Billets d'humeur 2013

Billets d'humeur 2014

Billets d'humeur 2015

Billets d'humeur 2016

Billets d'humeur 2017

Billets d'humeur 2018

Archives billets d'humeur 2014


Envoyez un mail à
bfx182@gmail.com 

01. Sharon va mal (03/01/14)
02. J'en ai marre (12/01/14)
03. Pas de place (14/01/14)
04. Ca se soigne (23/01/14)
05. Une veillée de prière, un jeûne ? (05/02/14)
06. Vous avez dit la crise ? (05/02/14)
07. Une charge déraisonnable (06/02/14)
08. La guerre des chiffres (08/02/14)
09. Un projet de loi bien discret (08/02/14)
10. Une votation qui dérange (10/02/14)
11. Appel aux cambrioleurs (21/02/14)
12. Lettre ouverte à un évêque (21/02/14)
13. Belgique, terre d'accueil ... (23/02/14)
14. Pauvre mentalité ! (27/02/14)
15 . Tout va très bien ... Rêve ou cauchemar (27/02/14)
16. Bienvenue au pays des cochons payeurs (29/03/14)
17. Lettre ouverte aux candidats au pouvoir (15/04/14)
18. Les gendarmes du monde (30/04/14)
19. Nauséabond (30/04/14)
20. Pardon (30/04/14)
21. Fin de la récréation ? (30/04/14)
22. J'accuse (06/05/14)
23. Nouvelle évangélisation (06/05/14)
24. Encore une ... (06/05/14)
25. Contemplation d'un pèlerinage (06/06/14)
26. Des larmes tombent sur Bruxelles (06/06/14)
27. Football ou moneyball (12/06/14)
28. Bienvenue en république bananière (12/06/14)
29. J'en appelle à votre conscience (21/06/14)
30. Trois contre un (09/07/14/14)
31. Shaïma (09/07/14)
32. Plus jamais çà (21/08/14)
33. Effroyable (04/09/14)
34. L'Europe du courage (04/09/14)
35. Gouverner ? (05/09/14)
36. Faire travailler les chômeurs ? (07/09/14)
37. Homme, tu es de trop ! (13/09/14)
38. Nous sommes plus que jamais debout (15/09/14)
39. Vers un enfer social (23/09/14)
40. La guerre est une folie (26/09/14)
41. L'immigration de demain (01/10/14)
42. Le gouvernement de la honte (08/10/14)
43. Bienvenue au pays de Gogol Ier (09/10/14)
44. Lettre à mon frère étranger (09/10/14)
45. Ne vous trompez pas de guerre (15/10/14)
46. Décès de l'abbé M. Petre (22/10/14)
47. Lettre ouverte à la société libérale (31/10/14)
48. Tout commence aujourd'hui (03/11/14)
49. Vous avez dit grève (04/11/14)
50. La mafia des riches (06/11/14)
51. Le devoir de mémoire (13/11/14)
52. Joindre les deux bouts (13/11/14)
53. Un bon choix pour les pauvres (25/11/14)
54. Tout un symbole (03/12/14)
55. Un jour, la Palestine (04/12/14)
56. Vous avez dit "grève" ? (12/12/14)
57. Au pouvoir à n'importe quel prix (12/12/14)
58. Il pleut sur Bruxelles (12/12/14)
59. Aller encore plus loin (16/12/14)
60. Un camp de concentration ? (16/12/14)
61. Une crèche à Noël (16/12/14)
62. Bonnes vacances, Majesté (22/12/14)
63. Les vœux du pape (23/12/14)
64. Vers un incident social ? (23/12/14)
 

- 1 - SHARON VA MAL !

Si la disparition d’un être humain est un drame familial et un échec médical, il est des événements annoncés qui ne suscitent chez moi qu’indifférence et mépris.
Je ne serai pas de ceux qui présenteront leurs condoléances ou qui pleureront la disparition d’Ariel Sharon.
Pour certains, il sera un grand stratège qui s’est distingué sur un tas de champs de batailles pour en faire des champs de ruines.
Pour d’autres, il sera un grand homme politique, qui aura permis à Israël de semer la terreur en réponse à la terreur. Depuis 1948, il met sa stratégie et son goût de la force au service de ce qui allait devenir une des plus puissantes armées du monde.
Sioniste jusqu’au bout des ongles, il aura été un fleuron de l’orgueil et de l’arrogance d’un peuple, dans la foulée de ses prédécesseurs : Ben Gourion et Golda Meïr. Sa carrière militaire, si elle a été glorieuse, selon ses admirateurs, aura été un désastre pour les droits de l’homme et le déni du peuple palestinien, installé dans cette région depuis des siècles.
Wikipedia nous trace le parcours de ce militaire qui n’aura cessé de semer la mort autour de lui.
On y apprend entre autre ceci : « Le 14 octobre 1953, l’Unité 101 (ou Force 101) commandée par Ariel Sharon rase le village de Qibya (ou Kibia), situé en territoire jordanien, à la suite des incursions palestiniennes en Israël et en particulier à un attentat qui fit trois victimes (une femme et ses deux enfants), à Yahoud dans la banlieue de Tel Aviv, les jours qui précédent le massacre ».
Pour justifier son action terroriste, il aura recours au mensonge et à une hypocrisie qui seront condamnés par le concert des nations. Cette désapprobation ira jusqu’à l’arrêt de l’aide économique de son principal allié, les États-Unis.
Envahisseur invétéré de l’Égypte, où il aura laissé des traces meurtrières tout le long du canal de Suez, il sera par la même occasion la terreur des civils palestiniens vivant dans des conditions injustes et discriminatoires dans les ghettos de la Bande de Gaza. Comme politicien sioniste sa carrière ne sera guère plus brillante !
Naplouse, la Cisjordanie, Gaza se souviendront longtemps encore de l’implantation abusive et sans merci des colons israéliens, encouragés par cet homme façonné par la haine et l’idée de la supériorité du peuple hébreu. Entre 1977 et 1981, plus de 25.000 Juifs s’installeront sur ces terres qui ne leur appartiennent pas !
En 1982, il devient ministre de la Défense de sa nation et il pourra désormais porter avec fierté le titre de « Boucher » du peuple palestinien.
Il veut mettre fin aux actions de l’OLP qui n’avait que la force pour faire entendre ses revendications et en appeler à la Justice.
Il décide d’envahir le Liban, n’empêchant en rien le massacre des habitants de deux camps restés aussi célèbres qu’Auschwitz ou Ravensbrück : Sabra et Shatila. Entre 460 et 2.300 Palestiniens y seront ainsi victimes de la soif de sang qui habite leur bourreau.
Le juge de la cour suprême d’Israël mettra le doigt sur la responsabilité personnelle d’Ariel Sharon, au point qu’il devra démissionner.
Cela ne l’empêchera toutefois pas de revenir au pouvoir quelques années plus tard, endossant le costume de premier ministre.
Sa maladresse sera la cause de la seconde Intifada et des milliers de morts qu'elle entraînera.
Il sera un des acteurs de l’échec des négociations de paix qui, de Camp David jusqu’à aujourd’hui, sont impossibles.
Une des raisons de cet échec est à lire dans cette déclaration du premier-ministre sioniste faite au New York Post, en 2000 : « Je suis pour une paix durable… Unis, je pense que nous pouvons gagner la bataille de la paix. Mais cela doit être une paix différente, une avec reconnaissance totale des droits des Juifs dans leur seule et unique terre ; une paix avec la sécurité pour des générations et une paix avec Jérusalem unifiée en tant que capitale éternelle et indivisible du peuple juif dans l’État d’Israël pour toujours. » 
Il précise à plusieurs reprises la nature de son engagement politique, déclarant en avril 2001 au quotidien Haaretz : « la guerre d'indépendance d'Israël n'est pas terminée […] Toute ma vie s'est passée dans ce conflit […] Combattre a été et restera la charge de ma génération (...) Telle sera la charge des générations à venir ».
Le terrorisme palestinien sera son cheval de bataille, Yasser Arafat, sa cible à abattre !
Et pourtant, si le terrorisme reste indéfendable, il est aussi un des seuls moyens qu’ont les opprimés pour se défendre et faire respecter leurs droits. N’est-ce pas en ce sens que nous avons compris l’action de la résistance européenne contre l’occupant nazi ?
À moins que la différence entre l’héroïsme et le terrorisme ne soit liée aux fluctuations de notre conscience ?
Sharon arrêtera toute négociation avec Yasser Arafat et se lancera dans la construction d’un mur de la haine qui, jusqu’à aujourd’hui, appelle à la révolte et à la violence.
Il faudra attendre 2004 et la disparition du chef de file palestinien pour que le discours de Sharon change de ton : « En tant que quelqu’un qui a combattu dans toutes les guerres d’Israël et appris de ses expériences personnelles que sans la force appropriée, nous n’avons pas une chance de survivre dans cette région qui ne montre aucune pitié envers les faibles, j’ai aussi appris par expérience que l’épée seule ne peut résoudre cette dispute amère pour cette terre ».
En 2006, enfin, Israël sera débarrassé de ce monstre, suite à une brusque détérioration de son état de santé. Il était désormais hors d’état de nuire, même si le ver reste dans le fruit !
Aujourd’hui, il semble s’en aller au terme d’un coma qui aura duré huit longues années. Huit années d’une vie artificielle voulue par la volonté égoïste d’une famille qui refuse la réalité et d’une médecine qui se croit capable d’éternité ! Ces mots ne seront pas ce que nous entendrons le jour de son décès … parce que ce jour-là, il n’aura que des qualités.
Il restera cependant pour l’histoire, cet homme baignant dans le sang et dans les massacres qui, à la suite d’Hitler et d’autres monstres, deviendront, avec le temps, des offenses à la paix et à la justice et des auteurs de crimes contre l’Humanité.
Il restera cet être sans scrupule qui ternit par ses paroles et par ses actes l’holocauste de millions de ses concitoyens dans nos camps de la mort.
Son comportement - et celui d’autres Sionistes suivant son sillage - sèment un antisémitisme que tous condamnent, mais que les grands de ce monde, par leur peu d’engagement au service de la justice dans ces contrées, n’aident en rien à enrayer.
Puisse Dieu, le seul capable de miséricorde, lui pardonner autant de souffrances et de peurs infligées, autant de familles brisées, autant d’avenir de peuples spoliés !

Guy De Smet (3 janvier 2014)


- 2 - J’EN AI MARRE …

Ces mots, je les ai entendus dans la bouche du Président du Comité de coordination des organisations juives de Belgique.
Dans une émission politique d’une chaîne de télévision belge, Monsieur Sosnowsky a eu ces paroles, en écho à l’ « Affaire Dieudonné » : « Moi en tant que juif ici, j’en ai marre. J’en ai marre d’entendre ces insultes pour tout mon peuple, parce que nous avons été en permanence honnis, bannis de l’histoire » Le moindre que l’on puisse dire, c’est qu’il ne manque pas de culot !
Il me fait penser à ce gamin qui, en permanence, laisse éclater sa rancœur : « Personne ne m’aime », sans trop se poser la question du pourquoi.
Quand Dieudonné semble s’égarer dans des propos qualifiés de racistes et antisémites, il fait d’abord allusion aux « crimes contre l’humanité », dont son peuple, le peuple des noirs du Cameroun et d’ailleurs, a été victime durant la période esclavagiste.
Des familles entières ont été détruites, privées de liberté et de dignité, au nom du développement de l’être supérieur qu’était le Blanc.
L’esclavage aura été une honte, un cancer qui a rongé la conscience de l’humanité.
Il aura fallu attendre les dernières décennies pour que le « Monde civilisé » reconnaisse enfin ses méfaits … au point de lui consacrer une journée.
Ces peuples noirs ont conquis leur liberté et leur indépendance, le visage haut, ne devant rien à personne, mais marqués à tout jamais, par le fer de la spoliation et du déni.
Ce qu’ils sont aujourd’hui, ils le doivent à leurs seuls combats et à leur soif de liberté et de reconnaissance. Merveilleuse épopée, qui mériterait plus que les anecdotes de la case de l’Oncle Tom ou les condescendances des propriétaires d’hier.
Ce traumatisme profond, les peuples noirs ou amérindiens ne l’utilisent pas pour justifier leurs rapineries d’aujourd’hui ou leur soif de conquête. C’est là le regard des hommes fiers que rien ou personne ne jette à terre ! Ce fait est le point de départ de l’affaire Dieudonné.
Dieudonné parle, par analogie, d’autres manières de reconquérir la dignité, comme, par exemple, celle prônée par les Sionistes. Ce faisant, il se veut solidaire du peuple palestinien.
Cette mouvance politique vient d’un peuple qui a souffert, qui a connu  l’enfer. Il a vu dans le vieux rêve mythique de la terre d’Israël un espoir et un avenir, pendant que le monde de l’Ouest y voyait un débarras.
La Shoa aura été un prix fort pour une indépendance, une dignité et une liberté … un prix injustifiable et criminel, qui, jusqu’à la fin des temps sera une tache sur la conscience des peuples civilisés qui ont laissé faire. De cette horreur, les Sionistes du monde entier en auront fait une arme de combat et de destruction massive.
Que de maisons éventrées, que d’honneur blessé, que de terres conquises … au nom d’une dette, dont le peuple de Palestine semble faire les frais au quotidien.
Ces jours-ci offrent à contempler au monde une page de cette histoire, incarnée dans l’action de Sharon, ce « Boucher » des Palestiniens que d’aucun pleurent sans scrupule.
Sabra et Chatila resteront un Oradour sur Glane de honte sur la conscience d’un peuple qui ne cesse de reproduire les manières de vivre et de penser de ses bourreaux. Si ces faits provoquent, eux aussi, des sentiments amers de révolte et de condamnation – tout comme la Shoa –, les Sionistes ne veulent y lire que de l’antisémitisme.
Oser mettre en question la justesse de leur action …
Oser aller à l’encontre de leurs idées d’implantation et de conquête …
Oser mettre le doigt sur leur niveau de cruauté et d’injustice …
Et voilà brandie la suprême menace : antisémitisme !
Ce serait jeter l’opprobre sur toute la race juive … aussi sémite que la race arabe.
Ce serait faire du Juif le bouc-émissaire d’un méfait qui lui collerait à la peau depuis la nuit des temps.
Les propos de Dieudonné (après avoir regardé des extraits de ses spectacles !), et dans la foulée, ceux d’autres qui s’en prennent à la politique injustifiable d’Israël ne sont pas des propos antisémites. Ils se veulent antisionistes !
Ils mettent simplement le doigt là où ça fait mal dans la conscience d’un peuple oppresseur.
Ils stigmatisent un système politique, le Sionisme, qui s’appuie sur l’horreur des camps d’hier pour créer ceux d’aujourd’hui.
Ils démontent une mécanique machiavélique qui, à travers des murs, des implantations, des enfermements, des frontières impossibles, rend inaccessible l’avenir du peuple palestinien qui avant 1948 n’avait rien demandé à personne.
Ces propos s’en prennent à une mouvance politique qui ne couvre pas l’étendue des sensibilités du peuple juif.
Ils n’ont pas pour raison d’être la négation de l’histoire des Juifs souffrant, atrocement, au nom de leur race ou de leur religion.
Ils sont des propos qui dénoncent une politique extrémiste comme peut l’être celle d’un pouvoir sioniste, comme l’était hier le pouvoir nazi, comme le sont aujourd’hui les peurs des extrêmes de droite ou de gauche.
Moi aussi j’en ai marre de voir confondre ainsi, l’antisémitisme, la haine d’une race et l’antisionisme, cri de colère face à une dérive politique ! Dans son intervention télévisée, le Président du Comité de coordination des organisations juives de Belgique va plus loin !
Je le cite, une fois encore : « J’en ai marre d’entendre ces insultes pour tout mon peuple, parce que nous avons été en permanence honnis, bannis de l’histoire ».
Ainsi donc, toute remise en question de la politique d’Israël serait une « insulte » ?
Ainsi, toute dénonciation des atteintes aux droits du peuple palestinien serait une insulte ?
Ainsi, toute complaisance avec les victimes palestiniennes serait une négation de l’horreur de la Shoa ? … Un peu simpliste comme pensée, pour ce peuple qui, à travers ses philosophes et ses philanthropes nous avaient habitués à mieux !
Comment nous faut-il comprendre l’effort financier de soutien fourni par les Juifs de la diaspora à la politique sectaire et orgueilleuse d’Israël ?
Comment faut-il décrypter leur chatouillement aigu, à chaque fois qu’est mise en cause une implantation de colonie ou un acte de guerre qui s’apparente plus à du terrorisme qu’à une guerre juste ?
Comment faut-il interpréter les actes et les paroles de Sharon et d’autres leaders israéliens face à la détresse d’un peuple, qu’en 1948, ils ont affronté avec des bulldozers ? Ce Président y ajoute : « Nous avons été en permanence honnis, bannis de l’histoire ».
Comment ose-t-il faire ainsi un tel raccourci de tant de drames et de pages d’histoire qui ont ensanglantés les rues et les quartiers de notre vieux monde ?
Comment ose-t-il parler d’histoire, en faisant l’économie de l’effort intellectuel de l’historien qui cherche les causes et démontent les mécanismes de phénomènes incompréhensibles ?
Que fait-il du combat périlleux de tant de Justes qui ont protégés, cachés des Juifs … simplement parce qu’ils n’acceptaient pas la réduction de la beauté de l’être humain aux traits d’une race ou aux expressions d’une religion ?
Il est vrai que l’objectivité et la tolérance ne semblent pas être les valeurs premières de tels représentants.
À Paris, lors de la première commémoration de la déportation, les organisations juives ont refusé la présence à leurs côtés d’autres victimes, telles la communauté homosexuelle.
On ne les a pas vus, non plus, très combattifs face aux caricatures du Prophète ou encore lors de combats contre d’autres injustices chez leurs voisins.
On ne les a pas vus, non plus, très attentifs à la lutte contre le racisme, au point d’exiger que l’antisémitisme soit considéré comme une exception qui mériterait plus d’attention. Alors moi aussi, je leur dis : « J’en ai marre » !
Cessez d’utiliser les méfaits de l’histoire et ayez au moins le respect des victimes …
Cessez de vivre en victimes permanentes …
Cessez de faire de l’intolérance une justification de vos actes …
Cessez de placer l’attention sur vos malheurs pour en faire des écrans face à vos peurs d’aujourd’hui …
Devenez enfin un peuple élu, parce que vous aurez accepté de tendre la main à l’homme, votre frère.
Devenez enfin un peuple qui offre le lait et le miel, à ceux qui, comme vous, ont soif de paix, d’une terre, de justice et d’un avenir !
Devenez enfin des êtres aimables, parce que vous êtes aimés.
Devenez enfin ces hommes et ces femmes à qui Dieu aura envie de dire un jour : « Je vous espérais ! »

Guy De Smet (12 janvier 2014)


- 3 - PAS DE PLACE

Nous avons le plaisir d’avoir un premier-ministre et d’autres excellences dont le credo ne cesse d’être le même : « Tout va très bien … la reprise est là ! »
Il est vrai, qu’au niveau mondial – et donc, par ricochet, chez nous – le monde de la finance se porte mieux.
Il est vrai que l’industrie du luxe se porte à merveille, d’autant plus, qu’elle n’a jamais connu la crise.
Il est vrai que le nombre de riches a progressé, que des primes, des dotations et des salaires faramineux ont été octroyés.
À l’unisson de l’Europe de l’argent, nos responsables ou nos irresponsables, c’est selon, ne peuvent que respirer … Tout va très bien ! Et pourtant, si c’était comme dans la chanson ?
Pendant que tout va très bien, le château social, lui, il brûle et des pans entiers de la dignité humaine s’envolent en fumée, en promesses et en sanctions.
Les Restos du cœur, les colis d’alimentation n’ont jamais connu un tel de succès, y compris auprès d’une population pauvre qui jusque là souffrait en silence.
Les CPAS crient au secours : qui les aidera à affronter ce tsunami de la nouvelle pauvreté, qui n’était pas prévu ?
Maggie De Block expulse à tout va, sans aucune pitié pour le drame humain qui se vit. L’important est de faire du chiffre et de flatter l’électeur … les élections approchent.
En même temps, elle alimente un climat de racisme qui n’avait pas besoin de son aide pour se développer. Un monstre, à elle seule !
L’ONEM vire les chômeurs, après des entretiens bidons. Elle refuse des formations à des chômeurs qu’elle estime trop âgés. Le cauchemar que vivent toutes ces personnes n’a pas l’air de les concerner ! N’oublions pas, en même temps, de baisser les charges des entreprises … il paraît que cela va créer de l’emploi !
Les retraités sont spoliés dans leurs revenus, au nom de nouveaux accords qui changent les donnes … mais toujours dans le même sens.
Les sans-abris, les sans dignité errent dans nos rues, dorment parfois à l’entrée de centres sociaux … sans que cela ne suscite le moindre intérêt.
Les sans-papiers s’effondrent dans des démarches qui n’aboutissent à rien … au point qu’ils sont de moins en moins nombreux aujourd’hui à venir frapper à la porte de notre pays riche … pour le plus grand bonheur de notre honte nationale : De Block.
Les impôts ne cessent de frapper en toute injustice, là où les moyens sont déjà limités.
On n’a pas l’air d’avoir prévenu cette administration qu’il y a des riches qui pourraient oser les pas de la solidarité. Mais on ne devient pas paradis fiscal sans puiser l’argent ailleurs !
Certaines excellences vont même jusqu’à nous vanter les bienfaits d’une diminution de la contribution des citoyens. Il est vrai que nous les savions pas très doués pour le calcul !
Nous vivons des temps où il vaut mieux être riche, qu’honnête et travailleur !
Le racisme est en hausse, montrant du doigt des boucs-émissaires, les étrangers. Ils tombent bien pour endosser la responsabilité d’une crise dont ils sont innocents … mais que voulez-vous cela camouffle tellement bien l’indécence du monde du grand capital et en particulier celle de la mafia des banques !
Nos routes ressemblent à du gruyère, les transports en commun peinent à être performants, les caisses sont vides … mais, tout va très bien ! Jusqu’à quand un tel gâchis humain et social au nom de l’argent ?
Jusqu’à quand un tel mépris pour des hommes et des femmes qui n’en peuvent plus de ne pas avoir d’avenir ?
Jusqu’à quand un tel divorce entre le monde des décideurs politiques et économiques et une population qui espère un peu de bonheur ? Et si c’était jusqu’à ce que nous le décidions ?
En mai prochain, nous irons voter : pas le choix, c’est obligatoire … et de plus, il paraît que cela sauvegarde la démocratie. C’est ce que clament les partis assoiffés de pouvoir et crevant d’ambition !
Ils seront tous là avec leurs promesses, leurs peurs, leurs envies d’un portefeuille ou d’un strapontin
Ils seront tous là, nous promettant une planète plus propre, un avenir qui sera intéressant. Ils parleront de la diminution des taxes, du chômage, d’un regain d’emplois et de bien-être. Ils indiqueront des pistes vers un pouvoir d’achat plus élevé … Pourquoi n’exigerions-nous pas des actes et non des belles paroles ?
Pourquoi ne nous tournerions pas vers des hommes et des femmes pour qui la carrière politique n’est autre qu’un service humble et donné ?
Pourquoi ne tournerions-nous pas le dos à tous ces fantômes arrogants qui, depuis des années, ne cessent de nous en mettre plein la vue ?
À moins que ces candidats n’existent pas et qu’une alternative ne soit pas possible …
À moins que la misère soit une fatalité …
À moins que le goût du pouvoir soit plus fort que l’envie de sortir des pauvres du pétrin … Une chose est sûre : nous ne pouvons tolérer un tel gâchis … la grandeur de l’Homme n’est-elle pas un homme debout ?
Une chose est sûre : si nous laissons la situation sociale se dégrader encore, la colère ne pourra qu’éclater en larmes de sang et en règlements de compte qui font peur.
Une chose est sûre : de nouvelles valeurs doivent d’urgence prendre la place de la corruption et de l’intérêt sordide de quelques uns … Et si elles s’appelaient enfin Justice, égalité des droits et des devoirs, solidarité, rigueur et partage ?
Une révolution … pourquoi pas, au nom de la dignité de tout homme ?

Guy De Smet (14 janvier 2014)


- 4 - ÇA SE SOIGNE !

Il est des jours où le silence est d’or !
Cet adage populaire, le futur cardinal, Monseigneur  Fernando Sebastian Aguilar, 84 ans, archevêque émérite de Pampelune aurait dû l’approfondir avant de se lancer dans des propos, pour le moins, homophobes.
Dans une déclaration qui n’est pas passée inaperçue, il évoque l’homosexualité en des termes, pour le moins osés. Il parle de « Déficience sexuelle ».
Cependant, il n’y a pas de quoi s’en faire, ajoute-t-il, parce que : « de nombreux cas d'homosexualité sont récupérables et soignables avec un traitement adéquat ».
Mesdames, messieurs, les gays et lesbiennes, la sentence de Dieu vient de tomber : vous êtes malades, mais ça se soigne !
Quel merveilleux pas en avant depuis Jean-Paul II !
Le « futur saint » taxait l’homosexualité d’une condamnation sans équivoque. Aidés par ses relais, que les méchants taxent de « Conservateurs », il s’était lancé dans une casuistique fétide distinguant « la maladie et le malade ». Ce faisant, il jugeait des femmes et des hommes qui ne lui demandaient rien. Il condamnait l’usage du préservatif, laissant aller à la dérive et à la mort des milliers de jeunes en danger.
Puis, il y eut les « errements » du Pape François qui face à l’homosexualité se demandait qui nous étions pour pouvoir juger. On croyait l’Évangile revenu aux avant-postes !
C’était sans compter sur la finesse de ce vieillard espagnol, qui avait peur d’être oublié à l’heure de son jour de gloire.
Voici donc ces paroles insultantes pour tant d’hommes et de femmes qui aspirent au bonheur. Elles nous viennent d’un homme d'Église espagnol, une Église qui a vu surgir le cancer de l’Opus Dei. L’Histoire aura jugé ces femmes et ces hommes, elle les aura condamnés … jusqu’à aujourd’hui, où quelque part dans le monde, ils sont emprisonnés, insultés humiliés.
Ils auront connu l’anéantissement et les horreurs des camps de concentration nazis.
Ils auront subi l’homophobie d’une société qui rejette tout ce qui n’est pas la norme qu’elle s’est créée.
Pourtant, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait posé un geste fort. Elle avait supprimé de la liste des maladies mentales ce mode de vie que d’aucun n’ont pas choisi, mais qui s’est imposé à eux comme la seule manière de vivre possible.
Les religions, dont la religion catholique, en feront un cheval de bataille virulent, rejetant tout ce qui n’est pas la seule norme qu’elle cautionne.
Pourtant, l’homophobie, tout comme le racisme ou l’antisémitisme seront considérés comme des atteintes aux droits de l’Homme, au point de les poursuivre en Justice.
Pourtant, tout homme a droit au respect de ce qu’il est et de ce qu’il vit ! Face aux propos de ce Cardinal, pour le moins insultants, je voudrais m’agenouiller devant les homosexuels du monde entier, mes frères et mes sœurs en Humanité.
Je voudrais, au nom de la Foi qui me guide, leur demander « Pardon ».
Pardon pour ces paroles qui relèvent plus de l’obsession morale que de l’envie d’oser les pas de l’Évangile.
Pardon pour cette homophobie sournoise qui doit cacher bien des tourments intérieurs et des approches morbides de la sexualité.
Pardon pour ces condamnations, ces jugements, ces rejets qui vous blessent et qui confortent une homophobie latente de la population.
Pardon pour ces incompréhensions et ces déclarations qui vous relèguent dans des ghettos infâmes et injustes.
Pardon pour ces confusions, encouragées au nom de la Foi (à moins que ce ne soit au nom des fautes d’une Église !) entre la pédophilie et cet amour que vous vivez.
Parmi vous, il y a des Chrétiens, des hommes et des femmes qui se retrouvent pour prier et pour partager l’Évangile … On ne peut qu’admirer votre courage qui dépasse vos déceptions !
Parmi vous, il y en a qui ont dû lutter contre des rejets familiaux et des exclusions innommables …
Parmi vous, il y en a qui culpabilisent face au choix de vie qu’ils ont fait, bravant les certitudes de leurs histoires ou les impossibilités de rêves qui les habitaient.
Parmi vous, il y a des êtres assoiffés de tendresse, de reconnaissance et d’un amour qui a envie de se dire.
À vous tous, je le répète, comme Chrétien et comme prêtre : Pardon ! Pardon, mais j’aurais aussi envie de crier : « Plus jamais ça ! »
Église, ça suffit de nous asséner de certitudes et de diktats moraux que tu appliques si mal.
Église, ça suffit de nous pousser au dégoût face à des condamnations et à des manières d’être tellement éloignées de l’Évangile et de ce Jésus qui est notre « Chemin, notre Vérité et notre Vie ».
Église, ça suffit de nous gaver avec tes regards malsains qui ne veulent voir que les fétus de paille qui se trouvent dans l’œil de tes frères, alors que ta vue est bouchée par la poutre de tes propres égarements.
Église, ça suffit de faire du pharisaïsme une manière de penser et de se montrer au monde. N’oublie jamais des miasmes d’une Histoire aux couleurs de l’Inquisition, des Croisades, des buchers et des intolérances qui te minent. Avec le Pape François, nous osions croire à une porte ouverte au respect de tout homme.
Nous osions croire à un retour de la simplicité de l’Évangile, qu’à travers des gestes, des manières d’être de Pape argentin avait profilé comme horizon.
Nous osions croire à des paroles qui appellent à vivre et non à des condamnations insultantes.
Nous osions croire que dans le sillage de Jésus, votre message était redevenu : « Moi non plus, je ne te condamne pas » !
Nous osions y croire et même imaginer qu’il s’agissait plus que d’un emballage.
Aujourd’hui, j’ai mal à mon Église ! Il aura fallu ce vieillard de 84 ans, cet homme qui se vante de son amitié avec le Pape, pour nous asséner un dernier jet de venin de vipère.
Il se sera drapé dans les oripeaux de sa nouvelle dignité cardinalice pour se sentir investi d’une mission divine, tel le Grand Inquisiteur qui fit les grandes heures des horreurs de l’Histoire de son pays.
Il aura attendu l’âge d’un repos bien mérité pour nous ouvrir les pages  d’un livre débordant de haine et de préjugés.
Grâce à lui, nous savons – et ils savent – que l’homosexualité est une maladie qui se soigne.
Grâce à lui, nous savons aussi que la connerie a encore de belles heures, formant une fois pour tout un écran à la Lumière évangélique. Et là, je crains que cela ne soigne pas !
Grâce à lui, nous aurons droit, une fois de plus à une distinction philosophique entre la maladie qu’il faut combattre et le malade qu’il faut considérer. L’Église n’aurait-elle donc plus rien à faire ?
L’Église ne serait-elle habitée que par ses  peurs et par ses vieux démons ?
N’y aurait-il aucune autre soif humaine à rencontrer ?
N’y aurait-il plus aucune urgence à annoncer le Christ comme une Bonne Nouvelle … et avant de « l’annoncer », d’en « témoigner par nos paroles et par nos actes » ?
N’y aurait-il plus le poids d’une crise, d’une désertion, d’un désintérêt que pour oser – en toute humilité- reconstruire l’Église du Christ ?
Aujourd’hui, l’homme souffre. Il meurt sous le poids de la violence et de la haine.
Il s’étouffe dans ses recherches de bonheur inaccessibles. Il se noie dans un anonymat et dans la dureté d’un monde obnubilé par l’argent et par la négation de l’homme.
Il meurt de froid, de faim, d’indifférence, d’inexistence.
Il attend le levain d’une espérance, d’un respect, d’une main tendue.
Il a envie de tendresse, d’encouragement et de reconnaissance …
N’y aurait-il pas dans tous ces défis une mission urgente, qui ne peut se permettre les propos de ce vieillard, couvert désormais des habits rouges de la honte.
Église … au boulot de l’Évangile : tu as rendez-vous avec l’homme, ton frère !
Sois pour lui un signe, une interpellation …. Jésus t’attend au bout du chemin.

Guy De Smet (23 janvier 2014)


- 5 - UNE  VEILLÉE DE PRIÈRE, UN JEÛNE ?

Voici quelques jours, nos évêques nous interpellaient en nous proposant une journée de jeûne et une veillée de prière. En soi, rien de mal … et pourquoi pas ?
Dans la pratique de l’Église, la prière est un acte noble, un temps de réciprocité entre Dieu et l’Homme. Elle est un temps de resourcement et de profondeur qui nous attire vers Amour que rien ne peut faire disparaître.
Le jeûne, quant à lui, est un appel au changement, un appel à une transformation profonde de l'être de celui qui entre dans la démarche.
Ces deux pratiques ont donc tout leur sens en vue d’un renouveau chrétien et humain du Chrétien qui s’y livre … et j’aurais même envie d’ajouter : cela me concerne ! Ceci étant dit, je me suis donc arrêté à la raison qui suscite, tout à coup, cette démonstration de Foi.
Et là, il est question de réveil des consciences. Il est question de s’opposer à une loi, qu’en bonne démocratie, nous confions au jugement du Parlement.
Là, il est question de s’opposer publiquement, en faisant appel à la conscience, à une décision responsable permettant l’extension de l’euthanasie aux mineurs.
Quelle prétention pour une Église qui fut, il n’y a pas si longtemps, le point de mire des consciences morales  de pays entiers !
Mon propos n’est pas d’entrer dans ce débat.
La question me semble être de l’ordre de la conscience des familles et des personnels de la santé. C’est dans le cas par cas et dans le dialogue constructif entre ces acteurs que sont le mineur (si possible), sa famille et le médecin que se prend ce genre de décision dramatique.
Il est, par ailleurs, heureux, que ce dialogue qui pourrait connaître des dérives, soit encadré par une loi. Il s’agit là d’élever un garde-fou qui protège l’homme contre lui-même et contre son désarroi.
Après avoir entendu des experts, des témoignages, des avis en tous genres, il est bon, de pouvoir ouvrir les portes d’une espérance et d’une fin de douleur pour des familles entières confrontées à ces drames.
Ces questions s’abordent avec humilité et délicatesse, avec compassion et miséricorde.
Il n’y a pas besoin, de critères moraux, de lois intrusives et de jugements qui en rajoutent.
Il n’y a pas besoin des croisades d’une certaine Église qui camouflerait ainsi sa propre chienlit.
Il y a simplement besoin d’une présence silencieuse et aimante à côté de celui qui souffre et de celui qui ne peut plus en supporter plus. Dans un tel contexte, je crains fort que ces veillées et ce jeûne ne viennent s’ajouter à tout le tintamarre suscité en réaction à des décisions prises démocratiquement et en toute conscience, que ce soit celui engendré par le « mariage pour tous » et ses égéries, par la remise en question de la Loi sur l’avortement dans certains pays.
Je crains fort que tout ce bruit ne suscite que le dégoût de certains conservatismes et de certaines institutions minoritaires qui veulent imposer leur point de vue. Les réveils risquent d’être difficiles !
Il me semble venu le moment de considérer les capacités de l’être humain à décider de sa vie, de ce qui est bon ou mauvais pour lui, même si des barrières de sécurité restent indispensables. N’est-ce pas l’objectif de telles lois ?
Il semble venu le moment de laisser à la femme la maîtrise de son corps, à la famille de décider de son avenir, aux couples de vivre leurs réelles aspirations au bonheur.
De toute façon, que nous le voulions ou que nous ne le voulions pas, c’est ainsi qu’un jour ou l’autre, la vérité se fera. Voyant ce souci des évêques et des manifestants dans les rues de nos grandes villes, j’en viens cependant à m’étonner des « silences » chrétiens sur nos boulevards.
Je m’étonne du peu d’empressement auprès des ouvriers licenciés d’Arcelor-Mittal, de Ford-Genk et j’en passe …
Je m’étonne du peu de cris de colère contre l’injustice d’un enseignement qui rend les enfants inégaux face aux chances pour l’avenir …
Je m’étonne du peu d’encombrement de nos rues face au terrorisme du monde de l’argent qui réduit l’homme à n’être qu’un esclave …
Je m’étonne du peu de cris de colère qui monte des rangs des Chrétiens face à cette pédophilie qui a massacré tant de jeunes dans leurs parcours de vie …
Je m'étonne du peu d’empressement à rejoindre les veillées des sans-papiers qui squattaient les églises et qui connaissent la honte d’expulsions inhumaines …
Je m’étonne du peu de débat face à l’utilité de JMJ pharaoniques qui permettent à des jeunes riches du monde entier de se retrouver le temps d’une « garden-party chrétienne ».
Je m’étonne du peu de temps de jeûne et de veillées de prières face aux églises vides et à l’incompréhension d’un discours qui se veut porteur de bonheur …
À moins que, depuis Jean-Paul II, le monde des valeurs à défendre, de la qualité de la vie à protéger, ne se limite à la chambre à coucher ! Au terme de toutes ces paroles, l’image que j’ai devant les yeux, c’est celle de ce gosse rencontré dans un service de pédiatrie. Il se tort de douleur. Il sait que demain, il ne verra plus ses meilleurs copains, il ne profitera plus de ses jeux. Il voit ses parents déchirés et s’effondrer dans les larmes.
Et si nous l’aidions, loin de nos veillées et de nos jeûnes, à planter sa croix, dignement, selon ce qu’il est capable de porter, sur l’horizon d’un amour ?

Guy De Smet (5 février 2014)


- 6 - VOUS AVEZ DIT LA CRISE ?

La presse de ce matin nous offrait deux titres qui laissent songeur.
Le premier attirait notre attention sur un fait de société inquiétant : près de 50.000 demandeurs d’emploi seront privés d’allocations de chômage d’ici la fin de l’année 2014.
Le deuxième nous informait sur le montant du package salarial négocié par la nouvelle patronne de Belgacom qui dépasserait le plafond de 650.000 €, et ce malgré les promesses gouvernementales ! Le premier titre attire notre attention sur un drame social, si pas un tsunami social qui se prépare chez nous en 2015. Sur les 50.000 « victimes », 32.000 résideraient en Wallonie.
Parmi elles, nous trouverions 20.448  femmes et 18.782 cohabitants, nos compatriotes les plus fragiles.
Désormais, ils émargeraient au budget des CPAS, qui voient s’abattre sur eux des catastrophes sociales insurmontables.
Le deuxième titre nous fait entrer dans le monde du surréalisme à la belge.
Après la saga de confrontation entre Didier Bellens et le gouvernement, qui a conduit à l’éviction du super-manager …
Après les promesses faites en écho à la colère des Belges, face à ces salaires indécents, nous voilà repartis pour un tour qui crie vengeance au ciel. Merci Di Ruppo et consorts ! Lors de l’analyse de la crise économique et financière, nous allions voir ce que nous allions voir.
On allait réguler et moraliser le monde bancaire et le monde de la finance …
On allait lutter contre les paradis fiscaux, oubliant qu’on en créait un chez nous, pour quelques nantis.
On allait mettre en place un impôt plus juste, faisant participer chacun selon ses capacités.
On allait empêcher le cumul des mandats. On allait mettre en place une réduction des dotations royales et en appeler à la conscience des intéressés.
On allait mettre de l’ordre dans la distribution de salaires inconsidérés, au nom d’une justice sociale et d’une solidarité que plus d’un appelle à corps et à cris.
Mais, « On » étant un pronom indéfini, nous ne voyons rien venir et pourquoi nous en étonner ! Par contre, quand il s’agit de parler de la crise, nous entendons aujourd’hui un nouveau discours et nous en connaissons les coupables.
Le nouveau discours, c’est celui, lénifiant de notre nouveau Roi qui envisage nous voir aller au-devant des élections avec sérénité. Il désignerait bien la future coalition politique pour diriger le pays … puisque tout va bien.
C’est aussi celui que tient notre premier-ministre, caché derrière les froufrous de son nœud papillon. La crise semble s’éloigner, tout va bien, les signes de la reprise sont là.
Même Arcellor Mittal, qui hier licenciait, se voit, aujourd’hui, obligé d’embaucher … Allez y comprendre quelque chose, à moins que des signes venant des pays émergeants aient fait des dégâts dans le monde de la finance.
Comment, vous ne le saviez pas : tout va mieux … qu’en pensez-vous à la fin de vos courses dans les supermarchés ?
Tout va mieux … qu’en pensez-vous en découvrant la liste de vos frais bancaires et la tiédeur de ce secteur pour prêter de l’argent ?
Tout va mieux … qu’en pensez-vous en recevant vos factures d’énergie ou encore celles de vos assurances ?
Tout va mieux … qu’en pensez-vous en recevant vos extraits de rôle ou encore lisant les montants de TVA liés à vos achats ?
À part le monde du luxe et du patrimoine élevé, qui oserait chanter, sans rougir : tout va bien … il faut y aller avec sérénité ? De cette crise, nous en connaissons aussi le coupable. Il est parfois proche de nous, parfois même chez nous.
Son profil est simple. Il n’intéresse personne et il ne peut guère se défendre. Qu’il travaille ou qu’il ne travaille pas, il coûte trop cher, empêchant les bénéfices des sociétés qui s’engraissent grâce à son travail. Il faut le traquer, le dénoncer, car il a tendance à se cacher.
Plus largement, il faut l’exclure de la vie en société, dans laquelle il fait tache … et pourquoi pas le faire disparaître à tout jamais, malgré les Droits de l’homme.
Non seulement, nous connaissons son pédigrée, mais nous pouvons encore lui donner un visage.
C’est l’étranger qui vient s’incruster dans une pièce, dans laquelle il n’y a pas de place pour lui. Heureusement Maggie veille !
C’est le chômeur qui fait de sa carapace de parasite une manière d’être et une revendication. Il faut le réduire à la honte de la mendicité ou à des obligations de formations qui ne mènent nulle part. Heureusement Reynders et sa clique veillent !
C’est le travailleur qui coûte trop cher à l’entreprise et qui devrait se contenter de moins, afin de permettre un développement des bénéfices, si chers aux actionnaires. Heureusement le chantage du patronat et la démission des syndicats veillent !
Ce sont les femmes, les jeunes, les vieux, les enfants qui obligent la société à des égards disproportionnés. Heureusement nos portefeuilles sont vides ! Jusqu’à quand cette société à deux vitesses ?
Jusqu’à quand ce monde dans lequel ne compte que ce qui brille ?
Jusqu’à quand ces responsables qui ne font que des discours, sans jamais apercevoir la lumière ou le désespoir des regards qui se tournent vers eux ?
À moins que nous nous en contentions, au mépris de l’humanité qui nous habite !
À moins que nous ne soyons les complices d’une société qui tue, oubliant de tirer vers le haut toutes celles et tous ceux qui sont embarqués dans l’aventure de la vie ! Honte et ruine à un tel monde !

Guy De Smet (5 février 2014)


- 7 - UNE CHARGE DÉRAISONNABLE ?

En 2013, l’Office des Étrangers a expulsé 2.712 ressortissants de l’Union européenne, selon les sources du journal De Morgen, essentiellement des Roumains et des Bulgares.
« Nous mettons un terme à leur séjour lorsque ces personnes deviennent une charge déraisonnable pour la sécurité sociale. » précise une responsable de l’Organisation.
Désormais, la manière de travailler de cet organisme est liée aux chiffres de la sécurité sociale. Tu parles d’un critère !
Ce faisant notre pays a la conscience en paix : il respecte le droit de libre circulation des biens et des personnes, adopté en 2004.
Tout ce bruit se fait, bien sûr, avec l’assentiment de notre Miss Expulsion, Maggie De Block, femme, médecin et responsable politique.
Certes, notre pays ne peut accueillir toute la misère du monde …
Certes, la sécurité sociale est un bien fragile, qui en temps de crise prend toute son importance …
Certes la vie sociale se règle à travers la froideur des chiffres …
Mais de là à sombrer dans l’inhumanité, il y a un pas … que notre pays franchit régulièrement.
Des faits ?
Les étrangers qui nous coûtent trop cher, il faut les expulser.
Les chômeurs de longue durée, il faut les exclure de toute vie en société.
Les malades, il faut leur indiquer les soins autorisés, peu importe l’avis des médecins.
Les vieux, il faut les parquer dans des maisons, très souvent hors de portée de leurs moyens.
Les travailleurs, il faut diminuer leur salaire, ainsi que les charges salariales. Ce faisant, on les conduit vers la précarité. Bel avenir pour les CPAS, les Restaurants du cœur et toutes ces associations qui vivent à la dimension de leur cœur.
Mais revenons-en à ces ressortissants de l’Union européenne.
Dernièrement, la télévision nous offrait le témoignage de deux expulsés français.
L’un avait eu le malheur de voir son entreprise fermer. Il se trouvait désormais sans travail, après avoir cotisé durant des années et avoir payé ses impôts.
L’autre, c’était une dame qui avait lancé sa propre entreprise. Pour ce faire, elle avait connu la galère que connaissent tous ceux qui se lancent dans la vie. Sa société commençait à prendre son envol, quand tout à coup, le couperet est tombé : retour au pays !
La Belgique est vraiment le pays du surréalisme ! Il est beaucoup question de l’Europe, ces derniers temps … à croire qu’il y a des échéances intéressantes pour quelques politiciens en mal de carrière.
On nous fait rêver de la citoyenneté européenne. On nous vante les mérites d’un grand marché qui n’apporterait que la prospérité.
On y parle chiffres, courbes et on espère toujours plus de puissance grâce à l’argent et l’accumulation des richesses.
C’est l’Europe des banques et de la finance, avec toute la corruption qu’elle draine.
C’est l’Europe des entreprises et de l’exploitation nécessaire pour les faire vivre.
C’est l’Europe des avantages pour quelques « fonctionnaires du système », qui ont trouvé en son sein une manne d’or.
C’est l’Europe de l’Euro qui a plombé nos moyens de vivre et nos rêves d’une vie meilleure.
Dans cette Europe, il ne semble pas y avoir de place pour l’être humain qui se lève, qui travaille et qui fait ce qu’il peut pour vivre ou survivre.
Dans cette Europe, il n’y a pas de place pour les dégâts collatéraux d’une économie forte : les sans-emplois, les pauvres en tous genres, les sans dignité, les assistés …
Et dire que les Ukrainiens se battent pour rejoindre ce « Machin » ! Et si l’Europe qui réussit, ce n’était pas celle-là ?
Si l’Europe qui gagne, c’était l’Europe qui ne laisse aucun de ses citoyens en rade ?
Si l’Europe qui se respecte, c’était une société qui serait capable de profiter des capacités des citoyens, mais qui serait, en même temps capable de l’aider à se relever quand rien ne va plus ?
Si l’Europe qui gagne, c’était celle qui unit le monde de l’argent au monde du travail, faisant de la justice un critère de progrès, loin des cotations des agences boursières et des intérêts sordides de quelques actionnaires ?
Ce serait la seule qui mériterait notre attention et nos combats !
Notre système de pensée libérale est-il capable d’une telle conversion ? … En attendant, l’Office des Étrangers et son monstre ministériel continueront leur œuvre d’inhumanité, réveillant un climat de haine et de racisme, au sein d’une population qui n’avait pas besoin de cela pour laisser libre cours à ses vieux démons.
Jusqu’à quand cautionnerons-nous une telle politique ? Si je pouvais me permettre un conseil à ces fonctionnaires en mal d’expulsion, je leur soumettrais ces cas qui me perturbent.
Il y a dans ce pays une Espagnole, qui ne coûte peut-être pas cher à la sécurité sociale, mais qui chaque année plombe le budget de l’État. Son seul mérite est d’avoir épouser un homme illustre. Elle est spécialiste en fondation … en faveur de sa famille. Ne serait-ce pas plus simple pour elle de la rejoindre ?
Je connais aussi une italienne qui se plaint de devoir vivre dans la pauvreté, après avoir pu garnir avec futilité le plafond de son palais. Elle n’a plus les moyens d’assumer ses frais de chauffage et de maison. Ne serait-ce pas plus simple pour elle de s’installer sous le soleil de son Italie natale ?
Je connais encore un acteur français qui se permet des remarques désobligeantes sur les villes du pays qui lui a ouvert les portes. À l’entendre, il semblerait vire en « ploc-land ». Pour diminuer le poids de ses rancœurs et de ses jugements inutiles, ne serait-il pas mieux au sein du pays qui l’a vu naître ?
Je connais des ministres, des parlementaires et des fonctionnaires qui coûtent chers en primes et autres allocations qu’ils s’attribuent au mépris de ce que risque de penser l’électeur. Ne serait-il pas temps de les rétribuer en fonction de leur travail et de l’exercice bénéfique de leurs compétences ? Mais il est vrai que tout ce beau petit monde n’est pas roumain et ne risque pas de nous importuner aux carrefours de nos rues ! Pas idiot, la sélection de l’Office des Étrangers !

Guy De Smet (6 février 2014)


- 8 - LA GUERRE DES CHIFFRES

La presse nous livre, ce matin, le pitoyable spectacle de la guerre des chiffres que se livrent la FGTB et l’ONEM.
Le syndicat socialiste tirait la sonnette d’alarme face à la situation des 55.000 demandeurs d’emploi qui allaient être exclus du chômage en 2015, venant grever les budgets des CPAS.
L’ONEM se retranche derrière une position de vierge effarouchée. Elle conteste ce nombre pour le réduire de quelques unités.  Il n’y aurait plus que 27.300 rejetés des allocations de chômage.
Avant d’avancer ce chiffre, l’organisation attire notre attention sur l’inexistence, à ce jour, d’études approfondies à ce sujet.
« Impossible de déterminer les personnes employées à temps plein ou partiel, celles qui seront dispensées sur base de leurs études et celles qui appartiennent aux groupes vulnérables ; paramètres, indispensables au calcul du nombre potentiel d'exclus », explique l’ONEM. Mais de qui se moque-t-on !
Les chiffres sont une chose, la misère qui en découle est autre chose et me semble être le seul critère qui devrait motiver nos responsables.
27.300 personnes, ce sont 27.300 drames humains qui feront le quotidien de milliers de familles de chez nous. C’est de trop … et c’est une honte !
Au lieu de se perdre dans des études stériles qui se contentent d’enregistrer une situation …
Au lieu d’établir des graphiques et d’établir des statistiques, l’ONEM n’aurait-il pas d’autres raisons d’être ?
Sa mission ne serait-elle pas d’aller à la rencontre de ces hommes et de ces femmes qui viennent vers lui, avec au cœur un sentiment de honte et d’inutilité ?
Sa mission ne serait-elle pas de construire des pistes d’espoir et d’avenir, avec des hommes et des femmes que l’éducation, que l’entreprise a oubliés ?
Sa mission ne se serait-elle pas d’ouvrir des pistes vers un avenir possible, loin des formations qui ne mènent nulle part ou des exclusions qui sont comme autant d’atteintes au droit de l’homme ? Pas des discours ou des souhaits, mais des actes forts ! Le chômage est avant tout un drame.
Drame et honte pour la personne qui a une famille à faire vivre.
Drame et honte pour la personne qui se sent comme une tache dans le paysage d’une société dans laquelle, on ne cesse de lui dire, tout va bien.
Drame et honte face à une histoire personnelle qui a fait de ces ex-travailleurs des citoyens de seconde zone.
En écrivant cela, je pense à ce papa qui quittait la maison avec son fils, chaque matin, à l’heure d’aller à l’école.
Comme son fils, il avait préparé son cartable et il l’accompagnait, ne voulant lui montrer que la face de gagneur que faisait la fierté de son enfant.
En écrivant cela, je pense à ces parents qui, grâce à leur travail, avait tout pour être heureux et qui suite à un licenciement souvent injuste se retrouvent réduits à devoir refuser des petits bonheurs à leurs enfants. Je pense aussi à ceux qui, grâce à leur travail, avait pu commencer la construction d’une maison ou de projets pour l’avenir.
Ils doivent tout laisser tomber, parce qu’un industriel miteux, comme Mittal, va faire ses bénéfices ailleurs.
En écrivant cela, je pense à ces jeunes qui ont fréquenté un enseignement obligatoire jusqu’à 18 ans et qui n’y ont trouvé aucune arme pour affronter la vie professionnelle. Si le chômage est un drame pour une personne, il l’est aussi pour un État, pour un gouvernement ou encore pour une société.
Drame et honte pour l’enseignement qui ne semble pas capable de fournir les rudiments indispensables à l’insertion dans la société.
Drame et honte pour un gouvernement qui, au nom de l’argent et au nom de principes économiques dépassés, n’est pas capable d’imposer des directions qui conduisent à un emploi pour tous.
S’il mettait autant d’énergie à sauver l’être humain qu’il n’en a mis pour sauver des banques véreuses ou fournir des salaires indécents à une famille royale, à des élus de la nation ou à quelques patrons bling bling …
S’il mettait autant d’énergie à écouter le monde du travail qu’à se perdre dans des chiffres qui n’affichent que son incompétence …
S’il mettait autant d’énergie à se battre pour que l’index de janvier, celui qui va décider des prix et des salaires, soit établi qu’il n’en met à dépenser de l’argent pour stoker des armes chimiques américaines à Kleine Brokel …
Nous n’en serions pas là, impuissants face à la détresse de tant de familles, de tant d’hommes et tant de femmes réduits à l’inutilité.
Drame et honte pour un État qui ne cesse de se diluer dans la cacophonie de réformes institutionnelles, tellement éloignées des soucis premiers des citoyens.
Drame et honte pour un État, incapable de mettre en place les conditions de vie de ces mêmes citoyens, en se battant avec toute l’énergie voulue, pour l’avenir de tout être  humain, surtout le plus fragile.
Drame et honte pour un État, dont les responsables semblent ignorer la réalité scandaleuse qui se cache derrière la froideur des chiffres qu’il cite comme on montrerait un trophée.
Ne serait-il pas venu le moment d’une réforme profonde d’un mode de penser qui place l’argent et le succès en point de mire de tous les projets de société ?
Ne serait-il pas venu le moment d’une application stricte et nette de la charte des droits de l’homme, dont nos responsables se réclament quand ça les arrange.
Ne serait-il pas venu le temps pour les structures de l’État d’incarner les aspirations profondes d’une population qui ne se limite pas à « l’Homme économique » ?
Ne serait-il pas venu le moment de mettre en place les possibilités d’un nouveau projet de société, avant qu’il ne s’impose par le bruit de la colère et d’une révolution ?
Le chômage, enfin, je veux y lire les traits d’un drame et d’une honte pour l’enseignement.
Est-il normal que les étudiants se retrouvent au terme de leurs études à la recherche d’un diplôme pour s’entendre dire qu’ils manquent d’expérience, qu’ils ont besoin de suivre une formation supplémentaire ?
Est-il normal que nous devions nous contenter d’enregistrer une inadéquation entre la formation scolaire et la demande du marché de l’emploi ?
Est-il normal que les enfants sortent, aujourd’hui, de l’école en peinant à lire, à écrire et à calculer ?
Est-il normal que l’étude des jeunes soit conditionnée au niveau social des parents qui seraient capables ou non de « suivre » les connaissances de leur enfant ? Avant d’aligner des chiffres comme se plait à le faire l’ONEM ou encore nos responsables politiques, il me semble qu’il y a une urgence plus grande.
Qu’il y ait 50.000 ou 27.300 chômeurs, cela en fait beaucoup trop !
Un seul chômeur devrait en être un de trop, dans nos sociétés qui veulent réussir !
Alors, laissons là ce culte stérile des chiffres qui ne sont que des justifications de la médiocrité d’une société.
Il est temps de se mettre à l’écoute, non seulement des besoins et des attentes du monde de l’entreprise, mais encore du quotidien et des rêves d’hommes et de femmes qui n’ont que leurs compétences, que leurs mains, que leur travail à offrir au progrès de nos sociétés.
Il est temps de descendre de son piédestal pour aller à la rencontre des plus faibles, des plus fragiles de nos villes et de nos cités. C’est avec eux que nous avons à construire un aujourd’hui et un avenir remplis de vie.
Nous agirions là comme toutes ces familles qui placent au centre de leurs préoccupations, le plus faible, celui dont chaque sourire est une victoire et chaque petits pas, une réussite.
Il est temps … mais demain, il risque d’être trop tard !

Guy De Smet (7 février 2014)


- 9 - UN PROJET DE LOI BIEN DISCRET

Sur le site internet de Sabine Laruelle, cette ministre MR, voici ce que nous pouvons lire :
La Ministre des Classes moyennes, des PME, des Indépendants et de l’Agriculture, se réjouit que le Conseil des Ministres ait approuvé ce jour le projet de loi modifiant le Code de droit économique, en ce qui concerne l’arrondissement des paiements en euro.
Soutenu par les organisations représentatives des PME et des indépendants, ce projet de loi vise à autoriser, pour tous les moyens de paiement, l’arrondissement du montant total à payer par les consommateurs au multiple de cinq cents le plus proche. 
Une entreprise pourra donc arrondir le montant total à payer par le consommateur au multiple de cinq cents le plus proche : 

Ces pièces de monnaie de faible valeur sont source de contrariétés pour les commerçants (perte de temps en manipulation et souci d’approvisionnement) et le prix de revient de leur fabrication est supérieur à leur valeur faciale. 
Selon les résultats d’une étude, menée conjointement par l’UCM et l’UNIZO en 2007 et confortée par un test grandeur nature en 2008 : 

Les résultats de l’Eurobaromètre 2005 et 2006 confirment également ces tendances auprès des consommateurs (sur 1.000 Belges sondés) : 
  • 61% estiment que le nombre de pièces en circulation était trop élevé ;
  • 87% pensent qu’il faut supprimer les pièces de 1 cent et 82% celles de 2 cents. 
La dernière fois que nos politiciens nous ont fait le coup, cela concernait le remplacement de la monnaie nationale par l’Euro.
Cela allait faciliter la vie de tous et rendre l’existence du citoyen européen plus simple.
Monsieur Dehaene, pour défendre sa camelote, à l’époque, avait laissé miroiter aux Belges les facilités liées à la suppression des opérations de change. Il s’était même chargé de nous faire rêver : imaginez, nous allions avoir plus de bonheur à voyager et à découvrir l’Europe.
À part une manœuvre dictatoriale de manipulation et un mépris pour le quotidien des citoyens, il n’y avait rien d’intéressant dans cette mesure qui allait accompagner le renouveau des années 2000.
La vie devenait plus cher … En témoigne le panier de la ménagère !
Voyager en Europe devenait un défi pour le portefeuille … Voyez la différence de prix entre un séjour touristique en Grèce ou en Turquie !
N’ayant pas le choix, nous avons dû entrer dans cette combine qui allait faire les grandes heures d’entreprises ou d’investisseurs en tous genres. Dans ce nouveau projet que défend Sabine Laruelle, nous découvrons la même manœuvre.
D’abord, ce projet de loi a déjà été ratifié au Conseil des ministres, sans que cela n’ait fait beaucoup de bruit ou d’information au sein de la population. C’est peut-être cela la nouvelle démocratie !
Ensuite, il est curieux de constater que sa modification du Code de droit économique s’élabore  avec le soutien des PME et des indépendants. À qui rapporte le crime ?
Ceux-ci frôleraient l’inconscience, s’ils s’opposaient à ce genre de mesure.
Non seulement, ils ne perdraient plus de temps dans la manipulation de ces petites pièces, mais, en plus, les problèmes d’approvisionnement en monnaie seraient d’une autre époque. Gain de temps manifeste !
Par contre du côté des consommateurs, les avantages risquent de ne pas être les mêmes, malgré les promesses de la ministre.
  • Si le montant total à payer se termine par un, deux, six ou sept cents, il peut être arrondi au multiple de cinq cents inférieur le plus proche ;
  • Si le montant total à payer se termine par trois, quatre, huit ou neuf cents, il peut être arrondi au multiple de cinq cents supérieur le plus proche.
Dans certains cas, le prix du produit acheté sera, en principe moins cher … et le commerçant y perdra de l’argent sur une journée.
Dans d’autres cas, le prix sera plus élevé … et le commerçant y gagnera de l’argent.
Ce qu’aujourd’hui, le commerçant vous brade à 99,9 €, vous en coûtera désormais 100 €. Notez que jusqu’ici, ce genre de pratique était considéré comme un avantage et une promotion qui justifiait un achat.
La ministre poursuit son argumentation en ajoutant : « Pour les consommateurs, fini ces piécettes qui encombrent les porte-monnaie ! En fonction du montant total à payer, l’arrondissement au multiple de cinq cents le plus proche se fera à la hausse ou à la baisse, ainsi cela sera neutre financièrement pour les consommateurs. » Sur papier, dans l’énoncé de promesse, tout cela coule de source … mais dans les faits ?
Un commerçant acceptera-t-il de voir sa marge bénéficiaire rabotée au nom de quelques cents perdus par jour. Si oui, ils auraient donc changé de mentalité.
Et demain, la somme de 5 cents ne sera-t-elle pas, elle aussi, un poids trop grand dans nos portemonnaies ?
Ne serions-nous pas là devant l’approfondissement de la logique mise en place avec l’arrivée de l’Euro : tout devient plus cher, au détriment du pouvoir d’achat du consommateur, de vous et de moi ? Chers amis consommateurs, les cochons payeurs, je me permets de vous poser une question.
Ces pièces d’un cent  … pèsent-elles tellement lourd dans vos poches ? N’êtes-vous pas appelés à les placer régulièrement au cours d’une journée ? Croyez-vous vraiment aux ristournes et aux promesses nébuleuses ?
Si oui, le commerçant a raison d’augmenter ses prix. Les impôts ont raison de vous taxer au maximum. Votre pouvoir d’achat ne mérite pas d’être sauvé.
Je plaide pour le maintien de ces petites pièces qui font parfois le bonheur de nos petites réserves, qui cumulées nous permettent un extra.
Il fallait le savoir au moment d’introduire l’Euro et de l’imposer que cela entraînerait un petit effort musculaire pour « porter » cet argent.
Et si on disait « stop » au pharisaïsme du monde de l’argent et de ses défenseurs ?

Guy De Smet (8 février 2014)


- 10 - UNE  VOTATION QUI DÉRANGE

Ce dimanche, à l’occasion d’un referendum, le peuple suisse a exprimé son souhait. Désormais, il souhaite que l’arrivée des étrangers sur son sol soit réglementée et encadrée. Il souhaite la mise en place de quotas d’étrangers, admissibles dans le contexte d’une vie commune.
C’est un choix démocratique, à une courte majorité, certes, mais le choix d’une majorité des citoyens.
Je ne veux pas entrer dans ce débat. Je ne veux pas me prononcer sur les options démocratiques que fait un peuple … mais cela mérite au moins le respect.

Le soir du referendum, on sentait le gouvernement suisse gêné aux entournures … et nous pouvons le comprendre … mais c’est aussi ça, la démocratie.
L’Union Européenne, elle par contre, n’a rien vu venir et menace de se lancer dans une opération de révision des accords bilatéraux qui unit l’Europe à la Suisse. La Commission doit avoir ses raisons, mais la réponse au lendemain de la votation ressemble étrangement à un chantage inadmissible et peu démocratique.

L’Union Européenne n’en est pas à sa première dans ce genre de réaction.
Souvenez-vous le choix des Irlandais qui fut contredit par les Européens, au point de leur imposer une nouvelle élection, et un ensemble de mesures qui ont plombé le quotidien des citoyens de ce pays.
Souvenez-vous du referendum français visant à avaliser le projet de constitution européenne. Le peuple, dans sa majorité avait voté contre, la Commission a imposé un vote par l'assemblée nationale.
Souvenez-vous des manifestations du peuple grec contre les mesures d’austérité imposées par l’Europe. Elles n’ont même pas mérité l’écoute ou la préoccupation de cette même commission.
Et nous pourrions poursuivre ce catalogue dictatorial d’une institution qui est loin de faire l’unanimité parmi les citoyens.
J’en conclu que la « particratie » qui gère l’Europe accepte l’idée de démocratie, tant que cela vient conforter ses choix et ses critères !
Les responsables savent, les citoyens n’ont qu’une courte vue ! Cela s’apparente au mépris !

L’idée qui motive le « chantage » de l’Union Européenne est le respect de « la libre circulation des biens et des personnes ».
Ce grand principe, inscrit dans la constitution européenne, est-il tellement au centre de sa manière de fonctionner ?
Si oui, pourquoi ces contrôles douaniers fréquents qui sont comme autant d’entraves à la libre circulation des biens ?
Si oui, pourquoi ces expulsions dans les pays de l’Union, dont la Belgique, de ressortissants européens, dont le seul crime  est d’être devenus faibles, après avoir payé des impôts et cotisé pour une sécurité sociale ?
Si oui, pourquoi ces diplômes européens qui n’ont pas la même valeur partout, privant toute une jeunesse de chances pour l’avenir ?
Si oui, pourquoi ce manque d’harmonie des réglementations, dans des domaines qui devraient simplifier la vie du citoyen européen ? Un seul exemple,  il vous suffit d’envisager un tour de l’Europe en voiture, pour vous retrouver mêler à un imbroglio de règlements de roulage qui diffèrent d’un pays à l’autre.
Si oui, pourquoi ces taxations différentes ? Pourquoi ces validités de cartes d’identité ou de cartes de séjour différentes ? Pourquoi ces difficultés à mettre en place un statut de citoyen européen ?
Pourquoi ce refus d’écouter le citoyen confronté au couperet de l’Euro qui est vécu comme un boulet dans le panier de la ménagère ?
L’Europe ne serait-elle un moteur que pour les banques, que pour les grandes entreprises, que pour un monde de la finance qui enfonce, au quotidien, le simple citoyen ?
L’Europe ne serait-elle là que pour prendre des décisions qui ne respectent même plus la souveraineté des États. N’est-elle là que pour imposer des règles, sans tenir compte de l’impact sur des populations entières ?
Le grand marché qu’est l’Europe de l’entreprise existe bel et bien. Il permet même d’imposer à la Suisse des règles de fonctionnement bancaire.
L’Europe sociale, l’Europe des citoyens reste un rêve pieux, pour lequel il n’existe aucune volonté de concret. Nous le vivons au quotidien !

La Suisse vient d’émettre un choix, parce que son mode de fonctionnement lui permet de faire appel à l’avis de sa population.
Chez nous, de telles initiatives sont impossibles. Dans notre pays, le referendum n’est même pas prévu dans la Constitution. On parvient même à contourner le choix de l’électeur, lors des élections, grâce à la perfidie, peu démocratique, d’alliances politiciennes.
Si de telles possibilités existaient dans tous les pays de l’Union, nos responsables politiques seraient-ils bien sûr de pouvoir imposer leurs projets pour l’avenir de l’Europe ?
Cette institution vit loin des préoccupations de la population.
Cette institution se gargarise de mots, impose des normes et des quotas, masquant tellement bien son souci premier de la finance et du marché.
Cette  institution souffre d’un déficit démocratique. Elle semble se construire à travers l’une ou l’autre élection qui renverra les représentants vers les salons feutrés de Bruxelles ou de Strasbourg, loin du citoyen qui peine, qui cherche et qui aspire au bonheur.

En écrivant tout cela, je risque bien de me faire taxer de populisme …
Mais, être populiste aujourd’hui,  ne serait-ce pas simplement se mettre à l’écoute de la parole du simple citoyen ? Dans ce cas, j’assume !
Et si cette décision du peuple suisse était une réponse aux élites politiques et un rejet de se voir imposer un avenir qui les dépasse ?
Europe, fais attention à ton mode de fonctionnement et à ton autisme, tu risques de ne plus nous intéresser !
Europe, prends garde … tu ne serais rien sans ces visages d’hommes et  de femmes qui sont ta seule richesse !

Guy De Smet (10 février 2014)


- 11 - APPEL AUX CAMBRIOLEURS

Comme beaucoup de voisins, je viens d’être la victime d’un cambriolage. Banal penserions-nous facilement ! Et pourtant !
Dans un premier temps, vous rentrez chez vous en toute sérénité … et tout à coup, tout s’écroule !
Vous rentrez dans un intérieur dévasté : tout retourné, tout jeté à même le sol, tout piétiné.
Vous retrouvez le contenu de vos armoires répandu sur le sol, vos souvenirs personnels étalés comme de vulgaires objets sans valeur, s’ils n’ont pas été dérobés.
Vous découvrez que les délinquants s’en sont pris à des objets sans valeur aux yeux de votre assurance, certes, mais qui, pour vous, avaient une valeur détruite à jamais.
Tout cela ne serait rien, sans l’impression de viol qui vous habite désormais.
Tout cela ne serait rien sans l’impression d’insécurité qui ne vous quitte plus.
Face à votre désarroi, vous découvrez d’abord de bons amis, des personnes sur qui vous pouvez compter et à qui vous pouvez vous confier. Ils laissent tout là et viennent à votre rencontre. Comme il est précieux de ne pas être seul, en de tels moments !
C’est aussi l’occasion de faire l’expérience de l’éternité du temps. Vous appelez les forces de l’ordre compétentes et chaque minute d’attente devient une éternité.
Quand enfin elles vous rejoignent, vous avez l’impression que votre problème ne les concerne guère. Ce qui importe, c’est l’administration, le numéro d’un procès-verbal   (précieux pour toutes vos démarches administratives) … et ils s’en vont en vous lançant une « Bonne soirée », qui laisse rêveur.
Désormais, vous avez une nouvelle compagne : la peur. Elle vous secoue à chaque bruit qui devient suspect. Elle se personnifie dans le visage de toute personne inconnue qui vous approche d’un peu près. Elle fait de vous un misanthrope qui se découvre.
Vient alors le moment du rangement. Vous le faites avec le sentiment de dégoût et de traumatisme qui ne cesse de vous accompagner.
Vous faites l’inventaire du préjudice, découvrant, certes, le peu de valeur des objets dérobés, mais surtout la blessure que tout cela laisse dans vos souvenirs et dans vos rêves.
Vous découvrez la curiosité malsaine qui a dévasté votre jardin secret et vos envies de bonheur qui ne concernent que vous.

Face à tout cela, je voudrais laisser ces quelques mots à tous les cambrioleurs, ces dévastateurs de nos quotidiens.
Arrêtez vos massacres !
Arrêtez de semer l’insécurité dans les existences d’hommes et de femmes, dont le seul crime est d’avoir été honnête, au point d’engranger quelques petits biens, récompense de leur travail et de leurs petites envies de bonheur.
Arrêtez de vous comporter comme des minables, des déchets d’humanité qui nous encombrent et qui nous cassent le goût de la vie. Si la Justice vous découvre un jour, elle ne vous condamne pas à grand-chose. Soit vous avez eu une enfance malheureuse, soit vous êtes insolvables, soit vous être victimes, vous-mêmes, de l’inhumanité d’une société. Sachez que nous n’en pouvons rien !
Arrêtez de casser pour le plaisir de casser. Non seulement, cela ne vous sert à rien, si ce n’est à évacuer votre colère ; mais en plus, vous défigurez des visages qui n’ont eu que le tort de se trouver sur votre chemin de violence.
Arrêtez de construire votre besoin d’exister en démolissant tout ce qui vous entoure : vous êtes des monstres d’égoïsme !
Certes, vivre coûte cher. Certes, vos rapines vous procureront quelques moyens d’exister et quelques impressions d’exploits sportifs.
Certes, dans vos milieux, vous pourrez vous vanter de votre « héroïsme ». Mais à quel prix ?
Désormais, vous collera à la peau, l’étiquette de voleur et de délinquant.
Désormais, vous ne serez plus que des parasites, des cloportes à éliminer.
Désormais, vos visages resteront marqués par la honte de votre lâcheté et  votre liberté de mouvements sera pour nous un affront.
Désormais, vous serez considérés comme d’ignobles violeurs, qui méritez d’être punis par les armes que vous n’avez pas hésités à utiliser. Réfléchissez au sort de vos collègues musulmans : tu as volé : que ta main soit coupée !

Et si vous valiez plus que tout cela ?
Si vous aussi vous étiez capables de faire de vos quotidiens des lieux d’espoir et de travail ?
Si vous aussi vous étiez capables de vous faire remarquer par un peu d’honnêteté et de courage ?
Si vous aussi vous étiez capables de vous contenter de ce que vous avez, sans éprouver le besoin de plumer d’honnêtes citoyens, dont le quotidien s’écrit avec les mots des gens sans histoire ?
Peut-être qu’alors, vous mériteriez le respect que vous attendez et la fierté dont vous rêver.
Peut-être qu’alors, vous seriez, ce qu’avec dignité, nous appelons des « hommes » !

Au moment de vous écrire,  je pense à l’aventure d’une de vos victimes. La Justice, vous ayant identifiés, elle a été convoquée pour une rencontre et une médiation.
Il est question alors de votre situation qui devrait nous faire verser quelques larmes.
On nous parle alors de votre enfance malheureuse, de votre inadaptation à notre manière de vivre en société.
On nous pollue les oreilles avec votre situation sociale, avec les chances que  vous n’avez pas eues …Et si vous commenciez par payer vos crimes ?
Si vous commenciez par régler vos dettes avec la société, avant de nous faire pleurer sur votre sort ?
Je n’éprouve à votre égard aucun sentiment de compassion, voire même aucun sentiment.
Je n’éprouve que la vérité de l’adage qu’on sert au sale gosse qui nous encombre : « Qui casse, paie ! »
Quand tu auras payé ta dette, ce sera à toi de reconstruire ta vie, dans les voies de la vérité et d’un peu d’humanité.
Si tu n’es pas capable de comprendre cela, je te dis, comme a pu le dire un jour le Président de la République française : « Dégage, tu me salis ! »

Guy De Smet (21 février 2014)


- 12 - LETTRE OUVERTE À UN ÉVÊQUE

Comme beaucoup de mes confrères, je viens de faire l’expérience de l’épreuve de la maladie et de l’angoisse que cela peut susciter.
Désormais, la santé devient un souci qui, s’il ne devient pas une obsession, devient quand même un paramètre important du fil des journées.
Dans ces moments de grande solitude, chaque visite, chaque rencontre, chaque coup de téléphone ou chaque petit mot devient une compagne appréciable.
Merci d’ailleurs, à tous ces vrais amis qui n’ont cessé de témoigner de leur présence et de leur attention … vous ne pouvez savoir combien cela fait du bien !
Merci aux quelques confrères qui ont pris la peine d’un peu d’intérêt, cela aussi est un moment d’existence qui est apprécié à sa juste valeur. Un collègue n’est pas là que pour assurer un remplacement ou pour être utile quand on en a besoin. Il est aussi là avec toute son humanité qui connaît des dépressions et des silences à briser.
Merci au Doyen, au délégué épiscopal et à l’évêque auxiliaire qui en 8 mois ont trouvé le temps de placer dans leurs agendas surchargés le créneau d’une visite ou d’un peu d’intérêt.
Vous n’imaginez pas combien cela fait du bien et combien cela donne envie de prendre un nouveau départ dans la mission qui nous a été confiée.

Mais il est aussi des absences qui font mal !
En huit mois, jamais le moindre mot, la moindre petite attention émanant de celui en qui la Tradition chrétienne voit le visage d’un père : l’évêque !
Par deux fois, j’ai pris la peine de le contacter pour lui signifier mon existence et le problème que je rencontrais. Pas l’ombre d’une réponse !
J’ai pris la peine de lui indiquer mon désarroi et mon incompréhension et, à l’horizon, pas la moindre mouche qui vole !
Ne serions-nous que des pions avec lesquels jouer en cas de nécessité de boucher des trous ?
Ne serions-nous que des collaborateurs de travail, dont l’unique erreur aurait été d’avoir placé toute sa confiance dans les mains d’un seul homme ?
Ne serions-nous que des dossiers à manipuler en cas de besoin ?
C’est ce que je ressens face à autant d’inhumanité  et de désintérêt.
Je comprends qu’un évêque n’a pas que cela à faire.
Je comprends qu’il est obligé de déléguer afin de pouvoir assurer au mieux sa mission … et donc, que l’envoi d’un représentant suffit amplement.
Je comprends qu’il n’y a pas que moi qui suis confronté à des difficultés de santé et qu’il doit être impossible pour un évêque de s’arrêter à la situation de chacun. Ne dit-on pas, pourtant, que le nombre de vocations diminue et donc la tâche devrait être moins herculéenne !
Nos Évêques aiment nous parler d’Évangile. Ils aiment nous inviter à une pastorale de proximité. Ils ne cessent de nous adresser des écrits dans lesquels il est question d’Amour, d’Incarnation et d’Évangile … et s’ils se plaçaient d’abord devant un miroir ?
Nos Évêques nous stimulent à oser les pas d’une vie spirituelle. Ils nous donnent rendez-vous pour des retraites. Ils se plaisent à rejoindre des réunions de prêtres par secteurs ou par Doyenné … Cela leur donnerait-il le droit de faire l’économie d’un peu d’humanité ?
Nos Évêques se désolent du peu d’échos laissés à leurs positions  dans les choix de la société. Ils se plaignent du peu de crédit qu’il reste à l’Église au sein de la population, de la diminution des vocations, de la désertification des paroisses … et s’ils en étaient aussi les artisans ?
Nos Évêques se lamentent du peu de respect que suscitent leurs paroles ou leurs documents … et s’ils se rendaient enfin compte qu’ils ne parlent pas la même langue que tout le monde, qu’ils sont devenus des étrangers de par l’importance qu’ils accordent au protocole qui les entoure et du peu d’humilité qui les habite ?

Comme Chrétiens, nous prêtres, nous avons besoin d’eux comme des premiers de cordée fiables. Nous avons besoin de leurs avis, de leurs conseils, de leur doigt pointé vers l’Évangile de Jésus-Christ.
Mais, nous avons aussi besoin  de leur proximité et de leur compassion. Cela aussi dessine les traits de Dieu sur terre !
Comme Chrétiens, comme prêtres, nous avons besoin de la tendresse qui s’exprime, telle une brise d’air frais, à chaque page de l’Évangile. Nous avons besoin qu’ils soient les pères dont nous pouvons attendre la vie, loin de tous les oripeaux dont ils aiment se garnir et des dogmes dont ils se font les défenseurs.
Comme Chrétiens, comme prêtres, comme collaborateurs (selon les mots du Concile), nous attendons d’eux la chance de pouvoir exister à travers toutes les fibres qui font notre vie d’homme et de disciples du Christ.
Un peu d’attention, un peu d’amitié, loin des applaudissements et des lumières de la presse, serait-ce trop demander ?

Je n’ai ici aucune intention de manquer de respect vis-à-vis d’un supérieur.
Je n’ai nulle envie de venir encombrer l’agenda de ses préoccupations.
Je n’ai nul besoin de lui rappeler que j’existe.
J’ai simplement envie de le remercier pour son indifférence !

Guy De Smet (21 février 2014)


- 13 - BELGIQUE, TERRE D’ACCUEIL …

Le 23 février restera dans l’actualité wallonne un jour de gloire et de fête. Imaginez, la Belgique accueille deux immigrés de marque : deux pandas !
Prix de l’opération, près de 10.000.000 € … excusez du peu !
La société Pairi Daiza y lit un investissement solide qui permettra d’augmenter et le nombre de visiteurs et le montant du chiffre d’affaires … le tout avec la bénédiction d’Elio Di Rupo et des responsables de la Région wallonne.
Les deux pandas seront reçus très officiellement par le premier-ministre himself et par les sbires du monde politico-financier qui y lisent les traces d’une aubaine peu commune.

Cette nuit, dans un rêve, j’ai surpris un échange susurré entre les deux ursidés, calés confortablement dans l’avion qui les amenait en Belgique.
L’un d’eux s’étonnait : c’est drôle que ce petit pays appartenant à un continent, lauréat  du Prix Nobel de la Paix, l’Europe, s’intéresse à nous.
On ne leur a peut-être pas dit que nous provenons d’un pays qui bafoue au quotidien les Droits de l’Homme.
On ne leur a pas dit que la peine de mort y est couramment d’application, alors que par ailleurs tous ces démocrates se battent contre.
On ne  leur a pas dit que l’exploitation de l’être humain et son peu de prix sont monnaie courante en Chine … à moins que chez eux aussi !
Il doit y avoir d’autres enjeux … après tout, nous ne sommes que de gros pandas paresseux et gourmands !
L’autre s’inquiétait des risques qu’ils couraient à rejoindre notre pays.
Il paraît qu’ils ont une ministre monstrueuse dont la spécialité est l’expulsion.
Quand elle voit des humains arriver, elle s’habille en pitbull et elle mord. On dit même qu’il n’est pas bon d’être immigré dans ce pays. Au nom des statistiques et d’un certain populisme, nous risquons de devenir un péril pour le budget de son pays et nous risquons bien d’y perdre notre place au soleil … Quoique « au soleil », ça reste une idée très farfelue !
Le premier d’ajouter : oui, nous risquons bien de devenir un péril. Ils ont investi une somme colossale pour nous recevoir et cet argent, ils comptent bien le faire payer aux amis qui comptent venir vous rendre visite. Il paraît que pour les habitants de la région, la vie n’est déjà pas facile tous les jours. Il paraît qu’ils connaissent la pauvreté et que chacun n’y mange pas à sa faim … À moins que nous ne soyons qu’un ascenseur pour la société qui va nous exploiter pendant 15 ans ?
Le deuxième s’inquiète lui pour leur sécurité. J’ai entendu dire que dans ce pays, qu’ils mangent ou qu’ils boivent, tout devient problème communautaire. Ils ont même failli nous couper en deux ou nous séparer. Tu imagines, il y a deux régions, deux langues et deux centres pour y enfermer des animaux.
Il paraît qu’ils frôlent la guerre civile, parce que nous ne pouvons pas nous dédoubler … et si ça tournait mal ?
Le premier se tracasse pour son ventre et pour son régime alimentaire.
En Chine, nous avions du bambou à volonté. Normal, il y en a plein en Chine.
En Belgique, ils n’en ont pas trop, et quand ils en ont, il n’est pas pimenté par les doses de pollution auxquelles nous étions habitués. Ils mangent des pommes de terre coupées en bâtonnets et trucidées dans la graisse. Ils y boivent une eau folle qui les rend irresponsables.
Le deuxième se tracasse pour la cérémonie d’accueil.
Il paraît qu’ils vont nous accueillir en grande pompe à la sortie de l’avion. Il y aura là un premier-ministre tout « empapilloné », des autorités en tous genres qui comptent nous inspecter sous toutes les coutures. Ils vont nous parler dans une langue que nous ne comprendrons pas.
J’espère qu’ils n’y enverront cette autre famille qu’ils ont parquée. Elle est remplie de « majestés » qui se pavanent dans leurs titres, de frères qui se disputent parce que leur voiture n’accourt pas quand ils l’ont sifflée, d’étrangères qui créent des fondations douteuses ou qui se lancent dans des idées de coiffures excentriques qui nous rendraient, par contraste presque élégants. En plus, ils coûtent aussi cher que nous … ça risque de créer l’émeute.
Moi, ce qui me chagrine le plus, dit le premier, c’est qu’ils nous ont privés du bonheur de rencontrer les petits enfants de Chine ; ils n’avaient déjà que nous. Pour le reste, ils connaissent la pauvreté, l’exploitation économique. Leurs parents se voient privés de leurs droits les plus élémentaires, sauf s’ils sont riches ou proches du parti. Nous étions leur rayon de soleil. Ils étaient le nôtre … et là, les autorités chinoises nous exilent au nom de l’hypocrisie d’une publicité qui doit cacher leurs faces sombres.
J’ai peur aussi qu’ils enferment avec nous un dinosaure de leur monde musical, Chantal Goya. Elle nous a chanté : « Pandi Panda … ». Nous risquerions de devoir nous épuiser à danser … et pas de temps pour manger ! Il ne nous resterait qu’à mourir d’ennui sous le flot de notes bêtifiantes dont elle assomme ses auditeurs.
Moi, ajoute, le deuxième, ce qui me rend, quand même, heureux, c’est que dans la manière de nous accueillir, les Belges vont peut-être trouver un modèle pour accueillir ceux qui frappent à la porte de leurs frontières.
Ils vont peut-être renvoyer leur pitbull au chenil, au lieu d’en rêver comme chef du gouvernement.
Ils vont peut-être découvrir que derrière toute personne qui mendie, il y a un cœur qui bat et qui souffre, il y a un citoyen du monde qui rêve d’un monde meilleur.
Ils vont découvrir que s’ils sont capables de dépenser 10.000.000 d’euros pour nous recevoir, ils ont encore quelques réserves pour ne pas dénigrer ceux qu’ils ne considèrent que comme une charge pour leur budget.
Ils vont peut-être même réfléchir pour découvrir que les Droits de l’Homme ne sont pas à brader et que la liberté est une richesse qui vaut bien plus que toutes les cotes de la bourse.
Ils vont oser laisser là leurs avantages réservés à quelques notables, leur paradis fiscal réservés à quelques parasites croulant sous leurs richesses.
Ils vont peut-être oser inscrire dans leurs gênes que l’être humain est plus que l’étiquette qu’ils aiment lui coller sur le front. Il est plus que le chômeur ou que l’immigré qui ne seraient que des profiteurs. Il est plus que le patron véreux qui réclame des salaires exorbitants. Il est plus que le licencié qui n’était précieux que lorsqu’il rapportait. Il est quelqu’un qui a certes des devoirs, mais aussi des droits !
Ils vont même, peut-être, aider leur premier-ministre qui nous aime, à aimer tous ceux qui font la richesse et la grandeur de son pays, ceux qui se lèvent pour travailler et offrir le meilleur d’eux-mêmes à l’avenir de leurs régions.
Qui sait, ils oublieront leurs promesses hypocrites prononcées le temps d’une campagne électorale, pour retrousser leurs manches et travailler à la création d’une véritable démocratie et d’un véritable avenir ouvert à toutes et à tous.
Tu sais, ajoute le premier, ce qui me fait peur, c’est qu’à l’aéroport  ils ne nous reconnaissent pas. Pour eux, un chinois, c’est bridé … et nous nous ne sommes que deux gros pandas, les yeux ouverts pour contempler ces humains qui nous étonneront toujours.
Enfin, ajoute le deuxième … heureusement pour nous, il y a leur devise : l’union fait la force !

Guy De Smet (23 février 2014)


- 14 - PAUVRE MENTALITÉ !

La Commission européenne vient d’inventer une nouvelle forme de courage.
Ce comportement, on ne le croyait actif que dans les bacs à sable de nos jardins d’enfants ou dans les cours de récréations des écoles.
Cette forme d’audace politique s’appelle la lâcheté … à croire que c’est une spécialité de certains milieux politiques !
Nos courageux commissaires viennent de décider d’interdire aux jeunes Suisses la participation au programme d’échange « Erasmus ».
Sur le site internet présentant ce mouvement éducatif, nous pouvons lire ce qui suit : « Le programme Erasmus a pour objectif la mobilité des étudiants, des enseignants ainsi que du personnel des institutions d’enseignement supérieur à travers toute l’Europe. 
Ce programme met l’accent sur la coopération européenne entre établissements d’enseignement supérieur et établit le lien entre le monde de l’éducation et celui de l’entreprise. Il favorise l’innovation, la croissance et l’emploi au sein de l’Union Européenne. »
La décision de l’Europe fait suite au referendum suisse  qui a mis fin à l’immigration sauvage. Ce choix est un choix démocratique fait par le peuple suisse, un peuple souverain et respectable.

Ainsi donc, une fois de plus, l’Europe, ce cancer de nos portefeuilles, a fait le choix de punir ceux qui ne pensaient pas comme elle, ceux qui ne partageaient pas son idéologie ou la satisfaction de ses intérêts personnels.
Elle n’en est pas à son coup d’essai. Souvenez-vous …
Les referendums sur la constitution européenne dans certains pays avaient indiqué clairement un « non » massif à son adoption. L’Europe a exigé que ce vote soit reconsidéré par les parlements des pays concernés. L’avis du peuple … sans importance !
Les quotas, les normes en tous genres sont décidés par quelques obscurs fonctionnaires dans le fond de leur bureau, sans que la moindre consultation, sans que la moindre inquiétude, née du souci des secteurs concernés, ne soient perceptibles.
L’imposition d’une monnaie, l’Euro, qui nous a été imposée, sans que nous ne soyons en rien consultés. Elle se comporte comme une religion qui a eu pour effet d’appauvrir le citoyen : voyez le panier de la ménagère !
Les décisions financières et bancaires prises par la banque centrale européenne ou d’autres institutions du même genre n’ont que faire de l’avis d’une population qui n’en peut plus de payer des taxes ou de venir en aide à des entreprises corrompues.
Les budgets et les frais de fonctionnement qu’elle n’hésite pas à s’octroyer, en imposant à ses membres des coupes sombres dans leurs propres finances, peu importe l’impact sur la population.
Les adhésions de certaines nations au concert européen  se sont réalisées sans tenir compte de l’avis de la population qui aurait été bien plus frileuse face à l’arrivée de certains pays, qui nous coûtent, aujourd’hui, une fortune.
Les hontes humanitaires qui salissent la conscience européenne à ses frontières ne sont-elles pas nées de cette volonté affichée de ne pas entendre le peuple qui clame son effarement face à autant de drames ? Ne sont-elles pas les révélations d’un certain autisme politique ?
Les sanctions, les amandes imposées à certains pays semblent piétiner avec plaisir l’idée d’une souveraineté nationale, sans que cela ne dérange personne.
Les récessions et la misère imposées à certains pays comme la Grèce, Chypre, l’Irlande, l’Espagne ne semblent en rien chatouiller les consciences de ces responsables minables qui ne rêvent que d’argent et de compétitivité … peu importe le prix humain que tout ce gâchis n’entraîne … et nous pourrions continuer à égrener cette liste sinistre de faits qui n’incitent qu’au dégoût et au rejet.
Les responsables de la bannière bleue et étoilée ne semblent se souvenir de l’existence du citoyen qu’une fois tous les quatre ans, lors d’une courte période électorale. Le reste du temps, ils pensent et ils parlent à notre place !
Face à la décision des Suisses, les voilà donc repartis en croisade, au mépris de l’avis du peuple suisse.

Et pourtant, si nous avions des leçons à tirer de la manière d’exercer la démocratie ?
Régulièrement, les autorités de ce pays, élues au suffrage universel – comme chez nous – prennent la peine de consulter la population sur divers sujets de la vie en société ?
Car après tout, c’est le peuple qui est concerné au premier chef par toutes ces décisions qui engagent le quotidien !
N’est-ce pas cela la transparence à laquelle aspirent tant de milieux politiques ?
N’est-ce pas le peuple, dans un pays, qui est souverain et non quelques mandataires politiques qui semblent remplacer la démocratie par une « particratie » qui les arrange ?
Avec courage, les autorités suisses ont entériné ce choix populaire et ils l’assument dans leurs décisions … et si c’était cela le courage politique ?

Pardon aux Suisses pour notre arrogance et notre suffisance européennes. Nous souffrons d’un complexe de supériorité qui écrase tout sur son passage … et toujours au nom des grands principes. Nous semblons nous être donnés une devise pour avancer : « Marche ou crève ». J’ai peur pour l’Ukraine, prochainement !
Pardon aux Suisses de n’avoir aucun souci pour l’exercice de leurs droits démocratiques. L’important est notre idéologie et surtout le profit que nous risquerions d’en tirer.
Nous vous refusons le droit de placer des filtres à vos frontières, pendant que chez nous des excellences expulsent à tour de bras. Il paraît que nous, nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde.
Il est vrai qu’il ne s’agit pas de la même immigration. Les immigrés, chez nous, n’ont pas la même couleur de peau. Ils n’ont pas le même statut social. Ils ne viennent pas de ces pays qui nous font peur. Quant à vous, qui seriez-vous pour fermer l’aubaine économique de votre pays aux citoyens européens qui ont trouvé chez vous un avenir et un bonheur ?
Pardon aux Suisses pour nos refus de votre avis souverain, alors que, par ailleurs, nous n’avons eu aucun scrupule pour vous interdire le secret bancaire qui faisait de vous le paradis fiscal que nous sommes loin d’être. Vous auriez dû comprendre que seul compte notre intérêt ou plutôt celui de ces « énarques européens » qui ont trouvé là une source précieuse de profits personnels. Pour s’en convaincre, il suffit d’épingler le moindre avantage accordé au moindre fonctionnaire européen !
Oui pardon, mais surtout restez ce que vous êtes : un pays libre et fier. Continuez à respirer l’air frais de vos montagnes et de vos vallées. Vous avez toujours su être là aux grandes heures des crises mondiales … et ce, avec courage et détermination !

Aujourd’hui, l’Europe, voulant se venger, s’en prend à une catégorie des plus faibles, les étudiants. Une vielle habitude, semble-t-il ! Il vaut mieux dans cette Europe d’être banquier qu’ouvrier, nantis que pauvre !
Ils ne rêvent que d’avenir, de bonheur, de découvertes et ils n’hésitent pas à investir pour que cela devienne possible.
Comme tous les jeunes, ils ont besoin de coups de main, d’encouragements et de reconnaissance. Qu’ils soient Suisses, Belges, Français, Espagnols, Allemands … cela valait bien des accords bilatéraux qui dépassent les mesquineries de nos frontières !
Les programmes d’échange comme Eramus étaient une aubaine pour beaucoup. Les jeunes Suisses en seront désormais exclus, au nom de l’idéologie qui hante l’esprit malsain des responsables européen.
Mesdames, messieurs les politiciens, votre vengeance vous retombera sur la tête et c’est ce que vous méritez !
J’ose espérer que la Suisse osera, en réponse, rétablir des choix qui faisaient son profit, comme le secret bancaire. Je le dis avec d’autant plus de force, que je n’ai pas d’argent à placer !
J’ose espérer que les peuples d’Europe vous enverront demain un signal fort, marquant leur désapprobation de votre politique d’appauvrissement et de récession, créant des riches d’une part et des miséreux d’autre part.
J’ose espérer que, demain, la colère qui gronde auprès de certains européens, fatigués de votre politique financière, monétaire ou encore industrielle, vous rejette avec vos chimères.
J’espère que toutes ces femmes et tous ces hommes de bonne volonté  imposeront une Europe à taille humaine, dont le critère premier sera le bonheur de tous.
En attendant, je me range du côté de ceux qui ne vous accorderont pas leur voix lors des prochaines élections européennes. Vous n’en valez pas la peine et vous n’êtes pas capables d’assumer de telles responsabilités.
En attendant, je me rallie à tous ceux qui prônent la fin d’une idéologie pour le début d’une ère à la dimension des vraies aspirations de l’homme. Bref, une autre Europe où le cœur s’ajoute à la raison.
En attendant, vous ne m’inspirez que le dégoût et la honte !

Guy De Smet (27 février 2014)


- 15 - TOUT VA TRES BIEN … RÊVE OU CAUCHEMAR

Lors de ses vœux, au début de cette nouvelle année, le roi Philippe nous invitait à la sérénité et à positiver : la reprise était là et tout allait mieux.
En disant cela, il se faisait l’écho de ce qu’aime à chanter notre premier-ministre : tout va très bien. Il le proclame d’ailleurs en affichant son sourire des plus beaux jours.
Après avoir entendu les paroles optimistes de ces deux responsables nationaux, je me suis mis à rêver.
Je me suis mis à rêver d’un monde qui fut certes balayé par une crise profonde, mais qui aujourd’hui se réjouissait du frémissement d’une reprise économique pour tous.
Les chômeurs retrouvaient un emploi. Le panier de la ménagère pouvait enfin se remplir de l’indispensable. Les soins de santé étaient accessibles à tous. Les jeunes pouvaient envisager un avenir et n’hésitaient pas à l’inscrire dans les briques de la construction de leurs petits nids. Les immigrés étaient les bienvenus. Il y avait du travail pour tous. Les vacances devenaient des périodes de rêves offertes aux possibilités de chacun. Les enfants ne vivaient plus sous le seuil de pauvreté et ils pouvaient s’abandonner à l’insouciance qui caractérise leur âge. Les mots solidarité et partage avaient détruit l’empire de la finance et de la rentabilité.
Je rêvais d’un monde idyllique, quand tout à coup un épais brouillard s’est dissipé. J’ai alors découvert la réalité de ce que j’avais pu voir dans une publicité. Des hommes, des femmes s’accrochaient l’un à l’autre, tels des boulets. Leurs visages étaient tristes et le désespoir se lisait  dans la lenteur de leur démarche. Ils semblaient tous venir vers moi et me secouer fortement.
Je me suis alors réveillé et quelle ne fut pas surprise de découvrir une autre réalité.
Elle s’étalait en chiffres dans la presse : « Le nombre de Belges qui dépendent du revenu d'intégration sociale est reparti à la hausse en 2013. C'est ce qu'indique l'administration. Le CPAS est venu en aide à 98.000 personnes. 45.000 personnes minimexées en Wallonie, 25.000 à Bruxelles et 23.000 en Flandre. C'est le Hainaut qui enregistre la plus forte progression devant la province de Namur et celle de Luxembourg. (…) Cette hausse l'an dernier fait suite à deux années de relative stabilisation, avec une hausse de 0,5 % en 2012 et une baisse de 0,8 % en 2011.  » (RTL.infos 27/02/201)

La réalité semble bien éloignée de la beauté et de l’harmonie de mes rêves ! Et là, plus de place pour les paroles creuses d’un Roi Philippe ou d’un Premier-ministre d’opérette !
L’homme souffre. Il est atteint dans sa dignité … et cela ne semble concerner personne.
L’État s’en va à la chasse aux fraudes … surtout chez les plus faibles. Ils sont une proie tellement plus accessible.
Il y a les chômeurs de longue durée, qu’il faut supprimer des statistiques, peu importe leur avenir concret.
Il y a encore ces charges salariales trop élevées ; elles empêchent la compétitivité des entreprises, mais surtout, elles s’accompagnent de salaires trop élevés. Le Belge gagne trop bien sa vie ! Et dire qu’il ne le sait pas !
Il y a cette consommation qui ne veut pas reprendre … et dire que les Belges ont tant d’économies, aux dires des banques !
Il y a la santé qui coûte bien trop chère. Tous ces médicaments, tous ces soins et ces examens sont-ils bien nécessaires ?
Il y a une misère qui s’installe, niant le bonheur de l’homme, jusque dans les petites choses de la vie.
Dans le même temps, il y a des riches devenant de plus en plus riches.
Il y a des patrons qui croulent sous des salaires faramineux, alors qu’ils ne seraient rien sans leur personnel.
Il y a ces intérêts notionnels, ces grandes entreprises qui ne paient pas d’impôts.
Il y a encore un train de vie de l’État qui frôle les chiffres de l’impossible, sans que cela ne dérange en rien la classe politique dépensière.
Il y a une famille royale, dont les dotations dépassent de loin les virgules de la décence.
Il y a cette petite fille camerounaise vivant avec sa maman dans un village de chez nous depuis 9 ans. Tout allait bien, jusqu’à ce que l’Administration découvre qu’elles étaient indésirables. Intolérable !
Il y a des banques et un monde financier qui flirtent avec la reprise et qui distribuent des dividendes à ses actionnaires, alors que les frais prélevés sur les comptes des clients restent un mystère.
Bref, il se met en place une société à deux vitesses, que personne ne veut, mais que la réalité façonne au quotidien : ceux qui peuvent et ceux qui n’en peuvent plus !

Jusqu’à quand laisserons-nous, dans nos projets de société, exploser la pauvreté ?
Jusqu’à quand la vue d’un clochard dormant dans le froid de nos rues nous laissera-t-elle indifférents ?
Jusqu’à quand nos villes se contenteront-elles d’un minimum de chambres dans les abris de nuit, pendant que ses frais de festivals, de représentation et que ses  dépenses de prestige s’envolent à la rencontre de la vengeance du ciel ?
Il y a plus d’un demi-siècle, l’abbé Pierre criait sa colère devant l’atrocité de la misère qu’il rencontrait dans la rue.
Il y a quelques décennies, Coluche se lançait dans une opération qui aurait dû nous faire réfléchir. Il lançait le défi des restaurants du cœur qui ne devaient durer qu’un temps. Ils auraient dû devenir un stimulant pour lutter contre la faim et contre la pauvreté. Ils sont devenus une institution indispensable, qui n’hésite pas à retrousser ses manches, pendant que  l’Europe pense retirer l’octroi de ses surplus alimentaires aux associations de terrain et aux banques alimentaires.
STOP, aurions-nous envie de crier face à l’injustice dont ce monde est capable.
Stop à l’égoïsme qui tue ! Stop à l’arrogance des nantis qui semble ignorer la misère qui se cultive à leurs portes.
Stop aux projets de société qui font de l’exclusion, un credo qui se professe sans honte.
Stop à une politique qui ne vit qu’en fonction des émois de la finance, oubliant que l’argent n’est qu’un moyen pour vivre et que l’humain reste le seul projet qui devrait motiver notre vivre ensemble.
Facile à dire, populisme, crieront certains … tant pis pour eux !
Je suis bien obligé de constater que quand il s’agit de sauver une banque, l’État est capable d’efforts énormes.
Quand il s’agit d’ouvrir les frontières à quelques exilés fiscaux, il y a moins de problèmes que pour accueillir une famille qui quitte le désespoir pour oser le pari de l’espérance.
Quand il s’agit de financer le salaire de quelques magnats de l’entreprise, les chiffres annoncés avec fracas sont vite dépassés. Les décideurs ont tellement peur de déplaire aux maître-chanteurs qui s’installent.
Et si, une fois pour toute, nous nous disions que ce projet de société est mauvais, puisqu’il n’est pas au service de l’homme, mais de l’argent ?
Si nous nous disions, une fois pour toute, qu’est venu le temps de changer de personnel politique. Place à des femmes et à des hommes dont l’unique souci est le bien de tous, et spécialement du plus faible. Place à un peu d’idéal, loin des courbes des évolutions de marchés et des cris des chefs des grandes entreprises qui n’en ont jamais assez.
Et si nous laissions les mots de justice, de fraternité, de liberté, de solidarité inspirer enfin nos manières de vivre … peut-être bien que la pauvreté, comme la poussière, quitterait la « maison-terre », laissant place à l’air frais d’un bonheur accessible à tous.
Et s’il s’agissait là d’un autre rêve ?

Guy De Smet (27 février 2014)


- 16 - BIENVENUE AU PAYS DES COCHONS PAYEURS

Deux dernières décisions viennent s’ajouter au bilan pour le moins désastreux du gouvernement qui va bientôt nous quitter. Toutes deux se cachent derrière les meilleures intentions du monde.
La première se faufile derrière une décision qui aurait de quoi nous réjouir.
Nous la devons au fait, peu banal, de la simplification de notre prochaine déclaration d’impôts. Une quarantaine de code vont disparaître cette année. Nous le devons à la suppression de la taxe sur le patrimoine.
Cette taxe ne concerne que ceux qui ont un patrimoine. Elle ne concerne que ceux qui ont les moyens et qui pourrait donc participer à l’effort de redressement économique en fonction de leurs moyens. N’est-ce pas ce qui nous est demandé à tous ? À moins que le fait de « posséder » ne dispense de cette solidarité.
La deuxième décision courageuse de ce gouvernement est à trouver dans la suppression des pièces de 1 et de 2 cents. Cela ne concernera dans un premier temps que les paiements en liquide. L’Union des Classes Moyennes aurait voulu étendre cette mesure au paiement électronique … ce qui ne semble être que partie remise !
Cette mesure fait le bonheur des commerçants. Imaginez que, les pauvres, ils étaient débordés par l’afflux de ces petites pièces … qui les encombraient.
Concrètement, cette mesure permettra aux commerçants d’ "arrondir" le prix  - à la hausse ou à la baisse, en fonction du montant de l’achat.
Ce que l’Union des Classes Moyennes regrette, c’est que le « méchant client » choisira désormais son mode de paiement en fonction du prix. Imaginez que cette race d’humains risque de choisir ce qui lui sera le plus avantageux … scandale !
Il y a pourtant un autre aspect concret qui n’est pas inscrit dans cette décision … et qui deviendra bientôt la pratique courante. Je veux parler de l’inévitable hausse des prix et de l’inévitable dévaluation qui s’en suivra.
Les plus vertueux me répondront que cet effet pervers est impossible. J’imagine même que les astuces du fisc se traduiront durant quelques semaines dans des contrôles. La dernière fois qu’on nous a fait le coup, c’était lors de l’introduction de la nouvelle monnaie de tous nos malheurs : l’Euro.
Il est clair que demain, ce sera une perte de temps d’indiquer le prix accompagné du cent … et pourquoi pas plus. Pour vous en convaincre, consultez vos relevés de comptes, après vos achats !

Et dans un même temps, ce monde politique, jonglant dans l’univers machiavélique du libéralisme économique, inscrit la misère dans le mode de vie de plus d’un de nos concitoyens.
Entre les licenciements économiques, les restructurations d’entreprises, les index de prix bidouillés, les soins de santé inaccessibles à certains plus démunis … que d’hommes et de femmes laissés pour compte.
Entre ceux qui cherchent un emploi sans en trouver et ceux que l’on radie du chômage … que d’hommes et de femmes pour qui les portes de l’avenir sont désormais fermées.
Ces mesures ont dû être prises, le gouvernement les regrette, selon les propos du Premier-ministre, pour le bien de tous. Il va même plus loin. Il demande « qu’on le comprenne ». Le « Pauvre », représentant d’un parti sensé défendre les classes les plus faibles, a dû engager des accords avec d’autres partis, battus lors des dernières élections. Ces derniers représentaient la finance et le monde de l’argent.
Le comprendre … mais comment le dire à cet ouvrier d’Arcelor-Mittal qui voyait l’avenir en rose, qui avait engagé des prêts pour construire son avenir et qui voit tout s’écrouler au nom « d’accords » sordides avec quelques patrons véreux qui ne sont venus chercher chez nous que des avantages qui leur étaient offerts sur des plateaux d’argent ?
Le comprendre … mais comment le demander à des familles qui croulent sous les taxes et sous les hausses de prix … et qui demain devront se contenter des « arrondissements » de montants, au nom de la suppression de ce malheureux petit cent, dont plus d’un aimerait être « encombré » ?
Le comprendre … mais comment l’attendre de cet homme ou de cette femme, qui après des années de recherche d’un emploi, va connaître l’humiliation d’une radiation des droits au chômage ?
Le comprendre … mais comment oser le demander à quelqu’un dont le seul horizon est la misère d’une aide du CPAS, qui clame déjà, haut et fort, que l’effort budgétaire sera trop grand ?
Que d’hommes et de femmes ont envie de lui répondre : « mais va te faire voir avec tes accords qui ont sacrifié toute une partie de la population ! »

Pendant ce temps, nous venons d’assister, impuissants, au triste spectacle de la visite des présidents américain et chinois.
Ce qui choque, ce n’est pas seulement leur visite … même si (Droits de l’homme …)…
Ce qui choque c’est le montant déboursé pour assurer ces visites d’État. En avions-nous les moyens … si oui, pourquoi n’y a-t-il pas d’argent quand il s’agit des besoins du peuple ?
Nous venons aussi d’assister à l’épisode pathétique de l’arrivée des pandas sur le sol belge. Tout comme Monsieur Di Rupo, nous aimons les pandas … mais ne faillait-il pas mesure garder ?
Une telle débauche d’énergie et d’argent pour améliorer les bénéfices d’un parc animalier privé … était-ce bien judicieux ?
Nous pourrions y ajouter la gestion de l’énergie, celle du réseau routier, j’en passe et de bien plus sournoises !
Pendant ce temps, n’en déplaise aux accusations de populisme, il nous faut bien constater que certains, profitant du système et de la crise s’enrichissent. D’autres voient les portes se fermer, au nom d’une pauvreté qui s’installe largement.
Pendant ce temps, le pouvoir d’achat de la population ne cesse de s’effriter.
Pendant ce temps un désaveu et un désintérêt face à la classe politique s’installe, laissant le champ libre à la montée de tous les extrêmes. La France vient de nous en donner le spectacle !
Pendant ce temps … il est venu le temps de ne plus vouloir comprendre : « trop is te veel ! »
Il est venu le temps d’en avoir assez de vivre dans un pays dans lequel il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade.
À bon entendeur, salut !

Guy De Smet (29 mars 2014)


- 17 -  LETTRE OUVERTE AUX CANDIDATS AU POUVOIR

Nous voici à quelques semaines des élections … et le moindre que l’on puisse dire, c’est que cela ne semble intéresser personne.
Les médias nous aveuglent de sondages …
Les partis se contorsionnent dans des projets de coalition, avant même que le citoyen se soit exprimé …
Les hommes et les femmes politiques de tous bords s’encensent, fiers de leurs bilans … espérant bien un strapontin pour s’épanouir politiquement et asseoir leur carrière.
Il est de bon ton de jeter des anathèmes, de stigmatiser des peurs issues de choix estimés dangereux, de proposer des programmes tellement éloignés des manières de s’exprimer des citoyens.
Ceux qui étaient au pouvoir, parfois depuis très longtemps, nous promettent enfin des solutions qu’ils tenaient apparemment en réserve, nous permettant enfin de vivre mieux. Pourquoi ne l’avaient-ils pas fait avant ?
De nouveaux partis se présentent sur la scène, promettant à leur tour la fin des cauchemars et des échecs politiques, dont nous sommes les victimes. Nous connaissons les effets de leurs errements environnementaux et d’autres.
Et pourquoi pas, puisque le vote est obligatoire !

Pendant ce temps, un chômeur marche de Torgny à Knokke, après quatre années de chômage et de honte, espérant enfin décrocher l’emploi tant attendu.
Pendant ce temps-là, des hommes et des femmes s’apprêtent à être rayés des créneaux de la solidarité, parce qu’un jour des partis au pouvoir ont dû négocier des accords et faire des concessions.
Pendant ce temps-là, il est question d’une baisse de la TVA sur l’électricité, pendant que dans le même temps ne se répercute sur la facture l’incompétence de quelques responsables en mal de certificats verts.
Pendant ce temps-là des hommes et des femmes ont fait de la noirceur de l’austérité leur quotidien. Les fins de mois restent difficiles, les soins de santé restent hors prix, les frais bancaires restent une source de rancœur, les impôts ne cessent de croître pour certains, alors que les portes d’un paradis fiscal s’ouvrent pour d’autres.
Pendant ce temps-là se met en place une société à deux vitesses. Il y a d’une part celles et ceux à qui la crise réussit et qui profitent à l’aise des errements d’un système économique et financier dépassé. Il y a d’autres part celles et ceux qui s’ancrent dans la précarité, parfois même dans la misère, sans que cela ne semble intéresser quelqu’un.
Populisme ou triste constat d’une réalité ? Les faits ne sont-ils pas parlants par eux-mêmes ? Au peuple d’en juger !

Le monde politique, à travers la voix de notre premier-ministre nous demande de le comprendre. La situation est difficile, la reprise arrive … on ne sait pas trop sur quel quai … Il nous faut être patient et attendre ! Blabla blabla blabla …
Et s’il était devenu trop tard pour quémander une compréhension ?
Et s’il était venu le temps de laisser là l’autisme politique et la particratie pour rendre le pouvoir au peuple, qui selon les termes de notre Constitution est le seul Souverain ?
Et s’il était venu le temps de dire « stop » à tous ces prometteurs de bonjour qui ne cessent de parler d’un « grand soir », d’un renouveau … sans en laisser le moindre signe tangible ?
Et s’il était temps de dire « non » à tous ces fonctionnaires de la politique qui font carrière, parce que papa l’a fait ?

Mesdames, messieurs les candidats, aujourd’hui le peuple a faim.
Il a faim de dignité. Il a faim de travail. Il a faim de fins de mois accessibles. Il a faim de respect, de compréhension et d’écoute.
Il a besoin d’avenir. Il a besoin de raisons de croire en la beauté de la vie et dans les possibilités de son quotidien.
Il rêve de paix, de justice, de solidarité, de lendemains qui chantent. Pour y arriver, il offre ses talents, ses compétences, ses mains et son cœur.
Vous n’avez pas le droit de vous contenter de l’inviter à manger ou encore de produire plus d’efforts pour y arriver.
Il est temps de quitter vos bureaux, vos carrières, vos écrans virtuels, vos projets pavés de bonnes intentions pour aller à la rencontre vraie de ceux qui attendent encore quelque chose de vous.
Il est temps de laisser là vos certitudes, vos projets économiques et politiques dépassés pour vous mettre à l’écoute permanente des victimes de vos décisions, ce peuple, à qui vous réclamez des voix.
Il est temps de bâtir des projets de société dont personne ne soit exclu, mais où chacun peut apporter sa diversité, loin des fanatismes qui tuent et des enfermements qui sont autant de négation de la grandeur de l’être humain. Il n’est plus possible de laisser quelqu’un, aussi défiguré soit-il, sur le bord du chemin.

Pour faire vos listes, vous avez respecté des critères : autant d’hommes que de femmes … et si vous respectiez aussi les critères de l’honnêteté et de la compétence.
Vous savez tellement bien vous mettre à l’écoute des agences de notation, des indices boursiers ou des états d’âme des banquiers !
Pourquoi ne vous mettriez-vous pas, enfin, à l’écoute du peuple qui, loin de vos grandes idées, n’a que son visage et ses yeux pour vous séduire ?
C’est pourtant de cela seul que dépendra la construction d’une vraie démocratie, tellement éloignée des caricatures que vous nous en proposez.
Méditez longuement les résultats des dernières élections municipales françaises et, entre autre le taux d’abstention !
Vous nous avez déjà tellement de fois entubés … que maintenant nous vous disons, comme un ultimatum : « Ça suffit ! »

Guy De Smet (15 avril 2014)


- 18 -  LES GENDARMES DU MONDE

Un incident grave vient de secouer l’univers des prisons aux États-Unis. Il ne fait pourtant pas la une de l’actualité, comme pourrait le faire un tel événement dans un autre pays. Il est des situations qu’il semble intéressant de montrer du doigt … allez savoir pourquoi !
« L'exécution d'un détenu américain s'est mal déroulée, mardi soir en Oklahoma, conduisant au report immédiat d'une deuxième exécution prévue deux heures plus tard ». Les autorités précisent : « Le condamné est mort d'une "importante crise cardiaque » à 19H06 (00h23), soit 43 minutes après le début de l'injection. Le directeur a immédiatement décrété le report de 14 jours de l'exécution de Charles Warner, qui était prévue à 20H00 (01H00 GMT mercredi), a-t-il encore indiqué » (RTL infos 30/04/2014)

Certes, la loi devait être appliquée !
Certes, le crime ne pouvait rester impuni !
Certes, la victime devait être rencontrée dans le drame qui l’a anéantie !
Puisque la sanction était la peine de mort, elle devait être appliquée … mais au moins on devrait pouvoir assurer cette sale besogne de manière professionnelle … et la réussir, sans s’étaler dans une bestialité qui fait honte.

Les États-Unis nous étonneront toujours !
Nous les découvrons sur tous les terrains du jeu de la violence dont les hommes sont capables.
Nous les trouvons en Afghanistan, comme hier en Irak.
Nous les découvrons aux manettes d’un processus de paix en Israël, avec l’échec qu’on y vit au quotidien.
Nous les entendons prononcer leurs menaces face à la Russie, dans ce conflit qui couve en Ukraine. Ce faisant, ils ne cessent d’attiser un feu justifié par les intérêts de l’Occident, plus que par l’avenir d’un peuple et d’une paix mondiale.
Nous les surprenons aux écoutes des ondes, niant les droits des peuples et des personnes à une indépendance et une liberté de penser.
Ils refusent minablement l’accès à leur pays à une femme française, jeune mariée en voyage de noces, originaire de Serbie. Son seul crime est de s’appeller « Alic Aïda », la confondant avec une organisation terroriste qui a pu faire trembler l’Oncle Sam.
Cette « grande nation » se permet d’avoir des états d’âme sur le fonctionnement d’États souverains.
Elle se permet d’imposer ses crédos économiques et financiers, semant le trouble  et la crise auprès de familles entières qui n’ont rien demandé.
Elle se permet d’intervenir dans des pays qu’elle estime stratégiques pour ses intérêts géopolitiques.
Elle ose même le faire au nom "des droits de l’Homme", oubliant de les appliquer à l’intérieur de ses frontières.
Non seulement, cette « grande nation », symbole de nos démocraties, se permet d’agir de cette manière, mais en plus, nous lui signons un chèque en blanc.
Souvenez-vous : 1944 … le débarquement en Normandie … la paix revenue en Europe.
Désormais, tout semble possible à la bannière étoilée, au nom d’une dette que nous ne cessons de payer cash.
Nous lui donnons le droit de colorer les manières d’être de nos pays.
Nous lui donnons le droit de nous empoisonner par ses boissons nuisibles et énergisantes, par sa "mal bouffe", fleurons de sa gastronomie ou d’autre chose commençant pas "gastro".
Nous lui donnons les droits d’envahir nos écrans de télévision et de cinéma par leurs séries médiocres et stupides.
Nous lui donnons le droit de nous octroyer des notes, fixant nos économies dans des récessions et des crises qui lui profitent.
Nous lui donnons le droit de fixer elle-même les normes d’un catalogue créant la respectabilité de nations souveraines et de leur gestion des droits de l’Homme.
Et pendant ce temps, ils sont dans l’incapacité d’appliquer de manière "propre" une sanction qui semble les dépasser.

Il n’est pas dans mon propos d’entrer dans un débat sur le bien-fondé de la peine de mort … même si j’ai bien quelques idées sur la question … et non seulement des idées, mais encore des impossibilités de conscience.
J’ai simplement envie de crier à cette "grande nation" : stop !
Avant d’exiger une propreté morale et politique d’autres pays, commencez par vous l’appliquer et par balayer devant votre porte.
Avant de vous faire les champions de la défense des libertés, commencez par vous lancer dans un examen de conscience au nom de votre histoire et au nom de votre mépris de l’être humain.
Avant de vous considérer comme les gendarmes du monde, apprenez à devenir des partenaires crédibles, capables de respecter l’autre dans ce qu’il est, dans sa culture et dans ce qu’il vit. Cessez d’imposer ce modèle américain, dont nous voyons, avec consternation, les limites !
Ce qui vient de se passer dans l’obscurité de vos prisons – ce n’est pas la première fois ! – jette sur vous une chape de honte et de mépris.
Ce qui vient de se dire dans les cris de cet homme que vous avez "raté", rejoint les milliers de victimes qui, à travers le monde, croulent sous l’orgueil de votre bannière qui jamais ne touche le sol.
Ce qui vient de se vivre dans les errements de votre notion de justice vous relègue au rang des criminels que vous voulez sanctionner.

Il est des jours où il vaut mieux cacher des fiertés mal placées, comme celle de vouloir se placer au fronton de nos manières d’être et de penser.

Guy De Smet (30 avril 2014)


- 19 -  NAUSEABOND

Depuis quelques jours, la presse de cesse de nous suggérer le lancement de la campagne électorale dans notre pays.
Elle nous propose des débats à l’heure de l’apéritif, ne risquant en rien de titiller le moindre intérêt.
Elle met sur pied des campagnes de « votomaton » qui s’affichent de villes en villes, comme le font les cirques qui veulent capter notre intérêt.
Elle nous incite à des sondages, à des jeux pour nous aider à nous rapprocher des candidats et des partis.
La presse se présenterait-elle aux suffrages ?

Où sont passés les candidats ?
Il y a peu de débats de fond, peu de présentations de programmes … comme si tout cela ne concernait pas l’électeur … à moins qu’il ne soit pas capable de comprendre.
Il y a bien l’un ou l’autre tract électoral qui vient encombrer nos boîtes aux lettres. Leur but semble être de nous prendre la main pour marquer le bulletin d’un point rouge.
Il y a bien l’une au l’autre affiche sauvage qui vient enlaidir le paysage, sans que nous sachions pour autant qui est ce visage et quelles sont ses idées.
Il y a bien des supputations sur le nombre de citoyens qui n’iront pas voter ou qui émettront un votre blanc ou nul.

La seule chose que nous savons, parce que nous la vivons au quotidien, c’est que la crise frappe une grosse partie de la population.
Ce que nous savons, c’est que certaines familles connaissent des fins de mois difficiles.
Ce que nous savons, c’est que le chômage fait des ravages dans les différentes classes de la population … mais, il paraît que nous devons comprendre !
Ce que nous constatons, ce sont les délocalisations d’entreprises, les promesses farfelues du monde financier et économique. Comme Sœur Anne, nous ne les voyons d’ailleurs pas venir !
Les jeunes ont peur pour leur avenir, les vieux ont peur pour leur retraite, les organisations de défense des travailleurs tirent des sonnettes d’alarme, des économistes se font les prophètes d’un lendemain noir, si nous poursuivons sur la lancée …
Et les candidats semblent ne pas entendre !
Quand ils parlent, ils font naître des peurs liées au vote. Ils agitent des spectres qui mettraient en danger la démocratie. Ils justifient leurs différentes politiques qui depuis des décennies sont aux manettes du pouvoir, nous entraînant vers des projets sans espérance.
Quand ils s’expriment, ils nous inondent d’idées de coalitions post-électorales, sans aucune idée de décence face au respect de l’expression de la volonté du citoyen. Ce faisant, une chose est sûre : ils savent déjà qu’ils seront réélus et que demain ils pourront poursuivre leur carrière.
Face à tous les problèmes de fond qui façonnent le quotidien des hommes et des femmes, des familles de ce pays, ils nous ont massacrés durant des semaines avec le survol de Bruxelles par les avions. À croire qu’il n’y a que cela qui empoisonne nos existences !
Quand ils se sentent impuissants face aux détresses de pans entiers de la population, ils se réfugient derrière l’épouvantail communautaire qui n’a cessé de faire l’opportunité sur laquelle ils aiment surfer.

Ce que je relève dans cette pseudo campagne électorale, c’est le mépris affiché de celles et de ceux qui vont solliciter nos suffrages.
Il ne leur semble même pas nécessaire d’aller à la rencontre des citoyens, de celles et de ceux qui n’ont pas internet pour consulter leurs sites.
Il ne leur semble même pas utile de se mettre à l’écoute de celles et de ceux qui n’ont pas les moyens de fréquenter les marchés sur lesquels ils aiment tant se pavaner.
Il ne leur semble pas possible de parler la langue de l’électeur.
Ils nous demanderaient presque de signer un chèque en blanc, sûrs qu’avec eux comme guides de nos destinées – notre avenir – serait en de bonnes mains. Déni, quand tu nous tiens !
Ce sera donc un mois de "serrage de mains" et quatre ans d’autisme ! À moins que …

Citoyens, si nous nous réveillions ?
Si nous décidions de ne plus nous contenter de promesses, oubliées le lendemain des élections ?
Si nous exigions d’être écoutés et confrontés à des projets crédibles et chiffrés ?
Si nous indiquions notre volonté d’être rejoints dans ce qui obscurcit nos quotidiens, au nom de l’âpreté d’une économie et d’un jeu financier qui profitent à quelques-uns ?
Si nous expliquions qu’avant de se comporter en observateurs des démocraties étrangères, il serait bien d’en devenir des acteurs chez nous ?
Si nous leur indiquions, qu’une voix, cela se respecte et cela se mérite. Le dialogue avec le citoyen est permanent. Ceux qui réclament le pouvoir ont des comptes à rendre !
Aujourd’hui, la politique est décriée, elle est souvent salie … À qui la faute ?
Aujourd’hui, dans les pays qui nous entourent, les extrêmes s’affichent et semblent devenir fréquentables … Qui en fut le stimulant ?
Aujourd’hui, une élection est à notre porte … que serait l’avenir des candidats, sans la conscience des électeurs ?
Résultats : fin mai !

Guy De Smet (30 avril 2014


- 20 -  PARDON

En ce dernier dimanche d’avril, l’Église catholique vient de vivre un événement qui a mobilisé toutes ses énergies.
Des foules entières se sont rassemblées à Rome pour vivre, au plus près, les canonisations de Jean XXIII et de Jean-Paul II.
En soi, rien d’exceptionnel … Si ce n’est que, pour une fois, l’Église semble être sortie de sa prudence légendaire.
Canoniser un personnage est une démarche délicate qui a toujours été mise à l’épreuve du temps. C’est souvent au terme d’un long et lent processus que les qualités humaines et chrétiennes de quelqu’un sont présentées comme un modèle à la communauté toute entière.
Être reconnu saint, c’est être devenu transparent à la Parole, au message et à la Lumière d’un Dieu qui ne cesse de cheminer avec l’humanité sur les routes de la terre. Il est donc aisé de comprendre l’importance d’une longue réflexion et d’une prière inspirée, avant de se prononcer sur le caractère précieux de quelqu’un.
D’autre part, le Droit Canon, ce règlement intérieur que l’Église s’est donné, fixe des règles très strictes pour appuyer une démarche de canonisation. Il faut un certain nombre de faits et de miracles pour authentifier une vie aux yeux de Dieu et des hommes. Il nous faut y lire un signe de la sagesse séculaire qui a accompagné la manière d’être de l’Église … et nous ne pouvons que nous en réjouir.

Dans le cas de cette dernière canonisation, trois choses étonnent et interpellent : les conditions du Droit Canon n’ont pas été respectées. Ainsi, le critère du nombre des miracles exigés n’a pas été respecté. De plus, l’importance d’un procès étalé dans le temps n’a pas semblé nécessaire.
L’Église semble œuvrer sous la pression populaire, et entre autre sous la pression de quelques communautés qui ont fait de l’héritage de Jean-Paul II une poule aux œufs d’or non négligeable. J’ai en tête cet avis d’un de mes professeurs de Morale qui nous rappelait régulièrement de nous questionner face à un événement : à qui profite le crime ?
Le bon Pape Jean – Jean XXIII – a, à son actif d’avoir réuni le Concile Vatican II, dans les années 1960. Il faisait ainsi preuve d’une ouverture exceptionnelle de l’Église au monde. Cette qualité reconnue s’ajoutait à une autre – que partagent bien des chrétiens anonymes – il était le reflet de la bonté de Dieu.
Jean-Paul II, quant à lui, est ce Pape exceptionnel qui nous est venu de la lointaine Pologne qui a marqué toute une génération.
Il restera de lui l’envie d’ouvrir les portes de l’Église aux jeunes en leur proposant l’idée d’une nouvelle évangélisation. Elle allait se distiller à travers l’aventure des JMJ,  ce déploiement d’énergies évangéliques confortant l’existence et le succès de quelques communautés nouvelles. Ce mouvement ne s’adresserait d’ailleurs qu’aux jeunes venant de milieux pouvant se permettre ce genre de voyage ou d’autres encore qui s’étaient laissés séduire, mais pour qui les finances n’étaient pas évidentes.
Cela devait conduire à une nouvelle civilisation de l’Amour qui se sème, jusqu’à aujourd’hui.
Il restera de lui le bouleversement géopolitique du monde. Les murs entre les idéologies semblaient s’écrouler. Le communisme devenait un concept d’un autre temps.
Il restera de lui une clarté théologique et morale qui ne devait pas créer l’unanimité autour de son discours et autour de ses prises de positions.

Pour certains, c’était une bonne chose : on savait enfin ce que pensait et ce que voulait l’Église, trouvant souvent dans le passé des raisons de conforter l’aujourd’hui de la Foi.
Pour d’autres, ce langage "bulldozer" serait une source de questionnement et de mal être au sein d’une Église noyée dans le matérialisme ambiant.
Seulement quelques années après sa mort, sous la pression d’une foule enthousiaste ou bien manipulée (c’est selon), il allait devenir un saint : « Subito Santo ».
Allait se construire une « papolatrie » et un culte de la personnalité qui allait devenir  une « JPII mania », faisant d’un phare, l’éblouissement d’une étoile.
Allait se créer une expression musicale et théâtrale mettant en avant cet homme, dont la seule mission était d’annoncer l’alternative de l’amour de Dieu. Lui était capable de transformer les relations entre les hommes. Et s’il n’avait fait que son devoir, rejoignant la sainteté de tant d’anonymes qui ne suscitent pas nos enthousiasmes ?
Le Pape François aura souhaité lier les deux personnages pour mettre en avant le signe qu’ils étaient. À leur manière, ils avaient été des relais de l’ouverture de l’Église au monde. Ils avaient été les icônes représentant le Concile Vatican II.
Belle occasion de créer un événement d’Église … mais pourquoi le faire en sacrifiant la sagesse légendaire de l’Église ?

Jean XXIII et Jean-Paul II, s’ils étaient des personnages charismatiques qui ont marqué leurs époques n’ont pas suscité que des élans de sympathie. Cela me semble impossible à ignorer, en ces jours d’euphorie papale.
Ces deux nouveaux saints font naître chez moi des cris de demande de pardon.
Pardon à vous qui n’avez pas compris les élans du Concile Vatican II. À travers les mises en place des modalités nées de ce Concile, vous vous êtes sentis blessés dans vos convictions. Vous avez vécu la destruction d’un monde et de valeurs qui vous guidaient. Vous n’avez pas eu droit à une explication respectueuse de la nécessité d’un changement, sous peine d’être largués par un monde qui n’allait plus vous comprendre et souvent vous rejeter.
Pardon à vous, toutes ces victimes morales  et sociétales issues des prises de position de Jean-Paul II.
Oui, pardon à vous qui avez été jugés au nom de l’usage du préservatif, vous culpabilisant face aux défis d’un monde hyper-sexué. Pardon pour cette non-assistance à personne en danger !
Pardon à vous les victimes du Sida, qui ployant sous les diktats d’une certaine morale sexuelle, avez contracté ce virus qui vous a condamnés, et avez vécu dans le rejet et dans l’isolement.
Pardon à vous, qui avez été catalogués et étiquetés dans des sexualités différentes. Vous avez été jugés et condamnés pour ce que vous viviez sans l’avoir choisi. Vous avez été montré du doigt au nom de votre soif d’égalité et de vos envies de vivre votre bonheur au grand jour. L’homophobie et d’autres cancers vous ont été imposés au nom d’une morale s’enfermant dans sa bonne conscience gratuite. Vous avez été considérés comme des "terroristes", mettant en cause les base de notre société.
Pardon à vous qui êtes morts, sans être entourés, simplement, parce qu’un guide, qui par ailleurs savait ouvrir les bras et son cœur, avait émis des considérations vous pistant vers une disparition pure et simple. Que de sang dans les mains au nom de l’intolérance morale !
Pardon à vous qui avez été victimes de la vague pédophile qui a ravagé l’Église. Il ne fallait pas en parler pour éviter le scandale. Que de réveils pénibles, entre autre, parmi les Légionnaires du Christ, cette communauté voulue par Jean-Paul II. Ils ont eu à subir les assauts de quelques « malades » au nom de leur idéal et de leur quête de vérité … et cela en toute naïveté
Pardon à vous les divorcés remariés et à toutes les autres victimes de la morale de la chambre à coucher. Le droit au bonheur et à la communion vous a été nié, simplement parce que l’échec s’est un jour implanté dans vos existences. Est-ce cela qu’aurait fait Jésus-Christ ? Est-ce là le soutien de l’Évangile ?

Ce dernier dimanche d'avril, s’il est le jour où l’Église célèbre la Divine miséricorde gardera le goût amer de canonisations qui aurait mérité l’épreuve de l’Histoire.
Et si cette bonté de Dieu s’adressait en priorité à vous, les sujets de nos pardons ?

Guy De Smet (30 avril 2014)


- 21 -  FIN DE LA RÉCRÉATION ?

Il y a du neuf dans la cour du néo-libéralisme.
C’est ce que viennent de démontrer, d’une manière retentissante, les salariés du groupe français Peugeot.
La presse nous apprend ce matin, que des membres du personnel de différents sites du groupe se sont regroupés pour offrir leurs misérables primes aux Restaurants du cœur de Paris. Cela fait, quand même près de 6.000 euros qui viennent ainsi d’être mis à la disposition de la solidarité du mouvement de Coluche.
Ainsi, plus de 500 salariés, choqués par le montant ridicule de leurs primes (entre 40 centimes et 18 euros !), ont décidé d’unir les piécettes reçues pour en faire profiter d’autres, plus démunis.
Dans le même temps, tous apprenaient le montant du salaire du nouveau patron de la firme : 13 millions d’euros brut, auquel il fallait ajouter quelques autres avantages.
Dans le même temps, les actionnaires de PSA viennent de toucher 100 millions d’euros de prime, grâce à une augmentation du capital, permettant l’entrée dans l’actionnariat de nouveaux partenaires : l’État et la Chine (Terre bénie des droits de l’Homme).
À cette honte s’ajoute la crainte du personnel du groupe liée à la délocalisation de l’outil de production vers la Chine. Cette dernière est un marché juteux offert au fantasme des capitalistes de tous bords.

Depuis des années, des hommes et des femmes vivent sous la menace d’une perte d’emploi, au nom des critères de la compétitivité et de la rentabilité.
Depuis des années, ce groupe industriel, comme d’autres, dénonce le scandale lié à des frais et des taxes trop élevés. Le travailleur coûte trop cher, alors que ces nouveaux marchés sont nettement plus porteurs d’avenir. Les coûts salariaux y sont moindres et la flexibilité de l’emploi ne s’y discute pas.
Depuis des années, l’État se rend complice d’une course à la compétitivité qui se fait au mépris des lois sociales les plus élémentaires.

Aujourd’hui, le monde du travail commence à se rebeller. La résignation à son sort n’est plus une fatalité qui s’impose.
Aujourd’hui les travailleurs se mobilisent. Ils descendent dans la rue. Ils bloquent l’activité. Ils informent l’opinion sur leur désarroi. Ils séquestrent, si nécessaire, les décideurs. Les temps changeraient-ils dans le monde du travail ?

Si oui, nous ne pouvons que nous en réjouir.
La course à l’argent et au profit, c’est une chose, le respect de la dignité de tout homme, c’est autre chose.
Notre société s’est construite sur la valeur de l’argent. Ceux qui sont placés au fronton de la réussite, ce sont ceux qui investissent. Leurs moyens financiers sont devenus des armes d’exploitation.
L’argent est devenu le seul critère de valeur qui ait droit d’expression, créant des riches toujours plus riches, d’une part et des pauvres, toujours plus pauvres d’autre part.
Nos dirigeants sont à l’affût de leur moindre souffle, à l’écoute de leur moindre besoins, allant jusqu’à créer des intérêts fictifs et notionnels … si cela vient en aide aux amis.
Les notations d’agences, les courbes des marchés boursiers, les émois de la banque sont comme autant de signes qui méritent toute l’attention des responsables : ce qui compte, c’est le marché, peu importe l’homme qui le subit !

Il y a quelques décennies, le cri de rassemblement des travailleurs était : « Prolétaires de tous pays, unissez-vous ». Cela allait donner corps à l’aventure syndicale qui a contribué au bon développement de notre société.
Il serait injuste de nier l’importance de tous ces combats. Leur utilité était à la dimension du besoin  de reconnaissance de la dignité de celui qui n’a que ses bras et ses jambes pour travailler.
Relisez les pages du combat ouvrier au début du 20ème siècle pour en découvrir l’importance et l’urgence.
Relisez les pages de l’actualité économique pour y lire les signes de la nécessité d’une vigilance qui ne se relâche pas.

Aujourd’hui est venu le temps de dire « stop » à l’arrogance du monde du capital.
Il est venu le temps de lui signifier qu’il n’est rien sans le travail humble et efficace d’hommes et de femmes de la base.
Ils ne sont pas là que pour accroître un capital qui sera partagé entre quelques nantis.
Ils ne sont pas là que pour subir des conditions de travail et de stress qui rappellent l’époque révolue de l’esclavage.
Ils ne sont pas là que pour être le jouet de quelques investisseurs mafieux en mal d’investissement et de quête de profits.
Ils ont droit à la dignité. Ils sont des êtres humains faits de chair et de sang, d’émotions et de rêves … cela se respecte !
Ils ont droit à la reconnaissance de leur travail, sans lequel, le capital ne serait rien. Il y a beau y avoir des actionnaires financiers, s’ils n’y a pas des bras et des intelligences pour faire fructifier l’apport d’argent, cela ne mènerait nulle part.
Ils ont droit à un travail et à un avenir, loin des jeux de la spéculation et d’une avarice morbide qui rêve de toujours posséder plus.
Plus d’un économiste tire la sonnette d’alarme.
Les grandes heures du néo-libéralisme sont dépassées. « Le monde de la finance est mon ennemi », dira un président de la République française.
Il ne semble plus possible aujourd’hui de bâtir un projet économique sans y lier d’office l’aspect social … sous peine d’une révolution qui gronde déjà dans les cœurs.
Il n’est plus possible de se contenter aujourd’hui du mépris des plus faibles, comme les chercheurs d’emploi, les jeunes, les vieux, les femmes … ils finiront bien par se rebeller, par s’unir et par casser cette société dont ils n’ont rien à attendre.

Et si nous chantions aujourd’hui : « Hommes de bonne volonté de tous pays, unissez-vous ! »
Une planète est à harmoniser, une société est à construire, de nouvelles valeurs sont à découvrir, pour que l’homme soit plus homme, pour que le bonheur soit accessible à tous.
Une alliance entre le monde du travail et le monde de l’argent est à construire, la fin d’une récréation doit être sonnée, pour que chaque être humain puisse enfin vivre de ce qu’il est et de ce qu’il apporte.
Et si le concept de « marché » disparaissait pour laisser place à celui « d’humanité » ?
Merci à vous les travailleurs de PSA, quelle grandeur d’âme, tellement éloignée de la cupidité de celles et de ceux qui vous dirigent !

Guy De Smet (30 avril 2014)


- 22 - J’ACCUSE !

Un mot très difficile à entendre ! Emile Zola en faisait le thème d’une lettre ouverte qu’il adressait au président de la République française, lors de la sinistre affaire Dreyfus.
Je voudrais me l’approprier aujourd’hui face à un fait divers qui a été largement commenté dans notre région, ces jours-ci. Un fait divers qui devant nos yeux sera bien vite remplacé par un autre !
Une maman jamboise noie ses deux enfants de 2 et 6 ans, dans des conditions qui ne relèvent que du sordide.
C’est toute une famille qui est détruite. C’est tout un quartier qui est en émoi, c’est toute une région qui ne comprend pas que cela puisse arriver chez nous.
Rien ne peut justifier un tel acte et c’est donc, avec résignation, que nous assistons au bon déroulement de la justice.
Lors d’une conférence de presse le Parquet va à la rencontre de l’attente du public pour proposer une première analyse des événements.
Nous apprenons les circonstances de cet infanticide. Nous en découvrons un peu plus sur le milieu social dans lequel tout cela se passe : le papa vient de perdre son emploi, la maman est au chômage depuis trois ans, sans aucun espoir à l’horizon … Détresse  psychologique, instant de folie … rien ne justifiera jamais que la vie de deux enfants ait été supprimée. La Justice doit faire son œuvre !

Le bourgmestre de Namur commente, comme il se doit : "C'est quelque chose qui glace le sang. Un infanticide de deux jeunes enfants, c'est toujours quelque chose d'effroyable. Ça émeut toute la communauté namuroise et bien au-delà". On n’en attendait pas moins du premier citoyen de la ville, qui, le même jour, faisait entrer sa ville dans le casino de la Bourse !
Plus d’un diront – et peut-être, à juste titre – Il a bien parlé … Il n’a fait que son devoir.

Ce qui me reste pourtant en travers de la gorge, c’est l’avenir brisé de deux enfants, le gouffre dans lequel s’enfonce une famille …
Ce qui me reste en travers de la gorge, ce sont les circonstances de ce drame. Pour nous les placer devant les yeux, je laisse la parole au Parquet : « cela faisait trois années que cette mère de famille sans emploi mûrissait son geste. Elle se sentait de plus en plus angoissée pour l'avenir de sa famille et donc de ses enfants. Une angoisse alimentée par une insécurité financière grandissante. Son époux venait en effet de perdre récemment son emploi et s'est retrouvé au chômage. Elle, pour sa part, n'avait aucun revenu. Samedi après-midi, et non dimanche comme supposé préalablement, la jeune femme de 27 ans est passée à l'acte ».
La première chose que je retire de cette déclaration, c’est l’âge de la femme, qui sera à jamais confondue avec son acte : elle a 27 ans. C’est l’âge où tout devrait sourire. C’est l’âge des projets, des visions d’avenir. C’est l’âge des premiers pas dans le monde des responsabilités. C’est l’âge d’un besoin de reconnaissance et d’épanouissement.
Non seulement, c’est une femme, mais c’est une maman ! Ces enfants qu’elle vient de noyer, elle les a portés durant neuf mois. Elle a dû se réjouir de leur naissance. Elle a certainement été à l’écoute de ce qu’ils étaient et de ce qu’ils vivaient. La seule chose que l’on sait, parce qu’elle s’est confiée, c’est son angoisse face à l’avenir de sa famille et de ses enfants … à cause d’une énorme détresse financière.
Une autre chose que je retiens des mots du Parquet, c’est l’éclairage apporté à la situation qu’elle vivait.
Elle n’avait pas d’emploi, depuis trois ans ! Trois ans d’inutilité. Trois ans d’exclusion des joies et des espoirs d’une société. Trois ans de galère qui finissent par anéantir ce qu’il y a de meilleur dans le cœur de l’être humain.
Qu’allait-elle devenir ? Qu’allait devenir sa famille ? Qu’avait-elle à proposer à ses enfants, confrontés aux envies et aux désirs de tous les enfants ?
Nous apprenons aussi que son mari venait, lui aussi, de perdre son emploi. Lui aussi se retrouvait au chômage, rejoignant ce peuple que Victor Hugo décrit si bien dans son célèbre roman « Les misérables ».
De cette misère sociale, ancrée depuis trois ans, coulait une insécurité financière, qui ne se calculait plus en nuits blanches, mais en terreur au quotidien.
J’imagine l’angoisse, chaque matin, de voir surgir au coin de la rue le facteur, porteur de toutes ces factures auxquelles il sera impossible de faire face.
J’imagine l’angoisse, face aux frais de chauffage, d’électricité, d’eau …
J’imagine les fins de mois difficiles, commençant déjà au début de la période …
J’imagine les refus qui font mal au cœur face à ces enfants qui ne comprennent pas.
J’imagine la terreur de devoir envisager un repas, alors que les réserves sont épuisées.
J’imagine la peur face à une expulsion et face à l’incertitude vécue au quotidien …
L’imaginer, c’est une chose … vivre cette angoisse, c’est autre chose !
Et cela n’excuse rien !

Si la mission de la Justice, ce sera d’accuser cette femme pour le sang-froid de son acte et pour l’effroyable qu’elle a semé, moi aussi j’accuse !
J’accuse cette société à genoux devant le dieu argent, au point d’en faire le guide de ses projets de société et de ses critères de réussites.
J’accuse les néo-libéraux de tous bords – de gauche, comme de droite - de créer la misère au nom de la compétitivité et de la rentabilité.
J’accuse ces détenteurs de pouvoir capables d’organiser la chasse à la fraude sociale et tellement larmoyants face à une taxation sur les opérations spéculatives.
J’accuse tous ces charlatans économiques qui n’hésitent pas à écraser l’homme au nom du bénéfice d’entreprises et du « boursicotage » de quelques nantis.
J’accuse ces présidents de partis qui parlent de quelques millions engloutis dans des aberrations de mandats ou encore administratives, alors que cette famille aurait bien voulu en ramasser quelques miettes.
J’accuse nos gouvernants créateurs de tant d’injustice fiscale, au nom des besoins d’un état qui ne contrôle que si mal son train de vie.
J’accuse les créateurs d’intérêts notionnels et d’autres avantages fiscaux au bénéfice de quelques multinationales en mal de profits. Les délocalisations et les pertes d’emplois qu’elles génèrent sont les braises d’un feu que nous n’aimerions pas voir s’embraser.
J’accuse l’Europe de financiers, celle qui vibre au diapason des émois des marchés financiers, d’oublier qu’elle est avant tout au service de l’homme – de tout homme – et de la construction de son bonheur.
J’accuse le monde politique, celui-là même qui à l’audace de quémander nos suffrages lors des prochaines élections, d’être les fabricants des conditions de misère qui engendre des drames, comme celui qui vient d’anéantir cette famille jamboise.
Cette semaine, l’un de ces candidats, Didier Reynders, s’est permis de nous dire que sans lui, sans ses amis politiques, il n’y aurait eu que des enlèvements et des disparitions d’enfants. Désormais, lui et ses amis ont du sang d’enfants sur les mains … et ce n’est certainement pas avec ce rouge là que nous irons marquer nos bulletins de vote.
J’accuse nos mandataires politiques d’être plus experts dans le jeu de la bourse que dans la finesse qui les ferait tendre vers le cœur de l’homme.
Je nous accuse d’être si indifférents à ce qui se passe autour de nous. D’avoir fait de l’égoïsme et du chacun pour soi un mode de vie, qui nous fait faire l’économie d’un regard bienveillant sur nos voisins et sur ceux qui, parmi eux, sont les plus fragiles.
À vous tous que j’accuse, je propose de contempler longuement les visages de ces enfants qui, à cause de vous et de vos projets inhumains n’auront jamais d’avenir.

Pardon, les enfants. Vos traits nous ont émus au terme de ces événements dramatiques.
Pardon de ne pas vous avoir vus avant. Nos yeux sont si souvent aveuglés par notre indifférence !    
                                                  

Guy De Smet (6 mai 2014)


- 23 -  NOUVELLE ÉVANGÉLISATION ?

Cathobel, ce site soucieux de nous informer sur l’actualité de l’Église, nous introduit dans les arcanes de l’Archidiocèse de Malines-Bruxelles.
Dans un communiqué de l’Archidiocèse nous lisons : « En avril, l’Archevêque avait demandé à Daniel Alliët s’il était prêt à célébrer ses offices liturgiques (et seulement cela) dans l’église Saint-Jean-Baptiste à Molenbeek.  Cette question s’inscrit dans les étapes exploratoires de l’Archevêque en vue de trouver une église idoine pour quelques prêtres de la « Fraternité des Saints Apôtres ». De plus, il était demandé à Daniel Alliët s’il était prêt, en cas de réponse négative à la première question, à partager l’église du Béguinage avec d’autres prêtres. La semaine dernière, l’Abbé Daniel Alliët et ses collaborateurs ont répondu négativement aux deux demandes.  Sur base de ces réponses négatives, suite à l’impact médiatique que la question a soulevé et consécutivement aux centaines de témoignages de soutien à Daniel Alliët adressés à l’Archevêché, Mgr. Léonard a revu sa position.  Il va confier aux prêtres de la « Fraternité des Saints Apôtres »  une autre mission dans le Vicariat de Bruxelles. »

Daniel Alliët n’est pas un inconnu dans le Diocèse, ni même pour celles et ceux qui sont attentifs à l’actualité de notre pays.
C’est dans son église du Béguinage que 120 Afghans ont séjourné, après avoir été expulsés de locaux inoccupés de la rue de la Poste. Il n’a cessé de mettre toutes ses forces au service de ces hommes et de ces femmes que personne n’écoutait. Il aura même défié l’inhumanité légendaire qui berce le cœur de Magda De Block.
Son église est devenue lors de ces événements un signe fort de l’annonce de l’Évangile, au cœur de l’anonymat d’une grande ville.
À l’occasion d’une marche de soutien, l’Archevêque s’était même investi aux côtés du curé. Il avait aussi mis son grand cœur au service d’un accueil lors des fêtes de Noël dernières.
L’Évangile était gagnant. L’homme couché sous le bois de la croix était relevé. Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Alléluia !

Quelques mois plus tard, Daniel Alliët se voit proposer un déménagement vers une autre paroisse à Molenbeek.
En soi, rien de dramatique et fait courant dans le parcours d’un prêtre … Si ce n’est la raison invoquée.
L’évêque cherche une paroisse – à croire qu’il n’y avait que celle-là ! – pour y établir trois nouveaux prêtres issus de la Fraternité des Saints apôtres. Ce n’était pas la première fois qu’il se lançait dans de telles manœuvres, son ancien diocèse pourrait en témoigner !
Par ce changement, toute une dynamique au service des sans-voix, tout un travail d’équipes allait être mis en cause, au nom d’une « urgence » de l’Église : la nouvelle évangélisation.

Mais qu’est-ce qui justifie tout ce bruit et qui est cette fraternité ?
Durant son pontificat, le Pape Jean-Paul II en appelait à une « civilisation de l’Amour ». Pour la mettre en place, il fallait lancer un vaste mouvement susceptible de semer à nouveau l’Évangile, dans des terres qui semblaient avoir été laissées en friche.
Allait en naître une floraison de communautés nouvelles tantôt aux noms chantants, comme les Béatitudes ou l’Emmanuel …, tantôt aux noms plus spartiates comme les Légionnaires du Christ ou encore ce nouveau groupe issu d’un hussard des temps nouveaux, un prêtre marseillais : la Fraternité des Saints Apôtres.
Cette fraternité nous vient de Marseille. Elle est née de l’intuition d’un prêtre au charisme accrocheur. Il aime surfer sur une vague de « restauration » qui semble faire les beaux jours du message d’une certaine Église d’aujourd’hui.
Son discours tourne autour de ces thèmes : le monde est mauvais. Il faut le sauver… et pourquoi pas entre les bras d’amour de Jésus. Pour ce faire, il faut en revenir à la bonne vieille Tradition. Elle, elle sait. Elle, elle a fait ses preuves.
L’Évêque de Marseille, comme d’autres de ses confrères français ont mis en garde contre les propos et les méthodes de ce prêtre. Ils ont attiré l’attention sur les aspects de « gourou » du fondateur et sur les dérives sectaires qui pourraient en naître.
Ils ont prévenu les responsables d’Église et entre autre ceux de l’Église de Belgique.
Mais c’était sans compter sur la volonté « don quichotesque » de Monseigneur Léonard. Contre vents et marées, il faut imposer le sacrement de l’Ordre. Il faut des prêtres pour annoncer une saine doctrine et pour célébrer selon le rite millénaire de l’Église.
Sans en avertir ses confrères, il a donc ordonné trois diacres issus de cette fraternité et il leur cherche une implantation stratégique à Bruxelles.
Le latin est appelé à remplacer les cris de détresse des Afghans.
La soutane sera le nouveau costume, plus propre, qui donnera plus le goût de l’Évangile.
Le retour vers le Passé sera la voie préférentielle d’une Église qui, fait ainsi fi des cris de l’homme d’aujourd’hui.
Finalement, l’acharnement du prêtre des Afghans aura gagné et le Bouglione d’une certaine Église devra cherche asile ailleurs.
Quel combat, tant qu’il y aura des bouffons !

Mais qu’est-ce que cette Église ? Que sont ces conflits de chapelles ? Qu’est-ce que ce langage qui ne cesse de parler de l’amour issu du cœur de Dieu et qui ne cesse, en même temps, de semer la division ?
Don Quichotte se battait, avec cœur, contre les moulins à vent !
Et l’Église, ses dirigeants, contre qui se battent-ils ?
Je les entends déjà nous parler du péché qui défigure la face du monde. Ce péché, qu’il ne faut pas confondre avec les pécheurs … même si en attendant des hommes et des femmes ont été anéantis par leurs discours destructeurs. Il est vrai que les femmes n’ont une âme que depuis peu … merci Jean-Paul II !
Je les entends déjà parler du monde qui ne serait qu’un amas de ténèbres et d’un chemin, souvent le seul, pour le ramener dans les vues de Dieu. Eux seuls détiennent les clés du retour vers Dieu !
Je les pressens déjà ces dérives sectaires liées au charisme de l’un ou l’autre gourou dont la seule affaire rentable est un monde à sauver.

Il est loin le « Si tu veux » de Jésus !
Il est loin l’appel de Jésus à ne pas s’enfermer dans une chapelle ou sur une montagne, pour aller à la rencontre de tout homme, avec amour et respect.
Ils sont loin « le ciel nouveau et la terre nouvelle », pris au piège de nos enfermements dans des passés, pas toujours si glorieux.

Aujourd’hui, ce prêtre de Bruxelles a gagné. Son évêque a dû revoir sa position.
Il est triste de devoir s’en réjouir, alors que la première urgence est de semer simplement l’Évangile avec les moyens que Dieu nous confie. Pour se faire, il y a beaucoup de demeures dans la maison du Père !
Si avant d’être de telle ou de telle mouvance, si avant de nous inscrire dans telle ou telle tradition, nous tâchions simplement de devenir homme et chrétien ?
Si avant de nous agiter derrière la bannière d’une Jeanne-d’Arc des temps modernes, nous tâchions, simplement, de mettre nos pas dans les pas du Christ, unique chemin vers le Père ?
N’y aurait-il donc plus de défis à relever au nom de l’Évangile ?

Guy De Smet (6 mai 2014)


- 24 - ENCORE UNE …

Depuis quelques mois, tout était calme sur le front belge de la famille royale.
Nous avions connu les frasques financières de la Reine Fabiola, les cuisines encombrantes du Prince Laurent, les larmoiements face aux réductions des dotations royales …
Récemment, c’était la santé du Prince Laurent et ses hypothétiques difficultés de couple, l’absence notoire de ses parents à son chevet …
Il y eut en réponse le communiqué « non-autorisé » de la Reine Paola, ce qui engendra une intervention musclée des services du Palais …
Et puis maintenant cette interview de notre ancien roi qui permettra à RTL de passer de la médiocrité des séries américaines aux « Mémoires » sans intérêt d’un monarque retraité. Cet événement réveille, une fois de plus, la communication du Palais Royal : le pauvre, il n’était pas au courant !
Le lendemain … nouveau communiqué du palais : tout va très bien, même s’il a fallu enregistrer la démission d’un homme de confiance nommé par le Roi Philippe !

Qu’en penseront toutefois les négociateurs de nos nouveaux gouvernements qui ont déjà tellement de mal à trouver des majorités pour conduire le pays ?
Qu’en penseront les affamés de « communautaire » du nord et du sud : Albert II n’aurait donc même pas eu la délicatesse d’adresser son message aux différentes communautés qui forment la Belgique et qui lui assurent une retraite dorée  … à moins que la pratique d’une langue autre que le français lui soit un exercice trop périlleux ?
Qu’en penseront les victimes des « erreurs » de ce roi qui ressentent chaque jour une blessure faite de trahison et de mépris ?
Qu’en penseront tous ces Belges qui croyaient trouver dans cette famille un peu de rêve, sans devoir se retrancher derrière les lumières artificielles et éphémères des Diables Rouges en route pour le Brésil ?
Décidément rien ne va plus dans le Gotha !

Pendant ce temps-là, 240 ouvriers d’Arcelor-Mittal voient leur emploi s’envoler en fumée.
Pendant ce temps-là les CPAS se demandent comment répondre à l’attente de celles et de ceux qui seront prochainement rayés du chômage.
Pendant ce temps-là des parents se posent des questions quant à l’inscription scolaire de leurs enfants, suite aux errements d’un décret plus idéologique que concret.
Pendant ce temps-là des milliardaires français tel Arthur, ce présentateur de télévision,  s’en viennent trouver l’asile fiscal chez nous, réveillant les lueurs d’enfer que tant de Belges vivent au quotidien.
Pendant ce temps-là une colère gronde dans les cœurs des simples gens. En France et dans d’autres pays d’Europe, elle s’exprime dans des votes pour l’Extrême-Droite. En Espagne, elle se crie dans un désaveu de la Monarchie.
Il y en a marre de tous ces caprices des têtes couronnées qui semblent avoir perdu toute notion de dignité et de noblesse.
Il y en a marre de ces conflits de familles qui s’étalent au grand jour, livrant leurs rancunes, leurs complexes, leurs mondanités en pâture  à des hommes et à des femmes qui attendent une parole d’espérance et un signe de sagesse.
Il y en a marre de ces familles qui réclament, d’une part, les honneurs d’un rang et d’une fonction et en même temps qui se veulent des citoyens ordinaires et fragiles.

Certains ministres d’État – par hasard, francophones – parlent d’une tempête dans un verre d’eau. Est-ce si anodin que cela ?
Notre pays se cherche. Il creuse des pistes pour son avenir … et cela ne va pas sans mal.
Notre pays connaît une crise économique et sociale qui casse notre modèle de société. Des riches y deviennent de plus en plus riches, pendant que d’autres s’enfoncent dans une misère qu’ils n’ont pas créée.
Notre pays, comme d’autres nations d’Occident, tremble devant le terrorisme, dont les jeunes deviennent des acteurs programmés. En découle un rejet des institutions, une radicalisation s’exprimant en racisme et en haine.
Et pendant ce temps-là, la presse nous abreuve de ragots de bas étage, de témoignages nébuleux et de la détresse d’une famille dans laquelle le déficit d’Amour a régné en maître. Tout est bon, du moment que l’audimat est au rendez-vous !

Dans cette interview du Roi Albert II, il me semble déceler une faute grave.
Certes, il a retrouvé sa liberté de citoyen.
Certes, il  éprouve le besoin de faire le point sur une vie peu banale.
Certes, il a envie de se confier à celles et à ceux qui formaient son peuple.
Mais il connaît aussi les règles du jeu.
Il sait qu’il vit dans un monde marqué par un certain protocole.
Il sait que la communication de la famille royale doit être d’une voix. Il l’a assez exigé durant son règne !
Il sait – à moins d’être très naïf – que sa manière d’agir affaiblit les premiers pas de son fils … désormais, chef de la famille royale.
Il sait que nous vivons dans un pays aux multiples visages et donc aux multiples sensibilités et aux multiples susceptibilités.
Non seulement, il le sait, mais c’est ce qui lui permet de bénéficier d’une dotation financée par les faibles moyens des contribuables.

Alors !
À quand la décence ?
À quand le silence des « sages », celui qui fut l’image de marque de son regretté frère, le Roi Baudouin ? Avant d’être une parole, il était une présence et un signe.
À quand la fin des bâtons dans les roues de la monarchie, lui qui a connu les drames d’une « Question royale » et d’une enfance privée de l’essentiel ?
À quand la fin de l’étalement d’un amour retrouvé, laissant sur le côté des pans de vie, mais aussi des personnes blessées à jamais ?

Monsieur, n’écrivez pas votre histoire … l’Histoire s’en chargera !

Guy De Smet (6 juin 2014)


- 25 - CONTEMPLATION D’UN PÈLERINAGE

Dernièrement, le Pape François a pris son bâton de pèlerin, en route vers le Moyen-Orient.
Jordanie, Israël, Palestine … Trois étapes d’un périple riche en signes et en rencontres !
Parmi eux, je voudrais m’arrêter à l’un ou à l’autre.
Il y eut d’abord cette rencontre avec le Patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée Ier. Elle faisait écho à la rencontre mémorable, il y a 50 ans, entre Paul VI et le Patriarche Athënagoras, deux autres visionnaires de l’avenir de l’Église et du monde.
Le chemin de la création de l’Unité est en marche ; il se construit dans la prière et dans le dialogue, dans le respect et dans l’étude.
Ce fut un grand moment pour la vérité de l’Église !
Un autre temps précieux fut la rencontre du Pape François avec des enfants palestiniens d’un camp de réfugiés. Le pape a pris le temps d’y écouter un jeune garçon, qui au nom de tous ses frères a étalé la misère de son peuple.
Il a laissé entendre le cri des rejetés et des humiliés, pour qui le ciel d’un camp de misère est désormais le seul horizon.
Il a été l’écho de la colère des prisonniers et de leurs familles.
Il a été le porte-parole de l’isolement d’un peuple dont les yeux des enfants ne voient que des larmes et dont les oreilles n’entendent que le bruit des armes.
Le Pape a écouté et est allé vers ce jeune garçon pour le remercier. Lui, le tout grand, à la rencontre du tout petit !
Moment d’émotion qui en dit plus long que toutes les manœuvres diplomatiques !
Sur sa route de Palestine, il a fait arrêt au mur de séparation entre les deux pays, la Palestine et Israël.
Le mur des lamentations avait changé de lieu. Il n’était plus le mur qui écrase le peuple d’Israël depuis des siècles. Il est devenu le mur qui écrase la dignité d’un peuple, celui de Palestine.
Il est fait du béton de haine et de mépris dont l’Homme est capable.
Il est fait de l’eau des larmes des pleurs de celles et de ceux qui n’ont plus que leur misère pour habiller leur quotidien.
Il est fait de toute l’ignominie dont les Sionistes ont été capables depuis 1948, date de la création unilatérale de l’État d’Israël.
Moment poignant qui en dit plus long que la moindre résolution de l’Onu sur l’illégalité des territoires occupés.
Comment ne pas évoquer cette invitation lancée en toute simplicité aux présidents Israélien et palestinien pour un temps de prière. Si la paix est don de Dieu, pourquoi ne pas se réunir dans la prière, ensemble. Le Pape leur ouvre, pour se faire, les portes de sa maison.
Moment poignant et intense dans la mission d’un Pape convoquant à l’Amour !

Il y a là une moisson de signes prophétiques qui auraient de quoi briser les armes de violence et créer des ponts nouveaux de respect et de main tendue.
À eux seuls, ces gestes, ces paroles valaient bien un pèlerinage !
À eux seuls, ces gestes, ces paroles lancent des pistes vers un autre regard, offert à tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté.
À eux seuls, ces gestes, ces paroles laissent présager de pas nouveaux vers une paix, aujourd’hui inaccessible.

Il n’est plus possible, de nos jours, de vivre comme si de rien n’était et d’ignorer la barbarie dans laquelle nos quêtes occidentales de bonne conscience ont plongé ces peuples qui nous encombraient.
Il n’est plus possible de se contenter de se réjouir de l’existence de l’État d’Israël, créé sur un fleuve de sang et de larmes et sur la montagne d’un orgueil démesuré.
Il n’est plus possible de se contenter de pleurer sur l’horreur des camps de concentration d’hier, alors que d’autres hommes sont enfermés au nom de fanatismes destructeurs et au nom d’un Sionisme qui crie vengeance au ciel.
Il n’est plus possible de devoir constater plus longtemps que les victimes d’hier deviennent les bourreaux d’aujourd’hui.

Ces gestes, ces paroles du Pape nous viennent du fond d’un cœur qui aime, d’un cœur qui croit l’homme capable du meilleur, laissant derrière lui ses rancœurs de ses noirceurs.
Ils nous viennent d’un Pape qui ose croire que le centre du monde, c’est le visage de l’Homme debout et libre, goûtant enfin à la source d’Infini qui demeure en lui.
Laissons-le nous dire au fond du meilleur de nous-mêmes : « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés Fils de Dieu ».

Guy De Smet (6 juin 2014)


- 26 - DES LARMES TOMBENT SUR BRUXELLES

Le mois de mai dernier s’est terminé de manière nauséabonde, aux abords du Musée juif de Belgique. Un homme, de sang-froid, abat trois personnes et laisse une autre victime dans un état désespéré.
C’est un moment terrible qui n’est pas sans rappeler d’autres époques, marquées par la terreur accolée à une folie meurtrière.
Une fois de plus,  l’homme était détruit au nom de son appartenance à une race. Crime impardonnable !
Une fois de plus, l’antisémitisme semble être l’ennemi qui a mis à genoux toute une communauté !
Des foules se sont rassemblées dans l’émotion.
Des responsables se sont lancés dans des explications de l’inexplicable.
Des politiciens de tous bords, des représentants des différents cultes … tous ont condamnés cet acte odieux, réveillant de vieux démons.
Dans un même temps, les élections européennes allaient implanter une extrême-droite forte et décomplexée !
Ah ! les foules !

La première émotion passée, nous apprenons que deux des victimes ne sont pas n’importe qui. Elles sont d’anciens agents du Mossad, ces services secrets israéliens, par qui coulent tant de sang de par le monde.
S’agirait-il d’un crime anodin, au point que les services de l’État d’Israël s’y intéressent de près ?
Dans un deuxième temps, la presse nous offre en pâture un coup de filet de la police française. À Marseille, elle semble avoir mis la main sur une personne qui ressemble comme deux gouttes d’eau à l’assassin de Bruxelles. Tout plaide en sa défaveur.
Il s’agit d’un jeune de milieu sensible. Il vit dans la rue.  Il a connu la prison. Il y est devenu un musulman fondamentaliste. La Syrie a été son terrain d’opération, avant de se lancer vers des destinations aussi farfelues qu’onéreuses (qui finance ?).
De là à imaginer un  assassinat ciblé, il y a un pas … à moins que ce meurtrier n’exécute qu’une commande ?

Aujourd’hui, une nouvelle fois, la communauté juive tremble.
Elle demande protection. Certains de ses membres envisagent même de quitter  notre pays pour profiter de la sécurité offerte par Israël.
Pourquoi tant de haine ?
Depuis des siècles, on pose devant nos consciences ces gestes qui ont entaché l’Histoire de l’Humanité : l’horreur des camps de concentration, la destruction systématique d’un peuple au nom de son appartenance à une race, le mythe du « Juif errant ». Les médias s’en sont faits les relais : Liste de Schindler, Journal d’Anne Frank, l’Holocauste …
Il est même question de nous rappeler cette histoire régulièrement, au nom du devoir de mémoire, à moins que ce ne soit aussi pour nous cacher des forfaits politiques et guerriers encombrants.
Pourquoi tant de haine ?

Et si la haine répondait à la haine ?
Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, après avoir découvert l’univers concentrationnaire, les Alliés ont permis à ces martyrisés du XXème siècle de se fixer sur ce qu’ils appelaient la terre de leurs ancêtres. Ils leur ont permis de faire de la lumière de Jérusalem, l’astre de leur avenir et de leur destinée.
En 1948, ils ont arraché leur terre par la force et par la terreur, celle-là même dont ils venaient d’être les victimes.
Ils ont détruit les oliveraies et les ressources de familles, implantées là depuis toujours, les condamnant à se replier dans l’aridité des déserts et des étendues sans vie.
Ils ont créé des camps.
Ils y ont perpétré des massacres innommables … au nom de leur « sécurité » !
Ils ont refoulé les populations palestiniennes dans ces taudis parce qu’elles les encombraient dans leurs projets d’implantation.
Ce faisant, ils ont créé le terrorisme d’où allait naître le terrorisme d’aujourd’hui.

Et si l’adage selon lequel : « On récolte ce qu’on a semé » s’appliquait désormais à l’œuvre des Sionistes qui ont semé la mort  là où ils passaient ?
Si ce crime de Bruxelles n’était pas l’œuvre d’un isolé, mais plutôt l’action musclée de ces mouvements radicaux qui ne peuvent supporter la tranquillité d’envahisseurs et d’assassins, pendant que leurs frères croupissent, injustement, dans l’horizon des sans avenirs ?
Lors de son voyage en Palestine, le Pape, en s’arrêtant au mur de séparation, a montré du doigt la profondeur de la blessure et de l’humiliation qui anéantit le peuple de Palestine. C’est insupportable et inadmissible !
En regardant l’implantation de toutes ces colonies sur des territoires qui ne leur appartiennent pas, les autorités d’Israël ne sèment-elles pas les miasmes de la terreur qui ne pourront que retomber sur la communauté juive, peu importe sa localisation dans le monde ?
En ne permettant pas la mise en place de frontières raisonnables entre Palestine et Israël, les responsables juifs ne consolident-ils pas – au nom de leur orgueil – les fondements d’une violence que rien n’arrêtera ?

L’antisémitisme, comme toute forme de racisme est impardonnable.
La violence ne sera jamais une réponse à la violence et à la haine.
L’assassinat ne sera jamais que l’arme des lâches, qu’ils viennent de groupes terroristes issus de l’Islam ou des forces du Mossad.
Mais cela ne légitime en rien le droit d’humilier un peuple, comme Israël le fait depuis son existence.
Et si de tels incidents, comme la tuerie de Bruxelles, devenait l’occasion d’un « examen de conscience courageux » pour tous ceux qui nous convoquent à un devoir de mémoire ?
Et si le visage du présumé tueur rappelait à nos responsables, qu’ils n’ont pas le droit d’enfermer un jeune, un homme, une femme dans une non-existence. Cela risque de leur ouvrir les portes de ceux qui n’ont rien à perdre et qui ont tant de raisons de détruire et de se venger.
Et si ce qu’ils appellent « antisémitisme » était simplement un rejet d’une politique sioniste qui n’a cessé de produire la guerre et l’exclusion au nom d’une injustice impardonnable faite au peuple de Palestine en 1948 ?
Et si ce qu’ils appellent « antisémitisme » était la condamnation d’un orgueil sioniste démesuré, qui au nom d’une race, au nom d’un Dieu, impose ses pas sur une terre qui n’est pas la leur.
« Shema Israël …. Écoute  Israël … » !                                                  

Guy De Smet (6 juin 2014)


- 27 - FOOTBALL OU MONEYBALL 

Ça y est ! C’est le grand jour ! Ce soir nous entrons dans la grand-messe du foot : la coupe du monde de la FIFA au Brésil.
Depuis des mois, la fièvre monte. Matchs amicaux, arsenal du bon supporter … Tous derrière les Diables ! Les Belges du Nord et du Sud et même ceux du centre n’ont jamais été aussi unis.
Cela fera la joie, durant près d’un mois de tous ceux qui ont trouvé dans le football un lieu de rêve et d’évasion. Je me réjouis pour eux !
Cela fera la grogne de toutes celles et tous ceux qui, durant toute cette période seront obligés de subir cet événement, pour le moins envahissant.
Cela n’arrangera pas l’humeur de tous ces « râleurs » auxquels j’appartiens qui, après Roland-Garros vont être envahis par le mondial, avant de l’être par le tour de France. Il faudra donc bien s’y faire !

Hors l’aspect sportif, je partage l’avis de toutes celles et de tous ceux qui pensent qu’il vaut mieux être matraqué par des images de paix et de sport, que par les scènes de violence et de guerre, comme nous y sommes trop souvent habitués.
Pourtant, cette Coupe du monde me laisse au travers de la gorge un goût amer.
Autant je trouve formidable que des jeunes s’éclatent dans l’aventure du sport et se passionnent pour l’effort de ces hommes qui dépassent leurs limites pour offrir de grands moments …
Autant je ne puis que déplorer la gabegie de moyens financiers et techniques mis au service de cette cause.
Je déplore ces salaires extraordinaires payés aux joueurs. Un club devient bon, s’il est capable de débourser des sommes astronomiques pour s’assurer les services d’un professionnel du foot.
Je déplore, qu’en plus de ces émoluments, les joueurs participent à des campagnes de publicité juteuses qui les transforment en stars des affaires et de la finance.
Je déplore ces jeux de paris, ces gadgets « indispensables » qui, en ces temps de crise, déploient l’armada d’indécence dont notre société de consommation est capable.
Certes, ils vont offrir au monde du rêve … Mais à quel prix ?
Certes, ils seront les acteurs de succès ou de défaites qui nous seront expliquées … Mais, en proportion de ce qu’ils empochent, ces joueurs ne sont-ils pas condamnés à réussir … ou à disparaître ? N’est pas ce qu’un patron attendrait de n’importe quel salarié, sous peine de licenciement ?
Nous sommes loin du concept du sport comme élément important d’un développement personnel ou encore comme un facteur capital pour une bonne harmonie physique.
On est loin de l’idéal de tous ces gamins qui ont trouvé dans ce sport un lieu de dépassement de soi et un lieu de franche camaraderie.
Ah ! L’argent, quand il casse tout, mêmes nos rêves les meilleurs !

Mais cette coupe du monde place aussi devant nos yeux l’indécence d’une société libérale gouvernée par la rentabilité et par l’appât du gain …  et à n’importe quel prix !
Cet événement, la FIFA l’organise au Brésil. Ce n’est pas sans raison, puisque le football y occupe une place incontournable. De plus leur équipe nationale semble être une des meilleures du monde.
L’organisation de cette grande fête du sport aurait donc pu être une opportunité pour ce peuple qui se développe et qui ose enfin regarder vers un avenir meilleur.
Mais de là à se lancer dans la démesure, il y a un pas … pourtant dépassé !
Ils ont construits des stades gigantesques. Ils ont mis en place des infrastructures routières, hôtelières énormes. Ils ont prévu des moyens techniques et informatiques considérables … À quel prix ?
Ils sont venus avec nos critères d’efficacité, de rentabilité, d’une société dans laquelle tout s’achète et tout se vend. Ils l’ont fait au pays des favélas et de la misère.
Ils ont obligé ce grand pays à se lancer dans des dépenses hallucinantes, alors que leurs dirigeants arrivent à peine à gérer une injustice sociale insupportable.
Ils ont exigé des délais de travaux surhumains pour des populations qui n’ont déjà pas les moyens d’assurer leur vie au quotidien.
Des hommes, des femmes, des enfants vivent au Brésil dans des conditions que nous n’accepterions pas pour n’importe quel animal de compagnie de nos pays riches.
La grande question qui occupe l’Occident, c’est de savoir jusqu’à quand il devra trembler face aux risques de mouvements sociaux, de grève et de cris de colère qui semblent ne pas le concerner. Ne pourraient-ils pas laisser là leurs problèmes, le temps d’un divertissement à offrir à l’humanité ?

L’organisation de cette coupe du monde  me semble être à l’image de l’arrogance du monde de la finance qui crée chaque jour son lot d’exclus, d’angoissés, de sans avenir.
Les dégâts qu’il cause chez nous, qui ont pour nom les victimes d’Arcelor-Mittal ou encore de Delhaize (pour ne citer qu’eux) ne semblent pas suffire, ni nous servir de leçon.
L’organisation de cette coupe du monde me semble être un signe de l’indécence que rien n’arrête, pas même les traits figés d’un enfant qui face à l’événement se contentera des paroles de la chanson d’Annie Cordy : « J’voudrais bien … Mais j’peux point ! »

Ce qui me choque encore dans cette Coupe du monde, ce sera la fabuleuse vitrine offerte à quelques parasites du monde des « people » pour pouvoir se pavaner dans un luxe inouï. Ce sera pour eux un lieu pour se montrer et pour y être vus ! Ils iront, là-bas, étaler – avec un certain succès – la médiocrité qu’engendre l’argent en lieu et place du talent et de la bienséance.
Ce qui me choque ce sont tous ces dirigeants des nations qui se feront un honneur de rejoindre le Brésil. Ils le feront au nom du soutien à leur équipe nationale, mais sans compter les frais qu’engendrent de tels déplacements. Ils appellent cela des frais professionnels ! Qui paie ?

Ce qui m’impressionne dans les choix que fait notre société libérale, c’est d’avoir de l’argent pour ce qu’elle veut bien. Que de fleurons de son « crime » qui en sont de sinistres illustrations !
L’Europe parle de crise. Elle impose des économies drastiques aux pays qui la financent … mais en même temps, elle accepterait bien de voir raboter des pensions ou de toucher à des conditions de travail plus favorables à ses bénéfices.
Arcelor-Mittal et maintenant Delhaize se permettent de figurer sur la liste de ces entreprises qui, grâce aux intérêts notionnels, échappent à l’impôt. En même temps, sans scrupules, ces entreprises licencient à tour de bras, au nom d’une meilleure organisation.
La Belgique, considérée par certains milliardaires comme un paradis fiscal, se permet d’exercer sa « rage taxatoire » sur ceux qui n’ont que leur travail ou leur manque d’emploi pour exister.
Des naufragés des zones de pauvreté du globe déferlent sur les côtes italiennes, sont pourchassés dans l’infamie d’un camp de transit à Calais ou encore sont expulsés chez nous par notre pitbull national, sans que cela ne fasse prendre une décision d’humanité à ceux qui nous gouvernent.
Les pays de la guerre et de la faim sont frappés de plein fouet, chaque jour, par l’indifférence de pays riches. Ceux-ci ont trouvé dans le commerce des armes et dans le cynisme de leurs politiques d’aide au développement des filières de richesses insoupçonnées. Les larmes et les cris des victimes  semblent n’être qu’un dégât collatéral sans intérêt et embarrassant.

D’aucun me reprochera de ne pas partager la joie d’un monde qui a besoin d’un peu de rêve et de fête pour éclairer la morosité  d’un temps de crise.
D’aucun me reprochera de pas vibrer au diapason des espoirs d’un pays qui dans ses « Diables » à trouver une raison de croire en un destin.
Au contraire, je leur souhaite bonne chance, même si je ne me sens pas concerné.
Au contraire, je souhaite que la joie et le bonheur deviennent des réalités qui peuvent se lire sur les visages de chaque être de cette planète … et pas seulement le temps d’une épreuve sportive.
Mais je souhaite aussi que le rêve se conjugue avec le respect de chaque être humain. Il n’est pas possible de créer le progrès, de créer le rêve, en laissant sur le bord de la route tous ces hommes, toutes ces femmes et tous ces enfants qui n’en peuvent plus de ne pas exister.
En attendant, chère télé, à plus tard … le temps que passent ces tempêtes sportives annoncées !

Guy De Smet (12 juin 2014)


- 28 - BIENVENUE EN RÉPUBLIQUE BANANIÈRE !

Ce genre de slogan, nous aurions pu croire que cela ne concernait que quelques pays, aux plages de sables fins, somnolant à l’ombre des cocotiers.
Eh non ! Ces mots semblent aussi concerner notre riante Wallonie, au lendemain des élections.
Lors d’un mémorable dimanche de mai, nous avons eu le privilège d’assister, sans voix, à un énorme cafouillage électoral. Entre bug électronique et erreurs de comptage de voix … la démocratie balance !
À cela, il faut ajouter le décret de non-cumul des mandats qui fait vibrer plus d’un de nos mandataires au nom de l’expérience politique, à moins que ce ne soit au nom d’un certain déficit de revenus.

Face à cette situation pour le moins scabreuse, certains politiciens crient au scandale face à la mise en avant de ces « broutilles » que serait l’évaluation des voix des électeurs.
D’autre part, notre pays connait une manière de calculer les sièges qui est une véritable injure à la démocratie. Imaginez, la manière de faire remonte à 1893 … comme si rien n’avait changé depuis. Les grands partis en sortent toujours vainqueurs !
Et dire que nous nous permettons d’envoyer des experts pour « surveiller » les élections dans d’autres pays, au nom d’une démocratie foulée du pied sans scrupule !
Certains élus estiment qu’ils ne peuvent se passer du cumul des mandats sous peine de n’offrir au travail parlementaire qu’un déficit de compétence.
Certains barons du monde politique auront droit à cet avantage du cumul … d’autres non … Bonjour l’égalité des citoyens devant la Loi !
Pendant ce temps, les médias nous livrent des images d’hommes et de femmes politiques affalés sur les marches du parlement, en attente de prestation de serment !

Il est vrai que pour les aider à patienter et pour endormir l’électeur, on nous  avait concocté un menu de choix : les préparatifs du départ des Diables rouges pour le Brésil et l’encouragement d’une ferveur nationale bien éloignée des problèmes du quotidien.
L’interview insipide du roi Albert II qui, durant deux soirées, a offert aux citoyens un étalage surréaliste d’une certaine médiocrité qui nous a représentés.
Pendant ce temps-là des nuages sociaux semblent s’amonceler au-dessus de nos têtes : l’avis du président de la Banque nationale de Belgique, qui dans le contexte des mesures d’économies exigées par l’Europe, verrait bien le rabotage des retraites.
Il y a ces avis de licenciement d’ouvriers d’Arcelor-Mittal et de Delhaize – pour ne citer qu’eux – qui vivent au quotidien le décalage entre les promesses électorales et la réalité du terrain.
Il y a ces menaces d’exclusion du chômage qui pèsent sur toute une population faible, sans que cela ne semble concerner ces mandataires en quête d’un strapontin.
Il y a ces arrivées saluées de milliardaires qui ont trouvé chez nous un havre de paix fiscale. Il y a aussi ceux, moins favorisés, qui craignent pour leurs portefeuilles en remplissant leurs déclarations fiscales.
Quant à nos élus … ils attendent !

J’ai été interpellé par l’expression utilisée par un mandataire politique local. Il parle de « futilités », parlant de la manière dont est traité le vote de l’électeur et ces recours qu’il estime inadmissibles.
Les enjeux sont pourtant importants. Il s’agit de redistribuer les sièges en fonction du choix fait par l’électeur.
Cela risquerait de remettre en question des majorités, arrachées à la force du poignet. Les votes exprimés pour de petits partis seraient donc sans importance et donnerait un coup d’étranglement supplémentaire à l’envie de remplir son devoir électoral : ça ne sert à rien : on prend les mêmes et on recommence !
À d’autres endroits, il est décidé en pas tenir compte des erreurs issues du vote électronique. L’erreur serait presque due à l’électeur !
Et nous osions croire qu’en démocratie, la voix du peuple était souveraine !
Nous osions croire à l’arrivée d’une nouvelle éthique politique, habitée par la transparence et par le lien primordial entre politique et peuple !
Nous osions croire qu’un seul vote valait bien un nouveau comptage, au nom de l’attention à l’électeur !
Nous avions la naïveté de les croire experts en démocratie, au point de pouvoir montrer du doigt d’autres nations qui ne réponderaient pas à nos critères.

Serions-nous devenus une république bananière ?
Serions-nous de ces peuples de la corruption qui érigent la malhonnêteté en mode de gouvernance ?
Serions-nous dirigés par des mandataires qui nous disent au creux de l’oreille : « Vote et tais-toi ! » ?

Nous avons su nous mobiliser contre la pédophilie dans des marches blanches impressionnantes.
Nous avons su, jadis, nous motiver pour une Question royale qui menaçait l’unité du pays.
Nous avons su, dans les années soixante, bloquer un pays au nom de l’injustice sociale qui le défigurait.
Et là, face à ce déni de démocratie, nous resterions les bras croisés ? J’en appelle à nos consciences !

Une voix d’électeur, cela se respecte.
Elle mérite plus que le marchandage de quelques majorités souvent sulfureuses.
Elle mérite plus que le nombre de sièges qui arrangent quelques grands partis.
Elle mérite plus que des magouilles et des calculs intéressés.
Elle est l’expression de la volonté souveraine d’un peuple qui se choisit les voies de son avenir.
Mesdames, messieurs les politiciens, qui seriez-vous pour abîmer ce joyau qui nous unit : la démocratie !          

Guy De Smet (12 juin 2014)


- 29 - J’EN APPELLE À VOTRE CONSCIENCE

Les « responsables » ou plutôt les « irresponsables » de la firme Delhaize ont décidé de lancer les pistes d’une nouvelle organisation de vente. Ils espèrent ainsi mieux se situer dans le contexte de guerre économique et de concurrence que se livrent les différentes enseignes d’hypermarchés.
Pour arriver à leurs fins, ils envisagent la fermeture de 14 magasins, jugés non-rentables et le licenciement de près de 25.000 personnes. Ces chiffres, à eux seuls, donnent des frissons.
Dans un même temps, en 2013, le Groupe Delhaize a réalisé un chiffre d'affaires de 20,9 milliards d'euros et un bénéfice net (part du groupe) de 179 millions d'euros.
Dans cette même recherche d’avantages financiers, Delhaize profite allègrement, entre autre, des intérêts notionnels. Ceux-ci lui ont permis de déduire, entre 2007 et 2012 la belle somme de 522 millions d’euros !

Aujourd’hui, des salariés du Groupe sont en colère, un vent de grève et de révolte bouscule nos habitudes et l’on entend des grincements de dents.

Permettez-moi, d’en appeler à votre conscience !
La situation que vivent ces travailleurs est immorale !
Il n’est pas possible de donner le meilleur de soi-même durant des années pour que cette société encaisse des bénéfices, dont ils ne profiteraient pas. Le travailleur n’est pas qu’une « machine » à faire de l’argent !
Il est inadmissible de devoir se contenter d’une lettre de licenciement inhumaine et froide comme le veut la logique financière. Cela s’appelle « mépris » et manière de faire digne des esclavagistes des siècles passés.
Derrière cette lettre, il y a des visages d’hommes, de femmes, d’enfants, de familles qui ne voient plus d’avenir désormais !
Il est intolérable d’humilier en plus ces travailleurs en leur adressant une lettre se trompant  dans l’information à transmettre. Au lieu d’indiquer les coordonnées d’une cellule d’aide psychologique, les responsables de la société renvoient vers un bureau d’huissiers ! Scandaleux ! Il paraît qu’ils se sont trompés ! Il est des circonstances dans lesquelles une telle erreur est impardonnable !

Aujourd’hui, j’en appelle à votre conscience !
Et si nous, les consommateurs, nous suivions l’exemple espagnol ?
Le 22 janvier dernier, la firme Coca-Cola annonçait une restructuration entraînant la fermeture de 4 usines et le licenciement d’un millier de travailleurs. Grèves, manifestations et appel au boycott des produits de la marque : « Si Madrid ne fabrique plus de produits Coca-Cola, Madrid n’en boira plus » !
Depuis lors, la firme américaine a dû enregistrer une diminution des ventes de plus de 48 % !
Et si nous faisions de même ?

J’en appelle à votre conscience !
Boycottons les magasins Delhaize. Ne franchissons plus leurs portes, sous peine d’être les lâches complices de leur « terrorisme social ».
Boycottons l’enseigne au lion. S’ils manifestent un mépris pour leurs travailleurs, ils manifestent le même mépris à l’égard de leurs consommateurs. Que feront, désormais, les clients des 14 magasins qui seront fermés au nom d’une meilleure organisation de la concurrence ? Le client les intéresse moins que leurs courbes et leurs statistiques !
Boycottons Delhaize par solidarité avec ces 25.000 travailleurs qui vont entamer ce temps d’insouciance des vacances par l’angoisse et le désespoir … au nom du sacro-saint dieu Argent.
Boycottons Delhaize par solidarité avec toutes celles et tous ceux qui paient leurs impôts, parfois lourds, alors que de telles sociétés bénéficient de régimes scandaleux qui leur permettent d’éluder le fisc.
J’en appelle à votre conscience … Il existe tellement d’autres enseignes plus avantageuses et plus soucieuses de l’autre !
Boycottons Delhaize, pour indiquer, à travers cette firme, que l’argent n’aura pas le dernier mot et que l’avenir du monde réside aussi dans le respect de l’homme !
Un simple geste, s’il vous plaît … J’en appelle à votre conscience ! 

                                                      Guy De Smet (21 juin 2014)


- 30 - TROIS CONTRE UN

Nous aurions pu croire, en lisant ces chiffres, qu’il s’agissait du résultat d’un match de la coupe du monde de football …
C’eut été trop beau !
Il s’agit là plutôt d’un épisode du drame qui se déroule depuis des années sur la terre de Palestine.
Trois adolescents israéliens ont été enlevés, avant d’être lâchement assassinés. Il s’agissait de jeunes qui faisaient de l’autostop … des jeunes qui rêvaient leur avenir, des jeunes qui vibraient au rythme de leurs musiques et de leurs passions … des jeunes, comme nous en trouvons partout dans le monde.
Des suspects avaient été démasqués et arrêtés. La Justice n’avait plus qu’à faire son œuvre et à punir cet acte barbare et inconcevable.
C’était sans compter sur la Loi du Talion qui n’a cessé de défigurer la conscience de ce peuple qui se considère comme l’Élu de Dieu !
En réponse à ces trois assassinats ignobles, il s’est trouvé des Juifs pour enlever un adolescent palestinien, presque un enfant encore. Ces criminels abjectes ont été jusqu’à le brûler vif, réduisant à quelques cendres une existence pleine de promesses et de rêves.
Gênées aux entournures, les autorités israéliennes lancent bien des appels au calme.
La mère d’une des victimes israéliennes en appelle à la paix, par respect pour son fils, mort injustement.
Rien n’y fait !
Le feu de la vengeance se déchaîne désormais, tant du côté palestinien que du côté israélien. Jusqu’où iront-ils dans cette escalade de la violence ?

Certes, nous ne pouvons que condamner cette violence qui ne mène nulle part !
Certes, nous ne pouvons accepter que des êtres humains soient sacrifiés sur l’autel de l’absurdité d’une vengeance meurtrière.
Certes, nous ne pouvons tolérer que les intérêts des nations passent avant les rêves et les espoirs d’adolescents qui vivent au diapason des merveilles d’un monde à construire.

Mais il est d’autres réalités que nous ne pouvons tolérer dans ce conflit qui ne semble intéresser personne.
Nous ne pouvons tolérer que depuis 1948, Israël étende son empire sur une terre qui ne lui appartient pas.
Ces Sionistes se réclament d’une Histoire, d’une religion, d’une terre donnée par Dieu, alors qu’ils nous viennent de la Diaspora, de ces pays dans lesquels ils ont dû fuir au cours des siècles.
Nous ne pouvons tolérer, qu’au nom d’une idéologie, aussi néfaste que le Nazisme qui a défiguré l’Europe, des colonies ne cessent de se créer dans des territoires occupés et que des murs de séparation deviennent des vecteurs de haine et d’humiliation.
Nous ne pouvons tolérer qu’un peuple qui a connu l’enfer des camps de concentration et des chambres à gaz soit à l’origine de ce feu qui a brûlé vif un jeune innocent, mort, parce qu’il était palestinien.
Et si ce jeune était le frère de cet autre enfant que nous montraient nos livres d’histoire ?
Il avait les bras levés, poussé par les fusils des soldats allemands pour être conduit vers l’humiliation et vers une mort qui fait froid dans le dos.

Il est des drames qui s’inscrivent dans l’escalade d’une injustice créée de toutes pièces en 1948.
Il se traduit dans les contours de camps de réfugiés, de massacres, de frontières impossibles, d’humiliations au quotidien.
Il se reflète dans le visage de désespérés qui n’ont plus d’autre moyens que la violence pour se faire entendre.
Il se vit dans une haine destructrice qui donne force et sursaut à un peuple humilié et qui n’a plus rien à perdre, d’une part et nourrit l’arrogance d’une autre nation façonnée par son orgueil et par la bassesse dont elle est capable, d’autre part.

Les tirs aveugles du Hamas sont inacceptables !
En visant un Israélien anonyme, il vise un être humain fait à l’image de Dieu qu’il appelle « Grand ».
Il jette le discrédit sur la cause palestinienne ; une cause juste, qui réclame la mobilisation de la conscience des grandes nations.
Les moyens démesurés et les bombardements aveugles de l’armée israélienne jettent l’opprobre sur un peuple dans les veines duquel devrait couler une sève qui clame haut et fort : « Plus jamais ça ! »
Ne serait-il pas temps – au nom de l’honneur de l’humanité – de se mettre enfin autour d’une table ?
Ne serait-il pas temps, au nom d’une Justice pour tous, de laisser là son fanatisme et sa soif de violence pour s’écouter, pour se comprendre et pour envisager ensemble la possibilité d’un avenir ?
Ne serait-il pas temps que les citoyens du monde, loin de toute recherche d’intérêt, se mobilisent pour cette cause, comme ils viennent de le faire pendant des semaines pour la Coupe du monde de football ?
Ne serait-il pas temps que les grandes nations envisagent enfin des mesures fermes pour combattre l’injustice dont Israël fait preuve au quotidien. Une chose est de caresser le lobby juif de l’argent, une autre est de ne plus accepter la mise à mal  des réglementations internationales, dont les Nations Unies sont les garantes.
Pourquoi pas un embargo du même type, que celui mis en place contre l’Irak qui était supposé  détenir des armes de destructions massives et …  fictives ?

Personnellement, j’ai choisi !
J’ai décidé, depuis longtemps, de boycotter  tous les produits en provenance d’Israël. Ils sont trop entachés par le sang de l’injustice et de la mort, que pour contenir une saveur appréciable et respectable !
J’ai décidé de ne jamais mettre les pieds en Terre sainte. Certes, il s’agit du pays de Jésus. L’homme y pleure trop, ployant sous le poids d’un impossible avenir, celui-là même que Dieu lui promettait. L’homme y croule sous le poids d’une croix imposée, comme il y a deux mille ans, au nom d’un autisme et d’une immoralité caractérisée.
J’ai décidé de ne plus me laisser émouvoir par les rappels d’une histoire qui a défiguré l’Occident et anéanti les espoirs du peuple juif durant la dernière guerre.
Il me semble indécent d’utiliser la mémoire des victimes d’hier pour mieux occulter la barbarie imposée aujourd’hui à toutes celles et à tous ceux qui n’ont que l’horizon des camps pour crier leur souffrance et pour « survivre ».
Certes, nous ne devons pas « oublier », mais ceux qui se sont donnés pour mission de nous le rappeler ne sont pas exempts de ce devoir de mémoire !

Je rêve d’un jardin dans lequel, vous et moi, nous irions planter un arbre de paix et de justice, en mémoire de toutes ces victimes palestiniennes qui ne demandent qu’une terre pour y vivre en paix. Et si, ensemble, nous le rendions possible ?
Je rêve d’un mémorial où seraient honorés toutes ces victimes des camps, tous ces sans-avenirs palestiniens défigurés par l’humiliation vécue au quotidien et privés de lumière par l’orgueil de feu qui s’abat sur eux. À quand les premières pierres ?                                                   

Guy De Smet (9 juillet 2014)


- 31 - SHAÏMA

« Shaïma », un prénom qui ne vous dit peut-être rien et pourtant, il restera le symbole de l’horreur qui s’est abattue sur la Palestine durant ces mois d’été.
Cette petite fille était attendue dans une famille implantée dans la bande de Gaza. Tout allait être prêt pour l’accueillir et lui offrir la vie. Elle était déjà source de rêve et d’espoir …

C’était sans compter sur l’invasion israélienne qui allait tout bouleverser.
Le rêve devenait destruction. L’espoir devenait l’enfer. L’avenir était rayé de la carte.
Lors d’un des bombardements meurtriers de l’armée israélienne, la maman sera tuée. La petite fille qu’elle portait en son sein sera sauvée par une équipe de médecins héroïques. Elle sera placée en couveuse : de la mort allait peut-être jaillir la vie !
C’était sans compter, une fois de plus, sur la force d’inventivité de la barbarie israélienne. L’armée a mis un comble à l’horreur en coupant le réseau électrique alimentant l’hôpital, entraînant la mort de la petite Shaïma. Elle rejoindra sa maman le 30 juillet 2014 !

Shaïma, à travers ton prénom, c’est tout un symbole qui se livre à la conscience du monde.
Shaïma, tu es de ce peuple palestinien qui, depuis 1948, résiste avec fougue et héroïsme contre l’envahisseur sioniste.
Tu es de ce peuple qui a vu sa terre volée, ses oliviers arrachés, sa population déplacée pour servir l’orgueil d’un peuple qui se dit « Élu par Dieu ».
Shaïma, dans ton petit regard qui ne comprend pas, se reflètent tous ces regards d’enfants, de mamans, de civils qui ont été lâchement assassinés par la bête humaine assoiffée de sang qui se lit dans les traits des envahisseurs de ton peuple.
Shaïma, dans tes petites mains, j’aimerais pouvoir placer toute la honte que j’éprouve devant la passivité de nos peuples dits démocratiques.
Ils ont même été jusqu’à profiter d’une trêve pour armer un peu plus l’insolence d’Israël.
Ils se sont lancés dans de belles déclarations à l’occasion du centenaire du début de la guerre 1914-1918, sans oser le moindre projet pour condamner ou arrêter la barbarie sioniste, tellement semblable à l’horreur nazie qui a frappé chez nous.
L’hypocrisie et le silence coupable ont été leurs crimes !
Shaïma, tu resteras le symbole de ce peuple palestinien, victime des erreurs de l’Histoire.
Tu  resteras le ferment qui poussera la dignité de ton peuple à se battre jusqu’au bout pour retrouver sa dignité bafouée.
Tu seras le ciment de l’action des tiens et des hommes libres du monde entier, permettant de repousser aux oubliettes de nos hontes l’élucubration sioniste, source de tant d’injustice et de tant de sang versé.
Shaïma, tu deviendras un appel à ce que se réalise enfin cette parole qui déjà se criait lors de la Passion du Christ  «  Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ».
Israël … Il est venu le temps de remplacer ton titre de peuple élu, par celui de « Peuple condamné par Dieu ».
En tuant les enfants de Palestine, tu as tué le rêve de Dieu ! Une fois ne t’a pas suffi !
Shaïma, ma petite sœur, compte sur nous pour imposer fermement une condamnation pour tous ces crimes contre l’humanité perpétrés par cet état qui ne m’inspire que le dégoût.
Israël, arrête d’utiliser la Shoa pour justifier ta barbarie d’aujourd’hui !
Tu es une honte pour toutes celles et tous ceux qui ont été sacrifiés lors de l’Holocauste que tu aimes instrumentaliser !
Shaïma, nous t’aimons, comme nous aimons ton peuple martyr, victime de l’indifférence des nations.)

Guy De Smet (9 juillet 2014)


- 32 - PLUS JAMAIS ÇA !

Depuis des mois, nous voyons fleurir un peu partout, des commémorations d’événements du passé : 1914-1918 ; 1944 …
Il s’agit là d’un devoir de mémoire bien nécessaire, tout à l’honneur des peuples qui se souviennent.
Il y a 100 ans, notre pays était envahi par l’empire allemand.
Le cœur de l’été se trouvait défiguré par un bain de sang immonde et par des atrocités irréparables.
Des tréfonds de nos villes ou de l’anonymat de nos moindres villages s’élevaient des lamentations ; des cris de terreur déchiraient les écrans du soutenable.
Des massacres horribles allaient anéantir des villes entières, brisant à jamais l’avenir d’une société civilisée.
Le sang, les larmes, la mort … tout cela ancrait dans le quotidien de nos grands-parents le désespoir et imprimait des blessures que rien ne pourrait guérir ou soulager.
Sur les murs de nos cités, des panneaux appelaient à la mobilisation. De jeunes hommes, de partout, s’en allaient, les armes à la main, pour combattre ou pour devenir cette chair à canon qui allait remplir les cimetières.
L’heure de la Résistance avait sonné, offrant à l’héroïsme un sursaut de dignité, aux quatre coins du pays et de l’Europe.
Sur les murs de nos monuments resteraient gravés à jamais le nom de tant d’avenirs brisés, de tant d’amours impossibles, de tant d’espoirs envolés à jamais.
C’était la grande guerre, celle des tranchées, celle de l’expérimentation de nouvelles armes destructrices, celle qui allait alimenter un imaginaire d’héroïsme et de résistance.
Le monde sortira profondément meurtri au terme de cette guerre, aspirant désormais à une paix qui allait permettre de reconstruire et de repartir de l’avant …

C’était toutefois sans tenir compte de l’ampleur de la folie dont les hommes sont capables. Ils allaient remettre le couvert pour une nouvelle déferlante de violence et de honte. Ce serait le deuxième conflit mondial, dont les séquelles subsistent jusqu’à aujourd’hui.
Nous venons de commémorer le souvenir du débarquement héroïque en Normandie, qui a vu arriver sur nos sols des jeunes qui ne savaient même pas que nous existions.
Nous venons d’évoquer le débarquement de Provence ou encore la libération de Paris, ces prémices d’une liberté retrouvée pour une Europe à jamais traumatisée.
Du sang de tous ces morts allait surgir une envie de paix : « Plus jamais ça ».
Ce serait la naissance des Nations-Unies et de la difficile mission d’unir des peuples enfermés dans l’égoïsme de leurs différences.
Ce serait la naissance de l’Europe et sa générosité avant qu’elle ne se réduise au carcan d’un marché économique.
Ce seraient encore tous ces appels à la paix qui, à travers des paroles autorisées, à travers des politiques inspirées ou encore à travers des initiatives venant du cœur, inviteraient le meilleur de l’homme à découvrir en l’autre un partenaire et non un adversaire.

Plus jamais ça !
Et pourtant, il nous faut bien constater l’incurie des peuples à promouvoir la paix.
Depuis 1945, l’homme n’a cessé de rejoindre les champs de bataille du monde pour affronter des ennemis et pour semer la terreur sur son passage.
Il y eut la Corée, le Vietnam, l’installation d’Israël sur la terre de Palestine, les conflits d’indépendance en Afrique et en Asie …
Plus proches de nous, il y eut les guerres des Balkans, le Kosovo, les conflits interminables en Afghanistan ou en Irak, le martyr du Liban, l’apartheid en Afrique du Sud, la ségrégation raciale aux États-Unis, le terrorisme aux quatre coins du monde, la boucherie à Gaza, les révolutions sanglantes des printemps des peuples, les milliers de sans-avenir qui désespèrent d’un monde dans lequel il ne semble pas y avoir de place pour eux … À chaque fois, il s’est trouvé un marchand d’armes ou encore un briseur d’hommes pour se frotter les mains et engranger les bénéfices !
Toutes ces guerres ont mis sur les routes des hordes de réfugiés. Ils ont fui l’odeur du sang et de mort qui leur était devenu insoutenable pour se retrouver réduit à des ombres humaines sans toit et sans avenir.
Et comme hier à Bethléem, on entend encore les cris de Rachel qui pleure ses enfants !

Jusqu’à quand l’homme se comportera- t-il comme le pire des animaux assoiffés de sang et de pouvoir ?
Jusqu’à quand, les nations resteront-elles impuissantes face à autant de haine et autant de mépris ?
Jusqu’à quand, resterons-nous les bras croisés, indifférents à ce qui se passe au-delà de notre petit confort ou de la platitude de nos écrans de télévision ?

Pouvons-nous rester insensibles face au drame que vivent au quotidien les habitants de Gaza ?
Comme chez nous en 1914, une population est victime de la barbarie d’un occupant qui se considère comme « l’Élu de Dieu ». Des hommes, des femmes, des enfants, des civils sont victimes parce qu’ils appartiennent à un peuple qui a décidé de résister. Ils appartiennent à un peuple qui aspire à retrouver sa terre, à replanter les oliviers qu’on lui a arrachés. Ils sont de ces hommes qui clament leur envie de retrouver leur dignité, loin de l’humiliation des camps. Ils sont de ceux qui réclament la justice, la paix et un avenir pour leurs enfants.
Nous ne pouvons pas nous contenter de verser une larme hypocrite lors d’une commémoration de la Shoah ou encore face à la misère d’un « Juif errant » ou encore lors d’une cérémonie à la mémoire de l’action d’un prêtre de chez nous.
Nous ne pouvons pas accepter qu’au XXIème siècle un peuple soit victime de l’orgueil démesuré d’un envahisseur.
Il est urgent de réagir, d’en chercher les moyens concrets, à notre portée : l’injustice ne doit jamais avoir le dernier mot !
Pouvons-nous rester insensibles face aux massacres qui défigurent chaque jour la Syrie ou l’Irak ?
Des journalistes y sont décapités, des Chrétiens et d’autres minorités fuient terrorisés ou sont anéantis, des femmes sont vendues sur des marchés d’esclaves, des enfants souffrent de faim, de soif et de peur …
Il s’y déroule des scènes comme celles que nous commémorons ces jours-ci à Dinant ou à Tamines … La mort ne s’écrit pas qu’au passé, elle inonde la terre de fleuves de sang, aujourd’hui !
Là encore, il nous est impossible de rester insensibles !
Là encore, nous avons à chercher des moyens à notre portée pour déployer les bras de la solidarité et du cœur.

Dans ces deux conflits qui déchirent une région du monde, la religion y tient une place, qu’elle le veuille ou non.
Elle y est devenue un outil de terreur et de mort, alors que les Livres Sacrés parlaient de vie et d’avenir.
Elle y est devenue la propriété de quelques fanatiques qui l’utilisent en fonction de leur soif de pouvoir, alors que Dieu la voulait comme un pont qui relie les hommes.
Elle y est devenue une arme nouvelle qui tue Dieu, en tuant ses enfants.
Il me semble y avoir là un appel à un réveil pour chacune et chacun d’entre nous, qui nous disons concernés par une religion.
Il est venu le temps de nous poser de vraies questions, loin de nos routines et de nos habitudes :

Et si de nos réveils et de nos réponses pouvait naître enfin un monde nouveau, de justice et de paix ?

Guy De Smet (21 août 2014)


-33-  EFFROYABLE

Tuer !
Voici bien un mot qui semble devenu anodin, si nous nous en référons aux images que nous proposent les médias, chaque jour … tant dans l’actualité que dans les films et dans les séries télévisées.
Il y a eu ces images de morts jonchant les décombres des maisons de Gaza.
Il y a eu ces vidéos de morts dont le sang ne cesse d’abreuver le sol Syrien.
Il y a eu ces présentations de l’horreur qui de la Libye à l’Égypte en passant par l’Ukraine, nous laissent en mémoire des traces de l’ignominie que l’homme est capable de semer autour de lui.
À cela, il faut ajouter ces autres images de victimes de la crise et de la violence qui, dans nos pays civilisés, sont comme autant d’indices d’un « mal-vivre » qui devient insupportable.
Il y a ce jeune de Ferguson aux États-Unis dont le nom restera à jamais attaché à un usage débridé des armes, comme ce pays en a le secret.
Tout ce sang s’ajoute à la banalisation de ces images que nous propose le moindre film. On nous donnerait presque le mode d’emploi du « bien tuer ».

Mais, il faut croire, que nous n’avions pas encore tout vu !
Les Djihadistes en Irak et en Syrie pourraient revendiquer la palme du savoir-faire !
En plus de toutes les images d’atrocités qui peuplent Youtube et les réseaux sociaux, voilà qu’ils viennent de mettre en scène la décapitation de deux journalistes américains. La faute de ces deux hommes, c’est d’être des américains, des infidèles et d’avoir été au mauvais endroit, au mauvais moment.
Avec une aisance incroyable, ils ont exhibé leurs victimes, les ont obligées à une déclaration, avant de les égorger, comme on pourrait le faire dans un abattoir.
Non contents de s’en prendre à l’Homme, ils accompagnent leur démence d’une référence à Dieu : « Allah est grand » !

« Effroyable » est le seul mot qui m’est venu à l’esprit pour décrire l’homme quand il devient pire qu’un animal.
Effroyable d’imaginer qu’un être humain doué de bon sens soit capable de détruire un innocent qui ne lui a rien fait.
Effroyable de devoir se résigner face à l’impuissance des grands de ce monde, confrontés à autant de barbarie.
Effroyable de devoir constater qu’une idéologie destructrice soit plus puissante que le don sacré de la Vie …
Effroyable de couper la gorge à des journalistes chargés de montrer l’actualité.

Jusqu’où iront-ils ?
Jusqu’à quand les nations façonnées par le respect des Droits de l’homme laisseront-elles faire ?
Jusqu’où l’Homme ira-t-il dans la destruction de son congénère au nom de sa soif de pouvoir et de puissance ?

Face à autant d’inhumanité, nous sommes bien impuissants … et pourtant !
En nous laissant le lamentable spectacle de leur dérive meurtrière, ces assassins djihadistes ont pourtant de quoi nous inspirer.
Eux, ils décapitent physiquement !
Nous, si souvent, nous décapitons moralement !
Nous décapitons l’autre en lui collant une étiquette et en le réduisant à une image : il n’est qu’un étranger, il est de trop chez nous. Il n’est qu’un chômeur à contrôler. Il n’est qu’un drogué. Il n’est qu’un ex-détenu. Il n’est qu’un arabe ou un Juif … Il n’est que !
Nous décapitons l’autre  en en faisant une victime de nos jalousies ou encore de nos jugements à l’emporte-pièce.
Nous le décapitons en l’écrasant par notre égo démesuré ou notre petit « Moi je » qui tue.
Nous décapitons l’autre au nom de notre arrivisme, notre goût du paraître ou encore notre carrière : l’important, c’est de briller et d’attirer les projecteurs sur soi !
Nous décapitons les plus faibles en laissant une crise économique et sociale s’installer chez nous, au nom du besoin de réussite de nos sociétés libérales, assoiffées de rendement.
Nous décapitons des nations comme la Grèce, l’Irlande ou le Portugal au nom du sacro-saint dogme de la « Zone Euro », cette idéologie meurtrière qui ne marche pas !

L’effroyable mort de ces deux journalistes restera à jamais ce crime contre l’humanité qui ôte le droit de vivre à ceux qui l’ont perpétré. La déchéance et le rejet de Dieu soient à jamais leur avenir !
Elle est aussi un appel à respecter l’autre qui, s’il ne partage pas nos points de vue, partage au moins le droit de s’épanouir en humanité.

Mort à la guerre !
Mort à la guerre au nom de Dieu !

Guy De Smet (4 septembre 2014)


-34-  L’EUROPE DU COURAGE

Il est une fonction dans l’administration qui ne doit pas être aisée, celle de mandataire européen. Si j’avais le temps, je prendrais même le temps de les plaindre.
Souvenez-vous !
Depuis des années, il a fallu affronter une crise économique insidieuse et fracassante. La première action à entreprendre, ce fut de sauver les banques. Imaginez, ces institutions, fondements de notre économie, avaient avalé des produits toxiques. Grave, docteur ?
Oui et non … cet épisode avait permis de mélanger les cartes, en vue d’un plus grand profit. Cela avait permis aux différents acteurs du monde bancaire de spéculer, d’enregistrer de gros bénéfices pour certains et des déboires pour d’autres.
Leur jeu de casino avait obligé ces vénérables institutions à se tourner vers une autre banque, celle des états … ou plutôt vers nos portefeuilles !
Depuis lors, tout va mieux, surtout, si, du moins, le prêteur – vous et moi – nous ne demandons pas de crédits ou une quelconque aide. Il paraît que les banques sont devenues prudentes !
À partir de cet événement traumatisant, les instances européennes ont imposé aux États des mesures d’économies drastiques. Elles ont imposé une austérité qui permet à quelques riches de devenir de plus en plus riches et à la grande masse des citoyens de s’enfoncer dans la précarité, si pas dans la pauvreté.
L’austérité, sous l’égide de sa nouvelle Führerin Angela Merckel a fait plonger des nations entières, comme la Grèce, l’Irlande ou encore le Portugal, tant pis pour les citoyens qui n’avaient plus qu’à se serrer la ceinture, quand ils n’ont pas été dans l’obligation de la revendre pour boucler les fins de mois.
Tout cela s’est fait au nom du nouveau dieu européen, l’Euro, pour qui il a fallu construire un autel à la hâte : la Zone euro.

Aujourd’hui, alors que la crise économique avec son cortège de drames sociaux ne semblent pas faiblir, il nous faut constater des réalités navrantes. La croissance économique de cette zone Euro est au stade zéro. Le nombre de chômeurs ne cesse de croître … et à en croire les autorités, ceux-ci en seraient les seuls coupables. Le pouvoir d’achat des citoyens est en berne. Mais qu’y faire ?
Il semble plus urgent de venir en aide aux entreprises. Il paraît que cela va créer de l’emploi … mais on n’en est pas sûr. Ce qui est certain, par contre, c’est que grâce à l’aide des contribuables, les dividendes des actionnaires vont pouvoir être améliorés.
Que ferions-nous sans le libéralisme, ce fer de lance de l’économie européenne ?

Pendant que les responsables européens s’alourdissent sur une crise qu’ils entretiennent …
Pendant qu’ils placent de nouveaux mandataires, très heureux de la juteuse carrière qui les attend …
Pendant qu’ils se réunissent de sommet en sommet, se tâtant sans se trouver …
Le vaste monde lui poursuit sa course autour du soleil. Il le fait cahin-caha, mettant en avant, ces derniers temps, ses conflits et ses misères.
Ebola, Gaza, Irak, Syrie, Ukraine, État islamique, Libye … et tant d’autres théâtres de guerres et de haine ne cessent de défigurer la planète.
Face à cela, l’Europe, elle, elle se cherche une position commune et ne semble pas la trouver. Elle réfléchit, mais sans trop de convictions. Elle parle, mais agit très peu … et parfois même de manière insolite : la livraison d’un sous-marin allemand à Israël ! Comme si ce pays avait besoin d’armes supplémentaires  … à moins qu’il en faille y lire une manière de répondre à la Shoah !

Face à autant d’inertie sociale, nous serions tentés de croire que l’Europe oublie ses citoyens. Détrompez-vous !
Les fonctionnaires européens ont déjà été souvent la main tendue aux contribuables que nous sommes.
Vous n’en n’êtes pas convaincus ? Permettez-moi de vous énumérer quelques glorieuses réalisations.
C’est grâce à l’Europe que vos balais d’essuie-glaces débarrassent les pare-brises de vos voitures selon une cadence qu’elle a calculée. Tant pis pour l’équipement de vos véhicules qui aurait prévu d’agir à sa guise. La vigilance européenne assure votre sécurité !
C’est grâce à l’Europe que les carottes ont le droit d’être vendues, peu importe leur calibre. Même celles qui souffrent d’une malformation ont le droit, désormais, d’apporter leur goût dans votre assiette.
C’est grâce à l’Europe que les poissons nageant dans les eaux territoriales françaises ont le droit d’être péché par des navires espagnols et portugais et non plus français. La loi des quotas oblige ! Dommage pour le marin français, il n’aura plus qu’à « casser » son bateau et se retrouver … au chômage. On appelle ça un dommage collatéral !
C’est grâce à l’Europe, aujourd’hui, que les poils de chats ou de chiens qui traînent sur votre tapis peuvent rêver d’un avenir. Il s’est trouvé des fonctionnaires européens pour réglementer la puissance de votre aspirateur. Vous ne saviez pas qu’avec vos engins puissants, utilisés, dans la discrétion de votre salon, vous étiez un agent propagateur du réchauffement climatique ?

Merveilleuse Europe !
Grâce à elle, les chiffres de notre économie s’écriront à l’encre d’or sur les registres d’agences de notation ou ceux des merveilleux efforts de nos gouvernements.
Grâce à elle et à ses décisions non négligeables, l’avenir de la planète semble assuré … tant pis pour les dégâts causés ailleurs sur la planète bleue.
Il me reste toutefois une question au terme de cette réflexion : restera-t-il un homme pour encore survivre en Europe ?

Guy De Smet (4 septembre 2014)


-35-  GOUVERNER ?

À la fin du mois de mai, nous avions l’honneur (ou la corvée, c’est selon !) d’exercer notre devoir de citoyen. Il nous fallait prendre le chemin des urnes et choisir, en âme et conscience, ceux qui allaient nous représenter et prendre les rênes du pays.
Ce scrutin avait d’autant plus d’importance, que notre pays, comme d’autres nations d’Europe, traverse une crise économique et sociale qui fait mal.
De ces élections sont sortis des résultats précis. Ceux-ci ont été transformés en nombre de sièges, calculés selon un procédé datant d’un autre siècle. Une chose sûre, c’est que ce dernier chiffre ne reflète en rien les résultats électoraux. Nous ne pouvons que le regretter, tout comme il nous faut bien constater un déficit de démocratie criant.

Au départ de cette répartition des forces politiques, les uns et les autres se sont lancés dans la recherche de coalitions, certes cohérentes en nombre de sièges, mais tellement peu en pourcentage de voix.
La Wallonie a ouvert le bal et a mis sur pied une majorité, capable de diriger la région pendant les prochaines années.
Cette majorité se compose du PS (30,90 % des voix) et du CdH (15,17 % des voix). Ce nouveau gouvernement wallon représente donc 46,07 % de l’électorat régional. Une partie importante de la population (53,93 %) se retrouve donc représentée dans l’opposition. Ces chiffres me laissent songeur !

Au niveau fédéral aussi, des négociations se trament pour permettre l’éclosion d’une majorité politique susceptible de prendre à bras le corps les défis qui nous attendent.
Après bien des tractations, 4 partis ont fait le pari de dépasser leurs divergences pour gérer ensemble notre pays.
La N-VA (20,26 % des voix), le CD&V (11,61 % des voix), l’Open VLD (9,78 % des voix) et le MR (9,64 % des voix) se sont donc installés autour de la table. Ils représentent 51,29 % de l’électorat … ce qui laisse 48,7 % de la population qui se trouvent relégués dans l’opposition.
À partir d’un calcul d’un autre siècle, cela a permis d’attribuer un nombre de sièges, leur offrant une majorité contestable d’un point de vue démocratique. Et dire qu’il nous arrive d’envoyer des « observateurs » lors d’autres élections dans le monde !

Ces chiffres, je ne les ai pas inventé, ils nous viennent d’un site internet très sérieux : « election2014. Belgium.be » ! http://elections2014.belgium.be/fr/cha/results/results_graph_CKR00000.html

Depuis le début de leurs travaux, ils ont fait l’analyse de la situation du pays. Ils ont cherché des pistes pour gouverner. Ces pistes devaient rester confidentielles, mais la presse nous en a laissé supputer régulièrement l’odeur.
Une ligne dure, des cadeaux … l’avenir nous le dira, tout comme le gouffre de nos portefeuilles !
En urgence, répondant aux injonctions européennes, ils viennent de désigner une commissaire. Il leur reste maintenant à finaliser un accord et à trouver un premier-ministre.
Et là, que de passions !
Le CD&V, qui a obtenu le poste européen, estime que cette autre fonction ne lui revient pas. Cela l’arrange d’autant plus que la situation économique déplorable de la Zone euro rend la mission périlleuse.
La NV-A ne se prononce pas tout en affirmant, en même temps, qu’elle ne soutiendrait pas un candidat francophone. Bonjour l’ambiance !
Le premier-ministre annoncé serait donc soit de l’Open VLD soit du MR. Ils représentent l’un et l’autre, un peu plus de 9 % des votes des électeurs !
Ces partis estiment même que ce poste leur revient, puisque ensemble, ils formeraient la plus grande famille politique du pays : 9,64 % + 9,78 % = 19,42 % de l’électorat. Je dois vraiment avoir des lacunes mathématiques énormes ! (Bien sûr, eux se basent sur la répartition des sièges, un calcul qui avantage les grands partis historiques du pays !)

Est-ce là la nouvelle culture politique annoncée ?
Est-ce là le souffle qui doit rendre espoir à une population largement fragilisée ?
Est-ce là le message à offrir à une population qui n’en peut plus d’être écrasée par le chantage du monde de la finance ?
Est-ce là une solution pour un pays confronté à autant de différences et à autant de susceptibilités ?

Il semble urgent, aujourd’hui, de revoir le fonctionnement de notre démocratie.
Il est temps de donner à l’électeur une autre impression que le désenchantement qu’il ressent à chaque élection : on prend les mêmes et on recommence.
Il est urgent de revoir la règle de répartition des sièges en fonction du résultat réel des élections, mais aussi en fonction du débat démocratique qui s’instaure entre les citoyens, grâce à la multiplicité des partis. Ignorer ces derniers est une erreur politique qui se paiera cher un jour !
Il est fondamental de mettre en place une politique, c’est-à-dire, un souci des choses de la cité, qui ne laisse aucun des hommes, des femmes et des enfants du pays sur le bord du chemin.
Il est capital d’oser les pas d’une solidarité qui détruit l’engrenage actuel qui rend le pauvre plus pauvre et le riche plus riche. L’être humain est plus qu’un portefeuille, il est un cœur qui bat, une imagination qui crée, une audace qui nous invite à aller plus loin.

Alors, vous qui avez peut-être l’envie de nous gouverner, gardez toujours devant les yeux que vous n’êtes que les humbles serviteurs du bonheur de tous, et non d’une certaine classe sociale.
Oublier cela serait le déclenchement d’un horizon rouge sang de révolte et de lutte contre l’injustice.
À bon entendeur, salut !

Guy De Smet (5 septembre 2014)


-36-  FAIRE TRAVAILLER LES CHÔMEURS ?

Lors d’une de ces émissions télévisées dominicales dont le secret est de parler politique pour ne rien dire, une journaliste s’est, une fois de plus, lancée dans une opération « gratuite ».
N’ayant rien à se mettre sous la dent concernant les négociations des partis de la prochaine coalition gouvernementale, elle s’est mise à visiter le monde des hypothèses.
Elle a ainsi déclaré, avec un naturel de blonde : « Faire travailler les chômeurs, ce n’est pas choquant ».
Ces propos, elle ne les a nuancés d’aucune manière, si ce n’est que cela devrait se faire sous certaines conditions. Ces dernières ont tellement peu frappé l’imagination, que la seule chose à retenir de ses propos semble être que le travail obligatoire des chômeurs n’a rien de choquant !

Cette petite phrase qui relaie une opinion populiste à la mode a eu l’art d’émoustiller mon humeur de ce dimanche midi.
Dans un premier temps de réflexion, il m’est possible de rejoindre la pensée de cette journaliste.
En analysant notre situation économique, ce qui est choquant, c’est qu’il y ait tant de chômeurs et … si peu d’emploi.
Ce qui est choquant, c’est que le travailleur se trouve pris au piège, aujourd’hui, des stratégies et des magouilles du monde de l’entreprise. Il nous faudrait comprendre que la situation économique est compliquée, que le travail coûte trop cher, que les charges sur le travail sont trop élevées. Ce sont souvent les mêmes qui sont censés comprendre !
Ce qui est choquant, c’est de constater la désinvolture de quelques « grands patrons » qui n’ont aucun scrupule à délocaliser leur entreprise vers des pays où la main d’œuvre coûte une misère, après avoir profité largement des cadeaux fiscaux que nous leur avons consentis. Intérêts notionnels, avantages lors de l’installation … l’imagination du monde politique a été très fructueuse en recherche de moyens pour se « fidéliser » les entreprises et pour espérer d’hypothétiques emplois. Que de naïveté !
Ces patrons sont même allés jusqu’à proposer de dépasser les limites du temps de travail légal, afin de pouvoir exploiter au mieux la main d’œuvre étrangère utilisée dans des conditions proches de l’esclavage. Par extrapolation, si c’est possible avec les étrangers pourquoi pas avec les nationaux ?
Ce qui est choquant, c’est qu’en attirant l’attention sur quelques profiteurs du système (comme s’il n’y en avait que dans le milieu ouvrier !), on évite de parler de deux catégories qui sont pourtant une honte pour la société. Ils sont la grande majorité du monde des chômeurs !
Il y a les jeunes. Eux, ils ne trouvent pas d’emploi, parce qu’ils manquent d’expérience ou parce qu’ils ont suivi une mauvaise formation. Parfois, ils ne trouvent pas parce qu’ils seraient trop diplômés et donc, trop onéreux !
Il y a aussi les plus âgés, les licenciés qui eux ne retrouveront jamais de travail, parce qu’ils ont dépassé l’âge pour être performant. Notre société jette vite ce qui n’est plus rentable !
Est-ce leur faute ? N’est-ce pas une humiliation de tous les instants de ne pas avoir une place dans la société et d’être réduit au statut d’assisté ?
En écrivant cela, j’ai en mémoire, le visage de ce papa, chômeur honteux depuis des années, qui, le matin, quittait la maison en même temps que son enfant qui s’en allait à l’école. Le tout, c’était de ne pas perdre la face !
Ce qui est choquant, c’est qu’au terme d’un cycle d’études qui a vu le jeune sur les bancs d’école depuis la maternelle jusqu’à l’université, il se voit rejeté par le monde de l’emploi, soit parce qu’il coûte trop cher, soit parce que sa formation n’aurait pas été en adéquation avec le monde du travail. L’enseignement ne servirait-il à rien ?
Ce qui est choquant c’est d’oser envisager la participation obligatoire du chômeur à des travaux d’intérêts généraux, comme on le fait pour des substitutions de peines de prison.
Si on leur trouve des tâches à faire bénévolement, c’est qu’il y a des potentialités d’emploi. Ne vaudrait-il donc pas mieux créer un boulot au lieu de se lancer dans des processus d’esclavage et d’exploitation de l’homme ? L’arrogance du monde politique et de celui de l’entreprise a des limites à ne pas dépasser !

À cette journaliste, j’aurais envie de dire oui, c’est choquant de savoir qu’il existe des chômeurs, parce que la société n’a pas de travail pour eux et leur dit au quotidien qu’ils ne servent à rien … Ils seraient même des parasites !
Par contre, où je ne rejoins plus cette éminente spécialiste du chômage, c’est quand, en ces temps de crise, elle stigmatise une catégorie de la population. Nous avions une ministre de poids qui avait déjà agi de la même manière à l’encontre des étrangers !
Ce qui me choque dans ses propos, c’est de se limiter aux demandeurs d’emplois. Il y a tellement d’autres raisons de manifester son dégoût !
C’est choquant de constater que l’État, ou du moins ses représentants, n’envisage que si peu une réduction de son train de vie : une famille royale rétribuée outrancièrement, des cabinets ministériels à l’appétit féroce, des parlementaires qui ne se privent d’aucun avantage, 6 gouvernements et toute leur administration pour un aussi petit pays, des voyages ministériels minables (deux séjours de ministres au Brésil pour la Coupe du monde !) et j’en passe !
C’est choquant, que les solutions proposées par la journaliste pour améliorer notre économie n’envisagent en rien une taxe sur le capital. Nous vivons dans un pays qui peut être un paradis fiscal pour ceux qui ont de l’argent et un enfer social pour ceux qui n’ont que leurs mains pour subvenir à leurs besoins. Nous sommes de ces nations qui durant la crise a vu le nombre de riches fleurir comme en plein printemps économique.
C’est choquant de constater qu’elle n’envisage pas une participation plus active du monde de la finance – principalement les banques – dans le processus de sortie de crise. Quand il a fallu sauver les institutions bancaires, ce fut possible le temps d’un week-end. Quand il s’agit de sauver le pouvoir d’achat des citoyens et leur survie, là tout semble n’être qu’obstacle !
C’est choquant d’envisager un travail obligatoire des chômeurs et de rester sans voix face à la hausse des dividendes des actionnaires qu’a entraîné l’aide des états aux entreprises. À moins qu’il n’y ait une catégorie de citoyens plus intéressante qu’une autre !
C’est choquant de prendre le risque d’une nouvelle lutte des classes pour sortir de situations dépendant si souvent de mauvaises analyses économiques. La zone Euro ne cesse de nous en fournir des exemples criants : croissance nulle, chômage en hausse permanente, manque d’audace des décideurs … !
Arrêtons de diaboliser des hommes et des femmes. Hier, c’étaient les étrangers, aujourd’hui les chômeurs … et demain ?
Il serait peut-être temps d’en revenir à des fondamentaux et de renouveler notre Foi en une économie qui serait au service du bonheur de tout homme. Celui-ci n’est pas un esclave au service de la soif d’argent de quelques nantis.

À cette journaliste, je voudrais, au terme de cette réflexion, livrer ces quelques considérations.
Madame,
Avant de faire de l’économie et du social en chambre, ce qui ne vous engage pas fort, je vous invite à vous placer devant un miroir.
Vous voyez cette femme qui apparaît devant vos yeux. Elle rêve de vie, de bonheur, de bien-être ? Peut-être est-elle mère de famille, épouse et envisage-t-elle l’avenir des siens.
Mais voilà, le hasard de l’économie et de sa conjoncture fait que demain son journal dépose le bilan. Elle se retrouve au chômage, avec le gros handicap de l’âge et, qui sait, d’une formation peu intéressante. Elle se retrouve même « femme », victime de tant de discriminations.
Elle galère ainsi pendant des années … jusqu’à ce que l’Administration lui impose un travail d’intérêt général. Elle sera affectée au ramassage des poubelles. Il est vrai qu’il n’y a pas de sot métier, disons-nous quand nous ne sommes pas concernés !
Je l’imagine croisant  dans la rue le regard de son enfant. Il est en route avec ses copines et ses copains. Au bord des larmes, la honte au cœur, il feint de ne pas reconnaître sa mère, alors que leurs yeux se croisent.
Comment encore, désormais, affronter le jugement des autres et avoir la fierté de sa dignité humaine.
L’humiliation n’a jamais été et ne sera jamais un pilier pour bâtir la vie en société.
Madame, il est des moments où le silence est d’or. Même la Bible nous livre ce secret : « Une femme qui se tait est un don de Dieu » !

Guy De Smet  (7 septembre 2014)


- 37- HOMME, TU ES DE TROP !

Chaque soir, lorsque nous sommes installés devant notre télévision, il est une publicité qui devrait nous pousser à un peu de réflexion.
Il s’agit d’une publicité pour un yaourt. Nous pouvons y voir une femme « parlant » à son dessert. Elle lui explique la raison pour laquelle elle va le quitter. Il ne lui apporte plus rien. Il ne la surprend plus or, un goût de nouveauté s’est imposé à elle. Elle a découvert un nouveau yaourt, aux qualités exceptionnelles. Adieu l’ancien, bonjour la nouveauté !
Un moment télé anodin …. Et pourtant, comme il peut en dire long sur l’homme et sur son importance.
En lisant la presse, ce matin, mes yeux ont été attirés par un article parlant de la suppression de la classe moyenne, dans nos pays d’économie de marché. Il nous faut constater une hausse du nombre des salaires élevés et une diminution de la classe moyenne. La société se diviserait donc en riches et pauvres. Le seul critère étant la finance.
La cause de cette suppression de la classe moyenne, il faudrait la trouver dans l’importance prise par les technologies. Celles-ci, dans bien des domaines, remplacent désormais le travail de l’homme. Certains y verront un progrès concernant les conditions de travail. D’autres y déploreront la perte de petits emplois qui offraient une raison d’exister à bien des personnes aux qualifications limitées.
Il est ainsi question aujourd’hui, en Chine, de trouver des serveurs-robots dans les restaurants. Ils prennent vos commandes, ils vous apportent les plats. Il ne vous reste qu’à leur caresser la tête pour qu’ils vaquent à leurs occupations. N’oubliez quand même pas de payer à la sortie !
Dans bon nombre d’agences bancaires, les compétences et la présence du personnel ont été remplacées par l’anonymat d’un automate. La chaleur d’une parole devient la froideur d’un bouton à enfoncer !
Dans nos supermarchés, il est courant d’être confronté à une caisse automatique avec qui il est impossible d’échanger le moindre mot. Tout est dans le froid de la rentabilité !
Dans la plupart des services publics nous étions déjà habitués à n’être plus qu’un numéro … il paraît que cela évite des pertes de temps inutiles.
Aux guichets des hôpitaux ou d’autres services sociaux, avant d’avoir une identité vous êtes soit un numéro de carte d’identité ou une date de naissance. Gestion informatique oblige !
Et nous pourrions poursuivre cette litanie illustrant la déshumanisation du monde dans lequel nous évoluons.

Ce qui semble avoir de l’intérêt aujourd’hui, c’est le portefeuille d’une personne et le statut que cela lui confère.
Aux États-Unis, il est question de construire une ville dont les pauvres seraient exclus. Plus question pour les concepteurs de ce projet  de connaître des quartiers défigurés par la présence de pauvres et de « sans-dents » en tous genres.
À Londres, des immeubles d’appartements à deux entrées ont vu le jour. Sur la façade principale s’ouvre en grand une porte destinée aux nantis, à ceux qui ont les moyens de se payer ces luxueuses demeures. Sur le côté, il y a l’entrée des moins bien lotis … ceux qu’il a bien fallu loger, puisque c’est grâce à eux que le promoteur a eu les subsides permettant de bâtir l’immeuble. Ces deux mondes cohabitent, mais ne se croisent pas … jusque dans les ascenceurs !
Et tout cela en 2014 !
Depuis des mois, notre attention est attirée par l’épidémie d’Ebola qui ravage l’Afrique de l’ouest. Quelques millions suffiraient pour en venir à bout. Ils sont introuvables, alors qu’en un week-end, nos politiciens ont trouvé les milliards pour sauver les banques.
Depuis le mois de juillet un conflit honteux à mis à feu et à sang la Bande de Gaza. Aujourd’hui, on cherche de l’argent pour reconstruire ce que la puissance de feu des Sionistes a détruit. Il ne se trouve personne pour rappeler l’adage selon lequel les casseurs seraient les payeurs. Le crime d’Israël, la puissante, reste impuni. La misère de la Palestine, la faible, n’a aucun intérêt !
Dans notre pays, il a été possible d’ouvrir les bras, les cœurs, les frontières à quelques exilés fiscaux français. Ils viennent profiter de la non taxation du capital, tous les efforts de l’État s’acharnant sur le travail. Mais notre « Dragon national » s’est chargé d’expulser les miséreux de partout. Ils risquent de devenir une verrue sur le marché de l’emploi. Vous comprenez, il n’est pas possible d’accueillir la misère du monde ! C’est la crise !
Chez nous encore, il est possible de stigmatiser des populations entières, comme les étrangers ou les chômeurs, au nom de la crise. À en croire les décideurs, ils en seraient presque les responsables. Par contre, quelle délicatesse avec la finance, cette intouchable de nos économies.

En agissant ainsi, nous éliminons la dimension humaine du monde. Nous cassons les seules richesses qui en vaillent la peine : le regard et le cœur de l’homme.
Car enfin, qu’est-ce qui est le plus beau : la naissance d’un enfant avec tout son mystère ou le grattage sans surprise d’un billet de loterie ?
Qu’est-ce qui est le plus beau : deux êtres qui s’aiment au point de s’engager l’un envers l’autre ou le faste dont nous aimons entourer ces événements ?
Qu’est-ce qui a le plus de prix : le regard tout ridé par l’expérience de la vie d’une personne âgée ou le « bling bling » du plus grand, du plus beau, du plus fort appelé à vieillir demain ?

Notre société libérale mise tout sur l’avoir. Elle risque bien de s’y essouffler et d’y perdre son âme.
Tant de signes, liés à la crise économique et sociale, nous indiquent la prochaine chute d’un mur : celui du libéralisme débridé. Tout sera alors à reconstruire, mais avec l’intelligence de qui ? De l’homme que nous n’aurons eu de cesse d’asservir à des idéologies et à des chimères ? De l’homme qui aura été évincé des projets du monde ?
Aujourd’hui, des voix se lèvent pour en appeler à la raison. Elles nous viennent d’éminents économistes et de grands penseurs pour nous inviter à « arrêter le massacre ». La terre ne peut se passer de la richesse de l’homme, de tout homme, celle qu’il possède en lui, celle qui lui permet d’aimer et de créer la vie.

Avant de « quitter » l’homme pour d’autres saveurs technologiques ou financières, si nous prenions le temps de quitter nos horizons à courte vue, nos égoïsmes fratricides pour oser les pas d’un autre regard, celui qui peut découvrir en tout être ce petit quelque chose qui lui donne une place unique dans la symphonie de l’humanité.
L’aventure du renard et du petit prince serait-elle encore d’aujourd’hui ?

Guy De Smet (13 septembre 2014)


- 38 - « NOUS SOMMES PLUS QUE JAMAIS DEBOUT »

Ces paroles, on aurait pu les imaginer dans la bouche d’hommes et de femmes qui connaissent l’oppression, aujourd’hui.
Peut-être les Roms ou les sans-papiers qui face à toutes les portes qui se ferment auraient trouvé une reconnaissance des nations.
Peut-être les parents des martyrs créés par ces êtres nauséabonds qui prônent un État Islamique.
Peut-être du peuple des chômeurs qui, au cœur de cette crise qu’il n’a pas créée, aurait trouvé des raisons de croire à nouveau en l’avenir.
Peut-être des anéantis de Gaza qui, face à la barbarie sioniste, auraient enfin récolté l’aide des nations civilisées et la condamnation de leurs bourreaux pour « crimes de guerre ».
Rien de tout cela, hélas !
Ces propos nous viennent du directeur du musée juif de Bruxelles à l’occasion de la réouverture de son institution et de la Journée européenne de la culture juive.
Il s’adressait à ses auditeurs en ces termes : « Ceux qui s'attaquent lâchement à un musée, ceux qui représentent la version la plus rétrograde de l'islam, ceux qui voudraient voir notre musée fermé, ceux qui tentent de tracer la voie à la victoire de l'obscurantisme, ceux qui prêchent la bêtise, la brutalité, l'ignominie, l'horreur indicible, qu'ils sachent que nous sommes plus que jamais debout ». Et d’ajouter : « Mais nos valeurs fondamentales restent le courage, la citoyenneté, la gratitude et la générosité. »
En lisant cela, je croyais rêver : il est donc possible de dire autant de stupidité en si peu de temps !

Car enfin, souvenons-nous, il n’y a pas si longtemps, une partie de cette « culture » s’exprimait à travers l’invasion de Gaza et la lâcheté d’assassinats dont le sang ne cesse de crier vengeance.
Certes, une « version rétrograde de l’Islam », une caricature de religion se comporte d’une manière ignoble, en sacrifiant des innocents sur l’autel de la barbarie.
Certes, l’attaque d’un musée, fût-il juif, restera à jamais un acte qui dépasse ce que le cœur humain est capable de supporter. La vie d’un homme a plus de prix que n’importe quelle idéologie.
Certes !
Mais massacrer des femmes et des enfants à Gaza ne fait-il pas partie de la « barbarie ». Bombarder une école de l’ONU ou un hôpital n’est-ce pas une « horreur indicible » ?
Mais se lancer, dans la foulée d’un mouvement nationaliste et colonial, dans l’implantation de colonies sur des terres volées, n’est-ce pas le signe d’un « obscurantisme » idéologique qui ne cesse de semer violence et larmes de sang dans le quotidien des victimes palestiniennes ?
Mais mettre en place des murs et des check-points humiliants n’est-ce pas une entreprise digne de la « bêtise » et de la « brutalité » dont les Sionistes nous donnent le lamentable spectacle depuis 1948 ?
Il est des circonstances, où l’actualité oblige les responsables de ce genre d’institutions à tourner la langue sept fois dans la bouche avant de parler !

Savoir que le peuple juif est debout, face à ce qui se passe dans le monde, est assez secondaire … pour ne pas dire plus.
Il me semble même que l’Europe pourrait avoir d’autres priorités que la mise en place d’une « Journée européenne de la culture juive ».
Pourquoi ne pas investir autant d’énergie dans une réglementation honnête et ferme de la finance et du monde de l’économie ?
Pourquoi ne pas se battre avec autant de force contre le chômage et contre une crise injuste qui anéantit des familles entières ?
Pourquoi ne pas aider à mettre en place des conditions de vie qui permettraient un avenir pour ces milliers de jeunes qui n’ont rien à perdre, au point de détruire leur jeunesse au service de la barbarie de l’État Islamique ?
Pourquoi ne pas s’interroger, autrement qu’avec mépris, sur les montées des partis extrémistes un peu partout en Europe ?
Pourquoi les responsables européens sont-ils si tièdes face à une condamnation des actes barbares d’Israël. Ce pays utilise la démesure des frappes d’une armée au lieu d’entendre la voix de la  résistance palestinienne ?

Dans la bouche de ce responsable du musée juif de Bruxelles, il y a des mots qui sonnent mal et qui trahissent le devoir de mémoire qui devrait nous habiter.
Ce qu’a pu vivre le peuple juif dans l’Holocauste ne sera jamais justifiable, comme ne le seront jamais les crimes commis contre les Tziganes, les homosexuels ou encore contre tous les résistants à la tyrannie nazie.
Mais l’Holocauste n’a pas à servir de paravent aux exactions que les Sionistes, sur les traces d’Hitler, ne cessent de perpétrer depuis leur main-mise sur les terres de la Palestine.  La mémoire de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants est trop précieuse que pour servir de mobile à la goujaterie d’une idéologie qui collectionne les crimes contre l’humanité.
Comment ose-t-il parler de « courage », quand des soldats d’Israël débranchent l’électricité d’un hôpital qui s’apprête à donner la vie à un bébé ou encore quand ils abattent à bout portant un jeune de quinze ans qu’ils viennent d’arrêter ?
Comment ose-t-il parler de « citoyenneté », quand un de leurs membres éminents, Bernard-Henry Levy, ce philosophe à quatre sous de la médiocrité, se permet de mystifier des électeurs qui, dans un pays démocratique, ont affiché leur mécontentement et leur souffrance en votant pour l’Extrême-Droite ? Leur désarroi ne mériterait pas d’être entendu ? Il est vrai que ce bouffon n’en est pas à sa première stupidité !
Comment peut-il envisager la « gratitude », quand Israël refoule à ses frontières une aide humanitaire ou quand il s’attaque avec la force de son armada contre d’humbles pécheurs en quête de survie ?
Comment ose-t-il revendiquer la « générosité » quand, depuis la fin de la guerre nous n’entendons parler que de vengeance et de haine, dans la foulée de ténors comme Wiesenthal ou Klarsfeld ?
N’entendrait-il pas la clique au pouvoir en Israël parler d’extermination des palestiniens, seul gage d’avenir pour le pays ? Youtube conserve précieusement les déclarations de ces responsables sionistes !

Nous aurions aimé vivre une « Journée européenne de la culture juive » en nous réjouissant de l’apport extraordinaire des penseurs Juifs à l’avancée de l’humanité. Avec des hommes et des femmes issus d’autres religions et d’autres cultures, sans arrogance et avec humilité, ils ont bâti la pensée du monde.
Nous l’avons vécue, hélas, avec le cœur rempli de tristesse, face à l’abomination sioniste qui, avec celle de l’État Islamique, sont le cancer de l’humanité toute entière.
Trop de sang abreuve la terre de Palestine, trop de larmes l’inondent, trop de cris montant de Gaza et de Cisjordanie assourdissent les oreilles de la conscience de l’humanité. Ils empêchent l’homme de bonne volonté de franchir les portes de ce musée bruxellois.
Aux Sionistes et à ceux qui soutiennent leur action …
À tous ceux qui préfèrent se fermer les yeux au nom de la Shoah …
À l’arrogance d’un peuple qui au Moyen-Orient ne cesse d’implanter la haine …
Je voudrais simplement laisser ce témoignage d’une maxime juive : « D'un homme orgueilleux, Dieu dit : Lui et moi ne pouvons cohabiter dans le monde. »

Guy De Smet (15 septembre 2014)


- 39 - VERS UN ENFER SOCIAL

Il y avait déjà l’été indien. Nous connaissons l’automne et ses tempêtes.
Nous avons entendu parler de « crise économique » ou encore d’une « crise climatique ».
Sommes-nous maintenant aux portes de mois et d’années d’un enfer social, chez nous, en Belgique ?
La situation n’était déjà pas rose pour plus d’un parmi nos concitoyens. Le pouvoir d’achat était déjà en baisse. Le prêt par les banques que nous avons aidées était déjà devenu un parcours du combattant. Les chiffres du chômage n’étaient pas bons. Les montants de retraites semblaient déjà dérisoires. Austérité et rigueur étaient déjà des mots qui habillaient nos quotidiens. Quant à la reprise économique elle paraissait plus virtuelle que réelle.
Pendant ce temps-là, les banques retrouvaient le sourire. Les actionnaires se réjouissaient de la tombée des dividendes, tout en en espérant toujours plus.
Pendant ce temps-là Depardieu et quelques minables grosses fortunes françaises se pavanaient dans le confort du statut d’exilé fiscal. Ils y étaient aidés par nos autorités qui, pour une fois, mettaient la solidarité européenne entre parenthèse, au profit d’un accueil de quelques inciviques étrangers.
Voilà maintenant qu’on nous annonce l’installation chez nous du couple Sarkozi, nouvel exilé fiscal et judiciaire. Dans le même temps, sans aucun scrupule il met en scène son retour en politique au doux pays France ! Indécence quand tu nous tiens !
D’un côté, le quotidien du citoyen lambda, vous et moi … et de l’autre l’univers doré de quelques nantis, sponsorisés par celles et ceux que nous avons élus !

Nous aurions pu espérer avoir atteint le fond du cynisme … c’eût été fort optimiste !
Depuis quelques semaines, les négociateurs d’un éventuel nouveau gouvernement nous distillent, par indiscrétions interposées, des mesures qu’ils envisagent pour réformer notre avenir.
Pour les stimuler l’aiguillon de l’Europe, cette idéologie en faillite, place devant leurs yeux des normes à atteindre, avec, à la clé, des dates butoirs.
Il semble indispensable de trouver de nouveaux moyens financiers pour sortir le pays de la crise qui assomme toute l’Europe.
Il est urgent, selon eux, de renforcer le pouvoir de compétitivité des entreprises. Pour cela, ils estiment, à l’unisson du patronat, indispensable de réduire les charges qui pèsent sur le travail.
Tout cela, nous pouvons bien le comprendre … Mais, il nous reste quand même un passé en travers de la gorge.
Où est l’emploi fourni par le géant de l’acier, Arcelor-Mittal qui n’a cessé de piller les finances de l’État, en bénéficiant, comme d’autres des intérêts notionnels et d’autres avantages fiscaux mis en place pour les attirer chez nous ?
Où sont passées toutes ces entreprises dont la spécialité majeure étaient d’engranger des bénéfices substantiels, de délocaliser et de procéder à des licenciements abusifs en tous genres ?
Où sont passées toutes ces aides européennes qui devaient promouvoir l’emploi et qui ont servi à améliorer les bénéfices de plus d’une société ?
Certes, les intéressés nous répondront que nous ne connaissons rien aux enjeux de la mondialisation. Ils iront même parfois jusqu’à se lancer dans un chantage insupportable à la création d’emploi.

Mais comme notre avis ne nous est pas demandé par les négociateurs, il nous suffit d’enregistrer et de collectionner les différentes gouttes de mesures qu’ils nous distillent, sans le vouloir.
Et là, que de pépites !
Saut d'index, réforme des pensions, hausse de la TVA, réforme du chômage, menaces sur la sécurité sociale, flexibilité de l’emploi ...
Ces mesures nous concernent tous, à des degrés divers, dans notre quotidien. Elles auront toutes un impact sur notre pouvoir d’achat et s’en viendront grever, une fois de plus, le budget des ménages.
Ce faisant, les négociateurs espèrent relancer l’économie. Ils espèrent lire les chiffres d’une hausse de la consommation …
Je n’ai jamais été très doué en calcul, mais quand le portefeuille est vide, il n’est plus possible d’en faire sortir quelque chose. Cela semble être une évidence ! Y aurait-il donc là une chimère de plus ?

N’étant pas spécialiste en économie, je ne vais pas me lancer dans une analyse de ces mesures. Je voudrais pourtant, en néophyte que je suis, m’arrêter à l’une ou l’autre d’entre elles.
- Le Saut d’index.
Certes, ce sera une manne inespérée pour les entreprises qui vont voir une diminution du poids des frais liés au travail au profit de plus de moyens financiers. Serviront-ils à créer de l’emploi. Les responsables annoncent déjà : « pas tout de suite ». À moins que les actionnaires demandent à être les premiers servis !
Une manne aussi pour l’état qui, ne devant pas payer ses fonctionnaires, engrangera un bénéfice à ajouter au gouffre du déficit national et régional.
Pendant ce temps-là le coût de la vie augmentera et nos moyens financiers pour y faire face seront moindres. Relance de la consommation … autant oublier !
- L’allongement du temps de travail intervenant dans le calcul des retraites.
Cette intention en vaudrait la peine, si le travail proposé était valorisant. Que d’employeurs qui utilisent l’homme comme une machine, espérant bien le remplacer demain par un robot. Un travailleur, cela se respecte, le savent-ils toujours ?
Cette intention serait louable, si la santé de l’homme le permettait. Une étude sérieuse vient de démontrer que souvent la santé de l’être humain se dégrade vers 63 ans. Il est démontré que la pénibilité de certains emplois, (hors de la liste des négociateurs !) rendent cette mesure caduque.
Cette intention serait acceptable, si le jeune qui arrive sur le marché du travail ne se faisait pas répondre qu’il n’y a rien pour lui parce qu’il manquerait de formation, parce qu’il n’aurait pas assez d’expérience, parce que le diplôme qu’il fait valoir le rend « trop cher ».
Au terme d’une existence bien remplie, l’homme n’aurait donc pas droit à bénéficier de tout ce qu’il a économisé tout au long de sa vie, de tout ce qui a été retenu sur son salaire ? N’aurait-il pas droit à quelques années « heureuses » pour profiter enfin du bonheur ? N’aurait-il pas le droit d’exister au nom des impératifs du monde de l’économie qui rapportent à quelques nantis ?
- La réforme du chômage.
La Droite a découvert les coupables de tous nos malheurs économiques et sociaux. Après les étrangers, stigmatisés par Madame De Block, ce sont aujourd’hui les chômeurs qui sont dans le collimateur.
Si certains en ont fait un choix de vie, la grande majorité d’entre eux s’est retrouvée sans emploi au nom d’impératifs économiques qui les dépassent. C’est un grand malheur qui s’en vient habiller le quotidien de trop de familles de chez nous.
Il serait question de les « surveiller », de « vérifier » leurs comptes (ils risqueraient de frauder !). Il est même question de leur supprimer les allocations de chômage après un certain temps : le fait de ne pas trouver d’emploi deviendrait un « crime » punissable. N’y a-t-il décidément rien d’autre à faire que de sauver le « Soldat Argent » ?
Les travailleurs devraient-ils payer une crise dont ils ne sont pas responsables ?
Les travailleurs devraient-ils se contenter du statut de victimes de politiques économiques et sociales et d’un projet européen foireux ?
Les travailleurs devraient-ils n’être que le reflet des bénéfices d’une entreprise, sans y être associés ?
De telles mesures, lancées par des ministres et des parlementaires qui s’octroient des pensions à vie imméritées est une honte !
Nous n’avons pas le droit, si le vote de l’électeur est respecté, de laisser sur le bord de la route une catégorie de la population !
- La mise en danger de la sécurité sociale
Nous aimons dire qu’elle est une des meilleures du monde chez nous (chaque pays le dit !) … mais l’est-elle pour tout le monde ?
Aujourd’hui déjà, des hommes, des femmes, des enfants se privent de soins, d’une visite chez le médecin ou chez le dentiste, parce que cela coûte trop cher.
Aujourd’hui déjà, l’hospitalisation est un luxe qui n’est pas à la portée de toutes les bourses.
Nos concitoyens ont cotisé pour cette aide bienvenue, pendant que des cadeaux politiciens ont permis à d’autres, qui n’avaient jamais cotisé, d’en bénéficier, sans aucune autre contrepartie.
Le modèle visé par ceux qui mettent aujourd’hui en question cette sécurité sociale ne serait-il pas celui qui existait outre-Atlantique. Pour être assuré, il suffit de le prévoir soi-même et de faire le bonheur de ces loups d’assureurs qui ne rêvent que de profiter de nos faiblesses. Nous aurions ainsi des soins de santé à deux vitesses : rien pour ceux qui ne peuvent se les payer et le reste pour ceux qui ont pu s’assurer.
Le « trou » de la sécurité sociale ne serait-il pas le plus grand hold-up légalisé par les structures de l’État ?

Au-delà de ces mesures distillées dans la presse, pas un mot sur les nantis. Pas un mot sur le monde des banques qu’il a fallu sauver et qui sont aujourd’hui si frileuses pour le prêt. Pas un mot de taxation du capital, au point que quelques inciviques français trouvent chez nous leur bonheur. Pas un mot sur le train de vie de l’État et sur ses dépenses surréalistes, permettant à quelques fantoches du système de profiter de lendemains qui chantent.
Les syndicats nous promettent un enfer social, voire des émeutes sociales ?
La seule chose qui est sûre, c’est que jamais le peuple n’admettra que l’injustice ait le dernier mot.

La plus grande injustice de la société actuelle, c'est l'état « d'intouchable » dans lequel se trouvent les « puissants » de ce monde. Non pas seulement les puissants d'un pays, mais ceux d'une ville, d'un village même, ceux que l'on n'osera jamais affronter même s'ils ont commis la plus odieuse des injustices.
Citation de Françoise Giroud ; La nouvelle vague (1958)

Guy De Smet ( 23 septembre 2014)


- 40 - LA GUERRE EST UNE FOLIE

Si certains en appellent à « une civilisation de l’Amour », l’actualité nous livre chaque jour son lot de cris de détresses et de larmes de sang.
Ukraine, Syrie, Irak, Palestine, Libye, Égypte, Afghanistan … autant de pays détruits par la haine et par la violence.
Tortures, massacres, décapitations, bombardements, coalition, Djihad, sionistes … autant de mots qui font froid dans le dos, tant ils sont porteurs de morts et de sang versé sans raison.
Otages, prisonniers, exilés, réfugiés, martyrisés … autant de visages innocents de conflits qui les dépassent.

Lors d’une récente commémoration de la première guerre mondiale, le Pape François nous livrait les sentiments qui assombrissent son cœur. Je ne résiste pas à la tentation de vous les offrir tels quels : « La guerre est une folie. Alors que Dieu dirige sa création, et que nous les hommes, nous sommes appelés à collaborer à son œuvre, la guerre détruit. Elle détruit aussi ce que Dieu a créé de plus beau, l’être humain.
La guerre défigure tout, même le lien entre frères.
La guerre est folle, son plan est la destruction, se développer en détruisant. La cupidité, l’intolérance, l’ambition du pouvoir sont certains des motifs qui poussent à décider la guerre, et ces motifs sont souvent justifiés par une idéologie. Mais d’abord il y a la passion, il y a une impulsion déformée. L’idéologie est également une justification. Et lorsqu'il n’y a pas d’idéologie, il y a la réponse de Caïn: « Que m’importe? Suis-je le gardien de mon frère? » 
La guerre n'épargne personne, personnes âgées, enfants, mamans, papas… « Que m’importe? » Au-dessus de ce cimetière, flotte la devise narquoise de la guerre: « Que m’importe? » Tous les êtres humains qui reposent ici avaient des projets et des rêves, mais leurs vies ont été brisées. L’humanité a dit: « Que m’importe? » Pourquoi, pourquoi ? Aujourd’hui encore, après l'échec renouvelé d’une seconde guerre mondiale, on peut, peut-être, parler d’une troisième guerre par morceaux, avec des crimes, des massacres, des destructions. La première page des journaux ne devrait-elle pas avoir pour titre: « Que m’importe? »
Aujourd'hui comme hier, l'attitude de Caïn est exactement à l’opposé de ce que demande Jésus dans l’Évangile. Lui qui est présent dans le plus petit de ses frères, le Roi, le Juge du monde, il est l’affamé, l’assoiffé, l’étranger, le malade, le prisonnier. Celui qui prend soin de son frère entre dans la joie du Seigneur. Celui qui, en revanche, ne le fait pas, qui par ses omissions dit « Que m’importe? », reste dehors. » 
Le Pape poursuit en ces termes :
« Aujourd’hui encore les victimes sont nombreuses. Comment cela est-il possible ? C’est possible parce que, aujourd’hui encore, dans les coulisses, il y a des intérêts, des plans géopolitiques, l’avidité de l’argent et du pouvoir, et il y a l’industrie des armes, qui semble être tellement importante.
Et ces planificateurs de la terreur, ces organisateurs de l’affrontement, comme également les marchands d’armes, ont écrit dans leurs cœurs « Que m’importe ? »
C’est le propre des sages, que de reconnaître leurs erreurs, d’en éprouver de la douleur, de les regretter, de demander pardon et de pleurer.
Avec ce « Que m’importe ? » qu’ont dans le cœur les affairistes de la guerre, peut être gagnent-ils beaucoup, mais leur cœur corrompu a perdu la capacité de pleurer. Caïn n’a pas pleuré, il n'a pu le faire. Et son ombre de Caïn plane aujourd’hui sur ces cimetières. On le voit ici. On le voit dans l’histoire qui va de 1914 jusqu’à nos jours. Et on le voit aussi de nos jours.
Avec un cœur de fils, de frère, de père, je vous demande à tous, et pour nous tous, la conversion du cœur: Passons de ce « Que m’importe ? » aux larmes.
Pour tous ceux qui sont tombés dans une hécatombe inutile, pour toutes les victimes de la folie de la guerre, en tout temps. Pleurez, l’humanité a besoin de pleurer, et c’est maintenant l’heure des larmes". »  

Et, face au spectacle du monde, le Pape avait les yeux remplis de larmes de tristesse et de honte.

La guerre est une folie !
Et pourtant, elle semble inscrite dans les gênes des humains.
Les guerriers de l’État Islamique se battent pour étendre leur empire au nom de Dieu.

Ils traitent le monde d’infidèle, alors qu’ils ne cessent de se comporter comme des ennemis du Dieu qu’ils proclament. Car qui massacre et décapite l’homme, massacre et décapite Dieu !
Je suis impressionné par le silence des responsables musulmans, chez nous, qui ont trouvé en Occident un lieu pour vivre et pour prier.
Nous aimerions entendre de votre bouche que l’Islam est une religion de paix. Nous aimerions lire sur vos lèvres que Dieu n’est pas un adepte de la guerre, fût-elle sainte, mais qu’il est source de sacré et de vie.
Les Musulmans de France viennent d’être les relais de ce souhait en affirmant haut et fort : « Nous, Français de France et de confession musulmane, tenons à exprimer avec force notre totale solidarité avec toutes les victimes de cette horde de barbares, soldats perdus d'un prétendu État Islamique, et dénonçons avec la dernière énergie toutes les exactions commises au nom d'une idéologie meurtrière qui se cache derrière la religion islamique en confisquant son vocabulaire …, Personne ne peut s'arroger le droit de s'exprimer en notre nom, et, pour mieux attester de notre solidarité dans les circonstances dramatiques actuelles, nous revendiquons l'honneur de dire que « nous sommes aussi de sales Français ».
À travers votre silence, nous ressentons votre honte et votre peur. En même temps, nous ne pouvons nous empêcher de soupçonner la complicité de certains parmi vous qui ont offert des oreilles attentives à quelques recruteurs sans morale.
Votre silence fait écho à l’aveuglement lâche de nos politiques migratoires qui vous ont attirés chez nous, au mépris de toute notion d’humanité pour vous accueillir et vous aider à construire un avenir.

Laissez éclater votre désapprobation et soyez du côté des amis de la paix et de la justice ! Ce sera là votre fierté !
Mais il n’y a pas qu’eux pour semer la terreur dans l’univers.
Tout l’été a été chaud pour les habitants de Gaza, écrasés par les bombes sionistes et par les nouvelles armes fournies par l’industrie américaine de l’armement.

Des civils, des hommes, des femmes et des enfants sont devenus, selon une expression qui à elle seule ressemble à un crime de guerre, des victimes collatérales.
Israël parle d’un « droit à se défendre » … La Palestine revendique un « droit de résistance » … et entre les deux, il reste le lamentable spectacle de l’inertie des nations.

Depuis 1948, l’Occident ferme les yeux sur la politique colonialiste des Sionistes qui à travers la barbarie de ses crimes, ainsi que l’ignominie de murs de la honte clouent les habitants de la Palestine sur les poutres de la terreur et de l’humiliation.
Là encore, je suis impressionné du silence de toutes ces communautés juives qui s’apprêtent à fêter le nouvel an, comme s’il ne s’était rien passé. Elles ne m’inspirent en rien l’idée de leur souhaiter une « bonne année » !
Elles nous invitent à nous indigner avec elles face à l’attentat d’un musée bruxellois, ou face aux incidents d’Anderlecht ou face aux atteintes à la Shoah.
Elles ne se vantent pas trop de l’impôt volontaire payé à l’état d’Israël, au nom d’une idéologie coloniale meurtrière et condamnable.

Elles nous invitent à brailler, comme elle, à l’antisémitisme, à chaque fois qu’une colère s’exprime face aux événements meurtriers d’Israël. Cela ne nous inspire que dégoût et révolte !
Votre silence ne vous rendrait-il pas complices des atrocités commises par ses terroristes sionistes, qui agissent avec la bénédiction des grandes puissances ?

S’il en était autrement, vous auriez à le démontrer et à prendre distance face aux abominations commises par vos frères sionistes.

En Ukraine aussi, la violence s’écrit en lettres de guerre et de sang.
Des familles entières sont prises au piège d’un conflit qui les dépasse. Des haines et des vengeances en appellent à s’unir.
L’Europe et la Russie s’affrontent dans une guerre économique au nom des intérêts de marchés financiers …  et ce sont de simples citoyens d’une nation, déjà déchirée par l’Histoire, qui en paient les pots cassés.
Je m’étonne que l’Europe qui a eu l’audace d’accepter un prix Nobel de la Paix dérape à ce point, confondant ses intérêts sonnants et trébuchants et le besoin de dialogue et d’aide à l’épanouissement des peuples. Ne se voulait-elle pas la protectrice des Droits de l’homme … à moins que ce ne soit que quand ses rêves d’expansion sont en jeu ?

Voilà maintenant que l’Otan, poussée par les États-Unis, ces va-t-en-guerre légendaires, se lancent dans une coalition répondant à la terreur par la terreur.
Il leur en a fallu du temps pour réagir !
D’abord ils ont ouvert une boîte de pandore en Irak, croyant casser l’axe du mal. Ils ont libéré la bête immonde, l’intolérance religieuse, qui ne cesse de semer la mort et la destruction.
Ensuite, ils se sont contentés de regarder les files de réfugiés qui sillonnaient les route de la honte pour fuir l’horreur de régimes dictatoriaux en Syrie ou ailleurs.
Enfin, ils ont assisté, sans intérêt, aux noyades et aux exactions de ces réfugiés qui fuyaient la guerre. Auraient-ils oublié qu’un jour ils ont eu la chance de bénéficier de havre d’accueil et de survie ?
Dans le même temps, ils se contentent de compter les têtes d’otages, jetés en pâture à la soif de vengeance et de haine des fous de guerre qui détruisent le monde.
Pauvre ONU qui, une fois de plus, brille par son absence et par son impuissance. À quoi sert cette institution ? … Espérons, qu’un jour, nous ayons des motifs de lui accorder quelques crédits.

« Où va notre terre, si l’amour est tué, si nous marchons séparés ?
Où va notre terre en larmes ? »

Guy De Smet (26 septembre 2014)


- 41- L’IMMIGRATION DE DEMAIN

Le photographe français Benoît Cézard vient de réaliser une œuvre qui mérite bien que nous nous y arrêtions quelques instants. En cliquant sur ce lien, vous pourrez la méditer et la contempler : http://www.benoitcezard.com/china-2050
Depuis huit ans, il réside en Chine. Ce pays est appelé à devenir, dans un avenir proche, la première puissance économique au monde. C’est au départ de cette constatation que l’artiste s’est laissé inspirer. Il a choisi la date symbolique de 2050 pour imaginer ce que serait la vie et le travail dans ce grand pays. Les photos qu’il a tirées de sa vision ont de quoi nous pousser à la réflexion.

En Occident, nous étions habitués à briller.
Nous avions connu les empires coloniaux, sources de richesses que nous importions avec bonheur pour en faire le fonds de commerce de nos étals et de nos banques.
Nous avions dansé au rythme des grandes puissances. Nous nous étions construits des marchés économiques prometteurs. Nous avions inventé un système économique qui devait rapporter gros. Notre industrie était florissante, appuyée par une recherche que nous estimions être à la pointe.
De tout cela était né un mode de vie. La richesse était devenue un critère de réussite sociale.  Le capital était devenu la seule valeur qui mobilisait nos énergies. Nous avions même été jusqu’à créer des monnaies fortes, capables de dominer le monde.  Nous avions créé un modèle d’homme dont la mode vestimentaire était le reflet : jeune, beau, mince, sans défaut …
Nous étions fiers de l’entrée de nos industries en bourse. Nous étions à l’affût des moindres poussées de fièvre des marchés financiers. Il n’y avait pas de place pour l’échec.
Mais ce bonheur apparent n’était pas appelé à durer !
Il y eut les chocs pétroliers, les dimanches sans voiture … les piliers de notre société montraient des premiers signes de faiblesse.
Plus tard vint la crise, venue en droite ligne des milieux bancaires américains. Récession, austérité, pauvreté, racisme, immigration, chômage … allaient devenir de nouveaux concepts à la mode.
Désormais, derrière le clinquant d’un modèle économique apparaissait le visage de l’homme, buriné par la détresse d’une misère sans nom.
Il y avait même deux sortes de regards : d’une part celui du nantis qui profitaient du séisme qui s’abattait sur l’Occident et d’autre part, celui du pauvre, du sans-emploi, du sans-papier, du sans-vie …
Hors du monde du luxe et des bénéficiaires du capital, il ne restait que le monde des pauvres, de ceux qui comptaient leur maigres avoirs pour arriver à la fin du mois, le monde de ceux pour qui le travail n’était plus au rendez-vous, le monde de ceux qui au nom de l’âge, de la maladie ou du handicap devenaient un poids pour la société.
Il y avait le monde des étrangers sur qui nous crachions à qui mieux mieux, le monde de tous ceux qui étaient de trop … et ils se comptaient par millions.
Il y avait le monde des guerres que nous avions plaisir à déverser chez les autres … qui sait, ça peut rapporter ?
Il y avait le monde des réfugiés, des exilés, des affamés qui n’intéressaient personne.
Jusqu’au jour où …

L’argent reste le Dieu qui mérite toute l’adoration. Il a simplement changé de domicile. Le photographe nous invite ainsi dans la Chine de 2050.
De nouvelles puissances économiques ont vu le jour, balayant la vieille Europe et ses atours d’antan, balayant les États-Unis et son orgueil démesuré.
L’auteur s’arrête à l’exemple de la Chine, le nouvel Eldorado.
L’industrie y est puissance, les bénéfices y sont au rendez-vous. La révolution culturelle de Mao Tse Toung n’y est plus qu’un vieux souvenir. La culture de la réussite y façonne un homme au point de l’aveugler.
La Chine fait rêver, au point que des milliers d’hommes, de femmes, de familles ont leurs regards tournés vers elle et se mettent à espérer.
Ils ont fait le voyage, peu importe les conditions. Ils ont cru y trouver une place et reconstruire une vie. C’était oublier que l’argent n’est pas un dieu prêteur.
Il était loin le temps, où nous pouvions apporter notre savoir. Désormais il nous fallait nous contenter des miettes qui tombent de la table des riches.
Il n’y avait pas de place pour nous dans cette histoire de succès …Si ce n’est l’esclavage de petits boulots !
Le photographe nous présente ainsi le sort de quelques blancs débarqués dans ce pays merveilleux.
Il nous montre un homme attendant le client pour lui vendre quelques pommes posées sur un brancard ou encore un serveur ou la technicienne de surface face aux caprices de ses clients et de ses patrons.
Il met en scène des ouvriers du bâtiment venus se vendre pour quelques pièces ou encore une mendiante à genoux dans la rue, interpellée par les forces de l’ordre, n’ayant que sa honte pour se couvrir.
Il place devant nos yeux l’image de ces virtuoses qui n’ont plus que la rue pour survivre grâce à leur art ou encore ces balayeurs de rue à qui personne ne doit adresser la parole.
Tous ces blancs sont là avec leur détresse, mais aussi, certainement, avec des souvenirs d’autres hommes et d’autres femmes venus chez nous, jadis, et que nous avions traités avec tellement de mépris.
C’étaient eux désormais qui faisaient la manche pour survivre.
C’étaient eux qui se contentaient de petits boulots dont personne ne voulait.
C’étaient eux qui partageaient désormais ce statut peu enviable d’immigré, d’étranger. La seule chose qui leur était demandée, c’était de s’intégrer ou de disparaître, de travailler et de se taire.
C’étaient eux qui affrontaient le mépris et l’exploitation au quotidien.
C’étaient eux désormais qui endossaient le costume du « sans-avenir ».
Un retournement de situation qui a de quoi nous faire réfléchir !

Pouvons-nous laisser construire des projets de société dans lesquels l’homme n’est pas le centre des préoccupations premières ? L’un peut-il se passer de l’autre ?
Avons-nous le droit de sacrifier l’homme au nom d’une idéologie économique, environnementale ou encore financière, sans mettre en péril la simple notion de bonheur ?
N’est-il pas urgent de dénoncer toutes les politiques qui placent une inadéquation entre le travail et le capital, comme cela se fait dans tous nos pays, aujourd’hui ?
Le service du « dieu Argent » ou le « bonheur » de l’homme, il faut choisir … Il y a urgence !
D’éminents économistes s’y emploient. Trouveront-ils un écho dans les plans de nos décideurs élus démocratiquement ? Resterons-nous coincés dans des stéréotypes macroéconomiques qui ne cessent de prouver leurs limites ?
À quand le retour de l’humain sur la scène des préoccupations de celles et de ceux qui nous dirigent ?

Guy De Smet (1 octobre 2014)


- 42- LE GOUVERNEMENT DE LA HONTE

Après des mois d’attente, la Belgique vient de se voir doter d’un gouvernement.
Tant de jours, pour accoucher de « ça » !
En lisant ce matin l’aperçu des mesures que compte prendre ce gouvernement, j’éprouve, en tant que citoyen et en tant que chrétien, un profond sentiment de colère.
Recul de l’âge de la retraite, mise au travail des chômeurs par chantage, saut d’index pour le plus grand bien des actionnaires des entreprises, baisse des charges salariales avec la fumisterie d’une promesse d’emplois à la clé, des aménagements de la sécurité sociale …
À cela il faut ajouter quelques cadeaux aux amis « indépendants », un silence coupable épousant l’escroquerie du milieu bancaire,  l’amélioration des conditions du paradis fiscal pour quelques nantis … sans oublier l’autisme face à toute taxe sur le capital !
Une politique financière qui rencontre, on ne peut mieux, l’absurdité d’un projet européen inspiré par le rêve d’un grand marché économique et financier.
Toutes ces mesures stigmatisent une partie de la population, tous ces travailleurs qui n’ont que leurs bras et leurs compétences pour se faire une place dans la vie.
Leur sort n’est plus de « vivre », mais de « travailler » et de culpabiliser si le chômage est le quotidien.
Ils instaurent un « service de la communauté », pour les chômeurs comme ils l’ont fait pour les prisonniers coupables d’un crime. Ce faisant, ils font de l’humiliation et de la punition des marqueurs de la vie sociale.
Ils  inventent une amélioration du pouvoir d’achat des citoyens … sans leur en donner les moyens.
Ils envisagent une « amélioration » de la sécurité sociale, en ne sachant même pas ce que « social » veut dire.
Ils rêvent d’une amélioration de la compétitivité des entreprises, susceptibles alors de créer de l’emploi, à moins que cela ne serve à améliorer des dividendes des actionnaires.
Ils proposent une flexibilité de l’emploi, permettant aux patrons d’utiliser leurs esclaves seulement quand le besoin s’en fait sentir. De partenaires fiers de leurs compétences, ils deviennent des objets sur le marché de l’emploi.
Tout le tissu social et humain … sacrifié sur l’autel de la finance et de sa soif de bénéfices !
Avec un cynisme sans nom, ces bouffons de la mascarade en appellent à une concertation sociale … un plutôt à un « imprimatur » du monde syndical face à ces mesures abjectes qu’ils viennent de prendre. « Ils décident et il n’y aurait plus qu’à accepter ». La réponse à ce cynisme est dans la main des syndicats !

Non seulement, ce gouvernement est un ciment de l’injustice sociale. Mais en plus, il est profondément une insulte à la démocratie. Imaginez, un parti qui n’a obtenu qu’un peu plus de 9 % lors des dernières élections législatives se voit confier, non seulement le poste de premier-ministre, mais, en plus, il se voit attribuer 7 missions ministérielles !
Où est le respect du vote de l’électeur ?
Où est le respect de la parole donnée aux citoyens … et, dans de telles conditions, pourquoi encore aller voter ?

Qu’attendre de tout cela ?
Un enfer social, un appauvrissement de la population qui n’a que son travail pour vivre, un enrichissement programmé des plus riches et de ceux qui ne vivent que de la spéculation.
Il faut aussi prévoir des mouvements de grèves et, je le crains, de blocage du pays.
Il n’est, en effet, plus tolérable de toujours faire payer les mêmes, de s’attaquer aux maigres avantages d’une population qui collectionne déjà les fins de mois difficiles.
Il n’est plus acceptable que, dans les rapports entre les hommes, l’argent ait plus de valeur que le travail.
Il n’est plus admissible que les riches ne participent pas à l’effort de redressement du pays, se contentant de n’être que les ridicules bénéficiaires d’un système basé sur l’injustice et l’exploitation.
Il faut s’attendre à une révolte des classes laborieuses qui en ont assez d’être pressées comme un citron.
Il faut s’attendre à ce que l’être humain, au nom de sa dignité, se rebelle en n’acceptant plus les diktats injustes de quelques politiciens en quête d’un pouvoir personnel.
Il faut s’attendre à un dégoût de la politique et de ses implications sur le concret de l’existence, au point de voir se lever des extrêmes qui entreront dans la danse.
À la question de savoir s’il faut laisser une chance à ce gouvernement, je réponds, haut et fort : NON !
Qui sème l’injustice récolte l’injustice !

Guy de Smet (8 octobre 2014)


- 43 - BIENVENUE AU PAYS DE GOGOLIer

Depuis hier, coincée entre les colloques singuliers de Guignol et les sourires d'enfant face à un nouveau jouet de Gogol, la Belgique est devenue un pays où le mépris du citoyen s’écrit en mode de gouvernement.
Dirigés par un "gamin" dont le curriculum vitae se résume à n'être que le fils de papa, lui-même, un politicien qui ne s'est jamais fait remarquer par son intelligence, les Belges s'interrogent.
On avait déjà connu le rejet et la stigmatisation des étrangers grâce aux énormités de la ministre compétente. Maintenant, il serait question de la mettre à la santé, bonjour l'expulsion des "soins de santé".
Elle se targue d'être médecin de formation, je préciserais "médecin rayé par l'ordre des médecins" ... tu parles des compétences !
Notez que l'expression de nos voisins français dans ce cas serait intéressante : "mettre à la santé", c'est mettre derrière les barreaux (n'oublions pas que sa politique d'immigration nous a valu des condamnations par la justice européenne !)
Dans le « Bible de gouvernance », ces "sales gosses de riches" en arrivent à mettre sur le même pied un chômeur, victime des  licenciements abusifs (ils disent économiques) et  un prisonnier payant sa dette à la société.
Il n'y a que le nom qui change, mais le contenu reste le même : de "travaux d'intérêts généraux" ils passent à "service à la communauté" ... Chou vert et vert chou ! Ils rétablissent en quelque sorte l'esclavage !
Une simple information : qui est "chômeur de longue durée  ? il s’agit d’un "jeune" qui manque de formation et d'expérience et d’un "plus de trente ans", parce qu'il est trop vieux !
Je me permettrais deux autres remarques : et si l'aide aux entreprises s'accompagnait d'un contrat clair de remboursement des avantages reçus en cas de non-embauche ?
Il n'y a, dans  ce monde des sans-emplois,  pas plus de malhonnêtes et de fraudeurs que dans le monde de la banque et de la finance !
Dans la même ligne, ils prônent la flexibilité de l'emploi, rejetant la fierté du travailleur face à son travail. Ils cassent toute motivation au travail et inventent le "travaille ou crève" ! Le travailleur n'est plus qu'un objet de consommation comme le reste, qu'on utilise si on en a besoin !
Ils inventent aussi le mépris de la qualité de vie, sauf pour eux-mêmes et leurs amis riches à qui ils offrent des avantages payés par les plus pauvres. Curieux, par exemple, mais il n'y aura pas un travail obligatoire jusqu'à 67 ans pour un ministre ou un parlementaire. Quand ont-ils rencontré pour la dernière fois un enseignant qui fait un burn-out parce qu'il ne supporte plus l’agressivité des petites têtes blondes ou un policier qui a 67 ans n'a plus les forces physiques pour courir derrière le cambrioleur ou encore un travailleur à la chaîne marqué à vie dans sa santé et son épanouissement personnel ? Il paraît qu’ils reviendront lors de la prochaine campagne électorale pour « serrer des mains » !
Comment conjuguent-ils le "travailler plus longtemps" et la notion "d'entrée dans le monde du travail" ?
Que font-ils des alertes médicales et psychologiques qui mettent en garde contre l'allongement du temps de travail ?
À 60 ans, l’expérience des funérailles me le démontre,  il te reste plus ou moins 20 ans à vivre, sauf quelques heureuses exceptions !
Il est vrai que pour les amis de Gogol Ier, l'argent passe avant l'Homme !
Le jour où on verra ce genre de politiciens faire du social, et se contenter de distribuer quelques miettes à ceux qu'ils méprisent ... il ne faudra pas oublier de le noter dans les annales de l'Histoire !
Ils nous mentent en nous faisant rêver avec des créations d'emplois : si la diminution des charges patronales le permettait, il y a longtemps que ce  serait fait ! Le monde de la politique n'a pas attendu Gogol Ier pour trouver cette mesure ! Il est vrai que Reynders nous avait habitués à ce genre de cadeaux offerts à ses amis entrepreneurs et détenteurs du capital : souvenez-vous, les intérêts notionnels, entre autre !
Un exemple : l'aide accordée à Arcelor Mittal avec les intérêts notionnels, a-t-elle été un salut pour l'emploi ou une plus-value pour les intérêts financiers du milliardaire ?
Un mensonge de plus à l'actif de certains partis qui en ont fait une manière de communication !
Ils nous mentent en mettant en avant la non-augmentation des impôts, si ce n'est de nouvelles taxes sur le carburant, sur les accises, sur les intercommunales, une augmentation de la TVA sur certains produits ... qui paie ?
Ils inventent un saut d'index qui doit renflouer les caisses de l'État et améliorer la compétitivité des entreprises. Vous gagnerez moins, mais votre pouvoir d'achat se portera mieux ... cherchez l'erreur !

Comment réagir ?
Faisons confiance aux représentants des classes les plus faibles de notre pays et à ceux qui défendent aujourd'hui le monde du travail.
Syndicats, réveillez-vous, il est l'heure !
Boycottons les banques et les grandes entreprises de distribution. Fermons des comptes et des livrets pour ne garder que le strict nécessaire : ils ne font vivre que votre banquier !
Ne fréquentons plus certaines grandes surfaces qui licencient tout en faisant de gros bénéfices et en ne payant pas d'impôts !
Boycottons l'espérance d'une augmentation du pouvoir d'achat. Non seulement elle ne sera pas possible, mais si elle l'était, ne consommons que le strict nécessaire et ailleurs  qu'en Belgique serait un plus.
Restons vigilent à l'injustice que ce gouvernement invente. Nous avons un modèle de réaction : les grèves de '60.
Réclamons haut et fort un partage équitable de l'effort de redressement des finances publiques entre ceux qui ont l'argent et ceux qui travaillent. Ne permettons plus que ce pays soit un paradis fiscal pour quelques exilés fiscaux ignobles et un enfer pour ceux qui vivent de leur travail.
Exigeons une réforme du système électoral, qui permet aujourd'hui à des petits partis qui récoltent à peine plus de 9% de voix d'obtenir une chance de diriger le pays. C'est ce que nous avons laissé faire avec le casting de ce nouveau gouvernement.
Assistons sans broncher au suicide politique de Gogol Ier ... mais non à l'assassinat programmé de notre pays et de nos régions (curieux de constater que la NV-A ne se mouille pas  trop et « gagne »  peu importe le scénario !).    
Méfions-nous des promesses politiques, mais exigeons des résultats de gouvernance, et d'une gouvernance au service de l'Humain et non de l'argent !
Méfions-nous de l'Europe, elle plombe notre horizon au nom de son idéologie de marché et de son erreur d'une monnaie unique. Elle est la source de nos ennuis, comme l'est le monde de la finance en général !
Citoyen debout : l'ennemi "finance" a envahi tes frontières ! L’Humain est attaqué !

À l'instar de certains mouvements ... entrons en résistance !

Guy De Smet (9 octobre 2014)


- 44 - LETTRE À MON FRÈRE ÉTRANGER

Mon frère,

Tu as appris comme moi que la Belgique vient de se doter d’un nouveau gouvernement. Ce n’est pas ce que nous avons fait de mieux et ce n’est franchement pas une bonne nouvelle !
Pour réaliser leur œuvre diabolique, nos politiciens se sont réunis durant des mois, en ignorant totalement le résultat des élections (voir les chiffres dans le billet d’humeur n° 35).
Malgré ce déni de démocratie, ils seront capables d’envoyer un observateur dans ton pays, lors de prochaines élections, pour vérifier le caractère démocratique des suffrages de ton peuple !
Après des mois d’un accouchement douloureux, ils ont fini par mettre sur pied l’accord des lâches qui sera la « Bible de la Gouvernance » jusqu’au moment où la pression de l’électeur en décidera autrement.

Nous venons de recevoir, par bribes et morceaux, les textes des premières décisions d’ordre économique et social.
Une première lecture nous ouvre l’horizon d’un enfer social qui conduit les classes laborieuses vivant de leur travail dans un enfer qui laissera des séquelles à vie. J’en ai évoqué un aperçu dans le billet d’humeur précédent !
Crois-moi, il vaut mieux désormais être riche et en bonne santé !
Au deuxième jour de l’euphorie libérale, un deuxième volet de mesures nous est parvenu … et il te concerne, toi mon frère qui espérais retrouver un rayon de soleil pour illuminer ta vie.
J’ai honte de les évoquer devant toi, parce qu’elles sont un indicateur du puits sans fonds de notre ingratitude.
Nos décideurs semblent avoir oublié, qu’un jour, nous avons été très heureux de pouvoir trouver refuge dans d’autres pays. À l’époque, chez nous la guerre détruisait tout sur son passage. Tout était à reconstruire. Des gens généreux ont pris dans leurs faibles moyens des gouttes d’eau pour abreuver nos soifs et un peu de pain pour rencontrer nos faims.
Nos négociateurs et leurs magouilles semblent avoir oublié, qu’aux époques glorieuses de notre économie, nous avons été bien contents de vous rencontrer et de vous laisser un travail pénible à produire. Nous ne nous sommes guère embarrassés des conditions dans lesquelles tout cela se faisait … après tout vous n’étiez que des étrangers aux curieuses coutumes.
Ils n’ont pas l’air de savoir, que ces « choses » qui sont venues frapper à notre porte, espérant un peu d’hospitalité, avaient une âme, un cœur, des désirs, des rêves, des familles …
Ils ont fait de vous des menaces pour notre survie. Nous avions d’ailleurs mandatés un argument de poids, une espèce de pitbull, pour vous indiquer nos portes fermées … et dire qu’elle revient !

Ils viennent donc de nous faire connaître leur vision de la politique d’immigration et celle de notre sécurité ou encore celle de la justice.
Je te laisse juger : dès la quatrième page de leur document, ils abordent ta présence sur notre territoire sous l’angle de la lutte et de la répression contre les abus. Pour cela ils vont lutter avec énergie et cohérence, en harmonisant tous les moyens mis à leur disposition. Ce qui risque de te sauver, soit dit entre parenthèses, c’est qu’heureusement leurs moyens techniques sont souvent ou en panne ou d’un autre temps.
Tu sembles donc être d’abord une menace, avant d’être celui qui non seulement reçoit une aide, mais qui, en plus apporte la richesse de ta culture.
Mais nos responsables envisagent encore d’autres mesures vexatoires.
Quand tu frapperas à notre porte, tu ne devras plus attendre 10 ans avant de recevoir une réponse. Après 6 mois, ton sort sera fixé. En soit, une bonne chose, si ce n’est la suite …
Ils accompagneront cette mesure d’une  "campagne de dissuasion pour éviter l’arrivée de demandeurs ayant peu ou pas de chance d’être reconnus". À cela ils ajouteront d’autres clauses susceptibles de décourager ton envie de vivre et de t’installer chez nous.
« Tout sera (…) mis en œuvre pour favoriser le retour volontaire, (…). Parallèlement, les autorités continueront à investir plus intensivement dans les retours forcés ». Mais quel que soit le type de retour, celui-ci est fortement encouragé. (RTBF. Infos 09/10/2014)
Ils t’inviteront encore à ne pas utiliser l’excuse du regroupement familial pour faire fondre le cœur qu’ils n’ont pas : « vivre en famille est un droit consacré par différents traités et par la Convention européenne des Droits de l’Homme, l’illégalité, l’abus de notre système social ou de toute forme d’avantage lié au séjour ne seront en revanche pas tolérés. »
Ils pourraient aussi « interdire de territoire », tous non belges qui les encombrent. Une simple décision de justice suffira.
Toutes ces décisions ne s’adresseront pas à une nouvelle catégorie d’immigrés qui frappent aussi à la porte du pays. « Outre les mérites sportifs, socioculturels ou encore scientifiques, des mérites économiques seront également pris en compte pour l’octroi de la naturalisation », indique l’accord. Réussir en affaires et être prospère pourrait ainsi accélérer l’accès à la nationalité belge. (RTBF.Infos 09/10/2014)
Le seul logement provisoire qu’ils ont à te proposer ce sera un centre fermé … autrement dit, une prison !
Ah ! Mon frère, si tu avais pu t’appeler Depardieu, Sarkozi ou encore vivre le statut de tous ces escrocs fiscaux étrangers qui ont trouvé chez nous l’accès à un paradis fiscal … tu n’aurais pas dû mendier une place dans notre vivre-ensemble, tu n’aurais pas dû faire la file dans les administrations et subir au quotidien l’humiliation de n’être qu’un étranger.
Que veux-tu, les amis de mes amis sont mes amis !
Ce ne sont là que quelques aspects d’une potion indigeste qu’ils ont concoctée pour te faire fuir et t’éjecter … au déni de la plus élémentaire règle humanitaire.
Certes, il ne nous est pas possible d’accueillir toute la misère du monde … mais y aurait-il quelqu’un d’assez stupide que pour croire que tu serais l’unique cause du déficit abyssal de notre pays ?
Et s’il existait d’autres pistes pour corriger les dettes de notre petite Belgique ? … dotations royales, primes de ministres et de parlementaires, train de vie de l’État, taxe sur le capital, aide aux entreprises moyennant des contrats d’embauche, suppression d’une gabegie gouvernementale  (6 gouvernements pour une aussi petite nation …), doublons d’administrations …
Mais ils sont restés bloqués à ton odeur !

Mon frère, en te regardant dans les yeux, j’ai honte d’être Belge.
En entendant ta détresse, j’ai honte de devoir fermer les yeux et de me boucher les oreilles.
En te fuyant dans la rue, j’ai honte d’être gouverné par ces êtres abjects issus d’une droite raciste et inhumaine.
Mon frère étranger … Pardon et « pardonne-leur, ils ne savent ce qu’ils font » !

Guy De Smet (9 octobre 2014)


- 45 - NE VOUS TROMPEZ PAS DE GUERRE !

La mise en place du nouveau gouvernement belge ne fut pas un grand moment de sérénité. Il fut encore moins une perspective d’espérance offerte au pays.
Jugez vous-mêmes : il y eut d’abord la polémique autour des problèmes de poids de la nouvelle ministre de la santé. Son obésité rendrait-elle crédible sa fonction ? S’il n’y avait que cela !
Il y eut ensuite les propos du ministre de l’Intérieur au sujet de la collaboration vécue à une époque où il n’était pas né …
Il y eut enfin la présence contestée du secrétaire d’État à l’asile lors de l’anniversaire d’un ancien député Volksunie. Ce vieillard de 90 ans aurait eu la malencontreuse initiative d’être, jadis, en 1946, le créateur d’un mouvement flamingant.
Et dire, que selon le nouveau premier-ministre nous allions connaître cinq années, sans être poursuivis par le problème communautaire qui ne cesse de miner notre pays.
Nous avons quand même de la chance de pouvoir vibrer au comique créé par le cirque dont nos politiciens sont capables !

69 ans après la guerre, voilà que resurgissent nos vieux démons, nos vieilles rancunes et nos querelles émotives. Les coupables se trouvent généralement au cimetière, après avoir été jugés. Quelques rares exceptions sont devenues des vieillards qui ont payé leur dette à la société.
Et si nous laissions l’Histoire faire son œuvre, en récoltant les traces de lumière et de noirceur de nos consciences ?
Ce n’est pas cela qui va résoudre « la crise » ! Ne nous laissons pas distraire !

La nouvelle opposition se trouve aujourd’hui face à une autre « collaboration » à combattre et à rejeter.
Le nouveau gouvernement vient de nous indiquer les pistes de sa gouvernance dans un accord nébuleux.
Il a écrit, noir sur blanc, son attachement au monde de la finance.
Il a ciblé ses préférences, celle d’une entreprise, censée être compétitive, projetant à l’horizon l’hypothétique création d’emplois.
Il a renoué avec la confiance dans le jeu boursier, au point d’inciter les concitoyens qui le peuvent encore, à investir dans des placements à risque.
Il a montré du doigt des hommes et des femmes qui seraient les causes de tous les malheurs liés à la crise : les étrangers, les chômeurs, les jeunes.
Il a trouvé des portefeuilles à visiter auprès des travailleurs, des retraités, des malades, des automobilistes …
Il s’est fixé l’objectif de paupériser une partie de la population pour le plus grand bénéfice de quelques nantis.
Il a fait de l’économie de marché un credo, rejoignant les errances d’un capitalisme débridé. Celui-ci trouve son terrain d’échec dans le projet européen. La déroute économique annoncée de l’Allemagne, ce bon élève du Capitalisme,  en est un signe annonciateur.
Il a fait de la concertation sociale et du dialogue avec les régions des instruments pour nous faire avaler des couleuvres et des mesures injustes et inhumaines.
Il a fait des partenaires sociaux les futurs responsables de leur échec.
Il a fait du travail la seule valeur offerte à des hommes, résumant toute leur existence à des « points » virtuels pour une retraite tout aussi virtuelle.
Il s’est lancé dans une surenchère sécuritaire, faisant de l’armée et de la police ses éléments de visibilité.
Et nous pourrions décortiquer encore l’accord gouvernemental pour y trouver les traces d’une collaboration insidieuse qui finira par tuer l’espoir d’un peuple.
Populisme diront certains. Rancœur lanceront d’autres …
Personnellement, j’y lis les lignes d’une entreprise de démolition de l’être humain, de celui qui est fragile, de celui qui ne peut se défendre, de celui qui n’est pas coté en bourse.
J’y entends les cris d’angoisse d’hommes, de femmes, de familles qui n’en peuvent plus d’être taxés et de ne pas pouvoir boucler les fins de mois.
J’y ressens l’anéantissement d’une classe moyenne et laborieuse qui se voit sacrifiée sur l’autel de la rentabilité et du bénéfice. Mais il parait que c’est le bon choix et qu’ils sauvent l’avenir ! Lequel ?

C’est au nom de toutes ces victimes d’une collaboration malsaine avec le monde de la finance qu’il faut entrer aujourd’hui en résistance.
C’est à tous ces visages défigurés par la crise qu’il faut rendre de l’espoir et des raisons de vivre.
C’est au nom de tous ces travailleurs, lésés aujourd’hui dans leurs intérêts, qu’il faut lutter et unir ses forces. Nous ne pouvons laisser résoudre la crise à leurs dépens !
Il faut exiger un partage de la solidarité pour inverser les dommages créés par la crise. Les riches eux aussi ont des responsabilités à assumer !
Il faut faire du monde de la finance et de la banque un acteur « responsable » qui, non seulement participe à l’effort collectif, mais qui en plus paie sa dette face aux dégâts causés.
Il faut exiger de l’entreprise des résultats dans le domaine de l’embauche, avant de lui offrir des cadeaux immérités.
Il me semble profondément injuste de mettre sur un piédestal l’entrepreneur qui serait un preneur de risques et qui serait un inventeur génial. Que serait-il sans le travail des mains ou l’intelligence de tant d’hommes et de femmes qui aimeraient eux aussi d’être reconnus et respectés ?
Que serait l’argent, sans le travail de homme ?  Et dire que nous en avons fait une fin en soi !

C’est là que se situe aujourd’hui le combat de l’opposition démocratique.
C’est face à ce drame annoncé que doivent se bander les énergies des politiciens de bonne volonté. Il y a une catastrophe humaine à éviter.
Il y a suffisamment de pain sur la planche que pour ne pas se disperser dans des querelles de clochers ou dans des blessures de l’Histoire.
Non seulement, il est temps de se réveiller au nom de l’électeur ou encore du futur retraité ou du chômeur injustement stigmatisé ou encore de l’étranger montré du doigt. Mais en plus, il est urgent de rendre quelques lettres de crédibilité à la politique, dont nous nous détournons avec mépris, aujourd’hui.
Il n’est plus possible que la voix du citoyen lors des scrutins ne soit pas respectée. Il n’est plus possible de laisser mettre en place un gouvernement qui ne rencontre même pas les résultats des dernières élections.
Il n’est plus admissible d’apprendre que quelques politiciens européens véreux engrangent 18 millions d’euros en plus de leur salaire. Monsieur Verhofstadt et Monsieur Michel père, pour ne citer qu’eux, auraient-ils encore quelque crédibilité pour inviter les belges à se serrer la ceinture ?
Mesdames, messieurs les politiciens, j’en appelle à votre sens civique.
Si la lutte contre l’incivisme est vraiment votre priorité, ne la défigurez pas dans des querelles historiques qui demain deviendront des dérapages communautaires.
Si ce combat est vraiment le vôtre, allez à la rencontre de votre ennemi, de celui qui blesse l’avenir du travailleur et de ce faible, laissé au bord de la route.
Si des démissions sont à réclamer, visez juste et arrêtez l’élan de celles et de ceux qui, au nom de leurs ambitions, cassent l’avenir de l’homme.
Si le sort du travailleur et du faible mérite votre attention, manifestez-le-lui avec force et détermination.
C’est là que vous serez jugés.
C’est là que vous êtes attendus et espérés.
Ne nous décevez pas … la démocratie est en danger !

Guy De Smet (15 octobre 2014)


- 46 - L'ABBÉ MARCEL PÊTRE,
aumonier au Beau Vallon, à Saint François et au CHR Namur

Le mercredi 22 octobre

Marcel, tu t’en es allé ...
Ton sourire n’éclairera plus nos rencontres.
Ton petit pas toujours pressé ne croisera plus les mains qui se tendaient vers toi.
Ton souci des choses bien faites ne sera plus là pour aiguiser nos dynamismes.
Ton sens du beau n’éclatera plus dans les fêtes et dans les célébrations que tu aimais.
Ton attention aux malades, aux blessés de la vie ne viendra plus secouer nos bonnes consciences faciles.

Marcel, tu t’en es allé …
Avec courage, tu auras lutté jusqu’au bout de tes forces contre la maladie.
Jusqu’au bout tu seras resté debout, comme le veilleur qui se tient prêt.
Jusqu’au bout, l’amitié aura été ton réconfort et ta joie.
Jusqu’au bout, ta douceur aura été un baume sur la souffrance des autres.
Jusqu’au bout, malgré les épreuves et malgré les déceptions, tu auras été « prêtre », un homme de Foi et de prière.

Marcel, aujourd’hui, tu t’en vas …
Laisse-moi simplement te dire « merci » pour le merveilleux confrère que tu étais.

Guy De Smet (22 octobre 2014)


- 47 - LETTRE OUVERTE À LA SOCIÉTÉ LIBÉRALE

Voici quelques années, vous, les capitaines de la finance qui dirigez le monde, vous vous êtes offert le luxe d’une crise économique.
Elle fut pilotée par le monde bancaire, se lançant dans une navigation effrénée dans des « jeux de casino ».
Manque de pot, cette épopée s’est non seulement révélée périlleuse, mais elle est devenue un naufrage pour plus d’une de ces vénérables institutions.
Notre petit pays, empêtré dans ses errements européens, ne fut pas épargné dans cette tourmente. Dexia qui se transformerait en Belfius, et d’autres fleurons devaient être sauvés par les États. C’était ce qu’affirmait un de vos valets, Didier Reynders. Il s’empressa d’endormir la réaction des citoyens – de vous, de moi – en parlant d’une aide virtuelle indispensable, pour sauver l’économie.
Virtuelle ou pas, l’aide était là. Des banques allaient renouer avec le succès et les bénéfices, affichant le sourire arrogant de celui qui méprise son sauveur.
Il n’y avait plus qu’à laisser faire le temps !
La crise économique devenait une crise sociale … enfin, pas pour tout le monde.
Le nombre de milliardaires explosait. Les dividendes des actionnaires se voyaient augmenter. Les entreprises délocalisaient à qui mieux mieux, vers des pays dans lesquels l’exploitation de l’homme était une règle de vie. Le chantage du patronat sur son personnel devenait une nouvelle manière d’envisager la concertation sociale. Les nantis n’avaient rien à craindre : leurs avoirs et leur patrimoine étaient protégés.
Il ne restait plus qu’à en faire un mode de gouvernance.
C’est ce qui fut fait, chez nous, lors de l’interprétation des résultats des dernières élections législatives.
Des partis de Droite allaient transformer leurs résultats électoraux en sièges parlementaires, au mépris de toute notion de démocratie.
Ils allaient concocter un accord gouvernemental injuste, semant le désarroi parmi les femmes et les hommes qui n’avaient que leurs mains et leur intelligence pour se faire une place dans la société.
C’est ainsi que Charles Michel (son parti récoltait un peu plus de 9% des voix, lors des élections !) s’arrogeait le titre de « premier-ministre ». Il s’alliait pour cela à un parti, la N-VA, dont nous découvrons chaque jour les dérives pour le moins douteuses.
Les riches étaient protégés. Les entreprises profitaient d’un don d’argent s’accompagnant de promesses d’emplois virtuelles. Les banques étaient à l’abri et protégées … le tout avec la bénédiction des institutions peu crédibles de l’Europe.
Aujourd’hui se profilent à l’horizon la colère des victimes à qui les nantis allaient faire payer la crise.
Le gouvernement parle, certes, de la nécessité d’une concertation sociale … mais peut-il être question d’une « concertation, » s’il s’agit simplement d’y donner son aval aux mesures décidées ?
Il parle d’efforts nécessaires, mais tellement répartis injustement.
SNCB, police, poste, enseignants, étudiants médecins, patients des hôpitaux, les acteurs du monde culturel, retraités, chômeurs, étrangers, travailleurs … tous nous font part aujourd’hui de leurs inquiétudes, si pas de la colère d’un chaos annoncé.
Il risque de faire chaud cet hiver … et pas simplement du fait du réchauffement climatique !

Alors mesdames, messieurs, les capitaines de la finance et vous nos gouvernants, entendez-vous cette colère qui gronde, au point d’avoir envie de rejouer « La Muette de Portici » ?
Entendez-vous, la voix de ces travailleurs de la SNCB, confrontés aux propos abjects de leur patron ?
Ils en ont marre d’être méprisés, insultés. Ils en ont assez de vos plans financiers qui ne tiennent pas compte de leur existence. Ils n’en peuvent plus de n’avoir que l’incertitude du lendemain pour horizon.
Entendez-vous, l’angoisse des patients et du personnel du monde hospitalier ?
Ils en ont assez de devoir vérifier l’exactitude de la maxime selon laquelle, il est préférable d’être riche et en bonne santé que pauvre et malade.
Vous revoyez à la baisse les interventions de la sécurité sociale, à des gens qui hésitent déjà maintenant à franchir la porte d’un opticien ou d’un dentiste ou qui reportent, au péril de leur vie, une opération chirurgicale pourtant nécessaire.
Entendez-vous les craintes des familles qui aujourd’hui arrivent difficilement à boucler les fins de mois ?
Vous leur parlez de « saut d’index », de « salaires gelés ». Et pendant ce temps la vie devient chère.
Aujourd’hui déjà, ils se privent. Que leur réservez-vous comme avenir ?
Aujourd’hui déjà la galère est un mode de fonctionnement pour beaucoup. Quand leur donnerez-vous une rame ?
Entendez-vous les incompréhensions des travailleurs face à vos nébuleux plans de réforme des retraites ?
Vous leur imposez de travailler plus longtemps, espérant bien ainsi ne pas devoir payer ces pensions pour lesquelles vous et vos successeurs avez détourné l’argent. Car enfin, celui qui travaille depuis son plus jeune âge s’est toujours vu expliquer que la différence entre son salaire brut et son salaire net, c’était ce qui allait lui permettre de recevoir un pécule au terme de sa carrière. Qu’avez-vous fait de cet argent ? Lui avez-vous demandé son avis ?
Vous leur parlez de « point retraite », ce qui les enferme dans l’incertitude face au lendemain. Le virtuel ne peut être une forme d’avenir qui dépendrait de la « conjoncture du moment » !
Entendez-vous la colère des étudiants en médecine ?
Vous leur laissez faire 7 années d’études pour s’entendre dire qu’il n’y aura pas de numéro INAMI et d’accès à la profession pour eux. De qui se moque le monde politique – tous bords confondus - qui commence sa course au pouvoir par un enrichissement personnel ?
Entendez-vous la résignation du monde des chômeurs qui s’apprête à faire de votre mépris une image de ce à quoi il est réduit ?
Ce demandeur d’emploi, vous envisagez de l’exclure, de le mettre au travail comme on le ferait pour un condamné. Vous envisagez de l’enfoncer dans la pauvreté … du moment que vos courbes de l’emploi se portent mieux.
Est-ce de leur faute que certaines des entreprises, que vous avez aidées à force d’intérêts notionnels et d’autres combines qui arrangent vos petits amis, délocalisent à qui mieux mieux. L’important pour elles, c’est le profit. L’humain, pourquoi s’en embarrasser ?
Est-ce leur faute qu’ils sont jeunes et donc sans expérience ? Leurs longues années d’études ne les ont même pas préparés à entrer dans la vie active ? Mais à qui sert votre enseignement sans but ?
Est-ce de leur faute qu’ils sont plus âgés et donc moins rentables ? Et en même temps, vous prônez le travail des séniors : vous vous moquez de qui ?
Entendez-vous le mépris des étrangers à qui vous fermez toutes les portes ?
Votre secrétaire d’État affiche chaque jour son mépris, pour celles et pour ceux qu’il est sensé sortir de l’ornière. L’expulsion est votre seul credo ! Responsable politique ou pauvre type ?
Qu’auriez-vous dit, si au temps des guerres que nous avons connues et que vous ne cessez de commémorer, vous aviez été refoulés à la frontière, comme indésirables. Il est clair que quand son seul CV c’est d’être « le fils de papa », il est difficile de pouvoir vibre au diapason du cœur humain !
Et nous pourrions poursuivre ces cris confrontés à vote autisme.

Notre premier-ministre nous disait dernièrement que la Belgique était redevenue crédible aux yeux des critères financiers européens … Une nouvelle qui ne rassure pas nos maigres portefeuilles !
À quoi servirait une Europe saine financièrement, s’il n’y pas plus de place pour l’homme dans ses choix ?
À quoi nous sert une Europe qui impose une austérité et des restrictions budgétaires, pendant qu’elle ne cesse d’augmenter son propre budget ?
À quoi nous sert une Europe qui a déjà enterré les espoirs de tellement d’États … dans l’attente de sa prochaine victime ?
À quoi nous sert une zone Euro qui plombe les économies des pays membres pendant que d’autres qui l’ont évitée, se portent mieux ?
À quoi nous sert une monnaie unique, alors que les possibilités des pays s’inscrivent dans la différence ?

Mesdames, messieurs les capitaines de la finance et vous qui  êtes leurs valets, au point de nous gouverner, nous savons qu’en temps de crise :

  • tout le monde doit faire des efforts
  • il faut pourvoir assurer l’avenir …
  • nous ne pouvons plus vivre au-dessus de nos moyens …
  • nous ne pouvons supporter la misère du monde entier …
  • tout ira mieux demain …
  • la solidarité est indispensable, mais pas pour tout le monde …

Tout cela est certainement vrai … mais vous ne pouvez faire porter le poids de la crise par une seule partie de la population.
Chacun, en fonction de ses moyens, a le devoir d’apporter son écot au redressement du pays. Donc, aussi les nantis !
Vous savez taxer le travail et traiter avec mépris les travailleurs. Il vous reste aujourd’hui à corriger votre politique suicidaire et à taxer le capital et le patrimoine. Il vous reste à « responsabiliser » et à « moraliser » vos entreprises : sans création d’emploi pas d’argent … au lieu de leur signer un chèque en blanc.
Il vous reste aujourd’hui à réfléchir aux limites de votre économie de marché qui cumule les dégâts. Et si un autre système, appelé à grands cris par d’éminents économistes, était possible ?
Ne vous en déplaise, le libéralisme que vous prônez a ses limites !
Nous ne vous avons donné aucun mandat pour faire de ce pays un paradis fiscal pour quelques privilégiés et un enfer social pour le reste de la population.
Il ne vous est pas demandé de brandir des peurs face à l’avenir, mais d’avoir l’audace des actes, aujourd’hui !
Si vous n’acceptez pas cette justice sociale et financière, attendez-vous à un chaos qui sera dans nos mains et sur nos lèvres  une nouvelle portée pour les notes des grandes heures de la « Muette de Portici ». À  moins que les leçons de l’Histoire ne vous soient étrangères !
N’y voyez pas une menace populiste, mais plutôt les signes d’une colère qui ne peut qu’exploser !
Méditez cette maxime du poète Jules Romains, (1885-1972) : « Quand l’ordre est injustice, le désordre est déjà un commencement de justice »

Guy De Smet (31 octobre 2014)


- 48 - « TOUT COMMENCE AUJOURD’HUI »

Ces mots, je les ai repris à Monseigneur Vancottem, Evêque de Namur. Il les prononçait à l’occasion du lancement de « l’Année de la Diaconie ».
Il veut y voir un dynamisme pour la vie de l’Évangile au sein du Diocèse.
Le service du frère, du plus fragile, est une mission qui place nos pas dans les pas du  Christ.
Prêtres, diacres, laïcs … tous ensemble, nous avons reçu la mission d’être des signes de l’amour du Christ pour tous les hommes. Ce service de l’Amour a poussé  Jésus à se mettre à genoux devant ses disciples pour leur laver les pieds. Il l’a conduit aussi au don total de sa vie. Nos croix en sont le signe.
Vivre l’Évangile, c’est mettre ses pas dans ses pas !
Le service du frère, c’est encore le signe de l’unité d’Amour qui réunit les Baptisés. Certes, nous avons des sensibilités différentes. Certes, nous sommes habités par des convictions et par des approches de Dieu et de l’homme différentes. Certes, nos priorités et nos combats sont différents.
Mais c’est toujours le même visage de Dieu qui se reflète dans le visage de l’Homme. Il s’approche avec humilité et respect. Il se rencontre avec attention et délicatesse. Il est mon frère. Elle est ma sœur.
Merveilleuse année que celle de la Diaconie, qui nous fera écrire l’Évangile avec la pâte humaine qui nous habite !

Mais cette parole de l’Évêque : « Tout commence aujourd’hui » pourrait aussi s’adresser à notre manière de vivre la communauté chrétienne.
Nous assistons, chaque année, impuissants, à la mise en place de paramètres d’Église qui nous dépassent et qui, peut-être, nous inquiètent.
Le nombre de prêtres à notre disposition diminue. Le nombre de pratiquants semble parfois fondre comme neige au soleil. Les inscriptions à nos activités chrétiennes s’amenuisent. Des églises et des maisons religieuses sont à vendre … Et plus d’un se posent la question de savoir ce que nous deviendrons demain.
Face à ce qui se lit là souvent en termes de désarroi, des chrétiens s’interrogent, des replis sur soi s’opèrent, des intégrismes deviennent des lois, des esprits de clochers se réveillent.
Des prêtres et des Chrétiens engagés, eux aussi, scrutent les possibilités et proposent des initiatives.
Chacun est bien conscient de la valeur irremplaçable de la communauté paroissiale locale. Sa vitalité dépend du dynamisme de tous ses membres. Si les Chrétiens d’une paroisse souhaitent un avenir, il est urgent qu’ils s’assument et prennent en charge l’annonce de la Parole de Dieu et le service de la Charité là où ils vivent.
Il est urgent qu’ils le fassent, sans créer pour autant un nouveau cléricalisme qui voit l’Évangile en termes de « pouvoir ». Il serait même bénéfique de le faire sans se replier sur ses peurs et sur ses fantasmes.
Mais, en même temps, les différentes communautés paroissiales ressourceront leurs énergies, en vivant des moments « ensemble ».
Il est des moments charnières de nos années pastorales qui gagneraient à être vécus ensemble (Noël, semaine sainte, Pâques, par exemple). Chacun en repartirait avec un feu pour embraser sa propre communauté paroissiale.
Il est des services qui pourraient être partagés : la catéchèse, les visiteurs de malades, les services d’entraide, les moments de formation et de réflexion … De ces « sources » pourraient repartir des témoins attentifs aux interpellations et aux spécificités de chaque paroisse.
En naîtrait une véritable vie de secteur, qui au lieu de nous emprisonner dans des esprits de clochers suicidaires nous ouvriraient les portes d’un avenir à la suite de Jésus.
On est loin  là de l’envie de « désosser » le corps d’une paroisse, mais plutôt de le revitaliser !
À chaque fois que ce rêve est évoqué, nous recevons la même réponse : « il est trop tôt ! » … et dire que nous aurions pu croire qu’il n’y avait pas d’heure pour se laisser habiter par la logique et par l’universalisme de l’Évangile.
Notre Doyenné n’est pas oublié par les fermetures d’esprits chagrins.
Nous venons de connaître des moments d’immobilisme face à des pas qui se font quand même.
En novembre, à l’occasion de la fête de Sainte Cécile, des choristes avaient émis le souhait de se retrouver pour un temps de célébration et de fête. L’idée était de sortir de sa routine pour oser une nouveauté … le temps d’une soirée de fraternité.
Comme dans la Parabole, deux chorales ont daigné répondre. Quant aux autres, elles se sont calfeutrées derrières leurs raisons : pas envie, pas le temps, trop vieux. D’autres ont préféré ne pas répondre … Le rassemblement des deux chorales se fera quand même, au nom du bonheur de chanter le Christ vivant.
La même attitude s’est manifestée quand il s’est agi d’envisager de lutter contre une dispersion des énergies dans les célébrations de Noël ou encore d’envisager des conférences d’Avent ou de Carême.
Que d’énergies et de chances gaspillées au nom de nos orgueils communautaires !
Jusqu’à quand garderons-nous cette mentalité de « propriétaire » de l’annonce de l’Évangile ?
Jusqu’à quand ferons-nous des prêtres qui nous sont envoyés des instruments de nos décisions, parfois proches de dérives sectaires ?
Jusqu’à quand refuserons-nous d’entendre les demandes d’autres communautés soucieuses  d’un avenir commun ?
Et si demain, il était trop tard ?
Et si demain, il n’y avait plus de prêtre à notre disposition ?
Et si demain, il n’y avait plus toutes ces églises, faute d’intérêt pour ce qui s’y vit ?
« Aujourd’hui tout commence », disait Monseigneur Vancottem.
« Aujourd’hui », l’Évangile demande à dépasser nos barrières et nos frontières.
« Aujourd’hui », les paroisses sont appelées à mettre leurs richesses en commun pour devenir les signes d’une Bonne Nouvelle.
« Aujourd’hui », les Chrétiens sont convoqués à l’humilité du Christ à genoux devant tout homme.
« Aujourd’hui », les Chrétiens sont invités à écrire dans notre secteur : « Que tous soient uns ».
Laisserons-nous à la Bonne Nouvelle de Dieu l’occasion d
e se déposer sur nos lèvres et dans nos cœurs ?

Guy De Smet (3 novembre 2014)


- 49 -  VOUS AVEZ DIT GRÈVE ?

Alors que l’automne s’installe, notre actualité nationale promet une vague de chaleur que nous n’avons plus connu depuis longtemps.
Elle est liée à une dépression qui s’est installée sur notre pays avec l’arrivée de l’ouragan Michel.
Cet ouragan est accompagné par une zone d’orages et de tornades qui s’abattront sur une partie de la population, celle qui travaille, pendant qu’une autre frange de cette même population, qui a pu s’offrir des abris financiers, sera préservée.
Ces perturbations prennent la forme de mesures pour le moins floues et impopulaires qui mettent en question l’avenir et le pouvoir d’achat de ceux qui travaillent.
Les éclaircies illumineront, par contre, les amateurs de paradis fiscaux, les milieux bancaires ou plus largement tout le monde de la finance, y compris l’entreprise quand elle se fait spéculation et chasse aux bénéfices.
Cet ouragan Michel fait redouter aussi une panne de la concertation sociale. Il s’en vient avec toute une série de pistes qui mettent en cause une manière de vivre et parfois même des acquis sociaux. Cela ne facilite pas le dialogue !
Les effets de l’ouragan auraient dû être acceptables, si les partenaires sociaux avaient accepté la force du vent des mesures décidées. Malheureusement pour lui, la tendance première de l’homme précarisé est de se protéger et de lutter de toutes ses forces contre ce qui l’agresse.
La concertation sociale semble devenue difficile par les temps qui courent !

C’est en ce sens que je comprends les actions sociales prévues qui émaillent cette fin d’année.
D’aucun penseront qu’il s’agit là d’une opposition politique stérile, d’une action revancharde. Ils iront jusqu’à s’exprimer sur les réseaux sociaux pour marquer leur opposition à ces manifestations et à ces grèves. Ce faisant, ils amplifient les ondes de choc de l’ouragan Michel qui ne comprend pas qu’il soit possible de s’opposer à la force de ses vents qui balaient tout sur leur passage. Expression stérile d’un pouvoir autiste !
D’autres, plus pragmatiques, feront leurs comptes et étalonneront le manque à gagner qui leur sera imposé pour financer une crise qu’ils n’ont pas voulue. Leur sang ne fera alors qu’un tour et ils ne pourront s’empêcher de manifester leur inquiétude. Expression désespérée qui peut se comprendre !
Les effets de tout cela, ce sera le balayage d’une vague de mécontentements qui pourrait bien devenir un tsunami de colère et d’incompréhension. Une nouvelle « Muette de Portici » ?
Dès le 6 novembre, des hommes, des femmes, des familles, des travailleurs, des demandeurs d’emploi descendront dans la rue pour manifester leur mécontentement.
Ils les feront pendant que d’autres se contenteront de râler contre ces mouvements sociaux qui bousculent leurs habitudes et leurs raisons de ne pas s’y associer.
Durant tout le mois, des mouvements de grève et des coups de colère marqueront de noir des jours de questionnement et d’inquiétude. Là encore des témoignages d’énervement et de pagaille alimenteront nos peurs et nos envies de râler.
Que voulez-vous, il est impossible de faire l’unanimité !
Le 15 décembre, une grève nationale bloquera toute l’activité du pays, en réaction à la force d’un ouragan qui  se trompe de méthode et qui a fait de la concertation sociale une annexe à des réformes qu’il impose par la force. Rien n’empêchera donc l’angoisse de travailleurs de s’exprimer !

Au lieu de s’en plaindre, au lieu de rejeter la faute sur tel ou tel parti ou sur tel ou tel syndicat, me semble plutôt venue l’heure de la réflexion. Ensuite qui sait pourront naître des pas vers le dialogue.
Une première réflexion pourrait découler de l’analyse de la situation.
Pourquoi en sommes-nous là ?
Pourquoi la finance a-t-elle un tel poids dans notre vivre ensemble ?
Pourquoi la dette devrait-elle être supportée uniquement par ceux qui n’ont que leur travail pour se réaliser ?
Pourquoi l’effort ne pourrait-il concerner à la fois, l’ensemble des citoyens : ceux qui vivent du capital et ceux qui vivent de leur travail ? Tous les citoyens ne sont-ils pas égaux devant la loi ?
Pourquoi le monde de l’entreprise qui a besoin de l’aide de tous se comporte-t-il avec autant de mépris et autant d’injustice face aux travailleurs dont elle a besoin. Il est des propos des patrons, des délocalisations qui sont inacceptables et qui ne peuvent que susciter des réactions. On appelle cela de l’irresponsabilité ou encore « jeter de l’huile sur le feu » !
Une autre question est de voir dans quelle pièce économique nous jouons.
L’économie de marché ne serait-elle pas arrivée au terme de sa course, au point de devoir inventer un nouveau rapport entre le travail et l’argent, entre les besoins des hommes et les propositions qui leur sont faites ?
Le projet européen ne tourne-t-il pas en vase clos, loin des préoccupations des citoyens et des attentes qui sont les leurs. Zone euro, monnaie unique ne sont-ce pas là des dogmes qui enfoncent nos rêves de demain ? Pourquoi serait-ce un tabou ? À force de s’enfermer dans sa tour d’ivoire, l’Europe finira bien par ne plus nous intéresser !
La concertation sociale, le dialogue entre ceux qui entreprennent et ceux qui travaillent ne doit-il pas devenir un préambule à toute construction humaine épanouissante ?
Les valeurs de solidarité, de complémentarité, de « multiculturalité » ne doivent-elles pas devenir des guides de construction de nos sociétés ?
Le monde politique vit-il en symbiose avec son électorat ou utilise-t-il les voix pour transformer la démocratie en « particratie » ?  …

Je crois que nous sommes à un tournant de notre société. Il est temps de laisser là nos vieux démons ou encore nos intérêts partisans, sous peine d’implosion.
Je crois qu’il est temps de remettre « l’homme » au centre de la création des valeurs de nos sociétés.
Je crois qu’est venu le moment de rendre la Parole au peuple, laissant là la politique politicienne. C’est de lui que dépend sa destinée et non de quelques impératifs économiques ou stratégiques !
En attendant qu’un déclic ne se fasse, j’appartiens à celles et à ceux qui affirment qu’il n’y a pas le choix.
La grève est un mal nécessaire qui permettra de faire entendre la voix d’une colère dont il faudra bien que nos décideurs tiennent compte un jour. Ils écouteront ou ils disparaîtront !
Nous ne pouvons admettre que la finance reste ce dieu qui fait de l’asservissement un mode d’existence. La finance et les institutions qui la protègent sont devenues nos ennemis et il s’agit de les combattre avec fermeté.
Nous ne pouvons plus tolérer que la société avance en laissant ses enfants, écrasés, au bord du chemin.
Nous ne pouvons plus accepter que l’ouragan de l’injustice devienne le vent dominant au-dessus de nos têtes.

Je vous laisse avec ces propos d’un ancien président de la République française : prenez-les en râlant ou ne les méditant :
« La grève, un chantage ? L’a-t-on assez souvent entonné, cet odieux refrain, dans tous les partis conservateurs ! La grève n’est un plaisir pour personne. Et elle atteint d’abord ceux qui n’ont plus que ce moyen-là pour défendre leur droit de vivre. La perte de salaire, la crainte du chômage, l’angoisse au foyer de chacun, la gêne pour tous, le danger d’être mal compris par d’autres catégories de travailleurs, tout cela il faut que les grévistes le supportent, tandis que les maîtres de l’appareil de production spéculent sur la lassitude engendrée par tant de misère.» (Fr. Mittérand)

Guy De Smet (4 novembre 2014)


- 50 -  LA MAFIA DES RICHES

Dans un « Billet d’humeur » récent, je vous faisais part d’un sentiment que nous sommes plusieurs à partager : « Notre ennemi, c’est la finance et les institutions qui la défendent ».
Ce jeudi, jour de manifestation nationale contre l’austérité qui frappe de plein fouet les classes les plus faibles de la société, paraissent les conclusions d’un rapport scandaleux : sur le site internet de « 7sur7 », nous pouvons lire, alors que monte la colère du peuple : «Des centaines de rulings fiscaux luxembourgeois au profit de grandes entreprises -dont Apple, Amazon, Ikea ou Pepsi- et de familles fortunées ont été dévoilés mercredi soir par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ). Côté belge, Le Soir, De Tijd et MO* ont publié à 22h00 sur leurs sites des articles mettant en cause plusieurs fleurons de l'économie nationale.
Ces accords, passés entre 2002 et 2010, représentent des milliards d'euros de recettes fiscales perdues pour les États où ces entreprises réalisent des bénéfices, selon l'ICIJ et ses médias partenaires. Dans son enquête de six mois baptisée "Luxembourg Leaks" ou "LuxLeaks", l'ICIJ a eu accès à 28.000 pages de documents de "tax ruling" montrant comment de grandes entreprises "s'appuient sur le Luxembourg et ses règles fiscales souples, mais aussi sur les déficiences de la réglementation internationale, pour y transférer des profits afin qu'ils n'y soient pas taxés, ou très faiblement", écrit Le Monde.
"Parmi les données recueillies, 37 accords fiscaux conclus avec le Luxembourg concernent la Belgique, plus particulièrement 26 familles ou entreprises du pays", indique le journaliste Xavier Counasse dans son article pour Le Soir. "On parle de certaines grandes fortunes du Royaume: la famille de Spoelberch (AB Inbev), le géant de la chaux Lhoist, la société Artal des familles Wittouck et Ullens de Schooten (Weightwatchers), le Groupe Bruxelles Lambert d'Albert Frère. Mais également de sociétés comme Belgacom, Banque Degroof, Dexia (avant l'ère Belfius), la branche belge de British American Tobacco (Lucky Strike), Unibra ou Accent Jobs for People." »

Grâce à la souplesse du fisc luxembourgeois, édicté en loi par Monsieur Junckers, nouveau président de la Commission européenne, des familles et des entreprises (aussi belges !) ont pu échapper à l’impôt, en toute impunité.
Lars Bové, dans de Tijd ajoute : « Si le Luxembourg est devenu de moins en moins intéressant pour le petit épargnant, notre voisin est toujours attractif pour nos familles les plus riches et pour les grandes entreprises ».
Pendant que sortent ces énormités, les travailleurs trinquent. Le gouvernement leur annonce un saut d’index. Il leur indique un gel des salaires, une hausse du diesel (tout comme de l’essence). Il démontre l’inévitable recul de l’âge de la retraite, il « rationnalise » la sécurité sociale … et bien d’autres mesures tout aussi injustes, parce qu’elles ne concernent pas l’ensemble de la population. Aussi « inique » que la « loi unique » de jadis !
Pendant ce temps-là nos ministres brandissent des menaces communautaires ou montrent du doigt des associations dont le but est de défendre les travailleurs. Ils se transforment en démagogues, manipulant à souhait les peurs et les inquiétudes des citoyens.
Une situation intolérable qui ressemble comme deux gouttes d’eau à ce que notre pays a connu lors des grèves de 1960-1961.
Une situation qui mériterait bien qu’une nouvelle « Muette de Portici » s’en vienne mettre le feu aux poudres.
Car, enfin, pourquoi, vous et moi devrions-nous nous acquitter de l’impôt, alors que les plus fortunés estiment pouvoir y échapper avec le sourire ?
Pourquoi devrions-nous, petites gens, nous astreindre à du civisme, alors que les nantis fraudent à qui mieux mieux et s’en portent très bien.
Pourquoi devrions-nous, gens sans histoire, porter le poids d’une crise que nous n’avons pas créée et qui profite à quelques capitaines d’industries véreux et à quelques familles qui ne méritent que notre mépris.
Qu’attendons-nous pour boycotter l’empire des de Spoelberch et leurs bières au goût amer de l’injustice ?
Qu’attenons-nous pour rejeter de nos habitudes des banques comme Dexia et consorts qui n’ont semé que la pagaille dans notre économie ?
Qu’attendons-nous pour ne plus perdre du poids au rythme des sirènes amaigrissantes de Weightwatcher ?
Qu’attendons-nous pour ne plus franchir les portes de ces grandes enseignes qui, comme Delhaize, Carrefour ou Ikea éludent l’impôt de manière éhontée ?
Qu’attendons-nous pour mettre au pilori des Albert Frère et autres sinistres personnages qui accumulent des milliards qui crient vengeance au ciel ?
Qu’attendons-nous pour consommer « JUSTE » ?

Le gouvernement a pointé du doigt les chômeurs, ou encore les étrangers (à travers les déclarations de Théo Franken ou hier, Magda De Block). Jamais de fraudeurs de luxe !
Le gouvernement a trouvé des cibles pour économiser … Vous et moi qui connaissons déjà des fins de mois difficiles ! Il ne semble pas tenir compte du bas de laine impressionnant qui dort dans les caisses des entreprises qu’il a décidé d’aider, ni encore des délits commis par ces tenants du capital.
Le gouvernement traite avec mépris l’action des femmes et des hommes qui défendent leurs droits, jusqu’à descendre dans la rue ou à faire grève. Il aurait pourtant intérêt à entendre, s’il ne veut pas que demain la rue soit à feu et à sang.
Jusqu’où ira l’arrogance du capital et de ses valets ?

Aujourd’hui, les Belges sont dans la rue. Ils manifestent leurs peurs face aux incertitudes de l’avenir. Il s’agit de femmes et d’hommes qui réclament un peu de respect de leur dignité.
Ils en ont assez de n’être considérés que comme des boucliers politiques qui couvriraient les rancœurs politiciennes de l’opposition.
Ils en ont assez d’engraisser un État qui n’en a jamais assez et qui dépense sans compter.
Ils en ont assez de financer des institutions qui, ajoutées les unes aux autres, ne servent qu’à couvrir l’appétit de carrière de quelques parvenus du système.
Ils en ont assez qu’on les invite à la concertation quand le cadre d’austérité est fixé et imposé, sans qu’il ne concerne l’ensemble des classes sociales.
Ils en ont assez des incertitudes face à l’avenir.
Ils ne peuvent plus supporter les décisions injustes de ces décideurs inféodés au service du Dieu « Économie de marché ».

Aujourd’hui, la guerre est déclarée à la finance sauvage et à ceux qui la manipulent.
Avant de l’engager, je vous laisse avec cette citation de Jaurès : « Tant que dans chaque nation, une classe restreinte d’hommes possèdera les grands moyens de production et d’échanges, tant qu’elle possèdera ainsi, et gouvernera les  autres hommes, tant que cette classe pourra imposer aux sociétés sa propre loi, qui est celle de la concurrence illimitée, la lutte incessante pour la vie, le combat quotidien pour la fortune et le pouvoir, tant que cela sera, toujours cette guerre économique et sociale des classes entre elles, des individus entre eux dans chaque nations suscitera des guerres armées. » 

Guy De Smet (6 novembre 2014)


- 51 -  LE DEVOIR DE MÉMOIRE

Voici 100 ans commençait la première guerre mondiale.
Pendant près de 4 ans, le monde allait être défiguré par un conflit qui dépasse ce que l’homme aurait pu imaginer.
Ce conflit allait devenir une véritable boucherie, un terrain d’expérimentation de nouvelles armes dont personne ne connaissait la force destructrice : des populations entières allaient être massacrées, rayant de la carte des coins où il faisait bon vivre.
Des tranchées allaient défigurer à jamais la terre qui n’aurait dû produire que des fruits de paix et de bonheur.
Des hommes, en pleine ardeur de leur jeunesse allait être sacrifiés sur l’autel de la course au pouvoir et à la domination dont les peuples sont capables.
Des femmes allaient devoir assumer – de force – un statut qui ferait d’elles les témoins d’une espérance pour des villages, pour des familles, pour un avenir à reconstruire.
Des monuments deviendraient des points marquants et incontournables de nos quartiers.
Des bibliothèques entières allaient se faire le relais de ce drame, pour que plus jamais le monde ne s’abîme dans l’horreur : « Plus jamais ça ! »
Des commémorations, des dépôts de fleurs, des expositions … tout serait mis en œuvre  pour permettre un devoir de mémoire, indispensable à la poursuite de l’aventure de notre civilisation.
Comme il est grand et précieux ce devoir de mémoire !
Il nous permet de ne pas oublier le sacrifice de tant de jeunes « cassés » pour reconstruire la paix dans la justice.
Il nous permet de faire honneur à la bravoure de nos anciens qui ont relevé le défi du rejet de la barbarie au profit d’un avenir où le coquelicot peut fleurir en toute quiétude.
Il nous permet de relire l’Histoire de nos villes et de nos villages pour y desceller l’écrin offert à la résistance contre toute forme d’oppression.
Mais, en même temps, si ce devoir de mémoire est précieux, il nous parle aussi de l’incurie des peuples qui ne cesse de placer la course au pouvoir au faîte de leurs projets.
Au lendemain de l’Armistice de 1918, il était déjà question des rancœurs qui allaient lancer le deuxième conflit mondial. Et depuis, pas un jour ne s’est levé sur le monde, sans qu’aucun bruit de canon ne vienne déchirer l’air de nos soifs de paix et de justice.
Palestine, Corée, Indochine, Afrique, Vietnam, Iran, Irak, les Balkans, Géorgie, Ukraine … autant de noms qui font froid dans le dos. Que de morts, que de martyrs sacrifiés sur l’autel d’une guerre que rien ne justifiera jamais.
Et, malgré cela, comme ils sont précieux ces relais sacrés, ces anneaux de la mémoire, ces cimetières militaires … L’homme vaut plus que toute cette boue immonde et tout ce sang versé !

Si le « devoir de mémoire » s’impose à nous comme une obligation, il s’inscrit plus profondément dans un « devoir d’humanité ».
Je voudrais m’arrêter à un geste qui s’est fait chez nous, en ce week-end du 11 novembre.
À Bruxelles, des hommes et des femmes se sont réunis pour rendre un dernier hommage au « SDF inconnu ». Il était le premier homme mort de froid, chez nous, au seuil de l’hiver.
Il ne comptait pour personne, au point que son nom ne fut pas retenu.
Il faisait tache dans nos sociétés qui aiment briller.
Il n’avait pas droit à notre regard ou à notre compassion. La rue était son terrain de vie et notre regard plein de mépris était son miroir.
Un jour, sa vie, qui ne semble manquer à personne, s’est arrêtée pour l’oublier dans le monde des sans-voix et des sans-existence.
Cet homme, il était d’une société, la nôtre, celle qui traverse une crise injuste et instrumentalisée.
Cet homme, il était gouverné par un monde politique qui faisait des lois, qui rédigeait des accords, sans se soucier de celles et de ceux qui ne pourraient pas suivre.
Cet homme, personne ne parlait de lui. La presse était bien trop occupée pour nous relayer les difficultés budgétaires d’Albert et de Paola. Imaginez, ils allaient devoir réduire leur train de vie, l’aumône que nous leur donnons ne serait plus suffisante pour leur permettre de faire face. Trop préoccupée aussi par l’épopée des plus-values boursières ou par les aides aux entreprises croulant sous leurs réserves et leurs impôts non-payés.
Cet homme, il était le reflet d’autres miséreux dont personne ne se soucie ; le Palestinien dont on rase la maison séculaire, l’Ukrainien qui loin de toute idéologie s’inquiète pour son avenir, le réfugié qui se demande comment il passera l’hiver, les chômeurs qui voient arriver l’échéance de la radiation, la famille qui ne sait pas trop comment boucler les comptes à la fin du mois … Que de visages, que de larmes, que de cris qui mériteraient bien, si ce n’est un « anneau de la mémoire », du moins un « anneau d’humanité » !

Merci à vous, sentinelles d’amour et de justice. Vous veillez sur notre planète, pendant que d’autres cherchent à s’accrocher à un caillou dans l’espace.
Merci à vous, les veilleurs d’un monde plus juste. Vous allumez les bougies d’un peu d’espoir et de chaleur humaine pour celles et ceux dont la société se détournent.
Merci à vous, les gardiens de notre humanité. Vous nous indiquez une direction, au-delà des précieux rétroviseurs de l’Histoire. Que serait une planète sans guerre, sans pollution, sans course au pouvoir, s’il n’y a plus un homme pour l’habiter et pour l’embellir.
Votre geste de ce 11 novembre fut plus qu’une lumière dans la nuit, il est aussi un cap pour notre société, si elle veut avoir le droit de rêver d’un avenir.
Et si de votre petite flamme naissait un incendie de solidarité pour transformer le monde ?
Soldat inconnu, SDF  inconnu … vous êtes nos frères … quand ouvrirons-nous les yeux ?

Guy De Smet (13 novembre 2014)


- 52 -  JOINDRE LES DEUX BOUTS

Le Soir Magazine, en mal d’articles intéressants, s’est senti obligé de mener l’enquête et d’abreuver notre soif de potins.
Si l’ancien couple royal se veut discret, il se laisse relayer par les lamentations d’un proche … et cela manque pour le moins de classe !
Face aux indiscrétions livrées en pâture, je ne sais pas s’il faut en rire ou en pleurer … Voyez plutôt !
La trame de la confidence se lit dans cette conclusion qu’en tire le journal : « ils ont fait leurs comptes et ils ne s'en sortent pas »
Nous apprenons ainsi que : « Le Roi et la Reine ont dû réduire leur train de vie comme tout qui voit son budget raboté » et d’ajouter : « Bien sûr, les montants évoqués restent des sommes importantes, mais n'oubliez tout de même pas qu'il s'agit d'un ancien chef d'État. L'ancien Premier ministre, tout socialiste qu'il est, devrait regarder du côté de la France comment on y traite les anciens Présidents ».
Les raisons de se plaindre, ce témoin les moule dans cette affirmation lapidaire : « Il n'y a pas à tergiverser, Albert a été, de tous les Souverains qui ont abdiqué, le plus mal traité »
Courte mémoire, quand on sait le sort réservé à Léopold III !
Et dire, que nous étions tentés de croire que sa dotation est amplement suffisante pour des retraités : « Alors qu'on les dit tout le temps en vacances, croyez-le ou non, le roi Albert et la reine Paola ont maintenu pas mal d'activités, peut-être pas médiatisées, mais bien réelles. Et qui occasionnent pas mal de travail pour la toute petite équipe qui les entoure ».
Avant de culpabiliser, le journal nous rappelle quand même le montant de la dotation que nous lui octroyons en temps de crise : 930.000 euros. Cette  somme se verra rabotée de 2% jusqu’en 2019, selon des décisions prises par le gouvernement précédent, en notre nom.

Rire ou pleurer !
Si la première tentation est de ne lire dans ces propos qu’une bouffonnerie, la raison prend vite le dessus et là c’est la colère qui s’installe dans notre esprit.
Les « pauvres chéris » ne s’en sortent pas avec 930.000 euros.
D’une part, cette somme permettrait de faire vivre des familles avec des enfants pendant plusieurs années. Des retraités, eux aussi, pourraient poursuivre des rêves et des petits bonheurs devenus inaccessibles. Des étudiants pourraient envisager des études sans devoir se perdre dans des petits boulots et dans des galères inimaginables.
D’autre part, les mots « ne peuvent s’en sortir » mis dans leurs bouches sont une insulte face au sort de ces milliers de victimes de la crise qui ont peur de voir arriver le facteur et son lot de mauvaises nouvelles.
Les « pauvres chéris » estiment avoir droit à une considération financière, comme d’autres anciens chefs d’État, même s’ils considèrent que la somme octroyée reste importante.
Ce que font les autres pays, c’est leur problème et cela ne justifie rien.
Mais tous les retraités n’estiment-ils pas avoir droit à la même considération et aux mêmes avantages que ceux que leur conférait leur emploi.
J’ai en mémoire le témoignage de cette femme qui après une vie de travail, se voyait réduite à limiter ses courses et à se refuser des petits plaisirs.
Que de retraités qui voient l’arrivée de la retraite comme un changement de leur existence jusque dans leurs moyens et dans leurs possibilités !
Mais il paraîtrait que leur situation est différente et devrait mériter notre compréhension ! Ils nous prennent pour qui ?
« Les pauvres chéris » seraient mal traités après leur abdication.
Auraient-ils oublié que la mort du Roi Baudouin a coïncidé avec un changement d’attitude de la population face à la monarchie. La critique devenait facile, parce que les membres de la famille royale s’y prêtaient sans le vouloir. Le Prince Laurent ne fut pas en reste dans le domaine. Quant aux capacités du Prince Philippe, elles ont fait douter la Belgique entière jusqu’à son avènement. Le yacht royal lui-même fut source de bien des polémiques …
Le simple fait d’avoir droit encore à une dotation devrait être source de reconnaissance : 930.000 euros … il y a des chiffres qui méritent d’être alignés et répétés !
Enfin, les « pauvres chéris » ne seraient pas en vacances permanentes. Ils assumeraient même des obligations officielles, ce qui occasionnerait pas mal de travail.
Mais, ils font de leur vie ce qu’ils veulent ! Les 930.000 euros doivent leur permettre, en toute honnêteté, de se fixer des moments de repos bien mérités et d’assumer des tâches qu’ils aiment. Que feraient-ils de leurs journées ?

Ce qui me gêne c’est ce mur de lamentations qui déverse ses rancœurs depuis des années.
Ce qui me gêne, c’est d’oser se plaindre de son sort quand tant de Belges connaissent des difficultés liées à une crise qu’ils n’ont pas créée ou à des décisions gouvernementales idéologiques et injustes.
Ce qui me gêne, c’est ce manque de noblesse qui s’abîme dans de basses considérations matérielles, alors que la chance ne cesse de leur sourire, du moins financièrement : 930.000 euros ! Une manière d’être « petit bourgeois » qui n’est pas à la hauteur de leur rang !
Leur attitude met en péril l’avenir de la monarchie, alors que celui du pays devient chaque jour un peu plus chaotique.
Leurs jérémiades polluent les oreilles d’une population qui n’en peut plus de crouler sous le poids de difficultés et de rêves arrêtés.
Leur « malheur » fait tache face à celui de ces jeunes privés de reconnaissance, de ces demandeurs d’emploi humiliés par ceux qui les montrent du doigt, de ces familles dans lesquelles l’incertitude s’écrit au quotidien, de l’étranger à qui l’on dit chaque jour qu’il est de trop, de ces enfants qui vivent sous le seuil de pauvreté et bien d’autres qui ne méritent pas une ligne dans nos journaux…
Devrions-nous culpabiliser ?
Non !
L’homme mérite un salaire non au nom de ce qu’il croit être, mais de ce qu’il fait !

Guy De Smet (13 novembre 2014)


- 53 -  « UN BON CHOIX POUR LES PAUVRES »

Nous aurions pu croire à un petit air frais, à une solution lumineuse pour un temps de crise.
Nous aurions pu espérer l’avènement d’une politique enfin « juste » qui ne sacrifie pas une partie de sa population sur l’autel de la crise et de la recherche acharnée de profits …
Rien de tout cela !
Ces mots nous viennent de la bouche de la ministre de la santé de Lituanie : «L’euthanasie peut être un bon choix pour les pauvres, qui en raison de leur pauvreté n’ont pas accès à l’aide médicale » et d’ajouter : «  la Lituanie n’étant pas un État social, les soins palliatifs n’étaient pas accessibles à tous »

Nous croyions avoir déjà tout entendu et tout vu !
L’Europe nous avait déjà fait miroiter la libre circulation des biens et des personnes. Cela ne l’a pas empêchée d’encourager les états dans leurs efforts d’expulsion des Roms, ces citoyens européens indésirables.
L’Europe, encore elle, se voulait un chantre des droits de l’homme, cela ne l’a pas empêchée de conclure des accords avec des pays qui les piétinaient au quotidien. Cela ne les empêche pas de s’enfoncer dans l’inhumanité face à des hommes, des femmes et des enfants qui fuient leurs pays minés par la guerre ou par la famine.
On nous avait mis en garde contre le racisme et contre l’antisémitisme, mais en même temps, nos gouvernants restaient muets face aux exactions vécues au quotidien par les palestiniens rejetés sur leurs propres terres.
Nos politiciens se faisaient les chevaliers blancs des énergies renouvelables, se prostituant avec des magnats de l’éolien ou du photovoltaïque, sans imaginer le black-out que leur idéologie pouvait engendrer.
Chez nous, enfin, entre les déclarations sulfureuses du secrétaire d’État à l’immigration et les propos pour le moins « légers » de la ministre De Block, il y avait le spectacle effrayant de ces familles refoulées et l’avenir d’un droit de séjour qui deviendrait payant, sauf pour Depardieu et autres sbires ignobles !

Avec cette déclaration lituanienne, nous arrivons à l’indicible de l’abomination d’une politique libérale poussée  à l’extrême.
L’euthanasie, nous l’avons, dans nos pays civilisés, voulue encadrée afin d’empêcher toute dérive.
Elle s’adresse à celles et à ceux pour qui la souffrance et les limites d’une maladie deviennent insupportables.
Elle reste un drame pour l’entourage et une honte pour le monde médical confronté à ses limites.
L’euthanasie, des citoyens de chez nous l’ont condamnée, parce qu’il devait y avoir d’autres solutions, plus humaines et plus dignes.
L’euthanasie reste un échec cuisant, face à la recherche d’humanité et de progrès dont nous rêvons.

En Lituanie, la ministre en fait « une solution » … tout comme Hitler avait envisagé une « solution finale » pour éradiquer le judaïsme de la face du monde.
Après les Juifs, semble venu le temps des pauvres, des chômeurs, des malades, des vieux, des homosexuels, des étrangers, des retraités … qui sait, de nous, demain !
En Lituanie, elle fait de l’euthanasie une arme économique, donnant des chances à un bien-être qu’elle réserve à une élite.
En Lituanie, elle transforme un acte médical difficile en une atteinte aux droits élémentaires de l’homme : le droit à la vie, le droit à un travail, le droit à une reconnaissance …
Et dire que ce pays siège dans les institutions européennes que plus d’un s’acharne encore à défendre !
Cette femme est un monstre. Il faut s’en protéger.
Cette femme est une insulte pour la race humaine. Où se logent son cœur de « maman » et le brin d’humanité qui devrait habiter n’importe quel être humain ?
Cette femme est une irresponsable. Elle remet en question, une fois de plus, la confiance que nous pourrions placer dans la classe politique.

Citoyens, partisans de la démocratie, il devient urgent de « se réveiller ».
Des politiciens abusent de notre bonne foi.
Ils profitent des échéances électorales ou encore des besoins de parité hommes-femmes pour afficher au grand jour leur incompétence et leur mépris des électeurs.
Des politiciens nous manipulent. Ils utilisent leur don de promesses pour mieux cacher leurs mesures injustes et disproportionnées.
Des politiciens dépassent les mandats que nous leur avons confiés pour se lancer dans des déclarations et dans des actions infamantes que nous n’attendons pas d’eux.
Il nous faut nous en protéger !

Nous ne pouvons laisser construire le monde, duquel on exclurait tout ce qui dérange nos idéologies.
Une société qui laisse traîner derrière elle ses citoyens les plus fragiles se détruit elle-même.
Une société qui tue ce qui fait sa seule richesse, son humanité, devient un monstre qu’il faut combattre.
Une société qui n’entend plus les cris de ses enfants, écrasés  par l’injustice n’a pas le droit de survivre. 
Réveillons-nous et relevons-nous : la démocratie est en danger !

Guy De Smet (25 novembre 2014)


- 54 -  TOUT UN SYMBOLE !

Deux activistes du Collectif anonyme ont posé, ce mardi un geste haut en couleur, mais porteur de tellement de signification. Ils sont entrés dans la crèche exposée sur la Grand-Place de Bruxelles et ils en ont expulsé symboliquement les occupants.
Ils expliquent eux-mêmes leurs motivations. Je les trouve tellement savoureuses que je ne résiste pas à la tentation de vous les partager : « Nous avons procédé à l'expulsion d'une famille de gens pauvres et même probablement des réfugiés illégaux, qui était venus insolemment squatter notre chère Grand-Place. Par ce geste ironique, nous entendons apporter notre soutien au gouvernement Michel et à ses nouvelles mesures pour que les vrais responsables de la crise soient enfin poursuivis ».
Ils poursuivent leurs explications sur le même ton : « Nous approuvons également l'acharnement très thérapeutique du gouvernement sur les chômeurs car bien qu'il n'y ait qu'un emploi pour 60 chômeurs, nous savons tous qu'ils le font exprès car quand on veut, on peut. Nous applaudissons aussi la criminalisation des mouvements sociaux ».
Leur verve se poursuivait avec cette insolence qui me convient : « Nous sommes pour un gouvernement moderne qui n'a pas peur de dire qu'il est bien de droite, que ce sera tous contre tous, que les derniers seront les derniers, que la solidarité et l'artisanat c'est fini, qui tend l'oreille aux plans des multinationales pour la construction d'une ville toujours plus marchande et désocialisée et l'élargissement de ce merveilleux marché européen globalisé. Et qui pour finir laisse les riches se prélasser tranquillement dans leurs paradis fiscaux. Il était temps ».

Un simple geste, quelques mots et tout est dit !
Nous approchons de Noël. Les marchés de Noël exposent leurs fééries. Les vitrines se font alléchantes. Les feux d’artifices se programment … Le besoin de fête se fait pressant pour le plus grand bonheur de celles et de ceux qui ont les moyens d’entrer dans la danse.
Pendant ce temps, des chômeurs, des étrangers sont montrés du doigt. Des familles se demandent comment faire pour aborder ce mois difficile. Des retraités s’enferment dans leurs solitudes, entretenues par leurs faibles moyens. Des enfants ferment les yeux, le seuil de pauvreté en-dessous duquel ils vivent, les empêche de rêver. Les réfugiés syriens se voient privés d’aide à l’approche de l’hiver, ainsi en ont décidés les grands leaders économiques du monde.
Chaque jour, le gouvernement Michel nous propose son lot d’économies indispensables pour correspondre aux objectifs européens.
Les CPAS se préparent à ne pas pouvoir accueillir les demandes émanant de celles et de ceux qui ne recevront plus d’allocations de chômage dès le 1 janvier prochain.
Les malades se résignent à leur sort, les décisions de la De Block s’approchant de celles de cette ministre lituanienne qui verrait bien dans l’euthanasie une solution pour les pauvres.
Les travailleurs abandonnent leurs projets, pas de place pour eux à l’horizon bouché par des durées de carrières insoutenables ou par des sauts d’index injustes.
« Pas de place pour eux à l’hôtellerie du monde ! »

C’était déjà comme ça il y a plus de 2000 ans.
Marie et Joseph devaient aller se faire inscrire à Bethléem, selon l’ordre de l’Empereur. Marie était enceinte et le voyage était difficile.
Arrivés sur place, l’auberge grouillait de monde. Il n’y avait pas de place, si ce n’est dans l’humilité d’une crèche, que certains leur avaient pointé du doigt.
C’est là qu’allait naître une espérance. C’est là qu’allait briller une lumière, qui jusqu’à aujourd’hui vient éclairer l’homme de bonne volonté.

Cette lumière, elle passe aujourd’hui, par celles et par ceux qui s’opposent à cette politique injuste dont nous sommes victimes. Une politique qui appauvrit les pauvres et qui enrichit les riches.
Cette lumière, elle passe par tous ces bénévoles qui, à l’approche des fêtes et même au-delà, sont sur le qui-vive pour que la misère de l’homme soit soulagée.
Cette lumière, elle passe par tous ces petits gestes, par toutes ces présences silencieuses qui offrent un peu de dignité à celles et à ceux qui en sont spoliés.

Mais n’oublions pas les gestes des anonymes. Les personnages ont été expulsés de la crèche. La lumière  pourrait bien ne pas y briller, parce que l’espérance a déserté le cœur d’une grosse partie de la population.
Il est temps de nous réveiller.
Les gens au pouvoir nous parlent de mesures indispensables. Ils condamnent ces grèves qui empêcheraient la vie normale de se dérouler. Ils soutiennent envers et contre tout leur volonté de taxer le travail et de préserver le capital …
On ne leur a pas dit que les conditions de vie imposées ne permettent pas à la vie normale de se poursuivre.
On ne leur a pas expliqué qu’une grève qui ne dérange personne est une grève qui ne sert à rien, puisqu’elle n’invite pas le pouvoir à réfléchir. D’après eux, elles ne seraient que politiques, faisant fi du cri de détresse de toute une population.
L’Europe parle de quotas. Elle envisage des plans économiques, sans se soucier le moins du monde de l’impact sur la population. L’important, ce sont les chiffres !
La machine des puissants envisage des guerres, des bombardements, sans trop de pitié pour les victimes qui n’ont que des tentes de réfugiés pour y pleurer.

Les personnages de la crèche bruxelloise ont été expulsés au nom des grands principes.
Et si l’homme aujourd’hui était expulsé d’une société qui semble avoir oublié qu’elle tenait là sa seule richesse ?

Guy De Smet (3 décembre 2014)


- 55 -  UN JOUR, LA PALESTINE

Plus personne n’y croyait dans le champ de ruines de Gaza ou aux abords des maisons rasées de Cisjordanie ou de Jérusalem-Est.
Leur vie, leur cause, leur combat pouvaient avoir un sens !
La suède lançait une procédure qui allait secouer l’Europe. Il était question désormais de reconnaissance d’un État palestinien.
Cette décision courageuse de démocraties modernes était plus qu’un feu d’artifice de fin d’année. C’était tout un espoir qui voyait enfin le jour.
Depuis 1948, les Palestiniens avaient vu leurs terres et leurs rêves dévastés. Ils avaient encore en mémoire ces actes inqualifiables nés de l’imagination barbare des Sionistes : ces bulldozers rasant des oliviers millénaires.
C’était non seulement un drame, mais aussi et surtout tout un symbole de l’horreur qui s’abattait sur eux. C’était leur Shoah !
Ces oliviers, ils étaient le patrimoine de familles pauvres et honnêtes. Ces hommes et ces femmes avaient travaillé une terre souvent ingrate. Ils avaient fait fructifier cette terre de leurs ancêtres. Ils s’étaient construits des rêves et avaient cultivé des projets simples de familles sans histoire.
Ces oliviers, ils étaient aussi le symbole d’un désir de paix. Leurs terres n’avaient connu que  l’occupation. Des étrangers étaient venus faire la loi, dirigeant leurs faits et gestes, leurs manières de penser et leurs conceptions du bonheur.
Comme tous les peuples du monde, ils aspiraient à voir la colombe de la paix trouver refuge dans leurs arbres pour y semer les promesses d’un avenir.
Et, brusquement, tout s’écroulait. Un envahisseur venu de la mer, venu des lointaines contrées de la Russie et de la Pologne, tel un coucou dévastateur, s’installait dans leur nid.
C’était le début d’un harcèlement et d’un massacre qui allait se poursuivre jusqu’à aujourd’hui.
Sabra, Shatilah, Intifada … autant de signes d’une désespérance qui allait se heurter à l’indifférence internationale.
Terrorisme, Arafat, Hamas … autant de symboles d’une résistance qui ne voit pas l’avenir d’un peuple dans son écrasement mais dans sa course pour la liberté et pour la justice.
Récemment, il y eut ce conflit disproportionné de Gaza, avec ces milliers de victimes, dont beaucoup trop d’enfants et d’innocents.
Il y eut encore ce mur du racisme qui se construisait, malgré les larmes hypocrites de quelques leaders mondiaux en conflits d’intérêts avec le sionisme régnant.
Il y eut l’implantation de ces colonies ignobles, qui crient vengeance au ciel. Ces colons sont comme autant de cancers profonds qui rongent la société israélienne. Ils sont comme autant de racines d’une inhumanité qui tue. Ils sont comme autant de témoins de la négation d’un Dieu dont ils se réclament. Une situation intolérable qui ne provoque que si peu de réactions parmi les peuples civilisés !
Il y eut cette politique désastreuse d’Israël qui fait du racisme et de l’intolérance un mode de gouvernance. Netanyahu se fige dans les traits d’un Hitler du XXIème siècle.   La religion y sert de prétexte. Dieu y est utilisé pour justifier une barbarie innommable.  Il est réduit à un « Gott mit uns » insoutenable. Si nous devions oser une parcelle de leur ignominie nous serions taxés d’antisémites ! Qu’à cela ne tienne !
Il y eut ce vol systématique et ce grignotage des terres palestiniennes qui privent le peuple de Palestine de raisons de croire en un avenir.
Il y eut ces plans de paix, coulés les uns après les autres, au nom de la suffisance d’un peuple élu, empêtré dans sa malhonnêteté  et dans son sadisme.
Décidément, ces pauvres marronniers plantés, ces jours-ci, à la mémoire d’Anne Franck ne remplaceront jamais l’espoir mis dans ces malheureux oliviers rasés par les envahisseurs sionistes !

Aujourd’hui, les choses bougent.
De plus en plus de nations reconnaissent la possibilité d’un État palestinien. Certaines nations, comme la France – et peut-être la Belgique – le font du bout des lèvres : une reconnaissance sous conditions ! C’est mieux que rien, même si cette hypocrisie reste à la hauteur de la logique politicienne qui nous gouverne !
Les Nations-Unies ont offert à la Palestine un poste d’Observateur lors de ses travaux, au grand dam d’Israël qui n’y voit qu’une provocation.
Désormais, les Palestiniens existent sur la scène internationale.
Désormais, les effluves des oliviers rasés rejoignent les odeurs de paix et de justice qui ravigotent le cœur des nations démocratiques.
Désormais, Israël n’est plus le seul maître de cette partie du monde. Il devrait même s’habituer à devoir justifier sa légitimité sur ces terres qu’il revendique.
Le sang des martyrs n’a pas coulé pour rien.
Les enfants de Gaza, ces « Anne Frank » d’aujourd’hui n’ont pas été sacrifiés impunément.
Le mur de la haine qui divise ces contrées voit ses jours comptés, tout comme l’épanouissement d’un certain orgueil juif. (Référence au nouveau nom que le peuple d’Israël veut se donner !).
La résistance du Hamas et d’autres groupements ont payé.
Désormais Israël devra composer.
Désormais Israël ne pourra plus faire de son histoire et de sa Shoah un trésor de guerre à utiliser pour justifier ses exactions.
Désormais, la Palestine n’aura plus à rougir de la grandeur de son drapeau, de la force de sa cause ou encore de la légitimité de sa résistance.
D’autres nations sont désormais, espérons-le, à son écoute et à ses côtés !

Comme il est agréable de se mettre à rêver avec ces hommes, ces femmes, ces enfants, ces familles palestiniennes.
Ils sortent de camps, comme jadis les prisonniers ouvrant les yeux sur la lumière après l’enfer des camps de concentration. Ils n’ont plus peur désormais de leurs bourreaux sionistes. Ils assistent, au contraire, à leur déchéance.
Ils voient le soleil esquisser ses rayons dans l’horizon de ses déserts.
Ils communient au sourire de ceux qui retrouvent la liberté de penser et d’exister.
Ils découvrent la beauté de mains solidaires qui se tendent et de voix qui condamnent l’injustice qui les ont écrasés.
Ils rêvent d’un pays sans les humiliations au quotidien et sans les rejets au nom de la race  ou  de la religion.
Ils marchent vers l’esplanade des mosquées pour y vénérer les symboles de leurs espoirs et y adorer le Dieu de leur Foi. Ils peuvent désormais le faire en toute quiétude, loin des brimades et des exclusions.
Ils osent enfin croire en une paix qui pourrait fleurir à l’ombre des oliviers qu’ils auront replantés.
Palestine, tu seras la fleur odorante de l’Orient.
Palestine, tu seras le fruit d’un espoir né d’humiliations impardonnables et d’une force intérieure qui ne t’a jamais quittée.
Palestine, tu seras pour le monde le signe que Dieu existe.
Palestine, chante, ris, danse … désormais tu as le droit et le devoir d’exister !
Palestine, nous aimerions tant crier avec toi : « Nous sommes des Palestiniens !
Bienvenue dans le concert des nations !

Guy  De Smet (4 décembre 2014)


- 56 - VOUS AVEZ DIT « GRÈVE » ?

Depuis quelques temps deux événements secouent notre petit pays. Cette dépression se situe dans la ligne d’un mouvement qui ébranle l’économie mondiale.
Le premier pôle de notre tempête nationale, il faut le chercher dans la mise en place du Gouvernement Michel.
Nous vivons dans une nation dans laquelle le résultat électoral et le calcul du nombre de sièges au parlement sont un défi à la simple notion de démocratie et même d’arithmétique.
Cela se traduit par la mise en place d’un gouvernement qui reprend certes le parti le plus important issu du choix des citoyens. Mais, cela donne aussi une importance démesurée à une formation qui n’a obtenu qu’un peu plus de 9% des voix lors des élections de mai dernier. Cette démesure va jusqu’à lui confier le poste stratégique de « premier-ministre » !
Ce jeu dangereux avec la démocratie a vu le dérapage régulier de quelques ministres N-VA qui confondent leurs idées personnelles très « communautaires » et l’intérêt national.
Ce jeu dangereux a permis la mise en place d’une politique économique et sociale qui bafoue à qui mieux mieux un article de notre Constitution selon laquelle « Les Belges sont égaux devant la loi ». Ceux qui prétendent nous diriger n’ont aucune hésitation face à une taxation du travail. Par contre, ils  ne peuvent concevoir une taxation du capital, ni une aide aux entreprises qui soit liée à une création concrète d’emplois.
Ce jeu dangereux a permis la mise en place d’une politique de l’immigration qui est une véritable hypocrisie. Elle est dans la droite ligne des élucubrations de Magda De Block. Celles-ci nous ont valu deux condamnations émanant de la Cour européenne des Droits de l’homme. Elle est surtout une gifle de gens riches données à des pauvres que nos politiques extérieures ne cessent d’humilier.

Cette arrogance du pouvoir ne pouvait qu’engendrer un mécontentement des citoyens … et c’est le deuxième pôle de l’ouragan social qui souffle sur la Belgique.
Depuis des semaines, les syndicats drainent une mobilisation importante des citoyens. Des hommes, des femmes, des familles en ont assez.
Ils en ont assez de devoir enregistrer des sauts d’index, des « bidouillages » des systèmes de pensions, des remises en question de leurs statuts, des « plombages » de leur avenir.
Ils réclament un impôt juste qui concerne toutes les classes de la population … y compris les catégories les plus riches, aujourd’hui épargnées.
Ils demandent à être écoutés et entendus, ne rencontrant que l’outrance de déclarations méprisantes ou encore l’autisme d’un gouvernement souffrant de déficit démocratique.
Nous avons connu une manifestation nationale importante.
Nous avons connu des grèves tournantes qui ont dérangé.
Nous avons connu des grèves sectorielles qui s’annonçaient comme une répétition de ce que nous risquons de connaître.
Nous allons vivre cette grève nationale du 15 décembre qui devrait bloquer tout un pays.
Nous appréhendons de devoir nous habiller de morosité face aux autres mouvements annoncés au lendemain de cette grève, si une certaine justice sociale ne vient pas rendre un visage humain à une politique jugée injuste.

Face à cette situation dramatique, le pouvoir et l’entreprise organisent un autre mouvement de criminalisation de la grève.
Bart De Wever, qui pour certains serait redevenu crédible, (ce ne fut pas le discours wallon ces dernières années !) parlent de grèves politiques. Il ne cesse de mettre l’accent sur son mépris du mouvement syndical qu’il taxe de « bras armé » de l’opposition.
Le MR et le monde  de l’entreprise fustigent le droit de grève, insistant sur le droit au travail. Certains parmi eux n’hésitent pas à remettre en question le mouvement syndical, réclamant une personnalité juridique pour ces groupements.
La N-VA verrait bien  la mise en place d’une loi encadrant le droit au travail, sans prêter la moindre attention aux motifs des mouvements sociaux.
D’aucun verrait bien une interdiction des piquets de grève par décision de justice.
Même le citoyen, celui qui rêve de la suppression du saut d’index ou encore celui qui n’envisage pas de prolonger sa carrière professionnelle, râle. Pas de train, administrations fermées, piquets de grève …
À moins qu’il ne faille y lire les signes d’une affirmation de la suprématie de l’individualisme qui tue nos sociétés, tout en n’étant que bénéfice pour l’économie ?

En entendant toutes ces prises de positions politiques et tous ces agacements, j’en viens à m’étonner.
Ils nous vantent les mérites du « Droit au travail ».  C’est certainement une porte ouverte à la dignité humaine … et donc, une merveilleuse chose !
Ceux qui aimeraient en profiter ce sont aussi tous ces chômeurs qui se contentent de reprendre à leur compte les paroles d’Annie Cordy : « J’voudrais bien, mais j’peux point ».
Parmi eux, un bon nombre seront prochainement exclus des allocations de survie. La précarité et la misère seront leur avenir.
Leur situation, ils la doivent à leur jeunesse et à leur manque d’expérience. Ils la doivent à leur âge qui ne correspond plus aux attentes de l’entreprise. Ils la doivent à des délocalisations abusives, guidées par une soif du profit de certains entrepreneurs mafieux. Ils la doivent à une volonté de flexibilité de l’emploi qui permet au patron de proposer du travail quand ça l’arrange.
Notre société fait de ces chômeurs des citoyens de seconde zone et les suspects désignés d’une crise. Il est question de contrôler leurs comptes et leurs avoirs, pendant que nos gouvernants signent des accords permettant aux entreprises de contourner le fisc … en toute légalité !
Ceux qui aimeraient profiter de ce « Droit au travail » ce sont encore ceux qui réclament des conditions de travail humaines et rétribuées à leur juste valeur.
Une certaine presse, comme RTL aime donner la parole à tous ceux qui réclament ce droit au travail. Ce qui en ressort c’est la bénédiction de tout individualisme : moi j’ai droit à aller travailler … moi j’ai droit à « mon » train … moi je suis dérangé par les accès aux villes ou aux zonings industriels qui sont bloqués … moi je !

J’en viens aussi à m’étonner de « la criminalisation du Droit de grève ».
Les anciens se sont battus pour l’obtenir. Du sang de travailleur a coulé pour le mettre en place. Des hommes et des femmes se sont battus pour réclamer des mesures sociales dont nous profitons encore. Ces combats ont été comme autant de portes de sortie de l’esclavage.
Certains condamnent ces grèves pour des raisons politiques. Elles ne seraient que des outils de l’opposition pour déstabiliser un gouvernement.
D’autres y voient un manque à gagner. Si le travailleur commence à contester son sort, comment engranger des bénéfices ou comment faire le chiffre d’affaire indispensable de la journée ?
D’autres encore n’y voient qu’une source d’embarras face aux aléas de leur vie quotidienne.
Une grève qui ne dérange personne n’est pas une grève. La hauteur des enjeux est à ce prix.
Certes le discours de la Droite et de son bras armé, l’entreprise, préfère un climat social plus résigné et soumis. Mais à quel prix ?
Sommes-nous prêts à « payer » la crise que nous n’avons pas créée pendant que ses auteurs – le monde bancaire et financier - profitent du soleil en toute quiétude ?
Sommes-nous prêts à accepter que seul le travail soit taxable, pendant que le capital, issu de ce travail, est un tabou inviolable ?
Sommes-nous prêts à cautionner le fossé qui sépare les nantis des exclus d’une société, vous ou moi, demain ?
Sommes-nous prêts à poursuivre le sacrifice de notre pouvoir d’achat au profit d’une dette publique qui n’impacte ne rien le bonheur de ceux qui nous dirigent ?
Sommes-nous prêts à laisser notre sécurité sociale s’envoler au nom des besoins d’une économie libérale, toujours assoiffée de plus ?

Il est temps de nous réveiller.
Il est temps de ne plus être de ce troupeau bêlant qui transforme la soumission en un mode de comportement en société.
Il est temps de nous rendre compte que si le pouvoir libéral compte sur notre individualisme. La solidarité est notre seul avenir, que nous le voulions ou non.
Il est temps de promettre des jours noirs à ces dirigeants qui font de l’autisme un mode de gouvernement. Si ceux-ci ne lisent dans la grève que des actions d’une opposition, qu’ils n’hésitent pas à s’informer des chiffres des derniers sondages d’opinion. Ils constateraient dans le « mediamètre de la RTBF et Auxipresse » que les partis au pouvoir régressent : le MR, pour ne citer que lui, n’en est plus qu’à 13,8%, après seulement quelques mois  aux affaires !
Il est temps de laisser une place dans notre méditation à cette réflexion de Jacques Prévert « Quand les éboueurs font grève, les orduriers sont indignés »  ou encore à cette autre maxime d’un anonyme : « Dans grève, il y a rêve ».

Guy De Smet (12 décembre 2014)


- 57 -  AU POUVOIR À N’IMPORTE QUEL PRIX !

Depuis quelques mois, notre pays a un gouvernement.
Des ministres, venant d’horizons nouveaux, tels la N-VA, ont pris leurs fonctions. Le moindre que l’on puisse dire, c’est que leur profil nous étonne. Parmi eux Théo Franken, Jan Jambon et Siegfried Bracke !
Le premier est notre nouveau secrétaire d’État à l’asile. Agé de 36 ans, il s’est fait spécialiste en attitudes et en déclarations sulfureuses, dignes d’autres époques.
À peine installé, il est présent à une fête organisée en l’honneur du fondateur d’une milice flamingante condamné jadis pour collaboration. La place d’un militant flamand y serait acceptable, mais est-ce celle d’un secrétaire d’État ?
On le retrouve dans des déclarations racistes et homophobes qui enlèveraient au Vlaams Belang ses raisons d’exister. Elles seront minimisées et considérées comme des péchés de jeunesse. Ce sont pourtant de tels propos qui conduisent à ces meurtres homophobes, comme celui de Liège.
On lui découvre un passé de sympathisant de l’extrême-Droite, alors que lui n’y voit que le signe d’un pluralisme d’opinions.
On le découvre à travers les mesures qu’il prend et qui sont comme autant d’injures aux étrangers qui osent frapper à la porte de notre pays, en quête d’un peu de dignité face à l’ampleur de leur détresse.
Le deuxième, c’est notre ministre de l’intérieur.
Il faut dire que nous ne lui simplifions pas la tâche. Lui, flamingant convaincu, issu d’un parti républicain qui envisage concrètement la fin de la Belgique, lui qui a enlevé toute référence nationale ou monarchique de son cabinet, le voilà obligé d’organiser les funérailles de la Reine Fabiola … il y a de quoi ne plus se regarder dans un miroir.
Et malgré cela, le voilà contraint de s’affronter à une opposition qui semble s’acharner sur lui. Il faut dire qu’il fait fort !
À peine installé, il se lance dans des déclarations ambigües sur la « Collaboration ». Il est obligé de présenter des excuses.
Non content de cet exploit, on lui découvre, lui aussi, un passé proche de l’extrême-droite … ce qui est encombrant dans l’exercice de ses fonctions.
Le troisième, Siegfried Bracke, président de la chambre, ne peut s’empêcher de se faire remarquer à son tour.
Personnage important de l’État, il se déclare « Orangiste ». Il verrait bien sa Flandre rattachée aux Pays-Bas, remettant en question les acquis de la Révolution Belge. Un président de la chambre qui aurait un autre rêve que la Belgique … qu’en penseront les générations futures ?
De plus, dans ses fonctions, il ne parvient pas à rester au-dessus de la mêlée, ni à se comporter en garant de la démocratie de nos institutions. Il va jusqu’ à refuser les droits légitimes de l’opposition, tels qu’ils sont prévu dans le règlement du Parlement.

Trois profils ou plutôt, trois énigmes : que font-ils au gouvernement ?
Ce que nous savons, c’est qu’ils viennent tous trois d’un même parti, la N-VA.
Ce parti est une des branches politiques issue de la Volksunie. Cette formation politique est née en 1954, au lendemain de la deuxième guerre mondiale, qui a laissé bien des traces dans notre pays et particulièrement en Flandre.
Dans la foulée de tous les mouvements flamands, ce parti rêve de l’indépendance de la Flandre. Il se situe dans la continuité du combat de la Flandre qui depuis 1830 ne cesse de se considérer comme  la victime d’une domination francophone, vécue comme une humiliation insupportable au quotidien.
Ce mouvement flamand trouvera en 1914, auprès de l’occupant allemand une attention qui ira jusqu’à la création de la première université flamande, celle de Gand.
Au-delà de ses outrances historiques, cette vision politique flamande aura créé l’idée et la fierté d’un peuple. Elle aura connu à sa tête de grands hommes qui aimaient leur peuple, même si la fin justifiait des moyens que l’Histoire des vainqueurs désapprouvera.
Les Flamands se sont vus confiés une culture, une économie, une grandeur, une dignité qui s’expriment dans un chant et dans un drapeau.
Des hommes, des femmes ont laissé leur vie pour que la Flandre brille au ciel des nations, même si ce fut au prix d’ambiguïtés inavouables et parfois condamnables. Mais il serait, peut-être, simpliste de réécrire l’Histoire avec nos yeux d’aujourd’hui !
La Volksunie a implosé, laissant la N-A et le Vlaams Belang se partager l’héritage du passé.
Aujourd’hui un pas de plus semble franchi, quand nous découvrons les errances et les déclarations des hommes politiques nouveaux : Extrême-Droite et collaboration semblent être des thèmes qu’ils ont fréquentés !
Au-delà de ce terreau politique qu’ils n’ont pas à justifier et qui mérite leur fierté, ce que je leur reproche ce sont deux attitudes incompréhensibles.
S’il est de leur droit d’être des nationalistes inconditionnels, de rêver d’une Flandre indépendante, comment peuvent-ils accepter d’être aux manettes d’un pays qu’ils ne reconnaissent plus.
Comment peuvent-ils, sans se renier, serrer la main d’un roi que par ailleurs ils rejettent ?
La politique ne doit pas les priver d’avoir le droit de se regarder dans un miroir.
La cause flamande devrait être trop précieuse à leurs yeux que pour accepter de se prostituer à un tel prix. À moins qu’il n’y ait un plan B que nous ne connaîtrions pas ?
Une autre attitude qui risque de leur coûter cher dans l’opinion flamande, c’est la minimisation de leurs propos sur la « collaboration ».
Les séquelles de l’Histoire ont laissé de profondes blessures en Flandre … tout comme en Wallonie.
Des accusations considérées comme injustes ont miné l’avenir de familles entières. Des leaders flamands ont été adulés et se sont comportés comme des mains tendues face à ceux que la tourmente d’après-guerre broyait.
Le refus d’amnistie restera à jamais comme un camouflet pour des flamands aujourd’hui avides de vengeance et de reconnaissance. Depuis lors, la Belgique restera  à jamais une idéologie à abattre : « Belgïe barst ». Trop d’humiliations devient un héritage qui se transmet !
Et aujourd’hui, ces ministres issus de la N-VA minimisent. Ils parlent d’erreurs de jeunesse ou de faits à relativiser. Ils se pavanent dans les costumes d’un pouvoir qui n’est pas taillé  à leurs mesures. Les combats de leurs anciens méritent-ils une telle braderie ?

Mais qui sont-ils pour oser cela ?
Qui sont-ils pour minimiser un mouvement flamand qui fait leur succès électoral d’aujourd’hui ?
Qui sont-ils pour discréditer par leurs discours des hommes et des femmes qui ont tout sacrifié, jusqu’à leur dignité et leurs droits civiques pour que les Flamands aient le droit de relever la tête ?
Qui sont-ils pour accepter qu’un peu de rouge viennent salir les griffes du lion flamand qu’ils aiment arborer ?
Certes, l’économie est devenu le nouveau terrain de jeu du communautaire.
Certes, les enjeux industriels sont devenus une stratégie pour construire l’avenir économique des régions.
Certes, les différences démontrées d’un pays ne peuvent devenir la tentation d’un confédéralisme imposé.
Mais la politique n’est pas de la prostitution.  Elle ne réclame pas la négation, ne fusse que temporaire, de ses idéaux.
La politique est un service, qui propose à chaque citoyen un avenir et un bien-être.
Il y a des jours, où l’honneur invite à des audaces !

Guy De Smet (12 décembre 2014)


- 58 -  IL PLEUT SUR BRUXELLES

Jacques Brel avait écrit cette célèbre chanson, qui ce vendredi matin aurait pu trouver un écho dans les rues de la cité.
Oui, il pleuvait sur Bruxelles.
Ils avaient préparé des barrières le long des trottoirs. Ils attendaient une foule compacte pour suivre le dernier trajet de la Reine Fabiola dans les rues de la capitale.
Les jours précédents, un cordon trop large traçait déjà un sillon sur la place devant le palais. Un poste de Croix-Rouge, des toilettes, des consignes de comportement un protocole … et cependant peu de monde au rendez-vous ! Que voulez-vous, il vient un âge qui ne fait plus courir les foules !
Pourtant, du beau monde s’était déplacé : une impératrice, des reines, des rois, des grands-ducs, des archiducs, des princes et des princesses …
Il y avait le gratin de nos institutions, même des ministres républicains … et quelques inconditionnels de la monarchie …
Ils avaient mis les petits plats dans les grands pour assurer une cérémonie à la dimension de l’événement : belles toilettes, hauts-talons royaux, belles musiques, décorum et dignité. Ils avaient serré les chaises au grand dam de la Reine Paola qui n’avait pas assez de place pour y insérer son auguste postérieur.
Tous les ingrédients étaient là pour un grand moment royal.
Les grands d’Espagne, faute de Fondation Perreos s’étaient réunis nombreux, emportant dans leurs bagages le son de quelques castagnettes. Les Britanniques, par contre n’avaient pas fait de voyage, à croire que la pluie anglaise leur suffisait.
Mais où étaient les Belges ?

Il pleuvait sur Bruxelles.
Une présence à la cathédrale s’obtenait par invitation. Les places étaient limitées, sauf aux abords. Ceux-ci offraient cependant le triste spectacle d’une vie qui se poursuit dans l’indifférence.
Les journalistes supposaient donc retrouver la foule aux abords de l’église Notre-Dame de Laeken. Mais là encore : personne !
Il y avait quelques centaines de places libres à l’intérieur, mais c’était encore de trop pour accueillir la foule absente.
Mais où étaient les belges, ceux de 1960, lors du mariage, ceux des funérailles du Roi Baudouin, ceux des grandes heures de la Monarchie ?

Il pleuvait sur Bruxelles.
Cela n’a pas empêché de beaux moments d’émotion qui auront fait pleurer plus d’une chaumière.
Il y eut ces larmes royales de Philippe et de Mathilde qui ont gardé leurs mains scellées tout au long de la cérémonie.
Il y eut les paroles des petits princes, dans toutes les langues possibles, à la mémoire d’ « Oncle Baudouin » et de « Tante Fabiola ».
Il y eut la dégaine chiffonnée du Prince Laurent qui aurait bien eu besoin d’un peu d’aide pour s’habiller en ces temps de crise.
Il y eut la chansonnette espagnole et le son des castagnettes pour mettre un  peu de soleil au milieu de la grisaille ambiante.
Il y eut un archevêque cédant sa place à un Cardinal pour évoquer un « retour à la maison » avec des mots dont il a le secret.
Il y eut ce départ du cercueil vers la crypte, porté par des Grenadiers aux pas lents. Une reine s’en va, un amour s’écrit en termes d’éternité.

Oui, il pleuvait sur Bruxelles pour le départ de la Reine Fabiola.
Elle restera la femme qui s’en vint de l’étranger pour diluer la tristesse d’un jeune roi.
Elle restera la femme de la pomme du défi du 21 juillet.
Elle restera la dame des « œuvres de la Reine » et d’une présence tout en nuance.
Elle restera la femme de Foi qui donna au palais les airs de couvent pour y loger sa mystique et sa prière.
Elle restera la femme artiste, aimant la musique et les arts, comme expressions de sa profondeur.
Elle restera l’instigatrice des Fonds financiers incompréhensibles et insupportables en temps de crise.
Mais, les rues resteront vides pour l’accompagner. Les fleurs seront rares pour la remercier. Les applaudissements seront discrets sur son passage.
Que voulez-vous : il pleuvait sur Bruxelles !

Guy De Smet (12 décembre 2014)


- 59 - ALLER ENCORE PLUS LOIN

« Il s'agit d'un très bon début, mais il est possible d'aller plus loin »
Cette déclaration de M. Gardner, un des responsables du FMI vient se placer en feu d’artifice de la journée de grève nationale qu’a connu notre pays, ce 15 décembre.
Dans sa logique d’économie de marché et de libre concurrence, il soutient la décision gouvernementale qui vise à reculer l’âge de la pension à 67 ans. Il salue le saut d’index, tout en estimant n’y voir qu’un premier pas.
Il faudrait aussi, selon lui, « renforcer la productivité en favorisant la création d’emplois ». Il faudrait « renforcer la concurrence sur les marchés, ainsi qu’une stratégie en matière environnementale et une formation des travailleurs ». Il faudrait « assurer la stabilité de l'offre et la prévisibilité des prix ».
Il verrait bien aussi une taxation du capital en harmonisation avec la taxe sur le travail, une harmonisation de la TVA et une augmentation des taxes environnementales.
Il n’envisagerait plus un démontage du mécanisme de l’indexation systématique des salaires. Le combat pour  « une évolution des salaires en fonction des exigences de la compétitivité » lui semblerait plus opportun.

En l’entendant, Dalida aurait repris son refrain emblématique : «  Paroles, Paroles, Paroles … »
Il nous parle d’économie, de macroéconomie … jamais d’aspirations d’hommes et de femmes !
Il envisage un renforcement de la productivité, de la concurrence.
Il rêve de stratégie économique et environnementale.
Il s’exprime en termes de taxation et d’évolution des salaires, le tout au service de la compétitivité.
Il ne parle jamais des acteurs de tous ces processus.
Jusqu’où iront-ils dans cette course au profit et dans cette affirmation du mépris de l’homme ?

Face à ce discours de « spécialistes en chambre », des hommes et des femmes, des travailleurs se sont exprimés dans la rue.
Ils ont dit « non » à une économie sauvage qui ne respecte pas leurs aspirations légitimes.
Ils ont dit « non »  à un mode de pensée déstructurant qui donne une importance démesurée au capital. Or que serait le capital, sans le travail ?
Ils ont dit « non » à un appauvrissement d’une catégorie de la population au profit de chercheurs de bénéfices à n’importe quel prix.
Face à eux, ils ont trouvé l’autisme d’un gouvernement d’incompétents, enfermé dans ses idéologies et dans son déficit démocratique.
Ils ont fait face au mépris du monde de l’entreprise qui ne voit dans les actions menées qu’une atteinte à leur soif de chiffres et de compétitivité.
Ils ont rencontré l’égo de l’individualisme sur lequel compte l’économie de marché au lieu de la force de la solidarité qu’ils redoutent.

Le pays a été paralysé au nom du drame de tous ces chômeurs découvrant leur quotidien comme une exclusion au Droit au travail.
Il a été paralysé au nom de ces hommes et de ces femmes qui lisent dans l’allongement forcé de leurs carrières une injustice face au vol légalisé de l’argent qui leur fut ponctionné durant toute leur carrière au nom de leur pension.
Il a été paralysé au nom de la primauté d’une économie et d’une finance qui sont devenues des fins en soi et non plus des services au profit du bien-être de tout homme.
Il a été paralysé au nom d’une rupture du dialogue entre le monde de l’entreprise, appuyé par des décisions gouvernementales injustes  et le monde du travail sacrifié par ces mêmes décideurs politiques.

Et voilà que le FMI en remet une couche !
Ce Fonds, comme les agences de notations, comme les courbes boursières, comme les bureaucrates européens n’a reçu aucun mandat démocratique pour décider ou pour émettre un avis sur l’avenir des peuples.
Ces institutions ne sont que des instruments de notre système financier mondial pour réguler l’économie de marché. On en voit les résultats dans l’actualité des populations du globe.
Chez nous, nous constatons un nombre croissant d’exclus du bien-être que prône l’économie.
Le chômage est en hausse permanente et ses victimes seront prochainement exclues de toute main tendue. La misère deviendra leur lot et la criminalisation de leur situation un combat.
L’immigration devient un mal à fustiger, peu importe le vécu de ces hommes, de ces femmes, de ces familles, entraînés dans la déroute de la misère.
Les sans-abris sont devenus ces fantômes de nos nuits et de nos hontes, au point que nous préférons les oublier.
Des enfants, en nombre croissant, rêvent face à nos féeries de Noël, alors que le seuil de pauvreté est le seul qu’ils espèrent franchir un jour.
Les Restaurants du cœur qui ne devaient servir qu’à nous interpeller le temps d’un hiver se sont vus concéder une pérennité qui évite aux responsables politiques de devoir se mouiller.
Le pouvoir d’achat des familles s’envole en lambeaux à cause de salaires bloqués et d’une évolution du coût de la vie qui ne cesse de s’emballer.
Dans d’autres coins du monde, la misère, la famine et la pauvreté sont devenues le quotidien de populations entières,  livrées à l’égoïsme d’une économie virtuelle.
Ça dérange qui de voir, à l’heure du déjeuner des réfugiés syriens confrontés à l’hiver de camps, sans aide matérielle à l’horizon ?
Ça dérange qui de voir ces Ukrainiens confrontés aux destructions d’une guerre absurde, pataugeant dans la boue de la misère et du froid ?
Ça dérange qui de voir ces images d’enfants mourant de faim ou sacrifiés dans des conflits, pendant que d’autres croulent de trop bien vivre au milieu de leurs richesses ?

À tous ces économistes en chambre qui rêvent d’une optimalisation de l’économie de marché, telle qu’elle s’incarne dans le capitalisme débridé, j’aimerais dire « STOP ! »
Des pays d’Amérique latine, par exemple, ont fait d’autres paris que le vôtre.
Ils ont vu dans le partage et dans la solidarité d’autres formules pour offrir le bonheur à tous leurs citoyens.
Les banques et les institutions financières y ont été ramenées à leur juste place, celle d’un service au profit de tous.
Les richesses de la terre ont changé de statut. De biens spéculatifs, ils sont devenus la propriété de tous les citoyens. Ceux-ci sont désormais motivés pour les faire fructifier.
Des présidents y vivent pauvrement, loin des ors et des avantages que procure le pouvoir chez nous.
Aujourd’hui, leur PIB dépasse de loin nos pauvres capacités.
Aujourd’hui tous profitent de richesses qui ne sont plus réservées à quelques parasites qui font la une de nos journaux à sensation.
Il y aurait donc une alternative au capitalisme qui détruit l’homme chez nous ?
Cela a demandé un changement de mentalité.
Cela a nécessité une autorité  pour décider d’un partage juste.
Cela a exigé la mobilisation de tous les citoyens, motivés désormais par des outils de bien-être qui leur appartenaient.
Il s’agit là d’un autre type de société … pourquoi pas chez nous ?

Guy De Smet (16 décembre 2014)


- 60 -  UN CAMP DE CONCENTRATION ?

Ces mots, on les croyait rejetés dans les oubliettes de l’Histoire et de nos déchirements. C’était sans compter sur l’imagination féconde de ceux qui en furent les victimes, hier.
Ce statut de victimes, ils le revendiquaient pourtant. À la moindre occasion, ils se font un devoir de nous rappeler la Shoah, même et surtout si elle sert à justifier des exactions commises par Israël.
Ils ont élevé au rang de crime toute contestation de leurs faits et gestes, y lisant une mise en cause de leur identité. Ce serait de l’antisémitisme, qu’il a fallu ranger dans une catégorie différente du racisme.
Aujourd’hui, la moindre mise en question de la politique d’Israël, la moindre égratignure de leur orgueil est devenue un acte punissable et négationniste.

C’est dans ce contexte que j’ai intercepté sur la toile une lettre adressée par le vice-président du Parlement israélien à son premier–ministre :
« Avec l’aide de Dieu
A l’Attention du Premier Ministre Benyamin Netanyahu
Monsieur le Premier Ministre,
Nous venons d’apprendre que le Hamas a profité du cessez-le-feu pour kidnapper un officier. Il s’avère que cette opération ne se terminera pas de sitôt.
L’échec de cette opération était inévitable depuis ses débuts car :

a) Elle n’a aucun but clair et précis
b) Il n’y a pas de structure appropriée pour soutenir nos soldats.
Ce qui est nécessaire désormais, c’est de comprendre qu’Oslo, c’est fini, que c’est notre pays – notre pays de manière exclusive et Gaza compris. Il n’existe pas deux Etats, ni deux peuples. Il existe seulement un Etat pour un seul peuple.
Après avoir compris ceci, ce dont nous avons besoin, c’est d’une vision complète et minutieuse de notre stratégie en termes de définition de l’ennemi, des tâches opérationnelles, de nos objectifs stratégiques et bien entendue, de l’éthique de guerre appropriée.

(1) Définir l’ennemi
L’ennemi stratégique est l’arabe extrémiste musulman sous toutes ses formes, de l’Iran en passant par Gaza, qui cherche à pulvériser Israël dans son intégralité. L’ennemi immédiat est le Hamas. (Pas les roquettes, ni les tunnels, le Hamas.)
(2) Définir les tâches

Conquérir la totalité de la bande de Gaza, et l’anéantissement de toutes les forces combattantes et leur soutien.
(3) Définir les objectifs stratégiques :
Transformer Gaza en Jaffa, une ville israélienne florissante avec un nombre minimum de civils hostiles.
(4) Définir les éthiques de guerre : « Malheur à celui qui cause le mal, et malheur à son voisin »
A la lumière de ces quatre points, voilà comment Israël doit agir :
a) L’IDF doit designer certaines zones ouvertes sur le frontière du Sinaï, adjacente à la mer, dans laquelle la population civile sera concentrée, loin des zones urbaines actuellement utilisées pour les tirs de roquettes et où se trouvent les tunnels. Dans ces zones, des campements de tente seront établis, jusqu’à ce que des destinations d’émigrations adaptées soient déterminées. La distribution d’électricité et d’eau vers la zone autrefois peuplée sera coupée.
b) La zone autrefois peuplée sera bombardée avec la puissance de feu maximale. L’infrastructure civile et militaire du Hamas dans son intégralité, ses moyens de communication et sa logistique, seront détruites entièrement et rasées.
c) L’IDF divisera la bande de Gaza latéralement et en travers, étendra de manière significative des corridors, occupera des positions de commandement, et exterminera les poches de résistance, s’il s’avère qu’il en reste.
d) Israël commencera à chercher des destinations d’émigration et des quotas pour les réfugiés de Gaza. Ceux qui souhaitent émigrer bénéficieront d’un ensemble de mesures économiques généreuses, et arriveront dans leur pays d’accueil avec des capacités économiques considérables.
e) Ceux qui désirent rester, s’il est prouvé qu’ils ne possèdent aucune affiliation avec le Hamas, seront obligés de signer publiquement une déclaration de loyauté à Israël, et recevront une carte d’identité bleue similaire à celle des arabes de Jérusalem-Est
f) Quand le conflit cessera, la loi israélienne s’étendra afin de recouvrir l’intégralité de la bande de Gaza. Les gens expulsés de Gush Katif seront invités à retourner dans leur colonies et la ville de Gaza et sa périphérie sera rebâtie à l’image de véritables villes touristiques et commerciales israéliennes.
Monsieur le Premier ministre
Nous vivons à un moment clé de notre destin et de l’histoire de l’État d’Israël. 
Toutes les métastases que sont nos ennemis, de l’Iran au Hezbollah en passant par l’EIIL et les Frères musulmans, se frottent allègrement les mains et se préparent pour le prochain round.

Je vous préviens que toute solution moins ambitieuse que celle que je viens de définir ici signifiera encourager l’offensive constante menée contre Israël. Lorsque le Hezbollah comprendra comment nous aurons traité le problème du Hamas dans le Sud, il cessera donc de tirer ses 100.000 missiles provenant du Nord.
Je compte sur vous afin d’adopter la stratégie proposée ici.
Je n’ai aucun doute que l’ensemble de la population israélienne se tiendra à votre droite avec son écrasante majorité, comme moi-même, si seulement vous adoptez ce plan.

Avec mes plus hautes considérations et mon profond respect »
Moshe Feiglin
Cette lettre fait froid dans le dos !
Ces Sionistes, ces envahisseurs venus de la mer, s’en viennent occuper une terre qui ne leur appartient pas. Ils s’y installent, encouragés par la lâcheté des anciens colonisateurs. Ils y imposent leurs lois, comme a pu le faire l’occupant nazi chez nous. Ils déportent, ils emprisonnent tous ceux qui ne reconnaissent pas leur autorité. Ils sèment la terreur, la misère et le racisme autour d’eux, n’hésitant pas à créer une nouvelle shoah palestinienne.
Ces Sionistes criminels foulent au pied, chaque jour, les décisions internationales. Ils font de la colonisation et des implantations illégales des manières de vivre au quotidien.
Ces Sionistes criminels parviennent à se déclarer les victimes larmoyantes d’une résistance, qui chez nous, à d’autres époques, aurait été considérée comme héroïque.
Dans cette lettre, les voilà qu’ils osent un tabou : l’ouverture de camps de concentration pour les victimes de leurs humiliations depuis 1948.
Nous feraient-ils regretter d’avoir laissé les alliés fermer ceux ouverts, jadis, par Hitler ?
Nous feraient-ils regretter d’avoir fait du cri « Plus jamais ça » une revendication au nom de la dignité de tout être humain ?
Nous feraient-ils regretter de ne pas avoir érigé l’antisionisme en un devoir au nom de l’honneur humain, comme nous avons pu le faire pour le Nazisme ?
Où sera la condamnation des nations face à de tels propos ?
Où sera notre boycott économique et social, le vôtre, le mien, face à l’arrogance de ce peuple élu qui ne cesse de tout écraser sur son passage ?

Vous, les Juifs honnêtes et courageux … si vous existez, réveillez-vous !
Ne laissez pas salir votre honneur par quelques voyous sionistes qui font du crime leur carte de visite.
Ne vous laissez pas spolier par les paroles et par les actes de quelques criminels qui se comportent comme des réincarnations d’Hitler et de sa clique.
Ne vous laissez pas envahir par une idéologie qui défigure votre histoire et votre statut religieux.
Ne laissez plus l’ambassadeur d’Israël dans notre pays déverser sa haine des Palestiniens  ni la destruction de leur existence au quotidien. Ne le laissez plus dénigrer nos décisions démocratiques, quand nous décidons de reconnaître un état palestinien. Il n’a pas sa place sur nos chaînes de télévision ni dans nos autres médias !
Ne laissez plus cet État criminel d’Israël vous ponctionner un impôt de solidarité, simplement parce que vous vous revendiquez de l’identité juive. Vous n’avez aucun contrôle de l’usage qu’il en fait !
Cessez de faire de l’antisémitisme le cheval de bataille qui couvre les crimes de Sionistes dégénérés et monstrueux.
J’ose croire que, si vous existez, au fond de vous doit briller un cœur humain, capable de voir en tout homme un frère, une sœur !

Guy De Smet (16 décembre 2014)


- 61 -  UNE CRÈCHE À NOËL

Il existe, un peu partout en Europe, une ligne de pensée qui verrait bien une négation des racines chrétiennes de notre vieux continent.
Cela se traduit dans l’interdiction de signes religieux, de désacralisation de fêtes chrétiennes ou de changement de nom de temps de vacances.
Ainsi, récemment, en France, une polémique a vu le jour autour d’une crèche placée dans un lieu public. Elle faisait suite à un autre conflit qui exigeait le retrait d’un sapin de Noël, en qui une certaine lacune intellectuelle voulait voir un autre signe chrétien.
Derrière cet événement, je voudrais mettre en exergue deux constatations qui, me semble-t-il taraudent l’esprit.

Tout d’abord, à travers cette crèche contestée, c’est le fait religieux chrétien qui est reconnu.
Les Chrétiens, adeptes d’un certain mur des lamentations, en étaient venus à se compter. Les églises se vendent, les assemblées sont clairsemées, les sacrements n’ont plus le vent en poupe, les séminaires et les maisons religieuses semblent désertés. Un climat de morosité s’était installé, d’autant plus que la morale de l’Église était rejetée et ses combats semblaient être d’un autre siècle, tout comme son langage jugé dépassé.
Et là, brusquement, voilà qu’une simple crèche fait débat et met en péril la sacro-sainte laïcité. Comme toujours, l’Évangile dérange !
Imaginez, quelques personnages de plâtre s’en viennent bousculer tout un édifice de vie communautaire !
Ils sont pourtant bien inoffensifs.
Ils nous viennent d’une tradition séculaire mise en place par François d’Assise. Son seul but était de représenter l’émotion d’un moment biblique qui fonde la Foi des Chrétiens, tout en émoustillant le besoin de tendresse qui habite toute une population.
Inoffensifs … quoiqu’ils soient aussi porteurs de tout un message, véritable richesse de la Parole chrétienne … et peut-être bien que là, il y a de quoi déranger !
Cette crèche de noël, c’est celle qui logera l’exclu, le rejeté, celui pour qui « il n’y a pas de place à l’hôtellerie » … hier, comme aujourd’hui !
Cette crèche, c’est celle d’un jeune couple qui, au cœur des dérives d’une ville sans place, vit la tendresse d’un beau moment, la naissance d’un enfant. La précarité sera moins forte que la vie. Le rejet sera moins puissant que l’accueil de la vie.
Cette crèche, c’est la chaleur d’un âne et d’un bœuf. Ils n’existent pas dans la hiérarchie des valeurs qui guident un monde, mais, comme tout ce qui ne se voit pas, c’est le petit plus qui donne sens au monde.
Cette crèche, c’est encore le sourire d’un bébé. Il vient au cœur de la nuit des hommes et il offre ce cadeau merveilleux : un sourire, empreint de délicatesse, de vérité et d’Amour.
Cette crèche, elle a été le refuge des paumés de partout, les bergers des ténèbres, mais aussi des exclus d’aujourd’hui. Elle a aussi été l’attrait des grands de ce monde, des mages venus d’Orient, des pensées différentes, à la rencontre d’une symphonie d’Amour.
C’est peut-être pour tout ce qu’elle représente que cette crèche doit être rangée !
Au regard de notre monde pluraliste, il semble difficile d’imaginer une société sans exclus.
Il semble inimaginable de proclamer une manière de vivre ensemble qui serait dirigée par le fait de s’aimer et de proposer un peu de tendresse et de reconnaissance. Le contraire ferait tache dans nos sociétés de réussite.
Au regard de ce qui fait courir les foules, il semble impensable que ce qui est caché aux regards soit primordial pour survivre.
Au regard de nos intolérances, il semble insupportable que d’autres aient une autre opinion que celle qui domine.
Et si la crèche était insupportable, simplement, parce qu’elle parle d’amour ?
Et si l’interdiction de cette crèche n’était qu’un phénomène parmi d’autres, tout aussi symbolique : l’interdiction des signes religieux dans les administrations ou encore le secret des convictions sous peine d’un frein à la carrière.

L’autre constatation liée à cette interdiction d’une crèche, je la trouve dans un certain opportunisme.
Si je peux concevoir que le fait religieux dérange et qu’il bouscule nos manières de vivre ensemble, il me semblerait logique d’en tirer d’autres conclusions.
Pourquoi maintenir un congé lors de nos fêtes religieuses telles que Pâques, Ascension, Toussaint, Pentecôte ou encore Noël ?
Pourquoi maintenir un réseau d’enseignement religieux qui garantirait un autre type de sérieux éducatif ? À preuve, le nombre d’enfants inscrits dans ces écoles confessionnelles, sans la moindre référence religieuse ?
Pourquoi accepter la mise en place d’un art religieux ou l’entretien d’édifices religieux qui pourraient éveiller des susceptibilités ?
Pourquoi promouvoir des concerts de musique religieuse, qui même si elles appartiennent à un certain patrimoine sont quand même des éraflures de la laïcité ou de la neutralité ?
Pourquoi accepter que des institutions religieuses ou d’obédience chrétienne restent un chemin nécessaire dans le domaine du caritatif ?
Pourquoi utiliser des cultes pour sacraliser des moments de nos existences, alors que nous leur refusons toute existence dans la sphère publique et parfois même dans l’horizon de nos préoccupations ?

Nos sociétés agitent là une sonnette d’alarme qu’il devient urgent d’entendre.
Si nous voulons écrire l’avenir, si nous voulons bâtir notre maison commune de demain, il est urgent d’ouvrir les yeux et d’oser un autre regard.
Ce qui fait notre richesse commune, ce sont nos différences. Elles nous permettent de comprendre que nous ne sommes pas le tout de l’Humanité. Elles nous permettent d’aiguiser nos facultés d’écoute et de respect qui font la grandeur de l’homme.
Ce qui fait notre richesse commune, c’est de découvrir que seuls, nous ne possédons pas la vérité. Nous avons besoin des autres et ils ont besoin de nous.
Ce qui fait notre richesse, c’est d’accepter que chaque pensée, chaque conviction peut nous aider à construire un monde meilleur, en unissant ce qui nous divise pour construire une harmonie qui rend heureux.
Et si la crèche de Noël, avant d’être la propriété d’une religion devenait un lieu de main tendue et de cœur ouvert … alors pourrait s’entendre le chant des anges : « Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ».

Guy De Smet (16 décembre 2014)


- 62 - BONNES VACANCES, MAJESTÉ !

Enfin, c’est que ce que nous aurions pu vous souhaitez, si ce n’était cette frasque de plus.
Décidément dans cette famille, vous n’êtes heureux que quand notre attention est émoustillée.
Quand ce ne sont pas les attitudes abracadabrantes du Prince Laurent, nous avons droit aux Fondations pour le moins bizarres de la feue Reine Fabiola ou encore ces déclarations larmoyantes sur les moyens minables laissés à l’ancien couple royal.
Nous sommes loin de ce symbole monarchique qui pourrait nous faire rêver ou de cette institution non démocratique qui soude un pays !
Certes, nous ne voudrions pas vous priver de votre liberté et de votre droit de prendre des vacances en famille.
Certes, nous ne voudrions pas vous empêcher de faire de la famille une de vos priorités.
Certes, nous ne voudrions pas mettre votre sécurité en question …
Mais quand même !
Nous comprenons, qu’au nom de la sécurité et de l’avenir du pays, vos déplacements doivent être effectués à l’aide d’un avion militaire … ce qui occasionne la  mise à votre disposition d’un équipage complet durant votre séjour … et donc un fameux budget !
Nous comprenons, qu’au nom de votre succession, votre fille soit obligée de voyager sans ses parents … et à vos frais.
De là à apprendre que ce voyage royal privé se fait au frais du contribuable … il y a un pas à ne pas franchir … ce que vous venez de faire !
Au lieu d’une certaine douceur, cette nuit de Noël nous laissera un arrière-goût d’amertume et de fausse note.

Lors de votre message de Noël, j’imagine, vous aurez à cœur de nous parler de la crise et des efforts à faire pour la surmonter.
Vous nous vanterez les mérites de la solidarité et du partage.
Vous mettrez en exergue une Belgique qui réussit, loin de toute la morosité qu’engendrent ces temps difficiles.
Ces belles paroles seront mises sur le compte de votre « sans faute ».
Cette expression me dérange. Qu’attendre d’autre d’une fonction financée par une dotation que le peuple belge vous fournit « constitutionnellement », chaque année  ? Un « sans faute », c’est ce qui est attendu de tout travailleur, sans qu’on s’en émerveille !
D’autre part, votre tour d’ivoire vous en a  peut-être préservé, la Belgique connaît une crise grave.
Votre gouvernement impose des mesures injustes qui fragilisent un peu plus la population. Il s’enferme dans un autisme pathétique qui ne peut que dériver en « incident social »
Des hommes, des femmes, des familles descendent dans la rue pour crier leur désarroi … et personne ne semble les entendre !
Des usines ferment, au nom d’un meilleur profit à l’étranger entraînant un chômage transformé en crime.
Des banques s’enrichissent honteusement en évitant soigneusement de participer à l’effort de redressement d’un pays qu’elles ont tiré vers le bas.
Le patronat se réfugie dans une arrogance méprisante, trouvant dans le monde politique un allié de poids.
Et pendant ce temps, près de 30.500 chômeurs wallons (pour ne parler que d’eux) seront exclus du chômage, le premier janvier prochain. Votre gouvernement envisage de renforcer cette mesure, ayant trouvé là le bouc-émissaire idéal à la crise !
Ces exclus du droit au travail auraient aimé pouvoir partir en vacances … et comme vous, aux frais de la société.
Eux aussi auraient aimé rêver de projets, de vie de famille, de travail, d’avenir … ils n’ont trouvé abri que dans la misère, dans la précarité et dans la honte. L’aumône deviendra leur moyen de subsistance !
Eux aussi souhaitaient un peu de dignité et de respect. Ils n’ont trouvé que rejet et diabolisation.
À eux s’ajoutent tous ces autres citoyens qui se privent pour survivre : les retraités, les travailleurs pauvres, ceux qui n’arrivent plus à nouer les deux bouts, les jeunes sans emploi et sans lendemain …
Peu concernés, si ce n’est en paroles, vous vous envolez pour l’Indonésie, créant chez nous un tsunami d’indignation et d’incompréhension. Il est vrai que vous nous venez de la « cage dorée » abjecte qui préserve quelques nantis dans ce pays.
Tout le monde, surtout ceux qui travaillent, est prié de se serrer la ceinture. Tout le monde du travail se voit vanter l’effort demandé par des mesures injustes … et cela ne semble pas vous concerner !

Votre peuple est aujourd’hui choqué, même s’il restera quelques brebis bêlantes pour vous acclamer à votre retour.
Nous avions déjà appris que votre dotation serait indexée, pendant que le salaire des travailleurs serait gelé. Un geste prophétique aurait été de refuser cette situation … mais n’en espérons pas trop !
Nous avions déjà été émus par l’extravagance et par le prix des tenues royales dont la reine a le secret … mais les goûts et les couleurs ne se discutent pas.
Et maintenant ces vacances démesurées !
Évitez la faute de trop qui nous ferait dire : « Trop is te veel » !

Guy De Smet (22 décembre 2014)


- 63 - LES VŒUX DU PAPE

Le Pape François nous étonnera toujours, au point de nous ouvrir les portes d’une autre Église et de l’inattendu de Dieu.
À travers ses paroles, c’est une autre lumière d’Évangile qui nous illumine et qui nous ouvre les poumons pour un nouveau souffle.

Il vient de s’adresser, comme chaque année, aux cardinaux de la Curie romaine, à l’occasion de la cérémonie des vœux.
Vous imaginez ces vénérables personnages rassemblés dans une grande salle. Ils sont assis, portant avec habitude et fierté les honneurs dus à leur rang. Ils se retrouvent tout auréolés de leurs titres, de leur suffisance et parfois même de leur humilité.
Ils s’attendent aux mots de circonstance habituels et ils se préparent déjà à quelques agapes fraternelles qui devraient réunir quelques clans.
Tout s’annonçait bien … jusqu’à ce que le Pape leur envoie des flèches imprévues.
Voilà, en effet,  que le Pape François se met à dévoiler les maladies qui les minent et qui détruisent leur crédibilité. Et, dans le domaine, reconnaissons qu’il y va fort !
On semblerait réentendre les mots de l’Évangile qualifiant les Pharisiens de « sépulcres blanchis » !
Il leur parle de leur impression de se « sentir immortel ou indispensable ». Il leur reproche « une activité excessive et leur endurcissement mental et spirituel », oubliant qu’ils devraient être avant tout des « hommes de Dieu ».
Il leur reproche « leur planification excessive et leur fonctionnalisme », oubliant qu’ils ne sont pas les propriétaires de l’Esprit-Saint.
Il plaint leur « Alzheimer spirituel » qui semble avoir remplacé leur vocation, leur Histoire du Salut par la routine et par l’habitude.
Il lui insupporte de voir « la maladie de la rivalité et de la vaine gloire » gangréner leur apostolat. Les insignes d’honneur ou la couleur des vêtements sont devenus les signes extérieurs d’une superficialité qui tue.
Il trouve pathétique « leur schizophrénie existentielle » qui les pousse sur les voies d’un double chemin de vie, dans laquelle le bonheur ne s’écrit pas  en lettres d’or.
Il ne peut se résoudre à « leurs bavardages, à leurs médisances, à leurs commérages » qu’il considère comme des assassinats de frères ou de sœurs.
Il trouve intolérable « leur divinisation du Patron ». Le carriérisme et l’opportunisme sont devenus les moteurs de leur présence et de leur action.
Il ne peut plus croiser ces « regards funèbres » qui font d’une façade de sérieux, adressée surtout aux inférieurs, un refuge pour y loger leurs propres démons de peur et d’insécurité.
Il voit dans « leur soif d’accumulation de biens matériels » le signe d’un vide spirituel qui les mine.
Enfin, le spectacle de « leurs mondanités et leur recherche élitiste de petits cercles fermés » les éloignent du Christ qui ne s’est jamais défini en termes de pouvoir ou encore de privilège. Lui, Jésus, il s’est contenté de passer parmi les hommes « en faisant le bien ».

Ils ont dû mal respirer tous ces cardinaux, à l’approche de Noël et de la simplicité d’une crèche, jusqu’à redouter avec dégoût les retrouvailles qui auraient pu suivre !
Mais, en même temps, comme il fait du bien ce langage du Pape. Il nous rappelle les grands moments de l’Histoire de l’Église qui ont été comme autant de gouttes d’eau dans un désert d’hypocrisie religieuse et humaine.
L’Église d’aujourd’hui a besoin de réformes. Elle a besoin d’un nouveau souffle pour distiller, à nouveau, l’espérance de l’Évangile.
Elle a besoin d’un changement de regard pour exister désormais avec les yeux et la tendresse de Jésus.
Elle a besoin d’une profonde conversion qui se lit jusque dans sa manière de vivre au quotidien.
Ces considérations ne sont pas que des mots ou des vœux pieux. Elles sont une urgence qui s’incarne dans des vies d’hommes et de femmes qui se veulent d’Église … des Cardinaux certes, mais aussi de nos représentants diocésains jusqu’au moindre prêtre ou encore au moindre laïc qui croit détenir une part de la mission de l’Église.

Nous aurions pu nous frotter les mains, en imaginant un air de Far-West qui remplissait les rues du Vatican … Et pourtant !
Les maladies que visent le Pape ne concernent pas uniquement, je le crains, les instances du Vatican.
Elles concernent tout qui dans le monde détient un peu de pouvoir, au point d’en faire une source de gloriole et d’oppression, plus que de service humble et respectueux.
Elles concernent tout qui dans l’Église se sent investi d’une mission et se pare des vêtements d’un pouvoir qui en découlerait.
Elles se nichent au détour d’un bureau d’évêché, sous les ors d’un ornement sacerdotal ou diaconal. La course à la carrière et le culte du « moi je » y sont souvent si pathétiques !
Elles s’introduisent jusque dans les cercles très fermés des équipes paroissiales, dans lesquels on déplore parfois tant de spectacles de califes qui se verraient bien « califes à la place du calife ».
Et si être Chrétien, c’était accepter d’humilité d’une place dans la crèche de Bethléem ?
Et si être Chrétien, c’était trouver dans le sourire de l’Enfant de Noël, l’audace d’une simplicité de vie qui se fait tendresse et mains ouvertes ?
Et si être Chrétien, c’était mettre ses pas dans les pas de Celui qui «  n’avait pas de pierre pour reposer la tête » ?
Nous sommes menacés par toutes ces maladies que décrit le Pape à chaque fois que l’humilité du serviteur de l’Évangile devient la tyrannie de l’oppresseur.
À chaque fois aussi que la vanité et l’exhibitionnisme deviennent la priorité de nos paroles et de nos gestes, au nom de Jésus, là encore nous jetons un discrédit sur Dieu.
À chaque fois que les priorités de l’agenda ou les futilités du matériel supplantent les imprévus de Dieu, là encore, nous crucifions une nouvelle fois le Christ.
À chaque fois que nous donnons l’impression de tout mieux connaître que Dieu lui-même, jusqu’à imposer nos morales et nos points de vue, là encore nous ouvrons la porte au rejet de l’Évangile.
À chaque fois que nous confondons le témoignage de l’Évangile et l’exercice d’un quelconque pouvoir se diluant dans des mondanités ridicules, nous défigurons le message du Ressuscité.

Puisse la crèche que nous allons contempler, devenir le berceau des remèdes adaptés pour changer de direction à la suite de Jésus !
Puisse la crèche de Noël devenir la source d’une Bonne Nouvelle qui fait vivre !
À toutes et à tous, joyeux Noël et Bonne année 2015 !

Guy DE Smet (23 décembre 2014)


- 64 - VERS UN INCIDENT SOCIAL ?

Il est beaucoup question, ces dernières années de morosité, de mécontentement, de rancœur. L’homme d’aujourd’hui ne semble pas heureux, au point de vivre sur le mode d’une susceptibilité exacerbée.
Une des causes est à trouver dans le type de société que nous avons laissé mettre en place.
Le superficiel, le matériel, la course à toujours plus y sont devenus des instruments d’asphyxie.
Nous aimons citer l’exemple d’un enfant d’aujourd’hui qui n’a l’air content avec rien, alors qu’il croule sous les avoirs et sous les possibilités. Jadis, parait-il nous nous contentions de peu et nous étions heureux avec rien ! Affirmation lapidaire qui mériterait bien d’être vérifiée !
Une autre cause du climat sombre qui envahit nos manières de vivre, il faut le trouver dans la crise économique et sociale qui mine notre vie en société.
Austérité, perte du pouvoir d’achat, licenciement, âge de la retraite, chômage … autant de cancers qui nous rongent au quotidien et dont nous voyons les effets dans nos possibilités existentielles.
Parmi tous ces signes qui assombrissent nos horizons, je voudrais en pointer deux qui me semblent symptomatiques d’une dérive annoncée.

Le premier signe, je le lis dans l’escalade de la xénophobie qui menace la qualité de nos relations humaines.
Depuis le début de la crise, les étrangers – surtout s’ils sont un peu basanés – s’offrent à nous comme les boucs-émissaires de nos malheurs.
Un certain populisme, appuyé par des décisions gouvernementales, font de ces hommes, de ces femmes, de ces familles, des dangers à éliminer.
Ils sont un peu comme ces autres chats ou chiens qui rôderaient autour de notre gamelle au risque de nous la voler.
Expulsion, stigmatisation sont devenus nos armes de destruction massive, jusqu’à cette dernière proposition de l’Office des étrangers.
Ces fonctionnaires verraient bien une remise en cause de la Constitution et de sa défense du domicile privé. Désormais, il faudrait que les forces de l’ordre puissent pénétrer chez un sans papier, sans aucun mandat. À qui le tour, demain ?
Jadis, nous rappelle la Ligue des Droits de l’Homme, ce procédé s’appelait une « rafle », à l’image de celle du Vel ‘Hiv à Paris.
Ces procédés se situent dans la droite ligne de politiques extrêmes mises en place par Madame De Block et par son successeur Monsieur Franken, suppôts d’une politique qui nous rappelle d’autres époques.
Pas plus tard qu’hier, nous venons de suivre l’épopée d’une jeune fille afghane qui vit en Belgique depuis l’âge de 3 ans. Arrivée aujourd’hui au terme d’un circuit d’études secondaires, elle est arrêtée et enfermée dans un centre fermé avant d’envisager son expulsion vers un pays qu’elle ne connait pas. Heureusement, une certaine pression sociale a mis une pause dans ce processus,  l’autorité espérant, j’imagine, un assoupissement de la vigilance.
Accepterons-nous longtemps encore que l’humain soit traité avec autant d’inconséquence et d’inhumanité … et cela au nom de critères financiers que nous mettons en place en fonction de nos intérêts ?
Et si la pression devenait colère ?
Si l’homme est comme l’animal qui se défend, nos instincts ne nous guideront-ils pas, avec ces opprimés, vers une révolte qui pourrait faire mal ?

Un deuxième signe d’une colère qui gronde, je le trouve dans l’exclusion des chômeurs de longue durée de leurs droits.
Depuis les débuts de la crise, ces hommes et ces femmes sont montrés du doigt. Ils sont l’objet d’un discrédit qui remettrait en question la solidarité qui les concerne.
Et là encore, un certain populisme est appuyé par une criminalisation politique du chômeur qui creuse, chaque jour un peu plus, son nid.
Nos responsables politiques, tous bords libéraux confondus, ont collé sur le front de ces exclus du droit au travail l’étiquette de « fraudeurs sociaux ».
Ils seraient plus criminels que les fraudeurs fiscaux … enfin tout dépend du camp dans lequel on se trouve, j’imagine !
Il faudrait selon eux, les obliger à un travail communautaire, comme nous le ferions pour n’importe quel prisonnier de droit commun. L’humiliation serait devenue une nouvelle arme pour les rayer de notre vie en société. Le statut de paria serait la seule place que les bien-pensants et les bien-nantis seraient prêts à leur laisser.
Il faudrait encore surveiller leurs comptes. Imaginez, ils pourraient avoir des rentrées financières que l’autorité ne connait pas !
Rien à voir avec l’indulgence face aux comptes des riches !
Il faudrait même leur interdire la compagnie d’un animal qu’ils risqueraient de nourrir.
Mais qui sont-ils ces chômeurs qui dérangent la classe politique et la bêtise humaine ?
Ce sont des jeunes qui sortent d’un circuit d’études. Ils sont trop jeunes que pour avoir de l’expérience. Ils risqueraient d’être trop gourmands si leurs exigences salariales devaient correspondre à leurs diplômes et à leur savoir.
Jusqu’à leur formation qui serait en inadéquation avec les attentes de l’entreprise !
Ce sont encore des salariés qui ont été les victimes malheureuses des délocalisations abusives de leurs entrepreneurs. Ces derniers avaient pourtant profité largement d’intérêts notionnels libéraux ou d’autres avantages fiscaux injustifiés. Le goût du « gagner toujours plus » a transformé ces patrons véreux en des aventuriers de la délocalisation et en assoiffés de dividendes substantiels. Pendant ce temps, ces salariés ont changé de statut. Ils sont devenus des chômeurs inutiles et onéreux.
Ce sont aussi ces autres salariés jugés trop vieux, face aux critères de la compétitivité et du rendement.
Pour eux, il n’y a pas de place et il n’y en aura jamais plus, si on considère leurs compétences et leur expérience. Notez que cela n’empêche pas le pouvoir politique d’envisager des carrières plus longues !
Ces hommes et ces femmes, il faut désormais les supprimer du droit aux allocations de chômage. C’est ce qu’a décidé le gouvernement précédent et sa composante libérale et ce que compte renforcer le gouvernement actuel !
Ils seront ainsi des milliers, dès le premier janvier prochain, à ne plus être repris dans la liste des humains. La précarité et la misère seront devenues leur mode de vie et la honte d’un statut d’assisté sera leur nouvelle carte d’identité.
Les chiffres du chômage se porteront mieux, au point d’engendrer des déclarations politiques d’un autre temps. Hitler aussi se réjouissait quand le nombre de Juifs diminuait !
Les chiffres de la pauvreté, quant à eux, atteindront des sommets qui font scandale pour nos sociétés qui se plaisent à réussir.

Mais, jusqu’à quand ?
On voit fleurir sur les réseaux sociaux de plus en plus d’appels à la révolte. Des modèles et des images en sont même proposés. Les grèves violentes de 1960 semblent devenir des icônes à incarner dans nos sociétés d’aujourd’hui.
La situation est devenue tellement ubuesque que nos parlementaires et nos ministres, eux-mêmes, semblent craindre des incidents sociaux.
Il n’est pas bon de pousser l’homme, tel un animal, dans ses derniers retranchements.
Il n’y a rien de plus dangereux qu’un être qui n’a rien à perdre !
Il n’est rien de plus catastrophique que de mettre en place l’avancée d’une société en abandonnant les plus faibles sur le bord de la route.
Il n’est rien de plus dangereux que de mettre sous pression une colère qui s’exprime d’abord dans quelques jets de frites mérités, avant de dégénérer en des révolutions qui font mal.
Il n’y a rien de plus absurde qu’un cri de désespérance perdu dans l’inaudible d’un monde.

Ce que nous allons connaître le premier janvier prochain, cette exclusion des chômeurs, restera dans l’Histoire sociale de notre pays un crime qui crie vengeance au ciel. Entendons-nous les frémissements de cette révolte qui gronde ?

Guy De Smet (23 décembre 2014)