas ce qui peut se bousculer dans la tête d’un enfant quand des étrangers les emmènent de force. Et dire qu’à la moindre catastrophe, notre bonne société a le souci de mettre sur pied une cellule psychologique !
Certes, les parents avaient torts, même si leurs conditions de vie, si le chômage, sur lequel nous pleurons de temps en temps, avait fait son œuvre, les plongeant dans un univers sordide dans lequel l’humain n’a plus de droit.
Certes les autorités répondaient à des lois qui visaient au bon ordre de la vie en communauté. J’imagine même que cet acte policier avait été précédé par bien des mises en demeure et bien des avertissements.
N’empêche, dans quel monde vivons-nous ?
Que pouvait la petite Léa de la situation ? Était-ce sa faute si ses parents n’avaient pas payé la facture ? Était-ce sa faute si ses parents étaient séparés ? Était-ce sa faute si le chômage avait exclu cette famille d’une existence à l’image de celle de ses petites copines ? Elle avait 5 ans !Notre monde serait-il devenu fou ?
Quand Dutroux s’attaque à un enfant et le réduit au silence nous crions notre indignation et notre colère … et à juste titre !
Quand des prêtres ou des adultes s’en prennent à l’innocence d’enfants et de jeunes nous clamons notre terreur et notre incompréhension … et nous avons raison !
Mais que faisons-nous quand un État, par ailleurs la patrie des Droits de l’Homme, encadre l’innocence d’un enfant et l’expulse créant chez lui une honte et un traumatisme  ineffaçables ?
Le vol et la fraude des banquiers, nous les avons admis !
L’étalement de la richesse de quelques fraudeurs fiscaux, nous en avons ri !
L’humiliation de patries entières au nom d’une austérité incompréhensible et idéologique nous l’avons assimilée.
Mais les larmes de la petite Léa aurons-nous à cœur de les essuyer et d’exiger réparation d’une société qui ne rêve plus que d’argent et de chiffres ?Pardon Léa, pour ce que nous t’avons fait, en laissant mettre en place de telles lois ignobles qui ne respectent même plus ce que nous avons de plus précieux, le sourire d’un enfant !
Pardon Léa … nous voudrions tant te dire que nous t’aimons !

G. De Smet (12 janvier 2013)


-6- SAVIEZ-VOUS QUE VOUS ÉTIEZ TROP RICHES ?

Pour vous en convaincre, quelques titres tirés de la presse …
7 sur 7
 : « Les salaires minimums sont trop élevés en Belgique, selon une enquête de l’OCDE »
Dans le même article, le journaliste relève une autre constatation de l’OCDE : « les allocations de chômage sont relativement élevées en Belgique, surtout pour les personnes en situation de chômage de longue durée. »
Peoplesphere web : « La Belgique peut faire mieux … les salaires nets (des ouvriers et des employés) sont assez bas  et les coûts salariaux sont trop élevés par rapport aux autres pays européens : c'est ce que met en évidence une étude de Deloitte comparant les salaires belges avec ceux de dix autres pays européens » Lalibre.be : « La richesse des Belges atteint un niveau record … »
Rtbfinfos.be : « Les Belges sont les plus riches d'Europe : un constat à nuancer … Si l'on en croit les chiffres d'Eurostat pour l'année 2011, les Belges sont les plus riches des Européens avec un patrimoine financier moyen des ménages de 67.158 euros, soit un record. Population âgée et immobilier relativement peu onéreux expliquent ce chiffre. Mais un quart de la population reste dans une situation financière difficile. »
Et nous pourrions continuer cette liste de titres qui font rêver ou qui, en tout cas, nous pose la question : « Parlons-nous bien du même pays ? Dans le même temps, les services officiels du pays nous informent des « Chiffres de la pauvreté en Belgique » (octobre 2012).
La Direction Générale Statistique et Information Economique du SPF Economie vient de publier les chiffres de la pauvreté et de l'exclusion sociale en Belgique. Il en ressort qu'en 2011 : 15 % de la population était considérée comme à risque de pauvreté. Il s'agit des personnes vivant dans un ménage dont le revenu total disponible est inférieur à 2.101 euros par mois (pour un ménage composé de deux adultes et deux enfants) ou de 1.000 euros pour une personne isolée. Certaines catégories de personnes comme les membres de familles monoparentales (39 %) ou les chômeurs (38 %) sont plus exposées au risque de pauvreté. 6 % de la population souffrait de privation matérielle grave. 14 % des personnes de moins de 60 ans vivaient dans un ménage à faible intensité de travail. Les personnes confrontées à un de ces trois risques (pauvreté monétaire, privation matérielle grave ou faible intensité de travail) sont considérées comme à risque de pauvreté ou d'exclusion sociale. De qui se moque-t-on ? De tels titres sont d’un cynisme immonde. Il nie le cœur d’un homme qui espère, qui souffre, qui a droit à une vie de qualité, même si plus d’un bien pensant mettra en avant ses devoirs. On nous cite les rémunérations des grands patrons – même d’entreprises publiques … on nous communique les montants faramineux de la dotation royale … On insiste sur le salaire de nos ministres et sur les primes de départ des parlementaires … On nous parle d’un recours en justice du patron de Belgacom qui ne toucherait plus son traitement de deux millions … pendant ce temps-là, RTL nous propose des mesures d’économie  face aux effets de la crise … des mesures inhumaines qui démoralisent et qui inquiètent. On nous parle de chiffres, de statistiques, de moyenne … On ne nous montre jamais le visage d’un homme qui vit telle ou telle situation. Et si les points de leurs courbes devenaient ces visages ? On nous cite, avec délectation, le montant de l’épargne des Belges, bien plus rarement du « Panier de la ménagère que nos excellences viennent de trafiquer, afin d’éviter des hausses de salaire. À moins que nous soyez dans l’obligation de le constater, à chaque fois que vous faites vos courses, mais en silence ! On nous prévient de la hausse de l’immobilier, mais on n’insiste pas trop sur les exigences des banques qui, hier, exigeaient que nous les aidions à se sortir des magouilles dans lesquelles elles s’étaient enfoncés. Pendant des semaines entières on a évoqué le cas « Gérard Depardieu », y gaspillant une énergie folle et inutile … Rarement, il est question du portrait d’un sans abri, d’un sans papier, d’un pauvre qui  subit de plein fouet le tsunami de la crise, dont il n’est pas responsable. De mois en mois, on nous informe des rapports d’un membre de la famille royale à l’argent … Jamais on ne parle de tous ces Belges anonymes qui rêveraient juste d’en avoir un peu pour vivre décemment. Ne serait-il pas venu le moment de réagir ? Pouvons-nous longtemps encore nous contenter de devoir constater que les Belges ne sont pas égaux devant la Loi ? Si vous possédez un capital, vous serez moins taxé que si vous vous contentez de vous placer sur le marché du travail … est-ce normal ? Pouvons-nous longtemps encore nous contenter d’enregistrer un fossé sans cesse grandissant entre riches et pauvres ? L’homme n’aurait-il le droit de n’exister qu’en fonction de l’épaisseur de son portefeuille ? Pouvons-nous encore longtemps nous contenter d’un modèle de société libérale qui ne cesse de se casser la figure, entraînant les plus faibles vers un gouffre ? Ne serait-il pas venu le temps d’inventer ? Pouvons-nous longtemps encore nous contenter de parler de solidarité et de justice, de partage et d’humanité, sans jamais traduire tout cela dans des faits et dans les règles d’une société dite « civilisée » ? Pouvons-nous longtemps encore  nous contenter d’adorer un dieu Argent qui a détruit tant de rêves de bonheur sur son passage, un dieu Argent qui a cassé le visage de l’homme voulu à l’image et à la ressemblance de Dieu. À quand une société solidaire et juste, dont le centre soit enfin le bonheur de TOUT homme ?

G. De Smet (18 janvier 2013)


-7- CHAPEAU ... LIDL !

À l’occasion des fêtes de fin d’années, les magasins Lidl, en partenariat avec la Banque Alimentaire, ont mené  une campagne "luxepourtous" via Twitter.
L’objectif de l’opération était d’attirer l’attention de ses clients sur la pauvreté qui, en ces temps de crise, ne cesse de faire peser sa chape de misère.
Les magasins Lidl proposaient cinq menus de fête à 20 €. Ils permettaient ainsi aux banques alimentaires d’ouvrir les portes de la fête à ceux qui a priori s’en sentaient exclus.
Belle opération qui a rapporté 148 palettes de colis alimentaires.
Lors d’une conférence de presse, le porte-parole de la chaîne de supermarchés Pieterjan Rynwalta a déclaré : « Outre la nourriture, nous offrons également d'autres produits comme des brosses à dents et des couches. Les gens ne devront donc pas choisir entre la nourriture et l'hygiène. » Lors de cette conférence de presse, Lidl a également affiché sa volonté de renforcer sa coopération avec les banques alimentaires, en promettant notamment de distribuer les excédants alimentaires à l'organisation.

Merci à cette chaîne de magasins qui n’a pas attendu la fin de la crise pour nous indiquer dans sa publicité « Le retour du bon sens ».
Merci à cette chaîne de magasins qui ne profite pas de la situation pour ne pas payer d’impôts ou pour licencier tant et plus. Les intérêts notionnels ne semblent pas avoir fait de dégâts dans l’avarice qui guide d'autres entrepôts.
Merci à cette chaîne de magasins qui contrairement à l’Europe de la finance et de l’aide aux banques ose le pari de la solidarité et de la Justice : pendant que l’Europe pense mettre fin à l’aide aux banques alimentaires, d’autres ont le souci de relever ceux qui croulent sous le poids d’une crise injuste qu’ils n’ont pas créée.

Lorsque nous faisons nos courses, n’aurions-nous pas le souci de nous tourner vers ces magasins solidaires, au lieu de céder à l’appât du luxe et de la facilité  de quelques grands groupes cotés en bourse ?

Consommer, nous rend responsables !
Avons-nous le droit moral et humain de favoriser des entreprises qui ne prônent que le profit et l’injustice qu’il suscite ?
Et si nous devenions des consommateurs habités par une conscience ?

G. De Smet (18 janvier 2013)


-8- UNITÉ DES CHRÉTIENS ?

Chaque année, du 18 au 25 janvier, les Chrétiens des différentes Confessions se retrouvent pour une semaine de prière pour l’unité de tous les Chrétiens. Ils le font ainsi depuis le début du XXème siècle, même si d’éminents précurseurs en avaient montré le chemin.
Cette année, pour ce faire, ils se sont même donné un thème : « Que demande le Seigneur ? »
Bonne question, dirions-nous volontiers … mais n’oublions pas d’y répondre … voici plus de deux mille ans qu’Il nous la pose en Jésus !
Bel exemple de patience !

Orthodoxes, Protestants, Anglicans, Catholiques … ce sont là autant de noms qui évoquent une division historique catastrophique. Nous aurions tendance à en faire aujourd’hui, un peu facilement, une question culturelle ou de sensibilité ou de virgule théologique.
N’oublions quand même pas les dégâts que tout ce gâchis a causé au fil de l’Histoire : que d’intolérance, que de sang, que de morts, que d’exclusions, au nom de Jésus-Christ, « Le même hier, aujourd’hui et demain ».

Si nous ne pouvons nier, aujourd’hui, que des pas ont été faits sur le chemin vers l’Unité, il nous faut reconnaître, en même temps, que bien des voies restent à explorer pour « Que tous soient uns ».
C’est ainsi que nous avons découvert avec bonheur le monde de l’icône, grandeur de l’Orthodoxie,  pour habiller nos recherches et nos représentations de la Foi.
Nous avons laissé là nos ignorances bibliques, pour mettre nos pas dans les pas de nos frères protestants. Comme eux, nous nous sommes mis à découvrir la Bible, comme ce lieu privilégié où Dieu nous parle.
De tout cela, et de tant d’autres faits qui vont dans ce sens du rêve d’unité du Ressuscité, nous ne pouvons que nous en réjouir.

Malheureusement, de nouvelles divisions ont vu le jour à l’intérieur de l’Église catholique, dès le lendemain du Concile Vatican II.
Nous connaissions la mouvance traditionnaliste menée par Monseigneur Lefebvre et ses adeptes … une situation qui ébranle encore aujourd’hui la conscience  de l’Église officielle.
Il existe, dans notre temps, de nouvelles incompréhensions, source de tant d’exclusions et de tant de jugements.
Lors de la marche en France contre « Le mariage pour tous », il était affligeant de constater deux cortèges de Chrétiens qui ne devaient surtout pas se rencontrer … alors que « pour » ou « contre », le respect du visage de l’homme est en jeu ! Où est l’Unité ?
Dans le dialogue pastoral du XXIème siècle il existe bien des difficultés de rencontres entre prêtres et engagés dans la ligne de Vatican II et des représentants de certaines "communautés nouvelles", plus traditionnelles. Certains prendront position au nom de l’Évangile, cherchant une adéquation entre la Parole d’espérance d’un Dieu Amour et la vie de l'homme. D’autres se placeront derrière la bannière d’une parole dogmatique ou papale pour justifier leurs manières de vivre l’Évangile. La situation des divorcés remariés en est une illustration pathétique ! Où est l’Unité ?
Certains voudront voir dans le langage de l’Église officielle un frein à toute rencontre de l’homme moderne. D’autres se plairont à condamner toute initiative qui n’est pas marquée par un « Imprimatur » émanant des autorités. Où est l’Unité ?
Certains feront des prises de position du laïcat l’unique référence de l’Église, pendant que d’autres subiront dans ce fait un nouveau cléricalisme bien plus destructeur. Où est l’Unité ?
Et nous pourrions continuer ces listes de clous qui chaque jour continuent de crucifier le Christ de la Passion… au point qu’Il pourrait nous dire aujourd’hui : « Que t’ai-je fait ô mon peuple ? »

Et si nous apprenions à nous respecter, conscients que personne ne possède la Vérité, si ce n’est Dieu que nous proclamons être la Vérité ?
Et si nous apprenions à oser l’humilité, conscients que chacun est une « pierre vivante » de l’Église ?
Et si nous apprenions à oser prier et nous recevoir de Celui qui, seul, fera l’unité : Dieu Père, Fils et Esprit ?

Toi, Chrétien, en ces jours de prière pour l’Unité, laisse-toi imprégner par ces paroles du prophète Michée (6, 6-8), qui sont proposées à notre méditation :
« Avec quoi me présenter devant le Seigneur,
m’incliner devant le Dieu de là-haut ?
Me présenterai-je devant lui avec des holocaustes ?
Avec des veaux d’un an ?
Le Seigneur voudra-t-il des milliers de béliers ?
Des quantités de torrents d’huile ?
Donnerai-je mon premier-né pour prix de ma révolte ?
Et l’enfant de ma chair pour mon propre péché ?
On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien,
ce que le Seigneur exige de toi :
rien d’autre que respecter le droit,
aimer la fidélité
et t’appliquer à MARCHER AVEC TON DIEU. »

G. De Smet (18 janvier 2013)


-9- ÉLECTIONS EN ISRAËL

« On attendait l’extrême-droite, ils ont voté centre gauche », voilà ce qu’on peut lire dans la presse au lendemain des élections en Israël.
Les Israéliens feraient-ils enfin preuve de bon sens ?

En 1948, un certain Ben Gourion et ses amis Sionistes proclament unilatéralement l’existence d’Israël.
Les Sionistes nous ont, depuis, habitués à une arrogance indigeste, à une inhumanité sans nom face aux réfugiés palestiniens qu’ils ont créés de toute pièce, face aussi au Juifs d’Afrique qui se sont réfugiés chez eux.
Ils ont misé sur une puissance militaire qui frôle la folie et la paranoïa.
Quand on les contredit, ils accusent d’antisémitisme, faisant un amalgame qui les arrange entre un critère racial et un critère politique. (Ils ne sont pas les seuls à être sémites : les arabes le sont aussi !)
Quand ils dépassent les bornes, ils replacent devant nos yeux l’horreur de la shoah, oubliant un peu vite leurs crimes de Sabra et de Chatila en 1982. Une commission indépendante menée par Sean McBride considèrera Israël comme « directement responsable du massacre du fait de sa position d'occupant ».
Quand ils parlent de leur sécurité, ils créent des colonies, malgré toutes les résolutions de l’ONU.
Dans la même logique, ils s’opposent à la création d’un État palestinien, estimant que cela mettrait en question leur rêve de la « Terre d’Israël ». Ce faisant ils ne cessent d’empêcher tout processus de paix, reléguant une population entière dans la misère et dans des défis terroristes sans nom.

Le premier ministre israélien Netanyahou, digne représentant du sionisme pur et dur s’était allié à une extrême-droite encore plus virulente que lui et que ses partisans.
Mais voilà, le peuple a parlé via les urnes. La démocratie a parlé : « Le parti centriste Yesh Atid, lancé il y a un an à peine par l'ex-journaliste Yaïr Lapid, devient la deuxième formation du pays avec 19 députés sur 120, devant le Parti Travailliste qui obtient 15 sièges », lisons-nous dans la presse. Les voici  à égalité avec le parti du premier ministre et de ses alliés extrémistes. (60 sièges sur 120)
Chômage, situation économique défaillante, politique étrangère désastreuse … autant de raisons qui semblent avoir enfin donné la parole au bon sens.

Pas trop d’optimisme toutefois. La situation restera explosive tant que l’humiliation et l’insécurité resteront les guides dans cette région du globe.

Vous me rétorquerez peut-être : qu’est-que cela vient faire sur ce site qui nous parle d’Évangile et de Bonne Nouvelle ?
L’Évangile ne serait-il concerné que par des dates liturgiques ou des odeurs de sacristie ?

La terre de Palestine est cette terre qui se veut le carrefour des grandes religions du Livre, l’Islam, le Judaïsme, le Christianisme, au point que Jérusalem est un point de rencontre de ces trois religions.
Cette terre a vu se déployer dans son ciel l’arc-en-ciel de l’Alliance entre Dieu et les hommes.
Cette terre a entendu la voix des prophètes appelant à la justice et à la solidarité.
Cette terre a vu s’écrire dans ses sillons la parole de Dieu : « Martelant leurs épées, ils forgeront des socs pour leurs charrues, et, de leurs lances, ils feront des faucilles » …
Elle mérite mieux que le sionisme comme réponse.
Ce peuple a connu le mépris et le rejet.
Il a souffert de la barbarie des camps, comme d’autres catégories humaines on été décimées par le mal qui habite le cœur de l’homme.
Il a connu le chemin de l’exil et la froideur de ceux qui voulaient voir en lui le bouc émissaire de bien des dégâts économiques et sociaux à travers l’histoire du monde. Ne parlait-on pas du « Juif errant » ?
Il a tremblé derrière des murs de ghettos, prenant sur lui le poids de l’humanité souffrante et oubliée.
Les sionistes ont-ils le droit d’oublier ces pages terribles de leur Histoire au point de les imposer à d’autres, à ces Palestiniens qui occupaient ces terres avant leur arrivée en 1948 ?
Ont-ils le droit de créer de nouveaux ghettos, oubliant que rien n’emprisonnera jamais la terreur et la violence ?
Ont-ils le droit de ne laisser que des contours d’un État palestinien irréalisable et divisé, alors qu’en 1948, ils arrachaient le vénérable olivier poussant dans le jardin de l’homme de Palestine ?
Ont-ils le droit d’oublier qu’ils appartiennent à un peuple voulu « à l’image et à la ressemblance de Dieu » ?
Ont-ils le droit d’oublier cette question que Dieu ne cesse de poser à son peuple aujourd’hui encore : « Que t’ai-je fait, ô mon peuple ? », plaçant devant nos yeux la croix du Golgotha, mais aussi celles que nous imposons à tant d’êtres de par le monde ?

Aujourd’hui un vote démocratique nous indique que toute une part du peuple d’Israël a soif d’autre chose que d’idéologie et d’extrémisme. Il y a mieux à faire. Il y a à s’attaquer à tout ce qui mine le bonheur au quotidien du citoyen : l’économie, l’emploi … et tant d’autres domaines prioritaires.
Cela me semble rejoindre le souci de Dieu, tel qu’il s’écrit dans les 3 Livres : le bonheur de tout homme sur cette terre.
Vous, les élus … au travail !

G. De Smet (23 janvier 2013)


-10- SOS ... SOCIÉTÉ

Des trains bondés, des navetteurs à bout … et un conseil d’administration de la SNCB qui a les yeux fixés sur ses courbes de rentabilité …
Des TGV moins chers, selon les lois du marché … mais qui ne sont pas adaptés à nos climats … et des passagers qui n’ont qu’à s’en accommoder : « les marchés avaient parlé » !
Des créations de gares ultramodernes, des horaires de trains Paris-Bruxelles qui défient les distances … mais il vaut mieux habiter proche d’une gare de départ que Arlon ou Houffalize, pour en profiter.
Un hiver, un peu de neige et les détournements de bus programmés … tant pis pour les taxes locales qui devaient permettre de déneiger et de circuler. On nous invite quand même à la compréhension : grand réseau routier, manque de moyens techniques … mais savent-ils que hors des circuits nous payons aussi notre contribution à la vie de la société ?
Renault … des plans de restructuration et de délocalisation … et du chantage aux conditions de travail : « ils » nous parlent de dialogue social … à moins qu’il ne faille entendre « bénéfices des actionnaires » et « grands salaires » (Le salaire du PDG de Renault, Carlos Ghosn, s'est élevé l'an dernier à 2,89 millions d'euros, selon le document de référence publié sur son site internet. Sa rémunération fixe s'élève à 1,23 million d'euros, la part variable à 1,599 millions, ce à quoi s'ajoutent des avantages en nature pour 13.104 euros et 48.000 euros de jetons de présence, qui récompensent sa présence aux réunions du conseil.) … Où est le cynisme ?
Et nous pourrions poursuivre cette liste de changements qui ont transformé nos services publics en des sources de revenus et de compétitivité.
Nous pourrions allonger cette sinistre litanie de droits fondamentaux au travail et à la dignité transformés en armes de guerre au service de la grande finance.

Des riches de plus en plus riches … les autres qui tirent le diable par la queue et gare aux fins de mois ! … et d'autres encore qui n'ont rien à tirer !
L’humain sacrifié au dieu « économie », au dieu « argent » … et des yeux qui pétillent face aux progrès boursiers !
Des politiques qui lorgnent sur le pouvoir économique que constitue l’épargne de ceux qui peuvent encore en faire, alors que dans le même temps ils s’accordent des rémunérations qui transforment un « sacerdoce » en une juteuse source de moyens de vie.
Jusqu’à quand !
Ils nous disent que nos sociétés vivent au-dessus de leurs moyens … à moins que cela ne soit réservé qu’à quelques privilégiés ?
Ils nous parlent de gel des salaires, alors que nos décideurs européens augmentent leurs budgets et que quelques-uns jouissent de salaires et de primes indécentes.
Ils nous parlent de conditions de travail plus austères, au risque de devenir injustes au nom de la survie de l’entreprise, pendant qu’ils cherchent des endroits plus rentables pour délocaliser.
Jusqu’à quand ?

Longtemps, les religions ont été utilisées pour justifier les choix d’une société. Les périodes coloniales en sont de bons exemples.
Aujourd’hui, votre Foi, votre engagement politique (celui que vous exercez à chaque élection !) vous invitent à crier : « ça suffit ! »
Un jour, notre Dieu a voulu l’homme « à son image et à sa ressemblance » …
Un jour, Dieu a fait Alliance avec l’homme, faisant de lui son collaborateur privilégié pour un monde plus juste et plus humain et donc plus divin.
Un jour, Jésus est venu à la rencontre des hommes, des plus petits d’entre eux et il leur a parlé d’Amour : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. »
Notre témoignage de Foi ne peut donc plus se contenter du doux cocon d’une vie de prière et de célébration, sans y laisser vibrer la question et la souffrance de l’homme.
Nous ne pouvons plus faire de nos vies des tiroirs que nous ouvrons au nom de nos sensibilités et de nos envies.
Nous ne pouvons plus nous contenter de subir nos quotidiens et d’y lire une supposée sanction de Dieu face à notre péché.
Nous ne pouvons plus faire de notre Foi une étiquette qui nous donne bonne conscience à bon compte.
Non ! Notre témoignage de Foi d’aujourd’hui doit être un cri, une caisse de résonnance de la souffrance de notre frère et de notre sœur.
Cri de celui qui n’en peut plus d’être victime d’une crise qu’il n’a pas créée …
Cri de ces parents qui courent à longueur de journée, sans jamais y puiser une raison d’être heureux.
Cri des ces vieux à qui, au quotidien, nos responsables rappellent qu’ils sont un poids – surtout si leurs moyens financiers ne font plus d’eux des acteurs économiques rentables –.
Cri de tous ces jeunes, dont « un sur deux vit dans la précarité », alors qu’on les imaginait beaux, insouciants comme dans les feuilletons télé.
Cri  de ces peuples de la guerre ou de la faim, victimes d’un égoïsme qui tue.
Notre témoignage de Foi se doit d’être solidaire de tout ce qui opprime l’homme, n’est-ce pas ce que Jésus est venu vivre parmi nous : la croix n’en est-elle pas le signe ?
Notre témoignage de Foi doit être avant tout celui d’un homme, d’une femme qui chemine sur la même route que celle des pauvres du monde, tous ces sans-voix, ces sans-dignité, ces sans-regard que nos sociétés riches recrachent par milliers.

Un tel langage … populisme, subversion, diront certains !
Religions, balayez devant vos portes, ajouteront d’autres !
A moins que ce langage soit celui de toutes celles et de tous ceux qui n’en peuvent plus de se serrer la ceinture, de compter leurs petits sous … de toutes celles et de tous ceux qui n’en peuvent plus de ne plus vivre !
A moins que ce langage soit celui de celles et de ceux qui désirent une société meilleure dont le centre d’intérêt premier soit « l’Humain », loin de tous ces « libéralismes » qui tuent.
A moins que ce langage soit celui de  ceux qui n'acceptent plus « une religion opium du peuple » (Marx) mais levain dans la « pâte » (Jésus)
Et si nous nous réveillions au nom de l’homme, ce rêve de Dieu ?

G. De Smet (24 janvier 2013)


-11- NORMALITÉ ?

Sur le site de RTBF infos (jeudi 17 janvier 2013), j’ai lu une lettre de Matteo Segers scénographe et développeur de projets culturels. « Outre ses fonctions culturelles, il est également formateur. Belgo-Italien, il se dit très attentif à la rencontre des cultures, pacifiste, défenseur de l'égalité des genres et du respect de tous. Pour lui, l'implication professionnelle doit être proche des convictions. », pouvons-nous lire sur ce site.
Dans cette lettre il s’adresse à son bébé, le petit Eliseo, né voici cinq mois. Il y fait écho à « la marche contre le mariage pour tous » qui eut lieu à Paris, dans le courant de ce mois de janvier.
Il dit « avoir peur » de tous ces fanatismes qui descendent dans la rue dans le but de défendre une « humanité durable ». L’hétérosexualité est donc « la norme et la base du modèle familial idéal ».

De fait, comme cela fait du bien de voir des parents qui prennent du temps pour leurs enfants, pour échanger avec eux, pour les écouter …
Comme ils sont beaux ces parents qui ne s’épargnent aucun effort pour que le bonheur puisse se tisser dans la peau de leurs enfants.
Comme ils sont formidables ces papas, ces mamans qui sont là pour entendre l’angoisse de leur enfant ou pour encourager son effort ou pour lui dire son soutien dans les difficultés.
Si la joie de vivre qu’ils distillent est une « norme » pour construire un avenir … je ne puis que m’en réjouir et souhaiter protéger ce vécu face aux assauts d’un monde souvent hostile … Pour s’en convaincre, il suffit de consulter l’agenda du week-end de tant de parents !

Mais que faisons-nous pour ceux pour qui la « norme » est source de larmes au quotidien ?
Où est la « norme » pour ces enfants de couples séparés, à qui il est proposé  des gardes alternées, des choix d’amour entre un papa et une maman ? …
Où est la « norme » pour la petite Tiphaine, cet enfant battu dont les parents passent en jugement aujourd’hui : au lieu de coups, elle aurait tant aimé un peu de tendresse … et elle est loin d'être un cas isolé ?
Où est la « norme » pour tous ces enfants qui apprennent un jour ou l’autre qu’ils n’étaient pas désirés, nés sous X et que sais-je encore : à quoi bon vivre ?
Où est la « norme » pour ces autres enfants placés dans des collèges chics, les parents ayant à gérer leur carrière, leur patrimoine ou leur vie ?
Où est la « norme » pour ces papas et ces mamans qui auraient tant voulu avoir un enfant, mais que la nature a privés de cette joie ?
Où est la « norme » pour  ces enfants  nés du viol et de la violence : ils ne se sentent rien d’autres que le fruit d’une horreur ?
Où est la « norme » pour ces êtres en puissance détruits dans certains avortements : leur seule condamnation est d’être venu au mauvais moment … dans dix ans peut-être ?
La « normalité » serait-elle pour eux le droit au malheur, à l’assistance, à la compassion ?

Nous sommes aujourd’hui dans un monde pluriel. «Nous ne voulons pas t’offrir une vie uniforme. Tes parents sont artistes, tu as cinq grands-parents et un couple homosexuel comme parrain. Tu es belge et italien, tu passeras une vie entourée de personnes venues des quatre coins des mondes, musulmans, juifs, protestants, communistes, libéraux, bouddhistes … Ton avenir c’est tout sauf la normalité. Ton futur c’est la découverte, la création et la rencontre des diversités. », poursuit Matteo Segers dans sa lettre.
Qui sommes-nous pour juger ?
Qui sommes-nous pour imposer nos modèles ? Vivons-les, si nous y croyons ! Interpellons, mais dans le respect et dans la rencontre des idées des autres !
Qui sommes-nous pour nous cacher derrière des propos de normalité, alors qu’au fond de nous-mêmes il n’y a que mépris et haine pour tous ceux qui ne vivent pas comme « la norme » ?
Le monde est habillé des couleurs de plusieurs visages, de plusieurs aventures, de plusieurs cœurs qui se disent : « je t’aime ».
Ils aspirent tous au bonheur. Ils aspirent tous à un peu d’amour et de tendresse … qui sommes-nous pour le leur refuser ?

Beaucoup de chrétiens sont descendus dans la rue pour dire leur désaccord au nom d’une « humanité normale » au nom d’une morale qu’ils défendent bec et ongle.
Mais la rue est-elle le lieu d’un débat serein ?
Est-ce à coup de slogans  et de dogmes que nous allons – dans le respect – à la rencontre de l’homme, peu importe son chemin ?
Jésus nous avait appris à « rencontrer », à « écouter », à « ne pas juger », à « être proche » … et nous sommes là avec nos slogans et nos réponses à quatre sous !

Si la normalité nous concerne tant, où sont-ils tous ces fanatiques pour réclamer du travail pour tous, un logement pour tous, une dignité humaine pour tous.
Serait-ce un rêve inaccessible de voir des Chrétiens descendre dans la rue, avec d’autres hommes de bonne volonté pour dénoncer la folie d’un monde financier ?
Serait-ce un rêve inaccessible d’imaginer des Chrétiens inventant avec d’autres des chemins pour plus de justice et de solidarité (heureusement, ils existent, loin de toutes nos bonnes consciences morales !)
Serait-ce un rêve inaccessible d’entendre les cris de colère de Chrétiens et d’autres qui hurlent quand Arcelor Mittal et d’autres groupes industriels délocalisent, faisant de l’esclavage un nouveau rapport au travail ? …
La « normalité » ne serait-ce pas tout simplement la recherche du bonheur et de l’Amour dans le respect de l’autre et dans la joie de se donner ?
Alors là, il y a place pour tous, pour toutes les situations de vie. Elles se passent de l’avis de censeurs. Elles sont le nid pour offrir au grand jour le visage et le sourire d’un enfant épanoui.
Mario Segers termine sa lettre avec ces mots qui ont de quoi en faire réfléchir plus d’un : « Le droit de morale naturelle " ça n’existe pas. Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ! Vis ta vie ouvertement, dans le respect et la défense de liberté des choix de chacun. »

G. De Smet (24 janvier 2013)


-12- DRAME CHEZ ARCELOR MITTAL

« La direction d'Arcelor Mittal a présenté, jeudi matin, lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire, un projet de liste d'arrêt définitif de 7 des 12 outils de la phase à froid dans le bassin sidérurgique liégeois. Cela représente 1.300 emplois perdus » peut-on lire ce jeudi midi sur le site de rtlinfos.be, ce jeudi 24 janvier 2013.

Drame pour ces hommes et ces femmes qui voient les portes d’un avenir se refermer.
Drame d’une crise qui ne considère plus le travail de l’homme. Seuls comptent les intérêts sordides de quelques financiers peu scrupuleux, comme Mittal, ce milliardaire sans projet.
Drame d’un manque de vision industrielle qui se venge de la position syndicale qui refusait de se plier à ses décisions unilatérales et dégradantes de licenciement.
De 795 emplois qui passaient au laminoir, voici désormais 1300 familles confrontées à la spirale du chômage et de la pauvreté.

Aujourd’hui, les politiciens parlent de « scandale » de « financiers, au lieu d’industriel ».
Auraient-ils la mémoire aussi courte ?
Hier ils accueillaient Mittal, ils lui promettaient des avantages financiers importants. Ils le faisaient profiter d’intérêts notionnels lui permettant d’éluder l’impôt, contrairement à ses ouvriers.
Ont-ils vraiment le sens du bien commun ?
Ont-ils le sens de récupérer ces cadeaux issus de nos impôts et pour lesquels nous ne les avions pas mandatés ?

Qui sont-ils ces gestionnaires industriels qui ne pensent qu’à leurs courbes de rentabilité, aux intérêts de leurs actionnaires ? Ils n’ont aucune considération pour le travail d’hommes et de femmes, sans qui leur argent ne serait rien ?
Qui sont-ils ces Mittal et autres gugusses que les notions de respect, d’honnêteté, de justice n’effleurent même pas … il est vrai que pour cela il faut une conscience ! L’argent peut-il en avoir une ?
Qui sont-ils ces « assassins d’humanité » pour oser se pavaner dans une richesse sans nom, recherchant des lieux plus profitables où l’emploi se paie à coup de cacahuètes et où l’esclavage est une norme ?
Honte à eux !

Aujourd’hui c’est l’heure d’un drame annoncé depuis des semaines et l’invasion de ténèbres sur des vies de familles entières.
C’est l’heure des larmes que des responsables repoussaient au plus loin possible.
C’est l’heure des bilans face aux décisions irresponsables et au gâchis que tout cela entraîne.
C’est vrai qu’il doit être plus facile de juger de la responsabilité des autorités belges face à la déportation des Juifs durant la dernière guerre. Ce qui permet à l’homme de vivre, aujourd’hui, son travail, aurait-il donc si peu d’intérêt ?
C’est l’heure de la solidarité à inventer face à toutes celles et à tous ceux qui aujourd’hui croulent sous le poids d’une irresponsabilité financière dont ils ne sont pas responsables !

Arrêtons ce gâchis humain au nom d’une crise et d’une guerre économique qui nous dépassent !
Arrêtons ce primat à la finance et à ces marchés, il y va de l’avenir de l’humanité !

G. De Smet (24 janvier 2013)


-13- DES SILENCES COUPABLES ?

Jeudi midi ! C’est l’heure d’un séisme social qui touche le bassin industriel liégeois. Il touche surtout 1300 familles qui voient une vie s’écrouler : des crédits, des enfants à qui il va falloir imposer des restrictions … Une impression de mort et de cauchemar pour toutes ces femmes et tous ces hommes qui se voient priver d’avenir, suite à un grand mensonge organisé.

Leurs compétences sont niées, malgré tous les efforts qu’ils ont faits, jusqu’à gagner moins, faire des heures supplémentaires. Pour eux, c’était travailler plus, pour gagner moins !
Des investissements avaient été promis pour pallier déjà à des pertes d’emplois.
Des aides régionales avaient déjà été accordées (intérêts notionnels, quotas de CO2, entre autre)
Des paroles d’espérance avaient été prononcées par des politiciens liégeois bien bavards à l’époque.
Mais rien n’y a fait. Ils avaient à faire à un voyou indien, un financier sans scrupule, sans plan industriel. On ne pourrait même pas le comparer à un mafieux d'une camorra quelconque qui ferait figure d’enfants de chœur face à lui. Son seul but, c’était celui de s’enrichir grâce à la sueur des autres. Son nom : Mittal, un milliardaire qui n’en a rien à faire que ses ouvriers ne soient que des pions au service de l’accroissement de sa fortune … le type même du « criminel en col blanc » qui ne donne envie que de vomir !

Au moment où ces ouvriers apprenaient le drame qui s’abattait sur eux …
Au moment où des parents devaient annoncer à leurs enfants qu’ils devraient désormais se priver de leurs petits bonheurs …
Au moment où des ouvriers de plus de 50 ans, parfois de plus de 30 ans d’ancienneté se voyaient déjà dans cette file de chômeurs de longue durée, dont nos politiciens se sont occupés dernièrement au nom de l’austérité et de la relance …
On est bien obligé de constater qu’ils ne se pressaient pas au portillon, nos responsables, pour signifier leur soutien à ces femmes et à ces hommes qui semblaient avoir tout perdu : leur travail, leur dignité, leurs moyens d’existence !
Un communiqué d’un premier-ministre, gêné aux entournures qui dit son soutien aux familles, pendant que le gouvernement wallon est en réunion. (Il ne s’exprimera que le soir !) Il faut lui reconnaître l’audace d’avoir rencontrer ce voyou indien, sans rien en tirer de constructif.
Pas un mot venant de ces « humanistes », qui se disent pourtant tellement proches de ce qui touche l’homme !
Pas un mot venant de tous ces tenants d’un « libéralisme social » (comme si ces mots allaient ensemble dans la réalité des faits !), tellement soucieux pourtant de l’avenir de leur « libraire ». Nous les entendions plus lorsqu’il s’agissait de nous vanter les bienfaits des intérêts notionnels, des diminutions des charges pour les entreprises, pour venir en aide au monde bancaire et j’en passe … tout cela allait « relancer » l’économie … Tu parles !
Pas un mot venant du « Palais », pourtant très « solidaire » lors de la fête nationale ou à Noël … Il est vrai qu’il aurait fallu trouver un ministre pour couvrir La parole et ne pas découvrir la Couronne !
Une simple déclaration d’un député socialiste et de l’un ou l’autre écolo, par ailleurs pas très loquace. Une banale insulte dans l’enceinte du Parlement à l’adresse de cet « intouchable », sous peine de s’y salir.
Mais où étiez-vous ? À moins que tout cela ne dérange vos plans et vos carrières ?
L’heure était-elle mal choisie ? (11h !) …
Vous fallait-il un temps de réflexion … Les premiers concernés, les licenciés d’Arcelor Mittal auraient bien aimé le report de cette annonce et prendre le temps du lunch de midi !
Savez-vous que faire de la politique, c’est être AU SERVICE de la cité, loin de vos épanouissements personnels ? C’est pour cela que vous êtes payés !
Savez-vous que faire de la politique, c’est prévoir un avenir pour tous et ne laisser personne au bord du chemin ?
Savez-vous qu’avant de parler de l’argent public, de vos budgets, il serait bien de considérer qu’il s’agit d’abord de moyens financiers que le citoyen, le contribuable a mis à votre disposition pour assurer le bonheur de tous, surtout en ces temps d’une crise économique créée par quelques tenanciers de « gargotes financières » et donc les travailleurs ne sont en rien responsables.
Vous parlez si bien de chasse aux fraudeurs sociaux et aux chômeurs de tous bords, mais si mal de fraudeurs fiscaux et d’escrocs bancaires …
Vous parlez si bien de taxe sur le travail, de charges salariales, mais si timidement de taxation du capital
Vous parlez si bien d’aide aux entreprises, dont il faudrait favoriser le développement, mais si mal de la reconnaissance de celles et de ceux, qui dans des conditions sociales difficiles, font fructifier cet argent.
Ah ! C’est vrai que vous parlez bien … On aurait parfois envie de vous croire !

Mais quand on voit ce désastre liégeois, quand on relit vos déclarations au cours des années, on se demande si vous vivez bien dans le même monde.
Oserez-vous exiger aujourd’hui le remboursement des aides et des cadeaux offerts à ce « fossoyeur indien » ?
Aurez-vous les moyens de vos ukases, quand vous devrez ordonner l'assainissement des sites ou faire face au rachat des quotas de CO2 ?
Aurez-vous, loin de toutes les larmes de crocodiles, le courage de vous tenir CONCRÈTEMENT à côté de ceux qui souffrent aujourd’hui, de ces familles anéanties, de ces enfants privés injustement (ils pourraient être les vôtres !) … jusqu’à ce qu’ils puissent se relever ?
C’est cela – et cela seul – qui est attendu de vous !
La balle est dans votre camp … les ouvriers d’Arcelor Mittal, eux, ont fait les efforts nécessaires !

En terminant ces mots de colère face à autant d’injustice, je vous livre ce message de Monseigneur Aloïs Jousten, évêque de Liège, qui lui n’a pas eu peur de s’exprimer à temps et à heure :
"Il fait froid dans le bassin liégeois. Depuis ce matin, il fait encore plus froid, puisque la fermeture de plusieurs sites de la phase à froid est programmée. Les métallos et leurs familles se posent des questions graves sur leur avenir. Et ils ne sont pas les seuls. Nous savons que les emplois ne tombent pas du ciel ; au contraire, ils sont souvent comme des feuilles emportées par le vent. Dans quel modèle de société vivons-nous ? Lequel voulons-nous ? Voilà les questions fondamentales. Soyons solidaires dans le moment présent ! Osons préparer l’avenir ! Encourageons toutes les forces vives dans la région et au-delà à imaginer et à oser des projets concrets et réalistes. Je suis convaincu que c’est la première étape pour « forcer l’avenir »".

G. De Smet (25 janvier 2013)


-14- DES EXTRATERRESTRES … DE RETOUR ?

Dans un pastiche de la monarchie, juste avant la révolution française, un humoriste français nous introduit dans un dialogue entre Louis XVI et un de ses conseillers :
- Sire, le Peuple a faim, dit le conseiller.
- Mais qu’il mange, répond le Roi.
- Mais il ne peut, ajoute le conseiller.
- Mais qu’il se force, poursuit le Roi.
La suite, nous la connaissons : révolution, Varennes, emprisonnement, décapitation et fin d’un système …

Au terme de ce mois de janvier, permettez-moi de vous livrer quelques extraits parus dans la presse, concernant des déclarations visant notre famille royale :

1. Lors de son discours de Noël 2012, le Roi nous invitait à un changement de mentalité : « En ces périodes difficiles, nous devons avoir une attention spéciale pour les plus vulnérables. Il est paradoxal de constater que dans un pays aussi prospère que le nôtre, on estime qu'il y a près de 15 % de la population qui risque de tomber dans la pauvreté. Il faut faire preuve de solidarité et aussi d'imagination pour favoriser de nouvelles voies de réintégration dans le monde du travail. La Belgique s'est engagée à faire sortir au moins 380.000 citoyens de la pauvreté d'ici 2020. »

2. Quelques jours plus tard, la Reine Fabiola nous conviait à une annonce qui n’allait pas passer inaperçue. Nous apprenons ainsi, via la presse, qu’elle a créé en octobre dernier une Fondation « Fons Pereos ». Son objet est : « d’aider les membres de la famille de la reine, de promouvoir les œuvres et la mémoire du couple royal, d’assister la fondation Astrida qu’avait créé le roi Baudouin et, last but not least, d’encourager les institutions catholiques. » (RTL 09/01/2013).À cette fondation qui élude l’impôt, s’ajoute : « 27 millions d’euros depuis le décès du roi Baudouin. Il faut y ajouter l’héritage de 1993, quand elle est devenue veuve ». (RTL 09/01/2013)

Cette information suscitera de nombreuses réactions dans la population. La reine réagira d’ailleurs à son tour, parlant : « des incompréhensions et des réactions si négatives ». J'en suis profondément atteinte ».
Plus tard, elle ira même jusqu’à remettre cette Fondation en question et à y renoncer (même si cette possibilité ne semble pas très claire !)
Elle se sent toutefois obligée d’ajouter que sa dotation (1.400.000 € par an) : « est totalement utilisée d'année en année pour faire fonctionner ma Maison et pour payer mes frais, tout particulièrement de représentation" (RTL 26/01/2013)

3. Un peu plus tard dans le mois, la Presse donne la parole au bourgmestre de Houyet, nous faisant part du souci financier de sa commune : « Le domaine royal de Ciergnon faisant partie de la donation royale, ses propriétaires ne doivent pas payer de précompte immobilier. Un manque à gagner pour la commune d'Houyet qui aimerait des compensations financières ». (RTL 22/01/2013).

4. La fin du mois de janvier fut aussi riche en prises de paroles.
Ce fut d’abord la Princesse Astrid qui se rappela à notre bon souvenir, sur VTM : « la fille du roi dit comprendre la demande publique pour une plus grande transparence et un meilleur contrôle des dotations allouées aux membres de la famille royale. Astrid voit toutefois dans la récente polémique un signe de méfiance ainsi qu'une forme d'attaque personnelle envers le travail qu'elle a mené ces 20 dernières années, selon le journaliste qui l'a interrogée ». (Rtl 27/01/2013)

5. Son intervention fut suivie, dans la foulée, par une réaction du Prince Laurent : « Si ma sœur peut se le permettre, je suis ravi pour elle. Vous savez moi, je ne suis pas de ces personnes qui jalousent ceux qui ont les moyens »,ajoutera le prince Laurent avant de nous confier que tout ce qu’on raconte sur lui par ailleurs, est « faux ». (sudfinfos 28/01/2013)
Cette remarque « forte » sera pour la presse l’occasion de commentaires peu flatteurs : « Laurent a-t-il encore besoin de ces 307.000 euros? Que fait-il de cette énorme somme ? Lundi, il nous confiait qu’il ne pourrait pas vivre sans cette dotation. Disons plutôt qu’il ne pourrait plus mener sa vie de prince lui qui, avant 1994, recevait un peu moins de 2.000 euros/mois de son père ! »
« Selon certaines sources, Laurent placerait une partie de son argent, notamment en faisant confiance à une société spécialisée en gestion immobilière, rue des Colonies à Bruxelles. »«S’il n’avait pas sa dotation, il serait un SDF», nous résume un ancien proche collaborateur de Laurent, qui ne le porte plus dans son estime. (sudinfos 29/01/2013)

6. Le mois de janvier avait déjà été fertile en « affaires » concernant le fils cadet du Roi : « Le prince Laurent a eu des contacts à Bruxelles avec des diplomates angolais. L'Angola serait intéressé par des projets sur l'énergie renouvelable développés par la fondation du prince », affirme jeudi De Morgen. Selon le journal, le gouvernement et le palais ne sont pas au courant des démarches du prince.
Un expert, sous couvert d’anonymat ajoutera : « est-ce que Laurent dispose réellement d'une expertise pour développer des projets en énergie pour Luanda, une ville qui compte plus de 5 millions d'habitants? ». (RTL 17 01/2013).
À noter, toutefois, selon nos excellences, qu’après les contacts pris avec les autorités ougandaises, il n’y aurait rien de répréhensible :« Il faut rester prudent. Les vérifications se poursuivent mais il semble que le prince n'ait pas passé outre aux règles qui lui ont été imposées », a expliqué M. Reynders. (RTL 20/01/2013)

7. Fin du mois, lors de la cérémonie de présentation des vœux au Palais de Bruxelles, le roi s’est brièvement exprimé au sujet de l’actualité de sa « royale » famille : « Par ailleurs, dans un tout autre domaine, comme chef de la famille royale je ne vous cacherai pas, que les événements familiaux du début du mois, m’ont peiné et donné une leçon d’humilité. La famille royale doit, en effet, en toutes circonstances donner l’exemple ». (discours du Roi 29/01/2013) 

8. On aurait pu croire ce feuilleton de mauvais goût arrivé à son terme … C’était sans compter sur de vieilles affaires qui refont surface.
Cette fois, ce sont les anciennes relations sentimentales du Roi qui font la une de la presse. Le Journal le soir publie un droit de réponse de Delphine Boël, suite à un article paru en novembre 2012. Cela concerne une sordide affaire d’héritage, que nous n’aborderons pas ici.
Ce fut, toutefois, le moment choisi par la mère de l’artiste, la baronne Sybille de Selys Longchamps, pour réagir auprès des journalistes de Sud Presse. Le souverain estimant que« la famille royale devait donner l’exemple », elle ose une confidence : « une question se pose : le roi doit-il reconnaître sa fille pour éviter une situation qui manque de clarté ? » (RTL 31/01/2013)

Ce qu’il reste de tout cela après avoir relu l’actualité royale de ce dernier mois, c’est un goût amer.
Pendant que se déroulaient toutes ces facéties de « sales gosses de riche », la crise continuait son travail de sape.
Pendant que s’étalent les sommes de rétributions énormes, la précarité, les fins de mois difficiles, les factures impayées … habillaient de noir l’horizon de plus d’une famille de chez nous.
1300 places (Arcelor Mittal) venaient s’ajouter à la déferlante du chômage qui ne cesse de s’abattre sur toutes ces familles qui sont acculées désormais à des restrictions, à un avenir incertain, à des angoisses brisant tant de projets.
Pour eux tous, pas de fondation, pas de dotation, pas de déclarations tonitruantes, pas d’impôts éludés, pas de cadeau pour gérer un personnel de château et un parc automobile indécent !

Pas un jour que nos excellences n’invitent les citoyens à des efforts, leur imposant des charges si mal réparties.
Le Roi se dit « peiné » et a ressenti « une leçon d’humilité » … mais que sont tous ces mots par rapport aux humiliations du quotidien pour tous ces "écrasés" que nos systèmes économiques ont créés.
Le Roi parle de « solidarité » … mais que devient ce concept, quand, par ailleurs leurs rémunérations atteignent des sommes qui font froid dans le dos pour ceux qui aimeraient juste un peu d’aide.
Le Roi parle « d’imagination » pour « favoriser de nouvelles voies de réintégration dans le monde du travail » … mais pendant ce temps, que d’initiatives privées de moyens financiers, dépensés dans des dotations qui n’ont pas de raison d’être.

Quel gâchis … Mais aussi quelle rancœur !
Ne serait-ce pas le moment d’un sursaut de dignité ?
Ne serait-ce pas le moment de considérer l’acte monarchique comme un service, comme une présence efficace et aimante auprès de ces hommes et de ces femmes qui souffrent aujourd’hui ? À moins que tout dévouement demande salaire ?
Ne serait-ce pas le moment d’aller « en vérité » à la rencontre des croix qu’un système financier à imposé aux « plus fragiles de notre Belgique » … et les porter avec eux ?
Ne serait-il pas venu le moment d’être le père et la mère d’un peuple qui, en ces temps bousculés, a besoin d’être entendu et soutenu ? À moins qu’il ne soit obligé de ne s’en souvenir qu’en période électorale ?
Je n’ai aucune leçon à donner à cette famille royale. J’ai simplement le droit de leur dire : ça suffit !… Au travail !

G. De Smet (31 janvier 2013)


-15- DUTROUX ... LIBERTÉ CONDITIONNELLE ?

En ce 1 février 2013, la presse nous informe sur une audience du Tribunal d’application des peines. Elle serait consacrée à la demande de libération conditionnelle introduite par Marc Dutroux. Y seront invitées, pour la première fois, les familles des victimes.
Certaines familles de victimes refusent de participer à cet événement et ils justifient leur décision : « Depuis des années, les parties civiles demandent de pouvoir être traitées, non pas comme une portion congrue, mais comme une partie à part entière. On leur avait formulé des tas de promesses, encore l’année dernière lors de la marche blanche de Jean-Denis Lejeune. Lundi on nous convoque dans l’affaire Dutroux et on ne peut pas avoir accès au dossier, on ne pourra pas participer à l’audience alors qu’allons-nous faire là, si ce n’est être des faire-valoir attendant des promesses jamais tenues" » a réagi Maitre Beauthier, avocat de ces trois parties civiles (RTL 01/02/2013).

Depuis des années, les autorités judiciaires refusent l’accès au dossier … à tort ou à raison.
Le pouvoir politique vient de voter une réforme de la loi sur la libération de Michelle Martin, sans y inclure la possibilité pour les familles d’avoir accès au dossier … peut-être avait-il là encore ses raisons.
N’empêche, qu’après toute l’émotion suscitée par ces meurtres horribles des victimes de Dutroux, il aurait été envisageable de mettre sur pied une mesure exceptionnelle à la hauteur du drame.
Pendant des années, la presse nous aura parlé du Dossier Dutroux, puis d’un dossier bis réfuté par les autorités (Il serait vide !)
Le devoir de la Justice ne serait-il pas de cheminer AVEC les victimes pour les aider à comprendre ce qui s’est passé et pour les soutenir dans un deuil à faire et leur rendre une existence qui soit possible ?
Y aurait-il des choses à cacher ?
Y aurait-il « des noms » à taire, comme plus d’un article de presse l’a laissé sous-entendre ?
Y aurait-il des intérêts « à sauver » ?
Certes, tout cela nous dépasse, mais devrons-nous en rester, longtemps encore, à une émotion qui va jusqu’à faire douter de nos institutions … et cela peut mener loin ?
Serait-ce si compromettant de se mettre à l’écoute des demandes des familles qui ont le droit de savoir … il s’agit de leurs enfants !

Ici, comme dans d’autres situations, il me semble que l’humain en prend un coup, au nom de la froideur d’un dossier.
L’homme a droit d’être rencontré dans ce qu’il est et dans ce qu’il vit.
L’homme a droit à être respecté et relevé.
L’homme a droit à des réponses, face à ce qui manifestement le dépasse.
Des milliers de personnes se sont pressés dans la rue pour signifier tout cela lors d’une marche blanche … A quand la suite ?

G. De Smet (1 février 2013)


-16- TIENS ... ILS SONT TOUJOURS LÀ !

Il suffit que le collège communal et échevinal d’Alost mette le drapeau national hors de la salle du Conseil (situation tout à fait légale !) pour que nous assistions au grand retour de certains politiciens qui s’étaient fait "oubliés" ces derniers temps.

Dans l’affaire royale, on minimise et on prend quelques mesures susceptibles de calmer l’opinion publique …
Pour l’allongement des carrières des travailleurs, il nous faut bien constater que tous ces responsables se cachent derrière la parole d’un ministre, sans jamais aider la population à se poser de vraies questions …
Pour les licenciements chez Arcelor Mittal, là, c’est le grand silence (Voir « Des silences coupables – Billet d’humeur 13).
Il ya bien quelques déclarations gênées d’un premier-ministre ou d’un ministre –président wallon.
Il y a bien les décisions d’un ministre de l’économie wallonne qui travaille plus qu’il ne communique.
Mais tous ces autres qui, au moindre éternuement d’une banque ou d’une entreprise en besoin d’intérêts notionnels avaient le verbe large … les voilà qu’ils ne nous offrent ni l’image, ni le son.
Lors de l’affaire Dexia ou pour l’accueil de financiers comme Mittal, ils étaient nettement plus présents !
Même le roi, pourtant si critiqué ses derniers temps, a fait mieux qu’eux. Dans son discours aux Corps Constitués de ce début d’année 2013, il a dit son souci et son inquiétude face à cette situation qui dérape et qui dépasse tous les acteurs économiques et sociaux.

Certes, les symboles nationaux sont importants !
Certes, le drapeau national et ses trois couleurs sont un signe fragile mais tellement porteur de vécu et d’émotion.
Mais ne ramenons pas toujours tout à un problème communautaire – même s’il donne à plus d’un politicien l’occasion de surfer sur la vague d’une carrière rentable, parfois de père en fils –. Cela fait tellement "cour de récréation" où l’autre est montré du doigt : Oh, Sieur, vous avez vu … Ce n’est pas moi, c’est lui !
Il est difficile de nier les enjeux communautaires de la Belgique … mais que serait la Belgique sans des citoyens heureux et confiants ?
Aujourd’hui, les citoyens ont besoin de découvrir que vous êtes les acteurs enthousiastes d’une page d’Évangile qui pour nous, chrétiens, a du sens : « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! » (Matthieu 25)
Aujourd’hui, les citoyens ont besoin d’une sécurité d’emploi, d’une retraite décente pour vivre, d’un peu de rêve que n’offrent guère les chiffres dont ils sont massacrés.
Aujourd’hui, ils n’ont plus envie de crouler sous les frais d’un train de vie de l’État qui, entre communautés et régions, ressemble plus à un puits sans fond qu’à une source d’espérance.
C’est lutter pour l’aujourd’hui du Belge que la politique existe.
C’est pour ce service là que les Belges ont voté pour vous et qu’ils vous ont confié leur avenir, et non pour assurer une carrière qui vous comble.
Il y va de notre véritable « Vivre ensemble » qui se chante tant en français, qu’en néerlandais, qu’en allemand.
Au boulot et avec un peu d’humilité !

G. De Smet (1 février 2013)


-17- POLITIQUE ... UNE CARRIÈRE OU UNE MISSION ?

Aurais-je eu tort ?
Naïvement, dans la logique d’une certaine éducation, j’avais cru comprendre que le service du pays était une idée généreuse et précieuse pour le bonheur de toute une société.
Ces hommes, ces femmes qui briguaient un mandat lors des élections, ils allaient assurer les conditions concrètes de notre bonheur, en votant des lois, en préservant un bien-être « à la belge », en osant des compromis qui soient autant de réussites.
Ils étaient même les garants de la démocratie, ce bien suprême qui allait nous éviter les dérives qu’avaient connus les anciens, lors des guerres.
Et, notre pays peut s’enorgueillir d’avoir connu de tels personnages emblématiques. Ils étaient à la base de la Constitution de notre pays. Ils avaient mis en place des mesures structurelles qui allaient permettre l’éducation, la sécurité, l’admission aux soins de santé, un travail …

Pour nous Chrétiens, ils étaient dans la ligne du SERVICE que nous avait proposé Jésus. Souvenez-vous, lors du dernier repas avec ses disciples, Jésus s’était mis à genoux devant eux et il leur avait lavé les pieds. Ils avaient entendu l’explication, donnée par Jésus lui-même : « “Avez-vous compris ce que je viens de faire ? Vous m’appelez Maître et Seigneur - et vous avez raison, car je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez, vous aussi, vous laver les pieds les uns aux autres.” » (Jean 13, 12-14)

Ces politiciens étaient de grands hommes. Ils ont permis les progrès de notre pays. Ils ont aidé à l’émancipation et au bonheur des citoyens. Ils nous ont aidés à forger « une petite Belgique » dans laquelle il faisait bon vivre.
Leurs noms restent gravés dans l’Histoire et ils méritent toute notre gratitude.

Depuis quelques décennies, les choses auraient-elles changé ?
N’y aurait-il plus de défis qui mettent en route des hommes et des femmes d’État, capables de veiller à l’essentiel, dans la limite des possibles ?
Sans vouloir tomber dans le populisme, il nous faut bien constater que nos politiciens sont parfois très loin des préoccupations de leurs électeurs.
Avant de respirer au diapason de leurs concitoyens, ils sont des artisans de lignes de partis. Ils semblent avoir parfois bien des soucis à établir une différence entre le bien commun et les intérêts partisans qu’ils défendent. Ils proclament leur altruisme, en évoquant que l’idéologie qu’ils défendent se veut une proposition de société qui permettra le bonheur de tous. Eux seuls détiennent la bonne solution !
Nous voulons bien les croire, mais il faut reconnaître qu’ils éprouvent bien des difficultés à nous convaincre (il suffit de constater le nombre de votes blancs ou nuls, à chaque élection !)
À chaque suffrage, ils mettent en place des coalitions qui semblent ne pas respecter le choix des électeurs.
Au-delà des « chiffres », n’y aurait-il pas place pour des rejets de politiques incompréhensibles pour les votants ?
Ne mêlent-ils pas souvent l’eau et le feu, au point de bloquer des décisions pourtant importantes ? La crise que nous connaissons, issue du monde de la finance et de la banque, n’en est-elle pas une brillante et sinistre illustration : paradis fiscal pour certains et enfer au quotidien, pour d’autres ?
À chaque suffrage aussi, nous voyons réapparaître les mêmes noms, les mêmes têtes. Ils peuvent ainsi tenir des décennies. Auraient-ils un sens du service aussi développé ou un goût pour la carrière bien ancré ?
Jadis, on entrait en politique comme on entre en religion.
On devenait un personnage charismatique qui allait à la rencontre des défis qui méritaient d’être rencontrés pour établir le bonheur de tous.
Aujourd’hui, plus d’un poursuivent simplement la carrière de papa, entrant dans une logique chantée déjà par Jacques Brel (Notaire, comme papa !)
Ils sortent des études. Ils n’ont aucune expérience de la vie. Ils connaissent mal celles et ceux à qui ils se proposent comme candidat. Ils deviennent ministre ou chef de parti, parce que papa l’était avant eux ! Est-ce bien crédible, à moins que le népotisme soit devenu une nouvelle vertu ?

Aujourd’hui, ils surfent sur une vague politique qui fait les grandes heures de notre pays depuis des années : le communautaire.
En Belgique, tout devient communautaire, loin des préoccupations du simple citoyen.
Pour nous rassembler, seule une trop rare victoire sportive ou l’exaltation d’un talent fait encore vibrer le sentiment national.
Pour le reste, ils pensent pour nous !
Quelques faits :

Au lieu de nous apprendre à nous apprécier et à nous connaître au niveau de nos communautés linguistiques. Ils ont mis en place une frontière. Elle prend parfois des allures de mur de Berlin, créant des camps irréconciliables et c’est peut-être bien ainsi pour certains !

Cette incompréhension aura permis de mettre en place des communautés et des régions. Cela pourrait être une bonne invention, si elle permettait de mieux aller à la rencontre des attentes des citoyens. Pas sûr que cela soit toujours bien compris dans la population !
Nous restons trop souvent avec, en bouche, un goût amer de gabegie et de dépenses faramineuses. Mais cela aura quand même permis au monde politique de créer de l’emploi et d’engendrer des gouffres budgétaires impressionnants.
Pas convaincu : comptez le nombre de fonctionnaires « en mission » pour représenter le pays à une conférence internationale quelconque !

Avec la nouvelle réforme de l’État, ils ont à se partager des sommes importantes issues du partage du budget fédéral. Ils semblent éprouver bien des difficultés, allez savoir pourquoi !
Ce qui doit les guider ne serait-ce pas uniquement le bien de la région au service de laquelle ils travaillent ?

Lors du récent drame humain d’Arcelor Mittal, ils ont encore brandi l’épouvantail communautaire : imaginez que les Flamands n’auraient pas réagi face à la situation, alors que le monde politique wallon aurait dit son soutien lors des événements de Ford Genk.
Nous aurions aimé autant de paroles et d’actes de soutien envers ces familles confrontées à la sinistrose.

Quand ces messieurs et ces dames mandatés par la population pour une fonction, est-ce bien nécessaire d’afficher la couleur de son parti (Ex : Monsieur Untel, bourgmestre – de tel parti). Un mandataire ne serait-il qu’une émanation de son parti ? Ne devrait-il pas être au-dessus de la mêlée ?

Et nous pourrions poursuivre cette liste désolante.
Aujourd’hui, alors que certains ministres pensent à créer des postes de « diplomates financiers », alors que des signes de sortie de crise se feraient ressentir, alors qu’on nous parle d’un pays « paradis fiscal » … Nous sommes bien obligés de constater que le citoyen se sent seul quand le chômage lui tombe dessus, quand les soins de santé deviennent inabordables, quand le « panier de la ménagère » se retrouve truqué au nom d’intérêts financiers qui le dépassent …
Et face à cela nous trouvons des femmes et des hommes politiques qui se soucient d’un drapeau dans une salle de conseil communal … surtout si cela se déroule de l’autre côté de la frontière linguistique (qui a fait leurs beaux jours politiques !)
Aujourd’hui, les voilà avec un nouveau dada : Les t-shirts homos à Anvers, cette terrible décision discriminatoire prise par Bart De Wever, qui était déjà indiqué par la gestion de l’ancienne équipe au pouvoir !
Ce bourgmestre, démocratiquement élu, a décidé, que le respect de la population va vers un certain code vestimentaire neutre et correct.
Il n’est pas demandé au fonctionnaire d’afficher son orientation sexuelle ou sportive ou artistique ou encore son statut social. Il lui est demandé d’être compétent, souriant et serviable : ce n’est déjà pas si mal !
Si vous travaillez au guichet d’une banque ou d’une administration, pouvez-vous vous y présenter dans n’importe quelle tenue ?
Si vous êtes enseignant et que vous souhaitez être respecté par vos élèves, votre « look » n’est-il pas important ?
Un parent, s’il veut être un modèle pour ses enfants, comme l’y invite la psychologie, peut-il se permettre n’importe quoi, tant au niveau vestimentaire que dans ses comportements ?

Et si nos femmes et nos hommes politiques arrêtaient d’être en campagne électorale permanente – même s’ils envisagent une carrière plus longue que 4 ans !
Nous les sentons déjà sur des braises ardentes en vue des élections fédérales de 2014. Devrions-nous y lire une affirmation de soif de pouvoir ?
Ils créent des « cordons sanitaires » contre tout ce qui fait obstacle à leur ligne politique. Il paraît que c’est au nom de l’intérêt de tous … et dans le domaine, le sauvetage de la démocratie a parfois bon dos !
Si tel est vraiment leur souci, pourquoi n’iraient-ils pas d’abord à la rencontre de ce qui fait le quotidien de leurs électeurs : leurs joies, leurs peines, leurs souffrances, leurs réussites ? À la rencontre de ces défis qui forgent l’espoir humain ?
Si tel était vraiment leur souci, pourquoi ne baseraient-ils par leur réélection sur un bilan plutôt que sur des peurs bien entretenues ?
Si tel était vraiment leur souci, pourquoi ne se placeraient-ils pas au niveau des aspirations de tous, surtout des plus exclus de tous leurs systèmes, et ce loin de tous ces intérêts partisans tellement éloignés des croix de tant et de tant d’hommes de nos rues et de nos cités ?

La politique, au sens noble du mot, est un service grandiose. Il vise le souci de la cité et le bonheur accessible à tous. Pour cela il se donne du temps et des visées à long terme.
Cela demande d’être des « visionnaires » et des idéalistes. Nous osons croire que les lignes politiques des partis ont cela pour but.
N’empêche que le dernier mot restera toujours à l’électeur – et non aux partis et à la « particratie » qui les accompagne.
Mesdames, messieurs les politiciens ne les obligez pas à créer des « cordons sanitaires » qui vous excluent demain des belles carrières que vous aviez envisagées.

G. De Smet (5 février 2013)


-18- RUPTURE ?

Mardi dernier, la FGTB a claqué la porte du Groupe des 10. Ce groupe avait pour mission de réunir les différents partenaires sociaux, en vue d’établir une convention qui allait permettre un dialogue social constructif.
Le syndicat socialiste a justifié sa prise de position, estimant inacceptable la position du gouvernement qui se contente d’être le relais des exigences patronales. Il visait là principalement le gel des salaires, décidé unilatéralement par les autorités, les mises à mal du « panier de la ménagère » et les remises en question des statuts des ouvriers et des employés.
De plus, le syndicat trouve « inacceptable que l'on augmente encore la possibilité pour certains travailleurs de prester ces heures supplémentaires alors que d'autres sont licenciés et dans l'attente d'un emploi, le tout sans garanties d'un enregistrement électronique du temps de travail pour permettre un contrôle syndical accru. »
Un premier train de mesures visant « la liaison des allocations sociales au bien-être et l'augmentation du salaire minimum interprofessionnel » avait déjà été soumis au gouvernement qui se contentait de ne pas décider. Pendant ce temps, les employeurs « réclament un allongement du temps de travail via l'augmentation des heures supplémentaires »
En réaction, le syndicat propose donc un mouvement massif de mécontentement le 21 février prochain.

Contrairement aux faits constatés lors du licenciement des 1300 ouvriers d’Arcelor Mittal, il ne manquait pas des politiciens, de ministres pour y aller d’une déclaration face à l’événement.
De Croo, Reynders, Vanackere, Milquet … Tous ils avaient retrouvé la parole, alors que les résultats des dernières élections législatives la leur avaient confisquée ! Comment était-il possible, s’exclamaient-ils, de refuser une concertation sociale … qui allait relancer l’économie et promouvoir la compétitivité des entreprises ?
Par contre … grand silence du monde socialiste, pourtant vainqueur lors des élections législatives.

Ces mêmes politiciens, porte-paroles du monde financier et bancaire ne cessent de nous vanter les mérites des intérêts notionnels, de la diminution des charges des entreprises, la compétitivité des entreprises, des salaires trop élevés, de l’accueil des grosses fortunes françaises …
Ils ne cessent de nous dire que grâce à leurs propositions la relance économique sera possible, que des emplois seront créés (nous avons pu le constater auprès d’Arcelor Mittal qui, après n’avoir pas payé d’impôts et avoir profité  au maximum des aides de l’État  et des bienfaits des intérêts notionnels, a licencié 1300 personnes !)

Nous, le petit peuple, que voyons-nous de tout cela, quand il s’agit de notre pouvoir d’achat : tout augmente : les courses, les taxes, les impôts, les assurances, les frais bancaires, tickets-services …
Tout devient difficile : l’accès aux soins de santé, le bouclage des fins de mois, l’énergie, l’eau, les communications … (notez, ce serait de notre faute, nous ne ferions pas assez jouer la concurrence !)
Nous constatons aussi que le train de vie de l’État est infernal, que des grands patrons et de riches actionnaires en profitent pour devenir « scandaleusement riches ».
Jusqu’à quand ce monde politique pourra-t-il se montrer arrogant avec toutes celles et tous ceux qui souffrent d’une  crise qu’ils n’ont en rien créée ?
Jusqu’à quand l’injustice restera-t-elle ce cancer qui ruine notre vie en société ?
Jusqu’à quand le simple bonheur sera-t-il inaccessible pour tous ces « oubliés » d’une société libérale qui ne parle que de rentabilité et de compétitivité, niant une fois pour toute l’humain au service duquel elle devrait être.
Et si le 21 février devenait une première réponse ?

Voici quelques semaines était publié un rapport commandité par le SPP Intégration sociale.
Le but de cette étude était de dresser un état des lieux de la pauvreté en Belgique.
Permettez-moi, au terme de ce billet d’humeur de livrer à votre méditation quelques chiffres qui en disent long.
Nous pourrions leur opposer le tableau des bénéfices réalisés par les grandes entreprises industrielles ou financières ou encore la liste des rétributions du patronat ou du monde politique (à moins que ce ne soit du populisme ?) :

    • 5,7% de la population belge étaient confrontés à une sévère privation matérielle en 2011.
  • 20,8% des habitants de la Belgique vivent dans un ménage qui rencontre des difficultés à boucler ses fins de mois.
  • En 2011, le nombre annuel des bénéficiaires du revenu d'intégration atteignait 155.418 Belges ; pour l'équivalent au revenu d'intégration, nous enregistrions 46.844 bénéficiaires. 104.601 personnes ont bénéficié du Revenu garanti aux personnes âgées en 2012. Le nombre d'étudiants qui a fait appel, en Belgique, au revenu d'intégration connaît une croissance exponentielle : de 3.655 en 2002 à 17.531 en 2011.
  • En 2011, le taux de chômage en Belgique atteignait 10,5%. Dans la Région de Bruxelles-Capitale, le taux était de 20,5%, en Région flamande de 6,3% et en Région wallonne de 16,1%.
    • Dans l'ensemble du pays, le taux de chômage chez les jeunes est nettement supérieur à celui des catégories d'âge plus élevé : 18,7% chez les 15-24 ans, 6,6% chez les 25-49 ans et 4,5% chez les plus de 50 ans.
    • La proportion des personnes au chômage de longue durée est passée de 44,19% en 2009 à 48,31% en 2011.
    • Les personnes sans formation restent plus longtemps sans emploi en raison de la récession économique : 7% chez les personnes sans formation contre 3% chez les personnes diplômées.
    • Mais : 33% des personnes pauvres font face à de tels problèmes de logement.

 Depuis 2009, le nombre de familles allocataires n'a cessé d'augmenter. Au cours du deuxième semestre de l'année 2011, le nombre d'enfants ouvrant un droit atteignait 17.929 et le nombre de familles allocataires s'élevait à 8.744, ce qui représente une augmentation de 31% par rapport à 2001.

Annuaire fédéral sur la pauvreté (janvier 2013)

G. De Smet (6 février 2013)


-19- ARNAULT … DÉGAGE !

Voici ce qu’on peut lire dans les journaux L'Écho, De Tijd et La Libre Belgique, ce samedi matin : « Au nom de M. Arnault, Denis Dalibot déclare que le Trésor public belge peut s'attendre à recevoir des millions. C'est en tout cas ce que devrait rapporter à la Belgique la présence de la filiale LVMH Finance Belgique, installée le long de l'avenue Louise à Bruxelles. »
Mais pour qui ce prend-il ce milliardaire français, ce Monsieur Arnault qui nous fait vomir depuis des mois ?
Dans une longue interview, il s’épanche sur les mérites de la Belgique, sur les avantages d’un système économique et fiscal intéressant. Je cite : « La Belgique est un pays d’accueil. M. Di Rupo l’a rappelé à Davos. Votre pays est attractif pour différentes raisons et pas uniquement pour des raisons fiscales. Bien sûr, la fiscalité est importante et c’est un élément de gestion : il y a, en Belgique, des incitations qui ont été créées pour faire venir des groupes mondiaux, comme les intérêts notionnels. »
Nous noterons quand même que durant trois ans, une de ses sociétés « Pilinvest »  n’a pas payé d’impôts (Les pauvres ! Ils avaient eu des problèmes suite à l’effondrement de la Bourse en 2008 ! Il faut comprendre !) Il vient même de créer une fondation, mettant à l’abri ses biens et en faisant de sérieuses économies par rapport au fisc français.
Il se permet encore d’ajouter : « J'entends beaucoup de gens se plaindre, mais la Belgique est un pays stable. » Aurait-il le culot d’expliquer cela aux licenciés d’Arcelor-Mittal ou de Ford Genk ?

Face à ce Monsieur, les politiciens du « grand capital » se permettent de lui ouvrir les bras en notre nom. Ils sont même nettement plus actifs que lorsqu’il s’agit de relever les victimes d’une crise que les travailleurs n’ont pas créée. La coupe est pleine !
Notre secrétaire d’État de l’Asile et de l’intégration semble elle aussi plus active pour organiser des charters d’étrangers qui encombreraient que pour traiter ces demandes d’exils fiscaux indécents. Il est vrai qu’il y a, chez elle, des aspects plus impressionnants que son humanité !
Il y a quelques mois, une ressortissante française s’est vue reconduire à la frontière. Elle venait de perdre son emploi, après des années de travail et de cotisations en Belgique. Manque de pot, elle avait oublié de renouveler sa carte de séjour ! Courteline serait-il de retour ?

Aujourd’hui, je voudrais dire à ce Monsieur Arnault, à ce marchand de champagne et de luxe, que la Belgique n’est pas un pays de « putes ». Nous ne sommes ni à vendre, ni à séduire.
Être belge vaut plus que quelques milliards.
Des hommes et des femmes se sont battus pour créer son identité et son originalité, parfois au prix de leur vie.
Des hommes et des femmes ont bâti ce pays à la sueur de leur front et avec le déploiement de leurs talents … au point d’imprégner en nous une fierté qui ne se solde pas.
Être belge, c’est s’inscrire dans une Europe des peuples, une Europe, dans laquelle il n’est pas possible de choisir les aspects qui confortent notre individualisme.
L’Europe, à laquelle aspire notre pays est un rêve au fronton duquel s’écrivent les  mots « Liberté, Fraternité, Égalité »  Ils ont une valeur incommensurable.
Plus que la devise d’un pays, ils sont une source de Justice, de solidarité et de reconnaissance de tout homme, peu importe sa fortune ou la couleur de sa peau.
Plus qu’un slogan, ils sont des moteurs de partage, d’équité et de reconnaissance, loin de toutes ces magouilles dont la grande finance a le secret.

Aujourd’hui, je voudrais dire à cet Arnault : « Dégage ! »
Nous n’en voulons pas de ton argent, de ta fortune, de ton renom. Ils s’en viennent chez nous au plus mauvais moment, celui où l’homme n’a plus aucune valeur quand il ne peut apporter que son travail et son intelligence.
« Dégage, tu nous salis ! »

G. De Smet (9 février 2013)


-20- CHOUETTE … UN PEU DE DIGNITÉ

Des temps de crise difficiles …
Des financiers indécents d’arrogance …
Et au milieu de tout cela, Philippe, un chômeur de la région namuroise. Il est sans diplôme et il ne cesse de postuler, sans succès.
Un matin, baignant dans son désarroi, Philippe a voulu prendre un café … rien !
Il était en rogne, certes, mais il a pensé qu’il devait y avoir plus malheureux que lui : toutes celles et tous ceux qui ne pouvaient se permettre un café, le matin.
Il a donc pris l’initiative d’aller à la rencontre des autres et de partager avec eux une tasse de ce café qui fait du bien.
C’est ainsi que, le 15 novembre dernier, il a planté son étal dans la rue pour « Un petit café au grand cœur ». Depuis lors, tous les mardis et tous les vendredis de 8h30 à 10h30, il se fait main tendue devant Pizza Hut (qui lui fournit l’électricité).
« Même si les gens viennent moins quand il fait mauvais », reconnait le bénévole. « Mais nous distribuons quand même 7 à 8 litres de café minimum à chaque fois, parce que nous avons aussi une ‘brigade volante’ qui se déplace pour aller trouver les gens dans la rue. »
Son initiative ne s’adresse pas qu’aux démunis, mais à tout qui fait le pas de s’approcher de son étal.

Merci Philippe ! Merci pour ton humanité et ton grand cœur ! Merci pour ton refus de la fatalité et pour ta recherche d’une utilité au sein d’une société qui ne parle plus que de compétitivité et de rentabilité.
Face à tous ces drames humains que crée la crise économique et sociale, nous nous sentons parfois bien démunis : que faire ? Comment aller au-devant de la détresse de l’homme ? Comment éprouver une empathie qui ne soit pas des larmes de crocodiles ?
Il n’y a pas de petits gestes. Il n’y a pas de mauvaises initiatives. Il n’y a pas qu’une goutte dans l’océan.
Et s’il suffisait de laisser parler son cœur, comme Philippe, loin de toutes les spéculations et de toutes les recherches d’un intérêt ?
Et s’il suffisait d’aimer ?

Tous ces pas, j’ose le croire, forgeront les sillons d’une nouvelle manière de vivre ensemble … dans laquelle l’important sera le regard de tout homme, où se lira sa soif de vivre et de bonheur.
Vous qui êtes « homme » dans ce monde, vous qui détenez des responsabilités, si vous osiez aller à la rencontre de ce regard, loin des mirages de l’individualisme et d’un confort qui nous endort ?

G. De Smet (9 février 2013)


-21- UN SANS-ABRI MORT DE FROID À LIÈGE

Ce vendredi, un sans-abri a été retrouvé mord de froid à Liège. (Information confirmée par un médecin appelé sur place !)
Quelques lignes dans un journal et un anonymat qui fait froid dans le dos !
De cet homme, on ne sait rien. On ne sait pas s’il comptait pour quelqu’un. On ne sait pas ce qu’il l'a conduit à être réduit à ce statut d’inexistant. On l’enterrera dans la misère et demain, il ne sera même pas un nom inscrit sur une tombe.

J’ai honte d’être de ce monde. J’ai honte de participer à cette société qui ne voit que ce qui brille et ce qui fait rêver.
J’ai honte d’être inscrit sur la liste des villes qui ont plus de soucis avec la création de milliers de places dans une salle de congrès ou dans des gares futuristes qui ne contiendront jamais ce que l’humanité possède comme bien précieux : le cœur de l’homme, sa soif de bonheur et d’amour. Par contre, ces villes n’ont que très peu de places (et pour les meilleures raisons !) pour accueillir ceux que tous rejettent.
J’ai honte d’être citoyen d’une Europe qui rabote ses budgets en faveur de l’aide aux déshérités qu’elle ne cesse de créer.
J’ai honte d’être si souvent de ceux qui causent, mais qui ne font pas.
J’ai honte et si, en même temps, ce sentiment me réveillait au point de devenir attentif à ce qui se passe autour de moi ?

Certes les dotations royales, les salaires de ceux qui nous gouvernent et leur train de vie sont un scandale … mais moi ?
Certes, les aides aux banques, les intérêts notionnels, la taxation sur les plus faibles et sur le travail crient vengeance … mais moi ?
Certes les parachutes dorés, les salaires des grands patrons, les fondations éludant le fisc suscitent nos révoltes … mais moi ?
Certes les petits oiseaux qui cherchent la nourriture en ces temps de froidure ou les chevaux maltraités nous font inventer des campagnes et des aides … mais moi ?

Mais moi, si je devenais de ceux qui ne peuvent plus supporter qu'un homme meurt de froid dans la rue ou dans l’indifférence générale ?
Mais moi, si je devenais de ces propriétaires qui ont des immeubles « en jachère » et qui les transforment en places de chaleur à des prix abordables ?
Mais moi, si je devenais ces bras tendus et ce cœur ouvert vers mon voisin, vers ce petit vieux de mon quartier, vers celui que je sais sans famille ?
Mais moi, si je devenais le dénonciateur de tout ce qui pousse l’homme à genoux et en même temps la main qui aide à le relever ?
Mais moi, si je fixais des priorités dans mon existence, afin d’aller à l’essentiel et de pouvoir faire de la solidarité et du partage une manière d’être ?

Alors, cet inconnu de Liège ne serait plus un inconnu. Il ne serait pas mort pour rien. Il aurait libéré de ce qu’il y a de meilleur en nous ainsi que les possibilités que nous laissons à celles et à ceux à qui nous avons confié les responsabilités de la Cité.
Et si nous ne laissions plus mourir personne de froid ? Rêve ou réalité ? … À nous d’en décider.

G. De Smet (9 février 213)


-22- LE PAPE ANNONCE SA DÉMISSION

Voici une nouvelle surprenante qui nous rejoint ce lundi midi. Ce n’est pas tous les jours qu’un Pape en fonction met fin à son Pontificat.
Voici ce qu’en dit le Père Lombardi, porte-parole du Vatican : « Le pape a annoncé qu'il renoncera à son ministère à 20h00, le 28 février. Commencera alors la période de sede vacante (siège vacant) »
Cette nouvelle, outre l’étonnement, suscite en nous la compassion et la reconnaissance. 
Compassion face au poids de la charge pour cet homme investi d’une mission pour un monde et pour une Église bien particulier.
Ce monde de début de XXIème siècle est un monde difficile, dans lequel des enjeux économiques  et sociaux deviennent de véritables défis à la raison. Un monde aussi, au cœur duquel l’Église a bien des difficultés à être « levain dans la pâte », prisonnière qu’elle est de ses traditions et d’un certain obscurantisme.
Compassion pour cet homme atteint par l’âge et les ennuis de santé. Après une carrière bien remplie au service de l’Église, il aurait pu rêver d’une retraite bien méritée, loin des dorures et des pressions qui n’ont pas manqué d’accompagner son ministère.
Compassion pour cet homme d’Église qui n’aura eu guère de droit à la tolérance et au respect, incarnant à lui seul des rancœurs que plus d’un adressaient à l’Église.
Compassion pour un homme qui aura subi de plein fouet une crise et des scandales qui ouvrent  des blessures terribles.

Il mérite aussi notre reconnaissance et notre merci.
Merci pour la personnalité qu’il était, faite de finesse et de discrétion. Avec lui, on était loin de la médiatisation d’un Jean-Paul II ou du verbe haut de certains ténors d’une modernité mal comprise.
Loin des pompes romaines, il restera ce petit homme humble  et exigent qui s’en allait à la rencontre de ses interlocuteurs les bras tendus.
Merci pour la croix qu’il a accepté de porter. Être pape aujourd’hui, je ne suis pas sûr que ce soit un cadeau ou un poste enviable. Il s’en vient après Jean-Paul II et un règne de près de 25 ans … pas facile de succéder à un tel « monument », pas facile  d’être l’homme de la formule et d’une parole jeune, accessible à tous.
Merci pour la rigueur de sa pensée qui se situe dans la ligne de la philosophie et de la théologie allemandes. Il ne s’inscrit pas dans des slogans faciles et populaires, mais dans une réflexion  fouillée qui, souvent, nous a semblée éloignée de nos raisonnements et des attentes d’une société.
Il n’était pas l’homme des voyages, le pasteur aux quatre vents. Il était le penseur qui n’élude pas les vrais défis qui se posent à l’humanité … même si pour cela, il lui a fallu déplaire.
Merci pour le chemin d’unité qu’il a ouvert avec les Protestants, avec les Anglicans et aussi avec les traditionnalistes. Son idée de l’œcuménisme n’aura pas toujours été comprise par le grand public … mais laissons à l’Histoire le temps de s’écrire !
Merci pour son réalisme. Il aurait pu aller jusqu’au bout de sa vie. Il a préféré se retirer en toute dignité quand ses forces semblent l’abandonner. Pour pouvoir agir de la sorte, il faut être un grand homme !

Aujourd’hui « Sede vacante ». Le siège sera vacant le 28 février prochain.
L’Église prendra le temps de la retraite et de la réflexion. Elle se fera prière, se faisant silence, à la rencontre de Celui qui « hier, aujourd’hui et demain » ne cesse de l’appeler à La vérité.
Elle prendra le temps de confier à Dieu le choix d’un nouveau pasteur selon son cœur.
Osons espérer que les guerres de clans se tairont, que les « virgules théologiques ou liturgiques » n’imposeront pas leur Loi, que les mouvements d’Église ne s’enfermeront pas dans des clivages sectaires de progressistes et de traditionnalistes.
Osons espérer que les cardinaux qui se réuniront en conclave laisseront la Parole et le choix à l’Esprit de Dieu … il y va de l’avenir de l’homme et de la crédibilité de l’Église.

G. De Smet (11 février 2013)


-23- « L'Iran se rapproche de la ligne rouge » …

C’est ce que vient d’affirmer le premier ministre israélien Netanyahu à des dirigeants juifs américains, en visite en Israël.

Il s’en prenait au programme nucléaire iranien, qu’il juge hostile aux intérêts de son Etat crée par les sionistes.
On ne peut de fait pas nier les sentiments de haine qui animent les responsables iraniens. En ce, ils sont dans la logique de tous ces peuples musulmans qui ne peuvent accepter les conditions de l’installation juive sur cette terre pas plus que l’arrogance de leur présence au sein des négociations en vue de la paix.
Il est paradoxal de devoir constater qu’Israël se sent un peuple agressé, obligé de se protéger d’un terrorisme dont ils refusent de lire les causes et d’en tirer des conclusions.
Peut-on, en effet, refuser de concevoir qu’on ne pousse pas impunément des hommes et des femmes dans l’humiliation. Or, c’est bien cela qui se passe sur la terre de Palestine depuis 1948. Depuis lors, les Juifs ont été acculés sur ce bout de méditerranée, qu’ils estiment être leur « berceau » historique. Pour ce faire, ils ont refoulé les occupants palestiniens vers des camps et des conditions de vie que nous refuserions d’offrir à nos chiens. Les limites dans lesquelles les Sionistes veulent aujourd’hui enfermer les Palestiniens rendent la formation d’un Etat impossible, et pour le moins invivable.
Et si cela aussi était « une ligne rouge » à ne pas franchir, sous peine de débordements irréparables.
Et pourtant !
Pourtant, pendant que ce dirigeant se lance dans des déclarations irresponsables qui ne risquent que d’attiser le feu, il ne cesse d’autoriser des implantations de colonies juives dans les territoires de Cisjordanie. Ces derniers jours encore, le gouvernement israélien a autorisé la construction de nouveaux immeubles dans les colonies … et tout cela malgré les prises de positions de l’ONU ou d’autres instances internationales.
Comme en 1948, au nom d’un sectarisme sans nom, ils se permettent d’occuper la terre laissée aux autres, comme le ferait n’importe quel parasite.
Il y a là une atteinte aux droits de l’Homme, d’autant plus scandaleuse qu’elle n’émeut que peu de monde.

Pour nous aider à oublier ces « crimes contre l’Humanité », nos télévisions nous présenteront ce soir, une fois de plus, le « Journal d’Anne Frank.
Ils vont nous replacer en mémoire ces faits atroces de l’holocauste, ces milliers de vies sacrifiées au nom de la folie d’un dictateur fou.
Régulièrement, les médias se sentent obliger de nous plonger à nouveau dans cet enfer. Cela aurait donc des vertus particulières pour excuser le présent ?
Je n’en suis pas sûr et je me permets même d’y lire une faute intellectuelle grave.
Certes, ce qu’a pu vivre Anne Frank, cette jeune fille juive à qui l’avenir ne demandait qu’à sourire, est atroce.
Certes, l’extermination d’une race entière crie vengeance au ciel.
Certes, la création de camps dans lesquels la mort n’est que la seule richesse est une honte pour la conscience de l’humanité …
Cela n’excuse en rien le présent.
Cela n’autorise pas d’imposer à des familles entières des conditions de vie inhumaines.
Cela n’excuse  en rien la création de mesures « racistes » qui ne peuvent avoir comme réponse que le terrorisme.
Cela n’excuse en rien les armes de la peur face à un peuple privé de liberté, de justice et de reconnaissance.

Dans quelques semaines, les chrétiens vont célébrer la Semaine sainte. Ils vont  revivre ce dernier parcours de Jésus sur la terre des hommes … un chemin fait de haine et de rejet.
Ils vont se souvenir de ce Fils de Dieu qui a proclamé un jour sur la terre de Palestine : « Heureux les artisans de paix … », alors qu’y règne aujourd’hui un pouvoir irrespectueux des conditions qui permettent la paix.
Ils vont proclamer, comme chaque année, depuis plus de 2000 ans, ces paroles qu’ils attribuent au Dieu de la Passion : « Que t’ai-je fait, ô mon peuple ? ».
Et si c’était l’occasion d’espérer un dialogue improbable ?
Si c’était l’occasion de voir se lever un vrai « artisan de paix », soucieux de pourparlers possibles, de pas vers un peu de justice et de reconnaissance … ?
S’il devenait possible qu’enfin les mots « Shalom » et « Salam » deviennent les refrains d’une même chanson de paix ?
Osons rêver !

G. De Smet (12 février 2013)


-24- UN PAPE S’EN VA

"Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer de façon adéquate le ministère pétrinien".
C’est en ces termes que le Pape Benoît XVI a pris la décision de se retirer. Il le fera le 28 février prochain à 20h00.
Au-delà de mots de compassion et de reconnaissance déjà exprimés sur ce site (Billet d’humeur 22), il nous reste avec toute l’Église à nous mettre en état de prière pour recevoir celui que L’Esprit-saint choisira pour prendre la succession de Pierre.
On entend déjà des pronostics, des noms gagnants, comme si on se trouvait devant une course du tiercé. L’archevêque de Budapest, celui de Milan, un français, un canadien … un siège et plusieurs noms : vanité des vanités !
Laissons Dieu faire son œuvre !

L’Église de ce XXIème siècle est confrontée à des défis de taille à relever. Des défis de morale, des défis de choix de société, des défis de crédibilité … un vaste chantier, sur lequel Dieu et l’homme ont à faire alliance.
Le défi le plus grand pour l’Église sera de permettre la rencontre respectueuse de Dieu et de l’homme, loin de tous les dogmes, loin de toutes les traditions, guidée simplement par la recherche de la Vérité qui rend libre.
L’homme d’aujourd’hui souffre de la guerre, de la faim, de la violence, de l’injustice.
Des points de la planète sont assombris par ces visages d’hommes et de femmes victimes de croix qu’ils n’ont pas choisies : ce sont ces enfants enfermés dans des conditions de travail inhumaines, alors que leur métier premier serait d’être enfant.
Ce sont ces femmes, victimes de violences et de harcèlements immondes, loin des rêves de dignité qu’elles pouvaient imaginer.
Ce sont ces victimes d’une crise économique et sociale sans nom qui frappe tant de nos partenaires en humanité au nom de la rapacité dont l’homme est capable.
Ce sont ces pays de la guerre et de la violence qui suscitent des intégrismes et des radicalismes qui font peur …
Et nous pourrions continuer cette liste de peurs et d’angoisses.
Un autre défi important pour l’Église est d’aller au-devant de ses divisions, de ses blessures, des scandales dont elle a appesanti le cœur de l’homme.
Il lui faudra aussi aller à la rencontre de tout ce que vit l’homme d’aujourd’hui, sans le condamner au nom de sa morale, de sa doctrine ou de ses jugements unilatéraux.
Il lui faudra aller au-devant de tous ces hommes et de toutes ces femmes qui n’attendent plus rien de l’Église, parce qu’elle semble à mille lieux de leurs préoccupations.
Il lui faudra inventer un visage d’Église, qui ne reflète pas que les exigences de quelques communautés nouvelles parfois sectaires, mais un visage qui soit parlant pour tout homme qui se pose des questions quant à sa quête de bonheur.
Il lui faudra inventer une manière d’être qui ne la cantonne pas dans les odeurs de sacristie, mais qui lui donne un strapontin de « Bonne Nouvelle » sur la grande place du monde : L’homme d’aujourd’hui crève de manque d’Espérance sur le mode du « Si tu veux … »
Et là encore, nous pourrions poursuivre la liste !
Pour le Pape qui sera élu, il y a là des raisons de ne pas dormir au lendemain de son choix, quand du haut du balcon de Saint-Pierre, le cardinal dira : « Habemus Papam ».
Qu’il sache toutefois qu’il n’est pas seul face à sa mission. L’Esprit de Dieu se loge en lui, l’accueil des Chrétiens pourrait être son autre force, s’il le désire.
En attendant … « Viens Esprit-Saint ! »

G. De Smet (12 février 2013)


-25- INDÉCENT !

Europe … mais pour qui nous prennent-ils ?
Entre les projets économiques qui concrètement se transforment en austérité et les décisions amusantes, comme le rythme du battement des essuie-glaces ou la forme des carottes, les mandataires européens nous convoquent au règne de l’absurde.
Nous avons tous été scandalisés par ces images nous montrant le déversage de lait dans des rues ou dans des champs.
Nous avons entendu les revendications de ces autres agriculteurs qui criaient leur désarroi face aux prix qui leur étaient imposés, pendant que des intermédiaires s’en mettaient plein les poches et que les consommateurs ne suivaient plus pour payer, toujours plus cher …
Nous avons vu pleurer en direct ces fermiers qui n’arrivaient plus à nouer les deux bouts et qui – honte – ne pourraient jamais transmettre le fruit de leur travail à leurs enfants.
Nous avons assisté à la détresse de ces petits patrons pêcheurs obligés de « casser » leur bateau, leur outil de travail. Ils étaient désormais privés de leur dignité et de leurs raisons d’exister. Que de petites villes portuaires françaises  sont devenues des villes fantômes, après des années de prospérité et de grandeur ! Europe oblige !
Nous avons entendu nos dirigeants, si souvent à la solde du grand capital, nous parler de l’importance de « l’agriculture commune » … un credo proclamé avec force, à moins que ce ne soit pour « endormir » l’électeur.

Vers L’Avenir, dans son édition du 12 février nous offre une information qui ne peut provoquer que la stupéfaction et la révolte. Les subsides agricoles européens ne profiteraient pas qu’aux agriculteurs ! Là, on croit rêver !
« 6.084 entreprises et associations reçoivent dans notre pays des subsides agricoles européens, pour un total de près de 228 millions d’euros ».
(Vers l’Avenir 12/02/2013)
Parmi ces entreprises, il y a toutes ces associations qui, pour le moins étonnent : « la liste révèle que l’an dernier, des aides ont été attribuées à la Donation royale pour le domaine de Ciergnon (34.405 euro), à la Compagnie Het Zoute de la famille Lippens à Knokke (1.421 euros), et à la SA Domanoy, qui regroupe les terres et le château de la famille Boël (175.323 euro) ».
(Vers l’avenir, 12/02/2013)
La seule réponse d’un député européen écolo : « Nous nous battons depuis des années pour une réforme de la politique agricole, afin que ce soit bien les agriculteurs qui soient visés et pas toutes sortes d’entreprises de l’agro-industrie ou des grands propriétaires terriens, comme des abbayes ou la Donation royale.»

« Trop is te veel ! » criait le peuple à une certaine époque !
Après le feuilleton teinté de finance, d’irresponsabilité, de désaveu et de colère du mois de janvier, un feuilleton dont les acteurs principaux étaient les membres de la famille royale, voilà que cela continue ! Leur aurait-on dit notre stupeur ?
Ces subsides européens, d’où viennent-ils ?
Ils sont issus de la participation des États membres au budget commun. Ils viennent de nos impôts. Donc, même quand on n’est pas très doué en calcul, il nous faut bien en déduire que ces sommes ne font que s’ajouter aux « cadeaux » des donations, dotations, listes ou encore autres « dons » faits à des personnes ou à des groupes pour qui la finance n’a aucun secret … comme le sera le « cadeau vu à la baisse », consenti pour l’anniversaire du règne.
Dans un même temps, nous apprenons que Mittal ne daigne même pas venir s’expliquer auprès de la commission européenne, tout comme il refuse de geler ses plans foireux.
L’Europe semblait avoir bien plus de poigne quand il s’agissait de l’attirer et de se laisser berner. Notre pays, lui-même trouvait des responsables bien plus courageux pour offrir les bénéfices d’intérêts notionnels qui, en plus, allaient permettre à ces multinationales d’éluder l’impôt.
Pendant que se déroulent ce que j’ose appeler ces « scandales », Philippe, ce chômeur namurois continue à vivre la solidarité en offrant une tasse de café avec un grand cœur, des familles ouvrent leurs portes à des sans-abris, les restaurants du cœur distribuent un peu de nourriture et de cœur aux démunis, les associations d’aide aux défavorisés redoutent avec angoisse les diminutions des subsides européens, alors que les demandes se font de plus en plus pressantes …
Pendant ce temps, de petites entreprises mettent la clé sous le paillasson ou font faillite, des agriculteurs continuent de désespérer face à leur avenir, des ménages se trouvent confrontés à l’injustice d’un chômage créé par des financiers peu scrupuleux.

Ne sortirons-nous donc jamais de ce cauchemar ?
Les acteurs en seront-ils toujours les mêmes ?
À quand le retour d’un peu de décence de la part de ces familles que la vie avait déjà gâtée, parfois « royalement » ?
À quand une éthique dans l’utilisation de l’argent ?
À quand des projets économiques qui respectent l’être humain et ce qu’il est capable de réaliser avec son cœur, ses mains et son intelligence ?
Parmi tous ces bénéficiaires « d’aides » pour le moins étranges, certains se tairont attendant que la mémoire s’émousse. D’autres verseront quelques larmes, parce qu’ils se sentent incompris. D’autres tenteront une explication pour dire qu’ils ne savaient pas ou pour se dédouaner  de responsabilités qu’ils préfèrent laisser endosser à d’autres. D’autres encore se cacheront derrière « une mondialisation » qui les arrange.
À tous, pourtant, nous crions STOP !
Il n’est plus possible de continuer ainsi.
Il n’est plus possible d’imposer des efforts à certaines catégories de la population, pendant que d’autres  s’engraissent grâce à la crise.
Il n’est plus possible de mépriser des hommes et des femmes qui n’ont que leur travail pour vivre, qui n’ont que leurs larmes pour pleurer, qui ne sont que des chiffres pour signifier leur existence, dans un rapport sur la pauvreté.
Il n’est plus possible d’entendre des parents devoir restreindre les possilités de leurs enfants pour des raisons économiques, pendant que d’autres familles ne cessent d’étaler leur luxe.

Des repères de société vacillent, des peuples, grecs ou autres, sont à genoux, des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux se retrouvent sans avenir.
L’Europe devait être, aux dires de ses fondateurs, un rêve de progrès, de stabilité et d’humanité …
L’Europe devait être une grande famille, qui aujourd’hui, sans vergogne, laisse ses citoyens les plus  faibles sur le bord de la route, pendant que d’autres s’engraissent effrontément.
L’Europe devait être un écrin pour y loger un prix Nobel de la paix.

Jusqu’à quand un tel désastre humain ?
Jusqu’à quand cette insolence des milieux économiques qui ont oublié que la dimension sociale d’un projet est incontournable ?
Jusqu’à quand  ces familles dirigeantes qui devraient être exemplaires, aux dires de certains de ses représentants, et qui ne cessent d’accumuler des gaffes conduisant tout droit au mépris.
Un jour, le peuple, ce trésor de la démocratie, répondra !

G. De Smet (13 février 2013)


-26- BŒUF, CHEVAL …

Depuis quelques semaines, nous assistons à un spectacle de mauvais goût : il y aurait de la tromperie dans l’agro-alimentaire !
Nos plats surgelés ne contiendraient pas ce qui est annoncé sur l’emballage !
Une lasagne « pur bœuf » contiendrait des morceaux de viande chevaline, en plus des produits de conservation qui ne semblent plus nous effrayer. Le hachis parmentier ne passerait, lui non plus, pas l’examen de nos contrôleurs.
C’est vrai qu’il y a là un moyen de faire un plat qui mobilise les énergies de la presse pendant des semaines. Il paraît même que c’est au nom de notre information !

Si je ne conteste pas l’aspect de « tromperie » commerciale, il me semble toutefois nécessaire de garder raison.
Cette pratique commerciale qui veut qu’on nous mente est tout aussi grave que la tromperie issue du monde bancaire ou de l’univers des assurances. À chaque fois, les « pigeons », c’est nous !

S’il y a  là un « scandale » qui atterrit dans nos assiettes, je me permets d’y relier quelques autres, qui ne sont pas mal non plus.
Le premier nous vient, une fois de plus, de la société de consommation dans laquelle nous évoluons.
Ce pauvre hachis parmentier ou cette pauvre lasagne … c’est qu’il leur en a fallu des étapes avant d’échouer chez nous.
Il a fallu une commande de viande permettant la réalisation du plat souhaité.
Notre système économique libéral a créé des intermédiaires disséminés aux quatre coins de l’Europe.
Il aura fallu un deuxième intermédiaire situé dans un autre pays, avant que le lot de viande n’arrive là où il est attendu pour la fabrication du plat.
Que de kilomètres parcourus et inutiles, alors qu’il y avait probablement de la viande près de chez nous … Mondialisation et « marchés » obligent !
Ce « marché » est le véritable « dieu » des temps modernes. À la manière d’un « dictateur », il décide de tout. À la manière d’un « sourd », il nie nos principes de choix élémentaires, ceux que nous osons au nom de notre sacro-sainte démocratie. À la manière d’un « jeu de dupes », il met à notre disposition un produit qu’il ne contrôle pas – si du moins cela le concerne !
À quand un système économique plus simple, basé sur le bon sens ?
À quand des rapports économiques et financiers qui respectent l’homme et, dans ce cas, le consommateur ?
À quand un commerce, dont le besoin de tromperie ne soit pas un moteur essentiel ?
Quand je pense qu’il a fallu inventer le concept de « commerce équitable » … l’autre ne le serait-il pas ?
Personnellement, je me serais bien contenté d’une lasagne ou d’un hachis parmentier fabriqué avec des produits « made » près de chez moi … et peut-être bien que pour le plaisir, j’aurais pensé faire le voyage de la viande, à sa place !

Une autre idée de scandale me vient de l’idée même du plat. Dans certaines familles, heureusement qu’il existe des plats cuisinés et ses merveilleux produits conservateurs, que personne ne semble remettre en question, sans quoi les tables resteraient bien vides !
Nous vivons dans un quotidien particulier, dans lequel notre contemporain court. Il court après le temps, il court après un boulot, il court après de la compétitivité. Il court en y perdant son âme !
La parole qui sort le plus souvent de sa bouche, c’est : « Je n’ai pas le temps » … Et de fait, il vit les yeux rivés sur sa montre, sur son ordinateur, sur son agenda, sur sa tablette …
L’homme moderne s’est même créé des maladies liées à son genre de vie : le stress, le « burn out », la dépression et son cortège de dégâts collatéraux.
Il en a oublié de vivre au point de ne plus se sentir concerné par les petits plaisirs de l’existence … et « cuisiner » fait partie de ceux-là !
Il est de bon ton aujourd’hui de façonner des plats à la façon de nos grands-mères ou de se souvenir des recettes de maman ou de publier des livres de recettes. C’est un « marché » porteur !
Même nos émissions de télé se sont insérées dans le créneau de cette mode « J’voudrais bien, mais j’peux point » : Top chef, un dîner presque parfait, les cahiers de Julie … à en baver !
Mais dommage, pas le temps de cuisiner, nos vies sont trop chargées … et puis, peut-être bien que cela ne rejoint pas nos envies premières !
Pourtant, nous aurions appris des choses  en le faisant.
Nous aurions appris le bonheur de prendre du temps pour nous et pour ceux avec qui nous partageons le quotidien.
Nous aurions appris que dans « la cuisine maison » la lasagne ou le hachis parmentier peuvent être l’occasion d’aménager des restes, loin  de tous ces « pur bœuf » qui font débat.
Nous aurions appris que cuisiner peut être un anti-stress qui éloigne la visite chez son « Psy » et qu’en plus, un plat fait avec amour rend heureux.
Qu’attendons-nous pour oser nous mettre au fourneau : nous avons toujours le temps pour ce que nous voulons bien  … et si ce n’est pas le cas : attention, danger !

Un autre scandale qui a de quoi me faire bondir est le besoin  d’un monde hyper-contrôlé.
Nous exigeons des sécurités, des traçabilités, des contrôles sanitaires et j’en passe, au point de créer des hommes et des femmes aseptisés.
Nous devrions passer plus de temps à lire les étiquettes qu’à manger le produit.
Dès l’enfance, nous nous protégeons contre des allergies, nous nous prémunissons contre toutes les invasions microbiennes. Nous prendrons même l’habitude de nous fournir en produits d’entretien à la pharmacie.
Nous poussons le vice jusqu’à isoler nos habitations au maximum, ce qui était proscrit, voici quelques années, pour des motifs de santé.
De la part de ceux qui pensent à notre bonheur, il y a là un souci environnemental, à moins que ce ne soit le besoin d’explorer de nouveaux marchés économiques ?
Ne risquons-nous pas, à force de nous protéger, d’en arriver à créer un être incapable de résister au moindre mal  et de cultiver des « mal être » insurmontables ?
Ne risquons-nous pas de nous enfermer dans nos bulles : l’autre, mon voisin, mon proche n’étant qu’une source d’infection ?
Ne risquons-nous pas « d’endormir » nos corps, les rendant incapables de réagir à la moindre alerte … c’est ce qu’on nous dit déjà pour diminuer notre consommation d’antibiotiques (à moins que dans ce cas, seul l’aspect d’économie face au gouffre de la sécurité sociale ne soit la motivation ?)

Enfin, une dernière réflexion que suscite en moi ce « scandale » agro-alimentaire, c’est celle de notre indécence occidentale face aux pays de la faim.
Sur la terre des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants meurent de faim, dans l’indifférence générale.
Des mamans tiennent dans les bras cet enfant, ce don de Dieu : sera-t-il encore en vie demain ?
Des camps de fortune recueillent des êtres qui ont dû fuir la folie des hommes : folie de la guerre, folie du pouvoir, folie de la course aux armes … Ils ont dû tout quitter, même ce qui faisait leur quotidien pour « survivre ».
Chez nous, plus d’un doivent se contenter des « restes » des marchés de nos villes, des restes des magasins ou encore des reliefs de nos poubelles … les choix de la vie ne leur ont pas fait d’autres cadeaux !
Nous les découvrons chaque jour sur nos écrans de télévision, à l’heure de nos repas !
Et pendant ce temps, nous ergotons, nous parlons de « tromperie », parce que le « pur bœuf » annoncé ne serait pas aussi « pur » que cela. Peut-être bien, qu’ils se seraient contentés de nos miettes !
Certes, il s’agit d’une erreur commerciale grave, mais il n’y a pas mort d’homme.
Certes, il s’agit de magouilles financières scandaleuses, mais les banques, ces cathédrales de l’économie moderne, nous avaient habitués à mieux.
Certes, il s’agit de procédés inacceptables, mais l’enfant du Tiers-Monde ou le SDF de nos rues aurait aimé en profiter.
Ne serions-nous pas là dans la simple logique de « sales gosses de riches » qui s’étouffent à force de trop bien vivre ?

À vos fourneaux … à vos petits plaisirs … sans quoi vous serez les victimes d’une autre « tromperie » bien plus lourde de conséquence : celle de n’avoir pas pris le temps de vivre !

G. De Smet (19 février 2013)


-27- QUAND UNE FÉE DEVIENT SORCIÈRE

Selon le journal Le Soir, le gouvernement wallon aurait eu une idée … et nous n’avons pas pris la peine de nous méfier !
Un jour ces « petits génies » qui nous gouvernent ont regardé vers le ciel et ils y ont lu l’urgence de sauver la planète. Trou d’ozone, réchauffement de la planète, mode écologique … autant de bonnes raisons pour solliciter la conscience du citoyen, et donc de son portefeuille.
Nos mandataires ont alors décidé, guidés par les instances européennes de promouvoir les énergies alternatives, et parmi elles, le photovoltaïque.
Concrètement, ils ont soutenu un « nouveau marché » qui nous écrit régulièrement ou nous téléphone à des heures indues pour nous signaler : « Votre toit nous intéresse ».
Plus d’un sont ainsi entrés dans cette danse énergétique. Les panneaux photovoltaïques sont venus enlaidir bien des toitures.
Cela na pas été sans mal : installation onéreuses, lenteurs administratives, surcharge du réseau … Cela n’a toutefois pas empêché le succès de l’opération : fibre écologique oblige !
Pour stimuler cette nouvelle initiative, nos gouvernants ont inventé les « certificats verts ». Leur but était d’aider ce marché en pleine expansion.
Mais, victime de son succès, il y a eu bientôt trop de tels certificats, au point que la loi de l’offre et de la demande a imposé une nouvelle charge au budget, déjà difficile, de nos régions.
Mais là où la « finance » passe, la solution suit !
C’est ainsi que le surcoût engendré par le rachat des certificats verts a été répercuté sur l’ensemble des consommateurs. 
La facture d’électricité des Wallons a ainsi augmenté d’un montant de 10 à 25 %, selon l’Union wallonne des entreprises.
« Mais le gouvernement a décidé d'exonérer les entreprises d'une part de cette surcharge (de 10 à 90% en fonction de la taille des sociétés). Ce qui ne sera pas payé par les grandes entreprises le sera dès lors par les ménages et la facture des clients résidentiels va donc augmenter ».

Bien tiens ! Il suffisait d’y penser … et ils l’ont fait !
Nos politiciens n’ont pas vu venir la crise économique et financière qui allait se transformer en désastre social.
Ils n’avaient pas pris en compte les enjeux de guerre économique que se livraient les banques, nous entraînant vers des lendemains qui déchantent.
Ils n’avaient pas imaginé la restructuration des multinationales, qui avant d’être des œuvres de salut public sont des instances financières redoutables.
Ils n’avaient pas cru possible que des aides, des subsides, des intérêts notionnels allaient avoir pour but d’agrandir les sources de profits d’actionnaires et la soif de rentabilité avant de permettre la création d’emploi. Ford-Genk et Arcelor-Mittal sont des exemples, au quotidien, de l’aveuglement de ceux qui nous dirigent !
Et voilà qu’ils remettent ça. Cette fois, les grandes entreprises seront à l’abri des plans énergétiques « foireux » de nos gouvernants. Il paraît que cela permettra la création d’emplois ! Et dire qu’il y a encore des naïfs pour le croire !
L’électricité était une fée merveilleuse : elle avait facilité nos modes d’existence. La voilà qu’elle devient, aujourd’hui, une sorcière effrayante : elle a tout en main pour empester nos quotidiens.
Par contre, le simple citoyen, celui a qui on chante les refrains de la démocratie sur tous les tons, lui on ne lui demande rien, si ce n’est d’ouvrir le portefeuille, de se taire et de payer … et qu’il s’estime heureux, on ne lui dit pas que « c’est pour son bien ». Jusque à quand ?

Mais, à part cela, il faut relancer l’économie et la consommation !
À part cela, il y a une sortie de crise en vue !
À part cela, nous devrions nous estimer heureux de pouvoir vivre dans un pays dans lequel on ne manque de rien !
Et si nos gouvernants commençaient à se rappeler que l’électeur existe ?

G. De Smet  (19 février 2013)


-28- ILS ÉTAIENT 40.000

Ils étaient 40.000 manifestants dans les rues de Bruxelles, ce 21 février 2013. Ils venaient des quatre coins de la Belgique. Ils avaient un but commun : crier leur ras-le-bol d’être les victimes d’une crise, dont ils ne sont en rien les responsables.

Et, c’est vrai que tous ces « travailleurs » n’en sont pas les responsables.
Ils n’en peuvent rien de la cupidité du monde des banques et du monde de la finance en général.
Les tenants du capital se sont lancés – avec un argent qui ne leur appartenait pas – dans des jeux de hasard, au point de tout y perdre.
Ils ont créé des situations de ruine et de désolation. Ils sont à la base de tant de drames humains irréparables.
Ils ont exigé une aide d’urgence qui a mobilisé l’énergie et l’inventivité de nos gouvernants. Cela n’allait être qu’une action « one shot » virtuelle, des rachats sans risque … nous voyons le résultat de ce gâchis, aujourd’hui.
En 2013, les banques se font frileuses face au moindre prêt, bloquant l’avenir d’hommes et de femmes qu’ils n’ont pas hésité à ponctionner pour sauver l’entreprise.
Ils font honte à la conscience de l’humanité, ces hommes et ces femmes qui, en Espagne ou ailleurs, se sont immolés par le feu, parce que l’horizon était bouché, au nom du blocus de ces banques qui ne cessent de compter leurs bénéfices.
Ils n’en peuvent rien de la courte vue de nos dirigeants depuis des décennies.
Ils ont dépensé sans compter, s’offrant, avec l’argent des autres, une vitrine électorale qui allait même assurer l’avenir de leur nom. Désormais on devient ministre ou chef de parti de père en fils, peu importe la compétence !
Ils nous pondent des plans d’aide qui, à court terme, leur permettent d’être réélus, sans voir qu’ils engagent l’avenir et le bonheur de ceux qui leur sont confiés et face à qui leur « service » devrait impliquer une « responsabilité ».
Ils affichent, au grand jour, une incompétence qui les pousserait au chômage dans n’importe quelle entreprise.
Ce n’est pas tous les jours qu’on trouve un ministre des finances qui, sans état d’âme, annonce une erreur de compte : des millions dans un budget !
Ce n’est pas tous les jours qu’on découvre un autre ministre dévoilant un jour un plan énergétique coloré de certificats verts et de certificats blancs, le lendemain. Il finit même par devoir annoncer que la hausse du prix de l’énergie sera vertigineuse, au nom d’un plan de « gel » qui a permis de contenter l’électorat, le temps d’une législature.
Ce n’est pas tous les jours qu’on espère entendre la réaction d’une ministre face à une décision de justice teintée d’amateurisme, qui plombe l’avenir une petite fille hollandaise handicapée … et là …. Rien !

Ils n’en peuvent rien, tous ces travailleurs désemparés, de la boulimie d’un monde libéral qui ne vit que par la force d’un poumon, celui de la finance.
Il porte le nom de toutes ces multinationales qui polluent nos regards par la simple vision de leurs enseignes.
Ils jettent en même temps le discrédit sur les essais louables de toutes ces PME  qui allient prospérité et offres d’emploi.
Leur mot d’ordre, leur espoir … « Toujours plus » !
Toujours plus de bénéfices !
Toujours plus grand !
Toujours plus de compétitivité !
Toujours plus de rentabilité !
Les parts de marché, les premières places, à n’importe quel prix, les mains tendues vers une aide sous peine de chantage, les intérêts des actionnaires, la mondialisation, les parachutes dorés, un  allègement des charges des entreprises, le pouvoir que confère l’argent … autant de concepts qui mobilisent l’effort  de ces « industriels – financiers ».
Leurs victimes étaient en tête de la manifestation, ce jeudi : les naufragés d’Arcelor-Mittal ou encore ces sacrifiés de la restructuration de Ford-Genk !

Ils n’en peuvent rien … et nos gouvernants leur parlent d’austérité, de relance, de gel des salaires, de flexibilité, de « bidouillage » de l’index des prix …
Les victimes n’y lisent qu’avenir bouché, restrictions,  diminution du pouvoir d’achat, privations, chômage … Ils n’en peuvent plus !
Ce n’est pas une solution de pousser l’homme au bout de son désespoir.
Ce n’est pas une solution de le priver de ses rêves légitimes.
Ce n’est pas possible de poursuivre une fiscalité qui ne s’en prend qu’au travail et non au bénéfice du capital, alors que les deux sont étroitement liés quant à leur destin.
Ce n’est pas possible, car cela finit par avoir l’effet d’une casserole à pression qui ne peut qu’exploser. Cela fera des lendemains qui déchantent !
Notre société « libérale » est foncièrement inhumaine et amorale. Les valeurs que nous, Chrétiens, puisons, dans l’Évangile sont aux antipodes de ce « péché collectif ». Ses effets deviennent insupportables … jusqu’à  quand ?
N’est-il pas venu le temps, sous peine d’implosion, d’envisager une nouvelle manière de vivre ensemble  et d’en faire un projet « mondial » ?
N’est-il pas venu le temps d’oser les pas de la construction d’un nouveau monde, dans lequel, le respect, la justice, la solidarité, le partage seraient des moteurs d’actions et d’idées ?
N’est-il pas venu le temps d’une nouvelle race de gouvernants qui font du « service de la Cité » une priorité au nom d’une vraie démocratie et d’un vrai sens du bonheur de l’homme ? Devrons-nous, longtemps encore, nous contenter de nos « tristes sires » qui disent « gérer en bon père de famille » ?
N’est-il pas venu le temps de nouveaux projets, dans lesquels l’argent n’est qu’un moyen tout comme le travail, pour assurer l’avenir d’un rêve, celui d’un bonheur pour tous.

Merci à vous, les travailleurs de chez nous, ces héros méprisés, d’avoir été dans la rue pour nous !

G. De Smet (22 février 2013)

-29- DROIT DE VIVRE


Depuis quelques semaines, RTL infos.be donne régulièrement la parole à des jeunes confrontés à la recherche d’un emploi. Il s’agit d’un véritable parcours du combattant qui se solde par tant de gâchis, que cela mérite bien que nous en fassions une crise d’humeur. J’oserais même parler d’atteinte aux droits de l’homme.
Aujourd’hui, le média donne la parole à Loïc, un demandeur d’emploi de la région liégeoise. Il est âgé de 26 ans. Il est trilingue : français, italien, anglais. Il est motivé par un départ dans la vie active. Il possède pour se faire un graduat en comptabilité à orientation fiscale. À première vue, un bon profil.
Mais voilà, après des années de recherche, il habite toujours chez ses parents, cherchant désespérément auprès des agences intérim et auprès du Forem.
Il pourrait s’appesantir sur son sort … mais ce qu’il cherche avant tout, c’est travailler !

Il a commencé par envoyer 250 CV.
Il ne se contente pas de postuler dans sa région. Bruxelles, Huy, Namur sont d’autres secteurs de recherche.
Il livre, sur le site de la rédaction de RTL, le Top5 des raisons qui le privent d’emploi … et cela surprend, plus encore, cela dégoûte.
La première raison lui envoie en pleine figure ces paroles redoutables : « Vous êtes trop qualifié. »
Un comble dans une société qui ne cesse de se vanter de son parcours d’éducation et d’une scolarité obligatoire jusqu’à des pas d’âge !
Chercher un emploi hors de sa qualification ne lui sert à rien, car il risque toujours de coûter trop cher à l’employeur et de plus il risque de ne pas se contenter de ce qu’il détient, cherchant à rentabiliser ses compétences.
La deuxième raison est tout aussi sordide : « "Vous ne bénéficiez pas de plan d'aide à l’emploi »
Là, je crois rêver. Ainsi ce patronat qui ne cesse de réclamer à corps et à cris une diminution de ses charges patronales, ce patronat qui n’est pas prêt à partager ses bénéfices avec ceux qui apportent leur travail et leurs compétences, ce patronat ne vit qu’à coups d’aides publiques, financé par nos impôts. Nous ne bénéficions pourtant d’aucune ristourne de fiscalité en cas de « périodes favorables » où le soleil brille pour le monde de l’argent !
Une troisième raison est bien belge : « Vous ne parlez pas le néerlandais ». Il est vrai qu’à Bruxelles, il est primordial de maîtriser les langues nationales les plus répandues comme le français et le néerlandais. Les métiers dans le domaine de la finance sont à 100% bilingues … et c’est normal !
Normal ? Oui, si c’était valable pour tous les emplois … aussi ceux que briguent nos politiciens.
Il est lamentable de devoir se contenter de l’expression d’un Elio Di Rupo, pourtant premier ministre.
Il est lamentable d’entendre Joëlle Milquet, non seulement ministre de l’Intérieur, mais qui fut échevine de l’État Civil dans la capitale bilingue du pays : Bruxelles.
Et nous pourrions poursuivre ce « mur des lamentations linguistiques » qui ridiculise notre pays ! Une chose est sûre, dans le monde de l’entreprise, ils auraient été recalés !
Une quatrième raison qui met bien des avenirs en question se trouve résumée dans cette autre réponse « Nous privilégions les repris de justice car nous recevons des aides non négligeables de l’État »
Les responsables des organismes de recherche d’emploi ont beau s’étonner du bien-fondé de ces paroles, Loïc ne les a pas inventées et cela plombe une nouvelle fois les espoirs d’un avenir.
Ici encore, il nous faut bien constater qu’avant d’être un entrepreneur, l’homme du capital est avant tout un assisté. Il compte sur nos impôts pour s’enrichir. Et si cela se rapprochait d’un hold-up ?
Enfin, une dernière raison met en question l’avenir des jeunes à la recherche d’un emploi : « Nous travaillons avec des allocataires du CPAS car nous recevons des primes de l’État plus avantageuses »
Là encore, la responsable de pôle à la Direction Employeurs d’Actiris a beau n’avoir jamais entendu une telle réponse en 15 ans d’activité, j’aurais tendance à faire confiance au demandeur d’emploi.
La légende des trois petits singes qui ne voient rien, qui n’entendent rien, qui ne disent rien est bien confortable.
Pourtant, la réalité est bien là, l’audace de l’entrepreneur et le bénéfice qu’il peut en tirer semblent bien proportionnels à l’incurie d’une société libérale qui mise tellement sur la finance, jusqu’à se prostituer pour elle, et si peu sur les capacités des travailleurs … pardon, des électeurs, joyaux de nos démocraties.

Révoltant !

G. De Smet (26 février 2013)

-30- TOUT VA TRÈS BIEN …

À écouter nos décideurs politiques, voici ce qu’on aurait pu croire. Pour cela il aurait quand même fallu s’évader quelque peu dans le rêve.
Ils parlaient de croissance, de reprise économique, de chiffres en hausse. La Wallonie faisait même mieux que la Flandre : « Tout va très bien, madame la marquise ! »
Ils avaient même « bidouillé » les chiffres du chômage, faisant évoluer le nombre en fonction des « chômeurs en fin de droit », des formations, des contrats précaires … Magnifique !
On les aurait bien crus, mais la réalité a bien vite refait surface.
Des visages sont venus se rappeler à nos mémoires : ceux des licenciés d’Arcelor-Mittal, pendant que celui de  leur grand patron s’est illuminé, suite à l’augmentation de ses revenus l’an dernier. Il y a encore les visages imprégnés d’angoisse des travailleurs de Ford-Genk, de ces milliers de femmes et d’hommes qui défilaient dernièrement dans les rues de Bruxelles et on pourrait poursuivre cette liste effroyable : il y a de nouveaux sinistrés de l’emploi, chaque jour.

Ce jeudi, un nouvel épisode vient s’ajouter à cette saga annoncée d’un drame social kafkaïen. Cette fois ce sont 1400 emplois qui passent à la trappe chez Caterpillar à Gosselies … et ce ne serait qu’un début !
Nos excellences, elles-mêmes indiquent leur scepticisme : « Comment assurer la pérennité de Caterpillar à Gosselies avec une telle restructuration?
1400 personnes, avec leurs conjoints, leurs familles, confrontés à un avenir noir … d’autant plus qu’ils savent, dès à présent, que tous ne pourront pas être recasés et qu’eux aussi devraient se  « restructurer » !
Mais, nous devons comprendre et rester zen. C’est ce que « pensent » (il paraît qu’ils en sont capables !) une fois de plus ces amateurs de roulette russe que sont les grands patrons.
Agoria, la Fédération des entreprises de l’industrie technologique se lance dans un communiqué qui en dit long sur le mépris humain du grand patronat : « Caterpillar souffre d'une "sérieuse contraction de la demande en Europe depuis 2009. De plus, le marché européen en machines de génie civil affiche un potentiel de croissance structurellement limité contrairement aux pays émergents". La situation est devenue intenable, selon la fédération, qui comprend que l'entreprise est aujourd'hui contrainte d'entamer une procédure de restructuration. » Mais en même temps, Agoria compatit avec « les travailleurs touchés et leurs familles ». Si ce n’est pas beau !

Les dirigeants de Caterpillar faisaient moins la fine bouche pour empocher les 21 millions d’aide reçus de la Région wallonne en 2011, alors qu’à l’époque déjà, ils parlaient de délocalisation.
Mais dans tout malheur, il y a une chance … cette fois nos dirigeants montent au créneau.
Elio Di Rupo, notre premier ministre, s’exprime et l’industrie financière tremble : « Je pense qu'il faut un sursaut de compréhension, un sursaut de dignité, au-delà des chiffres »… et d’ajouter : « "après Ford Genk et ArcelorMittal, après Duferco/NLMK, cette nouvelle annonce souligne la nécessité impérieuse de mener une politique industrielle en Europe en faveur des travailleurs et citoyens européens". Et de souligner "qu'il y a plus que des nuances entre ce que disent le Commissaire européen à l'industrie et le Commissaire européen à la Concurrence" sur ce sujet ». Il y va même plus fort dans ses incantations : « Il faut impérativement dialoguer avec les responsables de Caterpillar et voir ce que nous pouvons faire, ensemble, pour réduire ce drame social » … comme si cela intéressait le géant américain ?

Et si, cette fois, cela ne restait pas que de belles paroles pour l’enceinte d’un Parlement ?
Il serait peut-être venu le temps de passer aux actes et de ne plus se laisser « bouffer » par ses plans de restructurations qui ne visent qu’à améliorer les dividendes des actionnaires et les salaires des grands patrons, désormais bénis par l’Europe.
Il serait peut-être venu le temps de se rendre compte que si l’argent est nécessaire pour créer une entreprise, elle n’est rien sans les compétences des travailleurs. Ils ne sont pas que des marionnettes qu’on peut manipuler en fonction des besoins de compétitivité ! La dignité humaine, c’est un droit et cela se respecte !
Il serait peut-être venu le temps d’octroyer des deniers publics à d’autres acteurs économiques que ces multinationales rapaces qui ne rêvent que de « mondialisation » et de rentabilité, peu importe le gâchis social que tout cela entraîne. C’est peut-être cela aussi la moralisation financière et la justice sociale.
Exit tous ces Américains, Indiens ou autres fantoches économiques qui ne considèrent la Belgique que comme un paradis fiscal qui flatte leurs portefeuilles … et place à une belle aventure entre des chercheurs d’idées de chez nous, des entrepreneurs « moraux » de chez nous et le savoir-faire des ouvriers et des employés de chez nous.
Utopie, diront certains ? Et si c’était l’économie de marché qui était le leurre qui nous entraîne vers le fond ?
Jusqu’à présent notre système économique n’a été créatif que pour accentuer des inégalités sociales et pour créer un lien au travail pervers. Il n’a été qu’une arme de destruction humaine massive entre les mains de quelques « rats » qui ne méritent même pas notre attention.

Il est passé le temps de « compatir » … sans quoi …

G. De Smet (1 mars 2013)

-31- CETTE SOIF INSATIABLE DE PROFIT !

Au lendemain du coup de « grisou » que viennent de subir les ouvriers de Caterpillar, le moment de la réflexion semble de mise.
Je vous propose de le faire au départ des réflexions de Luca et de Francesco, ces ouvriers de la multinationale. Ils étaient les invités de l’émission « Controverses » que nous présente RTL, chaque dimanche.

Francesco est entré chez Caterpillar en 1978. Il a fait toute sa carrière dans la société. Aujourd’hui, il ne comprend pas : « On n’arrive pas à comprendre aujourd’hui comment est-ce possible qu’on annonce une catastrophe de 1400 personnes d’un coup. Nous, on a fait le nécessaire jusqu’à maintenant au niveau du chômage économique, on a essayé de faire épargner à notre entreprise de l’argent pour essayer de sortir du lot par rapport à d’autres entreprises qui ne s’en sortent pas. On a tout fait de ce côté-là. On ne peut pas dire que les ouvriers de Caterpillar, aujourd’hui, ont profité, ou ont été laxistes au niveau de l’entreprise, pour la faire couler. Non, on s’est mis en avant, on a essayé de travailler ensemble, c’est ce qu’on a fait pendant des années, on s’est privé, on a eu beaucoup de privations, parce que vous devez savoir que durant plusieurs années il y a eu un blocage interne d’augmentation de salaire et qu’il y a des personnes qui, pendant 25 ans, n’ont jamais pris un centime à Caterpillar ».
Selon une analyse du service d’études du PTB, la situation de l’entreprise est excellente : « Caterpillar Inc a vu son bénéfice 2012 augmenté de 15 % pour culminer à 5,6 milliards de dollars, soit 4,2 milliards d’euros. Avec 65,8 milliards de dollars de chiffre d’affaire. Soit une progression de 10 % par rapport à 2011.
La compagnie, elle-même nous livre son sentiment sur la situation : « 2012 fut une très bonne année dans le contexte de la crise économique »
Francesco d’ajouter : « On est devant un groupe qui fait des ultra-bénéfices, qui a bénéficié de toute une série d’aide à l’emploi, de déductions fiscales, d’intérêts notionnels, un package énorme. Et qui aujourd’hui pour pouvoir faire plus de bénéfices et assurer un return énorme à ses actionnaires, on va licencier 1.400 personnes ».
Cherchez l’erreur ?

Les patrons disent qu’ils ne peuvent faire autrement. Il parle de plans de restructuration qui, à long terme, seront payant et j’en passe !
Le monde politique se sent impuissant … même plus, plus il se situe à « droite » sur l’échiquier, plus il s’enferme dans un silence qui pourrait bien être coupable.
Nos décideurs politiques ont besoin d’armes pour lutter contre ce capitalisme à outrance. Ils ont besoin de cadrer autrement leur aide aux investissements …
Mais que deviennent, dans tous ces plans, les « sinistrés » sociaux de la dérégulation du monde financier et industriel ?
« Vous êtes dans l’incapacité de vous mettre devant ! », ajoutera, en colère Lucas, cet ouvrier, dont toute la famille travaille chez Caterpillar depuis des années et y apporte donc son savoir-faire.
« Il est temps que le gouvernement arrête sa politique de chouchoutage des multinationales ». conclura le PTB, dans son analyse.

Mais où est donc le dérapage qui conduit à de tels drames ?
Il doit y avoir une déviation de l’utilisation de l’argent.
D’un moyen d’existence, il est devenu une fin en soi, à laquelle nous souhaitons tous participer.
Que le travail de l’homme soit rétribué, que la recherche et l’initiative se trouvent récompensés, cela peut sembler normal. Mais est-ce normal de dissocier l’un de l’autre ? Le savoir faire de l’ouvrier aura besoin de l’apport financier d’un entrepreneur, au sens noble du mot et vice-versa. Plus même, l’un ne pourra jamais se passer de l’autre … De là à imaginer que l’ouvrier participe aux plus-values autant que l’actionnaire, cela me semble une évidence et même une justice.
Aujourd’hui, le monde de l’entreprise, au nom d’une compétitivité arrogante et d’une mondialisation qui l’arrange, parle de coût du travail trop élevé dans nos régions. Il leur semble plus profitable de délocaliser vers d’autres régions du monde, où les conditions de travail ressemblent à l’esclavage, même pour les enfants, là où la vie est une survie, où le profit est donc maximal.
Ce qui importe aujourd’hui, ce n’est pas le savoir-faire et les compétences des acteurs du travail, c’est le besoin de « toujours plus » de bénéfices pour des actionnaires qui n’ont qu’une vision virtuelle de l’économie. Un fait n’est-il pas plus important qu’un Lord-maire ?
L’économie de marché, si elle a, peut-être, été source de bien-être et de progrès, s’est emballée au point de devenir un monstre qui s’ébroue et que l’on arrive plus à maîtriser.
Dans notre langage chrétien, elle est devenue un « péché collectif » et même un « péché contre l’Esprit » qui ne trouvera aucune rémission dans le cœur de Dieu.
La société qui s’est construite sur elle est devenue créatrice d’injustices et d’inégalités criantes, allant jusqu’à ce que j’ose appeler « un crime contre l’humanité ».
Nous pourrions croire, facilement, que tout cela nous dépasse, si ce n’est, qu’à chaque fois que nous franchissons les portes d’une banque en envisageant un placement, nous risquons d’être les acteurs d’un drame humain impressionnant. Là aussi, il devient urgent de « consommer de manière responsable », en ne  nous laissant pas endormir par les propos lénifiants de certains banquiers à la mémoire courte.

Une autre raison de ce dérapage économique est à chercher auprès des acteurs politiques que nous conduisons au pouvoir.
Qu’ils soient de « gauche » ou de « droite », ils jouent dans la même cour économique. Ils s’inscrivent dans le même projet de société. Ils sont les marionnettes de systèmes qui les manipulent par des agences de notations, par des cours de bourses ou par des rapports qui les incitent à toujours combler plus le monde de la finance.
Ne serait-il pas temps de devenir des visionnaires et d’oser une nouvelle manière de vivre en société ?
Ne serait-il pas temps de placer l’homme au centre de ce projet et de construire avec lui les conditions d’un bonheur pour tous ?
Ne serait-il pas temps de donner la même valeur au travail et au capital, dans une mondialisation inévitable, mais dans laquelle la recherche de la justice et du développement serait enfin une valeur équitable ?
Ne serait-il pas temps de sortir du besoin d’une « consommation infernale » qui nous fait faire des folies … et aller vers une société où le « bonheur » s’adresse à tous, ne laissant personne au bord de la route ?
Et si la solidarité, le partage, la vérité, l’effort, le travail, les compétences étaient des valeurs équivalentes pour bâtir un monde nouveau ?
Là encore, vous risquez de me dire : utopie !
Et pourtant, dans nos sociétés démocratiques, n’est-ce pas nous qui choisissons celles et ceux qui nous aideront à planter des jalons vers un tel renouveau de société ?
N’est-ce pas nous qui choisissons des hommes et des femmes pour se mettre « au service » de la création de nouveaux rapports entre les hommes ? Un service et non un pouvoir !

Une autre raison de ce dérapage est la perversion de la mondialisation.
La planète était devenue un village. Les écrans de nos téléviseurs ou de nos ordinateurs étaient de belles fenêtres pour aller à la découverte d’autres rythmes, d’autres cultures, d’autres visages. Nous tenions là une richesse merveilleuse.
Qu’en a fait notre monde basé sur la finance ?
Un lieu de guerres et de pouvoir au nom d’intérêts économiques sordides.
Un lieu d’égoïsme engendrant une misère, une famine et des conditions de vie inhumaines.
Un lieu de profits au détriment d’une qualité de vie, d’une qualité d’environnement et d’une idée de bonheur qui ne se calcule qu’en monnaie sonnante et trébuchante.
Un lieu d’exploitation de l’homme faisant fi de toute rencontre des soifs de bonheur qui habitent l’humanité.
Il n’est pas possible de transformer notre vision du monde en une arme d’humiliation et de déni du cœur de l’homme qui bat et qui aspire à de la dignité et à du respect.
Les acteurs de la « civilisation libérale » pourront-ils maîtriser longtemps encore ces blessures d’hommes et de femmes qui n’en peuvent plus de ne plus vivre ?

Pour conclure, je vous livre ces quelques mots de Lucas qui ont de quoi nous faire réfléchir : « On veut maximiser le profit, peu importe si on doit licencier 1400 personnes, c’est un détail. C’est vraiment là où le bât blesse, parce que comme l’expliquait Francesco, on a déjà fait beaucoup de concessions, on est au top au niveau de l’industrie du génie civil. Je ne comprends pas, si ce n’est cette soif insatiable de profit".

G. De Smet  (4 mars 2013)


-32- À QUI PROFITE LE CRIME ?

C’est là une question que je retiens des cours de « Morale » que j’ai reçu au Séminaire, voici des années déjà.
La RTBF, dans le contexte très particulier de la recherche d’un nouveau Pape, se voit dans l’obligation de remettre sous nos yeux les témoignages liés aux affaires de pédophilie dans l’Église.
Il s’agit là de faits ignobles, inqualifiables et pour lesquels la Justice ne peut que sévir.
Les procédures ont été entamées, des indemnisations sont en cours, des demandes de pardon ont été formulées … mais cela n’empêche qu’il est bon de nous remettre en mémoire « plus jamais ça ! »
Que la Justice, les commissions gèrent le suivi !

C’était sans compter sur le quatrième pouvoir : les médias !
Est-ce bien normal que « Devoir d’enquête », qui nous est présenté comme un magazine d’information, reviennent sur ces affaires graves maintenant, alors que des procédures judiciaires sont en cours ?
Est-ce normal que cette émission revienne maintenant sur ces faits graves, alors que l’Église catholique se prépare à entrer en Conclave pour se choisir le Successeur de Pierre ?
Est-ce normal de devoir se sentir « manipulé » par un média qui, par ailleurs, est un service public, financé par l’argent de tous, y compris celui des Chrétiens ?
Certes, il ne sera jamais fait assez pour protéger les enfants de tous ces pervers qui courent les rues ou qui envahissent nos écrans.
Certes, notre société a le devoir de ne pas laisser nos mémoires s’endormir.
Certes, l’Église a la mission d’aller à la rencontre des victimes qu’elle a créée.
Certes, il est inacceptable que de tels crimes soient commis.
Mais il doit y avoir des formes et des moments qui respectent toutes les parties concernées.
À qui profite le crime ?
S’il est important d’éclairer nos esprits sur la gravité de tels faits, il me semble qu’il faudrait que la presse – et ceux qui la dirigent – se sentent investis d’un devoir d’impartialité dans l’information.

Il ne viendrait à l’idée de personne, aujourd’hui, de minimiser la pédophilie. Ce serait de l’inconscience et de la non-assistance à personne en danger.
Il nous faut hélas constater que l’Église ne possède pas le privilège de tels crimes.
Dans notre société hypersexuée, l’enfant semble en danger partout : à l’école, au sport, chez le médecin, en colonie vacances, à l’académie de musique ou de danse … et là que de zones de silence !
Des études ont montré que la majorité des crimes commis contre les enfants se déroulent en famille.
Il serait bien que le devoir de mémoire, la dénonciation, les enquêtes approfondies  s’appliquent à chaque fois  que l’enfant est atteint dans son intégrité – même si cela brise des repères de nos sociétés.
On nous dit que les faits dans l’Église seraient plus graves parce que la religion touche aux structures d’une personne … ce ne serait pas le cas de la famille ou d’autres institutions qui sont là pour apporter des valeurs aux jeunes ?
La tolérance zéro ne concerne pas que l’Église !
En disant cela, je ne cherche pas à dédouaner l’Église, sa hiérarchie, ses prédateurs, au contraire !
Je me permets de dire simplement que limiter la gravité de tels faits à la seule Église est très court … mais peut-être moins porteurs de « sensationnel » et de « parts de marché » intéressantes.
Tout fait de pédophilie, peu importe le milieu, est inadmissible !

J’oserais un pas de plus et étendre ma réflexion à tout abus d’un enfant.
Il devrait être intolérable que le milieu financier transforme les enfants et les adolescents en en marché  juteux, profitable à quelques « marchands véreux » qui n’hésitent devant rien pour violer la conscience des plus faibles que sont les jeunes.
Il devrait être intolérable de laisser le « sexe » devenir un marché lucratif dans lequel le respect et la dignité n’ont guère leur place, pourvu que ça se vende, et à n’importe qui.
Il devrait être intolérable que le monde virtuel détruise la liberté de temps et de pensée de tous ces jeunes qui sont cloués devant la toile.
Il devrait être intolérable de mener des politiques sociales et économiques qui ne visent pas un avenir pour TOUT jeune, cet espoir de nos sociétés de demain.
Il devrait être intolérable que l’enfant et l’adolescent ne soient pas au centre des préoccupations d’une politique familiale juste et honnête, dans laquelle tout ne se règle pas à coups de crèches ou d’allocations : marre  de ces familles dans lesquelles les enfants ne trouvent personne à la maison, après l’école, au nom de la rentabilité, de l’argent et du travail !

Mais face à tout cela, face à l’élargissement des faits de pédophilie à d’autre milieux on risque de me réponde : « On t’écoutera une autre fois » !

G. De Smet (7 mars 2013)


-33- LA NEIGE, IMAGES D’UN CHAOS

Si pour les enfants, la neige est source d’aventures et de jeux, si pour certains, elle inspire des images de poésie et de contemplation … pour d’autres (auxquels j’appartiens), elle est un cauchemar et un emprisonnement. Cela doit être, entre autre, l’avis des automobilistes condamnés à prendre la route.

La journée de ce mardi fut ainsi un sommet en matière de chaos !
Il nous restera en mémoire ces images de voitures dans le fossé, d’automobilistes coincés par les congères, de camions en ciseaux, de tapis de sol servant d’instruments de déneigement … Plus de 1600 Kms de bouchons, l’équivalent de la distance entre Bruxelles et Naples !
Cette situation anormale était prévue  par les météorologistes depuis avant  dimanche soir. Nous savions que cela allait être le pire mardi de l’hiver.

J’ai le privilège de ne pas devoir utiliser la voiture quand ce n’est pas nécessaire, mais j’ai le temps d’observer.
Dans notre village : pas de bus, pas de rues dégagées : c’est le royaume de la débrouille.
Nos responsables politiques nous déclareront bien solennellement que le réseau routier est trop important, qu’ils sont obligés d’aller à l’essentiel, qu’il ne peuvent pas tout faire … Situation exceptionnelle.
Au niveau régional, face aux camions en ciseaux, face aux autoroutes non dégagées, face aux embarras de circulation, la presse n’a trouvé qu’un ministre, celui des travaux public, pour s’exprimer. À part nous dire que tout est maîtrisé, que nous sommes en hiver, que les utilisateurs des routes devraient s’équiper mieux et qu’il n’y avait pas de raison d’immobiliser les poids lourds, que les services d’épandage étaient sur la brèche … Rien à signaler !
Au niveau fédéral : silence radio … pas même une ministre de l’intérieur, par ailleurs tellement bavarde, surtout pour ne rien dire …
À croire que les difficultés des Belges ne les concernent pas !
En comparaison, la France nous a offert l’image de ministres réunis en centre de crise, d’un président de la république soucieux des ennuis causés par la météo … cherchez l’erreur !
Ce mardi, il y a quand même eu un ministre pour parler « argent », à l’occasion du conclave  budgétaire. Il nous a parlé de réformes structurelles, comme l’allongement de la durée d’une carrière avant la retraite ou de chasse aux chômeurs … C’est vrai que c’est plus facile à faire passer quand la population se noie dans des préoccupations de neige !

Je tiens pourtant à rendre hommage à tous ces ouvriers qui sillonnent les routes pour ce service ingrat et dangereux. Ils travaillent avec les moyens mis à leur disposition et ils font ce qu’ils peuvent. Nous ne leur diront jamais assez merci. Sans eux, le chaos serait encore plus énorme !
Pour eux aussi il fait froid. Pour eux aussi la route comporte des risques. Pour eux aussi les propos des mécontents sont des blessures !

Mais que devons-nous constater ?
Aujourd’hui, la période hivernale a repris ses droits et nous devons bien nous résigner qu’en hiver, hier comme aujourd’hui, il neige !
Aujourd’hui, les aiguillages gèlent, les trains accumulent des retards impressionnants. Les bus sont à l’arrêt, les trams font ce qu’ils peuvent, les routes ne sont pas dégagées, c’est le chaos … et notre ministre des travaux public nous incite dans un communiqué à utiliser les transports en commun ou s’équiper en fonction ! On ne lui a peut-être pas tout dit !
Aujourd’hui, au-delà des difficultés rencontrées par les utilisateurs des moyens de transport, il est avant tout question du coût de toute cette imprévoyance sur l’économie … faute à qui : à tous ces hommes et ces femmes qui n’ont pas prévenus leurs patrons de leur absence. Ils n’avaient qu’à prévoir !

Et si « gouverner », c’était aussi  « prévoir » ?
Jadis, avant la fusion des communes voulues par nos politiciens, notre petit village était « utilisable ». Les autorités communales avaient requis des moyens pour venir en aide à la population. Les routes étaient dégagées. Ils utilisaient même des systèmes qui feraient crier de désespoir plus d’un écolo.
De nos jours, les responsables se trouvent devant un mastodonte ingérable. Ils vont à l’essentiel, ne diminuant en rien les taxes communales de ceux qui n’habitent pas dans cet « essentiel ».
Jadis, l’hiver était rigoureux, mais l’équipement était adapté aux besoins de l’époque.
Dans les pays du Nord, dans lesquels les conditions hivernales font partie du paysage, les moyens d’aide à la population sont adaptés.
Chez nous, quand les spécialistes doivent nous parler de conditions hivernales, ils sont obligés de remonter à plus de 40 ans. Une certaine logique semble être devenue une doctrine : est-ce donc nécessaire de s’équiper pour des situations que nos dirigeants considèrent comme exceptionnelles ?
Certes, tout cela coûte cher … mais l’hiver frappe à la porte tous les ans. Et si l’exceptionnel faisait partie du quotidien à prévoir ? Si cela faisait partie des priorités du service de la population ?
On achète des trains et d’autres moyens de transport en commun qui ne sont pas adaptés à nos régions, parce que trop sensibles à la froidure.
On se contente d’un salage qui devient inefficace sous certaines températures – pourtant hivernales.
Comment faisaient-ils avant ?
Aurions-nous oublié, dans nos dépenses incompressibles, de nous équiper en fonction d’une saison fixée au calendrier : l’hiver ?
Aurions-nous oublié que les conditions d’embarras de circulation ne se règlent pas à coups de statistiques et de bilans ?
Aurions-nous oublié que les images d’hommes et de femmes coincés dans leurs voitures par des congères, chez nous, méritent autant d’engagement qu’une guerre au Mali ?
En disant tout cela, nous n’avons pas encore évoqué l’enfer que peut être l’hiver pour celles et ceux que nous avons exclus de nos créneaux de bonheur : les sans-abris, les personnes âgées, les miséreux issus de notre crise économique, les oubliés de nos systèmes d’énergie …
Mesdames, messieurs, nos responsables, quand vous intéresserez-vous à nous pour exercer le « service » que nous vous avons confié ? À moins qu’il ne faille attendre la proximité d’une élection ?

G. De Smet (13 mars 2013)


-34- ET SI UN SIGNE TRAVERSAIT L’ÉGLISE ?

Ah ! Quelle journée ! Nous n’oublierons pas de si tôt ce mercredi 13 mars 2013.
Depuis la veille, les cardinaux étaient réunis en Conclave dans la chapelle Sixtine.
Ils venaient de susciter un grand intérêt auprès de cette foule réunie sur la place Saint-Pierre, comme auprès des téléspectateurs du monde entier.
Il pleuvait sur Rome, comme si le ciel pleurait sur cet hiver qui n’en finit pas, sur ce monde qui se morfond dans des crises, sur cette Église qui n’en finit pas d’avoir peur pour son avenir.

Après les premières fumées noires, un premier signe vient illuminer l’horizon romain. Un oiseau s’est posé sur la cheminée qui indique l’avancement de l’élection.
Il est là, il picore, il se nettoie. Cet oiseau n’est pas sans rappeler ceux à qui Saint François s’adressera un jour … et s’il savait déjà … et s’il était revenu pour poursuivre le dialogue avec un autre homme de Dieu ?
Un autre signe qui donne l’impression que quelque chose se passe, ce sont ces fontaines de la place Saint-Pierre. On ne les avait pas remarquées jusque là. Voilà l’eau qui s’écoule, l’eau d’une oasis, l’eau qui s’en vient abreuver une soif … Savaient-elles, elles aussi ?

19h06, une fumée blanche éclaircit, tout à coup, la nuit vaticane … Ca y est ! L’Église a un Pape !
Patiemment, nous attendrons une heure, avant de voir les portes de la loggia de la Basilique s’ouvrir. Nous découvrirons un homme vêtu de blanc s’avancer timidement : Habemus Papam !
Le Cardinal Jorge Mario BERGOGLIO, Archevêque de Buenos Aires en Argentine, devient le 266ème Pape de l’Église catholique romaine.
Joie d’une foule, joie d’une fumée qui virevolte dans le vent, joie des cloches de la Basilique, comme  celles de notre église paroissiale qui s’époumonent à sonner.

S’il nous faut maintenant prendre le temps de nous connaître et de nous apprivoiser, des premiers signes nous sont déjà offerts, lors de cette première apparition.

D’abord son nom. Il s’appellera FRANÇOIS … une nouveauté dans la succession de Pierre !
Il prend le nom de celui qui à Assise entendra la voix du Christ, du haut de la croix, lui dire : « Reconstruis mon Église ». Saint François, pour ce faire, épousera Dame Pauvreté. La prière, la contemplation seront sa nourriture. La fraternité et la paix seront sa mission. L’amour sera ce qui se gravera dans ses mains et dans ses pieds, ces instruments, mis à sa disposition, pour aller à la rencontre de la création et des enfants de Dieu.
Le Pape François qui apparaît au balcon de Saint-Pierre est illuminé par cette humilité. Nous le savons pourtant un brillant intellectuel qui aurait de quoi se retirer derrière son savoir. Nous lui connaissons aussi ce souci de l’intégrité doctrinale qui pourrait aiguiser ses propos.
Il va à la rencontre du peuple de Dieu tout simplement, sans décorum, sans dorure, sans ce falbala encombrant des grands de ce monde.
Nous savons que jusque là sa sollicitude pastorale n’a cessé d’aller vers les plus pauvres de son pays, les laissés pour compte de la mondialisation et du néolibéralisme criminel. Il ira même jusqu’à qualifier ces manières de construire nos sociétés de « péché ».
Il désire une Église attentive aux plus petits, une Église, servante des pauvres, une Église humble : c’est là sa mission ! Il l’inscrira même dans l’ascèse et la pauvreté qui caractérisent son quotidien.

Un autre signe, je voudrais l’entendre dans les premiers mots qu’il a prononcés.
Des mots simples qui viennent du cœur, des mots empreints de délicatesse et de gentillesse.
Des mots d’humilité qui le font mendiant de la prière de son peuple avant de lui donner la sienne. Quelle belle réciprocité !
Il les adressera à son prédécesseur, Benoit XVI, mais aussi à cette foule qui est venue le rencontrer et à qui il souhaitera une bonne nuit.
Il les adressera aux Romains, ses nouveaux diocésains, avec qui il désire  prendre un chemin d’amour, de confiance et de fraternité.
Il prononcera ces mots avec une autorité naturelle, parvenant à imposer le silence à une foule, au moment de la prière.

Encore un signe, enfin, et non le moindre. Il se présente à nous comme un homme de prière.
Ce n’est pas banal de voir un Pape, s’adressant à une foule, s’incliner par deux fois pour prier. Ce qu’il a à faire, il le reçoit de Dieu et sans lui, il ne peut rien. Quel grand témoignage !

Il nous restera, après cette première soirée, à nous apprivoiser, à apprendre à marcher dans la même direction, celle vers laquelle nous conduit le Christ ressuscité.
Il nous restera à nous mettre à l’école de ce nouveau Pape, pour y apprendre avec lui le chemin de l’écoute, de la prière et de l’humilité … vaste programme pour chacune de nos communautés !
Il me reste, quant à moi,  à dire MERCI !
Merci à Dieu de ne pas avoir abandonné son Église et de lui avoir donné un homme appelé à être, au milieu de nous, un signe prophétique.
Merci au Pape François d’avoir accepté cette terrible mission, malgré un âge respectable et une santé précaire. N’est-ce pas dans la faiblesse que Dieu écrit ses plus belles pages d’Amour ?
Merci au Peuple de Dieu capable de susciter de tels hommes. Ils nous sont donnés pour avancer. Il nous reste à l’accueillir, pour ce qu’il est : un cadeau de Dieu.

En terminant ces quelques réflexions, l’oiseau posé sur la cheminée de la chapelle Sixtine s’en revient aux yeux de ma mémoire : « Je te l’avais bien dit … homme de peu de Foi ! »

G. De Smet (14 mars 2013)


-35- MAIS QUEL MONDE !

L’Église a un nouveau pape. Le Pape François.
Les chrétiens sont enthousiastes, le monde se réjouit …
Un nouveau départ est à l’horizon, fait de vérité, de simplicité, d’humilité, de fraternité.
Ce nouveau Pape, on le connait comme un adversaire farouche aux effets pervers de la mondialisation, tels qu’ils détruisent au niveau financier et économique.
On sait qu’il a à cœur de combattre l’injustice sociale … et par les temps qui courent, ce n’est pas le travail qui manque.
On connait ses positions doctrinales et morales parfois bien éloignées de nos manières de vivre, au point de faire débat.
Avec le Pape François, ce sont des idées d’Espérance qui se mettent à bourgeonner !

Mais toute cette joie semble de trop pour certains, et entre autre pour tous ces médias-poubelles, comme « Golias » ou encore notre bonne vieille télévision publique, la RTBF.
La revue « Golias », c’est cette revue ou ce torchon (c’est selon !), dont le secret, mais aussi le succès, est l’opposition systématique à tout. Même Dieu a intérêt à bien se tenir !
Trouve grâce à ses yeux, tout ce qui va dans le sens de sa pensée unique ou de ses positions.
C’est ainsi que trouver un Pape qui entre dans ses vues est impossible. Tous ces Cardinaux ont été nommés par Jean-Paul II ou par Benoît XVI. Ils ne sont donc que les tenants d’un conservatisme à rejeter. Avec eux, le Moyen-âge et l’Inquisition ne doivent pas être loin !
Quant à la RTBF, fidèle à sa tradition, au lendemain de l’élection du nouveau Pape, elle s’est sentie obligée de nous  « désinformer » sur le passé du responsable des Jésuites qu’il était, à l’époque. Le contraire nous aurait étonnés !
Ses journalistes nous font régulièrement le coup concernant l’avenir de la Belgique ou encore, en distillant des émissions polémiques à des moments savamment  choisis.
Elle aurait pu aussi refléter, sans retenue, la joie qui habite des Chrétiens, sans la contribution financière de qui, elle serait encore d’une qualité moindre. Tout ce qu’il est possible de faire avec nos impôts !

Le verbe le plus utilisé dans leurs propos est le conditionnel : « Il aurait, il n’aurait pas,  il se pourrait,  … ». Le Père Bergoglio aurait dénoncé. Il aurait été proche de la dictature qui a décimé l’Argentine à l’époque ... et tout cela est proclamé, écrit et j’en passe, sans que l’intéressé puisse se défendre ou sans aucune condamnation de la Justice locale.
Tout cela n’est pas sans rappeler le procès fait à Pie XII qui aurait commis le crime de « silence coupable », en ne dénonçant pas la Shoa.
Souvenez-vous : « À qui rapporte le crime ? » (Lire billet d’humeur 32)
Ces médias vont même jusqu’à chercher et trouver des témoins qui affirment des faits qu’il nous est impossible de vérifier. Pour Jésus, lors de son procès, les mêmes procédés ont été utilisés ! S’ils s’avéraient exacts, je m’étonne que ces victimes n’aient jamais pris la peine de saisir, à juste titre, la Justice de leur pays … à moins qu’elle aussi, soit peu fiable !

Je voudrais demander à ces messieurs, dames de Golias et de la RTBF, si cela les dérange tellement de savoir qu’un nouveau Pape semble populaire, que son style de vie donne du tonus ?
Y aurait-il le danger qu’une nouvelle étape de la vie de l’Église devienne possible ? Cela risquerait-il de mettre en péril les efforts de sape d’une certaine société qui verrait bien Dieu rangé aux objets encombrants ?
Et si elle doit subsister, l’Église risquerait-elle tellement d’aller à l’encontre de leurs idées et de leurs projets ?
Seraient-ils les seuls à savoir ce qui est bon pour l’homme et pour le Chrétien … loin de toute idée d’humilité, dans un concert pluraliste d’idées ?
Il est clair qu’aujourd’hui, il est plus « vendeur » de laisser la parole à un prêtre-écrivain aux mains pures ou à un autre de ces maîtres du soupçon, dont le secret est de semer le doute et l’enfermement dans des étiquettes.
Il est plus aisé d’encenser un diocèse virtuel que d’aller, avec humilité, à la rencontre d’hommes et de femmes qui souffrent et pour qui la démagogie n’est en rien un remède.

Vous ne nous volerez pas ni notre joie, ni notre espérance !
Nous ne connaissons pas ce Pape.
Nous découvrons ses premiers pas et ils nous « parlent ».
Nous avons envie d’entamer avec lui l’aventure du Renard et du Petit Prince et de nous apprivoiser.
Nous avons envie de lui donner une chance, la même que celle que nous souhaiterions que l’on nous donne.
Nous avons envie d’ouvrir les portes d’un dialogue avec lui et d’un « chemin fait d’amour, de fraternité et de confiance »
Nous avons envie qu’il reste une interpellation au milieu de nous. Nous ne lui demandons pas d’être notre conscience morale ou dogmatique. Nous lui demandons d’être « une question » qui nous permet de nous construire, loin des battages médiatiques à succès.

Vous ne serez pas ceux qui nous empêchent d’entendre la joie de la flûte.
Vous ne serez pas, pour nous, ces rabat-joies qui n’inspirent que mépris et tristesse.
Vous ne serez pas la seule voix qui puisse exister pour dire « l’Église ».
Vous ne serez pas la seule parole qui fait autorité.
Et tant pis, si je mets de l’huile à vos moteurs de contestations !
Tant pis s’il vous semble naïf d’oser croire … et, en plus, en l’Esprit-Saint qui ne doit pas s’exprimer que par vos canaux d’information.
Tant pis, si vous vous sentez attaqués par des gens qui ne vous intéressent pas et que vous n’intéressez pas !
Tant pis si vos propositions de liberté nous semblent bien illusoires et accessibles à quelques privilégiés de vos mondes !

Nous avons envie de dire tout simplement : « Bienvenue Pape François, même si, comme nous, vous ne devez pas être parfait … et merci déjà ! »

G. De Smet  (15 mars 2013)


-36- LETTRE D'UN PRÊTRE CATHOLIQUE AU NEW-YORK TIMES

Je n’ai pu résister à vous faire part de cette lettre envoyé par un prêtre à un journaliste d’un grand journal américain.
Il nous y livre un sentiment qui doit habiter pas mal de prêtres de par le monde. Ils se sentent aujourd’hui jugés, condamnés … par le simple fait d’exister et d'exercer leur mission.
La presse se contente-t-elle de sa mission d’information … ou y aurait-il des plans cachés ?

G.De Smet  (20 mars 2013)


Cher Frère Journaliste:

Je suis un simple prêtre catholique. Je me sens heureux et orgueilleux de ma vocation. Cela fait 20 ans que je vis en Angola comme missionnaire.
Je lis dans de nombreux moyens de communication, surtout dans votre journal, l'amplification du thème des prêtres pédophiles, cela d'une manière morbide, recherchant en détail dans la vie de ces prêtres, les erreurs du passé.
Il y en a un, dans une ville des Etats-Unis, dans les années 70, un  autre, en Australie dans les années 80, et ainsi de suite, d'autres plus récents ... Certainement tous des cas condamnables !
Il y a des présentations journalistiques pondérées et équilibrées, d'autres amplifiées, remplies de préjudices et même de haine. Je ressens moi-même une grande douleur pour le mal immense que des personnes qui devraient être des signes de l'Amour de Dieu, soient un poignard dans la vie d'êtres innocents. Il n'y a pas de paroles pour justifier de tels actes. Il n'y a pas de doutes que l'Église ne peut être, sinon du coté des faibles, des plus démunis. Pour cette raison, toutes les mesures que l'on peut prendre pour la prévention et la protection de la dignité des enfants seront toujours une priorité absolue.

Mais c'est curieux le peu de nouvelles et le manque d'intérêt pour les milliers de prêtres qui sacrifient leur vie et la consacrent pour des millions d'enfants, pour les adolescents et pour les plus défavorisés aux quatre coins du monde.
Je pense qu'à votre journal, cela ne l'intéresse pas :
1) Que j'aie dû transporter beaucoup d'enfants faméliques par des
chemins minés à cause de la guerre en l'année 2002 depuis Cangumbe à Lwena (Angola), car ni le gouvernement pouvait le faire ni les ONG n'y étaient autorisées ;
2) Que j'aie dû enterrer des douzaines d'enfants morts à cause des déplacements de la guerre ;
3) Que nous ayons sauvé la vie à des milliers de personnes au Mexique au moyen du seul centre de santé existant dans une zone de 90.000 km² avec la distribution d'aliments et de semences;
4) Que nous ayons pu y procurer l'éducation et des écoles dans ces dix dernières années à plus de 110.000 enfants ;
5) Cela demeure sans intérêt qu'avec d'autres prêtres, nous ayons eu à secourir près de 15.000 personnes dans les campements de la guérilla, après qu'ils aient rendu les armes, parce que les aliments du gouvernement et de l’ONU n'arrivaient pas ;
6) Ce n'est pas une nouvelle intéressante qu'un prêtre de 75 ans, le Père Roberto, parcourt la ville de Luanda, soignant les enfants de la rue, les conduisant à une maison de refuge, pour qu'ils soient désintoxiqués de la gazoline qu'ils aspirent en gagnant leur vie comme lanceur de flammes ;
7) L'alphabétisation de centaines de prisonniers n'est pas non plus une nouvelle ;
8) Que d'autres prêtres, comme le Père Stéphane, organisent des maisons de passage pour que des jeunes maltraités, battus, et même violés y trouvent refuge ;
9) Non plus, que le Père Maiato avec ses 80 ans, visite les maisons des pauvres, une à une, réconfortant les malades et les désespérés ;
10) Ce n'est pas une nouvelle que plus de 6.000 parmi les 40.000 prêtres et religieux actuels aient quitté leur pays et leur famille pour servir leurs frères dans une léproserie, dans les hôpitaux, les camps de réfugiés, des orphelinats pour enfants accusés de sorcellerie ou orphelins de parents morts du sida, dans des écoles pour les plus pauvres, des centres de formation professionnelle, des centres d'accueil pour les séropositifs...... etc.....
11) Ou, surtout, dépensant leur vie dans des paroisses et des missions, motivant les gens pour mieux vivre et surtout pour aimer ;
12) Ce n'est pas une nouvelle que mon ami, le Père Marc-Aurèle, pour sauver des enfants pendant la guerre en Angola, les ait transportés de Kalulo à Dondo et qu'en revenant de sa mission, il ait été mitraillé en chemin; que le Frère François avec cinq Dames Catéchètes, soient morts dans un accident, en allant aider des régions rurales les plus reculées du pays ;
13) Que des douzaines de missionnaires en Angola soient morts par manque de moyens sanitaires, à cause d'une simple malaria ;
14) Que d'autres aient sauté dans les airs à cause d'une mine, en visitant leurs fidèles; en effet, dans le cimetière de Kalulo sont les tombes des premiers prêtres qui sont arrivés dans la région ... aucun ne dépassait les 40 ans ... ;
15) Ce n'est pas une nouvelle, celle de suivre un Prêtre "normal" dans son travail journalier, dans ses difficultés et ses joies, dépensant sa vie sans bruit en faveur de la communauté qu'il sert.
La vérité, c'est que nous ne cherchons pas à faire les nouvelles, sinon simplement apporter la " Bonne Nouvelle ", cette Nouvelle, qui sans bruit, a commencé le matin de Pâques. Un arbre qui tombe fait plus de bruit que mille
arbres qui poussent.

On fait beaucoup plus de bruit pour un prêtre qui commet une faute, que pour des milliers qui donnent leur vie pour des milliers de pauvres et d'indigents.
Je ne prétends pas faire l'apologie de l'Église et des prêtres.
Un prêtre n'est ni un héros ni un névrotique. C'est simplement un homme normal qui, avec sa nature humaine, cherche à suivre Jésus et à Le servir dans ses frères.
Il y a des misères, des pauvretés et des fragilités comme chez tous les êtres humains; mais également il y a de la beauté et de la grandeur comme en chaque créature ... Insister d'une manière passionnelle et persécutrice sur un thème douloureux, en perdant de vue l'ensemble de l'œuvre, crée véritablement des caricatures offensives du sacerdoce catholique, par lesquelles je me sens offensé.
Je te demande seulement, ami journaliste, de rechercher la Vérité, le Bien et la Beauté. Cela fera grandir ta profession.

Dans le Christ,


P.Martin Lasarte, sdb


-37- LA MESSE DU PAPE …

J’étais en France, le 19 mars dernier … et comme beaucoup de Chrétiens, mon intention était de suivre à la télévision, la messe marquant le début du Pontificat du Pape François.
Quel ne fut pas mon étonnement, en découvrant qu’aucune grande chaîne nationale ne retransmettait l’événement. Étonnement et incompréhension !

Lorsqu’il s’agit des jeux olympiques, de la Coupe du monde de football, d’une compétition de natation ou d’une épreuve de ski alpin, les chaînes n’économisent ni leurs efforts, ni le temps d’antenne.
Quand un événement royal ou princier s’en vient colorer l’actualité, Stéphane Bern, le nouveau Léon Zitrone français, est chargé de mission pour nous faire vivre, au plus près, ce moment de rêve.
C’est ainsi que, sans compter, nous avons eu droit à l’anniversaire de la Reine Elisabeth II d’Angleterre, aux noces du Prince héréditaire Albert II de Monaco et de sa princesse du bout du monde, au mariage du Prince William et de sa princesse de cœur … et j’ose déjà parier sur la retransmission de la passation de pouvoir prochaine aux Pays-Bas.
Fin janvier, toutes les équipes des chaînes de télévision étaient mobilisées pour nous faire vivre l’inauguration du deuxième mandat du Président américain Obama.
Et pourtant, il est difficile de croire que ces différents événements concernent l’ensemble de la population française : s’ils étaient tous sportifs, cela se saurait ; s’ils étaient tous royalistes, ils auraient pu le manifester lors de leur Révolution ; s’ils étaient une colonie américaine, ils ne s’en seraient pas remis.
Une chose est sûre, cela aurait permis à l’audimat, ce dieu de la presse, d’imprimer des chiffres de parts de marché non-négligeables. Les affaires sont les affaires, en économie libérale !

Le 19 mars dernier, silence audiovisuel. Il ne s’agissait que d’un pape, pour qui les caméras avaient déjà scruté le ciel, en quête de fumée blanche. Il ne s’agissait que d’une messe, bien éloignée des préoccupations des Français qui semblent déserter leurs églises le dimanche …
Il ne s’agissait que d’un événement – dont la France n’était pas le centre – qui concernait des milliards d’hommes et de femmes de par le monde, dont des Français. Eh oui, malgré la laïcité, il en reste !
Elle aurait été heureuse, la petite dame perdue dans la solitude de son home, ou le malade cloué sur son lit d’hôpital de participer à cet événement mondial.
Il aurait été heureux le contribuable chrétien français qui aurait vu la chaîne publique qu’il aide à financer, retransmettre un événement précieux pour sa Foi.
À tous ceux-là, les responsables de France 2  déclaraient, sans rire, qu’il leur était possible de suivre la messe sur le site internet de la station.
C’est vrai que tout le monde dispose de ces technologies modernes et qu’il peut, s’il le souhaite, se connecter au monde entier, même dans sa chambre d’hôpital ou dans sa maison de retraite … Bienvenue dans la société réservée à  ceux qui brillent !

J’ai quand même trouvé une chaîne française qui, dans le paysage de la TNT, offrait les images romaines aux téléspectateurs : I-télé ! Nous ne pouvons que les remercier. Etait-ce nécessaire d’y coller ces deux bavards qui se sont sentis obligés  de couvrir les images d’une logorrhée indigeste et futile ?
Merci aussi à KTO, cette chaîne catholique numérique, qui a couvert l’événement en long, en large et avec beaucoup d’éclairages intéressants.

Serait-ce ringard de prendre du temps pour relater cette messe, dans laquelle rien d’extraordinaire ne se fait ni se dit ?
Serait-ce si banal d’entendre un Pape nous parler de respect, de tendresse, de bonté, dans le monde que nous connaissons ?
Serait-ce si inintéressant ou dérangeant de rejoindre des foules en quête d’une Espérance et qui, dans le style d’un homme, ont découvert une Lumière ?
Serait-ce si choquant de devoir relater une actualité qui semble incompatible avec les principes de la laïcité, pourtant soucieux du respect des droits élémentaires de l’homme, dont la religion ?
Serait-ce si bouleversant de devoir laisser l’image à un Pape venu d’ailleurs … et qui n’est même pas issu de l’Hexagone ?

Mesdames, messieurs de ces chaînes de télévision, vous nous avez privé d’un moment de bonheur … N’en valions-nous pas la peine et en aviez-vous le droit ?

G. De Smet (20 mars 2013)


-38- LE CASSE DU SIÈCLE

Ces termes forts ont été repris par un député wallon de l’opposition pour décrire la gestion du photovoltaïque émanant du gouvernement régional.
Il est vrai que tout cela peut nous sembler outrancier, d’autant plus, qu’une fois encore il est fait appel au portefeuille du citoyen « soucieux de sa planète ».
Il est vrai que le chant des sirènes écologiques a pu émouvoir la conscience d’une humanité branchée sur un avenir. Mais c’était oublier que l’écologie a un prix, qui ne semble pas être à la portée de tout le monde. Faudrait-il être riche pour entrer dans le marché juteux créé par une écologie jetée en pâture aux marchés financiers ?
Ah, quand l’idéologie nous gouverne !

Mais est-ce bien là que se situe la seule raison de parler du « casse du siècle » ?
Je rejoins ce député quand il situe la rage « taxatoire » dans ce mouvement qui guide nos dirigeants. Sans cesse, ils sont poussés à aller fouiller dans les réserves monétaires des simples citoyens … et dans ce domaine que de raisons de colère !
Ne serait-ce pas un « casse du siècle » quand une certaine logique financière se lance dans le « sauvetage » de banques au nom de la pérennité de l’économie. Pour cela nos dirigeants n’hésitent pas à parler « d’argent virtuel », mentant à la population et en faisant porter le poids de l’opération sur celles et ceux qui n’en peuvent rien ?
Ne serait-ce pas un « casse du siècle » quand un ministre des finances se « trompe » de plusieurs millions dans son budget. Cette « erreur », il faudra bien la corriger grâce aux fonds … devinez de qui ?
Ne serait-ce pas un « casse du siècle », ces milliards d’aide en tous genres apportés aux multinationales, espérant les attirer chez nous et envisager de l’emploi et des recettes qui ne sont pas au rendez-vous ?
Ne serait-ce pas un « casse du siècle » de « bidouiller » l’index et de geler les salaires … et en plus de se plaindre de la stagnation de la consommation ?
Ne serait-ce pas un « casse du siècle », créé par une Europe ignoble, humiliant le peuple chypriote par ces taxes injustes sur les comptes bancaires de familles dont le seul crime est d’avoir épargné ?
Ne serait-ce pas un « casse du siècle » de n’envisager qu’une taxation du travail, en laissant à l’abri les revenus du capital. Pour certains, notre pays est un paradis fiscal, tandis que pour d’autres, il se vit sur le mode de l’enfer au quotidien ?
Ne serait-ce pas un « casse du siècle » de créer des riches de plus en plus riches et  des pauvres de plus en plus pauvres … au nom de stratégies économiques qui nous dépassent ?

Il est impossible de le nier, il s’agit bien d’un « casse du siècle » !
Les auteurs, ce sont les acteurs d’un projet de société basé sur l’argent, ce dieu des temps modernes. Ils vivent les yeux braqués sur leurs écrans d’ordinateurs. Ils ne vibrent plus que devant les courbes des graphiques indiquant l’importance de leurs profits et le « peut mieux faire » qui clignote.
Il est appuyé par des partis sectaires qui abusent de leur situation pour favoriser des riches de leur bord, en se camouflant derrière les intérêts d’un libraire qui a bon dos.
Leur logique financière nous conduit à un désastre social annoncé … que de fermetures d’entreprises, cajolées hier, qui délocalisent sans scrupule.
Jusqu’à quand ?
Le vrai « casse du siècle » est d’avoir mis tant d’hommes, tant de femmes, tant de familles, tant de compétences à « la casse ».
Les victimes de ce casse, vous les croisez dans leur honte au détour d’un bureau de chômage, au détour d’une formation, au guichet des CPAS de nos villes.
Vous les rencontrez dans tous ces nouveaux pauvres qui ont tout perdu à cause de la logique financière de quelques nantis et de quelques politiciens véreux qui ont aidé à ce dérapage social … ou à la mise en place de réformes structurelles, comme ils disent !
Les victimes sont à chercher auprès de tous ces  exclus du monde du travail. Elles ont permis d’amasser les dividendes distribués généreusement à des actionnaires dépourvus d’humanité. Elles ont aussi permis de récompenser tant de « grands » patrons en leur offrant des primes ou des parachutes dorés inimaginables et injustifiés.
Les victimes se sont toutes ces familles qui n’osent plus de projets, qui subissent des fins de mois difficiles … Elles vivaient de petits moyens que la crise économique – dont ils ne sont en rien responsables – a fini par raboter au nom de points de PIB et d’une dictature européenne abjecte.
Les victimes se sont toutes ces victimes de la publicité et des crédits qu’elle engendre.
Notre société de consommation vise une hausse constante des profits, et ce à n’importe quel prix. Elles sont agressées par une publicité qui, telle une drogue, les empêchent de réagir et de se comporter en consommateurs responsables. Ils achètent jusqu’à plus soif, avec la complicité de banques criminelles et de ses prêts sordides. C’est alors la spirale de l’endettement, la spirale de la descente aux enfers programmée.
Les victimes se sont les atrophiés spirituels et humains que crée ce type de société de profit. Elles sont été endormies et programmées pour faire marcher un système qui vise à toujours plus consommer, à placer tout son bonheur dans un caddie bien rempli ou dans une voiture encore plus performante … Pourquoi mon bonheur, et celui des autres, dépendrait-il de quelqu’un d’autre que de mon petit « moi je » … bonjour l’individualisme et les injustices qu’il crée.
Les victimes se sont tous ces électeurs qui ont conduit au pouvoir des politiciens plus soucieux de leur carrière ou de celle du fiston, de leur clientèle électorale que du bien du peuple qui comptait sur eux. Entre deux élections, ces pauvres électeurs ne comptent que très peu, même si on leur en laisse l’illusion.
Là encore, nos ténors de la démocratie crieront au populisme … c’est pourtant à eux de nous prouver le contraire !

Le casse du siècle, je le lis dans le drame humain de tant d’hommes et de femmes qui étaient des maillons précieux de notre savoir-faire.
On les a jetés comme de vulgaires déchets, qui eux, pourtant, auraient droit à tous nos égards : tri, recyclage, nouvelle vie …
On les a jetés parce qu’ils n’étaient plus rentables. Ils n’étaient plus compétitifs sur les planches de la mondialisation.
On a « relativisé » leur droit au bonheur, au nom d’intérêts partisans permettant à quelques parasites de profiter au maximum de la manne céleste et financière qui s’abattait sur eux.
On a cassé leur rêve … et comme le pensent les enfants : ça se paye toujours !

G. De Smet (23 mars 2013)


-39- LA DÉCORATION DE L’INDÉCENCE

Ce mercredi de mars, s’il ne voit pas le printemps s’installer, sera un moment pour y inscrire une page délirante au calendrier des jours sans fierté.
C’est, en effet, cette date qu’a choisi Nicolas Sarkozy pour offrir la Légion d’honneur à Didier Reynders. Eh non ! Nous ne sommes pas encore le premier avril !

Sarkozy, c’est le président « bling bling » de la politique française.
Il était président de la République et, durant « cinq ans » il a été un chantre du néolibéralisme, celui-là même qui met, aujourd’hui, des peuples entiers à genoux, au nom d’une crise ignoble.
On le comparait aisément à Napoléon ou à un quelconque petit caporal sans envergure. Régulièrement, il est venu s’agiter sur nos petits écrans, prêtant le flan au ridicule qui ne tue pas.
Il aura été le président des grandes fortunes, des grands groupes industriels … au point de se retrouver inculpé « d’abus de confiance sur une vieille milliardaire ».

Quant à Didier Reynders, s’il a de sérieux amis, heureux de la politique qu’il mène et qui les enrichit, il a aussi des détracteurs qui n’en peuvent plus de ses décisions, - certes prises en « coalition » - qui sont une source d’injustices et de drames inqualifiables.
Nous pourrions évoquer les « intérêts notionnels » qui ont permis à de grands groupes industriels et financiers de commettre un hold up légal sur nos impôts. Des emplois allaient en surgir … « Paroles, paroles, paroles », chantait Dalida !
Nous pourrions évoquer les erreurs de compte de son administration, à l’époque où il était ministre des finances. Une « erreur » que les petits Belges combleront.
Nous pourrions évoquer son soutien indéfectible à l’inhumanité d’une Europe qui ne considère plus sa population qu’en fonction d’un marché économique. Cette idéologie se conjugue en termes de « rentabilité » et de compétitivité.
Pour nous expliquer toute cette stratégie économique, il est venu régulièrement nous « conscientiser » à la télévision. Il semblait plus absent – et ce ne fut pas qu’une impression – quand il s’agissait de soutenir les grévistes d’Arcelor Mittal ou de ces autres victimes créées par une crise dont les « acteurs du travail » ne sont en rien responsables.
Nous pourrions évoquer son refus – et celui de son parti – de viser un impôt sur la fortune ou sur le capital et de tout miser sur le poids posé sur les épaules des travailleurs … qui n’ont qu’à s’accommoder d’une taxe de solidarité supplémentaire.
Nous pourrions dénoncer – à corps et à cris – sa demande de « mesures structurelles » qui, une fois de plus, pointeront du doigt une catégorie plus faible de la population : les chômeurs et les allocataires sociaux de tous bords. Pendant ce temps les actionnaires de partout peuvent profiter d’une « paix » garantie.
Nous pourrions dénoncer son souci de remettre en question l’index des prix, n’offrant ainsi aucune perspective à des ménagères qui voient le prix de leur panier exploser.
Ça ne l’empêche pas de « parler » de relance !
Nous pourrions dénoncer sa gestion de la crise bancaire. Il l’a faite au nom du sauvetage de notre économie : nous en voyons les résultats, tant au niveau perte d’emplois, qu’au niveau de l’arrogance des instituts financiers.
Nous pourrions dénoncer sa notion « d’argent virtuel », engrangeant des situations qui risquent de nous réveiller demain. Restons attentifs à l’évolution du monde bancaire et à celui de l’énergie !

Si la « Légion d’honneur » avait pour but de reconnaître les mérites de l’un ou l’autre serviteur de la nation française, je reste convaincu que dans ce cas, il aurait été préférable de s’abstenir.
Il y avait peut-être d’autres personnes à décorer, des personnes envers qui la France aurait une dette : celles et ceux qui vont, chaque soir, à la rencontre des sans-abris.
Celles et ceux qui offrent leurs bras et leurs cœurs, pour que, dans cette crise, résonnent des actes de justice et de solidarité envers tous les exclus du néolibéralisme.
Celles et ceux qui inventent des solutions pour offrir un peu de dignité et de justice à ces ouvriers sacrifiés sur l’autel de la rentabilité et du dieu  « Marché ».
Celles et ceux qui, loin des caméras, sont des artisans de fraternité et de vérité envers une population qui crève sous le poids d’une crise qu’elle n’a pas demandée.
Celles et ceux qui luttent avec vigueur et intelligence, cherchant une alternative crédible à un projet de société basé sur l’argent et qui  nie le meilleur de l’homme : ses compétences et sa force de travail.

Mais, au lieu de rêver, il nous faudra bien nous contenter de constater que « les amis de mes amis sont mes amis » et que « l’argent n’a pas d’odeur ».
Cette remise de  décoration me semble aller à l’encontre des larmes de tant de familles, victimes innocentes d’une crise qui ne fait pas le malheur de tout le monde.
Cette « légion d’honneur », je la considère plutôt comme « un bras d’honneur » destiné à tous ces « nouveaux pauvres », issus de ces marchés de dupes.
Cette décoration nous pose à vous et à moi une question : « Où est l’honneur » dans tout cela ?

G. De Smet (27 mars 2013)


-40- UNE CROIX ET DES CROIX

Nous sommes dans la Semaine Sainte … une semaine au cours de laquelle même la météo donne froid dans le dos.
Ces jours nous font revivre les derniers pas du Fils de Dieu sur la terre des hommes.
Ils nous font entendre les derniers mots de Jésus, des paroles de pardon, d’amour, de vérité …
Si tout cela est empreint de tellement de lumière et d’Espérance, pour les Chrétiens, l’objet qui vient se placer devant nos yeux, c’est pourtant une croix.

Cette croix, c’est la réponse de l’homme au désir d’Alliance de Dieu.
L’humanité crie : « Non ! ». Elle crie son rejet et sa haine, avec toute la violence dont elle est capable.
Cela aurait dû être la fin d’une histoire, la fin d’un beau rêve coloré par des relations nouvelles, par des bourgeons d’un nouveau printemps dans le cœur de l’homme.
Grâce à la visite des femmes au tombeau, « le matin du premier jour de la semaine », cette croix s’illuminera, pour les Chrétiens d’une signification nouvelle. Le père a rendu la dignité à son Fils « en qui il avait placé tout son Amour ».
Elle deviendra le signe que le don d’une vie rejaillit en fleuve d’eau vive pour tout qui se laisse abreuver.
Elle indique une lumière qui éclaire, à tout jamais, notre condition humaine : la mort n’est pas le dernier mot de la vie.
Le rejet, l’exclusion ne sont plus une fatalité insurmontable. Ces négations de l’homme deviennent même impossibles … seule compte la qualité d’une existence !
Elle nous montre un Chemin : par la poutre verticale, elle nous conduit vers Dieu qui est Amour. Par la poutre transversale, elle nous dirige vers les hommes. Ils ont les visages de nos frères et de nos sœurs.
C’est tout cela, le Mystère de la Croix de Jésus, illuminée par le soleil du matin de Pâques.

Pourtant, l’actualité d’une croix reste bien présente dans le quotidien des habitants de notre planète, de notre pays, de nos villes et de nos villages.
Ces croix sèment l’effroi, le désespoir, la tristesse, l’angoisse. N’ayons pas peur de les regarder en face !
C’est la croix des peuples de la faim qui, dans l’indifférence générale, n’osent plus croire en la possibilité d’un lendemain. Il y a bien l’action de quelques ONG ou de quelques bénévoles … et si ce n’était qu’une goutte d’eau dans l’océan de la détresse ?
Il y a encore la croix des nantis de la planète. Ils rêvent de chiffres. Ils contemplent des courbes sur leurs écrans d’ordinateurs. Ils gaspillent, ils polluent, ils s’asphyxient.
Ils veulent toujours plus … pour le plus grand bonheur de l’avidité de notre société de consommation.
Face au cadeau de l’existence, ils réagissent en blasés, crachant le venin de leur mal-vivre. Ils inventent de nouvelles maladies qui transforment leurs jours en angoisse et en désespérance.
Il y a la croix des « oubliés » de nos projets de société. Nous leur avons même collé des étiquettes. Nous les appelons « sans-abris », « sans papier », « SDF ». Une chose est sûre : ils sont sans droit et nous les considérons comme des taches dans le paysage de nos réussites et de nos quêtes de bonheur.
Il y a la croix des pays de la guerre : Syrie, Palestine, Afghanistan, Mali et j’en passe.
La recherche de pouvoir et de l’influence y rend l’homme fou, au point qu’il tire sur tout ce qui bouge, peu importe les dégâts collatéraux que sont les vies humaines. Ce « fou » va même jusqu’à utiliser l’enfant pour en faire un soldat, un tueur ou violer ces femmes pour qui tout se casse… « Où va notre terre, si l’amour est tué ? », chantons-nous dans nos églises.
Il y a la croix des victimes d’une sexualité débridée. On avait inventé une société libérée. Que de nouvelles prisons, que de nouvelles victimes en sont nées, créant des désastres humains irréparables.
Il y a la croix des familles déchirées, des enfants confrontés à une séparation. En quelques instants, tout s’écroule, enfermant des familles entières dans l’interdiction, de fait, d’un avenir.
Il ya la croix issue de nos manières de vivre. Elles engendrent si souvent la solitude, l’incompréhension, l’enfermement. Elles sont sources de violence gratuite et de mort, sans raison. Cela va de nos manières de conduire une voiture, de gérer l’environnement jusqu’à l’attentat sanglant et absurde. Elle crée les murs de nos indifférences et de l’absolutisme de notre ego, ce petit « moi je » que nous cajolons tant.
Il y a la croix de toutes celles et de tous ceux que nous qualifions de « non rentables ». Ils sont chômeurs, ils ont perdu leur emploi et leur avenir, ils sont pauvres, ils sont vieux, ils sont de santé fragile, ils sont étrangers … une chose est sûre : ils dérangent et en plus, ils sont source de déficits financiers. Ils ne comptent pour personne et ils se sentent même un poids  pour les autres. Pas d’avenir pour eux !
Il y a la croix des victimes de la crise. Elles n’avaient que leur travail, leurs compétences, leur énergie … On leur a tout enlevé au nom du dieu « Argent », à qui les nantis, les décideurs, les gens de pouvoir accordent un tel culte.
L’Europe, le néolibéralisme, les marchés financiers, les banques n’ont pas hésité à mettre des peuples entiers à genoux au nom de la rentabilité et de la compétitivité.
L’argent « pourri » a pris le visage de multinationales cupides, de milliardaires véreux, de politiciens incapables, de milieux financiers sordides … une nouvelle caste sacerdotale est à son service. Elle ne craint même pas un nouvel anticléricalisme … pourtant latent.
Un fossé, nouvelle forme du Golgotha, s’est établit entre des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus miséreux. Jusqu’où creuseront-ils ?
Il y a la croix de celles et de ceux qui se trouvent cloués sur leur lit de maladie et de souffrance. Que de cris rappelant celui du Vendredi-saint : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Il y a la croix du prisonnier, la croix de l’otage, la croix de l’injustice et de l’égoïsme … que de prisons dédiées aux sans-voix de partout !
Que de croix à l’horizon du monde !

Le ciel n’aurait-il donc qu’à s’obscurcir ?
Le rideau du Temple devrait-il se déchirer une nouvelle fois ?
Et si, répondant à l’appel du Pape François, nous osions « sortir de nous-mêmes » pour « aller à la périphérie »
C’est là que nous avons rendez-vous avec la Croix de Jésus et avec la Croix des hommes.
C’est là que nous pourrions devenir, les bras, les jambes, le cœur de Dieu et le cœur de l’homme.
C’est là que nous sommes convoqués pour y devenir des semeurs de Résurrection, des artisans de Vie, des sourciers d’Espérance, des portiers de la tendresse.
Le chantier est vaste ! On engage ! Il y a de la place pour tous, peu importe l’âge, la brillance … Il suffit d’avoir un cœur pour y loger l’Amour reçu et à partager !
Bonne et belle mission … Ce sera alors Pâques tous les jours, car Pâques, c’est la Lumière possible au-delà de toutes les croix de nos ténèbres.

G. De Smet (28 mars 2013)


-41- EN AVANT TOUTE !

C’est la parole d’un capitaine aux commandes de son bateau, aux commandes d’une aventure nouvelle.
C’est la parole d’une espérance ouvrant les portes d’horizons nouveaux, ouvrant le cœur à des regards nouveaux, à des cultures nouvelles  … « En avant, toute ! »

C’est cette parole qu’il m’a semblé apercevoir dans les attitudes, dans les gestes et dans les paroles du Pape François, à peine installé au gouvernail de la Barque de Pierre.
Il n’est pas banal, cet homme de blanc vêtu, loin de toutes les dorures et de toutes les dentelles romaines, allant à la rencontre des foules massées sur son passage.
Étonnant de le voir arrêter sa voiture pour se précipiter vers un handicapé et « prendre le temps » pour lui. Serait-il de notre humanité ?
Étonnant de le regarder, en pleine discussion avec un supporter de  "son" équipe de football et de se voir remettre un maillot fétiche … Serait-il de notre monde ?
Étonnant de découvrir son sourire lorsqu’un enfant lui est tendu et qu’il l’embrasse … serait-il de nos tendresses ?
J’ai aimé sa manière d’aller vers ses frères et ses sœurs, avec son cœur de pasteur. On sent dans ses mains tendues et dans son sourire qu’il les aime, qu’il a envie de se donner à eux … et ça fait du bien !
J’ai aimé sa manière de laver les pieds des jeunes de la prison de la Casa del Marmo. Il s’est mis à genoux devant eux, comme le serviteur qu’il désire être. Il leur a souri … ça ne s’oublie pas !
J’ai aimé sa délicatesse, en allant à la rencontre de chaque Cardinal lors de la messe de Pâques. Il n’est pas la superstar. Il vient de la part d’un « Crucifié, ressuscité » offrir une reconnaissance et une chaleur.
À travers ces gestes, à travers ces attitudes, c’est une manière d’être disciple qui se révèle à nous. Il a mis ses pas dans les traces de Celui qui « n’avait pas une pierre où reposer la tête ». Il s’est mis à genoux devant l’homme, comme Jésus s’est courbé devant ses amis, au soir du Jeudi-saint. Il est allé au-devant des pauvres, de ceux qui ne brillent pas, comme les enfants ou les handicapés pour les prendre dans les bras de sa tendresse et de sa bonté.
J’ai aimé … et il m’a semblé voir apparaître le visage de Jésus qui ne cesse de nous souffler à l’oreille : « N’aie pas peur ! »

« En avant toute », cette parole du capitaine, j’ai cru l’entendre aussi dans le message délivré par le Pape François, lors de la semaine sainte.
Je me permets simplement de vous en livrer quelques extraits :

Aux prêtres réunis autour de lui pour la messe Chrismale, il dira : « Revêtir notre humble chasuble peut bien nous faire sentir, sur les épaules et dans notre cœur, le poids et le visage de notre peuple fidèle, de nos saints et de nos martyrs, qui en cette période sont si nombreux »
Il les a invités à ne pas être « des prêtres tristes ». Leur mission leur en donne maintes occasions : « Et lorsqu’ils ressentent (les fidèles) que le parfum de l’Oint, du Christ, arrive à travers nous, ils sont encouragés à nous confier ce qu’ils veulent faire arriver jusqu’au Seigneur ».
Pour cela, il leur a offert un conseil : « L’onction, chers frères, n’est pas destinée à nous parfumer nous-mêmes, ni davantage pour que nous la conservions dans un vase, parce que l’huile deviendrait rance et le cœur amère ».
Aux fidèles laïcs, il conseillera : « soyez proches de vos prêtres par l’affection et par la prière afin qu’ils soient toujours des pasteurs selon le cœur de Dieu ».

Aux jeunes prisonniers rencontrés le Jeudi-saint, il dira : « Nous devons nous aider les uns les autres ». Il insistera même : « En nous aidant, nous nous ferons du bien ».
Il les remerciera avec ce souhait : « Ne vous laissez pas voler votre espérance, en avant toujours ».

Aux Pèlerins « en regard de prière » auprès du Saint Suaire de Turin, il indiquera :
« Cette image –imprimée dans la toile– parle à notre cœur et nous pousse à gravir le Mont du Calvaire, à regarder le bois de la croix, à nous immerger dans le silence éloquent de l’amour »
Contemplant le mystère de la Croix, il dira : « l’Amour miséricordieux de Dieu qui a pris sur lui tout le mal du monde pour nous libérer de sa domination ».
À toi qui regardes cette croix, il dit : « aies confiance, ne perds pas l’espérance; la force de l’amour de Dieu, la force du Ressuscité vainc tout » …  etdevant ses yeux de Pape défilaient les visages de tous les crucifiés d’aujourd’hui.

Aux chrétiens rassemblés auprès du Colisée pour le Chemin de la croix, il livrera deux paroles fortes : la première, un sentiment : « Parfois il nous semble que Dieu ne répond pas au mal, qu’il demeure silencieux. En réalité Dieu a parlé, a répondu, et sa réponse est la Croix du Christ : une Parole qui est amour, miséricorde, pardon ». Il ajoutera : « Dieu nous juge en nous aimant ».
La deuxième, une mission : « Les chrétiens doivent répondre au mal par le bien, en prenant sur eux la croix, comme Jésus »

Lors de la Veillée pascale, il secouera les Chrétiens enfermés dans leurs routines et dans leurs tiédeurs : « Nous avons peur des surprises de Dieu ; nous avons peur des surprises de Dieu! Il nous surprend toujours ! Frères et sœurs, ne nous fermons pas à la nouveauté que Dieu veut porter dans notre vie ! »
Il nous encouragera aussi : « il n’y a pas de situations que Dieu ne puisse changer, il n’y a aucun péché qu’il ne puisse pardonner si nous nous ouvrons à Lui »
Il nous fera aussi une proposition : « Accepte alors que Jésus Ressuscité entre dans ta vie, accueille-le comme ami, avec confiance : Lui est la vie! »

Du haut de la loggia de Saint-Pierre, Le Pape illuminera le ciel « Urbi et orbi » de ce message qui donne des ailes. Imprégnez-vous plutôt : « L’amour de Dieu est plus fort que le mal et que la mort elle-même ; cela signifie que l’amour de Dieu peut transformer notre vie, faire fleurir ces zones de désert qui sont dans notre cœur ».
« Que de déserts, aujourd’hui encore, l’être humain doit-il traverser! Surtout le désert qui est en lui, quand manque l’amour de Dieu et du prochain … ».
« La miséricorde de Dieu peut aussi faire fleurir la terre la plus aride, peut redonner vie aux ossements desséchés. »
Il nous lancera enfin une invitation, un véritable envoi en mission : « Laissons-nous renouveler par la miséricorde de Dieu, laissons-nous aimer par Jésus ».

Quel souffle … Quel printemps d’Évangile !
Quel bonheur de naviguer avec un tel timonier, sur l’océan d’un Amour à découvrir, à la rencontre de Quelqu’un qui ne cesse de nous souffler à l’oreille « Je t’aime », se faisant en même temps mendiant de notre réponse d’amour !
Quelle joie de se laisser confier l’Évangile, cette Bonne Nouvelle pour un monde en proie à tellement de désespérance !
Quel défi au cœur de projets de société qui ne déroulent pas toujours le tapis du bonheur pour tous !
Merci au Pape François de nous rendre notre fierté de croire, loin de toutes les attaques et de toutes les insinuations persifleuses et stériles.
Merci à l’Église, porte ouverte sur l’Essentiel, Jésus, qui nous ouvre les portes de la Vie !

G. De Smet (3 avril 2013)


-42- L’ARGENT ET LA POLITIQUE

Depuis plus d’une semaine, la presse nous bassine avec « l’Affaire Cahuzac ». Le ministre français aurait ainsi floué le fisc en ne déclarant pas un compte qu’il possédait à l’étranger. De là à se demander si la responsabilité du président n’est pas engagée et si le premier-ministre ne devrait pas démissionner … que de boulot pour une presse soucieuse de faire et de défaire des réputations !

Mais en quoi cela nous concerne-t-il ?
D’abord ce milieu politique !
Il est un peu facile de dire « qu’ils sont tous pourris » ou que « nous avons les politiciens que nous méritons ». Il y a dans ce monde – comme dans tous les mondes – des hommes et des femmes intègres qui sont guidés par le sens du service et par l’idée d’apporter un peu de mieux-vivre à la population qui les a élus.
N’empêche qu’il en existe aussi d’autres pour qui le scrupule face à la gestion de l’argent n’existe pas … et cela ne se retrouve pas qu’en France !
Chez nous aussi, entre les dotations royales, les frais de voyages, les primes de départ des parlementaires ou les frais de fonctionnement des cabinets ministériels, il y a matière à scandale.
Chez nous aussi des hommes et des femmes se lancent dans la course au suffrage, parfois de père en fils, semant le doute dans les esprits quant à leurs motivations profondes.
Chez nous aussi, certains se sont corrompus, laissant des traces de dégoût et de rejet qui se marquent à chaque élection.
La politique est un noble métier, s’il est exercé correctement.
Il est un service qui vise à mettre en commun des moyens de bonheur pour tous, sans considération de classe sociale ou de niveaux de richesse.
La politique est un état d’esprit qui devrait faire passer l’intérêt commun, celui des électeurs, avant les considérations personnelles de fortune ou d’avantages.
La politique est un chantier permanent, dont le but est la construction d’une société dans laquelle chaque citoyen est respecté, dans laquelle il a une place, sans compromis, sans chantage et sans esprit partisan.
Un tel projet nécessite de la part de ces hommes et de ces femmes, mais aussi de nos comportements de citoyens des conversions de tous les instants !

Un autre aspect qui me semble nous concerner : l’état de notre société.
Pendant qu’on nous massacre les oreilles avec ces affaires de corruption qui font honte à certains de nos dirigeants, les vrais problèmes de la population passent au second plan … Or, c’est là qu’il y a urgence !
Où en est-on avec la gestion d’une crise issue du monde économique et financier ? Nos dirigeants n’ont rien vu venir, nous disent-ils, alors qu’ils sont complices de tant de drames issus du crash boursier, de la faillite des banques ou des délocalisations annoncées.
Aujourd’hui, ils pleurent la "Dame de fer" anglaise, alors qu’elle est une porte-parole éloquente d’une société néolibérale qui n’a vu que le profit au détriment des travailleurs. Ceux-ci seront pourtant mis à contribution pour financer les « obsèques cérémonielles » de celle qui les a conduits au désastre. Indécent !
Il n’est pas possible de conduire un projet de société en laissant tant de détresse au bord de la route !
Où en sont nos gouvernants dans la gestion des drames humains issus d’une société qu’ils dirigent sans savoir où elle mène ?
Voyez les termes employés ! Ils nous parleront « d’amnistie fiscale » (Ce ne sera jamais que la troisième !), proposant des complaisances à leur clientèle électorale et fortunée. En même temps, parlant de chômeurs de longue durée, on parlera de « chasse aux fraudeurs sociaux » ou de lutte contre le « travail au noir » … et là, ils agissent en une seule fois !
Dans la même logique ils maintiennent une taxation des revenus du travail, mais en se refusant idéologiquement à une taxe sur le capital … À qui profite le crime ?
Ils parlent de coût de la sécurité sociale, d’allongement du temps de travail se tournant toujours vers les mêmes acteurs sociaux, souvent les plus faibles. Ils oublient (ou se refusent) de s’en prendre aux plus-values ou au patrimoine de quelques privilégiés.
La solidarité ne concernerait-elle qu’une partie de la population, celle qui peut profiter des avantages d’un paradis fiscal, pendant que d’autres se demandent pourquoi l’enfer est leur seul horizon ?
Toujours dans les dédales de la gestion économique de nos pays. Nos mandataires politiques proposent des « aides » aux multinationales qui acceptent de s’installer chez nous ou des intérêts notionnels qui les enrichissent et ils se contentent de quelques larmes de crocodiles à l’occasion de délocalisations honteuses. Il ne se sera trouvé que le gouvernement flamand pour oser un recours en Justice contre Ford pour récupérer ces « aides » distribuées à Ford Genk, avant sa restructuration !
Où en sont nos politiciens dans la gestion de leurs mandats ? On allait voir ce qu’on allait voir : une politique plus propre. On parlait même d’une nouvelle manière de faire de la politique ! Il n’y aurait même plus de cumul des mandats … cela devait être de la science-fiction !
Assez !
Assez de cette démagogie ! Assez de ces portes ouvertes aux extrêmes !
Il est peut-être venu le temps de respecter les citoyens.
Il est peut-être venu le temps de se mettre au service de la population qui attend des raisons d’espérer.
Il est peut-être venu le temps d’arrêter cette gabegie dans la gestion des finances publiques en oubliant de confondre les portefeuilles.
Il est peut-être venu le temps de gérer le train de vie d’un État en « bon père de famille » et non en fonction d’intérêts partisans ou d’institutions qui dépensent sans compter.

Une dernière « humeur » que suscitent en moi ces affaires de corruption, c’est l’état de l’opinion publique.
Il est curieux de constater l’émotion justifiée de l’homme de la rue face à ces scandales qui surviennent alors que ces mêmes mandataires politiques sollicitent leur aide jusqu’à inventer l’austérité. Il est plus silencieux face à d’autres scandales qui ne semblent pas l’atteindre, comme la misère ou la pauvreté ou encore le gâchis social engendré par la crise, qui profite à quelques uns.
Il est curieux de voir des manifestants descendre dans la rue pour des sujets de société certes importants, comme le mariage pour tous. Nos rues sont moins encombrées pour dénoncer des situations dramatiques défigurant le visage de l’homme, et surtout des plus faibles.
Il est curieux de voir l’opinion se fasciner pour le visage d’un Pape parlant d’une « Église pauvre pour les pauvres », alors que dans leur quartier ou dans le Tiers-monde, la misère n’est qu’une tache dans le paysage ou une raison de bonne conscience.
À moins que tout cela ne dépende que d’une presse qui nous manipule au bon moment ou de déclarations qui tombent bien, parce qu’elles forment un écran de fumée face aux vraies questions qui minent l’avenir d’une société !

Et si c’était l’homme, l’homme debout, qui nous motivait, au point de nous faire tendre les bras, ouvrir les mains et les cœurs ?
Et si c’était l’avenir et le bonheur de l’homme qui guidaient nos choix de société, ceux qui nous sont proposés à chaque élection ?
Et si c’était la détresse de l’homme, son visage blessé par la haine, la violence, l’égoïsme, l’intolérance qui nous poussait à sortir de nous-mêmes et d’oser un combat justifié et glorieux ?
Si nous nous disons chrétiens, n’oublions jamais que le visage de l’homme, du plus crucifié, nous renvoie vers le visage d’un Dieu qui a voulu l’homme « à son image et à sa ressemblance ».

G.De Smet (10 avril 2013)

-43- MARIAGE POUR TOUS

Depuis quelques semaines, nous assistons en France à des agitations et à des gesticulations dont ce pays a le secret : le mariage pour tous.
Pour celles et ceux qui ne sauraient pas encore de quoi il s’agit, permettez-moi ces quelques explications.
Dans la ligne de l’évolution (ou de la perversion, c’est selon !) de la société, la communauté homosexuelle désire, à l’instar d’autres pays démocratiques, voir reconnu l’amour entre deux êtres de même sexe.
En demandant la reconnaissance de ce projet, elle souhaite que ces liens créés entre deux êtres de même sexe soient reconnus et puissent s’épanouir dans des conditions dignes. D’autre part, elle désire que les droits du conjoint soient reconnus face aux enfants issus d’unions antérieures ou encore au-delà de la mort.
Il est bon de savoir que dans un couple homosexuel aujourd’hui, le partenaire n’a aucun droit sur l’enfant issu d’un autre mariage et qui vivrait sous le même toit que lui. Il ne peut ainsi prendre aucune décision au niveau médical, quand l’urgence est là ou au sujet de préoccupations scolaires, par exemple. Face à l’enfant, il n’existe tout simplement pas, sauf pour le matériel ou pour un peu de tendresse !
Dans le domaine de l’au-delà de la mort, aucun testament n’est possible, même pas concernant les biens acquis ensemble. Dans beaucoup de situations, la seule alternative, exigée par les familles pour celui qui reste, est de plier bagages et  de ne plus paraître. En Droit cela frôle, pour le moins, l’ignominie !

Ce qui semble coincer pour les opposants les plus modérés, c’est l’appellation même de « Mariage ». Est-ce bien adroit ?
Traditionnellement le concept de « mariage » concerne l’union d’un homme et d’une femme, avec un projet de procréation qui renforce ces liens.
Certes le dictionnaire vient d’élargir la notion de mariage, mais n’est-ce pas semer la confusion, là où, justement, un maximum de clarté serait nécessaire ? L’avenir nous le dira !
Peut-être aurait-il été souhaitable de trouver un autre terme. Pour ce faire, il fallait veiller cependant à ce qu’il ne recouvre pas un « rabais » de cette réalité humaine ou un enfermement de plus dans un ghetto … Ce qui serait de l’homophobie. Ce serait alors un délit  au même titre que l’antisémitisme !
Peut-être bien que dans le contexte actuel de rejet des différences, une autre appellation aurait été très contestable et incontrôlable !
Cet amalgame s’est déjà manifesté, en France, lors de la mise en place du PACS, le Pacte Civil de Solidarité, instauré en 1999.
Ce contrat permet à deux personnes d’officialiser entre elles les liens de solidarité qui les unissent. La République prévoit même une dispense de frais de succession sur de tels liens.
L’opinion en a vite fait un « truc » pour les homosexuels, alors que les statistiques parlent autrement : l’Insee dans ses chiffres concernant 2010 indique 9.143 PACS entre personnes de même sexe et 196.415 PACS entre personnes de sexe opposé. Dans un même temps se célébraient 251.654 mariages (ce chiffre passera à 241.000 en 2012 !). L’institut de sondage éclaire tous ces chiffres par un autre, tout aussi parlant : en 2010, on constate 448.069 unions entre personnes de sexe opposé !
Et, comme si tout cela ne suffisait pas, la Loi a voulu que le PACS soit enregistré au Tribunal, comme un délit,  tandis que le mariage se célèbre devant Monsieur le Maire … On en pensera ce qu’on voudra !

Mais au-delà de ces explications, c’est aujourd’hui l’opposition franche et musclée entre deux camps.
D’un côté, les premiers concernés, les couples homosexuels.
Comme tous les êtres humains, ils ont envie que leur bonheur soit reconnu, que leur amour puisse s’écrire ailleurs que dans les égouts d’une pissotière ou dans l’enfermement malsain d’un ghetto. Ils s’inscrivent là dans un mouvement qui a déjà assez subi de persécutions et de « triangles roses », qui font honte à l’humanité. Ils continuent d’ailleurs d’en être les victimes dans d’autres pays du monde, au nom de la même intolérance, au nom des mêmes peurs et au nom du même mépris de celui qui ne se conforme pas à une norme.
Comme tous les êtres humains qui s’aiment, ils désirent vivre sans être montrés du doigt ou pire, contraints de se cacher.
Comme tous les êtres humains, ils souhaitent transmettre ce qu’ils ont construit ensemble, à celui ou à celle qui a partagé leurs joies et leurs peines, pour le meilleur et pour le pire, sans que des étrangers, des familles hostiles décident à leur place, comme on le ferait pour des handicapés.
Il ne nous est pas demandé de juger, mais d’entendre !
Il ne nous est pas demandé de faire de cette cause un terrain de combat et de revendications. Il nous est demandé le respect du visage et des cœurs de ces hommes et de ces femmes qui sont de notre humanité.
De l’autre côté, il y a le camp des purs. Ils se réclament d’une idéologie politique, souvent de Droite et même d’Extrême-Droite.
Parmi eux, certains, hier, se faisaient les défenseurs de l’assouplissement des conditions du PACS. La logique s’arrêterait-elle là où passe la politique ?
Dans ce camp, il y a aussi une frange de l’Église de France et même des Intégristes catholiques. Pour une fois, ils semblent avoir trouvé un terrain d’entente : ne dit-on pas qu’Hérode et Pilate devinrent amis lors du procès injuste de Jésus ?
Ils se mobilisent sous la bannière d’une Jeanne d’Arc des temps modernes, Frigide Barjot (ça ne s’invente pas !). Ils se lancent dans des manifestations qui dérapent, dans des propos qui dépassent leur pensée, dans des mises au point dans lesquelles les propos homophobes et la haine qui les accompagnent sont à peine cachés.
Pour obscurcir le débat, ces opposants lancent le spectre d’autres débats, comme celui de la procréation assistée ou celui des mères porteuses … comme si cela ne concernaient que les homos et les lesbiennes ! Les arguments sont parfois tellement ubuesques que les parlementaires en ont fait un sujet pour un autre débat important.

Ce que ce mariage pour tous met en péril, selon ses détracteurs ; ce serait la notion même de la famille, cette cellule de base de la société.
Il est vrai que le projet d’un mariage entre un homme et une femme est une raison de bonheur. De cet amour, des enfants surgiront. Ils seront les signes d’un avenir et d’une tendresse pour la famille et pour la société.
Il nous faut rendre hommage, aujourd’hui, à tous ces familles issues d’un « oui » prononcé publiquement. Contre vents et marées, elles vivent soudées, offrant un épanouissement et un respect à chacun. Bravo et merci !
Mais dans un même temps, nous ne pouvons pas nous fermer les yeux devant tant d’échecs, tant de séparations, tant de divorces. Ils sont porteurs de tant de détresse, de tant de misère … et de tant d’incompréhension.
Parmi les slogans des adversaires au  « Mariage pour tous », on peut entendre : « un enfant a besoin d’un père et d’une mère ». Comme ils sont nombreux, de fait, les enfants issus du mariage qui aimeraient bien garder un père et une mère, au-delà des séparations.
Que fait notre société pour être à côté de tous ces hommes et ces femmes, ces enfants qui vivent l’échec au quotidien ?
Que fait notre société pour éviter de faire du mariage un Titanic à sauver ?
Que font nos gouvernants pour mettre en place une vraie politique familiale qui avant de tenir compte d’impératifs économiques envisagent des reconnaissances de statuts parentaux et de cadres de vie familiale épanouissants ?
Que font les tenants des manettes du monde de l’entreprise face aux exigences de la rentabilité pour toutes ces familles qui ne deviennent que des lieux pour se croiser ? Le travail avant tout … avant même ce fondement de nos raisons de vivre qu’est la famille !
Que fait l’Église face à ceux qui connaissent l’échec, si ce n’est d’afficher une politique de l’autruche, une morale, des positions dans lesquelles, je ne suis pas sûr, que Dieu lui-même s’y reconnaisse ?
Il n’est pas demandé à l’Église de bénir, il est demandé d’interpeller avec sollicitude et amour.
Si la famille doit être la base de la société – et je dirais même  de ceux qui rejoignent les églises – il est temps de se placer à son chevet  et de l’encourager dans la voie d’un avenir.
Le mariage est en crise aujourd’hui, on ne peut se fermer les yeux et se cacher derrière de belles théologies ou de beaux discours.
La famille est en souffrance de nos jours, il n’est pas possible de l’idéaliser sans se confronter à ses limites et sans lui donner les moyens de s’épanouir.

J’en ai assez de toutes ces croisades et de toutes ces égéries qui ne sèment que la violence et la haine, là où il ne devrait être question que de recherche de la vérité et de respect.
Cela restera toujours un crime de condamner une réalité, peu importe laquelle, derrière laquelle se cachent des yeux pétillants d’amour et de tendresse.
Il est impossible de distinguer « homosexualité et homosexuel », sous peine de masquer les propres fantômes qui parfois nous hantent et de défigurer le visage de mon frère ou de ma sœur (en langage chrétien !)
J’en ai assez de ces manifestations pathétiques de prières dans les rues, au lieu d’aller, en paix, à la rencontre de celles et de ceux qui ne partagent pas une Foi ou qui aimeraient la rencontrer à travers des témoignages de « petits pas».
J’en ai assez de cette « Église de purs » qui prie pour nous quand on ne partage pas ses idées, l’air de nous dire « pauvre type, tu ne peux pas comprendre ». Ils se sentent comme le dernier rempart d’une Foi qui n’attire plus parce qu’avant de parler d’un amour, elle assomme par ses lois et par sa morale. Tous les débats de société sont les bienvenus pour nous inonder de leur hargne !
Ils seraient de ce Peuple de Seigneurs, ce « Herrenvolk » de gens qui savent et qui imposent, faisant fi de toute conscience et de toute humanité.
Leur manière d’être et de vociférer rejoignent tellement les codes des « sectes », auxquelles ils se défendent d’appartenir et pourtant !
Le Christ nous a montré un autre chemin. Il a partagé l’humanité de l’homme, jusqu’à se laisser clouer dessus. Serions-nous plus au fait que lui ?
J’aimerais autant de fougue parmi ces chrétiens pour dénoncer les délocalisations d’entreprises, les adorations du dieu argent ou encore cette misère qui gangrène le cœur de tant de familles.
Et dire que depuis quelques semaines, ces mêmes chrétiens aiment nous vanter les vertus de l’humilité et de la pauvreté !
J’en ai assez de ces débats politiques qui n’engagent à rien, si ce n’est de nous inonder, une fois de plus, d’un clivage « gauche – droite ». Ils sont loin  des préoccupations de tant de citoyens qui dans ce monde ne savent plus pourquoi vivre. Ils attendent des raisons d’espérer et ils ne voient rien venir.
Ne serait-il pas temps de nous arrêter aux rides et au sourire qui s’affichent sur le visage de l’homme, c’est là que s’écrivent la beauté de son Mystère et la grandeur de sa dignité.
Au terme de son aventure, au terme de sa main liée à celle de son partenaire homo ou hétéro, il nous laissera la douce mélodie de son chant : « J’ai tenté d’être un homme ».

G.De Smet  (12 avril 2013)


-44- DES FUNÉRAILLES AU GOÛT AMER

À un âge respectable (quoique le respect, ça se mérite !)  Madame Thatcher, cette ancienne première ministre britannique s’en est allée … Paix à son âme dirions-nous … enfin, pas tout le monde !

On l’appelait la « Dame de fer », adulée par certains et haïe par d’autres.
Ce surnom pas très féminin faisait allusion à son comportement en politique, à son intransigeance et même, osons le dire à son inhumanité. Elle était tellement sûre d’elle-même qu’elle en sera intolérante.
Elle n’était certainement la garante crédible de ce qu’une femme peut apporter en politique.
Margaret Thatcher, c’est l’époque glorieuse du néolibéralisme, celui-là même qui quelques décennies plus tard créera une crise financière et sociale assassine.
Ce qui importe pour les tenants de cette politique, c’est la compétitivité et la rentabilité et ce, à n’importe quel prix … même au prix d’un désastre humain !
C’est l’époque de la « City », ce temple de référence de la finance mondiale. Y règnent en maître des « Traders », des spéculateurs, des groupes financiers. Ils vivent de courbes, de statistiques, de chiffres qui donnent le vertige. Ils brassent des sommes d’argent colossales qui ne demandent qu’à grandir … peu importe les moyens et les prix. L’avantage du virtuel, c’est qu’il ne communique pas de visages et ne demande pas d’empathie !
Margaret Thatcher, c’est un « produit » de Droite pur et dur, une self-made woman, pour qui le travail sans compter est la seule norme. Cette méthode, elle se l’est appliquée à elle-même. Les autres n’ont donc qu’à suivre son exemple !
C’est une femme ambitieuse, consciente de son importance … sa manière de négocier ou de se placer sur la scène internationale en aura été un témoin éloquent.
C’est une femme sans concession : la guerre des Malouines sera une de ses œuvres que l’Histoire retiendra, sans en magnifier ni le comment, ni le pourquoi. Un beau paradis pour des morts pour rien !

Mais ce qui retiendra surtout l’attention, ce sera sa manière d’aller à la rencontre de l’homme et de son travail.
Parmi les dossiers à prendre à bras le corps, il y avait celui de transports et celui des mines.
L’outil minier était vieillot Outre-manche. Il ne convenait plus aux normes de compétitivité exigées par le monde de la finance et de l’entreprise. Il n’y avait donc pas trente-six solutions : les mines devaient fermer.
Elle ne tiendra aucun compte des avis des syndicats, des représentants des travailleurs.
Elle ne tiendra aucun compte des drames humains qu’elle engendrait chez les mineurs à qui on enlevait les raisons de vivre et de croire en l’avenir.
Elle enverra ses policiers et ses chiens pour mettre fin à la colère du monde ouvrier.
C’était la fin d’une époque qui avait pourtant fait les grandes heures de l’économie britannique, mais à quel prix ?
Elle quittera la politique, détestée par une large part de sa population, crainte ou honnie par ses partenaires européens et mondiaux.
Son départ fut un « ouf » de soulagement pour les Anglais, jusqu’au retour de ce David Cameron qui aime se considérer comme un légataire de la position de la Dame de fer …

À un âge respectable, elle s’en va donc, suscitant une fois de plus la polémique. Il ne lui restait plus qu’à sombrer dans les arcanes de l’Histoire ou à se placer au panthéon des témoins d’une certaine idéologie, c’est selon.
Sa mort a rouvert des blessures mal cicatrisées, celles dont le néolibéralisme se refuse à lire les traces.
Certes, elle aura été une servante de l’État, mais peut-on oublier la misère qu’elle aura semée sur son passage ?
Près de 12.000.000 € pour ses funérailles … Est-ce bien décent, en cette période où la Droite de Cameron saigne à nouveau les classes laborieuses du pays ?
Il y a certes les frais liés à la Sécurité, la présence de la Reine … mais tout cela était-il bien nécessaire ? Il est des fois où la discrétion et la simplicité des « grands » devraient être de mise. Mais pour cela, il faut encore avoir l’envergure de ces « Grands » !
Les opposants se sont sentis obligés de « fêter » sa mort, d’inventer des chansons pour la dénigrer. Est-ce bien raisonnable, penseront certains ?
Il est des humiliations, des manques d’humanité que rien ne peut cicatriser, pas même le temps.
Il est des projets économiques et financiers tellement outranciers et injustes – comme ceux issus de la crise que nous traversons –  que rien ne pourra les pardonner. Ceux qui ont créé cela de toutes pièces devront en supporter les conséquences, un jour : on n’humilie pas l’homme, sans en payer le prix fort !
Il est des décisions dont dépend la vie des hommes et des femmes qui sont tellement virtuelles, qu’elles ne peuvent qu’engendrer révolte et mépris.

Madame Thatcher, et vous qui lui ressemblez dans vos profils de gouvernants, le peuple de ceux qui se lèvent le matin et qui n’ont que le travail de leurs mains pour exister ne vous regretteront jamais.
Vous étiez une tache qui n’a pas permis à leur soif de bonheur de trouver à s’étancher. Ils vous maudissent !
Que ceux qui vous rendent hommage prennent aussi le temps de prier pour que votre « péché contre l’humanité » puisse un jour vous être pardonné par ceux que vous avez détruits.

G. De Smet  (15 avril 2013)


-45- UNE LOI … QUELLE AVENTURE

La France, dans la foulée de 13 autres pays, vient d’adopter une loi permettant le « Mariage pour tous » et donc aussi pour les couples homosexuels qui virevoltent dans le caléidoscope des projets de nos sociétés.
Ce ne fut pas sans mal … mais nous sommes en France !
Il aura fallu des heures et des heures de débats à l’Assemblée nationale, des centaines d’amendements, dont le seul but était de retarder l’échéance.
Il aura fallu des déclarations fortes de responsables d’Église, de mandataires politiques qui, au lieu de calmer le débat et d’interpeller les élus de la Nation n’auront jeté que de l’huile sur le feu.
Il aura fallu les manifestations souvent indignes, les vociférations des « mémères » des quartiers chics ou encore les prières injurieuses de jeunes manipulés par des « sectes » abjectes.
Il aura fallu des « Jeanne d’Arc » des temps modernes, plus identifiables par leur stupidité que par leur charisme. De Frigide Barjot à Christine Boutin, on n’avait plus vu ça depuis longtemps !
Il aura fallu une manipulation honteuse, jusque dans le calme des églises, pour titiller les peurs de fidèles venus pour rencontrer Jésus-Christ et non des excités d’une morale pudique toute empreinte d’hypocrisie. Et ils oseront reprocher l’attitude des milieux islamistes : la guerre sainte ne serait donc pas que dans les plaines d’Arabie ou dans les déserts de Syrie ?
Il aura fallu des incidents dignes de la commedia dell'arte, comme ceux dont à été victime notre Archevêque … qui sème le vent philosophique et ses distinctions (qui en disent long sur le niveau d’intolérance et de respect de l’autre) récolte la tempête « rafraîchissante » de ceux qui se passent de son avis !
Il aura fallu l’indécence d’une Droite politique qui n’hésite pas à s’allier à ses ennemis de demain, comme les collègues de l’Extrême-Droite ou les anarchistes et les casseurs de partout pour se refaire une virginité, après cinq années de Sarkozy.
Il aura fallu des violences et des sursauts de conscience qu’on aimerait voir de mise pour d’autres enjeux de la société, comme le dérapage de la finance, le drame humain issu d’une crise créée de toutes pièces ou encore l’avenir d’une jeunesse qui ne voit plus trop de raisons de croire en l’avenir.
Il aura fallu des paroles qui dépassent l’imaginable pour faire resurgir cette plaie de l’intolérance et de l’homophobie. Jamais, il n’aura été question des visages détruits par autant de haine !

Au terme de l’adoption de la Loi à l’Assemblée, la ministre de la Justice s’est lancée dans un discours important qui se terminait par des paroles fortes adressées aux jeunes homosexuels confrontés à la violence et au racisme des derniers mois : « si vous êtes pris de désespérance, balayez tout cela. (...) Gardez la tête haute. Vous n'avez rien à vous reprocher ». 
Et la garde des Sceaux de finir par citer Nietzsche : « Les vérités tuent, celles que l'on tait deviennent vénéneuses ».
N’est-il pas scandaleux qu’une représentante de l’État soit dans l’obligation de retirer de la boue des hommes et des femmes dont le seul « mystère » est de vivre une « différence » ?
N’est-il pas honteux de s’enfermer dans des slogans et dans des positions qui tuent les espoirs et l’avenir d’hommes, de femmes  dont le seul « crime » est de s’aimer ?
N’est-il pas délirant de rouvrir les portes de camps qui ont exterminé et brisé des milliers  de vies, au nom de grands principes, dont les "portiers"  n’assument pas le quart ? C’est dans la ligne de cette Shoa que des peuples s’approprient que l’homophobie, tout comme l’antisémitisme – et à juste titre – sont devenus des crimes graves.
La loi est désormais votée, des portes s’ouvrent, des hontes se dépassent …
Qu’ils en fassent un bon usage … « pour le meilleur et pour le pire ».
Mais, au fait … savons-nous ce que contient cette Loi ? Le site du Gouvernement français nous aiderait à adopter un avis éclairé et juste qui permet de s’exprimer « en connaissance de cause ».

Le jour où  cette Loi était adoptée, on découvrait en France un nouveau bébé « congelé ». Il vient s’ajouter à tant d’autres enfants qui, dans ce tapage médiatique, auraient tant voulu être aimés. Ils ont droit à mieux que des slogans, que l’hypocrisie de la rue. Ils ont besoin de la tendresse d’un amour qui fait grandir et de l’encouragement de proches qui portent les familles.
Le soir où la Loi était adoptée, les opposants chantaient : « Ce n’est qu’un au revoir ». Rendez-vous est pris ! Et s’ils revenaient avec autant de fougue et d’arguments pour dénoncer et pour combattre tout ce désastre économique et social qui ferme la porte de l’avenir à tant de familles qui sont la seule richesse de nos sociétés ? Il y a du boulot !
Bonne démocratie !

G. De Smet (24 avril 2013)


-46- ISLAMISTES ET CATHOS … MÊME COMBAT ?

En scrutant les images de la télévision et d’autres médias ces derniers jours, je me suis surpris à m’interroger : y aurait-il une similitude entre les attentats de Boston et les « vociférations priantes » dans les rues de Paris ?

À Boston, on nous parle de deux jeunes Tchétchènes qui se radicalisent dans leur manière de percevoir et de vivre leur religion, l’Islam.
Ils se radicalisent, au point que la communauté musulmane de Boston ne se reconnait pas dans leur geste désespéré. Celle-ci ne peut admettre que la destruction de l’Occident et de manières de vivre soient le seul combat qui mérite l’attention d’une population qui est venue y chercher refuge.
Ils se radicalisent, sortant souvent de contrées ravagées par une misère noire qui ne semble intéresser personne, et certainement pas cet Occident qui se pavane dans le luxe et dans les plaisirs.
Ils se radicalisent, mais nous ne pouvons admettre que la mort d’innocents apporte une solution à ce drame que vivent des millions de personnes, embourbés dans une indifférence qui crie vengeance au ciel. Le terrorisme est un fléau à combattre : on ne répond pas à la mort par la mort !
Et si au-delà de la terreur, nos gouvernants se mettaient à écouter les cris de désespoir qui se font entendre ?

À Paris, pendant ce temps, les « Cathos » sont de sortie.
On les voit, vêtus de leurs atours d’un autre siècle, à la tête de brebis bêlantes. Ils tiennent en main des chapelets, des crucifix, plaçant Dieu en justification de leurs peurs et de leurs colères.
La bête à combattre, c’était le « Mariage pour tous ». Rien que l’idée mettrait en péril leurs convictions, leur morale, leur croyance. Il fallait prier. Il fallait remettre la société sur le droit chemin (c’est le cas de le dire !). Il fallait empêcher, à tout prix, ce qui risquait de remettre en question la saine évolution de la société.
À leur tête des prêtres qui semblaient avoir oublié l’Évangile qu’ils aiment proclamer, par ailleurs … et même l’imposer, s’il le faut, avec des moyens dont les sectes ont le secret.
On les dit de mouvance « intégriste » dans laquelle le slogan et la bannière sont des signes de reconnaissance. L’intolérance est leur cheval de bataille et leur « arme de destruction massive ».
On les trouvait aussi dans les dérapages de certaines Éminences bien conciliaires (et lyonnaises) qui imaginaient déjà, qu’après le mariage homosexuel on passerait bien vite à la reconnaissance de la bestialité.
On les trouvait dans l’arrogance de certaines communautés nouvelles, toujours en quête de « clients », au nom d’une croisade qui nous conduira vers une nouvelle civilisation … qu’elles disent être « de l’amour ».
On les trouvait encore dans toutes ces manipulations de chrétiens de bonne foi, face à qui les « purs et durs » n’ont pas hésité à utiliser les peurs et les pétitions, oubliant volontiers les créneaux de l’objectivité.
Leurs paroles sont empreintes de rage, de racisme, d’homophobie … un discours tellement éloigné du Christ dont ils se réclament. Ils ont ainsi semé une violence qui s’est traduite dans des agressions verbales et physiques, dans des attentats contre des lieux gays.
Cette fois, c’était le monde homosexuel, hier c’était le monde du cinéma et demain … à qui le tour ?
Islamistes, Cathos intégristes … même combat ? Combat au nom de quel Dieu ?
Je n’ai pas rencontré chez eux ni le Dieu de l’Islam, ni Celui de Jésus-Christ. Y en aurait-il un autre … On ne nous dit pas tout ?
Le Dieu de L’Islam, Celui des vrais croyants de partout parle de paix, de justice, d’amour. Il parle de respect de l’autre. Il invite à la fraternité au-delà de toutes les barrières. Il suscite des témoins d’un Amour à concrétiser dans le quotidien au moyen de la douceur de l’humilité et de la simplicité, au moyen de la force de la vérité et de la justice.
Le Dieu auquel je crois, il me dit : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ». Il me chante à l’oreille : « Heureux les artisans de paix, les cœurs de pauvres, les persécutés pour la justice ». Il rejoint Celui qui s’expose dans la beauté des Sourates du Coran et dans la main sans cesse tendue entre Dieu et l’homme.
Le Dieu auquel je crois m’invite à me méfier des « Chrétiens qui savent » et qui imposent. Jésus ne cesse de nous dire, à chacune de ses propositions : « Si tu veux ».
Le Dieu auquel je crois me pousse à oser parier sur l’avenir, loin de toutes les balises du passé, certes glorieux, mais d’hier.
Le Dieu auquel je crois, m’ouvre les yeux en osant crier haut et fort face à tous ces dérapages hypocrites : « Faites ce qu’ils disent, mais pas ce qu’ils font ».

Vous qui nous présentez une religion violente, vous nous faites honte.
Vous n’avez le respect de rien, ni de personne. Vous vous enfoncez dans des certitudes sclérosantes, tellement loin de cette « Liberté qui rend libre », dont parle l’Évangile.
Vous vous complaisez dans des heures d’Adoration ou dans des cris clamant la grandeur de Dieu, oubliant de nous signifier si c’est bien vers Dieu que vous vous tournez  ou vers votre nombril qui pue par vos médisances nauséabondes ?
Laissez-là vos suffisances, vos intolérances pathétiques et osez la miséricorde de Dieu, celle-là même qu’il ne cesse de vous manifester chaque jour … et s’il se demandait lui aussi s’il a fait le bon choix ?

G. De Smet  (24 avril 2013)


-47- LES TRAVAILLEURS EN ONT MARRE !

Crise … un mot promis  à un bel avenir, si on en croit les nuages sombres qui surplombent nos quotidiens.
Crise, cette situation n’a toutefois pas le même sens pour tout le monde. Tout dépend de la classe sociale dans laquelle vous vous trouvez.

Si vous êtes riches, c’est le moment de faire des affaires.
Les boursicoteurs, les banquiers véreux de partout l’ont bien compris, comme le monde de la finance en général. Il suffit de consulter les résultats boursiers ou encore les résultats des grandes entreprises et les salaires de leurs dirigeants. Pour tous ces gens-là, qui ne sont pas concernés par un impôt sur le revenu du capital, tous ceux-là qui trouvent dans notre petit pays les conditions avantageuses d’un paradis fiscal, la crise est une bonne chose.
Un autre signe de cela : l’industrie du luxe ne s’est jamais aussi bien portée. Elle n’a même jamais connu la crise, témoignent leurs dirigeants.
Avec ce monde des riches, nos gouvernants sont bien compréhensifs … sans quoi, ils risquent de délocaliser !
Devant ce monde bancaire, ils s’inclineront en répondant à toutes leurs menaces et en faisant face à toutes leurs exigences. Il paraît que notre économie en dépend … jusqu’à faire perdre à notre pays plus de deux milliards d’euros dans l’opération. (ce ne devait être que virtuel, avait dit notre ministre des finances de  l’époque, Reynders !)
Aux dirigeants d’une multinationale, nos gouvernants proposeront des aides financières, celles qu’ils réclament sous peine de s’installer ailleurs. Ils y ajouteront l’astuce des intérêts notionnels, une diminution des coûts salariaux … et bien d’autres avantages qui amélioreront leurs bénéfices et leurs fortunes personnelles.
Leur seront proposées trois versions d’une amnistie  fiscale, s'ils ont profité des avantages de comptes à l’étranger. Ils pourront ainsi passer, sans honte, du statut de criminel et de fraudeur à celui d’honnête épargnant.

Si vous faites partie de classes moins favorisées, de celles qui ont vu leur pouvoir d’achat diminuer, au point parfois de ne plus exister, la crise prend une toute autre tournure.
Pour relancer la compétitivité, on commencera par geler les salaires. Vous gagnerez moins, mais on vous incitera – hypocritement - à consommer pour relancer l’économie.
Certains, au nom de la survie de leur entreprise, devront accepter le chantage d’une réduction de salaire pendant que les actionnaires touchent des dividendes scandaleux.
On aménagera les éléments de l’index des prix, selon des critères bien mystérieux, mais il sera ainsi possible de mieux « réguler » ou d’empêcher une hausse des salaires … N’est ce pas ce que veut l’Europe ?
On partira en guerre contre les fraudeurs sociaux, sans leur proposer d’amnistie. Cela se transformera d’ailleurs en véritable chasse aux sorcières, entre autre envers les chômeurs de longue durée. Ces derniers on n’hésitera pas à les balayer de la carte sociale. L’un des effets bénéfiques pour l’État se sera une diminution du nombre des chômeurs.
Il ne sera tenu aucun compte de la misère sociale qui est engendrée par cette mesure sans nuance. Tant pis pour la caisse des CPAS et pour les concernés qui ont des visages et qui connaissent des drames injustes.
On attirera notre attention sur les frais engendrés par la sécurité sociale, alors que plus d’un n’est plus dans les conditions de faire appel à un médecin et de se soigner quand c’est nécessaire.
On nous stimulera à accepter l’augmentation du temps de travail. Il est vrai que nous vivons plus vieux, donc nous devons comprendre ! Dans un même temps, on nous laisse entendre que les retraites ne pourront plus être financées longtemps encore … les caisses sont vides  ou presque !
Comment faire comprendre cela à X Y Z qui travaillent depuis l’âge de 18 ans. Ils ont une carrière complète. On leur serine depuis le début de leur fonction : « On te retire une somme d’argent sur ton salaire, mais c’est comme une épargne, en fonction de ta retraite plus tard ». Mensonge ou hold-up légal ?
Pendant ce temps, on améliorera la retraite des indépendants, si du moins, ils ont cotisé depuis 1984 … avant, on n’en tiendra pas compte ! Justice ? Pas si sûr !
On tentera de pallier à un accord impossible entre patrons et syndicats sur le statut unique d’ouvrier et d’employé par une loi autoritaire (8 juillet prochain) nivelant ce statut, fruit d’acquis sociaux. On permettrait ainsi une plus grande flexibilité de l’emploi, marotte des employeurs, soucieux de payer le moins de préavis possible, en cas de licenciement. C’est ce qui justifie l’action syndicale de ce jeudi 25 avril 2013.
Et nous pourrions ajouter bien d’autres mesures qui font de l’austérité un cauchemar au quotidien pour les plus faibles de nos sociétés.
Toute cette honte est orchestrée par une Europe libérale qui, sans scrupule, impose une austérité et des mesures qu’elle ne s’applique pas à elle-même, comme l’allongement de la carrière pour ses fonctionnaires, la suppression des avantages liés à la fonction ou encore l’augmentation des budgets qui devraient permettre de mieux mesurer la taille des carottes ou la vitesse des essuie-glaces (mesures prises, de fait, par la Commission européenne !)

Contemplons le gâchis depuis quelques années : Grèce, Italie, Espagne, Portugal, Chypre. Ils en forment la face visible …
Et puis, il y a tous les autres pays d’Europe qui voient la pauvreté s’installer. Ils assistent impuissants au pourrissement par la misère. Ils ne s’étonnent même plus des difficultés rencontrées par tant de familles et par tant de jeunes sans avenir. On les sent sourds aux cris de détresse des citoyens qui n’en peuvent plus.
Quand on sait que le point de départ de tout ce gâchis, de cette austérité meurtrière et de tous ces mensonges économiques et financiers est à trouver dans l’erreur mathématique de quelques spécialistes proches des banques américaines et du FMI … il y a de quoi vomir !

En Belgique, les travailleurs descendent dans la rue. Ils attisent le mécontentement égoïste de ceux qui en subissent les conséquences, alors qu’ils pourraient être concernés.
En France, la descente dans la rue nous a démontré le risque de dérapage … et ce ne sont pas les raisons de mécontentement et de grogne qui manquent dans le monde social.
En Espagne, au Portugal, en Italie, à Chypre, l’asphyxie sociale est à son comble, transformant des pays du soleil en enfer au quotidien.
D’autres pays, comme les Pays-Bas, commencent à réagir, disant STOP à l’austérité qui détruit au lieu de construire. Ils insufflent ainsi un peu d’espoir, là où la désespérance avait fait son nid. Osons espérer avec eux, au point qu’ils deviennent un exemple à suivre !

Serait-il temps encore pour un sursaut d’humanité ?
Serait-il temps encore pour « casser » ce jouet dévastateur de la finance et de réduire  l’importance qu’il a : un moyen d’échange et non une fin en soi ?
Serait-il temps encore de laisser briller le soleil de la fierté sur le visage de l’homme qui à travers la richesse de son travail permet à notre monde de progresser ?
Serait-il temps encore de laisser à nos familles, aux enfants, aux jeunes, l’espoir non d’un lendemain meilleur, mais d’un aujourd’hui qui s’illumine d’horizons de lumière ?
Serait-il temps encore de laisser à la solidarité et à la justice sociale, loin des intérêts partisans, de s’exprimer pour écrire des pages d’humanité et de vérité qui conduisent à un « bonheur pour tous » ?
Serait-il temps … ou devrions-nous laisser le champ libre à une violence de classes qui n’apporterait rien ?
À qui de décider ?

G. De Smet (25 avril 2013)


-48- UN PEU DE RÊVE …

Le 30 avril restera dans l’histoire des Pays-Bas une date importante. Après des générations de reines, un Roi monte sur le trône d’Orange-Nassau.
C’est, en effet, cette échéance qu’aura choisie la Reine Béatrix pour abdiquer et passer le flambeau à son fils, le Prince Héritier Willem-Alexander.

La Reine Béatrix laissera les traces d’une grande dame. Avec sourire et chaleur humaine, elle aura mené à bien son devoir de monarque. Elle aura su se faire aimer par son peuple, ce qui n’était pas gagné au début de son règne.
Nous garderons en mémoire ses chapeaux et ses tenues excentriques, le lien affectif qui la relie aux Hollandais, son sourire contagieux et cette classe toute naturelle qui n’est pas toujours l’apanage des familles du Gotha.
Avec son peuple, elle aura vécu une traversée des événements de 33 ans, montant sur le trône en 1980, après le règne glorifié de sa mère, la Reine Juliana.
Elle aura été présente aux grandes heures de l’Histoire de son peuple, le rejoignant aux heures de joie, mais aussi aux heures plus douloureuses, comme le ferait une maman.
Elle aura été pilote d’un pays qui a fait de la maîtrise de la mer et de la conquête de terres un pilier de son savoir faire.
Elle aura été le lien d’une famille, la famille d’Orange-Nassau, qui, depuis des siècles, réunit le peuple dans sa recherche de paix, de justice et de bonheur.
Dans son dernier discours télévisé, elle rend hommage à son défunt époux, le Prince Claus Von Amstel. L’Histoire reconnaîtra qu’elle a fait là un bon choix, dira-t-elle. C’est avec lui qu’elle aura donné à la monarchie néerlandaise ce petit air de décontraction et de modernité qui ferait pâlir plus d’une maison régnante.
Son peuple la remercie pour un si beau règne fait de bonheur et de fierté.
Mais pas de place pour la nostalgie  … un nouveau prince est appelé à régner (drôle de nom pour un prince !)

La Reine Béatrix se retire, son fils Willem-Alexander se présente à son peuple. Il est le prochain Roi des Pays-Bas. À son bras, son épouse, la Princesse Maxima, déjà adulée par ses « nouveaux » compatriotes. Son arrivée fut quelque peu bousculée par le passé de son père en Argentine, mais bien vite son charme, sa joie de vivre ont fait d’elle une vraie hollandaise, aimée de tous, sans protocole et dans la simplicité … Là encore, il y a de quoi rêver, quand on compare avec d’autres familles du Gotha (je ne vise personne !)
Le nouveau monarque a évolué dans l’ombre de sa mère, faisant sien son sens des responsabilités et du devoir.
Sa joie de vivre n’est pas feinte. Elle lui est naturelle et contagieuse, comme peut la proclamer la jeunesse. Elle se lit dans la jovialité de ses contacts, dans le bonheur partagé avec son épouse et ses enfants, dans une manière d’être sans complexe.
Sa simplicité est une autre marque de fabrique. Si le protocole accompagne la fonction, il ne doit pas être un mur empêchant la vérité d’un être ou la spontanéité d’une émotion. C’et bien ainsi qu’il envisage son règne.
Son sens du devoir, il a pu le démontrer dans ses missions officielles, au cours desquelles il témoigne d’un grand professionnalisme et d’une bonté non feinte.
À ses côtés, il trouvera son épouse, la Reine Maxima, une femme élégante, simple et toute empreinte des rythmes et du sens de la vie de son pays d’origine, l’Argentine.
Son rôle sera capital dans ce nouveau règne. Elle sera le confident, le « bras » sur lequel se reposer, le stimulant d’un homme qui se trouve à la tête d’un pays perclus par la crise.
Après une dure journée de représentation, de rencontres et d’empathie avec son peuple, il retrouvera ses trois filles, sa famille, qui lui offre équilibre et bonheur.

En ces temps de crise, c’est une page de conte de fée qui nous est offerte ce 30 avril.
Dans ce temps aux nuages sombres qui couvrent l’avenir de tout homme, il est bon de pouvoir rêver, ne fusse qu’un instant, pour y puiser un punch nouveau pour aller au-devant de réalités que nous devons prendre, chaque jour, à bras le corps.
Nous les en remercions et nous leur souhaitons bon vent et bon cap … le bonheur d’un peuple vous est confié !

G. De Smet (30 avril 2013)


-49- UNE MÉTÉO AUX ODEURS DE C4

Luc Trullemans, le célèbre « Monsieur Météo » de RTL vient d’être remercié par la chaîne. Son crime s’est de s’être fâché sur un groupe de jeunes qui  l’avait agressé lors d’une altercation à un feu rouge. Cela avait commencé par des insultes fusant de part et d’autres, de violence  et de coups portés contre la voiture du présentateur.
Une des insultes à la base de la colère émanait des jeunes qui lui ont lancé « Sale Belge ». Une des conséquences fut une réponse sur la page Facebook de Luc Trullemans qui fut considérée comme un acte de racisme. À cela s’ajoutaient quelques dessins qui stigmatisaient le comportement agressif de certains étrangers dans notre pays.
Inadmissible, propos racistes, diront certains !
Tempête dans un verre d’eau, voix des sans-voix répondront d’autres.
Pas de quoi, en tout cas, faire tant de foin, à une époque où une violence plus grave s’exprime au quotidien.

Cet incident suscite en moi deux réflexions.
La première, je l’adresse à celles et à ceux qui ont choisi la Belgique comme terre d’accueil.
Il existe chez nous une convivialité, des valeurs qui font partie de notre patrimoine. Cela se respecte !
Les difficultés du quotidien, les défis d’une intégration réussie, les manques de points de repères et la quête infructueuse d’un sens à la vie peuvent être des obstacles à un accueil épanouissant et respectueux.
La crise économique et sociale, la montée de l’insécurité, la peur de la différence peuvent entraîner des dérapages qui, s’ils sont injustifiables, sont cependant inévitables et malheureux.
L’insatisfaction face à sa situation, la montée des intégrismes qui cultivent les peurs, l’affirmation identitaire dans l’agressivité empêchent une approche sereine des différentes cultures qui font pourtant la richesse de l’humanité.
N’empêche, au-delà de toutes ces contraintes, il reste inadmissible, de part et d’autre, de se lancer dans un racisme et dans une xénophobie incontrôlable.
Peut-être bien que Luc Trullemans a eu tort de répondre à la violence par la violence. Son employeur lui en a d’ailleurs fait payer le prix fort !
Les jeunes agresseurs n’avaient pas non plus le droit de commettre des incivilités à son encontre et de se lancer dans des insultes tout aussi racistes, comme « Sale Belge » ! Oseraient-ils de telles attitudes dans leurs pays d’origine ? Oseraient-ils être, chez nous, une honte pour la communauté honorable et respectable dont-ils sont originaires ?

Ma deuxième réflexion, je voudrais l’adresser aux responsables de RTL.
Suite à un tag sur votre façade, suite à vos peurs de pertes de parts de marché ou d’audience, vous avez pris une décision qui vous engage.
Un certain populisme de votre chaîne y trouvera de l’eau à mettre à son moulin : vous devez être  une télévision extraordinaire et propre, puisque vous lavez plus blanc que blanc !
D’autres, tout aussi nombreux, vous reprocheront votre attitude.
En réclamant la tête de votre animateur, vous cédez à la reconnaissance scandaleuse d’incivilités commises au quotidien.
Ces jeunes, peu importe d’où ils viennent, viennent de trouver chez vous une justification à leur agressivité, à leurs propos et à leurs actes. Ils sont désormais des intouchables qui peuvent, sans honte, vivre la violence au grand jour. Des milliers de parents et d’éducateurs qui n’en sortent pas avec leurs jeunes vous remercient pour votre décision « courageuse » et stupide.
D’autre part, avez-vous tellement de présentateurs de talent, au point que vous puissiez vous séparer ainsi d’un d’entre eux qui faisait le succès de vos émissions.
Luc Trullemans était reconnu internationalement pour ses compétences et vous le virez pour d’obscures raisons populistes.
Devrons-nous nous contenter désormais de présentateurs dont la médiocrité et l’incompétence  sont si souvent l’apanage ? À moins qu’il ne faille nous tourner vers d’autres chaines ?
À cette première considération, j’aimerais en ajouter une autre.
La majorité des jours de la semaine, en regardant votre chaine, nous avons droit au même schéma de programmation : un journal télévisé fade, plus doué pour la rubrique des chiens écrasés que pour nous présenter la richesse d’une actualité abordée avec compétence et sérieux.
En deuxième partie de soirée : deux séries télévisées américaines, cultivant un type de société dans laquelle l’argent est roi (tout comme aux commandes de votre chaine) et dans laquelle la violence et la mort sont banalisées.
Je trouve tout aussi criminel que le racisme, cette  banalisation du meurtre et de la gratuité de la violence   … et là vous restez impunis !
Le tout est noyé dans une publicité qui a de quoi nous faire vomir ou du moins subir un matraquage intolérable.
Quand vous vous lancez dans la création d’émissions, vous devenez bêtifiant et affligeant en nous laissant croire que le simple fait de « passer à la télévision » fait de nous une star du petit écran. Le talent semble être d’une autre sphère que celle que vous fréquentez pour développer vos portefeuilles bancaires.
Je trouve, là encore, qu’il est criminel de faire du nivellement par le bas un credo d’une chaine de télévision, au lieu d’en faire un lieu de découverte de la culture et de l’épanouissement intellectuel et qualitatif de l’être humain.

Sur Facebook, nous pouvons lire des appels au boycott de RTL TVI. C’est là un appel de bon sens à fermer la porte à la médiocrité.
Quand débarrasserez-vous le plancher médiatique ?

G. De Smet (1 mai 2013)


-50- IL A TUÉ SA PETITE SŒUR

Cela se passe aux Etats-Unis, ce pays de la réussite, de la liberté, d’un libéralisme jusqu’au boutiste … Projet qui en fait rêver plus d’un, aux quatre coins de la planète.
Et pourtant, dans ce pays "idyllique", il ne se passe décidément pas une semaine sans un carnage, sans une tuerie liée à la vente libre des armes.
Posséder une arme est aux États-Unis, un droit, protégé par la Constitution et géré par un puissant lobby face auquel même le président Obama semble impuissant.

Mais dans ce que nous relatent là les médias, il me semble que l’injustifiable est atteint.
Un petit garçon de cinq ans, au cours d’un banal jeu, va chercher une carabine et abat sa petite sœur de 2 ans. Chose hallucinante, l’arme a été spécialement fabriquée pour des enfants … un simple jouet !
La maman parle d’un drame, d’un accident, d’une journée insoutenable. J’y ajouterais le sentiment de « honte » et d’irresponsabilité pour une civilisation qui court à sa perte.

C’est quoi ce pays qui banalise la mort ?
Regardez son cinéma, miroir des valeurs d’un pays.
La violence fait partie de ses créneaux porteurs. Beaucoup de ses films sont basés sur le concept « des bons et des mauvais », des « cowboys et des indiens », du « 01-02 », cette manière de penser binaire qui a fait son succès en informatique.
Dans les fictions ou dans les jeux vidéo, l’important est d’aller à la chasse aux « mauvais » et de s’en débarrasser. Pour cela il faut les éliminer, les tuer, les abattre. L’arme est donc un élément très important du cinéma américain … Plus il y a de sang qui coule, meilleur sera le film !
On en voit le résultat : on crée des bombes selon les recettes d’internet, on tire a vue comme dans les films de gangsters, on sème la mort dans des cascades gigantesques … Banal !
Regardez son commerce, autre reflet de ce que sont les habitants d’un pays.
Vous pouvez vous procurer une arme dans un supermarché, comme on le ferait pour un kilo de tomates ou une boîte de petits pois. Mais là encore rien de mal, puisque ces magasins permettent au citoyen d’exercer un droit constitutionnel, celui de posséder une arme.
Ils vont plus loin encore … jusqu’à proposer des armes spécialement conçues pour des enfants. Aux États-Unis, un enfant peut posséder une arme, avant même d’aller à l’école ! On en a fait de beaux objets, bleus ou roses, c’est selon !
Il ne reste plus qu’à reproduire ce qui se passe sur l’écran : tirer à vue, tuer … tant pis pour les dégâts collatéraux et l’idéologie de la « guerre propre ».
La conséquence, ce sont ces tueries régulières dans les écoles, les fort Chabrol de l’un ou l’autre forcené … et là, horreur, ce gamin de cinq ans qui, dans un jeu, abat sa petite sœur de 2 ans.
Regardez ces parents, laboratoire des valeurs d’une société !
La télévision nous les montre fiers d’exhiber leur enfant manipulant une arme, peu importe laquelle. On les entend même pousser des cris de joie quand le petit dernier a atteint la cible. Il est désormais quelqu’un qui saura se défendre. Il est désormais quelqu’un qui existe. Il est désormais capable de tuer.
On nous avait dit qu’un enfant se caractérisait par son insouciance, par sa joie de vivre, par son sens de l’émerveillement … et là, on lui apprend à faire de la mort de son adversaire une source de bonheur !
On nous avait dit qu’il fallait protéger les enfants des images de mort et de violence et là, on en fait des acteurs !

Et le pire, c’est que tout cela est légal, prévu par la Constitution américaine, justifié par des forces de l’ordre qui invitent à un peu de prudence dans l’utilisation.
Le pire c’est que tout cela est un marché financier porteur. La soif de l’argent ne fera décidément reculer l’homme devant rien !
Certes, le Président du pays cherche à limiter cette vente libre des armes, mais il se heurte au pouvoir de la finance. Celle-ci préfère voir ses caisses se remplir que la morale s’installer !

Et vous parlerez du « Rêve américain » ?
Est-ce bien un rêve pour cette famille confrontée à la mort de la petite Caroline, au nom de la bêtise humaine ?
Est-ce bien un rêve pour toutes ces familles détruites par ces tueries dans des écoles ou par des explosions de bombes à Boston ou ailleurs ?
Est-ce bien un rêve pour tous ces citoyens d’un pays qui ont fait de la peur un credo pour vivre ?
Leur cauchemar, qu’ils le gardent au  lieu de l’exporter aux quatre coins du monde par des médias qu’ils dirigent sans nuance.
Leur cauchemar, qu’ils le combattent en laissant là leurs larmes de crocodiles pour oser de vraies réformes de société qui protègent l’homme contre la folie qui l’habite et qui parfois se déchaine.
Leur cauchemar, qu’ils l’exposent à leur conscience pour y découvrir le jugement de « crime contre l’humanité » qu’engendre leur folie des armes.
Pauvre Amérique … et dire que tu croyais nous faire rêver !

G. De Smet (3 mai 2013)


-51- L’EFFONDREMENT D’UN BÂTIMENT AU BANGLADESH

Au Bangladesh, un bâtiment s’effondre. Il s’agit là d’une image banale relatant un fait-divers effroyable dans un de ces pays de la misère.
Pas si banale pourtant : 300 morts, des milliers de blessés … Un drame humain insoutenable !
Il s’agissait d’un bâtiment vétuste, fissuré, dangereux … mais, dans ce genre de pays, on ne semble être pas à cela près.
Cet immeuble abritait, entre autre, une usine textile, dans laquelle se fabriquaient des vêtements destinés à des grandes marques occidentales. Les ouvriers y travaillaient dans des conditions déplorables d’hygiène et de sécurité … Mais, quand on n’a déjà pas les moyens pour vivre, peut-on en plus se plaindre de la pénibilité du travail ?
Cet immeuble appartenait à un propriétaire véreux, proche du pouvoir en place. Le sursaut de responsabilité des autorités n’interviendra qu’au lendemain de l’accident, alors que ce genre de situation est banal dans ce pays. Ils aideront donc la population à se focaliser sur ce propriétaire, jusqu’à exiger sa pendaison. C’est si facile de tirer sur le lampiste !

Misère, c’est bien là la colonne vertébrale de ces pays du Tiers-monde. Ils font partie des oubliés de la civilisation et du progrès. Ils appartiennent à la colonne des pauvres hères qui défigurent l’image de l’humanité et de son savoir-faire.
Il nous arrive même de les ranger, quand ça nous arrange, au rang des fanatiques religieux et des intégristes. Ils font de la révolte, de la violence et des attentats des atteintes à nos sécurités et à nos libertés … Intolérable !
C’est pourtant cette misère-là que nos grandes multinationales ont choisie pour y développer leurs grands rêves commerciaux. Elles appellent cela la délocalisation.
Dans nos pays  riches, la main d’œuvre était trop chère. Les coûts salariaux et les exigences syndicales sont un frein à la compétitivité et à la rentabilité. Le prix du travail empêche un développement harmonieux de l’économie de marché et des organismes qui la vantent, comme les banques, par exemple.
La misère pouvait donc s’étendre et faire de nos vieilles zones industrielles occidentales des déserts … jusqu’à des jours meilleurs, où les ouvriers de partout se seraient enfin résignés à leur sort !

Dans son intervention, le premier mai dernier, le Pape François a osé les mots justes, face à cette situation qui crie vengeance au ciel : « Combien de gens de par le monde sont aujourd'hui victimes d'un travail qui rend esclave. Avec ce nouvel esclavage c'est la personne qui sert le travail alors que c'est le travail qui doit garantir sa dignité à la personne. Aux fidèles comme à toutes les personnes de bonne volonté, je demande de faire un choix décisif contre l'exploitation des individus, y compris par le travail »
Il n’est pas admissible que les grandes sociétés industrielles et financières fassent de l’esclavage une manière de s’enrichir.
Il n’est pas admissible que, sans réagir, nous participions aux bénéfices de tels escrocs, en achetant leurs produits, aussi prestigieux soient-ils.
Il n’est pas admissible que l’argent continue à imposer sa Loi, faisant fi du travail de l’homme. Les dirigeants des pays « civilisés »  ont pour mission d’indiquer les vraies voies qui conduisent à l’épanouissement de tout homme, sans exploitation et sans injustice.
Il n’est pas admissible que le travailleur qui n’a que l’or de ses mains et de son intelligence soit obligé de plier devant un employeur, ou plutôt un financier, qui ne parle que de profits et de bénéfices … peu importe le prix !
Il a assez duré le temps où la mondialisation ne nous ouvre les portes que de la perversion et de la cupidité.
La mondialisation n’a pas pour but de créer de l’argent et d’enrichir quelques actionnaires sans scrupule.
La mondialisation a pour raison d’être de nous ouvrir aux richesses des cultures et de ce qui fait vibrer le cœur de tout homme de bonne volonté.

Pleurer sur le drame du Bangladesh ne sert, hélas, pas à grand-chose.
« Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants » aurait dit Jésus face à la mort qui s’offre à lui.
Pleurez sur vos projets de société sans vie et sans souffle.
Pleurez sur ces femmes, ces hommes, ces enfants qui sont, chaque jour, sacrifiés sur l’autel de l’argent.
Pleurez sur le sort de tous ces exploités qui doivent, trop souvent, se contenter de notre indifférence.
Et si nous osions un « choix décisif » ?

G. De Smet (3 mai 2013)


-52- LETTRE À DES PARENTS D’OUBLIÉS

Ils étaient partis en voyage scolaire et voilà que ce qui aurait pu être un bon moment se transforme en cauchemar.
Quelques uns décident de manger un hamburger avant de reprendre leur place dans ce car, dans lequel il est interdit de manger. Le ton monte, les jeunes menacent de poursuivre le chemin à pied et dans l’énervement, ils sont pris au sérieux.
Drame ! Les pauvres chéris de 19 ans ont dû marcher quelques deux kilomètres, livrés à d’éventuels pédophiles et à d’autres dangers insoupçonnables.
Un autre, de 19 ans toujours, a été exclu du groupe à Amsterdam, parce que jusque là, il avait pourri ce qui aurait dû n’être qu’un bon souvenir pour les autres.
Là encore, le pauvre chéri, déjà atteint par l’âge adulte, à dû puiser dans ses économies pour poursuivre le voyage. Plus grave encore, il a dû interrompre le voyage à Maastricht (tiens donc !) et son frère s’est vu dans l’obligation de le récupérer le lendemain.

J’imagine le foin qu’ils ont fait en rentrant à la maison, auprès de vous, chers parents, qui ne connaissiez pas cet aspect difficile de vos jeunes. Ils ont été rejetés, humiliés devant leurs copains et menacés de sanctions que vous devrez assumer plus tard.
J’imagine aussi ce que vous avez pu penser de ces professeurs et de ce préfet : quelle irresponsabilité …  et dire que c’est à « ça » que nous confions nos enfants !

Et pourtant, si c’était vrai qu’ils avaient pourri la vie du groupe, jusqu’à devoir en arriver à ces extrêmes ?
Et si c’était vrai qu’à l’extérieur, ils sont aussi capricieux et égoïstes qu’à la maison ?
Et si c’était vrai que ces petits chéris étaient avant tout des asociaux  qui ne se soignent pas ?
Vous aussi, ils vous pourrissent le quotidien par leurs incivilités, par leur bruit, par les exigences, par le souci de leurs droits, sans jamais faire référence à leurs devoirs.
Vous aussi, ils vous gonflent par leur immaturité, par leur manière d’être qui ne respectent rien, ni personne.
Vous aussi, ils vous reprochent ce que vous êtes et les situations de vie que vous leur imposez.
Vous non plus, vous n’arrivez pas à leur imposer des heures de retour au terme de soirées dont vous ignorez tout.
Vous non plus, vous n’arrivez pas à les aider à éviter tous ces moyens qui les placent dans des états seconds indéfendables.
Vous non plus, vous n’en pouvez plus de cet enfer qu’ils vous imposent au quotidien, faisant fi de votre autorité et de vos conseils.

Mais là, face à la réaction extrême de l’école, vous voilà dans l’obligation de réagir et de prendre position.
Il ne vous reste qu’une voie … votre paix sera à ce prix-là. Vous devrez prendre la défense de ce pauvre petit,  victime de l’incompréhension des autres.
Vous devrez vous en prendre à ces enseignants que vous estimez incompétents, comme vous, face à ce jeune que vous avez engendré.
Vous devrez vous en prendre à cette direction qui justifie l’injustifiable. Votre étudiant qui ne serait pas le plus grand, le plus beau, le plus fort … Comment osent-ils le penser ?
Parfois, vous vous demanderez certainement ce que vous avez raté pour que votre enfant soit devenu ce caractériel qui vous fait mal.
Vous vous poserez bien des questions … mais un peu tard.

Sur le chemin de l’éducation, ce qui arrive là, c’est un cri d’alerte : Stop ! Danger !
Votre enfant, dès tout petit, n’est pas un roi devant qui il faille s’incliner.
Votre enfant n’est pas ce petit être parfait devant qui on s’extasie pour un oui et pour un non.
Votre enfant n’est pas même cet être qui a le droit de s’épanouir au détriment de ce qui fait vos valeurs et vos priorités.
Il ne cherche pas auprès de vous des amis, mais des adultes façonnés par leur expérience de la vie, avec ses doses d’échecs et de réussites.
Il ne cherche pas chez vous le copain sympathique, mais l’homme, la femme qui place des limites à ne pas franchir, au nom du respect de chacun.
Il ne cherche pas chez vous « l’absent » qui n’a pas le temps, qui court et qui s’agite au rythme de son agenda. Il a besoin d’écoute, de temps, de responsabilisation et d’un dialogue constructif et de tendresse.
Il ne cherche pas avant tout d’être le rebelle incompris, mais celui qui derrière une carapace de « Djeun » cherche beaucoup d’amour et de confiance en soi.

Pas facile d’être parent !
Personne ne vous aide tellement, pas même nos  différentes « politiques » familiales et sociales. Il n’existe pas tellement de perspectives d’avenir dans leurs propositions.
Personne ne vous jettera la pierre, quand l’échec sera au rendez-vous.
Personne n’aura envie de détruire cet homme, cette femme en construction qui est si souvent un « étranger » pour vous, parents.
Mais tous rêvent d’un monde dans lequel chacun, jeune et vieux, pourront apporter leur pierre à la construction d’un monde plus juste et plus humain.
De tout cœur avec vous !

G. De Smet (4 mai 2013)


-53- MAI, LA SAISON DES COMMUNIONS !

Si le mois de mai est le mois des renouveaux, le moment d’un printemps qui s’épanouit, il est aussi dans quelques familles, l’heure des grandes manœuvres.
C’est l’époque des communions !
Tout devait être prêt : la salle, l’ambiance, le traiteur, les invitations, les tenues, les cadeaux … Imaginez le stress !
Mais voilà, il le fallait bien pour ce petit chérubin qu’on aime tant et à qui on avait promis une belle fête, sans oublier les cachotteries avec la grand-mère et la Mamy, qui « voulaient voir ça avant de mourir ! »
Dans certaines familles, à ce stress venait s’ajouter l’angoisse : tout allait-il bien se passer, tout le monde serait-il là ? … Où fallait-il caser ce conjoint avec qui tout était rompu et qu’on s’était juré de ne plus jamais approcher ?
De tout cela, ils garderont quelques photos ou quelques vidéos à caler dans les grands et beaux moments d'une vie de famille. Que voulez-vous, c’était un des plus beaux jours de sa vie !

Comme il est beau ce souci et cet amour qui s’écrivent ainsi en lettres de noblesse au fronton d’une vie de famille.
Ils sont précieux ces moments de fête qu’ils parviennent à caser dans des agendas surchargés.
Toute l’année, ils courent après l’horaire, après le travail, après les courses, après l’avancement des travaux de la maison …
Ils courent pour conduire les enfants à gauche, à droite, au point d’attraper le tournis.
Ils courent …
Et pendant ce temps, ils ont, à peine, vu l’enfant grandir. Cela a passé si vite !
Et là, une oasis, une plage … pour lui dire combien nous l’aimons, ce garçon, cette fille qui a grandi trop vite.
Ils désirent lui dire combien il est précieux au milieu de nous, même si parfois … !
Demain, il sera cet adolescent qui leur échappe et que parfois même ils ne comprendront plus … Une fête !
Et puis, dans les familles, c’est le temps des retrouvailles. Chacun mène sa barque comme il le peut … au point trop souvent de s’y essouffler.
Là quelle chance de se revoir, de s’écouter à nouveau, de s’apprécier peut-être … le temps béni d’une fête et de quelques cadeaux !

Cette fête, ces cadeaux ils les ont liés à un événement traditionnel que proposent les paroisses : les Professions de Foi et les Premières communions.
Si cela  semblait évident de programmer une fête, plus d’une famille s’est trouvée  confrontée à une exigence insurmontable : deux ans de catéchèse.

Deux années, qui pour certains enfants allaient vite se transformer en corvée.
Mettons-nous quelques instants à leur place.
Après l’école, alors qu’il y a tant de choses intéressantes à faire, il fallait tout laisser là pour se mettre à l’écoute d’une histoire du passé, de principes moraux certes beaux  mais ringards, d’un certain Jésus qui, il y a deux mille ans, aurait apporté un peu d’espérance à ses contemporains. Bref, ils allaient être assommés par un langage d’une autre époque, qui ne semble concerner que peu de monde à la maison … quant aux copains n’en parlons pas !
De plus, le dimanche, il faudrait laisser là le cocon douillet de la maison, les dessins animés, les compétitions pour des rendez-vous ennuyeux, qu’ils appellent des « messes ».
De là à ne voir dans cette catéchèse qu’une contrainte sans intérêt, il n’y a qu’un pas que certains franchiront rapidement.

Ces deux années allaient être pour certains parents aussi une « charge » supplémentaire.
Des rencontres de parents, des moments de partage entre parents et enfants, des paroles tellement éloignées des préoccupations quotidiennes … Et dire que les responsables paroissiaux exigent de placer tout cela dans des agendas déjà remplis.
Des célébrations à des heures impossibles pour un dimanche, alors qu’ils auraient pu en profiter pour se reposer ou faire le travail qu’ils ne peuvent faire un autre jour … dans quoi sont-ils venus se fourrer.
Dans leurs existences surchargées, Jésus et son message ne sont pas une priorité. Ils veulent bien se déclarer chrétiens, mais non-pratiquants. Tout cela est-il donc bien nécessaire.
En plus, cette catéchèse risquait bien de mettre en péril l’ambiance à la maison.
Comment faire pour décider d’une priorité dans la vaste palette des possibilités offertes aux enfants : le week-end scout, la fancy-fair, le tournoi de foot … ou la rencontre de catéchèse … un dilemme qui peut vite devenir un cauchemar.
Un enfant nous dira d’ailleurs : « j’avais le choix entre plusieurs activités intéressantes et je dois venir ici, où ce n’est pas le plus marrant ! »
Ah ! Les traditions quand elles nous emprisonnent !

Pour les responsables paroissiaux aussi, la catéchèse devient  un problème angoissant.
Annoncer Jésus-Christ comme une Bonne nouvelle, ils y croient. Ils en voient la nécessité  dans un monde qui se cherche des points de repères et des raisons d’espérer.
Mais comment le faire, pour rejoindre un public qui ne semble pas intéressé ?
Peut-on imposer Jésus-Christ, en méconnaissant les raisons qui ont poussé les parents à faire une demande ?
Peut-on annoncer et agir comme si Jésus était une évidence dans la réalité des familles qui s’adressent aux prêtres et aux catéchistes ?
Peut-on continuer, inlassablement, à reproduire les formes d’annonce du passé, comme si elles étaient la seule manière de faire ?
« Chaque année, le niveau baisse » me confiait une catéchiste convaincue !
N’est-il pas venu le temps d’inventer, comme l’ont fait nos prédécesseurs, une manière d’évangéliser qui soit à la portée des hommes et des femmes d’aujourd’hui ?
N’est-il pas venu le temps de créer des moments d’évangélisation qui respectent les faims et les soifs de nos contemporains, sans leur imposer des rythmes et des discours qui les dépassent ?
N’est-il pas venu le temps de ne plus se contenter de parler d’un « Dieu incarné », mais « d’incarner Dieu » dans nos perspectives humaines d’aujourd’hui ?
Bien des questions, me direz-vous !
Et si elles étaient devenues indispensables pour rejoindre l’Homme dans ce qu’il est et Dieu dans ce qu’il propose ?

G. De Smet (7 mai 2013)


-54- UN PRINCE PHILIPPE IMPRESSIONNÉ

Après l’installation du nouveau roi des Pays-Bas, le Prince Philippe s’est confié à l’épouse de Monsieur Van Rompuy, le président du Conseil européen.
Il s’est dit très impressionné de la ferveur du peuple néerlandais pour l’occasion. Si cela pouvait se passer ainsi en Belgique, le moment venu, ce serait merveilleux, ajoutait-il.

Chaleur et entrain, c’est, de fait, ce que nous avons pu voir tout au long de cette journée d’intronisation du nouveau Roi Willem-Alexander.
Un cadeau populaire pour une famille non moins populaire.
Les Pays-Bas ont eu sur le trône des reines proches de leur peuple, vivant et vibrant au rythme de ses joies et de ses peines. Même si l’harmonie entre le peuple et ses souverains ne fut pas toujours de mise, il existe néanmoins un consensus pour reconnaître des liens étroits entre les Néerlandais et la famille d’Orange-Nassau.
C’est bien à juste titre, donc, que nos altesses belges ont pu être impressionnées par cette marée d’affection qui a envahi les rues d’Amsterdam, jusqu’aux ruelles du moindre petit village hollandais.

Mais nos princes peuvent-ils se mettre à rêver quant à la situation chez nous ?
La famille des Saxe-Cobourg-Gotha nous a laissé une lignée de grands rois qui ont été pour notre pays une source d’unité et de bonheur.
De Léopold Ier au regretté Roi Baudouin, nous avons connu de grandes heures de connivences entre le peuple belge et la famille royale.
Tout semble se gâter ces dernières années. Une des raisons me semble se trouver du côté des différents membres de cette famille.
Nous avons été surpris d’entendre le discours royal vantant les bienfaits de la famille et entendre les cris d’une fille privée de reconnaissance.
Nous avons été meurtris par l’achat d’un yacht luxueux, pendant que des citoyens se trouvent sans espoir d’emploi et de dignité.
Nous avons connu la polémique autour de la fondation créée par la Reine Fabiola. Nous avons  pesté au nom des débordements liés au Prince Laurent.
Nous avons énuméré, avec colère, les sommes des différentes dotations royales et princières.
Nous avons ravalé notre indignation face aux frais liés aux voyages princiers et royaux … et nous pourrions continuer à exposer tous ces faits qui nous ont scandalisés.
Liée à cela, une situation économique et sociale désastreuse qui accentue encore le fossé entre le nord et le sud du pays, ce ne semble pas être l’heure des embellies royalistes en Belgique !
Certes, le peuple a besoin de rêve, mais aussi de proximité.
Certes, le peuple a besoin de symbole d’unité, mais aussi d’encouragement et de gestes symboliques.

Depuis quelques jours, la région de Wetteren vit dans l’angoisse liée à une catastrophe ferroviaire qui fait la une de l’actualité.
Des services de secours, des bénévoles sont sur la brèche, jour et nuit, pour aller à la rencontre et au secours d’une population qui a peur du lendemain. Ils n’épargnent aucun effort pour le faire.
Des familles, des personnes âgées sont en plein désarroi, parce que leur sécurité semble compromise, parce que leur santé est peut-être en danger.
Des familles pleurent des morts ou sont au chevet de blessés … et pas une limousine royale ou princière à l’horizon.
La Reine Béatrix des Pays-Bas était là, de suite, présente auprès de victimes du crash d’avion, il y a quelques années ou encore lors d’inondations meurtrières.
Il n’a pas fallu des conférences et des réunions ministérielles pour indiquer à la souveraine son devoir et sa mission !
Chez nous, fermetures d’usine, blessures d’hommes et de femmes dans leur dignité, fatigue d’une population qui n’en peut plus … que de terrains pour un peu d’empathie royale par une présence, une écoute, des paroles … pour une attitude prophétique qui suscite chaleur et amitié. Où sont-ils ?
La grandeur d’un dirigeant, la noblesse d’un homme de pouvoir réside dans le fait de sentir les vibrations de son peuple et de vivre à son diapason. N’y aurait-il pas là de quoi en réveiller plus d’un en Belgique ?

On nous parle d’abdication, de nouveau règne, d’une situation politique tendue entre le nord et le sud du Pays …
On nous parle de la nécessité d’un ciment pour unir ce pays …
On nous parle de rêve de convivialité et de ferveur populaire …
Ne serait-il pas venu le temps de ne plus prêter le flan à la critique ?
Ne serait-il pas venu le temps d’une réelle proximité royale auprès du peuple, sans protocole et avec vérité ?
Ne serait-il pas venu le temps de nous faire rêver, loin des ors des palais, d’une fraternité qui ouvre les portes d’une espérance … Et si c’était là la mission royale pour aujourd’hui, celle qui suscite ferveur et entrain ?

G. De Smet (7 mai 2013)

-55- TROP D’ÉPARGNE OU PLUS CONFIANCE ?

Quand vous ouvrez votre journal ou quand vous regardez le journal télévisé, les effets de la déprime ne sont pas loin.
Pour certains, c’est parce que, à cause de cette crise financière, ils ont tout perdu : emploi, argent placé dans leur banque, pouvoir d’achat, dignité … et parfois, tout simplement, des raisons de vivre.
Pour d’autres, c’est parce qu’il n’existe plus de perspective d’avenir : où va-t-on ? Que sera demain ? Quand finira cette crise et ses nuages noirs ?
Alors certains en reviennent au bon vieux système de l’épargne … et là, quelques Belges, plus nantis que d’autres ont fait fort : 242 milliards d’euros placés sur des livrets d’épargne !
D’autres reprennent à leur compte la chanson d’Annie Cordy : « J’voudrais bien, mais j’peux point ! ». Ils se contentent des fins de mois difficiles, des comptes dans le rouge et parfois même de la privation ou de l’humiliation de la mendicité et de la précarité.
Ces derniers semblent se situer dans la logique d’une politique économique qui a sacrifié l’homme au profit de l’argent. Le néolibéralisme, quand tu nous tiens !
Mais les autres, ceux qui ont pris la peine d’épargner dans les limites de leurs moyens, soit en fonction de jours plus difficiles ou d’accidents de parcours ou pour d’autres raisons tout aussi louables, les voilà pris dans l’œil de l’accusation. Ne serait-ce pas à cause d’eux que la reprise économique n’a pas lieu ?
Nos ministres, envoûtés par le monde financier, en font leur cheval de bataille. Le Belge est trop frileux. Il ne prend pas de risque … Il pourrait même y perdre de l’argent, et donc du pouvoir d’achat, en économisant comme il le fait.
Et si on taxait le livret d’épargne, même pour ceux qui, jusque là, était protégés au nom de la somme épargnée : 1800 euros ?
1800 euros, cela peut correspondre à une urgence d’hospitalisation, à un imprévu familial, à quelques travaux de rénovation dans une modeste maison …
Cela peu correspondre à de petites sommes accumulées, de mois en mois, pour financer un projet de vacances au soleil … mais ont-ils bien besoin de ces vacances ? Ne serait-ce pas vivre au-dessus de ses moyens ?
Mais qu’à cela ne tienne ! Il faut relancer la machine économique, et ce, à n’importe quel prix.
Il ne faut surtout pas toucher aux richesses de celles et de ceux qui ne pensent que bourse ou placement à l’étranger ou, tout simplement, ceux qui, grâce à la crise, sont devenus encore plus riches ou qui vivent de nos impôts.
Quand nos responsables politiques nous en parlent, ils nous donneraient presque mauvaise conscience !
Notre épargne forcenée serait la cause de l’horizon économique bouché. Il ne faut donc plus inciter le Belge à épargner, mais plutôt à prendre des risques et à se lancer dans des placements qui viendront remettre la machinerie économique en route.
En nous motivant de la sorte, ils reprennent à leur compte le langage des banques qui, chaque soir, à travers la publicité, se fait agressif. Elles nous proposent de nouveaux produits, qui tels des lessives, seront encore plus performants. Elles nous proposent d’ouvrir les portes d’un paradis qui fera LEUR bonheur !

Pendant que nos ministres s’intéressent à l’épargne de la population, deux informations viennent occuper nos esprits.
La première info se veut déjà un véritable scandale. Voilà, qu’une fois de plus, il faudra recapitaliser Dexia et honorer des accords belgo-français pour lesquels notre avis ne fut pas demandé.
Non seulement cette banque s’est lancée dans un jeu de casino immoral et a perdu,
non seulement, elle a entraîné dans son sillage des clients qui y ont tout laissé, à cause de leur incompétence,  non seulement elle a octroyé des parachutes dorés ou des émoluments extraordinaires à ses membres les plus véreux … mais en plus, il faudrait que nous rendions concret l’argent à y injecter, alors que certains ténors ne parlaient que « d’argent virtuel » … Pour qui nous prend-on ?
La deuxième info, nous la trouvons sur le site de RTBF.infos. Bernard Baudouin, un chef d’entreprise, nous livre sa vision du monde bancaire. Selon lui, «  Même si des réformes ont bien été mises en œuvre, rien n'aurait vraiment changé dans le monde de la banque. Les banquiers devraient se résoudre à revenir à leur métier de base. » Il ajoute : « Les banquiers ne sont pas différents des autres hommes ; il est vain de croire qu’une crise, aussi violente soit-elle, réussira à les changer en quelques mois, voire quelques années ».
Et les banques réclameraient notre confiance ? Pour qui nous prennent-elles ?
La confiance, ça se mérite et ça s’encourage … sous peine de non-collaboration. Et, c’est bien ce qui se passe !

En regardant tout cela, me viennent en mémoire les images d’une publicité vantant les mérites d’un fournisseur d’énergie.
On y voyait un patron entouré  d’écrans et de compteurs. Devant lui, des ouvriers et des employés stimulés à toujours produire plus, à toujours alimenter plus la machine de la rentabilité et de la compétitivité. Un univers très noir et sans espérance, animé par un cri, tel un coup de fouet : « toujours plus ! »
N’est-ce pas cela le monde financier  qui a engendré la crise économique et ses conséquences sociales ?
N’est-ce pas ce monde financier-là à qui nous ne faisons plus – et à qui nous ne ferons plus jamais – confiance ?
N’est-ce pas cette politique-là que nous rejetons désormais, celle de pantins des marchés et des nantis qui sont prêts à sacrifier ce qu’ils ont de meilleur, l’homme et sa dignité, l’environnement, le travail… au bénéfice de leur soif d’avoir ?
Si nous sommes frileux quand il s’agit de nos manières d’épargner, ne sommes-nous pas tout aussi frileux dans notre rejet de ce système qui nous écrase et qui nous ferme les portes d’un avenir et donc de l’espérance ?
Gardons cela en mémoire … et relevons-nous !

G. De Smet (14 mai 2013)


-56- UN EMPRUNT POPULAIRE

Nos responsables politiques ont donc remarqué que les Belges épargnaient trop et ne prenaient pas les risques permettant de relancer l’économie. Ils ont donc décidé de ne plus soutenir l’épargne, mais en plus, de sanctionner les épargnants par des taux d’intérêts peu intéressants. Ils promettent même une perte financière, si nos concitoyens s’entêtent dans leur attitude d’épargnants.
Nos ministres ont donc eu une nouvelle idée, celle d’un emprunt populaire. Ils promettent même qu’il serait avantageux grâce à une diminution substantielle du précompte mobilier.

Ce qui stimule nos mandataires, c’est la position du secteur bancaire, celui-là que nous avions pourtant aidé à sortir de leur gestion hasardeuse. Il le fallait bien, nous disaient-ils, puisque les banques étaient le moteur indispensable pour une relance sérieuse de l’économie.
Le monde de la finance se positionne autrement aujourd’hui. Cela entraîne cette énormité que nous pouvons lire dans nos journaux : « Le gouvernement souhaite, par cet emprunt populaire, pallier le manque de financement bancaire. Celles-ci rechignent en effet à accorder certains crédits aux PME ou des financements à long terme, ce qui freine la croissance économique ». 
Ainsi donc, ces banques, que nous avons aidées – de force – à recapitaliser, se font frileuses aujourd’hui pour octroyer les coups de pouces nécessaires pour aider des PME à se lancer, en ces temps de crise. Les voilà qu’elles se sont mises à penser … tout est possible !
Ainsi donc, ces banques, qui n’existent que parce que nous voulons bien y placer notre argent, se gonflent d’arrogance et de suffisance. Elles se comportent comme des obstacles à une relance économique sérieuse. Elles préfèrent se mirer dans leurs marges bénéficiaires et dans des encouragements véreux à leurs actionnaires et à leurs directions.
Les chefs d’États européens avaient pourtant promis une moralisation du monde de la finance et une surveillance de la gestion des banques … à moins que nous ayons dû y lire : « Blabla, blabla, blabla … », comme d’habitude ! 
Ce qu’ils ne réussissent pas auprès des banques, le voilà qu’ils l’osent auprès des citoyens.
Ils ont déjà souvent visité leurs poches … et donc : «Les fonds levés sous le label "prêt citoyen" doivent être affectés endéans l'année au financement de "projets ayant une finalité socio-économique ou sociétale » … Et pourquoi pas ?
Si ce n’est que nos gouvernants ne sont pas à leur coup d’essai avec ces projets pour le moins forcés.
Souvenez-vous : les certificats verts, l’aide aux banques – et entre autre à Dexia – qui ne serait que virtuelle, la taxation des panneaux photovoltaïques, les erreurs de chiffres dans les budgets …
Voilà maintenant ce prêt à cinq ans ! 
Où en sera la crise dans cinq ans ?
Où en seront les rectifications budgétaires, en fonction d’une relance de l’économie aux abonnés absents ?
Où en serons-nous de la valeur de l’argent placé dans cinq ans ?

Et si avant ce énième emprunt quelque peu naïf, ils allaient chercher l’argent là où il se trouve, ne fusse que dans le fonctionnement d’un État boulimique … 
Et si avant toutes ces idées liées à une idéologie néolibérale, dans laquelle l’argent prime, nos dirigeants se mettaient à réfléchir au bien de la Cité, loin de tous les intérêts partisans …
S’ils osaient remettre en question des certitudes européennes et mondiales qui les conduisent droit dans le mur …
Et si avant de se lancer dans des prospectives à court terme, ils avaient le courage d’oser mettre un terme au massacre du jeu de la finance …
Et si enfin, ils se plaçaient au service du bonheur de tout homme …
Alors peut-être bien que nous pourrions retrouver l’envie de faire un bout de chemin ensemble, avec en vue la construction d’une société plus juste et plus humaine, plus solidaire  et plus heureuse !
Mais est-ce bien à leur portée ?

G. De Smet  (15 mai 2013)


-57- UN TROU DEVANT LE PALAIS ROYAL

Un trou vient de faire son apparition dans la chaussée devant le palais royal !
Cette route serait vétuste et des travaux devraient être décidés dans l’urgence. Tu parles d’une information !
Mais des trous dans le revêtement routier, cela faitpartie du paysage belge. Nous circulons sur un véritable gruyère. Il fait le quotidien risqué de milliers d’automobilistes et  de dégâts collatéraux qui grèvent les budgets de citoyens. Ce qui devrait nous consoler, c’est qu’on y travaille ardemment et que notre patience est sollicitée. Des années de négligence seront rattrapées bientôt : on attend de voir !

Ce trou qui retient l’attention de la presse n’est pas banal. Il se situe dans une rue que borde une seule maison et un parc … et des possibilités de déviations aisées.
Par contre sa situation est très symbolique et embarrassante.
Que doit penser le touriste qui débarque dans notre pays et qui va sur ce site emblématique de l’unité et de la grandeur de notre pays ?
C’est là que s’exerce le pouvoir royal. C’est là que flotte le drapeau signalant la présence du Roi des Belges.
Cet épisode tombe au moment où un journaliste français a qualifié Bruxelles de ville sale et peu à la hauteur de l’importance qu’elle veut bien s’accorder.
Que doit penser le citoyen belge qui déambule dans les rues de la capitale avant de rejoindre son domicile ?
Il peut déjà y trouver une préfiguration de ce que sera son slalom autoroutier sur son chemin du retour. Il aura été prévenu : c’est ça aussi la Belgique !
Que doivent penser les membres de la famille royale qui rejoignent ce palais ?
Y aurait-il là une raison d’abdication ou des conséquences de ce même phénomène, dont la rumeur journalistique se régale ?
La Belgique s’enliserait-elle devant la famille royale ?

Citoyen qui ne fréquente que peu ces quartiers bruxellois, il me semble que ce « trou » tombe bien. J’y lis tout un symbole !
Il se forme à un moment bien précis de l’histoire et de l’évolution de notre pays.
C’est l’heure de la crise politique de nos communautés. Elles vivotent de réformes en réformes institutionnelles qui conduisent le pays vers un avenir incertain.
Il se forme en plein dans une crise économique et sociale qui casse l’idée d’un bien–être pour tous, fermant la porte à bien des espérances.
Il se forme en pleine période de manque de balises posées sur une route vers l’avenir. Le peuple semble désabusé. L’Église, la politique, la monarchie, la justice … autant de points épineux qui rendent les perspectives à long termes incertaines.
Je veux donc « lire » dans ce trou médiatique un symbole.
J’y vois le symbole d’une désillusion des citoyens et des électeurs face à la probable séparation d’un pays. Sa devise est « L’union fait la force » … qu’est-elle devenue ? Toute l’Histoire de ce pays aura été une lente maturation de ce qui se passe aujourd’hui. Au-delà d’un problème linguistique, des années d’humiliations et de moqueries, ajouté à une brusque réussite économique du nord du pays ont réveillé des nationalismes qui font peur. La monarchie semblait le ciment de cette unité : elle est bafouée et rejetée aujourd’hui par une part importante de la population.
J’y vois encore le symbole de la faillite si pas économique du moins sociale de ce pays. Des riches de plus en plus riches … et pas toujours sans magouilles.
Des pauvres de plus en plus pauvres … à moins que ce ne soient des paroles pour populistes en mal de sensations.
Nous voguons, au quotidien, entre des délocalisations immorales, des chiffres galopants du chômage et sa misère sociale sans nom, une austérité qui plombe le moral et le portefeuille des Belges, un manque d’espérance porté par le monde politique, une Europe qui n’est même plus un projet  … Un vaste gouffre dans lequel nous semblons nous enfoncer !
J’y vois le symbole d’une incompréhension entre un peuple qui se cherche et une famille royale aux conceptions désuètes.
Nous connaissons des difficultés économiques et sociales particulières, mais en même temps on nous assomme avec des chiffres de dotations et de fondations, de frais de voyages et autres futilités qui ne rendent l’institution guère crédible  au XXIème siècle.
À l’ère des moyens de communications, nous lisons des communiqués de palais d’un autre temps. Nous écoutons des discours engoncés dans des styles surannés et sans intérêt. Nous sommes face à des déclarations coincées entre la rigidité et l’ennui. Pour s’apprécier, ne vaut-il pas mieux commencer par se comprendre ?
Pour se respecter ne faut-il pas commencer par vivre au diapason des peines et des joies de son peuple ? Ils souhaitent notre sympathie, mais où étaient les membres de la famille royale lors de l’accident de Wetteren ou lors des annonces de chômage de ces derniers mois, avec tous les drames que cela occasionne ? Où ?
La rumeur parle d’abdication, une partie de la population ne voit plus dans cet exercice de la fonction royale une piste de gouvernement pour demain …
Au-delà des "passions" qui font le bonheur de la presse, ne serait-il pas venu le moment d’une plus grande transparence et d’une proximité aimante et concrète entre le souverain et son peuple … Il y a va de l’avenir d’un Royaume !

Le trou de la place des palais sera rebouché rapidement … et si nous nous attelions tous  au travail de restauration de la confiance qui fait l’unité d’un pays ?

G. De Smet (18 mai 2013)


-58- CULTIVER SON JARDIN

Une passion qui ouvre les portes de la liberté et de la fierté à plus d’un jardinier !
Ce bout de terre qui est le sien, il peut le travailler, le fertiliser, l’entretenir … et y découvrir des légumes, des fleurs qui font son émerveillement au quotidien.
Ils sont ainsi des milliers, les beaux jours revenus, à se munir de leur bêche, de leur râteau, de leur sarcloir … et de mettre en œuvre leurs talents.
Il paraît qu’il n’y a rien de meilleur que ces bonnes salades, ces haricots, ces tomates … et ces senteurs d’herbes du jardin !

Ce bonheur simple, le voilà appelé à être bridé par une nouvelle dictature qui ne cesse d’envahir nos espaces de liberté du quotidien : celle de la loi du marché et des monstres multinationaux qui la gouvernent.
Toute cette nouvelle arnaque commence aux États-Unis, ce "pays des libertés", dans lequel la stupidité peut devenir une manière d’exister.
Au nom d’un merveilleux souci hypocrite de notre santé, les dirigeants de ce "pays modèle" ont décidé de ne plus tolérer la culture de semences qui n’auraient pas d’abord été sélectionnées et analysées par une agence de réglementation. Ils feront donc appel aux « compétences » de sociétés qui, telle Monsanto – ce spécialiste mondial des OGM – décidera de la consommation du citoyen.
Ces sociétés, à l’image de cancers qui ne cessent de s’étendre, incrustent leurs racines de domination et de rentabilité aux quatre coins du monde.
Elles sont prêtes à utiliser notre bonne conscience pour se faire une vertu. C’est ce que Monsanto a démontré dans son aide, plus que douteuse, à Haïti, ce pays de la misère qui pourrait devenir un marché juteux !
Dans la foulée de Dalida, nous aurions pu chanter : « Mais qu’est-ce qu’ils connaissent ces américains à part le rock et le Twist » … à part le ketchup, le hamburger et leurs palais de la malbouffe qui défigurent nos paysages.
On aurait aussi pu croire que ce genre d’imbécilité n’était possible qu’au pays de l’Oncle Sam … ils nous y avaient déjà tellement habitués !
C’était sans compter sur l’Union Européenne et ses commissaires qui, l’an prochain, solliciteront notre vote.
Après avoir déjà réglementé la forme commerciale des carottes (qu’ils libèreraient quelques années plus tard !) …
Après avoir réglementé le mouvement des essuie-glaces de nos voitures …
Après avoir imposé le sauvetage des banques, ces piliers de notre économie …
Après n’avoir pas pu décider de l’emplacement d’un seul lieu de vie pour leur Parlement … ils ont frappé une nouvelle fois :
« Une nouvelle loi proposée par la Commission européenne souhaite l’illégalité de la pousse, la reproduction ou la vente des semences de végétaux qui n’ont pas été testées et approuvées par une nouvelle autorité (l’Agence européenne des variétés végétales). En criminalisant la culture privée de légumes, la Commission européenne remettrait le contrôle de l’approvisionnement alimentaire à des sociétés comme Monsanto. »
Et c’est ainsi que la presse nous révèle que cultiver son jardin pourrait bientôt devenir « un acte répréhensible ».
Comme quoi quand les nuages se développent en Amérique, l’orage se met à gronder dans notre bonne vieille Europe !
Une fois de plus, les multinationales ont le vent en poupe et peuvent envahir notre vie de tous les jours.
Elles polluent par leur présence, par leurs activités, par les conditions de travail qu’elles imposent, une gangrène mondiale d’un mode de vie … et avec les meilleures raisons sanitaires du monde … Comme si cela les intéressait !
Elles se comportent auprès de nos dirigeants comme des drogues qui annihilent leurs capacités de décision, tuant lentement mais sûrement nos démocraties.
Avant de mettre en place des lois qui visent le bien de la cité, ces dirigeants que nous avons élus au suffrage universel se comportent comme les valets du grand capital. Ils laissent des agences de notations privées, des multinationales sans vergogne, des banques véreuses décider de l’utilisation de notre liberté et même de nos petits bonheurs … comme ce que nous désirons voir dans notre assiette !

Mais jusqu’à quand laisserons-nous tous ces « comiques », qui ne font rire personne, nous imposer des décisions ignobles qui ne profitent qu’à quelques grands groupes dont la seule raison d’être est la course à la rentabilité et aux bénéfices à engranger ?
Jusqu’à quand les laisserons-nous nous imposer, comme une loi, des hold-up sur nos existences et sur nos portefeuilles ?
Jusqu’à quand resterons-nous des fatalistes face à une déprime qu’ils nous ont fourguée par le biais d’une crise financière créée de toutes pièces ?
Et s’ils allaient plus loin encore demain ?
Qui sait : une réglementation des naissances, un ADN toléré, une taille ou un poids (certaines compagnies aériennes y pensent déjà !) ?
Pourquoi pas un quota d’épargne autorisé (ils trouvent déjà que les citoyens économisent mal !) ou de salaires à l’image de ceux du Tiers-monde ?
Pourquoi pas un quota de voitures ou d’habitations décidés, non en fonction des besoins, mais de la compétitivité des entreprises ?

Ces braves Américains, ils sont venus nous libérer, aiment-ils nous rappeler, non sans arrière-pensée … Mais de là à nous imposer la stupidité de leur loi et de leur pouvoir, il y a un pas … À NE PAS FRANCHIR !
Cette « généreuse "Europe", si elle arrêtait de se comporter en esclave de la finance et d’une compétitivité qui ne respecte rien ni personne. La Grèce, l’Espagne et bien d’autres peuples sont devenus les victimes d’un sacrifice rituel au dieu Argent !
Si elle acceptait, une fois pour toute, d’en rester à la mise en place de conditions d’un bonheur pour tous … selon le mandat que nous lui avons confié lors des élections ?
Et si la loi du marché et les ukases des pontifes des multinationales n’étaient pas les seules et uniques règles pour construire une vie commune ?
Ne serait-il pas temps de nous mobiliser au nom de l’épanouissement de tout homme ?
Dans le viseur de cette mobilisation : les prochaines élections européennes … et si c’était une ouverture sur un changement d
e mentalité et de forme de pouvoir ?

G. De Smet (26 mai 2013)


-59- UNE FAMILLE POUR TOUS

Depuis quelques mois, l’actualité nous assomme avec une évidence : pour grandir, un enfant a besoin d’un papa et d’une maman.
Pour nous le répéter avec force, les médias sont renforcés par les cris de la rue, en France, qui nous offre, depuis des mois, le piteux spectacle des débordements des manifestations contre le mariage homosexuel, appelé pudiquement – et de manière non-homophobe, proclament-ils : « Mariage pour tous ». Ces cris ne cessent d’utiliser les enfants pour justifier des positions idéologiques justifiables ou non. Une promenade au bois en famille aurait été tellement plus porteuse d’amour et de tendresse que cette excitation au nom d’une bonne conscience !
Les médias nous rapportent aussi régulièrement toutes ces situations désastreuses qui crient l’injustice vécue par tant d’enfants privés d’un papa et d’une maman. Ils sont hélas légion ces petits pour qui le quotidien est un cauchemar au nom de la violence conjugale, au nom de mauvais traitements, au nom de petits martyrs qui n’avaient rien demandés, même pas de vivre !

Je ne vais pas m’attarder ici aux slogans des manifestants français, ce serait leur faire trop d’honneur et leur accorder plus d’importance que ce qu’ils ne méritent.
Par contre, je désirerais me faire l’écho de toutes ces situations de SOS que vivent tant d’enfants de par le monde.
C’est l’angoisse de tous ces enfants issus de familles séparées.
L’entente ne semblait plus possible. L’amour, pour des raisons que nous n’avons pas à juger, n’était plus au rendez-vous. Après des mois ou des années de mariage, l’infidélité avait fait place à la tendresse des premiers jours. L’insupportable avait remplacé la complicité. La routine était le nouvel habit de la découverte des premiers émois. Les cris et les coups avaient pris la place des petits mots doux des débuts.
Le moment de casser la spirale de l’enfer s’imposait comme une urgence … restait les enfants à caser, même si la meilleure solution allait être envisagée.
Et c’est ainsi que de nouvelles pages de vie s’écrivent.
Il y a la peur de chaque jour : papa et maman ne s’aiment plus, qu’allons-nous devenir ? Des enfants régressent, les résultats scolaires sont à la baisse, des caractères violents s’affirment …
Vient encore le tiraillement des vacances ou des week-ends. Les années qui auraient pu être des temps de la sécurité d’un cocon deviennent des suites de déménagements « injustes » et douloureux.
C’est le livre scolaire qu’on a laissé dans l’autre maison, c’est la chambre qui est mieux chez papa ou chez maman. C’est l’arbitraire du juge qui décide de qui il faut aimer et du comment. C’est le cadeau de plus par lequel l’enfant se sent acheté, ce qui ne fait qu’implanter le chantage affectif … Pour beaucoup d’entre eux, le temps de la révolte semble avoir sonné !

Un autre écho du SOS lancé par tant d’enfants de par le monde, je le trouve dans tous ces drames et toutes ces violences dont sont victimes ces petits êtres fragiles.
Ce sont les larmes de ces enfants battus qui n’ont que le contact des coups pour sentir une présence humaine à leurs côtés et la misère comme seul « ciel ».
C’est la froideur de ces petits cadavres congelés qui sont régulièrement retrouvés au nom d’un déni de grossesse. Certes la psychologie aide à ne pas juger et à ne pas comprendre, mais ces bébés, ils auraient aimés la chaleur de bras aimants. Ils n’avaient rien demandé à personne, même pas d’exister !
Ce sont les yeux effarés de tant d’autres enfants victimes d’inceste et d’abus de confiance de gens sur qui ils croyaient pouvoir se reposer.
Il a été beaucoup question de ces faits de pédophilie vécus au sein de l’église ou ailleurs et ils sont condamnables … Mais être violé ou prostitué de force par ses parents : n’est-ce pas à cela que doit ressembler la fin du monde ?
Ce sont les réactions surprenantes de tous ces enfants devenus caractériels parce que leurs parents l’étaient. Ils fréquentent l’école, des groupes sportifs et souvent là, les responsables ne savent plus à quel saint se vouer. Reste le psychologue, une fois de plus, et le regard  se tourne alors trop souvent vers le vécu familial de l’enfant.
Maman poule, parents laxistes ou absents, stress familial, démission … autant de glaise entre les mains de potiers  qui ne font pas que des chefs-d’œuvre !
Certes, il n’existe pas d’école de parents, mais cela ne justifie pas tout !
Comment lutter contre la violence d’un enfant qui ne trouve personne pour l’accueillir à la maison ? Et est-ce la faute des parents ?
Le matin, il faut être à la crèche aux aurores, le soir, il devra rentrer seul de l’école … boulot oblige !
L’usage qu’on lui offre des médias modernes ne lui propose qu’un modèle, celui de la terreur, de la mort et de la loi du plus fort. On lui a même dit qu’il devait se défendre, s’il ne voulait pas être écrasé … et on voudrait que son comportement inspire la convivialité !
La facilité et la tranquillité ont fait de ce petit chéri un « enfant-roi ». Tout lui est dû et tout ce qu’il fait est source de louange et d’émerveillement. Il est la « star » des réunions familiales ! Pourquoi progresserait-il ? Pourquoi lutterait-il  contre ses insuffisances : il est parfait ? Tous doivent le savoir ou s’en accommoder, que ce soit le voisin confronté aux décibels, l’enseignant qui ose de mauvaises notes, l’entraîneur sportif qui n’a que le banc des réserves à proposer, l’animateur qui devra endurer le grincement de la guitare produit par un « incapable génial » …

Un autre SOS, nous vient du Tiers-monde.
C’est celui de tous ces enfants soldats de par le monde qui en Syrie, en Afghanistan ou ailleurs servent de chair à canon, niant, une fois pour toute, leur droit à un avenir et aux joies simples des enfants.
C’est celui de ces enfants de la prostitution qui font les beaux jours des touristes sexuels en Asie ou ailleurs. Ils sont les victimes de bassesses ignobles et d’indifférence des grands de ce monde qui n’ont pas, un gramme de respect à leur proposer.
C’est celui de toutes ces petites victimes de la faim. Dans leurs yeux globuleux, nous ne lisons que mort, indifférence, détresse … à l’heure où nous passons à table.
C’est celui de tous ces petits esclaves des ateliers du Bangladesh ou d’ailleurs, qui, dans des conditions honteuses fabriquent les t-shirts et les jouets appréciés par les enfants choyés des pays riches.
Ce sont tous ces enfants de familles déracinées qui viennent chercher l’Eldorado chez nous, l’Occident des Droits de l’homme. Ils ne découvrent sur leur chemin que racisme, rejet, étiquettes, au point de faire de la violence et de la révolte leurs seules formes de réponse.

Mon propos n’est pas de condamner ou de juger.
Beaucoup de parents font ce qu’ils peuvent, même si cela nous semble parfois bien peu. Ils sont les héritiers de leur propre histoire et de leurs propres défauts de fabrication.
Ils ont besoin d’aide aujourd’hui !
Ils ont besoin de l’aide de tous ces États qui n’ont aucune politique familiale sérieuse à proposer.
Ils ne parlent que de subsides, de nombres de places dans des crèches, convaincus que l’argent règle tout !
Et si le papa et la maman devenaient un partenaire indispensable et reconnu – même financièrement – pour l’épanouissement de cellules familiales qui feront l’avenir de nos sociétés ?
Ils ont aidé les banques, il paraît que c’était indispensable … la famille ne le serait pas ?
Ils ont besoin de l’aide des décideurs financiers.
Au lieu d’encourager des politiques commerciales qui remettent en question des acquis sociaux tels le repos dominical ou encore la mise au chômage arbitraire ou des cadences de production qui n’ont besoin de l’homme que pour renforcer la compétitivité et la rentabilité … Si au lieu de tout cela ils aidaient à mettre en place une économie qui n’exploite plus l’homme, mais qui lui donne des raisons d’espérer et d’oser l’avenir, comme peut le faire un partenaire ?
Qu’ils réfléchissent à l’exemple allemand : certes l’économie y est brillante, la Bavière ne connaît pas le chômage mais la natalité est en berne !
Les parents d’aujourd’hui ont encore besoin d’encouragement sur le chemin de l’éducation, loin des idéologies et des propositions électorales.
Ils n’ont pas besoin de toutes ces gesticulations d’inscriptions scolaires, par exemple, mais d’écoles qui, toutes ouvrent les portes du savoir au maximum d’enfants et de jeunes.
Ils n’ont pas besoin de la débilité de jeux vidéo ou d’émissions de télévisions qui abrutissent. Ils ont besoin d’outils culturels qui ouvrent les yeux sur des horizons nouveaux, faits de vérité, de découverte, de loisirs et de valeurs à oser au quotidien.
Les parents d’aujourd’hui ont besoin de temps pour mener à bien leur deux emplois : celui de parents aimants et celui, professionnel, qui fait « chauffer la marmite ».
Des entreprises veillent aujourd’hui, parfois, à l’épanouissement de leurs employés au nom de leur souci de compétitivité : être heureux au travail !
Et si elles se souciaient, en même temps, de la convivialité en famille, ce qui ne rendra leurs associés que plus performants … À ce jeu, tout le monde y gagne !
Les parents du Tiers-Monde ont dans les yeux l’envie de crier à l’aide du cœur. Ils ne sont pas des mendiants, encore moins des rebus de la société. Ils ne veulent pas d’une aide humiliante et du chantage des États. Ils ont des mains, des bras, des jambes, des cœurs à mettre à la disposition de leur avenir, loin des envies terroristes et des  massacres d’enfants, comme ils en déplorent au quotidien.

À Paris, les manifestants étaient dans la rue pour défendre un projet de société, au nom de critères moraux contestés. Ils vociféraient des slogans aussi « frigides » que leurs créateurs !
Et s’ils se mobilisaient, loin de toutes les œillères, pour un « Bonheur pour tous » ?
Celui-ci serait coloré par les visages de papas, de mamans, d’enfants qui avant d’être des enjeux économiques ou sociétaux sont des êtres humains qui sentent battre en eux un cœur, une envie d’être aimer et  un projet d’aimer !
Et s’il était là le changement de société ?

G. De Smet (29 mai 2013)

-60- BYE … BYE … EUROPE

L’Europe des « vaches grasses » vient encore de frapper !
Nous avons tous eu l’occasion de découvrir dans la presse les recommandations adressées par la commission européenne à la Belgique en vue du redressement de son économie.
Enfin, ils appellent ça « redressement », à moins qu’il ne faille lire « systématisation » de la misère pour une majorité de Belges
Les mesures proposées ou imposées visent le travailleur : l’allongement de son temps de travail, une diminution radicale des allocations de chômage, une remise en cause en profondeur de l’indexation des salaires … En même temps, elle propose une recapitalisation supplémentaire des banques, de nouvelles taxes environnementales, une aide supplémentaire à la compétitivité des entreprises …
On croirait entendre les chantres du néolibéralisme.
Il est bon, d’ailleurs,  de constater  qui approuve ces « recommandations » présentées comme incontournables : les partis de droite, libéraux et consorts et bien sûr la FEB. Il est toujours intéressant de relever à qui profite le crime !
La dernière fois que l’Europe a imposé des recommandations, ce fut le drame grec. Ce fut l’anéantissement des Espagnols, des Portugais. Ces gens de Droite ne sont capables de régler leurs comptes qu’en humiliant des populations entières … au départ d’une erreur de modèle mathématique de quelques économistes en chambre.
Par contre dans les recommandations, on ne trouve aucune mesure qui vise la moralisation du monde de la finance et de la spéculation. On n’y trouve aucune atteinte aux valeurs d’un paradis fiscal qui ont permis à quelques privilégiés d’améliorer leur fortune et d’éluder l’impôt. On n’y trouve aucune mesure de taxation du capital.
Ces commissaires et leurs administrations, véritables parasites européens, n’aiment le travailleur qu’à genoux, comme de simples esclaves.
Pourquoi auraient-ils besoin, ces travailleurs, de manger, de se loger, de se nourrir quand ils sont sans emploi et qu’ils n’apportent rien à la collectivité ?
Pourquoi le travailleur devrait-il voir l’augmentation de son salaire lié à la hausse des prix ? Ne devrait-il pas apprendre à se contenter de ce qu’il a ?
Pourquoi l’épargnant aurait-il droit à des réserves financières, alors que les banques attendent cet argent pour améliorer leurs performances ?
En poussant cette logique, pourquoi faudrait-il payer tous ces gens qui n’ont que leurs mains à mettre à la disposition d’un capital sans cesse plus gourmand ?

Et si nous leur disions STOP !
Stop à vos visions économiques et financières qui ne respectent pas l’homme !
Stop à vos logiques suicidaires qui accordent leur unique attention à l’argent, oubliant que sans le travail de l’homme, les caisses seraient vides.
Stop à vos mensonges qui nous ont faire croire que l’Europe était un rêve, couronné par un prix Nobel de la paix ignoble. Vous avez du sang sur les mains : ces désespérés qui s’immolent par le feu ou qui sautent de leur balcon au nom de vos mesures « de salon ».
Stop à vos silences face aux délocalisations qui plongent le monde du travail dans le désarroi et dans la peur du lendemain : que de familles prises ainsi en otages !
Stop à vos ponctions sur nos finances pour vous permettre un train de vie indécent, pendant que d’autres ne savent plus comment nouer les deux bouts.

L’année prochaine, nous aurons à voter pour cette utopie européenne, qu’il me plait de considérer comme un cancer.
Et si nous leur disions non à tous ces candidats qui ne s’intéressent à nous que le temps d’une élection ?
Et si nous leur disions « Go home » Baroso et consorts, vous nous faites de l’ombre ?
Et si nous disions bye, bye avec leurs marchés qui ne profitent qu’à leurs amis de la finance, laissant dans une misère sans nom ceux qui ne peuvent participer à leurs « jeux de casino » ?
Et si nous demandions à nos responsables politiques, à celles et à ceux à qui nous avons confié notre souveraineté nationale, de se charger eux-mêmes d’une sortie de crise respectable et humaine ?
Et si nous nous passions de l’Europe, au point d’en divorcer ?

L’Europe se fait le porte-parole des véreux de la finance … et si un autre chemin existait, une autre Europe ?
Le néolibéralisme n’est pas le seul et unique projet de société. C’est probablement la seule idéologie qui aliène encore l’homme, le seul « mur » à encore faire tomber.
Des pays d’Amérique latine, d’Afrique, des personnalités charismatiques ont montré le chemin d’une relance de nos économies. Et s’ils devenaient des sources d’inspiration et d’action ?
Au travail, vous qui portez le souci du bien de tous !
Apprenez-nous de nouvelles manières de vivre ensemble qui font du respect des possibilités de chacun un credo inaliénable.
Apprenez-nous de nouvelles mains tendues qui permettent d’allier l’indispensable finance et le trésor d’un travail motivant.
Apprenez-nous à ne pas laisser notre avenir entre les mains de quelques « décideurs » qui penseraient et agiraient au nom d’un « toujours plus » qui tue.

En ce qui me concerne, bye, bye Europe … tu n’auras pas ma voix !

G. De Smet (30 mai 2013)


-61- CONSTERNANT

Il est beaucoup question de la famille royale ces derniers mois, à l’image de ces feuilletons de mauvais goût qui ne cessent d’envahir notre paysage audiovisuel.
Quand on nous en parle, ce n’est pas souvent pour nous apporter la part de rêve qui nous ferait du bien en cette période de crise économique et sociale.
Un jour, il est question d’un jeu nouveau qui ne semble pas motiver grand monde : « abdiquera … abdiquera pas ».
Certains y vont de leurs pronostics. Ils avancent des arguments et ne cessent de tâter le pouls à un patient, enfermé dans le silence. Faut croire que ça rapporte !
Une chose est sûre : un jour, ils auront tous raison ! Le moment d’abdiquer sera venu, parce qu’à 80 ans, notre roi est certainement plus proche de la fin de son règne que du début. Une simple logique de vie, loin de toutes les magies, de tous les dénigrements et de tous les hasards !
Quand on a fini avec ce petit jeu, il est question d’un autre : le Prince héritier est-il capable de monter sur le trône ?
Cette question, certes importante, le concerne pourtant en premier lieu. Il a aujourd’hui plus de 50 ans et voilà des décennies qu’il est question de sa préparation, de sa légitimité constitutionnelle, de ses aptitudes. Il doit être le mieux placé pour connaître son état d’esprit face aux échéances qui se bousculent à sa porte. À voir donc, le moment venu !
À ce jeu d’intrigues, s’en ajoute un deuxième : sera-t-il le bienvenu ? Là, ce sera au peuple d’en décider ! Lui seul est souverain et c’est de lui seul que dépend la légitimité de la monarchie dans notre pays.
Certes, il existe des signes effarants qui ne sont pas en faveur du Prince Philippe. S’il veut qu’on se lève devant lui, comme on le fait devant certains desserts, il a quelques efforts à faire … Mais après tout, serions-nous tellement parfaits au point de pouvoir juger de la perfection des autres ?
Au-delà d’une découverte de la personne, au-delà de la création d’une meilleure image, seuls le temps et les circonstances nous indiqueront sa véritable stature. Le temps voulu, le peuple restant souverain, il pourra toujours s’exprimer en faveur d’un autre avenir, avec d’autres acteurs.
Viennent ensuite les frasques et les déclarations surprenantes du Prince Laurent … et là, reconnaissons que nous avons affaire à un spécialiste : il n’en rate pas une !
Entre les équipements de sa villa, les plaintes face à sa dotation, ses comportements de sale gosse (et ce n’est pas ça qui manque !) … il ne rate pas une occasion de se placer à l’avant-plan … et pas toujours avec le goût souhaité.
Nous n’entrerons pas dans la polémique que suscitent différentes actions et réactions de la Reine Paola ou de la Princesse Astrid.
Nous ne perdrons pas notre temps dans des commentaires sur ces princesses broyées par un protocole d’un autre temps. Est-il indispensable d’être aussi coincés et aussi enfermés dans des attitudes qui relèvent de pièces de musée ?
S’ils pouvaient tous, simplement, partager le sort d’un peuple confronté à une crise économique et sociale qui brise tant de rêves et pousse tant de nos concitoyens au désespoir des jours sombres.
S’ils pouvaient tous être un peu plus présents à l’actualité du peuple qui les couvre de dotations : Wetteren, misère, délocalisations, chômage … autant de terrains sur lesquels ils ne sont trop souvent présents que par leur absence réelle !
Le Prince héritier d’Espagne et son épouse viennent de connaître l’humiliation de huées lors d’un spectacle mondain : l’Espagne n’est pas si éloigné de réactions que les Belges pourraient avoir !

Il n’est pas possible d’aborder le sujet de fa famille royale sans s’arrêter à la désinvolture de la Reine Fabiola. Elle ne cessera pas de nous étonner !
Au moment où tant de concitoyens traversent des temps difficiles au nom d’une crise dont ils ne sont en rien responsables, au moment où tant de familles voient leur avenir s’écrouler au nom d’une économie qui s’affole : plus d’emploi, plus de pouvoir d’achat, se serrer la ceinture …, au moment où le déluge déferle, il n’y a pas un mois sans qu’il soit question des finances d’une vieille dame, abreuvée de millions d’euros.
Il est question d’une dotation inqualifiable, à laquelle elle a droit, simplement, parce que la Constitution lui accorde le titre « d’épouse du Roi ». Certes, on vient d’en réduire le montant, mais il n’y a toujours pas l’urgence pour qu’elle s’inscrive au CPAS !
Ces avantages, elle ne les a pas demandés. Ils sont tombés dans son escarcelle par l’imposition du peuple et les décisions de ses gouvernants. Rien ne l’empêchait toutefois de s’opposer à de tels montants au nom de la décence ou de la solidarité envers des Belges qui, un jour, lui ont ouvert les portes du pays.
Son rang lui donne droit à des égards que personne ne lui conteste, mais de là à se comporter comme une « bourgeoise » couvant sa cassette, il y a un pas à ne pas franchir !
Sa Foi chrétienne, celle qu’elle se plait d’affirmer avec fierté, lui impose un autre rapport à l’argent et des priorités de cœur plus ajustées au cœur de Dieu.
Et comme si cela ne suffisait pas, voilà qu’il est question, deux fois de suite, de fondations aux buts pour le moins obscurs.
Une première fondation, régie par le droit belge, serait aujourd’hui en cours de dissolution. Derrière des raisons, probablement louables et familiales, elle avait comme effet secondaire d’éluder l’impôt. Peu cohérent dans le chef d’une Reine appelée à rester solidaire du peuple qui l’a adulée hier !
Une deuxième fondation serait, quant à elle, régie par le droit espagnol. La presse nous apprend ainsi que cette luxueuse villa de Motril servirait de havre de paix à sa famille espagnole et aussi aux princes de Belgique qui aiment s’y reposer en famille. La Reine Fabiola sort de sa réserve et se défend ou plutôt, elle s’enfonce !
Le réel but de cette fondation serait de perpétuer la mémoire du couple royal qu’elle a eu l’honneur de former avec feu le Roi Baudouin. Comme c’est beau, mais en rester là serait oublier que l’enfer est pavé de bonnes intentions !
Car enfin, comment justifier que l’Espagne aurait pour mission de soutenir par son droit une cause qui dépend de l’étranger. Elle a déjà bien du mal à justifier la monarchie espagnole par les temps qui courent. Sa situation économique, financière et sociale ne lui permet pas de laisser de l’argent filer entre ses doigts, au point de cautionner une société qui serait immunisée contre l’impôt.
Notre premier ministre en reste coincé derrière son nœud papillon et dit « son profond malaise » en ces temps difficiles qui doivent motiver tout l’effort du gouvernement. Il rejoint là les habitants de nos communautés et de nos régions qui trouvent que tout cela suffit. La récréation est finie ! La solidarité est un devoir pour tous !
Avec ce comportement pour le moins caractériel, nous sommes loin de la discrétion et de la présence du Roi Baudouin. Il doit trouver dans tout ce bruit bien des raisons de se retourner dans sa tombe.
À ce rang de noblesse, la gestion de l’argent doit être d’une telle transparence et d’une telle justesse, qu’elle indique la grandeur d’âme de celles et de ceux que nous choisissons comme modèle et comme référence.
À ce rang de noblesse, il est une question d’honneur de ne faire de l’argent qu’un moyen pour vivre et pour être présent, aux côtés des joies et des peines d’un peuple qui vous porte.
À ce rang de noblesse, il n’est pas bon de se faire remarquer au nom de sa fortune, mais plutôt par la qualité de son empathie, de son écoute et de l’ouverture de son cœur.
Il y va de l’avenir d’une monarchie et d’une manière de vivre en Belgique !
Un sursaut de dignité … que diable !

NB : Selon le registre foncier espagnol, Fabiola est toujours propriétaire de la Villa Astrida
À qui appartient à ce jour la Villa Astrida ? Selon le Palais, la Reine a donné ses biens espagnols à une fondation d’utilité publique. Mais d’après le registre foncier de Motril 1, le propriétaire est toujours la Reine. (communiqué de SudPresse – 1 juin 2013 – 8h15)

G. De Smet (1 juin 2013)


-62- ENFANTS …STOP !

Après quelques semaines de silence, voici le retour des « Billets d’humeur ».
À l’occasion de celui-ci, permettez-moi un « souvenir de vacances ».
Après une année pastorale chargée – et pas toujours porteuse de raisons d’optimisme – je m’étais accordé quelques jours de repos au bord des rives d’une mer réchauffée par le soleil.
La nature y était merveilleuse. Les températures estivales rappelaient l’existence de cette saison, qui semble rangée au placard, chez nous. Toutes les conditions pour un temps de détente et de bonheur étaient réunies … jusqu’au débarquement massif non des moustiques, mais celui des enfants et de leurs inévitables parents !
Ces petits chérubins, vous les trouviez sur votre route dès le petit-déjeuner : cris, larmes, colères et caprices … et papa et maman qui ne s’en sortaient pas. Papy et mamy qui n’avaient plus vu ce « petit chéri » depuis la veille … ambiance assurée !
Vous les retrouviez ensuite à la plage pour un rituel bien organisé.
D’abord la recherche de la bonne orientation vers le soleil, dont les parents ne profiteront pas un instant.
Il fallait ensuite veiller à l’éloignement de la poubelle, dans laquelle, bientôt, les parents se sépareront de la première couche de la journée. Il est tellement plus commode de laisser les odeurs à ceux qui auront eu la malchance de prendre la place d’à-côté, là où maman s’était empressée de placer la poubelle.
L’ambiance sonore était assurée, elle aussi. Entre le déballage du kilo de jouets, les essais de mise à l’eau, ce seau qui est à moi et pas à ma sœur qui peut me le piquer … Mais, parole magique : « que voulez-vous ce ne sont que des enfants ! »
Cette plage, c’est aussi le terrain de jeu favori pour l’acharnement occupationnel des parents. Cela ressemble fort à une publicité pour une boisson à secouer avant de consommer ! Il fallait d’abord oindre cet enfant, soleil oblige. Puis amorcer l’envie des jeux déballés … ce qu’ils feront jusqu’à la fin de leur séjour au bord de la mer.
Ils tenteront les premiers pas dans l’eau, passer un vêtement, le retirer … à croire qu’il y a une nécessité à secouer l’enfant – surtout s’il devient calme durant quelques instants.
Je me souviens ainsi d’un père qui dès son arrivée sur la plage éprouvait le besoin de mettre ses enfants à l’eau, sous un tonnerre de cris de bébés qui ne voulaient pas de cela … pour le plus grand bonheur de tous les autres occupants de l’endroit !
Un autre grand moment, c’est la rencontre de la nouvelle copine, je parle de la maman d’un autre « petit chérubin », avec qui on va pouvoir échanger des recettes d’émerveillement et de savoir-faire. Ce seront des moments merveilleux de partage, au cours desquels le ton entre les enfants va très vite monter : « il prend mon canard ! ». Pour les parents, ce seront des temps d’extase devant leur production, ce petit bout merveilleux devant qui ils fondent en adoration … et plus c’est stupide et plus c’est extraordinaire !
Vous qui avez la malchance d’être assis dans les parages, vous devenez, pendant ces dialogues enflammés, la cible d’un concours de lancer de sable que les parents ne captent plus dans leur système de vigilance, occupés qu’ils sont à encenser leur rejeton… et là, autre parole magique : « mais il faut bien qu’ils s’amusent ! »
Pour retrouver un peu de calme, vous vous décidez à quitter cet enfer … mais ces petits chéris sont toujours là.
Ils sont là pour les repas, ou entre cris, course entre les tables, nourriture gaspillée et j’en passe, il ne vous reste qu’à rêver d’îles désertes pleines de détente et de paix.
Je me souviens d’un papa et son petit dernier de deux ans. Le papa se lancera dans une discussion sur son boulot avec une connaissance de la table voisine. Pendant ce temps, le brave petit envoyait couvert et nappe au sol. Il aura fallu une remarque de la connaissance pour que le papa se rende compte du problème. Il faudra encore l’intervention d’un membre du personnel pour faire cesser le carnage. Le grand gagnant sera l’enfant, qui, dans la logique de sa journée, aura été le roi de l’attention.
Mais c’est pas tout !
Ils sont là le soir … jusque très tard. Le marchand de sable est passé depuis longtemps, les yeux se ferment … mais que voulez-vous ce sont aussi les vacances des parents !
Ils sont là la nuit, parce que les pleurs ont remplacé les signes du sommeil qui clignotaient depuis longtemps, à moins que ce ne soit en raison de la chaleur ou d’un quelconque moustique !

Stop !
Parents, sachez que vous n’êtes pas seuls au monde. Les célibataires, les pensionnés qui logent dans le même hôtel ne sont pas obligés de danser au rythme de la java de vos enfants. Eux aussi ont payé leur séjour, eux aussi ont droit au repos et à un peu de paix.
Parents, sachez encore qu’il y avait déjà 7 merveilles du monde. Il ne nous a jamais été imposé de les visiter. Pour la huitième que semble être vos enfants, nous déciderons nous-mêmes d’une éventuelle contemplation.
Parents, sachez que l’éducation ça existe, même si elle ne se conjugue pas toujours avec votre souci d’épanouissement personnel. Il y a peut-être des voyages à poser plus tard sur la ligne de vie de votre enfant, quand il sera capable de s’en émerveiller, sans devoir accaparer toute l’attention.
Parents, sachez enfin que je vous plains. La plus belle mission au monde, celle de papa et de maman, vous la gâchez vulgairement, en oubliant d’adapter vos pas aux pas de votre petite merveille.
Cet enfant, vous donnez l’impression qu’il vous fait peur, que vous ne savez qu’en faire … alors vous le laissez faire … jusqu’où ?
Sur cette plage, il y avait beaucoup de chiens. Ils n’étaient un problème pour personne. Ne nous faites pas choisir entre une plage interdite aux enfants ou une plage interdite aux chiens. Certains hôtels ont déjà fait le choix !

Stop !
Nous qui ne sommes pas à  votre place, nous demandons le droit  d'exister !
Nous vous demandons de pouvoir vivre des vacances au calme, loin du stress quotidien.
En vous voyant à l’œuvre, en évaluant la place démesurée qu’ils prennent au point de vous empêcher de vivre, nous aurions envie de vous offrir quelques paroles de cette chanson bien connue : « Les enfants, foutez-leur la paix ! »

G. De Smet (2 août /2013)


- 63- UNE ABSENCE … UNE EXPÉRIENCE

Depuis quelques semaines, je suis privé du bonheur de vous rencontrer … et cela me manque !
La machine du corps a crié STOP,  m’obligeant à des contraintes qui me permettent de partager le sort de plus d’un parmi vous, chers amis malades.
Après près de trois semaines d’hospitalisation pour des difficultés cardiaques, me voici dans une période de repos complet indispensable.
Permettez-moi de rendre hommage au corps médical et au personnel infirmier travaillant en clinique.
Merci pour leur gentillesse et leur dévouement s’alliant à leurs compétences et à leurs encouragements.
Je les admire ! Travailler au service du public, aujourd’hui, c’est aller au-devant d’exigences et d’humeurs qui en feraient reculer plus d’un. Pourtant, ils restent sur la brèche, exerçant un véritable sacerdoce au service de la faiblesse de celles et de ceux que des limites rendent dépendants.
Merci à mes amis proches. Ils n’ont pas épargné leurs efforts pour m’aider à traverser ces moments difficiles. L’un d’entre eux gardera à jamais ma reconnaissance : il m’a sauvé la vie, en m’obligeant à consulter un médecin. Nous sommes parfois tellement négligeants face à notre santé, ce bien si précieux, sans quoi la vie n’est pas possible.
Merci à celles et à ceux  parmi vous qui ont pris de leur temps et de leurs moyens pour me véhiculer, pour assurer la vie liturgique et paroissiale, pour le coup de main qui remplace les forces défaillantes. Si l’adage qui veut que c’est dans l’adversité que l’on reconnait ses amis est vrai, alors j’ai découvert de vrais amis à Flawinne.
Merci à Monseigneur Warin qui, par deux fois, a eu le souci de me rencontrer et de partager mes difficultés.
Merci à Monsieur le Doyen que je considère plus qu’un confrère mais un ami. Malgré un agenda plus que chargé, il a trouvé le temps d’être à la disposition de notre paroisse. Il a aussi été le « frère » qui encourage et qui compatit.
Merci à Monseigneur Lamsoul, qui malgré une santé précaire a bien voulu assurer le service dominical et à tous mes autres confrères qui n’ont pas hésité à prendre de leur temps pour me remplacer.
Merci à vous tous qui, par un petit mot, par une visite avez montré votre souci et votre sympathie.
Désolé pour toutes celles et tous ceux qui auront essayé de me joindre par téléphone ou en sonnant au presbytère. Les ordres médicaux étaient formels ! Mais si ce fut une expérience pour moi, cela en fut aussi une pour notre communauté paroissiale.
Deux dimanches, vous avez été privés de la célébration de l’Eucharistie : pas de prêtre disponible !
C’est hélas un avant-goût de ce que pourraient être nos lendemains et l’avenir de nos communautés.
L’époque du prêtre qui est là – c’est son devoir – quand j’en ai besoin, est révolue, manque d’effectifs oblige.
Si nous voulons un avenir chrétien, il faut nous assumer et reprendre à notre compte cette parole qu’aimait citer Monseigneur Mathen : « Tous responsables ».
Nous sommes chacun les briques d’une construction. C’est de  la cohésion de l’ensemble que dépend la solidité.
L’Église, les curés, les religieuses ne sont pas là que pour répondre à nos attentes, pas toujours légitimes … sinon, que ferons-nous demain ?
C’est tous ensemble, en comptant les uns sur les autres, que nous pourrons construire notre avenir.
C’est tous ensemble, en comptant les uns sur les autres, que nous avons reçu la mission que le Pape François confiait aux jeunes, lors des JMJ de Rio : « Mettez la Foi, mettez l’Amour ».
C’est tous ensemble, en comptant les uns sur les autres, que nous avons à mettre nos talents – aussi petits soient-ils – au service de l’annonce de l’Évangile. C’est cela être missionnaire aujourd’hui !
Déjà pour poursuivre ma mission parmi vous, j’aurai besoin d’aide et de collaborateurs, sans quoi ce ne sera pas possible !
Un grand merci à Sœur Nelly qui a pris à charge le service d’animer notre communauté pendant ce temps. À l’improviste, elle a mis son tablier de service … et, à la grâce de Dieu !
Merci à Marie-Rose Gaspart qui, elle aussi a voulu que la maison de Dieu soit un lieu d’accueil et de rencontre agréable.
Quelle belle communauté nous formerions, si chacun acceptait de retrousser ses manches loin de son orgueil et de toutes susceptibilités !
OSONS !

G. De Smet (13 août 2013)


-64- L’OCCIDENT S’INSURGE !

Syrie, Égypte, Tunisie … Voici quelques mois les gouvernements d’Occident se réjouissaient du « Printemps arabe ». On allait voir ce qu’on allait voir !
Et on a vu !
D’abord le renversement de ce qu’ils appelaient  des « dictateurs » spécialisés en corruption et en appropriations des biens des États en vue de leur seul enrichissement personnel. Et si on demandait l’avis de certains experts en Fondations de chez nous ?
Est venu ensuite le temps « d’élections libres et démocratiques ». Les plus élogieux face à la situation avaient simplement oublié deux choses : d’une part, il n’est pas possible de voir se côtoyer une misère sans nom et une richesse scandaleuse. Il suffit de circuler dans les rues du Caire pour voir côte à côte des quartiers huppés étalant un luxe extraordinaire et des bidonvilles, dans lesquels les enfants collectent les ordures des riches.
D’autre part, aurions-nous oublié en Occident, que pendant que nous concluions des accords commerciaux qui nous arrangeaient, les « Frères musulmans » et autres partis islamiques appuyaient leur course au pouvoir sur le cri de vengeance que suscite la misère ?
J’ose en plus poser une question qui devrait nous interpeller : sommes-nous tellement des champions de la Démocratie que pour pouvoir donner des leçons aux autres ? Si je m’arrête à l’exemple belge, nous n’arrêtons pas de contourner un choix démocratique issu d’élections libres par des jeux d’alliances de partis qui semblent bien loin des grands principes que nous voulons exporter.
Aujourd’hui, après les renversements, après les élections, après l’arrivée au pouvoir des partis islamiques (ce qui n’arrange pas les intérêts de l’Occident !), la rue est à feu et à sang.
Depuis, chaque soir, nous avons droit aux mêmes larmes de crocodiles. S’élève ainsi un véritable mur des lamentations, unissant l’ONU, les autorités européennes, les responsables des grandes puissances dans des déclarations pathétiques. Gouverner n’est-ce pas prévoir ? … À moins qu’il ne s’agisse avant tout de plaire à son électorat.
Ils n’ont pas entendu – depuis des décennies – le cri des pauvres et des exclus. Ils n’ont pas entendu les soubresauts d’une révolte qui ne pouvait qu’éclater au grand jour ?
Ils n’ont pas voulu voir le succès de ces mouvements islamiques qui voyaient dans les politiques de l’occident la cause les malheurs des plus pauvres. Ils ont préféré louanger et aduler des chefs d’États, tellement bons agents de leurs intérêts.
Ils ont ignoré les accointances qui unissaient les partisans d’un Islam radical avec des classes miséreuses et oubliées.
Tout cela ne pouvait pourtant qu’exploser ! Et c’est bien l’horreur que nous voyons se dessiner, chaque soir, sur nos écrans de télévision.
Certes, toute cette violence est intolérable.
Certes une vraie démocratie, dans laquelle le peuple décide en toute justice de son avenir et de sa liberté  est un bien pour l’humanité.
Certes les adeptes de la corruption doivent être mis hors-service.
Mais en même temps, l’Occident continuera-t-il encore longtemps à confondre justice, démocratie et liberté avec une recherche effrénée de la satisfaction de ses intérêts personnels et de nouveaux marchés de croissance économique ?
Un exemple de cela ? Le même Nicolas Sarkozy, président d’une grande nation qui se veut à la base de la Déclaration universelle des droits de l’homme » … Ce même président français se permet un jour de recevoir en grande pompe le Colonel Kadhafi, ex-président  libyen et de bombarder et exclure physiquement, un peu plus tard, celui qui était certes un criminel, mais qui, surtout, était, le temps de la signature de quelques contrats juteux,  l’ami à cajoler. À qui profite le crime ? L’Occident aurait-il oublié ses vieux démons coloniaux ?
L’Occident aurait-il oublié qu’une de ses spécialités est d’utiliser l’autre comme un moyen d’enrichissement ?
L’Occident aurait-il oublié qu’il semble avoir inventé l’esclavagisme et l’exploitation de l’homme à grande échelle ?
Il le faisait hier au nom de l’apport d’une civilisation qu’il estimait supérieure … s’octroyant, au passage des droits sur quelques sous-sols intéressants.
Il le ferait aujourd’hui au nom de la recherche de nouveaux marchés économiques et de sa sécurité énergétique primordiale, indispensable à son développement.
Il est curieux que nos gouvernants dépensent nettement plus d’énergie à établir des accords de vente d’armes ou d’implantation d’industries qui travailleront à moindres coûts dans ces pays « pauvres » que dans la création de « micro crédits «  ou d’un commerce équitable qui permet à tous de participer à un bonheur auquel chacun aspire.
Alors, vous qui aspirez à nous diriger, vous qui voulez  porter la Parole de l’Occident à l’autre bout du monde, faites de l’humilité, du respect de l’autre et du sens du partage et de la justice une manière d’être et une manière de vous comporter.
Ne peut qu’en naître une vraie lutte contre la misère, chez nous et ailleurs.
Ne peut qu’en naître une justice égale pour tous.
Ne peut qu’en naître une mélodie qui nous fait chanter : « Moi, j’ai besoin des autres, ils ont besoin de moi ! 
»

G. De Smet (16 août 2013)


-65- MA LIBERTÉ …

Voici bien un mot de notre belle langue française qui en a fait rêver plus d’un et on peut les comprendre.
Ce mot a mis en route tout au long de l’histoire : nos révolutions en sont des témoins éloquents.
Ce mot a fait couler du sang : les guerres, nos monuments aux morts en sont des signes dramatiques.
Ce mot a engendré le besoin de changements de société : mai 1968 en fut une illustration parlante dans nos contrées riches.
La liberté allait permettre de vivre, de s’épanouir, de participer à l’évolution d’un monde en en devenant des acteurs féconds.
Mais, cette liberté, nous avait-on appris s’arrête là où commence celle de l’autre … une idée pas toujours évidente à admettre et à mettre en pratique. Aujourd’hui ce mot semble avoir pris une autre couleur.
Il s’agit aujourd’hui de mettre en avant son « petit moi je », peu importe si cela fait de l’ombre à d’autres.
Aujourd’hui, je ferais bien ce que je veux, je dirais bien ce que j’ai envie, quand je veux, du moment que je m’éclate.
Une certaine presse à sensation nous a habitués à cela … or, tout est-il bon à dévoiler ?
Facebook est devenu un espace qui permet de m’exposer, parfois de nuire, dans la plus grande insouciance.
Ces dernières vacances nous ont donné de pathétiques images qui déferlaient sur nos écrans de télévision.
Il y a eu ces baigneurs qui, malgré des conditions atmosphériques dangereuses et malgré des injonctions de maîtres-nageurs chevronnés ont pris le risque de la noyade et en même temps le risque de mettre la vie d’autres en péril.
Il y a eu ces alpinistes amateurs et non équipés, qui se lançaient dans des aventures insensées. Non seulement, ils n’y ont récolté que la mort, mais ils ont aussi imposé des dangers à des sauveteurs généreux.
Il y a eu ces adultes partis pour une ballade en kayak en France. Ils se sont engagés dans une zone interdite. Ils ont abandonné l’embarcation qu’ils avaient louée et ils sont tranquillement rentrés chez eux. Pendant ce temps des moyens colossaux étaient mis en œuvre pour les retrouver … et cela, en toute impunité et sans aucune gêne.
Il y a eu, sur les plages ces parents  qui, au nom de leur liberté et de leur épanouissement personnel laissaient leurs enfants devenir une plaie pour tous les autres usagers : j’en ai fait l’expérience !
Au quotidien aussi, nous sommes les témoins – et parfois les participants – de tels phénomènes : ces voitures qui, en pleine nuit, sans se soucier du repos des voisins, roulent au son d’une musique impitoyable.
Ces fêtes ou ces passages dans les cafés qui obligent les voisins à vibrer au même son : « du moment que je m’éclate ! »
Ces parents qui n’hésitent pas à user de la violence à l’école ou ailleurs, simplement parce qu’un professeur ou un entraîneur a pu trouver une faille dans le génie de leur petit chérubin.
Ces tags et autres incivilités qui permettent certes à certains de passer un bon moment, mais qui sont une source d’ennuis pour toute une série d’autres.
Est-ce cela la liberté ou des caricatures qui font honte à l’humanité ?
J’opterai bien pour la seconde solution.
En effet, ma liberté n’est-elle pas ce patrimoine merveilleux qui me permet de construire avec d’autres un monde plus beau, dans le respect de chacun ?
Ma liberté n’est-elle pas conditionnée, non seulement par mes limites, mais encore par les envies de ceux avec qui je forme « humanité » ?
Ma liberté fait-elle l’économie d’un savoir-vivre indispensable à une vie en société harmonieuse ?
Ma liberté n’est-elle pas un moyen de partager avec d’autres les valeurs essentielles qui garantissent un avenir à notre planète et à notre modèle de vie communautaire ?
Ma liberté se ne teinterait-elle pas de nuances face aux aspirations de celles et de ceux qui m’entourent et qui, eux aussi, ont soif de liberté et de bonheur ?
Et si nous prenions le temps d’y réfléchir ?

G. De Smet (20 août 2013)


-66- C’EST LA RENTRÉE !

 

Un moment attendu par certains, craint par d’autres.
Rentrer, c’est reprendre des habitudes, vivre selon des rythmes et des cadences.
Rentrer, c’est aller à la rencontre  de nouveautés avec fébrilité ou avec anxiété, c’est selon.
Rentrer, c’est retrouver des visages familiers ou découvrir de nouvelles têtes qui habilleront les détours de nos quotidiens.

Pour plusieurs, cette période vient après un séjour lointain, un temps de dépaysement. Il est celui de l’horizon de sa maison, de petits voyages, inscrits en soi comme autant d’heures de petits bonheurs.
Pour d’autres encore, rien n’a changé : les mêmes soucis, les mêmes maladies, les mêmes solitudes, les mêmes angoisses.
Chacun abordera donc la rentrée avec le tissu de ce qu’il est, de ce qu’il vit, de ce qui l’assombrit ou de ce qui l’illumine.

Les premiers à qui nous pensons, ce sont les enfants et les jeunes.
Ils vont croiser leurs copains, leurs copines de toujours et aussi de nouveaux visages.
Parmi eux, certains aborderont la nouveauté d’une classe ou d’une école. Ils découvriront la mine de nouveaux professeurs et de nouvelles matières, parfois ardues.
À tous, nous aimerions souhaiter une bonne route, à la recherche du savoir. Il y a là des défis à ne pas rater dans une société, sans cesse, plus compliquée !
Parmi tous ces enfants et ces jeunes qui vivent sous le régime des lois d’un pays dans lequel l’enseignement est obligatoire, il y a aussi tous ceux qui auraient bien voulu reprendre le chemin de l’école … mais idéologie politique oblige : il n’y a pas de place pour eux dans l’école de leur choix !
Voilà que l’avenir du monde de demain passe après des positions politiciennes, certes courageuses, puisqu’elles visent une mixité sociale. Par ailleurs, ces idées semblent tellement utopiques, dans un système économico-social qui fait tout pour « diviser ».
Souhaitons que le bon sens revienne et que chaque école soit une source d’avenir et de mieux vivre !

Viennent ensuite celles et ceux qui ont repris le chemin du boulot. Ils retrouvent l’usine ou le bureau.
Ils vont pouvoir donner libre cours à leurs talents et à leur soif de réussir ou encore d’atteindre les objectifs fixés.
Ils vont affronter, à nouveau, les tracas et les soucis qui marquent la vie d’un adulte : la vie chère, les salaires bloqués, les factures régulières, les projets difficiles, les rêves,  …
Les bouchons et les navettes, engendrant les hasards des horaires, seront le quotidien de beaucoup.
À tous ceux-là, nous disons : courage ! Vos bras, vos forces, vos intelligences sont ces richesses qui vous offrent une place dans la société et dans votre famille.

Mais nous ne voudrions pas oublier toutes celles et tous ceux qui auraient bien voulu « rentrer » et reprendre les chemins d’un avenir.
Depuis des semaines, depuis des mois, ils sont au chômage. Ils sont à la recherche d’un emploi. Ils envoient des CV qui restent sans réponse. Certains tombent dans la précarité, si pas dans la misère. Ils se sentent inutiles et considérés comme des pestiférés. On leur fait si souvent comprendre qu’ils coûtent cher et qu’ils ne sont que des fainéants.
Le travail n’est-il pas un droit ?
Faire vivre décemment sa famille, n’est-ce pas un devoir ?
Être écouté et entendu, avant de n’être qu’un numéro de dossier n’est-ce pas élémentaire ?
Et dire que nos excellences passent des réunions entières à décider du montant des salaires des « grands patrons », citant des chiffres indécents qui ne font apparaître que plus fortement les inégalités et les injustices !
Et dire que le « grand patronat » ne cesse d’évoquer une diminution des coûts salariaux, en engrangeant, en même temps des bénéfices substantiels. N’oublieraient-ils pas de créer de l’emploi, ce qui devait être la motivation des aides reçues des états ?

Ce mois de septembre sera aussi l’heure de la rentrée d’un nouveau roi et d’une nouvelle reine.
Ils le feront à l’occasion de « Joyeuses entrées » qui, dans la foulée de la passation de témoin, devraient se passer dans le calme et dans la décence.
Ce sera pour eux l’occasion de bien réussir leur « entrée ». Espérons-le pour eux !
Il restera à mettre autant de zèle et de sagesse à « réussir l’examen ». Cette année, il aura lieu à l’occasion des élections de mai 2014. Il s’agit là d’un vaste défi, tant communautaire que socio-économique. Si pour certains, cela va de soi, pour d’autres – dont je suis – c’est une autre affaire !

Enfin, dans l’Église aussi, l’heure de la reprise a sonné. Entre « chantiers paroissiaux » et petits projets prometteurs, elle aura à aller vers son essentiel, Jésus-Christ. Elle aura à le faire dans la foulée de Celui qui, non seulement, a dit : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie », mais encore en témoignant de Sa manière d’être, celle du Serviteur qui se donne pour offrir la Vie.

À toutes et à tous, bonne rentrée !

G. De Smet (2 septembre 2013)


-67- ÊTRE OU NE PAS ÊTRE …

L’arrivée d’un nouveau roi allait mettre fin à  la série de scandales qui a entaché la famille royale, ces derniers mois. Le Roi Philippe promettait d’ailleurs de remettre l’éthique au centre des valeurs qui devraient guider sa famille … et nous aurions tous aimé le croire !
C’était sans compter sur l’étalage de l’éventuel « passé fleuri » du Roi Albert II, qu’il a un jour avoué dans un discours de Noël, mais qu’en plus nous connaissons tous depuis longtemps.
C’était sans compter sur les tripes d’une maman qui ne peut laisser salir plus longtemps l’honneur de sa fille, à la recherche d’un père depuis 40 ans.
La maman de Delphine Boël, la Baronne Sybille de Selys Longchamps s’est confiée à un journaliste néerlandophone, Eric Goens.
Dans cette émission intitulée : « Notre fille s’appelle Delphine », la Baronne raconte en toute simplicité, en laissant parler son cœur, son aventure sentimentale avec le Prince Albert. Elle ne fait toutefois pas que des sentiments. Elle illustre ses propos de photos très évocatrices d’une relation bien particulière, dans laquelle les rapports « père – fille » semble pour le moins évident.
Sybille de Selys Longchamps va même plus loin, s’en prenant avec vigueur aux autres membres de la famille royale, dont la Reine Paola.
Si la Baronne est sortie de sa discrétion, si aujourd’hui elle veut témoigner, c’est parce qu’elle est une maman et qu’elle veut défendre et sortir de la honte son bien le plus précieux, sa fille. Elle estime, à juste titre qu’elle a droit à une existence, et que personne n’a le droit de lui en voler une part essentielle.
Son témoignage vient corroborer l’action en justice entamée par Delphine Boël à l’encontre de l’ancien Roi, aujourd’hui, un justiciable comme vous et moi.

Delphine a-t-elle un père ? Est-elle la fille de l’ancien roi ? Nous n’en savons rien : nous n’étions pas là et nous ne tenions pas la chandelle.
Il existe toutefois deux moyens sûrs de mettre fin à cette polémique qui entache la Belgique depuis des années.
La première manière serait de respecter la promesse du Roi Philippe. Il allait tout faire pour que la vérité et la transparence  deviennent la règle au sein de sa famille.
Il me semble que l’heure est venue de passer des paroles aux actes. Il s’agit là d’une partie importante de l’examen à réussir au début d’un nouveau règne : sa crédibilité en dépend ! Ce n’est pas le tout de briller dans des « Joyeuses entrées », encore faut-il en faire des « Éthiques entrées » basées sur la morale et la vérité, sans honte et sans regret.
La deuxième manière appartient au Roi Albert II.
Ce n’est pas le tout d’envoyer son avocat devant la presse pour y déclarer que « des photos ne sont pas une preuve », continuant à nier sa paternité à l’égard de cette fille supposée.
Il est un acte qui, une fois pour toute, mettrait fin à ce feuilleton de mauvais goût, c’est d’accepter ce test ADN. Cela permettrait à la vérité de se dévoiler et mettre fin à ce qui doit être un cauchemar pour deux familles.
Nous l’exigerions de tout homme dans de telles circonstances … et parfois de façons qui dépassent la raison : voyez l’affaire Yves Montand.
Dans tant de ces couples, aujourd’hui, dans lesquels la maman est obligée d’élever seule son enfant, le père biologique  voit s’écouler sur lui une avalanche de qualificatifs orduriers. La couleur du sang ne change rien à cette désapprobation populaire.
Refuser ce test serait la décision la plus grave que notre ancien Roi puisse prendre. Il cautionnerait ainsi aux yeux de ses compatriotes une lâcheté méprisable et odieuse. Dans ce cas, il laisserait planer un doute qui équivaudrait à une accusation, dont l’Histoire et l’honneur retiendraient des traces.
L’accepter et aller au-devant du résultat serait se « grandir » et rendre son honneur à une famille qui semble en avoir bien besoin.
L’accepter, ce serait dire à sa fille présumée et à l’ensemble du peuple belge soit son innocence, soit son bonheur d’être le père d’une fille qui s’est construite sans lui.

Alors, un peu de courage !
Au-delà du bruit autour des dotations exagérées, des fondations douteuses, les Belges ont d’autres chats à fouetter en ces temps de crise et d’angoisse.

G. De Smet (4 septembre 2013)


-68- LE SERVICE DES BANQUES

Cette merveilleuse expression, que nous sert la publicité régulièrement, vient de trouver une belle illustration dans cet incident qui s’est déroulé le week-end dernier dans une agence bancaire à Rennes, en France : « Une dame de 91 ans est restée enfermée pendant 23 heures, dans le noir, dans la salle des coffres d'une banque à Rennes. Elle a été oubliée par les employés samedi à la fermeture de l'établissement pour le week-end. »

Je veux y lire tout un symbole de l’arrogance du monde de la finance.
Souvenez-vous, il y a quelques années – la publicité semble l’avoir oublié – les banques étaient en grandes difficultés. Elles étaient au bord de la faillite, ce qui risquait d’entraîner des conséquences économiques et sociales considérables.
La catastrophe annoncée nous venait des États-Unis, au départ de sa célèbre crise des « subprimes » Ce tsunami financier allait entraîner la ruine de familles entières, obligées de se défaire du fruit du travail d’une vie. Nous sommes alors en 2009-2011 !
Le monde bancaire s’est alors tourné vers les États. Il fallait les « sauver » d’urgence, sous peine de voir toute l’économie sombrer, à la manière du Titanic.
Les États, véritables machines à gagner de l’économie libérale, se sont alors empressés de répondre aux exigences.
Il a fallu avancer de l’argent. Notre ministre des finances de l’époque parlait « d’argent virtuel » avec la même insolence que ses discours prônant les « intérêts notionnels » en faveur des entreprises ou encore annonçant des erreurs de plusieurs millions dans le budget.
Incompétence ou collusion … l’Histoire le dira un jour !
Depuis ce jour, certains noms comme « Dexia », « Paribas, « Fortis » sont devenus pour les simples citoyens que nous sommes, des synonymes d’aides forcées, de leurres et de « mafia » organisée.
Pendant que les banques criaient « au secours », certains banquiers se retrouvaient pour fêter leurs succès qui se traduisaient dans des bénéfices substantiels.
Pendant ce temps, on offrait des « parachutes dorés » à certains administrateurs, dont le manque de scrupule et la veulerie avaient pourtant été une ligne de gouvernance.
Pendant ce temps, l’argent virtuel, devenait une dette concrète pour les États, confrontés à bien d’autres défis nés de l’appât du gain de certaines entreprises. Il semblerait même que cette dette est encore appelée à s’accroître pour poursuivre le sauvetage d’un des fleurons des scandales que nous avons connus : Dexia.

Et pendant ce temps, les entreprises livrées au bon vouloir des banques se retrouvent dans l’impossibilité d’emprunter. Le jeune couple, soucieux d’asseoir son avenir et d’investir dans l’immobilier, se voit refuser des crédits, au nom de garanties insuffisantes. Le retraité se voit refuser une aide dont il aurait besoin, au nom des risques liés à l’âge ou encore au danger pour la rentabilité bancaire. Le chômeur se voit exclu de moyens pourtant devenus indispensables.
Pendant ce temps, de grandes entreprises, telles Arcelor Mittal …, s’en vont chercher le soleil ailleurs. Elles oublient les subsides qu’elles ont reçues des États et les fiançailles qu’elles avaient conclues avec les banques. Elles laissent là des drames humains, des naufrages de familles entières qui deviennent des rejetés bancaires, par ces mêmes banques qu’on a les obligé à financer, au nom d’une hypocrisie, dont la finance a le secret.
Et c’est au terme de cette description, que je vous invite à relire les événements de Rennes.
Cette femme, âgée de 90 ans, s’en vient dans une agence bancaire, souhaitant ouvrir le coffre contenant quelques uns de ses biens.
Quand elle les a apportés, elle a dû être courtisée, comme à chaque fois que nous franchissons les portes d’une agence bancaire pour y déposer de l’argent.
Tout le reste – et surtout, retirer de l’argent – ne suscite que tracasseries administratives et mépris.
Cette vieille dame, on « l’oublie » !
Il faudra l’intervention des forces de l’ordre, financées par les contribuables, pour la sauver d’une angoisse qui aurait pu être mortelle.

Si je devais comparer la démagogie du monde de la finance et son agressivité commerciale,  je le ferais volontiers avec ce qui se déroule en Syrie.
Des familles entières ont été « gazées » par ce monde sournois et rapace. Elle ont vu leur avenir « oublié », au nom d’intérêts d’actionnaires et de dividendes scandaleux.
En Syrie, nos dirigeants appellent cela « un crime contre l’humanité » et ils se mobilisent.
Quand mettront-ils enfin un peu d’énergie pour aller au secours d’une population confrontée à des loups, à des injustices qui poussent au désespoir ?
Quand permettront-ils, en toute éthique, de rendre un sens au mot « service », indispensable à toute solidarité et à toute vie en communauté ?

G. De Smet (9 septembre 2013)


-69- Madame ? Majesté ?

Depuis l’intronisation de son mari, le roi Philippe, la reine Mathilde aurait décidé de jouer avec le protocole. Elle a en effet décidé de se faire appeler Majesté au lieu de Madame, comme Paola le faisait auparavant, rapporte Le Vif/L’Express.

Voici un souhait qui en dit long ! Un souhait inattendu et étrange … à moins que ces mots du journal : « aurait décidé » aient toute leur importance.

Si je m’en réfère au dictionnaire « Majesté » est « le titre des empereurs et des rois »
Certes, lors du discours d’abdication, Albert II parlait du couple royal. (ce qui selon la Constitution ne reconnaît de fonction officielle à l’épouse du Roi !)
Certes, les photos officielles accrochées dans tous les lieux publics sont les portraits du Roi et de la Reine … À remarquer que cette fois, il porte tous deux la même décoration !
N’empêche que si nous référons à la Constitution belge, seul le Peuple est souverain (art. 33 de la Constitution).
À la tête du Pays se trouve un roi, appelé « le Roi des belges », dans le contexte d’une monarchie constitutionnelle.
Quant à la Reine, la Constitution est muette, comme si elle n’existait pas. Il n’y a que l’article 85 de la Constitution qui parle ni de la reine, ni de sa fonction, mais de sa descendance : « Les pouvoirs constitutionnels du Roi sont héréditaires dans la descendance directe, naturelle et Légitime de S.M. Léopold, Georges, Chrétien, Frédéric de Saxe-Cobourg, par ordre de primogéniture. » Cela sous-entend que le Roi ait pris femme !
Quel beau titre donc d’être épouse et mère, avec toutes les joies et les charges que cela comporte ! Cela devrait se suffire !
Le roi, comme tout citoyen n’ayant qu’une épouse, il n’y a donc qu’UNE seule Reine. Seule une tradition bien belge conserve le titre aux veuves ou aux épouses de rois ayant abdiqués.
La manière de procéder des Pays-Bas me semble plus logique. La Reine ayant abdiqué redevient « Princesse ». Cela évite bien des confusions et des problèmes familiaux !
C’est ce qui me fait penser que cette réflexion révélée dans la presse me semble « inattendue et étrange ».

Au début de mon propos, j’ai écrit – et j’assume – l’expression « en dit long ».
En dit long sur le climat d’une famille qui me semble bien éclaboussée par des jalousies, des arrogances et des scandales de bas étages.
En dit long sur des complexes et des arrivismes qui obligent l’intéressée à faire de la vie une scène, où le paraître prédomine.
En dit long sur une époque révolue où la monarchie se considérait de droit divin, comme au temps du Roi Soleil. On n’est plus dans les couloirs de l’Histoire ornés des dorures de la galerie des glaces et des honneurs hypocrites qui comblent une façade, cachant le vide.

Nous sommes loin de la prise de fonction du Pape François. Il n’a pas eu besoin de titres et de palais pour exister. Son charisme était dans sa Parole et dans ses actes, dans ses choix et dans son sourire.
Son titre, c’est celui de « Serviteur » … ce qu’est – selon l’Évangile – tout pouvoir.
Il y a là de quoi inspirer les « Majestés » d’aujourd’hui, plus soucieux de leurs toilettes et de leur apparence que de l’humilité du service à rendre à un peuple qui souffre de la crise, de ses peurs face à l’avenir, face à l’emploi, face à la violence et la guerre qui déchirent le monde.

Evidemment, l’expression du journal « aurait décidé » m’offre la possibilité de rêver et de penser qu’une femme intelligence et moderne comme la Reine Mathilde ne soit pas un épouvantail d’arrogance, de prétention et d’arrivisme, mais la généreuse « maman » d’un peuple qui attend beaucoup d’elle.

En toute politesse, le titre « Madame » me semble à la hauteur d’une mission que nous, Belges, finançons, parfois avec quelques hésitations.
J’ose croire qu’elle sera la bonne épouse, qui offre amour et confiance à un Roi Philippe, confronté à une tâche ardue.

G. De Smet (13 septembre 2013)


-70- ATTENTION …DANGER !

« Une caricature représentant un prisonnier portant l'étoile de David sur un uniforme d'un camp de concentration et un Palestinien arborant le keffieh et l'inscription "Gaza", tous deux empêtrés dans des fils barbelés de manière à former une croix gammée, crée la polémique en Flandre. Le Comité de Coordination des Organisations juives de Belgique se dit "dégoûté". »
C’est ce que nous révèle la presse aujourd’hui. Cette caricature aurait été placée sur un portail d’échange éducatif, destiné aux enseignants flamands.
Les organisations juives, par la voix de leur porte-parole se disent outrées : « Cette caricature est doublement inacceptable puisqu'elle nie ou minimise la Shoah de 6 millions de Juifs en la comparant fallacieusement à un événement qui ne lui est pas du tout comparable », indique le communiqué envoyé par le CCOJB. Cette comparaison « relève, en fait, d'une propagande mensongère et diffamatoire pour le peuple juif et l'État d'Israël, mise en place depuis près de cinquante ans au niveau international et national par les groupes radicaux antisionistes ». Il ajoute même : « la caricature minimise la Shoah en la mettant en parallèle avec quelque chose de non-comparable, soit la souffrance du peuple palestinien ».

Dans la réponse « juive » à cette caricature, il me semble qu’il y a des propos insultants et disproportionnés :

Il ne faut cependant pas oublier que les Juifs ne furent pas les seuls à subir la barbarie nazie. Ils n’en ont pas le monopole !
Les Gitans, les handicapés, les homosexuels, eux aussi ont dû faire de la torture, de l’humiliation, de la mort leur quotidien. Cela n’a pas empêché les organisations juives de Paris, il y a quelques années, de refuser de se trouver en même temps que ces « parias » devant le monument français aux déportés  … Ne serait-ce pas aussi intolérant et « criminel » que l’antisémitisme.
Une victime de inhumanité et du sadisme ne donne à personne – fusse-t-il Juif – le droit de s’approprier le « silence » issu de la bestialité humaine. Une seule victime est un mort de trop et a autant droit à notre respect qu’un peuple exterminé. Il n’est pas ici question d’un record à paraître dans le Guinness Book !

N’est-ce pas faire peu de cas de la manière brutale dont les Sionistes, en 1948, se sont emparés de la terre d’Israël, de cette terre occupée depuis des millénaires par des Palestiniens qui n’étaient pas prêts à subir une invasion brutale et sans merci ? Ils devenaient ainsi les victimes collatérales de l’indifférence des grandes puissances … qui ont laissé faire.
A-t-il le droit de nier les massacres des camps de Shabra et Shatila ?
A-t-il le droit de nier l’arrogance des responsables sionistes dans l’exigence de frontières qui étouffent l’État de Palestine, ce qui le réduit régulièrement à des actes de désespoir et de terrorisme … des actes inadmissibles, mais compréhensibles ?
A-t-il le droit de passer sous silence le fait que la politique sioniste qui se développe en Israël est financée par les Juifs du monde entier – y compris ceux qui vivent chez nous ?
A-t-il le droit de fermer les yeux devant le mur de la honte qui sépare la Palestine d’Israël ? Notre époque n’a-elle pas tendance à faire tomber les murs ?
A-t-il le droit d’imposer brimades et humiliations aux Palestiniens obligés de traverser cette frontière séparant leur terre ?
A-t-il le droit, ce peuple qui a connu l’horreur des camps de l’imposer aujourd’hui à un peuple entier, à Gaza ou ailleurs … aussi sémites qu’eux ?
A-t-il le droit d’occuper des territoires dont il a pris le contrôle par la guerre et pour des raisons hypocrites et méprisantes : sa sécurité ? L’injustice conduit toujours à la haine et à la violence ! « Qui sème le vent, récolte la tempête », nous dit la sagesse populaire !
A-t-il le droit de taire la passivité de l’ONU face au drame humain qui se vit en Palestine ? Elle « pond » bien quelques résolutions, sans en assurer l’application.
Et nous pourrions continuer ce catalogue d’inhumanité qui à fait des Sionistes les plus grand antisémites de la planète …

La caricature est-elle vraiment une insulte envers le peuple Juif ?
Personnellement, je la considère comme la représentation de l’ignominie dont l’homme est capable au nom d’une idéologie, qu’elle soit nazie ou sioniste. Cela me semble être le même combat ! Elle ne me choque donc en rien !
Ce qui me choque nettement plus c’est l’expression utilisée par ce responsable inconscient : « … quelque chose de non-comparable, soit la souffrance du peuple palestinien ». Toute souffrance d’un être humain me semble un crime contre l’humanité … ce qu’Israël semble collectionner !

Arrêtons, à chaque fois qu’est mis le doigt sur l’injustice des Sionistes en Israël d’y lire un propos antisémite.
Arrêtons de relire l’Histoire avec des yeux qui arrangent nos consciences.
Arrêtons de voir l’antisémitisme, surtout là où le doigt est mis sur des injustices qui font mal et qui humilient des hommes, des femmes, des enfants … non en 1940, mais aujourd’hui !
Ce serait tellement plus simple, si face aux horreurs dont l’homme est capable, chacun se mettait à balayer devant sa propre porte !

G. De Smet (19 septembre 2013)


- 71-  UN NOUVEAU DALLAS SERAIT-IL NÉ CHEZ NOUS ?

Il y a quelques mois, en pleine crise économique, alors que les ouvriers d’Arcelor Mitall, entre autres, voyaient le ciel de leur avenir professionnel et familial s’assombrir de nuages noirs … la Reine Fabiola nous réservait quelques surprises.
Voyant son grand âge s’installer, elle allait créer une fondation aux objectifs obscurs, destinée à des « neveux ». Sous la pression populaire, ce Fons Pereos allait être dissout par la justice.
La presse nous révèle aujourd’hui un nouvel épisode de ce « Dallas » belge de mauvais goût.
Nous apprenons ainsi que « ses actifs doivent être reversés à la Fondation Astrida, une fondation similaire créée au lendemain de la mort du roi Baudouin. » (RTBF 22/09/2013)
Cette fondation est crée en 1992 par le Roi Baudouin, à la veille d’une opération cardiaque. Son but est « d'aider sur le plan religieux, scientifique, artistique et pédagogique les neveux et nièces de Sa majesté le roi Baudouin et de sa majesté la reine Fabiola entre autres. » Cette même presse nous apprend que : « Théoriquement, Astrida doit fournir une aide équivalente à des personnes "réputée appartenir au tiers ou au quart monde" ». (RTBF 22/09/2013).
Face à toutes ces informations, le Palais royal ne souhaite pas apporter de commentaire, cette Fondation n’étant pas de ses compétences !

Tout cela peut sembler très légal, puisque la Fondation Astrida est reconnue d’utilité publique » par la Justice !
Cependant, en juin 2012, le quotidien Le soir dénonce : « cette fondation publique serait à usage très privé. 60% de ses dépenses financeraient les voyages des neveux du couple royal. » Le journal s’interroge donc sur les véritables raisons de la création de cette Fondation : « Le Roi aurait-il voulu échapper en partie au droit de succession ? Selon un spécialiste, les taux en termes de succession pour ce type de fondation sont bien plus avantageux. ».

Dans un souci d’informer la population, on ne manque pas d’arguments pour justifier cette Fondation. Il serait question de perpétuer la mémoire de l’œuvre du roi décédé.
Très noble idée, serions-nous amenés à penser ! Mais pourquoi en Espagne et non en Belgique, dont il était pourtant le chef de l’État ?
Ne  prenons pas les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages ! Le journal « Le Soir » nous invite d’ailleurs à la réflexion, en ce sens : « Un Roi qui durant des années a perçu de l'argent public n'aurait-il pas du veiller à ce que des droits ordinaires de succession soient versés à l’État plutôt que de payer des voyages à ses proches?" » Et d’ajouter, en réponse au Palais : « C'est bien légal ...  mais pas forcément éthique ! »

Légal … éthique … deux mots qui me renvoient, comme Chrétien, vers une Parabole de Jésus, celle « du Pharisien et du Publicain.
Tous deux entrent dans le temple pour prier.
Le Pharisien monte à l’avant de la maison de prière et proclame, à la face de Dieu toute la légalité et toute l’éthique qui l’habitent.
Le pauvre Publicain, quant à lui, se place en retrait derrière un pilier et en toute humilité aborde Dieu avec tout ce qu’il est.
Dieu, lui indique sa préférence. Il se choisit le Publicain, comme l’authentique, celui qu’il a plaisir à rencontrer et à aimer.
Comprenne et traduise qui voudra !

La Belgique se familiarise avec les pas d’un nouveau visage de la Monarchie. Un nouveau Roi tente de créer son style et sa place.
Notre pays se trouve devant des échéances capitales pour son avenir : survivre et s'épanouir ou disparaître dans les caves de l’Histoire.
Nos régions traversent une crise économique et sociale qui écrase ses habitants, qui eux n’ont ni les moyens ni le luxe des connaissances pour créer des « Fondations obscures ».
Cette famille royale a été entachée depuis des années par des épisodes sulfureux qui n’ont cessé de jeter le discrédit sur une institution. Elle devait garantir l’unité nationale !
Les interrogations virulentes voient le jour quant aux dotations des membres de cette famille, alors que des milliers de Belges manquent du nécessaire pour vivre ou plutôt  survivre.
Qu’avons-nous à faire des neveux de l’ancienne reine ? Qu’avons-nous à nous soucier de leur avenir ou de leurs besoin d’évasion … nous ne les connaissons même pas ?
Qu’avons-nous à faire d’un lieu à la  mémoire de notre ancien Roi, perdu quelque part sous le soleil d’Espagne ? Une bonne partie des Belges n’ont pas les moyens de quitter le territoire national, le temps de quelques vacances ! Les Espagnols n’ont-ils déjà pas assez de soucis avec la mémoire de leur propre dynastie ?
Alors : STOP !

Le « Dallas » de la télévision a fini par lasser plus d’un parmi les téléspectateurs de nos contrées. Trop de magouilles, trop de luxe ostentatoire, trop de scandales ont fini par expulser ses acteurs de notre intérêt et de notre champ de vision.
Il pourrait en être de même face à cette vieille dame, qui certes fut l’épouse d’un Roi que nous avons aimé …
Il est un âge où la discrétion, la décence et l’éthique devraient être des moteurs pour avoir le droit de vivre et d’être reconnu dans sa dignité de personne humaine. Le respect n’est pas un devoir hypocrite : il se mérite !
Lors de son arrivée la Reine Fabiola nous apportait dans ses bagages « Douze contes merveilleux » qui ont enchanté notre enfance. Rien ne l’oblige aujourd’hui à les transformer en « Douze cauchemars nébuleux » qui nous la feraient détester à jamais.
Il est des jours où la noblesse ne doit pas être qu’un vernis, mais une grandeur d’âme et une vérité d’être. Elle offre alors une aura, faite de main tendue et de reconnaissance !
Madame, ne nous poussez pas au dégoût !

G. De Smet (23 septembre 2013)


-72- UNE HISTOIRE BELGE ET OCCIDENTALE

Depuis quelques mois, nous assistons à l’émoi pathétique du monde politique et de quelques responsables locaux face à ces jeunes qui, au nom de la guerre sainte, s’embarquent pour la Syrie ou répondent à l’appel d’autres groupes islamistes radicaux.
Nous entendons des déclarations, parfois surréalistes, mais nous sommes bien obligés de constater que peu d’actes suivent les paroles, pour empêcher de telles aventures suicidaires …
Est-ce, par exemple, normal que des mineurs d’âge embarquent si aisément dans nos aéroports ?
Par contre, quand un jeune de 15 ans, soutenu par sa maman, prend la décision de rejoindre un monastère tibétain, pour y vivre sa croyance et devenir, un jour, un « Maître spirituel », la Justice émet des réserves, prononce des refus et déploie des moyens indiscutables pour empêcher ce jeune de vivre son choix et de réaliser son rêve. Plus même, elle va jusqu’à mettre en cause l’autorité parentale et la bienveillance d’une mère soucieuse de l’avenir de son enfant.
Il nous est difficile de comprendre l’impuissance affichée d’une part et l’intransigeance qui s’affirme d’autre part. Deux poids, deux mesures … ou bien « On ne nous dit pas tout ! »

Revenons-en à ces jeunes de nos rues qui s’en vont vers la guerre sainte ! Cherchons à comprendre … l’incompréhensible !
Qui sont ces « recruteurs » qui s’en vont de quartier en quartier, à la rencontre des jeunes ? D’où viennent-ils ?
Ils sont de ceux à qui notre pays à ouvert la porte avec complaisance, au nom de la démocratie et des droits de l’homme … sans aucun discernement.
Ils sont ceux qui sont chargés d’une mission, qui pour mille raisons, puiserait son sens dans la religion.
Ils sont ceux qui utilisent des moyens, que des groupements de chez nous ont utilisés, jadis – au nom de la religion catholique – en envoyant des jeunes idéalistes sur le front de l’Est, pour y combattre le Bolchévisme.
Ils sont ceux qui, à l’image de nos croisés du Moyen-âge, s’en viennent proclamer une guerre sainte qui ne semble plus cadrer avec nos modes de pensées du XXIème  siècle.

À qui s’adressent ces « missionnaires » de la « guerre sainte ».
Ils vont à la rencontre des jeunes, originaires de familles que nous avons accueillies, mais à qui nous n’avions aucun avenir à proposer. Ces familles vivent leur expérience de l’Occident dans un désarroi profond et une désillusion indigne.
Ces jeunes viennent des bancs du désœuvrement et de l’ennui : pas de boulot, pas d’existence, pas de rêves, pas d’argent … et pourtant l’Occident devait être leur Eldorado !
Ils viennent de ces quartiers oubliés par le développement économique basé sur la finance et sur le pouvoir. Ils vivent parqués là, comme on le ferait pour des animaux.
Ils viennent de ces cités-poubelles, dans lesquelles, on les considère comme des parias, des bons à rien, des parasites … des « oubliés » du développement. La violence, la drogue semblent être leurs seuls défouloirs !

Auprès des « recruteurs », ils découvrent une existence. Ils sont « reconnus ». Ils se sentent considérés comme des êtres humains, comme des adultes, capables de changer le monde. Ils se voient proposer un avenir de héros, qui jusque là n’existait que dans les jeux électroniques.
Ils découvrent le fait qu’eux aussi peuvent être « quelqu’un ». Ils ont leur place dans une certaine société, loin de ce monde moderne qui les ignore.
Ils ont pour eux leur jeunesse, leur force, leur  capacité d’engagement, leur naïveté.
Ils ont pour eux l’envie de découvrir un autre monde que celui de l’Occident, qui n’a rien à leur proposer.

Les paroles de ces « témoins d’un autre monde possible » résonnent dans leurs oreilles et dans leurs cœurs … et y font « tilt ».
Ils découvrent une religion. Ils n’imaginent pas la manipulation dont ils font l’objet. Ils s’y engagent avec tout ce qu’ils sont, loin des mirages des pays riches qui exploitent et qui tuent toute une jeunesse.
Ils ont l’impression de donner un sens à leur existence, en s’engageant pour une cause juste … c’est bien cela qu’on leur a fait comprendre !
Hélas, la suite nous la connaissons : attentats, statut de « Martyr », violence … un gâchis, loin des préceptes de l’Islam qui est avant tout une religion respectable de paix et de fraternité.

Ces jeunes ont été dupés, comme ils l’ont été par les promesses de l’Occident.
Ils ont été dupés, comme l’ont été ces jeunes envoyés jadis au front de l’Est et qui, s’ils échappaient à cet enfer,  furent traités et jugés comme des « collaborateurs ».
Ils ont été dupés, comme ces milliers de pauvres, qui, au nom de la religion, se sont engagés dans le combat des croisades, devenant chair à canons pour quelques seigneurs en mal de gloire et de richesse.

Les parents ne comprennent pas !
Les États tergiversent, ne voyant pas de solutions …
Et pourtant, le chantier est vaste !
Est-ce acceptable que nous habitions un pays, dans lequel 62% des richesses appartiennent à seulement quelques nantis ?
Est-ce acceptable, que dans un pays,  dans lequel le chômage est l’horizon de plus d’une famille, le capital des plus fortunés  reste à l’abri de l’impôt ?
Est-ce acceptable que nous traitions une population à qui nous avons ouvert les bras, jadis, comme des déchets à évacuer … les diabolisant au nom d’une crise créée de toute pièce par le monde de la finance ?
Ne serait-il pas plus digne d’offrir un avenir à celles et ceux que nous parquons dans les cités de la honte ?
Ne serait-il pas plus digne d’inventer des modes de vie, des manières d’habiter ensemble qui permettent à chacun d’avoir une chance d’exister et d’être reconnu.
Ces jeunes, victimes de nos choix de société, n’auraient plus besoin, alors, d’embarquer dans des avions, sous l’incognito de l’indifférence.
Ils n’auraient plus besoin de se lancer dans des « guerres saintes » pour détruire, mais dans des  « combats saints » pour se construire.

Mesdames, messieurs les ministres, vous tous qui détenez des pouvoirs, cessez de palabrer et de verser des larmes de crocodiles !
Cessez vos courtes vues qui vous rendront populaires auprès de votre électorat !
Un vaste chantier est entre vos mains : celui d’offrir un avenir à notre jeunesse, celui de faire définitivement reculer la pauvreté.
Cessez d’épouser les intérêts des quelques nantis, qui vous le revaudraient un jour !
Une famille, un peuple multiculturel vous sont confiés, composés de forts et de faibles. Vous n’avez pas le droit d’exclure du bonheur l’un de ses membres, au point de le laisser au désespoir d’actes irréparables.
Traquer des sites suspects, interdire est une chose, aider à regarder dans la direction d’une espérance, en est une autre … plus urgente et plus digne.
Mission difficile, c’est, pourtant, la seule qui justifie la Démocratie !

G. De Smet (24 septembre 2013)


-73- J’AI HONTE D’ÊTRE BELGE !

Il y a des jours où, quand je regarde ma carte d’identité - ce précieux sésame que plus d’un cherchent à obtenir – j’ai honte d’être Belge !
Une affirmation forte, peut-être, mais elle reflète le sentiment que j’éprouve face au drame que vit Navid, ce jeune plombier afghan qui devrait être expulsé.
Il a quitté son pays en guerre depuis l’âge de 4 ans.
Il est arrivé, mineur, en Belgique en 2008. Il s’est établi à Waregem. Il a suivi une formation de plombier. Il vit en couple avec sa compagne et l’enfant de celle-ci.
Il vit heureux chez nous, il a payé ses impôts et, selon les dires de ses employeurs, il s’est bien intégré.
Mais voilà, le Commissariat-général aux réfugiés et aux apatrides vient de décider son  renvoi vers Kaboul, vers un pays qu’il ne connait pas, vers un pays qui vit l’insécurité au quotidien. La raison invoquée : il est arrivé au terme de sa période d’asile … On croit rêver !
Après des années de dures réflexions, des fonctionnaires, à la vitesse de l’Administration, ont pris une décision, laissant cet homme cultiver des espoirs et des efforts … pour rien.
La décision de ces « hommes de dossiers » a reçu l’aval de la ministre compétente (quoique je me permets de douter de cette qualité, quand il s’agit d’elle !), madame Deblock.

Depuis qu’elle occupe ses fonctions, elle est devenue, au nom de la fermeté, un sommet d’inhumanité. Sa moindre décision est une « énormité » d’incohérence et d’absurdité. Ce qui compte pour elle, c’est de faire du chiffre, ce sont les statistiques. Ne flatte-t-elle pas ainsi l’égo de son parti qui, en Flandre, finira par ne plus exister, s’il descend encore dans les sondages ?
Derrière ces données mathématiques froides et dures se cachent des êtres humains, avec un cœur qui bat, avec des peurs, avec des espoirs … cela n’a pas l’air de la concerner.
Cette femme est un monstre (dans tous les sens du mot), cultivant l’atteinte aux droits de l’homme, comme d’autres cultivent leur jardin.
Est-elle capable d’évaluer les efforts que des hommes, des femmes, des familles font pour pallier à la lenteur de son Administration ?
Est-elle capable de se laisser émouvoir par la détresse d’êtres humains qui voient leur avenir tuer dans l’œuf de leur espoir ?
Est-elle capable de réaliser que Navid n’est un poids pour personne. Il s’est intégré. Il paie ses impôts, il a appris le néerlandais (très utile pour vivre sous la terreur de l’Afghanistan !).
Non seulement, elle s’en montre incapable, mais en plus, cela n’effleure même pas sa conscience – si du moins elle en a une !
Elle se comporte comme un véritable éléphant dans un magasin de porcelaine et sa gouvernance est indigne du pays qu’elle veut représenter.
Qu’attend-on pour l’expulser et la renvoyer à sa médecine, pour y apprendre à nouveau l’Abc de l’assistance à personne en danger ?

L’énormité de cette décision nous vient d’un gouvernement qui n’en rate pas une.
Il vient de discuter, avec prudence, des dotations royales … comme si cela nécessitait tant de temps pour décider de sabrer dans ces cadeaux faits avec nos impôts. On met moins de gants quand il s’agit d’augmenter les impôts de simples travailleurs, oubliant au passage ceux qui ont été plus fournis par la fortune et le patrimoine.
Pendant ce temps, Navid, ce jeune plombier de Waregem, n’a été un poids pour personne. Il s’est intégré. Il a payé ses impôts, il parle la langue de la région dans laquelle il s’est installé.
On aimerait voir ces mêmes efforts faits par ceux qui, sans aucune honte, osent quémander des dotations, ou organiser des fondations douteuses. Là, pas d’expulsion … simplement un petit coup de nerf timide d’un premier ministre tout papillonné.

Honte à notre pays !
Certes, nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde !
Certes, il semble difficile de renvoyer des délinquants dans leur pays !
Certes, la crise économique a besoin de boucs-émissaires !
Mais il nous devient insupportable d’être conduits par des gouvernants irresponsables et inhumains, valets des banques, des capitaines de l’industrie, des agences de notations et d’une Europe sans âme.
Il nous devient insupportable de stigmatiser des hommes comme Navid qui se sont construits un nid honnête, pendant que nos dirigeants restent de marbre devant les exigences et les malhonnêtetés du monde la finance.
Il nous devient insupportable de devenir, chaque jour un peu plus, les victimes d’une « particratie » qui, avant d’envisager le bonheur de tous les citoyens, soigne sa place au soleil et flatte son électorat.

Alors Maggie Deblock … dégage … comme l’ont fait d’autres « dames de fer » avant toi ! Ça nous fera un retour de dignité !

G. De Smet (27 septembre 2013)


- 74-  LOGIQUE … ILS NE MANQUENT PAS D’AIR

Suite à une décision de justice, il a été prouvé que l’État belge avait prélevé trop d’impôts auprès des Belges. Pour ce faire, il a commis une « erreur » lors de l’indexation du code des impôts sur les revenus.
D’après les calculs de Test-Achat, les ménages auraient versé un surplus de 3 à 25 €, selon leur profil. Un formulaire de réclamation est disponible sur leur site internet.
Mais, que voulez-vous : l’erreur et humaine !
Dans un même temps, les journaux « De standaard » et « Het Nieuwsblad » nous révèlent que l’administration du fisc a décidé de serrer la vis : « Toute personne qui fait une erreur dans sa déclaration d'impôt recevra désormais une amende de 50 euros. Avant, la première erreur n'était pas sanctionnée. Les retardataires ou ceux qui ne remettent pas leur déclaration recevront la même sanction et les amendes augmentent aussi pour les récidivistes. »
Cette amende existait déjà, mais n’était pas appliquée !
Désormais, une explication sera demandée au « fraudeur présumé ». Si le citoyen parvient à prouver sa bonne foi, la sanction ne sera pas appliquée. « Pour les retardataires, le fisc envoie un rappel et s'il n'a pas de réponse dans les deux semaines, une amende allant de 50 € à 1250 € sera infligée. » (RTL 02 octobre 2013).

Contribuables … nous avons compris !
N’empêche que n’importe quel enfant ne comprendrait pas et parlerait d’injustice.
Que le Belge fraudeur soit sanctionné, on peut le comprendre et même encourager la décision.
Par contre que tous ceux qui s’y perdent dans ces codes et dans ces chiffres, établis au nom de la simplification de l’Administration, soient sanctionnés … il y a des bornes à ne pas franchir.
Elles sont d’autant moins à franchir que la décision d’un Tribunal de première instance avait abouti à la condamnation de l’État belge, pour une « erreur » dans la perception des impôts. Dans ce cas d’espèce, il nous est demandé de comprendre, il s’agit d’une « erreur » et non d’une « fraude ».
Quand un ministre se trompe de plusieurs millions dans sa présentation du budget, il s’agit là encore d’une simple « erreur » que l’on vient combler grâce à l’argent des contribuables.
Quand Dexia et d’autres mafiosi de la finance bancaire se plantent dans leurs jeux hasardeux au détriment de leurs clients, tout en engrangeant des bénéfices substantiels et en offrant des parachutes dorés indécents, on est bien content de trouver « l’argent virtuel » des Belges, qui comblera les « erreurs de gestion ».
Quand des multinationales viennent profiter des avantages fiscaux et des intérêts notionnels qui leur sont offerts, se retirant quand elles trouvent plus rentables ailleurs … on est bien content de trouver l’argent des contribuables pour aller au-devant du drame social que vivent des milliers de travailleurs expulsés : cela s’appellerait « la solidarité ».
Quand, au nom de grands principes, on se paie le luxe de financer une famille, au nom de  l’unité nationale, on invite le contribuable à comprendre et à ouvrir le portefeuille. On le fait même dans la logique des marchands de tapis des souks de Marrakech : «  C’est pas cher ! »

Mais « oublier une case » ou se tromper de case sur votre fiche d’impôt serait un délit aussi important que de griller un feu rouge … Ils nous prennent pour qui ?
On nous redit chaque jour que la crise frappe fort, qu’elle engendre beaucoup de victimes … et nous pouvons le constater chaque jour.
De là, à plonger sans cesse dans la poche du même contribuable : STOP !
Il doit exister d’autres sources de rentrée d’argent : le financement des partis politiques au nom de la démocratie, l’imposition des bénéfices tirés du capital ou du patrimoine, les dépenses faramineuses du moindre cabinet ministériel ou de la moindre administration, les cumuls des mandats, les rémunérations des patrons des grandes entreprises, les « nébuleuses » des intercommunales, les voyages et les frais de prestige, les primes de départ des parlementaires et autres, les dotations d’un autre temps … la liste pourrait être longue pour économiser, sans ressentir le besoin de venir plumer … toujours les mêmes !

Saurons-nous nous en souvenir « honnêtement » en mai prochain ?

G. De Smet (2 octobre 2013)


-75-  TROP IS TE VEEL

Nous apprenons, ce matin, une nouvelle décision du Palais. Désormais, nous aurons trois nouvelles dates imposées pour arborer le drapeau national : l’anniversaire du Roi et de la Reine et la date anniversaire de leur mariage … et après ?

Nous venons de subir pendant des mois les Fondations, pour le moins décriées par la population, de la Reine Fabiola en faveur de ses neveux espagnols … Et ce n’est pas fini !
Nous venons d’assister (et nous ne sommes qu’au début de la procédure !) à un roman sordide de reconnaissance de paternité et à l’étalement d’un passé qu’on aurait préféré oublier.
Nous venons d’assister à un changement de règne, offrant à l’ancien roi une prime de départ substantielle dont ne pourrait rêver aucun retraité, aussi méritant soit-il …
Nous venons d’entendre des revendications du peuple, seul souverain en Belgique, concernant les dotations des différents membres de la famille royale. Ces interpellations ne trouvant auprès de nos mandataires politiques que des idées de changements pour le moins modestes …
Nous venons d’assister à quelques Joyeuses Entrées, mobilisant en force les écoliers du pays et permettant de déballer un arsenal de toilettes, de chapeaux et de mauvais goût ostentatoire.
Nous venons d’apprendre une nouvelle idée de convenance pour orner du titre de « Majesté », une dame, certes respectable, mais qui ne jouit que du statut de mère des enfants du Roi (dixit la Constitution) … Serions-nous dans un remake du film immortalisé par Louis de Funès, « La folie des grandeurs » ? …
Et maintenant, cette mise en avant de leurs personnes royales, avant même qu’elles n’aient pu œuvrer pour une estime naturelle et reconnaissable !

Et après ? Pourquoi pas l’anniversaire des enfants royaux, leurs premières dents, le premier vélo des chérubins … ?
« Trop is te veel », affichions-nous lors des attaques adressées à l’encontre du Roi Baudouin ? Cette expression me semble de mise face à cette nouvelle décision.
Un nouveau visage de la Monarchie nous a été imposé, sans aucun souci démocratique … et nous tâchons de nous y habituer.
La démarche que doit faire le renard vers le Petit Prince, dans le célèbre livre de Saint-Exupéry, me semble plus appropriée à celle que devrait adopter le nouveau couple royal. Elle est faite d’humilité, de respect, de franchise et de petits pas délicats.
Car enfin, de qui est faite cette rencontre ?
D’une part, il y a ce peuple que la Constitution salue comme « seul souverain ».
Ce peuple, aujourd’hui, il souffre, il connait des fins de mois difficiles. Il est victime d’une crise créée de toutes pièces par le monde de la finance et des nantis qui n’en ont jamais assez.
Ce peuple, il voit un fossé se creuser, chaque jour un peu plus, entre riches et pauvres, entre électeurs et mandataires politiques.
Ce peuple, il se trouve à l’entrée de l’hiver. Il pense à l’ouverture d’abris pour les plus démunis. Il songe à une tenue chaude pour permettre aux enfants d’affronter les rigueurs de l’hiver … et pour cela, il se prive … pendant que d’autres étalent un luxe de tenues ridicules.
Ce peuple, certes il a besoin de rêve, mais il a, avant tout, besoin d’être rejoint dans ce qui fait son quotidien … et qui ne s’affiche pas dans le rassemblement de quelques écoliers ou dans quelques réceptions fastueuses dans des villes.
Ce peuple, il vit au rythme des fermetures d’entreprises. Il connait des pertes d’emplois. Les jeunes doutent de leur avenir. Les citoyens se font endormir par des promesses électorales peu respectueuses et écrasés par des impôts sans cesse plus lourds …
Dans la rencontre, il y a aussi ce nouveau roi qui, accompagné de son épouse ou non, a besoin de se forger une manière d’être et de permettre une osmose entre le peuple qui lui est confié et sa personnalité.
Ce nouveau Roi, il n’a pas qu’à vivre au rythme de « Joyeuses Entrées », même si une vieille tradition s’impose à lui. À la manière du « Roi-Chevalier », il doit être à la tête des hommes et des femmes du pays dont il a la charge paternelle. Sa mission
est de le conduire vers « un bonheur pour tous ».
Ce nouveau Roi, comme tout nouveau dans une fonction, a à prouver qu’il est à la hauteur de la tâche qui lui est confiée, malgré les peurs et les critiques d’il y a quelques mois encore.

La rencontre ne se fera pas dans un « bling bling » clownesque ou dans des exigences protocolaires d’un autre temps.
Au XXIème  siècle, une Monarchie, si elle veut exister, doit s’orner de l’humilité nécessaire pour n’être qu’un service qui engendre le bien de tous. C’est une œuvre de tous les jours !
Alors, au lieu de nous imposer des titres d’un autre âge ou des raisons personnelles de pavoiser, il serait préférable de nous donner de signes de crédibilité et des raisons de nous donner confiance. L’avenir de l’Institution en dépend, d’autant plus que l’avenir de l’unité du pays est incertain !

Une autre raison de mon émoi, c’est l’utilisation de nos trois couleurs nationales.
Elles ne sont pas là pour signifier un quelconque attachement à la famille royale, même si la présence du drapeau sur le toit du palais indique la présence du Roi dans le pays.
Le Roi possède son fanion, son chiffre, ses armoiries … cela devrait suffire !
Ces trois couleurs sont avant tout l’emblème d’une nation, d’un peuple souverain : la Belgique.
Souvenez-vous de vos cours d’Histoire : le noir des deuils, des malheurs, des tristesses d’un pays … le jaune du soleil de ses joies, de ses réussites, de ses espérances et de ses petits bonheurs ; le rouge du sang de ses héros qui ont offert leur vie pour que nous vivions dans la justice et dans la paix.
Ce drapeau a trop de valeur que pour être réduit à honorer une famille, aussi royale soit-elle ! Ne galvaudons pas ce qui fait notre fierté … même si aujourd’hui d’autres emblèmes signifient une identité !

Une dernière raison à mon « humeur », c’est l’imposition de nouvelles obligations face à la Monarchie.
Le Palais n’aurait-il donc rien compris ? Ne se rendrait-il pas compte que les temps ont changé ? Aujourd’hui, le respect, cela se gagne et cela se mérite … cela ne s’impose pas !
Qu’il continue ainsi … et des idées de nouveaux régimes pourraient voir le jour, car l’arrogance fini par tuer le rêve.
Un nouveau Roi, une nouvelle reine … que de défis à relever, que de personnes à rencontrer, loin du faste d’un protocole désuet ou du luxe de tenues qui sont ressenties comme autant de gifles données à une population qui a froid et qui a peur.
Un nouveau Roi, une nouvelle Reine … un service humble et efficace, fait de proximité, d’écoute et de ten
dresse … Au travail !

G. De Smet (7 octobre 2013)


-76-  AU SERVICE DE LA COMMUNAUTÉ

Un député libéral flamand (Open VLD) vient d’avoir une idée !
Pas mal pour un homme issu d’un parti qui cherche des bouées pour ne pas se noyer ! Cerise sur le gâteau : la presse et même ce billet d’humeur ont parlé de lui !
Quand on a une proposition dans ce parti, c’est d’ailleurs toujours dans le même sens : chasser, expulser tout ce qui dérange : étrangers, chômeurs … !  Demain, à qui le tour ?
Il propose que les chômeurs de longue durée, c’est-à-dire des demandeurs d’emploi depuis plus d’un an, prestent une journée par semaine « à des tâches administratives simples, à l'entretien des espaces verts ou à des petits travaux pour la commune, à servir à la cafétéria du hall des sports de la commune, etc. »
Cette idée lumineuse, il l’accompagne  d’une argumentation « qui fait sérieux » et qui flatte les oreilles de son électorat : «  Il y a actuellement 559.000 chômeurs en Belgique, dont 417.000 qui touchent une allocation. Cela coûte à la société 8,9 milliards d'euros ou, si l'on préfère, 25 pc de l'impôt des personnes physiques, sans qu'elle ne perçoive quelque chose en contrepartie. Cela menace l'assise de notre solidarité »

Si cette idée s’appliquait à tous les acteurs économiques et ceux de la vie publique de la même manière, peut-être que nous pourrions y trouver un certain intérêt.
Cette proposition ne manquera pas de nourrir un certain populisme primaire. Elle a cependant le don de m’irriter au plus haut point.
Tout d’abord, quel mépris pour ces hommes, ces femmes, ces familles qui appartiennent à la catégorie des « pas de chance ».
Ils n’ont choisi ni leur désarroi, ni leur galère !
Ils ont plus de 55 ans, ils ont une formation insuffisante … et ils sont « demandeurs d’emploi ».
Chaque jour qui passe est pour eux une humiliation. Ils vivent le sentiment de ne servir à rien, d’être exclus de la société, de n’exister pour personne.
En écrivant ces mots, j’ai en tête le souvenir d’un père de famille. Le matin, il quittait la maison, en même temps que son fils, afin de ne pas perdre la face aux yeux de son enfant.
Je pense aussi à ce jeune qui, après une formation scolaire sérieuse, ne cesse de rencontrer des refus d’emploi  … que voulez-vous, il ne possède pas assez d’années d’expérience !
Je pense encore à cet autre jeune papa, qui après des études brillantes dans une haute école, se retrouve au chômage, parce qu’il coûterait trop cher à son employeur … que voulez-vous, il est trop qualifié !
Certes, il existe des profiteurs du système. Ils ont trouvé la faille et s’y sont engouffrés pour construire leur vie de tous les jours. De là à « mettre tout le monde dans le même sac », il y a un pas que ce député libéral franchit. Cela me semble être indécent et « raciste ». Ne trouverait-on des fraudeurs que parmi les chômeurs ? Permettez-moi d’en douter ! Il y en d’autres qui ne sont pas riches par hasard !
Le travailleur ne peut apporter que le travail de ses mains, la force de son intelligence et la subtilité de son savoir-faire … encore faudrait-il créer de l’emploi ! Mais, que voulez-vous, répondrait ce député, les temps sont difficiles et puis les charges des entreprises sont trop lourdes, les salaires sont trop élevés et empêcheraient la compétitivité. À entendre les représentants du patronat, on finirait par pleurer avec eux !
Où sont les emplois proposés jadis par les multinationales, quand les aides de l’État pleuvaient ? Aujourd’hui elles ont trouvé le soleil ailleurs, laissant tomber au passage les mains et les cerveaux de ceux qui ont aidé à construire leur richesse … et là, pas un mandataire politique au gouvernail du navire !
Dans la poche de quel actionnaire a disparu le bénéfice de ces entreprises et de ces banques qui, au lieu d’investir et de créer de l’emploi se contente d’engranger des dividendes substantiels, grimaçant de mépris et de satisfaction ! 
Comment s’écrit le mot « crise » pour tous ces nantis qui ont profité du jeu de la bourse pour développer leur patrimoine et leur capital ? Comment s’écrit-elle pour ces détenteurs de grandes fortunes qui ont trouvé chez nous un paradis fiscal, pendant que d’autres n’y savourent que l’enfer au quotidien ?
Là, notre député libéral brille par un éloquent silence. Il se contente de stigmatiser un bouc émissaire qui, ô scandale, vit au dépend de la société. Chômeurs, étrangers, jeunes, vieux … ce seraient eux les responsables de la crise que nous traversons !

N’y aurait-il qu’eux ?
J’aimerais rappeler à ce député, ce représentant de la nation, que la crise économique qui a engendré un drame social sans précédent, nous vient du monde de la finance et du jeu hasardeux des banques.
Nous allions voir ce que nous allions voir, il y aurait une réglementation, des sanctions et un contrôle. Les années passent … et, comme sœur Anne, nous ne voyons rien venir.
Je voudrais aussi rappeler à ce député que pendant que certains s’acharnent au boulot, pendant que d’autres se coupent en quatre pour essayer d’exister, pendant que des impôts viennent grever un budget, rendant impossible une consommation usuelle, d’autres se trémoussent dans un luxe inouï. Pas de crise pour l’industrie du luxe !
J’aimerais aussi proposer des travaux d’intérêts généraux à tous ces députés qui brillent par leur absence aux séances de travail du Parlement.  Députés, sénateurs, les rangs sont parfois bien clairsemés ! Ne serait-ce pas aussi de l’argent dépensé facilement ?
Eux aussi vivent au crochet d’une société qui n’en voit pas de fruits en retour.
Je voudrais rafraîchir la mémoire de ce député qui semble avoir oublié les « cadeaux » ou parachutes dorés faits par ses amis politiques, à quelques « grands patrons » ou encore à quelques parlementaires qui n’assument plus leur mandat ou encore à de grandes entreprises qui sont venues profiter des intérêts notionnels inventés pour séduire.
Tous ceux-là aussi sont responsables de la crise.  Eux aussi profitent du système !

Au lieu de s’en prendre aux chômeurs et de les avilir encore un peu plus aux yeux de la population, se serait-il pas plus décent de s’attaquer aux causes du chômage ?
Ne serait-il pas temps d’accorder une égale valeur au travail et au capital, l’un ne pouvant se passer de l’autre et vice-versa ?
Ne serait-ce pas l’occasion de favoriser la vraie création d’emploi, celle qui permet un lien entre le travailleur et le capital qui ne peut s’en passer ?
Ne serait-il pas temps d’ouvrir les yeux et de combler ce fossé sans cesse grandissant entre le monde politique et la réalité que vit le citoyen ? Avant d’être une carrière, la politique est un service au profit du bien de toute la société !
Ne serait-il pas venu le moment de mettre de l’ordre auprès de tous ceux qui ont profité de cette crise économique et sociale pour s’enrichir ? Ils l’ont fait au dépend de ceux qui ne disposaient pas de leurs moyens pour en imposer ?
Ne serait-il pas l’heure de remplacer la loi du marché par l’importance de l’humain, peu importe sa race ou sa classe sociale ?
Ne serait-il pas précieux de vous souvenir que l’électeur pourrait se réveiller et ne plus vous offrir naïvement sa confiance ?
Arrêtez vos propos démagogues et œuvrez, enfin,  au diapason des espérances et des difficultés des citoyens qui comptent sur vous ! N’est-ce pas là le secret de la démocratie ?

G. De Smet (8 octobre 2013)


-77- HONTE ... À NOTRE BELGITUDE !

« 424 000 enfants vivent sous le seuil de pauvreté en Belgique »
Ce chiffre qui fait froid dans le dos nous vient d’une étude très sérieuse de l’IWEPS (l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statique.) Cette étude détaille ce chiffre en indiquant le nombre par région : «  Près d’un enfant sur quatre vit sous le seuil de pauvreté ou subit la déprivation en Wallonie, un sur dix en Flandre. Ce chiffre atteint 4/10 à Bruxelles. »

Dans le même temps, une équipe de football met les Belges en transe, au nom d’une qualification en vue de la coupe du monde de football. Des joueurs, payés de sommes astronomiques, gagnent un match et la fièvre s’empare du pays.
Mais ils n’ont fait que le métier pour lequel ils sont grassement rémunérés … réussir, n’est-ce pas ce qu’exigerait n’importe quel employeur ?
Ajoutez à cela Stromae, ce chanteur du moment où encore la victoire belge à l’Ironman à Hawaï : « Tout va très bien … ». Certains y lisent même l’avenir de l’unité nationale !
Ajoutez encore ces discussions interminables sur les conflits d’intérêt de quelques grands patrons, rémunérés pour leur talent à « magouiller » (pour certains !), les manœuvres urgentes et désespérées pour venir en aide aux banques et à des entreprises qui confondent embauches et dividendes, ou encore les décisions ridicules d’un gouvernement concernant la limitation des dotations royales, les pour et les contres les indemnités de départ pour parlementaires, les « expulsions » d’étrangers, à la mode De Block, les toilettes, d’un certain goût et d’un certain prix, affichées lors des Joyeuses entrées …
Nous voilà en plein pays où naquit un jour le surréalisme !

Cette Belgique, nous la rêvons dans une Europe prospère, dans laquelle l’Allemagne, cette nation « qui réussit » invente une nouvelle catégorie de travailleurs : les pauvres. Pendant ce temps-là un évêque s’y pavane dans un luxe inouï. On croit rêver !
Cette Belgique nous la voulons partenaire d’une Europe qui voit ses mains et ses consciences pleines du sang de ces réfugiés de Lampedusa ou de Malte. Que voulez-vous c’est plus important de soutenir un marché et de faire du chiffre ou encore d’envisager l’avenir de la planète ou les formes des carottes que de sauver des hommes et des femmes qui tendent les bras ne rencontrant que nos égoïsmes et nos bonnes consciences.
Certes, on ne peut accueillir la misère du monde entier … mais nous ne sommes pas obligés de l’exploiter ou de la créer … pour des buts qui nous arrangent !
Nous avions des idées sur la Syrie, il fallait punir le dictateur ! Des réfugiés ont tenté de venir vers nous : nos portes étaient fermées !

Honte !
Honte à vous, hommes d’État et responsables en tous genres. Beaucoup parmi vous ont remplacé la conscience par le portefeuille, l’appât du gain ou encore la réussite de la carrière.
Honte à vous, responsables wallons et opposition qui savez vanter les mérites des éoliennes, qui savez envisager l’avenir de la planète, inventer des plans Marshall à répétition, mais vous vous révélez être incapables d’affronter cette misère qui accable la population. Vous attendez quoi … qu’il y ait quatre enfants sur quatre qui vivent sous le seuil de pauvreté ?
Honte à vous, banquiers, publicitaires, agents de la consommation … vous poussez à des crédits fous et amoraux une population qui a besoin de rêver et qui n’en a pas les moyens.
Honte à vous les médias qui ne placez à la une de vos éditions que ce qui se vend, ce qui brille et non la réalité qui fait le quotidien de tant d’hommes et de femmes de chez nous.
Honte à vous, les nantis. Vous vivez les bras recroquevillés sur votre argent, sur votre image, vos héritages, scrutant les courbes de la bourse et cherchant les bonnes affaires … tant pis si d’autres crèvent de faim ou de misère.
Honte à une société qui se construit en laissant de côté des humains, des enfants … sa mort est annoncée !
Oui, honte !
Il est temps de se réveiller !
Il est temps d’ouvrir les yeux et d’affronter les injustices qui blessent l’homme peu importe son âge, sa religion, sa classe sociale, sa race.
Il est temps de se laisser attendrir par l’enfant qui voit tout le luxe des vitrines et des feuillets publicitaires, qui envie toutes les possibilités de ses petits camarades et qui devra se contenter d’en rêver.
Il est temps de lutter enfin, sans mot, sans discours, mais par des actes et en vérité contre « le crime »  de la misère … que nous cautionnons tellement bien par nos choix de société.
Je fais le rêve d’un pays qui avant d’applaudir la victoire d’une équipe de football est capable d’ouvrir les bras pour aider « tous ensemble » à rendre le bonheur accessible à tous … Alors, oui, quel feu d’artifice et quelle fierté !
Je rêve d’un pays dans lequel un article de la Constitution serait vécu au quotidien : « Tous le Belges sont égaux »

G. De Smet (14 octobre 2013)


-78- LE  CRI DU DÉSESPOIR

La presse nous apprend, ce matin, le suicide d’Alain Vigneron, un militant syndical travaillant au sein d’ArcelorMittal, à Liège.
Un drame qui s’ajoute à tous ces autres dégâts humains liés à la course à l’argent et à la mondialisation.
Avant de commettre l’irréparable, Alain nous laisse une lettre poignante, dont voici quelques extraits :
« Chère famille, je vous dis mes derniers mots. Je veux que vous respectiez ma femme et ma fille, ils n’y sont pour rien. Je les ai fait souffrir énormément à cause de mon boulot pour Monsieur Mittal. Il m’a tout pris : mon emploi, ma famille. Combien de familles va-t-il encore détruire ? Moi, je n’en peux plus de ce milliardaire. Vous savez, je me bats depuis 31 ans pour avoir un petit quelque chose. Et voilà je vais perdre mon emploi et combien de familles vont le perdre, Monsieur Mittal ? »
« Ma petite femme et ma fille, je veux que vous sachiez que je vous aime mais Monsieur Mittal m'a tout repris: la fierté, la politesse et le courage de me battre pour ma famille »

Cet homme de 45 ans, qui laisse derrière lui une vie rythmée par un cœur qui bat, pointe aussi du doigt les responsables politiques : « Je me bats depuis 31 ans... Cher gouvernement, allez-vous enfin sauver les milliers d'emplois des familles qui en valent la peine ? »
Un de ses ami témoigne : « Ici, il laisse tout, il l'écrit dans la lettre. A partir du moment où on réduit un homme à ne plus savoir s'occuper de sa famille, malheureusement ça nous conduit à vivre des gestes comme celui qu'Alain a fait. On risque malheureusement d'avoir encore des cas comme celui d'Alain, donc on va devoir redoubler de vigilance et à tout prix essayer de mettre en place de manière un peu plus suivie, dès qu'on repère qu'un travailleur a des difficultés »
Gênée aux entournures, la direction d’ArcelorMittal réagit d’une manière pour le moins hypocrite : « Je présente mes condoléances à sa famille. L'entreprise est prête à fournir tout le soutien nécessaire à cette dernière ».
En toute inconscience, elle ajoute : « Nous savions qu'il traversait des difficultés depuis plusieurs années et nous lui avions fourni une aide psychologique ». Elle insiste auprès de ses travailleurs condamnés « à avoir recours à la cellule médico-psycho-sociale d'ArcelorMittal Liège qui existe depuis près de 20 ans ». Et d’insister lourdement : « un service d'appel d'urgence, opérationnel 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, a été mis sur pied dès l'annonce d'octobre 2011 concernant la fermeture de la phase liquide de Liège ».
Le monde politique lui aussi cherche à se défendre par la bouche du ministre de l’économie. Il veut inciter tous les négociateurs de la liquidation des ouvriers d’ArcelorMittal  « à chercher et trouver toutes les solutions possibles pour limiter au maximum les pertes d'emploi et accompagner de la manière la plus efficace et la plus humaine les travailleurs concernés par les décisions d'ArcelorMittal. »

En prenant connaissance de cette information dramatique, j’ai pris mon dictionnaire et j’y ai cherché la signification de deux mots :
Le premier : « Hypocrisie » : « Défaut qui consiste à dissimuler sa véritable personnalité et à affecter des sentiments, des opinions et des vertus que l’on n’a pas ; fausseté »
Le deuxième : « Crapule » : « Individu capable des pires bassesses ; canaille. La crapule, l’ensemble des gens qui vivent dans la débauche et la malhonnêteté ; racaille ».

Ces mots rejoignent ce que je ressens face à ce drame social.
D’abord, la tristesse et la consternation. Savoir qu’un homme met fin à ses jours, parce qu’il a été détruit par son employeur, parce que ses rêves les plus légitimes lui ont été arrachés, parce qu’il a tout perdu dans l’aventure, ce qui lui tenait le plus à cœur, sa famille … Oui Tristesse et consternation !
Notre société est profondément injuste. Elle oublie que derrière les mots à la mode, comme « marchés » ou encore « compétitivité, rentabilité, mondialisation », il y a non seulement la course à toujours plus d’argent, mais surtout des visages et des vies, d’hommes, de femmes, d’enfants … des vies de familles.
Ils n’ont que le travail de leurs mains, leurs compétences à apporter. C’est d’ailleurs cela – et cela seul – qui permet à l’argent de quelques nantis de fructifier. Ils sont traités avec un mépris et une insolence qui crie vengeance au ciel.
Un travailleur, cela se respecte ! Il a une dignité, une fierté qu’on n’a pas le droit d’exploiter et de presser comme un citron, avant d’aller chercher de nouveaux dividendes sous des cieux plus cléments.
Un travailleur, cela mérite notre respect et notre admiration … sans les travailleurs,  les bourses et les marchés ne pourraient pas devenir ces jeux de casino immondes que pratiquent tant de multinationales.
Chez Alain, c’est toute une famille qui est brisée. Avec lui, c’est toute une corporation qui est interpellée et « suicidée » … À quand le prochain ?

Le deuxième sentiment qui me ronge, c’est la colère et l’envie de révolution !
Colère contre ces hypocrites dont parlent le dictionnaire et qui désormais, dans cette affaire ont un visage : celui de ce milliardaire indien sans scrupule. Comme d’autres de ces patrons véreux, il exploite l’homme au maximum. L’important c’est d’étendre son empire et d’accroître sa fortune … et pour cela tous les moyens sont bons.
Il est venu avec des promesses et des rêves, quand les aides publiques pleuvaient pour séduire. Il allait créer de l’emploi. On allait voit ce qu’on allait voir … et nous avons vu !
Nous avons vu que désormais il a du sang sur les mains.
Nous avons vu qu’il a semé la misère, là où il est passé.
Nous constatons qu’il appartient à ce peuple des « crapules » dont parle le dictionnaire. Il appartient à cette « racaille » qu’un ancien président français voulait nettoyer au Karcher.
Un autre visage de ces « hypocrites », je le vois dans celui de ce représentant de la direction d’ArcellorMittal. Il se dit attristé. Il ose parler d’une personnalité fragile, alors qu’il avait en Alain, dans des temps meilleurs, un battant au service de son entreprise. Il veut régler une perte d’emploi et la fin d’un rêve par une aide psychologique et une ligne ouverte 24h/24. Cela frôle la malhonnêteté intellectuelle, si pas l’imbécilité. Quand on est coupable, on assume … c’est cela la dignité ! Il se propose d’aider la famille en difficulté … aurait-il un pouvoir de résurrection ? Pauvre type … il ferait presque pitié ! Il n’est qu’un valet de ce monstre indien, dont l’arrogance est à la hauteur de l’inhumanité qui le hante !
Parmi ces « hypocrites », je ne voudrais pas oublier le monde politique.
Il savait que fermeture de site industriel, que délocalisation … que tous ces concepts étaient synonymes de perte d’emplois, de chômage, de misère … et demain, de révolte !
Au temps de gloire, il promettait des aides aux investissements, des intérêts notionnels, des avantages fiscaux en tous genres … et il n’a rien vu venir.
Il n’a rien vu venir parce qu’il vit à l’horizon de 4 ou 5 années, le temps d'une possible législature, le temps de satisfaire et de promettre à un électorat qui le croit sur parole.
Il n’a rien vu venir, parce qu’il vibre au rythme de l’argent, du capital. Il avance aux pas des agences de notations, des décideurs économiques et d’une Europe machiavélique. Il a fait de la loi du marché un crédo pour vivre, excluant une population qui ne cesse de s’appauvrir.
Il est du côté des riches de plus en plus riches, regardant avec condescendance et mépris vers ces pauvres qu’il a créés. Il va même jusqu’à imaginer un travail volontaire ou imposé à des hommes et des femmes qu’ils ne cesse d’humilier au quotidien.

La mort d’Alain, c’est la goutte qui fait déborder le vase !
Si notre société veut subsister, il est temps qu’elle se ressaisisse et qu’elle regarde le visage de l’homme.
Il est temps qu’elle y contemple les traces des rides façonnés par les épreuves et les attentes de la vie.
Il est temps qu’elle se donne des priorités et qu’elle fasse le choix de l’homme et non de l’argent, sans quoi, elle tue son avenir.
Ne laissons plus les hypocrites et les crapules diriger le monde, il y va de notre dignité !

G. De Smet (16 octobre 2013)


 - 79- LE MANTEAU DE LA POLÉMIQUE


2.400 euros !
C’est le prix du manteau jaune « poussin »  que portait la reine Mathilde, lors de la Joyeuse entrée à Liège. C’est ce que nous révèle Sudpresse, qui aurait puisé l’information dans le Daily Mail.
Jusqu’à présent, les spécialistes de la Monarchie justifiaient les tenues de la Reine Mathilde, en nous indiquant l’événement qui avait déjà été orné par tel ou tel vêtement.
Ici, ça va être plus compliqué !
Le magasin new-yorkais, « Opening Ceremony » dans lequel la Reine a effectué l’achat, se fait un devoir et un honneur d’arborer un drapeau belge sur son site internet et de nous présenter « la reine du chic ».

Et tout cela à Liège !
Cette ville vibre au diapason du désespoir des ouvriers d’ArcelorMittal. Elle angoisse au rythme de l’effondrement de la sidérurgie.
Cette ville appartient à une région, la Wallonie, qui connait un taux de pauvreté scandaleux. Un enfant sur quatre y vit sous le seuil de pauvreté !
Cette région, comme tous les habitants du Royaume, connait une crise économique et sociale impressionnante. Les fins de mois y sont difficiles pour beaucoup. Le taux de chômage est élevé, révélant des drames humains, comme le suicide de cet ouvrier liégeois. Des familles se serrent la ceinture, en essayant de ne pas trop en pénaliser les enfants. Certains se privent pour que leur enfant ait un manteau chaud pour l’hiver …
Et pendant ce temps « Sa Majesté » se laisse admirer par son peuple, dans un manteau non seulement ridicule, mais en plus d’un prix extraordinaire : près de 2.400 euros !
C’est un peu oublier son milieu d’origine : une aristocratie ruinée qui a su faire le bon choix au bon moment. Bien des habitants de la région de Bastogne pourraient témoigner de cette situation peu florissante. Ils n’ont pas manqué de faire dans le célèbre livre controversé de Monsieur Deborsu … ce livre qui s’avère être, chaque jour un peu plus, un catalogue de vérités qui ont de quoi déranger. De récentes émissions de télévision en témoignent !
C’est un peu oublier qu’être reine aujourd’hui, c’est être la Mère, la maman d’un peuple … comme a pu l’être en son temps, la rien Elisabeth, de glorieuse mémoire. Elle n’a pas hésité à troquer son habit royal contre la tenue d’infirmière et de tenir la main du soldat blessé au combat.
Ce peuple, il traverse, au quotidien, les trois couleurs du drapeau national.
Il connaît le noir de la misère qui coule d’une crise qu’il n’a pas créée et qu’il doit aux nantis et à leur égoïsme.
Il espère le jaune de la joie d’une victoire des Diables rouges ou du succès et de la réussite, qui heureusement, frappent parfois à la porte.
Il connaît le rouge des combats de ces ouvriers licenciés, de ces hommes et de ces femmes qui n’en peuvent plus de vivre écrasés.
C’est un peu oublier qu’être reine, c’est un service humble et pauvre, fait de mains tendues, d’oreilles attentives et de gestes prophétiques qui ouvrent les portes de l’espérance.
Il ne lui est pas demandé de s’habiller de loques défraichies, mais de rester dans la simplicité qui honore un peuple qui souffre.

2.400 euros, c’est deux fois le salaire mensuel d’un ouvrier.
2.400 euros, c’est le prix de la honte et de la trahison d’un peuple.
Il a fait confiance à ce nouveau couple régnant. Il a cru à une époque nouvelle, faite de proximité et de transparence. Il a espéré un rêve qui n’en met pas plein la vue, mais qui, au contraire, se fait main tendue et partage de situations. Aurait-il eu tort ?
Aujourd’hui, par la publication de ce prix de 2.400 euros, il se sent trahi. Il se sent incompris par l’étalement d’un tel luxe qui ne cadre pas avec les difficultés d’hommes et de femmes dont ils se veulent les guides et les modèles. Cela frôle l’inconscience !
Désormais, ces entrées n’ont plus rien de « joyeuses ».
Elles semblent être l’étalement d’un bling bling ridicule et de mauvais goût.
Elles dérapent comme étant le scandaleux étalement d’un luxe choquant et une injure pour toutes celles et tous ceux qui ne disposent plus des moyens élémentaires pour vivre.

Ce  n’est pas le tout de vouloir porter le titre de « Majesté » !
Ce titre, il est orné d’un respect, d’une gratitude, d’un honneur offert par un peuple qui a découvert une raison de croire en la vie.
Ce titre, il est porté par des hommes et des femmes, habités par une noblesse du cœur et une grandeur d’âme qui se conjuguent en termes d’humilité et de présence … On est loin là de la manière d’être de quelques parvenus et les nouveaux riches qui rêvent d’être quelqu’un, simplement par un mariage ou par un héritage.

Après les fondations, les cuisines équipées, les enfants éventuels non-reconnus, les dotations … voici un nouvel épisode d’un tel mauvais goût qu’il met l’avenir de l’institution monarchique en péril.
Merci, Madame ! Avec tout le respect que je vous dois, permettez-moi de vous dire qu’il y a des dépenses qui invitent à se cacher !

G. De Smet (17 octobre 2013)


 -80- ALERTE … RACISME !

Nos sociétés modernes se sont dotées d’un organisme qui, au lendemain de la deuxième guerre mondiale, semblait être indispensable.
En effet, la Société des Nations devenues Organisation des Nations Unies devait veiller à assurer la paix et la justice au monde entier.
Projet ambitieux et louable !
Tout irait bien, si cette vénérable institution en restait à son but initial.

Mais voilà … Au nom des grands principes, elle vient de découvrir dans le folklore, une tradition qui met l’équilibre du monde en danger : Saint Nicolas est accompagné par un Père fouettard noir !
Depuis des générations, les enfants de certaines contrées attendent avec impatience ces deux héros sympathiques. Ils leur apportent un peu de bonheur et de rêve, le temps de recevoir un peu d’amour sous forme de jouets.
Mais, c’était sans compter sur la vigilance des « fonctionnaires de la paix », qui ont vu dans cette attente une source de racisme inacceptable, aujourd’hui !
Aux Pays-Bas, où Saint-Nicolas est un  moment incontournable, certains estiment même qu’il faudra envisager la suppression de l’événement et se contenter du Père Noël. Une tradition toute américaine s’il en est !
J’imagine, qu’aujourd’hui, dans le ciel de fin d’année les conférences au sommet, les dialogues, les remises en questions entre Saint Nicolas et le Père Noël doivent aller bon train. Même Jésus doit se poser des questions !
L’un est accompagné par un serviteur noir, rappel de l’esclavagisme et du racisme qui détruit nos vies en société.
L’autre est blanc et ne peut donc, en conscience, être le pourvoyeur paternaliste de bonheur aux petits noirs qui n’auront qu’à se passer de ce moment de rêve … au nom des grands principes.
Quant à Jésus, dans nos crèches, il sera blanc ! Honte !

Après l’Europe qui s’étourdissait sur des causes aussi poignantes que la vitesse des essuie-glaces ou la forme des carottes admissibles dans le commerce, voici que l’ONU palabre sur le folklore de  nos régions. Nous aurions presque envie d’en rire, mais le premier avril est encore loin !
N’y aurait-il donc rien de plus urgent pour la planète et les hommes qui l’habitent ?

Est-il indispensable de payer autant de fonctionnaires pour débattre de ces broutilles alors qu’existent les véritables maux qui gangrènent la planète ?
Est-il nécessaire de laisser cette organisation dévier de ses raisons d’exister pour s’enfermer dans des détails qui n’éviteront pas l’injustice, la guerre, le racisme … et j’en passe ? Les causes n’en seraient-elles que la couleur de peau du Père fouettard ?
Ne faudrait-il user de l’énergie pour affronter les véritables causes de tous ces cancers qui défigurent le visage de l’homme ? Après tout, c’est à cela que cela sert !

Permettez-moi d’adresser, au terme de ce billet d’humeur quelques mots au Père Noël et à Saint Nicolas !
Chers amis,
La couleur de votre peau, la longueur de votre barbe, les caractéristiques de vos compagnons de nous intéressent pas.
Nous préparerons la carotte pour l’âne et nous ferons ramoner la cheminée.
Restez comme vous êtes … peu importe l’avis de ceux qui se croient grands en ce monde !
Apportez un peu de bonheur aux enfants du monde entier, ceux que les puissants oublient si souvent dans leurs lois de marché ou dans leur course à la compétitivité.
Apportez un peu de rêve à tous ceux qui n’ont plus ni le temps, ni les moyens de s’évader.
Nous vous promettons d’être toujours sages et espérons vos bonbons de joie et d’innocence. Venez, venez … Venez, venez  et n’oubliez pas nos petits souliers !

G. De Smet (23 octobre 2013)


 -81- « BURN OUT » DANS LE CLERGÉ

En 2012, l’Université salésienne de Rome s’est intéressée à un phénomène inquiétant qui fait de plus en plus son œuvre au sein du clergé : le burn-out.
L’enquête qu’ils ont menée auprès de 300 prêtres du Diocèse de Rome, indique qu' « environ un tiers d'entre eux éprouvaient des difficultés à vivre sereinement leur engagement pastoral. Des chiffres confirmés par ailleurs ».
« Ce stress dont souffrent les prêtres (et dont ils n'ont parfois pas conscience), serait généralement lié à leur surcharge de travail, à une certaine solitude ecclésiale, mais aussi au rapport qu'ils ont avec le temps libre. Il se traduit généralement par de la nervosité, des tensions et des crispations dans les relations avec l’entourage, et par des difficultés à prendre du temps pour soi, se détendre, lire, se préparer un repas ».

Ce phénomène devrait être comme une sonnette d’alarme auprès de quatre acteurs de l’action pastorale : les évêques, les communautés d’Église (Paroisses …) les confrères et les prêtres eux-mêmes.
Auprès des Évêques et des autorités diocésaines !
Il est de bon ton aujourd’hui d’établir des plans pastoraux, d’envisager parfois l’Église de demain. Des commissions et des groupes de travail se mettent en place, créant des plans et des propositions  intéressantes. Ils devraient pouvoir devenir réalité avec un personnel clérical de moins en moins nombreux et souvent âgé et des bonnes volontés qui acceptent de s’engager, en plus de la vie active qu’ils mènent par ailleurs.
Résultat : les deux instruments qui voient le plus la main du prêtre, ce sont son agenda et le volant de sa voiture.
Il court de messe en messe, de réunion en réunion, oubliant, au passage qu’il est un être humain aux forces limitées.
Il gère son temps comme il peut, au gré des célébrations, des rencontres en vue d’un Baptême ou de funérailles … oubliant qu’il n’y a que 24 heures dans une journée. Il prend sur ses heures de repos, sur ses temps indispensables de loisirs et de détente. Il mange quand il peut et en vitesse …. Tout cela, jusqu’au jour où la machine qu’est le corps humain crie STOP !
Un évêque me disait un jour : « un prêtre n’a pas de vie privée ». Je suis au regret de lui répondre, avec tout le respect que je lui dois, qu’il se trompe et si la considération pour ses prêtres est de ce niveau, il vaut mieux démissionner de sa fonction spectaculaire.
Nous savons Messeigneurs, que vos têtes sont encombrées par mille défis, au nom de l’annonce de l’Évangile.
Vous ne disposez plus d’assez de prêtres pour assurer toutes les célébrations, dans toutes les paroisses … Mais les mêmes services que jadis sont attendus et l’urgence est là …
Vous voyez vos églises qui se vident, ne rencontrant plus les attentes et les horaires d’éventuels participants …
Vous voudriez des engagements de laïcs pour demain, mais il semble ardu d’inviter à des formations …
Vous souhaitez la célébration de messes dominicales partout, n’envisageant que timidement la célébration de temps de prière sans la présence du prêtre.
Nous ne voudrions pas être dans votre peau, ni de devoir endosser vos responsabilités … mais pouvez-vous en conscience exiger l’impossible d’êtres humains de bonne volonté, mais susceptibles de stress ?

Aux confrères, j’aimerais demander de rester « humain ».
Avant d’annoncer l’Évangile, avant de parler « d’Amour » … osez les pas de l’attention et de fraternité envers celui qui est prêtre, comme vous.
Dans vos réunions, dans vos rencontres, vous évoquez vos confrères malades ou âgés … J’ose même croire que vous priez pour eux ! Et si vous preniez le temps d’un petit mot, d’un coup de téléphone ? Pour en avoir bénéficié quelques rares fois, je peux dire que ça fait du bien.
Souvenez-vous de leur anniversaire (ça se trouve dans l’annuaire du clergé !).
Partagez avec lui des événements heureux ou malheureux qui le touchent … Vous aimeriez tellement qu’on vive cela avec vous !
Encouragez-le quand il réussit une entreprise que vous n’avez pu réaliser vous-mêmes.
Tournez votre langue dans votre bouche sept fois, avant de vous acharner à le démolir et à le salir.
Ne vous intéressez pas aux confrères quand ça vous arrange ou quand vous en avez besoin ! Ils ne sont pas un kleenex qu’on jette après usage !

Cette sonnette d’alarme s’adresse aussi aux communautés chrétiennes, et je pense plus particulièrement aux paroisses.
Je voudrais rendre un vibrant hommage à toutes celles et à tous ceux qui s’engagent. Ils mettent toute leur bonne volonté et leurs moyens pour aider le prêtre et construire avec lui le « dynamisme » de la communauté. Ils sont peu nombreux et se disent souvent entre eux : « Ce sont toujours les mêmes ! » On vous appelle avec un clin d’œil les « qui font ».
Il y a aussi tous les « y-a-qu’a », « vous devriez », « il faudrait » …
Ils veulent que leur enfant fasse sa communion, mais ils ne sont guère prêts à s’investir et à l’accompagner. Le prêtre n’a qu’à le faire, c’est son métier, il est payé pour ça … mais il me faut que la fête puisse avoir lieu !
Ils veulent se marier à l’église, ils veulent des funérailles ou encore un Baptême, peu importe l’heure, sans trop de soucier de préparation ou d’exigences parfois farfelues : le prêtre n’a qu’à être disponible … il est là pour ça !
Ils exigent une messe dominicale à l’heure connue depuis toujours, peu importe si le prêtre doit être présent dans plusieurs paroisses. S’il n’a pas le temps de saluer les gens qu’il croise, tant pis, l’important c’est que, égoïstement,  j’ai « ma messe » !
Chers paroissiens, certains parmi vous exigent … Mais avez-vous le souci de vous intéresser à lui quand vous pensez à lui dire bonjour ?
Avez-vous l’inquiétude de savoir s’il a eu le temps et la possibilité de manger ou encore de se donner des heures de repos ?
Avez-vous le souci de sa santé, au point de vous en inquiéter ?
Savez-vous le remercier pour une célébration réussie ou pour un service qu’il vous a rendu ?
Savez-vous l’encourager quand ça n’a pas l’air d’aller ou le sortir de sa solitude quand elle se fait lourde ?
Savez-vous le rejoindre dans ce qu’il propose ou n’utilisez-vous l’église que selon vos besoins et vos envies ?
N’oubliez pas que s’il est prêtre, il est avant tout un être humain avec son caractère, avec ses rêves et ses espérances, mais aussi avec les limites que lui imposent, entre autre, son corps !
Poussez-le à prendre du temps pour lui, pour son équilibre, pour sa détente … comme tout le monde, il en a besoin !

Enfin cette sonnette d’alarme résonne pour le prêtre lui-même.
Prenez le temps de devenir un homme de Dieu. Pour cela donnez-vous, loin des rigueurs de votre agenda, du temps pour la prière, la lecture de la Parole de Dieu … Vous ne pourrez donner que ce que vous avez reçu !
Prenez plaisir à rencontrer vos confrères et votre évêque. Avec vous, ils peinent sur la même barque, celle de Pierre ; y souffle la même parole de sérénité : « N’ayez pas peur ».
Apprenez à maîtriser votre agenda et inscrivez-y deux rendez-vous journaliers capitaux : un avec Dieu et un avec vous-même.
Je me souviens de ce confrère séminariste, qui avant d’écouter l’ami qu’il rencontrait, prenait son agenda pour voir s’il avait le temps de l’écouter et de l’aider.
Prenez le temps de noter votre emploi du temps : que de courses inutiles, que de temps perdu, que de gâchis au nom d’une rentabilité pastorale !
Prenez le temps de rencontrer les besoins de votre corps : manger, dormir, se détendre, se reposer, prendre des vacances … votre équilibre et votre santé en dépendent. N’attendez pas qu’il soit trop tard et que l’épreuve de la maladie vous impose désormais ses lois.
Apprenez à dire « non » quand vos forces vous font défaut ou quand les demandes vous dépassent … L’annonce de l’Évangile se fera encore après vous !
Prenez le temps d’être un homme à part entier, un homme de ce temps, un Chrétien conscient que c’est Jésus – et lui seul – qui guide son Église. Son avenir ne dépend pas de nous, ni de notre action.

Vous me direz : « pour qui se prend-t-il pour nous prodiguer tous ces conseils ? »
Oh ! Pour personne ! Pour moi, qui ne suis qu’un simple prêtre à qui la machine corporelle a hurlé un jour : STOP !

G. De Smet (23 octobre 2013)


-82- VOTE OBLIGATOIRE ?

Tel le monstre du  Loch Ness, cette question refait surface régulièrement – d’autant plus que les prochaines élections sont proches –
Une enquête universitaire révèle le nombre important de citoyens qui ne se sont pas présentés au bureau de vote ou encore qui ont voté « blanc ou nul », lors des dernières élections.
Appel est fait aux partis politiques de sensibiliser les électeurs à ce devoir civique, tellement important pour la démocratie ! Leur dotation financière par l’État pourrait même en dépendre ! « Paroles, paroles … », chantait Dalida !
Dans un même temps, on constate que les habitants des pays riches font le choix du populisme, la Norvège, par exemple, ou encore la France qui voit une poussée importante du Front national, sans devoir faire trop d’efforts. On se croirait à d’autres périodes de l’Histoire !
N’y aurait-il pas là un signal fort envoyé au monde politique ? Encore devrait-il être capable de l’entendre !

Il est parfois bien décevant d’aller voter et de porter son choix sur un parti proposant un changement de société ou une justice sociale et économique plus grande.
Lors des dernières élections, le peuple avait fait le choix de partis différents au nord et au sud du pays. C’était là un choix souverain qui aurait dû être entendu, même si des positions irréconciliables s’affrontaient … au point de bloquer les intérêts de quelques uns !
Cette fois, à 7 mois des élections des noms sont cités, des coalisations semblent se former, sans même avoir la pudeur d’attendre le vote des citoyens.
De plus, il nous faut bien constater qu’à chaque fois, le choix de l’électeur est contourné par des coalisations qui portent au pouvoir des partis, qui, sans ces magouilles, n’existeraient plus.
Cette fois ils ont fait une réforme de l’État qui ne tient pas compte de la volonté de la majorité de la population. Ça ne peut que se payer un jour ou l’autre !
Ils ont même minimisé ce choix, en organisant des rassemblements superficiels des foules autour de quelques événements anecdotiques … le temps d’une fête ou d’une victoire des Diables rouges ou encore de quelques Joyeuses entrées qui auraient dû nous faire vibrer.
Nos gouvernants se sont comportés en valets de la finance et du capital, ne rejoignant même plus la souffrance d’hommes et de femmes pour qui la crise est un fardeau et une injustice de tous les instants. Ils ont – j’ose espérer –, sans le vouloir, ajouté un coup de pioche de plus au fossé qui se creuse, chaque jour un peu plus, entre riches et pauvres, entre travailleurs et des champions de l’industrie et de leurs actionnaires.
Ils se sont moqués de nous en laissant le monde bancaire s’installer dans une impunité incompréhensible. Ils allaient pourtant réglementer et sanctionner … n’aurions-nous rien vu ?
Notre premier-ministre, comme tous ceux de nos grandes démocraties, s'est fait le chantre d’une reprise économique, alors que des drames sociaux se développent au quotidien. « Tout va bien ! »
Mais au terme de la législature, le bilan est positif et merveilleux … n’en déplaise aux licenciés économiques, aux chômeurs involontaires de longue durée ou encore à ceux qui scrutent les prix avant de remplir leurs cuves de mazout …
Certains nous font même la joie de nous annoncer qu’ils ne se représenteront plus allant à la conquête de nouveaux défis !
Et nous pourrions continuer ce catalogue de raisons de divorce entre le citoyen et ceux qui sont sensés les représenter …

Or le vote, le choix de l’électeur reste fondamental pour qu’existe une démocratie.
C’est à lui de décider du type de société qu’il souhaite pour y construire son bonheur.
C’est à lui  de se choisir des hommes et des femmes capables de cheminer avec eux, à travers drames et espoirs, loin des avis des agences de notations ou des injonctions arrogantes de l’Europe.
Nous n’allons pas voter pour alimenter le goût de pouvoir d’une certaine « particratie » qui y verrait une source juteuse de profit et de carrières.
Nous n’allons pas voter pour permettre à quelques petits jeunes de reprendre la place et suivre les traces de papa. Auraient-ils oubliés qu’avant d’être une situation en vue, la carrière politique est avant tout un service ?
Nous n’allons pas voter pour que soit mise en place une parité hommes-femmes, mais de compétents et des compétentes qui savent être à l’écoute et agir le temps voulu.
Nous n’allons pas voter pour des hommes et des femmes qui sont si aimables lors d’une campagne électorale et tellement autistes le reste de la législature.
Nous n’allons pas voter pour des artisans de lois injustes et des fossoyeurs d’une société qui a pour mission d’offrir le bonheur à tous et pas seulement à quelques nantis ou à quelques exilés fiscaux.

Mesdames, messieurs les futurs candidats …
Vous passez votre temps à diaboliser l’un ou l’autre de vos congénères, parce qu’il met vos rêves en péril ou parce que son choix de pays ne vous convient pas.
Vous prévoyez votre avenir politique, en injuriant l’électeur, au point de ne même plus attendre son vote.
Vous cogitez des alliances, parfois contre nature, qui faussent le choix que le peuple fait …
Et puis vous vous plaignez de la montée du populisme et des partis d’extrême-droite … et à travers eux, du mécontentement de la population !
Mais vous ne faites qu’apporter de l’eau à leurs moulins en n’écoutant plus ce peuple qui vous faisait confiance et qui se sent si souvent trahi. Votre comportement ne cesse de créer le populisme !
Certes la crise est ardue et perfide, mais on n’en profite pas pour « tuer » le plus faible et pour engraisser le plus fort !

Il serait temps de revoir le système électoral qui permet des majorités colorées qui n’offrent plus que du blanc et du noir aux habitants du pays.
Il serait temps d’en revenir à un système électoral qui respecte le choix de l’électeur … tant pis, si un autre avenir se dessine.
Il serait temps d’entendre la voix de celles et de ceux qui ont décidé de ne plus vous faire confiance et de ne plus voter !
Encore temps … ou déjà trop tard ?

G. De Smet (25 octobre 2013)


-83- UNE MUSIQUE POUR UNE SOIRÉE D’AUTOMNE

Ce jeudi 31 octobre 2013 restera dans le cœur des Flawinnois et dans celui des amoureux de « grande musique » une soirée mémorable.
À l’initiative du Comité d’Animation de Flawinne et avec la collaboration du Deuxième Bataillon Para-Commando, un concert de garnison aura rassemblé une foule enthousiaste. L’église était comble et ses murs garderont longtemps encore les échos d’un moment de paix et de convivialité précieux, en ces temps de crise.
À cette occasion, Madame Renier, responsable du C.A.F. m’avait demandé de prononcer le mot de la fin … Ce que j’ai fait avec joie.
Voici les mots qui me sont venus au cœur :

Mesdames, Messieurs,

Si dans quelques instants, la musique charmera, une fois encore, nos oreilles, permettez-moi de venir interrompre, votre rêverie de ce soir.

Il est des jours dans la vie d’un curé de campagne, où on n’est pas peu fier d’être le gardien d’un lieu comme celui-ci, qui a l’honneur de vous voir rassemblés, si nombreux, pour vivre un beau moment d’évasion et de bonheur.
Je le fais avec d’autant plus de fierté, qu’il m’est un plaisir d’offrir ce lieu à l’expression artistique de la Musique royale de la force aérienne.
Elle est une de ces belles voix de la paix et de la liberté de notre armée belge, que j’ai eu l’honneur de servir durant treize années, passées au service de son l’aumônerie catholique.

Ce soir, les Flawinnois et les Namurois ont dû être comblés !
Ils ne s’endormiront pas au son des avions qui survolent l’agglomération ou qui nous offrent l’étonnement d’un mur du son dépassé.
Ce soir, c’est vous, chers artistes de la Musique royale de la force aérienne, sous le pilotage de votre maître de musique l’Adjudant-Major Dominique LECOMTE, qui êtes venus nous entraîner dans un vol inattendu.
Vous nous avez emportez sur les petits nuages de vos notes, de vos partitions et de vos instruments, pour nous faire vibrer, le temps d’une soirée, qui restera marquée dans la mémoire de nos cœurs et dans les annales de la Garnison de Namur.
Un moment merveilleux, qui nous fait rêver d’un monde guidé par la paix d’une musique qui apaise les cœurs !

Ce Concert de garnison, nous le devons à l’heureuse initiative d’un jumelage sympathique entre le deuxième Bataillon para-commando, caserné à Flawinne et le Comité d’animation de Flawinne, sans qui notre village ne serait pas cette cité des « Gozettis » que nous aimons.

Un merci tout particulier donc au Deuxième bataillon Commando, avec à sa tête un « petit nouveau » : le Lieutenant-Colonel BEM Vincent Piérard, à qui nous souhaitons la bienvenue chez nous !
Nous aimons vous voir marcher ou courir dans nos rues, coiffés par ces « bérets verts » qui disent votre combativité et votre énergie … c’est un petit air de jeunesse et de dynamisme qui s’en vient illuminer nos journées !
Nous sommes fiers de vous, quand une mission à l’étranger au service de la paix vous voit revenir au complet et en pleine forme.
Nous pleurons et nous nous souvenons avec vous de vos camarades tombés au champ d’honneur.
Comment oublier ce soir, vos amis qui, voici 20 ans déjà, ont laissé leur vie à Kigali, pour que ce pays sorte enfin des troubles et des exactions pour ouvrir les portes, nous l’espérons, d’un temps nouveau. Lieutenant LOTIN Th. – 1Sergent LEROY Y. – Caporal BASSINNE B. – Caporal DEBATTY A. – Caporal DUPONT Ch. – Caporal LHOIR S – Caporal MEAUX B. – Caporal PLESCIA L. – Caporal RENWA Ch. – Caporal UYTTEBROECK M.
Ces noms resteront à jamais gravés dans nos mémoires, comme dans les vôtres. Ils sont nos héros. Ils ont laissé là leurs rêves, leurs espoirs, leurs proches, leurs familles … Nous ne les oublions pas !
Nous admirons enfin votre disponibilité de tous les instants, tant au service du pays, qu’au service du Concert de garnison de ce soir, qui a vu un défilé de camions, et d’hommes … On se serait presque cru à d’autres périodes. Mais, sans le travail de l’ombre de toutes vos équipes, ce bon moment que nous vivons n’aurait pu avoir lieu.

Votre présence militaire parmi nous n’est pas anodine, ce soir.
En 2014, le monde entier se souviendra que, voici 100 ans, allait commencer une guerre atroce, celle de 1914-1918. Elle fut une véritable boucherie, comme toutes nos guerres modernes, dites propres ou aux dégâts collatéraux.
Les Anciens ne sont plus là pour nous en parler, mais les livres d’histoire, des monuments et des témoignages poignants nous ont livré des scènes atroces de destructions, d’horreur et de morts d’hommes, de femmes et d’enfants. Des soldats, les yeux pétillants de rêves et d’espoirs ont aussi été sacrifiés sur l’autel de la lutte contre l’orgueil de l’homme assoiffé de pouvoir et de tyrannie.
Guidés par notre vénéré Roi-Chevalier, Albert Ier et la main toute maternelle de son épouse, la Reine Elisabeth, nos jeunes soldats ont conquis pour nous une liberté et une paix, qui fut certes de courte durée, mais tellement précieuse pour l’avenir de notre civilisation.
Leur souvenir restera impérissable dans la mémoire des générations suivantes, au point d’avoir envie de hurler, comme le faisaient les martyrs des tranchées d’alors : « Plus jamais ça ! »

Pour notre bonheur à tous, les armées de notre époque ne sont plus confrontées à de tels désastres … du moins chez nous !
Votre courage, votre goût du risque vous font endosser, désormais, une nouvelle tenue, celle de « Soldats de la Paix ».
Si l’intégrité de notre territoire reste votre mission première, celle de serviteurs de la construction d’une paix, sans cesse fragile, est celle qui désormais mobilise toutes vos énergies.
Nous vous en sommes reconnaissants !
Vous resterez à jamais Nos « Gozettis d’honneur », autrement dit, ces Flawinnoises et ces Flawinnois d’adoption et de cœur. Nous sommes fiers de vous, et nous voulons profiter de cet instant pour vous le dire solennellement.

Mais cette merveilleuse soirée, toute ornée de musique et d’art, nous la devons aussi au Comité d’animation de Flawinne. Ce groupe puise tout son dynamisme auprès de ses « partenaires » et auprès de ses bénévoles. Ils ne se mettent pas en avant, mais, dans l’ombre, ils veillent à ce que nous soyons bien et heureux. Ils œuvrent sous la conduite d’une maîtresse-femme, Dominique Renier.
Elle ne mesure aucun de ses efforts, aidée par ses « Boys » et ses « Girls », pour que Flawinne resplendisse de vie, d’événements rassembleurs et de fêtes qui font chaud au cœur.
Il y avait Claude François et ses Claudettes … Nous, nous avons Dodo et son « big bazar » ! Que du bonheur !
Merci à vous toutes et à vous tous : que serait Flawinne, sans votre énergie et sans votre audace ?

Enfin, que serait une soirée aussi belle soit-elle, si vous, chers amis, vous n’aviez répondu à l’invitation.
Il  est connu maintenant que vous attendez le Concert de Garnison … que vous avez envie de vibrer au son de ces instruments et au rythme du sonneur de cornemuse.
Il est connu que vous aimez vous retrouver autour de moments qui vous font oublier, le temps d’une soirée, les soucis du quotidien.
Il est connu que les plus anciens se souviennent encore des grandes heures de la Garnison de Namur, qui de Jambes à La citadelle, en passant par le centre-ville et sa caserne Marie-Henriette résonnait des ordres, des musiques et des pas de tous ces jeunes militaires qui piétinaient les pavés de nos rues, pour notre plus grande fierté.
Sachez que les portes de cette église s’ouvriront à chaque fois que l’envie vous prend de vous réunir pour ces instants magiques qui dépassent nos différences et nos intolérances. Vous êtes alors ici, chez vous !
Sachez, chers Paras-commandos, que cette église est aussi la vôtre, celle dans laquelle je me ferai un bonheur d’accueillir, à chaque fois qu’il le souhaitera, mon confrère, votre dynamique Padre.

À toutes et à tous, je vous souhaite une bonne fin de soirée, non sans laisser la note finale à l’art et à la maîtrise de la Musique royale de la Force aérienne, sous la baguette de son chef, l’Adjudant-Major Dominique Lecomte.
Au plaisir de vous revoir !

G. De Smet (31 octobre 2013)


-84-   PAS DE PLACE POUR EUX !

Il est des événements qui effleurent nos oreilles et qui ne sont pas sans rappeler d’autres situations.
Parmi elles, il en est une que nous évoquerons, sans trop nous y attarder, le temps d’une féérie de fin d’année. Elle se dit dans quelques mots, tirés de l’Évangile : « Pas de place pour eux à l’hôtellerie !»
Le théâtre de l’action n’est plus à Bethléem, mais chez nous, à Saint Josse-Ten-Noode. Une fois de plus, « Gesu » pose question, du moins un ancien couvent, portant ce nom et occupé aujourd’hui par des sans-abris.
Le moment où tout cela se passe n’est pas anodin. C’est l’entrée de l’hiver et on voit se développer une solidarité face à tous les défavorisés de notre société.
À Saint-Josse, pendant ce temps-là, c’est le branle-bas de combat : les voisins, de futurs électeurs se plaignent …
L’insécurité et la violence qu’engendrent ce genre de lieu sont insupportables …
Les équipements ne sont pas aux normes …
Et drame suprême : la prostitution y pollue la sérénité et les bonnes mœurs …
Que de bonnes raisons de mettre fin à tout cela !
C’est ce que vient de décider le bourgmestre de la commune, Monsieur Emir Kir (PS).
Les squatteurs ont 24 heures pour quitter les lieux et le propriétaire est prié de rendre l’endroit inaccessible. Ils apprennent la décision par un communiqué tombé jeudi, veille d’un long week-end. Peu importe la météo de « Toussaint » … Peu importe qu’ils n’aient aucun recours contre le diktat. Il faut rendre ce quartier « propre » et le délivrer de toutes ces taches qui polluent le « vivre-ensemble ».

Jusqu’à présent, nous étions habitués  à ce que ce genre d’expulsion soit prononcée par la monstruosité et l’inhumanité dont est capable Madame De Block (Open-VLD) … n’en déplaisent au 59% de sondés qui lui accordent une quelconque importance !
Désormais, d’autres lui emboîtent le pas … ça risque toujours de plaire à l’électeur … et en plus, les grands principes sont sauvés !
Mais de savoir qu’un socialiste agisse avec autant d’agressivité, cela ne peut qu’étonner et susciter ma colère. Leurs prédécesseurs des grandes luttes ouvrières et syndicales doivent se retourner dans leurs tombes !

Il est vrai que nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde.
Il est vrai que nous ne pouvons cautionner des zones d’insécurité et de violence.
Il est vrai que les bonnes mœurs doivent être préservées, surtout quand cela concerne des milieux sociaux négligeables. Quand il s’agissait, hier des « ballets roses » dans lesquels des notables étaient concernés, ça n’avait pas l’air de valoir autant d’émotion !
C’est vrai !
Je crois, cependant que la situation du couvent du Gesu ne date pas d’hier.
Depuis des années notre société, dans laquelle « tout va mieux », selon les dires de notre premier-ministre (PS), il est intolérable que s’affiche, au grand jour, une misère nauséabonde.
Elle n’est pas cotée en bourse.
Elle n’est pas de l’ordre du sauvetage d’une banque ou de l’accueil de milliardaires en quête de paradis fiscal.
Elle n’a pas l’air de mériter l’énergie dépensée pour quelques dotations royales ou encore quelques salaires de grands patrons ou encore quelques primes de départ de parlementaires débordés de travail.
Et pourtant, elle existe !
Il y a aujourd’hui, des hommes, des femmes, des enfants qui logent sous les ponts …
Il y a aujourd’hui des familles obligées de « squatter » des immeubles scandaleusement vides, parce qu’elles n’ont pas d’autre solution.
Il y a aujourd’hui des situations qui ne peuvent que susciter la violence, parce qu’il y a  des êtres humains que nous estimons n’avoir pas droit à la considération que nous aurions pour des animaux : couleur de peau, chômage, échec … autant de raisons de les exclure une fois pour toute !

Certes, il ne doit pas être facile d’être les voisins d’autant de désastres humains.
Certes, la Police doit avoir bien du travail en plus pour gérer cette misère qui n’intéresse personne.
Certes, le monde politique a des problèmes plus urgents à envisager : il y a les propositions de la NVA, l’avenir des régions, conforter ses chances d’être réélus …

Un simple communiqué, un jeudi soir, la veille d’un jour sans « services publics », la veille de la trêve hivernale : ils ont 24 heures  pour s’évanouir dans la nature et cultiver leur malchance ailleurs ! Une décision d’irresponsable ! À moins que le bourgmestre, enfermé dans la douce chaleur de son bureau n’aie pas été mis au courant …

Je souhaiterais dire à Monsieur Emir Kir, que sa décision est aussi ignoble que celles prises par sa Collègue Magda De Block. Serait-ce devenu une spécialité de nos gouvernants ?
Elle est d’autant plus inadmissible qu’elle est prise par quelqu’un qui doit se souvenir de l’installation de sa famille en Belgique, une famille qui aura dû connaître les files d’attente aux guichets des étrangers, une famille qui aura été considérée comme exotique, venant de la lointaine Turquie !
Nous sommes à l’entrée de l’hiver. Ces hommes, ces femmes, ces enfants n’ont pas de lieu pour se protéger. On se contente d’enregistrer qu’ils dérangent !
Ne fallait-il pas, depuis longtemps, aller au-devant de la situation, la prendre à bras le corps pour que la dignité de l’homme soit respectée ?
Ne fallait-il pas œuvrer, depuis des mois, pour que des dialogues, des recherches de solutions s’établissent ?
Ne fallait-il pas faire en sorte que « socialisme », corresponde avec les créations de conditions « sociales » acceptables pour tous ?
Ne fallait-il pas offrir une chance de  s’en sortir à des familles entières, surtout quand on a eu la chance d’en profiter soi-même ?

Dans quelques semaines, nous nous donnerons bonne conscience, le temps d’une veillée de Noël. Ce sera l’heure de la fraternité  d’un soir.
Et si c’était Noël tous les jours ?
Et si les traits de l’homme qui souffre s’imprimaient enfin dans nos bonnes consciences ?
Et si la dignité de tout homme passait enfin par les forces d’un pouvoir qui se plaint qu’on l’espionne et qu’on l’écoute, alors qu’il a si peu à dire et si peu à proposer ?
Monsieur Kir, j’ai mal à mon humanité … et vous ?

G. De Smet (3 novembre 2013)


-85-  L’ARGENT N’A PAS D’ODEUR

Le « Monstre indien » a encore frappé !
Sous des airs de partenaire fiable, associé à des syndicats amnésiques et à une région wallonne qui ne sait plus à quel saint se vouer, ce Machiavel de l’économie a, une fois de plus, fait rêver.
Cette fois, il se cache derrière son pseudo groupe industriel « Arcelor-Mittal Liège».
Gaspart Grosjean, journaliste à Sudpresse nous apprend ainsi une nouvelle qui aurait de quoi réveiller de vieux fantasmes. Pour cela, il laisse la parole au communiqué officiel : « le leader mondial de l’acier, est clair : miser, dans le bassin liégeois, sur une sidérurgie haut de gamme qui occuperait des secteurs de niche. Pour ce faire, le groupe mise sur un investissement de quelque 138 millions d’euros »
À première vue, nous aurions presque envie de nous en réjouir et de faire la fête. Nous aurions presque envie de croire que la galère liégeoise est terminée.
Nous aurions presque envie de former des projets avec les ouvriers et les employés de cette société sans scrupule.
Ils n’en sont pourtant pas à leur première désillusion, avec ce financier que nous rangions, il y a peu, parmi ceux que le dictionnaire classe dans la définition du mot « Crapule ».
Nous nous serions fait une joie de cette nouvelle, si l’article de Gaspart Grosjean, citant toujours le communiqué officiel, n’y ajoutait ces quelques lignes :
« … aux fins de réalisation des projets d’investissements, les parties étudieront dans un délai raisonnable les moyens de financement par la Région wallonne en conformité avec la législation européenne.  »

En clair que signifient ces belles paroles ?
Stéphane Grosjean nous le fait comprendre dans ces phrases sans équivoque : « selon le préaccord tripartite (Direction d’ArcelorMittal Liège, syndicats, Région wallonne), qu’un vent favorable nous a fait parvenir, ces 138 millions ne seraient pas déboursés par le géant indien de l’acier en « cash », mais bien par … la Région wallonne. »
Le « loup-garou » indien ne dépensera, n’investira en fait aucun centime dans cette proposition, mais bien la Région wallonne, c’est-à-dire vous et moi ! Facile, dans de telles conditions de devenir millionnaire. Cela s’appelle tout simplement de l’arnaque et ce vieux procédé de racket fut longtemps le moyen d’action de la mafia !

Il y avait déjà eu les avantages fiscaux pour attirer la société à Liège, autrement dit une aide des pouvoirs publics … autrement dit un investissement de nos impôts.
Il y avait déjà eu les « intérêts notionnels », inventés par quelques libéraux en manque de voix et de présence : on ne se fait pas champion de l’économie de marché, sans oublier qu’elle est avant tout un jeu de dupes. Les victimes en sont toujours les mêmes … celles qui ne détiennent pas le capital et l’argent.
Il y avait déjà eu l’exemption d’impôt qui, au pays du surréalisme, fait que l’ouvrier paie plus d’impôts que son patron …
Il y avait eu la diminution du quota de CO2, rejeté dans l’air, peu importe l’impact sur la santé.
Tout cela devait garantir l’emploi, qui n’a cessé de fluctuer au gré des concepts de rentabilité, de compétitivité et d’accroissement des bénéfices de ce milliardaire sans Foi, ni loi.
Nous voilà avec une nouvelle promesse, un nouvel investissement de cet illusionniste sans vergogne … la seule différence, c’est que cette fois, c’est nous qui la financerons !
À ce jeu, tout le monde semble y gagner : Mittal pourra diminuer ses pertes et redorer ses millions.
Nos gouvernants pourront affronter les élections avec un argument de plus.
Les syndicats auront sauvé la face.
Les ouvriers et les employés, pourront croire, le temps d’un rêve, que leur emploi est sauvé !
Et si au lieu de prêter de l’argent, la Région l’avait investi ? Si elle avait « nationalisé » … si elle avait soutenu les combats des ouvriers qui se battaient pour sauver leur outil de travail … ?
La différence, demanderez-vous ?
Elle me semble simple : cet argent, les Wallons l’auraient mis au service du développement de nos talents industriels, et donc de l’économie régionale … et donc de l’économie wallonne.
Aujourd’hui, cet argent s’en vient agrandir l’escarcelle d’un obscur financier indien.
Il sera question d’emploi et d’investissement, tant que les vents seront favorables … et demain sera un autre jour, mené par d’autres coalitions politiques et d’autres cauchemars qui peupleront les nuits de « petits » qui n’ont demandé qu’à travailler et à apporter leurs compétences.
Voilà à quoi conduisent les décisions de salon d’une Europe qui ne semble pas connaître le terrain et de politiciens, véritables valets de la finance et de ses désastres.
Après « l’argent virtuel » qui allait sauver les banques, après les exercices de « rage taxatoire » qui hantent nos quotidiens, voici le prêt de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf !

Je voudrais laisser les derniers mots de ce billet d’humeur à un petit Liégeois qui n’en peut plus de ne plus pouvoir rêver :
« Messieurs, qu’on nomme "grands",
Je suis un enfant et depuis des mois, je pleure tous les soirs.
Je pleure, parce que papa et maman n’ont pas l’air heureux. Je ne suis même demandé si c’était de ma faute.
Tous les soirs, ils parlent de chiffres, ils parlent d’argent et ils semblent malheureux.
Quand je les accompagne au magasin, je les entends compter.
Quand je demande un chocolat ou un jeu, ils me répondent qu’ils ne peuvent pas me le payer maintenant. Ils me demandent même d’être raisonnable !
À l’école, je ne peux pas faire comme tout le monde. Certains parlent de vacances, moi je me tais ! D’autres font le paon avec de nouvelles fringues, moi, j’ai la honte de porter ceux qui sont devenus trop petits pour mon frère ou que maman à trouvé dans une de ces échoppe de seconde main.
Il est même question de déménager. Papa va perdre, s’il ne l’a déjà pas perdu, son emploi et mes parents ne savent plus faire face aux crédits et aux dettes. Oh, ce n’est pas qu’ils ont été imprévoyants. Ils ont tout simplement été arrêtés dans leurs possibilités par un certain Mittal que je n’ai jamais vu. La seule chose que je sais de lui, c’est qu’il n’est pas dans la catégorie des bons, mais plutôt de ceux dont le plus grand bonheur est de faire du mal.
La seule chose que je sais encore, c’est que mes parents sont courageux, que je suis fier d’eux et qu’on n’a pas le droit de leur faire du mal.
De temps en temps, vous faites des promesses à mon papa et à ma maman … et vous reprenez votre parole dès le lendemain. On n’a pas l’air de pouvoir vous faire confiance. On n’a pas l’impression que notre situation vous intéresse.
J’ai une demande … une seule : arrêtez de faire du mal à ceux que j’aime le plus au monde.
Arrêtez de nous mentir.
Arrêtez de nous volez les chances d’un avenir et de temps meilleurs.
Papa et maman, ils ont un cœur qui bat.
Ils rêvent du meilleur pour moi et par votre faute, il n’y a que des larmes qui coulent de leurs yeux.
S’il vous plait, arrêtez de jouer avec nos pieds : nous aussi nous avons droit à des jours meilleurs ».

G. De Smet (4 novembre 2013)


-86-  MARRE 

Depuis des mois, le monde politique francophone nous assomme de déclarations, de commentaires et d’idées noires.
Il s’appuie, pour se faire, sur des « sondages » qui méritent l’importance qu’ils méritent, donnant au quatrième pouvoir, la presse, une  force d’influence incomparable et qu’il ne mérite pas.
Le méchant loup à traquer s’appellerait Bart De Wever.
Ce président de la NVA met en péril l’avenir de notre pays. Il compromet l’existence des régions. Il risque de menacer nos mécanismes de sécurité sociale et les rouages d’une solidarité nationale qui fait fi, en apparence, de la différence entre les différentes parties de la Belgique.
Il semble donc important de nous effrayer et de stigmatiser le moindre comportement et la moindre prise de position de cet homme que les Francophones ne semblent guère apprécier.
Ce parti inquiétant parle de confédéralisme, de choix à faire par des Bruxellois, de compétences maximales aux régions du pays.
Derrière ses propositions s’affichent des choix de société, des enjeux économiques et sociaux qui concernent tous ses électeurs potentiels : les Flamands, qu’un certain humour francophone préférerait savoir noyés par la montée des eaux due au réchauffement climatique.
Bref, se traduisent dans des mots des positions qui risquent de mettre en péril le « compromis à la belge » qui nous a permis de coexister, jusqu’à présent.
Ces options se font fortes d’un passé historique de domination et de soumission. Elles s’appuient sur une différence de mentalité et de culture ou encore sur un autre niveau de développement économique et social.
Mais, tout cela concerne la Flandre et les Flamands !

Pendant ce temps, les partis politique wallons et bruxellois se lamentent et alimentent les craintes d’une population qui voit dans la Belgique solidaire une garantie de survie et peut-être même de possibilités de carrières juteuses et pleines de profits, pour quelques uns.
Certains partis flamands qui se réclament du centre crient au scandale, alors que leur présence sur l’échiquier politique ne leur a jamais permis que d’inventer le parapluie et la soif de pouvoir. Ils ont pour cela leurs chantres dignes de l’époque des dinosaures !
D’autres encore, tant au Nord qu’au Sud du pays ne peuvent s’empêcher de développer une fibre sociale, le temps d’une élection.
Donc, il faut avoir peur de Bart De Wever, il faut craindre ses propositions, il faut diaboliser au maximum ce personnage infréquentable.

Vient un moment, où nous crions : stop !
Nous en avons assez de toutes ces paroles stériles et de toutes ces peurs qui ne mènent nulle part.
Nous en avons assez d’aller voir dans l’assiette du voisin.
Nous en avons assez de la manipulation de la presse.
Nous en avons assez de toutes ces mises en scène qui glorifient la grandeur de l’unité nationale. Découvrir, par exemple, que les socialistes sont devenus les acharnés défenseurs de la Belgique et de ses institutions, alors qu’il n’y a pas si longtemps, ils poussaient le pays à la révolte pour une question royale … on a l’impression de rêver !

Ce que nous voudrions, aujourd’hui, c’est non seulement d’entendre leurs propres propositions pour un avenir de nos régions et de notre pays, mais surtout de les vérifier dans des actes crédibles et porteurs d’espérance.
Les ouvriers d’Arcelor-Mittal n’en ont rien à faire de ces déclarations tonitruantes qui envisagent l’épouvantail de la fin d’un savoir-vivre à la belge. Ils veulent de l’emploi et un avenir pour leurs familles.
Les expulsés du « Gesu » à Saint-Josse-Ten-Noode n’en ont rien à faire des belles promesses et de décisions inhumaines. Ils attendent un abri pour l’hiver et un peu de dignité.
Les chômeurs, stigmatisés par les partis politiques, attendent plus de considération qu’un petit boulot obligatoire, qui justifierait l’aide qu’ils reçoivent. Ils attendent un peu de respect et d’attention face à ce qui fait leur quotidien. Ils attendent qu’on les aide à sortir de ce cauchemar de journées sans boulot.
Les licenciés économiques wallons attendent autre chose que de grandes déclarations sur l’incurie d’entreprises qui n’investissent pas, malgré toutes les aides reçues. Ils attendent autre chose que des promesses et des prêts électoraux qui surviennent tels un mirage au cœur de la nuit.
Les familles de chez nous espèrent autre chose que les fins de mois difficiles ou des hausses de taxes, venant combler des dépenses qu’ils n’ont pas demandées. La crise ils ne l’ont pas créée, mais ils la paient chaque jour !
Les personnes âgées attendent autre chose que de voir leurs petits avoirs compromis par des « ogres » qui en veulent toujours plus.

C’est là, mesdames et messieurs les futurs candidats, les gouvernants d’aujourd’hui et de demain qu’est votre « chantier ». Nous n’avons que faire de vos beaux discours !
C’est là le service, qu’en démocratie, nous vous avons confié … et rien d’autre !

Alors l’avenir de la Belgique, l’avenir de ses institutions, confédéralisme ou régionalisme, monarchie ou république … tout cela est bien peu de chose face à la mission dont vous souhaitez vous voir investis. Il s’agit avant tout de se mettre à l’écoute de votre population et de cheminer avec elle, avec les moyens à votre disposition vers un bonheur accessible à tous.
Alors De Wever, ses cravates, son poids, ses déclarations … peu nous importe !
C’est vous que nous attendons sur le terrain de la crédibilité !

G. De Smet (4 novembre 2013)


-87-  S.O.S PLANETES !

Les scientifiques ont à nouveau frappé, grâce à un télescope, aujourd’hui hors d’usage.
Si on en croit les astronomes, « Des milliards de planètes de taille terrestre en orbite autour d’étoiles similaires au Soleil dans notre galaxie seraient potentiellement habitables». (AFP).
« Parmi ces dernières, 647 sont de taille terrestre, dont seulement 104 se trouvent dans une zone leur permettant d’être habitables, et dix paraissent être rocheuses comme la Terre »
. C’est du moins ce qu’indique Jason Rowe, de l’Institut SETI, lors d’une conférence de presse.

Voilà au moins une nouvelle qui a de quoi stimuler nos nuits sans sommeil et justifier les finances nécessaires pour permettre le développement de la science !
Nous imaginons ces chercheurs s’émerveiller et nous inviter à rêver avec eux. Imaginez que parmi toutes ces étoiles qui s’éclairent dans nos nuits, il y a peut-être un petit prince qui cultive sa rose ou qui apprivoise son renard.

Pourtant, comme à leur habitude, ils ne m’ont pas fait rêver.
Ils ont simplement réveillé en moi de nouvelles peurs qui me poussent à lancer un SOS aux hommes de bonne volonté : oui, il y a peut-être la vie ailleurs que sur la terre …
Oui, d’autres soleils doivent offrir les joies d’un matin et les cocons d’un soir …
Oui, d’autres êtres peuplent probablement l’univers et nous ne serions plus les seuls vivants perdus dans l’immensité des galaxies …
Mais de grâce, vous les humains de notre bonne vieille terre, n’y allez pas !
Laissez-les dans leurs mystères et dans les pétillements de nos rêves !
N’allez pas à leur découverte … vous avez déjà fait assez de dégâts chez nous !

Les habitants de ces planètes hypothétiques doivent tenir à la propreté de leurs lieux d’habitat et à leur couche d’ozone, sans devoir craindre un réchauffement de leur planète et une potentielle montée des eaux …
Ils n’ont pas encore été ravagés par l’économie de marché et les malheurs sociaux qu’elle crée …
Ils n’ont pas chez eux une Syrie, un Afghanistan, un Mali, une Palestine pour s’y entredéchirer et y semer la mort.
Ils ne se réjouissent peut-être pas de la chasse ou de la corrida, un plaisir humain qui n’est qu’un ignoble massacre pour les animaux. Certes, il paraît que nous devons réguler les espèces … Heureusement pour nous, pauvres humains, que les chiens, les chats, les tourterelles et les migrateurs en tous genres ne partagent pas cette idée !
Ils n’ont pas encore subi les lourdes conséquences de nos recherches. Cela leur donne le privilège de n’avoir connu ni l’enfer des camps de concentration, ni l’absurdité des guerres, ni les explosions d’Hiroshima ou de Nagasaki.
Ils ne sont pas encore condamnés au  triage des déchets. Ils se contentent déjà de devoir ramasser nos poubelles, lors de nos passages. Souvenez-vous des premiers pas de l’homme  sur la lune ou nos premières expéditions vers Mars ou les obstacles de notre nuit stellaire locale : que de ferrailles nous avons laissé !
Ils ne subissent pas encore l’arrogance de nos lois du marché, l’arnaque de nos économies libérales qui ne cessent de créer des fossés entre les humains, entre riches et pauvres.
Ils ne connaissent pas encore nos crises et ses désastres sociaux, les licenciements abusifs au nom de la rentabilité et ses profiteurs du système.
Ils n’ont pas à souffrir de nos colonialismes, de nos impérialismes.
Ils n’ont pas à subir notre goût prononcé pour le pouvoir que nous cachons parfois derrière des sentiments généreux, comme la démocratie.
Ils n’ont peut-être pas envie que nous allions creuser leur sous-sol et y puiser nos richesses de demain.
Ils ont peut-être simplement envie qu’ « on leur foute la paix » !

Ils nous observent probablement, eux aussi de là-haut et ils ont envie de nous crier : « Homme, occupe-toi de toi, c’est plus près ! »
C’est plus abordable, pour toi, de construire la paix entre les hommes, même si cela semble si difficile, parfois même déjà depuis l’école maternelle.
C’est plus dans tes cordes d’offrir une chance au bonheur à tous les terriens qu’ils soient riches ou pauvres, blancs ou noirs, juifs ou arabes, catholiques ou musulmans ou bouddhistes, ou Flamands et Wallons … que de révolutions il te reste à faire pour y arriver !
C’est plus dans tes préoccupations de t’intéresser à l’avenir de ta planète, avant de la voir s’écrouler sous le poids de tes poubelles ou encore l’étouffement de ta pollution.
C’est plus de ton devoir de lutter contre la famine, l’indifférence dont tu es capable ou encore la solitude que tu te plais à construire.
C’est plus dans tes urgences d’œuvrer contre la violence de tes rues, contre un racisme et une xénophobie qui te semblent naturelles, contre les manques d’espoir d’une partie de ta jeunesse.

S’il doit y avoir sur d’autres planètes des petits princes qui nous font rêver, il y en un bien plus proche, qui t’espère.
Il est en toi.
Il est dans l’amitié de ton voisin.
Il est dans la main tendue de la solidarité.
Il est dans le sourire qui illumine, à certains jours, ton visage.
Il est dans les rides de tant d’hommes et de femmes qui ont tenté de faire de leur vie un écrin pour le bonheur.
Alors, humains, rêvez aux chances, aux planètes qui se logent en chacun de vous … mais de grâce, oubliez-nous !

G. De Smet (6 novembre 2013)


-88- OUF … C’EST FINI !

Ce cri, il me vient du cœur, quand j’ai lu ce matin que nous en étions à la dernière « Joyeuse Entrée » de notre nouveau Roi et de son épouse.
Douze entrées, pas toujours si joyeuses que cela …
Douze repas, douze passages par un balcon, douze séances de bain de foule, douze occasions d’entendre des discours, parfois assommants …
Pour notre nouveau Roi, douze prestations pour se faire connaître par un peuple qui le connait depuis longtemps.
Pour la Reine, douze exhibitions de tenues parfois, pour le moins surprenantes ou onéreuses  … Douze rencontres pour essayer la popularité de son nouveau titre de « Majesté ».

Les enfants des écoles ne devront plus former décor et être un public enthousiaste et chaleureux.
C’est qu’elles le font bien toutes ces petites têtes blondes, agitant le petit drapeau qu’on leur avait remis juste avant.
C’est qu’ils sont merveilleux, quand ces chérubins retiennent si bien la leçon de civisme qu’ils ont reçu en vitesse : Vive le Roi, vive la Reine !
Toutes les mamies et tous ceux qui ne travaillaient pas ce jour là, peuvent se rassurer, il ne faudra pas affronter les rigueurs de l’hiver pour admirer le couple royal, il termine sa tournée avant les grands froids.
Tous les Belges peuvent se rassurer, le pays est à nouveau sur les rails, avant que le méchant Bart ne vienne avec ses idées noires de confédéralisme et de séparatisme.

Cynisme, me direz-vous ! Pas tant que  ça !
Nous nous réjouissons de l’avènement de ce nouveau couple royal. Il reste la seule alternative actuelle à une anarchie non-constitutionnelle ou à la mise en place d’autres modèles, dont nous n’avons pas l’expérience.
En plus, ils ont bien fait ça ! Un sans-faute, diront certains ! Parfois même des petits mots prononcés  avec chaleur après avoir été collés sur la froideur d’une balustrade de balcon.
Reconnaissons quand même que l’exercice n’était guère périlleux.
Ils sont arrivés à l’heure, une politesse royale, s’il en est.
Ils ont été accueillis par des mandataires communaux, provinciaux, régionaux et fédéraux … Ce n’est pas ça qui manque ! Ceux-ci avaient même revêtu des cravates qui nous ont étonnés.
Ils ont salué des foules convaincues qui étaient venues pour l’événement, n’affrontant que très peu d’opposants qui avaient préféré rester chez eux.
Et puis, avant les heures de pointe qui font les corvées de plus d’un navetteur, ils sont tranquillement rentrés dans leur château.

En débutant le nouveau règne par ces Joyeuses entrées, ils n’ont fait qu’endosser une vieille tradition qui se perd dans la nuit de notre histoire.
Jadis, le souverain, dont personne ne connaissait le visage, allait à la rencontre de ses sujets. Il prenait ainsi du temps pour se faire connaître … et pour se faire  apprécier.
Mais aujourd’hui, ne serait-il pas temps d’habiller cette belle tradition par de nouveaux habits, plus adaptés à aujourd’hui ?
Certes, il est bon d’aller à la rencontre du monde politique, avec qui il faudra composer demain, pour construire l’avenir du pays.
Certes, il est intéressant de laisser les enfants du pays rencontrer celui dont ils verront la photo dans leur école et  indiquer l’importance du personnage.
Certes, il est toujours agréable d’aller à la rencontre des quelques curieux rassemblés pour l’occasion et de tester sa popularité toute spontanée.
Mais il pourrait aussi être précieux pour un roi et une reine, d’aller à la rencontre des vraies réalités que vit le peuple dont ils a la charge.
Il semblerait évident d’aller sur le terrain, s’informer des espoirs et des échecs d’une province, ainsi que de découvrir l’ampleur de la tâche qui sera la leur demain.
Vous me parlerez de leurs experts, de leurs conseillers … mais ne serait-il pas bon que le peuple puisse constater que sa famille régnante vibre au diapason de ce qui fait son quotidien ?
Il faudrait, me semble-t-il adapter la formule des Joyeuses Entrées au XXIème siècle, sous peine de ne laisser à la monarchie que les apparences d’une relique vétuste du passé.
Il ne s’agit pas de passer quelques heures dans une province, mais d’y prendre le temps de l’écoute et de la rencontre des réalités que vivent les citoyens.

Ceci dit, Sire le temps de l’introduction est maintenant passé.
Bon travail au service d’un pays, qui au sein de l’Europe se cherche des raisons d’espérer.
Bon courage … des heures difficiles vous attendent et il faudra alors réussir l’examen.
Quant à vous, Madame, il est venu le temps de revêtir l’habit d’un peuple qui attend de votre présence une complicité et une attention de tous les instants, loin du faste, des exigences d’un protocole désuet ou de mondanités écrasantes.
Bon vent !

G. De Smet (6 novembre 2013)


-89- OU IL Y A DE LA GÊNE, IL N’Y A PAS DE PLAISIR

C’est cet adage populaire qui m’est venu en tête ce matin, en lisant la presse. Un adage qui en dit long sur le mépris qui peut habiter le cœur de l’homme.
Il suffisait d’oser ! Pour cet exploit, une fois de plus, un membre de la famille royale est à l’honneur … et qui plus est, notre ancien roi !
Le Roi Albert II se plaint !
Il a vu sa rémunération baisser de manière drastique. La liste civile, inhérente à sa fonction royale lui faisait récolter une somme de 11.554.000 €.
Depuis le 21 juillet, sa dotation, étalée sur un an, est réduite à 923.000 €. Ce montant comprend un salaire annuel de 174.000 € … presque une misère !
Un malheur n’arrivant jamais seul, il devra en plus payer l’impôt sur les personnes physiques … presque un crime de lèse-majesté !
Certes sa dotation doit aussi couvrir les frais de fonctionnement de sa maison et les traitements de son personnel. Comme consolation, il se voit attribuer, par notre gouvernement si généreux, 10 agents de l’État ou des membres des Corps spéciaux, dont la mission sera d’être à sa disposition … mais comment va-t-il pouvoir nouer les deux bouts ?
Qui financera le chauffage de son château, le Belvédère ? … On annonce un hiver rigoureux.
Qui l’aidera à faire le plein de son yacht de 27 m ? Non seulement, il a coûté près de 5 millions  d’euros, mais en plus, il possède un réservoir énorme de 9.500 litres … juste assez pour faire un peu plus de 800 Kms.
De là, à l’imaginer frappant avec son épouse à la porte des restos du cœur ou de la CPAS, il n’y a qu’un pas !
Qui financera la nouvelle voiture de luxe qu’il a bien l’intention de s’offrir prochainement, quand on sait l’essai de ces bolides qui font son quotidien ?
Qui sera là pour le soutenir dans son entreprise de sauvetage du patrimoine ? C’est que cela coûte une seconde résidence à la Côte d’Azur, son appartement à Paris, sur l’île Saint-Louis ou encore à Rome, où il doit se sentir plus proche de l’éternité.
Qui le soutiendra dans sa défense de la cause de la mer pour laquelle il œuvre avec ce modeste petit bateau qu’il s’est offert en le plaçant sous pavillon de la marine belge ?
Qui paiera les frais d’avocat occasionnés par cette impertinente qui ose le provoquer pour une cause reconnaissance d’éventuelle paternité ?
De là, à l’imaginer frappant avec son épouse à la porte des restos du cœur ou de la CPAS, il n’y a qu’un pas, qu’il leur faudra peut-être franchir !
Dommage que sa belle-sœur n’ait plus les moyens de le sauver de la ruine : ses fondations sont en bonne voie, pour la plus grande joie de ses neveux espagnols et la pauvre doit déjà réduire elle-même ses frais de fonctionnement, suite à la diminution de sa propre dotation.
On se croirait revenu aux sombres années de Cosette et de Jean Valjean !

Cette nouvelle, je l’apprends au moment, où comme tous les Belges, je reçois une petite invitation toute mignonne du percepteur des impôts.
Cet extrait de rôle est tellement conséquent, qu’on aurait envie, comme fonctionnaire, de souffler à l’oreille de l’État de cesser de nous payer. Ce qu’il nous donne d’une main, il le récupère de l’autre ! Mais n’est-ce pas là le lot de beaucoup de compatriotes qui voient fréquemment l’État puiser dans son portefeuille … qui n’a plus grand chose à porter !
C’est là le sort de tout contribuable … Nous n’avons pas le choix !
Que voulez-vous, il faut bien financer les dotations royales, les frais de fonctionnement d’un appareil étatique sans cesse plus gourmand, les prêts et les avantages donnés aux entreprises et aux banques sans cesse plus gloutonnes …
Mais aucun Belge ne demande encore au gouvernement de financer ses frais de fonctionnement, de nourriture ou encore de chauffage.

Si, il y en a un, le Roi Albert II !
Quelle indécence, dans un pays où la crise est un enfer au quotidien, pour beaucoup !
Quelle indécence vis-à-vis de ces familles qui vivent des fins de mois difficiles, parce qu’il ne leur reste rien après avoir payé toutes les factures !
Quelle indécence vis-à-vis des chômeurs, des licenciés économiques, des indépendants en faillite qui n’ont plus que leurs yeux pour pleurer, face aux difficultés qu’ils subissent au quotidien !
Quelle indécence à l’égard de ces familles, dans lesquelles, la mort dans l’âme, des parents doivent refuser un petit bonheur à leur enfant, faute de moyens !
Quelle indécence face à la crise créée par le monde de la finance et qui ne cesse de s’abattre, telle  une tornade, sur une population sans cesse plus pauvre !

Mais le mot « indécence », a-t-il un écho dans cette famille ?
Après la cuisine de nulle part surgissant dans la maison du Prince Laurent, après les fondations pour le moins surprenantes de la Reine Fabiola, après les récriminations face au montant des dotations, après l’incohérence des déclarations du Prince Laurent qui, suite au départ de son père, a le sentiment de ne plus être « chômeur », après les scandales qui ne cessent d’éclabousser cette famille, après les toilettes onéreuses et fantasques de la Reine Mathilde … je ne suis pas sûr qu’ils connaissent le sens du mot qui nous choque !
Nous nous croirions presque revenus à des périodes qui ont conclu à la fin de la monarchie, chez nos voisins.

Quand nous entendons ce style de revendication, nous nous rendons compte que la Belgique est vraiment le pays du surréalisme et de l’arrogance des puissants que nous imaginions à notre service.
J’ose espérer que nos gouvernants ne cèderont pas aux pressions et qu’ils n’accèderont pas à cette demande farfelue.
S’ils ne le font pas par conviction, qu’ils le fassent, au moins, au nom du respect du peuple belge qui est obligé de compter pour vivre.
Qu’ils le fassent au nom de la honte que sont les sans-abris au seuil de cet hiver.  Qu’ils le fassent au nom des valeurs de la solidarité, du partage, dont le roi de l’époque aimait émailler ses discours.
Dans n’importe quelle entreprise ou au service de n’importe quelle cause, le jour du départ est le jour de changements conséquents.

Les moyens financiers à la disposition des retraités ne sont plus les mêmes. Il faut faire avec moins.
Certains se mettent à économiser en vue d’un éventuel retrait en maison de repos.
D’autres s’abstiennent de soins qui leur seraient pourtant nécessaires … ou tout simplement, n’y ont pas droit.
D’autres encore se privent pour survivre.
Mais notre ancien roi, à près de 80 ans, lui se plaint et se fait mendiant !
Ne lui aurait-on pas parlé de la situation des retraités ?
Ne lui aurait-on pas signifié que les dotations n’étaient pas normales … que seul le chef de l’État doit avoir droit à une rémunération honorable ?
Ne lui aurait-on pas dit que le peuple souffre des effets d’une crise injuste et que ses moyens sont limités ?
À moins que tous ces princes ne nous viennent d’une autre planète, sur laquelle on ne cultive pas que les roses !
Jadis, un roi abdiquait au nom d’une paix sociale conquise à la force des bras.
Jadis, un roi était au côté de son peuple dans la débâcle d’une guerre, pendant que ses ministres se pavanaient dans les salons à l’étranger.
Jadis, un roi laissait le trône vacant au nom de grands principes qu’il estimait nobles, afin de ne pas contrarier l’évolution du pays dont il avait la charge.
Aujourd’hui, dans cette famille, il n’est question que d’argent, de faveurs, d’intérêts … que de principes « petits bourgeois ».
On est loin de la noblesse d’âme d’une aristocratie qui se sait favorisée et née pour servir !

À notre ancien roi, j’aimerais dire :
Monsieur, il est de jours où le silence est d’or … puissiez-vous en faire un mode d’expression au quotidien.

G. De Smet (7 novembre 2013)


-90-  ET ILS VOUDRAIENT QU’ON LES RESPECTE !

Les forces de sécurité israéliennes ont encore frappé !
Au petit matin d’un jour de cette semaine, elles sont venues avec leurs engins de chantier.
Elles se sont lancées dans la démolition d’une maison de Jérusalem-Est, une partie de la ville annexée – nous dirions, plus simplement, acquise par la force ou volée. La raison invoquée était l’absence supposée de permis de bâtir !
Cette maison appartenait au Patriarcat latin de Jérusalem. Elle abritait une famille musulmane de 14 personnes, obligée désormais de vivre le quotidien d’un camp de réfugiés.
Mgr Fouad Twal, le Patriarche catholique de la Terre sainte a réagi avec vigueur face à cette démolition qu’il estime illégale. Illégale, parce que cette maison était une propriété du Patriarcat, conforme à toute légalité. Celui-ci n’avait reçu aucun ordre de démolition émanant des autorités israéliennes.
Le Patriarche a estimé que : « Cet acte est contre la loi, la justice et l’humanité, elle est contre toute idée de paix à bâtir. Elle accroît la ségrégation et la haine ».
Il a ajouté : « Il s’agit d’un terrain religieux et il le sera toujours. Le ministère (israélien) de l’Intérieur et la municipalité (israélienne) de Jérusalem savaient fort bien que ce terrain appartenait au Patriarcat » 

Décidément ces Sionistes n’en ratent pas une !
Après avoir volé les terres d’un peuple qui résidait là avant eux, après avoir construit le mur de la honte qui sépare désormais Israël de la Palestine, après avoir érigé une barrière entre la Jordanie et Israël, après avoir bâti des colonies désapprouvées par les autorités internationales, après avoir passé outre des différentes décisions des Nations Unies, les voilà qu’ils expulsent des Palestiniens de chez eux !
Ils avaient déjà massacré – au nom de sa sécurité – des Palestiniens, enfermés dans l’horreur de camps …
Ils avaient déjà condamné la Palestine à s’enfermer derrière des frontières qui ne peuvent qu’asphyxier et empêcher tout développement …
Ils se comportent aujourd’hui comme les ignobles héritiers de terroristes qui, voici plus de 48 ans, envahissaient la terre de Palestine.

Et personne ne réagit … au nom d’un passé occidental peu glorieux.
Les Sionistes du monde entier restent d’ailleurs sur le pont pour nous le rappeler régulièrement !
Ils nous parlent de la shoah, comme d’un jardin privé.
Ils nous refilent régulièrement le « Journal d’Anne Frank » ou la « Liste de Schindler », quand l’actualité se fait trop chaude pour eux ou quand le désaveu s’abat sur leur cause.
Ils parlent d’antisémitisme, à chaque fois que quelqu’un ose s’opposer à leur idéologie.

Ces Juifs, il ne faut pas tous les mettre dans le même sac !
Il y a parmi eux des artisans de paix qui aspirent à des relations possibles entre les deux communautés.
Il y a les Juifs du Premier exil que l’on retrouve au Maghreb, entre autre, et qui s’y sont adaptés et intégrés à merveille.
Il y a ces colombes de la paix qui s’insurgent contre une colonisation débridée ou contre les humiliations au quotidien d’hommes et de femmes qui ont le malheur d’être du mauvais côté de la barrière.
Ceux-là, je les respecte et je les admire !
Mais tous ces idéologues, venant des steppes de Russie ou des plaines de Pologne, tous ceux qui ont alimenté le mythe du « Juif errant » et qui ont conquis un territoire, tous ceux qui sont devenus ces guerriers sauvages dans la foulée de leurs fondateurs, sans se soucier de la moindre once d’humanité, ils n’ont droit qu’à mon mépris.
Certes, l’horreur des camps de concentration a semé l’irréparable.
Certes, tout propos raciste ou antisémite est inexcusable, au nom du respect de tout homme peu importe sa race, sa religion ou la couleur de sa peau.
Certes, tout attentat terroriste qui sème la haine et la violence ne peut rester impuni.
Mais cela n’autorise pas tout !
Cette expulsion de Jérusalem-Est est injustifiable !
La création d’un tel niveau d’inhumanité qui réduit des êtres humains à vivre entassés dans l’insalubrité de camps crie vengeance au ciel !
La construction de colonies, grappillant sans cesse des parcelles de territoires qui ne leur appartiennent pas est intolérable !
Qu’attendent les nations civilisées pour réagir à une telle sauvagerie ?
Vous les Juifs du monde entier, ceux d’Israël comme ceux aux nattes religieuses de nos quartiers européens, vous qui soutenez l’effort de guerre d’Israël ; vous les Juifs du monde entier qui nous réclamer du titre de « Peuple élu » par Dieu, devenez enfin des signes crédibles de ce choix.
Devenez enfin ces artisans de paix et de réconciliation, sans quoi la vie vous restera un enfer.
Devenez enfin ces femmes et ces hommes qui nous inspirent autre chose que le dégoût et le rejet.
Devenez enfin des êtres humains qui ont plaisir à partager la beauté de l’humanité qui voudrait tant faire sa demeure en vous.
Et si c’était aujourd’hui, à travers ce que vous seriez devenus, le « retour du Messie » ?

G. De Smet (8 novembre 2013)


-91-  UNE FEMME DE CŒUR !

La presse nous fait part, ces jours-ci, d’une nouvelle extraordinaire : La Belgique possède sa « femme de cœur » … qui l’aurait cru ?
Madame Maggie De Block, notre secrétaire d’État à l’Asile et à l’Immigration s’est épanchée dans une conversation, à bâtons rompus, avec un journaliste.
Suite à ce dialogue, ce qui nous rend particulièrement heureux, c’est de savoir qu’elle dort bien !
Elle semble se reposer nettement mieux que celles et ceux qui sont les victimes désemparées de sa politique : « J’ai fermé six centres et je compte continuer », proclame-t-elle avec un certain aplomb. Quelle énergie et quel cœur de femme, de mère et de médecin qui se cachent derrière ces propos !
Elle justifie même sa bonté, en déclarant : « Vous pensez que c’est plus humain de laisser les gens à la rue ? Moi pas ! »
Le journaliste ne semble guère convaincu par sa réponse et il lui demande sans détour : « Votre rôle, c’est aussi principalement de renvoyer des gens dans leur pays. Des gens parfois en détresse. Vous n’avez donc pas de cœur ? »
Sans hésitation, comme une vraie « pro », elle lui répond : « Au contraire. À plusieurs reprises, on m’a dit que j’avais le cœur d’une maman et celui d’un médecin, ma profession à la base. Mon travail est de respecter un accord de gouvernement. Il y a des lois à respecter, je le fais. Je donne toujours la priorité aux départs volontaires et cela représente 40 % de nos dossiers. C’est une chose. L’autre chose, et je vous pose la question : est-ce plus humain, de laisser des demandeurs d’asile dans la rue ? Parce que c’est là qu’ils étaient. Moi, je suis convaincue que non. Nous répondons aux gens plus rapidement, même si c’est pour leur dire qu’ils sont expulsés. Et ça, pour moi, cela reste plus humain. »

Comme c’est beau l’hypocrisie quand, c’est si bien exprimé ! Nous aurions presque envie de la croire …
Pourtant le journaliste va lui poser la question qui tue (c’est le cas de le dire !): « Récemment, vous avez renvoyé un Afghan chez lui. Aref avait 20 ans. Il est mort dans son pays… »
À la manière de Ponce-Pilate, elle se lance dans une réponse cinglante à cet impertinent qui semble la contester : « Une fois encore, j’ai respecté la loi. Il avait un accompagnant quand il est rentré dans son pays et jamais nous n’avons connu les circonstances de sa mort. Vous savez, je ne me sens responsable de la mort de personne. Je regrette toujours un décès. Je vous rappelle que je suis médecin. Mais je n’y suis pour rien. C’est comme si vous accusiez la ministre de la Santé dès qu’il y a un mort dans un hôpital… »

Face à de telles réponses, je ne puis que me révolter et trouver écœurante sa manière de mener son existence de femme, de médecin et de responsable politique.
Cette femme est un monstre !
Pourquoi, après tant d’années, son administration et celle de ses prédécesseurs ont-elles laissé pourrir une situation ?
Ils ont laissé les demandeurs d’asile se morfondre des années dans l’attente d’une réponse à leur demande, transformant leur misère en un enfer
Ils en ont fait des numéros de dossiers, réduisant ces pauvres hères à se presser dans des files d’attentes, comme on en trouve devant les abattoirs.
Son administration s’est réveillée, un jour, de son sommeil de fonctionnaire. Elle l’a fait avec la bénédiction du ministre responsable, après des années, accordant droit de vie et de mort à des citoyens du monde.
Maggie De Block a permis que ces réfugiés se voient prodiguer moins de soins que les chiens de nos chenils de la Croix bleue.
Au lieu d’aller à la rencontre et à l’écoute des demandes, elle s’est contentée de fermer les portes de terres que le libéralisme n’a cessé de présenter comme un eldorado. Et, elle, femme et médecin … elle en est fière … au nom de la Loi ! À moins que la loi ne soit pas la même pour ces pauvres du monde que pour les exilés fiscaux à qui il est si doux d’ouvrir les bras !
Elle ose parer sa bouche indigne de la beauté des mots « cœur d’une maman », alors qu’elle s’est comportée comme une admiratrice de la froideur de chiffres et de pourcentage.
Elle n’aura fait que flatter la fibre d’un électorat avide d’expulsions et de pogroms, au nom des pattes pures de la blanche colombe. On se croirait revenu à d’autres périodes, telle la Nuit de Cristal, que nous venons de nous remémorer !
Alors qu’elle se complait derrière les masques énormes de l’innocence, les faits démontrent qu’elle a envoyé un expulsé afghan à la mort …
Il est de ces Afghans qui s’étaient intégrés avec bonheur chez nous.
Certains  avaient un métier, ils payaient des impôts depuis des années. Ils parlaient même le néerlandais pour pouvoir vivre en Flandre.
Ils s’étaient construit leur petit bonheur, dans l’attente du déclic de l’Administration. Pas de chance : c’est le retour au pays qui sera l’avenir ou le cauchemar imposé !

Aujourd’hui, l’Afghan de trop est mort ! 
Elle se contente de nous dire qu’elle n’a fait que son devoir et elle s’en lave les mains.
Elle se contente de nous dire qu’elle a suivi sa déontologie de médecin.
Elle se contente de fermer les yeux, refusant de voir le sang de l’innocence qui tache ses mains et son visage.
Serait-elle vraiment une réincarnation féminine du Procurateur romain … avec Halloween, on ne sait jamais ?

Pauvre femme !
Pour moi, elle n’est qu’une « sans cœur » et une ignoble représentante d’un système qui fait plus de dégâts qu’il ne dégage de pistes vers un avenir pour tous.
Elle se cache derrière des lois, évitant de prendre ses responsabilités face à l’homme enfermé dans son désespoir. Si, au moins, ces réfugiés avaient été riches et en valaient la peine ! Honte !
Elle n’est qu’une « meurtrière » qui fait du déni et de l’inconscience un voile  pour cacher la mort qu’elle sème. Honte ! Quand on prend une décision qui conduit à la mort on s’interroge et on assume !
Elle n’est qu’un médecin qui fait honte à sa corporation et qui salit le travail et la réputation de tant d’autres qui œuvrent pour soulager la souffrance et la détresse qui accablent le cœur de l’homme. Mépris !

Vous semblez dormir en paix, aurais-je envie de lui dire …
J’espère pour vous qu’il en sera de même à l’heure du grand jugement, quand seront pesés vos actes et votre ambition.
Vous me dégoûtez ! Derrière vos propos angéliques se cache une terrible machine à écraser le meilleur de l’être humain !
Un vrai éléphant dans un magasin de porcelaine, car l’humain c’est comme la porcelaine !
J’ai envie de vous crier, comme l’a fait un jour un courageux face à Sarkozy : «  Ne me touche pas, tu me salis ! »
J’y ajouterai même la réponse du Président : « Casse-toi ! »

G. De Smet (14 novembre 2013)


-92-  55.000 DE TROP

En ouvrant le journal, ce matin, une nouvelle de poids m’est tombée sur l’estomac : « Quelques 55.000 chômeurs, dont une majorité en Wallonie, risqueraient d'être exclus de leurs droits aux allocations à partir du 1er janvier 2015, en raison d'une réforme décidée par le gouvernement fédéral, rapporte le site internet de SudPresse sur base d'une étude du service d'études de la FGTB. »
Ce document poursuit : « les chômeurs ainsi menacés d'exclusion au 1er janvier 2015 ne sont toutefois pas que des jeunes fraîchement sortis des études.  En fait, ce sont tous ceux qui n'ont pas travaillé au moins 12 mois à temps plein sur 18, ou 18 mois sur 27, en fonction de leur âge (…) Cela concerne donc tous ceux qui multiplient les petites périodes d'intérim, puis retombent ensuite à l'allocation d'insertion. Même chose pour des temps partiels  (…) Dans les faits, l'exclusion du chômage va concerner une très faible minorité de gens n'ayant jamais travaillé ».

Une nouvelle qui fait froid dans le dos, quand on considère la misère s’abattant sur tant de familles, sur tant d’hommes, de femmes et d’enfants …
Nos responsables leur ferment là la porte d’un avenir et l’horizon d’un espoir !
Il y a certes des chômeurs qui se complaisent dans cette situation et qui profitent abusivement d’un système.
Faut-il pour cela, au nom des grands principes de notre économie de marché laisser sur le carreau, ces milliers de travailleurs qui n’ont pas choisi leur licenciement, parfois abusif.
Ce n’est pas de leur faute s’ils n’ont eu droit qu’à des contrats précaires qui permettent aux patrons de les utiliser temporairement en profitant d’avantages fiscaux.
Ce n’est pas admissible que d’autres travailleurs, qui ont dû se contenter de subir des aléas de l’intérim au quotidien soient pénalisés, au nom d’un monde de l’entreprise qui fonctionne en dépit du bon sens.
Ce n’est pas de leur faute, s’ils sont trop jeunes, qu’ils n’ont pas d’expérience ou que leurs compétences coûteraient trop chères à l’entreprise.
Ce n’est pas de leur faute si d’autres sont pendus au chantage d’entreprises qui promettent des emplois en échange d’avantages financiers … et qui, comme sœur Anne, ne voient rien venir.
Même les C.P.A.S  crient au secours, ne pouvant plus faire face à ce tsunami de pauvreté qui s’abat sur certaines catégories de citoyens !
Et pourtant, nos responsables politiques, nos mandataires, issus des élections, viennent d’oser ce pas qui risque de déboucher sur une véritable révolution.
Ils ont créé une société à deux vitesses : des riches de plus en plus riches … des pauvres de plus en plus pauvres.
Des « talents » stratégiques qui profitent de salaires démesurés et des « talents » manuels, dont on ne chante la valeur qu’en cas de nécessité.
La société libérale a transformé  l’être humain en une marchandise, en un numéro nécessaire à créer la rentabilité et la compétitivité, à une cotation en bourse … et pour cela tous les moyens sont bons !
Notre système économique a fait de l’homme une machine qui sera mise à la casse quand elle ne rapporte plus !
L’économie de marché qui ne cesse de nous broyer a cassé en l’homme des raisons de vivre, d’espérer et des possibilités d’épanouissement … indispensables pour « exister ».

Scandale, qui risque de se payer très cher, un jour !
On nous parle bien de possibilités d’emploi qui ne sont pas rencontrées.
On se plaint du manque de formation, dans un monde dans lequel la scolarité est obligatoire jusqu’à 18 ans.
On requiert une qualification sans cesse plus performante … sans toujours la trouver ?
À quoi sert donc la formation scolaire ou universitaire, si elle ne peut déboucher sur les compétences permettant de devenir un acteur du monde économique ?
À moins que l’argent, les dividendes soient les seules données objectives qui valent la peine d’un engagement politico-économique ?

Pendant ce temps, la presse, reflet d’une société, nous rabâche les oreilles, avec le pauvre déclin d’un milliardaire sans vergogne.
Pendant ce temps, elle prête l’oreille aux plaintes d’un ancien roi, qui se verrait réduit – diminution de dotation oblige – à devoir changer de style de vie.
Pendant ce temps, la région wallonne cherche comment prêter 138 millions d’euros à un autre milliardaire pathétique, qui tire les ficelles machiavéliques d’un jeu répugnant et de promesses vides de contenu.

Les portes s’ouvrent sans complexe, devant l’arrivée d’exilés fiscaux qui trouvent chez nous un paradis.
Des salaires faramineux sont distribués à des « grands patrons » qui, s’ils ont l’intelligence des affaires, ne seraient rien sans le travail, aussi humble soit-il, de leur moindre salarié.
Des frais de prestige et de voyages, des sommes astronomiques distribués à des cabinets ministériels, des avantages destinés à quelques privilégiés de haut standing.
Et pendant ce temps-là, le pauvre, celui qui n’a pas de chance, celui qui ne compte pour personne est enfermé dans le cercle infernal de la misère et de la honte.
Un exemple à Namur : nos édiles communaux se battent pour défendre la possibilité d’un téléphérique et ses retombées économiques, alors qu’ils viennent de n’ouvrir que 63 chambres pour les sans-abris, au seuil de l’hiver !
Si nos responsables continuent de gérer cette crise, créée par les banques et par la finance, de cette façon, nous ne pouvons que nous attendre à une explosion, dont la Bretagne ne cesse de nous indiquer le chemin.

Économie au service de l’homme … L’homme esclave de l’économie … Un choix à faire d’urgence : le travailleur, le faible est en péril !
Jusqu’à quand se laissera-t-il plumer … pour satisfaire le luxe de quelques uns ?

G. De Smet (20 novembre 2013)


-93- UN MORT DE TROP !

En lisant la presse ce matin, je découvre un entrefilet qui aurait pu passer inaperçu … d’autant plus inaperçu que les faits remontent au mois de juin dernier :
« L’État belge a déboursé 40.000 euros pour dédommager la famille d’un demandeur d’asile arménien décédé dans notre pays l’année passée, a rapporté jeudi soir Radio 1 (VRT) en se basant sur un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) » (Sudpresse 29 novembre 2013).
Cet homme serait venu chez nous pour y bénéficier d’une greffe du foie. Malheureusement pour lui, la Belgique lui avait refusé un permis de séjour. « En juin 2012, la CEDH avait condamné la Belgique pour cette raison et exigé que l’homme puisse recevoir les soins médicaux dont il avait besoin. Il décédera néanmoins près d’un mois plus tard » nous répercute la presse.
Ces soins n’auraient pas été refusés à un chien, ni même aux chevaux belges de Madame Milquet, dont s’inquiète Brigitte Bardot !
Répondant à l’arrêt de la Cour Européenne des Droits de l’homme, l’État belge aurait délié les cordons de la bourse, versant une somme de 40.000 euros à la famille de cette malheureuse victime de la logique de notre Administration. Aurait-il trop d’argent à jeter ?
L’avocat de la victime déclare : « En concluant un accord avec la famille, le gouvernement belge reconnaît avoir violé les articles de la CEDH relatifs au droit à la vie et à l’interdiction des traitements inhumains ».

Mais à part ça, tout va très bien, chanterait certainement notre premier-ministre en phase avec le vécu de notre pays.
Mais quand on est premier-ministre, il est  certainement impossible d’être au courant de tous ces petits détails qui font la vie et la mort, au jour le jour, d’hommes et de femmes de chez nous ou qui frappent à notre porte. Déjà qu’il y a ce député rebelle qui se permet de le salir ! … Il ne peut s’occuper de tout ! C’est bien pour cela qu’il s’est entouré d’un conseil des ministres, chacun étant ainsi responsable – ou irresponsable – de domaines importants de nos quotidiens.
Manque de pot pour cet arménien, mendiant de soins, le domaine de l’Asile et de l’Immigration est entre les mains déjà entachées de sang de Magda De Block. La mort sera donc sa lettre d’expulsion !
Elle a plaisir à se faire appeler « femme de cœur », nous rappelant sa féminité et sa tendresse toute maternelle. Le cœur aurait-il pris une nouvelle forme, celle de cette croix qui a fait trembler le monde, il n’y a pas si longtemps ?
Elle aime nous rappeler son métier d’avant la politique. Elle est médecin, mais elle semble peu concernée par la non-assistance à personne en danger. Que risquons-nous en lui confiant notre santé ?
Le sort de milliers d’hommes et de femmes en détresse est entre ses mains. Elle prétend y répondre avec attention, alors que de ses actes ne sortent que mépris et exclusion.
C’est la deuxième fois que la presse fait état des dégâts de sa politique.
Il y avait déjà ce réfugié afghan, expulsé – sous accompagnement – et qui s’est fait exécuter à son arrivée à Kaboul.
Il y a maintenant cet homme qui s’en vient simplement chercher des soins chez nous. Mais, c’était sans compter sur le « non » qui se cachait derrière son visage indescriptible.
À tous ceux-là, il faudrait ajouter toutes ces autres victimes de son inhumanité qui n’ont même pas droit à son attention et à son écoute. L’important est de faire du chiffre, un maximum d’expulsions … du moment que l’électeur se sente flatté !

Lors d’un récent « Billet d’humeur », je vous faisais part de mon mépris pour cet être monstrueux, pour qui les droits élémentaires de l’homme n’ont aucune importance.
Ici, je voudrais faire un pas de plus et la comparer  à ces bourreaux  abjects qui ont fait des camps de la mort, l’avenir et la condamnation d’êtres humains respectables. Certains signes symboliques, honnis aujourd’hui, cadreraient si bien avec l’ignominie de son action gouvernementale.
Sa politique, flattée par les sondages, son ambition à la taille de son arrogance lui font commettre, ainsi qu’au parti qu’elle représente, des « crimes contre l’humanité » qui ne sont pas dignes de l’histoire de notre pays et du scintillement de nos trois couleurs nationales.
Elle appartient à cette famille politique qui n’a épargné aucune de ses énergies pour procéder au sauvetage de quelques banques ou encore du monde mafieux de la finance et du grand capital.
Elle appartient à cette constellation politique qui a ouvert ses bras et ses portes à quelques exilés fiscaux … après tout, l’argent n’a pas d’odeur !
Elle appartient à ce gouvernement qui se permet de faire de l’injustice sociale, un crédo vécu au quotidien par des milliers de familles entrées en précarité.

C’est bien de nous faire peur avec la personnalité de Monsieur De Wever …
C’est bien de nous répéter que nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde.
C’est bien de faire de la compétitivité et de la rentabilité des moteurs d’un avenir, dont beaucoup son exclus …
Ce serait pourtant plus humain d’aider à mettre en place une politique de développement sérieuse et respectueuse de l’avenir des peuples.
Ce serait pourtant mieux de pouvoir dire, au terme de ses paroles et de ses actes : « J’ai tenté d’être un homme ».
Mais tout cela lui est-il possible ? Aurait-elle été présente le jour de la distribution de la conscience ?

La présence de cette femme dans les rouages de nos institutions est une gifle à la beauté de l’être humain, qui mérite plus que de n’être qu’un numéro de dossier ou un billet d’avion vers un pays incertain.
Le succès de cette femme dans les sondages est un déni de démocratie qui, un jour, nous éclatera dans les mains.
Ministre, femme, médecin … pas de place pour elle dans l’hôtellerie de notre respect de la vie.
« Dégage », aurais-je envie de lui crier : l’air deviendra enfin respirable !

G. De Smet (29 novembre 2013)


-94- UTOPIE OU URGENCE ?

L’hiver arrive à grands pas. Les jours les plus courts de l’année sont de retour. Les illuminations scintillent dans nos villes et nos quartiers. Les vitrines des magasins frétillent d’envies et d’attraits … Une fête se prépare : c’est bientôt Noël !
Dans le même temps, sortant de leurs tanières, des hommes et des femmes courent et s’agitent : il semble y avoir urgence !
Restos du cœur, Société de Saint-Vincent de Paul, Croix-Rouge, Armée du Salut … tous ils sont sur la brèche. Ils sont à la recherche des laissés pour compte de notre société.
Ils sont les idéalistes de nos mondes sans idéal.
Ils sont les bénévoles qui n’hésitent pas à donner gratuitement, là où tout se paie.
Ils sont ceux qui ne nous parlent pas du « retour du cœur », mais ceux qui laissent couler le don du cœur.
Ils se comptent et se découvrent trop peu nombreux, face à l’ampleur de la détresse humaine avec laquelle ils ont rendez-vous.

En effet, quel désarroi, dans tous nos pays qui ont fait de l’argent et de la réussite des crédos et des exigences … tant pis pour celles et ceux qui ne peuvent suivre la cadence !
Récemment est sorti un rapport sur la pauvreté …
Actuellement, « Vivre ensemble », dans sa campagne de l’Avent, attire notre attention sur un cancer qui nous mine : « La pauvreté n’a pas d’âge » !
Des enfants vivent sous le seuil de pauvreté, obligés de vivre ces fêtes de fin d’année comme une frustration et une agression : il n’y aura rien pour eux !
Des personnes âges sont confrontées, dans la profondeur de leur solitude, à des privations et à des humiliations qui résonnent comme autant de cris de honte et de révolte.
Des travailleurs se voient licenciés, condamnés à la non-existence du chômage. De plus ils s’attendent à être un jour du lot de ceux qui seront rayés des listes de « chômeurs de longue durée »  … comme si  c’était de leur faute !
Des femmes seules se trouvent acculées à des actes de désespoir, au nom de la peur du lendemain ou de la honte d’une existence privée de sens.
Tous se voient coller sur le front l’étiquette du paria ou revêtir de la parure de ceux qui font « tache » dans le paysage de nos « tout va très bien … »
Tous sont dans l’obligation d’ignorer le mot « reprise », puisqu’il n’y a jamais eu de « prise » !

A croire que tous ces « oubliés » n’apparaissent qu’en fin d’année, quand les frimas de l’hiver s’en viennent bousculer nos bonnes consciences.
C’est l’époque des collectes de vivres, des recherches de vêtements et de couvertures.
C’est l’heure des opérations qui émoustillent le meilleur de ce qui se loge en nous … à moins qu’elles ne soient des « bals mondains pour des gens qui crèvent de faim ».
C’est le moment du partage, de la solidarité, des coups de main sentant bon la fraternité … au point que nos églises nous proposent parfois ce chant : «  C’est Noël  sur la terre chaque jour, car Noël, ô mon frère, c’est l’amour »
Ne serait-il pas temps que dans nos choix politiques et économiques nous tenions enfin compte des bourrasques d’hiver qui glacent une partie de nos populations … toute  l’année ?
Ne serait-il pas temps que nos dirigeants prennent conscience qu’au-delà de leurs envies de reprise, de compétitivité et de développement du capital, il y a des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux qui n’en peuvent plus ?
Ne serait-il pas venu le moment de « casser » ce modèle économique basé sur l’argent, seule « dictature » encore en place dans nos mondes dits libres ? Où est passée notre inventivité ?

Certes, il est important que l’ambiance de ces fêtes de fin d’année ne soit pas troublée par les larmes des « oubliés ».
Il est important que le meilleur du cœur de l’homme puisse s’exprimer et donner, pour mieux recevoir.
Il est important que la place vide de nos tables de Noël puisse être comblée par le pauvre qui n’attend plus rien, si ce n’est un peu de chaleur humaine … le temps d’un soir !
Mais cela ne suffira pas !

S’il doit être fait appel à notre générosité, il est temps aussi que soit pris en compte dans nos projets de sociétés que l’être humain en est le centre. Il n’est pas à identifier à de vulgaires chiffres qui, de Tokyo à New-York, font vibrer le monde entier
L’écologie, l’argent, les grands concepts économiques ne sont que des moyens pour que TOUT homme puisse partager le bonheur et les richesses qu’il est capable de créer.
Si l’entreprise a besoin du capital venant de l’investissement des patrons et ses actionnaires, elle ne peut se passer du travail de tous ceux qui mettent leurs mains et leurs cerveaux au service de son développement.
Mittal, ce milliardaire sans état d’âme, ne serait rien sans les compétences de ses ouvriers et de ses ingénieurs. Et combien d’autres, comme lui ?
Le grand Capital ne serait rien, s’il devait se constituer sans la sueur et les pénibilités que rencontrent celles et ceux qui le font fructifier.
Votre banquier et votre assureur n’existeraient pas s’ils ne pouvaient compter sur l’argent que vous avez gagné honnêtement …
En un mot, une économie qui ignore le social se lance dans un suicide qui ne peut tarder !
L’argent qui oublie qu’il n’est qu’un service et non une fin en soi nous conduira dans des impasses qui nous feront pleurer demain.

Il est urgent de réagir !
Quand Coluche a inventé les « Restos du cœur, il voulait créer un défi qui ne devait durer que peu de temps … osant croire que nous aurions réagi …
Quand l’Abbé Pierre a lancé ses « Compagnons d’Emmaüs », il ne pensait pas que la misère resterait éternelle …
Aujourd’hui nos espérances de réussites économiques se transforment en drames sociaux et en désespoirs incontrôlables.
Quelle révolte attendons-nous avant de réagir ?

Utopie, me rétorqueront certains, convaincus que nos bonnes consciences peuvent se contenter de nos petites aumônes de fin d’année.
Utopie, me crieront des responsables politiques, sentant vaciller les trônes qu’ils se sont construits pour eux-mêmes et pour leurs dynasties.
Utopie, se moqueront les marionnettes qui n’ont pas intérêt à ce que s’interrompent les manipulations et les chantages qui les stimulent et leur rapportent des bénéfices substantiels.

Je reste d’avis que si ces propos sont colorés d’idéal, ils ont, en plus, l’intensité des cris d’une révolte qui gronde dans le cœur de tout homme de bonne volonté.
S’ils sont une utopie, il est cependant temps d’oser des pas nouveaux, les exigences de l’urgence en sont le moteur.
Il est urgent que plus aucun enfant ne vive sous le seuil de pauvreté : c’est un droit de l’homme !
Il est urgent que plus aucun Ancien ne soit enfermé dans le cauchemar d’une fin de vie injuste : c’est un droit de l’homme !
Il est urgent que l’homme soit rencontré dans sa soif de dignité et dans sa capacité à construire : c’est un droit de l’homme !
Il est urgent que les familles se voient offrir les conditions de bonheur qu’engendrent leur courage et leur travail : c’est un droit de l’homme !
Il est urgent que soient réparties des richesses que se partagent aujourd’hui injustement quelques nantis, alors que notre planète appartient à tous : c’est un droit de l’homme !
Urgent, sans quoi, demain, les bonnets de la colère prendront toutes les couleurs de l’arc-en-ciel pour s’en aller à l’assaut de ce qui les enferment dans le cauchemar d’une existence sans saveur !
Urgent, sans quoi notre avenir s’écrira avec les mots de la honte et de la colère qui ne présagent que de destruction et que de volonté de revanche.
« Celui qui a des oreilles qu’il entende », aurait dit Jésus à ceux qui le suivaient !

G. De Smet (2 décembre 2013)


-95-   DES CADEAUX SALÉS

Il existe dans les surprises de fin d’année, des chiffres qui prennent les couleurs d’un cauchemar survenu au terme d’une mauvaise nuit.
Les chiffres du SFP Finances sont sans nuance : « En 2012, la déduction pour les intérêts notionnels (portant sur l'exercice 2011), a représenté un "manque à gagner" de 6,16 milliards d'euros pour l'État », rapporte mercredi « Le Soir ».
Cela représente une hausse de 800 millions par rapport à l’exercice 2011 !

Ah ! Ces « chers » intérêts notionnels !
Cette construction toute abstraite allait permettre la relance de l’industrie. Elle allait être un coup de pouce à la compétitivité des entreprises.
Ces cadeaux devaient inciter à l’embauche, à la diminution du chômage … et bla bla bla et bla bla bla …
Cette idée sulfureuse nous venait de quelques excellences ministérielles en manque de présence dans la presse et aussi dans les sondages … et parfois même dans les résultats électoraux.
Elle venait s’ajouter à toutes ces aides à l’investissement, à tous les attraits sonnants et trébuchants offerts au monde de la finance, pour s’installer chez nous.
Un exemple parlant de tout ce gâchis, c’est Arcelor Mittal.
L’entreprise paie un impôt insignifiant, pendant que l’ouvrier se voit taxer sur tout et sur rien.
La société, qui étend ses tentacules sur le monde entier, ne compte plus ses millions d’euros de bénéfices, pour le plus grand bonheur des actionnaires, pendant que l’élaboration de plus grands projets industriels passe par des licenciements intempestifs. Leurs comptables parlent de baisse … mais ils ne sont toujours pas les clients malheureux des « Restos du cœur » !
L’argent va bien, l’homme souffre … mais à chacun sa croix !

Ces chiffres s’écrivent devant nos yeux en pleine crise économique et sociale.
Ils s’étalent devant nous avec une indécence qui fait crouler de colère la ménagère qui ne peut plus faire face à l’augmentation des prix ou encore devant ces familles qui scrutent les espérances en quête d’une diminution des produits énergétiques.
Ils ont l’indécence de s’ajouter aux baisses de charges et donc bientôt aux diminutions de salaires, sensés relancer l’économie.
Ils viennent se poser comme une injure face à l’étranger dont nous aimons faire le bouc-émissaire de la crise ou encore face aux travailleurs qui devraient travailler plus longtemps pour avoir droit à quelques piécettes de retraite.
Ils insufflent la colère auprès de celles et de ceux qui font du licenciement et du spectre de l’exclusion du chômage un quotidien digne de « Germinal ».
Ils s’écrivent avec l’encre de la honte, face à celles et à ceux qui ne savent plus faire face aux dépenses médicales ou qui doivent se priver de l’essentiel.
Ils s’ajoutent au scandale du renflouement des banques et de la finance, celles-là mêmes qui allaient être le moteur d’un avenir meilleur.

Et dire que, lors du dernier scrutin, les citoyens avaient exprimé leur envie d’un changement, tant au Nord qu’au Sud du pays.
Ils voulaient un changement qui feraient d’une diminution des dépenses de l’État une source de nouvelles possibilités d’avenir pour une population qui compte ses petits sous.
On allait voir ce qu’on allait voir !
Tout est sur le bon chemin, nous clament nos ministres, nous invitant à la patience et à l’ouverture du portefeuille.
Notre pays est un bon élève de la cour européenne, se plaisent-ils à nous convaincre, oubliant le sacrifice énorme demandé à une population de plus en plus pauvre – les riches se dorant au soleil d’un oubli  fiscal paradisiaque –.
Un plan de relance est indispensable, au profit du citoyen, et pas seulement pour le bien-être d’une entreprise devant faire face à une concurrence mondiale effrénée.

6,16 milliards, 800 millions de plus qu’en 2011 !
Pour qui nous prennent-ils et jusqu’à quand leur laisserons-nous l’occasion de nous pressuriser ainsi ?
Aujourd’hui le combat syndical semble s’essouffler et, ne rencontre qu’un intérêt mitigé auprès de ses adeptes. On les comprend ! À force de « sauver » l’essentiel, ils ne « sauvent » plus rien !
Aujourd’hui des associations publiques et privées tirent la sonnette d’alarme. Il est urgent de trouver un « plan Marshall » pour sauver l’humain, le social.
Il est urgent d’arrêter d’aider à constituer le bas de laine des actionnaires de partout, mais plutôt d’aider l’homme à garder la tête hors de l’eau.
Il est indispensable de laisser là toutes ces idées qui s’apparentent à du clientélisme politique, plus qu’à une piste pour l’avenir d’une société.
Il est fondamental d’être les relais des forces vives du pays. Il ne s’agit pas que de ceux qui détiennent un capital, mais aussi de celles et de ceux qui le font fructifier. Ils commencent à crier leur colère dans nos rues … les entendons-nous ?
Après les dotations royales, les parachutes dorés des grands patrons, les primes indécentes aux parlementaires, les dépenses ministérielles et de prestige, les besoins d’une écologie débridée, les « plaintes » royales … il est temps de laisser là toutes ces gabegies et d’écouter la colère qui gronde dans le cœur de simples citoyens pour qui le quotidien s’écrit en termes de privations, de sacrifices et de rêves brisés.
Après le « farfelu », de propositions politiciennes, après des contournements de la démocratie, après l’octroi de privilèges signant la mort d’une nouvelle culture politique, il est temps de revenir à la raison et de se mettre à l’écoute d’une population qui n’en peut plus de « payer ».
Après des projets économiques qui ne s’écrivent qu’en termes d’égoïsme et de création de désespoirs innommables, il est temps de mettre en place des conditions sociales qui permettent l’épanouissement de tous et spécialement des plus fragiles d’entre nous.

6,16 milliards ! Quelle dépense ruineuse pour des victimes d’une crise dont elles ne voient pas le bout !
Saurons-nous nous en souvenir, le temps voulu ?

G. De Smet (4 décembre 2013)


-96-  ADIEU MADIBA !

Nelson Mandela s’en est allé !
Il avait 95 ans, mais il n’y a pas d’âge quand il s’agit d’un homme qui représente à lui seul la conscience de l’humanité.
Il avait 95 ans, mais il était aussi habité par une jeunesse de cœur et d’action. C’est ce  qui lui a permis d’allumer le feu de la Réconciliation et de la Justice en Afrique du Sud.
Il avait 95 ans, l’âge d’une sagesse, fruit d’une vie bien remplie, au service d’une cause noble et juste : le respect de l’homme, de tout homme, au-delà de ses convictions et de la couleur de sa peau.

Ce 10 décembre, son pays lui rend hommage et lui dit merci.
Merci pour son combat.
Merci pour le don de sa vie, d’où naîtra la libération de ses frères.
Merci pour ce courage politique qui aura permis à son pays de dépasser les barrières de la honte et de l’exclusion.
Un merci qui mobilise tout un peuple, face au départ silencieux d’un grand homme.

Les grands de ce monde ont voulu être présents pour l’occasion … et c’est à celui qui s’agite le mieux devant les caméras !
Les États-Unis y envoient une délégation forte de quelques présidents !
La France y délègue deux présidents de la République, voyageant dans des avions différents : l’union nationale a quand même ses limites !
La Belgique s’y prélasse avec pas moins de cinq représentants !
Israël a préféré s’abstenir : le déplacement était trop onéreux. Cela évitera, en plus,  de braquer les projecteurs sur leur propre conception de l’Apartheid.
Et nous pourrions continuer à détailler ces délégations qui, si elles honorent un grand homme, sont aussi de belles expressions de l’hypocrisie politique qui gouverne le monde.

Durant des décennies, le combat de Mandela n’a concerné personne, pas même Amnesty International qui éprouvait des états d’âme pour s’engager dans la voie du combat de Madiba et de le soutenir.
Celui  qu’ils accompagnent aujourd’hui vers sa dernière demeure fut hier considéré comme un terroriste, comme un rebelle. Il ne méritait pas une once d’attention et de respect.
Certains comme nos ministres Michel ou Eyskens croient s’en sortir en reconnaissant qu’ils se sont trompés, à l’époque … N’est-ce pas un peu court ? À moins qu’ils n’aillent dans le sens du vent !
30 ans de prison, 30 ans d’une vie sacrifiée qui n’a mérité aucune attention et aucune protestation … jusqu’au jour du succès, jusqu’à l’octroi d’un prix Nobel de la Paix, jusqu’à l’accession du rebelle d’hier aux plus hautes fonctions de l’État Sud-Africain.
Il y a des présences à cet hommage planétaire qui sont indécentes.
Il y a des présences qui ne suscitent que mon mépris et ma colère.
Nelson Mandela était trop grand que pour être accompagné aujourd’hui par tous ces « minables » qui ne rêvent que de premières places, de pouvoir et de gloire personnelle. Avec lui, on est face à une autre échelle de valeur !
Nelson Mandela est un rebelle de tous les temps, qui s’insurge contre tous les « apartheid » qui défigurent le visage de l’homme et du monde.
Nelson Mandela est un chantre de la justice et de la paix qui ne peut se satisfaire de l’importance économique et sociale de nos projets de société qui ne cesse d’humilier l’Homme. C’est là une des formes d’Apartheid d’aujourd’hui !

Ah, si tous ces chefs d’État présents pour un dernier bout de chemin avec ce prophète de notre temps, pouvaient au moins profiter de leur séjour pour se laisser inspirer !
Il y a du boulot … dans chacune de leur nation !
Il y a un combat à mener contre une économie qui fait œuvre de séparation, d’ « apartheid » entre riches et pauvres, entre représentants du monde de l’argent et celui des travailleurs qui n’en peuvent plus d’être exploités, entre pays nantis et Tiers-Monde.
Il y a un combat à mener pour que des hommes et des femmes ne soient plus obligés de faire de leur quotidien des fuites face à la misère.
Il y a des combats à mener pour créer une « juste » répartition des richesses entre tous les habitants de la planète.
Il y a des luttes à entreprendre contre des égoïsmes, pour que ne circulent plus des flux de réfugiés, de sans papier, de sans dignité …
Il y a des urgences à affronter pour casser ce modèle de monde divisé entre exploitants et exploités, entre riches et pauvres, entre fortunés et miséreux.

De tels défis méritent mieux que des hommes et des femmes qui font carrière dans la politique.
Cela mérite mieux que des primes, des dotations ou des salaires indécents à s’octroyer.
Cela se prend à bout de bras et non par des magouilles ou des compromis qui font honte à la conscience de l’humanité.
De tels défis s’abordent par le don d’une vie … et cela, ce n’est pas à la portée de tout le monde.
Il ne suffit pas d’être inscrit dans des partis dits démocratiques pour entendre la voix du peuple.
Il ne suffit pas de se présenter au suffrage de quelques électeurs pour être à la hauteur de leurs attentes.
Il ne suffit pas de faire des propositions, mais d’oser de vraies réformes d’où jaillira un bonheur pour tout homme.
C’était la manière d’être et de faire de Madiba …
Et si nos représentants politiques en prenaient enfin de la graine ?
Et si l’impossible devenait enfin possible ?

G. De Smet (10 décembre 2013)


-97- IL EST OÙ L’AVION ?

C’est la question que pose le président français François Hollande, lors de son départ d’Afrique du Sud. Ce sera son rival, Nicolas Sarkozy qui lui en indiquera la direction.
Ironie du sort, quand tu nous tiens !
Ah ! Ces micros qui sont toujours là où il ne faut pas ! Ces journalistes, toujours en quête du scoop qui fera de l’audimat !
Et pourtant … Cette question est-elle aussi anodine ? Elle illustre tellement bien, me semble-t-il, une certaine vision de la politique qui dirige le monde.

L’avion, j’aime y voir le symbole d’un lieu sûr, dans lequel on se sent en sécurité et avec lequel on risque d’arriver à bon port.
Il est pour moi le symbole d’un pays, dont le moteur est de mettre en place les conditions de bonheur pour tous les citoyens.
Le moteur d’une vie économique …
Le moteur d’une vie sociale …
Le moteur d’une quête de la justice et de l’incorruptibilité …
Le moteur d’une culture accessible à tous, permettant le développement d’un monde du beau qui ne peut que séduire les yeux et les oreilles …
Entendre un responsable politique demander : « Où est l’avion ? » en dit long sur une manière de diriger un pays.
J’ai de fait l’impression que souvent ils ne connaissent pas le pays dont ils tiennent les rênes.
Ils me donnent l’impression de gérer – ou d’ignorer – une situation. Ils ne vibrent pas au diapason des aspirations du peuple, rejetant les jutes aspirations au bonheur dans le domaine de l’irréalisable.
Je les sens comme les valets de la macroéconomie, les yeux rivés sur les courbes des marchés boursiers, les oreilles dirigées vers les considérations des agences de notation.
Je les sens reprenant à leur compte les paroles de la chanson d’Annie Cordy : « J’voudrais bien, mais j’peux point ! »
Lors des campagnes électorales, ils ont là avec leurs promesses, avec leur désir de bien faire … au point que plus d’un électeur – vous et moi – tombent dans le panneau.
Lors de la conclusion des alliances ou lors des bilans de gouvernance, nous sommes souvent appelés à nous poser une autre question : « Y a-t-il un pilote dans l’avion ? » … un pilote dont le souci premier est le respect de la démocratie ?
C’est ce que ruminent les travailleurs licenciés, les autres à qui il est demandé de travailler plus, les chômeurs de longue durée qui vivent leur quotidien sous la forme d’un calvaire.
C’est la source des larmes des sans-abris qui n’intéressent personne, des sans-pays qui n’ont qu’à chercher refuge ailleurs, des sans-dignité qui n’osent plus se regarder en face, tellement leur honte est grande.
C’est ce qui cause la colère de tant de professions, de tant de familles, confrontées à une dureté de l’existence dont ils ne sont en rien les responsables.

« Il est où l’avion ? »
La réponse à cette question sera le point de départ d’un nouvel élan, d’une nouvelle dynamique.
Elle permettra la recherche d’un vrai dialogue entre les citoyens.
Elle permettra de mettre en place des conditions socio-économiques qui ne soient plus dictée par la concurrence des marchés mais par le souci d’une solidarité qui permettra à chaque homme de vivre dans la décence et dans le respect.
Elle suscitera une rencontre authentique entre capital et travail.

La réponse à cette question, nos gouvernants pourraient la puiser dans l’héritage de celui qu’ils ont découvert sur le tard comme un grand homme : Nelson Mandela.
Il a laissé là son confort, sa vie personnelle et familiale. Il s’est battu pour que son peuple soit libéré d’un cataclysme : l’apartheid.
Il se sera battu toute sa vie pour que les noirs soient respectés au même titre que les blancs, qu’ils aient la même chance face aux propositions de l’existence.
Il aura donné sa vie, faisant de « la carrière » un obstacle à une vraie lutte pour la justice et la vérité.
Il aura été le pilote d’un avion qui allait sombrer et qu’il a aidé à redresser, malgré les rancœurs et malgré les oppositions.
Il aura trouvé l’avion, celui qui devait permettre au peuple sud-africain d’oser les pas d’une réconciliation qui semblait impossible.

Dans quelques mois, des responsables politiques de chez nous s’offriront à être les pilotes de nos démocraties …
Et si nous les aidions à trouver l’avion et les conditions d’un vol heureux pour tous ?

G. De Smet (12 décembre 2013)


-98-  UN HOTEL « TOUT CONFORT » POUR CHATS

Non ! Ceci n’est pas un poisson d’avril qui se serait trompé de mois !
Il s’agit du projet d’un homme raisonnable de 32 ans, qui n’hésite pas à nous l’expliciter : « De vraies chambres lumineuses et douillettes, une grande salle de jeux, des pâtées à la carte et des câlins à volonté : un hôtel "tout confort" pour chats urbains doit ouvrir fin février à Paris. »
Il justifie son idée par ces mots : « Comme je ne trouvais pas de solution de garde idéale pour mon chat - entre le bon pote, les parents, la mamie du quartier, la famille d'accueil ou les pensions pour animaux -, j'ai eu l'idée d'ouvrir un hôtel pour les fauves de salon », explique-t-il à l'AFP.
Son utopie, il veut l’inscrire dans des normes précises : « Les chambres conçues avec des volumes en 3D seront adaptées aux chats d'appartement. Elles seront enrichies avec des mezzanines et plateformes pour qu'ils puissent sauter, grimper, jouer, faire leurs griffes et des longues siestes sur des coussins douillets », a détaillé M. Berdeaux, qui s'est entouré d'architectes et vétérinaires pour élaborer son projet.
« Pour se détendre, les chats auront aussi accès plusieurs heures par jour, par petits groupes de deux ou trois, et sous surveillance, à une salle de jeu de 20 m2».
Et d’ajouter  que son concept nouveau « doit être aux normes de l'hôtellerie, notamment pour l'hygiène mais le prix doit rester raisonnable », promettant « une déco intérieure inspirée des boutique-hôtels, 100% félin-compatible ».
Pour pouvoir profiter de cette offre alléchante, les propriétaires de chats devront se soulager de la modique somme de 25 €. Ils pourront ainsi partir en vacances, le cœur léger, sachant leur animal préféré aux soins d’assistants vétérinaires chevronnés.
Pour mener à bien son hôtellerie « Aristide » (du nom de son chat), il aura besoin de la somme de 12.500 €
Mais de généreux donateurs lui permettent d’y croire. Il a déjà récolté 875€ … l’espoir fait vivre !
Toutes ces informations très sérieuses ont été confiées à une agence de presse sérieuse, l’AFP !

En lisant cette nouvelle dans le journal, on pourrait être séduit.
En effet, nos animaux ont droit à toute notre considération. Ils sont nos compagnons de tous les instants, faisant preuve d’une fidélité indéfectible et de ronronnements de satisfaction bien agréables.
Une idée qui séduit, parce qu’il est toujours troublant de découvrir ces animaux abandonnés au coin d’un bois ou dans les cages d’un chenil  … Mais de là à passer à la démesure !

En ces mois d’hiver, nous découvrons, chaque jour, dans nos rues illuminées, des hommes et des femmes réduits à la misère, à la mendicité, à la honte d’abris de fortune.
Pour eux, peu se soucient des normes d’hygiène ou des conditions de logement ou d’abandon.
Ils sont une tache dans le ciel de nos sociétés qui aiment se pavaner dans la réussite.
Ils sont sales. Ils sentent mauvais. Ils n’ont même pas de poubelles préférant salir nos trottoirs.  En plus, ils défigurent nos envies de bonne conscience.
Ils dorment dans la rue, à l’abri de porches d’immeubles, emballés dans des cartons, ne comptant que sur l’affection de leur chien.
Bravo – une fois n’est pas coutume – au Prince Laurent, qui a permis l’ouverture d’un abri où des êtres humains et leurs animaux sont accueillis avec respect et dignité !
Pour aller à leur rencontre des bénévoles, que je salue, s’en vont chaque soir en « maraude » pour leur apporter quelques couvertures, quelques vêtements chauds, une soupe ou un café …
Les Restos du cœur ouvrent leurs portes, chaque hiver, à l’appel de Coluche, qui y voyait une plaisanterie qui ne devait durer qu’un an … Elle est devenue une nécessité et une urgence en ces temps de crise.
D’autres associations et des particuliers sont sur le qui-vive pour que des hommes et des femmes, gangrenés par la misère, retrouvent les traces d’une dignité. « Café pour tous », collectes de vivre, distribution de colis … tout un arsenal de petites initiatives qui remplacent, heureusement, celles qui n’existent pas !

Pour toutes les victimes de la misère, pas d’hôtel tout confort, pas de chambres spacieuses, pas de mezzanines pour s’ébattre et se détendre.
Pour eux, rien !
Les administrations publiques font bien ce qu’elles peuvent.
Namur vient ainsi de mettre 63 lits à la disposition … une goutte d’eau dans l’océan de la pauvreté qui ne cesse de créer des ravages ! Les plus optimistes diront que c’est mieux que rien !
C’est pourtant peu de chose par rapport aux frais d’étude pour un hypothétique téléphérique ou les frais de prestige d’un festival du cinéma ou encore les dépenses liées au fonctionnement des fêtes de Wallonie ou la venue chez nous de Johnny Hallyday  …
Peu de chose, quand on constate que pendant que la misère se creuse, il aura fallu 5 personnages, 5 billets d’avion pour représenter la Belgique à l’hommage à Nelson Mandela !
Jusqu’où ira la destruction programmée de l’homme, du faible, de l’exclu ?

À quand un hôtel « tout confort » pour les paumés que créent nos sociétés de riches ?
À quand un respect de l’homme, non pour ce qu’il a, mais pour ce qu’il est ?
À quand un monde où le droit à la dignité devient enfin une priorité ?

Je me réjouis pour les chats, ces « boules de Noël » de la création qui font nos petits bonheurs.
Je pleure sur le sort de tant d’hommes et de femmes, d’enfants même qui n’arrivent même plus à gravir le seuil de la pauvreté.
Je crie ma colère face à nos égoïsmes qui tuent à coup de mépris et de chacun-pour-soi.
Dans notre monde où l’argent et le paraître sont les rois, à quand l’éclatement de la révolte qui doit sourdre dans le cœur des miséreux que nous créons ou que nous ignorons ou encore que nous excluons ?

G. De Smet (12 décembre 2013)


- 99- BELFIUS … JUSQU’OÙ IRA L’INDÉCENCE ?

Ce matin, la presse nous rapporte une nouvelle qui fait froid dans le dos.
"Belfius tente de convaincre les supporters des Diables Rouges de souscrire un prêt auprès de la banque pour pouvoir aller assister à la coupe du monde de football. Le prêt proposé présente toutefois un taux d'intérêt très élevé, de 10%", écrivaient ce vendredi Het Nieuwsblad et De Standaard.

Le jour où une banque connaîtra la signification du mot « indécence » ne semble pas près d’arriver !
Cette banque connue « sous un nouveau nom » nous vient d’un de ces groupes « bidouillés », Dexia qui a aidé à plonger notre pays dans la crise que nous connaissons.
La dérive spéculative de ce groupe a conduit à la création d’une nouvelle monnaie. On l’appelle « virtuelle ». Son but, inventé par nos responsables politiques, aura été de trouver une manière déguisée de puiser dans le portefeuille du contribuable. Il fallait bien sauver de la faillite, cette entreprise  qui avait fait de la malhonnêteté une manière d’être et de fonctionner !

Les « sauver » semblait être indispensable à la reprise de l’économie.
Nous sommes quelques années plus tard … et toujours rien à l’horizon !
Au contraire, le prêt à des entreprises ou à des particuliers semblent devenu une montagne insurmontable pour ces institutions qui ne vivent que par les naïfs obligés que nous sommes et qui n’ont autres solutions que de leur confier leurs maigres économies.
Plus d’un parmi nous a dû faire l’expérience du refus d’un prêt pour un besoin justifiable …
Plus d’une entreprise a pris le chemin de la faillite, parce que, pudiquement, les banques seraient devenues « prudentes » …
Plus d’un a fait l’expérience d’un essai de retrait d’argent, devenu impossible, au nom de la sécurité : pas de somme au-dessus d’un certain seuil par jour  …
Plus d’un parmi nous aurait de quoi pleurer sur les frais bancaires énormes puisés par ces institutions financières pour la gestion de l’argent que nous leur avons confiée.
Un monopole qui les a rendues indispensables !
Grâce à leur sens profond de l’irresponsabilité et d’un appât du gain démesuré, notre société connait une crise sans pareille, générant des bénéfices substantiels à votre banque …
À cela il faut ajouter l’explosion des défauts de paiement liés au crédit de consommation qui utilise des taux d’intérêt que nous pourrions qualifier de « usuriers ».
Pousser au rêve, à la tentation pour mieux s’enrichir est devenu un nouveau code moral dans la société de consommation … et, en plus, ça marche !
Acheter les jouets de Saint Nicolas aujourd’hui et payer plus tard !
Acheter sans payer … la facture venant plus tard !
Des publicités, obligées d’ajouter à leurs propositions alléchantes que « demander un crédit coûte aussi de l’argent » !
Et nous pourrions poursuivre cette liste de délits inhumains que crée le monde de la finance.

Ici, voilà que Belfius, une banque ressuscitée par nos soins, se lance dans des propositions inqualifiables. La banque s’est d’ailleurs sentie obligée de retirer sa proposition dès le lendemain !
Parmi les amateurs de football, il y a des nantis qui, dans  les stades, profitent des conditions de confort, à la mesure de leurs moyens.
Il y a aussi la foule des anonymes qui font du ballon rond leur exutoire face aux difficultés de la vie.
Parmi eux, beaucoup sont « solvables », pour reprendre les termes utilisés par Belfius  … et donc un gibier intéressant !
Parmi eux, plusieurs se sont probablement vus refuser un crédit pour l’aménagement d’une maison ou pour l’achat d’un bien … Il fallait être raisonnable !
Mais pour la coupe du monde, là, aucun scrupule. Belfius propose des aides, des crédits et à des taux élevés … l’important n’est-il pas d’être présent pour l’événement ?
Certes, la banque vient de retirer sa proposition, non par souci de l’éthique, mais plutôt par peur des réactions et des pressions.
Elle l’abandonne … Mais qui la reprendra ?
Une telle banque mérite-t-elle notre confiance ? Mérite-t-elle que nous lui confiions notre argent.
Répondre oui, serait du masochisme, ce serait tendre le bâton pour être battu !
Cette banque n’a même pas le respect de ses clients. Elle ne sait pas ce que veut dire le mot « morale ». L’important, c’est d’amasser de l’argent, peu importe les moyens.
Continuer à les fréquenter fait de nous les complices d’une malhonnêteté qui conduit le pays à sa ruine.
Et si nous devenions solidaires de la justice humaine et sociale, en créant les conditions de disparition de cette institution  du paysage financier qui nous fait tant de mal ?
Une telle banque n’a pas le droit de vivre !
Personnellement, je fais le choix de m’interdire de franchir la porte de Belfius, si ce n’est pour y récupérer ce que ma confiance d’hier dans « Le crédit communal » m’avait incité à lui confier.
Il est urgent de réagir face à autant de mépris !

G. De Smet (13 décembre 2013)


-100-   L’EUROPE, CETTE DICTATURE QUI S’IGNORE

Voici quelques jours, Monsieur Barosso, ce président de la commission européenne (que j’imaginerais bien avec une petite moustache sous le nez) réagissait face à la sortie de tutelle de l’Irlande.
Très rassurant, il se voulait optimiste pour l’avenir de ce pays, son système bancaire se portant mieux. Néanmoins, il souhaitait la poursuite d’une politique de rigueur qui touche toutes les classes de la société irlandaise, jusqu’à façonner leurs façons de vivre.
Ceci n’est qu’un exemple de ce que je qualifierais de « Délire européen ».
Monnaie forte, zone euro, contrôle des budgets nationaux, fonctionnement de la banque européenne … des réalités qui se situent dans la droite ligne de la pensée des fondateurs : créer un marché économique capable de faire face aux États-Unis et aux grands puissances économiques de la planète … et pour cela toutes les excentricités sont possibles.
Il s’agit là d’une dictature du monde de la finance qui inspirerait Jean de la Fontaine : « La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf ».
Pour mettre en place leurs idées macroéconomiques, ils ont sacrifié des pays, des professions, des régions entières.
Pour créer leurs concepts artificiels, comme la « Zone euro », ils ont imposé des conditions impossibles à des populations qui n’étaient pour rien dans le marasme financier dans lequel baignaient leurs pays. L’Europe leur faisait payer le prix fort les magouilles politiciennes, les malhonnêtetés bancaires et industrielles, les fraudes de quelques nantis. La Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande, et d’autres peuples ont ainsi été sacrifiés sur l’autel du profit et de la compétitivité.
Des pays entiers, ou plutôt des populations fragilisées ont été menées vers la précarité, au nom des grands principes et de la soif spéculative qui assèche le monde.

Les tenants de l’Europe, leurs gouvernants, tous ceux qui profitent de ce système vanteront avec verve les perspectives d’un marché qui peut rapporter gros.
Mais ce projet basé sur l’argent oublie, je dirais même, nie l’aspect social qui y est lié.
À moins que le social, ce soit ces marins pêcheurs, obligés de « casser » leur chalutier, leur outil de travail, au nom de normes et de quotas créés par quelques idéalistes en chambre.
À moins que le social ne soit cette Europe prospère qui peut s’enorgueillir de voir un enfant sur quatre vivre sous le seuil de pauvreté, tout comme un vieillard sur cinq, selon de récentes études sur la pauvreté sur notre vieux continent.
À moins, que ce ne soit la misère du chômage, des licenciements souvent abusifs pendant que quelques grands patrons se sucrent tant et plus.
À moins que ce ne soit la pression fiscale qui transforme les soins apportés à une crise financière en un cauchemar pour les plus défavorisés et pour ceux qui géraient leur quotidien en « bon père de famille ».
À moins que le social de l’Europe ce soit sa conception du « travailleur pauvre », son rêve d’une baisse des salaires et d’une diminution des bienfaits de la sécurité sociale au profit d’une volonté de profit sans cesse  plus dévorante.

Pour mener à bien tous ces projets destructeurs, l’administration européenne se prélasse dans des frais de fonctionnement énormes qui crient vengeance au ciel. Deux parlements, par exemple, et un déménagement mensuel !
Ils ne cessent d’ouvrir leurs portes à de nouveaux pays, y semant des lendemains qui déchanteront. Il ne faut pas être grand prophète pour oser l’affirmer.
Ils imposent des taxations. Ils refusent des aides au nom de la liberté des marchés, fermant les yeux avec pudeur sur tous les aspects sociaux liés à leurs fantasmes.
Ils s’enferment dans des sommets réunissant des gouvernants vivant en divorce total avec le citoyen. En naissent des oppositions et des extrémismes qui demain nous feront peur. Ils décident, mais ils n’entendent ou n’écoutent pas !
Ils nous proposent des élections, sans même nous dynamiser par des projets et des positions qui pourraient changer le cours de nos existences, si ce n’est en les tirant vers le bas.
Leur devise ne serait-elle pas : « Marche ou crève ! » ?
Aujourd’hui, l’Europe courtise l’Ukraine, profitant de ses haines du passé. Ils le font sans trop évoquer les conséquences et les conditions qui risquent de plomber l’avenir des moins favorisés et des classes moyennes.
Il s’agit là, non seulement d’une malhonnêteté sociale, mais surtout d’une malhonnêteté intellectuelle, digne de n’importe quelle mafia.

Aujourd’hui, des voix se font entendre pour sortir de l’Europe, comme en Grande-Bretagne. Ou plus près en Bretagne.
Aujourd’hui, des voix s’élèvent pour mettre fin à cette stupidité d’un euro fort et d’une zone euro aux objectifs douteux.
Aujourd’hui, des voix s’insurgent contre une monnaie unique, prônant une monnaie commune, c’est-à-dire un euro adapté aux différentes situations des pays.
Aujourd’hui des groupements osent dénoncer une Europe qui ne parle que d’argent, à travers son système bancaire et sa compréhension de l’entreprise. Ils proposent de rendre l’Europe à ses citoyens et d’en faire une terre où capital et travail apprennent à vivre ensemble et à collaborer.
Utopie, diront ceux qui en profitent …
Urgence, crieront ceux qui en souffrent.
À nous, bientôt de faire un choix !

G. De Smet (17 décembre 2013)


-101- LA PLUS BELLE NUIT DU MONDE 

Il est une nuit dans l’année qui en dit long sur la soif de bonheur qui habite le cœur de l’homme.
Une nuit magique, faite de fraternité, de partage et de tendresse …
Une nuit féérique, habillée de lumière et de senteurs inhabituelles …
Une nuit idyllique, transformant le poing fermé en une main ouverte …
Cette nuit, c’est la nuit de Noël !

Si aujourd’hui, cette fête scintille de l’éclat des cadeaux, susurrant une amitié ; si elle éveille nos papilles avec les goûts raffinés de réveillons simples ou sophistiqués, Noël c’est aussi le temps d’un autre regard.
À l’ombre de nos sapins, nous avons placé une crèche, une humble cabane appelée à devenir la salle du trône d’un grand roi.
Regardons les pauvres personnages que nous y avons placés : Marie et Joseph, ce jeune couple confronté aux rigueurs d’un recensement. Il n’y avait plus de place pour eux dans l’hôtellerie de Bethléem. Ils n’avaient trouvé que cette humble demeure, la transformant en un petit nid douillet pour y coucher leur enfant, le cadeau du ciel, celui qu’on appellerait Jésus.
Il y a là aussi, un âne et un bœuf. Deux animaux, tellement chargés de symboles, qu’ils seront pour l’enfant de la crèche le souffle de la chaleur bienfaisante, au cœur de la nuit.
Les premiers visiteurs sont de pauvres bergers, alertés par les lumières angéliques des cieux. Ils sont venus voir, cette merveille qui s’en venait sourire au monde.
Dans cette crèche, c’est une scène toute simple qui s’offre à nos yeux, celle d’un jeune couple qui, au-delà de la misère de  l’endroit, accueille l’Amour.

Regardons cet enfant : Il est tout petit, couché dans la paille. Nous l’imaginons les bras tendus pour nous dire d’entrer, le visage rayonnant d’un sourire qui va changer la face du monde.
Si nous nous approchons délicatement, nous pouvons entendre le son d’une musique qui sort de sa bouche … Une chanson que nous avons déjà entendue : « Je reviens te chercher ! »

Voici plus de 2000 ans, que chaque année, avec beaucoup de patience et d’amitié, il vient nous chanter son refrain : « Je reviens te chercher » … à croire que nous avons oublié de le suivre !
C’est là le plus beau cadeau que nous offre la plus belle nuit du monde, la douce nuit de Noël.

Il y a quelques jours, France 2 nous présentait un documentaire animalier peu banal, au titre évocateur : « Le plus beau pays du monde ».
L’auteur nous introduit dans la vie intime des animaux cachés dans les recoins du pays merveilleux. Des moments uniques, chargés de poésie qui auraient de quoi réveiller le plus endormi des hommes.
Au milieu de tant de tendresse et de finesse, surgit, tout à coup, un vol d’oies sauvages. Elles ont pris le chemin de la migration, déployant un superbe vol en V au-dessus des plaines d’Alsace.
En tête de l’escadrille, la maman ou parfois le papa et derrière les enfants, en route pour un premier grand voyage.
Au gré des courants ascendants, ils tracent leur sillage dans le ciel, laissant à l’arrière la jeune insouciante. Elle ne semble guère concernée par les exigences du voyage. Elle vole à son rythme, le peuplant de fantaisies liées à « l’âge bête ».
Arrivées au terme d’une étape, les oies se posent, au bord d’un étang, pour une bonne nuit de repos.
Toutes … sauf la jeune adolescente curieuse de découvrir son nouvel environnement. Elle se laisse tellement surprendre, qu’elle oublie de rejoindre le groupe pour le départ programmé au moment favorable.
La voilà perdue, toute livrée à son inquiétude, ne sachant plus quelle direction prendre.
Pendant ce temps, la famille des oies a repris sa course vers le sud … Quand, tout à coup, la maman remarque l’absence de sa « petite ». Papa oie prend le relais en tête de l’équipe, pendant que maman oie retourne à la recherche de sa fille perdue.
Après quelques coups d’ailes et quelques cris perdus dans l’immensité, elle retrouve enfin la jeune sauvageonne. Avec tendresse, elle la ramène dans le sillage des autres, poursuivant ensemble un long voyage, à la rencontre du soleil.
La jeune oie ne se laissera plus surprendre désormais. La douceur de sa maman lui aura permis de retrouver le chemin.

Cette image, tirée de la nature, me semble contenir tout le secret de Noël, tout le mystère de l’Incarnation.
Jésus vient nous chercher, nous qui étions perdus dans nos crises, dans nos injustices, dans nos violences.
Jésus vient nous chercher pour aller avec lui où résonnent les notes de son commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ».
Jésus vient nous chercher, parce qu’il a besoin de nous pour aimer, non seulement en paroles, mais surtout en actes.

Dans nos églises, nous parlons beaucoup d’amour et oserais-je dire que nous en vivons si peu ?
Dans nos églises, nous évoquons régulièrement la soif d’humanité, le besoin du partage, l’urgence de l’amour. Mais ne serait-ce que de belles paroles pour quelques beaux discours ?
Avant de parler d’humanité, devenons « humains », dans nos contacts avec ceux que nous rencontrons.
Avant d’inviter à la justice, devenons des « Justes » par nos manières d’être, de voir et de sentir.
Avant de prononcer le mot « Amour », devenons des amoureux de la vie, des amoureux de celles et ceux qui se placent sur nos chemins, des amoureux de la paix qui peut transformer des cœurs.
Et alors, ce sera « Noël sur la terre chaque jour, car Noël, ô mon frère, c’est l’Amour ».

Des vœux de sainte nuit de Noël et d’une nouvelle année pleine de merveilles, je voudrais vous les souhaiter à travers ce poème de Francine CARILLO :

Pas étonnant dit Dieu
que votre histoire soit tissée
de rendez-vous manqués !

Vous m’attendez dans la toute-puissance
et je vous espère dans la fragilité d’une naissance !

Vous me cherchez dans les étoiles du ciel
et je vous rencontre dans les visages qui peuplent la terre !

Vous me rangez au vestiaire des idées reçues
et je viens à vous dans la fraîcheur de la grâce !

Vous me voulez comme réponse
et moi je me tiens dans le bruissement de vos questions !

Vous m’espérez à votre image
et je vous surprends dans le dénuement d’un regard d’enfant !

Mais, dit Dieu,
sous les pavés de vos errances, un Noël de tendresse se prépare
où je vous attends comme la nuit à attend le jour !

À vous tous qui avez eu la patience de me lire jusqu’au bout, tous mes vœux de bonheur, de santé et de paix.

G. De Smet (20 décembre 2013)


-102- L’EUROPE, UNE ABERRATION QUI NOUS COÛTE CHER

Au nom de l’argent, de la compétitivité, de la rentabilité … les grands de l’Europe nous ont imposé un « chameau » qui nous encombre et qui ne cesse d’envahir notre quotidien.

Ce matin, en lisant la presse, j’ai été impressionné de lire que cette institution fantasque s’occuperait de notre santé et entre autre du fonctionnement de notre foie.
Elle voudrait interdire à nos palais, la saveur du « Roulé à la cannelle ». Il s’agit là d’une pâtisserie traditionnelle danoise. Selon un journal britannique, elle contiendrait une dose trop importante d’une substance, la coumarine.
La norme fixée par l’Europe serait de 15 mg … et cette pauvre viennoiserie en contiendrait plus … d’autant plus que cette cannelle provient de Chine !
Il aurait été préférable que cette épice soit originaire du Sri Lanka. Il paraît qu’elle y contient moins de la substance incriminée … mais surtout, elle y coûte plus cher … ce qui, sur le terrain de jeu des marchés économiques est plus qu’appréciable.
Les Danois auraient pu aussi, suivant l’exemple de leurs voisins suédois, en faire un « plat traditionnel et saisonnier », ce qui aurait permis de pousser la norme à 50 mg par kilo. Comment n’y avaient-ils pas pensé … les pauvres ?

Comme nous avons de la chance de vivre dans une Europe qui a un tel souci de notre bien-être !
Elle veille sur la qualité de notre pain, sur les quotas de pêche, sur les normes diététiques, sur la forme des carottes et j’en passe … Son sigle apparaît sur le moindre de nos objets !
Elle le fait au nom des grands principes liés à la qualité de notre vie et de notre environnement … à moins qu’elle ne veille sur la quantité de ses revenus ou encore sur le niveau de sa compétitivité.
Elle a moins de souci avec l’argent qu’elle offre à la Roumanie pour « régler » le problème des Roms, sans aucun contrôle sur ce que devient ce financement qui n’arrive jamais à destination.
Elle a moins de souci avec le taux auquel sa banque centrale prête aux banques, permettant à celles-ci d’utiliser des taux usuriers dans ses échanges commerciaux.
Elle a moins de souci avec l’énormité du budget qu’elle s’octroie, chaque année, imposant aux États des cotisations abusives et non justifiées.
Elle a moins de souci avec les salaires de ses fonctionnaires ou les frais liés à sa simple existence – comme le déménagement mensuel de son parlement et de ses fonctionnaires – imposant aux citoyens des taxes dictatoriales, concevables dans d’autres temps de l’Histoire. Des révolutions y ont, d’ailleurs, vu le jour !
Elle a moins le souci de la vie et du bien-être de ses citoyens que des marchés juteux liés à ses normes environnementales. À se demander à qui rapporte le crime !
Elle a moins de souci avec le malaise social et les drames qui y sont liés. Elle a, au contraire, géré la crise financière, comme une aubaine pour les milieux financiers … ce qui lui permet aujourd’hui de clamer haut et fort : « tout va mieux … les signes d’une reprise sont là ».
Elle a moins de souci avec les régions sinistrées et les déserts économiques et sociaux qu’elle crée, au nom de ses quotas et de sa libre concurrence qu’elle déploie comme arme quand ça l’arrange.
Elle a moins de souci avec les exigences qu’elle place face à la souveraineté des États, dont elle bafoue les principes démocratiques élémentaires.
La seule chose qui compte c’est sa puissance économique sur la marché mondial … et pour cela toutes les méthodes sont bonnes … du moment que ça rapporte !
Elle a inventé pour ce faire une monnaie, l’Euro, dont le seul effet aura été d’augmenter les prix des biens et des services sur le vieux continent. Elle aura même créé une « cour des grands », « la zone Euro », dont la seule devise semble être : « Marche ou crève ».
Dans son invention, elle n’aura même pas tenu compte de la réalité du quotidien des citoyens et de la diversité des mentalités et des possibilités économiques et sociales de ses différents États membres.
Au nom de son idéologie, elle aura mis des peuples entiers à genoux, faisant de l’austérité une manière de vivre, faisant du fossé entre riches et pauvres un schéma de vie sociale qui serait la norme.
Au nom de sa fourberie, elle nous aura fait rêver avec sa « libre circulation des biens et des personnes », permettant dans un même temps à la monstruosité de certains de ses acteurs d’expulser à tout va, sans discernement.

Europe, tu nous emm…
Europe, tu nous encombres …
Europe, tu nous fais de l’ombre …
Europe, tu nous coûtes cher …
Europe, lâche-nous les baskets …

À moins que tu ne décides, loin de tes critères financiers, à considérer enfin que l’homme existe, qu’il a besoin de respect et de dignité pour vivre.
À moins que tu ne décides de « marier » les exigences du Capital et les exigences du Travail.
À moins que tu ne décides de faire des valeurs humaines le seul moteur qui motive tes combats et tes actions, loin des lois du marché ou des spéculations macroéconomiques.
À moins que tu ne te décides enfin à considérer l’argent comme un moyen pour vivre et non comme une fin en soi.
À moins que tu ne décides d’envisager nos besoins vitaux sans arrière-pensée et sans un regard vers tes poches qui ne demandent qu’à se remplir.
Mais l’impossible te serait-il possible … je me permets d’en douter !

Je n’ai jamais mangé de « roulé à la cannelle », mais je le ferai … par principe !
Depuis des générations, des hommes et des femmes du Danemark ou de Suède en mangent, sans que des critères d’Eurocrates grassouillets ne viennent bousculer leurs petits moments de bonheur, ni même leur santé.

Tant que le seul projet de l’Europe restera une utopie économique, déconnectée de tout sens social ou de respect des peuples qui la composent, je ne pourrai y souscrire.
Tant que les seules priorités européennes seront celles de la recherche de la puissance financière et de la domination – peu importe le prix – je n’offrirai mon suffrage et ma confiance à aucun de ses défenseurs.
Je ne me sens ni un citoyen européen, ni un eurosceptique …
J’appartiens à ce peuple des gens simples qui essaient de boucler leurs fins de moins et qui dit poliment à l’Europe, telle qu’elle existe : « Casse-toi … Tu me salis ! »

G. De Smet (29 décembre 2013)