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Archives billets d'humeur 2015


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01. L'exclusion, une nouvelle manière de vivre (06/01/15)
02. Deux poids, deux mesures (07/01/15)
03. Fabrizio (07/01/15)
04. Charlie (08/01/15)
05. Intolérable (08/01/15)
06. Kouachi (08/01/15)
07. Attention ... dérapage (12/01/15)
08. Liberté d'expression (20/01/15)
09. Salut l'artiste (24/01/15)
10. Il y a 70 ans ... (27/01/15)
11. A voté (03/02/15)
12. Tu ne tueras point (12/02/15)
13. Le prix du sang (16/02/15)
14. Je suis chrétien (17/02/15)
15. Musulman, mon frère (22/02/15)
16. Vous avez dit crise ? (24/02/15)
17. Marche ou crève (03/03/15 )
18. Une fessée ? (06/03/15)
19. Que t'ai-je fait (10/03/15)
20. Plus de cours de religion ?(16/03/15)
21. Mort de froid à Namur (17/03/15)
22. Échos d'une récollection (21/03/15)
23. Censure de l'Eurovision (28/03/15)
24. Vous avez dit catéchèse ? (14/04/15)
25. J'ai fait un rêve (14/04/15)
26. Je te maudis (16/04/15)
27. Méditerranée : paradis ou enfer (16/04/15)
28. Septante ans déjà (16/04/15)
29. La relativité du silence (16/04/15)
30. 800 morts (21/04/15)
31. Le dernier procès d'un lampiste (22/04/15)
32. Les cargos de la mort (22/04/15)
33. Saut d'index, saut d'injustice (23/04/15)
34. Une tache dans le paysage (26/04/15)
35. Le syndicat à Cuba (03/05/15)
36. Briser le silence (06/05/15)
37. Bon anniversaire (06/05/15)
38. Vers une nouvelle crise financière ? (10/05/15)
39. Menteurs et chargognards (11/05/15)
40. La prostitution, une gouvernance ? (11/05/15)
41. Quotas ? (18/05/15)
42. Palmyre (18/05/15)
43. Bienvenue au pays de la frite (18/05/15)
44. Je me suis trompé (18/05/15)
45. Le baptême, un droit ? (02/06/15)
46. Vito ou quand la Belgique dérape (04/06/15)
47. 100 coups de fouet (08/06/15)
48. Le gouvernement du mépris (10/06/15)
49. En rire ou en pleurer (01/07/15)
50. Les conséquences d'un saut d'index (01/07/15)
51. L'amnésie allemande (02/07/15)
52. Europe, tu me dégoûtes (03/07/15)
53. OXY (06/07/15)
54. La mafia européenne (07/07/15)
55. Allemagne ... ma sœur (10/07/15)
56. Sortir (14/07/15)
57. Le match de la honte (16/07/15)
58. Bonne fête (17/07/15)
59. Quand le délire devient une norme (19/07/15)
60. Quelle tristesse ! (21/07/15)
61. Bienvenue au pays des citrons pressés (23/07/15)
62. La catéchèse ... Un changement (28/07/15)
63. Lettre ouverte à un frère musulman (29/07/15)
64. Information ou propagande (31/807/15)
65. Le fumier du diable (04/08/15)
66. Le travailleur pauvre (10/08/15)
67. Gouverner et prévoir (18/08/15)
68. Stop (19/08/15)
69. 415.000 (20/08/15)
70. Il jette l'éponge (21/08/15)
71. Un droit d'Israël (25/08/15)
72. Big Ben ne sonne plus juste (26/08/15)
73. En route vers un chaos social (26/08/15)
74. Vers un crash boursier mondial (28/08/15)
75. L'emprise maléfique (28/08/15)
76. Aylan (07/09/15)
77. L'implosion d'une société (08/09/15)
78. Le confort, version Francken (09/09/15)
79. À qui profite le crime (12/09/15)
80. Ils ont osé ! (14/09/15)
81. Halt ! ... Stop ! (15/09/15)
82. Bienvenue chez nous (15/09/15)
83. Europe du cœur ou Europe de la politique ? (19/09/15)
84. La misère des chiffres (21/09/15)
85. Flamand, mon frère (21/09/15)
86. La Hongrie ou le martyre oublié (23/09/15)
87. Le divorce d'un peuple (28/09/15)
88. Pouvons-nous accueillir tout le monde ? (28/09/15)
89. Calimero en politique (30/09/15)
90. Les bienfaits du brouillard (30/09/15)
91. Un nouveau drapeau (01/10/15)
92. Le retour de vieux démons (05/10/15)
93. Ô grand Saint Nicolas, patron des milliardaires (05/10/15)
94. Un nouveau parcours d'intégration (05/10/15)
95. Les crimes de guerre d'Israël (06/10/15)
96. L'échec du dialogue social (07/10/15)
97. Merci ! (07/10/15)
98. Tuer ou l'art d'être un homme (13/10/15)
99. Israël en Europe ? (13/10/15)
100. Au revoir, mon ami, mon frère (13/10/15)
101. Les dérapages d'un synode (15/10/15)
102. Les pestiférés du 21ème siècle (15/10/15)
103. Le gâchis d'uns société (19/10/15)
104. Que devient le droit de grève ? (19/10/15)
105. La violence d'une grève (20/10/15)
106. Où est passée la lampe d'Aladin (21/10/15)
107. Quand Hitler justifie Hitler (21/10/15)
108. SOS. Médecin de garde (22/10/15)
109. La liberté syndicale (28/10/15)
110. Tout ça pour ça (28/10/15)
111. Demandeur d'asile ? (28/10/15)
112.Une idéologie meutrière (03/11/15)
113.L'aujourd'hui de la nuit de cristal (03/11/15)
114. Un vatileaks de trop (03/11/15)
115. 15.223 (04/11/15)
116. Pardonne-nous nos offenses (05/11/15)
117. Chrétien avec vous (06/11/15)
118. L'humain et l'estrême droite (07/11/15)
119. L'Europe et la démocratie (08/11/15)
120. NVA et la justice (09/11/15)
121. Le silence de l'église (10/11/15)
122. Maréchal nous voilà ! (11/11/15)
123. L'étiquetage des produits israéliens (12/11/15)
124. Vive la France (14/11/15)
125. J'ai deux amours (16/11/15)
126. En guerre ! (16/11/15)
127. Les trois missiles de la France (16/11/15)
128. Et si c'était écrit ? (17/11/15)
129. Zemmour (17/11/15)
130. La Belgique pointée du doigt (19/11/15)
131. Une passoire ? (20/11/15)
132. Il pleut sur Bruxelles (23/11/15)
133. Non ! (23/11/15)
134. Toujours debout ! (25/11/15)
135. J'ai peur (25/11/15)
136. SOS planète (30/11/15)
137. Un prix fossile pour la Belgique (01/12/15)
138. Alerte en Bretagne (02/12/15)
139. Djahadisme et droits de l'homme (04/12/15)
140. Le djihad aux portes de l'Europe (05/12/15)
141. Je m'interroge ! (07/12/15)
142. Chez nous en France (07/12/15)
143. Au détour d'un marché de Noël (14/12/15)
144. Deux petits tours et puis s'en vont (14/12/15)
145. Ils s'en prennent aux enfants (16/12/15)
146. Le bulletin du FMI (16/12/15)
147. Incroyable mais vrai (16/12/15)
148. Accueillir un enfant (22/12/15)
149. Mille colombes (23/12/15)
150. Pas de place pour eux à l'hôtellerie (23/12/15)

- 1 - L’EXCLUSION, UNE NOUVELLE MANIÈRE DE VIVRE

Le premier janvier, s’il est le point de départ d’une nouvelle aventure humaine, il sera aussi la date fatidique pour la création d’une nouvelle manière de vivre en société : l’exclusion.
« Selon l’ONEM, l’Office National de l’Emploi, 16.900 personnes vont être exclues du chômage en 2015. C’est l’estimation la plus basse. Le Forem parle, quant à lui, de plus de 30.000 exclusions en Wallonie. Son équivalent bruxellois, Actiris, évoque un peu moins de 4700 exclusions. Ce qui porte le total à 35.000 exclusions, et ce, sans compter la Flandre. D’après les estimations, ce sont principalement les grandes villes qui vont se retrouver confrontées à cette explosion de demandes et en particulier dans le Hainaut où 10.000 exclusions sont prévues. » (infoscatho.be 05/01/2015)
Derrière ces chiffres, il y a des visages d’hommes, de femmes, de familles pour qui les lendemains promettent d’être suicidaires.
Chaque jour, dans les médias, vous pouvez découvrir des portraits de ces chômeurs, à qui notre société bien-pensante ferme ses portes. Ils sont loin d’être des criminels à montrer du doigt ou encore des « profiteurs » qui mettraient notre avenir en péril.
Ils sont jeunes, quittant les études depuis peu. Ils se trouvent confrontés à un monde qui n’a rien à leur proposer, un monde qui n’a aucune considération pour leurs compétences et leur formation. Ils n’ont pas le bon profil qu’attendrait l’entreprise !
Ils sont plus âgés, mais ils ont été les victimes non-consentantes de licenciements souvent abusifs ou de restructurations que seul le monde de la finance peu comprendre. Aujourd’hui, l’âge est devenu leur handicap, même si ceux qui nous dirigent verraient bien ce handicap devenir une norme !
Parmi eux, beaucoup de femmes. Il est souvent question de parité quand nous parlons d’elles … et pourtant ! Enfants à mettre au monde, sexisme … il y a tant de raisons de les réduire à des poids économiques !
Parmi eux aussi, pas mal de familles dans lesquelles la précarité avait déjà fait son nid. Elles vivent leur quotidien sur le mode de l’imprévu, non par choix, mais parce que les circonstances de la vie ne leur ont pas ouvert d’autres portes.
Une chose est sûre pour nos sociétés libérales en crise, ces chômeurs sont un poids et les signes trop visibles de l’échec de leurs politiques économiques et sociales.
Ce qui compte aujourd’hui, c’est la loi du marché, c’est la compétitivité et la rentabilité.
Ce qui a du prix aujourd’hui, c’est de briller, de gagner, d’écraser … au nom d’un dieu « Argent » sans  cesse plus provocant.
Ce qui vaut le combat aujourd’hui, c’est d’aider l’entreprise, de diminuer ses frais, d’augmenter ses chances dans le combat économique que se livrent les grands.
Dans notre naïveté, nous serions presque prêts à croire, qu’elle va créer de l’emploi  … à moins que ce ne soit des dividendes !
Les mots « solidarité », « famille », « social », « travail » ils ne sont à utiliser que lors des campagnes électorales. Chaque scrutin en est une brillante illustration !

Ces ex-chômeurs devront désormais se contenter de la mendicité. La misère deviendra leur horizon. La désespérance guidera leurs faits et gestes … d’autant plus que les CPAS crient déjà au secours !
Des enfants continueront à vivre sous le seuil de pauvreté dans nos pays développés, sans que cela ne dérange personne.
Des femmes resteront des citoyennes de seconde zone … « Pas de place » pour elles dans la construction du monde.
Comme vous et moi, ils entendront parler de l’évolution du monde.
Ils apprendront que les entreprises qui les ont licenciés font de juteux bénéfices, grâce à l’exploitation de populations esclaves.
Ils s’étonneront, comme nous, qu’un parlementaire, Frank Vermeiren va recevoir une prime de départ de 522.500 euros. Un parmi d’autres !
Ils se choqueront comme nous du train de vie de l’État, qui de frais ministériels en dépenses de prestige en passant par des dotations royales inexplicables asphyxient son budget.
À cela, il faut ajouter les pressions que font des États riches sur la Grèce pour qu’elle ne casse pas les règles du jeu d’une Europe des perdants.
N’oublions pas, l’inertie européenne face au drame de réfugiés rejetés brusquement sur les côtes italiennes, afin de fuir l’horreur qui détruit leurs pays d’origine. Si nos voisins avaient fermés leurs frontières lors des derniers conflits mondiaux, qu’auraient fait nos ancêtres ?

Face à ce drame annoncé, nos gouvernants reprennent cette plainte de nos cours de récréation : « ce n’est pas moi, c’est lui » !
Ils semblent avoir oublié qu’ils hantent les sphères de décisions du pays, depuis son indépendance.
Ils semblent ignorer qu’ils détiennent les clés d’un pouvoir qui devrait être un phare pour l’ensemble de la population.
Ils parlent d’argent, ils rêvent d’argent tel Harpagon veillant sur sa cassette.
Ils ont oublié qu’il existait un humain, pour qui cet argent n’est qu’un moyen pour vivre.
Ils ont oublié que c’est le travail de l’homme qui fait fructifier cet argent.
Ils discourent sur les droits l’homme. Ils s’inventent une démocratie qui les arrange. Ils élaborent des plans et s’enivrent de promesses. Ils ont simplement oublié que leur « carrière » n’était que l’humble service du citoyen.
Ils étalent hypocritement leurs craintes d’un incident social. Ils nous vantent les mérites du droit au travail. Ils se scandalisent face à leurs imprévoyances … et ils voudraient que nous leur accordions encore notre confiance !
Ils se pavanent dans des discours de Noël pompeux, parlant d’avenir, de projection, de courage, avant de s’en aller couler quelques jours de douceur sous le soleil de l’Asie. Vivent-ils au diapason du peuple dont ils ont la charge ?

Il y avait déjà eu l’exclusion des étrangers. Aujourd’hui celles des chômeurs, de celles et de ceux qui ne partagent pas nos modes de vie en vogue … Et demain, ce sera le tour de qui ?
À moins que les malades et les retraités soient les prochaines cibles d’une société « grenouille » qui veut se faire aussi grosse que le bœuf !

Si une société est comme une « mère », elle ne peut laisser son enfant le plus faible au bord de la route. Cela vaut au-delà des clivages politiques et au-delà de toutes les conceptions de la vie en société.
Aujourd’hui, nous vivons dans un pays qui s’habille de honte et de colère … jusqu’où ira cette déchéance ?

Guy De Smet (6 janvier 2015)


- 2 - DEUX POIDS, DEUX MESURES

Sur fond de crise économique et sociale, Eric Zemmour, le célèbre polémiste français vient de faire escale à Bruxelles. La raison de sa venue : une séance de dédicaces de son dernier livre : « Le suicide français ».
Cet ouvrage se veut le condensé de sa pensée du moment. Cela lui a déjà valu, dans son pays, une condamnation pour incitation à la haine raciale et un licenciement d’une chaîne de télévision.
Ce qui lui est reproché par certains et ce qui fait son aura pour d’autres, c’est son populisme. Il aime dire à haute voix ce que pas mal d’autres pensent tout bas.
Il se présente comme « le chevalier blanc » de la civilisation occidentale.
Pour la sauver, il faut en faire une forteresse contre l’envahisseur musulman et contre toute forme de multiculturalisme.
Il verrait bien des charters entiers d’expulsés et une ségrégation active contre tout ce qui n’est pas de culture française.
Cela l’amène à se faire la « Madame Soleil » du sport prédisant une défaite de l’équipe de football allemande lors du Mondial, parce qu’il y avait trop de joueurs de couleur dans la « Manschaft ».
Cela l’amène aussi à évaluer l’état de santé de la Belgique qui n’est pas son pays et qu’à l’instar des Musulmans qu’il condamne, il pourrait respecter !
À longueur de logorrhée, il s’étale dans ces considérations pour le moins insultantes pour des hommes et des femmes qui ont commis la faute d’oser croire dans la capacité d’asile du « Pays des Droits de l’Homme ».
La décadence française, il la piste encore  dans l’évolution morale que traverse l’Occident, ce qui lui permet quelques envolées homophobes que ne renieraient pas notre Théo Francken national ou notre Magda De Block délirante.
Il se fait ainsi le chantre de l’Extrême-Droite qui permettrait à Marine Le Pen de prendre des vacances prolongées, d’autres se chargeant de son travail et de sa manipulation.
Les propos racistes à l’égard de la communauté musulmane seraient donc un simple sujet de débat en démocratie ! Nous ne sommes pas le pays qui a vu naître le surréalisme pour rien !
Face à cet énergumène, il y a bien quelques voix pour s’opposer, mais en fait nos dirigeants ne jugent pas utiles de l’interdire … au nom d’une certaine nécessité de débat. Je ne savais pas encore qu’un monologue à la Zemmour s’appelait « un débat » !
Une partie de la population, assise sur ses avantages et sur ses privilèges et parfois simplement sur ses peurs applaudit ce chantre de la haine. Il faut de tout pour faire un monde !

Dans un même temps, nos dirigeants ont quelques états d’âme face à l’humoriste français Dieudonné. Ils sont même devenus ses meilleurs agents de propagande.
Dans ses spectacles, Dieudonné s’en prend ouvertement à Israël et aux menées terroristes des Sionistes. Faute impardonnable !
Certes, ses arguments ne sont pas toujours de bon goût, même s’ils mériteraient pour le moins d’être entendus. Il parle ainsi régulièrement de la Shoah en condamnant l’utilisation qu’en font les responsables d’Israël pour justifier leurs faits guerriers ou encore leurs colonisations intempestives.
Sile ton del’humoriste est léger, le fond de son propos engendre des condamnations, des interdictions de spectacle, une chasse à l’homme : son antisionisme étant considéré comme de l’antisémitisme.
Et là, c’est la faute suprême ! Il est interdit de s’en prendre à la politique d’Israël sous peine d’être antisémite ! C’est une faute plus grave que n’importe quel racisme ! On croit rêver !

Zemmour et ses propos racistes seraient donc tolérables, pendant que ceux de Dieudonné seraient un crime contre l’humanité !
Attiser la haine contre les musulmans et contre tous ceux qui ne vivent pas selon la morale dominante serait une simple source de débat.
Pointer du doigt la politique démagogue et criminelle d’Israël et de ses responsables sionistes serait répressible.
Le racisme serait moins grave que l’antisémitisme ?
La stigmatisation d’une partie de la population au nom de sa race ou au nom de ses valeurs morales serait acceptable ?
La criminalisation d’hommes et de femmes qui vivent chez nous,  à un moment de nos crises, serait défendable ?
Mais dans quel monde acceptons-nous de vivre !

Les Droits de l’homme ne méritent aucun dérapage.
Les Droits de l’homme ne peuvent tolérer la moindre égratignure.
Derrière ces Droits, il y a des visages …
Des visages de jeunes qui rêvent d’un avenir qui ne se réduit pas à ni à leur race, ni à leur conception de la vie.
Des visages d’hommes et de femmes qui rêvent d’un peu de bonheur pour eux aussi. Ils ont quitté leurs pays, leurs traditions, des conditions de vie difficiles. Ils espèrent seulement un peu de chance pour vivre !
Des visages de familles qui rêvent d’un nid pour y loger leur amour, loin de toutes les discriminations et de tous les rejets.
Des visages, comme le vôtre, comme le mien, qui aspirent à un peu d’humanité et de tolérance, à un peu de solidarité et de compréhension.
Les Droits de l’homme ne méritent pas nos politiques extérieures qui voient dans ces pays pauvres et exploités des sources de revenus.
Ils ne méritent pas la politique d’asile que des pays comme le nôtre mettent en place, au mépris de toute forme d’humanité.
Les Droits de l’homme ne méritent pas ces accords commerciaux sordides qui placent le respect de la dignité des êtres humains plus bas que l’intérêt financier qu’ils suscitent.

Méditons les leçons de l’Histoire !
L’arrivée au pouvoir d’Hitler et de sa bande barbare nazie ne fut possible que par la mise en place d’un climat de haine. La situation économique et sociale du moment avait besoin de boucs-émissaires. Les Juifs et d’autres en ont payé le prix fort !
Et demain ?

L’accueil des étrangers peut se faire dans le respect de notre identité, mais aussi dans l’accueil sincère de celui qui frappe à notre porte.
L’accueil des différences peut se faire dans l’écoute et dans la promotion de l’autre, mais aussi dans la valorisation de nos propres fiertés.
L’accueil du visage de l’autre est d’abord la visibilité de deux yeux qui révèlent la profondeur du mystère de celui qui nous tend la main, mais aussi notre propre mystère.
Alors Zemmour, Dieudonné … quelle importance, si ce n’est de nous stimuler à accueillir avec épanouissement le visage de celui que Dieu nous invite à appeler : mon frère, ma sœur.

Guy De Smet (7 janvier 2015)


- 3 - FABRIZIO

Cher Fabrizio, j’ai envie de t’adresser ces quelques mots à toi, ainsi qu’aux 2700 ressortissants européens qui, comme toi, ont reçu un ordre d’expulsion.
Tu es né en Belgique voici 47 ans. Plus précisément à Jemappes, où d’autres italiens célèbres n’ont pas connu ta destinée.
Tes parents avaient trouvé asile chez nous, alors qu’ils étaient très jeunes, au point que toute ta famille est installée chez nous. Certains de tes proches sont  enterrés dans le sol du pays qui aujourd’hui t’expulse.
À 18 ans, tu t’es trouvé face à un choix : soit rester en Belgique, avec à la clé un service militaire obligatoire, soit prendre la nationalité italienne. La seconde solution s’imposa à toi.
Tu rejoignais ainsi le lot de tous ces ressortissants de l’Union Européenne qui tous les cinq ans doivent renouveler leur permis de séjour. Que serions-nous sans les charmes de l’Administration !
Dominique Ernould, porte-parole de l’Office des étrangers, t’a certainement expliqué ce qu’il a répété dans la presse : « Pour un séjour de plus de 3 mois en Belgique, tout Européen doit avoir des moyens de subsistance propres, soit un travail en tant que salarié ou indépendant, soit une pension ou encore une rente quelconque. La libre circulation des ressortissants européens impose cette condition ».
En bon citoyen, tu te plies donc à cette règle. Tu introduis une demande de papiers auprès de ta commune de Rhode-Saint-Genèse. Tu déclares, en même temps, ta situation professionnelle de demandeur d’emploi.
À l’Administration qui statuera sur ton sort, tu as fourni tous les papiers nécessaires : « J’ai dû donner une attestation de la mutuelle, un certificat de résidence, etc. Au total, j’ai plus d’une vingtaine de papiers. À tel point que pour rire, je parle de ma farde d’identité. »
Tu as prouvé ta recherche active d’un emploi : « J’ai envoyé plus de 300 candidatures ».
Mais un problème est venu mettre un grain de sable dans toutes ces tractations. Tu as été victime collatérale du délai entre l’introduction de ta demande de papiers auprès de ton administration communale et le traitement de ton dossier par l’Office des étrangers. Tu étais donc devenu un sans-papier … et ça, c’est impardonnable !
« Qui va m’employer sans papiers en règle ? Trouver du travail je veux bien, mais la première chose que l’on me demande, c’est une carte d’identité. Si un autre candidat a ses papiers en ordre, l’employeur va d’abord choisir cette personne-là et pas moi. J’ai l’impression de tourner en rond ».Pauvre Fabrizio !
Par ailleurs, tu n’as jamais exigé d’allocations de chômage et encore moins une intervention du CPAS.
Mais n’avoir pas de papier en règle devient pour toi un calvaire insurmontable.
Ton parcours fut chaotique certes : des adresses peu fixes, des recherches stériles, les aléas de la vie … Heureusement ta compagne te sauvera du gouffre. L’expulsion sera remise, mais il te faudra prouver ta volonté de chercher de l’emploi, même si ton âge sera un farouche obstacle.
À ce stade de ton parcours tu te dis outré et découragé … et nous le serions pour moins : « Je suis quand même révolté. Et puis, ma compagne pourrait un jour en avoir marre parce que je ne trouve pas d’emploi. Avec tous ces papiers, on dirait que je suis le repris de justice numéro un. Elle pourrait aussi péter un câble et me mettre à la porte. Cela ne sera pas le cas, mais c’est une possibilité. Je n’aurai alors que mes yeux pour pleurer ! »
Face à cette absurdité et face au nombre croissant d’expulsions de citoyens européens, l’Office des étrangers se défend : « Cette hausse s’explique simplement par le fait que nous travaillons plus efficacement depuis 2011. D’une part, nous sommes beaucoup mieux informés car les banques de données sont croisées. Nous avons donc accès aux données de la sécurité sociale, des CPAS, de l’Onem, etc. Et d’autre part, nous avons engagé plus de personnel. C’est ainsi que nous nous sommes rendus compte que pas mal d’Européens qui se trouvaient sur le sol belge ne rentraient pas dans les conditions pour un séjour de longue durée ».

Cher Fabrizio, je te souhaite bon courage et avec toi je m’insurge contre cette politique de l’absurde.
Ils nous ont vanté  les mérites de l’Europe.
Ils nous ont vanté la chance de pouvoir vivre en osmose avec d’autres pays, dont la découverte ferait notre richesse.
Ils nous ont vanté les prouesses d’une Europe qui gagne, alors qu’elle ne cesse de semer le désarroi de la Grèce, à l’Irlande en passant par l’Italie … au point de devenir une Europe des perdants.
L’Europe des citoyens, ça n’existe pas !
L’Europe sociale ce n’est qu’un écran de fumée !
L’Europe ce n’est qu’un cirque qui rapporte à certains et qui coûte cher. Pour vous en convaincre, épluchez les avantages de nos eurodéputés ou de nos commissaires qui s’engraissent sans trop se mouiller.
Dans cette Europe, il vaut mieux s’appeler Adamo ou Paola que Fabrizio !
Dans cette Europe, il vaut mieux partager la destinée de Depardieu que celle des exclus du chômage.
Dans cette Europe il vaut mieux avoir le statut de commissaire européen que celui de salarié.
Dans cette Europe, il est préférable d’endosser le costume d’un fonctionnaire de l’Institution que celui d’un marin pêcheur.
Dans cette Europe, il est préférable de parler finance que de tendre la main à l’homme, peu importe sa race ou ses convictions.
Fabrizio, c’est en ton nom et au nom des 2700 autres citoyens européens qu’il faut nous insurger contre ces lois qui nient l’homme pour mieux placer au fronton des intérêts l’argent qui détruit tout sur son passage.
Il faut nous insurger contre cette Europe qui veut la croissance, mais qui enfonce ses citoyens dans l’austérité.
Fabrizio, unissons-nous à tous ces Grecs, à tous ces Irlandais, ces Italiens, ces Britanniques qui verraient bien leur avenir loin des diktats de la chancelière allemande ou des bêlements du président français ou de notre Michel national.
L’Europe fut un beau rêve, ils l’ont cassé au nom de la dictature de la finance … et ça, ce ne sera jamais pardonnable !
Fabrizio, courage ! Avec toi, nous lutterons contre l’Europe des puissants et des injustices. 1789 a de quoi nous inspirer !

Guy De Smet (7 janvier 2015)


- 4 - CHARLIE

« Je suis Charlie »

Guy De Smet (8 janvier 2015)


- 5 - INTOLÉRABLE !

Le 7 janvier 2015 restera à jamais une date funeste dans l’histoire de la civilisation.
Si la « loi de la guerre » impose de se battre avec les armes de l’adversaire, l’utilisation d’engins de mort restera à jamais un crime ignoble face à la force des crayons et des feutres.
Ce qui vient de secouer la capitale française est INADMISSIBLE !
La caricature est une marque – parfois contestable – de l’esprit français.
De Villon en passant par les Lettres persanes de Montesquieu ou par le théâtre de Molière, il y a toujours eu des gavroches à la « Charlie hebdo ». Il y a toujours eu cette liberté de parole qui ose mettre en évidence les travers de la société.
Jamais, la barbarie n’a été une réponse !
Une critique, un dessin, un article de presse ou un livre peuvent être contestables ou condamnables. Jamais, pourtant, la philosophie de « l’œil pour l’œil » n’a été une réplique. La République propose d’autres moyens de se préserver !
Et pourtant …
Nos sociétés démocratiques seraient-elles devenues vulnérables à ce point, qu’il leur soit impossible de se défendre aujourd’hui contre la folie humaine ?
Des hommes sont morts pour avoir commis un dessin ! Était-ce la seule manière d’exiger le respect ?
Ce matin, la presse nous parle d’une enquête qui avancerait, d’un étau qui se resserrerait … et  puis ?
Demain, disait le président français, ils devront être punis sévèrement … Mais quelle punition face à l’ampleur du crime commis ?

Ce crime contre l’Humanité soulève en moi plusieurs réflexions.
La première est d’ordre religieux.
Les religions se veulent des volets ouverts sur Dieu, sur l’Absolu.
Les Livres qui leur servent de source leur parlent d’un Dieu Amour.
Certaines l’appellent « Père ». Il a voulu faire l’homme « à son image et à sa ressemblance ».
Il s’est choisi des prophètes et des témoins pour le crier haut et fort.
La littérature religieuse musulmane nous propose de merveilleuses pages sur la douceur qui coule du visage de Dieu.
De cette conviction et de cette Foi jaillit une vision nouvelle de la société.
De nouvelles relations entre les hommes et même avec le cosmos s’imposent. L’Homme devient un frère, une sœur.
Le partage, la solidarité, l’amour deviennent des forces pour bâtir une vie.
La religion devient un moyen de nous transformer en « Bâtisseurs de ponts ».
Et, cependant, quel lamentable spectacle depuis que les religions existent.
Des hommes se déchirent, se combattent, se détruisent au nom de « La grandeur de Dieu ».
Des croisades, des inquisitions, des autodafés, des guerres saintes, des fatwa, des exclusions, des expulsions, des intégrismes, des terrorismes … toutes ces réalités sont venues obscurcir le ciel de Dieu et de l’Homme.
Ceux qui disaient hier que « Dieu a fait l’homme à sa ressemblance et celui-ci le lui a bien rendu » auraient-ils eu raison ?
Qui est l’homme pour tuer au nom de Dieu ?
Qui est l’homme pour insulter Dieu, au point de clamer sa grandeur quand il tue ?
Qui est l’homme pour juger, condamner et détruire au nom de grands principes qu’il aime proclamer sans pour autant les suivre ?
Qui est l’homme devenu ce nuisible de notre vivre ensemble ?
Chrétiens, Juifs ou Musulmans, Dieu ne nous appartient pas. Ses voies nous restent impénétrables ; si le contraire était vrai, cela se saurait et cela se vérifierait dans des paroles et dans des faits.
Chrétiens, Juifs, Musulmans arrêtons de nous revendiquer de Dieu quand nos actes sont loin de l’actualité de nos paroles.
Chrétiens, Juifs, Musulmans que ce soit lors de « la manifestation pour tous », que ce soit dans ces attentats meurtriers, que ce soit dans des guerres comme celles qui tuent en Syrie ou à Gaza … vous dégoûtez Dieu.
Ce n’est pas cela qu’il attend de vous. Sur tous les tons de la gamme, il vous le hurle : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ».
Arrêtez le massacre, vous êtes une insulte pour Dieu !

Ma deuxième réflexion est d’ordre politique.
Nous assistons depuis des années à une montée des intégrismes et à une rébellion de populations pauvres ou exploitées.
Tel Don Quichotte, nos sociétés occidentales, atteintes d’un soudain souci de démocratie et de liberté, s’enlisent dans des engagements militaires impressionnants.
C’est ainsi que la France, au nom de la défense de la civilisation se retrouve sur divers terrains de conflits. Libye, Mali, Afghanistan, Côte d’Ivoire, Liban, Syrie … hier en Indochine ou encore en Algérie … tous ces noms représentent des campagnes en terrains minés, qualifiés d’actes de guerre entre ennemis.
Prendre ainsi l’option militaire, c’est se déclarer en guerre, c’est se donner des ennemis … avec tous les débordements que cela peut engendrer. Le terrorisme est l’un d’entre eux. Paris en fut hier un terrain !
Une guerre ne se réduit pas à l’espace d’un désert ou dans des bombardements de villes lointaines. Elle se veut parfois insidieuse, au point d’alimenter nos peurs et de susciter nos larmes. L’attentat de Charlie Hebdo en fut le dernier cruel exemple ! La guerre peut se dérouler aussi dans notre quartier ou dans notre rue !
Un attentat est intolérable. Une guerre restera toujours une arme de faibles et de lâches.
La violence ne mène qu’à la violence. La mort appelle la mort !

Et s’il y avait un autre chemin pour construire la paix ?
Si ce chemin passait par une meilleure connaissance de l’autre, sans lui imposer nos vues et nos manières de vivre ?
S’il passait par un respect des traditions de l’autre, de sa culture, de sa religion, sans les mesurer à l’une de nos manières d’être et de vivre, tout aussi respectables ? Les mots comme « intégration » prendraient une autre couleur !
S’il passait par une recherche de justice dans les rapports entre les États et non dans cette quête sans cesse pressante d’appétits commerciaux et financiers ? Que d’hommes et de femmes qui ne verraient plus l’utilité d’endosser le costume d’immigré !
S’il passait par une nouvelle approche de l’autre, qui avant d’être quelqu’un à craindre serait quelqu’un à qui tendre la main, sans peur ?
S’il transformait le besoin de puissance et de force en une source d’équité et de collaboration respectueuse ? La domination n’a jamais entraîné que la chute des empires !

Naïvement, peut-être, je préfère croire que la non-violence sera à jamais la planche de salut de l’homme.
Naïvement, j’ose croire que tout intégrisme sera combattu par la mise en place de conditions qui permettent à tout homme, et spécialement aux plus faibles, de vivre dans la dignité. Il serait temps que les pays riches, au lieu d’exploiter les pays pauvres, ouvrent les portes de la solidarité et de la justice.
Naïvement j’ose croire que les marchands de morts qui utilisent la religion quand ça arrange leur cause, feraient faillite demain, si chacun pouvait sur cette planète manger à sa faim et vivre décemment. Sans quoi, la révolte des « pauvres » aura de beaux lendemains.

Mais ce matin, « Je suis Charlie ».
En abattant nos crayons, ils ont versé un sang qui, je l’espère, ne criera pas vengeance au ciel, mais réveillera les consciences.
Charb, Cobu, Wolinsky et tous les autres … qu’avec vous se lève le soleil d’une liberté pour tous !

Guy De Smet (8 janvier 2015)


- 6 - KOUACHI

Au Moment où je trace sur une feuille les 7 lettres de votre nom, j’ai devant les yeux une poubelle.
Le mot qui s’écrit devant moi m’inspire bien des choses qui ne suscitent que dégoût et colère. C’est probablement cela qu’aurait ressenti vos parents s’ils vous avaient vu à l’œuvre !
J’imagine votre parcours de vie, marqué par des épreuves, des placements, des lendemains qui déchantent. Vos liens de famille s’étaient distendus, mais cela personne n’en peut rien ! D’autres lâches voudraient certainement y lire une enfance malheureuse qui excuserait bien des choses.
Tel ne sera pas mon propos.
L’homme rencontre souvent des épreuves au cours de son existence. Il est souvent l’objet d’abandon, de discrimination … et pourtant, qu’il le veuille ou non, c’est en lui qu’il trouvera la force pour se relever.
Il puise en lui l’audace d’un regard qui détruit toute forme de haine, toute forme de vengeance.
Il sait que ce ne sera pas dans la violence et dans la haine que s’écrira son bonheur et son avenir.
Tomber serait un échec qui équivaudrait à un suicide !
Quelle main qui se tendait vers vous avec-vous manquée ?
Quel regard de confiance qui vous était offert avez-vous raté ?
Quelle chance avez-vous laissée à ceux qui vous tendaient la main ?
À moins que vous n’ayez tout raté !

L’homme confronté aux difficultés (mais pour cela, il faut encore appartenir à la race humaine !) n’engrange pas que dans le fanatisme l’énergie pour se sortir de ses difficultés, contrairement à ce que vous croyez.
Ils ont  facile, ces prêcheurs qui rencontrent des paumés comme vous. Quelques belles paroles, quelques promesses, quelques menues monnaies et vous voilà les bras armés d’un Dieu qui ne parlait pourtant que d’Amour. Pauvre Dieu … et dire qu’il ne vous avait rien demandé !
Une arme à la main, une grande gueule et vous voilà devenus les super héros de l’Islam ? Pour « quoi » vous prenez-vous ?
Un drapeau noir de la honte à la main, vous voici les Jeannes D’arc de la bêtise et du meurtre.  Des fusils contre des crayons !
Vous êtes devenus les étendards de la lâcheté et vous ne méritez que notre mépris … ce qui est déjà trop d’honneur !
La terreur dans le regard pour assassiner la liberté et vous voilà réduits à l’état de rats fuyant devant la menace d’un bateau qui coule.
Ils vous ont bien vu venir, vos mentors, forts de votre arrogance et de votre stupidité. Aujourd’hui, ils n’éprouvent même pas le besoin de vous soutenir et de vous protéger. Elle est belle votre guerre sainte, véritable insulte à Allah et à son prophète.

Vous vous présentez à nous comme « la terreur des mouches à caca ». Vous faites tremblez des villes et des pays entiers. Vous vous en prenez à de pauvres innocents qui n’ont aucune emprise sur les chimères que vous poursuivez. Au lendemain de vos crimes vous vous terrez comme la pire des racailles !
Vous n’êtes que des lâches et vous ne méritez pas de vivre.
Vous êtes pires que des cafards, qui eux ont encore une utilité dans le cycle de la nature.
Aujourd’hui vous fuyez. Vous n’avez pas même pas le courage d’affronter le malheur et la haine que vous avez causés.  Et dire que vous avez dû croire, l’espace d’un instant que votre heure de gloire était arrivée !
Vous n’avez pas le courage de ces femmes, de ces enfants à qui vous avez volé un être cher. Qu’avait-il fait de mal … un dessin ?
Allah avec une bombe sur la tête … vous appelez cela une caricature ?
Ce pauvre Dieu, c’est hélas le seul couvre-chef que vous lui laissez. Il doit vous détester pour tant d’incompréhension !
Le prophète, vous l’affublez d’armes, alors qu’il n’a parlé que d’un Dieu grand et miséricordieux, tellement éloigné des blasphèmes dont vous vous vantez.
Vous n’êtes décidément que des nuisibles qu’on écrase et qu’on jette !

Vous vous réclamez d’une religion qui ne veut pas de vous. Elle vous excommunie. Elle vous vilipende parce que vous ne cessez de la défigurer par votre haine et par vos mensonges.
Aujourd’hui vous avez ouvert une boîte de pandore d’où sortent la haine et la peur. La communauté musulmane est en première ligne pour en porter les conséquences, sans l’avoir mérité.
Parmi eux se trouvent d’honnêtes pères et mères de famille. Ils avaient quitté leur pays, espérant trouver ici des jours meilleurs.
Parmi eux des jeunes admirables sont l’avenir des existences nouvelles qu’ils ont entamées chez nous. Ils luttent contre toute forme d’échec et se caractérisent par leur envie de s’en sortir et par leur soif de travail ou de savoir.
Et vous stupides fanatiques aux egos surdimensionnés, vous cassez leur avenir au nom de votre méchanceté et de votre inhumanité.
Un Imam disait de vous que vous n’étiez pas des Musulmans, parce que vous n’apparteniez tout simplement pas à la race humaine.
Vous n’êtes que de vulgaires menteurs. Vous salissez la mémoire d’un Dieu d’Amour, mais aussi d’une communauté de citoyens qui voudraient faire de leur quotidien un écrin pour un peu de bonheur.
Vous n’êtes que des assassins de la beauté de l’Homme et de sa soif de paix, de justice et de liberté.

En traçant les sept lettres de vos noms, en regardant ma poubelle, je me dis que je ne vous y jetterai pas, parce que j’ai trop de respect pour les services qu’elle me rend !
Vous ne valez même pas ça !
Ce qu’ils feront de vous, je n’en sais rien et je m’en moque … à moins que la Loi coranique, que vous défendez avec tellement d’ardeur, ne vous réserve quelques « plaisirs » inespérés.

À cause de vous, la blanche colombe de la paix saigne.
Nous lui prodiguerons des soins attentifs, parce que son survol vous donne du souffle …
Quant à vous L’Occident vous lance une « Fatwa » qui donnera une nouvelle jeunesse à Dieu lui-même.

Guy De Smet (8 janvier 2015)


- 7 - ATTENTION … DÉRAPAGE !

Ce dimanche, nous avons pu  vibrer avec émotion au diapason d’une manifestation républicaine qui a réuni les Français.
Près de trois millions d’hommes, de femmes, d’enfants, de familles dans les rues pour signifier que le terrorisme n’aura pas le dernier mot.
« Je suis Charlie, je suis Flic, je suis Juif, je suis Ahmed, je suis … ». Bel hommage à toutes ces victimes innocentes de la folie barbare de quelques extrémistes fanatiques musulmans.
Le climat de la pensée de ces dernières heures ne fut pas toujours clément.
Il y  avait déjà eu ces milliers de marques de soutien aux meurtriers … mais on n’empêchera jamais à la folie et à la barbarie de s’exprimer !
Il y avait aussi eu ces enfants, endoctrinés par leurs familles, qui avaient refusé de participer à la minute de silence à la mémoire des victimes.
Il y avait encore eu l’une ou l’autre vidéo, pas très intelligente, pour servir de support au défoulement de l’un ou l’autre excité devant assouvir sa soif de haine et de vengeance.
Peu importe !
Ils étaient nombreux pour dire leur amour d’une France debout.
Ils étaient nombreux pour refouler la spirale de la haine et de la stigmatisation.
Ils étaient nombreux pour proclamer la grandeur de la liberté, jusque dans son expression.
Ils étaient là, jeunes et vieux, toutes confessions, toutes philosophies confondues pour clamer haut et fort : « Même pas peur ! »
Ils étaient là, riches et pauvres, pour défendre un modèle de société, certes pas facile à construire, mais tellement plus porteur d’espérance.
Ils étaient là, parents et enfants, pour communier ensemble à la soif de vivre qui devrait habiter le monde par-delà les générations.
Le président de la République lui aussi avait mis les petits plats dans les grands.
Entouré de ses ministres, des responsables de son pays ainsi que des dirigeants de nombreuses nations de la planète, il avait tenu à être auprès des familles des victimes pour dire aux partisans de la terreur : vous vouliez nous réduire au silence, nous vous en avons laissé qu’une minute !
Les familles des victimes avaient tenu à être présentes à cette manifestation pour y offrir la force de leur témoignage, mais aussi pour y puiser l’audace de poursuivre le chemin.
Un grand moment qui a pu transcender toutes nos peurs et toutes nos divisions !
Restera la question de l’après … Mais à chaque jour suffit sa peine, et à chacun ses responsabilités !

Tout avait si bien commencé.
Dommage que la fin de ce moment d’Histoire se caractérise par un dérapage qui a de quoi faire rougir la moindre parcelle de laïcité et de dignité, qui pourrait se loger dans le cœur d’un Français et d’un homme bien-né.
Le soir de cette journée mémorable, les dirigeants français se sont retrouvés pour un temps de mémoire dans une synagogue. Ils étaient accompagnés par le premier-ministre israélien Netanyahu, trop heureux de trouver enfin, en Occident, une tribune à bon marché. Était-ce bien là la priorité du moment ?
Déjà lors de la manifestation, celui-ci s’était comporté de manière incongrue, saluant la foule, comme aurait pu le faire le général De Gaule, en descendant les champs Elysées.
Le soir, c’est en véritable chef d’État qu’il s’est pointé à la synagogue. On en aurait presque oublié qu’il y avait des victimes !
En prélude à ce dérapage, il y avait eu des signes annonciateurs, comme ces propos de Manuel Valls, se questionnant sur ce que serait la France sans les Juifs ?
Il y avait eu aussi des plaintes de la communauté juive estimant que trop de place était faite au drame des journalistes, au risque de minimiser le malheur qui la frappait.
Il y avait eu la présence injurieuse de ces deux poubelles de la pensée que sont Bernard-Henry Lévy et Arnaud Klarsfeld. Leurs paroles sont un torrent de haine et de mépris pour tout ce qui n’est pas Israël, et c’est insupportable !
Mesquinerie, quand tu nous tiens !
Que serait la France sans les agents de maintenance, sans les policiers, sans les journalistes, sans tous ces innocents qui au-delà de leurs idées ou de leur religion sont des citoyens français ?
Certes, le drame de la Porte de Vincennes est un attentat antisémite inacceptable et horrible qui a fait 4 victimes et des blessés traumatisés à vie. C’est un drame de trop !
Mais il y a eu l’attentat de Charlie-Hebdo qui laisse douze familles dans le désarroi, sans être juives. Là aussi c’est insupportable !
L’évocation des victimes juives avait été le sujet de la manifestation de la journée, comme celle des autres victimes. C’était un grand moment qui ne demandait aucune prolongation en ghetto.
La cérémonie religieuse aurait pu être réservée à un autre moment et sans interférence politique … au simple nom de la laïcité !
Ce dérapage n’aurait pas été complet s’il n’y avait eu la présence ostentatoire de Netanyahu à cette cérémonie.
Déjà lors du rassemblement des chefs d’États, il avait commis l’indécence de salut à la foule, comme lors d’une victoire quelconque. Il n’en est pas resté là !
À cette synagogue, il s’en vient avec tous les honneurs, auquel il estime avoir droit. Il se laisse acclamer par les délires d’une foule accueillant son Messie : Johnny au Stade de France !
Il s’en vient, sourire aux lèvres, alors qu’un air grave attaché à la mémoire des victimes se serait imposé.
Il s’en vient prendre la parole au nom d’un sionisme déplacé, face à une communauté juive appelée à vivre en France.
La communauté juive de France, ignorerait-elle que la politique raciste de ce dictateur est à la source de pas mal d’actes antisémites, commis de par le monde ?
N’aurait-elle pas encore compris qu’il ne faut pas confondre antisémitisme et antisionisme ? Une race et une philosophie ?
Ne lui aurait-on pas détaillé les conditions scandaleuses et barbares de l’installation du peuple juif en Israël, sur une terre qui ne lui appartenait pas ?
Ne prendrait-elle pas en compte le crime contre l’humanité commis par ce fasciste patenté lors du dernier massacre de la population palestinienne à Gaza ? À l’analyse de ses actes, Hitler  serait presque devenu un enfant de chœur !
Refuserait-elle de condamner la colonisation sauvage qui ne cesse de grignoter le territoire palestinien, dépossédant d’honnêtes gens de leur bien le plus précieux ?
Verrait-elle comme une honte d’enterrer ses enfants martyrs dans le sol français ? Elle se veut non seulement une communauté juive, mais encore une richesse française ? Le sol des Goïs serait-il pollué à ce point ?

Après un tel comportement, ne vous étonnez pas de ne pas être aimé.
Après une telle arrogance, ne venez pas vous plaindre d’un surcroît de violence et de haine.
Après un tel affront au monde civilisé, ne venez pas pleurer sur un ostracisme qui vous mine.
Nous avons trop de respect pour les victimes de la Porte de Vincennes que pour oser imaginer que vous ne valez pas mieux que cette ignominie !
Nous avons, heureusement, trop de respect pour la beauté de la race humaine que pour s’arrêter au pathétique d’un dérapage non contrôlé.
Hier, votre intolérance a enfoncé un autre coup de terreur dans la peau des victimes que nous pleurons !
Décidément le fanatisme de l’État islamique et la ghettoïsation de la pensée sioniste … même combat !

Guy De Smet (12 janvier 2015)


- 8 - LIBERTÉ D’EXPRESSION ?

Nous vivons depuis quelques semaines l’insidieuse impression d’être enfermés dans un cauchemar.
La guerre qui se déployait sur nos écrans de télévision semble avoir gagné nos quartiers et notre horizon.
Charlie-Hebdo, l’épicerie Hyper casher, l’intervention de Verviers, les perquisitions de Bruxelles et d’ailleurs … Mais que s’est-il donc passé pour en arriver à un tel déchainement de violence et de haine ?

Aujourd’hui, le temps de l’émotion doit faire place à la réflexion. Le temps de l’angélisme doit laisser place à un peu de réalisme. La passion doit être assagie par la raison.
Nos responsables politiques prennent des mesures. Des groupements attirent notre attention. Des foules se mobilisent. Et s’il fallait aller plus loin ?

Trois événements méritent notre attention.
Le point de départ de tout ce chapitre de l’Histoire se trouve dans une montée du fanatisme d’hommes et femmes qui se réclament de l’Islam.
Leur combat semble avoir trouvé son étincelle dans la première intervention américaine en Irak. Le président Bush, tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, s’est lancé, avec ses troupes, à l’assaut d’un monde qu’il ne connaissait pas. Il a trouvé devant lui une nébuleuse, l’Islam, tellement éloignée des priorités d’une société matérialiste.
Il s’est présenté face à eux comme le défenseur des intérêts de l’Occident, aux fortes odeurs de pétrole et de commerce des armes. Ce faisant, il a ouvert une boîte de pandore qui, aujourd’hui, éclate à la face du monde.
Depuis, attentats, violence, insultes, morts sont devenus des visions quotidiennes qui dévastent des pays et des consciences.
Des manipulateurs, au nom d’un certain Islam, sont devenus les fédérateurs d’une misère qui, d’Afghanistan aux cités de nos banlieues, se transforme en dynamite.
On les dit « fondamentalistes », « Djihadistes », « terroristes », « martyrs », évoquant un Dieu, étranger à toutes leurs soif de pouvoir et de domination.
Que serait ce Dieu qui sème la mort, au point d’inspirer l’insolence de quelques caricaturistes ?

Un autre pôle de toute cette violence, il nous faut la chercher dans l’anarchie d’une certaine immigration.
Des hommes, des femmes, des familles ont, un jour, décidé de quitter la précarité qui faisait leur quotidien. Dans leurs pays d’origine, le soleil ne semblait pas briller de la même manière pour tout le monde.
Ils ont donc tout quitté, espérant trouver chez nous l’Eldorado. Malheureusement, le désenchantement fut vite au rendez-vous. Le bonheur espéré n’était pas accessible. Leur horizon se limitait aux toits de quelques cités de banlieues inhumaines. Le travail n’était pas pour eux. L’avenir ne s’annonçait pas rose, surtout s’ils ne parvenaient pas à s’intégrer.
Ils sont venus avec leurs traditions. Nous leur avons imposé, sans que ce soit un reproche, notre mode de vie qui ne répond pas toujours à nos attentes.
Ils sont venus avec leur religion. Cela a heurté nos soifs de liberté et nos envies d’épanouissement.
Ils sont venus avec leurs conceptions de la vie. Nous n’avons voulu ni les entendre, ni les écouter.
Ils ont épousé la misère. Nous les avons cachés, parce que nos sociétés doivent briller !
Certains se sont alors enfermés dans un intégrisme suicidaire, au point de susciter ce commentaire de l’abbé Pierre : « L’intégrisme est un refuge pour la misère parce qu’il offre un sursaut d’espérance à ceux qui n’ont rien. Que leur mal disparaisse et l’intégrisme perdra ses troupes ».
Des jeunes partent en Syrie, des inconnus de Dieu tuent au nom d’Allah, des caricatures humaines de Dieu s’expriment en son nom, la terreur devient le quotidien de populations entières, la peur a gagné nos rues … jusqu’à quand ?

Au milieu de toute cette détresse et de cette misère s’étale alors, dans nos pays riches, l’insolence de quelques caricatures.
Pour certains, elles sont un blasphème à condamner. Pour d’autres, elles ne sont que l’expression d’une liberté d’expression que nous voulons « absolue » et « démocratique ».
Pour certains, concernés par la religion musulmane, ces dessins sont une atteinte à ce qu’ils ont de plus précieux.
La religion, dont ils se revendiquent, a fait le terreau de leur éducation, de leur vie de famille, de leur fierté, de leur exil. Ils estiment, à juste titre, que cela mérite respect et considération.
Ils ne sont pas en situation de faire la part des choses. Pour cela, il aurait fallu avoir un travail, une dignité, une reconnaissance. 
Des « prédicateurs » leur vantent les valeurs de l’Islam bafouées par l’Occident. Ils ne se rendent même pas compte d’une manipulation au nom d’intérêts plus sordides, comme le pouvoir et l’économie. Mais, qu’aurions-nous fait à leur place ?
Parmi eux, nous retrouvons des jeunes des chez nous, habités par une haine profonde de la société. Ces jeunes estiment n’avoir plus rien à perdre. Il n’y a pas de place pour eux dans la société. Alors, pourquoi ne pas s’engager pour une cause qui fera d’eux Quelqu’un ?

D’autres encore, habités par une liberté d’expression exacerbée, s’expriment par des dessins. Leur but est de stigmatiser une situation géopolitique qui dégénère et qu’il faut dénoncer au nom de la démocratie. Ils le font de manière abrupte, parfois habile, souvent de mauvais goût, sans tenir compte de l’impact de leurs coups de crayons sur une population fragilisée.
La suite annoncée, nous la connaissons : des talents détruits de manières absurdes, des serviteurs de l’État foudroyés en plein exercice de leur fonction, des Hommes lâchement assassinés au nom de leur race.
Tout cela était-il bien raisonnable ?

Certes, la démocratie est une valeur qui nous motive, mais est-elle exportable selon nos critères ?
Certes, la liberté est le fruit d’un combat que rien ne peut remettre en question, mais peut-elle se priver, sous peine de tyrannie, du respect de l’autre ?
Certes, le cri « Je suis Charlie » a sa place dans notre bouche, si du moins il signifie que rien, pas même le pire ostracisme, ne permet de détruire la vie humaine.
Ce qui me semble avoir manqué le plus dans tout ce cauchemar qui a frappé la planète, c’est la sagesse.
La solution n’est pas dans une liberté d’expression qui devient tyrannique face à une population confrontée à la misère.
La solution n’est pas l’insolence de quelques dessins qui deviennent une provocation pour ceux qui n’attendaient que cela pour en découdre.
La solution n’est pas dans des barricades qui n’arrêteront en rien des flots de violence.
Il me semble plus urgent de se battre pour mettre en place des conditions de justice et d’équité qui concernent l’ensemble des habitants de la planète.
Il me semble plus urgent de bâtir une économie et une politique construites sur des bases de partage et de solidarité. La misère ne devrait plus être tolérée. Ce combat mériterait toute notre énergie.
Il serait urgent d’apprendre à se connaître et à se respecter au-delà de nos différences, de nos idéologies et de nos religions.
Il serait urgent de faire du dialogue une manière de vivre ensemble, sans que la loi du plus fort ne devienne la norme.
Il serait urgent que l’argent dépensé pour le juteux commerce des armes et celui des matières premières deviennent le trésor de la construction d’une société équitable pour tous.
Il serait urgent que celui qui se découvre des droits apprenne en même temps qu’il a aussi des devoirs.
Il n’y aurait plus alors de Kouachi ou de Coubaly ou d’autres sinistres représentants de la  violence, mais des hommes et des femmes rassemblés dans la même recherche du bonheur ?
S’il y avait urgence de passer de l’utopie à la réalité ?

Guy De Smet (20 janvier 2015)


- 9 -  SALUT L’ARTISTE !

Un grand Monsieur, chantre de notre belgitude, s’en est allé vers  d’autres cieux.
Stéphane Steeman, un humoriste bien de chez nous, ne foulera plus les planches. Il ne viendra plus hanter, avec bonheur, nos maisons, via la magie de la télévision ou de la radio.
Il ne nous surprendra plus au détour d’un accent ou d’un accoutrement, déclenchant des hilarités qui faisaient du bien.
Il ne viendra plus placer, avec audace, ces caricatures de nos personnages publics ou de nos mentalités belgo-belges qui ne laissaient personne indifférent.
Il ne viendra plus attirer l’attention sur nos travers communautaires, le faisant, à chaque fois, avec humour et complicité.
Stéphane, c’était le pastiche de nos hommes politiques. Il aimait les brocarder, tout en attirant l’attention sur ces travers qui nous divisaient.
Stéphane, c’était la chaleur d’une langue qui, du français au patois, savait mettre du piment dans les richesses de notre petit pays.
Stéphane, c’était l’élégance et la gouaille au service de notre plaisir. Jamais vulgaire, jamais de mauvais goût : on l’aimait ou on ne l’aimait pas, mais jamais il ne se serait attirer les foudres d’une opposition militante. Stéphane Steeman, ce n’était pas Charlie hebdo : trop de classe pour ça !
Nous nous souviendrons, avec bonheur, des duos dans lesquels il était le maître : ses émissions animées au côté de Marion. Ses soirées « Dimanche Musique », en compagnie de Jacques Mercier, ses « Bons Week-end » étonnants et sa « Madame Gertrude » légendaire.
Nous n’oublierons pas ses « one man show » truculents, dans lesquels personne n’était épargné, mais toujours avec tact et raffinement.
Il était l’ami que nous attendions. Je me souviens ainsi des soirées clandestines, au cours desquelles, transistor sous l’oreiller … parents obligent !  … nous écoutions son émission « Dimanche Musique », comme si nous assistions à une messe. C’était l’instant religieux de la semaine qui se conjuguait entre humour déganté et canulars impressionnants.
Il aimait son pays, sa Belgique, souffrant de ses divisions et des atteintes politiciennes à notre grandeur de vivre ensemble. Flamands, Wallons étaient à la fois nos travers et nos richesses. La "Belgitude" était notre nom et notre fierté … toute une époque !
Il aimait le théâtre et pratiquait cet art avec talent. Les planches étaient son terrain. La salle était sa maison. Le public était sa famille. Il maniait sa langue avec finesse et à propos, au point que l’écouter était un bonheur.
Son humour, certes caustique, était de bon goût. Son rire était communicatif. Sa gentillesse était légendaire.
Tout cela arrivait à une époque au cours de laquelle les temps étaient déjà difficiles. La crise, les difficultés économiques et communautaires auraient déjà eu de quoi nous enfermer dans la sinistrose.
Les personnalités politiques étaient déjà aussi imprévisibles et parfois stupides. Les situations « à la belge » étaient déjà ubuesques.
Mais Stéphane était là pour nous aider à dédramatiser. Il nous a appris à rire de nous-mêmes avec fierté. Il nous a appris à nous habiller d’un costume de chauvinisme, qui nous allait si bien.

Aujourd’hui, Stéphane, tu nous quittes, après un temps de repos et de discrétion mérité.
Nous nous retrouvons un peu orphelins. Qui nous aidera à rire désormais de ces sinistres sires qui nous gouvernent ? Qui nous aidera à dépasser nos crises pour relever la tête et réagir ?
Ta voix, ta chaleur, tes accents, ton amitié … tout nous manques déjà. Mais qui sait, tel le grain de blé planté en terre, tu feras, peut-être, se lever des fleurs de rire, d’audace et de bonheur ?
Ton humour, le dessin de nos travers ont imprimé en nous une devise qui, si aujourd’hui, elle s’écrit dans la différence, restera pourtant notre seul fil d’Ariane vers l’avenir : « L’union fait la force ».
Salut l’artiste … rigole bien de nous là où tu es !
Salut l’artiste, on t’aimait bien, comme le grand Jacques, comme notre Baronne Annie, comme notre Eddy national, comme Marion, ta complice de toujours, comme notre Salvatore d’adoption.
Salut l’artiste … Mais comme tu le penses certainement : «  Show must go on ».

Guy De Smet (24 janvier 2015)


- 10 - IL Y A 70 ANS …

Et voilà une page d’Histoire qui s’ouvre devant nos yeux et devant nos consciences.
Les Alliés, en étendard d’une forme de civilisation, découvraient l’horreur qui se cachait  à Auschwitz et dans d’autres sinistres camps de concentration.
Des loques humaines, des cadavres, une odeur pestilentielle envahissaient les cinq sens des libérateurs.
Il y a 70 ans, une idéologie, le Nazisme, était détruite. Les bourreaux seraient livrés à la Justice, des vies restaient à reconstruire.
Si l’innommable avait un visage, ce jour-là, il s’est livré sans masque. L’être humain avait été saccagé, humilié, terrorisé dans des scénarii indescriptibles.
Ils étaient Juifs, homosexuels, tziganes, opposants politiques … réduits à l’état de squelettes, de zombies.
Le bruit des canons s’était tu pour faire place au silence lourd de ces cris devenus inaudibles, de ces existences martyrisées. Vision insupportable et apocalyptique !

Au lendemain de cette découverte que tout le monde connaissait, un cri unanime s’était fait entendre : « Plus jamais ça » !
Commémorations, voyages, découvertes, informations, témoignages … tout allait être mis en œuvre pour que cet appel soit entendu. Il ne fallait pas que toutes ces victimes soient mortes pour rien !
Hélas, depuis lors, l’exploitation de l’homme par l’homme n’a cessé de faire son œuvre. Les bruits de bottes et de guerre n’ont cessé d’assourdir l’atmosphère.
Des haines, des vengeances se sont mises en place, rendant toute idée de paix illusoire.
Des appropriations et des détournements de mémoire se sont implantés avec force, au point de réduire cet anniversaire à la seule Shoah, au seul anéantissement d’un peuple qui n’a cessé de piloter les mauvaises consciences des Occidentaux, prisonniers de leurs fantasmes.
Le peuple juif a fait de l’Holocauste sa propriété, volant à d’autres communautés leurs souffrances et leurs deuils. Il en a fait une justification de ses peurs face à tous les coups du sort qui s’acharnent sur lui. Il a réduit au péché d’antisémitisme tout ce qui ne se pliait pas à leur loi du souvenir et de la justification d’une histoire contemporaine.
L’extermination de millions de Juifs restera à jamais une blessure dans la conscience de l’humanité. Elle sera à jamais condamnable et pas une réprobation ne saurait contenir toute la vision d’horreur que ces crimes peuvent contenir.
Mais, cela ne nous donne pas le droit d’occulter le martyre des autres victimes. Au nom de leur appartenance à des groupes bien précis, au nom de leur orientation sexuelle, au nom de leur handicap, au nom de leur opposition à l’idéologie nazie … ils ont été massacrés comme des animaux sur l’autel de l’orgueil d’une race qui se croyait supérieure.
Ils ont été les victimes d’une idéologie nauséabonde qui se voulait assoiffée de pouvoir et de force. Honte à celles et à ceux, qui aujourd’hui encore, osent y voir une race de prophètes et de messies !

N’en déplaise au peuple juif, cet anniversaire ne doit pas nous faire oublier la mise en place d’une autre idéologie, qui depuis 1948 menace la paix mondiale.
Le sionisme est devenu ce chancre fait d’orgueil et de mépris qui n’a cessé de se noyer dans le sang qu’elle a fait couler.
Depuis 1948, la Palestine est devenue une terre ravagée par un terrorisme affiché au nom de Dieu, celui d’un Temple à rebâtir, celui d’une terre à reconquérir.
Depuis 1948, l’humiliation des Palestiniens se vit comme un crime contre l’humanité que personne n’ose sanctionner, le peuple juif étant intouchable.
Depuis 1948, les oliviers arrachés en terre de Palestine par la force empêchent ses rameaux de pousser pour devenir les signes d’une paix retrouvée.
Sabra, Shatilah, l’horizon de camps sont le nouvel Auschwitz de millions de Palestiniens à qui on a volé la terre au nom de la gloire d’un peuple élu.
Gaza est devenu la blessure ouverte sur laquelle souffre un peuple condamné à ne plus vivre.
Les colonies abusives, condamnées par l’opinion internationale, sont des coups de couteau planté dans le cœur d’un peuple qui ne demandait rien, sinon un lieu pour y cultiver son bonheur.
La construction d’un mur en Israël, au nom d’une hypothétique sécurité, est une balafre dans notre humanité comme a pu l’être celui de Varsovie.
L’esplanade des mosquées envahie par l’arrogance de quelques juifs fanatiques se transforme en une insulte à Dieu, qui aime tous les hommes.
Les conditions de détention des enfants palestiniens dans les prisons israéliennes sont une injure à la mémoire de celles et de ceux qui ont été sacrifiés dans les camps de concentration d’Europe.

Se souvenir d’Auschwitz est un devoir de mémoire qui s’impose à nous. Il  ne doit cependant pas endormir notre vigilance.
Il nous faut dénoncer aujourd’hui les crimes commis au nom d’une idéologie fanatique et sectaire, le sionisme.
Il nous faut refuser de pactiser avec un peuple capable de soutenir une telle barbarie et le boycott des produits israéliens reste, plus que jamais de mise.
Il nous faut soutenir tous les efforts de paix qui réunissent les hommes de bonne volonté des deux partis. Il est impossible que la paix ne soit pas possible !

C’était il y a 70 ans, mais je ne verserai pas une larme !
Trop de Palestiniens souffrent aujourd’hui parce que personne ne pleure avec eux.
Trop de Juifs utilisent ces symboles de la terreur d’hier pour mieux camoufler celle qui défigure le visage de l’homme et donc de Dieu, aujourd’hui !
Si les Juifs on s’en souvient aujourd’hui, j’ai serré contre mon cœur vos visages, frères et sœurs homosexuels, tziganes, handicapés, malades mentaux, opposants aux idéologies, vous tous qui n’aviez ni les cheveux blonds, ni les yeux bleus !
Avec vous, face à tous les actes racistes, homophobes, antidémocratiques … j’ai envie de crier : « Plus jamais ça ! »

Guy De Smet (27 janvier 2015)


11  A VOTÉ !

Ces mots qui, chaque année colorent l’actualité européenne, sont  ceux qui, en ce mois de février, symbolisent le peuple grec.
Le peuple a voté !
Le peuple a renvoyé dans l’opposition une Droite assassine, complice de la malhonnêteté européenne et d’un Fonds Monétaire International sournois.
Le peuple a rejeté une austérité qui le place au ban des nations et l’enfonce dans la précarité.
Belle victoire de la démocratie, au pays qui l’a inventée !

Syrisa, le parti vainqueur, a porté l’espoir des Grecs. Il a décidé de mettre fin à une austérité morbide. Il a décidé de retrousser les manches pour retrouver le chemin de l’espérance, celui d’une dignité reconquise.
Pour cela, il sait qu’il lui faudra négocier. Il sait qu’il devra affronter les lobbies qui n’ont aucun intérêt à voir la Grèce s’en sortir. Il sait qu’il devra lutter contre une finance mondiale déréglée et toujours avide de plus de profits. Souhaitons-lui d’avoir les épaules solides !

La situation sociale était devenue invivable dans le pays. Le chômage touchait des familles innocentes de plein fouet, au nom d’une dette dont elles n’étaient en rien responsables.
La situation économique était et reste plombée par une dette colossale, occasionnée par le jeu de casino de quelques armateurs, de quelques nantis et même d’une Église orthodoxe qui se plait à jouer aux hypocrites.
Quelques riches spéculateurs malhonnêtes ont fait de la corruption et de l’arrangement fiscal un mode de gestion que les grandes institutions financières voudraient faire payer à une population qui n’avait que son travail pour vivre … si du moins, elle en avait !
Les Grecs en étaient réduits à vendre leur patrimoine, hypothéquant à jamais leur avenir, sans que cela n’améliore en rien la situation.
Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, des spéculateurs peu scrupuleux se sont introduits dans la misère d’un peuple pour en tirer un profit juteux.
L’Europe, dont une Allemagne autiste, se veut inflexible face à l’injustice d’une dette que la Grèce ne pourra jamais rembourser. Elle semble avoir oublié d’autres époques où elle était heureuse de voir débarquer un peu d’aide pour se relever ! Cela nous a valu quelques commémorations hypocrites, les derniers temps.
Cette intransigeance a semé une misère profonde au sein du peuple grec. Elle a été la cause de suicides, de désespoir, de honte …
Vient un jour où cette spirale casse.
Ce jour semble être venu. Une nouvelle équipe au pouvoir semble porteuse de bien des promesses.
Nous ne pouvons que souhaiter bon vent à ce peuple ami, qui mérite toute notre considération et tout notre respect.

Notre société devrait en tirer quelques leçons, si du moins, elle en est capable.
La première me semble fondamentale.
La finance, les courbes et les fièvres de la bourse, la recherche effrénée de profits ne sont pas les critères qui doivent façonner notre « vivre ensemble ».
L’argent n’est qu’un moyen d’échange qui n’a qu’une valeur toute relative dans la construction d’une société. Il n’est qu’un instrument qui, sans le travail de l’homme, n’a aucune importance. L’homme n’est pas un esclave à son service. L’argent n’est pas là que pour construire la fortune de quelques nantis qui se croient indispensables au développement du monde.
La zone euro est ainsi devenue une de ces aberrations idéologiques qui ne respecte en rien les possibilités d’un État.
Elle sacrifie les forces et les espérances d’un peuple au nom de la compétitivité d’un marché économique.
Elle laisse sur le bord du chemin une population fragile, âgée, malade, non rentable, sans aucun état d’âme.
Elle immole l’être humain sur l’autel d’un capital poussé à la stature d’un dieu. Nous en découvrons, chaque jour, les dégâts.
De brillants économistes, des Prix Nobel d’économie ne cessent de tirer la sonnette d’alarme, ne rencontrant que l’indifférence des mondes politiques aux manœuvres. Jusqu’à quand tant de destruction humaine au nom du dieu-Argent ?

La deuxième leçon à tirer de ce résultat grec, je veux la voir dans l’humiliation d’un peuple.
Pendant des années, les Grands de ce monde, l’Allemagne en tête, ont fait de la dette grecque et de l’importance de la croissance de la zone euro un cheval de bataille.
Pendant des années, ils se sont fait les champions des chiffres et de mesures inhumaines sombrant des hommes et des femmes dans la noirceur d’une désespérance sans horizon.
Pendant des années, ils se sont confortés dans le bien-fondé de leurs mesures d’austérité qui ne faisaient pas la pauvreté de tout le monde. Ils se sont même complus dans l’organisation d’une dette grecque qui ne pouvait que leur devenir rentable.
Les hommes et les femmes simples trinquaient, souffrant d’une situation dont ils n’étaient en rien responsables. Certains ont tout sacrifié, même leur vie, pour sortir, la tête haute, d’un combat qui les dépassait.
De manifestations en grèves, ils ont crié leur souffrance, sans susciter la moindre émotion.
Ils ont été lâchés par des politiciens corrompus, qui voyaient plus de profit dans leur soumission à Merkel et à la clique que dans une attention à leurs électeurs.
On n’humilie pas des hommes impunément. Ça se paie un jour ou l’autre … Et si le parti Syrisa était le bon moment, à moins qu’il ne soit que l’espoir de la dernière chance !
D’autres démocraties ont entendu la réponse grecque : l’Espagne … et qui sait quelle autre nation, demain, quand l’heure du réveil aura sonné ?
Un pays est à reconstruire, des vies sont à revaloriser, de nouveau points de repères sont à fixer, malgré les menaces d’une finance qui craint pour sa spéculation et qui a les dents longues.
Un long chemin commence, avec des hommes et des femmes capables de se mettre debout et d’avancer. Le vent de la démocratie semble avoir retrouvé son terreau d’origine !

Une troisième leçon qui devrait pouvoir être entendue par celles et ceux qui nous dirigent concerne la construction européenne.
Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, des visionnaires avaient vu dans cette création mythique une espérance pour un continent dévasté par la haine et par la destruction.
Ils avaient décidé d’unir leurs forces et leurs moyens pour ouvrir à nouveau les portes de l’espérance. Cela passait par une économie à reconstruire au service d’une population en quête d’une vie meilleure.
Il y avait de quoi rêver !
Mais qu’en ont fait les générations suivantes ?
La finance est devenue un monstre qui nous dépasse. Elle fait de la démesure un mode de fonctionnement qui nous étouffe.
Elle a retenu des pionniers la première partie de leur raisonnement : l’économie, la transformant en machine infernale.
Elle s’est même trouver des guides, des « Führer » pour mener à bien cette entreprise. L’Allemagne, qui eut besoin de l’aide de tous pour se relever, au lendemain de ses crimes, allait devenir le symbole d’une économie forte. Pour y arriver, elle n’hésita pas à mettre en place un concept nouveau, celui du « travailleur pauvre ».
Angela Merkel, telle une nouvelle Tatcher, allait souffler le chaud et le froid sur des nations épuisées par les efforts. Pour cela, elle ira jusqu’à fermer les yeux sur les souffrances de son propre peuple.
L’Europe est devenue cette grenouille voulant devenir plus grosse que le bœuf, semant la misère dans ses rangs et la pagaille dans des pays, qui comme l’Ukraine, y voyaient un rêve. Elle ne cesse de s’agrandir, voulant devenir un grand marché dans  la cour d’une mondialisation qui la dépasse.
Le résultat est consternant : une croissance zéro, un taux de chômage inquiétant, une compétitivité en berne, un monde bancaire noyé dans ses contradictions, un égoïsme navrant (Les boat people des pays du sud en sont une blessure quotidienne !)  … Jusqu’où ira cette descente aux enfers ?
Aujourd’hui, les europhobes, dont je suis, ont le vent en poupe. Une certaine conception de l’Europe ne passe plus !
L’Europe des technocrates s’est mise à vibrer loin des possibilités et des attentes de la population. Un certain monde politique y a vu une source de revenus inimaginables et attirants.
Des populations se rebellent contre une austérité meurtrière et contreproductive.
Des hommes et des femmes n’en peuvent plus de s’enfoncer dans une misère sans nom au nom d’une idéologie imbécile et meurtrière.
Le nombre de chômeurs et d’inutiles, stigmatisés par une certaine économie libérale, explosent aux quatre coins de l’Europe. Nos dirigeants les montrent du doigt comme les responsables de l’échec de leurs choix désastreux. Ils sont sans emploi, ils sont malades, ils sont vieux, ils sont retraités, ils sont étrangers ! … ils sont une charge !
2,6 millions d’enfants, issus des pays les plus riches – dont l’Europe – ont sombré dans la pauvreté, depuis la crise économique et financière de 2008 (chiffres de l’UNICEF).

Ça suffit !
C’est ce que viennent de dire avec courage les Grecs !
Et si nous osions leur emboîte
r le pas ?

Guy De Smet (3 février 2015)


- 12 - TU NE TUERAS POINT !

Ce commandement, il nous vient de Dieu.
Quand il a créé la Vie, ce que des millions d’hommes et de femmes croient, dans le monde, il l’a voulue comme une valeur inestimable, à laquelle, il n’est pas question de toucher.
La Vie, elle est ce qui unit l’homme à Dieu.
La vie, elle est la source qui coule entre tous les hommes.
La vie, elle se décline à travers le sourire d’un enfant, la joie d’une maman, la fierté d’un père.
Elle épouse les contours des saisons. Elle prend la forme du vent, de la neige, de la pluie, du soleil.
Elle scintille dans la beauté d’un paysage, dans une réalisation humaine ou dans les cabrioles d’un animal.
Elle incite à devenir créateur et à propager cette valeur unique et indispensable qu’elle représente.
La vie, elle est un souffle fragile qu’il faut protéger. Elle a besoin d’attention, de respect. Elle ne supporte pas la violence, encore moins la haine. Elle est faite pour offrir le bonheur à celles et à ceux qui ont la joie d’en goûter la saveur. Elle est un combat pour celles et ceux qui la sentent s’échapper.

Cette intuition profonde, elle est partagée par tous les hommes bien nés, les hommes de tous bords et de bonne volonté.
Elle fait le nid de toutes les religions, parce que c’est pour la construire, qu’il faut « jeter des ponts ».
Juifs, Chrétiens, musulmans, tous possèdent en eux ce rêve divin : la vie.
Tous, ils ont reçu le même commandement qui fait la trame tant de la Torah, que de la Bible, que du Coran : « Tu ne tueras point ! »
Forts de tels principes, les religions auraient dû aider à façonner un monde meilleur, une société dans laquelle l’amour, la solidarité, le partage, le pardon ne seraient pas de vains concepts.
Hélas, en consultant les pages de l’Histoire des religions, les dérapages furent nombreux. La vie n’a pas toujours eu la valeur merveilleuse et créatrice que Dieu a bien voulu lui accorder. Autrement dit, Dieu a souvent été trahi par celles et par ceux qui en parlent … et dans le domaine, personne n’a de leçons à ne donner à personne !
Le Judaïsme, s’il est la plus ancienne religion du Livre, son seul « privilège » est d’avoir de l’avance dans le travail de destruction de la Vie. Guerres, jalousies, meurtres … et tout cela au nom de Dieu.
Cette tradition se perpétue dans le Judaïsme d’aujourd’hui, à travers les crimes horribles commis par les Sionistes à Gaza, dans l’implantation illégale de leurs colonies ou encore dans les appels à la haine qu’ils ne cessent de colporter.
Le Christianisme, lui aussi, aurait bien un examen de conscience à faire. Il se trouve mal placé pour faire la leçon aux autres.
Entre les guerres de religions, les bûchers fumant encore des atrocités infligées aux Protestants et aux Cathares, entre les Croisades et l’Inquisition … tous les ingrédients sont là pour que Dieu y découvre une profonde trahison.
Entre ses condamnations morales, ses divisions ou encore ses dérives sectaires, que de vies sacrifiées au nom d’une intolérance tellement éloignée du projet de Dieu … et ce, jusqu’à aujourd’hui !
À cette heure, tous les yeux de l’actualité sont braqués vers l’Islam. À chaque jour, sa page de terreur !
Elle s’abat sur un monde abasourdi, mais aussi sur une communauté musulmane qui y perd « son arabe ».
Nous avons été horrifiés par ces décapitations d’otages, œuvres de ces monstres de l’État Islamique. Une barbarie d’un autre temps privé de civilisation, s’est imposée à nous.
Dernièrement un jeune militaire, père de famille, aimé par une épouse qui l’attendait, s’est fait brûler vif, enfermé dans une cage. Nous ne le ferions même pas pour un animal !
Au Yémen des jeunes sont jetés du haut d’un immeuble, simplement parce que leurs comportements ne coïncident pas à une morale irrespectueuse de l’Homme et inventée par des bourreaux.
En Arabie Saoudite, là où les grands de ce monde sont allés se pavaner lors des funérailles du roi, un homme a été condamné à 1000 coups de fouets, deux jeunes ont été décapités, parce qu’ils étaient homosexuels, des femmes sont emprisonnées parce qu’elles conduisaient une voiture, la lapidation est devenue un acte du quotidien … au nom d’une Sharia qui émanerait de Dieu !
En Irak, des enfants sont crucifiés, violés et torturés de toutes les manières au nom d’un Dieu qui paraît-il, les aime.
Des têtes sont exposées comme des trophées, voilant à jamais la beauté du visage de l’homme, reflet de celui de Dieu.
En Palestine des enfants sont emprisonnés dans des cachots israéliens, en plein air, par le froid de cet hiver et dans l’humiliation loin de tout esprit d’enfance …
En Occident des attentats, des menaces, des haines se déchainent au nom d’un Dieu utilisé comme justification.
Nous avons l’impression d’être enfermés dans un cauchemar que rien ne semble pouvoir arrêter, pas même les bombardements d’une force multinationale.
Des jeunes de chez nous sont emportés dans cette tourmente. On les appelle des Djihadistes. Les considérer comme des « paumés dangereux » serait plus adapté.
Ils viennent d’une société occidentale qui n’a rien à leur proposer, pas même un simple rêve de bonheur. Ils vivent comme des déracinés qui n’ont rien à perdre, si ce n’est croire dans le peu d’idéalisme qui pourrait se loger en eux. Ils sont alors manipulés par des assoiffés de sang qui y trouvent un profit non négligeable.
Des haines, des communautarismes malsains sèment la confusion, avec l’aide, bien involontaire, de responsables politiques dépassés par les événements.
D’authentiques croyants vivent dans la peur des stigmatisations et dans l’incompréhension face à leurs convictions. Ils peinent, faute de moyens, à s’exprimer d’une voix pour condamner et se défendre. La seule chose qu’ils clament aux terroristes, avec les moyens qu’ils ont, c’est : «  Pas en mon nom ! »

Face à tous ces dévots de la gâchette qui se réclament de l’Islam ou de n’importe quelle religion, j’aurais envie de laisser s’exprimer ma colère.
Cessez de vous réclamer de Dieu. Vous ne le connaissez pas et lui ne sait même pas que vous êtes ses enfants. Il vous a fermé la porte de son paradis pour toujours, parce qu’il n’a pas voulu la mort et la destruction.
Vous êtes des rats dont il faut se débarrasser. Vous êtes des assassins qu’il faut juger et contre qui il faut se protéger. Vous êtes un chancre qui défigure la face de l’humanité.
À ces partisans d’un État Islamique ou autre, j’aimerais dire avec force que si tel est leur projet, ils en sont les impossibles artisans.
Dieu veut l’Amour. Dieu veut la Paix. Dieu veut la Justice. Dieu a fait l’homme à son image et à sa ressemblance. Il est assez grand pour instaurer son royaume lui-même, aidé par l’humilité d’hommes et de femmes qui se sont laissés façonner par son projet.
Cessez de vous comporter comme les caricatures de Dieu et de ses prophètes. Celles de Charlie Hebdo, si elles sont de mauvais goût, ne sont que de pâles copies de vos outrances. Vous lui faites honte et vous le déshonorez. Pas besoin de hurler qu’il est « grand ». Il vous trouve tellement « petit » et pitoyable.
À tous ces partisans de la Loi de Dieu, cessez de construire des morales que vous ne respectez même pas vous-mêmes. Cessez de lapider, de crucifier, de brûler, de torturer, de tuer.
Cessez de montrer du doigt, de juger, d’exclure de vous considérer comme les parfaits qui ont tous les droits.
Rien ne vous autorise à le faire au nom de Dieu. Il vous vomit !
Lui, ce qu’il veut, c’est l’écoute, l’attention au plus faible. Lui, ce qu’il désire c’est le bonheur dans le partage et dans la justice. Lui, ce qu’il veut, c’est la création perpétuelle de la vie. Cela, vous n’êtes pas capables de le comprendre. Parce que pour comprendre, il faut un cerveau et surtout un cœur. Vous n’étiez pas là, le jour de la distribution.
Quelle honte de voir tous ces croyants qui d’Ukraine à la Palestine, d’Irak à l’Arabie Saoudite en passant par le Yémen ou le Qatar, des manifestions contre le mariage pour tous aux fatwas décrétées sans raison ne cessent d’assassiner Dieu et de donner raison à ceux qui clament depuis longtemps sa mort.
Auraient-ils raison, ceux qui nous regardent de se moquent en disant : « Dieu a créé l’homme, celui-ci le lui a bien rendu ! »

Je me permets de terminer mon propos en laissant la parole au Prophète de l’Islam.
Lorsque le prophète Mouhammad arriva à Médine en 622 de l’ère chrétienne, des hommes sont venus vers lui pour l’entendre. Voici la première parole qu’il leur a adressée :
« Ô vous les gens, répandez la Paix,  nourrissez les affamés, respectez les liens parentaux et priez la nuit alors que les gens dorment, vous entrerez ainsi au paradis en paix ». 
Le Prophète, d’ajouter : « Dieu a fait de la paix le salut de notre communauté et une garantie et protection aux non-musulmans qui vivent parmi nous. »
Le Prophète, toujours lui, déclarait encore : « Celui qui tue un citoyen non musulman, ne sentira jamais l’odeur du paradis ».
En proclamant cela, le Prophète ne faisait que placer ses pas dans les pas de Dieu : « Allah commande l'équité, la bienfaisance et l'assistance aux proches. Et Il interdit la turpitude, l'acte répréhensible et la rébellion. Il vous exhorte afin que vous vous souveniez. » (Coran, Sourate 16, An Nahl, les abeilles, verset 90)
Pour lui pas question de terreur, de califat imposé par la force, d’une morale assassine. Il n’est question que d’aimer, seule force pour vivre !

Guy De Smet (6 février 2015)


- 13 - LE PRIX DU SANG

En ce mois de février, les Chrétiens vont entamer un période importante : le Carême.
Durant quarante jours, ils vont se mettre en route, espérant y rencontrer la beauté de Dieu, la fraternité des autres et la découverte d’eux-mêmes.
Il s’agit, pour eux, d’une période intense qui se vit, habités par toute la densité que vit le monde dans lequel ils sont insérés.
Les Chrétiens seront façonnés cette année, parce qu’ils auront vu et vécu : les atrocités de guerres qui, d’Ukraine en Syrie, font entendre les cris des hommes blessés et le ruissellement de vies détruites …
Les massacres de Dieu à chaque fois que l’homme est décapité, crucifié, flagellé au nom d’une barbarie et d’un fanatisme intolérables …
Les victimes de nos crises économiques et sociales, qui relèguent des hommes et des femmes au rang de parias …
Les sinistrés de toute une vague de violence qui, à chaque jour, fait son lot de victimes innocentes …
Les Chrétiens commenceront ce temps de Carême, avec au cœur une question : « Mais qui donc est Dieu ? »

Pour les accompagner sur ce chemin vers une Espérance, les communautés chrétiennes sont tout à coup illuminées par 21 visages d’hommes et de femmes décapités en Libye par des bourreaux issus des cohortes de l’État Islamique. Décapités, parce que leur seule faute est d’être des Chrétiens !
21 martyrs, frappés lâchement par des fous qui se réclament de Dieu, alors qu’ils n’en sont que de vulgaires caricatures.
21 martyrs, avilis et meurtris par des êtres immondes qui ne méritent pas d’appartenir à la race humaine.
21 martyrs, signe de la croix de souffrance qui reste à jamais plantée sur la terre des hommes.
Ces hommes et ces femmes n’avaient rien demandé à personne. Ils aspiraient à une vie tranquille, faite de paix et de bonheur.
Leur religion était une de leur richesse et ils aimaient la pratiquer, loin des lumières des médias.
Leurs aspirations étaient celles de tout homme de bonne volonté : la justice, la paix, le partage, l’amour.
Leurs rêves étaient ceux d’un monde meilleur, sans exclusion et sans haine.
C’était sans compter sur les forces du mal qui, sous les traits de l’État Islamique, allaient décimer la soif d’espérance de l’humanité.
C’était sans compter sur l’acharnement de bourreaux ignobles qui, tout en se réclamant de la Loi de Dieu, allaient être des criminels contre l’humanité, mais aussi contre la divinité.
En tuant l’homme, de Copenhague jusqu’aux plages de Libye, ils viennent, une fois de plus de tuer Dieu.
Pitoyable spectacle qui ne cesse de brader le prix du sang !

Les Chrétiens n’auront pas le droit, dans l’expression de leur Foi, de se laisser enterrer dans une société de consommation qui les rend irresponsables, même face au temps qui leur est confié.
Vient un moment où il faut oser afficher la fierté de son identité chrétienne, tout en respectant l’opinion de tous.
Ils ne pourront pas  se réfugier dans une tiédeur très occidentale, alors que des frères et des sœurs sont massacrés au nom de leur Foi. Vient un moment, où il faut devenir un être de convictions, au diapason du pluralisme dans lequel nous vivons.
Ils ne pourront pas ignorer le témoignage de toutes ces victimes, sous peine de tuer leur propre humanité. Vient un moment où l’exemple de Foi des autres devient un stimulant pour notre propre devenir.
C’est par contre le moment, illuminés par ces 21 visages, de laisser résonner en eux une seule question : « Mais qui est Dieu, pour nous aimer ainsi ? »

Face  à toute cette terreur que sème l’État Islamique, nous pourrions être tentés par la vengeance, par l’exclusion, par la stigmatisation d’autres communautés.
La haine n’a pourtant jamais permis que d’engranger la haine : l’histoire des hommes est là pour nous le démontrer !
Je préfère, pour ma part, laisser la parole au Christ qui, du haut de la croix nous dit : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! »

Guy De Smet (16 février 2015)


- 14 - JE SUIS CHRÉTIEN


Le mois de janvier a vu l’affirmation de deux mots « forts » : « JE SUIS … »
Cette proclamation d’une identité est née lors des sinistres attentats contre Charlie Hebdo. Ils étaient comme une identification à l’événement face au déferlement de la barbarie.
Aux quatre coins du monde, une nouvelle identité venait de naître : « Je suis Charlie ».
Dans la foulée, au gré des attentats et au gré de l’indignation qu’ils suscitaient, de nouveaux panneaux sont venus s’élever dans le ciel de nos colères : Je Suis policier, Je Suis Juif, Je Suis untel, Je Suis Danois …
S’il avait fallu créer un top 5 des slogans, nous aurions pu mettre en avant celui qui stigmatisait les atteintes à notre liberté d’expression ou encore celui qui se voulait une opposition farouche à toute forme d’antisémitisme.
On reconnait bien là la colère d’un peuple atteint au plus intime de sa dignité et de ses fiertés !

Tiré de la même veine de dénonciation de l’injustice, j’aurais aimé voir surgir d’autres panneaux, tels « Je suis Chômeur », « Je suis pauvre », « Je suis un étranger », « Je suis une victime du monde bancaire » … à moins que nos envies de solidarité n’épousent pas les critiques des systèmes économiques que nous laissons mettre en place.
Il y a là aussi pas mal de bourreaux qui, de Suissleaks en fraudes en tous genres, de politiciens asservis au capital jusqu’au monde mafieux des banques, mériteraient bien nos condamnations et nos colères.
Mais il doit d’agir là d’un autre débat !

L’actualité de ces dernières heures m’a poussé à fabriquer un autre panneau : « JE SUIS CHRÉTIEN »
21 hommes ont été lâchement assassinés par des monstres issus de la mouvance de l’État Islamique.
21 hommes ont été sacrifiés sur l’autel de l’imbécilité et de l’impuissance des grands de ce monde qui, après avoir ouvert une boîte de Pandore, n’ont rien vu venir. Il paraît que gouverner, c’est prévoir !
21 hommes sauvagement décapités, simplement, parce qu’ils étaient des Chrétiens.

Je n’ai pas entendu beaucoup d’indignation contre cette vague antichrétienne qui sème la terreur dans ces pays du Proche-Orient et du Maghreb.
Je n’ai pas entendu beaucoup d’échos de soutien à ces familles  égyptiennes, détruites par ces drames qui leur surviennent.
Je n’ai pas vu beaucoup de rassemblements de soutien à cette communauté copte, comme il y en aurait eu face à un attentat contre des intérêts juifs ou sionistes.

J’ai donc décidé de fabriquer mon propre calicot.
J’y ai gravé ces mots, signes de ma colère et de ma fierté : « JE SUIS CHRÉTIEN ».
Je ne puis accepter qu’un homme soit tué au nom de sa race ou de sa religion.
Je ne puis accepter qu’un homme soit méprisé ou avili au nom de son statut social ou au nom de sa précarité.
Je ne puis accepter qu’un homme soit écrasé par la soif de pouvoir et de puissance de quelques fous, gonflés d’orgueil et de stupidité.

Je Suis Chrétien, avec ces Coptes d’Égypte qui depuis des siècles affirment leur Foi en terre d’Islam, tout en œuvrant de toutes leurs forces au développement du pays qui est le leur.
Je  Suis Chrétien, avec ces hommes kidnappés et torturés, parce qu’ils étaient des Suiveurs de Jésus.
Je Suis Chrétien et indigné par l’effroyable audace de ces criminels de l’État Islamique qui, tout en étant des sans-dieux, utilisent l’Éternel pour justifier leurs monstruosités.
Je Suis Chrétien, parce que je suis fier de cette religion qui propose d’aimer et de se laisser aimer, même si un minable intégrisme interne délivre parfois un autre message fait de haine, de mépris et de mesquineries.
Je Suis Chrétien, parce que je suis riche d’une religion qui m’invite au respect de tout homme, quels que soient sa race, sa religion, son portefeuille : il est un fils de Dieu et un frère des hommes.
Je Suis Chrétien, parce que c’est pour moi un honneur d’être d’une religion qui se propose et qui ne s’impose pas. Tout le message de Jésus ne s’écrit-il pas sur le mode du « Si tu veux ? » Un arc-en-ciel se propose pour relier !
Je Suis Chrétien parce que cette identité me permet de tendre la main à tout homme, qui comme moi aspire à un peu de justice, de fraternité et de paix. Ma religion m’invite à devenir « un bâtisseur de ponts » et non un rabâcheur de morales et de lois.

Il aura fallu la mort de ces 21 martyrs pour me donner l’audace de l’affirmer.
Il aura fallu les pleurs, les angoisses et le sang de ces 21 martyrs pour découvrir le trésor que mes parents m’ont confié : « JE SUIS CHRÉTIEN ».
Je le suis avec ceux qui sont persécutés en Irak, avec ceux qui vivent dans la peur en Syrie, avec ceux qui vivent les brimades et les vexations en Israël, avec ceux qui se cachent au Liban ou encore en Palestine.
Je le suis avec ceux de chez nous,  travaillant dans nos administrations wallonnes ou autres. Ils savent qu’il n’est pas toujours bon d’afficher ses convictions chrétiennes, sous peine d’embuches sur leur chemin.
Je le suis avec ceux qui n’en peuvent plus de tiédeur face aux assauts de notre société matérialiste, qui rend si peu heureux.
Je le suis avec tous ces anonymes de la Foi qui, par ce qu’ils sont et parce qu’ils font, donnent goût et à l’homme et à Dieu.

Avec eux tous, pour eux tous, je crie, aujourd’hui : JE SUIS CHRÉTIEN

Guy De Smet (17 février 2015)


- 15 - MUSULMAN, MON FRÈRE …

Pour ce billet ‘humeur, je ne résiste pas à l’envie de laisser la parole à Luc Besson, réalisateur de cinéma (Le grand Bleu).
Dans une lettre adressée à la communauté musulmane, il livre ses sentiments, après le massacre de Charlie Hebdo, à Paris :

Mon Frère,
Mon frère, si tu savais combien j’ai mal pour toi aujourd’hui, toi et ta belle religion ainsi souillée, humiliée, montrée du doigt. Oubliés ta force, ton énergie, ton humour, ton cœur, ta fraternité. C’est injuste et l’on va ensemble réparer cette injustice. On est des millions à t’aimer et on va tous t’aider. Commençons par le commencement. Quelle est la société que l’on te propose ?
Basée sur l’argent, le profit, la ségrégation, le racisme. Dans certaines banlieues, le chômage des moins de 25 ans atteint 50%. On t’écarte pour ta couleur ou ton prénom. On te contrôle dix fois par jour, on t’entasse dans des barres d’immeubles et personne ne te représente. Qui peut vivre et s’épanouir dans de telles conditions ? Attachez un enfant ou un animal, sans nourriture et sans affection pendant des mois, il finira par tuer n’importe qui.
On fait passer le profit avant toute chose. On coupe et vend le bois du pommier et après on s’étonne de ne plus avoir de fruit. Le vrai problème est là, et c’est à nous tous de le résoudre.
J’en appelle aux puissants, aux grands patrons, à tous les dirigeants. Aidez cette jeunesse, humiliée, atrophiée qui ne demande qu’à faire partie de la société. L’économie est au service de l’homme et non pas l’inverse. Faire du bien est le plus beau des profits. Chers puissants, vous avez des enfants ? Vous les aimez ? Que voulez-vous leur laisser ? Du pognon ? Pourquoi pas un monde plus juste ? C’est ce qui rendrait vos enfants les plus fiers de vous.
On ne peut pas construire son bonheur sur le malheur des autres. Ce n’est ni chrétien, ni juif, ni musulman. C’est juste égoïste, et ça entraîne notre société et notre planète droit dans le mur. Voilà le travail que nous avons à faire dès aujourd’hui pour honorer nos morts.
Et toi mon frère, tu as aussi du boulot. Comment changer cette société qu’on te propose ? En bossant, en étudiant, en prenant un crayon plutôt qu’une kalach’. La démocratie a ça de bien qu’elle t’offre des outils nobles pour te défendre. Prends ton destin en main, prends le pouvoir.
Ça coûte 250 euros pour t’acheter une kalachnikov mais c’est à peine 3 euros pour t’acheter un stylo, et ta réponse peut avoir mille fois plus d’impact.
Prends le pouvoir et joue avec les règles. Prends le pouvoir démocratiquement, aide tous tes frères. Le terrorisme ne gagnera jamais. L’histoire est là pour le prouver. Et la belle image du martyr marche dans les deux sens. Aujourd’hui il y a mille Cabu et mille Wolinski qui viennent de naître. Prends le pouvoir, et ne laisse personne prendre le pouvoir sur toi. Sache que ces deux frères sanglants d’aujourd’hui ne sont pas les tiens, et nous le savons tous.
Ce n’étaient tout au plus que deux faibles d’esprit, abandonnés par la société puis abusés par un prédicateur qui leur a vendu l’éternité … Les prédicateurs radicaux qui font leur business et jouent de ton malheur n’ont aucune bonne intention. Ils se servent de ta religion à leur seul avantage. C’est leur business, leur petite entreprise. Demain, mon frère, nous serons plus forts, plus liés, plus solidaires. Je te le promets.
Mais aujourd’hui, mon frère, je pleure avec toi.
Luc Besson

Merci Monsieur Besson !
Merci à la fraternité plus forte que la haine !
Merci à la Justice plus puissante que nos magouilles !
Merci aux mains qui se tendent, loin des poings qui se ferment !
« L’Amour ne passera jamais ! »

Guy De Smet (22 février 2015)


- 16 - VOUS AVEZ DIT « CRISE » ?

« La crise » ! Voilà un mot qui traverse toutes les nuances des réalités et des sentiments depuis la dérive bancaire de 2008.
Il accompagne nos projets, nos rêves, nos envies. Il façonne nos quotidiens dans ses moindres recoins. Il décide de notre pouvoir de consommation. Il accompagne nos arrêts aux stations d’essence. Il décide de notre droit au travail ou encore il stigmatise des pans entiers de la population.
« La crise » ! Cette réalité plombe l’économie de pays entiers qui, comme la Grèce, sont condamnés à l’humiliation de leurs citoyens.
La bourse, des agences de notations, des jeux financiers ont trouvé dans nos gouvernants des valets exécutant leurs décisions et leurs soifs de profit.
L’entreprise, coincée dans une mondialisation qui la dépasse, impose des normes, espérant un retour de la compétitivité et de la rentabilité … à n’importe quel prix !
« La crise » ! Un concept qui crève nos écrans de télévision, chaque soir, comme il crève aussi le fond de nos portefeuilles et de nos moyens … mais il paraît que cela ira mieux demain : « la Crise serait derrière nous ! »
« La crise », résultat d’un système économique et politique qui semble s’essouffler et s’étrangler.

Mais est-ce bien « la crise » pour tout le monde ?
Nous connaissons les victimes de la crise. Nos gouvernants les traquent, comme nous le ferions pour une bête sauvage, à moins que ce ne soit pour un bouc-émissaire.
Il y a l’étranger qu’une certaine pression nous invite à montrer du doigt.
Il viendrait manger notre pain et miner une économie qu’il mettrait à mal.
Quand nos responsables politiques parlent de lui, il est question de « quotas », de « normes », de « centres fermés », « d’expulsion ». Serait-il un être humain ?
La presse nous propose chaque semaine des images de ces bateaux de la honte qui abordent les côtes italiennes. Ils déversent des milliers d’êtres humains comme nous jetterions des sacs poubelles. Ils n’intéressent personne, même pas cette vieille Europe qui se perd dans son administration et qui se gonfle de fierté après avoir reçu un prix Nobel ou qui se targue d’être le champion des Droits de l’homme.
Si en plus, une vague de terrorisme s’en mêle, bonjour les amalgames !
Il y a les chômeurs ! Eux aussi sont devenus des ennemis à abattre. Ils sont les plaies trop visibles d’une économie qui s’emballe au nom d’une mondialisation morbide et qui va mal.
Il faut les supprimer. Il faut les rayer des listes et des  « avantages perçus ». Il paraîtrait même que ce sont des gens comme eux qui empêchent la société de prendre un nouveau départ. Il faut donc les inciter à reprendre le chemin du travail, même si l’emploi n’est pas la denrée la plus vendue sur le marché. Licenciés économiques, jeunes, trop âgés … ils sont tous des coupables à condamner et à marginaliser !
Les causes du chômage n’intéressent nos responsables que du bout des  lèvres. L’important, c’est de faire du chiffre ! Si de plus, il faut faire dans le social et dans l’humain … Il y a des choix et des priorités !
Il y a aussi les retraités … J’y ajouterais «  les vieux » !
Eux aussi doivent savoir qu’ils coûtent cher. Imaginez : « Nous vivons trop vieux ! ».
En plus, ils réclament des soins qui deviennent impossibles à financer. Ils réclament des suppléments pour vivre, arguant le fait qu’ils ont travaillé toute leur vie et cotisé pour se constituer un fonds pour survivre. Naïveté, quand tu nous tiens !
Ce pécule a servi à d’autres buts, entre autre, financer des retraites pour des indépendants qui n’avaient pas contribué à cette épargne et bien d’autres fantaisies, dont nos responsables ont le secret…
Aujourd’hui, nos gouvernants leur proposent – avant de leur imposer, demain – de travailler plus longtemps … et pourquoi pas jusqu’à leur mort ! Il vous suffit de lire les nécrologies de vos journaux pour vous rendre compte que c’est déjà le cas !
Mais ne brusquons pas l’électeur … « Un comité des pensions » statuera plus tard, lorsque la vigilance du citoyen sera moindre ou plus malléable.
Il y a « le malade ». Lui aussi, il est un poids pour la société, à l’image du ministre qui s’en occupe.
Un simple exemple : regardez votre facture, si vous avez eu le privilège de subir une opération, les derniers temps ! Est-ce bien accessible à tout le monde ?
Il faut économiser pour remettre à flot la sécurité sociale. Il serait même question, pour cela de stimuler la reprise du travail du malade de longue durée, peu importe les conditions. Ce qu’en pense son médecin traitant est tellement peu de chose, face au culte du dieu « Argent ».
Vous aurez remarqué que ceux qui prennent ce genre de décisions n’en sont jamais les responsables. C’est toujours la faute de leurs prédécesseurs ou bien de l’Europe, qui produit des normes auxquelles il faut coller. En Belgique, les mêmes partis sont au pouvoir depuis la création du pays !
Il y a aussi « l’entreprise » ! Elle aussi va mal ! Il faudrait la relancer, l’avenir de notre économie en dépend. Pour cela il faut de nouveaux moyens. Il faut de l’argent frais. Ce serait d’ailleurs la seule condition pour créer cet emploi tant réclamé.
Il faut l’aider fiscalement, malgré toutes les magouilles déjà inventées pour augmenter ses profits. Certains partis politiques en ont fait leur cheval de bataille : intérêts notionnels, montages financiers légaux … Cela n’a empêché aucune délocalisation vers des pays où l’esclavage humain est plus rentable. Cela n’a empêché aucun détournement de l’argent public au profit de quelques financiers véreux.
Pour la soutenir encore, il est question du travail dominical, de la remise en question du droit de grève (il devrait devenir un droit qui ne dérangerait personne !) ou d’autres acquis sociaux (le mot qui fâche, en économie libérale !). Il est question de renier des combats qui ont fait la fierté et la grandeur de nos ancêtres ou encore de mettre à mal la famille, déjà tellement détruite dans notre type de société. Progression ou régression de nos sociétés ?
Et puis, il y a vous, il y a moi ! Nous aussi, nous sommes trop exigeants quant à nos conditions de bonheur.
Il a déjà fallu la création de l’Euro pour cesser de nous faire rêver. On allait voir ce qu’on allait voir, tel un nouveau Zorro entrant sur la scène financière. Une grande dévaluation entrait dans nos vies, rendant la vie plus chère et la consommation moins accessible. Une monnaie qui devient une idéologie ? Elle est devenue notre hantise quotidienne !
Il nous faut pourtant faire un pas de plus, celui de l’austérité qui devient un diktat incontournable tout en pouvant se vanter d’avoir créé une nouvelle classe sociale, celle du « travailleur pauvre ». Folie et injustice, quand tu nous diriges !
Le panier de la ménagère se retrouve plombé par des décisions qui enfoncent la majorité des citoyens dans des fins de mois difficiles, si ce n’est dans une précarité qui s’alourdit à chaque jour. Inflation, déflation et nous, les marionnettes, au milieu !
Saut d’index, taux de TVA injustes, salaires bloqués, hausse des impôts (sauf pour ceux dont parle Monsieur Reynders !), hausse des frais bancaires, difficultés de prêts, indexation des loyers, augmentation des prix … et voilà la Bérézina de nos portefeuilles et de nos possibilités d’oser croire en des lendemains meilleurs.

Heureusement, nos responsables politiques nous invitent à l’optimisme. Il y aurait des signes indiquant que le gros de la crise est derrière nous.
Et, c’est vrai, que cela ne semble pas être la crise pour tout le monde !
Les indices boursiers sont à la hausse, du moins quand cela permet de prendre des décisions « qui vont dans le bon sens ! » Un peu d’humour, ça fait du bien !
Une certaine reprise frémit dans certains secteurs économiques, faisant déjà rêver d’un retour de nos vieilles économies dans le concert de la mondialisation.
L’industrie du luxe n’a, elle, jamais connu la crise, chasse gardée de quelques milliardaires en quête d’une existence sans cesse plus brillante.
L’industrie de l’armement se porte on ne peut mieux,  grâce aux multiples conflits que les soifs de pouvoir et l’orgueil des grandes puissances ne cessent de semer sur la planète.
Mais, il existe encore d’autres indices témoignant de la prospérité d’une certaine classe sociale pendant que d’autres croulent sous la crise.
Il y a cette gabegie résultant des dépenses liées au fonctionnement de nos institutions nationales et supranationales. Des salaires mirobolants, des budgets qui ne s’expriment qu’en milliards, des primes substantielles, des dotations à en rêver debout, des avantages en nature impressionnants, des fastes indécents …
Il y a ces « bonus » d’arrivée et de départ que les responsables des entreprises s’octroient, sans le moindre sentiment d’indécence ou d’incohérence. D’un côté, ils se pavanent dans une richesse démesurée, pendant qu’en même temps, ils mendient des aides à la compétitivité et à la rentabilité ou flouent le fisc en toute impunité.
Ils n’hésitent pas à « se payer », au mépris du sort du travailleur qui fait fructifier, à la sueur de son front et à la détresse de ses petits moyens, ce qui n’est que leur fortune.
Il y a encore ces « pauvres » victimes de nos découvertes de magouilles financières.
« Luxleaks », « Swissleaks » … et autres fuites vers des paradis fiscaux, sont l’actualité de quelques nantis, méprisant toute justice et toute honnêteté. Ils feront la une de la presse à scandale durant quelques temps, avant de s’en retourner nager sereinement dans les miasmes de leurs richesses accumulées. Leurs valets politiques, aux manettes du pouvoir, éviteront bien tout scandale. Ils les paient assez pour cela !
Il y a encore ces  « pauvres banques ».
Elles sont à la base de toutes nos difficultés financières. Il a fallu les aider pour sortir des jeux de hasard qui faisaient leur quotidien. Chacun, nous y sommes allés de notre poche, alors que cela ne devait être que virtuel !
Aujourd’hui, leurs actionnaires se réjouissent des bénéfices  créés par les rachats et autres aventures spéculatives que leurs entreprises ont menées.
Ils se préparent à une hausse de leurs tarifs pour leurs clients, coincés dans leurs monopoles.
Ils profitent avantageusement de prêts à taux zéro venant de la Banque centrale européenne, pendant qu’ils prêtent timidement, à des taux usuriers, à ceux qui ont l’audace de se tourner vers eux, espérant une aide pour entreprendre.
Il a fallu leur faire don de notre aide forcée, sans en espérant la moindre contrepartie.
Il y a ces quelques pourcents de « riches », que nous appelons pudiquement « les grandes fortunes ». Ils n’hésitent pas à s’engraisser sur le dos de ceux qui travaillent, de ceux qui peinent au quotidien. Pour eux, les mots de solidarité et de fraternité sont des concepts tellement ridicules face à leur soif de profit qui est illimitée.
Leurs modes de vie, l’étalement indécent de leur luxe crient vengeance au ciel.
Leur suffisance et leur surréalisme mental sont comme autant de braises sous lesquels couve le feu d’une révolution des pauvres qui ne pourra qu’éclater un jour.

Coluche écrivait : « Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c'est une crise. Depuis que je suis petit, c'est comme ça. »
Jusqu’à quand ?
À quand le réveil du Peuple, de vous, de moi ?

Guy De Smet (24 février 2015)


- 17 - MARCHE OU CRÈVE !

Suite à un accord ignoble, à la base de la mise en place de ce gouvernement droito-fasciste répugnant, le quotidien du citoyen belge, n’est plus le même !
Guidés par les « normes »  et les décisions de l’Europe, manipulés par les tenants de la Loi du marché et de la mondialisation, valets de la finance et du monde de l’entreprise, nos gouvernants ont créé un système qui divise désormais la société belge en deux catégories : les riches et les pauvres. La classe moyenne semble avoir été sacrifiée sur l’autel de la loi du rendement et d’une économie qui se suffit à elle-même.
La « Bible » qui dirige les décisions prises, c’est celle d’une économie libérale pure et dure. Son objectif est de renforcer la puissance du capital et de tous les acteurs qui s’y prélassent. Son inhumanité est son fil rouge.
C’est ainsi qu’il faut diminuer les charges salariales au maximum. Il faut avantager tout ce qui peut amener le progrès des bourses et de la spéculation mondiale. Il faut mettre en place des dividendes substantiels pour encourager les actionnaires et optimiser au maximum les bonus que s’octroient les capitaines d’industrie. Il faut correspondre aux normes des agences de notations plus qu’aux attentes des électeurs. De tout cela devrait naître d’hypothétiques offres d’emplois, perdues dans les brumes des promesses non-tenues et des reniements de paroles données.
Il n’est donc pas question d’instaurer une taxe sur le patrimoine ou sur le capital, ce qui risquerait de déplaire à ceux qui en profitent largement. La Belgique doit rester un paradis fiscal pour quelques-uns ! Il s’agit là d’une manne douce et inespérée !
Il n’est donc pas, non plus, question de poursuivre avec excès les fraudeurs fiscaux : cela risquerait de toucher de plein fouet une clientèle électorale qu’il ne faut heurter sous aucun prétexte.
Il y a les arrangements fiscaux légaux ou encore les fraudes fiscales qui ne semblent ne requérir aucune recherche de clarté dans le chef de ceux qui nous dirigent
Dans un tel contexte, c’est un réel plaisir d’être riche et de se pavaner dans un luxe qui fait rêver.
Les exécutants de ces mesures n’hésitent pas à s’engraisser, en ramassant les grosses miettes qui tombent de la table des riches : primes, bonus, avantages, salaires démesurés, vacances, pots-de vins et autres magouilles dont ils ont le secret.
Pour nous en convaincre, analysons simplement les traitements et les cumuls qu’ils s’octroient, sans oublier les dotations «  de pauvres » accordées à la famille royale, alibi à tant de malversations.
Méditons encore sur ces sommes faramineuses et injustifiées accordées aux fonctionnaires européens de tous rangs. Une Europe qui se noie dans ses stupidités anecdotiques, éludant les vrais problèmes sociaux dont elle est la cause et qui sont le cadet de ses soucis.
Contemplons encore ces « affaires » qui salissent l’image de la Belgique et surtout l’efficacité de la Justice face aux puissants.
Monsieur Kubla passe deux jours en prison pour des faits graves, pendant qu’un ami que je connais y passe des mois pour des broutilles, simplement parce qu’il n’y avait pas de réunion de « chambre du conseil », dans un délai proche.
Monsieur Dedecker se cache derrière son secret professionnel et son arrogance, pour échapper aux accusations de fraudes qui détruiraient son image.
Monsieur Louis Michel se fait champion du détournement, nous apprend la presse, pendant que les tribunaux peinent à statuer sur son sort.
Et j’imagine que la liste ne s’arrêtera pas là !

De l’autre côté de la barrière, il y a les pauvres, vous, moi, dont le karma est de « payer ».
Il y a eu la lutte inhumaine contre les étrangers, contre les mendiants et contre les sans-papiers.
Il y a eu l’exclusion des chômeurs, dont le drame humain n’intéresse personne, qu’ils soient jeunes ou vieux.
Il y a les bidouillages des horaires de trains, camouflant des intérêts internationaux plus rentables.
Il y a la hausse des prix des transports en commun, au mépris de toute norme environnementale, par ailleurs source de tant de spéculations.
Il y a eu la hausse des carburants, alors que le baril de pétrole diminuait.
Il y a la hausse des impôts, justifié par un État qui s’étouffe sans sa gabegie.
Il y a la volonté de mise au travail des malades de longue durée, sans tenir compte des conditions et des possibilités.
Il y a l’augmentation des frais bancaires. Les banques sont à la base de toutes nos difficultés, elles restent frileuses pour des prêts. Elles s’apprêtent à répercuter sur leurs clients des taxes sensées compenser les aides reçues.
Il y a la remise en question du statut des prépensionnés, au mépris de tous les accords passés pour permettre les délocalisations abusives ; au mépris aussi de toute humanité et de tout espoir de bonheur d’hommes et de femmes fatigués par des emplois sans gratification.
Il y a l’allongement des carrières, justifié par un besoin des entreprises de toujours gagner plus et à n’importe quel prix.
Il y a l’étouffement des retraités dont la seule faute serait de vivre trop longtemps et de coûter trop chers.
Il y a la hausse des frais médicaux, rendant la médecine inaccessible  pour toute une partie de la population.
Il y a eu la hausse de la TVA et un projet de « taxshift » qui devrait encore alourdir les charges du quotidien.
Il y a le blocage prévu des salaires et le saut d’index, si pas sa disparition pure et simple, réduisant les capacités de survivre de la population la plus fragile à peau de chagrin.
Il y a la hausse permanente des prix qui ne cesse de vider le panier de la ménagère.
Il y a la proposition « volontaire ? » de travail dominical et la mise en cause de la vie de famille, déjà tellement fragilisée.
Et là encore, nous pourrions pleurer sur cette liste qui semble loin d’être exhaustive !
Nos dirigeants parlent de « croissance » et « d’augmentation du pouvoir d’achat ». Je n’étais pas doué en maths, mais il semble y en avoir d’autres, encore moins doués !

Ce gouvernement, plus que d’autres, a « cassé » notre vivre ensemble. Il a tué la solidarité en détricotant, lentement mais sûrement, la sécurité sociale. Il a réservé les bénéfices créés par le travail de tous à l’enrichissement de quelques nantis de leurs amis.
Ce gouvernement a mis en place les conditions d’une société nouvelle, commandée par une devise nouvelle : « Marche ou crève ».
Il se situe dans la droite ligne d’autres gouvernements européens, qui comme le Letton, a eu l’audace de proposer l’euthanasie comme une bonne solution pour éliminer le problème de la pauvreté.
Il a mis ses pas dans ceux de cette chancelière allemande qui se pavane sur fond d’une réussite économique qui fait sa fierté. Elle oublie cependant sa création d’un nouveau concept : celui du « travailleur pauvre ».
Avec ce gouvernement, ce sont les droits de l’homme qui sont en danger : le droit à un travail, à une éducation, le droit à des soins et à une médecine abordable, le droit à une justice équitable, peu importe l’appartenance à une classe sociale, le droit de vivre tout simplement et de s’épanouir.
Ce gouvernement a commis une faute qui est un véritable déni de démocratie : il a fragilisé sa population au point de l’abandonner au bord du chemin.

J’en appelle aux syndicats qui se perdent dans des négociations dont ils sortent perdants.
J’en appelle à toutes ces forces citoyennes qui se mobilisent contre l’injustice créée par nos gouvernants.
J’en appelle à une population qui en a assez.
J’en appelle aux Chrétiens qui se réclament de l’Évangile.
Il est urgent de réagir … et tous les moyens sont justifiés !
Il est urgent de regarder dans les yeux le visage du citoyen qui souffre … Il devient un devoir de laisser éclater sa colère !
Il est urgent de renvoyer nos « élus » à leurs foyers : ils ne sont pas à la hauteur du respect que tout citoyen mérite !
La mobilisation de 1960, inscrite dans celle de 1789 ou encore dans celle de la Commune de Paris, semble devenir une urgence pour aujourd’hui !
« Citrons pressés », mobilisons-nous !

Guy De Smet (03/03/2015)


- 18 - UNE FESSÉE ?

L’Europe (le simple fait d’écrire ce mot, je sens une colère qui s’installe en moi !), a encore frappé … c’est le cas de le dire !
Après la vitesse du battement des essuie-glaces, après la taille et la forme des carottes … les responsables de cette institution ubuesque se penchent sur l’éducation des enfants.
Ils pointent du doigt la fessée administrée aux enfants !
Elle créerait un traumatisme irrémédiable qui risquerait de nuire définitivement à l’épanouissement de l’enfant.
Il s’agirait d’un acte criminel grave qui serait une atteinte fondamentale aux droits de l’enfant.
Au lieu de privilégier les « atteintes physiques », les parents devraient privilégier le « dialogue » et « l’explication » avec leur pauvre petit chérubin, qui vient encore de leur compliquer l’existence.
Comment ne pas remercier la psychologie et la psychiatrie ! Ces sciences fabuleuses ont permis de créer une société « cocoon », dans laquelle chaque individu est désormais protégé, non seulement contre le mal qui l’entoure, mais encore contre les vieux démons qui se logent en lui.
Aujourd’hui, ces deux « institutions » sont devenues des références ultimes à toutes nos crises.
Face à une catastrophe ou face à un accident, nous assistons immédiatement à la mise en place d’une cellule psychologique.
Aux États-Unis, on poussera l’action et la réflexion encore plus loin. Quand, dans une école, une jeune devient tout à coup un meurtrier en série et qu’il tire à l’aveugle dans sa classe, la police commence par l’abattre et puis les autorités mettent en place une cellule psychologique qui va régler tous les problèmes. Merveilleux responsables qui ont su être présents auprès des victimes, mais tellement absents d’une décision en profondeur à prendre concernant le marché libre et juteux des armes.
Je n’irai pas jusqu’à refouler aux oubliettes du ridicule, les apports de la psychologie. Je ne voudrais toutefois pas en faire une nouvelle idole, tellement subjective, face aux résultats des actes humains. Elle est nécessaire, mais elle doit conserver une « juste » place dans un processus de découverte de soi et d’éducation !
Certes, l’enfant doit être protégé contre toutes les violences qui pourraient le marquer à vie.
Certes, il est important de lui inculquer les conséquences de ses actes.
Certes, l’énervement des adultes, sous l’influence de tant de facteurs, peut amener à des dérives incontrôlables.
Je reste, cependant, convaincu que la fessée n’a jamais « tué » personne.
Vous qui me lisez, souvenez-vous de votre enfance !
Je ne voudrais pas parler en votre nom, mais mon expérience personnelle m’amène à confesser que mes parents ont usé - à bon escient – de ce moyen. Il leur est arrivé de me faire « comprendre » de manière « claire » que mon jeune âge n’excusait pas tout, que tout ne m’était pas possible ou admissible.
Leur question après l’acte était souvent la même : «  T’es calmé, ça va mieux ? ». Personnellement j’avais compris que je ne pouvais pas aller « jusque-là » !
J’ai reçu des fessées au cours de mon existence, je n’ai jamais aimé cela, mais ce fut, à chaque fois plus productif que n’importe quel long discours.
J’irais même plus loin. Je reconnais bien humblement que nombre de ces fessées furent justifiées, parce que – comme tous les enfants gâtés – j’ai traversé des moments où j’ai dû rendre la vie de mes parents, impossible.
Je me souviens aussi, avec émotion, de leur embarras après l’acte, mais aussi de toute la force de leur amour qui m’a permis d’arriver à l’âge d’aujourd’hui.
Je ne crois pas être pas le seul à pouvoir témoigner en ce sens.
Sur internet, j’ai pu lire ce message merveilleux :
« Ainsi fut mon enfance : je n’avais pas de Blackberrry, ni de Wii, ni Playstation, ni Xbox, ni MP3 et encore moins de PC portable … Je jouais à cache-cache, aux billes, au pogs, des cabanes dans les arbres, au ballon, à l’avion. L’heure de rentrer, c’était quand ma mère criait : « rentre maintenant ! » Quand je me comportais mal, on ne m’envoyait pas chez le psy, on me battait le cul !!!
On faisait du … roller ou du vélo au lieu de « tchater » sur internet. Et quand on voulait se voir, on allait sonner les uns chez les autres, on ne s’envoyait pas de SMS. Les gels antibactériens n’existaient pas et on jouait avec la terre ! Quelle enfance super ! »
Aujourd’hui, comme hier, l’enfant a des droits, mais il a aussi des devoirs.
Il ne lui est ainsi pas interdit de saluer la personne qu’il croise dans la rue.
Il ne lui est pas interdit de ne pas monopoliser l’attention à table, parce qu’il serait la huitième merveille du monde.
Il ne lui est pas interdit de n’avoir à la bouche que ces mots : « Je veux », « il me faut », « j’exige », « moi je ».
Il ne lui est pas interdit de ranger sa chambre ou de participer aux tâches ménagères, à moins que ses parents n’aient décidé d’être ses domestiques.
J’aime beaucoup cette publicité montrant une maman et son enfant faire les courses dans un supermarché. À un moment, l’enfant, furieux de ne pas obtenir ce qu’il veut, se roule par terre, s’offrant le luxe d’une belle crise de nerf. La réponse de la maman est pour le moins surprenante. Elle aussi en arrive à se rouler par terre, parce qu’elle n’en peut plus de devoir supporter les caprices de ce sale gosse.
L’enfant se relève, tout gêné du comportement extravagant de sa mère !

Je ne vais pas me lancer dans une apologie de l’éducation d’aujourd’hui, qui me dépasse. Je voudrais en revenir au problème de conscience que me pose la position européenne.
Elle proclame solennellement sa condamnation de la fessée dans l’éducation des enfants.
J’aimerais qu’elle mette autant d’énergie dans la condamnation de la situation des enfants qu’elle crée par ses décisions économiques ou par son indifférence chronique.
Je serais heureux que cette institution en manque d’objectifs s’attaque à la misère dans laquelle elle enferme tant d’enfants, au nom de décisions économiques libérales pures et dures.
Plus de 18.000 familles connaissent, chez nous, l’exclusion du chômage. D’autres familles, croulant sous un pouvoir d’achat réduit à peau de chagrin, ne savent plus comment arriver à nouer les deux bouts. D’autres familles encore voient des sauts d’index ou des salaires bloqués comme autant de naufrages de leurs rêves les plus légitimes et comme autant de « non » à devoir dire à leurs enfants.
En Grèce, au nom d’une austérité imposée qui doit rapporter à quelques groupes puissants, des familles connaissent l’humiliation d’une déroute dont elles ne sont en rien responsables … Et des enfants subissent, sans que leurs parents ne puissent en rien les aider.
Et tout cela, pour correspondre à des normes européennes sordides et inhumaines.
Tout cela au nom d’une Europe qui semble avoir oublié qu’elle est avant tout un service au citoyen, avant d’être une valetaille méprisante à la disposition du grand capital et de quelques nantis.
Dans ces familles, il y a des enfants. Un grand nombre … un trop grand nombre d’entre eux vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté … et cela ne semble guère inquiéter les autorités de cette Europe qui m’écœure.
Il vaudrait donc mieux sacrifier le bonheur d’un enfant afin de pouvoir mieux répondre aux attentes de l’ogre de la finance !
Je serais heureux que cette vieille Europe, en proie à ses contradictions, cesse de se cacher derrière un prix Nobel de la paix.
Elle se veut une autorité qui en impose, à l’instar des États-Unis ou d’autres grandes puissances, au point de se comporter comme le gendarme de la démocratie aux quatre coins du monde.
Où est son souci du sort des enfants qui y vivent comme des esclaves, de ceux qui sont exploités, de ceux pour qui la prostitution est le seul horizon de survie …
Où est son combat pour que cessent la famine ou toutes ces maladies qui déciment des familles entières et tuent des enfants dans les pays du Tiers-Monde soient éradiquées.
Voilà des années que la terre a tremblé en Haïti … et toujours pas de conditions de vie décentes pour tant d’habitants, toujours pas de « vies ensoleillées » pour tant d’enfants, défendus par ailleurs par une charte des Droits de l’enfant ?
Les ventes d’armes seraient plus porteuses de profit que l’aide au développement de pays dévastés.
Où est l’acharnement de l’Europe pour lutter contre le travail des enfants  en Chine ou dans d’autres pays émergeants, au lieu de signer des contrats économiques juteux ou de se pavaner dans des visites somptueuses ou dans des manifestations de prestige de régimes détestables ?
Où est la mobilisation de l’Europe pour le soutien de cette famille saoudienne ? Le papa vient d’être condamné à 1000 coups de fouets et de la prison, simplement parce qu’il a « tchater » sur internet. Il s’agit d’un père de famille. Il a des enfants qui seraient heureux de retrouver celui qu’ils aiment … et là, rien, si ce n’est des présences indécentes aux funérailles du roi ou des contacts dirigés courtoisement par le goût du pétrole … au déni du plus élémentaire des droits de l’homme !
Où est l’Europe dans sa recherche de Justice, quand des enfants, souffrent de l’inhumanité de règles qui refoulent des étrangers fuyant guerre ou misère. Lampedusa est devenu un symbole de la honte qui devrait irradier le visage de n’importe quel responsable européen ! Ces enfants auraient été si heureux de ne recevoir qu’une fessée au lieu d’être des pestiférés condamnés à errer et à disparaître.

Europe, si tu t’ennuies à ce point, va-t-en !
Europe, si le sort des humains n’est pas ta tasse de thé, dégage !
Europe, si l’avenir des enfants que tu précarises n’est pas ta priorité,  nous nous passerons de toi et tes normes de parasites.
Europe, ce n’est pas une fessée que j’ai envie de t’administrer, c’est plutôt une disparition que je te souhaite. Tu n’es pas à la hauteur de nos attentes.
Les priorités financières qui motivent tes quelques amis nantis ne sont pour nous qu’écrasement et humiliation.
Les enrichissements mafieux de quelques-uns de tes responsables sont pour nous pire qu’une fessée ou une gifle.
Europe, tu me dégoûtes !

Guy De Smet (6 mars 2015)


- 19 -  QUE T’AI-JE FAIT ?

Ces mots, tirés du chant des Impropères du Vendredi-Saint, les Chrétiens les chanteront une fois encore, cette année. Ils placeront dans la bouche de Jésus, cloué sur la croix, ces paroles de désarroi et d’incompréhension.
Elles prendront, cette année, une fois encore, le goût amer du reflet du visage du Crucifié, à travers les traits des pauvres et des oubliés du monde.
Prenons le temps de les écouter ensemble !

« Que t’ai-je fait ?», ne cesse de crier – dans l’indifférence des nations – le peuple de Palestine.
Le rejet, les brimades, les humiliations sont son quotidien.
Ce peuple, il a les rides de cette vieille femme qui hurle sa colère et son désespoir face à un soldat israélien. C’est la cinquième fois que ses oliviers, ceux qu’elle n’a cessé de replanter, ceux qu’elle a entourés de tous ses soins, ceux qu’elle a sauvés de toutes les attaques naturelles, ont été rasés par l’occupant israélien. Ils étaient son trésor pour survivre !
Les Sionistes ont décidé de rendre la vie impossible à tous ces occupants qui empêchent l’établissement de colonies sur des terres qui ne leur appartiennent pas. Ils le font au déni de toutes les règles internationales, semant autour d’eux la terreur et la mort. Ils se réclament de l’identité du Peuple élu, du peuple choisi, empoisonnant la planète entière par leur orgueil et par la monstruosité qui les habitent.
Ils ne supportent aucune contestation, criant à la honte d’un antisémitisme qui en devient ridicule. Ils font du crime de guerre et du crime contre l’humanité leur manière de gouverner et d’empêcher la création d’un État palestinien sur des terres qu’ils ont volées. Ils font de la Shoah la couverture de leur forfaiture.
Auraient-ils oublié qu’aux yeux de l’Histoire, ils sont déjà un peuple déicide ? Désormais, la mort de l’image de Dieu, la mort de l’Homme ternit leur conscience ! Dieu, ses prophètes, l’homme … Le cercle de la violence se poursuit !
« Que t’ai-je fait ? », c’est aussi ce que crient les victimes du monde de la finance et d’une économie libérale débridée.
Elles sont chômeuses. Elles sont âgées. Elles sont malades. Elles sont retraitées. Elles sont immigrées. Elles ont le visage d’enfants et vivent sous le seuil de pauvreté. Elles sont des familles aux allocations  réduites à des piécettes, suite à des décisions gouvernementales irresponsables.
Leur seule faute, c’est d’exister et d’être une tache dans une société qui veut briller, dans une société qui ne rêve que de chiffres, de rentabilité ou encore de compétitivité.
Leur seul crime, c’est de vivre et de ne pas se contenter du sort qui leur est réservé, pour permettre de tout donner aux actionnaires, aux nantis, à ceux qui savent profiter du système.
Leur seule erreur, c’est de refuser de comprendre que leur travail n’aurait aucune valeur sans la « bienveillance » du capital.
Leur seul désarroi, c’est d’être les victimes innocentes d’un régime libéral arrivé à bout de souffle et dont la stratégie pour survivre est d’étouffer l’humain sur son passage, au nom de sa soif de toujours plus d’argent.
Face à eux, il y a ce Gouvernement Michel, boosté par la hargne revancharde de De Wever. L’important pour eux, c’est d’occuper le pouvoir, de favoriser leurs amis riches, de peaufiner leurs plans pour une division du pays, rejetant aux oubliettes jusqu’aux plus élémentaires des droits de l’Homme.
« Que t’ai-je fait ? », c’est ce que clament les victimes de l’Europe et de ces grands marchés qui n’ont en tête que le profit et la réussite.
Ils parlent de quotas. Ils imposent des décisions humiliantes à des États souverains. Ils détruisent des professions et tuent des rêves.
Quel port français n’a ainsi été la victime d’un système qui a obligé un petit patron pêcheur à casser son navire, son outil de travail, au nom de décision de technocrates sans âme et sans cœur. Rentabilité quand tu te fais « credo ». !
Ils parlent d’austérité, rejetant des pays entiers dans des souffrances dont ils ne sont en rien responsables. Les travailleurs n’avaient que leurs mains, pendant que des riches n’y rêvaient que de fraudes. Les uns paient, les autres se la coulent douce au soleil !
« Que t’ai-je fait ? », ce sont les larmes de tous ces réfugiés et de tous ces affamés,  enfermés dans des camps, pour fuir des guerres ou des épidémies.
Pour eux, il n’y a pas d’argent. Le commerce des armes et les magouilles mafieuses de la diplomatie sont tellement plus rentables et plus porteuses de défis ! On nous les montre  à la télé à l’heure du repas du soir, sans que cela ne nous atteigne. Nous sommes devenus blindés face à autant de misère qui nous dépasse !
Parmi eux, il y a des enfants, des êtres fragiles, sujets de tant de colloques et de tant de belles paroles mais de tellement peu de solidarité, ni de mains tendues !
Parmi eux, il y a ceux qui, dans des conditions héroïques, atteignent nos côtes européennes pour n’y rencontrer que mépris et embarras. La honte s’écoule en ruisseau de larmes et de sang et nous passons dans l’indifférence !
‘Que t’ai-je fait ? », C’est encore la colère de toutes ces familles des décapités, des humiliés, des terrorisés, victimes des bourreaux de l’État Islamique.
Ils n’avaient rien à voir dans cette boîte de Pandore ouverte par les Américains qui n’en mesuraient pas les conséquences.
Ils n’avaient rien à voir avec ces politiques agressives qui bombardent et tuent, sans chercher à explorer d’autres voies.
Ils n’avaient rien à voir avec le rêve absurde d’un Califat voulant imposer une religion, dont le but ultime était de semer l’amour et non une terreur assassine.
Ils sont morts parce qu’ils étaient idéalistes et voulaient aider des populations fragilisées par la guerre.
Ils ont été brûlés vifs, décapités, parce qu’ils servaient de hochets à des terroristes excédés par l’orgueil de l’Occident et enfermés dans leur folie destructrice.
Ils ont été exécutés parce qu’ils étaient des Chrétiens, qualifiés de mécréants et d’infidèles, simplement parce qu’ils étaient honnêtes et vrais.
« Que t’ai-je fait ? » c’est le cri de l’enfant des familles séparées, c’est le cri de celui qui est jugé au nom de sa race ou de son identité sexuelle.
C’est le désarroi de tant de femmes spoliées et salies, aux quatre coins du monde. Au XXI ème siècle, elles sont obligées de se battre pour des droits élémentaires et pour un respect, trop souvent rejeté aux oubliettes de la décence.
C’est l’angoisse des sans-papiers, des SDF, des exclus de nos sociétés qui vont trop vite et qui ont perdu tout sens d’humanité et de tendresse.
C’est la division de tant de familles détruites à tout jamais au nom de malentendus ou de conflits historiques ou de condamnations absurdes.
C’est le cri de tant d’autres qui déchirent le ciel de nos envies de paix et de justice, sans que nous leur prêtions attention.

Oui «  Que t’ai-je fait ? » … À chaque jour qui passe s’écrit une nouvelle heure du Vendredi-Saint, celle de tant d’hommes et de femmes qui croulent sous le poids d’une croix qui leur est imposée.

Ô mon peuple, que t’ai-je fait ? 
En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi...

Peuple égaré par l’amertume ? 
Peuple au cœur fermé 
souviens-toi ! 
Le Maître t’a libéré. 
Tant d’amour serait-il sans réponse, 
tant d’amour d’un Dieu crucifié ?

Moi, depuis l’aurore des mondes, 
j’ai préparé ton aujourd’hui ; 
toi, tu rejettes la vraie Vie 
qui peut donner la joie sans ombre, 
ô mon peuple, réponds moi !

Moi, j’ai brisé tes liens d’esclave, 
j’ai fait sombrer tes ennemis ; 
toi, tu me livres à l’ennemi, 
tu me prépares une autre Pâques, 
ô mon peuple, réponds moi !

Moi, j’ai pris part à ton exode, 
par la nuée je t’ai conduit ; 
toi, tu m’enfermes dans la nuit, 
tu ne sais plus où va ma gloire, 
ô mon peuple, réponds moi !

Moi, j’ai envoyé mes prophètes, 
ils ont crié dans ton exil ; 
toi, tu ne veux pas revenir, 
tu deviens sourd quand je t’appelle,

ô mon peuple, réponds moi !
Moi, j’ai voulu, vivante Sève, 
jeter l’espoir de fruits nouveaux ; 
toi, tu te coupes de mes eaux 
mais pour aller vers quelle sève ? 
Ô mon peuple, réponds moi ! 
Vigne aux raisins d’amertume, 
vigne aux sarments desséchés, 
souviens toi ! 
Ce Fruit mûr serait-il sans partage ? 
Ce Fruit mûr que Dieu a pressé ?

Moi, j’ai porté le bois des chaînes, 
toi, tu me blesses en l’opprimé, 
l’innocent tombé sous la haine, 
ô mon frère, réponds-moi.

Moi, j’ai porté sceptre et couronne, 
et manteau royal empourpré ; 
toi, tu rougis de confesser 
le Fils de Dieu parmi les hommes, 
ô mon frère, réponds-moi.

Moi, j’ai marché vers le calvaire 
où mes deux bras furent cloués ; 
toi, tu refuses la montée 
quand meurt en croix l’un de mes frères, 
mon frère, réponds-moi.

Moi, je revis depuis l’Aurore 
toi, le témoin de ma clarté, 
es-tu vivant parmi les hommes ? 
Ô mon frère, réponds-moi.

Frère sevré d’amertume 
frère au cœur desséché, 
souviens-toi ! 
Ton frère t’a relevé, 
Jésus-Christ, le Verbe et la Réponse, 
Jésus-Christ, l’Amour relevé.

Guy De Smet (10 mars 2015)


- 20 - PLUS DE COURS DE RELIGION ?

Il est vrai que ces derniers temps, le mot « Religion » est devenu une réalité qui fait peur et qui inspire l’intolérance.
Les événements de « Charlie-Hebdo » ou encore tous ces massacres perpétrés par les monstres de l’État Islamique interpellent.
Ce qui pose question, aussi, c’est la réaction d’une partie de la communauté musulmane qui semble soit se taire, soit justifier ces meurtres barbares.
Face à tout ce malaise, les autorités ont eu le souci de prendre leurs responsabilités, aiguillonnés par le souci des parents de protéger leur enfant. Qui le leur reprocherait ?
Les autorités parlent de la mise en place « d’heures de citoyenneté ». Elles serviraient à éduquer les enfants et les jeunes en vue d’un meilleur « vivre ensemble ». Reconnaissons que ce ne serait pas du luxe !
D’autres, soucieux d’éducation, ont proposé la mise en œuvre de cours philosophiques et d’Histoire des religions. Le but de ce travail serait d’aider à l’ouverture de l’esprit des jeunes et à leur donner les moyens d’un meilleur respect de l’autre. Là encore, un projet qui mérite réflexion !
Des parents, exerçant à bon escient, leur mission parentale, propose de ne plus imposer, dans l’enseignement officiel, le choix d’un cours de religion ou de morale. Le créneau horaire serait laissé à la libre appréciation des parents : pour certains, des cours philosophiques ou religieux, pour d’autres, une zone horaire à occuper de manière constructive.
Cette dernière position, acquise aujourd’hui, me semble être une large égratignure dans la peau du « pacte scolaire ». N’oublions pas qu’il a permis une certaine paix dans notre pays, même s’il mériterait quelques adaptations.
L’avenir nous dira si de telles décisions marquent la fin d’un pacte et si elles n’invitent pas, en plus, à déterrer la hache de guerre … comme ce fut le cas dans le passé !

Il est heureux de constater que face à l’intolérance qui ne cesse de mettre à mal les relations humaines, chaque jour, les autorités démocratiques de nos pays envisagent des mesures.
Ces mesures sont d’ordre sécuritaire. Elles mobilisent les forces de l’ordre et des services de vigilance importants. Le but est de sécuriser nos libertés et nos droits.
Ces mesures sont aussi d’ordre éducatif. Le respect de l’autre, la tolérance, les droits et les devoirs de l’homme, cela s’apprend dès le plus jeune âge, à l’école, mais aussi en famille. Cette dernière semble être la grande oubliée des terrains à sensibiliser !
Qu’aurions-nous pensé de gouvernements qui n’auraient eu aucune réaction face à la gravité des événements et face à la vague d’émotion qui a submergé la population ?
Mais cela valait-il de céder face à une pression parentale, par trop guidée par des enjeux idéologiques ? Cela peut devenir la meilleure ou la pire des choses !

Je suis convaincu que des changements s’imposaient dans l’enseignement de la religion ou de la morale. Les connaissances des enfants, dans ces domaines, sont trop souvent des aveux d’échec face à l’ampleur de la tâche !
Je suis convaincu qu’il est urgent d’inculquer aux jeunes têtes blondes des notions de citoyenneté, celles qui manquent dans leur éducation familiale, celles qui font défaut dans les choix de tant de parents qui font ce qu’ils peuvent pour s’en sortir dans la jungle de cette société qui les dépasse.
Je suis convaincu qu’il est important d’ouvrir les yeux des jeunes sur l’univers des religions et des philosophies. Forts de cela, nous pourrions espérer qu’ils arriveraient à se respecter dans leurs différences et dans leurs convictions, loin de tous ces intégrismes et de tous ces racismes qui tuent. Qui sait, cela pourrait même étayer et colorer des convictions issues de leurs cocons familiaux ?
Je suis convaincu que les différentes religions vont devoir se transformer en des lieux d’enseignement religieux en plus de devoir être des lieux d’expériences spirituelles. Marcher ensemble dans la rue, c’est une chose ; approfondir la vérité de ses chemins respectifs est autre chose !

Issu du monde religieux et acteur en son sein, cette dernière conviction suscite en moi quelques inquiétudes, même si, en plus, elle est un défi de plus pour la crédibilité des religions.
Désormais, ce seront les religions, elles-mêmes, qui vont assurer la découverte de ce qui les fait vivre. Ce sera leur rôle d’instaurer des « cours de religion ».
Elles le feront sur le fond d’un vide, issu d’une position parentale ou sur fond d’un apport d’une Histoire des religions proposées par la société.
Elles le feront, parce que, de tous temps, les religions ont accordé une importance capitale à la connaissance des raisons de croire, de vivre et d’espérer.
Et là, j’éprouve quelques difficultés !
J’entendais dernièrement un responsable belge nous justifier le recrutement d’imans grâce au blanc-seing accordé au conseil consultatif des Musulmans. Si je ne me permettrais pas de mettre en cause la probité d’un tel conseil, j’ai cependant quelques doutes quant à la connaissance religieuse de nos gouvernants pour établir un jugement en cas de difficulté.
Ce même doute, je l’applique à l’Église dans laquelle je suis né.
L’Église catholique parle aujourd’hui de voix différentes qui ne s’accordent pas toujours dans la même symphonie d’Amour qui devrait surgir de la bouche de Dieu.
Il y a les tenants du Pape François qui se retrouvent bien dans ses paroles …
Il y a les opposants au Pape, qui jusque dans les rangs des cardinaux, ne cessent d’afficher leurs rancœurs.
Il y a les intégristes, les progressistes qui sont loin d’afficher un respect et une tolérance de l’autre. Ils sont évêques, prêtres, parents, hommes, femmes …
Il y a les adeptes des communautés nouvelles et d’autres mouvements chrétiens qui s’affichent dans des rigorismes moraux qui interpellent.
Il y a les consommateurs tièdes de « la religion, quand ça les arrange ». Leurs connaissances religieuses sont faites de lointains souvenirs et d’un désintérêt interrompu, le temps d’un événement.
Il y a ceux qui, avec chants et fanfares, attendent les enfants à la sortie de l’école, leur proposant un endoctrinement qui se rapprochent de l’intolérance des sectes … et tout cela au nom du même Ressuscité de Pâques !
Et c’est bien là que s’affiche ma peur !
Qui va assurer l’éducation religieuse des enfants et quelles seront les critères de la valeur impartiale de l’enseignement reçu ?
Quel enfant sera accepté au Baptême ou pour la célébration d’un autre moment de Foi, si l’enseignement religieux est absent de son horizon ? C’est déjà le cas aujourd’hui !
Qui aura accès à une certaine vie ecclésiale, s’il ne peut l’éclairer par un minimum de connaissance de la religion à laquelle il s’adresse ?
L’effet recherché de plus de respect de l’autre ne risque-t-il pas d’être entaché par une plus grande intolérance et par un plus grand enfermement de chacun dans ses positions ?
La religion, réduite à la seule sphère intime de l’homme, ne risque-t-elle pas de déconnecter l’homme du bonheur d’une vie en société, dans laquelle il est bon de pouvoir chanter : «  Moi, j’ai besoin des autres, ils ont besoin de moi » ?
Une religion, qui s’isole du parcours d’une société, n’est-elle pas une météorite dangereuse qui pourrait bien transformer la « conviction intime » de chacun en une loi de rejet et d’exclusion ?
Enfin, notre société peut-elle nier, sans s’aliéner, que le vécu religieux, s’il a aidé à la construction de la civilisation, conserve une place de choix dans le concert des idées et des projets ?
Imaginerions-nous un monde sans Martin Luther King, sans Gandhi, sans Mère Térésa, sans Sœur Emmanuelle, sans l’abbé Pierre ? La religion était leur secret ! Par ce qu’ils étaient, par ce qu’ils ont dit et par ce qu’ils ont fait, ils ont fait avancer la marche des hommes vers un avenir plus humain.
Une question se pose pourtant dans l’actualité, même si une réponse semble trouvée pour aujourd’hui !
Faut-il des cours de religion, de morale ? … une question importante à laquelle il faudra répondre loin de toutes les idéologies et de toutes les vengeances qui ne sont jamais bonnes conseillères.
Et si l’avenir du monde se traçait avec les pas d’un Absolu, que certains appelleront Dieu, et avec les pas de l’homme ?

Guy De Smet (16 mars 2015)


- 21 - MORT DE FROID À NAMUR

Oui, vous avez bien lu : «Mort de froid à NAMUR ».
C’est ce qui est arrivé à Jean-Luc, ce quinquagénaire venu frapper à la porte de l’abri de nuit de la cité mosane.
C’est arrivé dans la nuit du 6 au 7 mars dernier, alors que les rigueurs de l’hiver sévissaient encore dans nos rues et dans nos parcs. Pas suffisamment froid, toutefois, que pour jouir de la clémence de l’Administration et de ses lois étriquées.
Pauvre Jean-Luc ! Non seulement, il s’est effondré devant l’abri de nuit communal qui a refusé de lui ouvrir ses portes, alors qu’il y avait de la place, mais il est mort surtout à cause des « quotas » devenus la norme.
Nous  connaissions les quotas laitiers, les quotas de pêche et d’autres denrées commerciales. Nous ne savions pas qu’ils s’appliquaient aussi à l’être humain.
Jean-Luc avait droit à 45 nuits et de plus la température devait être sous les -5° !
Ce soir-là, il y avait de la place pour le loger, mais les responsables, au déni de toute humanité, ont dû lui refuser l’accès. Nos « Faiseurs de lois » étaient passés par là !
Mais l’honneur est sauf !
L’échevine CDH de la cohésion sociale, affichant une tristesse de larmes de crocodile,  nous a rassurés : « Il est décédé à l’hôpital, et pas devant l’abri de nuit ».
D’autres sont venus expliquer, l’importance des règlements. D’autres encore, sont en quête de responsables, espérant bien un lampiste pour endosser la responsabilité.
On croit rêver !
Jean-Luc est mort parce que l’hiver dure plus que 45 nuits ; Jean-Luc est mort parce que créer des lits de détresse en nombre suffisant n’est pas une priorité de nos mandataires.
Jean-Luc est mort parce que, vous et moi, si souvent, nous sommes passés à côté de lui, sans le voir.
Il est vrai qu’une ville comme Namur, capitale de la Wallonie, ne peut pas être sur tous les fronts et relever tous les défis.
Elle ne peut pas relever l’homme couché au bord du chemin et se lancer, en même temps, dans des travaux permettant d’accueillir confortablement tous ces fonctionnaires issus de la réforme de l’État.
Elle ne peut pas protéger ses citoyens précarisés du froid et en même temps projeter la création fantasmatique de centres commerciaux ou d’hypothétiques aménagements de la « dalle » de la gare.
Elle ne peut pas se soucier du sort des miséreux, avec tout le sérieux que nécessite la situation et procéder à des déplacements onéreux de statues ou à l’abattage stupide d’arbres au square d’Omalius ou au Grognon, réalisant des ambitions de quelques glorioles locales.
On ne peut pas loger des SDF en nombre et créer des restaurants ou des hôtels au seul profit des finances communales et aux caprices de quelques nantis en manque de sensations.

Pardon Jean-Luc, nous ne t’avons pas regardé. La non-assistance à personne en danger semble être notre attitude habituelle. Nous risquons même de te dire : « Nous ne savions pas ! ».
Pardon Jean-Luc, pour ces irresponsables à qui nous avons confié le pouvoir. Ils s’abritent hypocritement derrières des lois et derrière des quotas, oubliant la primauté de l’être humain. Qu’on ne nous dise pas qu’on ne peut abriter la misère du monde : il n’est pas, non plus, nécessaire de la créer. Voyez les mesures sociales prises par nos gouvernants !
Pardon Jean-Luc, ce qui me rassure, c’est que, pour ton dernier voyage, tu étais entouré par des gens qui, comme toi souffraient, mais qui avaient, eux, un cœur !
Quant à toi, Namur, Honte à toi … tu es peut-être la capitale d’une région, mais non celle de la solidarité !
Namur, petite ville bourgeoise ankylosée dans tes peurs et dans tes mépris, Jean-Luc est mort chez toi, parce que tu lui as fermé ta porte !

Guy De Smet (17 mars 2015)


- 22 -  ÉCHOS D’UNE RÉCOLLECTION

À l’occasion du Carême, une vingtaine de Chrétiens du Secteur de Saint-Servais se  sont retrouvés au Centre Saint Mutien-Marie à Malonne, pour un temps de récollection. Celle-ci était animée par Monsieur l’abbé René Forthomme, ancien Doyen d’Auvelais.
Avec lui, nous avons jeté un œil sur le parcours de l’Église au cours des siècles, depuis sa création.
Dès ses débuts à Jérusalem, jusqu’à aujourd’hui, elle s’est construite cahin-caha. Des perles de témoignages et des échardes de divisions et de ruptures ont jalonné son existence.
Mais, à chaque étape, une triple intuition profonde s’est imposée à elle :

Si ses chemins se sont intégrés dans les mentalités des peuples tant d’Orient que d’Occident, cet essentiel, défini depuis les Actes des Apôtres, s’est imposé à elle, comme une ligne de conduite précieuse.

Avec le Concile Vatican II, nous avons été appelés, avec fraîcheur, à nous réapproprier cet héritage, au point de pouvoir ancrer dans nos mentalités, cette intuition profonde : «  l’Église est le Peuple de Dieu ».
De par notre Baptême, nous sommes tous ensemble appelés à être les porteurs de la mission d’Amour de l’Église. Nous sommes tous appelés à « être responsables » afin de pouvoir créer ensemble, dans les pas du Christ, « Une Église diocésaine, porteuse d’Espérance ».
Pour ce faire, il y a de la place pour tous ! Il existe une foule de services à rendre, tellement éloignés de nos soifs de pouvoir et de nos esprits de clocher démodés.
Les secteurs pastoraux peuvent ainsi devenir une chance pour l’Évangélisation de demain. Utopie ou réalité ?

La création et la recherche de structures sont certainement nécessaires pour faire face aux défis de demain. Il reste pourtant un fondamental à ne pas rater : celui d’être un chercheur de Dieu. (Et non des propriétaires de Dieu !).
Pour chercher Dieu, il nous faut nous mettre à l’écoute de Jésus, celui de l’Incarnation, celui qui a pris visage d’homme pour partager notre quotidien.
Jésus de Nazareth se propose d’être pour nous, si nous le voulons, le VISAGE HUMAIN DE DIEU.

Et si nous prenions le temps d’ouvrir l’Évangile, d’y relire les rencontres, les faits et gestes de Jésus, pour y découvrir sa proximité et son humilité … chemin vers un Père qui nous attend au bout du chemin ?

Un grand moment, à l’ombre du Frère Mutien-Marie !
Un beau chemin pour construire notre véritable maison : «  Nous sommes Église ».
Un défi pour l’avenir de nos paroisses et de nos propres histoires !

Guy De Smet (21 mars 2015)


- 23 - L’EUROVISION DE LA CENSURE

Décidément, 2015 s’affichera dans l’Histoire comme l’année de toutes les contradictions !
En janvier dernier, des milliers d’hommes et de femmes, de jeunes et de moins jeunes se sont rassemblés dans les rues de Paris et d’ailleurs pour dénoncer l’abomination du massacre de Charlie Hebdo et de l’hyper-casher.
Nous, Occidentaux, nous étions offusqués que des terroristes et des intolérants puissent s’en prendre à une des valeurs fondamentales de notre démocratie : la liberté d’expression.
Nous estimions que les caricatures du prophète, sujets du désastre, n’étaient en rien incompatibles avec notre liberté fondamentale.
Le débat d’opinion s’est très vite transformé en un pugilat qui a fait descendre dans la rue les citoyens musulmans. Ces caricatures étaient une atteinte à leur Foi et il leur fallait le faire savoir haut et fort !
Quelques semaines plus tard, le monde européen se prépare à célébrer une fête européenne de la musique, certains diront de la médiocrité musicale : le grand prix Eurovision de la Chanson.
Une première constatation qui a de quoi nous étonner, c’est la présence, dans cette manifestation, de certains pays. En bonne  géographie, il restera difficile de démontrer que la Turquie (dans sa grande majorité) ou  encore qu’Israël fassent  partie du continent européen. Dès lors, leur présence reste pour le moins contestable … mais quand l’intérêt financier prend le pas sur des données plus prosaïques … il paraît qu’il faut comprendre !
Une deuxième constatation qui a quoi révolter, c’est l’intervention des gouvernants politiques dans le choix et dans l’interprétation des chansons choisies par les différents pays.
C’est ce qui vient d’entacher le choix fait par la Hongrie, pays souverain, de la chanson qui la représentera à ce concours.
« Wars for nothing » (guerres pour rien), tel était le titre retenu. Faisant écho à l’actualité internationale et à son florilège de conflits qui menacent la paix mondiale. Dans cette chanson, le groupe Boggie fait, entre autre, allusion aux victimes civiles assassinées par les Sionistes, en charge des affaires  en Israël.
« 2014 – Gaza – les deux tiers des victimes étaient des civils, dont plus de 500 enfants » précise la chanson.
Cette simple phrase, porteuse de tellement de sang et de vérité, n’a pas plu à l’ambassadeur d’Israël en Hongrie. Il a demandé la censure de ce passage mentionnant le massacre de Gaza. Un haut fonctionnaire hongrois,  soucieux de ne pas déplaire à ce pays et au lobby de haine qu’il traîne derrière lui a obtempéré sur le champ. La phrase contestée sera supprimée de l’édition 2015 de l’Eurovision, en mai prochain à Vienne.
Où est passée la détermination de la démocratie si chère aux Occidentaux au lendemain du massacre de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher de Paris ?
Où est passée notre volonté de défendre les opprimés de la planète, dont le peuple palestinien, victime d’une humiliation et d’une oppression au quotidien, issues du cerveau assoiffé de sang de barbares sionistes ?
Où est passée notre soif de justice, mise à mal par tant de peuples au nom d’une idéologie ou au nom d’une soif de pouvoir ?
Je m’insurge contre cette ingérence inqualifiable dans la création artistique d’hommes et de femmes, qui ont le souci de mettre le doigt sur des blessures qui défigurent la conscience de l’humanité.
Je m’insurge contre l’inertie des peuples d’Occident, ceux que nous appelions, jadis, les alliés, qui non contents d’avoir permis l’usurpation par Israël du droit de créer un état sur des terres volées, ferment les yeux face aux atteintes des droits de l’homme commises au quotidien à coup d’humiliations et d’injustices.
Je m’insurge contre les accusations imbéciles d’antisémitisme, à chaque fois que des citoyens du monde osent mettre le doigt sur les crimes contre l’humanité et contre la soif génocidaire dont les sionistes font preuve dans leur politique ignoble.
Que ce peuple sache, qu’il trouvera sur son chemin, comme des adversaires redoutables, des hommes et des femmes de bonne volonté soucieux de défendre les droits du peuple palestinien à l’existence et aussi au recouvrement des terres dont il fut spolié.
Quec peuple sache, qu’il trouvera des « Simon Wiesenthal » des temps modernes, des chasseurs de criminels sionistes et de ceux qui les soutiennent, où qu’ils se cachent dans le monde : il est temps que la Justice ait le dernier mot !
Que ce peuple sache, que nous utiliserons toutes nos armes pacifiques pour boycotter son existence et pour éradiquer de la face de la terre, toutes ces idéologies, créatrices de Shoah, comme le furent le Nazisme hier, le Sionisme et l’État islamique, aujourd’hui.
À  l’approche des jours saints que fêterons les Chrétiens, je voudrais laisser la voix du Christ torturé par les chefs des prêtres et les Pharisiens juifs d’hier, s’exprimer dans ce chant des Impropères du Vendredi-Saint : « Ô mon peuple, que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi ! ».
Je voudrais y ajouter ces versets du prophète Isaïe, véritable accusation divine d’un peuple noyé dans son idéologie : « J’ai dit : « Me voici, me voici » à une nation qui n’invoquait pas mon nom. J’ai tendu mes mains, à longueur de jour, vers un peuple rebelle, vers ceux qui suivent le chemin qui n’est pas bon, qui sont à la remorque de leurs propres pensées. C’est un peuple qui me vexe, en face, sans arrêt. »
Que celui qui a des oreilles, qu’il entende !

Guy De Smet (28 mars 2015)


- 24 - VOUS AVEZ DIT CATÉCHÈSE ?

De simples mots pour vous … mais quel investissement pour le quotidien de nos vies paroissiales et pour la réflexion tâtonnante de l’Église.
Chaque année, septembre arrivant, c’est la même galère : combien d’enfants seront inscrits ? Combien de parents oublieront les réunions d’informations ? Qui acceptera la mission de catéchiste ? Quelle méthode sera abordable pour ces enfants déjà tellement dispersés ?
Comment faire et pour qui ?
Au niveau des diocèses, c’est un peu la même déroute.
Comment faire pour susciter l’intérêt ? Comment rejoindre ces familles tellement éloignées du vécu religieux ?
Pour les soutenir dans leurs démarches, ils ont été jusqu’à inventer de nouveaux « saints » qu’ils implorent avec espoir : Sainte Frigolit, entre autre, support de tant de panneaux qui finiront dans l’arrière-cour d’une sacristie …
Dans certains diocèses, l’imagination ou l’Esprit-Saint s’est mis en route … de nouvelles conceptions, de nouvelles idées se disent et se proposent.

En désespoir de cause, j’ai fini par prendre ma plume et à  adresser une lettre aux parents.

Chers parents ?
Votre enfant, vous l’avez fait baptiser un jour ; vous preniez, ce jour-là, l’engagement solennel de lui donner une éducation.
Vous vous engagiez aussi à accompagner votre enfant dans tout ce qui ferait sa vie, ses découvertes, ses joies, ses peines … aussi l’ouverture à l’Évangile !
Peut-être êtes-vous de ceux pour qui le cours de religion à l’école est un choix qui ne vous dérange pas.
Aujourd’hui, il a 8 ans. Il serait en âge de vivre l’aventure d’une première communion.
Aujourd’hui, il a 10, 11 ans. Il serait en âge de suivre une formation à la Profession de Foi.
Aujourd’hui, il a 12, 13 ans. Il serait en âge d’être confirmé.
Vous y pensiez peut-être.
Pour beaucoup d’entre vous, cependant, la vie de l’Église, les rassemblements de Chrétiens ne sont plus que de vieux souvenirs ou des restes lointains d’une tradition familiale.
Vos vies, formatées par nos sociétés, sont chargées. Vous courez après le temps, vous courez … et je comprends votre désarroi !
Pourtant, l’envie de fêtes vous taraude … et c’est bien votre droit !
Vous comptez donc inscrire votre enfant pour l’une de ces fêtes, espérant bien en faire un bon moment de retrouvailles et de convivialité. C’est là un projet éminemment respectable !
Pour cette fête à glisser dans vos agendas, vous frappez, aujourd’hui, à la porte des communautés chrétiennes. Et là, surprise !
Vous nous parlez d’une date à réserver … Nous vous parlons de catéchèse et d’années de préparation !
Pourquoi ne chercherions-nous pas à « accorder nos violons » : vous avez besoin de nous ? Nous avons besoin de vous !
D’une part, vous venez présenter votre enfant.
Nous vous proposons de vivre avec lui des moments de découverte de la Foi, chacun selon ses rythmes. Nous aimerions vivre ce moment autrement que sur le mode « corvée ».
La Foi n’est souvent pas votre horizon, tout comme il n’est pas celui de votre enfant.
En toute honnêteté intellectuelle et humaine, vous ne pouvez pas imposer à votre enfant des démarches que vous ne soutiendriez pas.
Et si cette période de formation à la Foi devenait pour vous aussi un temps de découverte, un temps de partage avec votre enfant ?
Nous n’envisageons plus, aujourd’hui, une catéchèse qui ferait l’économie de l’implication des parents.
D’autre part, nous les responsables de paroisses, les catéchistes, nous nous engageons à chercher avec vous des pistes pour aller à la découverte enrichissante de l’Évangile, loin de tous les fanatismes et de toutes les radicalisations.
Nous nous engageons à respecter vos itinéraires, vos questionnements, vos expériences et vos situations de vie.
Nous nous engageons aussi à respecter le contenu de la Bonne Nouvelle de Jésus, sans chercher à plaire ou à brimer votre liberté.
La religion se présente souvent à vous comme un monde ésotérique et compliqué, un monde de lois et d’interdits …
Vous êtes souvent pour nous des inconnus venant d’un autre monde dont nous semblons ignorer la tessiture et la fragilité.
Je vous propose donc d’oser avec nous les pas du renard et du petit prince de Saint-Exupéry … des pas pour nous apprivoiser !
Ensemble, alors nous pourrions créer une fête adaptée, à vous, à votre enfant et aussi à Jésus-Christ !
Ce défi vous concerne : soyez les bienvenus, ma porte vous sera toujours ouverte !

Guy De Smet (14 avril 2015)


- 25 - J’AI FAIT UN RÊVE …

Intoxiqué par six mois de « Gouvernement Michel », je me suis réveillé, après un rêve terrifiant.
Ce rêve, il se développait sur fond des mesures prises par ces responsables (à moins qu’il ne s’agisse d’irresponsables !) :

Et nous pourrions poursuivre ce catalogue de décisions qui ne cessent de créer un climat de mécontentement et d’injustice qui fera bien se soulever la population, un jour !
Cette politique détestable nous vient d’un gouvernement qui défie, au quotidien, les règles élémentaires de la démocratie.
Sa mise en place résulte de la montée en puissance d’un parti séparatiste qui n’a rien à faire de l’avenir du pays. Sa seule volonté – et il ne s’en cache pas – c’est de planter les jalons de son projet futur qui se résume en deux mots : «  België barst ».
Pour l’aider dans ce jeu diabolique, il s’est entouré de quelques scories électorales qui, malgré leurs faibles scores lors des élections, se retrouvent en poste de pouvoir et parfois même de capitaine du bateau.
Leur logique économique est simple. Primauté absolue à leurs amis économiques et financiers en sacrifiant le travailleur sur l’autel de leurs envies de gagner toujours plus.
Son mode d’expression est le mépris hautain du citoyen. Pour le manifester il s’est donné des aboyeurs tels De Block, Galland ou encore Jambon, Reynders ou Francken.
Sa tête est vide, au point de devoir être branchée, en permanence sur le « Patron », un certain Bart d’Anvers.

Et c’est là qu’intervient mon rêve !
Je nous voyais tous plongés dans un monde de machines et d’automates, alimenté par un projet fort d’économie libérale.
Il y avait, d’une part, des travailleurs. Certains, souvent âgés, étaient menés au fouet ; leur labeur ne s’arrêtait qu’avec leur mort. D’autres petites mains attendaient hors du terrain d’exploitation, espérant, grâce à la flexibilité, l’attention de l’un ou l’autre ogre de l’entreprise. Que voulez-vous, il faut bien survivre. Ils dépendaient de leur bon vouloir !
Tout autour de ce monde d’esclavage, il y avait des patrons, des financiers, des actionnaires. Ils consultaient des courbes. Ils analysaient des chiffres. Ils maniaient les vociférations et les menaces pour produire, toujours plus.
« Toujours plus » était le nom de l’entreprise.
De son enclos, des hommes, des femmes, des enfants étaient exclus. Ils étaient basanés, ils étaient jeunes, ils étaient malades, ils étaient vieux : leur place n’était plus dans la société !
Certains travailleurs osaient se plaindre, oubliant qu’ils n’en avaient pas le droit.
Ils rêvaient de repos, de vacances, de voiture, de confort, de retraite, de salaires … mais tout cela ne leur était pas destiné. C’était pour les riches, pour les propriétaires du capital  et pour leurs actionnaires.
Ils rêvaient de prêts, d’amélioration de leur quotidien, mais c’était sans compter sur la rapacité des banques et de leurs alliés : ils n’avaient qu’à se contenter de leur sort !
Ils avaient faim. Des organismes essayaient bien d’attirer l’attention des chefs, mais en vain. S’ils ont faim, mais qu’ils mangent … et s’ils ne peuvent pas, qu’ils se forcent ! Cela n’était pas sans rappeler d’autres époques !
Ils rêvaient de pouvoir profiter de la vie … mais ils avaient le travail. Il servait à cela. Leur karma était de travailler et puis de mourir ! Au diable le week-end, les jours fériés, les congés payés, les soins de santé, la pension … L’entreprise doit vivre, les bénéfices doivent exploser : « toujours plus ».
Et puis, un jour, la machine s’est enrayée. Les travailleurs se sont révoltés, suscitant l’incompréhension d’une noblesse du système. Une révolution est née : l’homme voulait retrouver sa dignité. Il voulait que cessent ces sacrifices au nom du dieu-Argent. Il voulait « un printemps social ». Il voulait enfin VIVRE !
S’élevait alors un chant d’espoir qui, lui aussi, rappelait d’autres temps : «  Ah ! Ça ira, ça ira les chantres de la finance à la Lanterne. Ah ! Ça ira, ça ira, tous les actionnaires on les aura ».
Je me suis alors réveillé, avec un petit sourire en coin : et si nous nous y mettions aujourd’hui ?

Guy De Smet (14 avril 2015)


- 26 - JE TE MAUDIS

Ces mots extrêmes, le Dieu d’Israël n’a cessé de les proférer à l’égard de son peuple. Il ne pouvait plus supporter sa conduite. Il ne pouvait plus tolérer son arrogance. Ses holocaustes et ses sacrifices lui étaient devenus insupportables.
En riposte, le peuple n’a pas été jusqu’à accuser Dieu d’antisémitisme. Il lui a tout de même mis sur les lèvres ces autres paroles terribles qui prennent tout leur sens du haut d’une croix : « Que t’ai-je fait, ô mon peuple ? ».
Les exigences de Dieu ont eu comme réponse un crime contre Dieu, un déicide … La Foi des Chrétiens en témoigne !

Depuis l’histoire biblique, pas grand-chose n’a changé !
Dieu pourrait toujours prononcer ses récriminations.
Le déicide se transforme chaque jour en crimes contre l’humanité, en atteintes aux droits de l’homme ou encore en une arrogance et un « moi je » qui ne semblent pas avoir de limites.
Depuis la nuit des temps, ce peuple à la nuque raide se considère comme le peuple élu. Cela semblerait lui octroyer tous les droits, au point de devoir craindre, en riposte, les persécutions, les pogroms, les insultes et les vagues d’insécurité.
Aujourd’hui, l’actualité de ce peuple dont se plaignait Dieu, ce sont les massacres de Gaza, les camps de réfugiés, les brimades et les humiliations quotidiennes des Palestiniens vivant en Israël, l’implantation illégale et inhumaine de colonies sur des terres palestiniennes, le vol d’une terre devenue un État depuis 1948.
Pour justifier leurs exactions, ils ont créé une idéologie, le Sionisme. Elle est le stimulant de leur orgueil et la justification de leur destruction de l’homme.
S’en prendre aux Sionistes est devenu un crime aussi intolérable que l’antisémitisme. Une parlementaire néerlandaise vient d’en faire les frais. Elle avait osé s’en prendre à la politique assassine d’Israël, mal lui en a pris ! Des sanctions sont exigées contre elle !
Heureusement, de plus en plus de groupements et d’États condamnent cette politique d’Israël. Des condamnations se profilent. Des avancées diplomatiques s’ouvrent.
Je me réjouis de constater que des nations civilisées sont passées outre des diktats des dirigeants sionistes pour imposer un compromis sur le nucléaire iranien.
Je me réjouis que l’arrivée de la Palestine au CPI ouvre enfin l’espoir de rendre Israël responsable de ses crimes, commis jusque-là en toute impunité.
Je me réjouis que des nations, comme la Suisse, interpellent la FIFA pour exclure Israël de son droit de participation aux compétitions de football.
Il semble fini le temps où le simple rappel de la Shoah suffisait à camoufler du sang palestinien répandu  effrontément.
Pourtant, ce matin, à la lecture de la presse, deux images se sont à nouveau bousculées dans ma tête.
La première, c’est celle de cet enfant palestinien obligé de travailler dans les plantations de légumes des colonies israéliennes.
« Un travail harassant, près de 60 heures par semaine dans la chaleur et les projections de pesticides. «Je déteste ce travail », explique le jeune homme, « mais je dois le faire. En été, c'est le pire. Nous travaillons dans les serres. Il y fait très, très chaud. On asperge tout de pesticide. Mais on ne reçoit pas de masque, ni de gants pour nous protéger ». (RTBF-infos 15/04/2015)
Un père ajoute, parlant de son enfant : « Un jour, il est rentré malade. Il vomissait. Il était très, très mal. Je l'ai emmené à l'hôpital. On m'a expliqué qu'il avait été empoisonné ».
À l’encontre de toutes les conventions internationales, des enfants sont exploités par ces colons qui non seulement étaient déjà des "voleurs de terres" mais qui s’en prennent aujourd’hui à l’innocence même : un enfant !
La deuxième image, c’est celle qu’on aime nous montrer, à chaque fois que cela arrange. C’est la photo d’un enfant, les bras levés, avançant vers la mort sous la contrainte des fusils nazis.
Au lieu de me faire pleurer, cette image suscite en moi une autre révolte. N’ont-ils donc rien compris ?
N’ont-ils pas compris qu’un enfant peu importe sa race ou sa famille est un cadeau précieux et l’avenir d’une société ? À moins qu’il ne faille étouffer cet avenir palestinien ?
N’ont-ils pas compris qu’une nation ne se construit au détriment des droits d’aucun peuple et d’aucun individu ?
N’ont-ils donc pas compris que le « plus jamais ça », réclamé au nom d’hier ne permet pas de poursuivre sur la même lancée de haine et de violence ? Les victimes d’hier ne peuvent devenir les bourreaux d’aujourd’hui !
Face à cette dernière accusation Israël se rebiffe, comme d’habitude : « Le but unique de Human Rights Watch est de salir l'image d'Israël » Mais peut-on salir plus ce qui est déjà sale ?
À quoi l’organisation soucieuse des droits de l’homme répond : « Elle dit que l'autorité palestinienne est responsable de la protection de ces droits. Mais en réalité, l'autorité palestinienne n'a aucune possibilité d'agir puisque Israël exerce un contrôle exclusif sur pratiquement toute la Vallée du Jourdain ».
Il est fini le temps de l’impunité d’Israël. Tous comme les Nazis d’hier, ses responsables doivent payer pour leurs crimes.
Il est fini le temps des larmoiements au nom d’une Shoah d’hier. Il y a là, au contraire, une raison plus forte pour ne pas reproduire la terreur dont le peuple juif fut victime hier. Pleurer sur la déportation des enfants juifs d’Izieu, c’est une chose. Dénoncer les crimes contre les enfants palestiniens, c’est une urgence d’aujourd’hui.
Il est fini le temps de la complicité d’une diaspora haineuse ou du silence assassin des nations libres. Il est temps de mettre au ban des nations, tant politiquement qu’économiquement et que socialement, un pays dont le terrorisme est la respiration et dont la haine est le moteur. Ne pas le faire serait écrire une nouvelle page du mythe du « Juif errant » et permettre la montée de l’antisémitisme.
Dans ce conflit entre Israël et Palestine, je prends parti, au nom de ma Foi.
Il faut éradiquer la force de l’oppresseur et relever l’opprimé, écrasé au sol. Dieu a voulu l’homme à son image et à sa ressemblance et non selon les critères d’une race.
Il faut « casser » une fois pour toute cette utopie qui permettait à Ariel Sharon de s’écrier : «Tout le monde doit se déplacer, courir et prendre autant de collines palestiniennes qu’ils peuvent pour élargir les colonies israéliennes parce que tout ce que nous saisissons maintenant restera notre propriété… Tout ce que nous ne prendrons pas leur reviendra. »
La souffrance d’un enfant palestinien exploité mérite bien ce combat ! 

Guy De Smet (16 avril 2015)


- 27 - MÉDITERRANÉE : PARADIS OU ENFER ?

« Méditerranée » !
Elle est chantée. Elle est source de rêves, de moments de bonheur. Elle scintille de souvenirs de vacances et de belles heures de repos et de découvertes.
Pour beaucoup, elle est une destination incontournable qui fait le bonheur des routes en juillet et en août.
Elle fut le berceau de notre civilisation. Elle est bordée par des pays riches de leurs différences et de leurs cultures.
Elle fut le centre du monde. Elle est aujourd’hui une source de questions et d’interrogations.
Chaque mois, chaque semaine, il est question de ces chaloupes et de ces bateaux de fortune qui ont bravé l’incertitude des flots. Ils viennent des pays au sud de la mer ou à l’est, espérant trouver chez nous espoir, paix et avenir.
Chaque mois, chaque semaine, la presse nous relate des naufrages, provoquant des hécatombes humaines insupportables. Bientôt, le bleu azur de l’eau se transformera en marée de sang et de honte.
Ils sont des milliers à se lancer dans l’aventure, au prix de leur vie. Ils sont les proies d’escrocs qui n’hésitent  pas à profiter de la misère humaine pour engranger des bénéfices peu louables.
Ils sont des milliers à quitter ces terres broyées par la guerre, par des conflits, par la famine ou par la misère.
Ils sont des milliers, n’ayant rien vu grandir de nos politiques d’aide au développement, si ce n’est l’exploitation et la corruption.
Ils s’en vont, comme nous le ferions tous en pareille situation, avec l’espoir de retrouver les bases pour construire une vie meilleure ou simplement pour attendre le retour à la paix dans leur propre pays. Souvenez-vous, c’était l’aventure de nos parents et de nos grands-parents, fuyant l’invasion allemande !
Ils sont entassés, comme du bétail, sur ces cargos de la mort, au déni de toutes les conventions internationales et au déni de toute dignité et de toute humanité.
Ils ont tout investi dans ces croisières d’infortune. Ils ont largué toutes les amarres, sans savoir où aller !
Désormais, s’ils survivent, plus personne ne les aborde avec respect et tendresse. Pour leur parler, il faut des combinaisons d’astronautes et des masques, comme s’ils étaient des pestiférés.
Ils sont devenus d’hypothétiques numéros de dossiers et surtout des "choses" encombrantes, dont il faudrait pouvoir se débarrasser.
Face à cette crise humanitaire impressionnante, les centres d’accueil sont dépassés, les gouvernements des nations abordées ne savent plus à quel saint se vouer. Les responsables se renvoient la balle avec la mention « sans intérêt » !
Il y a bien quelques voix qui se lèvent, comme celle du Pape François, lors d’une visite à Lampedusa … Mais elles semblent s’étouffer dans le concert d’autres préoccupations.
Les médias, eux-mêmes, passeront plus de temps à relater le naufrage d’un navire de croisière qu’à attirer l’attention sur le drame humain de ces naufragés du désespoir.
Le monde politique voit dans cette arrivée massive d’immigrants une source de peur et d’angoisse.  Qu’allons-nous en faire ? Nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde. Les partis d’extrême-droite y trouvent même des boucs-émissaires pour nos crises économiques et sociales à rallonge.
Les accords internationaux sont remis en question et le repli sur soi et sur nos égoïsmes est souvent la seule réponse face à la demande de ces désespérés de la Méditerranée.
Et l’Europe, pendant ce temps ? Car, c’est bien là qu’ils s’en viennent frapper tous ces miséreux de partout.
Elle fait des commissions. Elle argumente. Elle met en place des experts et des commissaires …
Elle distrait l’opinion avec d’autres sujets, comme l’étiquetage des colis de viandes ou encore la sauvegarde des forêts wallonnes et bruxelloises.
Si le projet de l’Europe était social, cela se saurait !  Les citoyens européens le sauraient depuis longtemps ! Il suffit d’énumérer les conflits sociaux nés d’injustices sans nom. Il suffit de compter les mouvements de mécontentement qui secouent tant de rues des capitales européennes.
Le projet de l’Europe est un projet économique. Son idée fixe est de sauver l’économie et de promouvoir un grand marché,  capable d’envahir toutes les places boursières du monde.
Il n’est pas possible, dans un même mouvement, de sauver les banques, de veiller à la compétitivité des entreprises, de promouvoir les bénéfices des actionnaires et d’aller au secours de la détresse de l’être humain.
Le chômeur, le travailleur pauvre, le retraité, les jeunes de chez nous le savaient déjà. Ils en font l’expérience, chaque jour !
Alors ces « arrivants de nulle part » … pas de place pour eux ! Qu’ils se le disent !
Leur espoir d’avenir, de paix, de justice … peut-être, mais pas chez nous ! Telle est notre réponse !
Quand un capitaine se sauve le premier de son navire, une telle attitude s’appelle « non-assistance à personne en danger ».
Quand un témoin ne se place pas à la disposition d’une victime, cela s’appelle aussi « non-assistance à personne en danger »
Quand nos responsables politiques et économiques ferment les yeux sur un drame humain qui se joue à leurs portes, cela s’appelle – qu’ils le veuillent ou non « : « non-assistance à personne en danger ».
Quand la puissance européenne se cache derrière son indécision face à de tels naufrages, cela s’appelle « crime contre l’Humanité »
Si nous laissons faire, sans rien dire ou sans rien faire, cela s’appelle complicité.

Pauvre Méditerranée !
Tu as vu naître la démocratie.
Tu as vu les premiers balbutiements de la libération des esclaves.
Tu as été la source de philosophies et de religions.
Tu as été le théâtre de tant d’odyssées et de tant d’aventures.
Aujourd’hui, tu es devenue la mare puante de nos égoïsmes et de nos vieux démons.
Aujourd’hui, tu es devenue un enjeu, non de la convergence des richesses qui te bordent, mais de la vérité d’une fraternité et d’une justice qui hante nos rêves.

Guy De Smet (16 avril 2015)


- 28 - SEPTANTE ANS DÉJÀ !

Il y a septante ans, les Alliés, conduits par les Américains, libéraient les déportés des camps nazis d’extermination et de concentration.
Ce fut pour eux un moment de liberté, certes, mais surtout un éclair d’effroi : comment tant d’inhumanité et tant de haine avaient-elles ainsi pu semer la mort, sans que le sang n’en éclabousse la planète entière ?
Un cri jaillissait d’autant d’horreur, un cri répercuté jusqu’à aujourd’hui : « Plus jamais ça ! ».
Depuis lors, le souvenir s’est, certes, perpétué, au point d’inventer une journée de commémoration de la Shoah. Et il est heureux qu’il en soit ainsi !
Comment oublier la tyrannie de ces régimes totalitaires qui tuent l’homme au nom de l’appartenance à une race ou à une identité sexuelle ?
Comment oublier le visage de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants à qui on a tout pris : leur dignité, leur fierté, leur vie … simplement parce qu’ils étaient juifs, handicapés, homosexuels ou tziganes ?
Comment peut-on passer sous silence que dans le cerveau de tout homme se loge un tyran capable d’autant de barbarie, au point de devoir s’en prémunir ?
Depuis lors, pourtant, des conflits, des guerres n’ont cessé de défigurer le monde.
Depuis lors, des victimes innocentes sont tombées sous les balles de terroristes sans Foi, ni loi.
Depuis lors des dérives politiques n’ont cessé d’engendrer des drames conduisant tout droit au néant et aux crimes de sang.
En énumérer la liste serait trop long !

Il y a 70 ans, les camps nazis étaient libérés et « les premiers oublieux de la mémoire » furent les victimes d’hier.
Depuis 1948, l’État d’Israël, proclamé unilatéralement, s’est construit sur le sang d’un peuple expulsé de chez lui. Ils allaient se transformer en bourreaux pour qui tuer est naturel.
Depuis 1948, l’humiliation, les vexations, les sanctions sont le quotidien du peuple palestinien qui se défend comme il peut. Ce faisant, s’enclenche un cercle vicieux entre terreur et protection !
Depuis 1948, les Sionistes, à la manière d’Hitler et de ses sbires, mettent en place un mécanisme d’ « ansluss », c’est-à-dire d’annexion en contradiction avec la moindre règlementation internationale. Les déclarations des ténors sionistes abondent en ce sens !
De nouveaux camps ont remplacé ceux libérés hier. Des colonies et des ghettos se construisent chaque jour.
Gaza et la Cisjordanie sont devenues des terres gorgées de sang et de mépris.
Des enfants sont arrêtés, massacrés. Des adultes sont emprisonnés, torturés par un régime qui n’a rien à envier aux tortionnaires d’hier. La destruction est semée comme les cloches de Pâques sèment les œufs.
Mais, comme si tout cela ne suffisait pas, le premier-ministre israélien s’est senti obligé, ce mercredi, d’en remettre une couche.
Pour évoquer le drame de la Shoah, il s’en prend à tout ce qui encombre sa prétention d’aujourd’hui. Il déclare : « De même que les nazis ont voulu régner sur le monde en anéantissant le peuple juif, l'Iran cherche à contrôler la région (le Moyen-Orient) et à détruire l'État juif »
Non content de ses accusations, il persiste et signe : « Est-ce que le monde a réellement appris de la tragédie juive du siècle dernier ? Le mauvais accord signé avec l'Iran nous apprend que la leçon n'a pas été tirée ».
« Les gouvernements démocratiques ont fait une erreur capitale avant la seconde Guerre mondiale et nous, comme nombre de nos voisins, sommes convaincus qu'une erreur amère vient d'être faite ».
La décence aurait voulu que son évocation des victimes de la Shoah reste digne. Cette commémoration aurait dû être comme une minute de mémoire et de silence face aux souvenir du calvaire enduré par ces Juifs d’autres temps.
Mais la décence semble inconnue dans ses priorités, tellement son orgueil et sa suffisance l’aveuglent au quotidien.
Il a fallu, une fois de plus, qu’il instrumentalise ces innocentes victimes pour servir ses ambitions et celles de l’idéologie qu’il représente, le Sionisme.
Qui est-il pour apprendre aux « gouvernements démocratiques » à tirer des leçons de l’Histoire ?
Qui est-il pour mettre en cause un accord qu’il juge une « erreur amère » ?
Qui est-il pour réécrire l’Histoire comme elle l’arrange ?
Et s’il balayait devant sa propre porte ?
Et s’il épongeait le sang dont la terre de Palestine n’arrive plus à s’abreuver ?
Et s’il se plaçait devant un miroir pour découvrir l’incarnation de « l’Hitler des temps modernes » dont il est une icône suggestive ?

Commémorer la Shoah, ce n’est pas encenser la politique destructrice d’Israël !
Commémorer la shoah, ce n’est pas servir de justification aux exactions d’un tyran sanguinaire comme Israël.
Commémorer la Shoah, c’est se taire pour laisser résonner à tout jamais le cri de ces milliers de victimes qui aurait tant voulu entendre une plainte : « Plus jamais ça ! »
Alors, Netanyahu, tais-toi et l’air deviendra enfin respirable !

Guy De Smet (16 avril 2015)


- 29 - LA RELATIVITÉ DU SILENCE

Voici 70 ans, les Américains découvraient l’horreur des camps d’extermination et de concentration.
Des millions d’hommes, de femmes et d’enfants avaient été massacrés dans des conditions ignobles : déportations, chambres à gaz, expérimentations médicales, bunkers de la faim …
Pour détruire les Nazis avaient été d’une inventivité peu commune.
Parmi toutes ces victimes, des millions de Juifs, exterminés au nom de leur appartenance à une race considérée comme insupportable.
Si ces événements ont suscité beaucoup d’émotions et beaucoup de commémorations, jusqu’à aujourd’hui, ils ont été aussi source de polémiques et de rancœurs, toujours présentes comme autant de plaies ouvertes.
L’une de ces querelles concerne lÉglise catholique et le « silence complice » du Pape Pie XII.
Le Cardinal Pacelli, le futur Pape Pie XII, avait été nonce apostolique en Allemagne durant la première guerre mondiale. Il connaissait donc bien ce pays et la direction politique qu’il prenait.
En 1939, le 2 mars, il est choisi au siège de Pierre avec la mission de guider l’Église dans des temps qui s’annoncent difficiles.
En Allemagne, Hitler s’empare du pouvoir et devient le Führer que le monde entier va craindre et combattre.
Nous connaissons les dérives qui vont suivre, dont cet Holocauste qui restera à jamais une écharde dans la conscience de l’humanité.
Le Nouveau Pape, face à la situation reste très discret et très diplomate, afin de ne pas heurter la sensibilité nazie. Il la sait porteuse de tant de haine et de tant d’esprit de mort, qu’il estime ne pas vouloir la titiller.
En 1942, toutefois, dans un long message radiodiffusé de Noël il dira: « les centaines de milliers de personnes, qui, sans aucune faute de leur part, et parfois pour le seul fait de leur nationalité ou de leur race, ont été vouées à la mort ou à une extermination progressive ». Il en appellera à la paix, ce qui ne sera pas le bienvenu pour calmer la colère nazie : «  Le Pape se fait le porte-parole des juifs, criminels de guerre ».
Les Américains de l’époque affirmeront haut et fort que le Pape est bien le seul à s’élever contre la barbarie nazie. Il est comme une note solitaire, dans un concert de silence !
Lui faire le procès de son silence coupable, c’est oublier que dès 1943, des milliers de Juifs trouveront refuge au Vatican et dans des couvents de l’Église catholique.
C’est oublier qu’il viendra en aide à la communauté juive de Rome pour répondre aux exigences de l’occupant et pour éviter de nouvelles déportations.
Son action fut telle, qu’au lendemain de la guerre, une délégation de 70 rescapés de la  United Jewish Appeal exprimera au Pape Pie XII sa reconnaissance pour son action durant la guerre.
Certes, il y eut des maladresses. Certes, il y eut des incertitudes. Mais que pouvait-il faire contre cette machine à broyer qui détruisait tout sur son passage, sans oublier les religions qui insupportaient Hitler.
La communauté juive se fait aujourd’hui un devoir de pointer du doigt cet homme qui se serait tu.
Son silence aurait été, selon eux, une complicité de plus de l’Église pourchassant le peuple élu.
Il est toujours facile de réécrire l’Histoire, confortablement installé dans son fauteuil de la vengeance et de la haine !

Aujourd’hui, en Irak, en Syrie, en Égypte, au Liban, dans toute la plaine de l’ancienne Ninive, des Chrétiens sont persécutés.
Des hommes et des femmes sont décapités, torturés, crucifiés, sous les yeux terrifiés de leurs enfants.
21 hommes ont été enlevés en Égypte par les terroristes de l’État Islamique. Ils ont été déportés en Lybie pour y être sauvagement décapités.
Un peu partout au Moyen Orient, des Chrétiens fuient, alors qu’ils y formaient la première communauté chrétienne, dont les origines se perdent dans la nuit des temps. À Mossoul en Irak, ce sera la première fois depuis 1500 ans que la communauté chrétienne ne fêtera pas la Saint Simon, une fête importante pour cette communauté ! À moins que ce ne soit un « détail de l’Histoire » ?
Des églises sont détruites, des assemblées chrétiennes sont prises pour cible. Un véritable génocide se vit au XXIème siècle, à quelques heures d’avion … et là aussi, silence !
Il y a bien quelques déclarations d’intentions qui condamnent ces massacres … mais il y a surtout un silence coupable de la communauté internationale … et parmi elle de la communauté juive, tant en Israël que dans la Diaspora.
Je suis impressionné par le témoignage de cette maman d’un soldat français assassiné par ce terroriste fou de Toulouse. Au lieu de se terrer dans son chagrin et dans ses peurs, elle parcourt la France, pour dénoncer auprès des jeunes les prophètes de la radicalisation et de la haine, dont ils pourraient, à leur tour, être les victimes. Elle aussi pourrait se taire et pleurer en silence !
Les Juifs seraient bien placés pour entreprendre cette même démarche. Le génocide, ils connaissent. Ils en ont été les victimes innocentes. Ils savent nous dire si souvent : « Plus jamais ça ! » … et là … Silence !
Pas un mot, pas une déclaration, comme si cela ne les concernait pas.
Pas une interpellation au Conseil des Nations unies ou au Tribunal international, comme si ces agressions n’étaient qu’un fait divers parmi d’autres.
Y aurait-il un silence coupable, quand les événements concernent la communauté juive et un silence normal quand il s’agit de Chrétiens ?
N’y aurait-il qu’une Shoah qui serait devenue un brevet déposé ou une propriété ou encore une exclusivité réservée aux Juifs et une usurpation quand il s’agit de Chrétiens ?
Aujourd’hui, une chose est sûre, suppôts d’Israël : votre silence vous accuse ! Il vous accuse plus que d’autres, parce que votre histoire vous a confié la mission de sentinelle face à la barbarie des hommes ! Vous ne méritez aucune considération !
Votre silence vous rend indigne de la Shoah : vos martyrs méritaient mieux que vos bassesses et vos lâchetés !
Le ciel d’Auschwitz et de Treblinka doit se couvrir des nuages du dégoût et de la honte : vous n’êtes pas dignes du sacrifice de vos ancêtres !

Guy De Smet (16 avril 2015)


- 30 - 800 MORTS !

Ce chiffre époustouflant, c’est le résultat d’un dimanche de naufrage en Méditerranée.
Ils avaient laissé là leurs existences chaotiques, détruites par des guerres, par des humiliations.
Ils avaient laissé là leurs maisons, leurs espoirs, leurs proches, en quête d’un avenir.
Ils avaient laissé là la peur et l’angoisse issues d’une guerre dont ils étaient les otages, du terrorisme dont ils étaient les victimes, des conditions de vie insupportables.
Ils fuyaient face à la destruction, face à la corruption, face à l’inhumanité.
Sur leur chemin, ils ont croisé des escrocs, des rapaces avides de richesses et de mort, des passeurs de la cupidité et de l’indifférence.
Ils ont embarqué sur des rafiots de fortune, livrés à eux-mêmes et au bon vouloir du hasard.
La Méditerranée est devenue leur tombeau. Leurs vies et leurs espoirs y ont été noyés à tout jamais.

Ils étaient huit cents … et notre dimanche était ensoleillé !
Ils étaient huit cents, le temps de s’émouvoir quelques instants face aux images du journal télévisé.
Ils étaient huit cents, dont des femmes et des enfants, livrés aux abîmes de la mer, sans que cela ne secoue trop l’indifférence générale.
Il y avait bien ces secours italiens courageux, mais débordés et impuissants face à l’ampleur du drame.
Il y avait bien  des fonctionnaires européens à montrer du doigt, victimes pourtant du désintérêt des grands de ce monde et de manques de moyens notoires mis à leur disposition.
Il y avait bien les commentaires du café du commerce, émus jusqu’au prochain événement.

Pendant ce même temps, un autre drame mobilisait une région, à Calais. Chloé, une innocente petite fille avait été lâchement violée et assassinée par un prédateur en quête d’une proie.
Un peu plus tôt, un déséquilibré attirait un avion et ses passagers dans le choc d’une mort horrible dans les montagnes françaises.
À cette même époque, Michèle Martin, trouvait un nouveau refuge, suscitant la colère et l’incompréhension de toute une population.
Ces événements nous ont tenus en haleine, durant des semaines.
Ils ont suscité une mobilisation importante et justifiée.
Ils nous ont fait sortir dans la rue, le temps d’une marche blanche ou le temps d’une manifestation de colère.
Ils nous ont fait déposer fleurs et bougies, symboles de notre émotion.
Cela se passait près de chez nous … et nous nous sentions concernés !
Toutes ces morts injustes n’ont pas de raison d’être, qu’elles se passent près de chez nous, qu’elles de passent loin de nos centres d’intérêt.
Un mort est un mort de trop et il devrait toujours nourrir notre compassion ou notre révolte.
Une mort injuste devrait toujours justifier notre mobilisation !

Or, en regardant les réactions du monde face à ces naufrages en Méditerranée, une question me vient à l’esprit.
Certaines morts seraient-elles plus importantes que d’autres, au point de mériter notre mobilisation et celle de ceux qui nous gouvernent ?
Certaines morts ne seraient-elles que des faits divers dans l’actualité d’un monde qui ne tourne pas de la même manière pour tous ?
Ces candidats réfugiés s’en viennent frapper à la porte de l’Europe, c’est-à-dire à notre porte.
Nous leur répondons que nous n’avons pas de place.
Nous leur répondons que nous connaissons aussi une crise qui frappe durement la population.
Nous leur répondons qu’ils doivent chercher l’Eldorado ailleurs.
L’Europe vient de "pondre" dix mesures d’urgence. Plus de la moitié d’entre elles servent à se prémunir de ces indésirables. Elles s’ajoutent à des déclarations d’intentions, invariables depuis le début de la crise.
Avant de lire les traits de la détresse humaine, nos administrations y lisent des numéros de dossier, des complications juridiques, des poids insurmontables.
Ah si ces naufragés avaient été des banques ou des entreprises !
Des milliards auraient été débloqués pour une aide d’urgence.
Ah, si ces naufragés avaient été des enjeux économiques ou pétroliers !
Des stratèges auraient unis leurs forces pour trouver des solutions. Voyez leurs actions en Libye ou encore en Irak !
Ah, si ces naufragés avaient été autre chose qu’un futur problème social !
Une place serait débloquée de suite pour une immigration « choisie », source de rendements et de bénéfices.

J’ai honte aujourd’hui, d’appartenir à un de ces états d’Europe qui ne savent que se cacher derrière les fortifications de leurs égoïsmes.
J’ai honte d’appartenir à ces peuples, gendarmes du monde et de la démocratie, qui savent imposer leurs choix, pourvu que ça leur rapporte !
J’ai honte d’appartenir à une humanité qui ne vit plus qu’au rythme de ses intérêts.
J’ai honte d’une société qui laisse se noyer, torturer, crucifier, décapiter ses enfants sans que cela ne bouscule en rien son train de vie.
J’ai honte de nos insuffisances de cœurs et de nos arythmies respiratoires, engoncés que nous vivons dans nos « moi je » et dans nos « petits bonheurs tranquilles ».
Et s’il y avait pourtant, plus de joie à donner, qu’à recevoir ?

Guy De Smet (21 avril 2015)


- 31 - LE DERNIER PROCÈS D’UN LAMPISTE

Cette semaine s’ouvre en Allemagne le procès d’un des derniers « artisans » du système nazi.
Âgé de près de 94 ans, il s’est présenté dans le box des accusés, agrippé à sa tribune.
Son crime est d’avoir exercé la profession de comptable au sein d’une entreprise peu commune, le camp d’extermination et de concentration d’Auschwitz. Il était âgé, à l’époque de moins de 25 ans.
Comme tous les allemands, il avait participé à l’idéologie qui gouvernait son pays … ce qui est le lot de presque tous les citoyens qui ne s’opposent pas à l’oppression qui les dirigent (voyez chez nous !).
Procès juste, procès inique … Je me refuse à entrer dans ce débat !
Une chose reste, dans cette affaire, certaine : c’est la réponse à cette question : « À qui profite tout ce déballage médiatique ?
À la Justice ? Je crains que non.
Nous nous souvenons de la libération des camps, voici 70 ans. Les principaux responsables de ces crimes, nous les connaissons. Ils ont été punis ou ils sont morts, voici bien longtemps. L’idéologie qui a permis toutes ces monstruosités, nous la connaissons et nous l’avons condamnée.
Apprendre du neuf, par rapport aux bibliothèques entières qui font la mémoire de l’Histoire sur cette question, me semble être une utopie.
Ce n’est pas un vieillard infirme de 94 ans qui va nous révéler des secrets « fumants » sur cette barbarie sans nom qui entache à jamais la conscience de l’Humanité.
Mais alors, à qui profite ce procès ?
À l’Allemagne ! Elle aurait été trop laxiste au lendemain de la guerre dans ses jugements. Aujourd’hui, elle en serait à vouloir rattraper ses fautes.
Un peu tard, non ?
Aux victimes d’hier aussi qui n’hésitent pas à commettre en Palestine des horreurs, dignes de celles d’Hitler. Pendant ce temps, on occulte leurs méfaits … ce qui est appréciable quand se lèvent de partout des appels au boycott !
Ce qui leur reste à se mettre sous la dent, c’est un lampiste, un fonctionnaire du camp. Il croyait dans le Nazisme, comme beaucoup d’Allemands de l’époque.
Il s’était engagé dans le Nazisme, comme pas mal d’Allemands … avaient-ils d’ailleurs un autre choix, si ce n’est celui de l’héroïsme de la résistance ?
Imaginez que chez nous, les comptables d’une entreprise ou d’un ministère soient accusés pour la politique financière et humaine mise en place par ceux au service de qui ils étaient !
Ce procès, qui s’ouvre chez nos voisins, serait-il celui des lâches qui se drapent dans leur dignité pour mieux échapper à leur passé … et parfois à leur présent ?
Il nous faut bien constater que le hasard de l’actualité ne sert pas les desseins de cette action de la Justice allemande.
Voici quelques semaines, le premier-ministre grec, confronté à un pays en crise, réclamait au « Moteur de l’économie européenne, champion de l’austérité » de payer ses dettes.
L’Allemagne était redevable de milliards de dédommagement de dégâts de guerre, de vols de patrimoine, d’emprunts forcés … commis par l’occupant allemand durant la deuxième guerre mondiale.
Et là : fin de non-recevoir !
Le problème aurait été réglé par des traités internationaux, au lendemain de la guerre … comme par hasard !
Quand, il s’agit d’un lampiste, il faut que Justice soit rendue !
Quand il s’agit des intérêts ignobles d’un état : plus aucun honneur n’est de mise !
Y aurait-il deux poids, deux mesures ?
Y aurait-il deux justices qui varient selon les intérêts ?
La Justice voudrait, il me semble que si ce lampiste doit payer, l’État allemand, lui aussi, doit payer !

Ce procès soulève toutefois une autre question : toute guerre n’est-elle pas un crime inadmissible ?
Elle atteint l’homme dans ce qu’il a de plus précieux : sa vie, sa dignité, son avenir.
Toute guerre est un échec de l’intelligence humaine.
Toute guerre est un échec de la nécessaire concertation entre les peuples.
Toute guerre est issue d’un orgueil habité par une soif de pouvoir et d’hégémonie que rien ne peut arrêter.
Et face à ces drames, que de procès à engager ?
Où est le procès des coupables sionistes qui depuis tant de temps mettent la Palestine à feu et à sang en toute impunité ?
Il aura fallu l’arrivée de la Palestine au CPI pour, qu’enfin, on ose évoquer les crimes de guerre commis par Israël.
Faudra-t-il encore beaucoup de sang innocent versé, beaucoup d’assassinats d’enfants avant que ne cesse cette barbarie qui se décline en camps, en humiliations, en crimes, en injustices criantes ?
Où est le procès de Kennedy et de Johnson, ces présidents américains coupables, entre autre, de la guerre au Vietnam et de l’usage qui y fut fait de l’arme chimique ?
Où est le procès de Bush et de sa clique pour leurs meurtres en Afghanistan, en Irak ou encore au Koweït ? Ils ont ouvert une boîte de Pandore, en terre d’Islam, dont le monde paie encore les conséquences, aujourd’hui ?
Où est le procès de Staline, de Franco et d’autres dictateurs qui n’ont pas hésité à asservir leurs peuples pour asseoir leur pouvoir ?
Où est le procès de Sarkozy, de Bernard-Henry Levy et des autres alliés qui ont bombardés la Libye, livrant ses habitants à la haine et aux meurtres … au nom d’un printemps de la démocratie ou au nom d’intérêts plus sordides ?
Où est le procès de l’Europe qui se contente d’assister, impuissante, aux naufrages quotidiens d’exilés en Méditerranée ?
Où est le procès de ces gouvernements ignobles qui, au nom du dieu-Argent ne cessent d’enfermer leurs citoyens dans la misère et dans l’exclusion ?
Où est l’ardeur des nations civilisées à combattre les ignominies commises par les terroristes de l’État Islamique, pendant que des hommes, des femmes et des enfants fuient et meurent, loin de l’intérêt des projecteurs ?
Et nous pourrions ainsi faire le tour des pays déchirés par la guerre et par l’injustice en Europe, en Asie, en Afrique et ailleurs.
Certes le devoir de mémoire reste important et ne devra jamais cesser.
Il n’empêche pas la dénonciation au quotidien de tout ce qui opprime l’être humain et qui est un crime contre l’Humanité … AUJOURD’HUI !
En contemplant le défilé de l’actualité du monde, il y a là une urgence !

Guy De Smet (22 avril 2015)


- 32 - LES CARGOS DE LA MORT

Cette expression, nous la devons au Premier-Ministre britannique. Dans un discours enflammé, il aura enfin stigmatisé ces victimes innocentes qui, chaque jour, périssent en Méditerranée.
Il aura fallu des milliers de vies humaines détruites et sacrifiées pour que la Grande-Bretagne change sa position et décide d’envoyer des moyens sur place pour aider aux premiers secours. Dans un premier temps, à l’époque de l’opération « Mare nostrum », elle avait refusé !
Cette aide s’ajoutera à une ferme volonté d’inviter les pays concernés à faire tout pour éviter une immigration massive.
Monsieur Cameron se situe dans la mouvance de la position « courageuse » européenne, mise sous pression, après des milliers de drames humains.
L’Europe vient, en effet de décider, dans l’urgence, de dix mesures pour combattre le fléau.
En les lisant, il nous faut bien constater que l’effort européen est d’abord de se protéger contre ce flux massif.
L’important, c’est d’affirmer sa consternation face aux événements, ce qu’elle fait depuis la disparition de Kadhafi, ce garde-chiourme, à la solde de l’Occident, pour contenir ces immigrés.
Pour le reste, il s’agit de déclarations d’intentions qui, pour le moins, ne la « mouille » que très peu !
Le Premier-ministre anglais se propose donc d’envoyer des navires plus imposants pour aider la flotte italienne, dans son œuvre d’humanité, au quotidien.
Pour le reste, elle demande aux candidats réfugiés de rester chez eux.
Cette requête n’est pas sans rappeler le dialogue de sourds qui a couvert de ridicule Louis XVI, juste avant la révolution française.
Quelqu’un vient lui souffler à l’oreille :
« Sire, le peuple a faim »
« Mais qu’il mange », répond le Roi.
« Mais il ne peut », rétorque son interlocuteur
« Mais qu’il se force », s’impatience le souverain.
Le Premier-ministre anglais et ses collègues européens me semblent avoir endossé le costume royal :
« Des hommes, des femmes, des enfants fuient leurs pays », crient des associations humanitaires ou des nations confrontées au drame.
« Mais qu’ils y restent », répond l’Occident, se contemplant le nombril financier.
« Mais ils ne peuvent, livrés qu’ils sont à la guerre, à la famine, aux conditions de vie inhumaines, au terrorisme »
« Mais qu’ils s’arrangent et qu’ils se forcent », rétorque l’        Occident, après avoir fait de l’indifférence ou de la cupidité, sa stratégie.

Mais qui a semé la désolation en Lybie ?
Qui a voulu transformer des bombardements en un sursaut de dignité contre un dictateur, reçu hier avec les honneurs au pays des Droits de l’Homme ?
Qui a laissé se développer une guerre civile en Syrie, livrant une population à la vindicte d’un régime combattu à longueur de discours et perçu comme un allié potentiel aujourd’hui ?
Qui fait de la géopolitique un jeu d’intérêts et de bénéfices, fluctuant au gré des cours du pétrole ou du besoin des marchés économiques ?
Pendant ce temps, des hommes et des femmes meurent. Des enfants vivent enfermés dans leurs peurs et dans des existences sans avenir.
Pendant ce temps, d’autres fuient cette inhumanité, espérant des mains tendues et des cœurs ouverts. Ils ne rencontrent toutefois qu’indifférence et nouvel enfer.
Pendant ce temps, la misère devient le lot de populations entières, pendant que quelques riches engrangent des dividendes scandaleux.
Pendant ce temps, le terrorisme sème son lot de cruauté et de mort, sur le terreau d’une pauvreté aveuglante et bestiale.
C’est une autre dignité qui est attendue de l’Europe et de l’Occident.
Ce n’est pas le tout de se pavaner et de cacher derrière l’auréole d’un prix Nobel de la paix … encore faut-il s’en montrer digne … Il s’agit là d’une humilité pour chaque jour !
Les dirigeants européens se donnent aujourd’hui le temps de convoquer un nouveau sommet de ses décideurs. On croit rêver : il y a urgence !
Quand il s’agissait de banques à sauver, cela se faisait en une nuit. Ici, il s’agit de l’être humain et se « bouger » demande du temps !
Si c’est ça l’Europe, il est temps de s’en débarrasser et de construire de nouvelles institutions qui savent allier économie et humanité, géopolitique et droits de l’Homme, intérêts et regard d’un enfant.
Si c’est ça l’Europe, il est temps de se demander comment nous serions traités si nous étions embarqués sur l’un de ces cargos de la mort ?
Si c’est ça l’Europe et si nous refusons de nous en contenter, il est temps de nous exiler, nous aussi, vers des terres où il nous sera possible de nous regarder dans une glace sans rougir et sans être complices de politiques assassines.
Certes, nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde !
Certes, nous sommes confrontés à nos propres démons et à nos propres crises !
Mais cela ne nous donne pas le droit de nous comporter en « gendarmes du monde » quand cela sert nos intérêts et en « touristes de l’indifférence » quand les autres semblent devenir notre enfer.

Toi qui fuis ton pays pour des raisons qui te  font saigner le cœur …
Toi qui frappes à la porte de nos pays, fermée pour cause d’égoïsme et de nombrilisme …
Toi qui espères un monde meilleur, comme nos ancêtres en ont rêvé …
Un seul mot me vient sur les lèvres : « Pardon » !

Guy De Smet (22 avril 2015)


- 33 - SAUT D’INDEX, SAUT D’INJUSTICE

Ils ont osé, à l’heure où s’installent les ténèbres, voter, majorité contre opposition (79 voix pour et 55 voix contre !) l’adoption du saut d’index.
Depuis des mois, cette mesure suscite l’engouement du patronat et des actionnaires et mobilise le gouvernement. Un renouveau économique extraordinaire doit en surgir !
Depuis des mois, elle fait naître aussi un sentiment profond d’amertume et d’injustice au sein de la population des travailleurs. Nous ne pouvons que le partager !
Concrètement, il paraît que cela va diminuer les charges sociales pesant sur l’entreprise et relancer leur compétitivité … ce que plus d’un économiste sérieux conteste.
Concrètement aussi, cela signifie que nos salaires ne seront plus adaptés à la hausse du coût de la vie. Désormais donc, le mode de vie des citoyens se prend un coup dans l’aile.
Cette mesure s’ajoute déjà à un gel des salaires qui handicape sérieusement les possibilités financières des familles. Pour beaucoup d’entre elles,  les fins de mois se transforment en un cauchemar qui les oblige en des coupe-sombres dans leurs budget … et tout cela au nom d’une crise dont ils ne sont en rien responsables ! Merci les banques !
Le PTB, seul parti ayant publié une étude approfondie sur les effets du saut d’index, vus du point de vue des travailleurs, cite des chiffres qui font froid dans le dos : « ce saut d'index représentera une perte de 34.000 euros bruts sur 20 années de carrière pour un couple de travailleurs dont l'un gagne 2.800 euros bruts par mois et l'autre 2.400. Si elle n'a lieu qu'une fois, en 2015, la mesure a un impact tout au long de la carrière ».
En réaction le MR insiste, avec force, sur « la perte de compétitivité des entreprises belges vis-à-vis des principaux pays voisins (Allemagne, Pays-Bas, France) ».
Faute de compétitivité ou faute d’attractivité et d’audace industrielle ?
« Il considère le saut d'index comme l'un des moyens de résorber le handicap salarial de la Belgique et, partant, de relancer l'économie ». (Trends. Le Vif (15/10/2014).
Mais de quelle économie parle-t-il ?
Pas un mot sur l’impact social qui semble ne pas le concerner !
Pour compenser ce manque à gagner des classes laborieuses, le gouvernement Michel envisage des compensations qui permettront d’endormir la vigilance des citoyens.
Le Premier-Ministre déclarait le 14 octobre dernier, au Parlement : « Dès 2015, nous augmenterons les frais forfaitaires déductibles pour soutenir le pouvoir d’achat des actifs à concurrence de 250 euros en moyenne par an et par contribuable »
Malheureusement ces chiffres ne résistent pas à l’analyse des engagements pris vis-à-vis de l’Europe. Dans les données budgétaires transmises à la Commission européenne, nos gouvernants citent le chiffre de 450 millions, comme prix de cette mesure. Ceci ne permettrait qu’une déductibilité de 125 € et non de 250 €. L’effet mensuel sur les salaires serait de 10 €, bien moins que les 2% dûs à l’indexation des salaires.
95 % de la population sera impactée par ces mesures au point de faire sursauter le chef de groupe Ecolo : « Le Gouvernement MR-NVA tente de tromper les citoyens en multipliant les effets d’annonces. La mesure d’augmentation des frais forfaitaires déductibles et l’enveloppe bien-être ne compenseront ni la perte de revenu des travailleurs, ni la perte de financement pour la sécurité sociale. Un saut d’index social, ça n’existe décidément pas ! Le Gouvernement fédéral a de toute évidence décidé de faire payer l’effort budgétaire aux travailleurs et à tous ceux qui ont du mal à s’en sortir ».
En plus de cette première mesure compensatoire qui ne semble pas  tenir l’eau, le MR promet aussi la création d’emplois : «  Nous avons analysé le saut d’index qui montre qu’avec un décalage dû à la faible inflation, le saut d’index permet de créer 30 000 emplois ».
À cela devrait s’ajouter une autre mesure compensatoire : « l’enveloppe bien-être » qui devrait profiter aux plus défavorisés … si ce n’est que le saut d’index diminue considérablement les moyens de la sécurité sociale … encore du vent !
Il est difficile de prendre d’un côté et de restituer de l’autre !
Au fil des semaines et des discussions, il s’avère que ces chiffres sont de la spéculation, si pas de la science-fiction.
Le gouvernement semble compter du bout des lèvres sur « un geste » du patronat permettant la création de ces emplois. Il semble oublier qu’en « Affaires », il n’y a pas  de sentiments. Il semble avoir fait l’impasse de ses erreurs du passé, comme les intérêts notionnels.
La seule chose qui est sûre, à l’issue de tout ce processus, c’est que les actionnaires ont des raisons d’afficher leur optimisme. Leurs revenus seront nettement améliorés grâce à l’argent apporté par l’État, c’est-à-dire par vous et par moi.
D’autres pistes étaient possibles, comme une fiscalité plus juste et mieux répartie ou encore une participation à l’effort de redressement par le capital, si pas des nationalisations … mais toutes ces pistes sont balayées avec mépris !

À cette mesure du saut d’index, votée la nuit tombée, s’ajoutent d’autres nuages qui ne cessent de boucher l’horizon social de notre pays.
Il y a toutes ces normes européennes, ces diktats de la Commission qui non seulement mettent en cause la souveraineté des États, mais qui encore appauvrissent les bénéficiaires du travail en soutenant les profits du grand capital.
Il y a les délocalisations sauvages des entreprises qui, après avoir reçus des aides d’État, s’en vont se chauffer sous le soleil d’autres contrées, dans lesquelles l’exploitation du travailleur est une norme. Elles entraînent des pertes d’emplois qui s’égrènent, chaque jour dans nos journaux ou sur nos écrans.
Il y a le gel des salaires, la hausse continue des soins de santé et des prix à la consommation, la diminution des allocations, des taxes toujours nouvelles qui affectent au plus haut point l’avenir des familles.
Il y a le « bidouillage » autour de l’âge de la retraite. Non seulement, elle allonge les carrières des citoyens de manière inconsidérée, mais elle n’est source d’aucune création d’emploi chez les jeunes, ces oubliés de la « croissance ».
Il y a l’exclusion des chômeurs de leurs droits, au point de créer la misère comme norme d’existence.
Vous remarquerez que dans ces « magouilles », il n’est jamais question de la retraites de nos excellences ou des primes qu’ils s’accordent à l’occasion de leur départ ! Curieux, non ?
Il y a la demande de flexibilité de l’emploi qui n’assurera plus aucune sécurité au travailleur, déjà tellement fragilisé, par ailleurs.
Il y a le démantèlement lent et progressif de la sécurité sociale qui fera que la santé est un luxe inaccessible et que la consommation ne s’adresse qu’à quelques privilégiés.

L’heure de la résistance a sonné !
Les syndicats, timides, se lancent bien dans des actions ponctuelles. Elles sont souvent peu crédibles et elles ont un impact sérieux sur le revenu des travailleurs. Elle donne l’impression d’une émotion du moment, fataliste et sans lendemain !
Il y a bien tout l’effort de conscientisation fait auprès de la population concernée, mais qui semble bien désuète face aux difficultés concrètes rencontrées par les familles.
Certains rêvent de bloquer le pays, jusqu’à ce que ce gouvernement cède … mais peut-on lutter contre leur autisme idéologique ?
D’autres évoquent une révolution … mais en avons-nous la force et les moyens ?
Et si nous nous battions avec les armes de l’adversaire ?
Ils veulent diminuer notre pouvoir d’achat – effet premier du saut d’index – et bien qu’à cela ne tienne !
Limitons notre consommation au strict nécessaire, nous y serons d’ailleurs obligés.
Si nous en avons la possibilité, consommons à l’étranger, ce qui nous fera éviter bien des injustices de TVA.
Boycottons les campagnes publicitaires ou encore les propositions indécentes des banques. Non seulement, ce qu’elles nous proposent ne nous manquera pas, mais notre dignité en sortira grandie. Il devient urgent de leur faire comprendre que « nous n’avons pas les mêmes valeurs » !
Boycottons systématiquement les supermarchés qui « s’arrangent » avec le fisc.
Évitons de consommer des produits venant d’entreprises qui délocalisent.
Autrement dit, consommons autrement et de manière responsable !
Apprenons aussi à exercer nos droits démocratiques autrement. Il n’est pas normal qu’à chaque élection, nous reprenions les mêmes pour reproduire les mêmes erreurs. Nous avons même permis la création d’une démocratie héréditaire : il est temps que cela change : notre Constitution ne dit-elle pas que « le Peuple est souverain » ?
Exigeons une réforme de la loi électorale qui évitera des arrangements pré-électoraux peu démocratiques.
À longue échéance, cela signifiera, j’ose le parier, la faillite du système et la porte ouverte sur une nouvelle économie qui saura allier avec justice les impératifs du travail et ceux de l’argent.
Il nous faut refuser de n’être que les larbins du capital !

« Marche ou crève », nous dit le Gouvernement !
Répondons comme ce courageux citoyen français, confronté à la main de Sarkozy : «  Me touche pas … te me salis ! »

Guy De Smet (23 avril 2015)


- 34 - UNE TACHE DANS LE PAYSAGE

(Ceci est le 200ème billet d’humeur !)

Samedi soir, enfin une soirée calme. Je m’installe donc devant la télévision, le temps du Journal Télévisé. Là, une information a l’art de me retourner le cœur !
À Bruxelles, Capitale de l’Europe, un magasin « Delhaize » a fait placer des panneaux dissuasifs pour SDF !
Désormais, ses larges appuis de fenêtres sont recouverts par des plans inclinés. Leur but est d’empêcher les sans-abris d’y trouver refuge. C’est le droit du propriétaire !
Si c’est le « droit de sa conscience », c’est une autre question qui ne semble pas l’émouvoir !
Interrogé, le bourgmestre du lieu, se calfeutrant derrière la loi, justifie la position de l’enseigne. Ces pauvres sont une « source de nuisance ». Ils boivent. Ils insultent les passants, ils incommodent les clients de la grande surface. Ils sont « un trouble à l’ordre public ». Comme mandataire communal, il ne peut que justifier et encourager la décision du commerçant. La quiétude du quartier doit être respectée !
Si ce souci de l’ordre et de la propreté peut se comprendre, le sort de ces hommes jetés à la rue est aussi « un trouble ». Avant d’être un « trouble de l’ordre public », il est avant tout un « trouble social » et un « trouble constitutionnel ».
Ces fantômes de nos rues, avant d’être des nuisances ou des sources de pollution,  sont D’ABORD des êtres humains, avec un cœur, des sentiments et une dignité.
Avant d’être des « taches » dans le paysage, ils sont avant tout des hommes, des femmes, comme vous et moi. Ils sont des humains sur qui le sort s’est acharné et qui se retrouvent dans les poubelles de nos villes, comme nous pourrions nous y retrouver, nous aussi !
La vie a fait qu’ils ont tout perdu : maison, famille, relations, confort, hygiène …
Elle ne leur réserve désormais que notre indifférence, notre mépris et nos regards assassins.
Elle ne leur réserve  qu’un sort qui a permis à une ministre lettone, membre de la Communauté Européenne de proclamer : l’euthanasie devrait leur être appliquée !
Certes, ils sentent mauvais. Ils vous demandent d’excuser le fait qu’ils ne disposent pas d’une douche !
Certes, ils urinent au coin des portes et des façades. Ils vous demandent d’excuser l’absence de toilettes à leur disposition.
Certes, ils s’abritent sous nos fenêtres et dans nos halls désertés d’immeubles. Ils vous demandent d’excuser le fait qu’ils sont privés d’un toit !
Non seulement, ils sont exclus de nos mode de vie, les lumières de nos villes et de nos vitrines leur font mal aux yeux, les portes de nos abris de nuit se ferment devant eux, parce qu’ils dépassent les quotas … En plus, ils devraient disparaître de devant nos yeux !
Toi qui a eu le courage de me lire jusqu’ici, sais-tu que cet homme, cette femme, ce jeune, ce vieux pour qui Delhaize a construit ces barricades, ce pourrait être toi, demain ?
Le sort peut tout à coup s’acharner. La vie peut devenir soudainement un enfer, suite à un revers de fortune, à une maladie, à un accident ou que sais-je et tu te retrouves à la rue.  Il est parfois bon de se mettre dans la peau d’un autre avant d’émettre un jugement !

Un autre aspect de ma colère vient de l’identité de ce preneur de décision sordide :
Delhaize !
Cette enseigne fait régulièrement la une de l’actualité : ses plans sociaux foireux qui placent la compétitivité de l’entreprise avant le sort des travailleurs qui la font vivre …
Les « arrangements » fiscaux qui lui permettent de ne pas payer l’impôt qu’elle devrait …
Une politique de prix qui rend ce magasin inaccessible à toute une catégorie de la population, si ce ne sont leurs produits blancs.
Une démarche commerciale agressive, dont le seul but est la rentabilité, peu importe les moyens et les fournisseurs.
Delhaize ne laisse pas indifférent !
Aujourd’hui, il nous lance un appel : si tu es riche, si tu as les moyens, sois le bienvenu, dépense à l’aise. Je m'occupe de ton bonheur et de ton portefeuille.
Si tu es pauvre, miséreux, une tache dans l’épanouissement de nos sociétés, dégage, il n’y a pas de place pour toi. Tu n’es qu’un déchet dont il faut se débarrasser d’urgence.
Honte à toi, Delhaize ! Dégage … Tu es devenu un « cancer » commercial dans le paysage !
Faire ses courses chez toi devrait devenir une question morale.
Dépenser son argent chez toi devrait être reconnu comme un acte de collaboration à une société qui assassine ses enfants.
Te fréquenter devrait nous donner une nausée insurmontable : tu pues d’inhumanité !

Mais s’acharner sur cette enseigne, c’est vouloir abattre l’arbre qui cache la forêt !
Toute la société libérale se retrouve symbolisée dans ce fait divers grave qui s’est déroulé près de chez nous.
Voyez cette économie basée sur la rentabilité et la compétitivité de quelques-uns : elle appauvrit la société au point d’ériger un mur entre pauvres et riches.
Voyez cette austérité qui nous est imposée comme une solution à tous nos problèmes. Entre saut d’index et exclusion des chômeurs, elle met en place une génération sans avenir et sans vie.
Voyez cet égoïsme des nations qui empêche l’Europe de trouver une voie vers plus d’humanité en Méditerranée.
Certes, nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde.
Certes, nous ne pouvons pas être les victimes de toutes les nuisances sociales.
Certes, nous ne pouvons pas loger devant notre porte tous les sans-abris du monde.
Mais est-ce un alibi pour justifier nos « non-assistances à personnes  en danger » ?

Guy De Smet (26 avril 2015)


- 35 - LE SYNDICAT À CUBA

Nous connaissons tous la série de notre enfance : «  Martine à … »
Si celle-là avait de quoi nous faire rêver, une autre, plus sordide, semble s’être mise en place chez nous sur fond de crise économique et sociale.
Nous pourrions l’intituler : « Le syndicat à … » !
L’indiscrétion nous vient de la presse qui relate un voyage qui fait du bruit. Une délégation de la FGTB Métallos s’en est allée prendre le large à Cuba, le temps d’y célébrer le 1er mai !
Si leur programme envisage la visite d’une usine à cigares, il interdit toutefois la fréquentation des prostituées ou encore d’afficher des objets de valeurs ou de parler de politique.
Ces « vacanciers sociaux » passeront leur séjour à l’hôtel Mélia sur la plage de Varadero. Prix moyen d’une chambre : 230 euros !
Ce voyage coûtera près de 100.000 euros, financé par les généreux affiliés du syndicat !
Un membre de cette association, qui n’a pas voulu être du voyage a bien voulu répondre aux questions du Vif-L’Express.
Ce genre de déplacement a lieu tous les quatre ans, à la veille des élections sociales. Il ajoute cette fois son indignation : « Je trouve ça honteux par les temps qui courent. À un moment où les gens ont du mal à boucler les fins de mois, où on vire les gens du chômage, j'estime que la FGTB a mieux à faire avec son argent que d'aller le gaspiller dans un séjour d'agrément ».

Dans la même série « Le Syndicat à … », Marc Goblet, « Jeanne-d ’Arc » de la FGTB, se laisse inviter à la table du patronat au Cercle de Lorraine. Utile, peut-être ! Opportun, pas sûr !
À moins que « les repas mondains pour ceux qui crèvent de faim » soient à la mode ?

Est-ce bien le moment de s’afficher de cette manière alors que, par ailleurs, le patronat ne cesse d’être le point de mire des combats syndicaux et de la population ? Il suffisait de lire les slogans dans les différentes manifestations ! Ne s’agissait-il pas de mobiliser les citoyens face aux mesures injustes du gouvernement ?
Le monde syndical serait-il devenu « autiste » lui aussi, au point d’être capable de justifier à ses affiliés les décisions répugnantes exigées par la finance ?
Peut-être faut-il voir là, la décision de suppression de la manifestation sociale du 12 mai prochain !
Ouf de soulagement pour les entreprises et leurs actionnaires !
Répit espéré aussi par le gouvernement Michel, en quête de paix sociale, peu importe les mesures qu’il prend et la méthode avec laquelle il les assène.

Et pendant ce temps-là, les heures sombres de Germinal  s’écrivent en lettres d’inquiétude au sein d’une population, pour qui les fins de mois sont cauchemardesques !
Gel des salaires, saut d’index, si pas sa future suppression totale, l’augmentation du coût de la vie, la réforme des retraites ou plutôt leur sacrifice, l’exclusion du chômage, l’augmentation des soins de santé et de la sécurité sociale, l’annonce d’une flexibilité qui ressemble à de l’esclavage …
Les travailleurs n’en peuvent plus de « payer » et de s’enfoncer dans la pauvreté, pendant que des riches – ceux du Cercle de Lorraine et les autres - ne cessent de s’enrichir honteusement !
Jusqu’à quand ces politiques d’austérité et de destruction du tissu social pourront-elles continuer, sans révolte et sans colère ?

Où est passée la fougue syndicale qui, dans les années soixante, bloquait un pays au nom d’une Loi unique considérée comme inique, parce qu’elle appauvrissait les travailleurs ?
Où est le combat pour la justice qui mobiliserait les foules ? Il s’agit, que diable, du respect de la dignité de tous les citoyens et de l’effort juste et partagé entre riches et pauvres  pour redresser un état mené à la faillite par des politiques suicidaires ?
Où sont les acteurs du réajustement des valeurs qui feront que « travail » et « capital » ne pourront se passer l’un de l’autre, dans le respect mutuel et dans l’harmonie d’une nouvelle société à bâtir ?
L’heure du sursaut syndical a sonné, sous peine d’un rejet énergique de la base.
L’heure de la défense du travailleur est une urgence et une priorité que rien ne peut obscurcir, pas même les nuages de fumées de Havane.
L’heure d’un « stop » aux injustices sociales s’impose pour mettre fin à la désinvolture d’un gouvernement et à l’arrogance du monde de la finance qui ne cesse d’imposer ses volontés.
L’heure n’est ni aux destinations soleil, ni aux dîners qui donnent bonne conscience.
Syndicat ! Réveille-toi … ou demain, le peuple se révoltera aussi contre toi !

Guy De Smet (3 mai 2015)


- 36 - BRISER LE SILENCE

Le monde se souvient ces jours-ci de l’horreur et de la détresse semée par le régime Nazi : occupation, camps de concentration, destruction, génocide, humiliation … Cette barbarie prenait fin, il y a 70 ans, par une dernière bataille, celle de Berlin.
Une véritable boucherie laissait une odeur de sang et de honte, salissant le réveil d’une humanité opprimée ou endormie.
« Plus jamais ça ! », nous lancent, avec raison, tous les acteurs de la Mémoire, derniers témoins d’une époque d’où le visage de l’homme sort à jamais défiguré !

C’est cependant à ce même moment que nous est proposé un témoignage accablant de soldats israéliens, engagés dans le récent conflit qui a réduit Gaza en un champ de ruines.
« Briser le silence », c’est l’intitulé de ce rapport qui jette plus qu’un malaise dans la société israélienne.
Ce document ne manque pas de sérieux, au point d’être « ausculté » avec attention par l’ONU, par les responsables palestiniens qui voudraient voir Israël poursuivi, à juste titre, pour « crime contre l’humanité », mais aussi par la Justice israélienne qui ne peut supporter les dégâts causés à l’image de marque de la nation juive.
Les faits que dénoncent les soldats sont effarants !
Ils rejoignent les forfaitures que nous dénonçons aujourd’hui, à l’heure du centième anniversaire du début de la guerre 1914-1918. À cette époque déjà, l’armée massacrait des populations entières considérées comme des « tireurs embusqués » !

Un de ces soldats raconte : « Les règles d'engagement dispensées aux soldats sur le terrain consistaient à ouvrir le feu, ouvrir le feu partout (...). Le postulat de départ était qu'à partir du moment où nous entrions (dans la bande de Gaza pour la phase terrestre de l'opération, NDLR), quiconque osait montrer sa tête était un terroriste. »
Un autre relate un fait qui en dit long sur la barbarie de l’armée. Il parle de deux femmes, marchant dans un verger. Elles ont été repérées et puis abattues. Après l’inspection des corps, il s’avère qu’elles n’étaient pas armées. Le soldat, de conclure : « Elles ont quand même été listées comme terroristes. On leur avait tiré dessus, alors évidemment elles devaient être des terroristes ».
Un autre sergent relate comment des hommes de son unité ont abattu un vieillard approchant trop près de leur poste. Ils le croyaient munis d’explosifs et capable de se transformer en bombe devant eux. Le blessé se tordait de douleur. Allant à l’encontre de toutes les conventions internationales, ils l’ont achevé.
« Tout le monde savait qu'il n'y avait que deux possibilités : soit nous le laissions mourir doucement, soit nous mettions fin à ses souffrances ».
Un collègue ne peut s’empêcher de relater une situation vécue : son unité blindée a lâché une salve contre un immeuble au loin sur ordre de son commandant pour rendre hommage à un soldat tué.
Et tout cela n’est qu’un petit échantillon de l’horreur, qui ne doit pas mettre sous le boisseau les agressions, les actes de pillage, de racisme ou de vandalisme commis à l’encontre des civils palestiniens.
À ces faits qui « suscitent de graves doutes sur la moralité » de l’armée israélienne, il ne faut pas oublier d’ajouter les exactions, les humiliations, les meurtres commis au quotidien aux différents check-points entre les deux pays ou dans les colonies établies sur les terres palestiniennes ?
Si certains en arrivent à justifier et à banaliser de tels actes : « Il est crucial d’intimider les gens aux check points (…) nous sommes si peu et ils sont si nombreux. (…) Ces gens ne sont pas comme nous ! Ils nous mentent effrontément ! »
D’autres, par contre, comme Uriel Simon, 77 ans, professeur émérite d’études bibliques à l’université Bar-Ilan, ne supportent plus une parole de plus : « Parlons de "menteurs"Mon père a été un menteur. Mon grand-père a été un menteur. Comment auraient-ils fait autrement pour traverser les frontières et arriver dans ce pays ? Nous avons survécu en mentant. Nous avons menti aux Russes, aux Allemands, aux Anglais ! Nous mentons pour survivre ! Je suis le fils de Jacob le menteur !  Et quant aux Palestiniens : bien sûr qu’ils mentent ! Tout le monde ment à un check point ! Nous aussi, nous l’avons fait ! »
Son propos, il le poursuit sur le même ton : « Nous détestons le miroir. Nous ne voulons pas nous voir dans la glace. Nous n’aimons pas les photos qu’on prend de nous. Nous disons : ’Oh, cela ne nous ressemble pas’. Nous voulons nous voir plus beaux que ce que nous sommes. Mais ici, il y a aussi des prophètes qui sont des miroirs qui n’ont pas peur des rois ni des généraux. Le prophète dit : ’Vous êtes laids’, et nous ne voulons pas l’entendre. Mais nous devons nous regarder dans le miroir, honnêtement et sans crainte. »

Pour faire une guerre, il faut deux bras !
Il y a d’abord le bras politique, celui que détient le pouvoir israélien à la solde du régime sioniste.
Dans leurs veines coule le sang de la haine et de la supériorité de leur race. Il justifie la violence, l’exaction, la guerre. Ce qui importe  c’est  de voir la « nation juive » s’étendre et se fortifier. Si pour le faire, il faut écraser tous les autres sur son passage, même ceux à qui on a volé les terres, qu’à cela ne tienne.
À quand un nouveau procès de Nuremberg qui condamnera leurs crimes de guerre, atteintes aux droits fondamentaux de l’Humanité ?
À quand une exclusion de ce régime sordide du concert des nations, dans lequel il n’a pas sa place … trop de sang coule par ses mains ?
À quand un rétablissement de la Justice pour un peuple qui vivait en paix avant 1948, dans ce pays « où coule le lait et le miel » ?
Le second bras de cette guerre, c’est Tsahal, l’armée israélienne. Elle est une des plus puissantes du monde, financée par les Juifs du monde entier et par les États-Unis.
Son rôle n’est pas de faire dans le sentiment.
Son rôle est d’obéir au pouvoir politique, à la nation dont elle est une émanation.
Cela ne l’empêche pas de devoir respecter les conventions internationales comme celle de Genève qui règle la loi innommable de la guerre. Il est vrai que le gouvernement israélien, dans ses déclarations ne se sent pas concerné par ces lois internationales … N’est-ce pas cela être « hors-la-loi » ?
Il y eut moins de 100 morts et blessés dans les rangs de l’armée … et un réel carnage, un réel génocide au sein de la population palestinienne. Intolérable !
Il est urgent de « briser le silence » … mêmes si pour cela il faut affronter les accusations insensées d’antisémitisme, tellement en vogue par les temps qui courent.
Jamais, nous n’aurons le droit de rester indifférent face à l’homme écrasé par l’injustice et par la haine, sous peine d’en être les complices !

Guy De Smet (6 mai 2015)


- 37 - BON ANNIVERSAIRE

Monseigneur Léonard, aujourd’hui, je me permets de vous souhaiter un bon anniversaire.
Voici 75 ans, vous veniez, bébé, rejoindre une famille courageuse : un papa décédé, une maman aimante et des frères inséparables. La vie ne fut pas facile tous les jours, et pourtant le climat de l’amour familial se voulait une percée du soleil dans l’obscurité d’une époque.
Voici 75 ans, dans le petit André, tout était « donné » pour en faire l’homme, le prêtre et l’intellectuel que nous connaissons.
La fratrie, les études et la prière ont été vos lieux d’épanouissement et de vérité.
De tout votre vécu sont nées une spiritualité et une force de conviction qui se sont exprimées à travers tout ce que vous étiez : vos livres, vos contacts, votre enseignement, votre pastorat et plus tard votre épiscopat.
Le tout fut coloré par votre fougue et par votre énergie, mais aussi par votre humour bien namurois qui, depuis le pont de Jambes regarde couler la vie comme s’écoule la Meuse sous les arches.
Le tout fut parfois mis en page avec une certaine maladresse, semblable à nos maladresses. Il est, cependant, tellement plus commode de s’arrêter à celle qui encombre l’œil de l’autre !
Vous ne laissiez personne indifférent !
Aujourd’hui, votre anniversaire coïncide avec votre départ à la retraite. Nous l’imaginons déjà studieuse et priante. Nous vous la souhaitons comme un havre de paix et de regard intérieur, baigné par la rencontre du Christ de la Croix, mais aussi Celui de la Résurrection.
Qu’elle se vive dans la pourpre cardinalice ou sous l’humble habit du Serviteur, ce qui comptera aux yeux de Dieu c’est la tunique du cœur, colorée d’amour et de pardon. Elle sera, j’ose l’espérer, votre tenue de retraité.
Votre épiscopat, s’il fut un moment important de votre vie, ne fut pas toujours le temps des rendez-vous réussis.
Souvent l’aventure du renard et du petit prince s’est transformée en des impossibles apprivoisements qui laissent des blessures dans votre cœur et dans ceux qui ont été déçus ou qui se sont sentis rejetés.
Vous rêviez d’une certaine Église, toute inscrite dans la mouvance de Jean-Paul II. Vous la vouliez forte, armée de conviction et d’une morale infaillible. C’était sans compter sur la nécessité de petits pas plus soucieux de l’humain et d’une lenteur toute namuroise, plus au rythme de la mise en place de  décisions conciliaires.
Vous rêviez d’une Église, « belle comme un fiancée parée pour son Époux ».
Vous avez dû affronter, avec des moyens désuets et inadéquats, la pédophilie qui fut un véritable chancre dans votre ministère et dans l’actualité de notre Église. Au-delà des coupables, les doigts se pointaient sur vous. Vous deveniez le bouc-émissaire de l’impossible péché humain et de la soif de règlement de comptes d’une certaine société anticléricale.
Vous rêviez d’une Église conforme à une certaine tradition, au point d’en faire votre cheval de bataille ? C’était sans compter sur celles et sur ceux qui seront toujours un concile d’avance, même si pour cela il faut imposer d’autres tyrannies et d’autres exclusions.
Oui, vous rêviez … et nous avons regardé, écouté, sans toujours comprendre. Parfois aussi, nous avons applaudi !
Vous « risquiez » des choix que nous avons combattus, parce que nous ne nous sentions plus respectés !
Vous osiez des défis et des processions nautiques, pendant que nous restions là sans comprendre !
Vous cherchiez des communautés nouvelles, vous osiez des ordinations qui nous laissaient perplexes !
Il y avait tout cela, mais il y avait aussi l’être secret que beaucoup ne semblaient pas connaître.
Il y avait l’homme, le prêtre, l’évêque qui rentrait le soir dans l’obscurité de sa maison, seul et parfois abandonné. Un palais n’a jamais été votre demeure !
Il y avait l’homme, le cœur de père qui savait être là quand il le fallait, proche de l’épreuve d’un confrère ou proche de la souffrance. J’ai pu en faire l’expérience personnelle !
Vous n’aviez pas de chien à promener, mais un frère à consoler et à aimer !
Il y avait l’homme des « petites gens », celles et ceux qui ne semblent pas avoir d’histoire mais qui aimaient votre main tendue ou vos histoires dans le savoureux wallon que vous aimiez pratiquer ou encore vos petites chansonnettes, faites de bonne humeur et d’entrain.
Il y avait le Père, soucieux de l’avenir. Les vocations, le séminaire furent vos préoccupations et l’objet de toute votre attention.
En vous écrivant ces quelques mots, je ne me ferai pas que des amis … mais si elle tient à cela, je m’en passerai bien.
Vous êtes un homme, un prêtre, un évêque …
Vous êtes une autorité, un adversaire, une présence appréciée ou contestée …
Vous êtes les larmes qui nous parlent du Cœur du Christ …
Vous êtes une Parole semée au nom  de l’Évangile …
Vous êtes aujourd’hui, à 75 ans, celui qui peut regarder sa vie et dire : « J’ai tenté d’être un homme ».
Merci et bonne route ! 

Guy De Smet (6 mai 2015)


- 38 - VERS UNE NOUVELLE CRISE FINANCIÈRE ?

Une récente émission de la RTBF, « 7 eco » a accroché mon attention. Le débat entre économistes patentés envisageait la possibilité d’une nouvelle crise financière, sans commune mesure avec la précédente. Le constat en a été fait par une grande banque américaine, JP Morgan, qui parle « d’orage » !
Réalité ou fiction ? Des déclarations, des signes ont de quoi nous interpeller !
Un des signes les plus criants, c’est l’explosion du marché obligataire, ce qui crée du remous sur les marchés financiers mondiaux.
Les États-Unis, qui connaissaient une embellie économique jusqu’à ces deniers jours, semblent aujourd’hui atteints par cette nervosité, perceptible dans les courbes boursières.
Pour devenir une vraie crise, ces signes doivent encore être amplifiés et c’est ce qui semble se mettre en place.
Un exemple de cela est à trouver auprès de la dette étudiante aux États-Unis. Dans ce pays démocratique, l’Université est payante et les étudiants doivent emprunter pour pouvoir franchir les portes de ces lieux du savoir. De plus, cette dette compte les poursuivre toute leur carrière durant ! Aujourd’hui cette dette explose au point de dépasser celle occasionnée par les cartes de crédit, entre autre. L’université ne doit plus être accessible qu’à un milieu social, les riches. L’argent semble être l’unique sésame du savoir !
Pourtant, chaque jour, aux détours des souffrances de l’austérité, nos gouvernants nous parlent de « reprise », de chiffres et de statistiques favorables.
Tout semble aller pour le mieux, même si nos portefeuilles n’en ressentent aucun effet.
Les spécialistes du plateau insistent sur la déstructuration de l’économie mondiale qui semble s’être installée depuis un petit temps déjà. Cela ne semble susciter guère de réactions !
La manière de gérer cette crise, avec des solutions à court terme est peut-être la pire des manières. C’est ce que semble faire la banque centrale européenne, en inondant le marché de liquidités et en proposant des taux d’intérêts très bas. Ne serait-ce pas de la « politique à la petite semaine » ?
Si aujourd’hui, les « choses » semblent frémir en Europe, il n’en est pas de même aux États-Unis, alors qu’il y a seulement quelques semaines, c’était l’inverse. Dynamisme ou tempête ?
Trois facteurs ont aidé à l’embellie financière : les faibles taux d’intérêts, le faible prix du pétrole et encore une moindre appréciation de l’Euro, favorisant les exportations.
Ces vents favorables sont toutefois nés artificiellement et n’auront un impact qu’à court terme. Certains diront mêmes qu’ils ont été « achetés » !
Si une reprise de la croissance est prévue pour 2017, cela ne doit pas nous faire oublier que les dettes des États sont restées, pour le moins, au même niveau. Souvent, même, elles ont augmenté. Jusqu’ici, elles ont bénéficié de taux très bas. Que se passera-t-il lors d’une inévitable hausse de ces taux ?
Taux, dettes … Nous pouvons constater que les banques jouent un grand rôle dans cette crise de 2008, créée par elles. Pour l’absorber, elles ont besoin  de liquidités importantes. Et c’est là qu’elles se plaignent. Leur but est de transformer les dépôts en crédits, ce que les autorités les empêchent de faire !
Aujourd’hui, les responsables des États ont mis sur pied des règles en nombre pour se protéger contre la spéculation et contre les dérives bancaires. Mais, trop, c’est trop !
Un économiste attire, à ce propos, l’attention sur la démesure, en indiquant qu’elle se manifeste dans bien des domaines.
Trop de pétrole, trop d’épargne, trop de main d’œuvre, le tout dans un climat de manque de confiance du consommateur et de l’investisseur.
L’un épargne, pendant que l’autre rétribue l’actionnaire au lieu d’investir.
C’est dans ce contexte morose que s’est installée toute la surrèglementation voulue par nos responsables politiques !
Si cette crise annoncée menace d’être plus forte que la précédente, y-a-t-il des solutions ?
Pour lutter contre la calcification de la dette et pour dégonfler le carcan des règles imposées aux banques, il n’y a pas trente-six solutions.
Il faut certes donner plus de liberté à certains acteurs économiques.
En même temps, il faut exiger qu’ils deviennent plus petits et donc plus gérables.
Il faut des banques plus petites !
Il faut des zones économiques plus petites, ce qui est aux antipodes des décisions politiques d’aujourd’hui.
Il faut une mondialisation plus maîtrisée !
À partir de ces transformations indispensables de nos sociétés, une confiance pourra renaître et une consommation raisonnable pourra voir le jour.
L’émission se terminait par quelques conseils.
Il est important aujourd’hui, dans un premier temps, de prendre distance par rapport à ce vent de folie qui semble secouer la planète économique. S’endetter, au nom d’une situation favorable  dans le moment, est une grave erreur. Certes, les taux d’intérêts sont intéressants, mais pour combien de temps ?
Les investisseurs, quant à eux, seraient avisés de plus se méfier des spéculations des marchés financiers que de l’économie réelle.
Enfin, insistent les économistes interrogés : ne mettez pas tout dans l’épargne !

Personnellement, je retiens deux enseignements de ce débat intéressant : notre monde a besoin d’hommes d’État qui ne soient pas des gestionnaires du court-terme ou des toutous de leurs clientèles électorales ou encore des lobbies financiers.
Elle a besoin de  visionnaires qui prévoient, qui anticipent, qui rêvent d’une société juste et équitable.
Aujourd’hui, nous confions notre avenir à des valets d’acteurs économiques qui respirent et agissent en fonction des ordres reçus de celles et de ceux qui tirent les ficelles de ce monde financier … et social, par ricochet !
Leur rythme de fonctionnement est de quatre ou cinq ans, en lien avec le prochain scrutin électoral. Ils appellent cela « Démocratie » !
Jusqu’à quand laisserons-nous d’autres décider du contenu de nos existences. Notre Constitution l’avait prévu : le peuple est souverain ! À lui de décider de son avenir !
Le deuxième enseignement que je tire de ce débat tourne mes yeux vers les banques.
Elles n’ont pas aimé les limites posées à leurs spéculations. Elles exigent plus de liberté, sans toutefois se remettre en question.
Je retiens l’idée de cet économiste proposant de les rendre plus petites, plus humaines et donc plus gérables.
Je retiens l’idée de marchés économiques plus petits. Je l’appliquerais bien à l’Europe qui doit en finir de vouloir être cette grenouille rêvant d’être plus grosse que le bœuf. Elle n’en deviendrait que plus gérable, elle aussi, et plus humaine.
Si j’osais, je ferais même un pas de plus : et si cette économie libérale, en adoration devant le dieu-argent, était devenue obsolète et toxique ?
N’est-il pas temps d’inventer une nouvelle économie qui soit enfin au service de  l’homme et du bonheur de cette planète qui lui est confié ?

Guy De Smet (10 mai 2015)


- 39 - MENTEURS ET CHAROGNARDS

Ces deux mots, je les ai choisis, avec précision, pour stigmatiser la politique économique et sociale du gouvernement qui dirige notre petit pays.
Ce qui me permet de le faire, c’est l’adoption de deux mesures qui ont fait la une de l’actualité, lors de la semaine écoulée.
Dans un premier temps, le gouvernement s’est réjoui des chiffres du chômage. Figurez-vous qu’ils sont en baisse !
Nous, les « grands nigauds » de service, nous sommes censés nous réjouir avec eux, puisque les objectifs gouvernementaux dans ce domaine cadrent de plus en plus avec les normes européennes et avec les exigences des milieux financiers.
Or, nous ne sommes pas sans savoir que des milliers d’hommes et de femmes ont été exclus des allocations de chômage.
Des familles entières ont ainsi été reléguées dans le monde de la misère et de la précarité au nom d’intérêts économiques et financiers.
Parmi eux, nous trouvons près de 25.000 jeunes, sacrifiés sur l’autel de la rentabilité, de la compétitivité et de la délocalisation des entreprises.
S’il y a donc une baisse des courbes du chômage, ce n’est pas à cause d’une éventuelle reprise bien virtuelle, mais à cause du rejet de citoyens, considérés comme des poids et des fraudeurs.
Ils ont été pointés du doigt, comme étant la source de toutes nos difficultés et de cette crise qui ne cesse de faire le malheur des uns et le bonheur des autres.
44 % de ces « fainéants », aux yeux de ceux qui ne savent même pas ce que travailler veut dire, ont frappé à la porte des CPAS. Ceux-ci se sont très vite sentis incapables d’absorber cette masse de dossiers et surtout d’indemniser leurs nouveaux clients !
Bonheur pour nos gouvernants fédéraux, qui voient une caisse s’améliorer, pendant qu’une autre se vide. L’argent qui les alimente, l’ont-ils oublié, vient du même portefeuille du contribuable, de vous, de moi.
Après quelques mois de gesticulations, le gouvernement Michel, dans  sa grande bonté et son énorme souci du bien-être du citoyen vient de faire un geste.  Il compte débloquer 22,6 millions d’Euros pour venir en aide aux CPAS. Ceux-ci pourront ainsi mieux remplir leur mission d’aide auprès des démunis.
Un geste de « dame-patronnesse » qui, tel le Pharisien de l’Évangile, pourra s’extasier sur sa merveilleuse politique sociale et sur sa proximité avec les malheurs « offerts » aux citoyens.
Il nous prend pour qui, ce ramassis d’anguilles politiciennes ?
D’un part, il porte atteinte à la dignité du travailleur en le privant d’une allocation dont il se serait bien passé si l’âge, la restructuration, la délocalisation, la soif de rentabilité à n’importe quel prix n’avaient pas fait de lui une victime d’un système inique.
En plus, il le réduit au simple statut de « miséreux assisté » qui devra mettre sa honte en poche pour frapper à la porte des CPAS et y réclamer sa pitance.
D’autre part, ce gouvernement ignoble prend des mesures pour assainir le marché de l’emploi et en même temps, il distribue des sommes importantes pour renflouer des caisses qu’il ne cesse de vider.
Menteurs, hypocrites ! Je ne trouve pas d’autres mots pour qualifier l’attitude de ces responsables politiques.
Ils ne méritent en rien notre respect ! Saurons-nous nous en souvenir en temps opportun ?

Le deuxième fait qui suscite ma colère nous vient d’un autre ministre, Bart Tommelein.
En bon représentant de son parti, la NV-A, il utilise des méthodes chères à l’idéologie qui semble la guider.
Désormais, son administration aura le droit de « débarquer » de manière inopinée chez un chômeur pour le contrôler. Vit-il seul ? A-t-il d’autres revenus ? Ne vit-il pas au-dessus de ses moyens ?  …
Dans un de ces débats dominicaux, un chômeur s’insurgeait de cette mesure. Il mettait en exergue la difficulté de vivre un mois avec 800 Euros.
Devant lui, il n’avait que l’arrogance imbécile du porte-parole libéral à la Chambre. Pour ce dernier, un chômeur qui ne fraude pas n’a pas à s’inquiéter, n’empêche qu’il doit accepter d’être contrôlé et humilié, comme un vulgaire criminel. Autrement dit : « Résigne-toi à ton sort et paie ! »
Face au chômeur, l’attitude de ce gouvernement libéral s’apparente à de l’acharnement.
Il nous faut bien constater qu’il est nettement moindre quand il s’agit de couvrir des arrangements fiscaux, des traitements des patrons d’entreprises publiques, comme Belgacom ou encore d’autres fraudeurs riches, qu’il serait trop long d’énumérer ici.
En plus d’être formés d’hypocrites et de menteurs, il nous faut aussi voir en ces responsables des « charognards ». Ils s’acharnent sur leurs victimes, jusqu’à les enfoncer dans la désespérance et dans le suicide.

Et pendant ce temps, les syndicats se taisent, à moins qu’ils n’en soient encore à digérer les couleuvres du patronat ou les repas fastueux du Cercle de Lorraine ?
Peut-être en sont-ils encore à contempler les photos souvenirs d’un « Voyage social » à Cuba ?
Savent-ils que prochainement, il y aura des élections sociales et que le syndiqué pourrait se souvenir ?
Les travailleurs sont-ils condamnés à se battre seuls contre des empires qui les écrasent ?
L’homme devra-t-il avoir recours à la violence pour que sa dignité soit respectée ?
Il est urgent de se réveiller, nous pourrions bien n’en être qu’à l’entrée d’un repas de crise qui n’a pas fini de nous étouffer !  
 

Guy De Smet (11 mai 2015)


- 40 - LA PROSTITUTION, UNE GOUVERNANCE ?

« Anvers regarde son passé droit dans les yeux. Et je tiens à le dire : la collaboration était une erreur terrible à tout niveau ».
Cette déclaration, pour le moins surprenante, a été faite par le Bourgmestre d’Anvers, Bart De Wever. Il nous étonnera donc toujours !
Tout semble bon pour être au pouvoir, même la traîtrise !
Car enfin, d’où nous vient son parti ?
Il voit le jour dans la mouvance de l’après-guerre, sur les cendres d’un mouvement flamand réduit à néant, après le départ des Allemands.
Tous les mouvements nationalistes furent bâillonnés  après la libération. Leurs leaders furent jugés. Leurs membres furent accusés – justement ou injustement, c’est un autre débat ! - de collaboration active. Ils furent emprisonnés. Il leur fut accolés à la peau l’étiquette de « De Zwarten », en opposition à la gloire de la Résistance, appelée aussi « l’armée blanche ».
Parmi eux, il y eut des sympathisants du Nazisme. Ils n’hésitèrent pas à fêter la fête nationale flamande à Berlin, durant la guerre, avec la bénédiction d’Hitler et de sa clique.
Parmi eux, il y eut  des intellectuels dont l’objectif était de lutter par tous les moyens contre l’oppression de la bourgeoisie francophone.
Ils estimaient – à juste titre ou non … encore un autre débat ! -  que ces Seigneurs écrasaient leur peuple. Ils estimaient aussi que tous les moyens étaient bons pour se protéger contre eux. Peut-être bien que l’occupation allemande était un moment favorable, comme elle le fut en 1914-1918, avec la création de la première université flamande, Gand.
Cette mouvance flamande n’a jamais accepté la suprématie francophone et bourgeoise, qui depuis le début de l’avènement du pays a vu ses enfants mourir parce qu’ils ne comprenaient pas le français.
Paranoïa ou réalité … là encore, il s’agit d’un autre débat que je ne prétends pas ouvrir !
Parmi eux, il y eut encore des « collaborateurs économiques ». Ils ressemblaient à ceux qu’on trouvait, à l’époque, aussi en Wallonie et ailleurs dans les zones occupées. Ils sont de tous les champs de bataille, opportunistes ou quémandeurs du moment !
Dans bien des familles de Flandre, cette époque a laissé des traces et des blessures, qui jusqu’à aujourd’hui réclament vengeance ou laisse un arrière-goût amer.
Les enfants, les petits-enfants … et aujourd’hui, les générations suivantes n’ont pas oublié. Ils se sont regroupés … entre autre dans ce parti nationaliste flamand, qui a repris le flambeau de la lutte pour des revendications séculaires.
Est née la Volksunie. Son combat, souvenez-vous, c’était « l’amnistie », le pardon et parfois la réhabilitation pour tous ceux qui avaient été condamnés.
Ils se sont heurtés  à l’opposition nationale au nom d’un « plus jamais ça » bien compréhensible.
Après son éclatement entre une aile droite et une aile gauche, la NV-A est devenue le porte-drapeau du rêve d’une nation qui fait de son indépendance et de sa grandeur un credo indestructible.
Ce vieux rêve a confié à ce parti une majorité qui lui a permis de prendre les rênes du pouvoir.
Nous en subissons les craintes et les tremblements économiques au jour le jour, avant de voir ressurgir - tel le monstre du Loch Ness - ses revendications communautaires qui nous parlent d’un autre pays. Mais là encore, il s’agit d’un autre débat !
C’est avec l’arrière-fond historique de son parti en mémoire, qu’il nous faut entendre les propos de son président.
Devant  le Forum des institutions juives, il s’en prend au mouvement flamand. Il s’en prend au Vlaams Nationaal Verbond, parti nationaliste flamand de la période de guerre, dont son grand-père fut membre.
« C'est une page noire de l'histoire que le nationalisme flamand doit pouvoir voir et qui ne doit jamais être oubliée », dit-il. "Dans l'histoire de chaque individu, il y a du noir et du blanc, et surtout beaucoup de gris. Mais le nazisme et la shoah étaient des erreurs criminelles. Personne ne peut le nier, cela ne nécessite même pas de nuances. »
Certes, la deuxième partie de sa déclaration ne peut rencontrer que notre adhésion sous peine d’être de stupides négationnistes.
La première partie, dans laquelle il se réfère à l’histoire du nationalisme flamand, est une gifle à toutes celles et à tous ceux, ses ancêtres, qui en 1940-1945, ont pensé devoir « sauver les meubles » comme ils l’ont fait.
Il cite le Bourgmestre d’occupation, Monsieur Delweide.
Comme beaucoup de ses collègues il a permis la déportation de Juifs, tout comme, par exemple, le Consistoire juif de Liège qui n’a pas hésité à remettre des listes à l’occupant allemand. Avaient-ils d’autres choix et quelles en auraient été les conséquences pour la population ? Un débat glissant dans lequel je refuse de m’engager.
Ce bourgmestre a aussi permis de protéger la ville d’Anvers et ses habitants contre la fureur destructrice du régime nazi … cela aussi doit pouvoir se dire. Monsieur Delweide et d’autres ont été condamnés, privés de leurs droits civiques et politiques. La Justice a été faite ! Il n’est nul besoin de réécrire l’histoire !
Certainement pas par ce « pitoyable petit professeur d’Histoire » qu’est Monsieur De Wever. Il est censé savoir que faire œuvre d’historien a des règles et qu’il n’est pas utile d’inscrire son petit succès sur le lit de rancœur et de vengeance qui, jusqu’à aujourd’hui, ravage le cœur de tant de ses compatriotes.
Je constate d’ailleurs qu’il a mis nettement moins d’énergie pour rappeler à l’ordre ses ministres qui n’ont pas hésité à user de leur notoriété pour saluer le comportement « héroïque » de quelques suppôts de ce « minable petit peintre en bâtiment » que fut Hitler armé des pinceaux de ses complexes et de sa folie meurtrière.
Ses propos injustifiés et diffamatoires ne doivent pas nous faire oublier qu’aujourd’hui, c’est le peuple du travail surchargé d’impôts, qui entre en résistance, pendant que lui et ses acolytes au pouvoir ne sont que les vulgaires collaborateurs d’une idéologie économique et financière, assassine des aspirations au bonheur de l’homme.
De Wever, dégage … ta « prostitution » nous salit !

Guy De Smet (11 mai 2015)


- 41 - QUOTAS ?

Dans notre monde se joue un drame peu commun.
Des hommes, des femmes, des enfants débarquent, en nombre, sur les côtes européennes. Ils fuient la guerre, la famine ou encore des conditions de vie que nous ne souhaiterions pas à notre pire ennemi.
Leurs espoirs d’une vie meilleure, ils les ont confiés à quelques « passeurs » peu scrupuleux. Ceux-ci n’hésitent pas à  profiter de la misère humaine pour se remplir les poches. Ils ont sentis « une affaire » juteuse, dont ils comptent bien profiter au maximum.
Misère de la Méditerranée, cauchemar humain qui se déverse sur nos côtes dans l’indifférence générale, suscitant le déchaînement de la bestialité de nos responsables politiques, tous azimuts.
Dans ce domaine, l’Europe, encore elle, vient de se distinguer d’une manière qui la rend indigne d’un prix Nobel de la Paix !
Dans un premier temps, il a fallu « déranger » dans l’urgence les chefs d’États et de gouvernements. L’urgence ne venait pas de la situation de détresse humaine, mais bien de la colère de l’Italie, qui estimait, à juste titre, ne plus pouvoir assumer, seule, cette arrivée massive d’étrangers.
La commission, plus soucieuse de marchés économiques ou de plans de sauvetage de la finance, a tergiversé, palabré, manifesté ses désaccords … Des heures de discussions, pour accoucher d’une souris !
Ils ont envoyé quelques navires pour aider les garde-côtes italiens.
Elle envisage de s’en prendre directement aux « passeurs » et à leurs embarcations, avant que le drame ne défigure la Méditerranée. Leurs stratégies sont de l’ordre de la science-fiction.
Pas un regard sur ces visages de réfugiés ou de migrants,  défigurés par la terreur et par la mort.
Mais Monsieur Junker, président de cette commission a eu un éclair de lucidité supplémentaire. Il est tellement mieux quand il ne fait rien !
Il a repris une idée chère à l’Europe. Elle l’avait déjà appliquée à bien des secteurs économiques, avec les dégâts que nous savons.
Il a proposé d’appliquer la notion de « quotas » à l’accueil des réfugiés qui ne cessent de frapper en vain à la porte de nos états « civilisés ».
Ces quotas seraient définis en fonction de la taille du pays, de son PIB, de son chiffre du chômage … et le problème est résolu !
On est charlatan ou on ne l’est pas ! Il n’en est pas à son coup d’essai … souvenez-vous « Lux Leak » !
D’une part, cette solution est loin de faire l’unanimité des membres  de l’Union européenne : la Grande-Bretagne, la France s’opposent à cette mesure !
D’autre part, cette proposition a de quoi donner des frissons !
Certes, il semble normal que l’effort d’humanité demandé soit réparti entre tous les pays, de manière équitable. La solidarité ne doit pas être l’apanage de quelques pays.
Mais de là à transformer des êtres humains en marchandises à se partager, il y a un pas … même si nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde, comme ils disent !
Ces hommes, ces femmes, ces enfants nous viennent de Syrie, d’Érythrée ou encore d’autres régions du monde défigurées  par la guerre et par la passivité de l’Occident.
Leurs pays nous les connaissons mieux par les armes que nous leur vendons ou encore par nos plans de « reconstruction », après les conflits ou encore par nos souhaits d’expansion de marchés économiques, plus soucieux de rentabilité que de droits de l’Homme.
Ils abordent nos côtes, au péril de leur vie, après avoir fui des bombardements ou l’humiliation de camps de réfugiés. D’autres débarquent avec l’espoir de rejoindre des proches ou de trouver un emploi et des conditions de vie dignes d’un être humain.
Le rêve de beaucoup d’entre eux est de rentrer au pays le plus tôt possible.
Et l’Europe, engoncée dans son égoïsme, leur répond en imposant des « quotas » !
On aurait pu rêver d’humanité, de politiques semeuses de paix et de développement.
On aurait pu croire en la volonté d’une mise en place concrète de la justice et de la solidarité, seuls vecteurs d’une paix réaliste.
Au lieu de cela, ils nous parlent de « quotas » ! Quel cynisme !
Désormais, le Syrien ou l'Irakien, confronté à la destruction devra interpeller le belligérant, après avoir consulté la carte des quotas : « S’il vous plait, ne bombardez pas mon quartier, ma maison, ma famille … je suis « hors-quotas » !
Désormais, le miséreux qui fuit son pays démoli par des conflits incessants, auxquels l’Europe aura bien coopéré, devra s’accommoder d’un regard réduit au mystère d’un « quota » et aux traits figés dans les courbes de nos statistiques. Il prendra peut-être le risque de se voir séparé de ceux qu’il aime.
Décidément, ces marchés économiques sont devenus des monstres d’inhumanité. Ce qui importe, ce n’est pas l’homme et sa quête de bonheur. Ce qui importe c’est l’argent, la finance et ce qu’il y a moyen de tirer de l’homme pour encore devenir plus puissant. Un système aussi ignoble que le système nazi … et pour les mêmes raisons !
Certes, nous l‘avons déjà dit, nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde !
Avons-nous, pour autant, le droit d’en devenir des créateurs par nos politiques étrangères sournoises et par nos fermetures de frontières égoïstes ?
J’ose à peine imaginer la réaction de nos parents ou de nos grands-parents, fuyant les conflits qui ont ravagé nos contrées, dans l’Histoire.
Ils sont partis vers la France, dans l’attente de jours meilleurs. Ils y ont trouvé un accueil et une compassion qui aidaient à survivre. Grâce à cela, ils ont eu la vie sauve !
Qu’auraient-ils fait, s’ils s’étaient vus refoulés à la frontière ?
Qu’auraient-ils souffert, s’ils avaient été, en plus, les victimes de l’humiliation d’un rejet inhumain ?
Ce qui se passe aujourd’hui à travers cette proposition de quotas est une honte et une gifle au citoyen européen. Sa grandeur d’âme historique mérite mieux que ces « pâles irresponsables » qui ont fait du virtuel leur champ de vision.
La page d’Histoire que nos responsables écrivent aujourd’hui est une négation de tous ces cris entendus depuis 1945 : « Plus jamais ça ! »
À traves cette notion de « quotas », c’est toute une notion de l’homme qui se dessine. Il sert à faire tourner une machine économique. Il sert à alimenter un monde financier, toujours avide de plus. Son cœur, ses peurs, ses aspirations, ce sont des rêves pour un romantisme d’un autre temps !
J’ai honte aujourd’hui de voir mon numéro d’immatriculation de voiture, encadré par le drapeau européen.
J’ai honte de voir ce même blason insulter mon passeport.
J’ai honte de voir l’emblème  de cette idéologie économique salir la monnaie que j’utilise.
J’ai honte de voir ces « fonctionnaires du médiocre » prendre des décisions en mon nom !
J’ai honte d’être européen !

Guy De Smet (18 mai 2015)


- 42 - PALMYRE

Wikipédia, cette encyclopédie virtuelle, véritable GPS du savoir humain, nous définit Palmyre en ces termes : « Palmyre est une oasis du désert de Syrie, à 210 km au nord-est de Damas. Son nom sémitique, attesté déjà dans les archives de Mari (XVIIIème siècle av. J.-C.), est Tadmor ou Tedmor (تدمر ). C’est toujours son nom actuel ».
La ville de Palmyre est aujourd’hui au centre des préoccupations du monde, au point qu’une responsable de l’UNESCO s’est levée pour prendre sa défense et tirer la sonnette d’alarme.
La ville antique est une des merveilles du patrimoine culturel mondial. Elle attirait, avant la guerre, des milliers de touristes, séduits par sa conservation et par le témoignage d’une époque aux fastes insoupçonnés.
Elle était une merveille issue de la colonisation romaine. Elle faisait l’émerveillement des voyageurs de la route de la soie, qui parcouraient ses rues bordées de colonnades.
Cette trouvaille archéologique est aujourd’hui en danger. Les terroristes de l’État Islamique s’en approchent et menacent de la détruire à tout jamais.
Ils n’en seraient pas à leur coup d’essai. Les musées de Mossoul et d’autres lieux du Moyen-Orient ont déjà été les victimes de leur haine iconoclaste.
Des voix se lèvent donc pour défendre ce patrimoine et sauver ces ruines de la barbarie.
Émouvant élan de civilisation !

Il est cependant un autre patrimoine de la création qui ne cesse d’être défiguré dans ce pays, depuis des lustres. Il est tout aussi irremplaçable et unique. Il s’agit de l’être humain.
Il croule sous les bombes et sous la peur.
Il subit la torture et la faim.
Il est atteint dans ce qu’il a de plus précieux ; sa famille, ses enfants.
Il fuit vers l’univers glauque des camps de réfugiés, y vivant entassé avec d’autres dans des conditions défiant toute humanité.
Il échoue sur nos côtes européennes pour n’y croiser que des cœurs fermés et des bras noués.
La Syrie et l’Irak, comme d’autres pays de la région, sont pourtant des enjeux importants dans les arcanes de la mondialisation. Ils représentent un marché potentiel pour l’industrie de l’armement et pour le positionnement des gendarmes du monde.
Certes l’Occident manifeste, dans le même temps, son opposition. Les dirigeants condamnent fermement le régime syrien, en cherchant néanmoins à maintenir des portes ouvertes. Ils disent, avec la même force, vouloir lutter contre la barbarie des Djihadistes de l’État Islamique, sans trop s’en donner les moyens.
Force est de constater, qu’il y avait plus d’engouement à envahir le Koweït ou encore l’Irak, que de s’enfoncer dans le désert syrien. Ah ! Pétrole, quand tu nous tiens !
Voici des années que des villes sont détruites, que des hommes sont tués, que des femmes et des enfants pleurent parce que la vie est devenue un cauchemar. Et cela ne semble intéresser personne : rien ne change ! Pas d’avenir à l’horizon !

Tout cela, nous le savons, me rétorquerez-vous. Où est donc la raison de ce billet d’humeur ?
Mon coup de sang, je le perçois au départ de la disproportion entre des alarmes.
Certes, l’appel à la sauvegarde de la cité antique de Palmyre a sa raison d’être. Ces ruines qui ont traversé l’Histoire méritent toute notre attention. Mais, n’en déplaise aux puristes de la Culture, ce ne sont que des ruines !
Depuis des années le visage de l’homme est défiguré par une guerre fratricide et idéologique innommable.
Le sang est versé, colorant d’un rouge ruisselant de colère et de détresse, une terre qui a vu naître la civilisation.
Les rêves les plus légitimes de familles entières sont anéantis, sans qu’elles ne sachent pourquoi.
Des bourreaux peuvent agir et tuer effrontément, sans qu’un sursaut d’humanité et de saine colère n’effleure le cœur de nos responsables occidentaux, si ce n’est du bout des lèvres.
Pas même un consensus des nations pour rétablir la paix, dans la justice et dans le respect de tous.
La maison brûle, un bébé reste prisonnier des flammes … qui sauver en premier ?
La Syrie est dévastée, le Syrien y est prisonnier et humilié … où s’écrivent nos priorités ?
De l’antique Palmyre ne restent que des ruines. Elles sont belles, certes, mais la vie et l’opulence d’antan n’y éclatent plus.
La Syrie d’aujourd’hui est à feu et à sang. La voix de ses enfants s’y fait cri et souffrance … saurons-nous en être l’écho ?

Guy De Smet (18 mai 2015)


- 43 - BIENVENUE AU PAYS DE LA FRITE

Sur le site internet du pavillon belge à l’exposition universelle de Milan, nous pouvons lire des invitations à la détente et au dépaysement : « À table ! Une visite complète du pavillon passe aussi par la gastronomie belge. Une multitude de formules culinaires s’offrent à vous, de la plus traditionnelle à la plus contemporaine, dans un espace agréable et convivial » … Une invitation au pays du rêve et du bien-vivre !
Si ce n’est que dans le même temps, la presse nous offre une image nettement moins élogieuse de la présence belge à Milan : « Une vingtaine de travailleurs sur les trente que compte l'équipe Horeca du pavillon belge à l'Exposition Universelle de Milan ont décidé de cesser leurs activités », a indiqué vendredi soir Marie-Noëlle Higny, la commissaire adjointe. (Le Vif 15/05/2015)
Depuis le lancement du projet, les difficultés s’amoncèlent et les employés ne décolèrent pas : denrées alimentaires bloquées à la frontière, au point de devoir façonner un waterzooï avec des crevettes siciliennes. Honte culinaire, s’il en est !
Matériel de cuisine manquant, absence de tables et de chaises pour le restaurant (il a fallu louer l’indispensable pour 20.000 euros, la veille de l’ouverture !)
Les chefs de cuisine se succèdent après avoir quitté tout en claquant la porte.
Tout cela ne serait rien, s’il n’y avait en plus des conditions de travail ; source de difficultés financières pour les employés et bien éloignées des promesses de départ.
Le contrat de travail n’arrive que des semaines après l’ouverture, suite d’ailleurs à un arrêt de travail d’une journée.
Le logement et la nourriture, avantages promis, n’ont pas été pris en charge, alors que ces employés sont payés selon les normes des manutentionnaires italiens, soit 900 € net par mois. Un scandale qu’il aura fallu corriger dans l’urgence par un ajustement salarial (1200 € brut sont devenus 1200 € net !)  … et il va falloir tenir ainsi jusqu’au 31 octobre 2015 !
À la lecture de ces couacs d’organisation, peut-être bien que notre petit pays pourrait envisager un changement d’hymne national qui mettrait tout le monde d’accord. L’air du temps semble plus être à cette mélodie d’Annie Cordy : « J’voudrais bien, mais j’peux point » qu’à une fière et sonnante Brabançonne !

Certains, face à ces événements, s’indigneront : comment peut-on salir à ce point l’image d’un pays fier et courageux ? Quelle image laisserons-nous aux nations qui réussissent ?
D’autres se moqueront d’une nouvelle histoire belge qui viendra s’ajouter à la liste, déjà longue, de celles qui nous entourent de ridicule et de surréalisme.
D’autre encore, s’empresseront, de corriger ce fâcheux incident pour promouvoir le statut européen de notre pays qui, de l’odeur du fromage de Herve aux sursauts obsolètes de Bfast, nous enfonce dans l’ubuesque.
Je ne serai d’aucun de ceux-là !
Il aura fallu du courage et de l’audace à la Belgique pour oser relever un tel défi.
Dans le concert des nations, elle a décidé de se présenter telle qu’elle est, sans masque et en toute vérité.
Elle le fera, au point de pousser deux ministres, Peeters et Jambon, à l’exploit. Non seulement, ils ont inauguré ce pavillon-Titanic, mais en plus, ils ont trouvé les pommes de terre à frites … inexistantes …  la veille. Ils pourront se montrer, fiers d’un cornet de frites, notre étendard national !
Il aura fallu du courage et de l’audace pour exposer à la face du monde nos stratégies économiques et industrielles foireuses.
Nous ne disposons pas des ingrédients, ni du matériel mais nous ouvrons un restaurant.
Nous ne disposons pas  de réelles conditions de travail qui résisteraient à n’importe quel procès d’intention, mais nous embauchons. Le moindre dérapage sera qualifié d’incident mineur.
Nous ne disposons pas des financements nécessaires que pour échapper au dumping social, que nous condamnons par ailleurs, mais qu’à cela ne tienne : la fin ne justifierait-elle pas les moyens ?
Nous ne disposons pas des moyens nécessaires pour mener à bien l’entreprise, mais nous en connaissons les responsables : ce sont des meneurs malveillants, jamais satisfaits de leur sort.
Ne nous plaignons pas, la Belgique s’exporte telle qu’elle est !
Elle est une terre de contrastes.
D’une part, il y a une population habitée par des rêves, par des projets. Elle a soif de bien-être et d’avenir.  Elle est forte d’une histoire courageuse et belle.
Elle demande de la considération et du respect pour ses différences.
Elle invente, innove, et se plait dans une convivialité parfois peureuse et dans une fierté bien discrète.
D’autre part, il y a ses responsables politiques à la remorque de ses entreprises et de leurs priorités ?
La Belgique, c’est le pays où il faut sauver l’entreprise. Elle créera de l’emploi, à moins qu’elle ne se contente d’engraisser ses actionnaires et quelle nous laisse avec l’impression de ne rien voir  venir dans un délai raisonnable.
La Belgique, c’est le pays où la grève et la manifestation sont des devoirs civiques par rapport à des décisions qui sèment l’injustice et font de la lutte des classes une guerre fratricide sans merci.
La Belgique, c’est le pays où la richesse de quelques-uns se construit sur l’effort imposé aux autres, sans que cela ne tourmente en rien la conscience des décideurs.
La Belgique, c’est le pays où les dépenses somptuaires sont une priorité indiscutable face aux urgences de la sécurité sociale ou des fins de mois des « petites gens ».
La Belgique, c’est le pays ou suffrage universel et démocratie se déclinent selon des accords partisans, dans lesquels la voix du peuple compte pour bien peu de choses.
Tout cela, et bien d’autres choses encore, nous l’avons exposé à Milan.
Notre pavillon nous montre un pays dans lequel il fait bon vivre, si du moins tu te trouves du bon côté de la barrière !
Chante, Annie, notre merveilleuse ambassadrice. Tu n’as jamais autant trouvé les mots justes : « J’voudrais bien, mais j’peux point » !

Guy De Smet (18 mai 2015)


- 44 - JE ME SUIS TROMPÉ !

Cette déclaration, pour le moins surprenante, nous la devons à notre champion de la sinistrose, le Premier-Ministre Michel.
Dernièrement, dans sa grande sollicitude, il a daigné s’adresser au peuple qu’il dirige avec mépris pour justifier sa politique, celle dont nous souffrons au quotidien.
La seule chose, que j’en retiens, ce sont ces mots effrayants : « Je me suis trompé ».
Ils résument la raison de son reniement pré-électoral, selon lequel, jamais, il n’entrerait dans un gouvernement avec la NV-A. La simple évocation de ce nom occasionnait chez lui une poussée d’urticaire.
Son revirement, nous le devons à sa fréquentation raisonnée des dirigeants du parti nationaliste flamand. Il aurait appris à mieux les connaître et à mieux les apprécier ! À moins que son goût inné pour le pouvoir n’ait anéanti ses facultés de jugement.
À l’entendre, la NV-A ne serait même plus un parti séparatiste. Elle n’aurait plus aucune intention de briser la solidarité qui la lie à d’autres régions du pays. Elle ne porterait plus le projet d’une « république indépendante de Flandre ».
Comme il est beau de voir une autruche s’enfoncer le bec dans le sable !
Certes, nous ne pouvons qu’admirer un homme politique qui reconnait ses erreurs … mais de là à faire de ses faiblesses intellectuelles un mode de gouvernance, il y a un pas !
La NV-A reste bien un parti séparatiste. Il suffit de lire son programme.
La NV-A reste bien un parti trouble, dont les positions ont fait le recul du Vlaams Belang, parti d’extrême-droite, s’il en est.
La NV-A reste bien ce parti qui ne se trompe pas en faisant main basse sur tous les leviers de l’État, comme la politique de l’immigration, la politique intérieure  et sécuritaire ou encore l’économie …
Et Michel de nous dire haut et fort : «  Je me suis trompé ».

Et s’il s’était trompé aussi dans le reste ?
S’il s’était trompé dans ses plans d’exclusion du chômage, remisant l’être humain au fond des arcanes de la honte et de la misère ?
Aujourd’hui, à Huy, une femme et son enfant handicapé logent dans un hall d’immeuble, parce que cette maman n’est plus dans le réseau humain, suite à sa perte d’emploi !
S’il s’était trompé dans sa taxation du travail ?
La compétitivité des entreprises, il en fait porter le chapeau à une population à qui il impose un gel des salaires, un saut d’index, une hausse du coût de la vie, une braderie de la sécurité sociale, une insulte aux retraités et à ceux qui y aspirent.
Quand il s’agit de répartir l’effort sur l’ensemble de la population en envisageant un tax-shift, là il faut des mois de palabre et d’indécision. Il est vrai qu’elle risquerait de toucher sa clientèle électorale et son milieu privilégié des riches.
S’il s’était trompé dans son choix de modèle économique ?
Plus d’un économiste sérieux attire, aujourd’hui, l’attention sur la fin programmée de l’économie libérale qui se noiera dans ses crises à répétition. L’enjeu de la société n’est pas la loi du marché. Il est l’épanouissement de l’homme, considéré de tous temps, comme le sommet de la création ou des priorités sociétales.
S’il s’était trompé dans sa politique de gestion de la santé ?
Il vaut mieux, aujourd’hui, être riche et en bonne santé que pauvre et malade ! Pour vous en convaincre, il suffit d’approfondir les décisions que ne cessent d’imposer la ministre de la santé pour constater que les soins de santé ne sont plus accessibles à tous !
S’il s’était trompé dans sa politique européenne ?
Les décisions et les aboiements de la Commission Européenne sont sa bible. Pour cela, il fait fi de la souveraineté nationale prévue par la Constitution. Chaque mesure prise l’est à l’aune des obligations et des diktats européens !
Et s’il existait une autre politique européenne ?
Au lieu de n’être qu’un vulgaire marché économique et une piste de carrières politiques, elle pourrait et devrait avoir le souci du citoyen, de tous les citoyens ?
Et nous pourrions continuer cet inventaire des « erreurs politiques » qui guident ce gouvernement.
Certes, il y a une crise.
Certes, l’heure est grave.
Certes, des décisions responsables doivent être prises.
Mais est-ce normal que la crise profite aux riches et aux  grandes fortunes ?
Est-ce normal que l’industrie du luxe ne connait pas la crise, pendant que les fins de mois des citoyens qui travaillent sont un enfer ?
Est-ce normal que notre pays soit un paradis fiscal pour certains et un gâchis pour d’autres ?
Est-ce normal que les responsables de cette crise : les banques et les joueurs de roulette industrielle ou de délocalisations abusives ne paient en rien les pots cassés ?
Est-ce normal qu’un déficit démocratique puisse nous conduire à la mise en place d’un tel gouvernement (MR : un peu plus de 9% des voix selon les chiffres du Ministère de l’Intérieur, lors des dernières élections législatives) ?
Et si nous nous étions trompés en votant et en les laissant « adapter » nos voix par des accords pré-électoraux ?
N’est-ce pas ce que nous laisse entrevoir le courage de la Grèce et l’audace de l’Espagne ?
Et si une autre politique, éloignée de tous ces partis « dinosauresques » était possible pour que l’homme puisse enfin se relever et prendre son destin en main ?
Michel, non seulement tu t’es trompé … mais tu nous as trompés et vendus sur l’autel de tes préjugés économiques et de ton ambition personnelle !

Guy De Smet (18 mai 2015)


- 45 - LE BAPTÊME, UN DROIT ?

Ce 2 juin, le journal La Meuse dévoile une polémique qui vient de voir le jour au sein de la paroisse de Fléron, dans le Diocèse de Liège.
Le curé y aurait refusé de célébrer le Baptême d’un enfant, dont les parents affirmaient ne pas croire en Dieu.
Scandale, incompréhension … et pourtant !
Cela mérite, pour le moins, de nous interroger et de remettre les pendules à l’heure.
Dans nos contrées, ancrées dans le matérialisme et dans la consommation, le Baptême s’inscrit dans de vagues traditions familiales, relayées par tout un filon commercial qui sait se rendre indispensable.
Cela se fait ! C’est une fête de famille, une fête autour d’un événement important, une naissance, qui a marqué une famille. Ce sont là des arguments qui étayent ces pratiques.
Un nouvel enfant qui entre dans la vie, cela mérite bien une fête, mais est-il nécessaire de la sacraliser par un passage dans un lieu de culte ?
Le bonheur de jeunes parents ne se traduit pas que dans des rites !
Si, toutefois, ce rite d’un Baptême s’avère nécessaire au point de se demander comme un « droit », il ne peut s’accompagner que de son pendant « un devoir ».
Par ailleurs, si une naissance, un bonheur sont des moments de tendresse et d’amour, ces catégories de « droits » et de « devoirs » ont-elles bien leur place ?
Quand la pensée de l’Église, sa théologie, évoque le Baptême, elle parle d’un « don ». Il s’agit du don d’un Dieu qui nous aime tels que nous sommes et qui a besoin de nous, pour aimer à notre tour.
Le mot « don » est synonyme du mot « cadeau ». 
Un cadeau est-il un droit ?
Avons-nous le droit de l’exiger ?
Ce don, ce cadeau, Dieu le fait à ses enfants, à celles et à ceux qui le reconnaissent et qui savent lui tendre les bras pour le recevoir et l’accueillir.
Ce don, ce cadeau, Dieu le fait à ceux qui acceptent  qu’il soit capable de les aimer. Il le fait aussi à ceux qui acceptent au moins de se poser la question de sa proximité et de sa présence, même s’il est loin d’être une évidence dans leurs existences ?
Il ne peut se donner à celui ou à celle qui refuse son existence et qui se détourne de lui.
C’est en ce sens que l’Église inscrit le Baptême d’un enfant dans la démarche consciente de ses parents.
Si Dieu est quelqu’un d’important dans leur vie de tous les jours, s’il est une simple question qu’il ne rejette pas, auront-ils à cœur de transmettre ce patrimoine, ce visage de l’Amour, cette interrogation à leurs enfants ?
Leur souci sera-t-il de faire un bout de chemin avec eux ?
C’est la réponse, la reconnaissance que l’Église demande au nom de Dieu, lors d’une demande de Baptême : « Acceptez-vous d’élever votre enfant dans la Foi de l’Église ? »
C’est le « devoir » qui sortira tout logiquement d’un « droit » !
Trop souvent aujourd’hui, l’homme réagit face aux événements qui le concernent par une attitude agressive : j’ai droit et tu dois !
Cela se remarque aussi dans une demande d’un acte religieux : un Baptême, une première communion, une Profession de Foi.
Ce « droit » ne s’inscrit dans aucun cheminement de Foi, pas même souvent un questionnement. Pour s’en convaincre, il suffit d’assister à l’une ou l’autre de ces cérémonies !
La demande se mesurera à l'aune de la société de consommation. Si je n’obtiens pas ce que je veux, selon mes souhaits, j’irai voir ailleurs ou je ferai scandale.
La réponse sera attendue selon la loi de la meilleure offre … il suffit de trouver la paroisse qui répondra à mes critères !
N’est-ce pas une attitude bien nombriliste que tout cela ?
Ces demandes de « religieux », faites au moment clé de la vie d’un enfant, s’inscrivent dans une aventure de Foi, de confiance, mais aussi dans la rencontre d’une communauté chrétienne.
Celle-ci prend le visage d’un groupe choisi ou d’un lieu fréquenté.
Certes, j’ai mes exigences, mais ce groupe à la porte de qui je frappe, lui aussi,  a sa logique … et si un dialogue s’imposait ?
Certes, j’ai mes horaires et mes agendas, mais ce groupe, lui aussi, a ses impératifs,  ses références et ses « temps » … et si là encore des essais de compréhension voyaient le jour ?
Certes, j’existe et j’ai des droits, mais la communauté aussi a droit au respect et à une logique née de sa Foi … et si chacun prenait le temps de s’écouter, non selon des voies virtuelles, mais à travers des rencontres bien concrètes ?

Dieu n’est pas à vendre. Il est encore moins en solde.
Il est un visage, il est un regard et il aime.
Qu’attendre de lui, si nous passons, à côté, sans le voir ?

Guy De Smet (2 juin 2015)


- 46 - VITO OU QUAND LA BELGIQUE DÉRAPE

Dans son « Édito inattendu », un journaliste de RTL vient de nous ouvrir, une fois de plus, les portes du surréalisme qui se perd dans les rides de notre pays.
Le fait de société du jour concerne Vito, un travailleur d’origine italienne, arrivé chez nous dans les années 60. À l’époque il avait 9 ans. Ses parents en profitaient pour s’installer dans le Limbourg. Toute sa vie active, il la passera dans le difficile travail des mines.
Durant toutes ces années d’un labeur dangereux et épuisant, il aura payé ses impôts et créé de la richesse, pour le plus grand bonheur de notre pays.
Aujourd’hui, il est à la retraite. Nous pourrions facilement l’imaginer profiter d’un repos bien mérité, pour lequel il aura cotisé sa carrière durant.
Il est marié à une femme étrangère, elle aussi. Elle est hélas sans emploi. Ses enfants et ses petits-enfants, ses rayons de soleil sont nés en Belgique et vivent chez nous.
Vito vient de recevoir un ordre de quitter le territoire dans un délai maximum de 30 jours. Sa retraite a été saisie par la Justice. L’office des étrangers (ces parasites, encore eux !) ont estimé qu’il était « une charge déraisonnable pour la sécurité sociale » !
Le journaliste profite de l’occasion pour nous rappeler que l’an dernier « 1040 européens ont été expulsés de Belgique, pour ce même motif : 110 espagnols, 73 italiens, autant de Néerlandais ».
Le fait de vivre en Belgique, d’y avoir payé ses impôts, d’avoir contribué au bien-être du pays par son travail … tout cela est donc sans valeur !
Vito n’est plus, aujourd’hui, qu’un chiffre dans les statistiques des expulsions. Il n’est plus qu’un signe de l’injustice d’une logique financière suicidaire qui dirige toute l’Europe.
Quelle honte de  faire de cet homme un parasite, un voleur, alors que pour en trouver, il suffit de contempler « les hautes sphères » ou plutôt les « égouts » qui nous dirigent !

Pendant ce temps, notre premier-ministre se pavane au balcon de l’hôtel de ville de Mons, comme les seigneurs du Moyen-Âge. Il contemple ses manants dont il abuse, avec mépris, pour le plus grand bonheur de ses suzerains de la finance.
Pendant ce temps, Magda De Block insulte les infirmières qui attirent l’attention sur leur sort. D’après elle, si elles agissent ainsi, c’est qu’elles ont le temps ! L’idiotie est décidément une maladie qui ne se soigne pas !
Pendant ce temps, Jacqueline Galland magouille pour que sa sœur reste bourgmestre et, en même temps, elle étrangle les pauvres navetteurs qui font encore confiance à la SNCB.
Pendant ce temps, les ténors de la NV-A verraient bien de nouvelles ponctions dans la sécurité sociale et Joëlle Milquet s’occupe des « colonies de vacances d’après année scolaire ».
Pendant ce temps, certains envisagent de compromettre la sécurité d’un pays au nom de normes nucléaires nauséabondes, bravant, s’il le faut, les impératifs du Parlement.
Et après le monde politique se demande pourquoi il n’intéresse plus personne.
Il se demande pourquoi les partis d’extrême-droite ou d’extrême-gauche montent en puissance dans l’opinion.
Il se demande pourquoi il est hué et rejeté, le peuple se tournant vers d’autres alternatives comme en Grèce ou en Espagne.

Gouverner, faire de la politique, c’est avoir le sens des choses de la cité.
La cité elle a besoin de TOUS ses membres, même des plus faibles. Elle a besoin de justice sociale, de respect et de reconnaissance du citoyen. Elle ne se gouverne pas en adulant quelques riches et quelques sociétés mafieuses et en insultant et en pourchassant les travailleurs et les miséreux.
La cité, ce sont des êtres humains, comme Vito ou comme Déka, expulsée avec ses enfants à Mons ou encore, comme ce petit Rwandais de 6 ans, accueilli chez nous pour recevoir des soins de santé indispensables. Il est renvoyé chez lui sans que le traitement n’ait abouti ! Bonjour, l’humanité !
Ils ont un cœur, une dignité, une vie … ils ne sont pas que des chiffres pour de stupides statistiques.
La cité, elle a besoin de serviteurs  et non de « boulets » qui profitent pas du pouvoir pour s’enrichir, pour toucher des primes de fin de mandats mirobolants, pour étaler leurs incompétences ou pour créer des dynasties d’incapables.
La cité, elle demande de tourner ses projecteurs vers ses vrais héros, ceux qui comme Vito ont apporté un plus au bien-être de notre pays. Un capitaine d’industrie qui réussit, c’est une chose. Que serait-il sans les mains et l’intelligence de celui qui travaille ?
La cité, la Belgique, elle mérite mieux que ces guignols qui nous dirigent !
Nous ne pouvons plus nous contenter de lire ces faits divers qui relatent des expulsions ou des exclusions.
Il est urgent de réagir !
Nos ancêtres ont été sur les barricades pour que le drapeau de la Justice flotte  à travers nos trois couleurs nationales, pour que le sang du citoyen, que le soleil de ses joies et que les ténèbres de ses peines soient source de communion.
Nous n’avons pas le droit de rester passifs face à autant de destruction humaine, voulue et programmée … Comme Hitler avait programmé le génocide juif. Car, c’est bien d’un génocide qu’il s’agit, celui des pauvres et des travailleurs !
Il est urgent de s’unir et de lutter contre toutes ces atteintes à la dignité de l’Homme qui transpirent au quotidien dans notre pays.
Il est urgent de faire de notre devise nationale « L’union fait la force », un instrument pour bouter dehors l’injustice et ceux qui la fabriquent.
Vito, pardon … Aujourd’hui, j’ai honte d’être belge !

Guy De Smet ( 4 juin 2015)


- 47 - 1000 COUPS DE FOUET

C’est la sentence prononcée par la plus haute juridiction saoudienne  à l’encontre d’un blogueur Raïf Badawi, 31 ans.
1000 coups de fouet, 10 ans de prison et une amende de l’équivalent de 240.000 € : il aurait insulté l’Islam sur son site internet « Libérez les libéraux saoudiens ».
De plus, au terme de son emprisonnement, il est interdit de voyage durant dix ans. Il lui est aussi interdit d’utiliser les médias.
Cette peine fut prononcée le 7 mai 2014 et elle vient d’être confirmée, sans qu’aucun appel ne soit possible.
Cette décision vient s’ajouter à toutes les autres atteintes aux droits de l’homme qui font le quotidien de ce pays, très courtisé par l’Occident.
Il y a toutes les vexations imposées aux femmes, dont le statut est moindre que celui d’un enfant.
Pour assumer son existence, elle a besoin d’un tuteur qui décide, jusque dans les détails du fil de son existence.
Il y a la négation de la liberté d’expression.
Il est interdit de critiquer publiquement le gouvernement, la famille royale ou l’Islam. Les partis politiques sont interdits et il n’existe aucune élection dans ce pays, au plan national.
Depuis 2011, toute manifestation est interdite. Quant à la censure, elle est réputée comme étant une des plus répressives du monde.
Il y a la conception inhumaine de la justice pénale.
Wikipédia relate en ces termes les dérives judiciaires : « Les personnes arrêtées ne sont souvent pas informés du crime dont ils sont accusés, n'ont pas l'accès à un avocat et sont soumis à des traitements abusifs et à la torture s'ils n'avouent pas. Lors du procès, il y a une présomption de culpabilité et l'accusé n'a souvent pas le droit de faire face à ses accusateurs ou d'examiner les preuves. La plupart des procès ont lieu à huis-clos sans présence d'une audience ou de la presse. Les châtiments corporels prononcés par les tribunaux saoudiens comme la décapitation, la lapidation ; l'amputation et la flagellation et le nombre d'exécutions ont également été critiqués. »
Il y a la négation de la liberté religieuse.
Là encore, je me permets de citer Wikipédia : « Aucune religion autre que l'islam n'a le droit d'être pratiquée même si près d'un million de chrétiens, presque exclusivement des travailleurs étrangers, résident dans le pays. Il n'existe aucune église et les autres lieux de culte non-musulman sont interdits »
Les travailleurs étrangers résidant sur le territoire sont obligés de pratiquer le ramadan et toute conversion d’un musulman à une autre religion est passible de la peine de mort.
Le dernier prêtre chrétien a été expulsé en 1985.
Il y a la persécution des minorités sexuelles.
Pendant que chez nous, certains revendiquent le droit au « mariage pour tous », en Arabie saoudite, l’homosexualité est non seulement illégale, mais elle est en plus passible de la peine de mort. La dernière exécution remonte à 2002. Elle est remplacée aujourd’hui par la lapidation ou l’emprisonnement.
Du point de vue des atteintes aux Droits de l’Homme, cela commence à faire beaucoup !

Mais, cela n’empêche pas nos dirigeants occidentaux, dont notre roi Philippe ou nos ministres, de se presser aux funérailles de l’ancien monarque saoudien.
Cela n’empêche pas les Etats-Unis, de voir dans ce pays son meilleur allié et d’en faire sa base avancée au Moyen-Orient.
Cela n’empêche pas les valets de la finance qui nous dirigent de se pavaner aux côtés de l’un ou de l’autre Prince : l’odeur du pétrole a l’air tellement enivrante !

De sa sentence, Raïf Badawi a déjà reçu 50 coups de fouets. Il a fallu les interrompre pour des raisons de santé.
L’opinion internationale est alertée par le témoignage courageux de l’épouse du condamné. Elle sillonne le monde pour attirer l’attention de la presse et celle des autorités sur le désarroi de sa famille et sur le danger que court son mari.
Les organisations internationales, comme Amnesty international alerte l’opinion …
Rien n’y fait !
La justice saoudienne poursuit son chemin au nom de Dieu … qui n’a rien à voir là-dedans !
Y en a marre de tous ces utilisateurs de la religion, qui tels les Nazis de sinistre mémoire, utilisent Dieu à leur profit : « Gott mit uns »
Dieu, dans toutes les religions, ne parle que d’aimer. Il ne parle que de relever, de ne pas juger, d’accueillir.
Dieu ne cesse d’accepter l’homme tel qu’il est, sachant qu’au fond de lui réside des facultés de changement et un désir profond d’être aimé.
Dieu n’a que faire de ces religions, qui jugent, qui condamnent et qui tuent, incrustées qu’elles seraient dans leurs peurs, dans leurs soifs de pouvoir ….
Dieu est fier de Raïf Badawi qui ne peut supporter l’humiliation de ses frères et de ses sœurs et qui n’hésitent pas à le dénoncer, au péril de sa vie.
Y en a marre aussi des tous ces « rampants » qui sont prêts à se renier, prêts à se prostituer pour accroître leur zone d’influence économique ou qui ne cessent de se prosterner devant le dieu « pétrole ».
Comment certains peuvent-ils porter en bandoulière la « charte des droits de l’Homme » et, en même temps,  se salir à rencontrer ces bourreaux qui n’accordent aucun pris à la vie humaine ?
Comment les organisations internationales soucieuses de paix et de Justice peuvent-elles tolérer, sans honte, ces coups de fouets imposés à la liberté bafouée ?
On ne badine pas avec les Droits humains ! Ce n’est pas pour le faire que nous les avons élus !

Frères et sœurs musulmans, vous qui, en vérité et en toute humilité, côtoyez la grandeur d’Allah … ne laissez pas de sinistres caricatures museler votre Foi et  la Beauté de l’Homme, reflet de la beauté de Dieu.
Frères et sœurs musulmans, avec tous les hommes de bonne volonté, exigez, sous peine de Fatwa, la libération de Raïf Badawi,  la reconnaissance de son honneur et de sa dignité.

Guy De Smet (8 juin 2015)


- 48 - LE GOUVERNEMENT DU MÉPRIS

« La commission des Affaires sociales de la Chambre a approuvé, ce mardi soir, majorité contre opposition, le projet de loi controversé de la relève de l’âge de la pension », nous livre la Presse, ce matin.
Mais que contient cette loi ?
Sur le site de Sudinfo.be, nous pouvons lire : « Il (le projet du gouvernement) porte l’âge légal de la pension à 66 ans en 2025 et à 67 ans en 2030. Il relève à 50 ans à partir de 2025 l’âge minimum pour bénéficier de la pension de survie et à 55 ans à partir de 2030. Les conditions d’âge et de carrière pour partir en retraite anticipée passeront respectivement à 62,5 ans en 2017 et 63 ans en 2018 … »
Ce gouvernement s’est placé sur les rails économiques imposés par l’Europe, qui conduisent tout droit vers le désastre que vit au quotidien le citoyen grec.
Il envisage un grand marché. Il soutient les « bienfaits » d’une économie forte. Il encourage et finance l’initiative privée. Il s’incline avec adoration devant le dieu « Finance », en répondant aux injonctions des acteurs économiques les plus forts que sont les banques et les entreprises. Il vénère les nouveaux milliardaires et les grandes fortunes qu’il protège contre ce « populisme » qui voudrait les faire participer à un effort collectif. Il ferme les yeux sur la grande fraude fiscale, allant même jusqu’à leur trouver des excuses.
Il fait peser le poids d’une crise injuste sur des innocents que sont les travailleurs ou encore ceux qui ne disposent pas des moyens pour spéculer en bourses.
Pour cela tous les moyens sont bons : harcèlement des chômeurs, atteintes du droit à des soins de santé, hausse des impôts et du coût de la vie, des taxes injustes, gel des salaires et saut d’index, stigmatisations de catégories entières de la population, comme les étrangers ou les pauvres qui sont des taches dans l’univers libéral … et j’en passe !
Pour arriver à ses fins, il emploie même des moyens pour le moins douteux qui sont comme autant d’atteintes à la démocratie … quoiqu’il y a longtemps, nous l’expérimentons chaque jour, qu’en libéralisme, on n’a que faire de l’avis du peuple !
Entre les écoutes « autistes » des partenaires sociaux, dépassés par les événements …
Entre les rejets de propositions et d’amendements issus de l’Opposition …
Entre  des attitudes autoritaires et dictatoriales incompréhensibles …
Jusqu’aux passages en force et aux décisions nocturnes … tout est bon pour « condamner » un citoyen à une fin de vie sans avenir.
Ils ont pimenté leurs ignominies de « promesses », comme celle de la création d’emplois, par exemple. Mais, tous, nous connaissons le sérieux de ces promesses qui ne servent qu’à endormir notre vigilance. L’horizon de la récolte des fruits est tellement éloigné, que l’histoire de ce gouvernement sera déjà inscrite depuis longtemps dans les annales des supercheries innommables.
En reculant l’âge de la retraite, ce gouvernement vient de fermer la porte aux avis du Conseil d’État, qui lisait dans cette loi, un « recul ».
Il vient de clouer le bec aux spécialistes de nos universités qui parlaient, eux, d’un déficit démocratique, tout en s’inquiétant de l’avenir des jeunes, qui ne peut qu’être impacté par cette mesure.
À travers cette loi et son épopée ubuesque, une seule chose est sûre. Ce gouvernement dénie au citoyen le droit de rêver.
Il est fait pour travailler et pour sacrifier tout ce qu’il est et tout ce qu’il possède au service du fonctionnement maximum de la machine économique et du profit.
Il est réduit au statut d’esclave, condamné à accepter son sort. Il doit se satisfaire de n’être rien, si ce n’est une marionnette dans les mains du monde de la finance.
Son cycle de vie se résume en trois mots : naître, travailler, mourir.
S’il ne répond pas aux exigences demandées, il doit disparaître à tout jamais.
Être jeune, vieux, malade, sans emploi, réfugié ne peuvent être que des accidents qui ne doivent en rien entraver la bonne marche d’une société, dont la finalité est de réussir.
Peut-être me trouverez-vous dur, caricatural et injuste et c’est votre droit !
Permettez-moi pourtant de faire appel à ma « petite expérience » au service de l’homme, que j’ai pu vivre à travers l’accompagnement de deuils, pendant 37 ans.
Ils avaient 65, 68, 75 ans. On disait d’eux : « Ils n’ont pas pu profiter de leur pension ! ». La maladie et la fatigue s’étaient installées dans leur quotidien et les larmes en furent la symphonie finale ! La mort leur avait donné rendez-vous !
Mais qu’est-ce que tout cela face au chant de la Bourse ?
Ce gouvernement se prélasse dans une arrogance de « nouveaux riches » et de « fils à papa ».
Le mépris de l’Homme est sa priorité et son carburant.
Sa survie, il ne la doit qu’à notre inertie et à notre fatalisme.
Jusqu’à quand ?

Guy De Smet (10 juin 2015)


- 49 - EN RIRE OU EN PLEURER ?

Lors de mes pérégrinations de vacances, j’ai eu l’occasion de faire l’un ou l’autre arrêt dans de petits hôtels, le temps d’une étape.
Après une journée de route, j’apprécie ces « petits moments bonheur » qui vous reposent et vous donnent l’occasion de repartir en pleine forme.
Mais ces arrêts sont aussi des moments privilégiés pour occuper des espaces dédiés à votre intimité, comme la salle de bains ou encore la toilette.
Et là, l’insouciance des vacances peut se transformer en inconfort, au point de vous faire vivre de grands moments de solitude !
Toute toilette contient au moins trois éléments indispensables : le trône susceptible de recevoir votre auguste postérieur, le rouleau de papier qui ne sert pas qu’à écrire vos mémoires, la brosse qui peut s’avérer utile et qui vous manque drôlement quand elle est absente.
Je me suis donc inquiété de cette absence majeure auprès de la réceptionniste de l’hôtel. Celle-ci, sans rire, m’a répondu que cet objet était désormais interdit pour des raisons sanitaires.
Cette décision aurait été prise dans un bureau quelconque … au nom de l’hygiène !
C’est à ce moment que vous vous trouvez confronté à un nouvel instant de « grande solitude » et d’incompréhension métaphysique !
Non seulement, vous restez avec votre gêne : comment laisser cet endroit intime propre ?
Mais en plus, vous vous mettez à douter de l’intelligence humaine. Votre chat a depuis longtemps intégré qu’il lui faut faire disparaître les suites de ses instants d’aisance !
Imaginez qu’un employé ou un fonctionnaire, perdu dans l’ennui de son bureau, a, un jour, pu imaginer la suppression de la brosse de WC … et qu’en plus, il a été payé pour le faire !
Et ce, au moment où le réfugié rejeté sur les côtes italiennes n’intéresse personne ou quand le chômeur est pourchassé parce qu’il dérange … Sommes-nous bien encore sur la terre, celle du bon sens et de la simplicité ?
Avec cet employé, je comprends qu’il faille allonger la durée du temps de travail !
Imaginez aussi la valorisation du travail de la femme de chambre, qui s’en ira, de chambre en chambre, nettoyer ce que la nature vous a imposé, mais que l’administration réprime et lui impose !
Et nous qui osions croire que seule l’Afsca s’enfonçait dans le ridicule des odeurs d’un fromage de Herve ?

Guy De Smet (1 juillet 2015)


- 50 - LES CONSÉQUENCES D’UN SAUT D’INDEX

Ce premier juillet 2015 est un jour de deuil pour votre portefeuille, grâce aux décisions courageuses des irresponsables qui nous gouvernent.
À partir de ce mercredi, un peu plus de 7.000.000 de Belges vont perdre 2% de pouvoir d’achat !
Cela concerne (chiffres publiés par la FGTB) :
2,4 millions de pensionnés …
517.000 malades et invalides …
111.000 handicapés …
100.000 minimexés …
916.000 chômeurs et prépensionnés …
188.000 accidentés du travail …
67.000 malades professionnels …
17.000 personnes au salaire minimum …
2,2 millions de bénéficiaires d’allocations familiales …
170.000 crédits-temps …
780.000 fonctionnaires …
Tout cela au profit de quelques riches et de la grande finance !
Tout cela pendant que les primes de départ de nos députés tant nationaux qu’européens sont améliorées !
Perte sans aucune contrepartie : le sort des Grecs ne semble pas loin !

À MÉDITER !

Guy De Smet (1 juillet 2015)


- 51 - L’AMNÉSIE ALLEMANDE

Depuis des années, notre vieille Europe est secouée par une violente crise économique et financière. Elle nous vient en droite ligne des États-Unis, où le dernier sport à la mode dans les milieux bancaires était le jeu de casino et de hasard.
Contagion oblige ! Le moindre foyer de nos régions est désormais confronté à des mots qui font peur comme chômage, austérité, dette, baisse du pouvoir d’achat …
Qui dit Europe, parle de 27 pays souverains, réunis pour le meilleur et pour le pire, autour d’un projet économique porteur de promesses.
Certains parmi eux connaissent des difficultés sans précédent, tels la Grèce, l’Italie, l’Espagne, l’Irlande.
D’autres font de l’austérité et de l’appauvrissement de la population un credo indiscutable, même si pour cela il faut mettre en danger la démocratie.
D’autres encore se rebellent, s’interrogent, à l’image de ces Anglais qui aimeraient tant redevenir une île.
D’autres enfin se comportent en donneurs de leçons, s’arrogeant un pouvoir qui n’est pas le leur. Le couple franco-allemand en est le fer de lance … si ce n’est la virago allemande qui décide, seule, de faire la pluie et le beau temps sur le continent !
À la regarder, les épaules remontées, prête à attaquer, le sourire éternellement en berne et cet air bougon qui finit par faire son unique charme, Angela Merkel n’est pas sans rappeler un autre petit excité, à une autre époque, pas si lointaine !
Elle gère son pays d’une main de fer, créant un concept qui finit par déteindre ailleurs, celui du « travailleur pauvre ». La finance, la compétitivité sont ses combats, appliquant pour cela un proverbe qui a fait les belles heures d’une certaine Allemagne : « Arbeit macht frei ».
Face à la moindre difficulté européenne, les oreilles de ses valets de la politique se tendent vers Berlin à l’écoute de ses aboiements. La tragédie grecque est une sinistre illustration de la force de son pouvoir !
Quand le Premier-Ministre grec place sous ses yeux la facture des exactions de ses ancêtres nazis, elle la rejette avec mépris, au nom d’accords internationaux supposés qui semblent la servir.
Cette amazone du XXIème siècle, j’ai envie de l’inviter au voyage.
J’ai envie de lui faire visiter nos grandes villes et jusqu’au moindre de nos villages.
J’ai envie de lui monter nos monuments à la mémoire de ces hommes et de ces femmes qui, par deux fois, ont été les victimes d’envahisseurs teutons ignobles.
J’ai envie de l’emmener à Oradour-sur-Glane, à Bande, là où des vies furent sacrifiées par la barbarie de ses ancêtres.
J’ai envie d’arpenter avec elle les allées de Breendonk, d’Auschwitz ou de Buchenwald pour sentir avec elle les effluves de la mort et de la terreur que son pays a semé durant tant d'années sur le sol de l’Europe.
J’ai envie de relire avec elle les accords des alliés au lendemain de la capitulation allemande.
J’ai envie de lui détailler, une fois encore, les plans Marshall qui ont sauvé son pays, pour en arriver à la prospérité d’aujourd’hui.
J’ai envie, avec Monsieur Tsipras, de lui placer sous les yeux les factures des dégâts que son pays a causé dans d’autres nations, victimes de cet « Übermensch » qu’il croit toujours héberger.
L’Allemagne aurait-elle oublié ce pan sinistre de son histoire ?
L’Allemagne aurait-elle oublié que le cri des peuples « Plus jamais ça », concernait aussi cet égoïsme qui tue et cette autosuffisance toute germanique ?
L’Allemagne aurait-elle oublié qu’elle ne survit aujourd’hui que grâce au « pardon » des peuples civilisés ?
Alors, Madame la Chancelière, vous qui occupez ce fauteuil  qui fut celui d’Hitler, en d’autres temps, pas si lointains … rappelez-vous que nous n’admettrons aucun nouveau dérapage, fût-il financier !
La souveraineté des peuples est un bien trop précieux que pour que nous le laissions abîmer !

Guy De Smet (2 juillet 2015)


- 52 - EUROPE, TU ME DEGOÛTES !

La crise grecque s’est transformée depuis quelques mois en un match de catch sordide.
Des sommes astronomiques sont envoyées à la figure des protagonistes, pour signifier son pouvoir, d’une part et son désarroi, d’autre part.
Derrière des chiffres et des enjeux financiers colossaux se cachent des hommes, des femmes, des familles qui ont dû faire de l’austérité et de l’humiliation un cadre de vie.
Face à ce drame, le peuple grec s’est exprimé par le biais d’élections démocratiques. Il a choisi un gouvernement dont le rêve est le respect du citoyen et le retour à une dignité qui ne soit enfin plus piétinée.
Son vote s’est tourné vers des hommes et des femmes, éloignés des magouilles de la finance et de la corruption … des hommes et des femmes intègres qui semblent faire tache dans le concert politique européen.
De discussions stériles en pressions insoutenables, les dirigeants grecs ont décidé de se tourner vers le peuple souverain. Ce référendum aura pu but d’indiquer les limites de l’humiliation que les Grecs peuvent encore accepter de ses créanciers peu scrupuleux.
En effet, depuis des années, les Grecs  sont obligés de constater que les « programmes d’aide » ne cessent de les enfoncer dans une spirale d’endettement et de pauvreté. Ses créanciers ne cessent d’agir comme des serpents soucieux d’étouffer leur victime ! L’important, c’est que cela leur rapporte !
À quelques heures de cette consultation populaire, le FMI et les instances européennes ne cessent de faire du chantage, de distiller la peur au sein de la population grecque. Ils avaient déjà agi ainsi, souvenez-vous, lors de la crise irlandaise !
Les dirigeants de l’Europe scrutent leurs désirs et diffusent des rapports et lancent des informations non vérifiables :

  • La Grèce va-t-elle rester dans la zone Euro ou sera-t-elle éjectée ?
  • Une nouvelle cure d’austérité pourrait-elle enfin être imposée aux Grecs qui n’en peuvent déjà plus ?
  • Ce supplément d’austérité, non accompagné d’un plan de reconstruction du pays ne pourrait-il pas continuer à être une source de bénéfices pour quelques acteurs obscurs de la finance et le milieu des spéculateurs ?
  • Ce gouvernement grec qui ne partage pas les vues politiques des autres dirigeants européens ne doit-il pas être poussé dehors, faisant fi du choix démocratique du peuple ? Un seul « bord » politique semble être la norme !
  • Dans une mafia, il est impossible de soutenir un canard boiteux venu d’ailleurs !

Mais pour qui se prennent-ils, ces « fossoyeurs » de démocratie ?
Cette zone Euro et cette monnaie unique ne cessent de plomber l’avenir de nos pays.
Elles sont des dogmes et des idéologies qui sont comme autant de tabous indiscutables, même s’ils sont une source d’inhumanité et de conflits sociaux.
Elles sont des rails qui conduisent tout droit dans le mur, au nom de rêves de marchés économiques florissants  et de puissance envoûtante.
Elles sont des diktats qui se révèlent être des assassins de démocratie et de respect de la dignité humaine.
Elles sont une source de revenus pour quelques parasites politiques qui ne seraient rien, s’ils n’avaient pas ces concepts financiers.
Chaque pays d’Europe pourrait ainsi élever un monument aux victimes de la politique injuste et inhumaine de ses institutions.
Intervenir aujourd’hui, à quelques heures du référendum grec, dans la « formatation » de l’opinion est une atteinte à la démocratie et à la souveraineté des États. Non seulement, c’est inacceptable, mais cela a de quoi nous faire réfléchir : l’accepterions-nous, chez nous, demain ?
Europe !
Tu me dégoûtes !
Tu ne rêves que de chiffres. Tu ne fantasmes et tu ne jouis que face aux courbes de la bourse.
Tu ne respires qu’à la cadence de tes spéculateurs, de tes milliardaires, de tes grandes entreprises qui te spolient effrontément. Tu appellerais même ça : la réussite !
Tu détruis l’homme, qu’il soit celui qui s’échoue sur tes côtes, fuyant la guerre et la misère, qu’il soit chômeur, retraité, malade ou victime de tes paris économiques.
Tu salis tout ce que tu touches : le simple marin pêcheur à qui tu imposes des quotas suicidaires … Le paysan courageux qui rêvait d’une terre fertile et qui doit se contenter de l’aridité de ta vision financière … Le Rom que tu traites comme un animal à abattre. Le pauvre musulman dont tu bombardes le pays ou celui chez qui tu applaudis des printemps, sans soutenir ses efforts …
Le  citoyen à qui tu fais miroiter la libre circulation des biens et des personnes, sans lui dire que cela n’est réservé à qu’à quelques nantis de ta cour.
Europe !
Comme tant d’autres, j’ai envie de te quitter, de vivre loin de toi et de tes rêves qui ne profitent qu’à quelques assoiffés de mandats politiques juteux ou de carrières sans envergure.
Comme l’enfant, j’ai envie de te casser et de reconstruire une maison pour enfin y être heureux et libre !
Adieu Europe de la finance et des mafieux qui te dirigent !
Bonjour l’Europe des assoiffés de justice et d’honnêteté !

Guy De Smet(3 juillet 2015)


- 53 - OXY

Ces trois lettres résonnent en un soir d’été, comme le souffle d’une brise légère. Les Grecs ont dit non à la dictature de l’austérité imposée par les créanciers.
Les Grecs ont dit non à l’humiliation imposée par la finance et ses valets politiques que sont le FMI, la BCE et l’UE.
Les Grecs ont dit non à l’arrogance de l’Allemagne et d’une Droite toute empreinte du sang issu de la spéculation.
Les Grecs ont dit « oui » à leur dignité et à leur souveraineté.
Les Grecs ont dit « oui » à la primauté de l’homme sur les cours de la bourse.
Les Grecs ont dit « oui » à la lutte contre une dette indécente imposée par les banques et les milieux d’argent qui n’ont que faire du quotidien de l’homme qui travaille et qui peine.
Un merveilleux moment de démocratie, que nous aurions envie de consommer avec jouissance et bonheur.
Comme il est grand l’Homme qui, au nom de sa dignité, refuse de se laisser écraser plus longtemps !
C’est qu’ils s’en étaient vu imposer des humiliations, ces Grecs, Européens comme nous : des retraites avancées vers 67 ans, mais dont les montants ont été rabotés de 45%, avec la promesse d’en exiger encore plus, des taux de TVA usuriers qui sont comme autant de camouflets à une qualité de vie élémentaire, des suppressions d’emplois, des gels de salaires, un immobilier inaccessible qui sont comme autant de portes fermées sur un avenir détruit.
Une moyenne de deux suicides par jour, parmi des hommes et des femmes qui n’en peuvent plus de voir leur quotidien devenir une prison.
La vente pure et simple d’un patrimoine historique, culturel ou économique qui ressemble à un véritable pillage par quelques nantis orduriers.
Ces derniers jours, la fermeture des banques et les files interminables pour retirer 60 € par jour, pour survivre. Ces images ne furent pas sans rappeler d’autres époques que l’Allemagne et ses comparses collaborateurs européens avaient déjà imposées à l’Europe.
Nous garderons en mémoire la photo de cet homme qui s’écroule à la sortie d’une banque : il vient de se voir refuser le versement d’une retraite dont il avait besoin pour vivre. Honte !
L’intervention scandaleuse des dirigeants européens dans le processus de référendum qui classe notre vieille Europe dans le camp des dictatures à détruire et à combattre.
Ce sont tous ces éléments que notre Premier-Ministre Michel qualifiait de « récréation dont il faut sonner la fin ! »
Au lendemain du référendum, il reste dans sa catégorie ludique en déclarant que « la balle est dans le camp grec ».
Pauvre type ! Il ne comprendra donc jamais rien !
Trop, c’est trop : les Grecs ont fini par dire non !
Ce grand moment ne ressemble pas à une fête.
Il est plus de l’ordre de la rébellion d’une bête blessée qui n’en peut plus de tomber sous le mépris de chasseurs avides de mort et de sang.
Un nouveau jour se lève désormais sur notre monde !
Pour la Grèce, c’est le soleil d’une volonté de vivre et de relever la tête … peu importent les diktats de la zone Euro !
Pour la finance mondiale et pour ses valets, ce sont les nuages d’une volonté populaire qu’ils ne sont pas habitués à écouter. Savaient-ils déjà qu’elle existait ?
Désormais, quand ils s’opposeront à un Gouvernement qui n’est pas de leur bord, ils s’opposeront à un peuple, à ses aspirations, à son intelligence et à sa compétitivité.
Merkel, Lagarde et consorts dormiront mal la nuit prochaine et je m’en réjouis !

Mais pendant que la Grèce ose rêver, pendant que l’Europe et le FMI envisagent des stratégies mortifères, si nous aussi, nous nous mettions à nous échapper dans les nuages de nos soucis ?
Toute l’Europe, dont la Belgique, croule sous l’austérité imposée par la même troïka : gel des salaires, saut d’index, recul de l’âge de la retraite, hausse du coût de la vie, harcèlement des chômeurs … pendant que les nantis s’enrichissent sans complexe.
Le chant favori des valets de la politique se résume dans ces mots : « Tout ira mieux demain ».
Chez nous, les partis au pouvoir ne cessent d’afficher un profond mépris pour le peuple.
Les appels à l’écoute des gens descendus dans la rue sont ridiculisés.
La voix des parlementaires ne peut se faire entendre que si elle va dans le sens de la politique en place.
La situation des chômeurs, des retraités, des étrangers, des petites gens semblent être un détail face aux courbes de la rentabilité et du bonheur de quelques grandes entreprises.
Et si nous aussi, nous nous rassemblions pour dire « non ».
Si nous aussi, nous devenions des « casseurs » de la logique financière et bancaire ?
Si nous aussi, nous obligions enfin nos politiciens à renouer avec la démocratie.
Ce pouvoir nous l’avons ! Le peuple est souverain, c’est inscrit dans la Constitution. Il nous suffit d’oser : notre dignité en dépend !
Monsieur Sarkozy disait, les derniers jours: « Tsipras ne partage aucune de nos valeurs ».
Pour une fois, je veux bien accorder du crédit à ses paroles : le Premier-Ministre grec ne partage, en effet,  pas les valeurs de la corruption qui semble habituelle en Europe.
C’est vrai que Monsieur Tsipras ne passe pas des heures en garde à vue.
C’est vrai qu’il n’est pas entaché d’affaires en justice et d’accusations mafieuses …  une nouvelle, chaque mois !
C’est vrai qu’il ne ment pas à son peuple, pendant que l’ex-président français avoue mentir moins.
C’est vrai qu’il n’est pas arrogant et hargneux mais souriant et proche de son peuple, surtout celui qui souffre.
Alors, si les valeurs défendues par Sarkozy sont celles de l’Europe … si nous aussi, dans le sillage des Grecs nous disions : « OXY » ?
Si nous aussi, nous imposions d’écouter le peuple ?
Si nous aussi, nous osions un sursaut de dignité ?
Si nous aussi, nous osions quitter le fatalisme de la logique économique du moment ?
Si nous aussi, nous osions dire « Non » à ces politiciens qui se souviennent de nous et de nos difficultés que le temps d’une campagne électorale ?
« OXY », un nouveau mot est né … il s’appelle « Dignité » !

Guy De Smet (6 juillet 2015)


- 54 - LA MAFIA EUROPÉENNE

Depuis le résultat du vote du peuple grec, dimanche dernier, les économistes de tous bords se sont lâchés.
Ils se sont mis à nous éclairer sur les mécanismes d’une dette alimentée  qui s’apparenteraient, selon les dires de l’ancien ministre des finances grec, au « Terrorisme ».
C’est, de fait, un peuple à genoux  qui a proclamé un « non » massif aux nouvelles propositions d’austérité des créanciers de la Grèce.
Grâce aux confidences de tous ces économistes, il nous a été placé devant les yeux une tragédie en deux actes. Elle se vit au rythme de la misère et d’une opposition politique à outrance.
Le premier acte du drame annoncé, c’est celui des mécanismes de la finance et des tyrans qui la dirigent.
Pendant des années, le FMI, la BCE et l’UE se sont faits les champions du prêt, à des taux pour le moins usuriers. Ils ont, en quelque sorte, ajouter de la dette à de la dette, menant petit à petit le peuple grec à la dépendance absolue et à un appauvrissement innommable.
Ils ont imposé des plans d’austérité intransigeants, faits de rabotages de salaires et de retraites, de spoliation de patrimoine, de l’écrasement d’une population qui n’avait que son travail et ses faibles économies pour vivre.
Ils ont imposé des remboursements dans des délais impossibles, guidés par l’Allemagne, ce pays dirigé par des lâches qui, au lendemain des deux guerres mondiales, dont il est le responsable, n’a jamais payé ses dettes, ni envisagé  de réparations des dégâts qu’il avait commis.
Devait arriver ce qui est arrivé : défaut de paiement avec toute l’agitation que nous pouvons voir de New-York, à Bruxelles en passant par Francfort, avec aussi toute la lourdeur de l’atmosphère qui a rendu Athènes irrespirable.
Les Grecs sont à genoux. Ils n’en peuvent plus et le capitalisme poursuit pourtant ses attaques, comme s’il y avait un plaisir à achever la bête déjà effondrée !
Alors, nous entendons des bruits de couloirs qui se font lancinants : « grexit » !
Exclure, au nom de quels égoïsmes ?
Tu parles d’une famille, l’Europe !
Dans la moindre famille humaine, c’est au chevet du plus faible, du blessé que se focaliserait toute l’attention. Ce serait là que se mettraient en place des mécanismes d’aide, dans l’espoir d’un sourire retrouvé.
Nous appellerions cela une « Europe sociale » qui est aux antipodes de cette Europe de l’argent qui ne cesse de défigurer le visage du citoyen européen.
Mais nos « responsables » et tous ces eurocrates à la noix sont trop bien installés dans le confort de leurs avantages et de leurs prérogatives que pour laisser place à un peu d’humanité.
Le portefeuille a remplacé le cœur et fermé leurs yeux !
Le deuxième acte de cette tragédie est politique.
Vous aurez remarqué que toute la cabale contre la Grèce s’est emballée depuis quelques semaines, depuis l’arrivée au pouvoir, suite à un choix du peuple souverain, de la Gauche radicale. La situation se dégrade, elle, depuis des décennies sans que l’Europe ne bouge !
Monsieur Tsipras dérange. Il ne partage pas les valeurs mafieuses de la Droite au pouvoir dans la majorité des pays européens.
Tous les moyens sont bons pour lui mettre des bâtons dans les roues. L’important, c’est qu’il disparaisse !
Les mesures qu’il proposera pour assainir la situation de son pays ne seront jamais assez bonnes que pour recevoir l’aval de la Mafia  qui s’appelle encore Troïka !
Au lendemain du référendum, comme des gamins dans une cour de récréation, les ministres de la Zone euro décrètent ne plus vouloir autour de leur table le ministre grec des finances, trop direct face à leurs susceptibilités.
Ils avaient déjà cherché à influencer le choix du peuple grec, afin de pouvoir poursuivre, tranquillement, le pillage du pays.
Ce faisant, ils lâchaient leurs vieux démons : l’Irlande, les Pays-Bas, l’Écosse pourraient témoigner de la puissance de leur ingérence !
Là, ce sont des hommes qu’il faut jeter, comme ce ministre, parce qu’ils ont le tort de mettre le doigt sur une vérité qui fait mal.
Nous faudra-t-il longtemps encore supporter l’iniquité de ce règne oppressant de l’argent et de la finance ?
Nous faudra-t-il longtemps encore nous laisser imposer le diktat des banques, à qui nous n’avons pourtant confié aucune voix électorale ?
Nous faudra-t-il longtemps encore survivre dans un déni permanent de démocratie, source de tant d’injustices et de tant d’humiliations ?
Nous faudra-t-il longtemps encore nous soumettre aux fantasmes dominateurs de l’Allemagne qui semble avoir rangé le costume de l’humilité qui lui siérait beaucoup mieux : deux guerres, c’est un lourd passé !

Citoyens !
Nous en savons assez maintenant que nous nous réveiller.
Nous en savons assez maintenant que pour dire « non » à notre tour à l’exploitation de l’homme par l’argent et par les nantis qui en profitent.
Nous en savons assez maintenant que pour ne  plus accepter de voir l’homme, mon frère, écrasé par la folie capitaliste de quelques renards pervers.
À nos politiciens, à Merkel et consorts répétons haut et fort, comme nous l’avons fait en janvier dernier, dans un autre contexte : JE SUIS GREC !

Guy De Smet (7 juillet 2015)


- 55 - ALLEMAGNE … MA SŒUR

Tout semblait aller  mieux, chers amis allemands.
Votre passé et ses noirceurs laissaient place à une amitié retrouvée.
D’ennemis, vous étiez devenus des amis !
De vaincus, vous étiez devenus des champions, à l’image de votre équipe de football !
Nous vous croisions régulièrement sur nos routes et sur nos autoroutes, au volant de vos bolides.
Nos lieux de vacances résonnaient de vos accents gutturaux et de vos rires sortis tout droit de vos brasseries.
Le soleil du sud avait fini par diluer vos brumes du nord.
Depuis quelques temps, des mots comme « réconciliation », comme « entente » étaient devenus synonymes de nouveaux rapports entre nos peuples.
Les embrassades saccadées de votre chancelière nous étaient devenues un rite, signe de paix et de collaboration.
Nous étions en admiration devant les efforts de reconstruction de votre pays au lendemain de toutes ces guerres mondiales, qui avaient défiguré notre vieille planète.
Vous étiez devenus une des économies marquantes et un des fers de lance de la construction européenne.
Le sport, la musique et l’art étaient devenus des liens forts qui avaient tout pour nous unir.
Vous aviez, enfin, retrouvé votre place dans notre paysage !
Et voilà, qu’au détour d’une crise qui secoue notre vieille Europe, nous découvrons que vos vieux démons ne sont pas réduits à néant.
Nous découvrons que la soif de puissance et de domination vous habite toujours.
Nous découvrons que « Deutschland über alles » n’est pas seulement votre hymne national, mais aussi votre manière de vous situer dans la société.
Nous découvrons que votre arrogance, telle qu’elle s’affiche à travers les déclarations de votre ministre des finances ou les ukases de votre chancelière aux airs de pitbull sont vos modes d’expression.
La situation de la Grèce est devenue votre terrain d’expression et d’acharnement favoris, ces derniers mois.
Ils doivent disparaître ! Ils doivent payer, même si pour cela les Grecs doivent connaître l’humiliation et l’injustice.
Votre discours est sans appel, comme peut l’être celui du nouveau riche qui a oublié d’où il vient.
Il est sans nuance, comme peut l’être celui  d’un égoïste qui a oublié tout ce qu’il a reçu et toute la solidarité qui l’a aidé à le reconstruire.
C’est alors que se mettent à défiler dans nos mémoires des images et des souvenirs qui font froid dans le dos.
Nous nous souvenons des deux derniers conflits mondiaux dont vous étiez les seuls initiateurs.
Ils ont mis à mal la vie de nos familles, celles de nos grands-parents, de nos parents.
Chaque maison de nos quartiers déplore des drames humains, des disettes, des exodes, des pardons impossibles que vous avez suscités.
Nous voyons se bousculer en nous les images atroces des camps de la mort que vous aviez mis sur pied. Ces Anne Franck et autres à qui vous avez volé l’enfance et la liberté.
Nous déplorons encore les yeux dévastés de toutes ces victimes civiles et militaires que vous avez anéantis par votre lâcheté et par votre barbarie.
Nous nous inclinons devant la mémoire des habitants de ces villes et de ces villages que vous avez rayés de la carte, au nom de la boue qui a hanté vos cœurs.
Nous sentons gronder en nous la colère au nom de ces peuples, de ces ethnies et de ces minorités que vous avez foudroyés dans des conditions atroces et indignes de la race humaine à laquelle vous voulez appartenir.
Nous regardons avec scepticisme la pierre froide de nos monuments aux morts, sur lesquels sont gravés les noms de tant de vos victimes, dont la seule faute est d’avoir combattu pour un peu de liberté et de justice. Ils étaient pour nous irremplaçables !
Nous espérions, au lendemain de votre défaite justifiée que le cri « Plus jamais ça » allait l’emporter pour l’éternité … et pourtant !
Aujourd’hui, fiers de vos victoires économiques et des chances que nous vous avons offertes, vous devenez intransigeants.
Le bruit de vos bottes résonne dans le charivari de vos déclarations et de vos coups de poings tapés sur les tables.
La Grèce doit payer !
Il n’est pas question de diminuer ou de restructurer sa dette qui a pourtant engraissé votre économie par des mécanismes libéraux dont vous avez le secret.
Et si nous avions, avec tous les Alliés, tenus le même discours au lendemain de la deuxième guerre mondiale ?
Si nous avions exigé en 1953 le remboursement de toutes les dettes dont vous étiez redevables, au lieu d’en effacer 60%.
Si nous avions exigé réparation du génocide juif ou Tzigane ainsi que de la destruction du patrimoine grec ou d’autres nations ?
Si nous aussi, nous avions endossé le costume de l’orgueil des vainqueurs et de la rancune qui pouvait enfin se déchainer ?
Vous en seriez où aujourd’hui ?
Il n’y aurait pas seulement le concept du « travailleur pauvre » créé par votre chancelière. Il y aurait celui de l’Allemand banni à tout jamais du concert des nations !
Nous ne l’avons pas fait.
Au contraire, les pères de l’Europe ont voulu vous offrir une nouvelle chance.
Les Alliés se sont lancés dans des « plans Marshall » ambitieux qui vous ont permis de sortir la tête de l’eau.
Nous le ferez-vous regretter aujourd’hui, au point de réveiller en nous d’anciennes haines, au point d’ouvrir à nouveau d’anciennes blessures ?
Désormais, quand nous vous croiserons sur nos routes ou quand nous vous rencontrerons sur nos plages ou sur nos lieux de vacances, nous ne vous regarderons plus avec les mêmes yeux.
Vous serez désormais un miroir dans lequel se reflètent les vieux zombies qui peuvent défigurer les rapports entre les hommes !
Vous serez désormais cet Allemand capable du meilleur et du pire qui, loin d’être un « Übermensch », un Être supérieur, est habité par des fragilités qui le conduiront au terme de son existence.
Nous espérons, alors que, comme tout le monde, vous pourrez dire en vérité : «  J’ai tenté d’être un homme ».
J’espère qu’un jour, en toute sincérité, sortira de vos lèvres orgueilleuses ce petit mot : « Pardon », goutte d’eau dans l’océan d’un désastre !

Guy De Smet (10 juillet 2015)


- 56 - SORTIR

Les dirigeants européens viennent de se mettre d’accord !
Certains s’en réjouissent, pendant que d’autres, dans la foulée des citoyens grecs, se préparent à des lendemains pénibles d’asservissement à la finance.
Les premiers à attirer notre attention sur la scène de cette tragédie, ce sont les Grecs.
Le temps d’un week-end, malgré leur « non » lors du référendum, les Grecs viennent de s’enfoncer un peu plus dans le gouffre d’un enfer incommensurable.
Ils y sont réduits à coups d’humiliations et de pillages, au point que leurs existences deviennent des ruines que nous ne visiterons pas.
Leurs adversaires leur font endosser toute la responsabilité de la situation. Ils n’auraient pas pris leurs responsabilités. Ils auraient laissé pourrir une situation économique et financière sans se soucier de l’avenir.
C’est oublier qu’ils étaient déjà exsangues lors de l’invitation à rejoindre la Zone Euro !
Aujourd’hui, il leur reste à ployer sous le poids d’un fardeau que les Européens – vous et moi – leur  avons imposé ou fuir leur terre natale, dans l’espoir de jours meilleurs.
Le pays est  sous tutelle d’ogres qui ne cessent de vouloir s’engraisser.
Pour cela, il a mis à mal sa souveraineté et sa liberté … au nom de ce stupide euro qui empoisonne l’existence de tous les Européens.
Le deuxième acteur de ce drame, ce sont les « créanciers », ces États qui, durant des années, se seront enrichis grâce aux difficultés grecques. Ils auront prêté de l’argent à des taux pour le moins usuriers qui font d’eux des voleurs et des criminels.
Parmi, eux, il y les anciens pays de l’Est. Ils se comportent comme de nouveaux riches, imposant leur loi. Ils semblent oublier que la solidarité européenne les a sortis hier de la fange, au point de pouvoir se relever et d’oser croire, à nouveau, en un avenir possible.
Il y a aussi les pays du Nord, formatés à la « germanique », pour qui l’effort se doit d’être un combat de tous les jours. Chiffres et statistiques y prennent le pas sur les conditions de vie des citoyens.
À leur tête l’Allemagne !
Question dictature, elle en apprendrait à beaucoup, engluée qu’elle est dans des séquelles d’un passé nazi qui ne cesse de la poursuivre, jusque dans ses comportements.
Elle fulmine, elle accuse, elle insulte, elle exige … là où un peu d’humilité, au nom de son histoire, serait de mise.
L’important, c’est d’être le premier de la classe. C’est d’être une économie forte qui, dans le jeu de domination mondiale, tient les manettes du pouvoir. Si pour arriver à ses fins, il faut écraser l’être humain, qu’à cela ne tienne !
Nous restons dans la logique de l’extermination, des camps de la mort et de la terreur que l’Allemagne n’a pas hésité à mettre en place pour asseoir son orgueil et sa soif de pouvoir.
Hier, c’était au nom de la race ! Aujourd’hui, c’est au nom de la finance et de l’économie. Même guerre … même combat !

Dans cette tragédie, digne du théâtre antique, c’est l’homme qui est courbé sous le poids d’une croix qu’il s’est vu imposée.
C’est lui qui continuera à vivre de privations, de spoliations et d’humiliations, pendant que ses riches oppresseurs se presseront sur ses plages et dans ses îles.
C’est lui qui se verra attribuer une retraite qui lui permettra à peine de survivre.
C’est lui qui devra se contenter d’expédients, parce que son salaire raboté et gelé ne lui permettra pas d’affronter la hausse du coût de la vie.
C’est lui qui se privera de soins de santé ou de petits plaisirs à destination des enfants, simplement parce que des « gros » ont pillé outrageusement son pays.
D’autre part, le Grec sait que cet accord n’est que provisoire. Il n’est valable que pour trois ans … et après ?
J’en viens à penser que la Grèce aurait peut-être dû faire le choix de sortir de la Zone Euro et pourquoi pas de l’Europe.
J’en viens à croire qu’un sortie de l’Euro aurait certes été douloureuse, tout comme le sera le fait d’y rester.
D’autres portes, russes ou turques … ce seraient ouvertes, permettant au pays de redémarrer dans la fierté et dans le respect de tous.
J’en suis convaincu que sortir de la zone Euro est pour la Grèce, comme pour nous, un espoir de progrès et d’épanouissement.
En plus, quel symbole : le pays qui a inventé la démocratie quitte ceux qui, abusivement s’en revendiquent !
Ce pays, comme le nôtre, possède la force et la richesse de s’en sortir, sans devoir se laisser enfoncer dans l’humiliation et dans une austérité morbide.
Nous sacrifions tout au dieu argent : notre santé, notre bien-être, notre liberté, notre souveraineté.
Nous nous cachons derrière une idée toxique de la démocratie qui donne à des pouvoirs parallèles comme la finance, la banque, les marchés, les clés de nos existences les plus intimes.
Nous laissons mettre en place une Europe virtuelle qui ne vit que par des statistiques et des chiffres, oubliant l’insondable du regard de l’homme.
L’Islande a fait le pari de rester une île et ce pays se porte à merveille … pourquoi pas nous ?
L’économie doit être au service du citoyen et pas de l’épanouissement de quelques-uns.
La vie de l’homme est la seule valeur qui devrait mettre nos démocraties en mouvement.
Un pays n’a pas à imposer sa loi à d’autres nations, fussent-elles faibles et en crise.

Aujourd’hui sort, sur la toile, une pétition demandant la sortie de l’Allemagne de l’Europe.
Cela peut sembler du vent … et pourtant !
Il est venu le moment de rappeler à ce pays ses fantômes du passé.
Il est venu le temps de proclamer hors-la-loi sa vision de domination orgueilleuse et sans finesse.
Il est venu le temps de lui apprendre le calcul : avant de s’égosiller sur la dette des autres, il lui faut affronter les siennes et réparer l’irréparable, sans se cacher derrière des traités qui l’arrangent !
Il est temps de lui rappeler que la fraternité et la solidarité sont les seuls chemins de la responsabilité et de la reconstruction.
Aujourd’hui, j’ai honte d’être européen.
J’ai honte de notre passivité face à tous ces gouvernements – dont le nôtre – qui se moquent de la démocratie.
J’ai honte de notre soif de domination, peu importe les moyens !

Guy De Smet (14 juillet 2015)


- 57 - LE MATCH DE LA HONTE

Il est des événements de la vie des hommes qui devraient être de grands moments de fête, de convivialité et de paix.
Telles ne semblent pas être les circonstances qui entourent le match du deuxième tour de L’Europa League qui opposera le Sporting de Charleroi au Beitar Jérusalem.
Dès avant la rencontre, les autorités ont dû mettre en place des mesures draconiennes afin d’éviter les incidents.
Cela n’aura pas empêché des supporters des deux camps de s’affronter, déjà, dans les rues de Charleroi, nécessitant l’intervention musclée des forces de l’ordre.
Non seulement, le football suscite pas mal de passions, mais quand il s’agit, en plus, de rencontrer une équipe dont les admirateurs sont des hooligans au sang chaud aux poings agiles et aux cerveaux inexistants, tout se complique.
Il aura fallu mettre en place tout un dispositif sécuritaire qui nous éloigne bien loin des rêves sportifs les plus légitimes.
En temps de crise et d’austérité, il y avait peut-être mieux à faire !

Mais ce match, il est non seulement compliqué à organiser, mais en plus, il réveille en moi des incompatibilités de conscience.
Elles sont de deux ordres.
Dans un premier temps, je ne vois pas bien ce que vient faire une équipe israélienne dans une compétition sportive européenne : Europa League !
Les frontières de l’Europe me semblent clairement dessinées sur une carte et Israël me paraît bien centré au Moyen-Orient et donc, dans un autre univers.
Il y avait déjà le concours eurovision de la chanson … maintenant le sport, sans oublier tous les liens économiques que notre vieux continent maintient avec ce pays, au nom de l’argent et des possibilités qu’il véhicule. Cela devient beaucoup !
Leur place serait, éventuellement, plus dans une coupe du monde ou dans une coupe d’Asie.
En Europe, ce pays n’a pas sa place, ni géographiquement, ni au nom des valeurs qu’il prône et dont nous vérifions les méfaits, chaque jour, dans la presse.
À qui rapporte cette présence insupportable ?

Dans un deuxième temps, le Beitar Jérusalem évoque en moi des images qui font froid dans le dos.
C’est l’image de ce mur de la honte qui, telle une balafre, divise la terre de Palestine en deux territoires que tout oppose.
C’est l’image de ce paysan palestinien obligé de fuir sa terre devant l’arrogance du colon israélien. Ce dernier lui arrache son moyen de subsistance, l’olivier, qui faisait sa fierté millénaire.
Ce sont les images des religieux juifs radicaux qui, sans complexe, foulent le sol et souillent la terre sacrée de l’esplanade des mosquées de Jérusalem.
Ce sont les images de ces victimes civiles, de ces enfants de Gaza qui n’ont plus que des ruines pour tenter de survivre.
C’est l’image de l’insolence des dirigeants israéliens qui, tels les Nazis d’hier, se complaisent dans l’arrogance d’une race et dans l’injustice d’un terrorisme humiliant, au jour le jour.
À chaque fois qu’un joueur de l’équipe israélienne touche un ballon du pied, j’ai l’impression qu’il écrase, une fois de plus, la dignité humaine.
Aurions- nous accepté, hier, qu’une équipe belge affronte l’équipe de l’Allemagne nazie sans avoir l’impression de « collaborer » ?
Aurions-nous accepté de nous détendre, avec des adversaires issus d'une idéologie qui sème la terreur et l’injustice, pendant que d’autres rêvent de retrouver une terre qui leur fut volée en 1948 ?
Les Droits de l’Homme ont bien peu de poids, quand il s’agit de gros sous !
Aurions-nous accepté de nous humilier au point de serrer une main pleine de sang, toute gantée d’orgueil et de suffisance ?
Aujourd’hui, j’ai honte que des accords conclus entre quelques irresponsables, aveuglés par la finance, nous imposent une telle imposture !

Israël rentre sur la terre que tu t’es appropriée ! Tu n’as rien à faire chez nous, si ce n’est y être une tache dans le paysage !
Je ne te dis pas « Shalom », mais « dégage » ! Les cris de tes victimes assourdissent mes oreilles !
Je ne te dis pas « Bon match » !
Mais je te rappelle une autre parole qui ferait bien de déchirer ta conscience : «  Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ».
Quant à ceux qui, politiquement, ont permis cet événement, je leur crie, au nom des victimes de Palestine : décidément, au nom de l’argent, vous êtes prêts à tout : humilier les Grecs ou encore pactiser avec le diable ! Beaucoup pour une même semaine !

Guy De Smet (16 juillet 2015)


- 58 - BONNE FÊTE

Dans quelques jours, nous serons le 21 juillet. Ce sera notre fête nationale.
Nous nous souviendrons qu’en 1831, Le Roi Léopold Ier prêtait serment. Il s’installait sur le nouveau trône de Belgique. Il prêtait allégeance à un peuple souverain, issu de siècles de domination.
Notre pays se réunissait dans le sillage d’un drapeau, porteur des couleurs nationales que nous connaissons encore aujourd’hui.
Le noir de nos deuils et de nos morts.
Le jaune de nos rires et de nos fêtes.
Le rouge du sang de nos martyrs tombés pour notre indépendance et pour notre liberté.
La Belgique se lançait dans une aventure qui a forgé son visage, jusqu’à cet État fédéral, installé pour le meilleur et pour le pire.
Aujourd’hui, cette fête nationale semble éclipsée par d’autres rendez-vous régionaux et communautaires qui semblent plus coller à la mentalité de ce siècle et à la configuration du territoire.
Pourtant, Te Deum, visite du Parlement, défilé militaire, fête populaire du parc de Bruxelles, feu d’artifice … seront comme autant d’oasis au cœur d’une actualité baignée dans l’austérité et dans une crise qui s’est installée !

Cette année, avec beaucoup de Belges, je n’ai cependant pas le cœur à la fête.
Bien des événements sont venus semer le trouble dans mon esprit, au point de n’avoir guère envie de partager les ronrons d’une fête bien éloignée des préoccupations de nos concitoyens.
Certes, le Roi, dans son discours traditionnel et convenu, chantera les mérites de notre nation remodelée. Il nous invitera à des efforts pour endosser le manteau d’une crise qui nous étouffe. Il parlera de nos richesses insoupçonnées et de nos capacités à améliorer le monde. Il fera de l’exigence européenne une hymne à la prospérité. Enfin, la Reine et lui nous souhaiteront une bonne fête nationale comme si tout le monde il était beau et tout le monde était gentil.
Angélisme, fadeur, paroles … Pas de quoi nous ouvrir les portes d’une espérance !

Cette année, le drapeau national flottera toujours au-dessus de nos têtes, mais avec d’autres connotations qui figeront nos trois couleurs.
Le noir, ce sera celui qui hante le cœur des réfugiés qui s’en viennent frapper à nos portes dans l’espoir d’un peu d’air frais et qui n’y rencontrent que les effluves nauséabondes de quotas imposés froidement par l’Europe.
Les expulsions à la Francken semblent être la seule mélodie qu’ils pourront entendre !
Le noir des exclus du chômage qui ne comprennent pas ce qui leur arrive. Ils ont été licenciés au nom de la compétitivité de la rentabilité. Ils ont la malchance d’être jeunes et de manquer d’expérience. Ils croulent sous le poids de l’âge et ne sont plus rentables. Il leur reste à « payer » parce qu’ils ne sont plus rien !
Le noir des exclus des soins de santé. Chez nous, comme en Grèce, des hommes, des femmes, des enfants se privent d’une visite chez le médecin ou d’un passage chez le pharmacien, parce que leurs moyens financiers ne le leur permettent pas. De Block et consorts ont été les « décapiteurs » de vies humaines au nom de coupes budgétaires et d’une inhumanité qui leur est naturelle.
Le noir des retraités qui ont le tort d’encore vivre et de coûter trop d’argent à la société. Ils doivent travailler plus longtemps, rester disponibles au lieu de penser à se la couler douce dans un peu de calme et de sérénité.
Le noir des salaires gelés, des sauts d’index injustifiés, afin de permettre à quelques nantis d’encore plus profiter d’un hold-up organisé.
Le jaune de mon drapeau semble bien terne, ravagé par un soleil qui a trop longtemps brûlé. Il est réduit à peau de chagrin et semble tourner au blanc de l’anémie.
C’est le jaune des espoirs déçus et des rêves abandonnés.
C’est le jaune dilué dans le chômage des jeunes ou dans le rejet des avis spécialisés comme ceux des médecins, à qui des normes inhumaines sont imposées.
C’est le jaune qui ne fait rire que ceux qui profitent du système : une famille royale sans envergure et sans attitude « prophétique », un monde politique qui sait comment s’enrichir au dépend de citoyens « vaches à lait », quelques nantis véreux qui ont fait de la fraude fiscale un bonheur simple de tous les jours.
C’est le jaune de ces familles qui rêvent de petits plaisirs à offrir à leurs enfants, mais qui reportent à demain l’espoir de jours meilleurs.
Quant au rouge du sang historique, il est devenu le symbole de la colère d’un peuple qui n’en peut plus d’être le dindon de la farce.
Colère des cheminots pour qui la ministre Galland a des visions, refusant d’écouter la souffrance quotidienne et les inquiétudes de ses travailleurs.
Colère des enseignants qui se voient imposer des normes, des « cours de rien » sans aucun respect de leur statut et sans aucune écoute de leurs préoccupations.
Colère des médecins, du personnel infirmier qui n’en peuvent plus de voir des ministres et des parlementaires se substituer à leurs compétences.
Colère des syndicats qui se voient réduits au simple rôle « d’enregistreurs » de décisions injustes et indignes.
Colère des eurosceptiques qui ne croient plus en ce vieux rêve baigné de solidarité et de justice. L’actualité les conforte dans leur position au quotidien !
Colère des citoyens qui, dans la foulée des Grecs, vivent la politique nationale ou internationale comme une atteinte primaire à la démocratie et à la souveraineté du peuple.
Trois couleurs qui me laissent un goût amer dans la bouche.
Cette année, je ne fêterai donc pas la fête nationale.
La vie que nous concoctent nos responsables politiques est loin d’être un feu d’artifice merveilleux.
Les paroles et les déclarations qu’ils osent sont lénifiantes d’ennuis et de manques de perspectives encourageantes.
Le quotidien du Belge est devenu un parcours semé d’inquiétude et de crainte : de quoi demain sera-t-il fait ? Quel avenir pour nos enfants ? Quelle Belgique au-delà de la coalition au pouvoir.
Pas de quoi pavoiser !
Mais alors, que souhaiter : bonne fête ou bon courage ?

Guy De Smet (17 juillet 2015)


- 59 - QUAND LE DÉLIRE DEVIENT UNE NORME

Lors de sa création, cette rubrique prenait le nom de « Billet d’humeur ».
En lisant la presse, ce matin, ce n’est plus d’ « humeur » dont il est question, mais d’un profond sentiment de dégoût.
Dans un secret de catacombes, deux journaux flamands se font l’écho d’une exigence du fisc allemand : « Il veut que les milliers de Belges qui ont été forcés de travailler en Allemagne nazie pendant la deuxième guerre mondiale, paient des impôts sur leur pension, ont annoncé samedi les journaux Gazet van Antwerpen et Het Belang van Limburg. Le service fédéral belge des pensions a déjà reçu des dizaines de plaintes d'anciens travailleurs forcés belges ou de leurs proches.
Le parlement allemand a approuvé, en automne 2010, une loi fixant à 17% le taux d'imposition sur les pensions des travailleurs forcés. Cette demande d'impôts est rétroactive et a été calculée pour les pensions perçues à partir de 2005.
Des anciens travailleurs forcés belges des années 40 ou leur veuve ont reçu, dans le courant des dernières semaines, une lettre d'un bureau de taxation de l'état allemand de Brandenburg les informant qu'ils devaient payer ces impôts. Il s'agit souvent de plusieurs centaines d'euros.
Le ministère belge des Finances dit ne rien pouvoir faire pour ces personnes. »

Deux choses me choquent profondément : la première concerne le gouvernement allemand.
Ce pays a semé le désastre à deux reprises, au cours du siècle dernier.
Malgré cela, il a reçu des aides pour « redémarrer » son économie et sa vie sociale. Il a été entouré de pardon, de désir d’entente et de réconciliation. Il a été réintégré dans le concert des nations … et manifestement son arrogance pousse à en demander toujours plus ! Jean de La Fontaine aurait eu de quoi fulminer !
La deuxième remarque qui me choque m’oblige à condamner le gouvernement belge qui se sent impuissant et incapable de défendre ses citoyens.
La ligne économique de l’Allemagne semble primer sur un peu de décence !
Mafia ! Quand tu nous tiens !

Ces positions, non seulement me choquent, mais elles me répugnent !
L’Allemagne, par deux fois, a envahi notre pays, au mépris de tout sentiment humain et de toute idée de la souveraineté nationale et de l’inviolabilité du territoire.
L’Allemagne, par deux fois, a semé la terreur et la désolation dans nos rues et dans nos campagnes qui ne demandaient qu’à vivre en paix.
L’Allemagne a implanté des deuils inconsolables dans des milliers de familles de chez nous et d’ailleurs. Elle a poussé sur les routes de l’exil des populations confrontées à l’apocalypse qu’elle semait sur son passage. Elle a créé des blessures que rien ne cicatrisera jamais.
L’Allemagne a fait de l’homme un animal traqué, bon pour la déportation, pour l’emprisonnement, pour n’être que du bétail à abattre dans des camps de la mort.
L’Allemagne a déporté sur ses terres, des bras et des forces, les embrigadant dans un travail forcé. Ces hommes, ces femmes ont dû laisser là leurs familles. Ils ont été arrachés à leurs terres, à leur conjoint, à leurs enfants, pour n’être que des machines au service de la grandeur germanique et de son effort de guerre.
Des milliers de femmes ont dû affronter, dans la solitude et dans l’angoisse la survie d’une famille, fracassée contre le mur de la supériorité d’une race.
L’Allemagne a fait de la misère et de l’humiliation, que des millions de citoyens ont dû endurer avec courage, une norme pour écrire son orgueil démesuré.
Grâce aux Alliés, l’Allemagne a été écrasée. Elle a perdu ces guerres qu’elle avait initiées, découvrant la honte, comme une deuxième peau.
Malgré cela, elle a reçu une aide qu’elle ne méritait pas, un effacement de dette qui restera à jamais une balafre injuste.
Elle a été sujet d’attention et de mains tendues qui se révèlent aujourd’hui comme autant d’insultes et d’atteintes au devoir de mémoire.
Elle, qui a dévasté des régions entières, revendique aujourd’hui des remboursements et des impôts et s’en prend à ses victimes d’hier. À cette allure-là, le peuple juif devrait bientôt payer la Shoah et le bonheur d’avoir été détruit dans des camps allemands !
Elle exige de ses victimes ou de leurs héritiers des sommes indues, comme si avoir forcé des hommes à travailler dans la contrainte était une nouvelle norme du droit social. L’Allemagne oublierait-elle qu’il s’agit d’ABORD d’un crime ! Oublierait-elle que ces êtres humains étaient des prisonniers de son infamie ?
Quelle contradiction avec son attitude face à la demande grecque, d’une exigeance de paiement de sa dette de guerre : l’Allemagne a détruit, donc elle doit payer !
Malheureusement, dans ce cas, elle estime que tout fut réglé, au lendemain de la guerre, par des traités. Quelle insolence qui exigerait bien que nous mettions ce pays, à nouveau, au ban des nations.
Il est des situations où un pays criminel devrait se souvenir de ses crimes.
Il est des situations, où il préférable de ne pas soulever le passé sous peine de voir un sentiment antiallemand s’enraciner profondément.
Il est des hommes qui, comme le ministre des finances allemand feraient mieux de s’occuper de l’état des roues de leur voiturette  que de leur ténacité à se venger sur les vainqueurs d’hier.
Il se veut un économiste responsable. Il n’est qu’un valet abject de la grande finance, celle qui, hier, voyait l’arrivée au pouvoir d’Hitler.
Il est des femmes qui, comme Angela Merkel, ferait mieux de prendre des cours d’humanité au lieu de se ridiculiser dans la rencontre d’êtres, comme cette jeune palestinienne expulsée, qu’elle a eu plaisir à humilier.
Pauvre Europe qui a pris pour modèle ce monstre issu du  IIIème Reich !

La deuxième attitude qui me fait froid dans le dos, c’est l’attitude du gouvernement belge.
Il se dit incapable de soutenir les Belges, victimes de la spoliation allemande.
Il me semble que l’humiliation et le vol ne sont pas d’un bord politique. Ils sont des crimes inacceptables et contre lesquels il faut s’indigner et exiger réparation.
Notre ministre des finances refuse d’affronter l’Allemagne, son modèle économique.
Il est vrai que son parti, la NV-A a, à travers ses membres, un certain passé d’amitié avec ce Reich qui sent mauvais !
Il préfère inclure la position du fisc allemand dans le hold-up organisé, qu’avec l’ensemble du gouvernement, il ne cesse d’opérer sur la population belge.
Il préfère continuer à plumer le simple citoyen, plutôt que de faire de la justice sociale une exigence incontournable.
Il se contentera de s’incliner, avec désinvolture, devant les monuments aux morts de nos quartiers et de nos villes plutôt que de respecter les souffrances et le sang versé pour la patrie.
Décidément, ce gouvernement est incapable de respecter les vivants, mais le voilà maintenant pris en flagrant délit de spoliation de morts !
Et nous aurions pu voter pour ça ? Honte !
Il est temps de se ressaisir et faire du respect des droits de l’homme, de ses droits sociaux et intimes une norme de gouvernance.
Il est temps d’oublier les discours sur le devoir de mémoire, mais de passer aux actes, pour que de tels faits ne se reproduisent plus jamais.
Il est urgent de renvoyer l’Allemagne à sa niche, en lui plaçant devant les yeux ses crimes qui, à jamais, défigureront la face de la planète !
Si son économie se porte bien, qu’elle n’oublie pas la dette incommensurable qu’elle doit à l’humanité !
Il est urgent de rappeler aux Allemands que leur superbe n’a droit à aucun dérapage sur des terres que nos ancêtres ont dû débarrasser de leur vermine !

Guy De Smet (19 juillet 2015)


- 60 - QUELLE TRISTESSE !

Comme vous, certainement, j’ai été attentif au discours prononcé par le roi Philippe à l’occasion de la fête nationale.
J’imagine, qu’une fois de plus, certains parleront de « sans faute » ! On n’est pas d’un « fan club » pour rien !
Il nous a longuement parlé de l’importance des liens personnels, des liens entre les nations.
Il a évoqué, avec « dynamisme » les progrès de l’informatique, véritable porte ouverte sur le monde. Il a aussi voulu nous mettre en garde contre une « hyper-connectivité ».
La psychologie a été son terrain de jeu, nous invitant à «  des relations réelles et profondes ».
Au détour de ses voyages, il a pu rencontrer les acteurs d’initiatives qui, tant au plan local qu’international, concourent au rayonnement de la Belgique.
Les drames qui se déroulent aux portes de l’Europe ont été pour lui, l’occasion de vanter l’idée européenne : les Grecs sauront apprécier !
Tout cela lui sortait « des tripes » qu’il tenait avec fermeté tout au long du discours !

Et tout cela, pour un peuple belge qui connait bien des crises et pour un monde en proie à bien des interrogations quant à la paix, à la justice, au climat et à la solidarité.
Quelle sera la portée de ces mots dans la tête d’un réfugié qui se voit fermer les portes ou auprès d’un chômeur qui ne connait que l’exclusion comme force de lien ?
Quelle sera la portée de ce discours auprès des Grecs ou des Ukrainiens qui vivent chez nous et qui angoissent au quotidien sur le sort de leurs familles et de leurs proches restés au pays, loin là-bas ?
Quelle sera la portée de ces phrases toutes faites dans le cœur de ces familles qui, par l’intermédiaire d’internet, ont vu leur fils se radicaliser et s’engager dans le terrorisme et dans la mort ?
Pas un mot sur le mal vivre de tant de nos concitoyens !
Pas un mot sur les dangers communautaires qui menacent notre vie fédérale et régionale.
Pas un mot sur cette crise qui frappe plus d’un travailleur, plus d’une famille, plus d’un malade, plus d’un retraité de chez nous ?
On reconnait bien là la signature du premier-ministre, chargé de superviser un discours royal ! Pauvre type !

Les jeunes aimeraient créer des liens. Malheureusement, ils n’ont que la recherche stérile d’un emploi comme perspective.
Les plus vieux aimeraient bien découvrir les beautés de la Chine et ses possibilités, mais leur petite retraite ne leur permet que d’en rêver. Ils ne peuvent, d’une part, envisager un voyage et, d’autre part, contribuer aux dépenses somptuaires de l’État.
Les acteurs associatifs et culturels que le roi a pu rencontrer, avec la reine, dans ses déplacements ont certainement trouvé dans son passage un encouragement … mais quid des blessés de la vie, des victimes de nos  politiques injustes  qui semblent ne même pas avoir droit à un regard ou une simple pensée ?
Les rejetés de l’Europe aimeraient bien découvrir le projet qui devait leur maintenir la tête hors de l’eau. Ils aimeraient que la démocratie  - et non la finance – en soit le moteur. Là, silence !
J’en viens à me demander si le peuple belge partage bien la même existence que ses dirigeants.
La cage dorée royale n’est-elle pas devenue un nuage qui dispense de sérieux et d’une réelle présence aux côtés du peuple.
Dalida aurait encore eu raison : «  Paroles, paroles, paroles … » !
Un vide abyssal de paroles et de présence !
Pour le bal national, leurs Majestés avaient l’excuse de l’heure de piscine !
Ils auraient peut-être dû prolonger d’un plongeon supplémentaire !

Guy De Smet (21 juillet 2015


- 61 - BIENVENUE AU PAYS
DES CITRONS PRESSÉS

Le monde de la finance et ses valets politiques viennent encore de frapper.
Le Gouvernement Michel vient de terminer son conclave budgétaire : à vos portefeuilles !
Nous savions déjà que les salaires étaient gelés.
Nous savions aussi qu’un saut d’index avait opéré un réel hold-up dans nos maigres réserves financières et dans nos possibilités de boucler les fins de mois.
Nous savions déjà qu’il valait mieux être en bonne santé que malade, sans quoi les mesures de la De Block calmeraient vos envies d’exister.
Nous savions déjà que vivre au quotidien le malheur d’être privé d’emploi était désormais un crime, suscitant un acharnement sans borne de ce gouvernement antisocial.
De tout cela devrait naître un accroissement de la compétitivité des entreprises et des milieux financiers et un hypothétique emploi à un horizon indéfinissable.
De tout cela devrait naître un avènement d’un monde libéral, dans lequel l’important est d’être riche, brillant et méprisant.
Ils parlent d’emplois … oubliez !
Ils parlent de croissance … ce n’est pas pour vous !
Ils parlent de reprise, il ne s’agit que de "re – prises" dans vos maigres réserves
Mais ce n’est pas tout !
La descente aux enfers, pour y rejoindre le quotidien des Grecs se poursuit.
De nouvelles mesures viennent de sortir, dont le but est de vider encore un peu plus votre portefeuille.
Hausse de la TVA sur l’électricité.
Hausse substantielle du précompte mobilier, à hauteur de 10 % sur l’effort fourni par tous. Les riches sont, une fois de plus, préservés !
Hausse des accises sur le diesel, l’alcool et le tabac … il parait que c’est le souci de notre santé qui les guide. Dans ce cas, n’aurait-il pas mieux valu, d’interdire, tout simplement … en justifiant – chiffres à l’appui – la décision prise ! Comme s ‘ils se souciaient de notre santé !
À cela, il faut ajouter : « 100 millions d'euros économisés par le biais des mutualités, de mesures en matière de chômage, d'un démantèlement accru du régime des prépensions et d'une activation des prépensionnés qui devraient rapporter respectivement 20 millions et 45 millions. » … Et j’en passe !
Mais, c’est pour notre bien, chantonne l’idiotie bêlante de notre premier-ministre !
De qui se moque-t-on ?
Mais de nous, tout simplement !
Il est vrai que si ne consommions pas d’électricité, nous ne serions pas taxés.
Il est vrai que si nous ne mangions pas et si nous ne buvions pas, la TVA ne nous concernerait pas.
Il est vrai que si nous nous contentions d’être en bonne santé, jeune et au travail … tout serait magnifique. Nous serions de bons petits robots pour une société libérale qui aime engranger.
Il est vrai que si nous nous contentions de laisser notre salaire entre les mains de ceux qui nous dirigent, nous contentant des miettes qu’ils veulent bien nous lancer, tout serait sous contrôle.
Il est vrai que si nous nous contentions d’applaudir face aux dotations royales ou ministérielles mirobolantes, aux primes parlementaires et aux hausses de traitement des députés européens ou des bénéfices bancaires, nous serions d’une docilité exemplaire.
Caricature insolente, me direz-vous ?
Je me contente de reprendre les propos de Reynders, ce ministre champion du mépris et du mensonge : « On ne paie que ce qu’on consomme ! ».

Il devient vital de se protéger contre ces politiques qui nous assassinent.
Il est temps de ranger aux placards ces idéologies libérales, sources de mal-vivre et de suicides potentiels.
Il est temps de « casser » notre modèle de société en unissant nos forces sociales et individuelles. D’autres dans le monde l’ont fait et ça leur a réussi !
Ce gouvernement, qui a fait du déficit démocratique un art de vivre, doit disparaître.
Le pouvoir doit être remis au peuple, appelé à réfléchir sur ce qu’il a laissé faire avec sa voix.
Peuple, au nom de ta dignité, debout !
Cesse de te laisser piétiner par la finance et ses valets : il y va de ton honneur !
Crois en toi … Tu vaux plus que cela !

Guy De Smet (23 juillet 2015)


- 62 - CATÉCHÈSE … UN CHANGEMENT ?

Le Diocèse de Namur s’est lancé dans un projet pour le moins ambitieux. Il s’agit de l’inscrire dans la volonté des évêques de Belgique, soucieux de réorienter les pratiques catéchétiques dans les paroisses.
Guidés par un souci d’évangélisation et de participation des communautés chrétiennes, les pasteurs  diocésains se sont sentis pousser des ailes pour nous motiver : «  C’est avec vous tous, les acteurs pastoraux du terrain, que ce projet pourra prendre forme. Il y va de la responsabilité de chacun de mettre à la première place de notre engagement pastoral l’annonce de l’Évangile et sa transmission, au cœur même de nos lieux de vie habituels, par une catéchèse qui soit à la hauteur des besoins de ce temps : une catéchèse désormais communautaire, globale et continue, pour aider chacun à grandir dans la Foi. » (Mgr Vancottem, le 18 mai 2015).
Fort de cet encouragement, le nouveau service de la catéchèse diocésain de Namur, Catéveil, s’est mis au travail.
Il nous propose un programme étalé sur 6 années, trait d’union entre les parents, les enfants et les communautés chrétiennes.
À l’entrée à l’école primaire, vers 6-7 ans, l’enfant et ses parents sont invités à une première étape de 5 rencontres : l’éveil à la Foi.
Vers 7-8 ans, les enfants se verront proposer une deuxième étape de découverte du visage de Jésus : 12 portraits  permettant d’entrer en amitié et en confiance avec Jésus.
Vers 8-9 ans, une troisième étape préparera l’enfant à faire sa première communion, au cours de la troisième primaire.
De 9 à 12 ans, l’enfant sera invité à poursuivre son initiation chrétienne, qui culminera dans le sacrement de la Confirmation.
Avec d’autres jeunes, il pourra suivre un bout de chemin et prendre sa place dans la mission de l’Église.
Un projet innovant et audacieux qui a de quoi « réveiller » des secteurs, des doyennés et des paroisses !

Un tel changement, pour avoir droit à une piste de réussite, demande cependant du temps et une conversion des mentalités.
Ayant reçu les documents le 20 juin dernier seulement, j’en suis à peine à quelques questions préliminaires. J’ai envie de vous les partager :

  • Il me semble important qu’un projet se mette enfin en place.
    La catéchèse, telle qu’elle se pratique aujourd’hui, ne correspond plus aux attentes ni des communautés paroissiales, ni des parents. Elle semble être d’un autre temps. Pour plus d’un curé, il s’agit actuellement d’un cauchemar insupportable.
  • Aujourd’hui, les parents inscrivent leur enfant à une fête. Les communautés paroissiales veulent un temps de catéchèse. Comment en faire un moment d’évangélisation et de découverte de la vie de l’Église., alors que tout semble séparer les protagonistes.
  • L’idée, soumise par le Diocèse, d’une catéchèse en 6 ans, séduit, mais inquiète, en même temps, car elle semble peu réaliste ? si ce n’est dans des milieux privilégiés (communautés nouvelles …).
    Devons-nous y lire une chance ou un suicide pastoral  annoncé ?
  • Une telle idée nouvelle demande un changement de mentalité, tant dans les paroisses, qu’auprès des parents et des autres acteurs concernés. Cela prend du temps !!!
 

Ce n’est pas au départ d’un premier document lancé en 2014, qu’on peut mettre en place une nouvelle manière de faire en 2015.
En avril 2015, on invite tous les acteurs d’un Doyenné à se mettre autour de la table.
On propose une journée de catéchèse fin juin 2015 et l’évêque souhaite commencer l’aventure en  septembre 2015 !!! Où sont le réalisme et le bon sens pastoral ?
Un changement de mentalité demande du temps et des canaux d’information.

  • La catéchèse que nous avons connue, était liée à des fêtes (premières communions, Profession de Foi …).
    Je n’ai cependant pas envie de me laisser guider par le « confort pastoral » : « on a toujours fait ainsi » … loin de là !
    Un tel projet qui ne se lie pas à des « fêtes » risque toutefois de ne concerner qu’une « élite » ou du moins quelques familles soucieuses de transmettre la Foi chrétienne. Que deviennent les autres qui trouvent nos costumes trop étroits ?
    Le but de l’Église est-il de ne s’adresser qu’à une élite, alors que la Pape ne cesse de nous parler « des Chrétiens de la marge » ?
    Ce projet en 6 ans me semble pécher par méconnaissance du Christianisme sociologique. Certains le disent mort, alors qu’il est à la base de la majorité des demandes religieuses dans les paroisses.
    Beaucoup de ces parents viennent vers les curés pour un Baptême, une première communion, une Profession de Foi par tradition, sans aucune conviction religieuse. Ils sont la mèche qui fume encore et qu’il ne faudrait pas éteindre !
    Serions-nous appelés à devenir des « pompiers » de la Foi ?
  • Un tel projet demande aussi que toutes les paroisses d’un secteur ou d’un doyenné débutent en même temps.
    Nous avons l’expérience dans notre secteur d’innovations  de certaines paroisses, impliquant une plus grande mobilisation des parents demandeurs. L’effet a été de faire fuir les parents  - et donc les enfants - vers des endroits où les exigences d’implications parentales étaient moindres.
    Une unité dans les approches catéchétiques et pastorales serait une aide !
  • Chaque année, le recrutement de catéchistes est une opération délicate dans les paroisses. Il s’agissait jusqu’ici d’un engagement limité d’un ou deux ans. J’ose à peine imaginer la difficulté étalée sur une durée de 6 ans !
  • Qui dit catéchiste, dit aussi formation.
    Celle-ci ne devrait-elle pas être l’œuvre de Catéveil, porteur du changement ?
    La bonne volonté est une chose ! La compétence n’est cependant pas superflue !
  • Une catéchèse étalée sur une longue durée n’échappera pas à des situations particulières qui demandent du tact et de la rigueur :
    Quid des enfants de parents séparés, ballotés entre divers lieux ?
    Quid des enfants dont les parents ne fréquentent l’Église qu’occasionnellement et qui vivent loin de nos projets pastoraux ou de canaux d’information ?
    Quid des horaires des enfants et des parents déjà sollicités de toute part ?
    Quid des enfants qui ne suivent pas le cours de religion à l’école ou qui suivent des « cours de rien » ?
    Quid des enfants qui s’inscriront pour une première communion et une Profession de Foi, pendant que la nouvelle conception de la catéchèse se met en place ?
    Quid des enfants qui déménagent ou arrivent en cours de route, parce qu’ils croyaient s’inscrire pour une première communion ou une Profession de Foi ?
    Le Pape François a appelé « ses amis », ces Chrétiens qu’il rencontre « à la marge ». Comment concilier exigences et accueil ?

Beaucoup de réflexions … beaucoup d’interrogations !
Et si nous prenions le temps de la réflexion, afin de mettre en place des décisions responsables ?
C’est le pari que je nous propose de relever, ensemble.
À vos conseils  … À vos avis … À votre engagement !

Guy De Smet (28 juillet 2015 )


- 63 - LETTRE OUVERTE À UN FRÈRE MUSULMAN

Mon frère, ma sœur …

Durant des années, nous avons eu plaisir à vous rencontrer, à découvrir votre culture ou encore vos habitudes.
Nous nous sommes émerveillés devant votre savoir-faire, devant votre littérature, devant votre cuisine.
Nous éprouvions du plaisir à visiter vos pays, vos palais, vos souks. Vos plages et vos lieux de vacances faisaient nos petits bonheurs, ceux pour lesquels nous épargnions toute l’année.
Plusieurs parmi vous me font l’honneur de me compter parmi leurs amis. Cette amitié est vécue dans le respect mutuel et dans l’effort de compréhension qui aboutit à l’estime.
Heureux mélange des cultures qui a connu ses grandes heures !

Depuis quelques temps, les choses semblent avoir changé.
L’intolérance, le fanatisme, le racisme guident tant de comportements et tant d’évènements qui suscitent la peur et l’incompréhension.
Chez nous, une crise économique sans précédent s’est abattue sur les citoyens. Elle engendre des replis sur soi et des colères qui semblent échapper à tout bon sens.
Nous irions presque jusqu’à vous accuser de tous nos malheurs, aidés en cela par un monde politique si doué pour alimenter nos peurs et nos désarrois.
Certains de ces ténors du populisme vous verraient bien retourner vers vos horizons et vers vos débâcles, peu importe l’inhumanité que tout cela véhicule.
Je ne puis que regretter de telles attitudes, même si je suis bien obligé de reconnaître que nos pays, déjà tellement mis à mal par la finance, ne peuvent accueillir toute la misère du monde.
Cela ne justifiera jamais les expulsions tardives et injustes ou encore les délits de « sales gueules » qui semblent parfois devenir habituelles.

Chez vous aussi, le radicalisme est devenu un masque qui habille tant de vos attitudes.
Votre religion, avant d’être un écrin lumineux pour y placer votre invocation « Dieu est grand », est devenue un écran fait d’exigences et de sommations et parfois, de cruauté.
Votre Dieu, vous le réduisez à un mode d’abattage de viande, à de la nourriture, à une mode vestimentaire, à des traditions que vous finissez par nous imposer de force.
Votre Dieu, vous le caricaturez en le réduisant à une justification de vos dérives et d’une violence incontrôlée.
Quand vous arrivez sur nos rivages d’Europe, malgré les tracasseries inadmissibles des autorités, les habitants et leurs bénévoles souhaitent vous soulager. Pour cela, ils vous apportent un peu de nourriture et de réconfort. Ces plats, vous les rejetez avec mépris parce qu’ils ne vous conviennent pas. Des rues italiennes ont subi cette semaine vos outrages !
Rester correct fait partie de la base de l’éducation, tant en Orient qu’en Occident !
Quand vous vous installez dans nos villes, vous vous regroupez en ghettos. Vous nous imposez vos modes de vie, vos coutumes, vos traditions, faisant de nos jardins, de nos parcs et de nos rues des terres hostiles et étrangères.
Heureusement, certains de vos frères de race et de religion se comportent avec dignité et sans ostentation, avec amitié et sans revendication.
Vous agressez des femmes de chez nous parce qu’elles osent ne pas adopter vos codes vestimentaires : une femme agressée parce qu’elle bronzait au soleil, déjà si rare chez nous … stop ! Vous dépassez les limites !
De quel droit, vous permettez-vous de juger les comportements de ceux qui vous reçoivent. N’oubliez pas que c’est à leur porte, qu’un jour, vous avez frappé !
Le mal-vivre de votre jeunesse, qui n’a que l’horizon de cités sombres comme avenir, vous nous le reprochez … Ne vous trompez-vous pas de bouc-émissaire ?
Vous nous imposez vos signes culturels et religieux, comme le voile ou des tenues plus habituelles dans vos régions, même si pour cela vous devez passer outre de nos lois.
Dans le même temps vous partez à l’assaut de nos crèches de Noël et d’autres symboles qui nous sont propres.
Certes, nous comprenons, que vous vous attachez à la recherche de points de repères et de racines … Mais de là à devenir agressifs et vindicatifs !
Un terrorisme issu de votre culture se répand en sang, en attentat et en violence qui nous dépasse … jusque sur nos terres. Votre réaction nous étonnera toujours : vous semblez murés dans un silence et dans une passivité qui font peur.
Vos rois, vos représentants s’installent chez nous, les temps de vacances, calfeutrés derrière un mépris et une arrogance qui font vomir. Ce faisant, ils suscitent des frondes et des interrogations qui débouchent sur un peu d’intolérance supplémentaire. Trop, c’est trop !

Quand, habillés de notre statut de vacanciers, sans pouvoir et sans éclat, nous passons quelques jours chez vous, nous nous adaptons à  votre culture. Nous respectons vos mosquées ou vos institutions, vos habitudes de vie en société. Nous veillons à ne pas imposer ni notre culture, ni notre religion, ni nos excentricités … et cela nous semble bien normal, d’autant plus que vous nous l’interdiriez !
Nous attendons la même chose de vous !
Vous avez voulu vivre en Occident. Certes, nous avons à vous respecter, mais vous avez à vous adapter et à vous intégrer.
Vous avez  désiré partager nos rêves et nos espoirs, il vous faudra bien aussi vivre au diapason de nos infortunes et de nos déceptions. L’Occident n’est pas l’Eldorado dont vous rêviez … il suffisait de s’informer !
Vous avez osé croire dans le mirage de nos économies. Il faudra bien vous faire à l’idée qu’il ressemble tellement à celui de vos déserts et de vos mille et une nuits oubliées.
Vous venez d’une terre d’Islam, riche de culture et de noms divins.
Vous voici sur une terre judéo-chrétienne, marquée, aujourd’hui, par la sécularisation et par une certaine idée de la démocratie.
Vous êtes sur une terre d’Occident, façonnée par une Histoire et par un rêve. En venant chez nous, c’est à sa rencontre que vous êtes venus, dans l’espoir de jours meilleurs.
Nous n’accepterons jamais que vous en fassiez un prolongement de votre civilisation. Souvenez-vous de Jacques Martel !
Nos pays ne seront jamais « terre d’Islam ». Leur histoire, leurs coutumes, leurs traditions resteront des marqueurs forts d’une manière d’être !

Ami musulman, n’oublie jamais que dans le cœur de tout homme que tu rencontreras, ici ou ailleurs, se loge le rêve de Dieu, fait d’Amour, de Justice et de Vérité.
Ce Dieu-là, il ne s’impose pas, il se fréquente dans l’humilité et dans l’éblouissement d’une fraternité qui s’appelle réciprocité.
Qui serais-tu pour l’obscurcir de ton nuage ?
Un frère qui t’aime, sans toujours te comprendre !

Guy De Smet (29 juillet 2015 )


- 64 - INFORMATION OU PROPAGANDE ?

Il m’arrive, comme à beaucoup parmi vous j’imagine, de parcourir les pages de Facebook.
Aujourd’hui, tout se relaie, tout se dit par les réseaux sociaux. Cela va d’un souhait d’anniversaire, à l’achat de nouvelles chaussures, en passant par des scoops d’information. La meilleure et la pire des choses !
En surfant les derniers temps, j’ai été étonné par le nombre « d’informations » concernant des faits divers mettant en cause des Musulmans. On y passe de l’interpellation d’une femme voilée, aux cris religieux dans un bus, sans oublier la citation de faits dont le but est de nous convaincre qu’ils viennent manger notre pain.
Nos amis français, plus que nous, sont ainsi devenus les porte-paroles d’une laïcité bafouée, d’une civilisation judéo-chrétienne en danger ou encore d’une violence issue en droite ligne de cette religion qui fait peur.
Curieux de nature, je me suis mis en chasse des sources de toutes ces informations : lagauchematuer.fr, Medias-presse-infos sont ceux qui reviennent le plus souvent !
Je me suis arrêté plus spécialement à l’un d’entre eux, à cause, probablement du nombre de fautes d’orthographe qu’il véhiculait.
Quelle ne fut pas ma surprise de constater que les responsables de ce torchon nous viennent de la droite libérale : UDI, UMP …
Quel ne fut pas mon étonnement de découvrir l’ombre de la plume d’un triste sire belge, président d’un parti populiste, sous la signature d’une femme iranienne !
D’une part, leur pensée est profondément pétrie de libéralisme et de toutes les aberrations dont nous ressentons les effets dans nos portefeuilles, chaque jour.
Mais en plus, ils prennent plaisir à cibler le coupable idéal de tous nos malheurs : l’étranger, le musulman.
La majorité de leurs « informations » concernent des faits liés à l’immigration et à ses nuisances.
Ils sont aidés dans leurs propos par le laxisme du gouvernement français qui, d’une part, se fait la « Jeanne d’Arc » de la laïcité et d’autres part invente des « petites phrases » ou inventent des discours qui mettent le doigt sur le musulman : que serait la France sans l’Islam ? Et si nous offrions des cours d’arabe dans les écoles de la république ?  Si nous interdisions le voile, sans l’interdire ?  …
Ils sont aussi aidés  par des délits qui sont le fait de quelques marginaux en mal d’existence et qui nous viennent de ces milieux qui ressentent l’injustice au quotidien.
Les deux phénomènes conjugués donnent naissance, dans ce pays, à un racisme qui devient viscéral.
À les entendre, ces Musulmans seraient responsables de tous nos maux et surtout de cette crise qui n’arrête pas d’empoisonner nos existences.
Trop d’informations dans ce domaine finissent par tuer l’information !
Qui est responsable de la baisse de notre pouvoir d’achat ?
Qui est responsable de la hausse du chômage et de l’exclusion des chômeurs ?
Qui est responsable de nos politiques migratoires « irresponsables » ?
Qui est responsable de cette crise économique et financière … et surtout à qui rapporte-t-elle ?
N’est-ce pas avant tout aux banques, au monde de la finance  qui engrangent des bénéfices, après avoir opéré un hold-up dans nos réserves et s’être lancées  dans un chantage scandaleux au sujet de notre avenir ?
Ne sont-ce pas les acteurs politiques et nos gouvernants qui semblent méconnaitre les citoyens, au point de les écraser sous des impôts injustes et sous des lois affligeantes ?
Pour mieux cacher leurs crimes, voilà qu’aujourd’hui, ils se sont trouvé des mains de l’ombre, des médias obscurs pour attirer l’attention vers ailleurs, vers ces Musulmans de nos quartiers qui semblent tirer profit d’un système qui le leur permet.
En France, il vaut mieux parler de la place de l’Islam que de la hausse du chômage.
En Belgique il vaut mieux insister sur la politique migratoire de quelques fascistes que nous avons mis aux manettes du pouvoir que de laisser nos esprits se morfondre sur des mesures qui ne cessent d’opérer un génocide social au quotidien.
Tous, ils ne cessent d’appuyer sur un bouton qui permet de bien manipuler : la peur. Les Musulmans semblent être aujourd’hui, au vu d’une actualité terroriste, une cible idéale.
À  nous de ne pas tomber dans le piège !

Les temps de crise et de guerre ont toujours été des époques glorieuses pour la propagande et pour la délation.
Nous en connaissons les dérives et les victimes, aux heures noires de l’Histoire ?
Ne serait-ce donc qu’un éternel recommencement ?

Guy De Smet (31 juillet 2015 )


- 65 - LE FUMIER DU DIABLE

Cette expression de Basile de Césarée, l’un des premiers théologiens de l’Église, fut reprise, fort à propos, par le Pape François.
Dans un discours qu’il adressait à la deuxième assemblée mondiale des mouvements populaires, le Pape disait : « On est en train de châtier la Terre, les peuples et les personnes de façon presque sauvage. Et derrière tant de douleur, tant de mort et de destruction, on sent l'odeur de ce que Basile de Césarée appelait "le fumier du diable" ; le désir sans retenue de l'argent qui commande ».
Le Pape a poursuivi son intervention, en évoquant « la dictature subtile » du capital « érigé en idole ».
Des mots très durs pour qualifier la situation d’un monde qui essaie, tant bien que mal, au détriment de l’homme, de se relever de la crise économique et financière, mise en place par les banques.

Ces paroles trouvent un écho déchirant dans ce que vit la Grèce, aux frontières de l’Europe.
Le peuple est à genoux. Il n’en peut plus d’une austérité qui l’asphyxie. Le monde politique est sous tutelle, le pays a dû livrer sa souveraineté. Le peuple a vu détruire ses aspirations les plus légitimes.
Les îles se voient devenir des cadeaux que s’offrent des sportifs ou des milliardaires véreux. Ils ont l’air d’éprouver un plaisir sadique à se baigner dans l’humiliation d’hommes et de femmes, dont le seul crime est d’être grec et d’avoir amené au pouvoir un parti de gauche.
Ce crime est impardonnable, puisqu’il s’attaque de plein fouet aux avantages d’une élite néolibérale. La misère des gens est son essence et sa puissance. Il s’agit donc de combattre tout ce qui risquerait de mettre en danger ses privilèges.
L’ancien ministre grec des finances ne pratique pas la langue de bois. C’est bien ce qui me plait chez lui !
Au contraire, il se fait un devoir d’attirer l’attention de tous les peuples d’Europe sur le danger que représente l’Union européenne : « Il n'est pas facile pour un architecte de bâtir un bâtiment solide, mais il est facile de construire un bâtiment qui va s'effondrer [...] Le troisième plan d'aide, [actuellement discuté à Athènes] est prévu pour échouer, car reconnaissons-le : Wolfgang Schaüble [le ministre allemand des Finances] n'a pas envie d'un accord qui fonctionne ».
Et d’ajouter : « Le plan de Schaüble est de mettre la troïka partout : à Madrid, mais surtout à... Paris ! Paris, c'est le gros lot. C'est la destination finale de la troïka. Le Grexit est utilisé pour créer la peur nécessaire pour forcer Paris, Rome et Madrid à acquiescer ».
Il conclut son propos par une constatation qui fait froid dans le dos : « En 1967, il y avait les tanks [des colonels]. En 2015, il y avait les banques ».

« Le fumier du diable » pourrait aussi servir de « révélateur » au message livré par Monsieur Juncker, ce président de la Commission européenne au passé politique pour le moins sulfureux.
Dans un entretien accordé au journal Le soir, le 21 juillet dernier  il  évoquait le malaise ressenti en Europe : « Les Européens n’aiment pas l’Europe ».
Pour expliquer ce désamour, il met en avant la « communication » : « L’Europe est en mal d’explications ».
Un peu court, quand on sait les effets produits par les décisions économiques prises par l’Union européenne.
Un journaliste, commentant ces propos du Premier européen, ironise : «  les Européens ont du mal avec l’UE, ce serait parce que ces idiots ont mal compris les tenants et les aboutissants de la construction européenne. Jamais il ne viendrait à l’idée de nos chers dirigeants que c’est parce que leurs concitoyens ont, au contraire, très bien compris les desseins de l’Europe actuelle qu'ils l'apprécient si peu ».
L’épisode de la colère des agriculteurs en dit long sur ce sujet !
Il n’est pas nécessaire de ne nous considérer que comme des simplets !
Les citoyens n’aiment plus l’Europe, parce qu’elle bafoue la démocratie. Elle se moque de la souveraineté des États. Elle ignore le quotidien des citoyens. Tout est sacrifié à la finance et à ses instances … pourvu que ça rapporte !

Le « fumier du diable » dont nous parle le Pape, nous le voyons aussi s’étaler en Belgique, telle une chape, sur nos moyens de subsistance.
Taxes, saut d’index, impôts, charges, gel des salaires, réduction des retraites … des mots qui pleuvent sur nos quotidiens, semant au passage des réalités telles que l’égoïsme, la délation, la misère, les fins de mois impossibles …
L’injustice devient un mode de gouvernance. L’homme est réduit à une quantité négligeable qui peut être sacrifié au dieu-Argent.
Le respect des droits de l’homme devient un sujet de discours, loin de toute volonté de les mettre en place.
Les guerres du monde sont des raisons de colloques et de propos angéliques. L’accueil des victimes semblent être une réalité qui ne concerne pas nos responsables.
La dictature de la finance devient l’unique système qui, désormais, remplace la démocratie.

Le «fumier du diable » met en place tout ce qu’il faut pour ouvrir les hostilités d’une nouvelle guerre civile.
Les acteurs restent les mêmes : d’une part, les pauvres citoyens qui se voient réduits en esclavage et d’autres part, les puissants, avec, à leur tête, les leaders du IV ème Reich (Merkel et sa clique !) au service des mafias bancaires.
Les effets en sont les mêmes : d’une part, l’appauvrissement et l’humiliation des petites gens et des travailleurs et d’autre part, l’enrichissement scandaleux de quelques nantis et de leurs valets politiques.
Jadis, nos ancêtres ont inventé une lutte des classes et aujourd’hui, si nous osions inventer la solidarité ?
Humains, de tous pays, unissez-vous !

Guy De Smet (4 août 2015 )


- 66 - LE TRAVAILLEUR PAUVRE

De tout temps, le travail a été une source de revenus et d’épanouissement pour l’homme.
Il était important d’étudier, de se former pour arriver à percer sur le marché de l’emploi. Pour les parents, c’était même un point d’honneur, pourvu que leurs enfants vivent mieux qu’eux !
Dans certaines familles, on pouvait imaginer travailler dans la même entreprise, de génération en génération.
La stabilité de l’emploi était devenue un acquis pour lesquels nos prédécesseurs s’étaient lancés dans des luttes sociales parfois sanglantes.
Le travail permettait à une famille de vivre. Il était une source de fierté et il accordait une place dans la société.
Cette belle aventure aurait pu se poursuivre, si les banques n’avaient pas initié une crise économique et financière. Elle allait bouleverser le paysage économique et social en profondeur.
La crise bancaire a eu pour effet une redistribution des cartes du monde de l’entreprise. Ces restructurations ont créé du chômage avec la bénédiction et parfois l’appui des autorités politiques (intérêts notionnels …)
Les taux de chômage ont explosé, faisant du quotidien des citoyens européens, pour ne parler que d’eux, un cauchemar.
Les tenants de l’économie néolibérale se sont alors lancés dans un hold-up sans précédent : l’austérité. Elle devait permettre une meilleure compétitivité des entreprises et rêver de créations d’emplois.
À force de discours et de mesures, ils ont mis en place des conditions qui devaient nous convaincre que nous vivions au-dessus de nos moyens. Nous devions nous serrer la ceinture, afin de permettre aux générations futures d’envisager un avenir.
Ces mesures ont été prises de manière brutale, sans aucune concertation. Une spécialité de ce gouvernement !
Ce fut une véritable gifle à la démocratie, dont nous vérifions les effets au jour le jour.
Perte du pouvoir d’achat, exclusion des chômeurs en fin de droit, saut d’index, gel des salaires, hausse des impôts directs et indirects, mise au travail forcé des âgés, faillite des retraites … un nouvel homme, une nouvelle femme sont nés : le travailleur pauvre.
En Allemagne, en Espagne, leur proportion atteint des records !
Chez nous, les adeptes de la politique de l’autruche ne cessent de nous intoxiquer en parlant d’embellie et pourtant !
En vérifiant votre compte en banque, vous êtes bien obligés de constater que votre salaire, identique à celui du mois dernier, ne vous permet pas de franchir souvent le seuil d’un magasin et de faire fonctionner votre pouvoir d’achat.
La hausse des prix, la hausse de la TVA aura bien vite fait le malheur de votre portefeuille.
Le travailleur qui vient de recevoir 19 € d’augmentation sur sa fiche de paie sait qu’il n’ira pas loin avec cela. Il n’aura pas de quoi faire bombance !
Le chômeur exclu de ses droits découvre la mendicité et l’humiliation.
Chez nous aussi, le travailleur pauvre existe.
Il existe d’autant plus, que petit à petit, le besoin de compétitivité des entreprises se transforme en de nouvelles formes possibles d’emplois.
Il s’agit de formes précaires qui dépendront de la conjoncture et des besoins de l’entreprise. Ils appellent ça la flexibilité.
C’est ce qui existait au début de l’ère industrielle, juste avant la révolte sociale qui a ensanglanté le début du XXème siècle. Des droits et des protections en sont nés. Ils viennent d’être mis à mal d’un revers de la main par le pouvoir politique en place !
Aujourd’hui, il ne faut donc plus envisager de faire sa carrière professionnelle dans une seule entreprise. Il faut oublier d’avoir un métier fixe. Il faut oublier d’avoir un salaire fixe. Il faut s’habituer à voir ses compétences remplacées par celles des robots. Il suffit d’être disponible, si, éventuellement, l’entrepreneur estime avoir besoin de vous.
Cela n’est pas sans rappeler les époques où des hommes se tenaient prêts au carrefour d’une rue, attendant le passage d’un patron qui venait, avec mépris, embaucher selon son bon vouloir !
Un tel système fait du travailleur un paria.
Il est exclu pour lui de rêver d’une maison, sa précarité ne lui donnera droit à aucun prêt.
Il est exclu pour lui d’épargner, ses disponibilités financières dépendront des aléas des conditions de travail.
Il est exclu d’une vie en société qui lui fera miroiter des merveilles qui ne sont pas à sa portée.
Mais, à part ça, tout va très bien madame la Marquise !

Il est urgent de se rebeller, il y va d’un type d’humanité !
L’homme n’est pas un esclave de la finance et des nantis qui la manipulent.
L’homme n’est pas qu’un pion sur l’échiquier d’un jeu de casino.
L’homme n’est pas un instrument de la compétitivité. Il en est un acteur.
Si notre système économique ne respecte pas l’homme, il faut le balayer, tout comme il faut balayer ceux qui en sont les artisans.
L’argent, s’il a une valeur, n’a d’importance qu’en fonction du bonheur de l’homme – de tout homme !
Le travail doit avoir la même importance que le capital : il est celui qui permet à l’argent de fructifier.
Sans le travail, l’argent n’aurait aucune valeur et vice-versa.

Notre vieille Europe est devenue, malgré son Prix Nobel de la paix, un miasme d’injustices et de crimes contre l’humanité.
Il est temps de lui briser les ailes, afin que plus jamais l’homme ne soit enfermé dans les profondeurs d’une pauvreté qui tue.
Il est temps de se débarrasser de cette idéologie néolibérale qui a fait de vous et de moi des pantins d’une farce de riches.
Il est temps de reléguer aux oubliettes un personnel politique, soucieux de pouvoir en oubliant la notion de service.
Pas demain, aujourd’hui !

Guy De Smet (10 août 2015 )


- 67 - GOUVERNER ET PRÉVOIR

La lecture de la presse de ce mois d’août ne nous offre pas beaucoup d’émotions de rédactions liées à l’actualité.
Il y a bien des éruptions de volcans, des explosions en Chine, des attentats en Thaïlande, des accords truqués en Grèce … mais à part ça tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Pourtant, pour assombrir le temps des vacances et la léthargie qu’il entraîne, il y a ce flux incessant de migrants qui s’agglutinent aux portes de l’Europe.
En Grèce, ils débarquent en masse sur l’île de Kos, venant ajouter un peu plus de nuages à ce pays que nos dirigeants étouffent à coup de mesures inhumaines.
En Italie, ils sont devenus un chancre dont personne ne veut, semant chaque jour un peu plus de désespoir dans le cœur de ces hommes et de ces femmes qui ont tout quitté.
En France, ils bloquent des frontières.
Du côté de Menton, ils sont devenus une chape de honte couvrant d’opprobre les richesses de quelques nantis.
Du côté de Calais, ils sont considérés comme des pestiférés pourchassés par nos égoïsmes et par nos aveuglements.
En Europe, ils sont devenus des objets de quotas. Il faut se répartir ces  effets collatéraux des guerres que nous avons soit encouragées ou que nous n’avons pas vu venir !
Et en Belgique ! Un pays où tout est bon … comme dans le cochon ?
Si l’adage est vrai, nous avons envoyé Jambon pour veiller sur la sécurité de nos côtes. Imaginez, les désespérés de Calais pourraient prendre nos ports pour cible de leurs évasions et de leurs rêves anglais. Tel D’Artagnan, son épée est au service de notre égoïsme !
Pour l’aider dans sa tâche et veiller au respect des instructions des maîtres de l’Europe, Théo Francken vient d’ouvrir les portes de nos villes et de nos cités … celles-là même qu’il verrouillait hier !
Non seulement, il compte accueillir 2700 réfugiés dans les prochains jours. Il compte poursuivre son effort dicté par l’Europe en offrant 10.000 places de plus, dans un avenir proche.
La fermeture de ces centres, c’était 15.000.000 € d’économie, nous clamait-il à l’époque.
La mise en place de nouvelles solutions mangera son bas de laine … sans trop savoir qui paiera la note.
Quant aux conditions d’accueil, entre les ghettos de plusieurs centaines de désespérés et des tentes pour affronter les rigueurs de l’hiver qui approche … Bonjour l’improvisation !
Les CPAS s’alarment, leurs caisses étant vides  et les besoins de plus en plus pressants !
La Croix-Rouge, tel un bon louveteau, clame « Toujours prêt », sans trop savoir de quoi demain sera fait.
La RTBF, dans un reportage qu’elle consacrait à l’événement, parlait d’un « sans faute » du secrétaire d’État, comme si son heure de gloire était arrivée !
Aujourd’hui, ce politicien nauséabond est devenu l’objet de menaces de mort, ce que nous ne pouvons que condamner.

Pourquoi en sommes-nous là ?
Il y a ces conflits, ces guerres qui s’éternisent, sans que personne ne s’attelle vraiment à la recherche d’une solution.
L’ONU, une fois de plus est d’une impuissance crasse. Elle est spectatrice d’une civilisation qui se détruit, d’une humanité qui n’en peut plus de souffrir, d’une injustice qui fait de la terre brûlée une forme de puissance et de terreur.
L’OTAN, elle aussi, est d’une passivité qui fait peur. Elle bombarde sans conviction.
Certains de ses membres, comme la France, ont été jusqu’à mettre en cause la sécurité de pays comme la Lybie, où brûle, aujourd’hui, les bûchers de l’intolérance djihadiste.
L’Allemagne voit dans ce problème des réfugiés, une apocalypse plus inquiétante encore que la crise grecque. Espérons que la Chancelière de tous les impossibles ne se lance pas dans la recherche d’une solution !
Les pays qui se veulent un miroir de la démocratie se noient dans une inertie diplomatique et des discours du bout des lèvres. Attendraient-ils les jours meilleurs d’une reconstruction qui feraient les beaux jours d’une reprise économique ?
Au milieu de tout cela, il y a notre petit pays, la Belgique.
Le Roi fait de ces faits trente secondes d’un discours, le temps d’émouvoir les chaumières.
Le gouvernement planche sur la crise économique, sur la compétitivité de nos entreprises, sur le hold-up de nos portefeuilles. Austérité et économies sont ses maîtres –mots.
Pour indiquer une piste vers une solution, nos gouvernants ont diabolisé des catégories de citoyens : les chômeurs, les étrangers, les retraités, les malades, les travailleurs …
Une des mesures importantes fut prise par Théo Francken, qui dans le sillage de la De Block, n’a cessé de stigmatiser les étrangers.
Entre les expulsions forcées et les fermetures de centres, il a fait de l’étranger la cause de nos malheurs : nous ne pouvons porter la misère du monde !
Il se pavanait dans un mépris qui lui colle à la peau, se lançant dans des déclarations injurieuses contre les communautés étrangères.
Il était devenu « populaire », comme De Block, parce qu’il s’attaquait au « chancre des étrangers ».
La mécanique était lancée. L’étranger devenait un écran de fumée qui allait permettre de mettre en place l’injustice comme système économique et social.
Aujourd’hui, à l’heure de la rentrée, il semble changer d’attitude. Je n’ose pas croire que l’humain se serait réveillé en lui.
Je crois, bien au contraire, qu’il ne se fait que l’instrument de la Commission Européenne. Répondre aux quotas exigés permettra de camoufler le déficit qui nous place dans le sillage de la Grèce.
Et là, son erreur est une grave faute politique, car « gouverner, c’est prévoir ».
Au lieu de fermer les places d’asile, il fallait rester vigilent face à la situation mondiale.
Au lieu d’expulser et de se conforter dans de « faux bons choix », il fallait s’attendre à voir arriver de plus en plus d’hommes, de femmes, d’enfants en errance.
Au lieu d’afficher un mépris et un orgueil sans non, il aurait mieux fait d’aborder avec humilité l’homme qui souffre et qui n’en peut plus.
Aujourd’hui, il dépose plainte, parce que des menaces de mort ont été proférées à son encontre.
Oublierait-il qu’il a été une menace de mort pour tant d’êtres humains en quête d’un peu de vie ?
Ça , l’Histoire ne le lui pardonnera jamais !

Guy De Smet (18 août 2015 )


- 68 - STOP !

En lisant la presse, ce matin, c’est l’horreur et la colère qui m’envahissent !
Un homme de 82 ans,  ancien directeur des Antiquités à Palmyre en Syrie a été décapité par les terroristes de l’État Islamique ?
Il rejoint la série des innombrables martyrs qui ont été sacrifiés sur l’autel de l’imbécilité dont l’homme est capable.
Crucifié, torturé, fouetté, décapité … autant de moyens barbares utilisés par ces « chiens islamiques » pour défendre un califat utopique et ignoble.
Les victimes sont des vieillards, des femmes, des enfants, des hommes …
Ils sont musulmans, chrétiens, amoureux de la vie …
Ils sont bénévoles de causes nobles ou habités par une Foi millénaire ou encore de simples citoyens habités de bon sens …
Un jour leurs chemins ont croisé ceux de la bête humaine qui s’exprime dans toute sa monstruosité à travers ces Djihadistes de l’État Islamique .
Un jour, leur vie a basculé dans l’humiliation, dans la terreur, dans la mort, au nom d’une cause qui, dans l’Histoire, sera considérée comme un crime contre l’humanité et contre la civilisation.
Ils sont pour nous des héros et des appels à la conscience, à ce que l’humanité est capable de produire de meilleur.
Ces terroristes fanatiques se réclament d’un Dieu qu’ils ne connaissent pas. Ils en sont une caricature sanglante et injurieuse.
Ils rêvent au nom d’un Coran pour lequel ils sont une insulte.
Ils poursuivent l’œuvre d’un califat que le Prophète lui-même renierait.
Ils imposent des lois, des règles au nom d’un Dieu qui ne s’y reconnaîtrait pas.
Leur monstruosité est leur mode d’expression.
La bestialité est leur arme de lâches.
Ils profitent d’une boîte de Pandore, qu’hier le Président Bush ouvrait en Irak, libérant la bête de l’Apocalypse. La naïveté des Occidentaux ne sait pas comment la refermer !
Ils surfent sur la vague des luttes intestines de clans, de tribus, de factions. La guerre des autres est leur compost, où ils puisent leur force et leur audace.
Ils sèment la peur et l’angoisse, comme les fruits d’un nouveau monde à créer, loin de celui dont rêvait Dieu, Celui dont ils clament la grandeur.
L’indifférence et l’impuissance de l’Occident sont leur moteur d’action.
L’ONU, l’OTAN et d’autres organisations se retrouvent les bras coupés pour rétablir la paix et la justice.
Ils nous ouvrent les portes d’une troisième ou d’une quatrième guerre mondiale !
Il est urgent, aujourd’hui d’arrêter le massacre.
Il est urgent de leur interdire d’utiliser l’image de Dieu.
Dieu est Amour. Il se dit ainsi dans toutes les religions. Il veut créer des ponts entre les hommes et non construire des murs. Il veut la grandeur de l’homme et non son humiliation. Il veut la vie de l’homme et non sa mort.
Qui seraient ces terroristes pour faire obstacle à l’œuvre d’Amour de Dieu ?
Il est fini le temps des pourparlers et des négociations.
Il est fini le temps des discours et des prises de positions timides.
Il est fini le temps des peurs et des chantages.
Il est fini de pleurnicher sur le sort de ces « pauvres jeunes occidentaux », déboussolés qui ont rejoint les rangs des terroristes assoiffés de sang et d’heure de gloire.
Aujourd’hui est venu le temps de dire STOP !
Stop à la barbarie !
Stop à l’anéantissement de l’homme.
Stop à l’assaut de la bestialité.
Ce « Stop » … tous les moyens sont bons pour le clamer !
Peut-être bien que la violence du monde civilisé doit devenir une réponse à la barbarie imposée par l’État Islamique !
Peut-être bien qu’une guerre sainte, au nom de l’Humanité, est à mener contre ces chiens qui tuent et qui égorgent.
Peut-être bien que l’afflux de réfugiés fuyant ces régions du monde doit devenir un appel à un sursaut de conscience. Il faut les accueillir certes, mais surtout  leur rendre leurs terres et leur fierté.
Peut-être bien qu’une intransigeance de nos lois devraient devenir l’aune pour ceux qui sont tentés par le rêve de guerre islamique.
Il faut éradiquer cette peste noire qui pollue l’atmosphère.
Il faut combattre ce fanatisme qui chez nous et là-bas est semence de mort et d’avilissement.
Il ne s’agit pas de  les juger, il s’agit de les anéantir !

Alliés d’hier, en avant, pourchassez la bête où qu’elle se trouve : il y va de la survie de l’Homme !
Toi, le martyr de Palmyre ou d’ailleurs : tu n’es pas mort pour rien, la civilisation vaincra, ouvrant les portes d’un Amour à reconstruire ! Tes oliviers reverdiront. Le soleil reprendra sa course dans le ciel. Ta terre redeviendra une oasis dans laquelle il fait bon vivre.
La mort n’aura pas le dernier mot !

Guy De Smet (19 août 2015 )


- 69 - 415.000

Ce chiffre n’est pas un banal résultat de Lotto ou de jeu à gratter.
415.000, c’est le nombre de chômeurs recensés en Belgique. 173.000 en Wallonie et 72.000 à Bruxelles !
Ces hommes, ces femmes, ces jeunes, ces séniors ce sont les oubliés d’une éventuelle timide reprise économique, dont le gouvernement se fait le chantre. À entendre nos responsables … toute cette crise ne serait bientôt plus qu’un mauvais souvenir !
Ce sont des familles qui se demandent de quoi vivre demain.
Ce sont des hommes et des femmes qui ne comptent plus dans les forces vives d’une nation.
Ce sont les exclus d’une société qui a tout basé sur le profit et sur l’inutilité de l’être humain.
Nos gouvernants, obnubilés par leurs statistiques, nous ont envoyé, durant les vacances, des chiffres parlant de baisse du chômage.
Ils n’ont pas trop insisté sur la réforme du chômage qu’ils ont mise en chantier, ni sur les exclusions qu’elle a entraînées.
Cela n’empêche que dans notre pays, des hommes vont d’échec en échec, de frustration en frustration. Et, qui dit frustration, parle de colère.
C’est la colère de la rue.
C’est la colère qui fait paniquer les CPAS ou qui tente d’intéresser le monde politique.
C’est la colère face aux rustines mises en place par les autorités et qu’elles nomment pompeusement les plans d’aide.
Une aide ou un handicap ?
RTL-info.be publie le témoignage d’un de ces chômeurs de longue durée, confronté à la jungle de la recherche d’un emploi.
Plus que de longues phrases, cet homme a de quoi interpeller la société que nous laissons mettre en place : « Travaillant actuellement à mi-temps pour une société de nettoyage (secteur très connu pour prendre majoritairement des temps partiels), je n'ai droit qu'à un seul plan d'aide à l'emploi.
Ayant suivi (et réussi) des cours du soir, je cherche désormais dans le domaine pour lequel je suis formé.
Le souci : systématiquement, le plan d'aide que j'ai ne convient pas !
Que dois-je faire ?
Me retrouver sans emploi, c'est être à la merci du contrôle de disponibilité et risquer de me faire sanctionner pour "abandon non justifié d'emploi".
Reprendre une formation, c'est m'entendre à nouveau dire "vous êtes trop qualifié".
Continuer dans le secteur où je travaille, c'est poursuivre un poste pour lequel je suis surqualifié.
Les plans d'aide entretiennent un cercle vicieux : pour avoir un emploi, il faut comptabiliser une longue durée de chômage (quelques exceptions existent, mais le fait est qu'une longue durée donne un plan d'aide plus avantageux à l'employeur) et une fois le plan d'aide arrivé à terme, l'employeur se débarrasse de vous et vous devez à nouveau comptabiliser une longue période de chômage pour retrouver un plan d'aide qui vous permettra d'être employé, puis une fois à terme vous renverra au chômage… Un cercle vicieux : chômage longue durée – emploi courte durée !
Je me sens déshumanisé quand je lis "plan d'aide exigé". Comme si je n'avais plus ni nom, ni prénom, ni formation, ni expérience : je dois m'appeler "plan activa" ou "plan PTP" ou "passeport APE".
Rien d'autre ne compte, mon expérience et ma formation ne servent à rien, elles passent systématiquement derrière ... le plan d'aide.
Que ces plans d'aides octroient un avantage aux candidats peu qualifiés et/ou peu expérimentés, soit. Mais pourquoi doivent-ils exclure ceux qui sont plus qualifiés et/ou plus expérimentés ?
Ces plans d'aides aident-ils le candidat ou l'employeur ?
La semaine dernière, après m'être rendu à un entretien d'embauche, je suis reparti avec la promesse d'être recontacté pour un second entretien. C'est finalement moi qui ai dû recontacter la chargée de recrutement (alors qu'elle s'était engagée à le faire !) pour m'entendre dire: "J'ai préféré un candidat qui avait le plan activa, désolée".
"Désolée". Elle me refuse un poste pour un plan d'aide et elle est "désolée" ! Et pendant ce temps, je dois continuer (il faut bien vivre, n'est-ce pas) à faire un métier pour lequel je suis surqualifié et très mal payé... Comment peut-on appeler ça "plan d'aide? »

Il est bon, à travers ce témoignage, d’entendre le double langage du gouvernement.
D’une part, il faut pourchasser le chômeur, le pousser au travail. Il faut le contrôler, l’accompagner et le sanctionner si nécessaire. Les taches dans le paysage économique sont inadmissibles !
D’autre part, dans un souci d’aide à la compétitivité des entreprises, il faut stimuler la création d’emplois précaires en mettant en place des « plans d’aide » qui seront tout bénéfice pour l’employeur. C’est que ce dernier a encore besoin d’un travailleur quand le besoin s’en fait sentir !
Nous sommes là dans la droite ligne de la pensée libérale, avec le cortège de drames sociaux et humains qu’elle sème sur son passage.
Les entreprises reçoivent des aides, renouent avec la « reprise », celle que certaines multinationales n’ont jamais abandonnée.
Des promesses d’emplois foisonnent dans les discours politiques, beaucoup moins dans les actes des décideurs économiques.
Les emplois suggérés se veulent précaires, dépendant d’une flexibilité qui fait fi de l’homme au profit de la productivité.
La robotisation se profile comme un "casseur d’emplois", peu importe si le travailleur devient un objet inutile ou docile.
Quant au chômeur, il reste là avec son désarroi !
Le chômage est le réel nuage qui plane au-dessus de la tête de nos sociétés.
Il est annonciateur d’une révolte sociale qui fera trembler le néolibéralisme.
Il est un cri qui déchire la nuit de nos aveuglements économiques.
Il est une ligne rouge qu’il ne fallait pas dépasser !
Il est urgent de plancher sur un nouveau modèle économique.
Il est incontournable de mettre à mal ces systèmes pervers, tels l’Europe ou le FMI ou encore le monde bancaire. Pour eux, ne comptent que la finance et le dieu-Argent.
Si nous osions rêver et construire une société dans laquelle il y a une place pour l’homme ?
Utopie ou urgence ?

Guy De Smet (20 août 2015 )


- 70 - IL JETTE L’ÉPONGE

Le Premier-Ministre grec vient de donner sa démission, jetant ainsi encore un peu plus de trouble dans l’obscurité de son pays.
Pendant 7 mois, il aura été à la fois le Hérault d’une espérance et en même temps le tragique héros d’un drame vécu par le peuple au quotidien.
Il est arrivé au pouvoir, porté par une vague de soutien importante.
Les Grecs espéraient contre toute espérance la fin d’une austérité morbide et injuste.
Ils attendaient de retrouver un emploi, des conditions de vie supportables et un avenir.
Ils attendaient la fin de privations sans issue, imposées par une dette dont ils n’étaient en rien responsables.
Ils faisaient de la lutte contre la corruption et les dérèglements de l’État, un combat de tous les instants.
Monsieur Tsipras arrivait tel un Messie … mais qui était-il face au pouvoir sournois de la finance ?
L’Europe a sorti ses gants de boxe et s’est acharnée sur ce pays où naquit un jour la démocratie.
On a vu surgir un IV Reich allemand aussi vindicatif que les trois précédents. Comment ces gens du sud osaient-ils s’en prendre à une dette qui faisait le bonheur de l’économie allemande ?
Des milliards de bénéfices tombaient dans son escarcelle, grâce à la dette issue de l’imprévoyance grecque !
La Chancelière allemande, en digne successeur de son illustre prédécesseur, allait déployer toute l’énergie de domination qui ne demandait qu’à se réveiller dans la conscience allemande.
Elle allait prendre la tête du combat européen, défiant même les grandes institutions comme le FMI. Celle-ci réclamait une révision de la dette insupportable de la Grèce.
L’Europe, dans toute cette affaire, a couvert de honte et d’injustice le prix Nobel de la paix dont elle s’honorait.
Elle s’est comportée comme un valet de la finance mondiale, cette dictature tentaculaire qui dirige nos faits et gestes.
Elle a été le maître-chanteur répugnant d’un hold-up exercé sur de pauvres citoyens. Elle leur a imposé l’humiliation de files d’attente, de fins de mois impossibles, d’avenir détruit pour des générations.
Le tort des Grecs n’était pas d’avoir une dette, sans quoi aucun pays européen ne survivrait à la rage austère dont se nourrit le cloporte de sa Commission.
Le tort des Grecs est d’avoir osé confier leur espérance à la Gauche radicale, loin des fantasmes néolibéraux qui sont les forces vives autorisées de l’Europe.
Le tort des Grecs est de s’être opposés à l’idéologie qui gouverne le monde : l’argent !
Il était intolérable, disaient les responsables européens, en écho à la bonne Parole "Merkelienne" d’imposer aux contribuables européens des efforts visant à soutenir une nation qui ne le méritait pas.
C’était oublier les milliards de bénéfices générés par la dette grecque et qui allaient améliorer l’ordinaire de quelques grands créanciers, tels l’Allemagne ou encore la Banque centrale européenne.
Mais qu’à cela ne tienne ! C’est ce que clamait Madame Merkel, du haut de son arrogance.
Elle semblait avoir oublié la clémence irraisonnée des Alliés au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Ils iraient jusqu’à annuler la plus grosse partie de la dette allemande, faisant du Pardon une idéologie naïve et disproportionnée.
L’Allemagne, aujourd’hui, n’existe que grâce à la mansuétude de ses victimes d’hier.
L’Allemagne n’existe que parce que nous avons bien voulu reléguer le cri des victimes aux oubliettes de l’Histoire.
L’Allemagne n’existe que parce que son orgueil n’a cessé de la relever de toutes les crises dont elle était à l’origine, sans une once de repentance ou de volonté de crédibilité.
Les Grecs sont une de ses proies. Monsieur Tsipras, une de ses victimes !
J’ai honte d’être dans le train de l’Europe conduit par sa locomotive allemande.
J’ai honte d’appartenir à cette Europe de l’injustice financière et de l’oppression des peuples.
J’ai honte de devoir supporter sur ma voiture ou sur mon passeport le signe de cette Europe méprisante et intolérante.
Elle se targue de démocratie et elle fait de la dictature son mode de fonctionnement.
Elle se plaint d’être mal aimée et en même temps, elle n’entend plus sa population qui crie son désarroi.
Elle devient le catalyseur de la colère des peuples qui crèvent sous ses quotas et sous des normes établies au nom de la loi d’un marché, dont nous nous serions bien passés.
Elle a oublié l’écoute et les aspirations des citoyens, aveuglée qu’elle est par ses écrans de statistiques ou ses cadrans boursiers.
L’Europe s’est laissée pénétrée par le ver qui, demain, la tuera !
Aujourd’hui, Monsieur Tsipras s’en va … Soulagement pour les sinistres sires de Bruxelles, à moins que demain d’autres hommes libres se lèvent, avec lui, pour dire NON à l’Europe de l’argent !

Guy De Smet (21 août 2015 )


- 71 - UN DROIT D’ISRAËL ?

Monsieur Rivlin, Président de l’État d’Israël vient de faire une déclaration qui ne passera pas inaperçue.
Parlant de la Cisjordanie devant des représentants des colons juifs, il dit : « Pour moi, notre droit sur cette terre ne fait l'objet d'aucun débat politique, c'est une donnée fondamentale du sionisme moderne … Pour moi, s'implanter sur la terre d'Israël est une expression de ce droit, notre droit historique, notre droit national ».
Selon lui et selon ses amis de la Droite israélienne, « la terre d’Israël » comprend aussi la Cisjordanie.
En plus de ce droit inscrit dans l’idéologie sioniste, il se cache lâchement derrière les attaques de la Résistance palestinienne.
Et s’il y avait résistance, parce qu’il y avait injustice : souvenez d’autres époques, chez nous ?
La sécurité devient ainsi une raison de plus pour justifier l’occupation, même si pour cela, il faut faire fi des condamnations internationales.
Par la même occasion, il oublie que la Résistance des peuples est un devoir face à toute forme d’oppression. C’est bien ce que subit le peuple palestinien.
Ces propos sont non seulement inacceptables, ils sont en plus, une injure à l’Histoire et au crime commis en 1948, par quelques Sionistes en mal de notoriété.
Le peuple d’Israël devrait se souvenir de son long chemin à travers les âges.
Il devrait  se souvenir d’où il vient et où il en est aujourd’hui.
De tous temps, depuis l’Exil, les Juifs ont dû se sauver, se réfugier, se protéger contre des peuples qui leur refusaient le droit d’exister. De cette situation est né le mythe du « Juif errant ». Il serait intéressant pour eux d’en méditer les causes !
Partout, ils ont été réduits à vivre dans des ghettos, loin de la vie sociale des pays qui les toléraient.
La dernière guerre a été pour les Juifs un temps terrible d’extermination et de mort. L’Allemagne a perpétré un génocide sans nom, livrant en pâture des hommes et des femmes dont le seul crime était d’appartenir à une race maudite.
Les Juifs seront même mis au ban des religions, parce qu’ils sont considérés comme un peuple déicide, tuant en Jésus le Fils de Dieu.
Pourtant, ce sera ce même Dieu qui leur confiera à nouveau une terre, nul ne sait ni le jour, ni l’heure. Il leur sera donné par un Messie qu’ils attendent et qui mettra fin à la malédiction divine.
En 1948, quand, les Sionistes s’installent avec l’aide des Alliés, culpabilisés par les camps allemands, ils le font en défiant toutes les lois et toutes les conventions internationales.
Ils s’approprient une terre qui ne leur appartient pas et eux, qui furent sauvés des camps, font de ce même concept des camps une nouvelle demeure pour des refugiés qu’ils ont chassés de leurs maisons, de leurs oliveraies, de leurs petits bonheurs. Ils se sont comportés dans cette aventure comme de vulgaires voleurs !
Ils poussent le peuple palestinien dans des déchirures et dans une misère sans nom, semblant avoir oublié la terreur du ghetto de Varsovie ou d’ailleurs.
Ils obligent leurs victimes à une résistance armée et violente, comme celles dont ils ont profité jadis pour, parfois,  être sauvés.
Ils tuent des enfants. Ils profèrent des menaces sur les mères palestiniennes, ils emprisonnent au mépris des droits élémentaires de l’Homme.
Dans le même temps, ils espèrent nous attendrir par la Shoah !
Ils se pavanent dans un orgueil indécent et dans une insolence de déclarations et de faits qui font honte au Judaïsme et à l’humanité toute entière.
Ils ont revêtu les habits de leurs bourreaux d’hier, livrant à la bestialité des hommes, des femmes, des enfants, dont le seul crime est de réclamer leurs biens et des chemins possibles vers un bonheur retrouvé.
Ils se retranchent derrière des porte-paroles odieux qui, à l’image de Bernard-Henri Lévy, ne sont que de funestes monstres. Ils se cachent derrière des masques de penseurs et d’intellectuels, alors qu’ils ne sont que de pauvres types en mal d’existence.
Aujourd’hui, Israël se comporte comme Hitler a pu le faire hier, comme les bouchers de l’État Islamique le font aujourd’hui.
Ce Pays, comme les terroristes islamiques, est devenu un cancer dont il faut protéger la planète … et pour cela il n’y a qu’un moyen : l’éliminer !
Les discours des autorités israéliennes  ne sont plus acceptables.
Leurs actes sont des crimes qui méritent une sentence.
Ils sont des fabricants de haine et de misère.
Ils sont des terroristes qui sèment la mort autour d’eux.
L’existence de cet État terroriste ne mérite aucune considération dans de telles conditions d’injustice.
Ces Sionistes de bas étage risqueraient bien d’ancrer en nous l’idée que le travail entrepris, voici plus de 70 ans, aurait mérité plus d’ardeur.
J’ose espérer que ces idées bien noires n’auront jamais à devenir réalité !
Aujourd’hui, l’heure est à l’indignation. Mais elle ne doit pas nous faire oublier qu’il y a un pas de plus à franchir : une justice, enfin reconnue, pour le peuple de Palestine  et une condamnation des crimes commis par cette néfaste idéologie qu’est le Sionisme !
De là, pourra reverdir un rameau d’olivier, symbole d’une paix retrouvée.

Guy De Smet (25 août 2015 )


- 72 - BIG BEN NE SONNE PLUS JUSTE !

La célèbre cloche londonienne était depuis 156 ans, un symbole d’un monde qui sait où il va.
7 jours sur 7, 24 h sur 24 … cette horloge a été le point de référence indiquant l’heure des événements d’un pays … et plus largement d’un monde.
La vieille dame s’offrait le luxe de sonner en direct l’heure sur les antennes de la BBC. Cela fait, aujourd’hui, toute une révolution de l’entendre s’exprimer en avance !
Permettez-moi de lire dans cet incident, toute la mécanique d’un monde qui s’enraye.
Durant des siècles, notre société a évolué au diapason de points de repères.  Les grandes institutions qui la dirigeaient semblaient suivre une route dont elles tenaient tous les tenants et les aboutissants.
Cela a pu durer jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale.
Là, les peuples se réveillent groggy. Une tempête a déferlé, des morts sont tombés, des armes ont cassé … et tout semble s’écrouler à l’image des ruines qui défigurent villes et villages.
Depuis lors, l’homme semble avoir perdu sa boussole. Il ne sait plus trop ni pourquoi il vit, ni pour qui. Tout semble aller trop vite !
Ces dernières décennies, le mouvement semble s’être accéléré et nos vieilles contrées vivent des bouleversements impressionnants.
Un signe de cela, nous le vivons au quotidien. Une crise économique, tel un tsunami, déferle sur nos économies et défigurent nos quotidiens.
Les travailleurs sont emportés dans des fins de mois difficiles et dans des avenirs incertains.
Les tenants du capital s’époumonent à toujours en vouloir plus, faisant de l’inhumanité leur moteur d’action au quotidien.
Les pays émergeants boivent la tasse, laissant dans l’angoisse celles et ceux dont l’horizon se limite à un graphique boursier.
Le monde politique tente de rassurer en parlant de « reprise », mais avec des visages qui ne semblent pas trop y croire.
Un autre bouleversement cataclysmique prend lui les couleurs et les odeurs de la race et de la religion.
Il nous vient de l’Islam, cet inconnu que l’Occident est venu  chatouiller en Irak, en Afghanistan et ailleurs.
Il nous vient d’hommes et de femmes qui n’en peuvent plus de l’insupportable richesse de l’Occident, pendant qu’eux croupissent dans la misère et dans l’esclavage.
Telle une bête folle, son fanatisme se déchaîne dans des actions violentes, détruisant tout sur son passage : des hommes et des monuments.
Talibans, Al-Qaïda, État Islamique, barbaries syriennes ou saoudiennes … des visages de haine et de destruction inondent le monde d’ignominie, au lance-flammes.
Ils sèment la terreur jusque dans nos trains et dans nos quartiers. Ils tuent sans raison, en utilisant des moyens que même les animaux n’utiliseraient pas. La bestialité est leur mode de fonctionnement au point que l’éradication de ce mal devrait être notre seul combat.
Jusqu’à quand les laisserons-nous aller trop loin ?
Un troisième phénomène, caractéristique du dérèglement sonné par Big Ben, c’est le réchauffement de la planète.
Les spécialistes nous en parlent de toutes les manières. Certains tirent la sonnette d’alarme, d’autres affichent leur scepticisme.
Ce réchauffement, nos politiciens en font une arme de bataille et de conscientisation. Le monde de l’entreprise semble y avoir trouvé une aubaine et une source de revenus non négligeables.
Tri des poubelles, taxes vertes, surveillance des glaciers et des pôles, montée des eaux et des températures, épisodes météorologiques … tout semble nous indiquer l’urgence d’une mobilisation. Des peurs, semeuses de dollars sont à construire !
Des conférences « mondaines », des films, des salons rassemblent des responsables qui s’avèrent irresponsables.
Des familles vivent d’une écologie BCBG, faisant de leurs maisons et de leurs manières de vivre des havres de désespérance. Il faut manger bio, il faut penser bio, il faut s’habiller bio, il faut mourir bio … au point que cela en devient pathétique.
Où va notre terre ?
Où va notre monde en armes et en larmes ?
Big Ben sonne l’alarme. Il sonne en avance, comme s ‘il voulait nous prévenir.
Une mécanique est à reconstruire.
Des rouages de bon sens sont à remettre en place.
Une nouvelle trajectoire est à créer.
La célèbre horloge en a vu d’autres : le bombardement de Londres, la fin de l’empire britannique, la mort de Lady Diana. À chaque fois, sa sonnerie a accompagné l’événement.
Aujourd’hui, son dérèglement sonne comme un avertissement.
Il faut se reprendre. Il faut cesser de nous laisser dominer par les crises et par les échecs.
Il est urgent de sonner à nouveau au diapason de l’homme et de son besoin de bonheur.
Il est urgent de sonner en accompagnant la soif de bonheur et la quête de liberté et de justice qui se logent en chacun de nous.
Il est urgent de rendre à la création sa beauté et sa logique.
L’homme a assez détruit. Il a suffisamment fait de dégâts au nom de son orgueil, au nom de sa soif de pouvoir et de possession. Il a trop longtemps fait de l’exploitation et de l’asservissement son mode de fonctionnement.
Aujourd’hui, il lui faut reconstruire ce qu’il a détruit, surtout le visage de l’homme qu’il a spolié, qu’il a réduit à une étiquette, qu’il a tué dans des guerres fratricides misérables.
Aujourd’hui, il lui faut rendre la vue à ceux qu’il a aveuglés.
Aujourd’hui, il lui faut bâtir, à nouveau, au rythme du temps, celui que sonnait Big Ben, celui qui s’égrène au fil du bonheur et de l’amour qui demande à habiter le cœur de tout homme.
Cela dépend de chacun de nous, là où nous vivons, avec les petits moyens qui se logent en nous !
Apprenons à devenir heureux avec ce que nous sommes et avec ce que nous avons !
Apprenons à faire de nos crises et de nos échecs des lieux pour grandir et pour avancer !
Apprenons à devenir un homme qui, à l’image de Big Ben, sonne juste !

Guy De Smet (26 août 2015 )


- 73 - EN ROUTE VERS UN CHAOS SOCIAL

Décidément, le seul moment de paix relative que nous offre le gouvernement Michel, c’est quand il se tait et quand il n’agit pas. Nous en arriverons à regretter ces vacances qui se terminent !
À partir du 1 septembre 2015, de nouvelles mesures, prises – sournoisement - par ces irresponsables qui nous dirigent, vont encore venir obscurcir l’horizon.
Elle concerne les jeunes. Des milliers d’entre eux seront, dès cette date, privés d’allocations d’insertion. C’est ce que nous relate le site de RTBF.infos.
Leur faute est d’avoir moins de 21 ans et de ne pas avoir obtenu de diplôme de fin d’études secondaires.
Ils rejoignent d’autres jeunes, âgés de plus de 25 ans. Ceux-là, depuis janvier 2015, doivent vivre de la débrouille. Ils seraient restés trop longtemps aux études ou ils auraient rencontré l’échec scolaire sur leur parcours – ce qui est le cas d’un jeune sur deux !
Désormais, pour avoir droit à la reconnaissance de ce gouvernement de Droite, il faut être parmi ceux qui réussissent, parmi ceux qui ne sont pas une tache dans le paysage économique auquel notre pays veut prétendre.
Aujourd’hui, il n’y a de la place que pour les gagnants, que pour ceux qui connaissent des conditions sociales, financières et intellectuelles maximales. La réussite demande des garants !
Pour stigmatiser ces mesures, les critiques pleuvent.
Ainsi le Forem ou Actiris : « Bloqués par le fait qu’ils n’ont pas droit aux allocations d’insertion, le risque est que ces jeunes ne trouvent plus la motivation de rester auprès des services publics de l’emploi et donc qu’on les perde, qu’ils deviennent malheureusement des " DENI ", des demandeurs d’emploi non identifiés ».
La directrice du Forem, partenaire du gouvernement, va encore plus loin : « S’ils ne sont pas accompagnés par le Forem, ils risquent de tomber dans une espèce d’errance sur le marché de l’emploi, avec des comportements défaitistes, de rejet qui risquent de surgir dans le chef de certains de ces jeunes ».
Un autre interlocuteur, Gregor Chapelle, directeur d’Actiris, condamne l’attitude gouvernementale, sans nuance : « C’est une mesure injuste, car elle touche les plus fragiles, mais c’est aussi une mesure totalement contre-productive. 
L’Europe et le gouvernement bruxellois nous demandent de garantir une solution aux jeunes dans les 6 mois de leur inscription, soit un emploi, soit un stage, soit une formation. Et ici le gouvernement fédéral prend une mesure qui cible les plus fragiles d’entre eux, c'est-à-dire ceux qui n’ont pas de diplôme du secondaire, et qui les décourage à rester inscrits à Actiris, à rester dans un parcours d’accompagnement vers l’emploi »
S’installe ainsi un dialogue de sourds entre nos ministres autistes et incompétents et les responsables chargés de la réinsertion des jeunes.
Le gouvernement, ce ramassis de sales gosses de riches et de fils à papa, voit dans cette mesure un encouragement pour les jeunes à décrocher un diplôme. Ce serait un atout supplémentaire pour trouver un emploi ! C’est beau, l’idéal !
Il se heurte là, à la colère des assistants qui côtoient les jeunes.
Certes, rétorquent certains, il est important d’indiquer aux jeunes la nécessité de se lancer dans des études performantes. N’empêche que la mesure mise en place demande du temps et un travail de conviction est indispensable. Cela ne se fait pas du jour au lendemain !
D’autres vont plus loin et montrent du doigt le décalage qui existe entre le monde politique et le monde de la jeunesse : « Il nous semble que c’est bien mal connaître les jeunes. Penser que pour un jeune de 16, 17 ou 18 ans, sa motivation pour terminer ses études secondaire c’est de penser que peut-être dans un an il pourra bénéficier de 300 à 400 euros d’allocation, penser que c’est ça sa motivation, il me semble qu’il y a un très grand décalage entre le ministre et la réalité des jeunes ».
Restons sérieux ! Ce qui intéresse le gouvernement ce n’est pas le bien-être des jeunes et leur insertion dans le milieu professionnel.
Ce qui le hante, c’est le désir d’économie budgétaire. Il table ainsi sur une économie de 35.000.000 €. Être un bon élève libéral et européen est son équation !
Que deviendront au premier septembre ces 6.900 et ces 1.500 jeunes qui en Wallonie et à Bruxelles sont sans diplôme ?
Cela ne semble pas être son problème, tout comme ne le sont pas les autres misères sociales qu’il a créées.
Ce gouvernement est criminel.
Il crée une génération de jeunes qui n’ont rien à perdre. Ceux-ci trouveront dans la violence, dans la radicalisation, dans la drogue et pourquoi pas dans l’Islam, des expédients à leur colère.
Il instaure des zones de non-droits, transformant des jeunes en loups avides de revanche et de sang.
Il se désintéresse de l’avenir au nom du dieu-argent qui, une fois de plus, avait besoin de victimes.
Un jeune sans espoir est une bombe à retardement.
Un jeune sans avenir est un échec majeur pour une société en mal de projets.
Un jeune sans rêve est un terroriste qui attend de passer à l’acte …
Saurons-nous nous en souvenir ?

Guy De Smet (26 août 2015 )


- 74 - VERS UN CRACH BOURSIER MONDIAL ?

Monsieur Damian Mc Bride, un ancien conseiller du Premier-Ministre britannique Gordon Brown, tire la sonnette d’alarme.
À travers deux tweet, il invite ses concitoyens à stocker des boites de conserves et des bouteilles d’eau. Il les incite à se préparer à ne pas pouvoir sortir de chez eux et à prévoir des liquidités financières suffisantes, pour pallier aux impossibilités bancaires. Il voit surgir des révolutions et des violences destructrices.
Il lance cet appel pour un avenir qui commencerait vers l’hiver 2015.
Beaucoup d’analystes internationaux prévoient, depuis longtemps, une crise boursière mondiale imminente. Elle pourrait être une guerre des monnaies, sans pitié. Il en existe des signes, mais rien ne dit qu’elle se produira !
La récente chute des bourses, dans le sillage de la Chine nous donne un avant-goût de la panique qui pourrait déferler sur le monde.
Les économies des pays émergeants, comme la Chine ou encore le Brésil, pour n’en citer que deux, vont mal et cela se ressent inévitablement chez nous !
L’illusion de l’amélioration de la situation américaine est elle aussi un signe que tout ne semble pas aller pour le mieux dans le meilleur des mondes : 18 % des enfants vivent sous le seuil de pauvreté, chute des taux d’accession à la propriété, augmentation incessante de la dette publique, diminution du revenu médian des ménages, augmentation du coût de la vie, plus de liquidations que de créations d’entreprises, taux de la population active au plus bas depuis 1977, chômage des jeunes battant des records depuis la dernière récession, disparition progressive de la classe moyenne, chute  de la vitesse de circulation de l’argent …
Cela se passe aux Etats-Unis, me direz-vous ! Mais, quand il pleut dans ce pays, il commence à tomber des gouttes chez nous !

Pendant ce temps-là, notre vieille Europe se complait dans une certaine politique de l’autruche. Elle nous parle de reprise, timide certes, mais tellement effacée, qu’elle ne devrait pas nous aveugler.
Chez nous aussi, la pauvreté s’installe.
Chez nous aussi, la diminution du pouvoir d’achat, la hausse du chômage, le rejet des jeunes, l’augmentation de la dette publique, la hausse des prix …  sont des réalités que nous ne pouvons manquer d’observer.
Chez nous aussi, la crise économique se déploie comme un cauchemar social, pour plus d’un de nos concitoyens, pour vous, pour moi.
Pendant ce temps-là, notre vieille Europe nous donne le lamentable spectacle de replis et d’égoïsmes qui s’installent.
La crise des réfugiés nous laisse les bras ballants face à l’incapacité de nos pays civilisés à entendre les cris d’hommes, de femmes, d’enfants qui souffrent et qui meurent dans l’indifférence générale.
Certes, leur situation est triste, le temps d’un journal télévisé, mais, surtout, qu’ils aillent ailleurs.
L’utilisation mensongère des chiffres du chômage nous indique la manœuvre pathétique des responsables à se voiler la face et à vouloir ignorer le drame de tant de familles. Un chômeur est une impression d’inutilité de trop !
Le « consommer national » nous livre, lui aussi, le drame de populations prises en otages par des décisions économiques suicidaires. Celles-ci poussent des professions dans des impasses voulues et ciblées.
Chez nous, par exemple, une grande exploitation agricole, basée sur le rendement sera moins dans le rouge que celle d’un petit exploitant qui respecte les normes de son  pays. Idéologie ou normalité ?
Les intolérances, elles aussi, se multiplient, faisant de celui qui devrait être mon frère ou ma sœur, un ennemi à abattre, parce qu’il risquerait de me faire de l’ombre ou de remettre en cause mes sécurités. L’homophobie, le racisme, l’opposition au « mariage pour tous », une certaine écologie, la délation … autant de signes de peurs qui accompagnent les temps de crises et de guerres.

Et s’il s’agissait d’une crise profonde de nos sociétés basées sur le culte de la finance et de l’ultralibéralisme, du « chacun-pour-soi » et de la liberté débridée ?
Et si la loi du marché était devenue la mise en place perverse d’un marché d’esclaves, peuplé d’humains à la dérive ?
Et si l’urgence était, aujourd’hui, celle de la recherche de nouveaux modèles économiques et de nouvelles politiques visant le bonheur de tout homme ?
Nos acteurs économiques et politiques sont les mêmes depuis plus de trente ans. Ils nous ont menés là où nous sommes, c’est-à-dire dans des mondes sans avenir.
Arrêtons de leur confier nos voix électorales et de leur faire confiance. Ils nous conduisent droit dans le mur, branchés qu’ils sont sur des idéologies qui ne respectent pas les droits de l’Homme et des peuples.
La situation de la Grèce ou de l’un ou l’autre pays d’Amérique du sud me semble être l’indicateur d’une ligne rouge à ne pas franchir

Aujourd’hui des scientifiques de renom planchent sur ces nouvelles visions économiques.
Des politiques nouvelles font de la mondialisation un ennemi, tout comme elles combattent l’utilisation malsaine de la finance.
Un héritage est à façonner pour nos enfants et nos petits-enfants.
Un monde est à créer … en serons-nous les acteurs ?

Guy De Smet (28 août 2015 )


- 75 - L’EMPRISE MALÉFIQUE

Ce matin, j’ai été interpellé par un ami, responsable du Refuge.
Le but de cette association est de venir en aide à des jeunes exclus du milieu familial, parce qu’ils seraient homosexuels. En France, ce groupement est considéré comme étant d’utilité publique.
Vivant dans le sud de la France, il a été frappé de plein fouet dans son action par une déclaration du Diocèse du Var, mis en place à l’instigation de l’Évêque de Fréjus-Toulon, Monseigneur Dominique Rey.
Dans un article de son site internet, il y est question d’un thème angoissant : « Comment Satan agit-il dans le monde d’aujourd’hui ? ».
L’auteur se lance dans une liste fastidieuse, face à laquelle celle des 7 péchés capitaux ne serait que peu de chose.
Certaines pratiques actuelles seraient ainsi des « portes d’entrée » à une emprise maléfique.
Certaines seraient actives. Elles vont de l’occultisme à l’homosexualité active ; de la franc-maçonnerie à la sophrologie … en passant par les manipulations de la kinésithérapie pratiquant un rééquilibrage  de l’énergie corporelle.
D’autres seraient passives. Elles concerneraient ceux qui vivent le divorce ou l’adultère, l’avortement ou le suicide ou encore ceux qui connaissent des problèmes avec l’entourage.
Certaines encore sont surprenantes : la pratique active du yoga, la musique hard  ou encore la pratique des arts martiaux.
Une liste impressionnante qui a de quoi donner le vertige !
Mais, si le site pointe du doigt des maléfices, il indique aussi des remèdes : la prière d’un prêtre, les médailles bénites ou encore la prière à l’ange gardien, pour n’en citer que quelques-unes.
Ce qui me choque, ce n’est pas tant l’énumération  que le jugement sans nuance porté – plus ou moins involontairement – à l’encontre d’hommes et de femmes qui avaient trouvé là une échappatoire ou une aide face à leurs difficultés.
Ce qui me dérange, c’est cette église capable de détecter la paille dans l’œil du frère, de la sœur, mais qui est incapable de soupçonner la poutre qui encombre sa propre vision.
Ce qui me scandalise, c’est le gouffre installé entre ce que vit l’homme moderne et la réponse que peut lui apporter l’Église.
Où sont l’écoute et la compassion ?
Où sont les recherches de convergence entre l’idéal et le possible ?
Où sont l’empathie et la solidarité face à la souffrance et face aux questions humaines ?
Où est l’attitude de Jésus dans tout ça ?
L’homme d’aujourd’hui vit beaucoup de souffrances. Il se pose bien des questions existentielles.
L’homme d’aujourd’hui se tourne vers tout ce qui peut lui apporter un dépassement ou un soulagement.
L’homme d’aujourd’hui ne peut supporter une culpabilisation morbide de tout ce qu’il est et de tout ce qu’il vit.
Allons-nous reprocher à un malade désespéré de se tourner vers n’importe quelle médecine, pourvu qu’une amélioration soit à l’horizon ?
Qui serions-nous pour exclure un jeune homosexuel, alors que ce chemin de vie lui semble le seul possible pour accéder au bonheur ? Que d’obstacles, que d’exclusions, il aura surmontés avant d’oser être lui-même et d’oser prétendre au bonheur !
Au nom de quoi pourrions-nous nous opposer au besoin d’un enfant en manque de confiance et qui semble avoir trouvé dans les sports martiaux, comme le judo, une manière de croire en lui ?
De la même manière, comment, au cœur du stress ambiant, reprocher à quelqu’un de trouver dans le yoga la sérénité dont il a besoin pour vivre ?
Certes, le mal est à combattre.
Certes, le mal est à cerner.
Certes, le mal est à éradiquer.
Mais cela ne se fera jamais à travers une liste ou un catalogue.
Le mal, il est vécu par un être humain. Il est une souffrance. Il est une addiction.
Il ne se règle pas d’abord à travers une prière ou une bénédiction.
Le mal vécu par un être humain nécessite la rencontre - d’abord - de respect, d’écoute et de patience pour l’amadouer et ensuite pour le comprendre.
Le mal vécu, il a besoin de rencontrer un cœur qui aime et qui, avant de juger, protège ; qui avant de condamner, fait l’effort d’indiquer et de soutenir des pistes pour s’en  sortir.
D’autre part, qui serions-nous pour mettre sur le même pied le meurtre et l’homosexualité ou encore le jeu et la sophrologie ?

Quand je lis cette littérature obscurantiste, j’ai mal à l’Église.
Comme elle est loin de l’attitude de Jésus qui au lieu de juger et de condamner  voulait chercher le positif de la personne.
Comme elle vit loin de celles et de ceux qui ne voient dans ce monde plus aucun  autre recours que la radicalisation ou le repli sur soi.
Comme elle est éloignée des préoccupations de mon ami du refuge dont le sourire est proportionnel à la joie retrouvée de ses protégés.
J’ai mal à l’Église, mais, en même temps, je suis en colère.
De telles listes sont semeuses d’intolérance et de haine. Elles enferment l’autre dans des étiquettes et dans des désespérances insupportables.
Les dégâts occasionnés par les émeutes lors du « Mariage pour tous » n’ont pas aidé ces catholiques d’un autre siècle à grandir ?
Elles ont pour but de mettre le grappin sur l’homme et de l’asservir dans une religion qui ne rend pas libre.
Elles font de la prière, ce dialogue amoureux avec Dieu, une rustine bigote, faite de mépris et de condescendance.
Cette liste nous vient d’une Église qui a oublié le chemin de l’humilité et de sa propre identité de pécheur. Elle nous vient d’une Église qui fait peur, rappelant les effluves d’une inquisition criminelle.
Sur ce site de l’Église du Var, j’ai perçu le langage d’une dérive sectaire qui n’est pas sans rappeler le parcours religieux de son évêque.
Dans la Bible, nous pouvons lire ces mots qui passent difficilement, aujourd’hui : « Une femme qui se tait est un don de Dieu ».
Devrions-nous transcrire ces paroles en disant de nos jours : « Un évêque qui se tait est d’un don de Dieu » ? Un comble pour un responsable de l’annonce de la Parole de Dieu dans un Diocèse !

Guy De Smet (28 août 2015 )


- 76 - AYLAN

Tu avais trois ans. Tu étais un petit garçon, dont les yeux devaient pétiller d’envie de vivre, malgré la guerre et le bruit des armes qui défiguraient ton pays.
Tu devais rêver de jouer, de découvrir, de t’émerveiller, comme tous les enfants du monde.
Avec tes parents et ton grand frère, tu avais fui Kobané en Syrie. La terreur était devenue insupportable et l’air irrespirable. La guerre avait tout cassé.
Vous vouliez vivre … ailleurs, tant pis pour le prix à payer        . Le soleil devait certainement se lever sur des contrées plus hospitalières.
Ce fut le début d’un long voyage harassant et désespérant … jusqu’à venir t’échouer sur la plage de Bodrum en Turquie. Pardon !
Ton visage, à jamais enfermé dans la mort, allait faire le tour du monde, grâce à l’œil perspicace d’un photographe.
Et là, Aylan, ta mort est devenue semence de vie !
Au-delà de l’inertie des grands de ce monde, tu as suscité une vague d’émotion sans pareil.
Des frontières se sont ouvertes, des cœurs se sont épanchés, des secours ont pris la forme d’une solidarité merveilleuse … L’humanité échouée venait de retrouver la force de se relever ! Les citoyens européens, au-delà des crises, retrouvaient une âme !
Des familles se sont serrées dans les bras des retrouvailles.
Des enfants ont fait fleurir le sourire et la joie.
Des mains se sont ouvertes, des larmes de bonheur ont coulé.
Aylan, ta mort a rendu possible ce qui semblait impossible. Les dirigeants du monde ont enfin découvert l’urgence au-delà des conférences et des prises de positions virtuelles et stériles, auxquelles ils nous avaient habitués.
Grâce à toi, les réfugiés ne sont plus d’abord un « quota ». Ils ont un visage. Ils ont une histoire. Ils traversent un drame qui semble nous intéresser. Ils sont désormais l’objet de notre attention et de notre solidarité.
Aylan, ton visage, enfoncé dans le sable, a détruit nos scrupules d’accueil et nos égoïsmes morbides. Il a fermé la bouche à ces politiciens et à ces institutions plus férues en comptes bancaires qu’en humanité. Il nous a rappelé qu’il y avait plus de joie à donner qu’à recevoir.
Grâce à toi des réfugiés de ton pays ont droit à un espoir et à un horizon nouveau. Ils peuvent se reconstruire, avant de retrouver un jour, osons l’espérer, leurs terres libérées de la haine et de la mort.
Aylan, ton petit corps recroquevillé dans la destruction nous invite, pourtant, à la vigilance.
Le monde de l’entreprise, en Occident, voit dans l’arrivée de tes frères une  opportunité économique : une main-d’œuvre à bon marché. Ces rapaces ne font rien pour rien. Pour eux, il n’y a jamais de petits profits !
Israël, à l’image d’autres contrées sauvages, construit des barrières et des murs, oubliant la main tendue dont il a bénéficié, jadis.
Un enfant, comme toi, a été brûlé dans ce pays, il y a quelque temps, par des fanatiques juifs, sans que cela ne bouscule en rien leur cœur de pierre, ni la conscience de l’humanité responsable. Ils ne comprendront décidément jamais rien !
Le Qatar, pays musulman qui a réussi, refuse de prendre en compte le flot de frères et de sœurs sur les routes de l’exil. Ils ont déjà « assez d’esclaves » chez eux, clament-ils sans pudeur et sans honte. Une même religion devait pourtant créer des ponts !
Le régime de ton pays et les djihadistes de l’État Islamique poursuivent leur jeu de massacre immonde.  Celui-ci ne rencontre que l’impuissance des pays démocratiques. Indifférence, droit d’ingérence … à se demander à qui rapporte le crime !
Des flots continus de population sont envoyés sur les routes de l’exil soufflant sur la planète un vent de chaos et de désolation.
Nos décideurs politiques s’avèrent, chaque jour un peu plus, incapables de gérer votre détresse, enfoncés qu’ils sont dans leurs idéologies et dans leurs avantages.
Vigilance, quand tu t’imposes !

Aylan, et si ton témoignage dépassait le temps de nos émotions ?
Si ton sang devenait l’encre pour écrire une nouvelle page d’humanité et de vérité ?

Guy De Smet (7 septembre 2015 )


- 77 - L’IMPLOSION D’UNE SOCIÉTÉ ?

Depuis quelques années, le monde semble avoir repris à son compte l’expression d’un croupier de casino : « Rien ne va plus ».
Il y eut d’abord ces guerres incessantes qui d’Afghanistan en Irak, en passant par le Liban, la Palestine ou encore par la Syrie, allaient défigurer à tout jamais le joli visage de notre belle planète bleue. Des apprentis-sorciers allaient jouer avec le feu !
Il y eut ensuite l’effondrement des banques qui, depuis les États-Unis, allait s’étendre jusque sur notre vieux continent … et jusque dans les pays émergeants.
La finance allait devoir s’exprimer en milliards de dollars ou d’euros pour venir au secours d’un secteur vital pour sa survie.
Une crise sociale profonde allait se mettre en place, réduisant la valeur de l’homme à l’étendue de sa fortune.
Des pays entiers, comme la Grèce ou l’Irlande allaient être sacrifiés pour « sauver » l’idéologie libérale qui prétendait gouverner le monde.
La misère s’installait.
L’exclusion devenait une norme.
L’intolérance se transformait en une manière d’être.
Le repli égoïste sur ses avantages faisait figure d’armure.
À cela s’ajoutait la peur face à l’avenir, face à la pérennité  de la planète. Le réchauffement climatique devenait une hantise qui devait transformer nos habitudes et nos modes de consommation. Le « Bio » devenait une nouvelle religion !
Il ne faudrait pas oublier parmi tous ces signes la chute de l’économie chinoise et celle des pays émergeants qui ne pouvaient que faire des vagues sur nos « reprises » frémissantes.
À cela s’ajoute aujourd’hui le tsunami des réfugiés qui déferlent sur nos vieux pays, en quête d’un nouveau souffle inaccessible.
Ils nous viennent des pays de la guerre, des pays de la misère. Leurs visages sont défigurés par la peur ou encore par la faim. Ils rêvent d’un monde meilleur, espérant trouver chez nous une oreille attentive et une main secourable.
Pendant que des milieux financiers y voient une opportunité pour poursuivre l’escalade de la rentabilité, d’autres y lisent la menace d’une invasion incontrôlée et incontrôlable.
Ces victimes des radeaux de la méduse d’aujourd’hui sont aussi des objets d’une propagande féroce et invérifiable.
La presse nous apprend ainsi, que parmi ces réfugiés se trouveraient des Djihadistes de l’État Islamique, chargés de venir semer la terreur dans nos rues et dans nos quartiers. Ceci aurait été annoncé de longue date par ces terroristes prêts à tout pour déstabiliser le monde, sous le couvert de l’Islam.
Il n’en fallait pas tant à tous les déçus de nos sociétés, aiguillonnés par une extrême-Droite nauséabonde, pour alimenter leur soif de haine et leurs rancœurs accumulées. Une casserole est sous pression … à quand l’éclatement ?
Heureusement, il existe des hommes et des femmes de cœur, dont la main tendue aura été un signe  de justice et de paix, frêles esquifs sur une mer déchaînée.
Face à tous ces nuages noirs qui s’accumulent dans le ciel de nos sociétés, nous nous trouvons avec le pitoyable spectacle d’un monde politique, assoiffé de pouvoir, mais paralysé par ses incapacités.
Monsieur Juncker, Président de la commission européenne, se transforme en comptable de quotas, sans trop se poser la question de la viabilité de son plan.
Le budget européen, les dépenses somptuaires de ses fonctionnaires, les émoluments des eurodéputés avaient été augmentés … mais il semble que les réserves d’aide à l’humain aient été oubliées.
« Son » Europe, pendant ce temps-là, vient de prendre une « mesure importante » pour l’avenir du monde : désormais, les chasses d’eau de vos toilettes ne pourront plus contenir que 5 litres d’eau ! Surréaliste !
Dans les autres pays, d’Angela Merkel à François Hollande, en passant par d’obscurs petits scribouillards à la Michel, les gérants politiques – tous bords confondus - laissent le spectacle pitoyable, d’hommes et de femmes incapables d’assumer leurs responsabilités.
Après avoir humilié la Grèce, les voici  les chantres d’une solidarité retrouvée !
Le moindre que l’on puisse dire, c’est que leur sérénade sonne faux !
Monsieur Poutine se verrait bien, quant à lui, en « Croisé » sur le sol de la Syrie, réclamant une coalition que les Américains ne voient pas d’un bon œil. Et si, cela devenait pourtant un mal nécessaire ?

Mais, cette situation ubuesque n’était-elle pas annoncée et préparée de longue date.
Il y eut la colonisation et ses méfaits qui font notre honte jusqu’à aujourd’hui.
Il y eut nos politiques commerciales agressives, basées sur l’exploitation outrancière des richesses du Tiers-Monde. Un Occident qui se développe au détriment des pauvres du monde !
Il y eut cet orgueil démesuré de l’Occident qui s’inventa une « démocratie » pour imposer sa volonté aux quatre coins du monde.
Il y eut cette volonté d’asservir la société au profit de quelques nantis et de quelques nations qui, telles les États-Unis, ont été semeuses d’humiliations et de domination qui crient vengeance au ciel.
Aujourd’hui, le vent tourne.
La grandeur de l’Occident se retrouve ensevelie sous la colère des peuples.
Ils n’en peuvent plus de la misère.
Ils n’en peuvent plus d’êtres des citoyens de seconde zone.
Ils n’en peuvent plus d’être les exclus des chances d’une planète.
Ils se déversent en flots incessants chez nous, réclamant un peu de Justice et un peu d’attention.
Ils s’ajoutent à toutes celles et à tous ceux qui chez nous aussi sont les victimes de normes financières et sociales sordides.
Jusqu’à quand … avant que nous n’ayons compris ?
Aujourd’hui, nos sociétés sont à un tournant.
Chacune et chacun nous sommes confrontés à nos responsabilités et à cette terrible question : quel monde voulons-nous ? quel est l’avenir de l’homme ?
Des économistes, des scientifiques tirent la sonnette d’alarme et proposent une alternative à ce monde noyé dans ses contradictions ? Saurons-nous leur prêter enfin l’oreille ?

Guy De Smet (8 septembre 2015 )


- 78 - LE CONFORT, VERSION FRANCKEN

Notre pays est confronté, depuis quelques jours, à l’arrivée massive de réfugiés. Ils ont sillonné des chemins de danger et de peur. Ils se sont ruinés auprès de passeurs qui n’ont pas ménagé leurs aptitudes au vol. Ils arrivent chez nous épuisés, malades et pourtant, le cœur plein d’espoir.
Des hommes et des femmes de bonne volonté, de toutes croyances et de toutes philosophies ont regroupé leurs énergies pour leur venir en aide.
Ils sont le visage de l’accueil et de la solidarité pour ces hommes, pour ces femmes, pour ces enfants venant de la nuit.
Plus d’un ont essayé de les décourager. Des rumeurs, un certain populisme égoïste et méchant, une certaine presse d’extrême–Droite relayée par des ténors de la haine et de la bêtise … Rien de tout cela n’a eu raison de leur fougue déployée pour aider et secourir.
Des camps improvisés, comme celui du parc Maximilien à Bruxelles, sont devenus des lieux de cœur et d’humanité.
Des centaines de bénévoles ont pris de leur temps et de leurs moyens pour distribuer un peu de nourriture, un peu de vêtements, un peu d’affection et de tendresse. Des moments merveilleux qui resteront à jamais gravés dans le cœur de tous ces "distributeurs d’humanité".
Pendant ce temps, le monde politique réceptionne des quotas. Il se renvoie la balle de communautés à régions. Il crée des murs et des barrières pour réguler ce flux migratoire qui le dépasse. Il prépare des règles et des parcours d’intégration, créant une nouvelle « étoile jaune », source de haine et d’exclusion.
Parmi eux, il y a ce secrétaire d’État chargé de l’immigration, Monsieur Franken. Dans le sillage de son maître à penser, Monsieur Bart De Wever, il n’en rate pas une. Les appeler « Monsieur » semble être une telle ineptie ! 
Il vient ainsi, poussé par une pression populaire et émotionnelle, d’ouvrir un centre dans un bâtiment d’État vide. Les portes ne s’ouvriraient que la nuit, offrant un espace de 500 lits, installés par la Croix-Rouge. Dans ce lieu, pas de douche, pas de toilettes adaptées à une telle foule. Les installations du parc voisin devraient suffire !
Lundi soir, lors de l’ouverture, seulement 14 personnes s’y sont présentées.
Les réfugiés préfèrent de loin les conditions « humaines » offertes dans le camp d’à côté : stabilité après une longue marche et des bousculades effrayantes, un peu de repos, loin des déménagements et des incertitudes proposés après chaque nuit !
Cette attitude des réfugiés n’a pas plu à Monsieur Francken. Il s’est donc cru obligé de se lancer dans une de ces déclarations stupides dont il a le secret : « Si des gens veulent encore dormir dehors, ok, mais ne reportez pas cela sur le gouvernement s'il vous plait ». J'offre un accueil de base. Quatorze personnes en veulent, les autres non. Les tentes sont apparemment trop confortables. On arrête avec les critiques. Des excuses sont les bienvenues, merci. »
Décidément, le crétinisme est une maladie qui ne se soigne pas !
Permettez-moi une exégèse de ces paroles ignobles : « Si ces gens veulent encore dormir dehors ».
Non, ils ne veulent pas dormir dehors. Ils auraient tant voulu ne pas quitter leur pays détruit par les bombardements et par des guerres qui n’intéressent personne.
Ils auraient tant voulu retrouver leurs maisons, leurs rêves, leur soleil, perdus qu’ils sont aujourd’hui dans nos brumes du nord.
Comment ce ministre immonde ose-t-il prononcer ces mots pleins de mépris et de haine ? Serait-ce le fonds de commerce de son parti ?
Il va même jusqu’à insister : « Les tentes sont apparemment trop confortables » !
Que connaît-il du confort des pauvres, de ceux qu’avec ses partisans il a réduits à la misère et à l’exclusion ?
S’il ne sait plus ce qu’il dit, nous, nous le savons.
Nous savons, qu’il est trop bien payé.
Nous savons qu’il n’est pas compétent pour occuper la fonction qu’il est la sienne.
Nous savons qu’il se pavane dans un train de vie de nanti et de privilégié.
Nous savons que dénigrer et afficher son mépris est son comportement habituel.
Nous savons qu’il est une honte de la même dimension que l’extrême-Droite qui a fait les beaux jours de sa jeunesse et, j’ose dire, de son présent.
Nous savons que son physique de boxeur raté correspond à la dimension de son cerveau.
« Ne reportez pas cela sur le gouvernement ».
Il est vrai que l’équipe Michel est spécialiste en dégâts sociaux. Notre portefeuille, notre avenir en portent les stigmates au quotidien !
Ce gouvernement est chargé du bien-être de tous les Belges, même des étrangers qui frappent à sa porte après avoir connu la terreur et la guerre. Des mots bien éloignés de la réalité !
Il est vrai que s’il s’était agi d’accueillir des « réfugiés fiscaux » français ou autres, le gouvernement aurait facilité bien des choses. Dommage, tout le monde ne peut pas être riche !
L’Histoire retiendra de ce gouvernement le désarroi qu’il a semé et la honte qu’il est pour la démocratie.
« J’offre un accueil de base ».
Ce n’est pas ce que le peuple belge a envie de proposer. Le peuple belge a un cœur. L’hospitalité est sa manière d’être. Il ne peut se contenter de démarches administratives, de dortoirs nocturnes.
Ces hommes et ces femmes, blessés par la vie, ont besoin d’un point de chute pour se reconstruire, pour recevoir des soins, pour « survivre ».
Il est vrai que son idéologie NV-A, basée sur la haine et sur le fric ne peut comprendre de tels impératifs !
« Des excuses sont les bienvenues ».
Mais il se prend pour qui ?
Ces hommes et ces femmes, fatigués d’être ballotés d’Hérode à Pilate devraient s’excuser … mais de quoi ?
De vouloir plus qu’un lit pour la nuit …
De vouloir une vraie main tendue et un peu d’écoute …
De vouloir un peu de dignité et de respect …
C’est à lui de s’excuser … et sûr qu’il ne trouvera même pas le pardon !
S’excuser auprès de ces étrangers qu’il insulte, qu’il méprise et qu’il refuse d’entendre.
S’excuser auprès des Belges qui n’en peuvent plus de le supporter. À moins d’être un monstre, il est impossible de se reconnaître en lui !
S’excuser d’avoir voulu cacher son ignominie en interdisant de « montrer » à l’avance ce centre avant de l’ouvrir aux étrangers.
Il semblerait même avoir appris de nouveaux mots : « S’il vous plait et merci ».
Dans sa bouche, ils ne transpirent qu’arrogance et orgueil.
Le Premier-Ministre, fidèle à son habitude, se tait ! Serait-il complice d’autant de cynisme ?
Une chose est sûre, une telle attitude n’est pas digne de la grandeur d’âme du peuple belge. Ça se paiera un jour !
Le Roi, non plus, n’a pas trouvé le temps de rejoindre, ne fusse que quelques heures, ces Héraults de la solidarité belge et ces victimes de la terreur qui abordaient le Royaume. Craindrait-il pour sa sécurité ou aurait-il peur de se salir ?
L’attitude du secrétaire d’État est abjecte … la démission est sa seule porte de sortie ! Son silence est une nécessité !
Il nous dit : « On arrête avec les critiques ». Nous lui répondons qu’il suffit de ne pas y prêter le flanc.
À son sujet, il me plait de reprendre une expression chère à l’ancien président français : « Casses-toi, pauvre C… »

Guy De Smet (9 septembre 2015 )


- 79 - À QUI PROFITE LE CRIME ?

Depuis des années, il est question de guerres et de violence qui s’acharnent sur le Moyen-Orient : Palestine, Afghanistan, Irak, Syrie, Yémen …
Des hommes et des femmes sont pourchassés et détruits au nom de leur appartenance à un peuple, à une religion,  à une minorité, à une orientation sexuelle …
Des Djihadistes, assoiffés de haine et de sang se lancent dans des projets fous de califat.
Pour arriver à leurs fins, ils ont fait du terrorisme leur arme de destruction massive. Ils décapitent, ils pendent, ils lancent leurs victimes du haut d’immeubles, ils égorgent, ils violent. L’inhumanité est leur quotidien, avec laquelle ils défigurent le dieu dont ils se réclament.
Des dictateurs, abreuvés de corruption, laissent leurs populations exsangues, maintenant des pouvoirs criminels impossibles.
L’Occident, se concerte, il parle, il s’agite, il se divise … laissant dans le désarroi des foules entières avides de vie et de solutions.
Aujourd’hui, des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants déferlent chez nous, en suivant des voies paradoxales et multiples.
Ils sont l’objet de quotas, de violence et d’impuissance.
Ils sont confrontés à une vague d’ « hooliganisme politique », orchestré chez nous par des Francken et De Croo (entre autres !) fustigeant des « tentes trop confortables » ou des « campements qui ressemblent à un festival de musique ». Indécence quand tu t’affiches comme une marque de fabrique !
En même temps, ils croisent des cœurs ouverts, des mains tendues, des bonnes volontés aimantes et tendres.
Quelle détresse !
Il aura fallu une photo, celle d’un petit enfant noyé, pour que les consciences se réveillent, pour qu’une aide s’improvise, pour que nos dirigeants étalent leurs insuffisances et leurs contradictions.
Des plans d’aide se dessinent, des abris s’improvisent, des portes s’ouvrent sur un peu de justice et de paix.
En même temps, des haines s’affichent, des racismes se dévoilent, des rejets s’expriment au grand jour … au nom d’une peur sans nom.
Il y avait déjà une crise sociale impressionnante qui défigurait nos tissus sociaux habituels : chômage, hausse des prix, avenir des jeunes et des plus âgés, inaccessibilité des soins de santé …
À cela s’ajoute une vague qui n’était pas prévue, au point que notre secrétaire d’État à l’immigration avait fermé des places d’accueil. Personne n’avait rien vu venir.
Aujourd’hui, ils sont là !
Des pays, comme Israël ou la Hongrie, ferment leurs frontières, oubliant l’aide dont ils ont bénéficié, jadis.
Des pays arabes se refusent d’ouvrir les portes de leurs déserts et de leurs oasis. Ils n’ont aucune envie d’exporter la violence chez eux et encore moins d’endosser le costume de destruction qui fut, hier, celui du Liban.
L’Arabie Saoudite veut bien financer la construction de 200 mosquées en Allemagne … est-ce bien cela l’aide qu’attend l’Occident face au flux des réfugiés ?
À croire que le ciel vient de leur répondre : une grue s’abat sur la grande mosquée de leur capitale !

Alors me vient une question : à qui profite le crime ?
Un premier bénéficiaire me semble être le terrorisme qui se réclame de l’État Islamique ou des Talibans hier.
Ils doivent se frotter les mains de voir leur ennemi « infidèle » crouler devant cette misère qui les submerge tel un tsunami. La déstructuration, la violence et pourquoi pas la guerre civile les guettent … L’Islam vaincra, pensent-ils en leur for intérieur !
Ils n’ont pas eu besoin de s’infiltrer clandestinement. Le ver est désormais dans le fruit … il n’y a plus qu’à attendre !
Regroupement familial, liberté religieuse, exigences légitimes … autant de sentinelles qui n’attendent que leur heure !
Un deuxième bénéficiaire, ce sont les marchands d’armes. Une fois de plus, leur avenir est assuré. Le monde aura toujours besoin d’eux et de grandes nations feront toujours de leur  arsenal un moyen pour dominer le monde.
Grands fournisseurs … attendez des jours encore meilleurs pour voir vos parts de marché augmenter !
Un troisième bénéficiaire, ce pourrait être le monde de l’entreprise qui voit dans cette arrivée une aubaine économique leur permettant de contourner une crise sociale implantée dans nos pays depuis longtemps !
Tout à coup, la création d’emplois semble possible, semant les prémices d’émeutes et d’actes racistes, telles des bombes qui ne demandent qu’à éclater.
Alors que faire ?
« Aime et fais ce que tu veux » disait Saint Augustin.
Aimer, c’est donner, sans compter, mais aussi sans naïveté.
Donne, mais exige la même justice pour tous.
Partage, mais exige la même dignité pour chaque être humain.
Ouvre ta maison, mais exige qu’on te respecte dans ce que tu es, dans ce que tu fais, dans ta culture et dans tes possibilités.
Exige de tes pouvoirs politiques de préparer la route du retour de tous ces réfugiés vers leurs terres redevenues habitables et nettoyées de tous ces cancers qui la rongent, comme ils ont pu le faire, hier, pour le Nazisme.
N’accepte de leur part aucun dérapage !
Refuse tout ce qui risque de conduire vers la pérennité d’une population dont le rêve doit rester de retourner sous son soleil, là où se trouvent ses raisons de vivre, de croire et d’aimer.
Regarde les yeux de l’autre. Dans le secret de son regard, tu verras la lumière d’un monde qu’il vaut la peine de construire.

Guy De Smet (12 septembre 2015)


- 80 - ILS ONT OSÉ !

Les chiens d’Israël ont encore mordu !
Cette fois, la police israélienne secondée par son bélier, le ministre de l’agriculture, s’en est prise à un lieu saint, cher aux Musulmans, la mosquée d’Al-Aqsa … un des fleurons de l’esplanade des mosquées à Jérusalem.
Ce pas de trop était prévisible.
Depuis des années, les colons israéliens tyrannisent les Palestiniens qui fréquentent cette esplanade. Ils les harcèlent. Ils se moquent. Ils entravent le bon déroulement de la prière.
Pour eux, ce lieu saint musulman est un lieu « juif ». Il est l’esplanade du Temple. Il est la Résidence de Dieu au cœur d’Israël.
Devant le mur de Jérusalem, ils ont construit une passerelle qui permet aux sionistes de rejoindre cette esplanade en toute impunité et d’opérer leurs forfaits sournoisement.
Là, poussés par un ministre rempli de haine, ces chiens ont neutralisé les gardiens de la mosquée. Ils s’en sont pris aux occupants, imaginant des terroristes potentiels susceptibles de déranger les fêtes du Nouvel an juif.
Dans ce lieu réservé à la prière, des tapis ont été brûlés, des coups de feu ont été tirés. Des hommes, des femmes, des enfants ont été terrorisés. Pour ce faire, ils n’ont pas hésité à faire fi du droit sacré d’asile, lié à un lieu de culte.
Cet acte criminel, avant d’être une protection contre d’éventuels attentats, s’inscrit dans une politique générale d’Israël.
La terre volée aux Palestiniens en 1948 doit devenir un bastion exclusivement juif. Dans leur hystérie collective, les Sionistes voient là leur seule planche de sécurité. Il faut s’entourer de murs, de barbelés. Il faut pourchasser les Palestiniens jusque dans leurs maisons, jusque dans leurs raisons de vivre et jusque dans leurs salles de prière. Il faut « occuper » la terre qu’ils revendiquent.
Pas question d’offrir un État à ces « cousins » encombrants … Ils doivent disparaître.
Une certaine presse nous avait habitués à un terrorisme actif dans cette région. Il prenait la forme d’Al-Qaïda ou encore de l’État Islamique.
Elle semble avoir oublié un terrorisme d’État, soutenu par les grandes puissances du monde : celui des Sionistes d’Israël.
Eux, aussi, prônent l’intolérance religieuse face à tout ce qui n’est pas juif.
Eux, aussi, terrorisent des croyants qui ne partagent pas leur Foi ou qui la partagent mais qui ne sont pas de race blanche.
Eux, aussi, s’en prennent à des lieux de culte, touchant à ce qu’il y a de plus sacré dans la culture de l’humanité.
Eux, aussi, font du génocide d’un peuple une priorité pour asseoir leur pouvoir et assouvir leurs instincts les plus bas. La ministre de la culture de ce peuple sans culture n’est pas avare de déclarations dans ce domaine.
Ce peuple d’Israël me dégoûte. Il représente à mes yeux ce qu’il y a de plus abject dans la race humaine.
Ce peuple ne mérite aucun respect. Il serait même une honte pour les victimes de la Shoah dont ils se réclament être les dépositaires.
Ce peuple irait jusqu’à nous faire regretter l’empathie qu’a suscitée la persécution dont il a été victime lors du dernier conflit mondial.
Face à autant de paranoïa juive et face à autant de violences injustifiées, les grandes démocraties du monde restent sans voix. Elles sont même coupables d’un silence complice et criminel.
Les Nations Unies se perdent dans des résolutions qui ne sont pas respectées.
Les États-Unis  se complaisent dans une politique de soutien et de justification de ce pouvoir criminel.
L’Europe, au nom d’une culpabilité morbide, se tait et laisse faire.
Ce sera donc à nous, simples citoyens d’agir ! Mais comment ?
L’arme la plus puissante que nous détenons pour entraîner Israël dans sa chute, c’est son « boycott ».
Dans les magasins, vérifions la provenance des produits que nous achetons.
Ne pas acheter israélien, c’est mettre ce peuple à genoux et précipiter la prédiction de Juifs eux-mêmes qui imaginent la fin  prochaine de l’État d’Israël.
Osons même imaginer qu’une telle attitude citoyenne puisse devenir les prémices d’une rupture des relations diplomatiques … à l’image de ce que fut notre rejet de l’Allemagne nazie d’hier !
Dans nos idées de voyages, faisons comme Dieu et désertons la terre D’Israël. Depuis l’Exil, depuis la destruction du Temple de Jérusalem, Dieu s’est retiré du milieu de son peuple. Il n’a plus voulu être complice de leurs rapines et de leurs forfaits.
À notre tour de faire le deuil provisoire des lieux de naissance de notre Foi chrétienne. Aller en Israël, participer à un pèlerinage en Terre sainte, c’est se rendre complice de la barbarie israélienne qui tue la Palestine au quotidien.
Dans nos loisirs aussi, ne laissons aucune place à ce peuple à exclure.
Il est indécent de voir notre pays se confronter à l’équipe de football d’Israël. Non seulement, elle n’a pas sa place dans le tournoi de l’Euro, mais en plus, elle a fait de la haine son moteur et son âme. Chaque coup de pied dans le ballon est un coup de pied dans la tête d’un enfant palestinien, enfermé dans un camp de la honte !
Il est tout aussi insupportable de devoir enregistrer la présence israélienne dans un concours eurovision de la chanson. Non seulement ce n’est pas sa place, mais en plus, sa musique n’est l’écho que des sirènes de l’occupation et de la mort qu’elle entraîne. Chaque note est une insulte à la musique !
Le « boycott » est une arme redoutable que craignent les dirigeants israéliens. De plus, elle produit déjà des fruits laissant rêver d’un avenir meilleur.
Le « boycott » ne dépend pas des intérêts sordides de telle ou de telle famille politique. Il dépend de nous et de notre capacité d’œuvrer pour plus de justice. C’est peut-être pour cela qu’il peut s’accompagner de réussite.
Le « boycott » est un devoir face à la destruction que subit au quotidien le peuple palestinien, jusque dans ses aspirations à une terre ou à une maison. Il est une condamnation des vexations, des arrestations arbitraires ou encore des humiliations issues de la création criminelle des colonies dans les territoires occupés.
Nous contenterons-nous de visionner ces images de l’attaque de la mosquée Al-Aqsa ou en ferons-nous une arme d’anéantissement de l’État sioniste d’Israël ?
Il devient urgent d’agir !

Guy De Smet (12 septembre 2015)

- 81 - HALT ! … STOP !

Au lendemain de la publication de la terrible photo d’Aylan qui allait bouleverser le monde, nous étions prêts à prendre la route des rêves et des espoirs retrouvés.
Angela Merkel, telle une Jeanne d’Arc des temps modernes, ouvrait les frontières de son pays.
Sa nouvelle attitude nous changeait de son agressivité déployée avec ardeur dans son œuvre d’humiliation à l’égard du peuple grec.
Des milliers de migrants allaient pouvoir s’engouffrer dans cette brèche, rêvant de la paix et d’un Eldorado retrouvé.
Par la même occasion, la chancelière allemande pointait du doigt les contradictions européennes et les égoïsmes destructeurs des nations.
Les Allemands, se souvenant d’autres époques, étaient là, les bras ouverts, pour accueillir ces familles, ces hommes, ces femmes, ces enfants, le regard encore muré par les horreurs qui avaient jalonné  le chemin.
Par la même occasion, le pouvoir politique allemand lançait un appel aux autres pays européens pour ouvrir leurs frontières. Il semblait même intolérable d’agir autrement.
L’empire économique allemand voyait dans cette arrivée massive une « opportunité économique » plus qu’intéressante.
La Hongrie et la Pologne croulaient sous une pluie de critiques et de condamnations.
La Grande-Bretagne, elle aussi, devait affronter la contestation de sa politique migratoire trop limitative.
La France se faisait forte de discours et de paroles stériles, face à un drame qui la dépassait.
La Belgique devenait un haut lieu de l’improvisation et de la dichotomie entre l’action d’une population de bonne volonté et une pensée politique perdue dans ses intérêts.
Au fil des jours, des portes se sont ouvertes en Allemagne, des opportunités se sont dessinées, une aide merveilleuse s’est mise en place … jusqu’au seuil de l’étouffement.
Le Maire de Munich crie au secours. Sa ville n’en peut plus : la saturation est atteinte.
Désormais, les frontières du pays se sont fermées. Schengen est devenu une parenthèse. Des contrôles redonnent la primauté à un accueil inaccessible. Le hochet pour migrants a été rangé et « l’opportunité économique » s’est éteinte.
Dans son sillage, l’Autriche, à son tour, se mure dans ses impossibilités, rejoignant les pays condamnés, hier.
Quel échec cuisant pour l’Europe qui voyait son prix Nobel de la Paix se transformer en un trophée de honte et d’irresponsabilité !
Pendant ce temps, des familles entières fuient la guerre et la misère. Ils espèrent trouver chez nous un tremplin vers une nouvelle vie et vers une paix retrouvée.
Pendant ce temps, la terreur et la guerre civile poursuivent leur carnage, livrant l’être humain à l’horreur et à la bestialité.
Pendant ce temps, nos égoïsmes trouvent dans la situation explosive des justifications inespérées :  « Nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde ».
Il est trop tard, aujourd’hui, pour fermer les frontières.
Il est trop tard, aujourd’hui, pour s’enliser dans des considérations politiques peureuses.
Il est trop tard, aujourd’hui, pour mettre en place ce qui aurait dû être prévu depuis longtemps.
Cette guerre et cette misère étaient non seulement prévisibles de longue date, mais durant des années elles n’ont pas suscité la moindre compassion.
Des êtres humains fuyaient. Ils s’installaient par milliers en Turquie, au Liban ou en Jordanie, mais c’était tellement loin de nos plages ensoleillées et de nos spéculations bancaires.
Aujourd’hui, ils sont là, ils viennent et personne ne peut enrayer leur mouvement … même pas nos économies en panne.
Aujourd’hui, ils s’imposent à nous comme un devoir et comme une urgence, loin de toutes nos considérations philosophico-stupides.
Aujourd’hui, que nous le voulions ou non, nous serons obligés de partager le peu que nous avons et le peu que nous sommes. Il y va de l’avenir de notre civilisation.
Ne pas répondre au drame des réfugiés, ce serait assister, impuissants, à l’implosion de nos sociétés.
Ne pas les accueillir, ce serait créer les barricades qui lors de chaque guerre civile ont vu crouler des innocents sous le poids de la haine.
Fermer nos frontières, ce serait – à  jamais – foudroyer nos rêves et  nos projets les plus légitimes sous une pluie de boulets de colère et d’insurrection.
L’homme enfermé dans ses derniers retranchements ne peut que devenir un bouillon de culture pour une violence destructrice.
Halt !  … Stop ! Le cri d’une frontière ou une fessée à nos égoïsmes ?

Guy De Smet (15 septembre 2015 )


- 82 - BIENVENUE CHEZ NOUS

Ces quelques mots pourraient être ceux que nous adressons aux centaines de migrants qui vont faire escale chez nous, à Namur, dans l’attente d’un statut de réfugiés.
L’Irak et la Syrie sont leurs patries, abandonnées, à la hâte, dans les larmes et dans la peur.
Ils seront hébergés dans les locaux de la caserne de Belgrade (derrière le Carrefour).
La gestion de cette aide d’urgence sera assurée par la Croix-Rouge, avec l’aide d’une plate-forme humanitaire et l’appui de la ville de Namur.
Ils seront une partie des quelques 10.000 personnes qui seront ainsi accueillies en Wallonie. Celle-ci inscrit là, en lettres d’or, sa prétention légitime de « terre d’accueil ».
Ils seront une centaine dès la fin de cette semaine. Ils seront bien vite rejoints par d’autres, attendant l’ouverture d’une fenêtre vers un peu d’espoir et de réconfort.
Sur son site, relayé par celui du Doyenné de Saint-Servais, les autorités de la ville de Namur nous livrent toute l’information nécessaire pour accueillir au mieux ces hommes, ces femmes et ces enfants venant d’un cauchemar sans nom.
Il y est question des conditions d’hébergement, de collectes de vêtements, de jouets et d’autres produits de première nécessité concentrés dans les locaux de la caserne des pompiers, rue des Bourgeois.
Il y est question des services urgents que pourrait rendre la population pour encadrer des familles plongées dans l’inconnu : des chauffeurs, des infirmiers, des traducteurs … La liste sera actualisée régulièrement en fonction des besoins.
Il y est encore question de l’aide financière qui pourrait être faite à ces organismes qui se proposent d’être actifs. Le site internet de la Ville propose une liste d’organisations de terrain.
L’effort suggéré s’ajoutera aux 6.000 euros donnés aux États par l’Europe pour chaque réfugié !
Au hasard de vos surfs sur la toile, n’hésitez pas à consulter toutes ces informations : vous y grandirez en humanité !

L’accueil de ces réfugiés, s’il s’impose à nous, il est aussi un test pour évaluer la grandeur de notre cœur et de notre empathie.
S’ils sont pour nous l’occasion de sombrer dans un racisme et dans une xénophobie démesurée, ils ne seront qu’une source de peur et de violence.
Notre regard peut alors devenir meurtrier et ignoble, réduisant ces êtres humains à n’être que des ennemis dont il faudrait se débarrasser au plus vite.
En naîtra une violence et une agressivité qui seraient indignes de nos aspirations à la paix et à la justice.
Ces réfugiés peuvent aussi être considérés comme une « chance » pour notre manière de vivre en société.
Ils ne sont pas d’abord des gens d’une autre religion ou d’une autre culture. Ils sont des « blessés » de la vie.
Ils ont connu l’horreur de la proximité de la mort, du danger.
Ils ont souvent tout perdu dans cette existence qui a oublié de leur sourire.
Ils aspirent à ce - qu’enfin - le soleil brille pour eux aussi !
Pour nous, ils sont l’occasion de « casser » la froideur et l’anonymat de notre société.
Ils sont un stimulant pour développer notre capacité de bonté et de solidarité, valeurs tellement « malades » dans nos mondes de riches et d’enfants gâtés.
Ils sont un moteur pour tuer nos égoïsmes et nos individualismes destructeurs.
Ils sont le doigt pointé sur une réalité qui nous dépasse : nous ne sommes pas seuls sur la terre et nous n’en sommes pas propriétaires.
Ils sont le miroir de nos projets de société, limités jusqu’ici au règne de la finance et au culte du dieu Argent.
Ils sont le coup de coup de pouce attendu pour lutter, avec énergie, contre toutes les injustices sociales, même celles qui nous embêtent le temps d’une grève.
Leurs situations nous rappellent les routes de l’Exode de nos grands-parents. Comme eux, ils ont abandonné leurs maisons, leurs sécurités, tout ce qui était précieux pour eux.
Et dire que nous avions cru bon de penser « Plus jamais ça » !
Le temps de la parole et des discours est désormais passé.
De nouveaux visages vont venir modifier notre quotidien.
De nouveaux défis vont prendre les couleurs de l’humanitaire. Ils attendent notre combativité.
De nouveaux rayons de lumière vont pouvoir habiter nos yeux, nos sourires, nos mains tendues : BIENVENUE !
Osons espérer que dans un avenir, le plus proche possible, nous puissions fêter la fermeture de tous ces centres et la fin de toutes ces aides de première nécessité.
Ce sera le signe que tout homme aura enfin une place et une dignité respectées sous le soleil.
Ce sera le signe que la guerre et la violence auront laissé la place à la fraternité et à la justice.
Embarquement immédiat pour une terre d’humanité !

Guy De Smet (15 septembre 2015 )


- 83 - EUROPE DU CŒUR OU EUROPE DE LA POLITIQUE ?

À Chaque jour, son lot d’images de détresse !
Des rives de la Méditerranée aux voies ferrées et aux forêts de l’est européen, des hommes, des femmes, des enfants fuient, par milliers, la guerre, la violence et la misère qui s’acharnent sur leurs pays.
Immigration voulue, forcée, programmée … une chose est sûre, la détresse humaine frappe à la porte de nos pays « riches ».
Les victimes de ce drame sont des sources de revenus pour des « passeurs » véreux.
Elles sont un délit d’abandon pour les assoiffés de pouvoir de leurs régions.
Elles sont les oubliées de la chance qui sourit à une petite partie de la population de la planète.
Elles sont les désespérés d’un système qui voit dans la guerre une source de profits et dans l’homme une source d’ennuis.
Ces hommes, ces femmes, ces enfants se sont épuisés sur des routes impossibles, espérant trouver enfin un peu d’attention … et pourquoi pas un tremplin pour enfin « vivre ».
C’était sans compter sur nos racismes, sur nos peurs et sur nos égoïsmes.
C’était oublier que nos responsables politiques – comme ceux du monde entier -, avant d’être des humains sont des zombies de la finance et des marchés, soucieux de leurs réélections ou encore des bénéfices qu’ils peuvent en tirer.
Ces errants de la misère se perdent sur nos routes, le cœur fatigué et rempli de colère. Ils se heurtent à des frontières qui se referment, à des déclarations qui les méprisent, à une Europe qui se noie dans son inertie.
Ils découvrent qu’ils ne sont que des quotas, que des chiffres dans des statistiques et que des objets de manipulation de l’opinion. En sortent des effluves de racisme et de xénophobie qui donnent envie de vomir.
RTBF. Infos, sur son site d’actualités, nous livre une projection intéressante de ce que pourrait signifier une telle crise humanitaire chez nous.
Nous pouvons ainsi y découvrir, qu’en transposant les chiffres du conflit syrien, un désastre s’abattrait sur notre pays : « Avant le début de la guerre, la Syrie comptait 22,8 millions d'habitants, la Belgique 11,2 millions. Et environ 220 000 Syriens sont décédés à cause de ce conflit.
Si proportionnellement la Belgique avait connu autant de morts, ce sont environ 108 996 personnes, soit près de 1% de la population du pays, qui aurait péri. C'est comme si la population de villes comme Namur, Mons ou Bruges avait été exterminée. Et sur ce total, on compterait 75 998 militaires et 32 998 civils, dont 5404 enfants ».  (RTBF. Infos 19/09/2015)
« Mais le conflit syrien c'est aussi et surtout des millions de réfugiés, plus de quatre millions. Si la Belgique était frappée par cet exode forcé, ce ne sont pas moins de 1 942 684 Belges qui seraient contraints de quitter le pays.
Cela représente deux fois la population totale de la Région Bruxelles-Capitale, deux fois la population de la province de Liège, ou 1,5 fois la population de la province de Hainaut ». (RTBF. Infos 19/09/2015)
11,6 millions de Syriens ont perdu leur logement ! Ça donne à réfléchir !

Face à autant de détresse, la solidarité s’exprime à travers deux teintes sur le sol européen.
Il y a celle du « cœur ».
C’est la main tendue des bénévoles, de celles et de ceux qui ne comptent pas qui donnent de leur temps, de leurs moyens, loin  de toutes ces palabres stériles qui évitent le regard de ceux qui n’en peuvent plus.
On les rencontre au coin des parcs et des abris, un panneau de bienvenue à la main, une main tendue pour donner, un cœur ouvert pour y offrir une place.
On les rencontre dans les associations et dans les ONG. Ils mettent en commun leurs petits moyens pour pallier à l’absence de décision ou à la volonté de ne pas en trouver émanent d’un monde politique « dépassé » par les évènements.
L’Européen a un grand cœur et il sait le manifester quand le besoin s’en fait sentir. Tant pis pour tous ces populistes et tous ces racistes de bas étages qui déversent une boue sans nom sur une détresse fabriquée.
S’ils estiment que tous ces étrangers sont une invasion de nos habitudes et de notre culture, qu’ils sachent qu’ils sont, eux, un cauchemar de notre société et une verrue sur notre nez. Nous pouvons suivre leurs traces lamentables dans l’Histoire !
Il existe aussi une deuxième teinte, celle plus insupportable de l’Europe politique.
Elle se perd en colloques et en réunions d’urgence. Elle se noie dans des prises de non-décisions. Elle affiche, au grand jour, des contradictions et des refus qui font honte à la conscience humaine.
Elle affiche un mépris humain et un égoïsme qui tue plus qu’un bombardement ou qu’une décapitation.
Une illustration de cette bestialité s’est affichée à l’aéroport de Bruxelles, ces jours-ci.
Nous y avons accueilli un avion A-380 des Émirats venant du Qatar. À son bord, des centaines de passagers luxueux venant de cette zone du monde qui n’est pas capable d’accueillir le moindre réfugié.
Pendant ce temps, l’État belge ouvrait des centres qu’ils n’avaient pas encore équipés, pour accueillir des miséreux de nos routes de honte, dans des conditions précaires.
Le monde politique qui dirige l’Europe libérale est nettement plus compétent quand il s’agit de sauver des banques, de venir renflouer un monde de l’entreprise assoiffé de bénéfices ou d’accueillir quelques réfugiés fiscaux ».
Que ce soit pour exclure les chômeurs, pour augmenter les prix selon les fantaisies de la libre concurrence, pour détruire la sécurité sociale, pour restreindre l’accès aux soins de santé …
Que ce soit pour gérer cette crise humanitaire sans nom …
C’est d’abord l’irresponsabilité qui s’affiche au grand jour : l’être humain ne l’intéresse pas !
La seule chose qui semble motiver nos politiciens, c’est de faire l’inventaire des diplômes et des compétences pour transformer un désastre humain en une opportunité économique.
Ce qui semble les faire rêver, c’est la reconstruction de l’Irak ou de la Syrie, au lendemain de la guerre, y puisant une manne inespérée et juteuse.
Si demain une implosion européenne devait défigurer notre vieux contient, ils  en seraient les seuls responsables, nous entrainant dans l’incertitude d’un « après » fait de haine et de violence.
Si demain, une radicalisation de tous ces désespérés devenait une réalité, ils en seraient les seuls responsables, loin des rêves les plus secrets des terroristes de l’État Islamique.
Si la démocratie est le moins mauvais des régimes, comme l’affirmait Winston Churchill, elle devient trop précieuse et trop fragile que pour la confier à ces rapaces qui prétendent nous diriger.
Citoyen, réveille-toi … Ton « cœur » est en danger !

Guy De Smet (19 septembre 2015 )


- 84 - LA MISÈRE DES CHIFFRES

Ce titre pourrait évoquer la misère d’un cancre qui n’a jamais pu voir dans les chiffres et dans les mathématiques une source d’épanouissement.
Une pensée toute particulière, en passant, pour tous ceux-là qui, cette semaine encore, affronteront ce cours qui fait leur terreur et leur pire cauchemar !
Ce n’est toutefois pas à eux que je pense en écrivant ces quelques lignes.
Je voudrais simplement faire écho à une citation attribuée à l’abbé Pierre : « Les hommes politiques ne connaissent la misère que par les statistiques. On ne pleure pas devant les chiffres ».
Nous pouvons le vérifier, au fil des jours, dans tous les discours de nos hommes et de nos femmes politiques.
En voici quelques exemples :
Quand ils parlent d’une reprise économique, ils évoquent « un frémissement ».
Tout semble aller mieux et ils ont l’air satisfaits de leur gestion, peu importe les dégâts subis par la population au jour le jour, peu importe le fossé grandissant entre les riches et les pauvres, peu importe la misère des sans-abris et de ceux qui n’en peuvent plus d’étouffer dans cette société.
L’attitude de notre premier-ministre est très éloquente dans ce domaine !
Un autre exemple est à trouver dans leur manière de ne pas gérer la crise des migrants.
Ils nous parlent de chiffres, de quotas, d’heures d’ouverture des guichets, d’un nombre de dossiers à traiter au quotidien, d’un nombre de places.
Si cela est une réponse adéquate à l’urgence, à l’ampleur de la tâche, cela ne semble pas les concerner.
Savoir, s’ils accepteraient un traitement identique n’entre pas dans leurs considérations.
Les contrôles qu’ils imposent à d’autres, mais qu’ils n’acceptent pas pour eux-mêmes en sont une preuve éloquente !
Ils argumentent avec le sentiment du travail bien fait, sans trop se soucier de l’action des bénévoles sur le terrain ou d’une simple présence à côté de ceux qui souffrent et qui sont épuisés.
Demander à la Croix-Rouge de déposer un kit de survie sur un lit de camp s’appelle pour eux « le devoir accompli » !
En écrivant cela, je me place dans les rangs de celles et ceux que Théo Francken considère comme des « déstabilisateurs » du gouvernement fédéral. Je m’inscris aussi dans la lignée  de ces « gauchistes » que De Wever fustigent comme des dangers pour la stabilité de l’État.
Quel honneur d’être insulté par ces rapaces, avides de carrière et de profit !
Les chiffres semblent suffire à leur autosatisfaction. Plonger sa main au cœur de la misère pourrait les atteindre et les salir.
Jusqu’au Roi qui sait prendre du temps pour participer, en famille, à la Journée bruxelloise sans voiture, mais qui n’éprouve pas le besoin de rencontrer celles et ceux qui frappent, le cœur rempli de détresse, à la porte du pays … à moins qu’une interdiction gouvernementale ne plane sur lui !
Un exemple encore qui en dit long sur cette manière politique de percevoir la réalité : il s’agit de l’évaluation du nombre des chômeurs.
Le chiffre du chômage est à la baisse, se plaisent-ils à nous dire. Leur politique doit donc être excellente et « tout va très bien Madame la Marquise ! »
Eux qui aiment tant les chiffres oublient de citer ceux des files devant les CPAS ou encore ceux des exclus des allocations ou ceux de ces sans-abris qui semblent n’intéresser que quelques bénévoles – probablement très gauchistes ! -
Où est le ministre de l’emploi qui prendra la peine de partager – ne fusse que quelques instants - le quotidien d’un chômeur et de sa famille ?
Où est le ministre qui acceptera de "vivre" avec les moyens que sa politique laisse aux privés d’emploi ?
Où est le ministre qui acceptera de dire qu’un seul chômeur, une seule personne privée d’avenir est une honte pour une société égoïste et froide ? Non seulement le dire, mais agir pour lutter contre de telles situations ?
Où est le responsable politique qui acceptera de faire une priorité d’un peu d’humanité, loin des statistiques et loin des normes européennes ?
Je ne résiste pas à l’envie de citer l’exemple des soins de santé.
Magda De Block, que le Belge, tel un chien aimant être battu, place en tête des sondages de satisfaction, se complait dans des chiffres élogieux sur sa politique dans ce domaine. Elle l’avait fait hier dans sa politique de l’immigration !
Sait-elle que des hommes, des femmes et même des enfants évitent de passer par la case "médecin", devenue impossible dans leur budget?
Sait-elle que des citoyens, confrontés aux fins de mois difficiles, repoussent une hospitalisation impossible et hors de prix ?
Sait-elle qu’une « maladie orpheline », avant de savoir si elle est compatible avec les normes qu’elle a établies, est avant tout une condamnation à mort d’un être humain ?
À moins que tout ce tissu humain soit moins important que les impératifs d’un budget ou de quelques avantages à offrir à une industrie pharmaceutique ou médicale !
Et nous pourrions continuer cette énumération de l’arrogance politique, en évoquant les transports, la Justice, l’état des routes ou encore l’enseignement. Nous y découvririons, à chaque fois, que l’homme n’y est considéré qu’en termes froids, virtuels et mathématiques.
Cette manière de faire s’inscrit dans le droit fil d’un libéralisme économique qui à d’autres priorités que le social et l’humain.
Cette manière de gérer le monde se veut une justification de l’asservissement de l’homme au dieu Argent … pour le plus grand bonheur de quelques riches véreux qui en profitent.
Cette manière d’occuper une place dans la gestion de la Cité  est une honte et un scandale, car elle a oublié le service de l’Homme qui est sa seule raison d’être.
Au nom des valeurs de nos sociétés, au nom des impératifs des religions, des philosophies et de la pensée humaine, nous ne pouvons tolérer de tels comportements, ni nous laisser assourdir par de telles déclarations.
L’homme n’est pas un chiffre !
L’homme n’est pas un instrument au service d’un succès électoral !
L’homme est plus important qu’un projet de société basé sur l’argent et sur le profit.
L’homme a un cœur, une vie. Il rit, il pleure. Il fait des rêves. Il est habité par des aspirations légitimes au bonheur. Il mérite le respect de sa dignité et de son courage. Il a droit à une qualité de vie !
Le laisser sur le bord de la route est un crime commis, aujourd’hui comme hier, en toute impunité, par celles et par ceux qui dirigent nos pays !
Quand prendrons-nous conscience, que mettre fin à ce désastre dépend de nous … et seulement de la volonté de chacune et de chacun d’entre nous ? 
« Yes, We can », disait, il n’y a pas si longtemps un président des États-Unis !

Guy De Smet (21 septembre 2015 )


- 85 - FLAMAND, MON FRÈRE !

Flamand d’origine et chrétien de cœur, il m’est impossible de rester sans voix face aux déclarations racoleuses et insultantes de Bart De Wever et d’autres suppôts de sa clique NV-A.
Depuis quelques semaines, les dirigeants de ce parti ne sont pas avares de déclarations fortes concernant l’accueil des migrants dans nos pays démocratiques.
Au nord de la Belgique, depuis quelques temps, la situation du parti nationaliste est devenue inconfortable. Le  désastre socio-économique n’y est pas pour rien !
Un pourcentage non-négligeable d’électeurs retourne à leurs anciennes amours : le Vlaams Belang.
Les promesses électorales avaient été très fortes, au point que la Flandre rêvait déjà de mettre en place les fondations de sa République. Ne s’agit-il pas là d’un des éléments constitutifs de la NV-A. Il faut trouver un mandataire libéral, aujourd’hui Premier-Ministre, pour ne pas s’en  apercevoir ou pour ne pas savoir lire les statuts du parti !
Les Flamands aussi souffrent de la crise sociale imposée … ils savent même à cause de qui leurs moyens sont en baisse !
Ils connaissent aussi des difficultés pour boucler les fins de mois. Le chômage, dans de moindres mesures, fait aussi son œuvre chez eux.
Bart De Wever s’est donc mis en chasse pour récupérer des électeurs. Pour se faire, il se tourne vers des citoyens qui semblent avoir été déçus par sa politique. L’extrême-droite est redevenue son terrain de chasse privilégié.
Ce faisant, il se place dans les traces de ses illustres prédécesseurs du VMO et d’autres mouvements nationalistes, trouvant dans ces groupes radicaux, une arme de combat.

Aujourd’hui, Bart De Wever et ses sbires ont donc revêtu leur tenue de résistance.
Lors d’un cours inaugural à l’Université d’État de Gand, le leader flamand n’a pas été avare de déclarations chocs.
Je vous en rapporte quelques-unes, dans le sillage de RTBF infos : selon lui, « l’Europe est un navire qui avance sans compas ». Il lui faut donc une Europe « à la carte ».
Celle qui lui sert de justificatif à ses décisions économiques et sociales, celle qui permet de plonger une partie de la population dans la précarité et dans l’austérité, ce serait là une Europe au menu appétissant.
Celle qui l’obligerait à ouvrir les frontières à des « pseudo-réfugiés » qui ne parlent même pas le néerlandais, celle-là, par contre, serait amère et « naïve ».
Dans ses propos, il s’attaque aussi au « printemps arabe » qui aurait laissé place bien vite à un « hiver arabe ». Il relègue la faute sur le dos de «démocrates qui ne se seraient pas imposés en Lybie ou encore en Égypte ».
Il est vrai qu’un bourgmestre qui arme sa police anversoise jusqu’aux dents, qu’un mandataire pour qui la discrimination est une manière d’agir au quotidien, semble bien placé pour donner des leçons de démocratie !
Ne pas évoquer son silence, lors des bombardements ou des incidents dans ces pays  serait, aujourd’hui, oublier une bien grande lâcheté.
En chemin, il égratigne la Turquie, dont le responsable « Erdogan a laissé entrer les migrants en Europe »
La Turquie, pour celles et ceux qui l’auraient oublié, c’est ce pays dont l’Europe refuse l’adhésion, dont l’OTAN se sert quand elle en a besoin et qui, logée aux portes de la guerre, voit débarquer sur son sol un flux continu de détresse humaine.
Reniant son allié historique d’hier et d’aujourd’hui, l’Allemagne, De Wever se lance dans des propos à vomir : « Angela Merkel n'a pas seulement invité les réfugiés en Allemagne, mais partout en Europe. Et la perspective de ceux-ci, c'est une immigration économique ».
Se réfugiant derrière un masque qui aurait plu à Molière, il fait sien pour justifier sa rancœur, l’argument du pire des populiste : « Ma cassette ! ».
Il n’hésite pas, à mépriser, dans une même logorrhée,  le migrant perdu dans sa peur et une allocataire sociale qu’il a plumée : « Nous recevons des courriers nous disant : `ma grand-mère est dans une maison de repos, ses factures sont élevées, elle reçoit une petite pension. Et pendant ce temps, les réfugiés reçoivent 60 euros par jour. Ma grand-mère doit-elle aussi être une demandeuse d'asile ? ´»
La démagogie semble avoir de beaux jours en perspective !
Mais ces préliminaires n’étaient rien face à l’agressivité qu’il allait déballer.
Notre « naïveté » devient alors son cheval de  bataille !
« Quand le bâtiment du WTC a été mis à disposition des réfugiés, certains ont dit que le bâtiment était inaccessible ou trop loin. OK. Donc, si je comprends bien, ces personnes ont effectué des milliers de kilomètres, ils ont trouvé notre pays. Mais pour trouver un bâtiment juste à côté, c'est impossible ! » Ironie, quand tu deviens cynisme !
Ou encore : « Un sur cinq est Syrien. Les autres ne sont pas Syriens. La moitié sont des Irakiens et la majorité proviennent de Bagdad. À Bagdad, il n'y a pas la guerre, ni l'État Islamique. Ce n'est peut-être pas "the place to be". Mais il y a plein d'autres de "place not to be" dans le monde. »
Pour justifier ses propos, il n’hésite pas, en bon populiste, à s’appuyer sur nos craintes et sur nos angoisses. Pour ce faire, il n’hésite pas à viser des hommes et des femmes bien concrets : « Des enfants scolarisés qui ne parlent toujours pas le néerlandais ». « Des femmes qui veulent nager en burkini dans toutes les piscines ("nous n'en voulons pas"). « Le gay-bashing en recrudescence ("un retour en arrière" sur les droits des homosexuels). « Des jeunes de la troisième, quatrième génération qui sont fiers de se déclarer allochtones ».
Et pourquoi s’arrêter en aussi bon chemin : « Nous n'avons pas un problème avec l'Islam, mais il y a un problème dans l'islam ».
Des formules qui font mouche dans l’opinion.
Elles ne doivent toutefois pas nous voiler la face. La mise en place des droits et des devoirs d’un État de droit est une compétence de nos mandataires publics ! À eux de le faire correctement, en respectant la volonté des citoyens et les accords internationaux ! Il est vrai que Monsieur De Wever conteste aussi ces accords internationaux !
En  dictateur de grand cru, il s’en prend alors à la presse. Il lui reproche de créer « un sentiment de culpabilité ». C’est ce qu’il dénonce, avec la même vigueur, dans l’opposition syndicale ou populaire, manifestée à l’encontre de son gouvernement et de ses mesures sociales.
Pour étayer sa position, il a plaisir à revenir sur la photo du petit Aylan « mort par plaisir » sur une plage de Turquie : « Fuyait-il la guerre avec sa famille ? Non, la famille vivait à Istanbul, dans la sécurité. Pourtant, on nous a dit le contraire. »
Pour terminer, un dernier coup de bave immonde qui lui permet de s’en prendre à cette Europe qu’il utilise quand il en a besoin et qu’il fustige quand il la sent oppressante pour sa république de Flandre : « Schengen est cliniquement mort. Il faut refermer les frontières extérieures de l'Europe ! »
Un dernier petit coup de poignard, pour endormir son électorat : « Il y a une différence à faire entre les droits de l'homme et les droits du citoyen. (...) Je suis prêt à aider tout le monde. Mais l'intérêt général me pousse à être raisonnable. » Ah ! Les bons sentiments !
Et enfin le bouquet final, dans une mise en question de l’Europe qu’il déteste, sauf quand elle sert ses intérêts : « L'Europe doit changer. C'est tout le navire qu'il faut remplacer ».

Face à autant de graines de haine et de racisme, j’ai peur pour mon pays et pour l’homme, noyé dans ses espérances et dans ses angoisses.
Face à autant de dénis de démocratie, j’ai peur pour notre avenir et pour notre soif de liberté et de justice.
Face à autant de mépris pour l’être humain, j’ai peur pour celui ou celle qui ploie sous le poids d’une existence devenue insupportable – qu’il soit belge ou étranger -.
De tels propos font naître chez moi une colère et une honte indéfinissables.
De Wever est une honte pour celles et pour ceux qui ont laissé leur vie, leur dignité et qui se sont sacrifiés pour la Flandre. Ils avaient un idéal, celui d’un pays libre et fraternel. Ils s’y sont donnés, corps et âme, pour être trahis aujourd’hui par les vomissures de ce leader flamingant, symbole des « courageux d’après-guerre ». Ils ont été condamnés par la Justice belge pour incivisme et collaboration, sans que l’on ne tienne compte du climat créé par des  pourfendeurs de l’injustice causée par « des francophones sans Foi, ni loi ». L’heure était à la vengeance. Jamais, ni les condamnés, ni leurs familles, n’ont reçu de ces « parvenus du nationalisme flamand » le moindre geste de compassion ou de soutien !
De Wever est une honte pour ces milliers de citoyens belges, qui, durant la dernière guerre ont été poussés sur les routes de l’exil.
Eux aussi fuyaient la guerre.
Eux aussi se transformaient en réfugiés économiques, profitant des cœurs ouverts de celles et de ceux qui les accueillaient.
De Wever appartient à cette génération d’après-guerre qui peut disserter, jouir d’une prospérité retrouvée et regarder de haut ce que fut le quotidien de nos ancêtres. Cette ignominie ne lui coûte pas cher ! Elle relève cependant de la malhonnêteté intellectuelle propre aux sales gosses de riches !
De Wever est un honte pour ces saisonniers flamands qui, comme mon grand-père, sont venus travailler sur les terres wallonnes, espérant y trouver quelque monnaie de plus pour assurer leur survie familiale au quotidien.
Il est une honte pour tous ces Flamands qui se sont intégrés en Wallonie, y apportant leur travail et leurs efforts pour créer une bonne entente et une solidarité complice.
De Wever est une honte pour nos trois couleurs nationales qu’il a accepté de  servir en formant ce gouvernement que nous supportons. Le Rouge du sang et le Noir du deuil font partie des terrains de nos destinées. Ils prennent aujourd’hui – qu’il le veuille ou non – le visage de ces milliers de familles dispersées sur les routes du monde, comme de tous ceux qu’il a réduit à l’exclusion.
Notre drapeau ne sert pas qu’à assouvir sa soif de pouvoir ou sa chasse aux électeurs. Il est le signe d’un service fait d’accueil et d’humilité pour qu’un jour le Jaune de nos couleurs nationales irradie la face de chaque citoyen et de tout qui frappe à la porte de notre pays.
De Wever est une honte pour la Flandre. Il est loin de l’esprit libre et ouvert de Tyl Uylenspiegel ou du « Witte » d’Ernest Claes, loin de celui d’Hendrik Conscience, de Max Havelaar ou de Guido Gezelle qui ont donné leurs lettres de noblesse faites de générosité et de don de soi, loin de la tendresse et de l’humanité de Will Tura ou du groupe Yevgueni qui font les reflets arc-en-ciel de ce « plat pays  qui est le mien ».
Flamand, mon frère, relis ton Histoire. Imprègne-toi du courage et de l’audace de tes ancêtres.
Épouse sa main tendue et sème ce que tu as reçu.
Ne te laisse pas enflammer par ces opportunistes qui te méprisent et qui t’utilisent selon le vent de leur soif de pouvoir. Demain, si le vent tourne, ils te renieront !
Jette loin de toi le manteau d’opprobre et de déjections dont il couvre tes beaux rivages de Flandre.
Reste à la hauteur de tes rives ouvertes sur le monde, celles que chantait Jacques Brel « Mijn platte land, mijn Vlaanderland » !

Guy De Smet (23 septembre 2015 )


- 86 - LA HONGRIE OU LE MARTYRE OUBLIÉ

Oublier les leçons de l’Histoire est le pire autisme qui peut frapper un pays. De là naissent des rancœurs, des replis sur soi, des conflits qui deviennent comme autant de plaies béantes dans la conscience d’une nation.
Cela me semble être l’aventure qui secoue la Hongrie, aujourd’hui.
Monsieur Orban, Premier-Ministre de ce pays, nous assomme régulièrement de déclarations et d’actes dignes de sa Droite ultraconservatrice et nationaliste.
Selon lui, les migrants qui nous arrivent, musulmans dans leur majorité, sont une véritable menace pour l’identité chrétienne de l’Europe : « Il ne faut pas oublier que ceux qui arrivent (...) sont les représentants d'une culture profondément différente (…) dans leur majorité, ce ne sont pas des chrétiens, mais des musulmans. C'est une question importante, car l'Europe et l'identité européenne ont des racines chrétiennes ».
Il se sent obligé d’insister : « N'est-ce pas déjà en soi préoccupant que la culture chrétienne de l'Europe ne soit quasiment plus en capacité de maintenir l'Europe dans le système de valeurs chrétiennes ? Si l'on perd cela de vue, la pensée européenne peut se retrouver en minorité sur son propre continent ».
À ses dires, il ajoute des gestes forts comme l’érection d’un mur de fils barbelés à sa frontière ou encore l’autorisation donnée à son armée d’utiliser des armes à feu (non mortelles) contre les migrants. Il doit s’agir là d’une valeur chrétienne dont on ne nous avait pas encore parlé !
Lors de la récente acceptation d’un nombre de réfugiés par la majorité des pays européens, la Hongrie s’est enfermée dans son rejet, habillé d’égoïsme nationaliste.
Cette situation paradoxale a titillé ma curiosité et je me suis lancé dans une lecture étonnante de l’Histoire hongroise.
Tout au long de son cheminement au cours des âges, ce pays a vécu au rythme des invasions et de la barbarie qui les accompagnait.
Jusque dans des temps récents, l’angoisse et la peur se sont installées en lettres de sang dans le vécu des citoyens.
Une année symbolique  récente pour la Hongrie, c’est 1956. Elle s’est inscrite à jamais dans les souffrances d’un peuple.
Cette année-là est marquée par une insurrection populaire qui sera matée de main de fer par le pouvoir soviétique.
Ouvriers, étudiants, intellectuels allaient unir leurs forces de persuasion pour combattre une idéologie communiste destructrice.
Une répression d’une rare violence allait être la réponse, offrant au peuple ses héros et ses martyrs.
Les chars soviétiques allaient arrêter l’insurrection de Budapest et plonger le pays sous une chape dictatoriale incroyable.
À l’époque déjà, les autorités internationales n’arrivaient pas à s’écouter ou à s’entendre. D’autres enjeux, comme le golfe de Suez, étaient le centre des préoccupations.
« Des milliers de Hongrois furent arrêtés. 26.000 Hongrois furent amenés devant les tribunaux, 22.000 d'entre eux furent condamnés, 13.000 emprisonnés et il y eut des centaines d'exécutions. Des centaines furent également déportés en Union Soviétique. L'ancien ministre des Affaires étrangères parla de 350 exécutions. Environ 200.000 Hongrois quittèrent le pays. Des actions de résistance armée et des grèves organisées par les conseils ouvriers continuèrent jusqu'au milieu de l'année 1957 et causèrent des perturbations économiques. La plupart des prisonniers politiques issus de la révolution de 1956 furent libérés avant 1963. » (Wikipédia)
La détresse des réfugiés hongrois allaient soulever un élan de solidarité important qui permettrait à ces rescapés de s’installer dans nos régions … jusque dans notre Belgique où ils furent les bienvenus !
Le 1er mai 2004, ce pays, tout comme la Pologne, la Slovaquie et la République Tchèque feront leur entrée dans le giron européen : aubaine de taille après la chute attendue du bloc soviétique.
Ce petit rappel historique me semblait important pour éclairer la situation de la Hongrie d’aujourd’hui et sa position face aux migrants.
Qu’auraient fait les 200.000 réfugiés hongrois si nous avions fermé les frontières de l’Occident ?
Qu’auraient fait ces hommes, ces femmes, ces familles, si nous avions équipé nos armées de fusils pour les pourchasser ?
Qu’auraient fait ces Hongrois intégrés chez nous, si au lendemain des événements, nous les avions renvoyés dans leur pays sans aucune considération pour ce qu’ils étaient et ce qu’ils réalisaient ?
Depuis lors, au lendemain de la fin du désastre soviétique, l’Europe leur a ouvert les portes de ses assemblées et les robinets de ses subventions.
Aujourd’hui, leurs dirigeants semblent accepter le beurre, mais ils rejettent énergiquement l’argent du beurre. Ils acceptent l’argent des dotations, mais ils refoulent les obligations qui en naissent  comme celle de la solidarité et du partage.
Seraient-ils de lointains cousins du peuple d’Israël qui a fait d’une persécution une source de profits et d’inhumanité ?
Seraient-ils de ces peuples qui ont oublié leur écrasement, faisant de la détresse humaine un détail de l’Histoire ?
Aujourd’hui, tout comme Israël, ils me semblent mériter une leçon qui est à notre portée.
Le boycott de leurs produits ou encore de leurs destinations de vacances est la fessée que nous pourrions leur donner.
Des sanctions économiques et politiques, c’est le moins que nous puissions espérer des dirigeants européens, alors qu’ils sont en quête d’une âme.
L’accueil de la détresse d’un être humain s’impose à notre conscience comme un devoir.
Dans ce domaine, ne l’oublions jamais, il y a tellement plus de joie à donner, qu’à recevoir.

Guy De Smet (23 septembre 2015 )


- 87 - LE DIVORCE D’UN PEUPLE

Deux événements peu anodins se télescopent dans l’actualité de ce week-end.
D’une part, des milliers de personnes viennent de manifester dans les rues de Bruxelles. Elles exigent « un accueil digne des droits humains pour les réfugiés ainsi que des mesures contre les réactions racistes et xénophobes ».
D’autre part, cette espèce de honte fédérale qui occupe le secrétariat chargé de l’immigration, Théo Francken, se lance, avec l’appui du gouvernement, dans une campagne de publicité sur Facebook pour « dissuader les réfugiés de venir en Belgique ».
Les premiers rappellent à l’opinion publique que « Aujourd'hui, plus de 50 millions de personnes de par le monde fuient la guerre, la violence et les persécutions ».
Les organisateurs de la marche insistent sur un fait indéniable : « Des hommes, des femmes et des enfants qui mettent leur vie en danger pour quitter leur pays à la recherche de protection et de sécurité. En chemin, ces réfugiés sont continuellement confrontés à toutes sortes de barrières et d'obstacles et leurs droits les plus fondamentaux sont systématiquement foulés aux pieds. Partout en Europe, des gens n'acceptent plus la souffrance des réfugiés et témoignent de leur solidarité. »
Notre « irresponsable politique », lui, par contre, met l’accent sur un danger pour sa ligne économico-libérale : « La plupart des demandeurs d'asile ne sont pas des réfugiés syriens, pas des parents avec des enfants, mais sont des Irakiens » 
Il s’agit principalement d’hommes seuls. Ils semblent venir en majorité de Bagdad, où ne règnerait aucune violence. Ils ont dès lors très peu de chance d’obtenir un statut de réfugiés en Belgique.
Ce pays n’aurait donc pas été assez détruit par les forces occidentales !
« Venir en Belgique ne donne pas en soi droit à des papiers et à un titre de séjour permanent ».
Sommes-nous si sûr que c’est cela qu’ils demandent à longue échéance ?
Deux voix qui s’opposent !
D’une part, celle d’un peuple généreux qui, malgré les injustices sociales que lui imposent ce gouvernement libéral, a envie de s’investir et a envie que « son argent », celui de ses impôts soit utilisé pour « créer » une humanité solidaire.
Ce peuple en a assez de voir son argent se perdre dans des méandres politiques indécents qui, de dotations en avantages pour des nantis ou encore en primes pour politiciens, prennent trop souvent le couvert d’une corruption qui s’ignore.
D’autre part, il y a la voix du monde politique, incarnée par ce suppôt de l’innommable, Théo Francken. Ce qui importe, c’est sa ligne politique. Ce qui a du prix, c’est la rentabilité du monde de l’entreprise ou encore les contraintes budgétaires européennes ou encore l’accueil de quelques réfugiés fiscaux nettement plus rentables, comme Depardieu ou Sarkozy.
Ces voix ne s’entendent plus. Elles ne s’écoutent plus. Cela s’appelle un déficit démocratique.
En Belgique, c’est le peuple qui est souverain et le gouvernement est au service de cette souveraineté … à moins que cet article constitutionnel ne soit qu’à destination de l’un ou l’autre cours de citoyenneté !
Il aura fallu trois mois (!) pour que le Roi, libéré des contraintes de ses ministres,  trouve le temps de rejoindre, quelques instants, la misère de ces réfugiés !
C’est là tout le symbole d’un intérêt et d’une priorité politiques !
Le jour de la manifestation, j’ai été abordé par un supporter de la famille politique au pouvoir, religieux de surcroît. Dans la ligne de pensée de son parti, sa colère concernait les migrants réduits à l’étiquette de réfugiés économiques.
Il se plaisait à stigmatiser certains comportements de ces hommes, refusant de la nourriture parce qu’elle ne leur convenait pas ou des vêtements parce qu’ils n’étaient pas neufs ou encore des abris qui ne correspondaient pas à leurs attentes.
Réfugiés politiques ou réfugiés économiques, ils viennent de régions détruites par la guerre, par la violence, par la misère, par un horizon bouché.
La plupart de leurs pays sont les terrains de chasse économiques de l’Occident. Pétrole, sous-sols, matières premières, travail d’esclaves … tout est bon pour subvenir à la soif de richesses de quelques avares gloutons, nostalgiques de la période coloniale !
Eux aussi aimeraient profiter d’une vie meilleure et d’une chance à proposer à leurs enfants. Ne ferions-nous pas comme eux ?
Pourquoi n’auraient-ils pas le droit de venir la saisir chez nous qui aimons tant nous vanter de nos progrès technologiques industriels et autres ?
À travers leurs missions économiques, nos pays aiment vanter leur Eldorado, souvent construit sur le dos de populations miséreuses, pour le plus grand bonheur de quelques magnats de l’entreprise. L’activité textile en est une illustration brillante !
Et si aujourd’hui, il était devenu insupportable de creuser ce fossé entre riches et pauvres ?
Si aujourd’hui, il était devenu insupportable de voir l’exploitation de l’homme par l’homme être un outil de développement économique ?
Si aujourd’hui, la révolte des pauvres devenait ce long cortège des pauvres avides, eux aussi, d’une part du gâteau ?
Cette réalité, nos dirigeants politiques n’en veulent pas. Ce qui importe, c’est de se développer, de s’enrichir toujours plus, peu importe les moyens.
Ils viennent d’en donner un signal probant au cours du même week-end !
Quand la bière belge s’allie à la bière anglaise pour former un grand groupe financier, notre gouvernement est sur la brèche.
Quand il y a risque de délocalisation et donc perte de revenus pour l’État, nos politiques ont des milliards à dépenser. Ils nous avaient déjà fait le coup pour sauver les banques ou encore pour accueillir quelques fraudeurs de luxe français.
À chaque fois, il paraît que c’est pour notre bien !
Mais voilà ! Le peuple ne veut plus de cette politique égoïste.
Il ne veut plus que la misère se définisse dans des catalogues de l’acceptable ou de l’inacceptable.
Une souffrance humaine est une souffrance de trop !
Un homme perdu sur les routes de l’égoïsme humain est une victime de trop d’une société qui tourne de travers.
L’éclipse totale de la lune que nous venons de vivre est un symbole de cet insupportable qui mobilise, aujourd’hui, des hommes et des femmes de bonne volonté que quelques sclérosés de la politique qualifieront de « gauchistes ».
Cette nuit, la lumière du soleil qui se reflétait dans la beauté de la lune a été éclipsée  par la noirceur de la terre.
La lumière du soleil qui ne cesse d’éclairer avec bienveillance grands et petits a été obscurcie par les ténèbres d’une terre, sur laquelle égoïsme et course à l’argent ne cessent de faire ses victimes au quotidien.
La terre a dû faire mouvement pour qu’à nouveau la lumière règne en souveraine.
Hier, des hommes et des femmes ont fait bouger la terre pour que la simple idée de la lumière d’une solidarité et d’une justice s’impose.
Un grand moment dans le combat pour les droits de l’homme !
Au terme de ce billet, mes yeux se braquent sur Théo Francken et sur ses comparses.
Je leur souhaite, à eux et à leurs familles, d’être confrontés concrètement, un jour, à la misère et à la faim.
Je leur souhaite de se retrouver, un jour, sur les routes de l’exil et de n’y rencontrer que l’égoïsme des riches et des exploiteurs.
Je leur souhaite de devoir vivre l’angoisse d’être en péril sur la précarité d’un canot gonflable, perdu dans l’hostilité de l’océan.
Je leur souhaite de devoir dire « non » aux souhaits légitimes de leurs enfants, parce qu’ils ne peuvent plus faire face.
Je leur souhaite de devoir troquer l’or de leurs maisons et de leurs palais, contre la froideur d’une tente, fusse-t-elle plantée dans un hangar.
Aujourd’hui, sur les routes de leurs plans socio-économiques, nous sommes tous des RÉFUGIÉS.

Guy De Smet (28 septembre 2015 )


- 88 - POUVONS-NOUS ACCUEILLIR TOUT LE MONDE ?

S’il y a une question à laquelle je refuse de trouver une réponse, moi le simple citoyen lambda, c’est bien celle-là. J’en resterais volontiers à celle que moi, je suis capable accueillir.
Pourtant, cette question se trouve au cœur d’un vaste débat qui divise la société occidentale et riche.
Elle se dit à travers différentes expressions :
« Nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde »
« Il n’y a déjà pas assez de moyens pour aider les nationaux, pour leur fournir du travail … alors ces étrangers »
« Ouvrir la porte aux migrants, c’est jouer le jeu de l’État islamique et ouvrir nos portes aux terroristes »
« Accueillir les hommes seuls, c’est accueillir leurs familles demain »
« Ils viennent profiter de notre sécurité sociale »
« Il viennent nous imposer leur culture et leurs us et coutumes »
Et nous pourrions poursuivre ces slogans qui fleurissent sur les réseaux sociaux et qui font aussi la une de nos conversations.
Une chose est sûre, aujourd’hui des millions d’hommes et de femmes ont fui leurs maisons, leur soif avenir et d’espérance.
Ils sont des millions à vivre dans l’inconfort de tentes et de camps ou à côtoyer l’insécurité des routes de l’exil.
Ils sont des millions à fuir la guerre, la misère, la faim que le monde des riches, des cotations et des bourses laissent s’étendre sans s’émouvoir.
Ils sont des millions à rêver d’un monde meilleur, à tendre les mains en quête d’un peu de solidarité.
Ils sont seuls. Ils sont jeunes ou enfants. Ils sont âgés et faibles.
Ils sont des réfugiés politiques ou encore économiques …
Elles sont des femmes, des mamans, des vieilles et elles ont dû partir précipitamment.
Sont-ils terroristes ? Sont-ils des agents de l’expansion de l’État islamique ? Sont-ils un danger pour la culture de L’occident ou encore pour notre vivre ensemble ?
Sont-ils des hommes et des femmes qui ont vu tout s’écrouler autour d’eux, au point de ne plus avoir rien à perdre ?
Sont-ils des profiteurs ? ... Il doit y en avoir comme il y en a dans les citoyens nationaux !
Viennent-ils s’implanter chez nous ou sont-ils en attente de jours meilleurs sur leurs terres baignées de soleil ?
Sont-ils en recherche d’une main qui se tend, d’un peu de compassion et de portes qui s’ouvrent sur un avenir plus juste ?
Bien des questions … et à notre niveau de citoyens lambda, nous n’avons guère de réponse, si ce ne sont celles que fournissent une déferlante des médias qui nous assènent d’informations et de propagande.
Alors, faut-il jeter l’enfant avec l’eau du bain ?
Une chose est sûre : ils sont là sans l’avoir voulu et sans que nous nous y attendions.
Ils ont un visage. Ils connaissent la détresse. Ils sont les cibles de nos quolibets et de nos politiques de « quotas ». Ils sont les exutoires de nos racismes et de notre xénophobie.
J’aimerais simplement reprendre deux peurs qui s’expriment dans la mouvance raciste qui s’installe.
« Il y aurait des terroristes parmi eux ! »
Il nous faut constater que la majorité des attentats perpétrés en Occident ont été le fait d’occidentaux convertis à l’Islam ou  de nationaux de deuxième ou de troisième génération. Un mal-être des banlieues qui nous éclate à la figure !
Au départ de ces individus, nous nous sommes lancés dans un amalgame qui désespère.
À suivre notre nouvelle logique paranoïaque, plus aucune équipe de football ne serait en mesure de nous assurer le spectacle !
Tous les Musulmans seraient des « terroristes » et s’en protéger deviendrait une nécessité. Le Coran serait de la dynamite laissée aux mains de fanatiques déboussolés. Les femmes voilées seraient une menace d’obscurantisme et une négation de nos combats féministes.
Certes, il doit y avoir des voyous parmi eux … tout comme chez nous, il y a ce lot de parasites et de violents qui cassent par plaisir et qui tuent sans raison !
Et si, à l’instar du renard et du Petit Prince, nous faisions un pas pour nous « apprivoiser » et pour partager nos richesses culturelles et autres ?
Que nous le voulions ou non, la planète n’est pas la propriété des Occidentaux. Elle est un doux mélange de couleurs et d’aspirations, chances pour la paix et pour la solidarité.
Une autre réplique cinglante dans nos bouches : « Ils viennent manger le pain des Belges » ou encore « ils viennent profiter des avantages de nos sécurités sociales ».
Il est vrai qu’aujourd’hui, il n’y a pas de travail pour tous les Belges. Sommes-nous prêts, pour autant, à partager le travail et à gagner moins ?
Il est vrai qu’aujourd’hui, la vie coûte cher et que les fins de mois sont difficiles. Sommes-nous prêts à mettre en commun nos peu de moyens ?
Il est vrai que les soins de santé ne sont plus accessibles à tout le monde. Sommes-nous prêts à nous battre pour inverser la vapeur ?
À qui la faute ?
Aux étrangers qui vivent chez nous, paient des impôts, vivent de leur travail ?
Aux riches toujours assoiffés de plus de richesses ?
Au patronat qui n’embauche pas et aux syndicats qui restent sans voix ?
À la finance qui débloque et aux banques qui profitent du système ?
Aux politiques qui ne rêvent que de rentabilité et de compétitivité, roulant pour un actionnariat toujours plus exigeant, du moment qu’il leur soit possible de faire carrière ?
Aux chômeurs qui profitent du système et à qui il faudrait rendre le goût du travail ?
Et si nous apprenions à balayer devant notre porte ?
Nous ne voulons pas de l’étranger … mais acceptons-nous d’ouvrir notre logis  au sans-abri d’origine belge qui grelotte à la croisée de nos rues ?
Nous ne voulons pas  du réfugié … mais cherchons-nous à entrer en dialogue avec le jeune belge dont la violence ou l’habillement fait peur ?
Nous imposons des parcours d’intégration … mais sommes-nous prêts à tendre la main et à partager avec les exclus de nos vies en société : les chômeurs, les vieux, les femmes, d’origine nationale ?
Nous craignons le terrorisme … mais sommes-nous prêts à lutter contre celui que nous imposons aux autres par nos poubelles jetées le long des autoroutes, que nous imposons par le bruit de nos soirées débridées, que nous imposons par notre gaspillage sordide ?
Nous craignons pour nos retraites ou pour la qualité de notre nourriture … mais ne sommes-nous pas les premiers à « râler » contre les inconvénients d’une grève ou d’une manifestation ?
Nous entrouvrons à peine notre porte lors de collectes de jouets ou de vivres  – que d’enfants qui pourraient en témoigner - Accepterions-nous d’être rejetés au nom de notre pauvreté ?
Alors, migrants ou nationaux ne sont-ils pas de trop, simplement quand ils vivent une difficulté et parce qu’ils sont pauvres ? Notre « moi-je » n’est-il pas à ce prix ?
Personnellement, je préfère faire le choix de l’humain.
Je laisse aux autorités de mon pays le choix des critères d’acceptation fixés par la Loi, afin que la convivialité et le partage ne deviennent pas un risque d’intolérance et de violence fanatique. Je m’insurgerai contre leur laxisme !
Ouvrir sa porte comporte toujours un risque. Le plus périlleux restera toujours le risque d’aimer. 

Guy De Smet (28 septembre 2015 )


- 89 - CALIMERO EN POLITIQUE

Il y a des propos et des attitudes de responsables politiques qui sont incompatibles avec le sens du service et de l’humanité qui doit motiver leur action.
« L’affaire des migrants » est une de celle qui me semble donner libre cours à des comportements en totale opposition aux valeurs judéo-chrétiennes, à la base de notre société occidentale.
Théo Francken, encore lui, vient d’étaler, une fois de plus, au grand jour son cynisme dans ce domaine.
La détresse des candidats-réfugiés, avant d’être un chancre pour une Europe qui aime gagner, avant d’être un étalement de statistiques et de chiffres, avant d’être un objet pour des mesures administratives froides et politiciennes, elle est avant tout un drame humain.
Des millions d’hommes,  pour des raisons de sécurité et de misère se retrouvent perdus sur les routes d’un exil forcé, loin de leurs points de repère, loin de raisons de croire en un avenir possible.
Pour le secrétaire d’État à l’immigration, elle est une source de polémiques, de propos injurieux et d’attitudes de sale gosse.
En deux jours, il a ainsi pu étaler au grand jour une inhumanité qui ne fait pas honneur ni à sa fonction, ni au pays qu’il dit servir.
Il faut dire qu’il vient de produire ses réactions lors d’un voyage en Afrique du Nord. Il a dû y voir beaucoup d’étrangers, de surcroît Musulmans, et, peut-être même, de futurs candidats-réfugiés ! À la place des habitants de ces pays, je me mettrais bien à trembler. La couleur de leur peau, leur religion, leur situation sociale risqueraient bien de devenir une raison d’expulsion !
Sur Facebook, il a, une fois de plus, étalé sa colère et sa cupidité : « D'abord, "ils ne connaissaient pas le chemin du WTC III", l'Office des étrangers a distribué des petits plans, puis "il n'y avait pas de sanitaires", la Défense et la Croix-Rouge ont prévu 16 douches, ils se sont plaints "de ne pas recevoir à manger", la Croix-Rouge a donné "une tasse de soupe le soir et un sandwich au fromage" le matin, puis c'était pas assez "attrayant" car pas ouvert 24h sur 24, on élargit le pré-accueil à la nuit, et maintenant, il y a des contrôles à l'entrée, "mais est-ce que la Croix-Rouge doit vraiment laisser entrer tout le monde comme cela ? »
Le pauvre petit se sent incompris, mal-aimé et la cible toute désignée pour être un bon bouc-émissaire.
Il attire l’attention sur l’action de la Croix-Rouge … mais quels sont les moyens fournis par le gouvernement fédéral ? De plus, ce nombre de douches, cet en-cas alimentaire, ces plans sont-ils à la hauteur de la détresse humaine ?
Hier la plateforme humanitaire mise en place par des ONG et par des citoyens a décidé d’arrêter son activité, afin d’obliger le gouvernement à prendre ses responsabilités. Ils n’ont pas envie de servir d’alibi à un poujadisme que même l’Europe condamne !
Depuis le début de la crise, ces bénévoles sont sur la brèche dans le froid, dans la chaleur, qu’il vente ou qu’il pleuve pour accompagner ces désespérés qui débarquent chez nous.
Depuis le début de la crise, ils sont le visage d’une vraie humanité faite de compassion, de mains tendues, d’un verre d’eau distribué gratuitement.
Ils ont mis en place une structure d’attente du bon vouloir des autorités politiques et administratives : écoles, soins de santé, distribution de nourriture, de vêtements chauds …
Pour les autorités, leurs actions ont été un refuge pour leur inertie. Souvenez-vous des débuts de l’installation au WTC III !
Face à cela, Théo Francken se réjouit : «Cela me semble bien, c'est une décision intelligente »
Pour qui ?
Pour lui et pour le gouvernement auquel il appartient : ils ne seront plus la cible de critiques ou de doigts pointés vers leur incompétence. C’est mal nous connaître !
Sa réponse est digne d’un enfant gâté qui, face à l’opposition se réfugie dans une rancœur vengeresse : « Cinq cents places supplémentaires vont être créées dans le bâtiment WTC III, mais ces dernières semaines, on n'a refusé qu'une seule fois des personnes en pré-accueil ». On aurait envie d’ajouter, comme les enfants : « Na ! »
Lors de l’ouverture du Parc Maximilien, cette création de places était impossible. Aujourd’hui elles VONT être créées … on semble avoir oublié de lui dire que ces personnes démunies étaient déjà là !
Il semble heureux parce qu’une seule personne a été refusée en pré-accueil. Est-il capable de comprendre qu’il s’agit d’une personne de trop !
Mais que fait-il de ces milliers d’autres dont la plateforme humanitaire s’est occupée, pendant que lui s’occupait de son nombril et de son image de marque ?
Et puis, sans que personne ne lui demande d’en arriver là, à l’image d’un sale gosse qui aurait peur qu’on lui vole son jouet, il ajoute : « Où ces personnes iront, ce n'est pas clair ; mais nous n'allons pas soudainement donner des papiers à tout le monde. Il n'y aura pas de régularisation collective. »
Il termine son propos indécent par la mise en cause, une nouvelle fois, de tous ces bénévoles en qui il ne veut voir que des opposants à la politique du gouvernement et à sa propre personne. De simples gauchistes en mal de pouvoir !
Pauvre type, aux propos minables et aux comportements indignes d’un démocrate.
Il est une autre manière de ne pas être la cible des critiques et des levers de boucliers. Un peu de compétence et une approche plus humanitaire, sans compromis ni naïveté, certes, mais teintée de compassion aurait pu être une norme de conduite et de décisions. Mais c’était trop lui demander !
Il ne lui est pas demandé de régulariser collectivement. Il lui est demandé de se taire et d’agir en toute humanité et en toute conscience, loin de tous ses partis-pris politiciens.
Demain, des perdus du désespoir passeront par chez nous, traqués par l’indifférence et par le rejet.
Il n’y aura plus l’aide « organisée » de citoyens au grand cœur. Il n’y aura plus que la dureté d’un gouvernement dont le bonheur de tout homme est loin d’être une spécialité. Son cœur est devenu un amas de chiffres !
La Belgique se réduira pour ces malheureux au visage de Théo Francken que je qualifierais bien au moyen de ces propos d’un de ses amis de l’Extrême-Droite, s’adressant à Laurent Ruquier : un furoncle médiatique et politique purulent !
Certes, il ne nous est pas possible d’accueillir toute la misère du monde.
Cela ne n’oblige pas nos responsables politiques à se transformer en géniteurs de racisme et de xénophobie, au nom de nos peurs et de nos crises.
Cela n’oblige pas cet obscur personnage à n’être qu’un écran pour mieux masquer les ignominies d’un gouvernement, qui pendant ce temps-là, n’arrête pas de saigner les citoyens, comme vous et moi.
Et si, demain, tout cela nous explosait au visage ?

Guy De Smet (30 septembre 2015 )


- 90 - LES BIENFAITS DU BROUILLARD

Depuis des mois, il est question de la crise des migrants.
Pour certains, elle est une opportunité à saisir. Pour d’autres, elle est un fléau proche d’une invasion incontrôlable.
Pour nos responsables, elle est une source de polémiques, de propos inspirateurs de peur et de rejet.
Une chose est sûre, elle s’impose à nous comme une réalité qui nous dépasse et à laquelle il nous faut bien faire face.
Pendant que l’opinion se déchire sur ce sujet dramatique, la politique de notre gouvernement ne semble plus faire recette dans cette même opinion. Ce ne sont pas ses membres qui s’en plaindront !
Saut d’index, exclusion des allocations du chômage, précarité, austérité … tout cela semble bien loin, alors que la réalité de notre vie sociale est défigurée au grand jour et au quotidien.
Ce matin, une alerte RTL. Infos donne la parole à un citoyen belge qui, lui aussi, a des raisons de se plaindre.
Philippe est un électricien à la retraite depuis 3 ans. Âgé, aujourd’hui, de 60 ans, il vient de se voir imposer une reprise immédiate du travail, sous peine d’être exclu de ses droits.
Mais que s’est-il donc passé ?
Pendant 39 ans, il a travaillé dans une centrale électrique à Angleur. Il occupait un poste à responsabilité, travaillant 21 jours sans arrêt selon un système de pauses, même le week-end. Un rythme de travail dur à supporter, arrivé à un certain âge !
Conscient de cette pénibilité et poussé par d’autres impératifs, son employeur lui propose un départ anticipé à la retraite. Il a droit ainsi à un mois par année prestée. Il peut donc se retirer en pré-retraite à 57 ans. Son allocation serait réduite à 75 % de son salaire pendant 3 ans, jusqu’à sa pension effective à 60 ans.
En septembre 2014, il fête ses 60 ans. C’est le début de sa pension, que son employeur lui demande de solliciter !
C’était sans compter sur l’avis du gestionnaire de son fonds de pension : il lui manque un an (39 au lieu de 40 !) pour y avoir droit.
C’est qu’entretemps la Loi a changé : désormais 40 ans de carrière sont nécessaires pour avoir droit à la retraite. Les règles du jeu ont changé en cours de route.
Même au casino ou dans les rapports entre les gens, on ne change pas les règles en cours de route !
Cela ne pose aucun problème à Philippe, s’il retrouve son ancienne fonction.
Mais, son entreprise a dû supprimer du personnel et sa fonction n’existe plus !
Une première angoisse vient secouer le quotidien de Philippe : comment retrouver un emploi à 60 ans ?
Après des négociations avec son ex-employeur, une proposition apparentée au chantage semble émerger : « Ils ont proposé de me payer 40% de ma pension anticipée via un nouveau contrat, ce qui me plongeait dans une situation financière catastrophique : je n'avais plus assez d'argent pour payer mon prêt hypothécaire ».
Il n’a pas eu d’autres choix que d’accepter, se retrouvant ainsi dans une précarité que sa banque n’a pas voulu entendre.
Il devra donc travailler 61, 5 ans, s’il a un emploi et jusqu’à 65 ans, s’il n’en a pas !
Il devra se contenter de difficultés bancaires pour honorer les traites de son prêt hypothécaire.
L’explication de cette situation ubuesque est à trouver dans des statuts mixtes de société et dans des tracasseries administratives qui n’enlèvent rien à la pénibilité de la tâche accomplie par Philippe.
Et il ne s’agit là que d’un exemple parmi des centaines pour expliquer la détresse de nos concitoyens face aux mesures injustes de notre gouvernement, des mesures dignes d’un jeu de casino, dont l’homme serait la victime.
L’argent-Roi est le seul stimulant de ces hommes et de  ces femmes qui nous dirigent.
Les avantages que nos politiciens et leurs haut-fonctionnaires tirent du système en s’octroyant des pensions, des primes et des avantages en tous genres semblent bien disproportionnés par rapport aux injustices qui touchent les simples contribuables. Mais qu’à cela ne tienne !
L’exploitation et la précarité sont les seules armes de lâches qu’ils sont capables d’utiliser pour détruire le tissu social construit par des années de lutte pour un peu de dignité.
Pour les contrer, il n’a que la frilosité des syndicats ou l’inertie des foules ou une flexibilité de l’emploi, source de tant de pauvreté.
De là à penser que la crise des migrants tombe bien pour ceux qui nous dirigent, il n’y a qu’un pas à franchir, ce que je fais volontiers.
Là encore, comme pour le dernier billet d’humeur, permettez-moi de terminer sur la même note : quand tout cela nous explosera-t-il à la figure ?

Guy De Smet (30 septembre 2015)


- 91 - UN NOUVEAU DRAPEAU

La crise des migrants, la crise économique, la guerre contre l’État islamique … autant d’événements qui nous feraient presque oublier que la terre continue de tourner.
Le 30 septembre, un fait a failli passer inaperçu. Il est pourtant d’une importance capitale pour un peuple oublié !
Les grands de ce monde, se sont  rassemblés à New-York pour l’assemblée générale des Nations Unies, l’espace d’un instant, pour assister au lever du drapeau palestinien.
Si poser le premier pas sur la lune fut un moment grandiose, celui-ci est de la même ampleur.
Imaginez un seul instant : les couleurs d’un peuple martyr ont rejoint le concert multicolore des drapeaux du monde entier.
Désormais, la Palestine a sa place parmi les voix des nations !
Il ne s’agit là que d’un premier pas qui, j’ose l’espérer, sera bientôt suivi par d’autres : passer du statut d’observateur, à celui de membre à part entière de l’ONU !
Le 30 septembre restera à jamais gravé dans la mémoire de la Palestine.
Ce jour-là, elle a acquis une place à la table des grands pour y dire sa souffrance et son humiliation. Elle pourra  y faire connaître ses aspirations et ses rêves légitimes. Elle pourra y exiger respect et écoute.
Voici ce que disait le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas,  lors de la levée des couleurs : « Dans ce moment historique, je dis à mon peuple partout : hissez le drapeau palestinien très haut, parce que c'est le symbole de notre identité. C'est un jour de fierté ».
Imaginez l’Histoire de ce peuple.
Durant des siècles, il aura vécu la domination de puissances britanniques et ottomanes plus soucieuses de leur expansion que du bonheur des hommes.
Durant des siècles, il sera passé par les arcanes qui font d’un peuple nomade, un peuple sédentaire.
Durant des siècles, il aura patiemment planté des oliviers sur sa terre, y espérant paix et prospérité.
C’était sans compter sur l’invasion barbare des Sionistes en 1948.
C’était sans compter sur l’orgueil d’Israël pour humilier et terrasser les volontés d’indépendance légitimes de tout qui s’opposerait à lui.
C’était sans compter sur l’implantation d’une idéologie féroce qui, de guerres en conquêtes, aura volé la terre à des familles palestiniennes abandonnées à leur sort.
La Palestine a alors connu les affres de la résistance que plus d’un ont qualifiés de terrorisme, alors qu’il s’agissait de l’arme des désespérés.
La Palestine a connu l’humiliation des check-points, l’enfermement derrière des grilles, des murs et des barbelés, l’indifférence des Alliés, complices de la forfaiture.
La Palestine a vu sa géographie se modifier au gré de guerres expansionnistes et de conflits savamment orchestrés par l’armée la plus puissante du monde, celle d’Israël.
Elle est confinée, aujourd’hui, dans un morcellement de territoires réduits à peau de chagrin.
La Palestine a connu l’enfer des camps, les massacres, la mort d’innocents, l’emprisonnement arbitraire de supposés terroristes et d’enfants.
La Palestine a connu l’enfer des bombardements, l’exil de sa population civile, les destructions qui rendent impossible un avenir.
Ce sillage de mort et de négation fut l’œuvre d’un peuple qui se plait à nous parler de Shoah, alors qu’il opère un génocide au quotidien.
Tel le coucou, Israël prend possession du nid d’un autre, le livrant à l’indifférence des nations et à la barbarie dont il a le secret. Il le piétine et lui vole son honneur. Il le réduit au statut d’esclave, de paria et de miséreux croupissant dans des camps ou dans des villes détruites.
Israël se plait à transformer chaque journée du Palestinien en un cauchemar fait de brimades, de vols et d’injustices. Sa motivation est de faire comprendre qu’il n’est pas le bienvenu et qu’il doit disparaître ! Pardon pour lui, mais Israël ressemble à un chien quand il marque son territoire !
Ces derniers temps, sans que l’Occident ne s’y intéresse, la mosquée Al-Aqsa, ce lieu saint des Palestiniens, est encerclée et prise d’assaut par des fanatiques irrespirables. Ces derniers ne respectent plus rien, pas même la sainteté d’un Dieu auprès de qui ils revendiquent la place de peuple élu.
Les colons, implantés illégalement dans les territoires appartenant aux Palestiniens, y sèment la terreur et l’injustice, malgré les appels répétés des Nations-Unies. Ils le font au nom d’une religion dont ils ne sont qu’une caricature grotesque.
Les Sionistes, sans aucune honte, érigent un mur, enfermant l’avenir d’un peuple dans le néant.
Une ministre du gouvernement israélien n’hésite pas à lancer un appel au meurtre des mamans palestiniennes. Selon elle, elles risquent de mettre au monde de futurs terroristes. Pauvre idiote criminelle !
Après Sabra et Chatila, après le massacre des enfants de Gaza, après les humiliations et les insultes, voici enfin un grand jour  qui dérange Israël dans son œuvre de ténèbres.
Un grand jour qui restera pour le peuple de Palestine une reconnaissance de son combat et de son martyre !
Au moment où un drapeau d’espoir se lève sur le monde, je ne résiste pas à l’envie de citer Ben Gourion, le premier terroriste qui a mis la Palestine à feu et à sang. Sa déclaration date de 1938 !  
« Ne nous cachons pas la vérité…. Politiquement nous sommes les agresseurs et ils se défendent. Ce pays est le leur, parce qu’ils y habitent, alors que nous venons nous y installer et de leur point de vue nous voulons les chasser de leur propre pays. Derrière le terrorisme (des Arabes) il y a un mouvement qui bien que primitif n'est pas dénué d'idéalisme et d'auto-sacrifice. »
Bonne route, frères et sœurs de Palestine ! De tout cœur avec vous !

Guy De Smet (1 octobre 2015)


- 92 - LE RETOUR DE NOS VIEUX DÉMONS

Quelle ne fut pas ma surprise ce matin en lisant la presse et d’y découvrir la proposition d’un ministre libéral : un site pour y dénoncer la fraude sociale.
Curieusement la fraude fiscale semble, elle, « oubliée », à moins qu’elle ne soit une manière nouvelle de pratiquer le civisme.
Ce « ministre à la noix » sait-il qu’à trop cibler la même population, on se discrédite, et on finit par mettre en place les raisons d’une révolte populaire ?
Avec ce gouvernement, nous devions déjà nous méfier de nos médecins, des exigences des travailleurs, des manières de vivre en couple, des chômeurs, des étrangers, même des migrants qui fuient la guerre.
Désormais, il nous invite à la vigilance face à une nouvelle catégorie : notre voisin !
Bonjour, le « vivre ensemble ! »
Mon voisin a eu de l’aide pour tondre sa pelouse ou pour égaliser sa haie.
Mon voisin a eu de l’aide pour peindre sa façade ou pour récolter ses pommes de terre.
Mon voisin – que je n’aime pas – doit certainement profiter d’avantages qu’il ne mérite pas …
Bref, mon voisin est devenu un suspect … Par civisme, je DOIS le dénoncer !
Un simple clic « courageux » sur une page internet et je deviens un héros « bouseux » des temps modernes !
Cette idée ministérielle, nous rappelle l’époque peu glorieuse des méthodes utilisées par les Fascistes et par les semeurs de terreur d’hier.
La Gestapo, a ainsi pu, dans nos régions, être le véhicule de la haine et de la délation qu’elle suscitait, pour la plus grande honte de la conscience humaine.
À l’époque on dénonçait aussi son voisin.
Il était Juif, il était résistant, il se cachait face au travail forcé en Allemagne, il alimentait le marché noir …
La fin de la guerre, elle aussi, avant d’être une époque de paix retrouvée, fut une période de vengeance et de dénonciation.
Ce  n’était pas toujours le civisme ou la justice qui commandait ces initiatives nauséabondes, c’était plutôt la jalousie, la méchanceté ou tout simplement l’imbécilité.
Que d’hommes, que de femmes ont ainsi été fusillés, tondus, simplement parce que la soif de vengeance fut plus forte que la grandeur de l’humanité !
Aujourd’hui, en 2015, un ministre du gouvernement fédéral, dans la droite ligne de la philosophe de la Gestapo, ose proposer la dénonciation comme un moyen de civisme.
Pour ce faire, il lui a suffi d’appuyer sur le bouton des instincts de bas-étage d’une partie de la population.
Quelle lâcheté de la part de ces responsables de la vie de la Cité qui possèdent assez d’inspecteurs et assez de moyens pour contrôler la population.
Nous constatons, chaque jour, assez de dérives quant au respect de la vie privée des citoyens !
Quelle lâcheté aussi de la part de ces milliers de Belges qui – chaque année – ne trouvent rien d’autre à faire que de dénoncer leurs voisins ou leurs proches !
Quel courage !
Nous atteignons là, le fond du bourbier ! Ils n’inspirent que le dégoût !
N’est-il pas écrit : «  Ne fais pas aux autres, ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse à toi » ?
Ce qui est ainsi mis à mal, c’est d’abord l’entraide et la solidarité.
Il n’est plus possible désormais de prêter main forte à un voisin ou à un proche.
Il n’est plus possible de s’engager comme bénévole, sous peine d’être suspecté de travail au noir.
Il n’est plus possible d’oser une fraternité basée sur la gratuité et sur le sens du service. Il est vrai que les éminences qui nous dirigent ont oublié depuis longtemps, ce que « gratuité » et « don de soi » veulent dire !
Il est déjà interdit à un chômeur d’effectuer un travail, chez lui !
Quelle perspective de « vivre ensemble » détestable !
Ce qui est mis à mal, c’est la confiance entre les humains.
Or, c’est la base d’une vie en société. C’est la base des relations entre les hommes.
Désormais, ce qui compte, c’est l’Argent. Lui seul doit diriger les rapports entre les humains. Lui seul peut motiver le comportement des hommes.
Et si demain, on dénonçait celui qui refuse de confier son argent à une banque ?
Si on dénonçait celui qui ne partage pas nos modes de vie ?
Si on dénonçait celui qui ne vit pas selon les ukases d’un parti ?
Avec de tels procédés, « vivre ensemble » n’est plus possible !
Ce qui est mis à mal c’est la grandeur de l’Esprit humain. Pour vivre, il a besoin des autres et les autres ont besoin de lui.
Comment faire désormais, puisqu’avant tout, il faudra se méfier de l’autre ?
L’Histoire nous a permis de toucher du doigt les dérives de la délation ? Sommes- nous prêts à reprendre nos vieilles rengaines : « Maréchal, nous voilà ! » ?

Une autre chose qui me choque dans l’analyse de ce ministre libéral, c’est son manque de recherche des causes de la fraude sociale. Cela semble même être une volonté affichée !
Pourquoi des hommes et des femmes, pour qui « survivre » est un combat de tous les jours, doivent-ils se prêter à telles pratiques ?
Saut d’index, hausse du coût de la vie, exclusion des allocations de chômage, encouragement du fossé grandissant entre riches et pauvres, hausses des taxes et de la TVA … autant de raisons pour transformer la fraude sociale en un devoir et en un acte de résistance.
Des mesures injustes ont fait peser le poids de l’austérité sur une partie de la population, celle qui ne vit que de son travail. Une telle situation ne pouvait qu’entraîner une vie clandestine : il faut pouvoir manger tous les jours !
Difficile à comprendre quand on vit dans le luxe, éloigné des préoccupations de ceux qu’on est censé servir.
Difficile à comprendre quand on s’est allié au monde de la finance, y puisant des avantages juteux en vue d’un avenir de corrompu !
L’homme a le droit de pouvoir vivre de son travail … ce gouvernement en a fait une source de pauvreté et de précarité.
Aujourd’hui, nos responsables en appellent à la dénonciation.
Demain, le peuple, comme à toutes les grandes heures de l’Histoire, lui répondra par la révolte !

Guy De Smet (5 octobre 2015)


- 93 - Ô GRAND SAINT NICOLAS, PATRON DES MILLIARDAIRES

Il est de ces saints patrons qui font rêver en réveillant notre âme d’enfant. Un de ceux-là est, sans conteste, Saint Nicolas.
Nous sommes habitués à voir les enfants préparer ce moment précieux du début décembre.
Ils sont aidés en cela par les innombrables publicités qui déferlent sur nous ou encore par les vitrines des magasins qui, d’ici quelques semaines, seront là pour émoustiller leurs envies et leurs sens.
Ce que nous savions moins, c’est que le grand saint est opérationnel toute l’année. Il a seulement changé de déguisement et il ne s’adresse plus au même public.
Il s’est infiltré dans la peau de nos gouvernants pour amadouer de nouveaux bénéficiaires : le monde des grandes entreprises.
La générosité de la manne qu’il déverse ainsi dépasse de loin le nombre des peluches, des robots ou des trains électriques des têtes blondes.
Une récente étude d’un parti, le PTB, nous présente quelques chiffres qui ont de quoi nous laisser sans voix.
Ses études s’avèrent aussi justes qu’un alignement de chiffres qui s’impose dans toute sa froideur. Elles nous ont habitués à dépeindre des situations qui s’avéraient bien éloignées de simples visées électorales. Je ne résiste pas au plaisir de vous les présenter.
Nous apprenons ainsi que 1000 entreprises ont engrangés l’an dernier, en 2014, des bénéfices atteignant la somme astronomique de 48,4 milliards d’euros.
Elles n’ont par contre contribué à l’impôt qu’à l’occurrence de 3,8 milliards d’euros. Ces entreprises ont bénéficié d’une ristourne fiscale de 12,6 milliards d’euros.
D’autre part, cette étude nous apprend que le taux moyen d’imposition payé par les 50 premières sociétés qui ont bénéficié de cette ristourne d’impôt est de 3,3%. En tête de ces chouchous du nouveau Saint Nicolas, nous trouvons AB-inbev et l’ex société GDE-Suez ! L’une d’entre elles, gant de la bière s’expatrierait bien en Angleterre où les avantages seraient encore plus conséquents !
Le manque à gagner de ces « cadeaux » à ces 50 entreprises représente la somme importante de 6,46 milliards d’euros ! À croire que l’État dispose de trop de moyens !
Mais la bonté du grand saint va plus loin encore. Parmi ces 50 entreprises, certaines n’ont pas payé d’impôts. Parmi elles : Exxon Mobil, Volkswagen Groupe Service ou Le Peigne, propriété de la famille de Bernard Arnault, cet exilé fiscal français qui a trouvé un refuge de complaisance en Belgique. Pour certains d’entre elles, tricher est devenu un sentier qui rapporte !
Pire encore, certaines de ces entreprises se sont vues rembourser par l’État belge.
Décidément la devise de ce gouvernement serait bien : « les amis de mes amis sont mes amis » !
La même étude s’est intéressée à la destination des bénéfices des entreprises : investissement ? Création d’emplois, comme l’espérerait le gouvernement ?
Eh bien, non !
Il s’avère qu’une large partie de ces bénéfices et de ces cadeaux s’envolent sous forme de dividendes adressés aux actionnaires : « Le top 1000 des bénéfices montre que sur 44,5 milliards d'euros de bénéfices après impôts, 30,8 milliards d'euros sont affectés au versement de dividendes, soit 69,3%. Pour le top-50, cette proportion de dividendes atteint même 72,4%  ».
Froideur de quelques chiffres … Cynisme d’une politique … Souffrance du peuple du travail.
Pendant ce temps, nos responsables politiques visent  la précarité de l’emploi, au nom d’une flexibilité dictée par la rentabilité. Ils ont été jusqu’à inventer un nouvel être humain : le travailleur pauvre !
Pendant ce temps, nos mandataires publics se lancent à l’assaut des travailleurs, leur faisant endosser la chape glauque née d’une crise économique créée de toute pièce. Comme les migrants du parc Maximilien, il y a des Belges qui vivent dans trop de confort. Il est temps d’y remédier !
Pendant ce temps, nos ministres orchestrent une chasse aux sorcières qui entre délation et exclusion s’en prend à une catégorie de citoyens, toujours les mêmes, les moins armés pour se défendre.
« Trop is te veel » criait le Belge, il n’y a pas si longtemps !
Et s’il était venu le temps d’oser à nouveau s’insurger et de remettre les pendules à l’heure.
Au nom des Droits de l’homme, au nom des valeurs de notre société, nous ne pouvons plus tolérer que l’homme soit écrasé par quelques riches et par quelques capitaines d’entreprises sans scrupule.
Nous ne pouvons plus tolérer la mainmise de quelques nantis et de quelques puissants véreux sur un patrimoine qui appartient à tout homme, celui d’un monde à transformer.
Nous ne pouvons plus accepter que nos gouvernants soient aux manettes d’une société à deux vitesses, créatrices de maîtres et d’esclaves !
Des mouvements sociaux vont secouer nos quotidiens, les jours prochains !
Et s’ils n’étaient que Justice ?

Guy De Smet (5 octobre 2015)


- 94 - UN NOUVEAU PARCOURS D’INTÉGRATION

La plupart de nos démocraties confrontées à un flux massif de candidats réfugiés propose de leur faire suivre un parcours d’intégration.
Désormais, il sera attendu d’eux de connaître une langue nationale, le fonctionnement de nos institutions. Il leur sera aussi demandé de fournir des preuves de leurs compétences et de s’inscrire dans une intégration socio-professionnelle.
Une idée louable, pour des hommes et des femmes pour qui le  rêve devrait être de retrouver leurs pays pacifiés.
Une idée louable en correspondance avec nos peurs d’invasions et avec un certain populisme à la mode.
Mais soit !
Cette idée de « parcours d’intégration » me séduit par ailleurs, mais à destination d’un autre public : celui des hommes et des femmes qui exercent une responsabilité  politique au service de notre pays.
Ne disait-on pas que la fonction de ministre est la seule qui ne requiert pas un certificat d’études ?
Avant de pouvoir se présenter à une élection, le candidat-mandataire devrait ainsi se soumettre à un cheminement incontournable.
Pour exercer une fonction au niveau fédéral, le citoyen doit pourvoir s’assurer que le candidat possède une connaissance usuelle des trois langues nationales.
Comment, en effet, comprendre et s’adresser à une population, si on n’est pas familier ni de sa langue, ni de sa culture.
Ce critère est déjà de mise pour n’importe quel haut-fonctionnaire … pourquoi pas pour un futur ministre !
Nous n’aurions plus droit alors à ces discours lamentables et incompréhensibles qui s’apparentent au mépris de communautés qu’ils prétendent servir.
Un deuxième critère de ce parcours, peu importe le niveau de pouvoir, ce serait d’établir un CV de compétence.
Aujourd’hui, occuper une fonction ministérielle dépend d’un jeu de parti, bien éloigné de la moindre notion de démocratie.
Celui qui est désigné se repose sur un cabinet ministériel, sans que pour autant il soit à même de comprendre les tenants et les aboutissants des décisions qu’il signe.
On rêverait d’un ministre de l’emploi qui sait ce que travailler signifie.
On rêverait d’un ministre de la culture qui en connaisse les enjeux.
On souhaiterait un ministre de la santé capable d’envisager le bien-être des citoyens avant de n’y lire que des chiffres d’un budget …
On souhaiterait avoir un ministre de l’Intérieur ou un secrétaire d’État à l’Immigration qui a fait du bonheur de l’humain une spécificité qu’il est capable de démontrer.
Ses compétences devraient être soumises au Parlement, le seul lieu de la représentation du peuple. Ce serait à lui d’accepter de présenter à la nomination royale, telle ou telle personnalité.
Un troisième critère qu’il devrait rencontrer, ce serait de présenter la ligne de conduite de son mandat et de l’établir de manière chiffrée.
Cela éviterait bien des surprises et bien des dérives !
Au peuple de décider, s’il accepte de lui confier son sort !
L’électeur ne doit pas exister que lors de la campagne électorale et être ignoré le lendemain.
Être mandataire public, c’est être au service du citoyen, il est normal que celui-ci demande à connaitre l’itinéraire du voyage à faire ensemble.
Ces trois critères rencontrés, l’élu serait alors appelé à soumettre régulièrement sa gestion à l’évaluation de la représentation citoyenne : parlements, partenaires sociaux, instances des trois pouvoirs, exécutif, législatif, judiciaire, ainsi que la cour des comptes.
Dans n’importe quelle entreprise, chaque année, vient le temps des évaluations et des conséquences qui en sont tirées.
Fini le temps du pouvoir confisqué par le parti.
Fini le temps des encensements des seuls amis politiques.
Fini le temps d’une politique de fils à papas, tellement proches d’une féodalité que nous avons voulu quitter.
La Politique est une mission noble et bien trop précieuse que pour la confier à quelques tartuffes ou à quelques alchimistes de la corruption.
La Politique est un service que le peuple se donne pour construire le bonheur dans le quotidien de tous les citoyens.
La Politique est une compétence à mettre à la disposition de la démocratie et de la paix dont elle est la gardienne.
Alors, oui, un parcours s’impose d’urgence !

Guy De Smet (5 octobre 2015)


- 95 - LES CRIMES DE GUERRE D’ISRAËL

Pendant que les yeux de nations sont braqués sur la Syrie, sur l’Irak  et sur la conquête barbare de l’État islamique, Israël, en toute impunité, sème la mort en Palestine.
Pendant que nos démocraties occidentales se confrontent à un flux de migrants sans précédent, Israël poursuit sa colonisation dans la terreur et dans le mépris de toute vie humaine.
Les Sionistes ont décidé que ce coin du monde, entre désert et mer, était leur propriété.
Des vagues massives de colons investissent et volent les terres palestiniennes sans aucun scrupule. Ils sont aidé en cela par l’appui de leurs ministres qui de l’appel au meurtre au déploiement d’une armée bardée d’orgueil, en passant par des arrestations arbitraires et des discours sement la haine et la violence.
Chaque jour, des paysans palestiniens sont confrontés à des exactions visant à les priver de leurs terres et de leurs possessions.
L’humiliation et une guerre des nerfs sont les armes pour les faire quitter ces terres qu’Israël revendique.
L’Esplanade des mosquées et entre autre celle d’Al-Aqsa sont la cible quotidienne de l’État hébreu, pourvu que ces arabes découvrent qu’ils n’ont aucune place à espérer sur cette parcelle de terre.
Les arrestations arbitraires, le mépris des check-points, un mur de la honte sont autant de coups donnés en pleine figure à la conscience de l’humanité.
Toute cette barbarie se déchaîne pendant qu’aucune instance internationale respectable ne fasse entendre une voix de désapprobation ou de sanction.
Les Palestiniens n’ont pas pour vocation d’être des moutons et ils ont donc commis un acte de résistance à l’encontre d’une famille de colons. Le meurtre et le sang ont été la réponse à d’autres crimes de sang commis par Israël.
Face à cela, le Premier-Ministre israélien lâche ses chiens et il donne carte blanche à son armée pour combattre ce qu’il appelle outrancièrement terrorisme.
En permettant cette colonisation sauvage, il a introduit en Palestine un engrenage de violence que rien ne semble pouvoir arrêter.
À l’image de l’État islamique, Israël s’installe par la terreur livrant la population palestinienne en holocauste à son orgueil démesuré.
Jusqu’à quand nos démocraties civilisées resteront-elle sans réagir, face à ce génocide palestinien qui ne se nomme pas ?
Jusqu’à quand l’Occident tolèrera-t-il le développement économique et autre d’Israël au lieu de l’enfermer dans un déchaînement de sanctions et dans un isolement qui ferait honneur à notre conscience.
En permettant la création de l’État d’Israël, l’Occident a commis une faute grave. Il a laissé se répandre un cancer que seule la destruction peut soigner. Il a enfermé la Palestine dans le désespoir et dans un esclavage qui crie vengeance au ciel.
À l’heure où des frappes occidentales envisagent enfin de dépolluer l’Irak et la Syrie, il serait urgent d’user de la même méthode face aux affres commis par l’État d’Israël ! Il est urgent de détruire Israël.
Celui qui risque d’y voir des propos antisémites, je lui réponds que dans ce cas, j’en suis flatté, même si je me suis arrêté à de l’anti-sionisme !
Les négociations ont montré leur inefficacité.
Il est temps aujourd’hui d’éradiquer le monde du Sionisme : il est devenu un bête folle et sanguinaire qu’il est urgent d’abattre. Un monstre, cela s’abat !
Il devient indispensable de trouver une réponse à cette question posée par Mahmoud Darwich (1941-2008) : « Quelle dignité peut avoir l’homme sans patrie, sans drapeau, sans adresse. Quelle dignité ? »

Guy De Smet (6 octobre 2015)


- 96 - L’ÉCHEC DU DIALOGUE SOCIAL

La société Air France vient de nous offrir un bel exemple de l’escalade de la violence dans le dialogue entre les partenaires sociaux.
Les médias ont beaucoup insisté sur la violente altercation qui a opposé le directeur des relations humaines de l’entreprise et une foule de travailleurs en colère. Le cadre a dû se sauver torse nu, se posant en victime de la brutalité syndicale.
L’incident est devenu un événement français d’une telle ampleur que le Premier-Ministre s’est senti obligé de rejoindre l’entreprise, afin de manifester sa solidarité à ses dirigeants.
Le Président de la République, lui-même, n’a eu d’autres mots pour qualifier l’incident que de parler de l’œuvre de « voyous ».
Quant à l’Assemblée Nationale, elle a été une fois de plus, un terrain de boxe stérile entre gauche et droite, un cliché facile et dépassé, en ces temps de crise !

Par contre, les médias ont bien pris garde de ne pas nous dévoiler une autre vidéo, filmée par les opposants au patronat.
Ces images, qui n’ont pas échappé aux réseaux sociaux, nous montrent un bel exemple de dialogue de sourds, symbole du nouveau partenariat social dont les patrons ont le secret.
D’un part, une employée, en des termes mesurés, fermes, mais polis explique le vécu des employés.
Durant quatre années, les salaires ont été bloqués.
Durant quatre longues années, les ouvriers et les employés ont fait des efforts et, aujourd’hui, c’est eux qui « trinquent ».
Aujourd’hui, on leur demande de comprendre les besoins de l’entreprise, d’être gentils et de comprendre que les acquis sociaux doivent évoluer.
Comment s’étonner d’un tel comportement patronal, quand celui-ci verrait bien aussi évoluer l’âge du travail des enfants ? C’est ce qu’affirmait un de ses cadres importants, dans une conférence, quelques temps auparavant.
Pendant ce temps, les dirigeants de l’entreprise, affichant un mépris total, forment un petit cercle mesquin en buvant une tasse de café.
Pas un regard, pas le moindre essai de rapprochement, pas la moindre écoute, pas la moindre considération !
« Pas de considération » « Prenez-nous de haut, Monsieur », lance alors ces gens désespérés et exaspérés. « On n’est pas venu pour être violent (…) on nous demande d’être transparent avec les clients, mais vous, l’êtes-vous avec nous ? »
Les travailleurs rassemblés vont alors détailler les raisons de leur dépit.
C’est par la presse que, quelques jours avant déjà, ils ont pris connaissance des mesures que l’entreprise comptait prendre : « Est-ce normal de l’apprendre par la presse ? »
Près de 2900 personnes seraient ainsi les otages licenciés d’une société dont le souci premier est d’accroître sa rentabilité et ses bénéfices.
« On est venu pour avoir des gens qui puissent nous apporter des réponses et avoir le sentiment, l’impression d’être pris en considération, juste ça, mais même ça, vous ne pouvez pas nous le donner ».
Les travailleurs font alors état de la « gestion calamiteuse » du patronat, « d’une stratégie qui conduit dans le mur et qui fait qu’ils vont perdre leur emploi ».
Pendant ce temps, le directeur de l’entreprise est appuyé contre une table et regarde ce spectacle avec dédain et cynisme.
L’épisode suivant, nous le connaissons, il s’agit de l’émeute et de la fuite d’un patron mis à nu.
Le président de la République, n’y voit qu’une atteinte à l’image de la France !
N’y aurait-il donc plus de pilote dans l’avion ?

Cet incident français, il est le symbole de toute la crise sociale qui secoue  l’Europe.
D’un côté, il y a l’exigence d’un patronat, toujours plus gourmand et toujours plus encouragé dans ses dérives par le pouvoir politique, à la solde de la finance.
Suppression de charges, cadeaux fiscaux à gogo, contournement de l’impôt, fraude fiscale, flexibilité, augmentation du temps de travail, gel des salaires … et une simple création de quelques emplois précaires. Le paysage financier actuel ne permettrait pas plus !
Hausse des dividendes à distribuer aux actionnaires, jeu en bourse et stratégies industrielles arides … pourvu que ça rapporte !
De l’autre côté, il y a le monde des travailleurs. Il vit entre chantage et exigences inhumaines, entre promesses alléchantes et exploitations scandaleuses.
Il y a ces chômeurs sans horizon de vie, ces jeunes, sans espoir face à l’avenir, ces vieux, traités comme des bêtes de somme à rentabiliser jusqu’au bout.
Entre les deux, il y a le pouvoir politique, valet de l’entreprise, valet du capital. À croire qu’il y a un intérêt à en tirer !
Lui, non plus, n’écoute pas. Lui, non plus, n’entend ni la voie de la rue, ni le cri des désespérés du monde du travail. La délation et l’exclusion sont ses armes favorites !
Il fait de sa politique sociale, un tombeau de ce sans quoi le capital n’est rien : le travail !
Un tel dialogue de sourd, un tel déficit démocratique ne peut qu’aboutir à de la violence. La chemise déchirée d’Air France n’en est qu’un prélude !
Les syndicats semblent aujourd’hui dépassés pour relayer les revendications des travailleurs. En Belgique, ce n’est pas à coup d’une grève nationale par an et de quelques actions timides que quelque chose bougera !
Souvenez-vous des grèves de 1960 ! Et si ça c’était une réponse adaptée aux blessures des travailleurs ?
Il y la colère du peuple, celle de la rue, celle des exclus des allocations de chômage, celle de ceux qui sont exclus de leurs droits, celle de ceux à qui on a menti ou qu’on a menés en bateau, celle de ceux qui ne savent pas de quoi demain sera fait.
Le jour où tous ceux-là se rassembleront et monteront aux barricades, ce ne seront plus les chemises qui voleront mais le sang qui coulera.
Aujourd’hui, en Belgique, c’est l’heure d’une grande manifestation … et d’un grand silence politique.
Et demain ?

Guy De Smet (7 octobre 2015)


- 97 - MERCI !

Un site internet, pour une paroisse, est à la fois une interrogation et un souci de tous les instants.
Une interrogation, d’abord !
Le jeu en vaut-il la chandelle ?
Nous vivons d’habitude dans le cercle très fermé de nos groupements, de nos assemblées chrétiennes.
Souvent, nous nous plaignons du peu de la fréquentation de nos églises et nous déplorons le peu d’intérêt suscité par nos initiatives.
Il paraît que c’est la crise !
De là à se demander s’il est bien nécessaire d’utiliser Internet pour vous rejoindre, il n’y a qu’un pas, que nous n’avons pas voulu poser.

Et aujourd’hui, je m’en réjouis !
De janvier à septembre 2015 : 8.890 visiteurs ont consulté les différentes pages du site du Doyenné de Saint-Servais.
Vous étiez 8.000, de janvier à décembre, l’année du lancement du site !
Ces chiffres concernent des adresses IP différentes !
Rien que le mois de septembre a vu 1.802 internautes frapper à notre porte !
Parmi eux 1.047 ont consulté les archives des « Billets d’humeur »
254 ont jeté un regard sur les informations relayées concernant l’accueil des réfugiés sur Namur.
170 m’ont fait le plaisir de s’intéresser aux « Billets d’humeur » du mois de septembre.
93 ont fait un arrêt sur les pages communes du Secteur de Saint-Servais.
121 ont fait escale à Flawinne, pendant que 53 personnes portaient leur dévolu sur les pages du Sacré-Cœur et 53 sur la page de « contacts » de la Paroisse de Belgrade.
Merci pour votre encouragement !
Vous étiez plus nombreux que celles et ceux qui ont franchi les portes de nos églises, durant la même période.
Cela nous incite à poursuivre l’aventure, sous la houlette compétente de notre Webmestre, Christine Dave. Qu’elle en soit ici remerciée !
Mais si ce site est une interrogation, il est aussi un souci.
Le souci de vous informer de la manière la plus simple et la plus adéquate, en utilisant des moyens toujours nouveaux.
Le souci de rejoindre vos préoccupations et de ne pas enfermer la religion dans le cercle étroit de nos sacristies. La vie que vous menez, vos questionnements face à la vie et face aux choix de société, nous aimerions en faire aussi notre préoccupation.
Le Pape Jean XXIII ne nous invitait-il pas à lire la Parole de Dieu en lisant la Bible, mais aussi le journal ?
Le souci d’être vrai et avec l’Évangile et avec la vie de tout être humain, appelé à devenir un frère, une sœur.

Notre volonté est d’écrire avec vous, un chemin d’Évangile, fait de fraîcheur et d’authenticité.
Je fais le rêve de pouvoir mettre un jour un visage sur ce cheminement, fait de nos différences, de nos limites et de nos richesses.
Vous serez toujours les attendus sur nos pages, mais aussi dans l’enceinte de nos lieux d’Église.
En vous ouvrant notre porte, laissez-moi vous dire : «  Bienvenue chez vous » !

Guy De Smet  (7 octobre 2015)


- 98 - TUER OU L’ART D’ÊTRE UN HOMME

Quelques mots suffisent pour définir le comportement humain au sein du règne animal. Il n’y est qu’un vulgaire prédateur, contre lequel, il est urgent de se protéger.
Nous avions déjà assisté à l’exploit sordide d’un chasseur américain. En safari en Afrique, il avait abattu un lion vedette Cécil, suscitant la désapprobation internationale. Fier de son geste, il prenait, pourtant, plaisir à se pavaner auprès de son trophée.
Depuis lors le cri de la douleur du lion se fait entendre dans la savane : d’objet de fierté, il est devenu un objet à détruire !
Dernièrement, un scientifique dévoile le cliché d’un oiseau tellement rare, qu’il n’a pu être approché qu’une seule fois : le martin-pêcheur à moustache.
Il s’agit d’un superbe petit animal bleu et orange … une petite merveille de la création, un véritable diamant multicolore tout en fragilité et en éclat.
Il n’aura vécu que le temps de l’observer, de le photographier, d’enregistrer son cri.
Pour achever son œuvre, ce scientifique de bas-étage, fidèle à la tradition de son milieu, l’aura exécuté. Il paraît qu’il est plus aisé de l’étudier mort que vivant !
Décidément, la logique de ce milieu de la science m’échappera toujours !
À moins qu’il ne s’agisse d’une logique beaucoup plus large.
L’homme aime tuer : cela fait partie de sa nature.
Aux États-Unis, protégé par la Constitution de son pays, le citoyen revendique le droit au port d’arme et donc le droit de tuer.
En Afghanistan, en Irak, en Syrie et dans bien d’autres contrées du monde, l’homme se transforme en chasseur d’hommes.
Tuer est un métier, pour lequel des milliards sont dépensés et pour lequel les États trouvent toujours des financements. Il paraît que  c’est pour notre sécurité, en faisant un petit détour par l’affirmation d’une soif de puissance.
En Palestine, tuer est un projet de gouvernement.
La voix de l’homme qui souffre n’y est pas entendue.
Le cri de la résistance d’un peuple est réduit à un simple crime de terrorisme.
La détresse humaine y est une source d’humiliation, de pillage et d’amusement, au nom de l’orgueil démesuré d’une race !
L’important c’est d’éliminer, de tuer. Il paraît qu’il s’agit de se protéger !
Nos journaux regorgent de faits-divers dans lesquels tuer, détruire, assassiner sont des banalités qui font partie du paysage.
Chez nous, dans nos cours de récréation, les enfants jouent à tuer. L’important, c’est de voir l’autre, couché au sol, anéanti par notre puissance de terreur et par la force de nos armes !
Et  nous qui osions croire et chanter que l’homme était fait pour aimer et pour être aimé !
La poésie le clamait. La littérature s’en nourrissait. La musique s’en inspirait. Les religions le proclamaient … et nous n’en avons retenu que l’épisode de Caïn et d’Abel !
Dans la foulée de Jean de la Fontaine et de ses fables, il m’arrive de rêver d’un nouvel épisode de l’Histoire de notre planète.
J’y vois des animaux de toutes les forêts et de tous les continents qui se réunissent pour une grande assemblée générale.
Chacun à leur tour, ils prennent la parole pour décrire l’inconfort de leur situation et le danger pour survivre.
Certains décrivent le martyre qu’ils subissent : les lions pleurent Cécil. Les martins-pêcheurs camouflent leurs couleurs. Les rhinocéros se montrent défigurés, les baleines chantent leur désespoir.
Ils décident d’unir leurs forces et de se protéger contre la race humaine.
Œil pour œil, dent pour dent … et une guerre sans fin risque de s’enclencher.
C’est alors que se fait entendre la petite voix d’un renard.
Lui, connu pour ses rapines et pour le danger qu’il représente, relate aux autres  animaux sa rencontre avec un petit prince, un petit humain semblable à tant d’autres, pourtant.
Ils se sont placés l’un et l’autre de chaque côté de la clairière. Ils se sont regardés, ils se sont appréciés au point de devenir des amis. Ils se sont approchés, au point de ne plus avoir envie de se quitter. Ils ont pris le temps de s’apprivoiser !
S’apprivoiser, c’est le début du respect de l’autre.
S’apprivoiser, c’est reconnaître les richesses de l’autre, au point de s’en émerveiller avec lui.
S’apprivoiser, c’est accepter de dire à l’autre : « J’ai besoin de toi … Tu as besoin de moi ».
S’apprivoiser, c’est le premier pas pour s’aimer !
Je me suis alors réveillé.
Ce qu’ont décidé les animaux, je ne sais pas.
Ce que je sais, c’est que les animaux avaient des visages, le vôtre, le mien …
Ils étaient migrants, ils étaient chômeurs, ils étaient pauvres, ils étaient blessés, ils étaient jeunes, ils étaient vieux … Ils étaient la perle rare d’une humanité à découvrir.
Et si avec nos chefs d’États, nous osions apprendre à nous apprivoiser ?
Et si « de nos épées nous formions des socs de charrues » ?
Et si de nos cibles, celles de nos armes et celles de nos langues, nous apprenions à y découvrir un cœur à aimer ?
Et si « tuer » nous devenait impossible ?

Guy De Smet (13 octobre 2015)


- 99 - ISRAËL EN EUROPE ?

Ce mardi soir, les Diables rouges rencontreront l’équipe de football d’Israël en qualification de la coupe d’Europe des champions.
Dans un récent billet d’humeur consacré à ce sujet, il était déjà question de la honte qu’était la simple idée d’un match contre ce peuple de bourreaux qui ne cesse de faire la une de l’actualité avec sa bestialité.
Et s’il s’agissait pourtant d’une situation anachronique qui s’expliquerait ?
Bel RTL, ce matin, nous propose une explication.
Ce que nous connaissons aujourd’hui ne fut pas la norme de tous les temps.
Dans les années 1956, 1960, 1964, Israël était même une équipe en pointe dans ce coin d’Asie.
Certes, il y eut des années, au cours desquelles plusieurs équipes de son entourage refusèrent de jouer contre Israël.
Des pays musulmans ont préféré déclarer forfait au lieu de s’abaisser à affronter cette équipe d’envahisseurs.
Israël, sans jouer le moindre match, s’est ainsi retrouvé un temps en tête du championnat !
C’est en 1974, qu’Israël sera exclu de la compétition asiatique.
Le journaliste de RTL nous apprend que durant 20 ans, Israël a dû se contenter de jouer contre des pays qui acceptaient sa présence … et ils ne furent pas nombreux !
En 1990, son équipe sera installée dans le championnat d’Océanie !
Il faudra attendre 1992, pour que l’Europe finisse par intégrer cette équipe errante dans sa ligue des champions.
Était-ce indispensable ?
Nous constatons que dans beaucoup de sports, Israël est mis au ban des nations, au nom de son intégrisme politique et au nom des atteintes aux droits de l’homme qui forment son apanage. Ce fut aussi le sort de l’équipe allemande nazie !
Récemment, le Maroc retenait prisonnière à l’aéroport l’équipe de judo  d’Israël, sans que cela ne se discute ou ne provoque un tollé international !
L’Europe serait-elle une poubelle ?
L’Europe aurait-elle oublié en quoi consistent les droits de l’homme ?
L’Europe nierait-elle que les faits ne cessent d’accuser un pays qui de victime est devenu bourreau ?
L’Europe ne serait-elle plus à même de débusquer la marque du nazisme, même quand il se couvre des habits du sionisme ?
Aujourd’hui, la Palestine souffre.
Sa population est la victime d’humiliations, d’exactions en tous genres, au quotidien.
Ses mosquées, ses droits religieux  sont violés.
Ses territoires sont l’objet de vols et d’interdits scandaleux.
Son rêve légitime d’un État libre et indépendant lui est confisqué.
Et les nations, l’Europe ferment les yeux ou se lancent dans des discours plus que prudents.
S’en prendre à Israël serait comme un viol, au nom d’une culpabilité remontant à jadis, à l’enfer des camps.
S’en prendre à Israël, ce serait mettre en cause des partenariats économiques et financiers, tellement précieux dans un monde libéral.
S’en prendre à Israël, ce serait commettre un crime d’antisémitisme, tellement commode pour couvrir bien des abominations.
Alors, l’Europe, jusque dans le sport, n’ose pas faire du boycott une arme pour imposer la Justice.
Le forfait, même s’il n’enlevait rien à l’aura des Diables rouges, aurait été une mesure de dignité retrouvée  et un acte de dénonciation d’un crime contre l’Humanité, dont Israël se rend coupable au quotidien.
Ce soir, le sport nous dit clairement que l’argent a plus de poids que la vie d’un enfant de Gaza.
Ce soir, le football devient l’occasion de frapper du pied la tête d’un homme rêvant d’honneur et de dignité.
Ce soir, le football me dégoûte. Il ne sera que la vomissure qui entache à jamais la conscience de la liberté et de la paix.
Ce match sera sous haute surveillance, nous dit-on … Vaut-il le risque de voir mourir quelques naïfs dans un attentat ?
Il aurait été préférable de se poser la question de l’utilité d’une telle soirée de honte !
Vous, les décideurs … à vos responsabilités !
Israël, vous tous qui le soutenez ce soir, comme tous les autres soirs, vous n’êtes pas les bienvenus chez nous !
Couvrez vos éventuelles consciences de l’étoile de notre dégoût et de notre condamnation !

Guy De Smet (13 octobre 2015)


- 100 - AU REVOIR, MON AMI, MON FRÈRE

Giuseppe, tu avais 57 ans. Tu avais posé tes bagages chez nous, dans la belle vallée de Malonne. Saint Berthuin, moine irlandais, l’avait fait avant toi !
Issu d’une famille courageuse, tu avais découvert Jésus, tout auréolé de vie et de paix. Vos dialogues à ce sujet s’apparentaient aux relations entre Dom Camillo et Peppone.
Le soleil de la Sicile aura baigné ta jeunesse. Il aura accompagné tes premiers pas de service et de don de toi-même.
Le soleil, il était ta source de bonheur et de joie de vivre, celle qui allait s’écouler de ta rencontre et de ton attention aux autres.
Jésus, tu avais même fait le pas de plus, celui de le suivre pour une longue aventure, semée d’imprévus et de découvertes.
Après un début de ministère dans ton pays, tu allais découvrir les brumes du Nord, envoyé par ton évêque.
La  communauté issue de l’immigration italienne serait ton terrain de semailles, à Charleroi, à Namur … à Malonne.
Cette étape de ta vie et de ta Foi occupait tes jours et tes nuits. Elle était l’objet de ta prière et le lieu de l’annonce de Celui qui te faisait vivre.
Ton nouvel ancrage sur cette terre namuroise ne fut pas des plus simples.
Les différences de mentalités, les approches différentes de l’Église, les divisions et les querelles de clochers auront été des ingrédients de ta manière de vivre l’Évangile. Ils n’auront jamais été un obstacle, mais plutôt une envie de plus d’être vrai.
La rencontre des confères, le partage avec eux aura été ton oxygène, parfois trop rare à ton goût. Ah ! Ces gens du Nord !
Ta présence était une chaleur auprès de laquelle il faisait bon se réchauffer.
Ta convivialité était une marque d’éternité qui fleurait bon la Bonne Nouvelle qui te faisait vivre.
Ta profondeur indiquait la vérité d’une sagesse qui te poussait et qui entrainait les autres sur ton passage.
Ton humour était à la hauteur du sourire de Dieu qui s’offre à chaque homme qui se laisse rencontrer.
Une de tes peurs, c’était la solitude. Heureusement, elle n’a pu s’implanter chez toi. Ton rêve de vivre dans le joyau d’une communauté, entouré de Stéphane et des autres, était devenu une réalité. Que du bonheur !
La Tradition de l’Église était une richesse précieuse pour toi. Avec des mots et des gestes surannés, pour certains, elle avait de quoi nous faire entrer dans un Mystère qui nous dépasse.
Elle n’aura pas été pour toi un carcan qui t’aurait enfermé dans les arcanes d’une secte de gardiens de musée.
Elle aura plutôt été une « gardienne, » qui t’invitait au respect du chemin de chacun, découvrant chez l’autre, ton frère, ta sœur, la petite lumière qui éclaire nos nuits.
Est alors venue, comme une sournoise, la maladie. Elle a fait son nid chez toi, semant limites et espoirs.
Chaque petit progrès fut une fenêtre ouverte sur un espoir à entretenir.
Chaque main tendue fut un sourire au cœur de ta nuit.
Chaque soin donné fut une délicatesse à la hauteur de celle qui sortait de toi.
Une dernière visite chez le médecin fut décisive. La médecine ne pouvait plus rien pour toi, mais ta Foi, elle pouvait tout.
Tes derniers jours seraient ceux de la prière, et de la préparation de ce grand rendez-vous, que tous espèrent en le craignant.
Giuseppe, tu ne seras resté que 10 ans parmi nous …
Dix années de réelle fraternité.
Dix années de profonds moments et d’intense prière.
Dix années, au cours desquelles avec Jésus, tu auras été une facette d’un Chemin, d’une Vérité et d’une Vie.
Merci pour l’homme, pour le prêtre, pour l’ami que tu étais.
Ton nom restera gravé « dans la paume de nos mains », comme il l’est à jamais dans le cœur de Dieu.

Guy De Smet (13 octobre 2015)


- 101 - LES DÉRAPAGES D’UN SYNODE

Depuis quelques temps, les évêques du monde entier de sont réunis à Rome, autour du Pape François, pour un synode attendu, celui ayant pour thème « La famille ».
Il s’agit là d’une réalité que vit l’homme aujourd’hui, avec bonheur ou avec déception, à travers une multiplicité de situations.
Nous avions connu le déchaînement des Catholiques conservateurs, en France, lors des manifestations en faveur du « Mariage pour tous ».
Nous connaissions les déclarations porteuses d’espérance du Pape François. Il osait aborder les tabous de l’Église et se poser une question importante : « Qui suis-je pour juger ? »
Nous connaissions aussi les fortes tensions qui divisent la Curie romaine ou un certain épiscopat, africain, entre autre.
Ils se plaisent à réduire la vie de l’homme d’aujourd’hui à une dichotomie affligeante entre «conservateurs» et « progressistes », comme si la trame de la vie humaine était une simple équation mathématique.
Beaucoup de Chrétiens, depuis deux ans, ont placé leur espoir dans cette rencontre : l’Église allait-elle rester un juge inflexible, loin de toute miséricorde et donc très éloignée de la vérité de l’Évangile ou allait-elle mettre ses pas dans l’attitude nouvelle et dans le souffle frais venant de la Papauté … L’avenir nous le dira !
Beaucoup d’hommes, de femmes, confrontés à des situations de vie diverses, attendent, eux aussi, une parole d’Espérance et un peu de lumière. Des Chrétiens engagés, des groupements de laïcs se sont exprimés en ce sens !
Les évêques belges, Bonny et Van Looy, ont été les messagers d’un espoir et d’une ouverture, en faisant une place de choix dans leurs interventions, au vécu, parfois douloureux, de familles de chez nous.
Ils se sont exprimés dans le sillage des réalités d’Occident, pour lesquelles la doctrine de l’Église reste un idéal, alors que le concret se vit souvent autrement !
D’autres évêques, représentant d’autres continents, se sont, eux aussi, exprimés selon les attentes de leurs régions pastorales, avec des préoccupations parfois bien différentes.
C’est cela aussi le concert de l’Église universelle !

Où en sont les Pères synodaux, alors qu’il est question de rédiger le document final ?
Deux dérapages importants ont marqué la durée des débats.
Le premier, c’est une « fuite ». Une lettre d’une dizaine de cardinaux, adressée au Pape, s’est retrouvée divulguée dans la presse.
Ils s’y opposaient à la méthode utilisée par le Pape, lui refusant le droit d’utiliser le document de travail du Synode, jugé trop progressiste, comme base pour le texte final qui synthétisera leurs débats.
Il s’agit, certes, d’une maladresse, mais elle en dit long sur la division qui déchire l’Église.
À travers cette lettre, nous découvrons qu’il y a d’une part, le Pape François, véritable porte-flambeau d’une espérance et d’un visage crédible de l’Église, empreint d’Évangile et de miséricorde.
Il y a d’autre part, les évêques conservateurs, poussés par des lobbies puissants, pour qui la vie de l’homme n’a que peu de prix face à la rigidité de dogmes et de doctrines d’un autre temps.
Le deuxième incident qui est venu entacher ce Synode, ce sont les déclarations incendiaires d’un archevêque guinéen, Monseigneur Sarah : « Un discernement théologique nous permet de voir dans notre époque deux menaces inattendues -presque comme des bêtes de l'Apocalypse - et qui se situent à des pôles opposés : d'un côté, l'idolâtrie de la liberté occidentale, de l'autre, le fanatisme religieux ».
Et de poursuivre : « Pour utiliser un slogan, nous nous trouvons entre l'idéologie du genre et l'EI (…) Ce que le nazisme-fascisme et le communisme ont été au XXème siècle, les idéologies occidentales sur l'homosexualité et l'avortement, et le fanatisme islamique le sont aujourd'hui ».
Le cardinal poursuit sa logorrhée en détaillant sa position : « De ces deux radicalisations naissent deux dangers majeurs pour la famille : sa désintégration subjectiviste dans le monde occidental sécularisé à travers le divorce rapide et facile, l'avortement, les unions homosexuelles : voyez la théorie du genre, les Femen, le lobby LGBT. De l'autre côté, il y a la pseudo-famille d'un islam idéologisé qui légitime la polygamie, l'esclavage sexuel, le mariage des enfants. Voyez : Al-Qaïda, l'EI, Boko Haram. »
La raisons de ces dérèglements, il les justifie en des termes très durs : « Certaines clés nous permettent de discerner la même origine démoniaque de ces deux mouvements » : ils prônent tous deux « une loi universelle et totalitaire, sont violemment intolérants, destructeurs des familles et de l'Église, et ouvertement christianophobes ».
Mais pour qui se prend-t-il, cet Inquisiteur nauséabond ? 
À travers des propos d’une pauvreté intellectuelle lamentable, il se permet de réduire le vécu d’hommes, de femmes, d’enfants, de familles, à des terrains idéologiques et à des condamnations sans nuances.
Il met sur le même pied, des êtres humains qui ont connu l’échec, qui, sans le vouloir, se sont retrouvés confrontés à des sexualités qui les dépassaient et des terroristes qui tuent et qui sèment la terreur là où ils passent.
Il met sur le même pied des militants qui se battent au nom de la dignité humaine avec des méthodes parfois étonnantes et des combattants qui violent, qui réduisent en esclavage, qui décapitent et qui crucifient.
Il met sur le même pied des humains qui tâchent de trouver des voies pour écrire leur bonheur et de vulgaires monstres qui nient toute possibilité d’avenir.
Selon la définition du dictionnaire, cet archevêque est un crétin.
Il semble avoir oublié de se demander ce qu’aurait fait Jésus à sa place.
Il semble avoir oublié que l’Évangile était un souffle de vie et non un éteignoir d’existences.
Il semble avoir oublié que la Miséricorde qu’il « chantera » à l’occasion de l’Année sainte qui arrive, ne dure pas que le temps du déballage d’un "falbala" liturgique et hypocrite, mais qu’il est la marque de fabrique du Chrétien qui se dit dans l’humilité d’un signe de croix.
Cet Archevêque est dans la droite ligne de tous ces « Djihadistes catholiques » qui à travers des personnalités immondes, à travers des sectes et des communautés nouvelles racoleuses et méprisantes sèment la honte et le dégoût de l’Église. Ils utilisent les questionnements et le désarroi de jeunes et d’autres pour en faire leur fonds de commerce. Les méthodes de l’extrême-droite politique sont devenues leurs armes d’évangélisation.
Ils se veulent la "Jeanne d’Arc" de la morale et de la doctrine. Ils ne sont qu’un ramassis ordurier de propos dénoncés par Jésus lui-même : « Faites ce qu’ils disent, mais pas ce qu’ils font ».
Ils se veulent être une parole autorisée, alors qu’en fait ils ne sont qu’une justification des pouvoirs qu’ils défendent et des lobbies conservateurs qu’ils servent. Ils ne sont que les valets d’une dictature  chrétienne au cœur d’une société sécularisée qui se détourne d’elle depuis longtemps.
J’ai honte de cette Église !
J’ai honte de ces Chrétiens qui défigurent l’Évangile au quotidien.
J’ai honte de ces prélats qui se prélassent dans leur médiocrité au lieu d’être des phares au milieu des tempêtes qui obscurcissent le cœur de l’homme.
Je demande « pardon » à vous que ces propos de poubelle blessent et nient.
Le Pape François est un signe d’Espérance au cœur de l’Église et au cœur du monde.
Il parle au cœur de l’Homme. Il va à la rencontre du blessé de la vie. Il ouvre des portes en toute humilité et en toute vérité.
Le laisserons-nous piétiner par quelques arrivistes sans foi ni loi ?
Laisserons-nous son visage devenir le terrain abject de crachats et de gifles ?
Face à une telle situation, je dirais volontiers au Citoyen : « Entre en rébellion ».
Je dirais au Chrétien : « Entre en Évangile » !

Guy De Smet (15 octobre 2015)


- 102 - LES PESTIFÉRÉS DU XXIème SIÈCLE

À l’heure où l’Église est rassemblée pour un synode sur la famille, les vieux démons de la stigmatisation et de la condamnation sont de retour.
Dans la foulée, d’épisodes précédents, l’homosexualité s’est invitée dans les débats.
Souvenez-vous à l’entrée du Synode, un prêtre polonais, accompagné par son compagnon, se lançait dans un coming-out retentissant.
Il affirmait haut et fort son homosexualité, en défi à une institution qui rejette, qui exclut.
Ce faisant, elle se place en contradiction avec l’Évangile, disait-il, dans lequel Jésus se montre accueillant et écoutant, même s’il ne bénit pas tout.
Il voulait donner un coup de pied dans la fourmilière d’une hypocrisie qui pousse au mensonge et à la clandestinité.
La réaction n’a pas tardé : il a été mis à pied et suspendu de ses fonctions !
Courageuse Église aux mains pures, pleines de sang !
Le geste de ce prêtre intervient dans la foulée d’une rencontre historique du Pape François lors de son récent voyage aux États-Unis, où il avait rencontré un couple homosexuel.
Courageux Pape ! Il ose braver les interdits de l’institution pour laquelle il rêve d’un souffle nouveau !
Dans une intervention remarquée, le Cardinal Sarah, Archevêque Guinéen compare l’homosexualité au crime commis par l’État islamique.
Selon lui, cette déviance ou la barbarie djihadiste de l’État islamique ne sont qu’un seul et même visage du mal qui déstabilise l’Église et la société.
Ceux qui oseraient la défendre se comporteraient selon lui comme des « christianophobes » dangereux, contre lesquels il faut s’armer.
D’autres voix morales de l’Église s’étaient déjà fait entendre, fustigeant l’homosexualité, cette maladie qu’il faut combattre à n’importe quel prix.
Ces exégètes de la morale et de la doctrine chrétienne s’étaient alors lancés dans un subtil jeu de mots philosophique, selon lequel il ne s’en prenait pas aux personnes, mais bien à ce qu’elles vivaient. Ce qui était condamnable, ce n’était pas l’homosexuel, mais bien l’homosexualité !
Ne dit-on pas pourtant de celui qui est atteint d’une rage de dents, qu’il est devenu la dent ?
Ne dit-on pas que celui qui est atteint d’un cancer réduit tout son horizon à cette maladie qui le détruit ?
Je me permets cependant de préciser qu’il aura fallu des années à l’Organisation Mondiale de la Santé pour admettre que l’homosexualité n’était pas une maladie !
L’important, donc, ce ne sont pas ces catégories philosophiques et ces beaux discours stériles.
L’important, c’est ce que vit un homme ou une femme ! Que nous le voulions ou non, il est ce qu’il vit !
Et ce n’est pas chose facile : accepter d’être différent. Accepter d’être l’objet de moqueries, de discriminations, de rejets. Accepter de vivre dans la clandestinité en s’enfermant dans une culpabilité qui n’a pas lieu d’être.
La société est très dure avec ceux qui osent vivre une différence, qu’elle soit de race, de religion ou encore de sexualité.
Jusqu’au sida, cette lèpre des temps modernes, qui fut considéré par certains « bons croyants » comme une punition divine ! Croyons-nous au même Dieu ?
L’homophobie est aujourd’hui un comportement qui se banalise et qui suscite bien de l’indifférence.
Il est des pays, comme la Russie et la plupart des pays musulmans où l’amour et l’amitié entre deux personnes de même sexe est un crime puni de mort et d’humiliations. Les criminels de l’État islamique n’hésitent pas à les jeter du haut d’immeubles. L’Iran, n’hésite pas à les pendre.
Que de témoignages d’hommes et de femmes pour qui l’homosexualité est devenue un enfer au quotidien.
Certes, il y a des progrès !
Aujourd’hui, des pays comme la Belgique ou la France  ont pris en compte l’homosexualité dans leurs projets de société, jusqu’à émettre une forme de de reconnaissance : PACS, cohabitation légale, mariage …  Désormais leur amour peut se vivre au grand jour, au même titre que celui d’un homme et d’une femme.
Aujourd’hui, des homosexuels ont droit à un statut juridique qui les protège contre les événements de la vie : la mort, l’héritage, les actes simples de la vie …
Aujourd’hui, ils osent dire leur différence et militer pour qu’elle soit reconnue et entendue.
Je m’en réjouis avec eux !
Mais en même temps, j’accuse !
J’accuse l’Église d’être ce développeur d’homophobie qui tue, qui rejette. Ses discours vindicatifs sont des atteintes aux Droits de l’Homme. Ils sont une gifle à l’humanité et un contre-témoignage cinglant face à l’accueil et à l’ouverture de son fondateur, Jésus.
J’accuse l’Église d’être un étouffoir de vie et de Foi. En écrivant cela, j’ai en tête ces homosexuels chrétiens qui, dans des communautés comme celle du « Christ Libérateur » ou « David et Jonathan » se retrouvent pour prier, pour célébrer et pour chercher une espérance auprès des Chrétiens. Les discours officiels ne sont pour eux que source de haine et de culpabilisation !
J’accuse l’Église d’être un ange des ténèbres, poussant des hommes et des femmes à vivre leur amour dans la clandestinité et dans l’opprobre – jusque dans ses propres rangs.
Église, qu’as-tu fait de la présence de Jésus auprès  de Marie-Madeleine ou auprès de la femme adultère ?
Église, qu’as-tu fait de la Parole de Jésus qui si souvent te condamne : « faites ce qu’ils vous disent, mais pas ce qu’ils font » ?
Église, qu’as-tu fait de la Miséricorde que tu aimes tant prêcher, que tu aimes tant fêter … au point si souvent de n’être qu’un « sépulcre blanchi » ?
Quant à toi, mon frère homosexuel, laisse-moi te demander « pardon ».
Pardon pour nos propres fautes qui ne nous permettent pas de juger ou de condamner.
Pardon pour nos étiquettes que nous collons sans savoir le mal avec lequel nous défigurons.
Pardon pour nos regards de « purs » et « d’hypocrites » qui n’ont pas vu pétiller dans tes yeux le regard de l’Amour.
J’ai oublié de poser mon regard sur toi, comme Lui, Jésus ne cesse de le poser sur moi.
Lors des événements de Charlie Hebdo, souvenez-vous, nous arborions des panneaux « Je suis Charlie ». C’était notre manière de manifester notre soutien et notre indignation face à autant de violence.
Et si, face à cette virulence de l’Église destinée aux pestiférés du XXIème siècle nous osions écrire, nous aussi : «  Je suis homosexuel ! ».
Notre soutien et notre indignation face à autant d’homophobie oseraient-ils s’affirmer avec autant de détermination ?
N’oublions jamais cette audace de Jésus : « La vérité vous rendra libres ! »

Guy De Smet (15 octobre 2015)


- 103 - LE GÂCHIS  D’UNE SOCIÉTÉ

Une certaine crise économique et sociale empoisonne la vie de notre société depuis des lustres.
Une troisième guerre mondiale d’ordre économique s’est ainsi abattue, telle une chape de plomb, sur la vie de nos États, semant sur son chemin peur et insécurité.
Le monde financier, dont les banques ne sont que le sommet de  l’iceberg, s’est restructuré.
Son objectif est de se développer, de grignoter un maximum de parts de marché.
La rentabilité, la compétitivité sont ses stimulants.
Les notations des agences et les cours de la Bourse sont son baromètre.
La loi du marché est son credo.
La course à l’argent et aux bénéfices est son moteur.
L’exploitation de l’homme est son carburant.
En est né un paysage sociétal bien éloigné du projet du créateur tel qu’il est décrit dans la Bible : « Il vit que cela était bon ! »
Notre société ressemble à Beyrouth, après un bombardement. L’homme y est couvert de blessures et de misère. Il y est défiguré par les injustices qui le frappent, tels des missiles meurtriers.
Aux manettes de commande de cette « guerre » du XXIième siècle, nous trouvons quelques grandes fortunes qui n’ont pas hésité à mettre la mainmise sur les richesses de la planète.
Nous trouvons aussi quelques grandes entreprises et leurs actionnaires qui font de la spoliation de l’homme une manière de s’enrichir et de bâtir leurs fortunes.
Nous trouvons le monde bancaire qui a remplacé son service à ses clients par un vaste jeu de casino, dans lesquels la malhonnêteté, le mépris et la soif de bénéfices sont les armes de destruction massives de petits épargnants et de petits projets humains.
À leur solde, nous trouvons des acteurs politiques, des gouvernants qui ont remplacé la démocratie et la voix du peuple par une dictature financière qu’imposent ceux qui tiennent les manettes et le vrai pouvoir.
Ils ne sont que de vulgaires valets qui consultent le peuple, le temps d’une élection, transformant les citoyens, bien vite, en des « citrons pressés ».
Ils sont les représentants d’un néolibéralisme qui, de la gauche à la droite, étouffent l’homme sous des mensonges et sous des mirages destructeurs.
Une telle société et une telle « guerre » sont amorales. Elles n’ont aucun sens de la justice et elles sont une négation des droits élémentaires de l’Homme.
À Paris le Musée de l’Homme vient de rouvrir ses portes. Il pourra bientôt apposer une nouvelle pièce à sa collection : un panneau « fin de l’Humanité ».
Pendant que les valets du grand capital crient « Jobs, jobs, jobs », le citoyen voit, lui, s’installer une toute autre réalité, sans le moindre souffle et sans la moindre espérance.
Une pluie de mesures vient assombrir le ciel du citoyen qui vit de son travail ou de celui qui voudrait bien être sur le marché de l’emploi.
Saut d’index, gel des salaires, hausse du coût de la vie, augmentation des accises, augmentation de la TVA … tout cela ne peut que se traduire en perte du pouvoir d’achat et en fins de mois difficiles.
Suppression des allocations allouées aux jeunes, arrivant sur le marché de l’emploi, exclusion des allocations de chômage, après une période de perte d’emploi de longue durée … tout cela conduit à une misère et à une pauvreté insupportables qui atteignent des records dans certaines régions de notre pays.
Il y a les hold-up des retraites qui dévalisent des travailleurs qui ont cotisé toutes leur vie et que nos gouvernants ne traitent qu’avec le mépris de statistiques et le paternalisme de menaces.
Il y a les manipulations des taux des pensions complémentaires, où l’individu est sacrifié à l’intérêt de quelques actionnaires.
Mourir ou disparaître serait la bonne manière de mettre fin à sa carrière ! Travailleur, si tel était ton sort ?
Il y a tous ces plans de restructuration d’entreprises dont l’objectif est de promouvoir les bénéfices en sacrifiant des hommes et des femmes au moyen de licenciements abusifs ou d’efforts imposés scandaleux.
Il y a ce chantage permanent face à l’avenir, qui fait de la concertation sociale une mascarade dans laquelle les droits et les promesses sont bafoués et dans laquelle aussi le chantage à l’emploi est devenu une norme.
Il y a ces promesses nauséabondes d’un gouvernement et de patrons sans scrupules qui promettent des emplois, sans trop s’attarder aux modalités qui les rendent possible. Grâce à cela l’Allemagne a pu exporter une conception nouvelle du « travailleur pauvre ». Des emplois précaires, du travail dominical à n’importe quel prix, une flexibilité proche de l’esclavage …. Toutes des stratégies qui tuent les rêves les plus légitimes de ceux qui n’ont que leur emploi pour exister.
Il y a ces coups de traîtres, tirés sur l’environnement qui détruisent une planète en moins de temps qu’il n’a fallu pour la créer. À notre porte se trouve le rendez-vous d’une conférence internationale sur le climat à Paris. Dans la ligne des autres, elle s’annonce déjà comme un échec de plus. Des lobbies énergétiques et politiques s’en occupent efficacement !
Il y a ce scandale des migrants venant de pays en guerre. Non seulement, ils sont les victimes de nos marchands d’armes, mais, en plus, quand ils frappent à notre porte en espérant un peu d’aide, ils ne rencontrent que nos statistiques, notre arrogance de riches et la froideur de notre mépris.

Mais toutes ces mesures sont utiles à notre bonheur futur, nous disent nos gouvernants, sans qu’une date ne soit fixée.
Elles vont permettre à court terme des « Jobs, jobs, jobs ».
Nous, nous n’entendons et nous ne croulons que sous des « taxes, taxes, taxes ».
Elles vont nous permettre d’offrir du travail à tous, mentent-ils.
Ils ne proposent que des emplois précaires, fluctuants. Le rêve et les projets ne semblent pas être de mise pour celles et ceux qui vivent de leur travail.
Elles envisagent de « gagner plus » au mépris de toute vie de famille : le travail du dimanche s’en charge !
Elles offrent d’un côté et volent de l’autre !
Ils prétendent « donner » des augmentations d’un côté, mais ils reprennent bien vite au moyen de taxes et d’impôts nouveaux.
La société néolibérale est devenue une aberration. Elle tue l’homme et le massacre au nom d’une soif d’argent démesurée. Elle est devenue un cancer incurable.
La société néolibérale doit être combattue, parce qu’elle n’offre aucun avenir à l’Homme.
Elle l’emprisonne dans les filets de l’égoïsme et de la dictature de quelques nantis. Elle brise les « petits pas » vers un « mieux vivre » … au nom de poings qui se ferment et de cœur qui s’aigrissent.
La société néolibérale sonnerait-elle la fin de notre civilisation ?

Guy De Smet (19 octobre 2015)


- 104 - QUE DEVIENT LE DROIT DE GRÈVE ?

Cette question populiste était la réaction d’un patron, suite à la grève générale qui perturbait la province de Liège, ce lundi matin.
Question plus que suspecte dans une telle bouche !
Perturbation du rail, entreprises fermées, activité économique au ralenti, autoroutes bloquées … et m’insérant dans le non-dit de cet acteur économique, j’ajouterais : des bénéfices qui ne sont pas engrangés.
La réaction de cet entrepreneur s’ajoute à celle d’usagers qui en ont assez d’être les otages de mouvements qui pourtant les concernent.
Il était émouvant d’entendre ce patron s’inquiéter pour la sécurité des automobilistes confrontés aux feux aux accès des autoroutes ! Comme si cela l’intéressait vraiment !
Mais qu’est-ce qu’une grève ?
J’ai donc pris mon dictionnaire et voici ce que j’y ai lu : « Cessation collective et concertée du travail, décidée par des salariés dans le but d’appuyer une revendication salariale ».
De plus, la grève est un droit prévu dans le Droit international du travail. Il a servi à bien des avancées sociales pour lesquelles il a fallu combattre les privilèges insolents du patronat.
Un certain monde libéral veut voir dans ces mouvements des « grèves politiques », s’opposant ainsi à des programmes gouvernementaux jugées inacceptables. Comme s’il y avait d’autres choix !
Une certaine partie de la population n’y voit que des désagréments et des obstacles à son propre épanouissement : égoïsme quand tu nous tiens !
Face à ces droits, nos gouvernants verraient bien la mise en place de limites. Ils s’accorderaient bien sur des réquisitions et sur un service minimum … pourvu que la population ne soit pas bousculée.
Certes, d’un côté, il y a la stabilité d’un pays. Il y a ses lois et ses options politiques. Il y a son indispensable activité économique et son besoin de rendement et de compétitivité.
Mais de l’autre côté, il y a des injustices sociales, des licenciements, des salaires en décalage avec le coût de la vie, la qualité d’emplois stables. Il y a le chômage et son cortège de misère. Il y a cette pression obsédante exercé sur une classe sociale qui devient intolérable.
Dans un tel face à face, il n’est pas question de promenade de santé et encore moins de mouvement qui ne dérange personne.
Une grève est là pour dire un mécontentement. Elle est là pour appuyer des revendications et faire entendre sa voix.
À cela s’ajoute aujourd’hui une colère de la population qui, elle aussi, a besoin de s’exprimer. Elle n’a trouvé que dans la violence un mode d’expression : l’autisme des pouvoirs étant devenu trop grand.
Les travailleurs n’en peuvent plus d’être pourchassés dans leurs droits. Ils n’en peuvent plus d’exigences patronales sans cesse plus grandes au nom de la productivité, sans que cela ne s’accompagne d’encouragements financiers.
Les travailleurs n’en peuvent plus de devoir être les acteurs méprisés d’une flexibilité de l’emploi qui les enferme dans une précarité angoissante.
Les travailleurs n’en peuvent plus d’être les victimes de stratégies financières qui ne voient dans les entreprises que des « pompes à fric » pour le plus grand bonheur de quelques actionnaires véreux. Que serait l’argent, sans le travail et vice-versa ?
Les concertations des partenaires sociaux s’avèrent être des échecs humains créés, aux conséquences désastreuses dans trop de familles.
Le dialogue est devenu un monologue outrageant qui fait du patronat, du gouvernement des forteresses de l’autisme et du mépris.
Alors oui, que devient le droit de grève ?
Il me semble être aujourd’hui, un avertissement à une société qui laisse sur le bord du chemin une partie de sa population fragilisée par des mesures injustes, au nom de la dictature de l’argent.
Il me semble aujourd’hui être le seul moyen, rempli de désespoir, d’une catégorie de citoyens qui n’en peuvent plus d’être ignorés par un monde politique, censé s’occuper des affaires de TOUTE  la Cité.
Il me semble être aujourd’hui le signe que notre société est malade, qu’une solidarité et une justice sont à construire d’urgence pour que tout homme ait droit au bonheur.
Aujourd’hui, ce sont des accès d’autoroutes qui sont en feu … et si demain c’était tout un pays ?

Guy De Smet (19 octobre 2015)


- 105 - LA VIOLENCE D’UNE GRÈVE

Une certaine presse à la solde des lobbies de la publicité et des partis politiques fait état dans ses colonnes de la violence qui accompagne un mouvement de grève.
Elle trouve un écho auprès de nos responsables politiques, auprès des représentants du patronat qui n’attirent l’attention que sur ces quelques feux aux abords d’une autoroute ou sur quelques « casseurs » qui, à eux seuls, seraient le résumé de toute une action sociale.
Pendant ce temps-là des commerçants, des navetteurs, des citoyens ne voient dans ces grèves que des tracasseries inutiles et des vexations, tout en continuant de se plaindre sur la situation fiscale dont ils sont les victimes.
Dépôt de plainte, stigmatisation des travailleurs, mise en question du droit de grève … ce sont là autant d’attitudes qui en disent long sur notre individualisme et sur nos égoïsmes à moins que ce ne soit l’indifférence face au vécu de nos voisins.
Mon propos ici n’est pas de défendre la violence. J’ai plutôt envie de m’attacher aux dérives qui occasionnent de tels comportements, jugés répréhensibles.
Certes, des doigts d’honneur, des pneus brûlés sur des accès d’autoroutes, des piquets de grève, ce sont là autant d’atteintes à des libertés individuelles qui nous sont chères.
Le patronat insistera d’ailleurs lourdement sur un droit au travail et sur l’importance du libre accès qui devrait être laissé aux ouvriers qui veulent franchir les grilles de l’entreprise pour y effectuer leurs tâches et avoir droit à leur maigre salaire.
Les ministres, quant à eux, insisteront sur le caractère « voyou » de toutes ces violences gratuites, sur la nécessité d’un service minimum, si pas sur une limitation du droit de grève.
Mais cette voix qui en appelle à l’ordre, à la discipline n’est-elle que la seule à pouvoir se faire entendre ?
Les travailleurs en ont décidé autrement.
Eux aussi ont envie d’exprimer leur désarroi.
Eux aussi ont décidé de s’opposer aux injustices qui les frappent.
À travers ces deux voix que tout oppose, ce sont deux violences qui s’affrontent.
Il y a d’abord celle qui se voit dans la presse à travers des images-chocs et qui nous ébranle.
Ce sont des dockers qui, dans les rues de Bruxelles, cassent, détruisent et  laissent ainsi libre court à une violence qui les ronge.
C’est celle de grévistes qui mettent le feu et sèment le chaos à un carrefour d’autoroute. Certains vont jusqu’à dire qu’ils dégradent. D’autres s’en étaient pourtant chargés avant eux, l’inertie de nos gouvernants, par exemple. Ils ont fait des nids de poule, un nouveau revêtement pour tester la robustesse de nos amortisseurs !
Cette violence-là, la Justice et l’opinion publique la condamnent. Un discrédit s’abat sur l’action syndicale dans son ensemble, jusqu’à émettre l’idée de mettre leur pouvoir sous le boisseau.
Et pourtant, n’est-ce pas cette violence-là qui, lors des grèves de 1960, a rendu sa dignité au travailleur confronté à une loi inique ?

Cette violence, je la considère comme un écho à une autre violence plus sournoise qui ne s‘affiche pas sur nos écrans de télévision ou qui fait moins la une de nos journaux ou des déclarations de nos excellences.
Il s’agit de la violence issue de mesures gouvernementales et d’un chantage patronal qui s’allient pour faire de la pauvreté une arme de compétitivité.
Violence quand Arcelor-Mittal ou un autre grand groupe industriel, après avoir bénéficié d’avantages fiscaux en tous genres, décide, du jour au lendemain, de se restructurer et de délocaliser vers des pays du Tiers-Monde, là où la main d’œuvre se rapproche des conditions de l’esclavage.
Violence quand un jeune, arrivant sur le marché de l’emploi, se voir refuser un engagement parce qu’il est jeune et donc sans expérience. De plus l’État lui supprime des allocations d’insertion, après lui avoir assuré un enseignement qui ne mène à rien.
Violence, quand dans une entreprise, des efforts et des sacrifices sont imposés aux travailleurs, afin de « sauver » l’entreprise. Ils ne reçoivent rien en contrepartie, sinon des menaces de suppressions d’emplois s’ils n’obéissent pas.
Violence quand un ouvrier ou un employé apprend par la froideur d’un courrier ou par la presse qu’il est licencié, peu importe son âge ou son engagement au sein de l’entreprise.
Violence quand un travailleur âgé perd son emploi, sans aucune perspective d’en retrouver … les bénéfices de l’entreprise, la rentabilité sont à ce prix. Il est trop âgé, il coûte trop cher … il doit s’en aller !
Violence quand un travailleur, arrivé au terme de sa carrière se voit obligé de chercher un boulot sous peine de perdre des avantages de sa retraite, celle pour laquelle il a épargné toute sa vie.
Violence quand un travailleur se voit contraint de travailler plus longtemps, peu importe la pénibilité de sa tâche ou les limites de sa santé. Une retraite qui lui permettra à peine de boucler les fins de mois !
Pendant ce temps nos ministres, après à peine quelques temps de fonction, se voient attribuer une pension à vie.
Pendant ce temps, nos parlementaires s’attribuent des primes de départ indécentes.
Pendant ce temps, le moindre édile européen s’octroie des avantages qui font honte à l’institution.
Violence quand un chômeur se voit l’objet d’une chasse aux sorcières incessante et d’une obligation de délation : vit-il seul ? ne  frauderait-il pas ?
Violence encore, quand ce même chômeur, après une période de recherche infructueuse d’emploi, se voit privé des allocations de chômage qui l’aidaient à survivre. Le voilà rayé de l’humanité. Le voilà contraint de vivre de mendicité  et de croupir dans la misère.
Violence quand des « Jobs » promis sont des emplois précaires au nom d’une flexibilité de l’emploi qui ne visent que les rendements d’argent.
Comment désormais se donner les moyens de s’installer dans la vie ?
Comment pouvoir assurer sa retraite, si ce n’est sur le mode de la pauvreté ?
Violence quand des parents, confrontés à la précarité de l’emploi, sont obligés de se priver de l’essentiel et de dire « non » aux envies légitimes de leurs enfants.
Violence quand un gouvernement en cesse de s’acharner sur une même classe sociale, lui imposant des taxes comme des punitions, le privant de rêves, de souffle et d’avenir. Pas le moindre projet de société à l’horizon !
Violence quand une concertation sociale est prisonnière d’un plan gouvernemental soutenu par des patrons assis sur leurs privilèges. Les travailleurs n’ont qu’à « signer » sous peine de se voir imposer des mesures discriminatoires.
Violence quand ce même gouvernement promet des emplois, alors que cela ne dépendra que du bon vouloir d’entreprises plus avides de gains que de promotion sociale.
Violence quand une société est incapable d’assurer le bien-être et la santé de sa population. Ces valeurs élémentaires sont sacrifiées sur l’autel d’une austérité assassine qui profite à quelques nantis véreux.
Violence quand un gouvernement se prostitue en donnant une somme d’argent ridicule à des migrants pour qu’ils rentrent chez eux retrouver la guerre et la violence, la famine et la misère … comme si quelques miettes d’argent réglaient tout !
Curieux de constater que telle ne fut pas la politique menée à l’égard des fraudeurs et des exilés fiscaux français et autres.
Violence quand trois ministres et leurs cours se rendent à New-York pour une assemblée des Nations Unies  sur le compte d’une population qu’ils ne cessent de saigner à blanc. Pendant ce temps, cette dernière se prive de vacances et de petits bonheurs au quotidien, simplement parce qu’ils n’en ont plus les moyens.
Enfin, grâce à ce luxe que nous lui aurons offert, le Premier-Ministre saura, de source présidentielle, que sa compagne est enceinte !
Violence quand un enfant sur quatre, en Wallonie, vit sous le seuil de pauvreté, pendant que d’autres croulent sous une aisance étouffante.
Oui, que de violences qui se cachent derrière la colère qui accompagne les grèves que nous connaissons.
Elle est traitée avec mépris et arrogance par l’opinion publique et par des dirigeants plus soucieux de leur carrière et de leurs avantages que du bien de tous.
Ils n’y voient que les soubresauts du combat d’un autre siècle mené par des syndicats sclérosés, en quête d’adhérents.
Une certaine opinion bourgeoise y voit une menace pour notre vie en société. Elle privilégierait plutôt une concertation ou un dialogue qui s’approche de la résignation.
Demain, cette violence nous éclatera à la figure, car il n’est pas prudent de faire de l’homme quelqu’un qui n’a plus rien à perdre.
Demain ce ne sera plus l’esprit de compromis qui mènera la danse, comme nous le voyons aujourd’hui, ce sera un vent de révolte qui renversera tout, engendrant une explosion sociale qui fera mal.
Aujourd’hui, ce sont quelques pneus qui brûlent sur un accès d’autoroute !
Les laisserons-nous devenir le prélude à un embrasement à la hauteur d’une vraie lutte des classes ?

Guy De Smet (20 octobre 2015)


- 106 - OÙ EST PASSÉE LA LAMPE D’ALADIN ?

Encore un billet aux puissants relents politiques, penseront certains.
Pourtant dans la trame de ces publications où la vie quotidienne et l’Évangile se confrontent, il me semble avoir toute sa place.
Je me souviens de ces paroles d’un maitre en théologie morale qui nous répétait volontiers : « Si tu ne t’occupes pas de politique, elle s’occupe de toi ! »
Les contes de nos enfances et nos soifs de bonnes nouvelles nous ont souvent inspiré l’idée de recourir à notre lampe d’Aladin. Un bon génie devait en surgir pour nous guider et pour dessiner notre avenir.
Je me suis donc branché sur une page d’actualité pour découvrir la dernière invention de notre ministre des finances, Johan Van Overtveldt.
Il met à notre disposition un nouveau gadget informatique : montaxshift.be.
J’ai joué le jeu proposé. J’ai encodé le montant de mon salaire brut et … Miracle, j’ai obtenu le cadeau mensuel net que me fait ce « merveilleux » gouvernement de pourris : 13 € en 2015, 67 € en 2016 et à un horizon de 5 ans, 111€ !
J’avais presque envie de sauter de joie. Imaginez, je recevais 111 € de miettes à une époque où ce gouvernement de malheur, échéances électorales obligent, ne devraient plus être là, pour mon plus grand bonheur.
J’ai ensuite consulté mon déficit suite au gel des salaires, suite au saut d’index (qui n’en déplaise a bien eu lieu !), suite à la hausse du coût de la vie, des frais de chauffage, d’électricité, de carburant, suite à la hausse des accises et de la TVA, suite au changement de taux de ma pension complémentaire.
J’ose à peine envisager l’aménagement des tranches imposables.
Je me suis permis une petite balance comptable, pour découvrir de combien ce gouvernement m’avait spolié. Ma joie s’est alors transformée en tristesse et puis, bien vite, en colère.
En fait, je n’aurais pas dû faire cette opération ?
D’une part, je ne suis pas très bon en calcul.
D’autre part, Monsieur Chastel, cet ahuri du MR, nous avait prévenu. Ne consultez que votre fiche de salaire … et pas vos factures !
Mais malheureusement, je ne puis, à l’inverse de ses pareils, profiter de magouilles, de pensions à vie, de primes et de frais de fonctions mirobolants.
Et dire que lui, le pauvre, ne profitera pas de ce « montaxshift » que ses coreligionnaires libéraux ont inventé ! Quel sacrifice !
En lui désobéissant, j’ai constaté, avec amertume, que ce gouvernement ne cesse de nous mentir et qu’il ne cesse d’endormir notre vigilance.
Notre premier-ministre ne nous avait-il pas dit, dans un français qui ne veut rien dire : « 100 € tout de suite, à l’horizon 2015 ! ». À moins que nous ne parlions pas la même langue !
Il est vrai que le Ministère des finances a quelques soucis avec les chiffres et qu’il n’est pas à une erreur près !
La lampe d’Aladin dégageait donc une fumée nauséabonde d’où surgissait un monstre habillé d’austérité et de misère.
Me croyant encore dans les privilégiés, j’ai donc encodé le salaire brut minimum, permis par montaxshift.be, 1500€ !
En 2015, l’intéressé touchera 23 € net, en 2016, 83 € et en 2020, 146 €.
J’ai fait pour lui le même décompte de ses dépenses … et je me suis mis à pleurer avec lui.
Au lieu de l’aider, le gouvernement l’avait floué et appauvri !
Pour consolider mon opinion, j’ai alors encodé le chiffre maximum que permet le gadget, 6000 €. Lui touchera un supplément de 6 € en 2015, de 21 € en 2016 et de 74 €, à l’horizon de 2020.
Là, mes larmes se sont transformées en rage. Ce salarié – et j’en suis heureux pour lui - qui bénéficie d’un salaire brut plus du double du mien, recevra un montant équivalent à la moitié du cadeau qui m’est fait et à peine 30 € de moins par mois en 2020 !
Où est l’équité ?
Je me suis alors mis dans la peau de nos responsables gouvernementaux … et j’ai mis en place une certaine manière de réfléchir qui semble concorder aux mesures qu’ils éructent.
Mais de quoi se plaint le citoyen ?
Il se plaint que nous ne nous occupons pas de social, mais nous ne faisons que cela à longueur de journée, en l’endimanchant dans une austérité qui lui va à merveille.
Grâce à nous, il a le droit de vivre. S’il le veut, il peut se nourrir de produits blancs et ne pas s’encanailler dans des menus plaisirs.
Il peut veiller sur sa santé en changeant de voiture pour des normes qui changeront prochainement encore, en ne buvant plus son petit verre de vin ou sa cannette de soda.
Il a le droit de se sentir utile plus longtemps, en travaillant plus d’années, s’il trouve du travail ou s’il vit encore.
Durant sa retraite, qui devra être de courte durée, nous avons tellement bien dosé ce qu’il recevra comme pécule, qu’il ne pourra pas se détruire dans des consommations nuisibles et dans des plaisirs éreintants.
Il se plaint qu’il n’a pas de travail, mais nous l’incitons à accepter des  emplois précaires. Ils sont peut-être peu gratifiants, mais qu’il le comprenne, nous ne pouvons faire mieux : situation économique oblige !
Il se plaint que nous le pourchassions quand il est en recherche d’emploi, mais nous savons qu’il a besoin de stimulant pour rechercher un emploi qui n’existe pas.
Il se plaint qu’il n’a pas de travail quand il est jeune, mais qu’il profite de l’amour de ses parents, qu’ils profitent des possibilités de sa jeunesse. Ses études ne l’ont mené nulle part, mais qu’il se forme !
Il se plaint de ne pouvoir prendre de vacances, mais nous lui évitons les files dans les bouchons ou encore les contrôles intempestifs dans les aéroports. De plus, que de faux-frais nous lui épargnons !
Nous lui permettons de respirer sainement grâce aux taxes environnementales et au tri des poubelles que nous lui imposons. Sa santé est notre priorité dans l’arsenal des restrictions budgétaires !
Il a l’honneur de pouvoir exercer son devoir électoral et de blanchir la façade de notre démocratie, qu’heureusement, nous pouvons mettre entre parenthèses jusqu’aux élections prochaines.
Nous le faisons rêver avec le glamour d’une famille royale, où chaque robe royale est financée grâce à l’honneur que nous lui faisons de payer des impôts.
De quoi se plaint-il ?
Il veut manger, mais qu’il mange ! Il ne peut, mais qu’il se force !
Une rengaine qui a déclenché la révolte du peuple lors de la Révolution française.
Une rengaine qui pourrait bien secouer notre lampe d’Aladin et son envie de Justice.
Jusqu’à quand laisserons-nous ces Tartuffes nous enfumer ?
Jusqu’à quand accepterons-nous que notre travail soit méprisé par des fils à papa sans idéal et son compétence ?
Jusqu’à quand nous laisserons nous coller l’étiquette de « citrons pressés », alors que les milliardaires, eux, deviennent plus riches …  grâce à nous ?
L’être humain aurait-il donc si peu de poids, qu’il est juste bon à ramasser les miettes qui tombent de la table des riches ?

Guy De Smet (21 octobre 2015)


- 107 - QUAND HITLER JUSTIFIE HITLER

Le génocide commis par les Nazis allemands au cours de la deuxième guerre mondiale a déjà fait couler beaucoup d’encre.
Il y a ceux qui nient l’Holocauste ou en font un « détail de l’histoire ».
Il y a ceux qui en font un épisode historique remontant au déluge.
Il y a ceux qui continuer à pleurer le souvenir des martyrs et à exiger, haut et fort « plus jamais ça ».
Tout semblait dit sur ce drame.
C’était sans compter, toutefois, sur une déclaration pour le moins inquiétante du Premier-ministre israélien Netanyahou, lors du Congrès sioniste à Jérusalem.
Il s’est permis de faire référence à une visite faite par le grand Mufti de Jérusalem à Adolphe Hitler en 1941.
« Hitler, à ce moment-là, ne voulait pas exterminer les juifs mais les expulser. Alors Haj Amin al-Husseini est allé voir Hitler et a dit: 'Si vous les expulsez, ils viendront tous ici (en Palestine) », a dit M. Netanyahu. « Et qu'est-ce que je vais en faire? », a demandé Hitler. Le Mufti a dit: « Brûlez-les », a déclaré M. Netanyahu.
Ces propos ont été vivement contestés par l’opposition israélienne.
Selon Monsieur Herzog, ces propos sont une « déformation historique dangereuse (...) minimisant la Shoah, les nazis, et la part qu'Adolf Hitler a prise dans la terrible tragédie qu'a subi notre peuple pendant la Shoah ».
Monsieur Saeb Erakat, négociateur palestinien, ne comprend pas ces propos, au point de lancer : « il est déplorable que le chef du gouvernement israélien haïsse son voisin (palestinien) au point d'être prêt à absoudre le premier criminel de guerre de l'histoire, Adolf Hitler, du meurtre de six millions de juifs pendant l'Holocauste ».
Une historienne du mémorial Yad Vashem va plus loin encore. Selon elle, les propos de Netanyahou sont  historiquement inexacts : « Ce n'est pas le mufti, même s'il avait des positions antijuives très extrêmes, qui a donné à Hitler l'idée d'exterminer les juifs. Cette idée est bien antérieure à leur rencontre de novembre 1941. Dans un discours au Reichstag le 30 janvier 1939, Hitler évoque déjà 'une extermination de la race juive’ ».
Décidément, rien n’arrêtera cette racaille sioniste.
Il y avait déjà eu l’invasion terroriste de la Palestine en 1948.
Il y avait déjà des massacres inondant de sang des camps de honte au Liban et ailleurs.
Il y avait déjà eu le vol programmé de territoires palestiniens, rendant utopique la création d’un État à côté d’Israël
Il y avait eu l’occupation illégale et la création de colonies, semant la terreur et la désolation au sein d’une population palestinienne décontenancée.
Il y avait eu les bombardements disproportionnés sur Gaza, avec son cortège de meurtres d’enfants.
Il y avait eu l’attaque de l’esplanade des mosquées à Jérusalem et la souillure de la Mosquée Al-Aqsa.
Il y avait ce mur de la honte qui divise une terre que la colombe de la paix semble avoir désertée depuis longtemps.
Là, il ne respecte plus rien, pas même la mémoire de 6 millions de victimes juives, qu’il sait utiliser, pourtant, quand ça l’arrange.
Son orgueil, à l’image de celui du peuple et de l’idéologie qu’il représente écrase tout sur son chemin, même la dignité de ses citoyens.
Ses propos sont d’un antisémitisme pire que celui que pourrait prononcer le moindre des antisémites.
Oui, vous avez bien lu : il minimise le crime d’Hitler, les yeux injectés de haine pour ces Palestiniens qu’il aimerait voir disparaître à jamais.
Il ose dire des choses que nous n’oserions pas. C’est comme si nous reprochions à Hitler d’avoir raté tant de Juifs dans sa chasse et dans son extermination !
Des propos qui seraient dignes de poursuites pour « crime contre la conscience humaine ».
Pour en arriver à un tel niveau de bassesse, il faut que la bête se sente traquée.
Il faut qu’elle se sente lâchée par un Occident sur qui elle a pu faire pression jusqu’ici, mais qui se lance, aujourd’hui, avec force, dans une campagne de boycott de son économie.
Il faut que son idéologie vacille, même dans ses propres rangs, au point de se sentir entraîner vers une disparition d’Israël, comme annoncée.
À travers ces propos immondes, Hitler a rendez-vous avec Hitler. Un monstre rencontre un monstre !
À travers ces formules chocs, Hitler n’est pas mort, il s’est donné un nouveau visage. Sa barbarie et sa soif de sang sont de retour, avec les mêmes débats et les mêmes cris en fond sonore.
À travers ce dictateur, c’est toute la négation de l’Humain qui s’exprime. Notre mépris et notre ténacité à le combattre, lui et ceux qui le soutiennent, sera notre réponse.
Et si le rêve israélien s’envolait, enfin, en fumée ?

Guy De Smet (21 octobre 2015)


- 108 - SOS MÉDECIN DE GARDE

La grève dans la province de Liège aurait donc sa victime ; une dame décédée parce qu’elle n’aurait pu être opérée à temps.
Il est vrai que lors d’un problème cardiaque important, les premières minutes sont précieuses. Un retard dans les soins peut être fatal.
Dans le cas qui nous occupe, le cardiologue de garde aurait été coincé dans les embouteillages, suite aux accès bloqués de l’autoroute par des grévistes.
La presse nous offre bien dans le sillage de cette information quelques aménagements sauvant la garde médicale. N’empêche, la personne est décédée !
L’hôpital dépose plainte contre X.
Le syndicat présente ses condoléances à la famille.
L’opinion publique a trouvé une nouvelle raison de scandale et de rejet de ces mouvements de grève qui la dérangent.
Une mort qui aurait pu être évitée sera toujours une mort de trop !
Une telle mort laissera toujours derrière elle la cruauté d’une absence, un cortège de solitude et de souffrances. Quelqu’un d’indispensable manquera à jamais.
Le chirurgien aurait pu être présent dans les temps. Mais sommes-nous sûrs qu’il aurait pu faire quelque chose ?
Si tel était le cas, plus personne ne décèderait des suites d’un problème cardiaque !
N’empêche, qu’il est normal, face à la mort, de chercher des causes et surtout un coupable.
Alors, pourquoi pas cette foutue grève qui a été la cause de l’absence du médecin ?
Personnellement, je verrais une autre cause, après avoir connu moi-même un incident cardiaque.
Celui qui était attendu, portait bien le titre de « chirurgien de GARDE ».
Sa mission était d’être disponible, à n’importe quel moment, pour sauver les patients dont il avait la charge.
S’il s’agissait d’une opération programmée, il n’avait qu’à prévoir des ennuis de déplacement. Le balayeur de la clinique a dû le faire, lui !
Tout le monde médical sait que les premiers instants sont capitaux lors d’une intervention d’urgence dans ce domaine sensible.
Il faut être présent dans les premières secondes qui suivent l’accident.
Comment une clinique peut-elle n’avoir qu’un seul numéro de téléphone à appeler en cas d’urgence ? Un urgentiste n’aurait-il pas un  suppléant ?
Comment une clinique ne dispose-t-elle pas 24h/24 d’un urgentiste dans ses murs ?
Comment un médecin peut-il être dans les temps, s’il est à l’autre bout de la ville, s’il maintient, en même temps, une autre activité ?
Comment peut-il être disponible dans l’urgence, s’il doit d’abord quitter son domicile et faire le trajet ?
Comment peut-il prévoir qu’il n’y aura pas d’obstacle sur la route ? Cette fois c’étaient les effets d’une grève. Cela aurait pu être un accident de la route ou un autre embarras de circulation !
Comme l’indique les termes de sa fonction, ce médecin  est DE GARDE.
Sa place me semble être à l’hôpital, comme doit l’être une infirmière ou une aide-soignante requise pour la même tâche.
Il n’est pas suffisant qu’un médecin de garde soit simplement « joignable » dans l’urgence. Il lui est demandé d’être là et de pouvoir intervenir immédiatement.
Dans ce cas liégeois, j’ai l’impression de me retrouver dans une cour de récréation. Quelque chose s’est passé et de suite, il faut un coupable. L’enfant concerné minimisera toujours sa responsabilité et il la placera toujours sur quelqu’un d’autre : « ce n’est pas moi, c’est lui ! »
D’autre part, s’il avait été là dans les temps, aurait-il pu sauver cette personne ? Nous ne le saurons jamais !
Une personne est morte. Elle fera partie, désormais, des gens indispensables dont sont pavés nos cimetières.

Ces derniers temps, la « garde » médicale est aussi à la une des préoccupations de notre pays.
Nous venons d’apprendre que, dans le contexte des restrictions budgétaires, Magda De Block (encore elle !) vient de diminuer drastiquement les subsides alloués aux services de garde.
Ces services devaient permettre que les urgences des cliniques ne soient pas encombrées par des patients inquiets pour leur santé.
Dans chaque région, ils devaient permettre à des médecins généralistes d’aller à la rencontre des problèmes.
Aujourd’hui déjà, 45 % de la Flandre et à peine 80 % de la Wallonie sont couverts par l’urgence.
Cela signifie que dans certains coins de notre beau pays, il est préférable de ne pas rencontrer d’urgence médicale. Il n’y a personne pour venir en aide.
Certaines régions sont ainsi devenues des déserts médicaux qui ne semblent intéresser personne !
Et pourtant, la santé est une des priorités tant de la population que de l’État qui s’est doté d’un ministère pour s’en occuper activement.
Pour Magda De Block, la santé semble n’être qu’une affaire de budget.
Elle s’était déjà contentée de minimiser l’importance d’une maladie orpheline, au point que certains de nos concitoyens se voient dans l’obligation de rejoindre l’étranger pour se faire soigner.
Elle avait fait de la remise au travail des malades de longue durée une balise pour sa gestion. Que ces derniers soient en état de retrouver leur fonction était le cadet de ses soucis.
Elle avait fait du médicament générique une obligation de traitement qui pousse certains de vos pharmaciens à aller à l’encontre d’une ordonnance médicale.
Elle avait déjà transformé l’hôpital en un luxe inaccessible pour pas mal de patients. La visite chez un médecin ou chez un dentiste ou encore chez un ophtalmologue était déjà devenue une impossibilité matérielle pour bien des Belges.
Et nous pourrions poursuivre la liste des dégâts médicaux dont elle est la cause !
Maintenant, elle s ‘en prend à notre santé du week-end et de période de fêtes !
Qui sera responsable d’un décès d’un samedi soir ou d’un dimanche après-midi ?
Qui sera responsable d’un accouchement qui a mal tourné, parce qu’il n’y avait personne de compétent auprès de la famille concernée ?
Qui sera responsable des conséquences irréparables d’un accident domestique ou d’une crise cardiaque fatale dans une de ces zones noires de notre pays ?
Certes, des économies semblent indispensables, surtout si tous les acteurs de la richesse ne participent pas à l’effort général.
Certes, des dépenses peuvent être évitées, afin de permettre à l’État d’affronter sa dette et les intérêts qu’elle occasionne.
Je suis convaincu que le citoyen, vous et moi, nous serions capables de fournir à notre gouvernement bien des pistes d’économies. Nous les trouverions, d’abord,  tout naturellement dans les frais de fonctionnement et dans les priorités de l’État.
Nous les trouverions dans les dotations royales injustifiées.
Nous les trouverions dans les frais de fonctionnement de cabinets ministériels et d’institutions prestigieuses de l’État.
Nous les trouverions dans une gestion responsable du parc mobilier et immobilier.
Nous les trouverions dans les frais de voyage et dans les dépenses abusives au nom de la représentation d’un pays.
Nous les trouverions dans la suppression de primes, de pensions à vie et d’autres avantages financiers dont se gavent nos excellences.
Nous les trouverions dans le fonctionnement d’un État fédéral et régional dans lequel tout se chevauche, si ce n’est la création d’emplois politiques.
Nous pourrions les trouver dans des suppressions d’aide à des entreprises qui ne créent pas d’emploi, au lieu de ce chèque en blanc offert à un patronat avide de toujours plus de bénéfices.
« Pas assez », diraient nos responsables politiques, se moquant de notre incompétence citoyenne.
À quoi nous pourrions répondre candidement : « C’est déjà ça ! ».
Mais puisqu’ils ne veulent pas de nos solutions d’économies, nous pourrions toujours chercher à notre tour un responsable des dégâts de l’austérité en ce qui concerne les gardes médicales.
Personnellement, je n’hésite pas une seconde.
Vous et moi, nous risquons de mourir suite aux décisions de Magda De Block, cette ministre tant plébiscitée par nos concitoyens.
Vous et moi, nous sommes en danger de mort, parce que cette femme a fait de la santé l’unique préoccupation d’économies.
Vous et moi, nous sommes en sursis, simplement parce qu’elle a refusé de voir que derrière un soin, derrière une urgence, il y a une angoisse, il y a une souffrance, il y a une personne.
Si à Liège, le responsable de la mort, c’est l’action syndicale, ici je pointe du doigt Magda De Block. Elle et le gouvernement auquel elle appartient seront les seuls responsables des morts des régions non couvertes par une garde médicale.
Ici, il ne s’agit plus de politique, mais d’une atteinte caractérisée aux Droits de l’Homme !

Guy De Smet (22 octobre 2015)


- 109 - LA LIBERTÉ SYNDICALE

Les derniers incidents survenus lors de la grève d’octobre à Liège ont réveillé le « courage » du pouvoir !
La NV-A, encore elle, s’attèle à une proposition de loi visant à réduire les droits syndicaux dans notre pays.
Il s’agirait, d’une part, d’imposer une responsabilité juridique à un « groupe de pression » et de démanteler ainsi son action.
Le parti souhaite, d’autre part, s’en prendre aux avantages fiscaux dont bénéficieraient les affiliés ainsi qu’aux primes attribuées aux délégués de ces groupements.
Le CD&NV lui, gêné par son aile gauche, verrait bien une « modernisation » de la démarche syndicale, sans autre précision. Décidément, la prostitution est un dur métier !
Ce qui est surtout en cause dans cette proposition, pour le moins sournoise, c’est la mise en cause de la liberté syndicale, fustigée de toute part par le monde de l’entreprise.
Cette liberté des travailleurs, reconnue par toutes les conventions internationales, dérange.
Elle dérange le monde des affaires qui y voit une atteinte à  sa soif de bénéfices et de rentabilité. Pour lui, l’important, c’est d’insister sur le droit au travail ou encore sur la réquisition permettant la poursuite de l’activité.
Nos responsables politiques, valets du monde de l’entreprise, ne peuvent qu’appuyer cette position.
Ils envisagent une concertation sociale qui se limite au programme gouvernemental.
Ils préconisent un « service minimum » détruisant toute l’efficacité d’une action syndicale et toute défense du travailleur.
Ils prônent le droit au travail, supportant, en même temps, son inaccessibilité pour d’autres.
Ils trouvent d’ailleurs un appui de poids dans une opinion publique qui ne voit dans une action sociale qu’une source d’ennuis et de limites.
Ils veulent mettre fin à ces mouvements sociaux qui salissent l’image d’un pays qu’ils assomment d’austérité sans que ce dernier ne s’y oppose.
Ils font alors un chantage sur l’impossibilité d’investir chez nous, sur la menace de pertes d’emplois et j’en passe.

S’en prendre à la liberté syndicale, c’est mettre en cause, dangereusement, la démocratie.
Il est vrai que ces partis au pouvoir ne sont pas à ça près !
Entre les lois sur le marché public qui ne sont pas respectées par la ministre Galland, les débats parlementaires qui sont remplacés par des arrêtés royaux, les retards insultants des ministres devant le Parlement, les coups de semonce du président du Parlement invitant les ministres à remplir leurs obligations de présence lors de séances plénières, les condamnations de la Cour des Droits de l’Homme… la démocratie semble bien malmenée chez nous !
L’opposition parlera pudiquement d’un « déficit démocratique » !
Et dire que nous nous sentons qualifiés pour juger de l’état de la démocratie dans d’autres pays ! À moins qu’il ne s’agisse là d’un autre débat !

La liberté syndicale, c’est ce qui a permis les grandes avancées sociales de nos pays industriels.
Grâce à elle, des règles ont été mises en place, gérant les droits et les devoirs des partenaires du monde du travail.
Grâce à elle, le travail des enfants a été interdit.
Grâce à elle, la semaine des congés payés et l’ouverture des vacances à tous ont été imposées. Le rythme d’une semaine de travail était assuré.
Grâce à elle, le travailleur est représenté au sein d’un conseil d’entreprise et au sein d’autres organes gérant le bien-être et la sécurité du travail.
Grâce à elle, la dignité du travailleur peut être respectée et garantie dans ses droits, après s’être vu imposer des devoirs légitimes.
La liberté syndicale a été acquise à coups de luttes et de combats.
Du sang a coulé pour appuyer des revendications simplement normales.
Des hommes et des femmes se sont levés pour défendre haut et fort la dignité de plus faibles.
Sans elle, ni vous, ni moi, nous ne serions ce que nous sommes.
Fils d’ouvrier, je puis en témoigner !
Quand adolescent, je me permettais de me moquer de ces combats qui me semblaient parfois d’un autre temps, ma mère me répondait sèchement : « on voit bien que tu n’as jamais travaillé ! »
Ce gouvernement, depuis un an, n’a cessé de détricoter ces acquis syndicaux, rejetant, du revers de la main, les maigres droits et sécurités des travailleurs ou de ceux en quête d’un emploi.
Ce gouvernement n’a cessé de mettre à mal le « droit au travail » qu’il réclame par ailleurs à corps et à cris.
Il n’a cessé de mépriser ces hommes et ces femmes qui n’ont que leurs mains et leur intelligence pour assurer leur bonheur.
Il a fait d’emplois précaires la source d’avenirs incertains.
Il a inventé le concept du « travailleur pauvre », incitant à une nouvelle lutte des classes âpre et sanguinaire.
Il a pointé du doigt une catégorie de citoyens, comme étant les seuls responsables d’une crise que nous ne pourrions dépasser qu’en offrant des cadeaux indus à des patrons et à une clientèle électorale, sans cesse plus gourmands.
Aujourd’hui, ils veulent pousser des syndicats à une responsabilité juridique, alors qu’eux et leurs partis n’en assument pas la moindre.
Aujourd’hui, ils remettent en question des avantages fiscaux et autres liés à l’action syndicale, oubliant bien de remettre en question les financements injustifiés des partis politiques.
Ils s’offusquent des avantages liés à des primes ou à des cotisations, alors que rien n’a été demandé aux riches pour participer à l’effort de crise. Au contraire, des coups de pouce en tous genres sont nés pour satisfaire quelques soifs incontrôlées de bénéfices !
Et demain, que mettront-ils en question : la liberté de la presse ou la liberté de réunion ?
Et demain, que chercheront-ils à règlementer : notre nourriture, nos déplacements, nos loisirs ou encore l’intimité de nos vies familiales ?
Nous savions que la NVA, dans la ligne de son histoire, avait quelques soucis avec la démocratie – la « Kermesse de Linkebeek » en est une preuve de plus – (et c’est un Flamand qui l’écrit !)
Nous ne lui donnons pas le droit de faire de notre pays une dictature dirigée par quelques fanatiques qui n’ont aucun sens du bien commun.
Les lois du marché changent peut-être, les données économiques aussi, mais la dignité du travailleur, elle, reste inaliénable !
Peuple, tes dirigeants s’en prennent à tes droits fondamentaux … jusqu’à quand te laisseras-tu insulter sans broncher ?

Guy De Smet (28 octobre 2015)


- 110 - TOUT ÇA POUR ÇA !

Depuis le début du pontificat de François, les Chrétiens se sont vu appâter par la perspective d’un synode sur le thème de la famille.
La famille, nous la savions en crise.
Nous savions qu’elle se vivait de multiples manières, enfermant des hommes et des femmes derrière des jugements et des étiquettes criminelles.
Nous savions que le mariage et la conception traditionnelle de la famille traversaient une période difficile.
Nous savions que d’autres manières de vivre ensemble avaient été mises en place par les États.
Nous savions qu’une certaine pastorale de l’exclusion et du jugement avait remplacé la miséricorde voulue par Jésus.
Des Chrétiens de tous les horizons, encouragés par leurs évêques s’étaient réunis, avaient réfléchi et des propositions avaient été émises.
Durant deux années, les évêques du monde entier s’étaient réunis autour du Pape. Ils avaient échangé leurs positions et leurs propositions. On ose espérer qu’ils s’étaient écoutés et appréciés.
Des Chrétiens, confrontés à leurs différences, s’étaient mis à espérer.
L’Évangile semblait devoir « gouverner » à nouveau l’Église.
Durant le synode, il y avait bien eu des affrontements entre des Catholiques enfermés dans leur rigueur et dans leur morale et d’autres, plus ouverts au vécu de l’homme d’aujourd’hui.
Il y avait eu la découverte de l’existence de plusieurs continents et de différentes priorités et de différentes conceptions de la vie familiale.
Il y avait bien eu des recadrages du Pape François invitant à plus d’ouverture et à plus de miséricorde.
Il y avait bien eu  tous ces petits incidents qui entachent le dialogue humain.
Un document final allait en sortir qui allait ressembler à un feu d’artifice étouffé par la pluie et par le vent.
Une forte odeur de rendez-vous manqué prenait le relais d’une espérance.
Nous avons ainsi compris qu’il y avait dans l’Église deux voies parallèles qui n’étaient pas prêtes de se rencontrer.
Nous avons compris que le chemin de conversion de l’Église resterait lent et pavé d’incertitudes.
Certes, de nouvelles données pastorales ont été inscrites dans l’agir ecclésial : la bienveillance, la compréhension, l’accompagnement.
Le rejet, l’exclusion ne semblent désormais plus de mise et nous ne pouvons que nous en réjouir.
En soi, il s’agit là d’une première victoire de l’Évangile sur le dogme.
Il s’agit d’un premier pas pour le dévoilement du visage humain de Dieu.
D’autres pas devront suivre, laissant à l’Église le temps de se laisser apprivoiser par la vie du monde et le monde par la vie de l’Église.
Osons donc rêver d’autres synodes en route vers plus de vérité et plus de compassion.
N’empêche, qu’en attendant, nous restons avec un goût amer en bouche : tout ça, pour ça !
Les hommes et les femmes marqués par l’échec de leur mariage, continueront à vivre leur mise à l’écart comme un jugement et comme une condamnation.
Les divorcés-remariés resteront ces êtres humains devant qui des portes se ferment au nom d’un absolu dont ils n’ont pu garder le cap.
Les femmes qui ont eu recours à l’avortement, blessées dans leur intimité, resteront ces parias enfermés dans leur honte et dans leur culpabilité. Leur drame humain restera leur « Étoile jaune » !
Les homosexuels resteront ces pestiférés dont la différence sera la source d’une homophobie justifiée, implicitement, par l’Église.
Des portes continueront à se fermer !
Des hommes et des femmes se détourneront encore d’elle, cherchant ailleurs un peu d’espérance et de lumière pour leur quotidien
Il y a des jours où être Chrétien et prêtre est un combat !
Il y a des jours où l’Église mériterait d’être secouée par une tempête qui y fracasse tout ce qui doit l’être … à moins que Jésus nous invite à épouser sa patience !
Il y a des jours où Jésus du haut de sa croix doit redire à la face du monde : «  Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! »

Guy De Smet (28 octobre 2015)


- 111 - DEMANDEUR D’ASILE ?

LA NVA a encore frappé !
Jan Jambon, notre ministre fédéral de l’Intérieur a fait une nouvelle crise d’autorité.
Celle-ci doit d’ailleurs flatter toute une partie de notre population qui a fait de la sécurité un enjeu fondamental pour sa vie. L’Extrême-Droite a de beaux jours devant elle !
Cette fois, il s’en prend aux demandeurs d’asile, qu’il verrait bien porteurs d’un badge d’identification.
Chaque réfugié, inscrit dans un centre, se verrait ainsi remettre cet objet, avec photo, identité et adresse du centre où il loge.
Si les autorités ne peuvent le contraindre à le porter de manière visible, il est toutefois vivement « exhorté » à le faire.
De plus, lors de chaque sortie du centre, il sera dans l’obligation de s’enregistrer … comme cela peut se dérouler dans une prison ou dans un centre fermé. La loi sur la protection de la vie privée ne permet pas encore au ministre de contrôler le lieu où il se rend, à moins que ce ne soit la prochaine étape !

L’énoncé de cette nouvelle mesure n’est pas sans rappeler une autre époque sombre de notre Histoire.
Il y a à peine plus de 70 ans, une autre catégorie était obligée d’être identifiable à vue. Il s’agissait des Juifs à qui le pouvoir avait imposé le port d’une étoile jaune.
Ce fut une époque de honte et d’humiliation que nous espérions bien voir oubliée pour longtemps !
C’était sans compter sur le pouvoir d’imagination de tous ces politiques, en mal de Fascisme, qui nous dirigent !
Qui sait, demain, la femme seule, le handicapé, l’homosexuel, le syndicaliste … tous devront-ils porter un badge révélant leur drame ou leur différence ?

Certes, la crise économique et sociale qui bouleverse notre vie en société fait souffler un vent d’insécurité et de peur.
De quoi demain sera-t-il fait ? Y aura-t-il un avenir pour nos enfants ? Ces étrangers ne viennent-ils pas manger notre pain ? Y aura-t-il du travail pour tout le monde ? Autant de questions qui nous préoccupent d’autant plus que nous n’en percevons pas de réponses.
Mais qui est donc un « demandeur d’asile » ?
Vous le croisez, peut-être, au détour d’une allée de nos magasins ou d’une rue.
Il s’agit d’un homme, d’une femme, d’un enfant … d’un être humain reconnu comme tel par la science médicale. Il n’est ni un chien, ni un objet !
Pour arriver chez nous, il a parcouru des milliers de kilomètres dans des conditions que nous ne souhaiterions pas à notre pire ennemi.
Il a dû affronter l’insécurité de nos routes, la honte de nos frontières qui lui étaient fermées.
Il a dû naviguer sur des mers hostiles après avoir été grugé par des passeurs de mort.
Il a porté ses enfants qui n’en pouvaient plus de ces conditions de voyage harassantes et dégradantes.
Il s’est heurté aux frontières d’égoïsmes et de nationalismes criminels.
Il a fini par se poser dans la promiscuité et la saleté de camps de fortune, rencontrant, heureusement, le visage compatissant de bénévoles soucieux d’un peu d’humanité.
Il a affronté les arcanes froids d’une administration calfeutrée dans ses dossiers et dans ses statistiques.
Il n’a cessé d’être la victime de l’indifférence d’un monde politique assoiffé de réélection, au risque d’y perdre son âme.
Il a connu l’inaction de centres et l’incertitude du lendemain.
Aurions-nous oublié que cet homme, que cette femme et que cet enfant ont fui des pays dévastés par la guerre ?
Ils ont abandonné leurs maisons, leurs biens, leurs familles. Ils n’ont pas eu le temps d’enterrer ou de pleurer leurs morts et leurs disparus.
Aurions-nous oubliés que ces familles vivent sous la coupe de  dictatures et d’une terreur qui feraient fuir les plus téméraires ?
Aurions-nous oubliés qu’ils nous viennent de pays dans lesquels règnent en maître la misère, la faim et l’absence d’avenir ?
Et si, pour une fois, comme ont dû le faire nos ancêtres, nous endossions le costume déchiré d’un réfugié ?
Ils nous demandent l’asile.
Ils nous demandent un peu de paix, un peu de sécurité, des nuits sans bombardements.
Ils nous demandent de leur ouvrir les portes d’un partage et d’une solidarité qui rendent un avenir possible.
Ils nous demandent un accès à des soins et à un peu de baume sur leurs plaies.
Nos excellences, elles légifèrent en répondant à un populisme latent.
Elles imposent des dossiers, des convocations dont sortent autant de mesures vexatoires.
Elles fournissent déjà un document, sur lequel se trouvent les éléments souhaités pour un badge : une photo, une identité, une adresse.
Elles ne sont pas avares de contrôles, de fouilles, de files … pourvu que les citoyens aient l’impression de vivre en sécurité.
À tout cela, le ministre voudrait ajouter la discrimination d’un badge insultant et grossier ?
Mais pour qui se prend-il ?
Nous ne sommes pas les marionnettes de son régime basé sur la peur.
Nous ne sommes pas les prétextes à une remise en question des droits élémentaires de l’homme.
Nous ne sommes pas sa vitrine de méthodes d’un autre temps et encore moins de ses dérives démocratiques, condamnées par l’Histoire.
L’enfer est pavé de bonnes intentions, nous dit le proverbe.
Et si nous ne laissions pas notre vivre ensemble devenir l’enfer des extrêmes ?

Guy De Smet (28 octobre 2015)


- 112 - UNE IDÉOLOGIE MEUTRIÈRE

Tout au long de l’Histoire des hommes, bien des idéologies ont dirigé la vie des hommes.
Certains y ont vu une source de progrès, pendant que d’autres croulaient sous les dégâts qu’elles occasionnaient.
Certaines s’affichent clairement comme un obstacle à l’Évangile, oubliant de faire de l’être humain le centre de leurs préoccupations.
Le rêve de la démocratie qui accompagne n’importe quel discours politique en Occident aurait pu nous faire croire à un changement.
Il nous faut, pourtant, bien reconnaître que l’actualité nous pousse au désenchantement quotidien.
Nous pourrions parler de dictatures qui, comme le Sionisme ou l’État islamique, ne cessent de faire des ravages.
Nous pourrions évoquer des dérives totalitaires qui assombrissent l’horizon de bien des pays du globe.
Je voudrais m’attacher à une seule, qui nous concerne concrètement dans notre vie de tous les jours.
Elle s’est donnée le visage de nos gouvernements néolibéraux, prônant une économie de marché pure et dure.
Elle s’est donnée l’apparence des traités américano-européens ou encore celle de l’Europe telle qu’elle intervient dans nos vies et dans nos envies de bonheur.
Son nom, c’est le néolibéralisme, qui, dans la foulée de sa grande sœur, le libéralisme, ne cesse de façonner une société injuste, aux antipodes des aspirations les plus profondes de l’homme.
Cette idéologie a trouvé son vent favorable dans la mise en place de la société industrielle. La machine se mettait au service de l’envie de développement de l’humain et de son goût de posséder.
Des usines sont sorties de terre, comme autant de sources de progrès matériels et en même temps, comme un creuset inestimable de bénéfices.
Du même coup, des phénomènes amoraux se sont mis en place : la misère ouvrière, l’injustice sociale, le travail des enfants …
Il aura fallu des combats, parfois sanglants, pour que l’homme retrouve un peu de dignité.
Une certaine gauche s’est donc mise en place, faisant de la lutte des classes un devoir et de la protection de la condition des travailleurs, une urgence.
Les syndicats ont joué un rôle de choix dans la défense de ces revendications justifiées.
Ces deux oppositions "jouaient" toutefois dans cette cour du "tout à l’argent".  Jeu biaisé, s’il en est !
Des années de combats, de concertations, de négociations ont permis de mettre en place une sécurité de l’emploi, des avancées sociales, des améliorations de conditions de vie, pour le moins, appréciables.
Certes, le fossé entre les riches et les pauvres existait toujours comme s ‘il était une fatalité.
Mais le travailleur pouvait vivre décemment de son travail. Il pouvait acheter une maison, une voiture. Il pouvait envisager des vacances. Il pouvait décider d’un parcours scolaire qui allait permettre à ses enfants de sortir de leur condition. Il économisait en vue de sa pension.
Les fins de mois restaient difficiles !
Les rêves étaient autorisés !
Dans les années 1970, la mécanique libérale s’est enrayée. Une première crise pétrolière allait changer la donne.
L’Europe était encore toute jeune, presque à taille humaine.
L’Amérique restait ce pays de la réussite et du rêve. Allié d’hier, il allait devenir le « porteur » de demain.
Petit à petit, une idée s’est mise en place … et si l’argent offrait le pouvoir, jusqu’à dominer le monde entier. Le néolibéralisme s’installait !
La loi du marché s’est alors mise en place. La Bourse est devenue la nouvelle cathédrale des temps modernes. Les statistiques, les courbes et les évaluations sont devenues les organes respiratoires de nos sociétés. Les nier serait un sacrilège !
Une certaine mondialisation devenait une manière d’être, instaurant une pensée unique : la compétitivité.
Lors de la dernière crise, créée de toutes pièces aux États-Unis, la machine s’est emballée.
La nécessité de mélanger les cartes économiques s’est imposée, faisant des multinationales les véritables engins d’une guerre financière sans merci.
Des rêves de grandeur et de puissance se sont déployés. Écraser l’autre était devenu une raison d’être. Dans un tel univers, tous les coups sont permis et, seule, la loi du plus fort allait l’emporter. Il valait mieux, désormais, se trouver du bon côté de la barrière !
On a vu se mettre en place une exploitation forcenée des richesses du Tiers-Monde.
Les politiques de commerce extérieur de nos pays sont devenues des torpilles assassines, semant la misère dans des populations affamées et exploitées.
Les délocalisations d’entreprises sont devenues des chantiers d’esclavage, réduisant l’homme à un objet défiguré par le mépris et par la misère.
L’austérité est devenue le nouveau visage d’un projet politique exigé par le monde de l’entreprise, en quête de toujours plus de rentabilité et de toujours plus de bénéfices.
Quel en est le résultat aujourd’hui ?
D’un côté, nous avons des riches de plus en plus riches.
De l’autre, nous avons des travailleurs à qui une nouvelle condition a été imposée, celle de la pauvreté.
D’un côté, il y a des gouvernements, comme le nôtre, qui ne cessent de faire des cadeaux à leur clientèle électorale et aux entreprises, sans en exiger la moindre contrepartie.
Hypocritement, ils en appellent à la création de « Jobs, jobs, jobs », tout en imposant des emplois précaires, en rabotant les conditions de la sécurité sociale, indispensables à la survie d’une société.
Ils imposent des taxes, animés par une véritable rage qui dépouille le citoyen de ses moyens élémentaires pour survivre.
De l’autre, il y a des exclus, des parias, des chercheurs d’emplois pointés du doigt comme étant la source de tous les malheurs, des retraités qui feraient mieux de disparaître au lieu de coûter cher et de vivre longtemps.
En même temps, ces politiciens, soucieux de leurs intérêts, se font les chantres de la démocratie.
Ils nous font croire que « Le peuple est souverain », pendant que des agences de notations, des commissions européennes, des banques, des milieux financiers, des entreprises imposent, souverainement, leurs diktats et leurs mensonges.
Ces mêmes politiciens s’accrochent à leur carrière comme on s’attacherait à un puits sans fonds d’avantages et de primes indues.
S’y opposer ?
Souvenez-vous l’aventure de la Grèce, ce pays que l’Europe ne cesse de piller et de voler, imposant des conditions de vie désastreuses à toute une population.
L’injustice y est devenue une ligne de bénéfices et de rentabilité !
Le peuple crève sous les restrictions et sous les humiliations !
Souvenez-vous les « dérives démocratiques » de l’Amérique latine. C’est du moins ainsi que qualifiaient les États-Unis, ces volontés d’émancipation et de bonheur des peuples. Il a fallu les mater, leurs imposer des vues néolibérales. Il n’était pas possible de laisser le rêve démocratique détruire le filon de bénéfices dont profitaient, sans honte, les grandes entreprises américaines et quelques grandes fortunes.
Souvenez-vous de l’aventure des migrants de ces derniers mois. Ils sont un risque susceptible d’enrayer la machine économique de nos pays assis devant leurs écrans de statistiques et devant leurs courbes boursières.
Il faut en faire des pestiférés, les pourchasser et instiller dans la population le venin d’un racisme à bon marché. Et ça marche !
Souvenez-vous de ses lobbies économiques qui montent à l’assaut de la Commission européenne.
Pendant que la population se scandalise de la triche de Volkswagen, pendant que d’autres se lamentent sur l’état de la planète, la commission voit à la hausse des normes de pollution autorisées. Pressions économiques obligent !

Vous pensiez démocratie …
Une idéologie est venue nous diriger, jusque dans nos choix de vie et dans nos rêves les plus légitimes. Elle se comporte comme une insolente dictature !
C’est le néolibéralisme, celui qui gère notre pays, celui qui conditionne nos fins de mois, celui qui ne cesse de faire du mensonge une arme soporifique, au quotidien.
Ses agents sont les politiciens pour qui vous avez voté en toute bonne foi, vos banquiers, vos assureurs, les multinationales et les commerces qui vous inondent d’avis et de publicité.
Leurs armes s’appellent restrictions, fisc, taxes, gel des salaires, hausses des prix, saut d’index, rabotages, suppressions d’avantages … Ils se défoulent en toute impunité !
À quand un réel coup de colère ?

Guy De Smet (3 novembre 2015)


- 113 - L’AUJOURD’HUI DE LA NUIT DE CRISTAL

Le 9 novembre prochain, un collectif français, relayé par la Ligue des Droits de l’homme, nous invite à commémorer la Nuit de Cristal.
Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938, les Nazis s’en prenaient aux Juifs en Allemagne. Destructions et massacres allaient à jamais défigurer la conscience de l’humanité.
La suite de ces atrocités allait se décliner sous la forme de camps d’extermination, de pogroms, de déportations et d’humiliations de tout un peuple au nom de son appartenance à la race juive.
« Plus jamais ça » aurait pu être la logique du cours de l’Histoire.
Ce n’est toutefois pas ce que nous constatons à travers bien des dérives d’aujourd’hui, tant chez nous qu’en Israël.
Dénonciation de l’invasion de gens du voyage, apologie de la race blanche ou de la « nation » qui font les propos de quelques nostalgies politiciennes, racisme face aux arrivée de migrants, fichage des enfants musulmans, peurs entretenues au nom de la terreur de l’État islamique, une commission de l’ONU sur les droits de l’homme dirigé par l’Arabie saoudite, ce pays où la torture est un pouvoir … que de raisons de crier haut et fort : « Plus jamais ça ! »
Un premier mouvement me ferait donc adhérer à ce projet défendu par la Ligue des Droits de l’Homme. Humilier l’être humain, ça suffit !
Et pourtant, après un petit temps de réflexion, je ne m’associerai pas à cette commémoration, ni à aucune autre évoquant le drame juif.
Mon propos n’est pas de minimiser ces exactions de l’Histoire. Au contraire, elles ne m’inspirent que dégoût et colère.
Ce qui justifie plutôt ma position, c’est l’usage politique – si pas politicien – qui en est fait.
L’événement se passera en France, un pays, à la veille d’un enjeu électoral important : les régionales.
Le désastre occasionné par la politique mise en place par le gouvernement Hollande pourrait susciter des envies de voter autrement chez bon nombre d’électeurs. Le spectre du « Front national » plane sur ces élections, au risque de voir des régions faire le choix d’une autre politique, loin de toutes celles qui ont conduit l’électeur dans la précarité où il se trouve.
Rappeler la peur d’une certaine extrême-droite risque, pourtant, d’être contre-productive.
Il serait plus sage de mettre en place des mesures économiques et sociales qui poussent le citoyen hors des bras d’extrêmes imprévisibles.
Il serait plus sage de ne pas générer un flux de mécontents et de spoliés.
Une autre justification à ma volonté de ne pas commémorer « la Nuit de cristal », je veux la lire dans l’actualité qu’engendre Israël.
Il y a ce harcèlement de la population palestinienne condamnée à la Résistance. Les chiens du régime sioniste la pourchassent, l'humilient, l'emprisonnent, la torturent.
Ils édifient des murs, ils volent des terres, ils établissent des colonies au mépris de tous les accords internationaux.
Ils emprisonnent et torturent des enfants dont le seul crime est d’être Palestinien et Résistant, comme ont pu l’être nos Gabrielle Petit et d’autres martyrs de Bande ou d’ailleurs.
Ils mettent dans des cages extérieures, dépouillés de leurs vêtements, des prisonniers palestiniens, malgré le froid et l’hiver qui approche.
Ils s’en prennent aux mosquées et aux sentiments les plus profonds de toute une population.
Ils en appellent au meurtre et à la destruction, pourvu qu’ils étendent leurs terres
pour l’unique bénéfice du peuple élu.
Ils tuent, ils bombardent, ils sèment la mort en toute impunité, n’engendrant que le silence de la communauté internationale et le grotesque de l’ONU.
Les victimes d’hier sont devenues les bourreaux d’aujourd’hui.
Les victimes d’antisémitisme sont devenues les racistes violents et assassins d’aujourd’hui.
Les nuits de Cristal d’hier sont celles qui, à Gaza ou dans les territoires occupés, font du génocide un mode de gouvernement.
La Shoah, qu’ils revendiquent, est devenue le quotidien de tout un peuple opprimé et détruit, jusque dans ses droits fondamentaux.
Pour justifier le bien-fondé de leurs actes, ils vont jusqu’à réhabiliter Hitler, l’exterminateur d’hier, devenu ami.
De tels comportements ne peuvent qu’engendrer de nouvelles Nuits de Cristal.
Elles ne peuvent que réveiller un nouvel exterminateur qui transformera un simple boycott en une chasse à l’homme que rien n’arrêtera.
Israël, tu te prends pour le Peuple Élu !
Dieu t’a abandonné. Il t’a renié. Il ne veut plus de tes prières ni de ton hypocrisie religieuse.
Il faut simplement tendre la main, vers l’homme palestinien que tu abats dans sa misère.
Il veut te faire une Nuit de Cristal qui cassera définitivement ton envie de tuer au nom de ton orgueil et au nom de ton impossible existence.

Guy De Smet (3 novembre 2015)


- 114 - UN VATILEAKS DE TROP

Avec l’arrivée du Pape François, les Chrétiens et le monde s’étaient mis à rêver. Un vent frais d’Évangile et de vérité soufflait enfin.
À travers les paroles et les gestes du Pape, de nouvelles priorités semblaient s’installer. Les pauvres, les blessés de la vie avaient retrouvé leur première place.
La dénonciation d’une certaine société de consommation et d’un dérapage de la finance faisaient enfin écho à la Parole de Jésus lui-même.
François aurait-il été « le temps choisi par Dieu » pour une nouvelle Pentecôte et pour une renaissance ecclésiale ?
Nous aurions tant aimé le croire, jusqu’à la sortie de deux livres dénonçant le comportement des princes de l’Église face à la finance et face à l’autorité du Pape.
« Via crucis » et « Avarizia », ces deux écrits allaient avoir les effets d’une bombe au Vatican et plus largement, jusque dans la moindre chaumière du monde.
Leurs auteurs n’étaient autres que deux proches collaborateurs du Pontife, chargés de faire le point sur ce délicat problème.
Le Pape semblait le pressentir. Ces responsables croyaient l’aider, en relayant ses paroles et ses confidences. Mal leur en a pris. Ils ont été arrêtés : on ne publie pas des messages confidentiels !
Deux constatations impressionnantes ressortent de ces publications.
D’une part, le Pape ne semble pas capable de réformer la Curie romaine. Il semble méconnaître le « sous-bois » du Vatican. La gestion du temporel semble être une impossibilité pour lui.
Véritable catastrophe pour quelqu’un qui avait fait de ce changement une de ses priorités.
D’autre part, les Cardinaux et les prélats de la Curie n’hésitent pas à s’opposer au mode de gouvernance du Pape. De là à imaginer qu’il est un gêneur et peut-être même que ce serait mieux qu’il disparaisse, il n’y a qu’un pas !
Une fois de plus, Guy Béart aurait eu raison : « Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté ».
Les auteurs du Vatileaks sont arrêtés.
Le Pape est déstabilisé et consterné.
Et si c’était cela qui était recherché ?
Les accusations qui ressortent de ces livres sont énormes.
Des immeubles du Vatican, déclarés sept fois moins que ce qu’ils ne valent.
La gestion pour le moins frauduleuse des comptes de toute une série de Monsignori.
Un compte ouvert au nom du Pape Jean-Paul Ier, dont le pontificat ne dura que 33 jours en 1978.
Les dépenses folles du Cardinal Bertone, ancien secrétaire d’État du Vatican qui n’hésite pas à détourner 200.000 € pour rénover sa nouvelle résidence. Cet argent était destiné à l’hôpital des enfants malades qui n’en verra pas la couleur.
Ces princes de l’Église sont une véritable honte pour l’Église.
Ils se complaisent dans la pourpre de leur orgueil. Ils se pavanent dans un luxe et dans un train de vie à mille lieues de l’Évangile.
Ils imposent des normes. Ils émettent des lois et des jugements, faisant porter de lourds fardeaux sur des hommes et des femmes qu’ils dominent de leur mépris et de leur arrogance.
Ils vivent reclus dans leurs appartements dorés et dans le luxe de salons où ils aiment briller.
L’Église est pour eux une source de profits et de carrière, avant d’être le terreau d’une Bonne Nouvelle pour tout homme et surtout pour le plus pauvre.
Prochainement, ils revêtiront l’apparat des oripeaux d’une année sainte pour signifier la Miséricorde de Jésus, alors que ce mot, ils se sont prostitués pour le renier une fois pour toute.
Ils sont devenus ces pasteurs maudits par Dieu-lui-même !
Mais ce Vatileaks de trop nous révèle un autre drame qui se joue dans l’Église.
Cette cour curiale du Vatican et quelques membres de la hiérarchie ne supportent plus les agissements de ce Pape.
Il « vend » l’Église. Il en fait un ramassis de pauvres et d’exclus à qui toutes les portes s’ouvrent.
Il dénonce une société qui a fait du profit sa raison d’être, alors que l’homme y survit dans la misère. Pourquoi contester ce qui rapporte ?
Il remet en question une morale qu’ils aiment imposer, se calfeutrant derrière leur autorité et derrière leurs privilèges.
Il impose un style qui fait trembler le piédestal sur lequel ils se complaisent.
Il pointe du doigt leurs maladies, mettant en cause leur aura et leur autorité.
Ce Pape, il doit disparaître !
Nous venons de connaître trois tentatives de déstabilisation, coup sur coup : juste avant l’ouverture du Synode sur la famille, un coming-out retentissant d’un prêtre affirmant son homosexualité. C’était le 5 octobre !
Ensuite, une lettre adressée au Pape par 13 cardinaux et rendue publique. Elle dénonçait la méthode papale gérant le Synode. C’était le 13 octobre !
Une troisième tentative, c’est celle qui surviendra à la fin du Synode : l’arrestation des auteurs de ces deux livres et le déballage qui suit, mettant en avant l’incapacité du Pape à gérer l’État du Vatican.
J’y ajouterais même une quatrième atteinte à l’autorité papale, en pointant du doigt le document final du Synode dont ressort si peu d’espérance et si peu de souffle.
Mais que retiendra la foule de tout ceci ?
Le pape François restera l’icône d’un vent nouveau, aux odeurs d’Évangile.
Il restera le Pape des pauvres, celui des blessés de la vie, celui de ceux qui ne comptent pour personne. Il sera un « saint » des temps modernes !
Il restera le Pape d’un peu de fraîcheur, loin des poussières dogmatiques et morales du Vatican.
Avec lui, on est loin du bulldozer moral et théologique qu’était Jean-Paul II.
Avec lui, on est bien éloigné de l’obscurantisme qui entourait Benoît XVI.
Avec lui, l’Évangile a retrouvé sa place dans le discours et dans la manière d’être de la communauté chrétienne.
Ce que nous retiendrons aussi, c’est qu’il faudrait un tsunami pour réformer la Curie romaine et le mode de vie des princes de l’Église.
Ils sont une parodie d’Évangile, et en plus, elle est de mauvais goût.
Ils sont des voleurs, s’appropriant les biens des pauvres pour construire leur luxe et leur brillance.
Ils sont des êtres abjects qui parlent d’Évangile, mais qui vivent selon les codes de magazines à sensations.
Ils se goinfrent de paraître et d’honneurs, s’affublant de tenues qui respirent l’aigreur de leurs rapines et la crasse de leur hypocrisie.
Ils sont les « sépulcres blanchis » de l’Église d’aujourd’hui !
Ce que nous retiendrons enfin, c’est que dans l’exemple du Pape François, nous avons un modèle, dans celui des princes de l’Église, nous avons une vision de l’enfer.
Suivre Jésus restera une joie et un honneur : « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux « ! Ils ne nous voleront jamais ça !
Notre moteur restera le conseil de Jésus lui-même : « Faites ce qu’ils disent, mais pas ce qu’ils font » !

Guy De Smet (04 novembre 2015)


- 115 - 15.223

Ce chiffre, ce n’est pas celui d’un éventuel gain au Lotto.
Ce chiffre, ce n’est pas le résultat d’une augmentation de salaire.
Ce chiffre, c’est celui du nombre de personnes qui ont perdu leur « allocation d’insertion » entre janvier et juillet 2015. Il nous vient d’un focus du Forem sur les chômeurs en Wallonie.
Selon un premier constat, 10 % d’entre eux auraient retrouvé un emploi. 1 % serait en formation et 53 % de ces demandeurs d’emploi ne seraient plus inscrits dans les fichiers de l’ONEM et encore moins auprès des services du CPAS.
Ces chiffres nous sont froidement révélés par Sud-Presse.
Face au tragique de cette situation, le Premier-Ministre, tel Simplet parmi les sept nains, se targue de la création de 10.000 emplois cette année.
Nous ne sommes pas sans savoir que la destruction massive d’emploi qu’a soutenu ce gouvernement s’est accompagnée d’un désastre social, mais aussi de la mise en place d’emplois précaires, de CDD et d’une flexibilité de l’emploi qui n’offrent aucune perspective face à l’avenir.
Imaginez, près de 8.000 Wallons qui ne servent plus à rien. Ils ne comptent même plus dans les chiffres qui font bouger une société.
Imaginez, 8.000 familles confrontées à des drames humains et à des difficultés pécuniaires qui n’intéressent personne !
Pendant ce temps-là, Madame Galand trompe l’État, dépensant sans compter au mépris de la représentation nationale et de la moindre idée de transparence. Le mensonge est son mode de fonctionnement et l’insulte du citoyen son stimulant.
Pendant ce temps-là, le Prince Laurent confond sa cassette personnelle et ses frais de représentation. Son irresponsabilité semble être à la hauteur de l’inutilité qu’il incarne.
Pendant ce temps-là, nos excellences s’octroient des primes et des avantages scandaleux. Il est des temps où les initiales de leur parti collaient mieux à leur projet : PLP ou Pour Leurs Poches !
Pendant ce temps-là, le Premier-Ministre, encore lui, se vante de nous offrir des augmentations de salaires dès 2015, si notre traitement est en-dessous de 6.000€. Hors, comme Sœur Anne, nous n’avons rien vu venir ! Mensonge et tromperie, les seuls investissements sociaux de ce gouvernement !
Près de 8.000 Wallons sont jetés à la poubelle de l’humanité, sans que personne ne s’en inquiète.
Près de 8.000 rêves éteints. 8.000 projets jetés aux oubliettes … quel gâchis social, profitable à la gloriole de quelques nantis du pouvoir !
Près de 8.000 femmes et hommes pour qui le quotidien est un enfer, digne de celui que traversent les migrants frappant à nos portes de chanceux de la vie.
Le ministre de l’emploi se tait dans toutes les langues.
Les syndicats se remettent de leur grève d’un jour.
Les citoyens se font endormir à coups de taxes et de mesures racistes qui anesthésient sa vigilance.
C’est quoi, cette société qui oublie au bord de la route des hommes et des femmes en quête d’une vie ?
C’est quoi cette société qui sacrifie tout, même le bonheur le plus élémentaire, au profit du culte de l’argent et de ses dérives ?
C’est quoi ce gouvernement de « fils à papa » qui font du mépris et de l’arrogance un mode de gouvernance ?
Cela ne se règlera pas par un concertation sociale bidon.
Cela ne se règlera pas par des grèves de salons qui donnent bonne conscience à quelques syndicalistes qui s’avouent vaincus avant le début des hostilités.
Cela ne se règlera pas par une cure d’austérité injuste où l’homme est sacrifié au bénéfice de la rentabilité.
Ces 8.000 femmes et hommes, ces exclus sont le bouillon de culture d’une révolte qui ne peut qu’exploser un jour ou l’autre.
Ils sont les ferments d’une montée de l’Extrême-Droite qui nous laissera dans la bouche des goûts amers de désillusion et de colère.
Ils sont les raisons de mettre à mal ce néolibéralisme, dont les méfaits se transforment, chaque jour, en catastrophes humanitaires.
Peuple, si comme le dit la Constitution, tu es souverain, réveille-toi, l’implosion de ton projet de société te guette et te menace !

Guy De Smet (4 novembre 2015)


- 116 - PARDONNE-NOUS NOS OFFENSES

Une prière que les Chrétiens connaissent bien !
Elle nous vient de Jésus. Elle est d’une telle force qu’aucun d’entre nous n’aurait le droit de la prononcer.
Imaginez : « Pardonne-nous nos offenses, comme NOUS PARDONNONS à ceux qui nous ont offensés ». Face à nos « péchés », n’avons-nous pas une farouche tendance à minimiser ?
Et pourtant, quel est le ressenti de ceux que nous offensons ?
Ces jours-ci, se tient, en France, un procès emblématique à ce sujet.
Christine Boutin, ancienne ministre de Nicolas Sarkozy et ancienne présidence du Parti chrétien démocrate, est présentée devant ses juges.
Elle comparait devant le Tribunal pour « incitation à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur orientation sexuelle ».
Plusieurs associations et plus de 500 particuliers ont déposé plainte contre elle.
Dans une interview à un journal Français « Charles », elle avait qualifié l’homosexualité comme étant une « abomination ».
Cela s’ajoutait aux innombrables déclarations dans le même sens sur le même sujet.
Vient un moment où la coupe déborde !
Se faisant, elle se faisait la porte-parole des « Bondieuseries qui tuent » !
Lors des plaidoiries, l’avocat des parties civiles lui fait la lecture des lettres d’adolescents retrouvées après leur suicide. Ils sont morts en partie de n’avoir pas été compris par leurs familles catholiques. En a-t-elle au moins conscience ?
L’association « Le Refuge » accueille, chaque jour, des ados rejetés au nom de leur homosexualité.
Les auteurs de ces actes sont confortés dans leur position par des propos de responsables politiques, comme Christine Boutin. Ces parents agissent en toute bonne foi, convaincus que leur enfant est devenu un monstre !
Toutes les manifestations contre « Le mariage pour tous » ont été des exutoires de haine et de honte.
Les ténors de la politique et leurs alliés d’Église qui se pavanaient au premier rang se sont comportés comme des assassins, enfermés dans leur monstruosité.
Ils ont tué avec des mots qui ne les engageaient pas dans leur intimité.
Ils ont tué en faisant de l’homophobie une outrance de bon ton.
Ils ont tué en fermant les yeux sur le drame et sur le questionnement que vivaient leurs victimes.
En plus de ce qui est reproché dans ce procès, ils devraient aussi être poursuivis pour « non-assistance à personne en danger ».
Madame Boutin, hypocritement, se défend : elle a condamné l’homosexualité, non les personnes qui la vivaient … une nuance dont l‘Église semble avoir déposé le brevet !
Elle se veut un détecteur de péché, mettant le doigt sur une abomination au sens biblique. Le péché est une abomination qu’il faut combattre !
Elle utilise la Bible pour étayer son discours et faire de la haine qu’elle distille une force pour « tuer ».
Elle s’en sort en demandant « pardon », comme si cette hypocrisie de plus allait restaurer des vies brisées.
Le juge lui fixe rendez-vous au 18 décembre prochain, non sans interpeller fermement la Cour : « Mme Boutin a beaucoup lu les Évangiles, mais les a mal digérés. Vous condamnerez aujourd’hui. Car il faut enfin donner corps à ce délit, dans une affaire qui le mérite et le justifie »

Au-delà de cet épisode judiciaire important qui, je l’espère, se terminera par une sévère condamnation, il y va d’une attitude trop souvent coutumière.
Facilement, nous condamnons, nous jugeons, sans nous soucier du visage et du mystère que nous atteignons par nos propos.
Nous stigmatisons, nous excluons, nous enfermons derrière des étiquettes, sans tenir compte de la blessure que nous générons chez quelqu’un.
Nos paroles peuvent tuer. Elles peuvent s’avérer insurmontables pour celles et pour ceux qui vivent des fragilités.
Nos portes fermées sont comme autant de coups d’épées dont il est impossible de se remettre.
Vous me direz ; « Oui, mais nous ne pouvons pas tout admettre » ou encore « il faut préserver et sauver notre modèle de société, notre modèle de vie familiale ».
Reprenant les paroles du Pape François, parlant de l’homosexualité et des homosexuels, je vous répondrais : « Qui sommes-nous pour juger ? ».
L’Église a condamné les Juifs, faisant de l’antisémitisme son combat d’un moment. N’étaient-ils pas un « peuple déicide » ?
L’Église a nié de la patience et l’amour de son Dieu en faisant de l’Inquisition sa main tendue.
L’Église à fait du massacre des Protestants une « Saint-Barthélemy » de sa conscience, jusqu’à la fin des temps.
L’Église, en mal d’autorité, a pointé du doigt ceux qui travaillaient le dimanche et ne respectaient pas le Jour du Seigneur.
L’Église a jugé la fille-mère en faisant de la sexualité hors du mariage son combat et son obsession. Elles étaient les victimes du péché dans lequel elles vivaient.
L’Église a jugé la femme avortée en transformant ce drame féminin et familial en un sujet de débats morbides et abjects.
L’Église s’en est prise aux divorcés-remariés, reniant que l’échec d’un idéal pouvait être le quotidien de couples à la dérive. Pour ce faire, ils ont été jusqu’à renier le Jésus des Évangiles !
L’Église pointe du doigt les homosexuels en jonglant avec des catégories philosophiques d’un autre siècle. L’homosexuel serait différent de ce qu’il vit !

Et si nous apprenions à devenir responsables de ce qui sort de notre bouche ?
Et si nous apprenions à tourner la langue dans la bouche avant de nous lancer dans des rejets et dans des diatribes qui font mal et qui tuent ?
Et si nous apprenions à voir dans le visage de l’autre un frère, une sœur  avant de l’abattre à coups de langues de vipères et d’attitudes insultantes.
Aujourd’hui, Christine Boutin doit payer … et même deux fois !
Une fois, au niveau pénal, parce qu’elle a tué par ses propos immondes.
Une fois, un niveau religieux, parce qu’elle a utilisé la Parole de Dieu pour justifier son infamie. Les Nazis, eux aussi, utilisaient Dieu pour justifier leurs exactions : « Gott mit uns ». L’Église a excommunié pour moins que ça !
Au fait, Christine Boutin, n’aurait-elle pas ton visage, à toi, qui me lis ?

Guy De Smet (5 novembre 2015)


- 117 - CHRÉTIEN AVEC VOUS

Cette citation tirée de Saint Augustin, c’est celle qui se trouve inscrite, aujourd’hui sur le blason épiscopal de Monseigneur Jozef De Kesel, l’évêque de Bruges.
À elle seule, elle est tout un programme, bien éloigné des turpitudes des princes de l’Église romaine, surpris, cette semaine, la main dans le sac de la malhonnêteté et de la corruption.
Chrétien, avec les Chrétiens !
Monseigneur De Kesel quittera la Venise du Nord, dont il était le 26ème évêque, pour endosser les habits d’archevêque de Malines-Bruxelles. Ainsi en a décidé le Pape François !
Il succédera donc à Monseigneur Léonard, atteint par la limite d’âge. Celui-ci se retirera à Marche-les-Dames, dans le diocèse de Namur.
Le nouvel archevêque connaît bien le territoire qu’il rejoint.
Pendant 8 ans, il y sera évêque auxiliaire apprécié. Ce fut d’ailleurs lui qui, en son temps, fut pressenti pour succéder au Cardinal Danneels, dont il était, en quelque sorte, le dauphin. Les voies de Dieu sont parfois impénétrables !
Avec lui, nous ne devons pas nous attendre à des déclarations tonitruantes ou à des positions qui semblent d’un autre siècle.
Avec lui, il ne sera pas question de faire la une d’une certaine presse, assoiffée de scandales et de paroles polémiques.
Monseigneur De Kesel est un homme plutôt discret, avançant à petits pas, tant dans la vie que dans ses propositions pastorales.
Il est un homme de l’Église d’aujourd’hui, confrontée à ses zones d’ombre, mais aussi à ses propositions d’une Espérance.
Comme l’indique sa devise épiscopale, avant d’être un évêque et un prélat, il est avant tout un chrétien, appelé à vivre sa Foi au milieu d’autres chrétiens.
Certes, sa mission est particulière.
Elle a pour but d’insuffler une énergie dans l’Église. Mais avant tout, il est appelé à vivre simplement sa Foi.
Ce qui impressionne dans sa personnalité, c’est sa simplicité et son humilité.
Son arrivée dans le Diocèse de Bruges, après le scandale que nous connaissons, n’est pas passée inaperçue.
Il a, d’emblée, rappelé aux Chrétiens, que l’Église n’était plus au temps où elle pouvait s’imposer ou briller. Les évènements en témoignaient. L’humilité devait être son nouveau costume. Il était taillé à sa juste mesure.
Âgé de 68 ans, le voilà au service d’un nouveau défi, celui d’annoncer Jésus-Christ dans l’arc-en-ciel d’un monde qui de Malines à Wavre, en passant par Bruxelles décline une richesse de différences et de mentalités.
Il était fasciné par l’aspect cosmopolite de Bruxelles, où il semblait avoir rendez-vous avec le monde entier.
Sa connaissance naturelle du Français et du néerlandais l’introduira avec bonheur dans deux univers pastoraux, riches de promesses. La multiculturalité sera sa terre de mission.
Sa préoccupation de l’homme le pousse à faire des réfugiés une de ses priorités. Dernièrement, encore, il participait à une délégation de l’épiscopat belge pour s’informer de la situation des chrétiens en Syrie.
Son souci pastoral de l’avenir de l’Église le poussera à chercher dans des ferments nouveaux des solutions pour demain.
Lors de son arrivée au siège de Bruges, il a partagé son souci des vocations sacerdotales.
Rejoint en cela par l’évêque d’Anvers et par celui de Hasselt, il n’a pas caché sa vision de l’ordination d’hommes mariés. Il y voit non seulement une justice pour tous ceux pour qui l’obligation du célibat semble insurmontable, mais en plus, il y lit un enrichissement de la pratique de l’Église. Les temps seraient-ils en train de changer ?
Lors d’une concélébration à l’occasion des funérailles d’un ami prêtre, j’ai pu apprécier son sens aigu de la compassion et de la fraternité. La vérité de son ton de prière signifiait bien la grandeur d’une confiance illimitée en Dieu.
Quel beau cadeau pour l’Église de Belgique !

Un homme nouveau est appelé à arpenter les chemins de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles, avec, entre ses mains, la crosse de la patience de Dieu.
Il y vient avec tout ce qu’il est, sa profondeur de Foi, mais aussi sa modestie et sa pauvreté.
Il y vient avec tout son enthousiasme, mais aussi avec toute sa prudence et sa modération.
Il y vient, tout livré à l’appel de Dieu qu’il n’a cessé de suivre avec fidélité depuis le début de son aventure humaine et chrétienne.
Monseigneur, bonne chance et bienvenue dans votre nouveau diocèse et dans cette conférence épiscopale qui attend de vous un nouveau souffle.

Guy De Smet (6 novembre 2015)


- 118 - L’HUMAIN ET L’EXTRÊME-DROITE

À la lecture de la presse, ce qui inspire mes propos, ce sont les dernières déclarations fracassantes de Bart De Wever et de son toutou préféré, Théo Francken.
Dans une lettre ouverte adressée à tous les partis de centre-droit d’Europe, il exige « une réaction forte » face à l’afflux de migrants sur le sol européen.
Il trouve insupportable de voir nos pays dans l’obligation de répondre à des demandes. La seule position admissible, selon lui, ce serait d’envisager des quotas fermés, en mettant sur pied une offre de places indiscutable.
Il ne cesse de déplorer l’impuissance européenne à apporter une solution structurelle à cette crise qui mine nos efforts de reprise économique.
Il envisage avec force une modification de la Convention de Genève qui fixe un cadre légal à la guerre.
Il remet en question les missions de sauvetage en Méditerranée. Pour ce faire, il n’hésite pas à ne voir dans « l’assistance à personne en danger » qu’un encouragement à la migration, par-delà les dangers.
Il appelle de ses vœux un renforcement des frontières extérieures de l’Europe.
Selon lui, le cantonnement des réfugiés fuyant la guerre devrait se faire dans des zones sûres, proches de chez eux … probablement, dans l’attente de jours meilleurs.
Son toutou, Théo Francken embraie sur les positions de son maître pour agiter un épouvantail qui lui va bien : « La Belgique doit prendre garde à ne pas devenir le siphon de l'Europe vers lequel le flux des demandeurs d'asile s'engouffre (…) Je ne peux pas lancer un appel à rester loin de la Belgique tout seul. Nous devons en parler au gouvernement, car la situation est intenable. »En lisant cette logorrhée nauséabonde, digne de « Mein Kampf », j’éprouve un profond dégoût et une incommensurable honte face à cette Droite vindicative et assassine qui fait son lot de victimes, chaque jour.
J’ai honte, au nom de nos anciens. Ils ont dû fuir la tourmente imposée par l’Allemagne nazie, bien contents de trouver asile auprès de populations compréhensives et solidaires.
J’ai honte, au nom des rescapés de L’Holocauste. Des citoyens courageux les ont cachés, au péril de leur vie et sans compter. Beaucoup ont été reconnus comme des « Justes parmi les nations ».
J’ai honte, au nom de tous ces Flamands qui ont trouvé refuge en Wallonie. Ils venaient de terres inhospitalières d’une Flandre miséreuse. Ils fuyaient l’esclavage et la faim. Ils sont arrivés dans nos régions comme des zombies, espérant y trouver un avenir meilleur, grâce à la force de leurs bras.
Heureusement, ils ont rencontré des voisins qui sont devenus leurs amis. Ils se sont fait valoir par la qualité de leur travail et leur opiniâtreté à réussir, sans aucune aide de cette Flandre de parvenus que représente De Wever et sa clique.
J’ai honte, au nom de tous ces migrants qui fuient des guerres que nous tolérons et sur les champs de bataille desquels des armes de chez nous sèment le feu et la mort.
J’ai honte parce que leur misère est étrangère à la force de notre mépris.
J’ai honte parce que leur sort et le drame humain que nous semons chez eux par l’exploitation de leurs richesses n’occasionnent même pas un petit sursaut de dignité dans nos économies libérales et meurtrières.
J’ai honte de cette société qu’ils mettent en place chez nous.
Il vaut mieux y être riches, corrompus et en bonne santé que travailleurs, retraités ou jeunes.
Ces irresponsables politiques nous trompent, ils nous mentent et surtout ils nous spolient au quotidien.
J’ai honte de ce racisme et de cette xénophobie dont nos politiciens sont devenus les inspirateurs outranciers.
Ils pointent du doigt les migrants, pendant que de l’autre main, ils font peser de lourds fardeaux sur les citoyens : taxes et autres mesures vexatoires font notre misère au quotidien !
Dans les propos de Bart De Wever, il n’y a pas un seul regard pour le simple visage de celui qui frappe à la porte de notre pays.
Aurait-il eu la même rigidité s’il s’était agit d’un prince saoudien demandant l’exil ou un magnat de pétrole ou un industriel français en mal de paradis fiscal ?
Il n’est question dans sa lettre que de « mesures drastiques », de « quotas » ou encore de la mise en place d’une forteresse.
Certes, le Bourgmestre d’Anvers voit son parti en perte de vitesse dans les sondages au profit d’une droite encore plus extrême que la sienne.
Il se rend bien compte que le vol permanent du citoyen doit être masqué par la mise en place d’un bouc-émissaire. Le populisme est, pour ce faire, son arme électorale favorite.
Mais nous ne sommes pas dupes !
Nous avions remarqué que le « tout à l’argent » est devenu un « tout à l’égout » de l’humain.
Nous avions remarqué que le mensonge et la tromperie n’ont trouvé en Galand qu’un visage, alors que c’est tout leur corps politique qui est atteint.
Nous avions remarqué que Michel, ce pantin de Premier-ministre, n’est qu’une marionnette entre ses mains démoniaques.
Nous saurons nous en souvenir, le moment venu, peu importe ses écrans de fumée racistes et d’un autre temps, cher à sa famille politique.
Dans tous ces propos, ce que je retiendrai, cette la petite phrase de Théo Franken : « La situation est intenable ».
Leur inhumanité est, de fait, intenable.
Leur rage taxatoire est devenue insupportable pour une population qui arrive à peine à boucler les fins de mois.
Leurs atteintes permanentes au droit de l’homme, comme par exemple celui de bénéficier d’un emploi stable ou encore de bénéficier de soins de santé abordables, sont devenues inacceptables.
Le sacrifice de toute projet citoyen ou personnel au culte de la rentabilité industrielle et à l’acquiescement aux lois dictatoriales du marché est devenu intolérable.
Le choix partisan d’une classe sociale de nantis au détriment du bien-être de toute une population est devenu criminel.
Certes, les migrants coûtent chers, d’autant plus que la gestion du secrétaire à l’Asile est lamentable et irresponsable.
Par contre l’idéologie qui fait du monde financier un dieu incontournable, nous fait dire, comme à propos de certaines rillettes : « Nous n’avons pas les mêmes valeurs ».
Ce qui est devenu intenable, pour nous, les citoyens, c’est leur présence dictatoriale derrière les manettes du pouvoir !
Notre vie de tous les jours est déjà devenue le « siphon » de leurs mesures injustes et de notre colère.
De Wever, Francken et les autres … retournez dans vos niches, il y va de notre dignité et de notre sécurité !

Guy De Smet (7 novembre 2015)


- 119 - L’EUROPE ET LA DÉMOCRATIE

L’heure semble venue de réveiller notre vigilance.
L’Union européenne vient de franchir un nouveau pas dans son affirmation de « dictature » à la solde de la finance.
L’épisode, dont une certaine presse parle très peu, se passe au Portugal.
Les heures sombres des diktats de la dictature semblent y refaire surface … mais cette fois avec la complicité de la Commission européenne.
Lors des dernières élections législatives dans ce pays, la gauche anti-austérité a remporté le scrutin, en atteignant un score important, lui permettant d’obtenir une majorité absolue.
Des rêves nouveaux allaient pouvoir devenir réalité. Un temps d’espoir voyait le jour. Une nouvelle politique allait pouvoir mettre à mal la politique d’austérité mise en place par la Troïka UE – FMI.
C’était sans compter sur la décision du Président de la République, Monsieur Caravaco Silva.
Il allait purement et simplement refuser cette coalition au nom de l’intérêt national.
Il n’était pas possible, selon lui de laisser le bloc de gauche ou les communistes prendre le pouvoir. Les vaincus des élections n’avaient qu’à unir leur force pour diriger le pays, malgré l’avis du peuple, selon les normes financières européennes et internationales.
« En 40 ans de démocratie, aucun gouvernement au Portugal n’a jamais dépendu du soutien de forces anti-européennes, c’est-à-dire de forces ayant fait campagne pour l’abrogation du Traité de Lisbonne, du Paquet fiscal, du Pacte de stabilité et de croissance, ainsi que pour le démantèlement de l’union monétaire et la sortie du Portugal de l’euro, en plus de la volonté de dissoudre l’OTAN », justifiera le Président !
Ce qui le motive, c’est le refus d’envoyer de mauvais signaux aux institutions financières, aux investisseurs et aux marchés.
Pour cela, il a sacrifié le mandat confié par les électeurs : la fin des réductions salariales, l’austérité imposée par la Troïka.
Ce sera donc une Droite, investie par seulement 38, 5% des suffrages qui devra diriger le pays et poursuivre le calvaire de la population.
Le Président de la République, aiguillonnée par l’Europe et par les milieux financiers, a préféré un coup de force au respect de la démocratie.
Nous avions déjà connu la calamité imposée par l’Europe à la Grèce, où le citoyen était saigné de manière scandaleuse au nom d’un idéologie mafieuse et incontrôlable.
Nous avions déjà connu l’expérience de l’Irlande qui avait osé se soulever contre des décisions de Bruxelles. Mal lui en a pris, une austérité assassine lui a été imposée.
Les chiffres de la croissance européenne y vont mieux. La vie des simples citoyens y reste un enfer.
Nous avions déjà connu la remise en question de votes de citoyens, lors des élections en vue de l’adoption de la constitution européenne.
Si les peuples n’en voulaient pas, un pas en arrière serait fait. Au lieu de cela, on les a muselés et on a trafiqué leurs voix.
Nous avions déjà connu l’imposition d’une austérité sans avenir à des pays entiers, au nom de dettes qui font vivre quelques spéculateurs.
Nous connaissions les politiques autoritaires et les dérives démocratiques de gouvernements qui, comme chez nous, font du génocide social une source de bénéfices pour le monde de l’entreprise assoiffé de compétitivité.
Il est de bon ton, grâce aux conflits en Ukraine ou encore en Syrie de pointer du doigt Monsieur Poutine. Il serait le pire des dictateurs infréquentables des temps modernes !
Nous semblons avoir mieux, avec ce vieillard, pour le moins trouble, que dirige la Commission européenne, Monsieur Junker.
La démocratie ne semble pas être son fort !
Les combines financières seraient bien sa spécialité !
Son alliance avec les lobbies en tous genres le pousse à des décisions pour le moins curieuses !
L’Europe devient un danger pour nos vies de citoyens.
Elle est dirigée par quelques scribouillards à la solde de la finance et des observateurs de courbes économiques.
Ce qui importe, c’est l’argent, peu importe ce que vivent les citoyens.
Où sont les vieux rêves des fondateurs ?
Où sont les espérances qui ont poussé des pays à mettre à mal leur souveraineté.
Où sont les raisons de lui confier un prix Nobel de la Paix ?
Notre pays fait partie de cette Europe.
Lui aussi a à sa tête un Premier-Ministre qui n’est pas issu d’une application saine de la démocratie.
Lui aussi applique à la lettre les directives d’une Commission européenne qui n’a reçu aucun mandat pour diriger nos vies.
Lui aussi connaît une austérité suicidaire qui non seulement fait son lot de victimes, chaque jour, mais qui, en plus, nous pousse à une violence que rien ne pourra contenir.
Il est temps de nous réveiller !
Demain, nous pourrions connaître la situation de la Grèce ou du Portugal.
Nous pourrions nous perdre dans les dédales d’une dictature qui fait mal.
Et si notre inertie d’aujourd’hui était notre mort de demain ?

Guy De Smet (8 novembre 2015)


- 120 - NV-A ET LA JUSTICE

Souvenez-vous, si vous aimiez la lecture, il y avait dans votre enfance une série de livres qui avait un certain succès : les aventures de Martine.
Il en va de même avec la NV-A !
Dans un récent billet d’humeur, j’évoquais la NV-A et les migrants.
Il y avait déjà eu la NV-A et les milices privées, la NV-A et la Belgique, la NV-A et la fainéantise des Wallons, la NV-A et son toutou francophone, la NV-A dans la chambre de l’Extrême-Droite   …

Aujourd’hui, nouvel épisode : la NV-A et la Justice.
Ce parti nationaliste flamand a décidément des avis sur tout. Sa dernière cible, ce sont les prestations des avocats Pro Deo.
Selon, ses représentants, il est urgent de limiter le nombre d’avocats s’occupant de justiciables pauvres et aussi le nombre d’interventions par citoyen ayant recours à ce système.
Certes, la NV-A reconnait que l’accès à la justice est un droit fondamental, mais pas à n’importe quel prix.
« Fondamental » et « mais », ces mots vont-ils bien ensemble … en démocratie ?
Une députée de ce parti a fait les comptes : entre 2003 et 2013, les coûts de ce système d’aide ont augmenté pour atteindre 78 millions d’euros.
Selon elle, des réformes s’imposent. Elle ne voit qu’un seul moyen pour atteindre l’objectif, celui d’établir un nombre de dossiers maximum qui pourraient être traités par un avocat Pro Deo. Un quota de plus … Il y avait longtemps !
« Il est évident qu'un certain nombre de dossiers concerne toujours le même justiciable », ajoute-t-elle.
Des avocats trop zélés et des justiciables trop gourmands feraient exploser la dette.

Dans le flot des nouvelles qui nous submergent, une telle position pourrait très bien faire son œuvre en toute discrétion.
Aujourd’hui, la crise de Volkswagen, celle des migrants, la guerre en Syrie, la prochaine réunion des nations sur le climat, le crash de l’avion dans le Sinaï égyptien … quel bon moment pour frapper en douce, sans semer la rancœur ou la révolution !
Dommage, le citoyen est vigilant, parce que trop, c’est trop !
Ce que veut la NV-A, dans la ligne de toute son idéologie, c’est mettre en place une justice à deux vitesses.
Il y a celle pour les riches, pour ceux qui peuvent se payer des avocats ou soudoyer des plaidoiries.
C’est celle de Madame Galant qui ne respecte même pas les procédures de marchés publics. Ses difficultés ne seraient qu’une « imprudence » !
C’est celle du monde de l’entreprise qui n’hésite pas à engager des frais de justice pour augmenter sa force de concurrence ou pour échapper au fisc.
C’est celle de nos gouvernants qui engagent des millions d’euros, de l’argent public, en consultance juridique …
Et puis, il y a le pauvre, celui pour qui la vie est une collection d’échecs et d’injustices.
Il y a cette femme seule qui n’en sort pas, suite à un divorce qui se passe mal, mais qui n’a que les services Pro Deo pour la défendre.
Il y a ce jeune ou ce retraité, pour qui la Justice est la dernière arme face à une arnaque commerciale ou face à un délit meurtrier. Sa défense dépendrait désormais du nombre de dossiers que la vie l’a amené à introduire ?
Il y a cette victime de la route qui ne peut se défendre face à l’établissement de ses droits, alors qu’une réparation s’imposerait.
Certes la Justice coûte cher … mais le respect de la dignité de tout homme n’est-il pas à ce prix ?
Certes des économies sont indispensables, mais est-ce toujours aux mêmes à financer l’effort ?
La NV-A, commandant sa marionnette du MR, nous avait déjà fait le coup au sujet de la taxation du capital. Celle-ci était impossible, pendant qu’une attaque en règle des réserves des plus faibles n’était que justice.
Ils nous avaient déjà fait le coup concernant les exclusions des chômeurs, concernant le gel des salaires et autres sauts d’index.
Ils nous avaient déjà fait le coup en semant de la poudre aux yeux face à d’éventuelles augmentations de salaires, alors qu’une impossibilité financière, constatée sur le tard, détruisait les promesses.
Ils nous avaient déjà fait le coup en promettant des emplois stables pour faire passer la pilule de cadeaux somptueux à leurs amis entrepreneurs.
Ils nous avaient déjà fait le coût en stigmatisant les migrants et en les mettant en concurrence aux sans-abris, confrontés à l’approche de l’hiver.
Ce que veut la NV-A, c’est un monde dans lequel tout brille comme l’or ou le diamant.
Le pauvre est une tache dans le paysage, il faut l’éliminer !
Ce que veut la société c’est une « race de Seigneurs » qui soient des battants, des gagneurs et des « Number one ». Les autres sont à éliminer, à exclure.
Ce fut le discours d’autres idéologies, à d’autres époques !
De plus en plus, ne pas réussir, dans cette société est une tare.
De plus en plus, connaître l’échec dans la vie est un crime.
De plus en plus, être faible est une raison pour se laisser écraser.
Penser en ce sens, c’est oublier que le riche d’aujourd’hui peut devenir le pauvre de demain.
C’est oublier que celui qui brille aujourd’hui peut devenir une ombre demain.
C’est oublier que le gagneur d’aujourd’hui peut devenir le perdant de demain.
Penser en ce sens, c’est oublier que la société est faite pour le bonheur et le cheminement de tout homme, peu importe la couleur de sa peau ou l’épaisseur de son portefeuille.
C’est oublier que l’argent n’est rien sans le travail de l’homme.
C’est oublier qu’un homme abattu au sol est quelqu’un à relever.
Penser en ce sens, c’est oublier que l’homme est plus important qu’une idée.
Il est plus précieux que tout l’or du monde.
Il est plus riche de son humanité que de tous les biens qu’il possède.
Avec la NV-A, nous avions déjà connu l’incertitude face à l’avenir de la Belgique. Nous avions déjà connu la mise en cause de nos libertés individuelles.
Nous avions déjà connu la bestialité dans le traitement des migrants et la mise en concurrence des citoyens.
Nous entendons son mépris pour le citoyen, confronté aux arcanes de la Justice.
Quelle sera la cible de demain ?
Trop is te veel !

Guy De Smet (9 novembre 2015)


- 121 - LE SILENCE DE L’ÉGLISE ?

L’accueil des migrants, c’est là une mission que le gouvernement belge, à l’instar d’autres, a accepté au nom de ses engagements européens.
De sommet de chefs d’États en sommet de chefs d’États, Monsieur Junker et les plus hauts responsables politiques de l’Union se tournent vers les gouvernements concernés pour réceptionner les quotas qu’ils envisagent de répartir sur le continent.
Ils ont même été jusqu’à allouer une somme d’argent par migrant, afin de pouvoir les recevoir dans les meilleures conditions. Près de 6000 € par réfugié !
En Belgique, le secrétaire d’État à l’Asile, Théo Francken, est chargé de ce dossier épineux.
Depuis le début, il décide, il déclare, il menace, il dénonce, il ouvre, il ferme, il écrit … une cacophonie à la hauteur de son incompétence !
Sa gestion se heurte à des murs d’incompréhension.
Celle de la population qui, en ces temps de crise, redoute pour son avenir.
Entre les mesures impopulaires qui fait le quotidien du gouvernement et les fins de mois difficiles, il semble hors de portée pour beaucoup de faire un effort supplémentaire.
Cette position est renforcée par l’impression, justifiée ou non, que ce gouvernement fait tout pour aider les étrangers en oubliant les nationaux !
Des contingents démesurés de migrants débarquent dans des lieux paisibles, sans que la population n’y soit vraiment préparée. Les données sociologiques y sont bouleversées, sans que les conséquences ne soient prises en compte.
Nos gouvernants mettent en place des conditions qui ne peuvent qu’engendrer le racisme, miel pour attirer des électeurs qui leur échappent !
Walcourt, Mouscron … une certaine colère monte et une certaine peur s’installe.
Ce n’est pas le racisme des citoyens qui est en cause, mais plutôt les méthodes avec lesquelles des solutions leurs sont imposées !
Incompréhension aussi des communes.
D’une part, elles subissent de plein fouet les mesures gouvernementales, voyant leurs revenus et donc leurs possibilités d’action diminuer.
D’autre part, les responsables fédéraux leur imposent des quotas, oubliant que derrière chaque personne, il y a un souci d’accueillir, de protéger, de vêtir, de loger, d’occuper …et le sérieux d’une telle opération mérite pour le moins quelques préparations et quelques moyens ! Mais cela ne semble pas concerner Franken et sa clique !
Depuis quelques temps, les autorités se tournent vers le privé.
Là, elles sont bien obligées de composer et d’établir des contrats contre monnaie sonnante et trébuchante. Ce langage-là, elles semblent mieux comprendre !
Le moindre que l’on puisse dire, c’est que tout cela sent l’improvisation, si pas la volonté d’en faire le moins possible !
Bart De Wever, s’est exprimé, ce week-end, en ce sens.
Théo Francken s’est permis d’écrire aux réfugiés irakiens pour les inviter à rentrer chez eux. Il compte bien renouveler son initiative grotesque.
Il affublerait aussi tous ces étrangers d’un badge …
Autant de mesures vexatoires qui pointent vers une porte d’exclusion et de rejet.
Voici, aujourd’hui un troisième larron qui s’en mêle : Alexander De Croo.
Lors d’un cabinet restreint qui devait s’occuper de l’avenir du nucléaire dans notre pays, il s’est permis une sortie qui n’est pas passée inaperçue.
Il souhaite que l’Église catholique mette les monastères et les couvents (vides ?) à la disposition de l’accueil des migrants.
Souhait légitime et négociable, comme pourrait l’être la mise à disposition des châteaux, des résidences royales, des palais d’États et des infrastructures étatiques vides !
Il est vrai que tous les horizons devraient pouvoir être sollicités !
Mais, il est des manières de dire les choses : « Quand l'Église entreprendra-t-elle une action pour ouvrir les monastères et abbayes (vides) ? (…) J'entends le pape François réclamer plus de compassion pour les réfugiés. Mais l'Église en Belgique est restée à ce jour silencieuse sur le sujet. (…) D'autre part, le nouvel archevêque a déclaré qu'il allait se pencher sur la manière dont l'Église va gérer son patrimoine », déclarera-t-il, comme s’il était à la recherche d’un coupable à l’incompétence de son gouvernement !

Curieuse manière de demander une collaboration !
Curieuse conception de la concertation, dans laquelle une parole prononcée est rejetée, tandis qu’un non-dit s’apparente à un silence coupable !
Curieuse manière de dialoguer. Il n’est pas sûr que la bassesse et l’attaque soient la meilleure diplomatie pour créer des liens et soutenir une action !
Curieuse manière de reconnaître l’incapacité gouvernementale à gérer une situation humaine qui ne l’intéresse pas !
Curieuse méconnaissance du terrain ecclésial et des possibilités matérielles d’une Église, qui, quoiqu’elle fasse, sera critiquée !
Curieux de constater que l’anticléricalisme de l’État se souvient de l’Église quand cela l’intéresse.
Curieuse ignorance de l’Islam et de ses rapports difficiles avec d’autres religions, dont l’Église catholique. La situation dans les pays d’origine des migrants en est une illustration significative ! Il faut croire que cette susceptibilité musulmane n’a pas atteint le cerveau de ceux qui nous dirigent !

À travers cette nouvelle prise de parole, on ressent tout le désarroi de nos autorités face au drame qui les dépasse.
Nous sentons aussi leur méconnaissance de la Loi qui ne permet pas à un simple citoyen – et une institution a le même statut – d’accueillir un sans-papier, sans l’autorisation des autorités responsables. Là encore, l’économie de la concertation est, pour eux, un passage obligé !
Il est vrai que ce gouvernement et la Loi, cela semble bien être des valeurs différentes.
On ne peut pas être « Fils à papa » et compétent face à nos règles de droit !

Et si nos responsables politiques avaient pris le problème à l’envers ?
Le bon sens l’aurait pourtant suggéré !
Le flux des migrants est en route depuis des mois, si pas des années.
La guerre en Afghanistan, en Syrie, en Irak, en Erythrée est d’actualité depuis des décennies.
La seule chose en quoi cela nous a concerné, c’est de pouvoir y vendre des armes. Pour cela, des mesures ont été prises dans l’urgence !
Dans les pays dont les ressortissants sont considérés comme des migrants économiques, notre seule attitude a été d’exploiter leur main d’œuvre et leurs richesses naturelles.
Nos démocraties occidentales ont géré une crise économique et financière.
Elles ont investi des milliards pour sauver les banques, pour aider à la rentabilité des entreprises.
Elles ont créé des paradis fiscaux pour le plus grand bonheur de quelques mafieux en mal de bénéfices.
Elles ont abandonné leurs populations locales, faisant du social un encas pour des temps meilleurs.
Depuis des mois, depuis des années, la Méditerranée est devenue un cimetière qui fait honte à nos consciences.
Depuis des mois, depuis des années, les routes d’Europe sont devenues des chemins de croix pour des hommes et des femmes en quête d’un peu de vie.
Et nos autorités fédérales, européennes et autres, n’ont rien vu venir !
Leurs populations, elles, ne sont pas enthousiastes à les soutenir, après le hold-up qu’elles ont subi ! Il est d’autres domaines, comme celui de l’épargne, où cela se vérifie au quotidien !
Théo Franken, au lieu d’émettre ses ukases et de s’en prendre au bénévolat des plateformes humanitaires a tout raté !
Il aurait dû inviter les forces vives du pays – y compris les Églises – à se mettre autour d’une table pour créer un grand projet à la hauteur de notre démocratie.
Il aurait dû encourager des initiatives citoyennes qui faisaient d’un accueil humain une priorité. Au lieu de cela, il s’en est pris aux initiatives des bénévoles de Bruxelles qui ont fini par rendre leur tablier : elles n’avaient pas à remplir les fonctions de l’État !
Il aurait pu, dans de telles conditions, mettre en commun tous les moyens matériels et financiers de chacun, pour permettre un accueil à la hauteur du cœur que demandait une telle politique.
Il aurait pu être porteur d’un autre projet que celui d’exclure, de renvoyer, d’enfermer, d’insulter !
Pour cela, il fallait commencer par accepter humblement qu’il avait besoin des autres !
Pour cela, il fallait remplacer son autoritarisme inné par un peu de volontarisme et un peu de concertation !
L’humilité n’est pas le fort de ce gouvernement de nains !
Mais soyons honnêtes, ces zombies humains qui débarquent chez nous n’intéressaient pas leurs priorités gouvernementales.
Tout raté ? Pas si sûr !
Ils étaient un poids et un risque pour les enjeux politiques et économiques engagés.
Ils étaient indésirables … Les ténors de la politique le leur ont chanté sur tous les tons de la gamme !
Donc, ils devaient être montrés du doigt et disparaître !
Aujourd’hui, le gouvernement cherche des coupables à sa gestion déplorable.
Pourquoi pas l’Église ? Pourquoi pas le Pape ? Pourquoi pas un archevêque, pas encore installé et qui a, pourtant, déjà pris le temps de répondre ?
Ce procédé est à la dimension de la mesquinerie et du crétinisme de Monsieur De Croo et des tenants de son libéralisme fou.
Ce procédé est indigne d’un véritable dialogue social et pluraliste qui respecte tous les acteurs potentiels d’une action humanitaire.
Il est indigne d’un homme d’État !
J’oserais même le pas de plus.
Quand on se sent dépassé par la mission qui vous est confiée, il serait tellement plus courageux et honnête de se retirer et de laisser la gestion à ceux qui, à la place d’un portefeuille, ont un cœur.
Mais le pouvoir est tellement attrayant !

Évoquer le silence de L’Église, c’est tout simplement injurieux ?
Que fait Monsieur De Croo de l’action de Caritas Catholica et d’autres associations chrétiennes à l’œuvre sur le terrain ?
Que sait-il des implications des Chrétiens dans les démarches citoyennes qui ont déjà permis d’accueillir avec chaleur des migrants et d’autres blessés de la société ?
Que sait-il des appels, répercutés dans les moindres paroisses, à une collaboration active aux actions pluralistes sur le terrain de l’entraide … et pas que dans le domaine des migrants ?
Que sait-il du cadastre des propriétés d’Église, au point de tout confondre : quelle abbaye ou quel couvent appartiendrait à l’Archevêque de Malines -Bruxelles ?
Que sait-il des méfiances qu’engendreraient auprès des Musulmans une trop grande implication de l’Église catholique ?
Eh bien ! S’il ne sait pas, qu’il se taise !
Les Chrétiens n’attendent pas ses déclarations sulfureuses pour s’investir sur un terrain social qu’il ne connait pas.
Les Chrétiens n’ont pas de leçons à recevoir d’un gouvernement qui depuis un an rançonne sa population, laisse sur le bord de la route celles et ceux qu’il a exclus et qui fait de la création de la misère son credo.
Les Chrétiens n’ont que faire du mépris qui suinte de ses propos : certaines choses n’atteignent pas les étoiles.

Avec De Croo, voici un dérapage de plus de ce gouvernement.
Jusqu’où ira son mépris et son arrogance ?
Qui sera la prochaine victime de son orgueil ?
Jusqu’où ira son incompétence qui ne cesse de sacrifier l’homme à ses intérêts partisans ?
La seule destination possible qu’inspire chez moi son attitude, c’est la gare de mon mépris ! J’ose espérer que les migrants le lui pardonneront !
« Ce n’est pas moi, c’est lui » … Cette logique est indécente face à la détresse de ces familles plongées dans le désarroi.
Indécence ou crime d’irresponsabilité ?

Guy De Smet (10 novembre 2015)


- 122 - MARÉCHAL, NOUS VOILÀ !

La Belgique n’est pas le seul pays européen a été secoué par le scandale de la gestion du flux des migrants.
La Grande-Bretagne et la France ne sont pas en mesure de nous donner des leçons.
La « Jungle » de Calais est un de ces chancres humanitaires qui ne peut que choquer nos consciences humaines.
Des hommes et des femmes, des familles entières y vivent dans le dénuement le plus total et dans le désintérêt le plus magistral.
Leur espoir, c’est de franchir les frontières anglaises pour rejoindre leurs proches déjà installés en Angleterre ou pour tout simplement y commencer une nouvelle vie.
L’intransigeance britannique se pose comme un mur infranchissable. Pas question de dialoguer. Pas question de la moindre ouverture vers un peu d’humanité.
Que les autres se débrouillent avec les scories de leurs politiques !
D’abord la loi et rien d’autre !
Même pour les chiens venant de l’étranger, ils n’appliquent pas la même réglementation. Eux doivent se contenter d’une période de quarantaine !
La fermeture de la frontière a créé une tache de détresse sur le littoral français. Des hommes y vivent agglutinés dans la misère, rencontrant l’aide secourable de quelques malheureux bénévoles.
Une honte, en plein cœur de l’Europe !
Ces derniers jours, un citoyen de Sa Majesté a franchi la Manche pour se rendre compte « de visu » de la situation.
Il est tombé sous le charme d’une petite fille d’à peine cinq ans. Elle sourit dans cette misère comme le ferait une rose au milieu d’un tas d’ordure.
Il a joué avec elle. Il l’a prise dans ses bras. Il lui a offert des bottes. Il a été un instant de chaleur humaine au milieu de tant de détresse. Il a été conquis par autant de beauté révélée dans la joie d’un enfant, et ce, dans un lieu aussi sordide.
Le papa de cette fille, émerveillé par autant d’attention, lui a confié sa fille. La mission était de la remettre à sa famille qui vit, installée, en Angleterre.
Il lui demandait d’arracher cette petite fille à la froideur de la misère pour la rendre à la chaleur d’une famille, à quelques kilomètres de son trou à rats.
Naïvement, cet homme a laissé parler son cœur.
Il a pris en charge cette enfant pour la confier aux siens, Outre-Manche.
Mal lui en a pris !
Après seulement quelques instants de rêve, il a été arrêté par les douaniers français … oui, vous avez bien lu : français !
L’enfant a été remis à son père !
Le sauveteur risque cinq ans de prison en France !
Étrange Europe qui confond le cœur et l’inhumanité d’un règlement !

Et s’il n’y avait rien de neuf sous le soleil ?
Ce n’est pas la première fois que la France se met à collaborer avec une dictature ou avec une idéologie destructrice.
Ce n’est pas la première-fois que la France devient ce « sans couilles » à genoux devant l’injustice et devant l’inhumanité.
Souvenez-vous, c’était l’époque du Maréchal Pétain, cet ancien Héro devenu un Zéro.
Lui aussi s’était fait le larbin d’Hitler, créant l’ignominie du régime de Vichy.
Lui aussi avait sacrifié l’honneur de la France à l’inhumanité d’une idéologie.
Lui aussi avait évité de placer l’Allemagne nazie devant ses responsabilités.
Lui aussi avait fait de la traite des juifs une monnaie d’échange pour des privilèges infamants.
C’est en ce sens qu’il me plait de lire l’incident qui devrait faire rougir le pays qui a vu naître les Droits de l’Homme.
La France n’a jamais interpellé son homologue anglais devant la bassesse de sa position face à ces échoués de la vie.
La France s’est contentée de fermer les yeux sur ce qui allait devenir un bidonville innommable, au cœur d’un Occident qui aime se vanter de ses succès.
La France s’est habituée au paysage de ces êtres humains transformés en de pauvres hères sans importance.
L’Europe n’a jamais envisagé des sanctions face à ce pays qui fait de son insularité une frontière infranchissable.
Les autorités françaises n’ont pu que fermer les yeux sur ce drame qu’elles ne gèrent même pas.
Et dire que ce pays se verrait bien à la tête d’une coalition de gendarmes du monde !
La France craint aujourd’hui une arrivée au pouvoir du Front National.
Le Premier-Ministre français n’hésite pas à déclarer qu’une telle aventure serait une catastrophe, dont les citoyens seraient les seuls responsables.
Mais pourquoi craindre ce changement, quand le pouvoir dessine lui-même l’infrastructure d’un tel futur ?
Les manières de Vichy, dont ils se plaisent à secouer l’épouvantail, est déjà à l’œuvre.
Aujourd’hui, ce sont des fonctionnaires français qui agissent à la solde de l’idéologie libérale anglaise.
Aujourd’hui, ce sont des fonctionnaires français qui arrêtent des enfants et les enferment dans la détresse, comme ils ont pu le faire au Vel d’hiv ou à Ysieux.
Aujourd’hui, ce sont des fonctionnaires français qui arrêtent des résistants de la conscience du monde, comme ils ont pu le faire, jadis, pour Jean Moulin et d’autres.
Aujourd’hui, c’est tout le gouvernement d’un pays qui se tait face aux atteintes aux droits de l’homme commis sur son territoire.
À Calais, les fantômes d’un sinistre passé se réveillent.
La « Marseillaise » y devient « Maréchal, nous voilà ».
Cette petite fille, renvoyée dans l’horreur du camp, me fait songer aux yeux de cet autre enfant, marchant les bras levés, sous la pression d’une baïonnette allemande.
À l’époque, il était interpellé parce qu’il était juif.
Aujourd’hui, il est interpellé parce qu’il est pauvre et sans intérêt.
Dans quelques semaines, la France va nous « fatiguer » avec sa grand-Messe sur l’écologie.
Une planète propre … Oui, mais pour y mettre qui ?
Aux pôles, la banquise fond !
Dans nos sociétés libérales, le cœur se meurt. L’homme est couché dans sa misère.
Calais en restera le symbole !

Guy De Smet (11 novembre 2015)


- 123 - L’ÉTIQUETAGE DES PRODUITS ISRAÉLIENS

Une fois n’est pas coutume, l’Union européenne vient de faire preuve de courage.
Elle vient de décider un étiquetage particulier pour les produits israéliens fabriqués dans les territoires occupés illégalement depuis 1967.
Depuis cette époque, en effet, Israël, à l’encontre de tous les traités internationaux, envahit la terre de Palestine. Elle y implante des colonies et elle y installe des populations extrémistes.
Dans ces colonies, les colons se sont livrés à des exactions, à des pillages, à des agressions contre la population palestinienne, installée là depuis des siècles.
Ils se sont comportés comme des envahisseurs, déversant leur haine et leur mépris.
Les tracasseries en tous genres sont venues compliquer la vie de la population autochtone. Des champs ont été rendus inutilisables et inabordables. Un mur d’ignominie sépare des familles et des biens. Des expulsions de maisons et de propriétés font le cauchemar de familles entières. La terre brûlée devient une manière de s’agrandir et de voler.
Le but de toutes ces manœuvres d’intimidation était de rendre la vie impossible à ces familles dont le seul crime, est d’être palestiniennes.
Depuis des décennies, l’ONU produit des résolutions condamnant cette attitude et invite Israël à la paix et à la justice.
Israël reste sourd, estimant qu’il est dans son droit. Pour cela, il n’hésite pas à bafouer les conventions et les normes internationales.
Il n’hésite pas à se transformer en bourreau et à semer la terreur sur son passage.
Les États-Unis, assoiffés d’argent se font les complices de cette terreur criminelle. Parfois, un peu d’énervement du bout des lèvres !
L’Europe, poussée par ses citoyens, vient de se poser en justicier, face à ces crimes de guerre impunis, jusqu’ici.
Désormais, il y a deux sortes de produits sur le marché, en provenance de cette région du monde.
Il y a d’une part, les produits fabriqués en Israël. Ils sont étiquetés comme tels.
D’autre part, il y a ceux, issus des colonies. Ils seront reconnus et appréciés comme tels.
Cela n’a l’air de rien. C’est toutefois un acte de justice et une démarche courageuse sans pareil dans le monde.
Désormais, si vous achetez encore des fruits, des légumes, des herbes ou d’autres biens de consommation, il vous sera impossible d’ignorer leur provenance.
En achetant ceux, poinçonnés « Israël », vous achetez des produits d’un peuple terroriste, qui, depuis 1948, unilatéralement, a proclamé son existence.
Il a semé la mort et la misère dans des camps de réfugiés.
Il a tué des enfants et des innocents à Gaza.
Il a qualifié de terrorisme la défense de résistants courageux qui ont décidé de se battre jusqu’au bout pour sauver leur terre.
Agir ainsi, c’est aller à l’encore d’une écologie sociale et humaine qui devrait guider nos comportements.
En achetant les produits issus des colonies, vous cautionnez une injustice criante et vous permettez à Israël de faire de ses crimes une conduite habituelle.
Où serait l’éthique dans tout cela ?
L’Europe a tranché !
Le gouvernement israélien a suspendu toutes les négociations avec l’Europe.
Les amis d’Israël se morfondent sur ce qu’ils appellent une journée funeste et destructrice.
Personnellement, et avec d’autres défenseurs de la Palestine, je me réjouis de cet acte de bravoure de l’Europe.
Quand elle veut, elle peut !
Il est temps de rappeler à Israël que le souvenir de la Shoah ne lui permet pas tout.
Il est temps de rappeler à Israël que depuis 1948, elle se développe en toute illégalité, grignotant des territoires qui ne lui appartiennent pas.
Il est temps de rappeler à Israël que son État n’a aucune raison d’être, dans la logique de l’Histoire et dans celle du salut religieux, dont il se revendique.
Cette mesure économique s’ajoute au boycott de produits israéliens qui sévit dans plusieurs contrées du monde. Il s’agit d’une décision qui fait mal et qui couvre de honte et d’orgueil tout un peuple.
En même temps, il n’est que justice pour ce peuple palestinien, victime de la barbarie sioniste.
Il est une reconnaissance du drame qui se vit à l’intérieur de ses frontières et un appel à la solidarité internationale.
Le Président iranien, qui sera prochainement en visite en France, fait un pas de plus. Je le fais volontiers avec lui.
Il estime, à juste titre, que cet État n’a aucune raison d’exister.
Selon lui, il existe une seule nation sur cette parcelle du Moyen-Orient, celle d’avant 1948, celle qui permettait aux Palestiniens de voir s’écouler le lait et le miel.
Rien ne permettait à ces Juifs venus de l’Europe de l’Est ou des steppes de Russie de s’installer, tel le coucou, dans le nid d’un autre peuple.
Il rejoint me semble-t-il le bon sens de l’Histoire et la vérité d’un peuple qui s’est vu exclure de partout au nom de son âpreté au gain et au nom de son ego démesuré.
L’Europe vient de laisser une aurore nouvelle illuminer une terre d’injustice et d’humiliation.
À quand le pas de plus qui permettra à la Palestine de briller dans le concert des nations ?
À quand l’obligation pour Israël d’une vraie négociation ?

Guy De Smet (12 novembre 2015)


- 124 - VIVE LA FRANCE

Paris terrorisé !               
Paris outragé !
Paris massacré !
Trois expressions pour décrire le drame humain qui vient de secouer la capitale française dans la nuit de ce 13 novembre 2015.
Nuit d’explosions, nuit de carnage, nuit de terreur, nuit de cauchemar pour un peuple avide de fête, de fraternité et de liberté.
Tout commence peu avant 21h, aux abords du Stade de France, dans la banlieue nord de la capitale.
C’est la foule des grands jours pour un match de football opposant la France à l'Allemagne.
Des explosions, des tirs de mitraillettes … le drame tisse sa toile !
Au même moment, l’horreur s’installe dans une salle de spectacles, dans des quartiers paisibles, balayant des terrasses de restaurants ou de simples passants.
Des centaines de morts, des blessés à ne plus savoir les compter.
Paris est frappé dans ce qu’elle a de plus précieux : sa population.
Le samedi matin, une revendication tombe : lÉtat islamique revendique les attentats.
Il veut y voir une réponse à l’implication de l’armée française dans les bombardements des installations du Califat de l’ignominie en Syrie et en Irak.
Il veut y voir une victoire de la radicalisation de l’Islam, capable de détruire la perversion que représente l’Occident.
Désormais, la guerre a franchi la Méditerranée. Les zones de combats se sont étendues. La France est en guerre !
État d’urgence, contrôles aux frontières, rassemblements interdits, lieux publics fermés. La France est en guerre !
Les témoignages qui pleuvent, venant des rescapés du Bataclan ou des quartiers attaqués, évoquent les ténèbres de la mort qui se sont brusquement abattus sur la Ville Lumière.
Des morts, du sang, de l’incompréhension, des vies détruites, des avenirs incertains … des terroristes ont atteint une population innocente et incrédule.
Face au drame, la classe politique, pour une fois, affiche son unité.
L’Église catholique, par la voix du Cardinal Vingt-Trois, affiche sa compassion et invite à une messe, dimanche, à Notre-Dame.
Le Grand Rabbin et le président du CRIF se taisent dans toutes les langues.
Le Recteur de la Mosquée de Paris semble être aux abonnés absents.
Les Parisiens se réveillent groggy, mais solidaires. Des centaines se pressent dans les hôpitaux pour y faire don de leur sang …
Paris debout !

Aujourd’hui, en amoureux de la liberté, j’exprime toute ma sympathie au grand peuple de France.
Je condamne, avec eux, ces djihadistes qui seraient venus de Belgique ou d’ailleurs pour semer la mort.
Aujourd’hui, « JE SUIS FRANÇAIS », « JE SUIS PARISIEN » avec eux !
Leur histoire a été marquée par bien des heures sombres. À chaque fois, ils se sont relevés.
Des tragédies, des insurrections ont eu comme réponse une résistance fière et belle.
Des barbares ont cru que Paris pouvait brûler. C’était sans compter sur la force de vie qui ressort de ce peuple fier et courageux.
Aujourd’hui, c’est l’heure du deuil.
Demain, ce sera l’heure de rallumer les réverbères de l’espoir !

Une fois de plus, les barbares de l’État islamique ont frappé.
Une fois de plus, ils ont fait de leurs crimes la signature d’une idéologie, aux antipodes d’une religion dont ils se réclament.
Une fois de plus, ils ont semé la terreur dans le cœur d’innocents, morts en martyrs de la liberté et de la civilisation.
L’État islamique, c’est un cancer de l’Humanité.
Il est dirigé par des intégristes mafieux, dont le seul souci est d’exploiter la misère humaine et de l’assouvir à leur soif de pouvoir.
Il est peuplé de mercenaires et de convertis stupides remplis de haine et de racisme.
Un cancer, il faut l’éliminer, jusque dans ses moindres métastases.
Certes, des frappes sont à l’œuvre en Syrie ou en Irak.
Certes, des nations amoureuses de la Justice et de la paix s’emploient à la tâche titanesque de l’anéantissement de ce chancre.
Mais, il semble nécessaire de passer à la vitesse supérieure et « d’atomiser » ce cancer qui ronge nos consciences et notre humanité.
Il faut détruire ces barbares de l’État islamique jusque dans les racines de leur être.
Il faut être sans pitié avec ceux qui sont partis là-bas pour s’initier au djihadisme et qui reviennent en Occident. Il faut les exclure, les bannir et les mettre hors d’état de nuire. Ils ne méritent ni notre crédit, ni une place dans la société. Pas question d’une deuxième chance !
Il faut casser dans nos politiques les raisons qui permettent ces extrémismes et ces dérapages meurtriers.
Il faut répondre à la guerre par la guerre !
Je suis impressionné, dans la foulée de la Reine de Jordanie, par le silence des communautés musulmanes du monde.
Elles se veulent modérées. Il est urgent de se manifester.
Ne pas le faire serait donner naissance à d’autres nuits de cristal, dont les victimes seraient les musulmans, dont le silence pourrait sembler complice.

Mais aujourd’hui, la France est en deuil !
Nos cœurs d’amoureux de la liberté, de l’égalité et de la fraternité saignent.
Le sang impur abreuve, à nouveau, les sillons.
La colère prend petit à petit la place, décidée de partir en guerre contre tous les fanatismes et tous les radicalismes.
Allons, enfants de la Patrie …

Guy De Smet (14 novembre 2015)


- 125 - J’AI DEUX AMOURS

Comme tout homme, habité par des valeurs, j’ai aujourd’hui deux amours … et mon cœur saigne.
À quelques semaines des fêtes de fin d’année, je me réveille, avec d’autres, en pleine cauchemar : des attentats, des innocents noyés dans leur sang, des blessés abattus, un pays sali par quelques crapules en mal de notoriété.
Mon premier amour, c’est Paris !
La ville est, une fois de plus, touchée par des actes ignobles liés au terrorisme.
Une fête du sport anéantie au Stade de France, dans le nord de la capitale.
Une salle de spectacle bafouée, mettant à mal une valeur inestimable de notre civilisation : la culture.
Des quartiers paisibles, débordants de vie et de convivialité, saccagés.
Aujourd’hui, des larmes coulent, des fleurs s’amoncellent, des bougies veillent dans la nuit.
Des armes ont frappé, brisant le rêve de la liberté. Elles sont, aujourd’hui, devenues des larmes.
Des vies ont été fauchées, privant le monde du sourire et de l’envie de vivre d’une certaine jeunesse.
Des familles sont perdues dans une nuit, dans laquelle ne semble briller aucune lumière.
Je reprends volontiers à mon compte, au point de vous les répercuter, ces mots d’un internaute américain :
« La France incarne tout ce que les fanatiques religieux du monde entier détestent : profiter de la vie ici sur Terre par une multitude de façons différentes. Une tasse de café parfumé avec un délicieux croissant au beurre le matin, de belles femmes en robes courtes qui sourient librement dans la rue, l’odeur du pain chaud, une bouteille de vin partagée avec des amis, un peu de parfum, des enfants qui jouent au jardin du Luxembourg, le droit de ne pas croire en Dieu, ne pas se soucier des calories, de flirter, de fumer et de profiter du sexe hors mariage, de prendre des vacances, le droit de lire n’importe quel livre, d'aller à l’école gratuitement, de jouer, de rire, le droit de se disputer, de se moquer des religieux et des politiciens, le droit de laisser l’inquiétude de ce qu'il y a après la vie aux morts. Aucun pays sur Terre ne vit mieux que les Français.
Paris, nous t’aimons, nous pleurons pour toi. Tu pleures ce soir, et nous pleurons avec toi. Nous savons que tu riras à nouveau, chanteras à nouveau, feras l’amour et guériras, car la vie est dans ta nature. Les forces des ténèbres reflueront. Elles perdront. Elles perdent toujours ».
« Paris debout », écrivait le Général De Gaulle !
Debout, ce sont les rassemblements de la place de la République.
Debout, ce sont les bâtiments qui s’éclairent aux couleurs de la France.
Debout, ce sont les bombes françaises qui détruisent un poste de commandement et des camps d’entraînement djihadistes à Racca, en Syrie.
Debout, ce sont des citoyens qui clament haut et fort, du fond de leur douleur : « Même pas peur » !
Des hommes, des femmes sont anéantis au sol, abattus par la barbarie de quelques monstres.
Mais, en même temps, des hommes assoiffés de liberté et de vie se lèvent, motivés : plus jamais ça !
Sous les ponts de Paris, l’amour restera à jamais plus fort que la mort !

Mon deuxième amour, la Belgique, a lui aussi été atteint dans sa dignité.
Ce pays, il m’a vu naître. Il m’a offert une liberté et une paix auxquelles je m’accroche pour vivre.
Ce pays m’a dépaysé à travers une culture et un mode de vie qui font mes petits bonheurs au quotidien.
Ce pays, il a été façonné par des hommes et par des femmes qui n’ont pas hésité à mettre leur sang et leurs compétences au service de la construction d’un coin de monde, dans lequel il fait bon vivre.
Je ne donne à personne le droit de le détruire ou de le trainer dans la boue.
C’est pourtant ce que viennent de faire quelques djihadistes assoiffés d’intolérance et de haine.
Ils ont utilisé l’air que je respire.
Ils ont profité des infrastructures et des biens qui facilitent mon quotidien.
Ils ont construit, chez nous, un nid pour y couver leurs projets de destruction et de mort.
Ils n’ont pas hésité à prendre en otage une religion qu’ils ignorent jusque dans ses perles les plus précieuses.
Ils ont volé le nom de Dieu pour faire de son utilisation, un blasphème.
Ils sont devenus des êtres abjects qui font honte à notre conception de l’humanité.
Nous croyons que l’accueil est une porte d’entrée à la découverte de la beauté du visage de l’autre.
Nous croyons que la multiculturalité, si elle est un défi, peut être aussi une richesse et une découverte.
Nous croyons que le respect et la tolérance sont les fils conducteurs pour établir les bases d’une société.
Nous ne donnerons à personne le droit de mettre toutes ces valeurs en cause.
Musulmans qui vivez chez nous … Votre voile et vos signes extérieurs signifiant votre différence, nous n’en voulons pas.
Vos ghettos et vos communautarismes sont une insulte à notre vivre ensemble.
Vos prières ostentatoires et vos exigences rituelles nous sont devenues insupportables.
Si, vivre chez nous, vous semble incompatibles avec votre sens du bonheur, rentrez chez vous !
Le laxisme politique qui a permis d’engendrer ces monstres est à condamner en-dehors de tous les extrémismes.
La faiblesse de l’État face à tout ce qui met notre sécurité en danger cautionne notre colère.
Mon pays a été sali par quelques tyrans débordant de plans machiavéliques et de projets destructeurs.
Il a été insulté par une communauté musulmane qui tolère avec complicité un radicalisme criminel et qui ne réagit que du bout des lèvres et un peu tard, face à autant d’atrocités.
À ceux qui s’opposent avec vigueur, ces vrais Musulmans courageux et travailleurs, je clame mon respect !
Mon pays a été blessé par la simple idée que nous soyons un point de départ de la haine et de la mort, semées à l’encontre d’innocents et de la liberté.
Et si la récréation était terminée ?
Si aujourd’hui, vivre en Belgique signifiait s’adapter à nos us et coutumes ?
Si aujourd’hui nos signes extérieurs, religieux ou autres, cessaient d’être des provocations tournés vers l’extérieur pour redevenir les signes intérieurs d’une confiance en l’Amour ?
Si aujourd’hui, à l’heure de l’accueil massif de migrants, nous proclamions d’emblée que notre vivre ensemble est un tout à prendre ou à laisser, sous peine de renvoi au pays d’origine ?
Si aujourd’hui, nous imposions que notre tolérance ne devienne jamais le nid de l’intolérance ?
J’en appelle à toutes les religions et à tous les courants de pensée.
Les lumières de Paris ont fait place à l’obscurité de notre chagrin.
Les espoirs de Molenbeek et, à travers eux, ceux de toute la Belgique, ont été anéantis par le fanatisme et par l’intégrisme.
« J’ai deux amours … » Je ne donne à personne le droit d’y toucher !
Vigilance et rébellion ! Tels devraient être les maîtres-mots face à tout ce qui atteint la liberté de l’Homme … de tout homme !

Guy De Smet (16 novembre 2015)


- 126 - EN GUERRE !

Le dernier clown comique ou sinistre sire qui avait utilisé cette expression, c’est Georges W Bush.
Cela lui permettait de se lancer dans l’opération folle de l’invasion de l’Irak. Nous en connaissons le prix et les conséquences.
Des armes chimiques hypothétiques ont été rejetées aux oubliettes de l’Histoire.
Saddam Hussein a été pourchassé et supprimé.
Le pays a été abandonné à la terreur d’attentats meurtriers et à un chaos indescriptible.
Des flots de réfugiés ont déferlé sur les routes de l’Europe.
Les Successeurs de Saddam Hussein ont rassemblé leurs forces pour créer l’État islamique.
Un monstre a été enfanté et nous le regardons grossir !
Des attentats ont fleuris aux quatre coins de la planète, y semant le désordre et la peur … jusqu’à cette nuit du vendredi 13 novembre 2015 qui a éteint la lumière de Paris.
« Ce qui est étonnant, c’est que cela vous étonne ! » disait en substance un ancien juge français, chargé des affaires de terrorisme. Il était interrogé par un journaliste confronté aux commentaires de ces évènements au quotidien.
Il y a eu le Vietnam …
Il y a eu l’Iran …
Il y a eu l’Afghanistan …
Il y a, à chaque fois, une confusion entre les intérêts américains et la sécurité du monde.
À chaque fois, nous sommes entraînés dans le sillage d’une politique américaine qui nous dépasse et qui nous entraîne là où notre goût de la démocratie et de la paix ne voudrait pas nous emmener.
Un climat d’insécurité menace les relations internationales. Des victimes de terrorisme tombent comme des mouches, livrant nos sociétés à une confusion sans nom.
L’Europe se révèle, quant à elle, d’une inefficacité affligeante, après n’avoir rien vu venir.

Aujourd’hui, suite aux attentats de Paris, le Président français, suivi par d’autres leaders politiques, utilisent le même vocabulaire.
Ils n’hésitent pas à parler de « guerre », transformant ce mot en une réalité bien éloignée des dictionnaires.
Quand le Larousse donne la définition de la guerre, il parle avant tout de « la lutte armée entre deux états ».
La guerre implique alors une logique de défense et d’assaut, dont les frappes françaises en Syrie seraient une objectivation. Cela se vit entre États structurés et organisés, entre des armées et entre des professionnels.
La guerre, c’est un métier !
Dans une guerre, il est question de se battre entre combattants armés et non contre des civils habités par une soif de vivre.
Les victimes innocentes sont à protéger à et défendre … et pour cela, tous les moyens sont bons … aux décideurs d’en juger !
La guerre implique une attitude de la population faite de collaboration, de suspicion, de résistance armée … Elle crée un climat de peur bien éloigné de nos aspirations à plus de paix et à plus de justice.
La guerre implique des pouvoirs spéciaux lui permettant de museler nos libertés de déplacement, de rassemblement ou d’expression. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller ?
C’est, entre autre, la position de Monsieur de Villepin et d’autres voix d’intellectuels qui attirent l’attention sur la difficulté liée à l’usage de cette expression.
Certes, ces attentats sont l’œuvre de guerriers et de tueurs professionnels.
Ils sont l’œuvre de lâches débordant de haine et de sadisme.
Ils ont pour auteurs des mercenaires sans foi ni loi, manipulés par des chefs de guerre, avides de pouvoir et de puissance.
De là à proclamer un état de guerre, il me semble y avoir un pas, dangereux à franchir.
Dangereux, parce que nos responsables tombent dans le piège de l’État islamique qui fait sortir du bois un ennemi qui lui reconnait un statut.
Dangereux, parce que l’état de guerre fait naître un état d’urgence dont personne ne maitrise les limites.
Dangereux, parce que ni vous, ni moi, nous ne pouvons prévoir les dérives et les menaces que peut engendrer un tel concept lacé dans la foule.

Il me semblerait préférable de nuancer de tels propos.
Il serait plus juste de dire que nous sommes assaillis par les miasmes d’un monstre que nous avons laissé créer.
Il serait plus défendable de reconnaître dans ces victimes de Paris, les dégâts collatéraux de nos politiques sauvages. Notre volonté de pouvoir et de nos soifs économiques ont libéré une bête immonde qui tue et qui fait de la terreur son arme de destruction massive. N’empêche qu’un dégât, qu’il soit collatéral ou autre, est un dégât de trop !
Je préfère celles et ceux qui parlent de « fermeté » et « d’intransigeance » face à la montée de tous les extrémismes.
Je préfère entendre qu’on va enfin « s’occuper » de communes, au lieu de laisser à l’impuissance et à l’indécision le monopole d’une autre terreur.
L’État islamique et ses fanatiques extrémistes sont à étouffer dans l’œuf.
Il faut les combattre par tous les moyens.
Il ne faut plus tolérer que notre État de Droit soif bafoué par quelques extrémistes assoiffés de sang et de vengeance.
Au-delà de tous les clivages politiques, une certaine union nationale réclame notre adhésion. Le sang des martyrs nous le crie à corps et à cris.
Une « Guerre » et sa logique de destruction : non !
L’anéantissement d’un cancer qui ronge le monde, comme l’État islamique : oui !
Et pour cela, tous les moyens sont bons … À nos responsables d’en prendre la mesure !

Guy De Smet (16 novembre 2015)


- 127 - LES TROIS MISSILES DE LA FRANCE

Le vendredi 13 novembre, une chape de ténèbres a abasourdi la France.
Paris a été touché en plein cœur de sa joie de vivre.
Le sport, la culture, la convivialité … Trois idées du mode de vie à la française ont servi de cible à quelques barbares en mal de notoriété.
En frappant, ils ont voulu défendre une cause, celle d’un État islamique qui n’inspire que dégoût et rejet.
Une jeunesse a été clouée au sol.
Une force de vie a été anéantie.
Une vision de la civilisation a été meurtrie.
C’est l’heure des rassemblements, des hommages, des prises de paroles.
C’est l’heure du son vibrant d’une marseillaise qui remplit les yeux de larmes.
C’est l’heure d’un silence qui soit à la fois l’expression d’un vide, mais en même temps, d’une présence qui ouvre les portes de l’avenir.
Aujourd’hui, au-delà de la tristesse, c’est l’heure de la colère et de la recherche des coupables.
De Paris à Bruxelles, des perquisitions, des assauts, des arrestations, des gardes à vue … des énergies se déploient, à la recherche de ces éteignoirs de vie et d’espérance.
À Raqa, c’est l’heure de la vengeance. Des avions français bombardent, assurant sa population d’une réponse à autant de haine et à autant de sang.
Dans le chef de ceux qui nous gouvernent, c’est l’heure d’un examen de conscience et de la recherche de pistes pour l’avenir.

Certains parlent de guerre, laissant les marchands d’armes du monde entier se frotter les mains à l’avance.
D’autres envisagent des stigmatisations, ouvrant la voie à un racisme destructeur et inutile.
D’autres encore fermeraient bien de frontières, comme ils ont déjà, depuis longtemps, fermé leur cœur au moindre sursaut de dignité et d’humanité.
Certes, il faut rechercher et punir les auteurs de tels actes ignobles.
Certes, il faut mettre en place une sécurité et une Justice qui empêchent de tels débordements.
Certes, il faut anéantir ces forces du mal qui ont fait de l’État islamique un monstre et un criminel de guerre.
Mais, je crains que la violence n’engendre que la violence.
Je crains que le racisme ne devienne source de la fin d’une civilisation.
Je crains que les bruits des armes et des bottes n’empêchent à jamais de reconstruire le visage défiguré de l’homme.

La France est un grand pays. Ses habitants le savent, au point de nous faire rire régulièrement.
Déclencher une troisième guerre mondiale ne leur rendra pas leurs martyrs.
Ils ont d’autres moyens pour restaurer leur dignité bafouée.
Ils possèdent trois missiles qui ont permis, au lendemain de la Révolution française, de reconstruire un pays mis à feu et à sang.
Ils sont guidés par trois valeurs que rien ne pourra détruire et qui se trouvent gravées au somment de chacun de leurs bâtiments publics : LIBERTÉ – ÉGALITÉ – FRATERNITÉ.
La liberté, c’est le fil rouge de nos raisons de vivre et de nos combats en faveur d’une paix toujours fragile, mais tellement précieuse.
Des hommes et des femmes sont morts, dans leur Histoire, pour les préserver, de Verdun aux côtes de l’Atlantique, de la Méditerranée à Strasbourg.
Le drapeau de la France n’a cessé de flotter là où les droits de l’Homme étaient en danger ou étaient enfin retrouvés.
L’Égalité, c’est la direction de toutes les luttes qui, du combat syndical à la destruction de la criminalité, font de la recherche de la Justice un moteur de tous les instants.
De la lutte contre l’esclavage, jusqu’aux décisions du « Mariage pour tous », ce furent des heures glorieuses où la grandeur de la France a pu s’écrire dans le respect de tous et dans la recherche d’un bonheur ouvert à tout citoyen.
La Fraternité, enfin.
Elle est la porte ouverte sur la découverte des richesses de chacun, peu importe sa couleur de peau, sa religion ou sa philosophie, peu importe sa fortune ou sa culture. J’ai besoin de lui. Il a besoin de moi !
La main tendue, l’écoute attentive, la culture d’une mentalité de respect réciproque … autant d’attitudes qui construisent la paix et qui éteignent les guerres. Des valeurs qui ne permettent aucun compromis !
L’établissement de rapports justes entre les États, sans arrière-pensées économiques ou d’expansion, sans exploitation et sans paternalisme… autant de garantie pour une compréhension entre les peuples. Il s’agit là d’un ordre nouveau pour le monde !
Ce qui importe ce n’est pas d’être riche ou pauvre.
Ce qui importe ce n’est pas son empreinte religieuse ou philosophique : être catholique, musulman, juif, athée.
Ce qui importe ce n’est pas sa couleur politique ou son engagement partisan.
Ce qui importe, au terme d’une vie, c’est de pouvoir dire : « J’ai tenté d’être un homme ».
Liberté, Égalité, Fraternité : trois voies non-violentes, plus puissantes que n’importe quelle bombe atomique.
Liberté, Égalité, Fraternité… et ce sont les visages des victimes du 13 novembre parisien qui deviennent comme autant de connexions pour rallumer la Ville Lumière.
Et s’il suffisait d’aimer ?

Guy De Smet (16 novembre 2015)


- 128 - ET SI C’ÉTAIT ÉCRIT ?

Si les attentats qui viennent de secouer Paris et sa joie de vivre nous encombrent l’esprit, il est une autre nouvelle qui commence à transparaître dans les médias. Elle a de quoi ne guère nous rassurer.
L’information nous vient, certes, des réseaux sociaux, mais aussi d’une presse très officielle comme LCI, un chaîne française réputée « sérieuse ». Elle est de plus relayée par Dominique de Villepin, ancien Premier-Ministre français, qu’il est difficile de taxer de « farfelu ». Elle l’est aussi par Michel Onfray, un philosophe de renom. À eux seuls, ils balaient la gauche et la droite française !
Au-delà du sang et de la terreur, au-delà de la douleur des victimes, au-delà de la peur et de l’émotion que tout cela suscite, des médias pointent du doigt un autre coupable : les États-Unis, le fameux gendarme du monde.
Il existe des coïncidences qui sont, pour le moins, étranges.
Les États-Unis, avec à sa traîne une cour d’alliés, exercent des opérations depuis un certain temps pour anéantir l’État islamique. Ils bombardent un peu. Ils collectent des renseignements. Ils sont présents en masse, mais pour une efficacité plus que limitée. L’État islamique semble même en sortir plus fort !
Quand la Russie s’en mêle, elle semble troubler les plans américains et donc, Poutine est pointé du doigt. Il serait l’associé d’un dictateur qui dérange, comme il fut, en Ukraine, le stimulant d’une guerre civile.
Il aura fallu les morts de Paris pour que le Président américain décide de fournir et de partager des renseignements avec la France, son fidèle partenaire. Étrange, pour des conflits qui déciment des populations entières !
Il aura fallu la détresse des Parisiens pour découvrir que le discours sécuritaire de l’Europe n’est qu’un discours de convenance. Ce qui ne doit pas déplaire aux services secrets américains qui restent « à l’écoute ».
Des enjeux qui nous dépassent, une hypocrisie de façade qui cache bien des jeux secrets … Bonjour, la démocratie !
L’Amérique, fusse-t-elle celle d’Obama, me semble être d’une autre galaxie.
Les États-Unis sont d’abord des « marchands d’armes ». Ils sont avant tout des « prédateurs économiques et financiers ».
Leur lutte anti-terroriste permet avant tout la mise en place d’un marché juteux de l’armement. Il permet, en même temps, de créer les conditions de sa domination du monde, un projet qui leur est cher !
Anti-américanisme primaire ?
Et si tout n’était pas toujours blanc et noir au pays de l’Oncle Sam ? Une expression qui fait tache, quand il s’agit des États-Unis !
Aujourd’hui, des responsables politiques, des experts en géopolitique et des journalistes attirent notre attention sur une seule question : d’où vient l’État islamique ?
Et là, ça balance !
L’État islamique serait une création des services de renseignements américains, au lendemain de la guerre en Irak … comme d’habitude !
Un peu d’Histoire s’impose !
Les États-Unis ont soutenu Al-Qaïda et ses affiliés pendant près d’un demi-siècle.
Entre 1982 et 1992, Ils ont recruté près de 35.000 djihadistes, venus de 43 pays musulmans. Le but de l’opération était de mener le Djihad en Afghanistan.
Ronald Reagan les appelait « les combattants de la liberté ». Son pays leur a fourni des armes et une logistique imposante. L’important était de combattre l’Union soviétique qui dérangeait dans cette partie du monde.
À l’époque, une université américaine a publié des milliers de manuels djihadistes à destination des écoliers afghans.
Oussama Ben Laden, lui-même, a été recruté par la CIA en 1979. Il avait 22 ans à l’époque. Il sera formé dans un camp djihadiste financé par la CIA.
Les attentats du 11 septembre 2001, eux-mêmes, avant d’être un drame humain, seront le point de départ d’une « guerre mondiale contre le terrorisme », pilotée par les États-Unis. Bush se voyait déjà l’Alexandre le Grand des temps modernes ! Ne sont-ils pas les premiers à avoir inventé le concept de « dégâts collatéraux » ?
Cette nouvelle guerre est présentée comme « un choc des civilisations ». Elle est en même temps une aubaine non-négligeable. Elle permet de se lancer dans « la conquête », guidé par des objectifs stratégiques et économiques.
Une telle action nécessite des alliés, tant des États, comme la France, l’Angleterre ou Israël, que des groupes actifs sur le terrain.
Ce sera le début de l’aventure de l’État islamique et d’Al-Nosra, ainsi que des multiples branches qui ne cessent de semer la terreur en Afrique, en Asie ou ailleurs.
« Tous ces groupements « sont utilisés » par Washington afin de faire des ravages, de créer des conflits internes et de déstabiliser des pays souverains ». (Metanews)
Tous ces groupements sont honnis par l’Iran qui est spécialiste en Islam et en factions religieuses.
Ils sont aussi bénis par Israël qui n’y voit aucune menace. Ces terroristes, vivant aux portes de l’État sioniste, ont été jusqu’à oublier de soutenir la Palestine à Gaza ou dans les colonies.
L’important est de détruire la Syrie et l’Irak et de déstabiliser des régions entières du globe aspirant à la démocratie.
Des flots de réfugiés vont déstabiliser l’Europe.
Des attentats vont permettre de remettre en question les libertés individuelles et de museler nos aspirations d’indépendance.
Ils permettent de créer un climat social d’intimidation dont le but est d’anesthésier des populations entières … et ça marche !
Ils vont permettre de « monter », les pays les uns contre les autres. Diviser, c’est régner !
Une certaine crise économique, dont nous payons les frais au quotidien et les négociations secrètes d’un traité transatlantique s’inscrivent dans cette même veine.
Monsieur de Villepin parlera de « piège », quand il entend les dirigeants de son pays parler de « guerre ».
Il s’agit, selon lui, d’une logique qui les dépasse !

Et si tout cela était construit ?
Si tout cela était une manipulation et un contournement de nos rêves démocrates ?
Si la misère du monde était une arme entre les mains des puissances états-uniennes ?
Si le « Yes, we can » d’Obama n’était que l’expression machiavélique d’un impérialisme crapuleux ?
Cela mérite, pour le moins, notre attention !
J’aurais presque envie de croire que toute ce que je viens d’écrire n’est qu’une machination.
J’aurais presque envie de me laisser séduire par le mode de vie à l’américaine.
Il y a cependant tant de signes qui me font dire que les Américains confondent le portefeuille et le cœur.
Il y a tant de signes qui indiquent que les Américains aiment être présents sur tous les terrains du monde, fusse au prix d’une guerre.
Il y a tant de signes de l’orgueil américain qui envisage ses relations comme il envisage la position de son drapeau … un drapeau qui ne touche jamais le sol !
Je me permets, pourtant, de vous laisser avec une question qui de Paris à Damas résonne avec une acuité angoissante : à qui profite le crime ?

Guy De Smet (17 novembre 2015)


- 129 - ZEMMOUR !

Il est des noms qui semblent être une insulte à l’humanité toute entière. Parmi eux, il y a ceux des terroristes de Paris ou d’ailleurs, il y a ceux de ces fous de haine et de pouvoir qui, aux quatre coins du monde, sèment la terreur pourvu qu’ils brillent.
Parmi eux, il y en a un qui m’est particulièrement insupportable : Éric Zemmour.
Chroniqueur sulfureux, il sévit sur les antennes des télévisions françaises ou encore au fond des studios de radio. Certaines lui ont d’ailleurs indiqué la porte de sortie.
Sa spécialité, ce sont les propos vides et méchants.
Il relaie son substrat de pensée creuse à travers des livres dégoulinant de haine et de préjugés.
Il sait tout. Il connait tout. Il a des idées et des jugements sur tout.
Dénigrer est son fort. Les propos racistes et xénophobes sont son credo.
Les étrangers, l’Islam et plus simplement tout ce qui ne se coule pas dans son discours sont ses ennemis. Il éprouve un plaisir sadique à détruire, ce qu’il estime ne pas arriver à son niveau d’intellectuel épuisant.
Les attentats de Paris ont été une nouvelle occasion pour lui d’étaler sa science.
Voici son dernier trait de génie :
« Au lieu de bombarder Raqqa, la France devrait bombarder Molenbeek d'où sont venus les commandos du vendredi 13. Mais les frontières entre pays européens ne servent plus à rien depuis Schengen, c'est parce qu'elles ne servent à rien que le gouvernement a rétabli les frontières pour accueillir la conférence sur le climat et pour éviter de nouveaux bains de sang. »
En une simple phrase, il exprime tout son mépris à l’égard d’une commune qu’il ne connait pas, dont il ne connait ni les défis, ni les enjeux. Mais, souvenez-vous en Bobo parisien, il a un avis sur tout !
Il exprime, en même temps tout son dégoût pour l’Europe. Il est vrai que l’époque du Maréchal Pétain semblait lui convenir nettement mieux !
L’amalgame, le racisme, sa supériorité, digne de sa race sont des spécialités avec lesquelles il aime se différencier. Il en devient un « radical de la bêtise » !
Concernant Molenbeek, il fait un pas de plus dans l’étalement de sa médiocrité : « Molenbeek, c'était la première fois que j'en entendais parler (suite aux attaques terroristes de Paris). Je viens régulièrement à Bruxelles et même lors de ma conférence en début d'année au Cercle de Lorraine, on ne m'a jamais parlé de cette commune ».
Pauvre Zemmour ! vouloir connaître un monde pauvre à travers l’éclat du Cercle de Lorraine. Ce n’est pas tous les jours que le soleil peut avoir rendez-vous avec la lune !
Pauvre Zemmour, ne lui aurait-on donc jamais dit qu’il y a des jours où le silence est d’or ?
Furieuse, la bourgmestre de Molenbeek lui répond : « Je trouve cela extrêmement choquant et lamentable ! C'est spécialement malvenu de la part de quelqu'un qui habite à 350 kilomètres et qui pourrait donc faire le déplacement à Molenbeek pour voir les réalités de la commune. Ici, il y a surtout de l'amour et de la solidarité ! » et d’ajouter : « Cela vaut la peine qu'il se rende compte par lui-même au lieu de se fier au simple prisme des reportages faits sur la commune. » 
Invité par la bourgmestre, il répond avec le cynisme qui le caractérise : « Que Madame la bourgmestre dise que sa commune n'est que amour et solidarité, je dis : Oh mon Dieu ! Cela me fait sourire. Car on a vu le résultat ! »
Décidément, ce sinistre personnage, dont la pensée n’atteint que difficilement les bouches d’égouts, affiche là son ignorance de l’humain et la difficulté à affronter une nébuleuse terroriste qui dépasse tout le monde.
Certes, il y a eu des erreurs de gestion, des incompétences complices ou un laxisme irresponsable …  L’enquête le dira !
Certes, il y a eu, tout comme en France, une sous-estimation de la menace, il y a eu des manques de vigilance … mais est-il possible de mettre une défense derrière chaque citoyen, derrière chaque terrasse de café ou de restaurant ? Est-il possible d’imaginer et d’anticiper l’inimaginable ?
Mais, ne nous trompons pas de cible : les djihadistes sont des électrons libres sur lesquels ni vous, ni moi nous n’avons la moindre emprise. Ce sont eux les coupables !
Les propos de Zemmour sont intolérables au niveau intellectuel.
Ils sont aussi inadaptés à la dignité de la communauté juive dont il se réclame.
Ils sont une insulte pour les milliers de Molenbeekois honnêtes et courageux, pour toutes ces associations et tous ces bénévoles qui, sur le terrain, se battent contre une nébuleuse incontrôlable.
En écrivant ces mots, j’ai envie de lancer au visage de ce pitbull haineux : « Stop Zemmour ! Rentre dans ta niche ! »

Guy De Smet (17 novembre 2015)


- 130 - LA BELGIQUE POINTÉE DU DOIGT

Les attentats de Paris ont laissé dans la bouche un goût amer, un peu partout dans le monde.
Dans l’urgence, la France prend des mesures, tant au plan national qu’au plan international. Un peu tard, diront certains et j’ajouterais : il ne manquerait plus que ça !
La Russie, les États-Unis, la France semblent vouloir unir leurs forces pour lutter ensemble et efficacement contre les terroristes de l’État islamique.
Les Nations-Unies manifestent, une fois de plus, leur incompétence face à des drames qui auraient pu être évités.
Quant à l’Europe, elle vient de nous signifier avec force, son inutilité. Les valeurs humaines ne semblent pas être sa priorité !
Il est vrai qu’il est difficile de s’intéresser à la fois au calibrage des carottes ou à la vitesse des essuie-glaces et prévoir la sécurité de ses habitants. Son silence depuis les événements plaide coupable !
En Belgique, nous nous réveillons avec la conscience lourde de nos manquements et de nos erreurs.
Le Premier-Ministre vient au Parlement avec des propositions qui sont bien tardives face à l’agressivité des événements !
Molenbeek, depuis des décennies, est un nid de situations qui ne peuvent que générer une poudrière.
Certains ont fait de leur mandat une gestion communale qui ressemble étrangement à de la politique de l’autruche et à du clientélisme politique.
D’autres ne voient dans leurs quartiers « qu’Amour et solidarité », certainement présents, sans être pour autant à l’ordre du jour.
La politique migratoire, elle, semble mise sous le boisseau.
Plus personne n’en parle, même pas notre secrétaire d’État à l’asile, d’habitude plus prolixe.
La crise économique et sociale n’est plus trop d’actualité.
Osons espérer qu’elle reste pourtant la préoccupation des forces vives du pays, sans quoi, le réveil risque d’être douloureux.
Si le niveau de la menace est passé de 2 à 3 et que tant de soucis quotidiens semblent occultés, il y a une réalité qui ne l’est pas : notre pays est pointé du doigt.
Tous les actes terroristes de ces derniers temps traînent dans leur sillage l’odeur de Molenbeek.
Cette commune serait un foyer de radicalisation et une base européenne pour des actions criminelles. Serait-elle d’ailleurs la seule ?
Le Ministre de l’Intérieur, au lendemain des massacres, nous annonçait avec force qu’il allait s’occuper « personnellement » de nettoyer cette commune.
Que de retard à rattraper !
S’il est trop tard pour chercher des coupables, il n’est cependant pas inutile de faire son examen de conscience et de tuer dans l’œuf toute possibilité d’initiative terroriste sur notre territoire.
La France stigmatise clairement le manque de moyens dont dispose la Belgique au niveau du renseignement et de la sécurité. Elle manquerait cruellement de moyens informatiques !
Ce qui me semble le plus accablant pour nos autorités, c’est que le signal d’alarme avait été tiré, avec force, par les services concernés.
Le mercredi 28 janvier 2015, la sécurité nationale était au centre de la commission parlementaire de la Défense. Nous sommes, aujourd’hui, en novembre !
Les responsables de la Sûreté de l'État et du Service général de renseignement et de sécurité de l'armée (SGRS) répondaient aux questions des députés. Ils dénonçaient les failles du système de sécurité du pays : « nous manquons de personnel. Si on veut moderniser les services de renseignement et de sécurité belges, comme le souhaite le gouvernement, il faut des moyens et des moyens récurrents. »
Le gouvernement a voulu répondre à ce cri en débloquant, dans l’urgence, une enveloppe interdépartementale de 311 millions d’euros. Cela devrait leur permettre de lutter contre le terrorisme !
À ce geste, les responsables de la sécurité répondent en levant les bras.
L’armée serait déjà en « survival mode ». Aucun investissement et une perte de 10% de personnel sont les seules constatations qu’elle est capable de faire.
On les a obligés à réduire les moyens. Cela ne peut qu’entraîner un tri dans les priorités, radicalisme, espionnage industriel et économique, cybercriminalité. Il n’est pas possible de tout faire !
À l’époque aussi, de « bonnes intentions », semblaient motiver les instances fédérales et régionales … Paroles, paroles, paroles !
Le résultat, nous le connaissons : un massacre dans les rues de Paris, des familles endeuillées, une plaie béante dans la conscience de l’humanité. Des attentats sont préparés en Belgique, un flot migratoire semble nous échapper …
Le gouvernement s’est soucié de renflouer des banques, d’aider des entreprises, de semer le désarroi social, de créer un paradis fiscal accessible à quelques nantis.
Pour ce faire, il s’est appuyé sur des normes européennes et sur son souci de grand marché économique et financier.
Les directives européennes en matière de restrictions budgétaires et de cadeaux aux entreprises ont guidé sa conduite.
La collusion avec les intérêts américains l’a empêché de faire une analyse objective de la situation tant économique que sécuritaire.
L’essentiel n’a pas été pris en compte : l’homme, son bonheur et sa sécurité.
Nous payons lourdement les conséquences d’autant d’imprévoyances.
S’en référer aujourd’hui aux législatures précédentes est une gaminerie digne des cours de récréation. Ce n’est certainement pas à la hauteur des responsabilités d’un capitaine à la barre d’un navire.
Le terrorisme, au vu des moyens qui lui sont consacrés, n’est pas pris au sérieux. Certes, on relève ou on abaisse le niveau de la menace, mais quels sont les moyens proposés pour lutter efficacement ?
La notion de « guerre », très en vogue dans les discours récents en France, n’est en rien intégrée dans notre vision sociétale.
La crise migratoire est affrontée sans aucune considération pour la menace qu’elle comporte. Elle frôle la plus grande improvisation !
Quelle confiance dans ces passeports, dont certains se retrouvent sur les restes des kamikazes ?
Les frontières de l’Europe sont des « passoires ». Elles mettent en cause la sécurité de n’importe quel citoyen européen. Et tout cela, au nom des grands principes !
Que signifie un accueil qui nous offre le spectacle d’un désœuvrement de jeunes migrants, livrés à eux-mêmes ?
Notre pays est, aujourd’hui, aux yeux de tous, le pays du surréalisme et de l’ubuesque !
Là où nous voyons djihadisme et terreur, les responsables nous parlent « d’amour et de solidarité ».
Là où les autorités fédérales délivrent un avis d’expulsion pour un iman radical, la Justice lui découvre des normes Schengen qui empêchent son expulsion.
Là où des enfants refusent d’observer une minute de silence en hommage aux victimes de Paris, un responsable n’y voit que des turbulences d’adolescents.
Là où, à juste titre, des moyens sont mis en place pour lutter contre la pédopornographie sur internet, rien ne semble possible pour museler les voix d’un Islam radical sur la toile ?
Jusqu’à quand de tels dérapages ?
Jusqu’à quand de telles irresponsabilités ?
Notre pays manque cruellement d’hommes d’État et de visionnaires.
Il est urgent de se ressaisir ?

Guy De Smet (19 novembre 2015)


- 131 - UNE PASSOIRE

Les fêtes approchent !
Cet instrument de cuisine aurait pu nous mettre l’eau à la bouche, en envisageant des recettes savoureuses.
Ce ne sera pas de cela, hélas, qu’il sera question dans ce billet d’humeur.

« Schengen est une passoire » !
C’est en ces termes qu’un ancien responsable des services secrets français s’adresse à l’agence de presse AFP. Reconnaissons qu’il y a dans ses propos de quoi susciter la peur !
Les accords de Schengen devaient être un grand moment de l’Union européenne. La libre circulation des biens et des personnes allait permettre l’explosion d’un marché économique extraordinaire.
Les citoyens européens allaient pouvoir voyager. Ils allaient pouvoir investir. Ils allaient pouvoir faire progresser l’Europe. Un rêve dans l’absolu !
Les entreprises en auraient fini avec les tracasseries administratives et douanières. La zone euro demandait une plus grande mobilité et une plus intense facilité d’investissement.
Dans sa naïveté économique et financière, l’Europe allait même franchir un pas de plus, celui de l’élargissement à de nouveaux membres et du recul de ses frontières. Désormais, il s’agit de prendre des décisions à 28 ! Ce fut, jadis, difficile à 12 !
Ce projet grotesque allait vite virer à la fable de La Fontaine : la grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf.
L’important était de se positionner dans le jeu de la mondialisation et de pouvoir rivaliser avec les grandes puissances économiques.
Nous connaissions déjà une première limite à ce projet pharaonique. Il nous est tombé dessus comme une bombe. Ce fut la crise économique et financière, exportée des États-Unis.
Les résultats, nous les connaissons : drames sociaux, austérité, pauvreté, chômage et autres dégâts de nos quotidiens …
Ce fut aussi l’impossibilité de mettre à niveau des pays aux statuts sociaux si différents. La Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Roumanie sont autant de cris des souffrances d’un peuple sacrifié au dieu-argent.
Voici qu’explose, aujourd’hui, dans les rues de Paris – et par ricochet dans les ruelles de chez nous – la bombe de l’insécurité et des attentats.
Ces criminels qui ont sévi dans nos quartiers ont utilisé les faiblesses de notre système.
Abdelhamid Abaaoud s’est vanté d’avoir pu narguer les forces de sécurité et la police de toute l’Europe.
En janvier 2014, il passe par l’aéroport de Francfort. Il est déjà connu pour sa radicalisation. Rien ni personne ne l’arrête à la frontière.
Il s’en vantera d’ailleurs lui-même : « Mon nom et ma photo étaient partout à la Une et je suis parvenu à rester chez eux, à planifier des opérations puis à partir sans problème et à rentrer en Syrie quand ça a été nécessaire ».
D’autres terroristes et d’autres kamikazes retrouvés sur le champ de bataille de Paris ont suivi ce même chemin, à peine croyable.
Ce qui est tout aussi incroyable, c’est que nos autorités n’ont rien vu venir.
Comme le disait ce responsable à un journaliste : « ce qui m’étonne, c’est que cela vous étonne ».
Si se déplacer dans de telles conditions, nous semblerait une impossibilité au vu des contrôles que nous subissons dans n’importe quel aéroport, eux avaient trouvé le point faible.
Il semble plus facile aujourd’hui d’introduire une bombe dans un avion qu’un flacon de parfum !
Ils ont profité, semble-t-il, de la conjonction de deux phénomènes.
D’abord, selon ce spécialiste de la DGSE, ils ont profité du mode de contrôle aux frontières de l’Europe : « On peut considérer les contrôles à l'entrée de Schengen comme quasi inexistants (…) Le plus probable, c'est que ces djihadistes ont recours à des substitutions d'identité : c'est la méthode dite du 'look-alike'. Il suffit de substituer au passeport de quelqu'un de recherché celui de quelqu'un qui ne l'est pas et qui lui ressemble. Il va passer les contrôles sans problème »
Des passeports, le groupe de l’État islamique en possède des quantités, puisqu’il confisque leurs papiers à ceux qui le rejoignent. De plus, des milliers de faux-passeports sont en vente libre dans la région, sur la place de Damas ou ailleurs.
D’autre part, le flux des migrants semble avoir été l’opportunité tombée du ciel ou encouragée pour permettre de s’infiltrer en Europe « en toute légalité » !
Ce n’est pas une raison pour chercher dans l’accueil des réfugiés un bouc-émissaire et camoufler nos négligences sécuritaires.
Ces hommes, ces femmes, ces familles quittent des zones de guerre et de misère, comme celles qui nous effraient ces jours-ci.
Ils ont été « utilisés » par les forces du mal pour semer la panique et la terreur chez nous.
Aux autorités, à se donner, aujourd’hui, les moyens pour faire le tri et pour protéger les citoyens européens et ceux qui fuient la guerre.
À eux de faire en sorte que l’accueil ne devienne pas un piège.
Nos gouvernants annoncent aujourd’hui des mesures, comme au moment de chaque crise. Ils les prennent dans l’urgence et dans la peur … sont-elles toujours conseillères ?
Aux spécialistes d’affronter leurs points de vue, pourvu que les décisions qui en ressortent soient garantes de notre sécurité et de notre mode de vie.
Aujourd’hui, des États s’unissent pour tuer la bête de l’Apocalypse. Souhaitons que leurs efforts deviennent un chemin vers une paix retrouvée.

Au lendemain des attentats de Paris, nous nous réveillons avec un sentiment d’effarement. Les morts des terrasses parisiennes, cela aurait pu être vous ou moi ! Il s’accompagne aujourd’hui d’un profond sentiment de colère.
Nos gouvernants, dans leur soif de mondialisation, ont engendré deux monstres.
Ils ont donné naissance à cette pieuvre immonde qu’est l’État islamique.
Au nom de son envie de dominer le monde, l’Occident, guidé par les États-Unis, a contribué à mettre en place des agences de la mort et du terrorisme.
Il a préféré, peut-être comme dégât collatéral, sacrifier des vies humaines, là-bas en Orient et chez nous, pour que leur puissance s’étale et pour que leurs réserves financières soient encore les signes de plus de pouvoir.
« Yes, we can », disait le Président Obama ! Nous en voyons les effets !
Le deuxième monstre que nos responsables ont mis en place, c’est l’Europe.
Pour ce faire, ils n’ont pas hésité à défigurer un projet, né au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Son but était de créer la paix et le développement.
Ils en ont fait un « tout à l’argent », comme dans nos rues on construit un « tout à l’égout ». L’un est souvent le synonyme de l’autre !
Ils n’ont pas hésité (ou ils n’ont pas vu venir) de sacrifier leurs populations.
Ils étaient obnubilés par leurs écrans et par leurs statistiques. L’important, c’était la croissance, c’était la rentabilité, c’était la loi du marché.
Pour ce faire, ils ont été jusqu’à mettre en cause notre sécurité.
Ils ont été jusqu’à créer, involontairement peut-être, les conditions qui permettent des attentats et aux fils des ténèbres d’éteindre l’humanité.
L’Europe, pour survivre à ce cauchemar, devra revoir ses priorités !

J’y ajouterais volontiers un troisième monstre, c’est celui issu du silence des religions.
Les responsables des différentes religions aiment se rencontrer. Ils aiment s’afficher dans une unité de façade. Ils aiment se donner en spectacle dans des manifestations de tolérance et d’unité.
Personne ne tire la sonnette d’alarme qui, dans toutes les religions, devrait attirer notre attention sur toutes les formes de fanatisme et d’intolérance.
Personne ne pointe du doigt l’utilisation abusive de textes sacrés, se confortant tous, dans l’impression qu’ils sont meilleurs que leurs voisins.
Aujourd’hui, après tant de morts, des responsables de l’Islam s’offusquent face au mensonge des manuels fournis aux candidats djihadistes. Selon eux, cela n’aurait rien à voir avec la voie authentique du Prophète.
Et si cette réaction venait un peu tardivement ?
Cette littérature est à trouver sur Internet depuis des années.
Elle se proclame dans les mosquées fondamentalistes depuis des lustres.
Elle devient « visage » à travers cette multitude de mosquées que nous laissons construire sans aucun discernement.
Il est temps de se réveiller !
Une religion mal utilisée, aux mains de fanatiques et d’intégristes, est un chancre dont il faut se débarrasser.
Si une religion ne crée pas des ponts entre les hommes, elle ne sert à rien et elle est dangereuse et meurtrière.
Une religion qui ne proclame pas l’Amour de Dieu – et QUE l’Amour de Dieu – est à proscrire. Notre liberté est à ce prix.
Espérons que de tout ceci, de nos peurs et de nos colères, ne naisse maintenant un quatrième monstre, celui d’un racisme crapuleux et irresponsable.
Migrants, étrangers, vous, moi, nous possédons tous, au fond de nous, cette perle rare qui nous rend unique et irremplaçable. Un trésor que rien ne devrait abîmer !

Le dernier mot, je voudrais le laisser à Diesel, ce chien mort au champ d’honneur :
« Homme, toi qui fais tant de dégâts dans la création, j’ai voulu te protéger, te sauver. Le mal qui a en toi m’a tué … et pourtant, homme, mon ami, je t’aimais ! »

Guy De Smet (20 novembre 2015)


- 132 - IL PLEUT SUR BRUXELLES

Ce matin, la chanson de Dalida n’évoque pas que le souvenir du Grand Jacques Brel.
Ce matin c’est l’eau de notre tristesse qui continue de couler sur Bruxelles.
La Place De Brouckère est déserte.
Le sapin de la Grand-Place ne brille pour personne.
Le tram 33 ne fait pas recette.
Mathilde, pour une fois, ne reviendra pas.
Ce matin, Bruxelles semble être devenue une ville morte, une ville assiégée.
Les salles de spectacles sont fermées.
Les terrains sportifs sont bouclés.
Les rues sont désertes.
Les terrasses de café sont rangées.
Bruxelles est une ville humiliée.
La police patrouille, perquisitionne et mène l’enquête.
L’armée surveille, sécurise, rassure.
Nos dirigeants sont sur le pont, parlant du niveau d’alerte et de ses conséquences.
Ils communiquent sans communiquer … raison d’État oblige !
Ils prennent des mesures et en même temps, ils veulent nous rassurer.
Au lendemain des attentats de Paris, Bruxelles connait l’angoisse.
Ce matin, nous ne pouvons qu’exprimer notre gratitude aux forces de sécurité du pays tout entier.
Merci pour votre présence rassurante.
Merci pour votre action calculée.
Faites attention à vous !
Nous pensons aussi à vos familles et à ceux que vous aimez !
En même temps, je voudrais vous dire : « Pardon ! »

Pardon pour nos délires démocratiques, pour nos soifs incontrôlées de liberté, pour nos peurs irraisonnées qui vous mettent aujourd’hui en danger.
Si la pluie de Bruxelles vous détrempe et si le froid vous glace, ce matin, c’est un peu de notre faute !
Vous êtes les victimes de nos années marquées par une politique migratoire suicidaire.
La multiculturalité devait être une richesse. Elle se révèle aujourd’hui une menace. Certes, il ne faut pas faire d’amalgame, mais peut-être bien qu’il fallait mettre en place les conditions qui la rendaient impossible.
Comment a-t-on pu se livrer à autant d’improvisations ?
Comment a-t-on pu faire du clientélisme politique l’étincelle pour enflammer une poudrière ?
Comment a-t-on pu confier des mandats à des élus d’origine étrangère qui ne sont pas capables de respecter nos modes de vie ?
Comment a-t-on pu envisager des « quotas » face à une situation de détresse humaine porteuse de tant de germes de dérives ?
Nous espérons que, demain, grâce à des politiques raisonnées, nous irons vers un accueil « responsable » et vers un « vivre ensemble » harmonieux.
Nous espérons que, demain, les ghettos seront détruits et que les causes des radicalisations seront éradiquées.
Nous espérons que, demain, nos rues seront colorées par les valeurs qui font la fierté de l’Occident et non par des peurs et par des signes distinctifs qui s’affichent comme des provocations.
Nous espérons que demain la politique redeviendra un véritable souci de la vie de la Cité.

Vous qui patrouillez dans les rues de Bruxelles et d’ailleurs, vous êtes aussi victimes de nos égoïsmes. Pour cela aussi, pardon !
En vous écrivant, j’ai devant les yeux le visage de cette maman d’un jeune joueur de football.
Vous veniez de relever le niveau de l’alerte pour le placer au maximum.
Tous les rassemblements étaient déconseillés, les écoles allaient devoir fermer … et face à un simple match, c’est d’abord l’avis des enfants qui est demandé. Ce sont alors les parents qui approuvent la décision de leurs rejetons… et c’est vous, les forces de l’ordre qui êtes sur la brèche ! Inconscience !
Une piscine est fermée par mesure de sécurité. Il se trouve toujours un égoïste pour y lire un abus !
Un café est invité à fermer ses portes, l’inconscience du cafetier oblige un soldat à mettre sa vie en danger en se postant, arme à la main, devant l’établissement.

Vous qui veillez sur notre sécurité dans les rues de la capitale, vous êtes aujourd’hui nos boucliers humains posés devant le déchaînement d’une violence crapuleuse et d’un radicalisme incontrôlable. Pour cela encore, Pardon !
Ces individus n’ont rien à faire chez nous.
Ils ont abusé de nos règles d’accueil.
Ils ont rejeté la « chance » d’une vie meilleure qu’ils espéraient trouver chez nous.
Ils ont jeté le discrédit sur le travail de tous ces bénévoles qui leur ont ouvert leur cœur et leurs moyens.
Ils ont sali la souffrance de leurs frères de race, extorquant leurs identités et volant leur dignité.
Ils ont fait d’un « migrant », un « suspect ».
Ils nous insultent en paraissant dans les médias pour y soutenir des criminels de leurs familles.
Ils nous parlent de la souffrance de leurs familles en occultant la misère semée par leurs coreligionnaires, souvent leurs fils ou leurs filles.
Honte à ces djihadistes, rejetés par Dieu lui-même.
Honte à ceux qui se font leurs collaborateurs.
Nous soutiendrons votre traque de ces criminels. Nous accueillerons vos recommandations. Nous vous voulons « sans pitié » !
L’important, c’est que ces individus soient anéantis … et pour cela, tous les moyens sont bons !

Mais, ce lundi matin, en plein niveau d’alerte 4, vous êtes aussi les victimes de quelques irresponsables économiques.
Ils n’hésitent pas à remplir les rues de milliers de travailleurs qui n’ont pas d’autres choix que de mettre leurs vies en danger pour faire fonctionner la soif de bénéfices de quelques-uns.
Les rues que vous vouliez désertes, hier, ils les remplissent aujourd’hui.
Les rassemblements que nous vouliez éviter hier, ils les provoquent aujourd’hui.
Les vies que vous vouliez protéger hier, ils les menacent aujourd’hui.
J’ose, à peine, imaginer l’explosion d’une bombe à un carrefour ou dans un embouteillage ou encore dans un train ou un bus !
Hier, il fallait débloquer des forces pour vous permettre d’aller à l’essentiel.
Aujourd’hui, ils vous encombrent par des foules à surveiller.
Les mesures d’hier ne devraient-elles pas être les mêmes aujourd’hui … puisque, le niveau de la menace ne semble pas avoir changé ?
Certes la vie doit continuer, la peur ne peut pas s’ancrer en nous … mais pas à n’importe quel prix !

Il pleut sur Bruxelles.
Il pleut sur le cœur de l’homme.
Jusqu’à quand les nuages de nos peurs et de nos colères obscurciront-ils le ciel de nos envies de paix et de liberté ?

Guy De Smet (23 novembre 2015)


- 133 - NON

Notre pays connait, depuis ce week-end, un niveau d’alerte particulier, aux conséquences incroyables.
Bruxelles se transforme en ville assiégée. Des suspects sont interpelés, une chasse à l’homme est en cours … La Belgique retient son souffle.
C’est ce moment que choisit RTL pour nous inviter à la réflexion : « Islam, victime ou coupable ».
Autour de la table, des journalistes, des élus du peuple, un policier d’origine algérienne, un représentant de l’exécutif musulman …
Bien vite, le ton dérape !
Madame Mahinur Ozdemir, ex-députée cdh, et Alain Raviat s’opposent rapidement avec force.
Si Madame Ozdemir condamne avec conviction les attentats, elle se lance pourtant dans un « MAIS » que le journaliste trouve inadmissible.
Selon elle, il y aurait des causes sociales qui conduiraient à de tels débordements. Elles seraient, selon elle, les ingrédients d’une radicalisation incontrôlable.
Le représentant de l’exécutif musulman estime, quant à lui, qu’une éducation des Belges et des musulmans s’impose pour éviter l’usage de mots qui blessent et qui tuent.
Il doit probablement y avoir du vrai dans toutes ces déclarations. Mais, est-ce bien le bon moment de les prononcer ?
La souffrance et la blessure du peuple belge mériteraient pour le moins un peu de respect !
L’onde de choc des attentats de Paris nécessiterait un peu plus de retenue.
Ce dialogue de sourds est devenu en moi le creuset d’un « Non » massif, face à ce qui me devient insupportable.

Je dis NON à la justification de la radicalisation pour cause de pauvreté.
Des familles, comme celle d‘Abdeslman, ont profité de conditions d’accueil favorables : une maison sociale, un métier, une reconnaissance, des appuis en tous genres.
D’autres, pour des raisons qui leur sont propres, n’ont pu saisir les occasions qui s’offraient à eux.
Si tous les citoyens, confrontés à la pauvreté ou sans emploi, doivent se radicaliser pour devenir des criminels assoiffés de sang, la vie en société ne devient plus possible.
Je peux en témoigner moi-même.
Je viens d’une famille pour qui la vie n’a pas été facile tous les jours. Il a fallu se battre pour étudier. Il a fallu se priver pour continuer la route. Aujourd’hui, je peux regarder la vie et celle de mes parents, la tête haute et fière.
Certes, il existe des injustices et des inégalités à combattre, mais tous les moyens ne sont pas acceptables pour le faire.
« Aide-toi, le ciel t’aidera ! ». Telle devrait devenir la devise de tous ces jeunes qui en veulent à la terre entière, jusqu’à s’enfermer dans des extrémismes assassins.
Si l’avenir semble meilleur ailleurs, il suffit de s’y rendre et d’y rester !

Je dis NON à l’attitude de cette députée bruxelloise et, plus largement à celle de tant de ses coreligionnaires.
Non, au contenu de sa page Facebook, qui n’est qu’un tissu de propos communautaristes.
Ils n’envisagent aucune intégration dans un pays qui leur a ouvert les portes.
Ils n’envisagent aucune volonté de partage d’une vie locale baignée des valeurs de l’Occident.
Être mandataire public demande une déontologie et une rigueur qui ne tolèrent aucun dérapage.
Il y a des arrogances qui sont comme des coups de poignards intolérables.
La Belgique s’est donnée une Loi. Elle s’est fixée une constitution.
Un élu, fusse-t-il d’origine étrangère, ne lui est pas supérieur !

Je dis NON à son voile, comme à tous ceux qui font tache dans nos rues, à toute kippa, à tout signe distinctif qui soit une provocation en ces temps de crise.
Pour les plus âgés, ce recours aux signes d’une culture connue peut se comprendre !
Pour d’autres, plus jeunes, comme cette élue, je refuse d’admettre !
Le porter dans le cadre de ses fonctions de mandataire ou dans la rue manifeste une supériorité qui n’a pas lieu d’être.
Il est une atteinte à notre « vivre ensemble ».
Il est parfois même une atteinte à la Loi.
Il est un manque de respect pour une population locale qui n’y lit que des signes de violence et d’exclusion.
Il est une source de peur née d’intégrismes qui nous dépassent.
Il existe en Belgique un code vestimentaire.
Ne pas l’accepter est une insulte au peuple qui accueille.
Ne pas l’accepter devrait s’accompagner d’une logique évidente : celle du retour au pays d’origine.

Je dis NON à l’imposition de viande Hallal ou de toute autre nourriture dans un lieu public ou dans une administration.
Dans la plupart de nos cantines scolaires ou autres des menus différents sont proposés pour satisfaire tous les goûts.
Personne n’a le droit d’imposer sa nourriture ou sa culture.
Il est vrai qu’ils nous viennent de contrées dans laquelle l’habitude d’interdire leur est naturelle : à quand la possibilité d’un verre d’alcool à la terrasse d’un bar, dans un pays arabe ?
Vivre en Occident est un choix qui ne se galvaude pas – même quand il s’agit de nourriture.
Au pays du steak-frites, la liberté est inconditionnelle !

Je dis NON à l’imposition d’horaires de fréquentation dans les piscines et autres lieux, habituellement mixtes.
La mixité a été un combat de nos sociétés.
Le statut de la femme reste une lutte qui justifie tant de dépenses d’énergies dans notre civilisation occidentale … ça se respecte.
Vivre en Europe, c’est s’inscrire dans un mode de vie.
Ne pas l’accepter impose une logique implacable de retour au pays … qui ne se discute pas dans leurs pays d’origine.

Je dis NON à la mise en question des symboles de notre culture et de nos traditions judéo-chrétiennes.
Croix, sapins et crèches de Noël ont leur place dans notre culture européenne. Ils remontent à nos racines les plus profondes. Qui seraient-ils pour nous en priver ?
Dernièrement, il a fallu retirer une croix dominant le porche d’entrée d’un cimetière pour permettre l’enterrement d’un Musulman … jusqu’à quand autant d’intolérance ?
Ils exigent aujourd’hui des facilités qu’ils ne sont pas prêts à accorder sur leur propre territoire.
À quand, par exemple, la possibilité de construire une église catholique en Arabie Saoudite ?

Je dis NON au retour sur le sol national de Belges qui sont partis combattre en Syrie ou aux côtés de l’armée israélienne.
État islamique, État d’Israël, même combat !
Ils y sont devenus des criminels de guerre.
Ils ont bafoué, de manière atroce, un trésor humain : la vie.
Ils sont devenus des semeurs de haine et de troubles, l’actualité nous le démontre chaque jour.
Ils n’ont aucune place dans nos prisons ou dans la possibilité d’une nouvelle chance.
Ils ont fait le choix de « partir » pour s’enfermer dans un cercle de haine et de barbarie. Ils sont désormais "contagieux". Il faut s’en protéger.
Qu’ils restent désormais dans leur nouvelle « famille », jusqu’à ce que mort s’en suive !

Je dis NON au statut de la double nationalité.
Vient un moment où un choix s’impose.
Tu es du pays qui a vu naître tes ancêtres. Tu y vois une richesse. Elle est même la seule que tu acceptes.
Il suffit de te simplifier la vie et d’aller y construire ton avenir.
Tu es Belge. Tu y partages des valeurs qui sont communes à tous. Tu y vis des angoisses comme tant d’autres familles.
Tu es régi par des lois et par des codes, par des habitudes et par des traditions qui se définissent dans les couleurs d’un drapeau.
Cela se respecte et cela se défend !
Tout le reste fait partie de ta sphère privée !

Nous vivons dans un état neutre qui offre à chacun l’occasion de s’exprimer, de se réaliser dans le respect de tous, qu’il soit croyant ou non-croyant.
Il y va d’un pilier de notre démocratie que nous ne sacrifierons à rien ni à personne.
Tous, nous sommes capables, avec la richesse de nos différences et en toute humilité, de construire une société de bonheur et de paix.
Il suffit de le vouloir et de s’en donner les moyens !

Guy De Smet (23 novembre 2015)


- 134 - TOUJOURS DEBOUT (à lire avec l’accent !)

Cette nuit, j’ai fait un rêve aux forts accents de Bruxelles.
Je me promenais dans la ville, quand tout à coup, je fus rejoins par un petit bonhomme.
Il ne m’était pas inconnu, malgré la tenue de militaire qu’il avait enfilée.
C’était Manneken-Pis !
On a fait quelques pas ensemble, on a discuté, avant de nous installer dans la chaleur douillette d’un café typique de la capitale.

  • Alors Ketje, ça va ? pas trop peur par les temps qui courent ?
  • Mais non ! Même pas peur ! T’as vu tous les policiers et tous les soldats qui courent les rues ?

D’habitude, « j’aime pas ces garçons », avec leurs airs entre deux airs. Ils me font peur avec leurs mitraillettes et leurs masques.

  • Et pourtant tu t’es habillé comme eux ? un treillis de toutes les couleurs, un béret qui te va bien, des bottines pour arpenter les pavés de la ville. Mais où est ton arme et ta grenade ?
  • Ouwaèèèè ! Je suis beau hein ! On dirait un camion tout neuf avec ce costume !

Mais une arme, moi, je n’en ai pas besoin. Moi je fais toujours pipi debout !
J’ai tout ce qui faut pour éteindre le feu !

  • En gij gelûûûfd da ?  (Et toi tu crois ça ?)
  • Non, peut-être ! C’est même pour ça qu’ils m’ont inventé.

C’est moi qui, jadis, ai sauvé Bruxelles, moi tout seul.
Ils avaient lancé une bombe dans un quartier. J’ai fait pipi dessus et aujourd’hui Saint Michel est toujours à sa place.
Quand je me regarde dans la glace, je m’aime autant que le titi parisien.
Tu as vu lui aussi, « ces flave satlaps », il leur a fait pipi dessus et il a crié : « Même pas peur » !
Il croit qu’il a fait mieux que nous, ce stouffer avec ses grands airs à la Monsieur Delpierre de chez Mademoiselle Beulemans.
Ouwaèèèè, en me regardant dans la glace, je me suis dit : « j’aime ce garçon ! »
Et puis, t’as vu ! Je suis pas le seul ! Comme il n’y avait rien à voir ailleurs, tous ces étrangers ils sont venus me voir et ils ont eu une boentje pour moi.

Manneken-Pis s’est alors lancé dans un long monologue pour m’expliquer sa fierté et sa colère.
Il a vanté les forces de l’ordre.
Il est vrai que d’habitude, nous ne les aimons pas trop. Ils nous contrôlent. Ils nous rendent la vie impossible avec leurs petits papiers collés aux carreaux de nos voitures.
D’habitude, nous n’aimons pas leur ton qui impose, qui hurle, qui nous arrête.
Mais là, c’est presque la « Guerre des étoiles », comme avant entre le Daring et l’Union saint-gilloise.
Ils sont masqués. Ils patrouillent. Ils envahissent les quartiers. Ils perquisitionnent. Ils arrêtent beaucoup pour en relâcher beaucoup ossi.
Ce qui est sûr, c’est qu’ils nous rassurent !
Merci à eux et à tous ces policiers qui mettent leur vie en danger pour que nous, on puisse vivre, travailler, rire et s’amuser. J’ai une boentje pour eux !
Mais les autres, tous ces « skieven architects » de Molenbeek et d’ailleurs, tous ces barbus et ces déguisés qui se croient sous le soleil du Maroc, ils me font peur et je les aime pas.
D’ailleurs, ça peut pas rester continuer durer !
Bruxelles, ce n’est pas un endroit pour tuer ou pour apprendre à tuer.
Il n’y a qu’une mort subite et c’est une bière !
Tous ces Kets qui veulent tirer dans les rues et abattre les copains, ils n’ont qu’à retourner d’où ils viennent. Si c’est mieux ailleurs, ils n’ont qu’à y rester !
Mais touche pas à mon Quicke et Flupke ou à mes frites !
Ça peut pas non plus rester continuer durer, tous ces étrangers qui savent pas coser comme nous.
J’ai rien contre qu’ils soient là, mais alors, qu’ils viennent pas faire la loi chez nous.
Nous on est des Kets de Bruxelles et on le restera !
Chez nous, on rit, on chante, on danse, on raconte des stûûûts et ça personne ne nous l’enlèvera ! Non, peut-être !
Ça peut pas non plus rester continuer durer ces alertes imminentes qui ne minent personne et en même temps ces magasins fermés, ces écoles désertes, ces Madames Chapeaux qui ne peuvent plus se promener, ni vivre …
Tous ces « crapuleux de ma strotje », ils commencent à m’énerver : ils nous font peur et ils se moquent de nous. Ça suffit !
Le Premier-Ministre, il sait plus quoi dire et le Roi, il croit qu’il peut continuer à dormir … Trop is te veel !
Ça peut pas non plus rester continuer durer ces femmes avec des voiles, ces stouffers en robe.
Ils ne parlent même pas comme chez nous. Ils n’aiment pas notre bière nationale. Ils ont à redire sur nos saucisses. Je n’aime pas ces gens-là !
À les voir, c’est le Meiboom toute l’année et un carnaval qui ne m’amuse pas.
Pour vivre à Bruxelles, il faut savoir faire la contre, sinon, tu dégages !
Ça peut pas rester continuer durer, ces petits kets qui savent pas aller à l’école, ces bourgmestres qui savent plus que décider, ces ministres qui cosent pour ne rien dire, ces niveaux qui montent et qui descendent, comme la mer à Ostende.
Moi ce que je veux, c’est retrouver ma gazette, ma terrasse, mon foot et me dire que mes journées sont plus belles et moins chères que les robes de la Reine Mathilde.
Ça peut pas non plus rester continuer durer tous ces pays qui se tapent dessus, ces kets qui fuient leurs misères et qui dorment dehors, dans le parc Maximilien.
Nous aussi, on a nos clochards, mais on sait faire avec … une bonne soupe chaude et un peu d’amitié !
Nous aussi, on n’est pas toujours d’accord, mais avec une bonne bière tout va vite mieux !
Y a bien les Flamands et les wallons, mais ici on est à Bruxelles et on parle sur les deux langues …
Il faut faire comme nous, soit tu donnes la main à ton voisin, soit tu pisses sur tes problèmes ! Voilà des années que je le fais et il fait bon vivre à Bruxelles !
Moi, j’ai une boentje pour Bruxelles, pour Jef qu’est pas tout seul, pour Mathilde qui va revenir, pour Steeman qui savait le dire, pour les Marolles qui sont mieux que Marrakech, pour ma pluie qui mouille les pavés.
Moi, j’ai une boentje pour notre place du Sablon, pour le Jeu de balles ou pour notre hôtel de ville. Tout ça, c’est schuuun et je ne donne à personne le droit de le casser.
Moi j’ai une boentje pour ma gueuze lambic, pour mes caracoles qui sentent bon l’hiver, pour mon Bruxelles et ses piétonniers.
Alors toi, en voyant ta photo de terroriste, avec tes grands airs, je te dis tout droit dehors : « Je n’aime pas ce garçon ! »
Au lieu de se faire peur, si toi et moi on se regardait une fois dans les yeux et si une fois pour toute on se disait : « Gezondheid, j’ai vraiment une boentje pour toi »
Bruxelles sera toujours Bruxelles !

Guy De Smet (25 novembre 2015)


- 135 - J’AI PEUR !

Le lendemain des attentats de Paris laisse dans nos cœurs un goût amer. Surgissent en nous un chagrin immense et une colère que nous aimerions dompter. Nous survivons au rythme d’un sentiment de peur qui dépasse tous les « Même pas peur » que nous entendons proclamer avec force.
Paris est devenu, en l’espace d’un instant, une ville salie par la folie meurtrière de quelques fous, débordant de haine et d’inhumanité.
Des innocents ont payé le prix fort notre soif de vie et de convivialité, ainsi que notre relation intime à la liberté.
Ils ont été les victimes impuissantes d’une insécurité qui fait le quotidien de nos rues et de nos quartiers, depuis longtemps.
Ils ont été abattus, comme des animaux, par des monstres drogués à l’idéologie et au besoin de détruire.
Ce vendredi, la France rend hommage.
Ce vendredi, la France affiche ses trois couleurs nationales, comme un hymne à la liberté.
Ce vendredi, la France se conforte : « Plus jamais ça ! »
Et à cet hommage national, c’est le monde entier qui se joint, celui des hommes et des femmes de bonne volonté. Ils se lèvent et ils crient leur volonté de vivre dans un monde juste et pacifié.

Mais, ces attentats de Paris ont vu, aussi, monter en moi, des peurs que je ne puis contrôler. J’ai même l’impression de ne pas être le seul !
Oui, aujourd’hui, j’ai peur !
J’ai peur de la violence dont l’homme est capable.
J’ai peur face à cette insécurité qui hante nos quartiers. Ils sont devenus trop souvent des zones de non-droits, des zones dans lesquelles les armes grondent et tuent à volonté.
J’ai peur de ce dont l’homme est capable pour affirmer sa supériorité ou sa force. Son égoïsme est tellement grand et l’injustice est si souvent son unique mode d’expression !
J’ai peur de l’homme, capable du meilleur comme du pire.

J’ai peur de celles et de ceux qui exercent le pouvoir chez nous et ailleurs.
Ils sont capables de créer des conditions d’injustice telles que leurs populations se rebellent.
Ils se laissent guider par la corruption, par la soif d’argent et font du sous-développement de leur peuple une règle de vie.
Ils confondent si souvent leur arrivisme et leur carriérisme avec le service de citoyens qui n’aspirent qu’au bonheur.
Aujourd’hui, j’ai peur de ce mot « guerre » qui se prononce sans nuance, sans en mesurer les conséquences.
J’ai peur de ce commerce des armes qui dirige les relations entre les nations et qui sème la mort, aux quatre coins du monde.
J’ai peur de ces relations commerciales aveuglées par l’envie de domination, alors que les droits de l’Homme ne pèsent pour rien dans la balance des consciences.
J’ai peur de ce laxisme qui a permis de mettre en place, chez nous, les structures d’un terrorisme aveugle. Leur « N’importe quoi » jette, aujourd’hui, le discrédit sur toute une communauté ! Honte à eux, tous bords confondus !
J’ai peur de la communication qu’utilisent nos responsables politiques.
Par leurs déclarations sauvages et par leur mutisme d’État, ils sont devenus des semeurs d’angoisse et de colère. Ils disent, mais ne disent pas. Ils déclarent, mais ils ne peuvent pas. Ils communiquent sans communiquer. Ils nous laissent avec cette terrible impression : débrouille-toi !
Est-ce raisonnable d’envoyer ses enfants à l’école, d’ouvrir des centres commerciaux ou des stations de métro, alors qu’en même temps, nos dirigeants pointent au-dessus de nos têtes la « menace d’un attentat imminent » ?
Est-ce raisonnable de se lancer dans une cacophonie de déclarations politiques, alors que la population demande à n’entendre qu’une voix autorisée et rassurante ?
Est-ce raisonnable de chercher le coupable qui a permis de telles dérives, alors que l’urgence inviterait plutôt à de la modestie et à du professionnalisme.
On en a marre d’entendre : « c’est pas moi, ce sont les autres » … ou encore « c’est la responsabilité de la coalition précédente », alors que les "capitaines"  d’aujourd’hui en faisaient déjà partie.
Je n’aimerais pas devoir partir à la guerre sous le commandement de celles et de ceux qui nous dirigent ! Ils sont dangereux !
J’ai peur de ces drames qui occasionnent des hausses dans les sondages politiques.
Se faire valoir par ses compétences et par la maîtrise d’une situation est signe de tellement plus de dignité.
J’ai peur des récupérations politiciennes de tous ces événements, alors que la seule chose qui devrait les motiver, c’est la protection de tous.
J’ai peur de ces dérives des états d’urgence ou de ces niveaux de la menace qui deviennent source d’une autre violence et d’autres atteintes aux droits élémentaires de l’homme.

Mais aujourd’hui, j’ai peur aussi de toutes celles et de tous ceux qui nous parlent de Dieu.
Dieu serait-il devenu infréquentable, au point d’en faire un initiateur de mort et de haine ?
Dieu serait-il devenu le commandant suprême d’une guerre, d’un Djihad qui détruit ce qu’il avait créé à son image ?
Dieu ne serait-il devenu qu’une justification de nos soifs de devenir « Calife à la place du Calife » ?
J’ai peur, aujourd’hui, de ces fanatiques qui tuent au nom de Dieu.
J’ai peur de ces extrémistes qui font de la religion une secte mortifère qui ne respecte en rien la liberté humaine.
J’ai peur de ces religieux qui réduisent Dieu à leur pouvoir et à leur morale, imposant à d’autres des normes qu’ils ne sont pas prêts à suivre eux-mêmes.
J’ai peur de ces endoctrinements et de ces lavages de cerveau qui réduisent à néant jusqu’à la possibilité d’un choix de vie en toute indépendance.
J’ai peur de religions qui ne sont plus créatrices de ponts et de relations nouvelles et belles entre les hommes.
J’ai peur de ces religions qui se sentent supérieures et se font les juges des autres formes de pensée.
J’ai peur de ces faux-croyants qui ont défiguré les Livres saints auxquels ils se raccrochent.
Dieu n’y parlait que d’Amour. Eux n’y lisent que meurtre et vengeance !
J’ai peur de ce musulman qui se radicalise dans une caricature de sa religion.
J’ai peur du juif qui, au nom de Dieu, construit des murs, vole des terres et assassine en se sentant dans son droit.
J’ai peur de ces Chrétiens qui imposent la chape de leurs lois sur tous les continents. En même temps, la main sur le cœur, ils proclament : « God bless America ».
J’ai peur de ces Catholiques qui font de leur intolérance une arme de destruction massive.
Ils forment des sectes abjectes. Ils se cachent derrière des personnalités obscures qui n’hésitent pas à « tuer » en paroles et en discours tout ce qu’ils estiment être une atteinte à leur pouvoir.
Dieu ne s’est jamais senti « supérieur ». Il s’est fait « serviteur » !
J’ai peur de ce prêtre crétin qui, face au drame de Paris, osent ce propos qui a fait réagir fermement, jusqu’à son évêque : « Regardez les photos des spectateurs quelques instants avant le drame. Ces pauvres enfants de la génération bobo, en transe extatique (...). Ce sont des morts-vivants. Leurs assassins, ces zombis-haschishin, sont leurs frères siamois (…) Le signe de la mort et du chaos ne flotte pas que sur les rues de Paris, un vendredi soir maudit. 130 morts, c'est affreux ! Et 600 morts, c'est quoi ? C'est le chiffre des avortements en France le même jour ». Pauvre type !

Oui, aujourd’hui, j’ai peur.
Je n’ai pas peur de mourir des suites d’un attentat.
J’ai peur de la bêtise humaine et des dégâts qu’elle occasionne.
J’ai peur de toutes ces blessures faites, chaque jour, à l’idée d’aimer.
J’ai peur de tous ces gourous qui s’autoproclament « sauveurs du monde ».
Et c’est du fond de cet état, que je me relève pour crier à la face des hommes et des religions : « Touche pas à l’Amour » !

Guy De Smet (27 novembre 2015)


- 136 - SOS PLANÈTE

Les chefs d’État et les experts du monde entier se sont donné rendez-vous à Paris pour une conférence mondiale sur le climat.
De simples citoyens se rassemblent, un peu partout, pour exiger un sauvetage de la planète, « au nom de nos enfants et de nos petits-enfants ».
Il semble urgent de se pencher sur l’avenir de la planète !
L’objectif est de diminuer la température de deux degrés, ce qui permettrait de limiter les dégâts, entre autre, la hausse du niveau des mers et des océans.
Un vaste défi, aux conséquences insoupçonnées !
Depuis quelques années, nous assistons à des phénomènes météorologiques et naturels inquiétants : nos vieux chênes d’Ardenne se mettent à stresser, car l’eau manque, des espèces animales sont en voie de disparition, les glaciers et la banquise se réduisent à peau de chagrin, des tempêtes imprévues sèment la désolation, la montée des eaux devient inquiétante … Où va notre terre ?
Dans le même temps, la société humaine force son développement.
Ses priorités sont la création de grands marchés économiques et financiers … et pour cela, tous les moyens sont bons !
Ses priorités sont l’affirmation du pouvoir et de la puissance, de la domination et de la force … et, là encore, tous les moyens sont bons !
Les grandes villes ne respirent plus. La pollution y est devenue un cauchemar.
L’agriculture et l’élevage sont devenus intensifs. Ses besoins semblent insatiables.
L’industrialisation est toujours plus poussée. Tous les moyens énergétiques et humains sont bons, pourvu qu’ils rapportent.
Le mode de vie des hommes est connecté à tellement de technologies gourmandes. La nature crie : « Au secours ».
Gaz à effet de serre, utilisation abusive d’énergie fossile, déforestation, maladies nouvelles, érosion … autant de phénomènes inquiétants qui sonnent l’alarme.
La planète est gravement malade … il est urgent de la sauver !
Les lapins, les phoques, les baleines et des milliers d’oiseaux partageront notre souci.

Les enjeux de la conférence de Paris sont fondamentaux.
Des spécialistes et des responsables sont appelés à unir leurs voix pour que le concert pour la planète ne devienne pas un bruit assourdissant de catastrophes et de terreur.
Et, en même temps, que constatons-nous ?
Aujourd’hui, déjà, des milliers d’hommes et de femmes sont devenus des « réfugiés climatiques ». Ils fuient leurs régions pour échapper à ces phénomènes destructeurs dont l’homme – et lui seul – est responsable.
Il est urgent d’agir !
À notre petit niveau des choses sont à faire … et déjà, nous les faisons : économies d’énergie, tri des poubelles, consommation responsable …
De grands pays, comme les États-Unis ou la Chine, sont, aujourd’hui, les destructeurs de notre bonne vieille planète. Que de chiffres pour le confirmer !
Chaque nation du globe a un effort à faire, s’il veut survivre.
L’avenir nous dira si nous avons eu raison de leur faire confiance !
Il ne faudrait cependant pas que ce moment de conscience que vit l’humanité ne se transforme en une chanson triste : « Je voudrais bien, mais je ne peux point ».
Ce serait une monstruosité qui imposerait, demain, une table ronde des conséquences et de la fin du monde.

L’avenir de la planète est indissociable de l’avenir de l’homme.
Comment pourrions-nous imaginer une belle planète, s’il n’y pas un homme pour voir à la suite de Dieu : « que tout cela est bon ».
Or, l’avenir de l’homme semble lui aussi compromis !
Aujourd’hui, des pays sont ravagés par la guerre, livrant des populations entières à la terreur et à la misère.
Des puissances s’affrontent pour affirmer leur pouvoir, pendant que des petits sont couchés sous le joug d’une humiliation innommable.
La force des armes gronde pendant que des cohortes de réfugiés errent sur nos routes, en quête d’une survie.
Aujourd’hui, des pays n’aspirent qu’à dominer des marchés économiques. Pour cela, ils n’hésitent pas à institutionnaliser la pauvreté, à réduire le travailleur en esclavage et à affamer des zones entières, productrices de matières premières.
À Paris, sous les terrasses du quartier de la Défense – haut-lieu des affaires - des oubliés de la croissance croupissent dans une misère honteuse qui crie vengeance au ciel.
Aujourd’hui, les populations Tiers-Monde n’en peuvent plus d’être pillées pour permettre à quelques milliardaires, bouffis d’égoïsme, de s’étouffer dans leurs richesses.
Un petit pourcentage de l’humanité détient le magot de la planète tandis que d’autres crèvent pour survivre !
Leurs dirigeants ont fait de la corruption et du vol le circuit de leur fortune.
Alors, oui, nous voulons une planète propre et respirable.
Oui, nous voulons un cadre de vie et une nourriture qui permettent le bonheur.
Mais pas à n’importe quel prix !
Nous voulons une terre où résonne le chant de la colombe de la paix.
Nous voulons une terre où le bruit des armes a fait place au dialogue et à l’écoute.
Nous voulons une terre d’où l’injustice sera bannie au profit du développement de chaque être humain.
Nous voulons un monde qui ne soit plus dirigé par le dieu-argent, mais par l’harmonie et le respect de chacun.
Nous voulons d’un monde où le souffle du vent, le chant de l’homme et la musique de la mer s’unissent pour former la symphonie d’un monde nouveau, celui d’un peu d’amour et de cœur, celui de la dignité et de la complémentarité.
Pas d’SOS planète, sans SOS de l’Homme !

Guy De Smet (30 novembre 2015)


- 137 - UN PRIX FOSSILE POUR LA BELGIQUE

Nous savions déjà que la Belgique était le pays du surréalisme … et pas que dans le domaine artistique.
Nous connaissions les « histoires belges » qui amusent nos amis étrangers.
Nous venons de trembler de honte à la découverte des disfonctionnements de la sécurité nationale qui, grâce à nos politiques fédérales, régionales et communales, nous inscrivent au Guiness Book des bases djihadistes en Europe.
Clientélisme politique, non-gouvernance, incompétence … autant de comportements criminels qui aboutissent aux attentats de Paris et à ses conséquences !
Nous avions déjà vécu ces mêmes errements dans l’affaire « Julie et Mélissa » !
Aujourd’hui, des ONG ont primé notre pays pour sa gestion environnementale.
Reconnaissons que nous avons fait fort !
Depuis des années se prépare une conférence internationale capitale pour l’avenir de la planète.
Elle fait suite à d’autres qui furent laborieuses.
Il y va de la survie de populations entières et d’un patrimoine naturel inestimable.
Il est question de la qualité de l’air et de la nourriture que nous mangeons.
Il est question de l’avenir des générations futures à qui nous n’avons pas le droit de ne léguer qu’une poubelle.
Il y va de la crédibilité de politiques environnementales qui semblent n’alimenter qu’une rage taxatoire gouvernementale et générer une mine d’or pour des lobbies semblant avoir trouvé le bon filon économique.
Les enjeux sont d’importance … et la Belgique ne parvient pas à conclure un accord !
Flamands, wallons et bruxellois se cantonnent dans leurs positions communautaires.
Le Premier-Ministre, endossant, une fois de plus son costume du ridicule, promet devant ses partenaires mondiaux d’apporter la quote-part de notre pays au projet mondial … sans aucun accord entre fédération et régions ! On croit rêver !
Dans le même temps, le gouvernement et Electrabel signent un accord « secret » pour prolonger, au-delà du raisonnable, des centrales nucléaires vétustes.
Des scientifiques ont prévenu : le danger est réel, d’autant plus que ces centrales n’ont pas été prévues pour une telle durée d’exploitation !
L’accord est financier. La vie des citoyens n’a apparemment aucune importance !
Tout cela vaut bien un « Prix Fossile », décerné par ces experts qui œuvrent, tous les jours, pour la cause de la planète.

Ce prix de l’irresponsabilité, je voudrais pourtant en élargir l’importance.
Elle fait, en effet, le malheur des citoyens au quotidien !

C’est l’irresponsabilité qui ressort des « mensonges » qui ne cessent de guider les pas de ce gouvernement.
Les partis au pouvoir n’allaient jamais s’allier, jugeant leurs visions du pays inconciliables.
Il n’allait pas être question de « communautaire ».
Nous ne pouvons que constater que des prémices de futures cassures et de futurs divorces se mettent en place au quotidien. Le non-accord environnemental en est une preuve de plus.
Jamais on n’allait « toucher » aux acquis sociaux et à l’âge de la retraite. En moins d’un an, les prometteurs d’hier sont devenus les voleurs d’aujourd’hui.
Jamais, il ne serait question de « toucher » à l’index des prix. L’écho de la promesse n’était pas encore évanoui, qu’un « saut » a été imposé à la population placée devant le fait accompli.
Je ne vais pas reprendre la liste désespérante de cette irresponsabilité qui nous dirige, des billets d’humeur précédents s’en sont chargés !

Ce prix de l’irresponsabilité, il va aussi à celles et à ceux qui ont vendu leur âme pour permettre la réforme de l’État.
Cet État est devenu ingérable. Des niveaux de pouvoir se chevauchent. Des budgets se contredisent. Des compétences se marchent sur les pieds. Des services qui devraient être complémentaires s’annulent.
La voix de l’État est devenue une cacophonie inaudible, dans laquelle le citoyen se sent berné.
Un seul exemple démontre la situation ubuesque de l’État belge : 200 personnes forment la délégation belge à la conférence mondiale de Paris sur l’Environnement.
5 ministres sont censés être compétents dans ce domaine important pour notre vivre ensemble. Les voilà incapables de formuler un accord dans les temps !

Ce prix de l’irresponsabilité me semble aussi devoir être attribué avec raison au nom de la gestion des « chiffres ».
Le dernier incident en date, c’est le rapport consternant de la Cour des comptes au sujet du dernier budget fédéral, celui de 2016.
Les prévisions seraient trop optimistes. Les rentrées fiscales ne seraient pas au rendez-vous. Des taxes qui devaient viser le capital s’avèrent utopiques …
Pourtant, la confection de ce budget était déjà passée par la case « portefeuille » du citoyen.
Il avait déjà consenti d’énormes efforts, au prix de fin de mois difficiles, d’épargnes impossibles, d’avantages sociaux supprimés, de soins médicaux mis au placard.
Ce n’est, en plus, pas la première fois !
Régulièrement, nous avons eu droit au même discours : « nous avons sous-estimé les rentrées » ou encore « une erreur s’est produite dans l’annonce des chiffres : il manque quelques millions qui ne seraient pas virtuels » …
Souvenez-vous, le « tax-shift » allait s’accompagner d’une augmentation de salaires … et comme moi, vous n’avez rien vu venir : plus de sous !

Ce prix de l’irresponsabilité devrait aussi nous être attribué au nom du désastre économique que nous représentons pour les populations du Tiers-Monde.
Notre politique du Commerce extérieur vise, certes, à promouvoir l’économie de notre pays, mais à quel prix ?
Au prix de l’exploitation de la pauvreté pour en faire un tremplin pour notre richesse.
Au prix de la corruption qui nous allie à des pays, comme l’Arabie saoudite ou le Qatar ou encore le Congo, dans le seul but d’en tirer un profit économique et financier … si pas, pour certains, un profit personnel.
Au prix de l’acceptation de l’indécence d’une misère que nous aidons à entretenir par des partenariats commerciaux mafieux, au mépris du droit le plus élémentaire de l’homme.
Et nous osons, en plus, « convaincre » ces populations de ne pas venir nous encombrer avec leur volonté de migration !
Où il y a de la gêne, il n’y a, décidément, pas de plaisir !

Tous ces propos pourraient sembler n’être que des attaques politiciennes. Il n’en est rien !
Ce qui me met en colère, c’est qu’à chaque fois, ce sont les citoyens qui sont les victimes de tous ces bouffons.
Ce sont eux qui voient leur pouvoir d’achat fondre comme neige au soleil.
Ce sont eux qui se voient pourchassés comme des fraudeurs fiscaux, alors qu’ils ne sont que les victimes créées par le néolibéralisme qui nous gangrène.
Ce sont eux qui financent le train de vie d’un État, dont les dirigeants vivent largement au-dessus de leurs moyens.
Ce sont eux qui sont les premières victimes des attentats contre la démocratie qui s’opèrent à chaque fois que des débats parlementaires sont remplacés par des arrêtés royaux.
Ce sont eux qui seront, demain, les enfants désespérés d’un divorce programmé, signifié par un drapeau déchiré, par une devise bafouée et par un pays blessé mortellement.
Nous dirons-t-ils alors qu’ils n’ont rien vu venir ?
Osons espérer que cette irresponsabilité qui accable notre pays ne sera jamais qu’un page sombre de plus de notre Histoire !

Guy De Smet (1 décembre 2015)


- 138 - ALERTE EN BRETAGNE

« La Reine et moi, nous ne pouvons répondre à votre attente au moment où notre pays se prépare à un attentat imminent. Nous sommes en vacances en Bretagne. Veuillez laisser un message sur le répondeur ou nous contacter plus tard. »
Ce message aurait pu être celui du Roi Philippe et de la Reine Mathilde lors de l’urgence de niveau maximum que subissait notre pays, le 21 et 22 novembre dernier.
C’est le sentiment qui m’envahit en lisant le journal satirique français, le Canard enchaîné.
Le Roi et la Reine avaient prévu une escapade bretonne, de longue date, requérant à leur disposition les services de sécurité français.
Ces derniers devaient avoir, à l’époque bien d’autres priorités.
La France connait, depuis les attentats de Paris, l’état d’urgence qui impose des contraintes à tous les citoyens et aussi aux forces de l’ordre !
J’imagine qu’elles avaient avait mieux à faire que de surveiller ces touristes de luxe !
Les agents français furent bien étonnés de ne pas assister à l’interruption du séjour des souverains belges, étant donné la situation, tant en France qu’en Belgique.
Devant la publicité faite à l’événement, la panique s’installe : Le Premier-Ministre, le Palais, des constitutionalistes se voient dans l’obligation de secourir la couronne et d’excuser l’inexcusable.
Le Premier-Ministre insiste sur le lien permanent entre ses services et le Roi.
Le Palais attire l’attention sur la sphère privée à laquelle appartient cet évènement. Il n’aurait pas dû être dévoilé !
Les constitutionnalistes parlent d’une tempête dans un verre d’eau.
La Constitution de notre pays n’oblige en rien le roi à une présence, en ces moments particuliers.

Et pourtant, selon le Canard enchaîné, voilà un week-end qui fera des remous !
Et pour cause !
Savoir le Roi en contact avec ces « bras cassés » qui nous dirigent, ce n’est pas pour nous rassurer. Leur communication et leur aveuglement face à ce qui a permis d’en arriver à une situation aussi angoissante font douter de leurs capacités à surmonter la crise.
Savoir que le Roi a droit à une vie privée et à prendre des vacances, à siroter un cocktail et à lire un livre … grand bien lui fasse !
Peut-être bien que le bon sens et la pudeur indiqueraient des moments plus favorables pour s’accorder de telles évasions.
D’autre part, comment préserver la sphère privée quand on est un personnage public. Il y a un risque, il suffit de l’assumer !
Enfin, savoir que la Constitution n’impose pas au Roi d’être sur le territoire à l’occasion d’une crise importance, cela ne nous fait ni chaud, ni froid. Une chose est sûre, elle ne le lui interdit pas !

Elles semblent bien loin, les grandes heures de notre Monarchie constitutionnelle !
Notre Histoire évoque l’époque ou le Roi Léopold Ier quitte son oisiveté aristocratique pour s’atteler à la destinée d’une nation qui vient de naître.
Elle place devant nos yeux la stature de Léopold II qui court le monde pour embellir sa capitale ou pour offrir le Congo à son pays.
Les statues de nos villes figent pour l’éternité le souvenir du Roi Albert Ier et de son épouse aux avant-postes de la lutte de leur pays pour la liberté. Il restera à jamais le Roi Chevalier, proche de son armée et des souffrances de son peuple.
Le Roi Léopold III, au-delà de toutes les polémiques politiciennes du moment, restera ce grand Roi qui a eu l’audace de rester auprès de son peuple, au lieu de fuir comme un lâche pour rejoindre son gouvernement, à Londres.
Nous avons encore devant les yeux ces images du Roi Baudouin allant à la rencontre de ses concitoyens lors des catastrophes ou d’autres événements qui faisaient son infortune.
Nous nous souvenons aussi avec quelle audace il a osé mettre son trône en danger au nom de sa conscience, lors de la signature de la loi autorisant l’avortement.
Depuis lors, les chose ont bien changé et c’est un style de vie « petit bourgeois » qui s’est installé à Laeken.
Certes Albert II était un bon vivant, mais tellement absent dans le drame qui a secoué la Belgique à l’occasion de la disparition de Julie et de Mélissa.
Ce ne sera que sur le tard qu’une réaction interviendra !
Et nous pourrions évoquer d’autres situations où l’ennui de la Reine se lisait sur son visage !
Quant à l’actualité de nos souverains actuels, les faits parlent d’eux-mêmes !

Les spécialistes de la Monarchie nous placent devant les yeux notre Constitution.
Le Roi ne serait pas tenu d’être présent.
Le Roi ne peut s’adresser à la population sans l’aval de son Premier-Ministre.
Le Roi a droit à des vacances et à du repos. Il a droit à une sphère privée … et personne ne le lui conteste.
Il est pourtant des attitudes qui ne s’inscrivent pas dans des lois.
Elles appartiennent à la passion pour son peuple. Elles appartiennent au « feeling » et à une empathie qui devraient lui être naturelle.
Il ne lui est pas demandé de gesticuler, comme il le fait aujourd’hui en se rendant au centre de crise après l’incendie ou en passant trois-quarts d’heure auprès de migrants. (Le voyage pour les rejoindre fut plus long !) ou encore pour une rencontre avec les familles, programmée quand il aura le temps.
Il ne lui est pas demandé de s’exprimer et d’en ajouter à la non-communication de son gouvernement.
Il lui est encore moins demandé de traiter avec mépris la réactions d’indignation de certains citoyens et de n’y lire que des futilités !
Il lui est demandé d’être là, d’être proche de son peuple enfermé dans son angoisse. Une telle présence serait tellement plus lourde de sens que n’importe quelle parole !
Il lui est demandé de rire avec lui, de pleurer avec lui … tout naturellement.
Il lui est demandé d’être un symbole efficace pour ses soldats déployés dans la capitale et dont il est le commandant en chef.
Il lui est demandé d’être proche de ses concitoyens confinés dans leurs maisons et dans leurs peurs, le temps d’un week-end de tous les possibles.
Il lui est demandé de ne pas encombrer les services de sécurité d’un pays, la France, sous le choc des drames qui viennent de décimer sa jeunesse.
Là que voyons-nous : le Roi boit et se prélasse dans la douceur d’une eau bienfaisante.
Ce qui choque, ce n’est pas qu’un journaliste ait saisi cet instant pour en faire une photo qui remplit le cœur du Roi de tristesse.
Il s’agirait, selon certains, d’une atteinte à sa vie privée … et si c’était les risques du métier ?
Ce qui choque, c’est le moment choisi pour le faire. C’est la faute grave dans un règne mielleux et la chance ratée pour être proche de la population, pourtant sa mission première.
Ce qui choque c’est l’attitude de parvenu, digne d’un nouveau riche, qui ne cadre en rien avec une fonction aussi noble et tellement symbolique.
Mais comment laisser parler son cœur quand des habits de « petit fonctionnaire » vous enferment dans des certitudes à mille lieues des aspirations d’un peuple ?

Et pourtant !
Comme ils seraient attendus ces discours de Noël et de Juillet, s’ils n’étaient pas d’une monotonie, d’un ennui et d’un vide préfigurant la vie d’une autre planète.
Comme elles seraient royales, ces présences aux côtés des exclus de notre société libérale : les jeunes sans emploi, les familles aux fins de mois difficiles, les rejetés des allocations de chômage, les tables des palais ouvertes aux migrants et aux miséreux, les maraudes à la rencontre des sans-abris … À la place, que de rendez-vous ratés !
Comme il serait prophétique, ce roi dont la passion pour son peuple serait la passion d’une vie.
Elle serait, déjà, une belle réponse à une dotation royale qui nous est imposée chaque année !
Elle serait, en plus, la marque d’une personnalité hors du commun qui nous unirait naturellement au-delà de nos différences.
À moins, que nous n’ayons pas les mêmes valeurs ?

Durant des années, j’aurai été un royaliste convaincu. Je trouvais dans la fonction du Roi une mission de rassembleur et d’autorité morale qui en imposait.
Aujourd’hui, je suis un déçu de la Monarchie, aspirant à en tourner la page au plus vite.
Aujourd’hui, je suis convaincu que les Belges méritent plus et mieux que cela !

Guy De Smet (2 décembre 2015)


- 139 - DJIHADISME ET DROITS DE L’HOMME

Après les attentats de Paris et suite à la peur face au Djihadisme qui frappe aux quatre coins du monde, nos gouvernants se sont lancés dans des déclarations déterminées.
Nous allions voir ce que nous allions voir !
L’État islamique allait être bombardé, comme jamais auparavant, sans trop savoir où cela nous menait.
Les contrôles aux frontières allaient devenir impitoyables.
Les jeunes, revenant de Syrie, se verraient offrir la case prison.
Le partage des renseignements devait être une exigence.
En cas de double nationalité, il y aurait des radiations.
Molenkeek serait fouillé, de maison en maison.
Les habitudes politiciennes allaient changer !
L’état d’urgence et le déploiement de l’armée dans les rues, ils en parlaient comme de mesures exceptionnelles pour des situations exceptionnelles.
Près de trois semaines plus tard, qu’est devenu ce discours volontaire et rassurant ?
Je ne voudrais faire allusion qu’à un cas que nous dévoile la presse, cette semaine.
Mardi dernier, le Tribunal des référés de Liège a ordonné l’amélioration des conditions de détention d’un détenu placé sous régime spécial. Il était présumé terroriste.
« Présumé terroriste », cela signifie que rien dans l’enquête ne peut l’établir, si ce n’est une photo de cet homme, le montrant une arme à la main. La photo a pourtant été prise en Lybie, le nouveau sanctuaire des djihadistes.
Ni vous, ni moi, nous n’irions pour y brandir une arme, mais plutôt un essuie de plage !
En cas de non-respect de la décision judiciaire, l’État belge devra payer une astreinte de 500 € par jour de retard.
Les conditions de détention de ce présumé terroriste l’empêchent d’entrer en contact avec le reste de la population carcérale.
Elles ont pour but de ne pas lui permettre de transmettre son idéologie meurtrière, ni son radicalisme incontrôlable.
C’était sans compter sur une analyse psychiatrique qui allait démontrer que « ses conditions de détention provoquent son isolement social et ont des conséquences sur sa santé mentale ».
Les juges des référés estiment que sa manière de vivre en prison doit être revue d’urgence, parce qu’il ne présenterait aucun danger, à première vue.
De plus, rien ne prouve qu’il risquerait de contaminer ses codétenus. Rien ne le prouve, ni dans un sens, ni dans l’autre.
On croit rêver !
À noter, quand même, que cette même Justice, ne comprenait pas, voici quelques semaines, que le fondateur de Sharia4Belgium avait des contacts avec d’autres prisonniers.
À noter aussi qu’il est démontré par plus d’un spécialiste des prisons, que le radicalisme trouve dans ces lieux un incubateur prodigieux.

Au lendemain des attentats de Paris, voici que nous dirigeants sont confrontés aux impératifs de l’État de Droit et aux exigences de la démocratie. Il s’agit là de situation de pays « en paix » !
Mais ces notions sont-elles bien compatibles avec une situation de « guerre », comme ils se plaisaient à le proclamer avec solennité ?
Un terroriste ou un guerrier, vu les armes à la main dans un camp d’entraînement de l’État islamique, est-il un prisonnier habituel et normal ?
Un terroriste doit-il être jugé selon les normes d’un état démocratique ou selon les lois d’exception qu’impose la guerre ?
Dans ce domaine juridique, aussi, gouverner, n’est-ce pas prévoir ?
Prévoir, n’est-ce pas se protéger ?
Il est impressionnant de constater que la majorité des idées émises par les gouvernements s’avèrent aujourd’hui impraticables, au nom du Droit !
Serions-nous impuissants à ce point ?
Que deviennent les victimes dans tout cela ?
C’est bien beau de rendre un hommage national aux victimes ou de recevoir les familles éplorées au Palais.
Et si tout cela aurait pu être évité ?
Ces gens ne demandaient qu’à vivre, qu’à réaliser leurs projets, qu’à se retrouver en toute convivialité.
Ils espéraient bien que les conditions de sécurité avaient été mises en place pour leur permettre de vivre leur liberté.
Ils espéraient bien que certains de leurs bourreaux n’allaient pas pouvoir échapper à leurs responsabilités, comme ils ont pu le faire.
On les dit aujourd’hui, à l’abri en Syrie : bonjour le gruyère de nos frontières !
Les téléspectateurs n’avaient aucune envie d’entendre ces interviews indécentes de djihadistes rentrés au pays, comme s ‘ils étaient des nouvelles stars qui allaient faire exploser l’audimat.
Allons-nous aujourd’hui trahir leur martyre au nom des Droits de l’Homme ?
Ils étaient où ces droits pour les journalistes ou les bénévoles d’ONG décapités ?
Ils étaient où ces droits pour les victimes des attentats de Paris, de Bruxelles, de Bamako ou d’ailleurs ?
Ils étaient où ces droits pour ces jeunes filles vendues comme esclaves sexuelles ou pour ces jeunes homosexuels précipités du haut des toits d’immeubles ?
Ils sont où ces droits au Qatar, en Israël ou en Arabie saoudite, ces pays avec qui nous entretenons des relations intéressées au quotidien, alors que leurs citoyens subissent flagellations, lapidations, arrestations arbitraires ou d’autres exécutions diffamantes ?
Toutes ces victimes ont vu, non seulement leurs conditions d’existence changer, mais aussi leur santé morale et physique se détériorer.
À la Justice d’entendre : plus jamais ça … et par n’importe quel moyen, sans complaisance aucune !
Ils ne sont pas que des présumés terroristes, ils sont des dangers en puissance !
Être vu une arme à la main, avec notre pire ennemi qui sème la mort un peu partout, c’est devenir un exclu de la société dans laquelle nous vivons.
Qui veut la fin, veut les moyens !
Qui veut l’éradication du radicalisme religieux doit s’en donner les « armes ».
Qui a pour mission de protéger une population ne doit laisser aucune porte ouverte à la moindre dérive. Tolérance zéro devrait être le mot d’ordre !
Qui parle de « guerre » et voit sa popularité dans les sondages augmenter doit en assumer les conséquences.
Payer l’astreinte de 500 € serait une insulte à notre envie légitime de sécurité et une atteinte aux droits de l’homme !
Payer cette somme imbécile serait une atteinte à notre droit de vivre en liberté.

Au-delà du terrorisme, ce qui me fait peur, aujourd’hui, c’est la faiblesse de notre notion de « Démocratie » et le manque de charisme de ceux qui sont chargés de la défendre.
Un politicien français qui n’avait pas froid aux yeux, Charles Pasqua, a dit un jour : « La démocratie s’arrête là où commence la raison d’État ».