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Archives billets d'humeur 2016


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01. Je ne suis plus charlie (04/01/16)
02. Et .. si (05/01/16)
03. Amalgame et climat de peur (08/01/16)
04. Le machiavélisme en politique (09/01/16)
05. Publier "mein kampf" (12/01/16)
06. Musulman, mon frère ! (13/01/16)
07. L'économie selon De Wever (14/01/16)
08. Le port de la kippa (15/01/16)
09. Adieu l'artiste (15/01/16)
10. Tombe la neige (15/01/16)
11. Molenbeek Saint-jean (21/01/16)
12. Les curieuses coïncidences de l'actualité (28/01/16)
13. Colère au parlement (29/01/16)
14. Déçus (02/02/16)
15. Stop nourriture ! (04/02/16)
16. À bout de soufle (09/02/16)
17. Laver plus blanc que blanc (10/02/16)
18. Avec Francken en absurdie (11/02/16)
19. Attention Titanic (18/02/16)
20. Interdit (19/02/16)
21. La Belgique a froid (24/02/16)
22. Chômeur, migrant ... même combat (25/02/16)
23. Un mur contre l'Europe (26/02/16)
24. Hystérique (02/03/16)
25. L'homme, une valeur ? (15/03/16)
26. Enfant de Syrie (18/03/16)
27. Lettre ouverte à Salah Abdeslam (18/03/16)
28. C'était au temps où Bruxelles ... (23/03/16)
29. Démission (31/03/16)
30. Palmyre (01/04/16)
31. Soyons attentifs les uns aux autres (01/04/16)
32. Les droites et les devoirs (05/04/16)
33. Vendu pour trente deniers (05/04/16)
34. Les effets d'une taxe (06/04/16)
35. Défaillant ? (07/04/16)
36. Lettre ouverte aux riches (07/04/16)
37. Nuit debout (08/04/16)
38. Vers de semaines de 45 heures (09/04/16)
39. SOS Belgique ! (14/04/16)
40. Gamins de merde (20/04/16)
41. Pas besoin de preuve (21/04/16)
42. L'arrogance de la finale (02/05/16)
43. En route vers une explosion sociale (02/05/16)
44. Populisme (02/05/16)
45. Le spectre du nucléaire (04/05/16)
46. À nos voisins français (04/05/16)
47. Israël et l'OTAN (04/05/16)
48. Un pays en ruine (05/05/16)
49. Prêtres en danger (06/05/16)
50. Garde à vous (09/05/16)
51. Vincent Kompany (10/05/16)
52. Prisons et autérité (12/05/16)
53. Heil de Block (12/05/16)
54. Une lâcheté de pplus (12/05/16)
55. Schengen s'effondre (12/05/16)
56. Eurovision : concours ou mascarade (18/05/16)
57. Travaillez, prenez de la peine ... (18/05/16)
58. Des chutes symboliques (30/05/16)
59. Au pays de Machiavel (30/05/16)
60. Marc Goblet et les étudiants (31/05/16)
61. Terrorisme (02/06/16)
62. Exit Diables (02/07/16)
63. Brexit (02/07/16)
64. Morte de faim (06/17/16)
65. Allez les bleus (11/07/16)
66. Cracher (11/07/16)
67. Le miel de synthèse (12/07/16)
68. Je suis Niçois (15/07/16)
69. Colère (15/07/16)
70. Ca suffit ! (15/07/16)
71. Détecter l'indétectable (19/07/16)
72. Où est passée la monarchie ? (22/07/16)
73.Même pas peur ! (26/07/16)
74. La terreur de trop (26/07/16)
75. Lettre à Jacques Hamel (27/07/16)
76. Faire du bruit (28/07/16)
77. Dérapages (29/07/16)
78. Terrorisme et état de droit (09/08/16)
79. Fraudes ? (11/08/16)
80. Burquinis et après ? (18/08/16)
81. Un peu de recul (26/08/16)
82. Scandale ou provocation ? (29/08/16)
83. Djihadisme ? (31/08/16)
84. Fermeture caterpillar (02/09/16)
85. Jordi (06/09/16)
86. Cherche des vêtements (06/09/16)
87. Pas d'amalgame (08/09/16)
88. De Block ou un cauchemar de retour (14/09/16)
89. Au nom de la mixité (06/10/16)
90. Notre monnaie nationale (07/10/16)
91. Notre ennemi, c'est la banque (08/10/16)
92. L'exemple islandais (18/10/16)
93. L'ultimatum de trop (19/10/16)
94. Dégâts ou débat (27/10/16)
95. Honte (02/11/16)
96. Halte à la haine (03/11/16)
97. Tout est bon (08/11/16)
98. Et ça vous étonne ? (09/11/16)
99. L'autisme en politique (10/11/16)
100. La guerre des boutons (22/11/16)
101. Alerte au portefeuille (23/11/16)
102. Cumul des mandats (23/11/16)
103. Un pris nobel de l'irrespnsabilité (24/11/16)
104. L'indécence de ceux qui nous dirigent (25/11/16)
105. Galère (28/11/16)
106.Commandante (30/11/16)
107. Des enfants en centres fermés (30/11/16)
108. Noël sans votre banque (01/12/16)
109. Un cordon sanitaire (07/12/16)
110. Les états d'âme du prince (07/12/16)
111. Francken ... le boulet d'un peuple (13/12/16)
112. Des cris dans la nuit d'Alep (16/12/16)
113. 500 € par minute (23/12/16)
114. C'est Noël sur la terre chaque jour ... (23/12/16)
115. Paix sur la terre (24/12/16)

 

- 115 - PAIX SUR LA TERRE

 

De folles ondes circulaient, ce soir-là, dans le ciel de Bethléem.
Souvenez-vous, il y avait ce jeune couple qui cherchait un hébergement, à l’occasion d’un recensement.
Il y avait ces cris d’un bébé, perdu dans l’obscurité d’une grotte ou d’une étable, et la joie de ses parents, tout à leur bonheur, malgré les conditions dans lesquelles tout cela avait eu lieu : « pas de place à l’hôtellerie ! »
Il y avait ces bergers de la nuit. Ils n’avaient pu contenir leur curiosité en se dirigeant dans la direction de cette étoile qui scintillait dans le ciel de leurs rêves.
Il y avait ce sourire imprimé dans la fragilité d’un bébé qui allait « réconcilier » le monde ».
C’est au cœur de toute cette féérie, que la voix des anges se fait entendre par un chant prophétique : « Paix sur la terre aux hommes qu’il aime »

Nuit de Noël, nuit magique, nuit pleine de souvenirs et de nostalgie …
Nuit de Noël, nuit d’espérance et de chaleur humaine, loin des frimas de l’hiver.
C’est l’heure des cadeaux, des vrais, pas de ceux qui, le lendemain, se retrouvent en vente dans les rayons d’Internet.
C’est l’heure des mains qui se tendent, des cœurs qui s’ouvrent, des contes qui deviennent réalité.
C’est l’heure d’une paix que nous nous souhaitons et que nous voudrions tellement voir illuminer le monde.

Pourtant, cette année, des hommes, des femmes, des enfants vivront dans les errances de leurs peurs et de leurs angoisses.
Ils sont les réfugiés de nulle part, ceux devant qui toutes les portes se ferment et tous les poings se serrent.
Ils sont les exclus de nos sociétés de nantis, à qui on refuse une simple petite place à l’auberge du bien-être espéré pour tous.
Ils sont les pointés du doigt de nos racismes et de nos intolérances, les souffre-douleurs de nos soifs de puissance et de nos égoïsmes exacerbés.
Ils ne seront pas de nos réveillons cossus.
Ils seront aveuglés dans leur solitude par la lumière de nos vitrines de fête.
Ils n’auront pas droit à la chaleur bienfaisante de notre amitié.

Pourtant, ils sont le vrai peuple de Noël : celui de la tradition de la place vide à nos tables.
Celui de nos repas de solidarité et de nos sapins de Noël de l’espoir.
Celui de ceux qui n’ont rien à perdre, au point de tout donner et de se donner.
Avec eux tous, créons une crèche pour y accueillir Dieu, qui, en eux, a pris visage d’homme !
Avec eux tous, créons une solidarité qui réveille l’anonymat de nos rues et qui réchauffe les froideurs de nos assemblées et de nos rencontres.
Avec eux tous, créons la paix, celle proposée aux hommes de bonne volonté.

À toutes et à tous, joyeux Noël !

Guy De Smet (24 décembre 2016)


 

- 114 - C’EST NOËL SUR LA TERRE, CHAQUE JOUR …

Ces paroles d’un chant résonneront probablement dans nos églises en ce temps de Noël.
Noël, c’est le grand moment de la solidarité qui fait que les malades des hôpitaux sont visités.
Noël, c’est l’espoir d’une paix, fut-t-elle fragile, qui verra une guerre s’arrêter quand des hommes déposeront les armes.
Noël, c’est la promesse que nous forcerons la misère à reculer plus loin.
Noël, c’est l’heure du pardon des offenses, du silence des mensonges ou encore du soulagement de toute souffrance.
Noël, c’est un rêve de douceur dans une nuit obscure ; c’est l’espérance d’un amour plus réel.
Ce chant rejoindra l’harmonie de la féérie d’une fête, bercée entre « Douce nuit » et « les anges dans nos campagnes ».
Ce chant sera du dynamisme d’un peuple qui osera, « Minuit, Chrétiens », se mettre debout !
Pour les croyants, un enfant nous est né.
Dieu est venu habiter sur la terre des hommes … moment de paix, moment de bonheur. Point de départ d’une mission !

Et pourtant, Noël, cette année, ce seront les foules de réfugiés qui quitteront les ruines d’Alep, dans les rigueurs d’un hiver glacial et d’une désespérance à pleurer.
Noël, cette année, c’est la peur des attentats qui, comme à Berlin, frappent des innocents dans leur insouciance et dans ce qu’ils ont de plus précieux, leur vie.
Noël, cette année, ce sera pour les plus pauvres d’entre nous, pour les exclus que nous avons créés, l’heure des ténèbres que rien ne pourra illuminer.
Tous, ils ont entendu ce message qui hantait déjà la mémoire de Marie et de Joseph, à Bethléem : « Pas de place ! »
Noël, cette année, ce sera le drame d’un jeune handicapé privé de sa maman, victime d’un accident de voiture.
Mais ces ténèbres qui camouflent la réalité et la beauté d’une fête ne viennent pas que du « monde ».
À l’intérieur de l’Église, là d’où devraient surgir les témoins de cette Bonne nouvelle qui éclaire la plus belle nuit du monde, le ver semble être aussi dans le fruit.
À quelques heures de Noël, nous apprenons qu’un nouveau conflit vient obscurcir l’idée de miséricorde qui devrait pourtant être la ligne de conduite du message chrétien.
« Le 6 décembre dernier, le grand maître de l’Ordre souverain de Malte, Fra’Matthew Festing, a convoqué dans son bureau son grand chancelier, Albrecht von Boeselager. Équivalent du ministre de l’intérieur et des affaires étrangères de l’Ordre, un sujet de droit international reconnu par 106 États. Ce dernier se voit reprocher une « situation extrêmement grave et intenable », le grand maître exigeant sa démission » (La croix, 20/12/2016).
La décision du grand maître fut confortée par l’approbation du cardinal protecteur et représentant du Pape, Monseigneur Burke.
La raison d’une telle sanction est à trouver dans le passé de l’Hospitalier, alors qu’il était chargé des missions humanitaires de l’Ordre. Il aurait, lors de missions en Afrique, distribué des préservatifs aux malades atteints par le sida.
Ce Catholique « libéral », il doit disparaître ! une voix de plus en plus présente dans l’Église de toutes les sectes et de toutes les inquisitions.
Où est le crime, pour susciter une telle tempête dans un verre d’eau ?
Où est la grandeur d’une présence à côté de celui qui souffre d’autre chose que d’une condamnation divine ? « Que celui qui n’a jamais péché, lui lance la première pierre » !
Où est « l’heure » de l’Église à quelques encablures du 1 décembre, journée de solidarité avec les malades du sida ?
Non seulement, cette décision est incompréhensible et provoque une crise constitutionnelle au sein de l’Ordre de Malte, mais en plus, elle oblige le Vatican à prendre position … dans le sens, espérons-le, de l’Évangile.
Nous connaissons les déclarations du Pape François, ainsi que son empathie pour les sidéens. De là à imaginer que l’attitude du grand maître n’aurait pas été la sienne, il n’y a qu’un pas.
Il ne s’agit pas d’encourager ce qui mène au sida. Il s’agit de « visiter » celui que la maladie détruit à petit feu.
Nous savons aussi que le Cardinal Burke est un farouche opposant aux déclarations du Pape concernant la famille ou concernant la compassion à l’égard des divorcés-remariés.
Nous apprenons aussi, par la presse, que ce cardinal est un déçu du Pontificat actuel. Le titre honorifique de protecteur de l’Ordre mettait fin à ses ambitions personnelles : un « petit trône » parmi les Princes de l’Église au sein de la Curie romaine.
Comme elle est loin l’étoile qui illumine la nuit de Bethléem !
Comme elle est loin l’ambition de pauvreté que Jésus lui-même est venu endosser sur la terre des hommes. Le Pape François a déjà dû, à maintes reprises, le rappeler à ceux qui exercent une fonction dans l’Église !
Comme elle est loin la Vérité de Noël qui s’en vient dérider l’homme par le sourire d’un enfant nouveau-né !

Et pourtant, comme chaque année, Dieu viendra frapper à la porte des Chrétiens et des hommes de bonne volonté, loin de tous les sectarismes et de tous les racismes, en attendant qu’ils lui ouvrent …
Des hommes et des femmes se lèveront. Ils deviendront, avec tout ce qu’ils sont, les notes vivantes de ce chant : « C’est Noël sur la terre, chaque jour, car Noël, ô mon frère, c’est l’Amour ».

Guy De Smet (23 décembre 2016)


- 113 - 500 € PAR MINUTE

Tout comme le ministre Furlan, nous avons appris, grâce à une indiscrétion du magazine Le Vif, que la politique peut rapporter gros !
24 mandataires publics, délégués par leurs partis, ont perçu un jeton de présence qui nous laisserait croire, candidement, à une blague.
Plus de 500 € par minute, pour siéger dans une intercommunale : Publifin !
Voici quelques exemples dévoilés par la presse :

S’il n’y avait pas eu les confidences d’un élu, nous n’en aurions su. Il n’y aurait pas eu de scandale et un beau cadeau de Noël aurait ainsi été déposé, indûment, sous les sapins des heureux bénéficiaires. Dans de telles conditions, pourquoi se gêner ?

À côté de ces chiffres qui choquent, nous connaissons tous le coût du moindre cabinet ministériel. Nous connaissons, les montants de la dotation royale. Nous connaissons la face visible du traitement du Premier-Ministre : 210.000 €. Nous connaissons les montants de la retraite du moindre député.
Nous sommes aussi au courant des soupçons de corruptions qui planent sur certains mandataires peu scrupuleux, comme Kubla ou De Decker, entre autres. Pourquoi se priveraient-ils. Comme Madame Lagarde, ils risquent au plus une condamnation, sans peine, sans suite !
Au niveau européen, nous ne sommes pas sans savoir combien la fonction est pour le moins attractive, tout comme le sont les primes de départ.
Au niveau de la fraude fiscale, nous connaissons le peu d’empressement à poursuivre les criminels en col blanc. Être riche, peu importe les moyens, reste un critère de succès dans la société néolibérale !
En ce qui concerne l’entreprise, des aides et des cadeaux pleuvent, sans qu’aucune garantie d’emploi n’y soit associée … pourvu que les bénéfices des actionnaires et le soutien de la numérisation qui permettra d’échapper à des emplois coûteux soient assurés.
Et, nous restons, face à ces chiffres, les bras ballants de fatalisme et d’incompréhension !

Pendant ce temps-là, nos gouvernants nous sacrifient sur l’autel de l’austérité !
Plus d’argent pour payer les retraites, si nous ne consentons à des efforts de durée dans le travail.
Plus d’argent pour financer les soins de santé, si nous n’acceptons pas le sacrifice de « payer plus ». Nous en subissons les conséquences au quotidien !
Plus d’argent pour suivre l’indexation et la hausse des prix. Il faudra se contenter de salaires bloqués et de fins de mois difficiles.
Plus d’argent pour financer le chômage dont les travailleurs sont les victimes. L’exclusion est leur sort.
Plus d’argent pour se soucier des marginaux de nos sociétés … les opérations caritatives n’ont qu’à suppléer.
Des pays, des catégories entières de population vivent ainsi des drames sociaux et humains indescriptibles, pendant que quelques-uns utilisent l’argent public à leur seul profit !
Des hommes, des femmes, des enfants sont les oubliés de nos fêtes de fin d’année. Ils vivent sous le seuil de pauvreté et nos lumières les éblouissent !
Les Français, jadis, ont fait la révolution, pour moins que ça !
Resterons-nous encore longtemps sans réaction face à cette classe politique qui n’a rien compris.
Populisme crieront-ils scandalisés, alors qu’il ne s’agit que de mettre en lumière leurs faits et gestes !
La politique est un service. Elle est une disponibilité qui se fait avec l’argent de tous les contribuables pour rendre le vivre ensemble accessible.
La politique est faite de compétence, d’humilité, d’abnégation, de don de soi. Elle ne peut, en aucune façon devenir lucrative, sous peine de ne plus être crédible.
Ce n’est pas le spectacle que nous en laissent nos politiciens, englués dans leurs compromissions et dans leurs magouilles.
Citoyen, réveille-toi !
Ils te volent. Ils te salissent. Ils t’humilient : jusqu’à quand resteras-tu inactif et sans voix ?

Guy De Smet (23 décembre 2016)


- 112 - DES CRIS DANS LA NUIT D’ALEP

Comme elle peut être noire de désespoir, cette nuit de décembre.
Pendant qu’une partie du monde s’illumine des rêveries d’une fête ; l’autre, elle, est plongée dans une obscurité lancinante.
Il y résonne des cris insoutenables d’enfants, de femmes, d’hommes … d’innocents.
Ils croulent sous le feu de la haine des factions ennemies.
Ils s’écroulent sous des bombardements qui n’épargnent rien, ni personne.
Ils ont tout perdu, jusqu’aux maigres souvenirs d’une vie, autrefois ensoleillée.
Les réseaux sociaux se font l’écho d’adieux déchirants, d’un désespoir que rien ne peut combler.
Les casques blancs, boudés pour un prix Nobel de la Paix mérité et oublié, ne peuvent plus suivre dans leur quête désespérée de sauver des vies ou d’offrir des sépultures dignes aux victimes innocentes.
Et le monde libre, lui reste impuissant, si pas indifférent !
En Belgique, quelques sinistres politiciens ergotent sur la délivrance d’un visa humanitaire, se cachant derrière des broutilles juridiques qui, face au drame de familles entières, sont bien insignifiantes.
À Paris, à Bruxelles, les lumières de la fête s’estompent le temps d’un soupir de solidarité. Mais qu’est-ce qu’autant d’hypocrisie face aux larmes d’un enfant blessé, perdu et ignoré ?
Chez nous ? Francken, dans sa lâcheté, aurait-il pu être aux commandes pour éteindre l’éclairage de la Grand Place ?
À l’ONU, les discussions ne mènent à rien, révélant simplement la soif de domination des grandes puissances. À se demander si cette organisation a une utilité, à moins que comme dans la chanson d’Annie Cordy, sa feuille de route ne se réduise à : « j’voudrais bien, mais j’peux point » ! ! !
L’Europe, n’en parlons pas. Elle se voile la face derrière son Prix Nobel de la Paix immérité et injuste pour rester là, les bras ballants d’impuissance.
Déclarations, discours, réunions ... des paroles et du vent … aucune main tendue à l’horizon !
Un génocide se perpétue, l’Europe se retrouvera pour un sommet dans QUINZE jours, promenade digestive d’après réveillon ! … Cherchez l’erreur !

Le monde libre semble tellement plus fort pour les commémorations et les séances de souvenirs !
Il nous a fait pleurer sur la Shoah.
Il nous a ému avec ses commémorations et ses minutes de silence lors d’attentats qu’il aurait pu éviter sans toutes ses compromissions et toutes ses complicités.
Il s’est souvenu pour nous des guerres du passé, avec l’espoir d’entendre : « Plus jamais ça » … à moins, qu’une fois de plus, notre réponse aurait dû être : « Paroles, paroles, paroles … »
Ça a permis à quelques « boulets » politiques de parader et d’écrire leur heure de gloire, grâce au sang des autres ! Devrons-nous nous contenter de cela ?
« Où va notre terre en larmes …
Si l’amour est tué, si nos poings sont fermés, si nous marchons séparés …
Où va notre terre en larmes ? »

Toi, mon frère, ma sœur d’Alep,
toi qui connais la destruction de ta terre syrienne, livrée aux enjeux des grands de ce monde et aux lois de tribus ennemies …. Si au moins ton pétrole avait pu nous motiver !
Toi qui plies sous les crises d’influence d’un pouvoir fort et de rebelles peu glorieux, apparentés à Al-Qaïda.
Tes cris, tes larmes n’intéressent pas l’Occident. Ils viennent brouiller nos envies de fête de cette fin d’année, ainsi que nos souhaits de puissance économique.
Tes morts nous encombrent sur nos écrans de télévision, bousculant une quiétude que nous ne laisserons pas atteindre.
Ta misère nous pousse à fermer nos portes à ta détresse, aidés par des Francken, des Juncker, des Obama et d’autres sinistres sires, que seule leur propre gloriole intéresse.
Après avoir créé chez nous des « Alep sociaux », ils nous chantent leur impossibilité à accueillir toute la misère du monde ! Crochet musical ignoble de ces « malades » qui nous dirigent !
Ton Président, nous le voulons au sol, comme un vulgaire tyran, alors que, dans nos contrées, une dictature financière et ses valets crucifient dans la misère des populations entières. C’est tellement plus confortable de dénoncer la paille dans l’œil des autres que d’enlever la poutre qui nous bouche la vue !
Ta guerre, nous ne voulons pas qu’elle nous atteigne. Elle risquerait de mettre en péril nos chiffres de croissance économique ou nos stratégies militaires.
Nous nous contenterons de transformer ton pays en un nouveau champ de bataille pour nos luttes intestines entres « méchants » russes et « bons » américains, à mille lieux de tes envies de paix et de justice. À croire que l’époque des Westerns est revenue !
J’oubliais dans ce concert des indécents du monde, ces grandes gueules de Français, forts en mots, mais tellement peu en gestes !
Toi, mon frère, ma soeur d’Alep : Pardon !

Comme toi, nous sommes pris en otages.
Otages des puissants, plus soucieux de régler leur envie de suprématie que de regarder ton visage défiguré.
Otages de l’impuissance, si pas de l’inutilité des grandes organisations mondiales, comme l’Europe ou les Nations-Unies. De sommets en conférences, ils ne cessent de proclamer leur embarras et leur inaction qui s’apparentent à de la « non-assistance à personnes en danger ».
Otages de nos excellences qui d’arguties juridiques en astreintes scandaleuses, préfèrent fermer les yeux pour ne pas voir ton visage aveuglé de sang.
Otages de nos égoïsmes et de nos racismes, de nos peurs et de nos désirs de confort … au point de ne plus remarquer ces enfants qui émergent de tes ruines.
Ça, jamais, tu ne pourras nous le pardonner. Ainsi s’écrira l’Histoire !

Dans quelques jours, ce sera Noël… loin des lumières aveuglantes et des bruits des fourchettes de nos réveillons.
Noël, ce sera le cri, le même qui, depuis la nuit des temps, ne cesse de museler le monde des miséreux et des blessés de la vie : « Pas de place à l’hôtellerie » !
Ton Visage, mon frère, ma sœur d’Alep, il ressemblera à celui, désespéré, de l’enfant de nos crèches qui se loge dans la mangeoire d’une seule condamnation : « Pas de place » !
Dans le ciel de Noël, cette année, nous n’entendrons pas le chant des anges, mais la lamentation des pleurs de sang et de terreur d’Alep, la perle déchue de l’Orient blessé !
Paix ! Au secours ! Où t’es-tu retirée ?

Guy De Smet (16 décembre 2016)


- 111 - FRANCKEN … LE BOULET D’UN PEUPLE

La Cour d’Appel de Bruxelles a condamné l’État belge à exécuter une décision du Conseil du contentieux l’obligeant à délivrer un visa humanitaire à une famille syrienne qui tente de fuir Alep anéanti.
Une première décision datait du 20 octobre dernier.
Cette nouvelle condamnation est immédiatement exécutoire et assortie d’une astreinte de 1.000 € par jour de retard et par membre de la famille.
Le Secrétaire d’État à l’asile et à la migration a décidé de ne pas en tenir compte et de ne pas payer l’amende qui y est attachée !
Selon lui, il s’agirait d’un « précédent dangereux » qui ferait perdre à la Belgique le « contrôle de ses frontières ».
Il ajoute même : « Cela menace de déclencher un afflux devant nos consulats à Beyrouth et Ankara. Ça, je ne le veux pas » ! Que cette menace concerne le Liban, où il les verrait bien se réfugier, ne semble pas le déranger !
En attendant, cet irresponsable use de l’argent des contribuables de manière scandaleuse, simplement pour défendre ses positions partisanes ! En temps de crise et d’austérité pour plus d’un Belge, cette manière de faire est pour le moins scandaleuse, insultante et indéfendable !

Mais pour qui se prend-t-il, ce criminel de guerre ?
Serait-il sourd, au point de ne pas entendre les cris de détresse d’une famille foudroyée par la guerre ?
C’est un papa, une maman, des enfants qui croulent sous les bombes et sous une anxiété insupportable.
C’est une famille qui a choisi de fuir les combats en toute légalité, loin des arcanes des filières clandestines.
C’est une famille belge qui a décidé de se porter garante de ces migrants et de leur ouvrir leurs portes.
Le seul message que nous avons à leur délivrer, ce serait que nos poings sont définitivement fermés. Notre égoïsme refuserait la moindre empathie face au désastre qui fait leur quotidien ! Ce serait là le discours d’un homme d’État belge ?
Aurait-il oublié que nos gouvernants, lors des derniers conflits mondiaux, étaient soulagés de pouvoir trouver asile à Sainte-Adresse ou à Londres ?
Le seul témoignage que nous aurions à leur proposer, c’est que leur « guerre » ne nous intéresse pas, sauf si nous avions un quelconque intérêt à en tirer ?
La seule vérité que nous aurions à afficher face à leur misère et à leur détresse, c’est qu’ils n’entrent pas dans les chiffres nécessaires à notre croissance économique, telle que la veut la société néolibérale ?
Une certaine presse essaie bien de discréditer cette famille au nom de ses liens avec le régime en place en Syrie. Peu importe, il s’agit avant tout d’êtres humains, d’enfants, en proie à la guerre ! Qui serions-nous pour douter de leurs raisons de fuir la guerre ?

Si c’est cela la parole de notre gouvernement, c’est une honte et une humiliation d’être belges et d’être dirigés par de tels abrutis !
Nous n’avons pas le droit de laisser ce monstre et ce lâche réduire à néant l’urgence humanitaire.
Nous n’avons pas le droit de laisser cet irresponsable décider de la vie ou de la mort d’une famille prise sous l’étau d’une violence assassine.
Nous n’avons pas le droit de laisser cet imbécile mettre en cause les piliers d’un état de droit.
Le faire, serait nous rendre complice d’un crime contre l’humanité, celui-là même que nos ancêtres ont pu éviter, grâce à la générosité et à l’abnégation de nos voisins français ou anglais.
En accordant du crédit à Francken et à sa clique, serions-nous devenus les « Boches » d’aujourd’hui ?
Des citoyens l’ont compris on lui fermant leurs portes !
Le Ministre-Président de la région wallonne a refusé de le rencontrer, ce lundi, alors qu’il était question de dispositifs de sécurité pour Charleroi. Chapeau !
Des citoyens l’ont conspué et humilié lors d’une conférence qu’il devait faire ce lundi soir à Gosselies. Ils lui ont rappelé, de manière forte et cinglante, que « nous étions tous des enfants d’immigrés » … Je m’en réjouis, même si une réaction plus musclée aurait été opportune !
Nous apprenons aussi qu’il n’en est pas à son coup d’essai. D’autres refus ont été prononcés. D’autres décisions de Justice ont été bafouées.
Cette fois, la presse et les réseaux sociaux ont été plus vigilants. Nous avons été prévenus ! Nous ne pouvons pas rester les bras ballants !
Mais ce clown grotesque n’est pas le seul en cause. 
Le gouvernement, par la voix de son Premier-Ministre, dit étudier toutes les pistes pour ne pas payer les astreintes réclamées par la Cour d’Appel ! Ponce-Pilate aurait agi de la même façon !
Il va même jusqu’à proposer à la famille d’Alep de se rendre au Liban, où il espère décrocher un visa humanitaire, plutôt que d’ouvrir nos portes. Le Liban croule sous le nombre de réfugiés, pendant que la Belgique fait la fine bouche face à la misère humaine !
Incroyable … mais vrai ! Cela mérite bien quelques coups de sandales !

Ce qui me choque dans cette actualité, ce sont deux choses : la première, c’est la brutalité et la bestialité avec lesquelles, ce criminel de guerre s’octroie le droit de vie et de mort. Nous venons de l’évoquer !
Je n’ose pas imaginer ce qui se serait passé si des familles, habitées d’humanité, n’avaient pas ouvert leurs abris clandestins pour y cacher des Juifs, victimes de l’Holocauste et de la barbarie nazie !
La deuxième, tout aussi grave en démocratie, c’est de remettre en cause, avec l’aide de son parti et du gouvernement tout entier, l’État de Droit et la séparation des pouvoirs.
La démocratie, dans laquelle « le peuple est souverain », s’est donnée des moyens pour organiser, en toute impartialité, son vivre ensemble.
Son projet de société implique des règles que, vous et moi, nous sommes appelés à respecter, sous peine d’être des hors-la-loi.
Une de ces règles est de respecter la séparation des pouvoirs, garante de nos libertés et de notre désir de Justice.
L’autre est de se plier à une décision de Justice, après avoir entendu les avis d’une Cour d’Appel. Cette procédure garantit le respect de notre dignité.
Comme mandataire public, Francken n’est pas au-dessus des lois !
Aujourd’hui, il a enfreint la règle … Il n’a plus sa place à la direction des affaires.
Citoyens, c’est sa démission que nous avons à réclamer, par tous les moyens !
Qu’il retourne dans ses antres fascistes y retrouver les fantômes qui peuplent ses fantasmes. 
Qu’il rejoigne, à tout jamais, la caverne de ces monstres que l’Histoire a envie d’oublier, tellement leur inhumanité était insupportable.
Qu’il disparaisse de l’horizon d’un pays dont les trois couleurs sont salies par sa seule présence.
Que son rejet soit une mise en garde pour ceux qui le couvrent et qui seraient tentés de le suivre.
Francken, dégage … ta seule présence nous est toxique. Tu es une pollution contre laquelle nous avons le devoir de nous protéger !

Guy De Smet (13 décembre 2016)


- 110 - LES ÉTATS D’ÂME DU PRINCE

S’il est des magazines qui peuvent en faire rêver plus d’un au diapason des atmosphères royales et princières, l’actualité est souvent moins glamour !
En Belgique, nous avons ainsi une famille royale qui ne suscite guère l’évasion vers des mondes merveilleux.
En son sein, le Prince Laurent ne semble pas sorti de cette lampe d’Aladin qui aurait de quoi nous transporter.
Régulièrement, il fait la une de l’actualité et, il faut bien le reconnaître, rarement pour la bonne cause.
Nous l’avons vu cité en Justice, alors que sa cuisine venait d’être rénovée sans qu’il ne sache ni le comment, ni le pourquoi.
Nous l’avons vu s’ennuyer profondément, et de manière scandaleuse, dans l’exercice de ses fonctions.
Nous l’avons vu au volant d’un bolide qui n’était pas immatriculé correctement, mais chez nos voisins luxembourgeois, ce qui lui était nettement plus avantageux.
Nous l’avons entendu prendre des positions ou adopter des attitudes qui n’étaient pas à l’avantage de l’entreprise familiale qui lui permet de bénéficier d’une dotation et d’exister. Ne saurait-il pas que le linge sale se lave en famille ?
Nous le voyons au détour de ses fondations, dans lesquelles le bilan économique ne semble pas trop le mettre en valeur. Les chiffres des bilans de ces entreprises écologiques ont éloquents ! Ils furent dévoilés suite à son « explosion ».
Nous le voyons, escorté par des rappels à l’ordre gouvernementaux pour des prérogatives qu’il s’arroge, alors que la Loi ne le prévoit pas.
Nous vivons, en quelque sorte, proche d’un prince, dans le mal-être a difficile à se contenir.
Il eut probablement une enfance et une jeunesse qui ne furent pas des plus enviables.
Est-ce notre faute, si ses parents ne furent pas à la hauteur ?
Il doit certainement être difficile de toujours devoir vivre dans l’ombre et dans le silence d’un protocole qui ne lui accorde qu’un rang, de plus en plus éloigné, dans la ligne de succession.
Il doit certainement être difficile de n’avoir pas le droit d’exprimer son être profond ou d’exister, comme n’importe quel homme libre.
Il a la malchance d’être un personnage public, dont les moindres faits et gestes sont épiés et médiatisés.
Cela ne lui donne, toutefois, pas tous les droits.
S’il a des droits, il a aussi des devoirs !
Comme tous les citoyens de ce pays, il n’est pas au-dessus de la Loi, même si les mises en garde qui lui sont faites restent toujours sans effet. Nous aimerions connaitre le même sort !

Dernièrement lors d’une rencontre avec une journaliste, à la sortie d’un colloque au sénat, le prince est sorti de ses gonds.
La journaliste de Sud-Presse l’interrogeait sur les difficultés que rencontrent ses fondations … il n’a pas supporté.
Non seulement il a perdu son sang-froid, mais il a adapté un langage qui n’a guère l’effet du miel dans la bouche d’une excellence.

« Le bilan comptable ? Ne me parlez pas de ça parce que je vais vraiment m’énerver. Moi je suis emmerdé depuis des années, on m’empêche de travailler. Il ne faut pas pousser le bouchon. Moi je vous dis, on m’emmerde pour ne pas travailler, pour ne pas pouvoir faire fonctionner mes fondations. C’est un thème qui commence à m’emmerder ».
Et le prince de poursuivre : « Mon bilan comptable fonctionne très bien. Si certains politiques me foutaient la paix, si ma famille me foutait la paix, je pourrais vous montrer que ces bilans sont excédents au niveau financier. Ne me parlez plus que ce que je fais ne fonctionne pas, parce que ça fonctionne très bien ».
« Je me bats pour travailler, a-t-il ensuite affirmé. Ça bout là. Moi, je me suis battu toute ma vie pour travailler. Toute ma vie, j’ai eu des bâtons dans les roues et après on vient me dire que tout ce que je fais ne fonctionne pas. Tout ce que je fais fonctionne très bien. Le jour où on me laissera tranquille, on verra que toute ma comptabilité est excédentaire ».
Que répondre à cela ?
D’abord c’est un droit des citoyens de s’inquiéter de fondations voulues par des personnalités qu’ils rémunèrent. Il n’y a donc pas lieu de s’énerver. C’est plutôt l’occasion de rendre transparente une entreprise qu’il considère comme louable.
Son coup de sang n’aura eu comme effet que de dévoiler une gestion pitoyable qui fait du rouge la couleur visible de son bilan.
Ensuite, il évoque ses conditions de vie, se faisant passer pour le pauvre incompris ligoté aux règles d’une famille et d’un pays qu’il estime peu généreux avec lui.
Plus d’un prince du Gotha européen a pris distance avec ces mêmes liens pour exercer une profession et vivre libre par rapport à des dotations qui les auraient freinés.
Il aurait pu, lui aussi renoncer à cette dotation, à cette contribution des citoyens, qui lui a permis d’empocher 4.940. 881 euros de 2001 à 2017.
Sa seule dotation de 2017 sera de 308.000 euros !
Cela lui aurait demandé un courage dont il n’a pas l’envergure !
Cette dotation, il la considère comme un dû, alors qu’elle n’est même pas prévue par la Constitution.
La banalisation de sa dotation est une injure aux innombrables efforts que le peuple est appelé à faire, lui qui n’a souvent que l’horizon de fins de mois difficiles.
Si elle est pour lui une goutte d’eau face aux contributions qu’il amène à l’État, comme il le prétend, il lui suffit d’y renoncer. Ce n’est pas le citoyen qui s’en plaindra !
Le prince se plaint ensuite de « politiques » qui le torpillent dans ses actions.
Sait-il seulement que ces mandataires publics ne font qu’exercer leur rôle qui est de faire en sorte que la Loi soit respectée ! Sait-il seulement qu’aucun citoyen n’est censé ignoré la Loi et n’est au-dessus de la Loi ?
Une monarchie parlementaire a ses règles. En démocratie, cela se respecte sans « emmerdements »
Il s’en prend alors à sa famille ! Mais, cela ne nous regarde pas ! S’il n’en peut plus de cette famille, qu’il la renie, qu’il assume sa liberté et qu’il refuse les avantages liés à la situation.
Enfin toute sa perte de sang-froid se traduit dans un langage qui n’est pas à la hauteur de sa fonction.
Il est des termes dans sa bouche qui sont d’une vulgarité sans nom. Ils sont le signe d’un mépris que nous prenons comme un camouflet que nous lui rendrons bien en temps voulu.
Si la place et le rôle qui devraient l’honorer ne représentent rien pour lui, mais qu’il les laisse … Nous ne le retiendrons pas !

Guy De Smet (7 décembre 2016)


- 109 - UN CORDON SANITAIRE

 

Il est beaucoup question dans l’actualité du « cordon sanitaire ». Il s’agit là d’une mesure politique – à moins qu’elle ne soit politicienne - pour protéger la démocratie.
C’est une décision que les « grands partis » ont voulu prendre à l’encontre de l’extrême-Droite.
En Belgique, concrètement, il s’agissait d’empêcher l’expansion du Vlaams-Belang. Il fallait s’opposer au succès, sans cesse grandissant en Flandre, de ce genre de parti auprès des électeurs. Il fallait le rendre infréquentable, au point de lui refuser tout accès au pouvoir.
Nous constatons, aujourd’hui, que ces arrangements politiques émanant de ceux qui détiennent le pouvoir ne suffisent plus à enrayer le mécanisme de refus de la politique traditionnelle.
Les électeurs jugent qu’elle nous conduit droit dans le mur.
Les citoyens en ont assez d’une austérité qui arrange une certaine classe sociale et qui en détruit une autre.
Ils en ont assez des promesses qui ne s’avèrent être que du vent.
Ils n’en peuvent plus d’être les dindons d’une farce qui ne cesse de les appauvrir, au quotidien.
Nous assistons, aujourd’hui, à une montée mondiale des « populismes », véritables cris de colère de populations, excédées par des politiques néolibérales désastreuses, dures et humiliantes.

Cette tendance populiste ne tenait pas compte de la soif de pouvoir qui hante nos gouvernants, à chaque fois qu’une échéance électorale se présente à notre porte.
Nous avons ainsi vu, ces dernières semaines, la NV-A envoyer des « petits cœurs » vibrants en direction de son ennemi d’hier, le Vlaams Belang.
Cette attitude ne rencontrera pas l’assentiment des autres partis politiques à qui on semblait avoir imposé le « cordon sanitaire ».
Le MR, partenaire de la NV-A au gouvernement s’est senti obligé de se défendre face à son alliance, sans trop émouvoir la formation flamande.
La meilleure défense étant l’attaque, le MR a détourné, bien vite, l’attention en orientant le « cordon sanitaire » vers une autre cible : le PTB.
Dans les sondages, ce parti d’extrême-gauche est dans une vague ascendante auprès de l’électorat. En Wallonie, il serait à près de 12% des intentions de vote, reléguant des partis traditionnels dans des impasses peu glorieuses.
Les ténors de ce parti montent régulièrement au créneau pour dénoncer les dérives autoritaires et injustes du gouvernement.
Ils se veulent proches des victimes d’une crise qui leur est imposée.
Ils se voient fermer les portes de « commissions » dans lesquelles ils risquent de déranger et de bousculer des privilèges que les castes au pouvoir se sont octroyés.
Cette radicalisation de l’opinion que génère le PTB est la cause de sa stigmatisation par le MR.
Il faut l’empêcher d’accéder au pouvoir. Il est indispensable d’établir un cordon sanitaire pour s’en protéger. Raison invoquée : ce parti est marxiste !
Karl Marx savait-il qu’il était subversif, au point de n’avoir pas le droit d’envisager un projet de société ?
Karl Marx savait-il que la société néolibérale allait vouloir s’imposer comme « pensée unique », loin des aspirations les plus légitimes des peuples, qui ne sont pas toujours le rêve ou les désirs du Capital ?
Karl Marx se doutait-il, qu’en néolibéralisme, il était criminel de défendre le petit, le faible, l’exclu ?
Karl Marx ne savait-il pas qu’en bonne logique économique, il faut donner à celui qui a et reprendre à celui qui n’a pas ?
Un tel cordon sanitaire est-il démocratique ?

S’il me fallait, à mon tour, ériger un cordon sanitaire, je le ferais volontiers pour nous protéger de cette caste libérale qui nous dirige au niveau mondial, européen et local.
Ce cordon sanitaire servirait à nous protéger contre les tenants de cette doctrine qui nous assomme d’austérité au point de générer la pauvreté, l’exclusion, la misère.
Il servirait à nous protéger contre une De block qui n’hésite pas à mettre en question la santé des citoyens, pourvu que des économies viennent former la manne qui permettra d’abreuver la soif de bénéfices des entreprises.
Il servirait à se protéger de ceux qui n’ont que des emplois précaires et un statut de « travailleur pauvre » à proposer aux « classes laborieuses ».
Il servirait à se protéger contre ce fasciste de Francken qui fait de la haine et des poings fermés une manière d’aller à la rencontre de ceux qui désespèrent sur les routes de l’exil ou sous le poids des bombes d’Alep.
Il servirait à se protéger contre un gouvernement qui ne cesse d’imposer des économies et qui, en réponse, voit nos efforts, sans cesse, jugés insuffisants par des organismes européens et internationaux.
Il servirait à nous protéger d’hommes et de femmes qui ne savent pas compter et qui n’ont comme paramètres que leurs rêves, leurs mensonges et leurs échecs pour établir des budgets.
Il servirait à nous protéger de partis qui se comportent en véritables artisans d’une dictature de la finance, alors que seul 9% du corps électoral ne leur ont accordé leurs suffrages.
Il servirait à nous protéger d’une Europe, dont le président de commission n’hésite pas à nous mépriser au point de recommander de ne pas organiser de référendum ou de demander l’avis des citoyens.
Il servirait à nous protéger de technocrates européens et dictateurs qui rêvent d’un grand marché économique, sans tenir compte des aspirations profondes des citoyens.
Il servirait à réduire à néant une « finance » qui, loin de toute idée de démocratie, impose, détruit, restructure … peu importe les implications humaines : l’important est de générer des bénéfices au profit de quelques-uns.
Il servirait à nous « protéger » des confluences de projets pharaoniques et prestigieux de communes, alors que les routes, le service d’hiver, l’entretien des infrastructures sont des services dans lesquels les carences se font lourdement sentir.
Il servirait à nous protéger de ces candidats aux élections qui se souviennent de nous, le temps du scrutin et qui s’empressent bien vite de nous oublier dans des accords préélectoraux, tellement peu démocratiques.
Bref, se protéger d’eux tous, ce serait préserver la démocratie !

2018 et 2019 seront des années d’élections …
Saurons-nous et oserons-nous nous en souvenir ?

Guy De Smet (7 décembre 2016)


- 108 - NOËL SANS VOTRE BANQUE !

Le Président français, lors de la campagne électorale qui l’a placé à la tête de l’État, disait : « Mon ennemi, c’est la finance » !
S’il n’en a pas fait le sillon de son action lors de sa présidence, cette phrase reste pourtant le vécu de bon nombre de citoyens à travers le monde, et en particulier, chez nous.
Ils sont les victimes collatérales ou voulues d’une crise financière et sociale créée par les banques. Celles-ci se sont lancées dans un « jeu de casino » et dans une restructuration qui leur permettra d’être comme la grenouille, plus grosse que le bœuf.
L’important est d’être, dans la logique néolibérale qui étouffe nos sociétés, la plus puissante.
Nos gouvernants ont entendu l’appel des banques à les « sauver », à moins que ce ne soit à perpétrer le plus grand hold-up « légal » à l’encontre des citoyens que nous sommes. Et nous avons bien dû payer !
Aujourd’hui, les banques se portent bien. Elles n’arrêtent plus de se restructurer et de viser des parts de marché encore plus importantes. Mondialisation oblige !
Pour cela, elles n’hésitent pas à licencier du personnel, sans crier gare et sans se soucier le moins du monde de l’avenir de leurs victimes.
Elles n’hésitent pas à nous refuser des crédits pour l’achat d’une maison, d’un bien ou d’une activité.
Elles n’hésitent pas à nous prélever des frais bancaires injustifiés.
Elles n’hésitent pas à nous imposer des limites de retraits d’argent …
Bref, elles, qui ne seraient rien sans leurs clients, elles ont oublié qu’elles avaient un service à fournir en contrepartie de l’argent déposé entre leurs mains.

Paribas-Fortis a franchi un pas de plus.
Dans la logique de la Banque européenne, elle a imposé depuis peu à ses clients un taux zéro sur les comptes d’épargne.
Elle rejoint là l’idée de nos gouvernants libéraux, soumis au lobbies financiers, qui estiment que nous possédons beaucoup trop d’argent sur nos comptes d’épargne, alors que nous pourrions les réinvestir, à risque, dans l’économie réelle.
Une action qui, à elle seule, mériterait toute notre attention, ainsi que la délocalisation de nos économies.
C’était toutefois sans compter sur le pouvoir d’imagination et la « crapulerie » de Paribas-Fortis !
Cette banque qui se fait frileuse au moindre risque de prêt, vient d’en inventer un nouveau, à l’occasion des fêtes de fin d’année.
Le groupe bancaire vient d’envoyer à des milliers de particuliers un courrier les invitant à souscrire un prêt jusqu’à 7.500 €, à un taux de 5,90%, alors que les taux sur les comptes d’épargne sont au plus bas. Leur souci est de proposer à leurs clients de « passer de bonnes fêtes » !
N’UTILISEZ PAS CETTE PROPOSTION HONTEUSE !
Il s’agit là d’un crédit à la consommation, comme en propose déjà certaines grandes surfaces peu scrupuleuses. Il est à la source de l’endettement d’une partie importante de la population.
Les organismes, soucieux de la lutte contre la pauvreté tirent le signal d’alarme. Selon eux, il s’agit là d’une proposition dangereuse face au débordement des étalages et face aux tentations que cela suscite.
Un responsable d’un de ses mouvements affirme : « Nous ne nous opposons pas à une banque en particulier car c’est tout le secteur financier qui est concerné. Les fêtes de fin d’année constituent traditionnellement une période où il faut souvent dire ’non’ à ses enfants et à ses propres envies. Une offre pareille ne fait qu’accroître la pression psychologique ».
Ces crédits à la consommation sont la pire des choses.
Selon la Banque nationale, de nombreux Belges ne parviendraient pas à rembourser ces crédits dans les temps. « En octobre 2016, 6,2% des personnes ayant contracté un crédit à la consommation affichait un arriéré de paiement », dixit cet organisme officiel !
Et les Belges dépenseront, cette année, plus de 500 € pour vivre ces fêtes !

Que penser de l’attitude de Paribas-Fortis ?
Il est urgent de se protéger contre de tels organismes bancaires et contre de telles pratiques.
Non seulement, il faut s’en protéger, mais, il faut aussi les dénoncer.
Ces banques sont devenues nos ennemies !
Elles scrutent nos modes de consommation. Elles sont à l’affût de nos envies, au point de les susciter.
Elles créent la spirale d’une pauvreté qui leur permettra de s’enrichir et de se pavaner au soleil des plus grands truands de la planète.
Leur comportement est digne de celui de la Mafia, dont le secret est de spolier au maximum ses victimes.
Comment faire pour résister à de telles propositions ?
Je n’en vois que trois : d’abord, quitter au plus vite de tels organismes bancaires qui osent un tel hold-up, grâce aux envies de ses clients, en les enfonçant dans la précarité. Ils sont toxiques à notre vie en société. Il faut donc les ÉLIMINER !
Ce qui pourrait leur arriver de mieux, c’est la faillite et la disparition pure et simple du paysage financier, à l’image de ce qu’à oser faire l’Islande.
Un banquier en prison … un rêve !
Il doit certainement, osons l’espérer, exister des banquiers honnêtes, capables de nous aider à gérer, au mieux, nos avoirs, en nous respectant !
Ensuite, mettre la pression sur nos gouvernants pour mieux « encadrer » la pratique bancaire et protéger ainsi les citoyens et spécialement les plus faibles d’entre eux.
Pour cela, vous tenez entre vos mains, l’arme de votre vote électoral. Faites-en un usage respectueux de l’être humain et du bonheur que nous souhaitons pour la planète entière.
Enfin, vivez des fêtes à votre portée, selon vos moyens.
Le bonheur ne réside pas dans l’ampleur de cadeaux, mais dans le cœur qui accompagne le don.
Leur qualité ne dépend pas du prix d’un réveillon, mais de la simplicité qui permet de passer un bon moment, ensemble.
Leur intensité ne dépend pas des chiffres rouges de nos extraits de compte, mais d’une présence aimante qui, elle, n’a pas de prix.
Il n’y a aucune raison que votre envie de passer de bonnes fêtes fasse la fortune de votre banquier.
Et même si vous disposez de peu de moyens, veillez à ce que personne ne soit un « oublié » de la tendresse de Noël ! Comme elle est belle la tradition de la « place vide » !

La pratique bancaire n’est pas une fatalité !
Les banques ont, dans cette société néolibérale, créé la pire arme pour détruire leurs pratiques mafieuses : la concurrence !
Utilisez-la !

Guy De Smet (1 décembre 2016)


- 107 - DES ENFANTS EN CENTRES FERMÉS ?


Voici la deuxième fois que le gouvernement belge, par la voix de son secrétaire d’État à l’asile et la migration revient avec son projet « d’accueil » dans des centres fermés de familles quittant la détresse de leurs contrées ravagées par la guerre et par la misère.
Il envisage, cette fois, l’implantation de « maisons fermées » pour des familles à Zaventem, à côté du centre 127 bis.
Ce projet avait été abandonné en 2008, suite à une condamnation de la Belgique par la Cour européenne des Droits de l’Homme.
Cet « enfermement » serait la dernière étape avant un renvoi forcé, une expulsion.

Cette mesure s’ajoute à une autre qu’il vient de prendre récemment qui l’a vu refuser un visa à une famille d’Alep. Celle-ci avait trouvé une famille dans le Namurois pour la parrainer et pour l’accueillir.
Ouvrir sa maison aurait été « un mauvais signal », s’exclame le mandataire public ! Accueillir Depardieu, Chodiev ou Arthur … est-ce un meilleur signe ?
Chaque jour, la télévision nous montre des images atroces en provenance d’Alep. Des familles entières y sont décimées par la destruction des bombes qui tuent et détruisent sans faire de tri.
Des enfants hébétés sortent de maisons en ruines, livrés à la solitude et à la dureté d’un monde qui ne devrait pas être le leur.
Et pourtant Francken n’a pas hésité un instant, en notre nom, à leur fermer la porte d’un espoir et d’un peu de paix.
Je crains fort que cet être abject ne soit qu’un monstre, dénué de bon sens, oublié lors de la distribution du cœur, exclu de l’intelligence et du bon sens.
Je crains qu’il ne soit qu’un criminel contre l’humanité, coupable de crimes de guerre, à l’image de ces Nazis qu’il admire, au point de rejoindre les rencontres de ces nostalgiques d’une époque.
Qu’attendre de mieux de quelqu’un qui, dès à présent, n’hésite pas à prédire l’alliance de son parti, la NV-A, au Vlaams Belang, ce parti d’extrême-droite, serial Killer de nos libertés.
Il doit être plus facile de fournir une naturalisation ou un passeport à un Chodiev véreux qu’à une victime innocente des conflits entretenus par les puissants du monde.

Comment ose-t-il, au nom des Belges, emprisonner ce que le monde à de plus cher : un enfant ?
Comment ose-t-il, dans ce pays, traumatisé par les actes odieux de Dutroux et consorts, se comporter comme un prédateur qui n’hésite pas à « assassiner » ces petits bouts d’homme qui n’ont rien demander à personne, si ce n’est d’être respectés dans leur fragilité ?
Nous sommes à quelques semaines de Noël.
Autour du sapin, les enfants de chez nous se presseront, en quête d’un cadeau qui fera leur bonheur, l’espace d’une fête.
Il n’y aurait même pas une petite place dans nos fêtes et dans nos cœurs pour cet enfant de l’exil qui s’en vient frapper à notre porte ?
Nous n’aurions que ce garde-chiourme imbécile à lui proposer comme « portier » ?
Décidément, ce gouvernement a placé ses priorités loin de « l’humain » qui fait notre réalité quotidienne.
Il ne rêve que d’argent, de compétitivité, de rendements.
Il n’envisage qu’un monde peuplé de riches et de nantis, même si son aveuglement lui fait tendre une main complice et coupable aux corrompus et aux fraudeurs.
Il rêve d’une migration de grandes fortunes qui s’en viendraient se dorer au soleil du paradis fiscal que nous serions pour eux. On ne sait jamais, pensent-ils, ces derniers pourraient devenir leurs amis et disposer ainsi d’un petit strapontin à leur table.
Pour assumer cette forfaiture, il s’est armé de molosses, comme Francken entre autres, qui ont pour mission d’éliminer toutes « ces taches » qui salissent le paysage d’une société qui aime briller.

Francken, nous aimerions que tu retournes dans les obscurités de ta Flandre haineuse qui n’est pas celle que nous connaissons et que nous apprécions.
Francken, nous souhaiterions tellement que tu dégages et que tu te retires sur les terres de tes idéologies méprisantes et racistes.
Francken, nous exigeons que tu souffles ton haleine fétide, amorale, bête et méchante dans la direction des abysses de l’oubli.
Tu es un être sans moral. Tu nous fais honte. Tu es une verrue qui défigure notre vivre ensemble.

Toi, l’enfant que nos lois idiotes enfermeront, pardon …
Nous aurions tellement voulu t’ouvrir l’horizon d’une paix et d’une justice retrouvée.

Guy De Smet (30 novembre 2016)


- 106 - COMMANDANTE !

Fidel Castro, Père historique de la Révolution cubaine est décédé à l’âge de 90 ans.
Ce personnage, hors norme, ne laisse personne indifférent.
Pour les uns, il est honni et méprisé.
Pour les autres, il est un père et un modèle.
Ce que l’Histoire retiendra de lui, c’est que ce jeune avocat a très vite endossé l’habit du « Commandante ». Entouré par des amis, Raul, son frère ou encore Che Guevara, il a pris la tête de la révolution cubaine et mis à mal le régime du Président Batista, corrompu jusqu’au sang et vendu à l’influence « colonialiste » des États-Unis.
Il aura nationalisé les intérêts américains, refoulant vers l’exil toute une population aisée qui avait trouvé dans la corruption un chemin confortable pour vivre.
En ce sens, il restera pour toute l’Amérique latine un modèle de lutte contre l’impérialisme américain et un grand défenseur des plus pauvres. Il aurait dans ce domaine, bien des choses à nous apprendre quant à la construction de nos sociétés basées sur le libre-échange.
Ce que l’Histoire retiendra de lui, c’est son engagement aux côtés de son peuple pour lui rendre sa dignité. Il lui a ouvert les portes des soins de santé et de l’éducation. Une nouvelle vie commençait pour des millions de gens, loin de l’exploitation et de l’esclavagisme auxquels ils étaient soumis.
Ce que l’Histoire retiendra encore de lui, c’est que l’homme fort de Cuba avait des allures de dictateur. La répression et la manière forte de son régime furent à maintes occasions dénoncées par les observateurs des Droits de l’Homme. Beaucoup de ses opposants ont eu à en souffrir.
Les Cubains les plus riches ont fui leur pays, emportant leurs richesses, leurs privilèges et leurs rancœurs sur les chemins de l’incertitude. On les retrouve aujourd’hui, plusieurs générations plus tard, dansant et exultant face à la mort d’un homme qu’ils considèrent comme un monstre.
Auraient-ils oublié qu’avant d’être des exilés, ils étaient les « profiteurs » du système Batista, pieds et poings liés aux intérêts des États-Unis.
On comprend bien que Castro était leur ennemi héréditaire : il a mis fin à leurs privilèges pour rendre leurs terres spoliées et des moyens de vivre aux Cubains oubliés de l’époque et à leurs descendants.
Les Américains ont vu en lui leur pire ennemi, s’opposant à leur volonté de créer un empire qui ferait d’eux les maîtres du monde.
Leur haine ira jusqu’à frôler une troisième guerre mondiale, en envahissant la baie des cochons. Kennedy, si certains voient en lui un modèle de chef d’État, d’autres n’oublieront pas qu’il tenait en main l’allumette qui aurait pu embraser le monde … tout cela, pour la plus grande gloire des États-Unis !
Aujourd’hui, Cuba pleure la mort de son « Père ».
Une semaine entière, l’île célèbrera celui qui, avec force et conviction, aura restauré la dignité du plus pauvre.
Elle se souviendra de celui qui a chassé l’oppresseur, le corrompu pour rendre au peuple ce qui lui avait été volé.
Elle remerciera celui qui lui a offert des perspectives d’avenir, en lui ouvrant des fenêtres sur le monde.

Les grands de ce monde ne rejoindront pas ces commémorations d’un homme qui a pu s’en prendre ouvertement aux intérêts de la construction d’une société néolibérale dominée par le modèle américain.
Ils préfèreront se cacher pudiquement derrière l’excuse des atteintes aux Droits de l’Homme ou encore derrière les dérives dictatoriales de Fidel Castro.
Il est vrai que dans le domaine des droits de l’Homme, ces nations « absentes » en connaissent un brin sur l’oppression et sur les moyens d’humilier des opposants.
Je n’en évoquerai que deux !
N’est-ce pas l’Amérique de Mc Donald et de Coca-cola qui a envoyé la première bombe atomique pour détruire une ville, Hiroshima, faisant des millions de victimes collatérales ?
N’est-ce pas l’Amérique des va-t-en guerres qui ont fait du Vietnam une cicatrice nauséabonde de la haine, poussée à son paroxysme ?
N’est-ce pas l’Amérique des lobbies économiques et pétroliers qui a envahi l’Irak, au nom d’armes chimiques inexistantes et d’un pétrole bien présent ?
N’est-ce pas l’Amérique des bien-pensants qui a fait surgir Abu Grahib et ses humiliations de prisonniers ou Guantanamo et ses tortures injustifiées en démocratie ?
N’est-ce pas l’Amérique libérale qui a été à la base des dictatures sud-américaines, pourvu que ses intérêts économiques et stratégiques y soient protégés ?
N’est-ce pas la France des Droits de l’Homme qui a ensanglanté l’Algérie, n’hésitant pas à s’y affirmer en experte des tortures ?
N’est-ce pas cette même France qui en Indochine ou ailleurs a écrit avec le colonialisme la pire page de son Histoire ?
N’est-ce pas la France des nombrils du monde qui s’affolent face à l’arrivée de quelques migrants, victimes collatérales des « gestions » de l’Occident, dont elle se veut une puissance dirigeante ?
N’est-ce pas le libéralisme qu’a combattu Fidel Castro qui aujourd’hui, un peu partout dans le monde, crée des exclus, des miséreux et des pauvres, les humiliant au quotidien et les vouant à des vies sans espoir ?
Ils ont bien raison, tous ces chefs d’État, de ne pas se rendre à La Havane pour les funérailles de leur adversaire. Voilà au moins un hommagee qui restera « propre » !

Aujourd’hui le « Commandante » s’en va rejoindre le ciel de ces êtres charismatiques qui ont pris la défense de leur peuple, pour les conduire vers une dignité retrouvée.
Certes, il porte le poids de ses erreurs et de ses abus injustifiables.
Il porte aussi les lauriers de la victoire qu’il a offerte à son peuple en le libérant d’un impérialisme américain qui aurait été synonyme d’esclavage.
Au revoir Fidel …. Ton peuple et les guetteurs de la pauvreté du monde te saluent !

Guy De Smet (30 novembre 2016)


- 105 - GALÈRE !

Un mot qui fait peur !
Il est pourtant la réalité vécue par bon nombre de nos concitoyens, confrontés à des parcours difficiles, dont ils ne sont pas toujours responsables.
Facebook, nous livre ainsi l’aventure ubuesque d’une dame, à la recherche d’un emploi.
Depuis 13 mois, cette dame, Corine Juros est à la recherche d’un emploi. Elle est la maman de deux enfants. Elle est confrontée aux traites d’une maison à honorer.
Sur 13 mois de temps, elle a été convoquée 3 fois au FOREM et une fois à l’ONEM.
À chaque fois, la même menace, telle une épée de Damoclès, lui est flanquée à la figure : « sans recherche d’emploi, elle risque de perdre ses allocations ».
Le risque est de tout perdre et de se trouver dans une exclusion qui tue.
Corine cherche … et finit par recevoir un appel téléphonique plein d’espérance. Elle a été choisie pour un emploi, pour lequel elle avait postulé. « Elle pourrait commencer en janvier prochain pour un 4/5ème en vue d’un CDI, par la suite ».
Pour conclure ce contrat, un seul document lui est nécessaire : un passeport PTP, délivré par l’ONEM.
Toute à sa joie retrouvée, elle s’encourt auprès de l’organisme et lui demande le fameux sésame. L’important est de pouvoir signer son contrat d’embauche au plus tôt, avec toutes les étincelles d’un avenir que cela comporte.
Et là, stupeur ! Le passeport PTP lui est refusé !
Raison invoquée : « L’intéressée ne bénéficie pas d’assez de jours de chômage » !
Ce document, signé au nom du SPF Emploi Travail Concertation sociale, est pour le moins un chef-d’œuvre du surréalisme belge.
Toute la politique gouvernementale se veut un hymne au travail. Lui seul, selon ses partisans, permettra au travailleur d’exister et à la société de boucher quelque peu le « gouffre » de la sécurité sociale.
Ne pas travailler, c’est s’exposer à des représailles et à des vexations en tous genres.
À long terme, c’est être exclu des allocations au bout de deux ans et de sombrer dans la précarité et dans la misère.
Le demandeur d’emploi est impérativement tenu de fournir les preuves de sa recherche active d’un emploi et de sa bonne volonté.
C’est bien ce qu’a fait Corine Juros !
Sa recherche aboutit. Elle trouve enfin un emploi, dans un laps de temps qui sauve son honneur.
Elle se fait recalé, parce qu’administrativement, elle n’aurait pas assez de jours de chômage !

De qui se moque-ton ?
Que va dire cette maman à ses enfants à l’approche des fêtes ?
Que va-t-elle se dire en se regardant dans un miroir, si ce n’est de se déprécier et de s’enfoncer dans une dépression inhumaine ?
Que fait-elle de sa motivation, de ses compétences et de son courage à vouloir s’en sortir ?

Décidément, ce gouvernement nous fait marcher sur la tête.
Il harangue d’une part et jette des bâtons dans les roues d’autre part.
Il se vante d’une politique de l’emploi juste et en même temps enferme des travailleurs dans l’injustice de sa paperasserie.
Le ministre sait-il seulement qu’un travailleur existe ou bien son horizon s’est-il limité aux aides dont aurait besoin l’entreprise pour le plus grand bonheur de quelques actionnaires ?
Le ministre sait-il que le chômage est avant tout un drame que vit une personne, y perdant toute dignité et toute raison de vivre ? Il n’est pas qu’une entité à insérer dans des tableaux de statistiques ou dans des promesses vagues et incohérentes.
Le ministre sait-il que les mesures politiques qu’il prend sont freinées par son administration d’un autre temps. Ne pas le savoir serait une faute impardonnable !
Ce qui m’impressionne, c’est que Corine a rencontré sur son chemin un fonctionnaire impitoyable qui applique les directives à la lettre, sans en percevoir le ridicule.
Par contre, ce gouvernement ne trouve pas de fonctionnaires pour gérer la fraude fiscale et récupérer plus de 36 milliards, faisant le plus grand bonheur de quelques-uns de ses électeurs. Où est l’embrouille ?
Corine est une victime de ce gouvernement et de sa politique sociale désastreuse ! Elle a eu le courage d’alerter l’opinion.
Combien d’autres, hélas, n’auront pas eu le moyen de crier leur désespoir et leur colère, nous laissant croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

Guy De Smet (28 novembre 2016)


- 104 - L’INDÉCENCE DE CEUX QUI NOUS DIRIGENT

Nous ne sommes pas sans savoir la déroute sociale que connaît notre pays, comme d’autres pays européens.
Nous n’ignorons pas que notre planète ne cesse d’être pillée et enfoncée dans la boue de l’injustice et de la misère par quelques nantis et des pouvoirs politiques complices.
Des hommes, des femmes et des enfants fuient leurs pays en proie à des guerres fratricides, pendant que des indifférences politiques occidentales leur ferment les portes d’un espoir.
En Belgique, un nombre bien trop importants d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté, pendant que quelques riches jubilent face à leurs nouvelles richesses.
Et nous pourrions poursuivre cette litanie des pleurs du monde …
Pendant ce temps-là, l’autisme de nos classes dirigeantes s’étalent sans honte à la face de ceux qui n’en peuvent plus de crouler sous les exclusions, sous la hausse des prix, sous des salaires bloqués et des sauts d’index, sous des impôts directs ou indirects qui les détruisent, sous une crise qui les étouffe sans qu’ils l’aient provoquée.
Nous apprenons ainsi, qu’alors que les salaires des travailleurs sont bloqués, la famille royale, elle, verra une indexation de ses dotations, sans que cela ne se justifie en rien.
Nous apprenons que Charles Michel virevolte dans les sphères des chefs d’État les mieux payés au monde.
Nous apprenons que le Parlement européen trouve des solutions pour améliorer le statut de ses fonctionnaires, de ses députés ou encore de ses commissaires, tout en imposant aux citoyens une austérité qui leur ferme tout horizon.
Nous apprenons que de De Decker à Reynders, en passant par Kubla et d’autres générosités du MR, le vent de la corruption venant des steppes de l’Est ne cesse de décoiffer l’image de tout un pays.
Nous apprenons aussi que nos excellences wallonnes se posent des questions existentielles quant à leur avenir financier : cumul ou décumul.
Je trouve cela particulièrement amoral, irresponsable et injuste, au point de crier vengeance.
Ils mettent en danger la démocratie, n’ayant trouvé dans le pouvoir qu’ils  exercent, qu’une manière ignoble de s’enrichir, pendant que d’autres crèvent !
Ils nous vantent les mérites d’une austérité qu’ils ne s’appliquent pas.
Ils étalent leur train de vie, alors que d’autres n’en peuvent plus des restrictions qui leur sont imposées.
Le cocon qui les entoure, les empêche de respirer au diapason de ceux qu’ils sont censés servir. Ils ne voient rien et n’hésitent pas à nous humilier en nous chantant que tout va mieux, que les chiffres de la croissance progressent …

Jusqu’à quand supporterons-nous cela ?
Où est l’époque des hommes d’État que nous appelions aussi les grands serviteurs de l’État ?
Où est l’époque des dialogues sociaux constructifs et des écoutes de la population ?
Où est l’époque où un roi était considéré comme une référence et une homme politique comme un être intègre ?
Ils semblent vivre, guidés par l’appât du gain que leur propose la dictature de la finance et de l’entreprise et par les propositions alléchantes de lobbies qui les flattent.
Ils semblent se complaire dans une vie confortable et anesthésiante, alors qu’ils devraient vibrer au diapason des bonheurs et des malheurs d’un peuple qui les a choisis.
Ils semblent être les champions d’alliances qui leur permettront de contourner le choix des urnes, du moment que leurs poches se remplissent sur plusieurs générations.
Ils semblent être les meilleurs agents de propagande du populisme et des extrêmes qui, petit à petit, aux quatre coins du monde, ne cessent de se trouver une place au soleil.
Seraient-ils, à ce point, déconnectés de la réalité que vivent leurs électeurs ?

Mesdames, Messieurs qui avez l’ambition de nous diriger, ils seraient temps d’en revenir à vos fondamentaux.
Exercer un mandat ou une fonction, avant d’être un droit que vous vous octroyez, est un honneur que nous vous confions.
Exercer un mandat, c’est mettre en œuvre des compétences, dont nous ne pouvons que douter aujourd’hui, au vu des mesures que vous prenez et des résultats qu’ils occasionnent.
Vous êtes les représentants d’un peuple qui est le seul souverain, selon les termes de la Constitution. Vous lui devez tout, jusqu’à vos raisons de vivre et d’exister.
La place que vous occupez vous octroie les outils et les moyens nécessaires pour être les bons serviteurs d’un peuple qui a droit à autre chose qu’à votre mépris.
Votre capacité d’écoute et de dialogue est votre seule crédibilité. Ils permettent de mettre en place des mesures qui respectent tous les citoyens, y compris ceux qu’aujourd’hui vous enfoncez dans l’exclusion.
Ne leur imposez pas des lois et des décrets que vous ne pourriez suivre vous-mêmes !
Les mesures que vous prenez sont l’aulne de l’importance que vous accordez à ceux que vous gouvernez.
Vous avez à montrer l’exemple à ceux qui vous regardent et qui attendent de vous justice et état de droit.
Vos responsabilités ne font pas de vous des agents d’un parti ou les mercenaires de lobbies financiers ou de système politico-économiques. Elles font de vous les yeux, les mains, le cœur, l’intelligence d’un peuple qui aspire au bonheur … un bonheur pour tous.
Une vaste responsabilité qui demande avant tout une grande humanité, une grande abnégation et une dose certaine d’humilité.
Une vaste responsabilité qui réclame des compétences, mais aussi une grande expérience humaine. Elle seule vous permettra de « sentir » le peuple qui vous est confié et de vibrer avec lui.
Le spectacle pitoyable que vous nous livrez, chaque jour, vous éloigne de cette vision prophétique dont nous aurions besoin ?
Cessez de nous enfermer dans des chiffres et dans des courbes statistiques.
Cessez de danser au rythme des sondages et d’une presse qui vous aveugle.
Cessez de vous regarder le nombril et de vous sentir tellement supérieurs aux autres : sans vos électeurs, sans les citoyens, vous ne seriez rien !
Cessez de camoufler vos incompétences derrière des discours creux et derrière des décisions indignes de votre fonction.
Ne pas entendre cet appel, serait ouvrir les portes au suicide de la démocratie.
Ce serait permettre à des aventuriers de nous entraîner dans leur sillage vers des lendemains encore plus incertains.
N’entendez-vous pas, déjà, le bruit des intolérances, des racismes, des démons du passé, incarnés par de nouveaux « sauveurs » ?
Il hante déjà nos maisons, nos rues et nos quartiers, là où le gouffre de vos errances a créé des barrières.
Jusqu’à quand resterez-vous sourds et aveugles ?

Guy De Smet (25 novembre 2016)


- 103 - UN PRIX NOBEL DE L’IRRESPONSABILITÉ

Le Maire de Compiègne, dans la ligne de la pensée conservatrice, agressive et stupide de François Fillon, candidat de la Droite aux élections présidentielles françaises, vient de trouver un moyen d’exister dans les médias et de sortir de l’ombre.
D’autre Maires, de la même tendance politique, n’ont pas hésité à le suivre.
Ces mesures vexatoires se passent, alors que la France – comme la Belgique – se trouve confrontée à l’extension sans cesse croissante du virus du Sida. Les dégâts se font sentir principalement dans les catégories à risque, comme les homosexuels masculins.
Le gouvernement a vu là une urgence à informer ces populations du risque qu’elle court à ne pas se protéger.
Il s’est lancé dans une vaste campagne d’information, avec l’aide des acteurs du terrain. Cela passe, entre autres, par un programme d’affichage qui, dans les lieux publics, invite les homosexuels masculins à se protéger : « Avec un amant, un ami, un inconnu ».
L’Ultra-Droite française, conservatrice, catholique, bête et méchante a décidé de ne pas informer la population homosexuelle, au nom de la défense de la famille !
Selon elle, il ne faut pas salir les murs de nos villes et de nos administrations avec ces images qui pourraient « donner des idées » et qui, surtout, permettraient de sauver des vies.
En poussant son raisonnement plus loin, cette Droite assassine et vicieuse préfèrerait, j’imagine, savoir ces jeunes hommes morts et hors d’état de nuire, plutôt que de devenir, par une simple image, un danger pour la vie des familles.
Et s’il s’agissait là, tout simplement, de « non-assistance à personne en danger », à moins que cette Droite complexée ne cherche à innover dans la création d’un nouveau prix Nobel, celui de l’irresponsabilité ?
La ministre de la santé a d’ailleurs saisi la Justice administrative de ce dossier.

Il y avait déjà eu les manifestations bigotes contre le « mariage pour tous ».
Il y a toujours les interdictions d’adoptions d’enfants, ce qui en Belgique ne fait aucune vague.
Il n’y a toujours aucune régularisation de la situation des enfants issus d’un des partenaires d’un couple homosexuel, mettant en danger la santé d’enfants, entre autres.
Il y a toute la montée de l’homophobie que tout cela ne cesse d’engendrer …
Il y a ces jeunes rejetés de leurs familles – souvent catholiques – parce qu’ils se découvrent homosexuels, alors qu’ils vivent déjà la fragilité de leur âge. Heureusement des groupes d’utilité publique, comme le Refuge, les recueillent et leur ouvrent les portes d’une reconstruction de leur personnalité et de leurs sentiments.
Et tout cela, pour défendre la famille ! Quel égoïsme !
Derrière cette lame de fond, nous ne pouvons que ressentir la haine et la puanteur dont est porteuse une certaine conception de la religion catholique traditionnaliste !

La sacro-sainte conception de la famille catholique serait-elle donc menacée ?
Les faits sont de fait, alarmants !
Où est-elle cette famille catholique traditionnelle ?
Les sociologues nous parlent aujourd’hui des familles éclatées et recomposées.
Ils évoquent les difficultés des familles monoparentales.
Les officiers d’État-civil et les Maires constatent une hausse des PACS ou des contrats de cohabitation légale au détriment des célébrations civiles de mariage – et ce, auprès des couples hétérosexuels.
De plus en plus de couples homosexuels n’hésitent plus à afficher leur bonheur et à recourir au mariage, au PACS ou à la cohabitation légale.
Les curés de paroisse enregistrent de moins en moins de mariage religieux dans leurs registres paroissiaux, alors qu’ils inscrivent de plus en plus de Baptêmes d’enfants issus de couples non-mariés.
Où est-elle la famille catholique traditionnelle ?
Au lieu de tirer à boulets rouges sur des personnes qui cherchent le bonheur et de déclencher des haines qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’amour que prône l’Évangile, ne serait-il pas plus judicieux de s’interroger sur ce qui met à mal la conception morale de la famille chrétienne ?
Que le veuille ou non les bigotes de partout, elle semble « malade » l’idée que nous nous faisons d’une famille … et pas grand-chose ne l’aide à émerger du marasme que vivent tant de couples dans notre société.
Certes, il reste bien quelques ilots « bo-bo » où la famille semble une valeur inamovible, entourée parfois d’une hypocrisie et de « non-dits » nauséabonds. Quelques sectes chrétiennes y ont trouvé un terrain favorable pour y développer la haine !
Il reste aussi des familles unies dans lesquelles son propre bonheur ne demande pas de détruire les tâtonnements des autres.
« Qui serions-nous pour juger » disait, il n’y a pas si longtemps, le Pape François ?
Serait-il devenu le dernier Catholique encore audible ?

La réaction du maire de Compiègne et de ses comparses évoquent chez moi l’attitude des terroristes que le monde civilisé ne cesse de combattre.
Refuser l’information dans tous ses aspects, à des populations en danger me semble être un acte de la même veine que le moindre attentat djihadiste.
La religion chrétienne, comme la religion musulmane, dans ses extrêmes aurait-elle enfanté d’un monstre, d’un assassin, d’un terroriste ?
Faudrait-il vraiment restreindre la religion à la sphère privée, sous peine de la voir mettre en danger la vie des citoyens ?
La France oublierait-elle qu’elle est un état façonné par la laïcité ?
Aujourd’hui, avant de juger ou de condamner, il s’agit de protéger des jeunes pour qui l’amour s’écrit dans la différence.
Il s’agit de combattre ce virus du Sida qui ne cesse de faire des dégâts énormes … peu importe les moyens !
Ses attaques se font au-delà des clivages politiques ou religieux. Elles s’en prennent à l’homme « créé à l’image et à la ressemblance de Dieu ».
Qui serions-nous pour ne pas porter secours à celui qui, aujourd’hui, est en danger ?
En quoi dire cela, met-il en cause l’harmonie d’une famille ?
En quoi une image issue de la réalité de la vie risque-t-elle de mettre à mal le trésor qui nous a vu naître ?
Aux familles dans lesquelles l’amour est premier, Dieu ne souffle-t-il pas : « N’ayez pas peur » ?

Guy De Smet (24 novembre 2016)


- 102 - LE CUMUL DES MANDATS

En 2010, Écolo proposait de mettre de l’ordre dans la manière de faire de la politique.
Dans la ligne de ce que pense bon nombre de citoyens, il ne devait plus être possible d’être à la fois ministre, bourgmestre et encore membre de l’une ou l’autre intercommunale ou association.
Enfin, plus de cumul des mandats !
Il restait un petit pourcentage « d’incontournables » qui se voyaient octroyer ce privilège.
Le but était de revenir à une transparence politique, devenue indispensable face aux désillusions des citoyens.
C’était sans compter sur un revirement total, négocié en toute discrétion par Messieurs Di Rupo (PS), Chastel (MR) et Lutgen (CDH).
Ensemble, ils ont décidé de revoir cette proposition de loi et de permettre au plus grand nombre d’entre eux de profiter, à nouveau, du cumul des mandats.
Écolo, exclu des négociations tout comme le PTB, estime qu’il y a là « un signal désastreux envoyé aux citoyens ».
Et je crains pour l’establishment politique qu’il n’y a pas qu’Écolo qui pense cela.
Nous assistons depuis quelques temps à un rejet de la politique des partis qui fait surgir des « dynasties » de mandataires.
Nous enregistrons des enrichissements scandaleux et non-justifiés de la classe politique, tous bords confondus – sauf quelques purs !
Nous constatons des avantages financiers énormes accordés à ceux-là même qui n’éprouvent aucun scrupule à imposer une austérité qui tue.
Nous supportons un Premier-Ministre qui se situe dans le Top 10 des chefs d’État les mieux payés du monde.
Nous sommes spectateurs d’affaires d’État qui placent d’anciens hauts responsables politiques (Kubla, De Decker) dans une faillite démocratique sans nom… le tout au nom d’une soif d’enrichissement qui crie au scandale.

Le peuple semble vouloir ouvrir les yeux : en Grande-Bretagne, le Brexit a secoué une classe politique qui se voit rejetée et jugée par des citoyens indignés. Ils ne veulent plus être vendus par quelques valets politiques à la soif de rapines d’une finance qui n’en a jamais assez.
Aux États-Unis, le peuple a renvoyé à ses études et à ses magouilles une classe politique vendue aux multinationales et à une mondialisation pervertie et assassine.
Il a choisi Donald Trump, misant sur le fait que lui, peut-être, ne serait pas un « canard boiteux ». L’avenir nous le dira !
En France, en Autriche et dans d’autres pays, la montée de l’Extrême-Droite est devenue un signal fort, pour un peuple qui en a assez d’être exploité et volé par une classe politique qui, par ailleurs, ne cesse de se remplir les poches.
Un peu partout un « populisme », combattu par les élites, se fait entendre, comme il a pu le faire à d’autres époques de notre Histoire. Serions-nous revenus au spectre des années 1930 et du bouleversement démocratique qui a suivi ?
Depuis des décennies, nos pays connaissent un divorce entre une population dépecée dans sa dignité et une classe politique traditionnelle et autiste qui ne répond pas aux attentes et qui je le crains, ne l’entend même pas.
Le citoyen ne veut plus de leurs magouilles, de leurs petits arrangements entre copains.
Le citoyen n’en peut plus de cette hypocrisie politique qui veut faire croire que tout va mieux, alors qu’elle sait très bien que le bateau de la société prend l’eau de partout.
Le citoyen est décontenancé par le triste spectacle d’une population qui vit de plus en plus sous le seuil de pauvreté, pendant qu’une certaine élite politique et ses amis électeurs profitent du système avec bonheur, tout en imposant aux autres une austérité qui les asphyxie.
Aujourd’hui, de nouveaux partis montent au créneau pour sauver la démocratie : Écolo, le PTB. Est-ce un hasard ?
En France le Front national se trouve aux portes de l’Élysée : est-ce un hasard ?
En Autriche, le prochain Président de la République sera probablement lui aussi issu des extrêmes : faut-il s’en étonner ?
De par son action et son autisme, la classe politique au pouvoir a semé les graines des injustices sociales, du racisme et des intolérances.
Elle a implanté une défiance de la population face à autant de déficit démocratique.
Elle a tué le rêve dont l’homme a besoin pour vivre et pour construire.
Et malgré cela, ils osent les réunions des ténèbres, pour, en secret, s’ouvrir les portes de nouveaux enrichissements.
Di Rupo, Chastel, Lutgen … vous n’avez donc rien compris ?
Le décumul des mandats et la transparence politique étaient une attente de l’électeur, si pas une exigence.
Devant tant de désillusions, aura-t-il d’autres choix que de tenter de nouvelles aventures qui le mèneront vers l’incertitude de nouveaux lendemains ?

Guy De Smet (23 novembre 2016)


- 101 - ALERTE AU PORTEFEUILLE

Au lendemain de la crise financière et sociale suscitée par le monde bancaire, chaque jour qui passe se présente aux citoyens que nous sommes, comme une épreuve.
La hausse des prix, la diminution des moyens de subsistance, la pauvreté qui s’installe, le chômage, les impôts … autant de facteurs qui ne cessent d’assombrir l’horizon des « petits » que nous sommes.
Comme si cela ne suffisait pas, la Banque se révèle être, chaque jour, un peu plus, comme un ennemi à détruire et à abattre.
Paribas-Fortis, dans la foulée d’autres organismes véreux, vient d’annoncer un nouvel hold-up sur les comptes de ses clients.
Je vous livre un extrait du menu « vol », tel qu’il s’étale dans les colonnes du site RTBF-infos : « Les clients détenteurs d'un Comfort Pack payeront 3 euros mensuellement dès le mois de février, soit une hausse de 0,4 euro. Ceux qui ont un Premium Pack voient leur cotisation passer à 6,25 euros par mois. Enfin, les personnes disposant d'un compte à vue classique - avec un coût certes plus bas mais sans options telle qu'une carte bancaire incluse - payeront chaque mois 1,25 euro au lieu d'un euro. »
La raison invoquée est que les prix n’auraient plus augmenté depuis 2008, sans que pour autant ils ne tiennent compte de la dévalorisation de la qualité de vie de leurs clients.
La Mafia pratique le « racket » … la banque pratique « les frais bancaires » !
Paribas-Fortis, comme d’autres, aurait-elle oublié que, grâce à l’avis stupide de Monsieur Reynders, elle a profité d’une aide « forcée » de la population ?
Cette banque, comme d’autres, a-t-elle oublié que, sans l’argent déposé par ses clients – aussi petits-soient-ils – elle ne peut rien ?
Cette banque, comme d’autres, a-t-elle oublié que cet apport d’argent mérite bien un SERVICE ?
La banque, aujourd’hui, ose tout : elle a osé créer une crise, dont les répercussions se font cruellement sentir chez les plus faibles de notre société, ainsi qu’auprès des classes moyennes spoliées au quotidien par nos gouvernants et par l’Europe.
Elle ose se comporter avec une arrogance indécente auprès de ses clients, lui refusant des prêts quand ça l’arrange, lui imposant des frais et des modalités d’utilisation de ses comptes qui sont de l’usure et de la dictature.
Elle ose nous narguer, au-delà de toutes ces spoliations, en affichant des bénéfices scandaleux pour le plus grand bonheur de quelques actionnaires.
… Et le tout avec la bénédiction d’un État complice et d’une Europe pourrie !

Vous qui avez un jour fait confiance à ces banques, comment pouvez-vous poursuivre le dépôt de votre argent entre leurs mains ?
Comment pouvez-vous êtres ces fatalistes qui, certes se plaindront de cette situation, mais qui, néanmoins, poursuivront leurs placements auprès de ces voleurs ?
Comment pouvez-vous rester impuissants devant ces usuriers ?
Personnellement, l’exemple islandais m’a ouvert les yeux.
Mon banquier n’était pas tout-puissant. Il n’avait pas tous les droits. Il n’était pas cet être incontournable à qui je confiais mon existence. Il n’était pas celui qui allait m’imposer les manières de gérer ou d’utiliser mon argent.
L’Islande a cassé l’image du banquier harnaché de pouvoir pour le réduire à celui, plus équitable, d’un simple citoyen, avec des droits et des devoirs.
L’Islande a puni la brebis galeuse, en la plaçant devant ses responsabilités.
Fonctionnaire, j’étais, depuis toujours, entre les mains d’une banque que l’État m’avait imposée, à l’époque.
D’organisme d’État, elle avait changé de nom et s’était installée confortablement sur le marché bancaire.
Ses débuts furent modestes et le sens du service du client restait sa charte. Ainsi, son compte à vue était gratuit.
Bien vite, elle s’est adaptée aux us et coutumes de ses concurrents et le service est devenu payant.
Ne souffrant d’aucune fidélité à mon banquier, je n’ai pas hésité.
J’ai fouillé, j’ai cherché et j’ai trouvé une banque où, pour l’instant tout est gratuit.
Il existe, aujourd’hui, une nouvelle manière, plus virtuelle certes, d’être une banque et cela mérite une information et un nouveau choix.
Oui, il existe, aujourd’hui, des banques où la gratuite est un argument commercial !
Oui, il existe aujourd’hui des moyens de se sauver des mains de ces tyrans qui nous étranglent.
Ne pas les utiliser, c’est se rendre complice de leurs crimes !

Vous qui, comme moi, lisez ces informations parlant de hausse des frais bancaires,
ne vous laissez pas abattre.
Vous qui, comme moi, voyez vos petits moyens grignoter par toutes ces ponctions injustifiées : frais bancaires, TVA …, arrêtez l’hémorragie.
Voyez-y plutôt un déclic pour vider vos comptes et pour placer votre argent ailleurs, là où le vent est plus favorable.
Faites-le en restant toutefois vigilent, ce vent peut toujours tourner et vous conduire vers d’autres décisions qui feront vos économies.
Boycottez ces banques qui se mourront bien un jour de vous avoir manqué de considération et de respect !
Boycottez ces banques qui n’ont même plus un regard vers ceux qui devraient être leur raison d’être : leurs clients !
Boycottez ces banques qui sont à la source de la faillite de nos sociétés !

Guy De Smet (23 novembre 2016)


- 100 - LA GUERRE DES BOUTONS

Ce célèbre roman semble retrouver un terrain d’actualisation dans nos écoles, avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Les protagonistes deviendraient, cette fois, les mauvais élèves et leurs parents d’un côté et de l’autre côté, le corps enseignant et les directions d’école.
La première bataille est celle du « redoublement ».
Au nom de la sacro-sainte norme budgétaire, il faudrait éviter que les étudiants succombent à l’échec et se voient dans l’obligation de recommencer leur année.
Ce phénomène coûte trop cher, même si le coût est moindre que la fraude fiscale que le gouvernement refuse de combattre.
Si l’économie semble être un credo imparable, il n’empêche qu’un enfant peut se trouver dans une situation d’échec, à mille lieues des préoccupations des grands marchés économiques et financiers.
La ministre envisage bien des systèmes de remédiation scolaire, mais qu’est-ce que cela face aux crises que peut traverser un enfant : le décès brusque d’un proche, une séparation parentale mal vécue, de mauvaises fréquentations, un manque de maturité, un épisode angoissant de son existence ou de son développement …
Un redoublement s’est avéré plus d’une fois nécessaire, si pas bénéfique au développement d’un enfant.
Je ne suis pas convaincu que l’élément « économique » soit déterminant dans la recherche du bien de l’enfant.
L’enfant, ses parents, son professeur me semblent les meilleurs interlocuteurs pour décider, ensemble, du parcours de l’enfant !
Évitons de nous retrouver dans des avenirs « bouchés », simplement pour des raisons financières … N’en déplaise aux bouffons de la finance !

Une deuxième mesure qu’envisage la ministre, c’est de proscrire le renvoi d’élèves pour des raisons disciplinaires.
Une des terreurs de jadis que pouvait vivre l’élève délinquant était d’être appelé dans le bureau du directeur pour se voir notifier une « retenue » ou « un renvoi ».
La punition de l’école s’accompagnait, à l’époque, d’une sérieuse punition parentale.
Aujourd’hui, on ne compte plus les incivilités auxquelles sont confrontés les enseignants et le personnel scolaire. La démission parentale est à ce prix !
De plus en plus d’enfants « caractériels » fréquentent les établissements et se croient tout permis.
Parfois même, leurs délits font la fierté de leurs parents ! Il paraît que cela fait partie de leur développement harmonieux !
Face à ce « nouveau » type d’élève, le professeur est bien démuni …ce ne fut guère prévu dans sa formation pédagogique.
De plus, est-ce bien son rôle de remédier aux défauts et aux manques d’éducation des enfants ?
L’enfant-roi d’aujourd’hui est trop souvent éduqué comme étant un être merveilleux devant lequel il faut s’incliner.
Tout lui est pardonné. Tout doit lui servir d’arme pour se protéger contre les agressions de la société : il doit pouvoir se défendre !
Pour l’enfant, il est important de pouvoir transposer son caractère unique à l’extérieur, et donc à l’école.
Il se croit ainsi tout permis et conforté par des parents qui n’oseraient jamais le contredire au nom de leur paix, au nom de leurs agendas chargés ou de leur incapacité à gérer.
En toute liberté, il peut donc se comporter comme ce tyran qui a abattu plus d’un enseignant. Ce dernier n’avait plus qu’à s’effondrer en larmes ou en dépression !
La décision de la ministre est mal venue dans ce contexte.
L’école, l’enseignant devront désormais « supporter » ce cancre qui empêche la classe d’évoluer.
Ils devront supporter la violence et les comportements asociaux de ces « tyrans » en herbe.
Ils devront se résoudre à oublier de transmettre leur savoir, au nom d’une éducation à rattraper.
Quel mauvais signal !
Il serait temps que les responsables de l’éducation de la Fédération Wallonie-Bruxelles puissent en revenir à leur raison d’être.
Il s’agit de transmettre un bagage intellectuel, des manières de penser qui permettront au jeune de se situer dans le vaste monde de demain, même si pour cela, il faudra « incarner » au maximum la manière d’enseigner.
L’éducation reste le rôle premier de la famille !
L’enseignement de connaissances reste la mission première de l’école et, demain, de l’université ou de l’école supérieure.

Renvoi ou pas renvoi ?
Je laisserais le dernier mot à la direction de l’école qui a pour mission d’offrir un temple de l’épanouissement et du savoir au jeune qui lui est confié.
Je laisserais au pouvoir politique la mission d’offrir aux pédagogues la confiance dont ils ont besoin pour mener à bien leur mission d’enseigner, loin des interventions abusives de leur clientèle électorale que sont les parents.
Je laisserais aux parents la mission d’aimer et d’éduquer leurs enfants dans le respect de tous et dans l’acceptation de l’autre.
Vaste chantier qui se passerait bien de parasitage politique !

Guy De Smet (22 novembre 2016)


- 99 - L’AUTISME EN POLITIQUE

Donald Trump vient à peine d’être élu et voilà que le discours politique des responsables du monde entier change du tout au tout.
Il y a quelques heures encore, le candidat républicain semblait être le diable en personne. Il fallait s’en méfier. Il allait conduire le monde au bord de la troisième guerre mondiale …
François Hollande s’était déjà préparé à célébrer Hillary Clinton … et quelle ne fut pas sa surprise de devoir envisager un autre discours en faveur du candidat de toutes les peurs.
Aujourd’hui que les jeux sont faits, ils se pressent tous, comme de pâles esclaves pour s’agenouiller devant le nouveau dieu américain.
De Berlin à Paris, en passant par Bruxelles, tous les chefs d’États du monde font allégeance au nouveau président élu des États-Unis.
Il paraît que cela s’appelle « diplomatie », à moins que ce ne soit l’œuvre de quelques bouffons soucieux de trouver une première place à l’ombre du prince.
Si Trump était l’incarnation du mal, voici quelques jours encore, comment peut-il être devenu, l’espace d’une élection, un ange que l’on respecte ?
Certes, le vote des électeurs doit être respecté : c’est le jeu de la démocratie.
Certes, la colère doit être entendue et une certaine leçon doit être entendue.
Mais cela justifie-t-il le « prophète » ?
La pauvreté ne peut plus être une fatalité imposée aux travailleurs, aux classes moyennes et aux défavorisés.
L’économie doit être au service de toute la population et pas seulement au service de multinationales et d’actionnaires, avides de gains.
La mondialisation n’a pas à devenir l’ennemi des pays libres et à se comporter comme une dictature qui, à travers des traités ignobles ou des notations intraitables, impose la loi du plus fort.
Il est peut-être dommage de devoir attendre l’arrivée au pouvoir des extrêmes pour s’en rendre compte.
Il est peut-être irresponsable de balayer d’un revers de la main la colère d’un peuple, réduite à un vulgaire « populisme ».
Il est insoutenable d’enfermer la fragilité de l’homme, du travailleur dans l’anonymat de grands ensembles qui, certes, rendent forts économiquement mais sont vécus comme une humiliation au quotidien.

Chez nous, Reynders et les larves néolibérales qui le suivent, estiment qu’il faut se positionner face au repli sur soi que comptent vivre les États-Unis.
Selon lui, il faut « renforcer » l’Europe, au détriment des nations. Il faut s’imposer sur l’échiquier des marchés et des forces du monde, en devenant puissants.
Il serait prêt, s’il le fallait, à sacrifier la souveraineté des peuples pour concentrer plus de pouvoir économique et militaire entre les mains de l’Europe.
Mais est-il donc sourd à la voix et à la colère des peuples ?
La Grande-Bretagne vient de l’exprimer avec fracas, à travers le Brexit. Elle n’en veut plus de cette Europe qui la conduit vers un gouffre économique et vers un désastre social.
La Wallonie et d’autres États indépendants ne cessent de proclamer leur méfiance face aux décisions de la commission européenne, trop éloignée des aspirations des peuples.
Les travailleurs n’en peuvent plus de crouler sous les menaces structurelles de cette Europe qui fait d’eux des parias de la société.
Nous n’en pouvons plus de la vie plus chère qui nous colle à la peau, à cause de cette foutue monnaie unique qui nous conduit droit dans le mur.
L’Europe nous bombarde de quotas, de normes, d’exigences qui plombent notre vie en communauté.
Elle se comporte en valet de la finance et des banques en asservissant des populations entières à la loi du marché et de la mondialisation.
Face à cela Reynders souhaite, malgré le peuple qu’il est censé servir, « renforcer » le pouvoir de l’Europe. Serait-il sourd à ce point ?
Nous n’en voulons pas de son Europe économique, semeuse de chômage et de drames humains.
Nous n’en voulons plus de ces grands marchés qui détruisent notre agriculture, notre pêche, nos PME, la vie de nos régions et de nos campagnes … et surtout celle de l’homme confronté à l’inhumanité.
Nous n’en voulons plus, comme les Américains n’ont plus voulu de l’establishment politique qui les a conduits à la misère.
Serons-nous obligés, pour nous faire entendre et pour que notre colère soit perçue, de voir se lever un Trump de chez nous, une Marine Le Pen de chez nous, un Victor Orban de chez nous ?
Où est-il ce génie qui sauvera la Belgique des mains de ces tortionnaires libéraux qui nous assassinent à petit feu ?

Guy De Smet (10 novembre 2016)


- 98 - ET ÇA VOUS ÉTONNE ?

Mardi soir, avec le soutien des instituts de sondage, nous nous couchions en imaginant que Hillary Clinton serait la prochaine présidente des États-Unis.
Cette perspective ne suscitait aucun enthousiasme, si ce n’est celui d’un certain « establishment » américain qui y voyait la poursuite d’une politique lui donnant une assise aux quatre coins du monde.
Obama fut un grand président, certes, mais Madame Clinton semblait, pourtant, bien mal armée pour poursuivre le travail.
Le lendemain matin, nous nous réveillions KO.
Donald Trump, malgré les estimations de tous les instituts de sondage, est élu 45ème Président des États-Unis.
Si ce résultat ne nous convient pas, il est pourtant la voix de la démocratie, la voix d’un peuple à qui on a menti, à qui on a imposé une austérité et des conditions de vie déplorables. Et cette voix, elle se respecte !
L’Amérique profonde a parlé et vit désormais avec le sentiment d’avoir été entendue par celui à qui elle veut confier les clés de la Maison blanche.
Elle a essayé d’autres formules sans rien y gagner … qu’a-t-telle à perdre ?
Impression ou utopie, l’avenir nous le dira !
Donald Trump n’a aucune expérience politique. Il est même franchement en « guerre » contre ce milieu qui, selon lui, n’a cessé de tromper les citoyens et se complait dans une corruption scandaleuse. Une de ses premières mesures, prévient-il, sera de « faire le ménage » à Washington !
Il a promis de rendre au peuple sa grandeur et sa fierté, alors que la crise a décimé la classe moyenne et renvoyé tant d’hommes et de femmes dans l’antre de la misère et de la pauvreté.
Pour nous, il restera un personnage grossier, outrancier, sexiste.
Pour plus de la moitié des Américains, il mérite confiance, parce que lui-même a réussi en affaires … alors, pourquoi pas, dans la conduite du pays.
Les médias – et ceux qu’ils représentent et qui les financent - avaient choisi leur camp.
Ils parlent aujourd’hui de séisme, de tremblement de terre, de révolution. Les mots ne semblent pas assez forts pour décrire l’ampleur de ce qu’ils considèrent comme une catastrophe.
Les bourses mondiales dévissent, offrant le spectacle d’une panique incommensurable face à l’arrivée de leur bête noire.

Mais cette élection doit-elle nous étonner ?
Personnellement, je ne le pense pas.
Au nom de la finance, nous voyons surgir partout des systèmes qui « plument » les citoyens, qui tuent la protection sociale au détriment des bénéfices de quelques multinationales.
Au nom de la crise des millions d’hommes et de femmes ont tout perdu. Seul l’horizon de la précarité reste leurs ténèbres.
Une immigration sauvage ne cesse de semer le trouble sur les enjeux de pays entiers. Elle est due à l’incompétence et à l’irresponsabilité de ceux qui nous dirigent.
Cela entraîne des conséquences que le monde politique et que les médias à leur solde ne semblent pas percevoir.
Le citoyen en a marre de croupir dans la pauvreté, pendant que quelques élus et quelques favorisés du régime ne cessent de s’enrichir.
Le citoyen en a marre de politiciens qui ne les écoutent que d’une oreille distraite, le temps d’un scrutin et qui oublient bien vite leurs promesses pour se comporter en de bons valets du monde de l’argent. Ils ne méritent plus leur confiance !
Le citoyen en a marre de ces traités commerciaux, de ces alliances qui se construisent derrière son dos et qui se révèlent être de véritables coups de poignards, des trahisons et des fardeaux impossibles.
Donald Trump a su entendre ce cri profond de colère. D’autres diront qu’il a manipuler les électeurs, en pleurant et en se lamentant avec eux.
Derrière son discours, il charrie une politique de la haine et du repli sur soi, du protectionnisme à outrance et d’un conservatisme moral d’un autre temps.
Et pourtant … Il a séduit, au point d’avoir été élu.

Je vois dans cette élection américaine, un appel à la vigilance pour d’autres pays, dont le nôtre.
Partout, nous assistons à un divorce entre le peuple et ses dirigeants politiques. Chez nous, les critères politiques sont balayés par ceux des clans et des familles.
On devient ministre parce que papa l’était !
Tous ceux qui ne pensent pas ou ne s’expriment pas selon les critères politiques en vogue sont considérés comme « populistes » ou « extrêmes ».
Or, le « populisme » restera l’expression de ce que pense le peuple … et c’est lui qui restera « souverain ».
À force de ne pas être entendu, ne nous étonnons pas que le « populisme » finisse par devenir la seule pensée du peuple et qu’il se traduise dans les faits.
Le « Brexit » en fut une des plus brillantes dernières expressions.
Les États-Unis viennent de faire ce pari du repli sur soi.
L’Allemagne, en son temps, avait ainsi fait confiance au National-socialisme.
La France ne cesse d’ouvrir une avenue à Marine Le Pen et au Front National.
Ne nous étonnons-pas si ce même cataclysme s’abat sur nos régions, confrontées à des pauvretés imposées au nom de la richesse de quelques-uns.
Bon vent au peuple américain !

Guy De Smet (9 novembre 2016)


- 97 - TOUT EST BON …

Tout est bon pour exister !
Cette maxime s’applique à merveille aux déclarations médiatiques de Maggie De Block.
Alors qu’elle chute de manière vertigineuse dans les sondages d’opinion, notre ministre de la santé nous a offert quelques perles qui, au classement de la connerie, occuperont une place de choix.
La première déclaration que je voudrais épingler a trait au don du sang.
Dans une note définissant sa politique générale, notre Maggie nationale affirme que « les homosexuels masculins pourront donner leur sang après 12 mois d’abstinence de rapport sexuel avec un autre homme ».
Elle a pris cette décision, malgré l’avis de la Cour européenne de justice qui estime qu’il existe des moyens scientifiques pour détecter les personnes à risque.
Elle l’a prise, malgré les associations qui travaillent sur le terrain. Celles-ci connaissent les milieux concernés et leurs avis semblent donc judicieux, sauf pour la ministre.
Elle l’a prise, en ne tenant pas compte que d’autres catégories sont autant à risque et que tout comportement sexuel peut devenir source d’une grave contamination.
Il s’agit là d’une décision discriminatoire … punissable par la Loi !
Pourquoi seulement les hommes ? L’homosexualité ne fait pas de différence entre les sexes. Elle concerne aussi bien les hommes que les femmes. Le sexisme serait-il devenu une manière de gouverner. Pointer du doigt les « homosexuels masculins » serait-il devenu une nouvelle manière, pour la ministre, d’inciter la population à la haine ?
Mais la grande forme de notre ministre ne s’est pas arrêtée là.
Fidèle à une marotte qui lui colle à la peau, elle s’en prend une nouvelle fois aux malades de longue durée.
Elle le fait parce qu’elle estime qu’ils coûtent près de 8 milliards à la sécurité sociale, somme qui peut paraître dérisoire face aux 36 milliards de fraude fiscale que le gouvernement ne compte pas récupérer, faute de fonctionnaires pour mener le travail.
Elle camoufle son plan démoniaque sous le couvert de la dignité du travailleur malade et de sa capacité à encore se sentir utile.
Elle utilise pour le dire une phrase choc, qui au panthéon des insultes cyniques occupera une place de choix : « Si quelqu’un est dans une chaise roulante, il ne peut plus marcher, mais il peut encore faire beaucoup de choses. »
Selon elle, cette manière de faire rejoindrait le souhait des personnes concernées : se sentir encore utiles et retrouver des contacts avec leurs collègues !
Et nous qui croyions naïvement que le rêve premier du travailleur malade était de retrouver la santé ?
Que devient l’avis des médecins et des spécialistes qui, eux, n’ont pas été rayés de l’ordre des médecins comme la Ministre ?
Que devient le sentiment de compassion, l’option de la solidarité face à ceux qui sont marqués dans leur corps et qui le vivent souvent comme une humiliation et un combat pour survivre ?
Solidaires d’un malade, d’un exclu ou solidaires d’un fraudeur fiscal, d’une banque véreuse ou d’une multinationale qui délocalise ?
Nous atteignons-là un sommet de l’inhumanité dont est capable ce gouvernement. Son seul souci est de répondre aux critères économiques et financiers de l’Europe et par-delà de la finance.
D’abord des cadeaux aux riches, aux fraudeurs fiscaux, à sa clientèle électorale, aux actionnaires assoiffés de bénéfices faciles … et s’il reste du temps, on s’occupera du citoyen, ce pauvre, cette tache dans le paysage !
Mais la grande forme de notre ministre de la santé l’a poussée vers d’autres extrêmes encore.
Dans ce pays dans lequel plus d’un million de personnes sont confrontées à la dépendance à l’alcool, plus d’un tirent la sonnette d’alarme et envisagent des restrictions dans la vente de ces boissons.
Certains voudraient ainsi les étendre aux magasins de nuit et aux stations d’essence.
C’était sans compter sur l’avis de la Ministre de la Santé, Maggie De Block, encore elle !
Selon elle, ces magasins pourront poursuivre la vente d’alcool en toute impunité : « Je n’ai pas envie de voir de nouvelles faillites » !
Jusqu’où ira sa faculté d’irresponsabilité ?
Il est vrai que dans ce gouvernement, entre les bénéfices des taxes sur la vente de tabac et d’alcool et la santé des citoyens, le choix doit être vite fait.
Qui seraient ces citoyens, quelle serait leur valeur face à l’importance des dividendes des grandes entreprises qui produisent ces boissons qui font le malheur de tant de jeunes et de tant de familles ?

Trois déclarations de la Ministre de la santé !
Trois insultes aux citoyens, teintées de mépris et d’indifférence !
Trois coups de poignards dans le dos de Belges qui espéraient un regard et une écoute !
Elle devient dangereuse et toxique !
Quand un chien devient dangereux pour son environnement, on le pique.
Serions-nous obligés d’en arriver là pour protéger notre santé ?

Guy De Smet (8 novembre 2016)


- 96 - HALTE À LA HAINE

En France, un événement peu banal vient de se dérouler, à l’abri des caméras et de l’attention du journal télévisé de 20h00.
Christine Boutin, ancienne ministre du logement et consultante à Rome, auprès de l’Église officielle, concernant la famille, vient d’être condamnée par la Cour d’Appel de Paris à une amende de 5000 euros pour incitation à la haine en raison de l’orientation sexuelle et à 5000 euros de dédommagement à trois associations qui défendent les homosexuels : l’inter-LGBT, Mousse et le Refuge. Ces dernières s’étaient portées parties civiles dans ce procès.
La mandataire publique avait parlé de l’homosexualité comme d’une « abomination », se référant à un passage d’un livre de la Bible, le Lévitique.
Christine Boutin et DAESH, même combat de haine ! L’une, au nom de la Bible, l’autre, au nom du Coran !
Elle n’en était pas à son coup d’essai. Dans la ligne de la Manifestation anti-mariage pour tous, elle avait dénigré, plus d’une fois, cette catégorie de nos concitoyens.
Sa manière de faire n’était pas sans rappeler un certain discours de l’Église officielle, dont Monseigneur Léonard fut, chez nous, un important porte-parole.
Cette Église, au nom de la défense de la famille et au nom de la Parole de Dieu, condamnait ouvertement l’homosexualité, s’évertuant, par la suite, à ne pas vouloir confondre le concept et ceux qui le vivent. Cette méthodologie est peut-être possible en philosophie. Elle ne l’est pas dans la vie de tous les jours !
Dans les milieux gays et Chrétiens, ce procédé rhétorique est inaudible. Comment, en effet, distinguer une personne de son état de vie ou de son orientation sexuelle ?
Le seul résultat concret de ce genre de discours pestilentiel est une hausse inquiétante d’une homophobie qui ne compte plus ses victimes.
Des couples sont pourchassés. Des individus sont battus à mort. Des jeunes sont rejetés par leurs familles, sans aucune autre issue que la marginalisation.
On se croirait revenu aux chasses aux sorcières du Moyen-Âge ou au génocide perpétrés par Hitler et ses sbires, lors du dernier conflit mondial !
Heureusement des associations veillent et tendent la main !
Parmi elles, le combat du Refuge est emblématique : des bénévoles de l’association recueillent des jeunes rejetés à la rue par leurs parents, au nom de leur haine ou des principes religieux qui ont fait leur éducation. Ils leur ouvrent leurs cœurs et leurs compétences. Ils leur ouvrent aussi une porte sur un avenir, loin de leurs blessures et de leurs déchirures.
Présent aux quatre coins de France, le Refuge est considéré par les autorités aujourd’hui comme une œuvre d’utilité publique, tellement l’urgence est conséquente !
Il était temps que la Justice prononce sa décision face à ces drames humains et sanctionnent ceux qui osent détruire l’autre, au nom de leurs différences.
L’homosexualité n’est pas un choix de vie. Elle s’impose dans la vie d’hommes et de femmes qui sont appelés à construire leur existence, en l’intégrant dans leurs choix et dans leurs manières d’être.
Ces hommes et ces femmes n’ont pas à s’enterrer dans des ghettos malsains. Ils ont le droit, comme tout le monde, de vivre en citoyen du monde.
Avant d’être des homosexuels, ils sont des humains qui ont droit à connaitre, eux aussi l’amour et à s’épanouir. Ils ont le droit au respect. Ils ont le droit de vivre, tout simplement … n’en déplaise aux moralistes de partout !
À ces Chrétiens qui se cachent derrière la Parole de Dieu pour juger et pour condamner, je voudrais simplement rappeler l’attitude de Jésus : une attitude d’écoute, de main tendue, de confiance. Il se veut une Porte ouverte sur un avenir fait d’amour et de bonheur. « Qui serions-nous pour juger ? », disait le Pape François, récemment.
Ce n’est pas en pourfendant l’homosexualité que nous défendrons la famille traditionnelle qui semble prendre l’eau de partout.
Ce n’est pas en pourfendant l’homosexualité qu’on évitera au Primat de l’Église d’Angleterre de devoir demander pardon aux mères célibataires dont l’Église a volé les enfants.
Ce n’est pas en pourfendant l’homosexualité que l’on apportera la moindre solution à celles et à ceux qui la vivent au quotidien.
Aujourd’hui, Christine Boutin qui, au nom de sa Foi, se sentait obligée de semer la haine par son discours, a été condamnée : je m’en réjouis !
Trop de dégâts ont été commis au nom de l’intolérance, huilée par une certaine compréhension de la Religion : il est temps que cela cesse.
À ceux qui, malgré tout, restent tentés de lui emboiter le pas, deux réflexions de Jésus dans son Évangile s’imposent : « Que celui qui n’a jamais péché, lui lance la première pierre ! » et cette autre : « Moi non plus, je ne te condamne pas ! »

Guy De Smet (3 novembre 2016)


- 95 - UNE HONTE

Une fois de plus, la Belgique vient d’illustrer son imagination en matière de surréalisme !
Alors, que chaque jour, l’actualité nous déverse son lot d’images d’horreur en provenance de la Syrie ou de l’Irak …
Alors que nos yeux pleurent encore sous le poids des images de destruction d’Alep,
alors que les cris et les larmes de désespoir des victimes innocentes de ces massacres innommables déchirent nos tympans …
Théo Francken, notre sinistre secrétaire d’État à l’asile et à la migration, refuse un visa et un peu d’espoir à une famille d’Alep, qui aurait pu trouver, comme préparé, un peu de paix, dans une famille du Namurois.
N’oublions pas que ces martyrs frôlent la mort au quotidien !
Cette famille syrienne ne veut pas rejoindre les hordes de migrants qui errent dans les rues de l’indifférence européenne et où les aider serait une faute grave.
Elle ne veut pas être la proie de passeurs mafieux qui la conduirait vers un autre enfer.
Elle a choisi la voie légale lui permettant d’introduire auprès de la Belgique une demande d’asile, en bonne et due forme.
Non seulement, elle a introduit cette requête en appel à un peu d’humanité, mais, en plus, elle avait été entendue : un accueil était prêt !
C’était sans compter sur ce pitoyable crétin qui, au nom de notre pays, refuse de « donner un verre d’eau à celui qui a soif » !
Son refus, il le justifie au nom du principe de précaution : ouvrir les portes, ce serait donner des idées à d’autres candidats qui risqueraient de nous envahir. Jusqu’à présent, toute son action aura été de refouler, de rejeter, d’expulser.
Selon lui, sans avoir demandé son avis, et après avoir semé les germes d’un racisme populaire, sa position se justifie en l’inscrivant dans un refus plus général de la population belge.
Bref, ces migrants … il n’en veut pas. Ils seraient, comme tous les pauvres, une tache dans la volonté de croissance économique du pays ! Des chiffres à la place d’un cœur … pauvre type !
Un Tribunal de Première Instance vient de le condamner à une astreinte de 4.000 euros par jour, donnant raison au droit humanitaire de cette famille d’Alep.
Rien n’y fait, ce méprisable personnage s’obstine dans son refus, préférant déshonorer le pays qu’il devrait servir et devenir, ainsi, complice d’une mort assurée.
Aurait-il envie, comme ses héros nazis qu’il admire, de devenir lui aussi un criminel contre l’humanité ?
Aurait-il envie de rejoindre par ses décisions ubuesques, le panthéon des monstres qui ont semé la terreur sur l’humanité ?
En agissant ainsi, il salit un pays dont l’honneur a toujours été d’être présent à côté des victimes de la barbarie humaine.
Il saccage l’image d’une nation où la solidarité a pu écrire de grandes heures. Il est vrai que depuis quelques temps, en Europe et dans le monde du néolibéralisme, la « solidarité » est devenue un délit !
Il réfute aux Belges le droit de manifester leur compassion et d’ouvrir leurs cœurs à la détresse de ces femmes, de ces enfants et de ces hommes qui regardent, hébétés, le ciel de leur pays en ruine. Il le fait comme le ferait n’importe quel dictateur, habillé de mépris et d’incompétence.
Il le fait pour l’exemple, afin de donner aux désespérés du monde, un signal fort de notre indifférence. Il utilisera même toutes les armes à sa disposition pour défendre son ignoble position.
J’ose à peine imaginer, que dans notre histoire récente, lors des deux guerres mondiales qui ont ravagé nos régions, la France ait fermé ses portes à nos parents et à nos grands-parents qui fuyaient la barbarie ennemie.
À Londres et à Saint Adresse, près du Havre, résonnent encore les pas de nos excellences qui, lors de ces conflits, avaient trouvé refuge dans leurs murs … pour ne parler que d’eux !
À l’époque, ils étaient bien contents de rencontrer un peu d’humanité et un peu de chaleur humaine, loin de tous ces bombardements qui avaient tout détruit !
Nous voilà aujourd’hui, à cause de cet imbécile, incapable de renvoyer l’ascenseur !
J’ose à peine imaginer une société où le seul droit de la guerre proposé aux civils serait de se laisser massacrer, sans que le reste du monde y perde sa bonne conscience.
J’ose à peine imaginer que nous restions, aujourd’hui, sans réaction face à cette décision monstrueuse qui nous engage tous, dans une nation qui se veut démocratique.
La décision de ce « criminel » s’inscrit dans la politique de massacre humain que ne cesse de perpétrer le gouvernement Michel, dont je ne dirai jamais assez de mal.
Les Djihadistes ont commis, chez nous, moins de dégâts qu’eux : les chiffres en témoignent !
Sa politique a conduit à la marginalisation de milliers de nationaux, des familles entières qui vivent désormais sous le seuil de pauvreté, pendant que quelques riches sont préservés, même dans leurs délits.
Elle a fait de l’exclusion et de la contrainte son arme de destruction d’un peuple, livré à l’indifférence et à la cupidité de la finance.
Elle a appliqué avec froideur les normes européennes pour en faire un joug pesant qui écrase les épaules de milliers de travailleurs, de jeunes, de retraités, de malades.
Elle a fermé ses portes au calvaire des migrants, préférant offrir l’asile à quelques exilés fiscaux, nettement plus rentables et plus fréquentables à leurs yeux.
Elle a imposé l’humiliation comme avenir à ceux qui osent frapper à la porte de nos CPAS, en y ajoutant sanctions et contraintes.
Elle a envoyé 120 gendarmes dans les plaines de Flandre pour se prémunir d’éventuels rescapés de la Jungle de Calais, porteurs, pourtant, d’un visa Schengen.
Voilà que dans ce dernier refus, Francken nie le droit de solidarité à une famille belge qui s’apprêtait à accueillir une famille d’Alep.
Jusqu’à quand devrons-nous supporter autant d’infamie ?
Jusqu’à quand devrons-nous accepter que cet abruti défigure la notion d’accueil et de main tendue et salisse l’image du plat pays ?
Jusqu’à quand devrons-nous tolérer que le nom de Francken, et, par lui, celui de la Belgique, s’impose, dans les faits, comme une atteinte aux droits de l’Homme ?
Serions-nous, par notre silence, ses complices … alors, honte à nous !

Guy De Smet (2 novembre 2016)


- 94 - « DÉGÂTS » OU « DÉBAT »

Dans une déclaration de Monsieur Reynders, un dérapage de langage n’est pas passé inaperçu : « Nous allons tous incarner la position belge. Mais je souhaite que le dégât, euh débat, belgo-belge se termine »
Une bourde de plus ! Serait-il donc si peu intelligent ou si peu compétent ?
La position dont il parlait, c’était celle de la Belgique face à la signature du CETA, ce traité euro-canadien qui ne cesse de faire couler de l’encre, aux quatre coins de l’Europe.
La Wallonie, par la voix de son Parlement et de son Ministre-Président, a refusé de donner son aval à une signature précipitée. Le Ministre-Président de la région germanophone a fait de même, tout comme la Communauté Wallonie-Bruxelles !
Les Wallons estiment qu’il vaut mieux un traité bien ficelé qui respecte les citoyens que l’organisation d’une grande braderie économique et légale en faveur des multinationales.
En faisant cela, ils ont mis le doigt sur un des cancers qui risque de ronger notre manière de vivre ensemble : la mondialisation, surtout dans son aspect financier et économique, tel que l’envisage le néolibéralisme.
Les derniers traités, dont l’Europe et nos pays se targuent, ont permis, en deux mois, de « casser » 4000 emplois dans le secteur bancaire. 
Ils ont permis le drame des ouvriers de Caterpillar, d’Arcelor-Mittal et de tant d’autres travailleurs qui ont vu là leur vie s’écrouler.
Ils sont à la base de la déroute du monde agricole et d’une économie sauvage qui tue le citoyen, vous et moi.
Ils ont permis, grâce à des avantages fiscaux inconsidérés, de garnir le bas de laine de multinationales et de banques qui n’hésitent pas à afficher leur mépris des citoyens, en délocalisant vers des terres plus profitables.
Ces dernières n’hésitent pas à délocaliser vers des pays où la main d’œuvre est considérée comme une forme d’esclavage et où le profit sera bien supérieur, après avoir raflé les mises dans les pays qu’ils quittent comme des voleurs.
Il leur semble normal que le statut du travailleur soit celui de la pauvreté.
Il leur semble normal que le travailleur ne soit qu’un kleenex qui ne sert que quand on en a besoin. Même le drame des migrants n’est pour eux qu’une opportunité !
Pour défendre leur position, ils ont inventé un mot : la flexibilité, sans aucune considération pour la vie concrète de familles entières.
Il leur semble normal de recevoir des aides d’état ou de profiter d’intérêts notionnels, sans aucune contrepartie.
Un simple « non » wallon et elles se mettent à trembler et à imposer leur Loi.
Pour arriver à leurs fins, les multinationales, le patronat et le grand capital se sont trouvés des alliés dans un certain monde politique de Droite : chez nous, le MR, l’Open VLD, la NV-A … trois partis de la coalition gouvernementale.
Les « dégâts » de leur politique, plus d’un peut en témoigner : de l’exclu du chômage au retraité en passant par le jeune ou le malade.
Les « dégâts » de leur politique, c’est l’acceptation de la fraude fiscale de leurs amis riches, sous prétexte que la Justice n’aurait pas les moyens pour vérifier ces milliards offerts en cadeau à quelques privilégiés de leur système. Les fonctionnaires, ils les ont évacués et le pillage de nos finances au profit de leur clientèle, ils ne cessent de l’organiser !
On comprend dès lors très bien le « lapsus révélateur » de Monsieur Reynders qui considère le « non » Wallon comme un « dégât » qui risque de fâcher ceux qui le font vivre et exister.
Monsieur Verhofstadt se passerait même de l’avis du Parlement Wallon, pourvu que la cassette mirobolante que lui octroie l’Europe soit sauve.
Une fois de plus, Reynders et ses comparses politiques n’ont rien compris … à moins que la démocratie ne soit de mise que quand cela les arrange !
Ils n’ont pas compris que derrière le « non » wallon se cachent des citoyens qui, par leurs représentants, ont exigé plus de garanties face aux méfaits de la finance.
Ils n’ont pas compris que le peuple était souverain et que lui seul est mandaté pour décider de son avenir. 
Ils n’ont pas compris que l’Europe n’a plus la cote dans l’opinion des électeurs : trop de normes, trop de décisions sont venues pourrir la vie des citoyens. De plus, elle n’est propriétaire d’aucune « souveraineté nationale » … et heureusement !
Comment pourrait-on soutenir une organisation qui a inventé le « délit de solidarité » face à la détresse humaine des réfugiés qui se noient en Méditerranée ?
Ce n’est pas la remise à plat des normes concernant les grille-pains qui risque de réconcilier le citoyen qui vit l’Europe comme un cauchemar au quotidien… même si ce matériel pourra lui être présenté chaque soir, plus souvent, lors de nos soirées télévisées de détente ! La publicité pour nous détendre !!! De qui se moque-t-on ?
Ce n’est pas une recherche de virginité européenne qui calmera la tentation des citoyens de suivre l’exemple anglais du Brexit.
N’en déplaise à la finance et à ses suppôts !
Les Wallons ont exigé un grand débat qui donne des garanties, mais qui place aussi des garde-fous à une mondialisation financière qui nous asphyxie au quotidien.
Il est urgent de se « secouer » face à cette mondialisation qui nous envahit dans notre assiette, dans nos modes de vie, dans nos souhaits de consommation, dans notre environnement, dans nos choix de société …
Il est urgent de ramener le pouvoir là où il aurait dû toujours être : dans les mains du peuple … et non dans ces organismes qui, comme l’Europe ou tous ces traités, vivent à la solde de la finance.
Il est urgent de choisir nos représentants, non en fonction d’une appartenance politique traditionnelle, qui se souvient de l’électeur lors des scrutins. Nous sommes en démocratie, non en particratie !
Il est urgent d’éliminer du paysage politique, tous ces corrompus qui confondent lobbies et citoyens, au point de nous « vendre » à eux.
Il est urgent d’imposer des modèles politiques et financiers dont l’être humain et son bonheur soient le centre, loin de ces abstractions statistiques que sont la compétitivité ou l’appétit des actionnaires.
Nous avons bien compris à travers son lapsus, que monsieur Reynders et ceux qui se rangent derrière lui, considèrent la voix du citoyen, du travailleur, du malade, du retraité comme une source de dégâts et comme un danger. Souvenons-nous en au moment opportun !
Nous découvrons que d’autres ont enfin découvert qu’un débat est indispensable, si nous ne voulons pas que demain cette société explose et que retentisse à nouveau ce chant révolutionnaire : « Ah, ça ira, ça ira, tous les aristocrates à la lanterne …ah ça ira, ça ira, tous ces aristocrates, on les aura ».
Il ne resterait plus, alors, qu’à mettre des visages sur le terme « aristocrate » !

Guy De Smet (27 octobre 2016)

- 93 - L’ULTIMATUM DE TROP

CETA ! Quatre lettres qui s’inscrivent en grand dans le ciel de notre actualité européenne … et chose pas banale, dans notre horizon wallon.
Il s’agit d’un accord transatlantique entre le Canada et l’Europe, prélude d’une autre étape, toute aussi secrète d’une convention avec les États-Unis.
Ce traité va permettre la mise en place d’un vaste marché économique qui, dans les sphères libérales ne peut que combler de bonheur.
Les tenants de ce système entendent déjà le son des monnaies sonnantes et trébuchantes qui ne manqueront pas de tomber dans leurs escarcelles.
Les multinationales se frottent les mains, sentant de nouvelles possibilités de développement se mettre en place, avec la complicité des États.
Des opportunités juridiques nouvelles seront là pour protéger les capitaux contre les velléités des États qui se croient encore souverains.
Les tenants du traité plaident pour une défense des consommateurs. Ils évoquent aussi une chance pour l’emploi.
Ces valets du capital semblent oublier qu’ils nous avaient déjà chanter cette chanson, avec tous les drames humains que nous ne cessons de croiser, suite à l’austérité qu’ils ont imposée.
Un peu partout en Europe, ce projet de traité suscite une opposition farouche. Des économistes canadiens attirent l’attention sur les dangers de tels engagements, mais rien n’y fait : la finance a décidé que cela devait se faire et elle ne supporte pas que nous nous opposions à ses vues.
Et face aux diktats de ces Goliath, la petite Wallonie a endossé son habit de David.
Les parlementaires wallons, instance démocratique s’il en est, s’oppose à la signature de ce traité, dans l’état actuel.
Ils demandent des éclaircissements sur certains articles flous ou dangereux.
Ils souhaitent aussi, en notre nom, des adaptations qui permettraient d’endiguer des peurs face à l’avenir d’un vivre-ensemble.
Le vote fut donc négatif, ce qui empêche la Belgique de ratifier et de signer le CETA.
Face à ce vote démocratique, un responsable canadien s’est senti obligé de venir à Namur, convaincre les députés de changer d’avis.
Des mandataires libéraux ont supplié le Premier-Ministre de signer ce traité, malgré l’avis des Wallons …. Chose impensable dans notre État fédéral.
Des pressions et des menaces en tous genres s’exercent sur l’exécutif wallon, semant dans la population le doute face à leur souveraineté.
L’Europe, par la voix de sa commissaire en rajoute une couche. Elle pose un ultimatum à la Wallonie, lui enjoignant de donner son aval à la signature avant vendredi, sous peine de sanctions.
Là, c’est la goutte qui fait déborder le vase !
Elle n’en est pas à son coup d’essai : souvenez-vous les signatures des pays pour la Constitution européenne !
Cette Europe des compromissions est-elle bien placée pour nous donner des leçons ?
Elle ne cesse d’édicter des normes qui signifient la mort des citoyens et de toutes une série de catégories sociales … ce ne sont pas les agriculteurs qui me démentiront.
L’Europe, sa Zone Euro, sa monnaie sont un cauchemar pour des familles européennes et leur pouvoir d’achat.
Elle n’hésite pas à mettre des nations entières à genoux pour assouvir sa soif financière : la Grèce peut en témoigner.
Elle n’est que le valet de multinationales qui la manipulent à sa guise, pourvu que cela leur profite : Arcelor Mittal, Caterpillar, Engis, les banques … la liste des « profiteurs » serait trop longue !
À sa tête, ce sont des voyous en cols blancs qui sont à la manœuvre : Barroso, ce ripoux portugais, qui se recycle bien vite chez ceux qui l’ont soutenu dans sa mise en place de la crise : la Banque Goldman Sachs.
Juncker, ce valet luxembourgeois fidèle et louvoyant qui permet aux multinationales et au grands de ce monde de faire de l’optimisation fiscale au détriment des États.
Pendant ce temps-là, le citoyen, lui, il trinque !
C’est bien cette Europe-là qui place la Wallonie et son honnêteté devant un ultimatum.
Qui est cette Europe pour se croire au-dessus de la souveraineté des États ?
Qui est-elle pour s’imposer comme observateurs lors d’élections dans le Tiers-Monde ? Sa notion de la démocratie est loin d’être une norme !
Qui est-elle pour se vouloir le juge du respect des Droits de l’homme ailleurs, alors qu’elle ne cesse de faire peser le joug de sa dictature sur ses propres citoyens ?
Nous ne laisserons pas saccager la démocratie, par ces phallocrates du capital.
Nous ne laisserons pas salir notre mode de vie par des traités dont la seule ambition non avouée est de faire des bénéfices à distribuer à quelques actionnaires pourris.
Nous ne laisserons pas un pouvoir lointain et abject nous dicter nos droits et nos devoirs. Nous lui refusons toute légitimité !
Cet ultimatum européen est le pas de trop qui la conduira, nous ferons tout pour, vers une implosion certaine.
L’Europe de la finance et de l’argent, nous n’en voulons pas !
L’Europe qui vit à mille lieues des préoccupations de ses citoyens nous n’en voulons pas !
L’Europe qui ne cesse d’édicter des normes en nous contemplant avec condescendance, nous n’en voulons pas.
Le combat de la Wallonie est symbolique : qu’elle n’oublie jamais que dans la lutte entre David et Goliath, David l’a emporté ! Et l’honneur de l’homme aussi !

Guy De Smet (19 octobre 2016)


- 92 - L’EXEMPLE ISLANDAIS

En 2008, une crise financière, aux conséquences sociales effrayantes, s’abattait sur le monde, livrant des innocents aux affres de l’égoïsme, de la précarité et de la misère.
Notre pays, guidé par des rebouteux du néolibéralisme, n’allait pas échapper à ce drame. Ceux-ci allaient écrire une des pages les plus sombres de notre histoire sociale.
Aujourd’hui, à Bruxelles, 1 enfant sur 4 vit sous le seuil de pauvreté.
Des hommes et des femmes se trouvent exclus de la vie en société, parce qu’ils n’ont pu trouver un travail.
Des malades se voient privés de soins, parce que les mesures prises par nos dirigeants les rendent inaccessibles.
Des travailleurs doivent se contenter de ne plus pouvoir vivre de leur travail et d’endosser le statut de « travailleur pauvre ».
Des retraités, après des années de travail et de privations, se retrouvent contraints d’oublier de « vivre », parce qu’ils n’en ont plus les moyens.
Pendant ce temps, les riches sont confortés dans leur égoïsme.
Les entreprises poursuivent leur course aux bénéfices, offrant à leurs actionnaires des cadeaux inespérés.
Les banques, à la base de tous ces drames, se prélassent dans une arrogance et dans un mépris sans nom.
Comme si cela ne suffisait pas, notre petite Wallonie qui vient de s’opposer à un de ces accords obscurs dont l’Europe a le secret, le CETA, subit une pression qui se veut un camouflet à l’idée-même de la démocratie.
Malgré un vote négatif des représentants d’un peuple souverain, il lui est demandé de passer outre de ses positions justifiées, outre de la voix du peuple, pour permettre la signature d’un accord qui risque d’empoisonner encore un peu plus la vie des citoyens. Finance avant les droits des citoyens !
Pas facile d’être David au royaume de Goliath !

Pendant ce temps-là, un petit pays, l’Islande nous donne une étonnante leçon de démocratie et de réussite.
En 2008, tout comme nos régions, ce pays a été touché de plein fouet par la crise bancaire qui a déferlé sur le monde, provoquant un tsunami sans précédent.
Son économie s’est effondrée, victimes de banquiers véreux, dont le seul souci fut leur envie de « toujours plus ».
Ses citoyens furent mis à mal, à cause de quelques criminels en col blanc qui avaient transformé l’arsenal bancaire en une machine à tuer.
À l’époque, l’Islande envisageait de rejoindre la grande famille européenne. C’était, cependant, sans compter sur l’électrochoc que fut cette crise. Ce projet d’adhésion fut abandonné au plus vite, ouvrant pour l’Europe la brèche de ses désamours, dont le Brexit n’est qu’un prolongement.
Ses dirigeants ont fait le pari de laisser les banques s’en aller en faillite, au lieu de les renflouer à grand prix, avec l’aide forcée des citoyens.
Aujourd’hui, son économie est florissante, ce que, comble d’ironie, même le FMI est obligé de reconnaître.
Aujourd’hui, ses banquiers véreux sont sous les verrous.
Ils n’ont pas eu droit à de petites remontrances ou de petits coups de colère contrôlés, comme cela a pu être le cas chez nous.
Ils n’ont pas eu droit à l’effort de compréhension de « Reynders lointains » qui imposaient le sauvetage des banques.
Ils ont été condamnés à de lourdes peines de prison, sans sursis : 9 ans !
Chapeau, l’Islande !
Il est urgent que les magnats de la finance comprennent qu’ils ne sont pas au-dessus des lois.
Il est urgent que les banques réalisent que sans leurs clients, elles ne sont rien !
Il est urgent que la souveraineté des peuples soit plus forte que les pressions et les perspectives de la finance.
Il est urgent que nos dirigeants politiques comprennent qu’ils sont au service du bonheur des citoyens et non de pâles valets d’une finance assoiffée de bénéfices et de compétitivité, peu importe les moyens. Les citoyens sont à protéger avant les institutions bancaires, avant les délires des actionnaires !
L’exemple islandais nous montre que l’austérité que nous connaissons n’est pas un destin qui s’impose.
Il nous indique que nous pouvons nous passer de cette Europe criminelle qui saccage son patrimoine humain au profit de lois de marchés économiques sordides.
Il nous montre du doigt que la finance est un moyen pour développer une société et non une fin en soi.
Et si l’audace de l’Islande devenait la nôtre ?

Guy De Smet (18 octobre 2016)


- 91 - NOTRE ENNEMI, C’EST LA BANQUE

Souvenez-vous, 2008 … un cataclysme bancaire s’abattait sur le monde.
Une crise financière et sociale, aux effets de tsunami, allait tout balayer sur son passage, y compris nos modes de vie et nos sécurités.
Nos dirigeants politiques – chez nous, Reynders en tête ! – nous hurlaient dans les oreilles : « il faut sauver les banques ».
Ne pas le faire aurait été une remise en question de notre économie, ainsi que de tout ce qui fait notre vie en société. Quelques années plus tard, nous ne pouvons que constater l’ampleur du mensonge !
Les citoyens payaient, pendant que les grands banquiers se prélassaient dans des cocktails pour savourer leurs bénéfices et leur coup de force.
Les États ont investi des milliards d’euros pour venir au secours de ces banques qui s’adonnaient à un vaste jeu de restructuration et de courses à la compétitivité.
Un jeu de casino d’une indécence crasse !
Les États ont imposé des nouvelles normes éthiques dont les banques se moquent allègrement, au point de les détourner avec la complicité de la loi (Luxleaks, mis en place par Monsieur Juncker, Président de la commission européenne).
De grands groupes sont nés, aux fortes odeurs de mafia. Leur arme massive est devenue le mépris du client, celui, pourtant, qui les ont sauvés !
Les frais bancaires sont devenus la part importante de vos extraits de compte… l’idée de service était repoussée dans les oubliettes de la civilité.
L’imposition de seuil de retraits ou encore de systèmes électroniques anonymes et sorciers sont devenus monnaie courante.
Leur devise est devenue : dépose ton argent chez moi, mais ne t’avise pas à vouloir le reprendre !
Aujourd’hui, nos banquiers estiment même que nous ne prenons pas assez de risques avec notre argent. Ils s’en prennent donc à nos livrets d’épargne. Ils cassent les intérêts et ils nous imposent d’autres solutions qui leur sont bien plus avantageuses. Le tout avec la complicité et la bienveillance de leurs valets politiques européens et autres, comme la Banque européenne, qui sont devenus leurs meilleurs agents de propagande.

Depuis le début du mois de septembre, les banques s’en prennent à leur personnel.
Elles le font au nom de leur soif de rentabilité, au nom des soifs de profits des actionnaires : toujours plus … toujours plus grand !
Le licenciement devient l’objectif premier, plongeant dans l’incertitude des familles entières qui ne savent plus de quoi demain sera fait … et qui n’ont rien à se reprocher.
Plus d’un grand nom bancaire se propose de faire de la réorganisation et de la rentabilité en sacrifiant un personnel qui lui coûte trop cher, aujourd’hui. Ils sont un frein à l’expansion des bénéfices à distribuer aux actionnaires.
Ce qui semble génial, dans leurs projets criminels, c’est que les décideurs bancaires en sont les auteurs, mais non les responsables.
Les responsables du crime, c’est vous et moi, les pauvres imbéciles qui prenons encore la peine de placer notre argent entre leurs mains, faute de choix.
Vous et moi, nous nous sommes vus imposer des systèmes de paiement sophistiqués qui nous transforment en employés de banque, cachés derrière notre écran d’ordinateur ou derrière notre smartphone.
Il faut dès lors fermer des agences qui ne se justifient plus.
Il faut licencier du personnel que nous avons remplacé, sans nous en rendre compte.
Et en bons imbéciles, non seulement, nous faisons le travail, mais en plus nous en supportons la répercussion dans nos frais bancaires.
Dans un même temps, notre gouvernement – encore lui -, comme s’il était à la solde de tous ces "voleurs", interdit désormais le paiement d’un salaire en liquide : passage obligé par la banque, pour tous !
Une bonne partie de votre traitement vous sera ainsi confisqué d’office, au profit de banques véreuses qui nous sont imposées.

Le dernier scandale bancaire nous vient de ING.
Cette banque a profité largement de l’aide de deux États : les Pays-Bas et la Belgique.
Aujourd’hui, elle se venge de l’éthique qui lui fut imposée en licenciant : voyez les chiffres : ils font froid dans le dos !
Dans un document découvert par la RTBF, voici ce que nous pouvons lire : « 3150 personnes devront quitter l’entreprise dont 1700 par voie de licenciement. Les premiers C4 devraient être envoyés le 1er janvier prochain et les derniers le 31 décembre 2021. »
« La banque sabre aussi dans les agences, jugées trop nombreuses. Elle n'en conserve que 650 sur les 1250 actuelles ». 
« 737 personnes perdront leur emploi chez Record de même que 262 autres jusqu’ici actives au sein de l’ING Contact Center. Le plus grand coup de sabre est donné dans le retail, c’est-à-dire les activités commerciales où 1081 personnes sont débarquées des agences ING. 568 emplois dans le trading de même que 258 analystes financiers ou 216 autres occupés sur les marchés financiers quittent aussi l’entreprise. »
Les seules justifications invoquées sont d’ordre financier : plus de profits et plus de compétitivité !
À qui le tour demain dans d’autres banques ou dans celles qui ont déjà été impactées ?

Il devient urgent de mettre les banques, celles que vous fréquentez, hors d’état de nuire.
Comment : en évitant de les utiliser !

  • Quittons nos vieilles mentalités de « fidélité à notre banquier ». Il n’en vaut pas la peine !

          Reynders lui-même, dans d’autres domaines, nous invitait à jouer à fond le     
jeu de la concurrence : pourquoi pas dans le secteur bancaire ?

  • Rejetons d’office, dans nos choix d’établissements bancaires, les grands groupes internationaux, comme Paribas, ING, Dexia et d’autres.

Préférons-leur de plus petites structures nationales ou autres : nous y existerons - jusque quand ? - comme client !

  • Laissons, le moins possible de liquidités sur nos comptes ou sur nos livrets. Il existe d’autres modes de placement plus rentables et plus sécurisants.
  • Il nous est imposé de recevoir notre salaire sur un compte bancaire, laissons-y la somme le moins longtemps possible.
  • Avant de franchir le seuil d’une banque, vérifions sa politique de frais, celle de l’emploi, celle de la gestion de ses bénéfices … Ne pas le faire ferait de nous des complices de leurs crimes !
  • Nous avons appris à gérer nos poubelles, ce ne serait jamais qu’en gérer une de plus !

Ce qui fait vivre une banque, c’est l’argent qui y est déposé … et dans le domaine, il n’y a pas de petites ou de grandes sommes.
Nous sommes la source des bénéfices bancaires : il nous suffit de la tarir et d’imposer à ceux qui nous dirigent de nouvelles formes de gestion pour sortir de ce marasme.
Sans notre argent, notre banquier n’est rien : ne le laissons pas nous prendre en otage !
Certains réagiront en criant à la perte d’emploi. N’est-ce pas elle qui est la manière d’agir de toutes ces banques que nous ne cessons de gaver ?
Boycotter sa banque devient un devoir moral du citoyen-citron pressé, de vous et de moi !
Dans ce domaine, ne reportons pas à demain, ce que nous pouvons faire aujourd’hui !

Guy De Smet (8 octobre 2016)


- 90 - NOTRE MONNAIE NATIONALE

Depuis la nuit des temps, il est des signes forts qui indiquent la puissance et l’existence d’un pays.
Battre monnaie en est un signe emblématique !
Il est le symbole de l’indépendance et de la souveraineté d’un peuple.
Depuis 1830, ce pouvoir aura été une « carte d’identité » de l’existence de la Belgique. Des femmes et des hommes se seront battus pour sauver notre existence, et aussi ses symboles !
Elle était, aujourd’hui encore, une industrie florissante qui a permis aux travailleurs, l’an dernier, de toucher une prime de production. C’était dire la rentabilité de l’entreprise.
Ce fleuron de notre entreprenariat aurait bien pu se développer, s’il n’y avait pas eu l’action de sape de ce gouvernement Michel, le pire que notre pays ait dû supporter depuis l’après-guerre.
Après avoir sacrifié les plus faibles de la société, les malades, les pensionnés, les travailleurs, les chercheurs d’emplois, ses consommateurs, ses épargnants … en institutionnalisant la pauvreté.
Après avoir traité avec mépris les migrants, les victimes d’attentats, toujours en attente d’indemnisation et après avoir créé les conditions d’un racisme qui n’hésite plus à s’exprimer …
Après avoir trahi notre indépendance au nom des impératifs de la finance et de ses valets européens …
Après avoir engraissé honteusement ses amis du grand capital, qui, aujourd’hui, avec la complicité de nos gouvernants et des autorités européennes, ne cessent de délocaliser …
Après avoir flatté l’ego des plus riches et des actionnaires de tous bords, au nom de promesses illusoires …
Voilà que l’équipe Michel vient de vendre l’âme de notre pays : sa monnaie !
Pour se faire, il utilise les mêmes armes que les fossoyeurs de notre économie : la délocalisation !
Désormais, nos pièces viendront d’ailleurs, confirmant ainsi, une fois pour toute, l’inutilité de la moindre fierté nationale, si ce n’est celle de notre esclavage au profit du grand capital.
Être un bon élève de la classe « Europe » semble être le seul souci de Michel, peu importe la misère de son peuple.
Un détail direz-vous ?
Je parlerais plutôt d’une action symbolique voulue qui correspond à une nouvelle démarche de prostitution dans le bois de Boulogne de la finance mondiale.
Et, en plus, elle ne rapporte pas grand-chose … pas plus que n’aurait pu le faire une mise en ordre dans les avantages, les primes et les dotations qui ne cessent d’engraisser ceux qui nous dirigent.
Elle rapporte moins qu’aurait pu le faire la reprise des cadeaux fiscaux ou les autres dessous de table confiés à toutes ces entreprises qui délocalisent, qui se lancent dans des plans de réorganisation ou qui n’embauchent pas.
Décidément, ce Gouvernement devrait pouvoir recevoir le Prix Nobel de l’incompétence, de la mauvaise gestion et de la trahison !
Confier la fabrication de notre monnaie pour quelques millions de clopinettes à d’autres pays, c’est trahir les Belges et leurs compétences.
Confier la fabrication de notre monnaie nationale à l’étranger, c’est vendre la fierté et l’Histoire d’un peuple qui à travers ses trois couleurs n’a cessé de chanter la force de la vie. C’est violer notre souveraineté et notre intégrité !
Confier notre monnaie nationale à d’autres, c’est courber l’échine sous les fourches caudines de la finance mondiale et d’une Europe qui, petit à petit, suce la souveraineté de tous les États.
Confier la monnaie nationale à d’autres compétitivités, c’est voler le peuple belge et le réduire en esclave de financiers nauséabonds qui depuis leurs obscurs bureaux ne cessent de combattre toute velléité de démocratie et de liberté.
Face à cet « Alep » social commandité par l’équipe Michel, je m’étonne du comportement de « moutons de Panurge » des syndicats et des forces démocratiques de notre pays.
Là où une opposition d’ampleur devrait refléter le mécontentement d’un peuple, ce vendredi ne sera l’occasion que de quelques mouvements d’humeur épars.
Je m’étonne aussi de l’étourderie d’une opposition qui prend ses désirs pour des réalités et qui, sans échéances électorales, se lancent dans de nouvelles promesses qui, une fois au pouvoir, ne seront pas tenues : compromis oblige !
L’heure n’est plus aux discussions dans les salons feutrés de ministères-poubelles.
L’heure n’est plus aux larmes de crocodiles versées à l’occasion de l’une ou l’autre délocalisation d’usine.
L’heure n’est plus à l’acceptation du démantèlement d’un État par une finance, par des banques, toujours plus avides de gagner plus.
L’heure n’est plus à la constatation navrante du drame de citoyens pressés comme des citrons par des gouvernants qui les méprisent.
Il est temps aujourd’hui de nous réveiller, de sortir de notre torpeur.
Il est temps, au nom de la dignité de l’homme, de combattre ces êtres sans conscience qui nous dirigent et qui nous mènent droit dans le mur.
Il est temps de dire « non », en paroles et en actes, à cette Europe, et demain à un traité transatlantique, qui ne cessent de nier notre indépendance, au nom d’un marché de dupes dont ils seraient les dépositaires.
Il est temps de détruire ce néolibéralisme, et tout ce qui le représente. Ils ne cessent de nous asphyxier et ils ne respectent pas les droits élémentaires des hommes.
Il est temps de renvoyer ces nabots de l’intelligence politique, qu’il n’est plus besoin de citer, vers des mondes dans lesquels ils pourront perpétrer leurs méfaits et leurs vols sans spolier la population.
Michel et ses sbires ont vendu nos bijoux de famille … jusqu’à quand continuerons-nous à leur confier la destinée de nos existences ?

Guy De Smet (7 octobre 2016)


- 89 - AU NOM DE LA MIXITÉ

Alors que depuis septembre, nous assistons, avec la complicité du gouvernement, à un massacre social, le PS et le cdh se lancent dans une nouvelle controverse angélique !
Il était temps, leur effondrement dans les sondages pourrait les entraîner vers les oubliettes de la politique. !
Alors que des hommes et des femmes sont solidaires face aux pertes d’emplois qui les touchent, ces partis se proposent de sauver l’égalité entre les hommes et les femmes !
Une ministre PS envisage, sans rire, d’ornementer les grilles scolaires de cours d’éducation physique mixtes.
Les ministres en place n’ont aucune idée pour payer dans les temps le personnel enseignant (en septembre, une partie du personnel n’a pas reçu son traitement !) … mais ils en ont pour considérer le développement d’une fille ou d’un garçon !
Ils sont prêts à « sacrifier » les besoins spécifiques des adolescents pour mettre en place un slogan, avec lequel ils espèrent faire recette et exister à nouveau sur la planète politique.
N’en déplaise à nos excellences : un garçon ne sera jamais une fille. Les besoins physiques et corporels sont et resteront différents.
La constitution physique, les développements osseux et autres sont des spécificités et des réalités qui ne se règlent pas à coups d’idéologie et de slogans.
Il est curieux, que dans la moindre salle de sport (pour adultes !) des exercices différents sont proposés aux hommes et aux femmes.
Il est curieux que toutes les revalidations cardiaques sérieuses envisagent des programmes spécifiques, en fonction du sexe de la personne malade.
Il est curieux que les compétitions sportives comme la natation, le football, le cross, le cyclisme et même la gymnastique ou le judo sont organisées selon le sexe, en tenant compte des différences de chacun. Y brillent des sportifs tant féminins que masculins qui n’ont pas besoin de se cacher derrière une idée d’égalité ou d’uniformisation. Le combat et la réussite sont leurs « vitamines » ! Il est vrai que de tels spécimens brillent moins dans le monde politique !
Il est curieux de constater que même les jeux olympiques n’ont pas mis l’égalité de l’homme et de la femme dans leurs critères organisationnels.

Certes, l’égalité de l’homme et de la femme doit être un enjeu sociétal.
Nous ne pouvons plus nous permettre de construire une société en créant des exclusions au nom du sexe. Cela ne vaut d’ailleurs pas que pour la femme !
Nous ne pouvons plus nous permettre de considérer la femme comme un être inférieur. Elle se doit d’être respectée pour ce qu’elle est : une femme, une partenaire de vie, une bâtisseuse de projets de société.
Mais au-delà de ce critère fondamental pour la survie d’une société, il est temps aussi de la baser sur la « compétence ».
Il me semble absurde d’exiger que sur une liste électorale ou dans un conseil d’entreprise, il y ait autant d’hommes et de femmes.
Ce serait nettement plus rassurant, s’il y avait, pour occuper ces postes ou pour briguer des mandats, des « compétents ». Des gens qui savent de quoi ils parlent et qui sont prêts à s’investir à fond pour créer une société plus humaine.
Pour ce faire, qu’ils soient une majorité d’hommes ou de femmes me semble peu intéressant face aux enjeux à relever.
Nous ne pouvons pas continuer à assumer notre existence humaine à coups de slogans !

En suivant la logique du pugilat PS-cdh, je me suis mis en tête de devenir porteur de revendications masculines.
Je réclame pour l’homme, le droit à la grossesse et à l’accouchement.
Il est profondément injuste qu’une telle ségrégation entre hommes et femmes prive l’homme de ce merveilleux projet de « porter » et de « donner » la vie.
Il est temps que s’installe là une égalité refusée, jusqu’à ce jour.
Je réclame aussi la fin de la « galanterie ».
Au nom de l’égalité homme – femme, je n’envisage plus une certaine bienséance qui m’imposerait de me lever pour saluer une femme ou de lui céder ma place dans un transport en commun ou dans une assemblée.
Je réclame le droit de porter une robe dans un lieu public, sans apparaitre comme une excentricité ou le droit de porter des serviettes hygiéniques comme celles avec lesquelles la publicité télévisée nous assaillent, chaque soir.
Lors de mon passage dans les Forces armées, passant dans un garage, je vois un groupe d’hommes discutant le coup entre eux. Pendant ce temps, une frêle jeune fille, apprentie mécanicienne, se débattait avec un moteur de char qui semblait lui échapper. J’interpelle les mâles appuyés contre le mur, les invitant à lui venir en aide.
La réponse fut cinglante – et avec le recul, je la comprends - : « Elle a voulu faire ce métier, qu’elle le fasse ! »
Pourquoi ces combats seraient-ils ridicules ?

Si j’avais un conseil à donner aux partis politiques, je les inviterais plutôt à chercher des idées pour juguler le marasme social dans lequel tant de nos concitoyens semblent se débattent, sans aucune aide à l’horizon, si ce ne sont de belles paroles et des promesses.
Il y a là un combat qui mérite bien le déploiement de toutes les énergies. Il y a un néolibéralisme et une finance à exterminer : c’est là la vraie – et j’oserais dire la seule - priorité du moment !

Guy De Smet (6 octobre 2016)


- 88 - DE BLOCK OU UN CAUCHEMAR DE RETOUR …

De Block, il y a longtemps qu’on ne parlait plus d’elle … c’en était devenu un bonheur !
Certains Belges voient en elle la femme la plus populaire du monde politique. Loin de moi cette idée, je la considère plutôt comme une grosse bête noire et un chancre à combattre !
D’autres voient en elle un monstre dont le moindre mouvement est un cauchemar.
Parmi eux, il y a toutes celles et tous ceux qui vivent au quotidien des problèmes de santé.
Certes, il doit y avoir des « profiteurs » parmi eux, mais n’est-ce pas un peu simpliste de généraliser ?
De par leur état, ces « malades de longue durée » subissent déjà une triple peine :
celle de souffrir dans leur corps et de n’être ainsi que l’ombre d’eux-mêmes.
Celle aussi de connaître une certaine exclusion sociale : il ne leur est plus possible de mener une vie de contacts épanouissants … si ce n’est dans la limite de leurs maladies. Il est connu que dans ces moments-là, ceux-ci deviennent rares.
Celle de se sentir inutiles et inexistants … et ce, d’autant plus, que notre société leur demande d’être performants.
Les voici maintenant, en plus, pointés du doigt par la ministre.
Ils coûtent trop cher à la société.
Ils empêchent une course à la rentabilité et à la réussite et ils sont donc un poids pour les entreprises.
Il faut leur donner une leçon : marche ou crève !
C’est bien cela la philosophie humaine la plus profonde dont est capable le néolibéralisme et ses sbires qui nous dirigent.
Il faut « casser » tous ces profiteurs qui empêchent le système économique de fonctionner à plein rendement.
Il faut « éliminer » ces parasites toxiques qui sont source de trop de dépenses sociales.
Pour arriver à ses fins… il n’y a pas trente-six solutions : la ministre a décidé de ponctionner les allocations de survie de tous ces « malades ». Il suffit de les affamer et de leur imposer un avant-goût de la misère.
Elle se situe dans la droite ligne de ce néolibéralisme qui ne cesse de tuer le citoyen, vous et moi !
Salaires bloqués, saut d’index, hausse de la TVA et des prix, dépenses ministérielles et parlementaires injustifiées, dotations royales indécentes, intérêts notionnels et aide aux entreprises qui se soldent plus par des plans sociaux et des délocalisations que par des créations d’emplois autre que précaires. C’est là le bilan de ce gouvernement à mi-parcours de son forfait ! Une honte, encouragée par l’Europe !
Des hommes et des femmes sont exclus de la société, pendant que les migrants deviennent les nouveaux esclaves, aubaine d’une économie qui n’en a jamais assez.
Il n’y a pas de liens à établir, penseront certains … les citoyens se contenteront de « constater » !
Des hommes et des femmes font de leurs fins de mois difficiles des courses à la dignité, pendant que d’autres se pavanent au solstice de leurs richesses volées.
Des hommes, des femmes, des familles se privent de soins de santé, de manger à leur faim, de loisirs … de vie tout court … au nom de normes budgétaires et d’une austérité, imposées par la finance.
La ministre agit au plus mauvais moment, là où la torture infligée par le capitalisme se fait la plus visible : Caterpillar, assurances, banques …
Malgré cela, il lui plait d’afficher son mépris pour l’homme, pour le plus faible, pour celui qui souffre.
Comment pouvons-nous accepter cela sans réagir ?
Comment pouvons-nous laisser une chance à ce gouvernement, même si un autre ne
ferait pas mieux ?
Ce système économique et financier est pourri !
Cette Europe qui en est son valet est pourrie !
Cette ministre est pourrie !
Nos gouvernants sont pourris !
Il nous faut « boycotter » leurs plans, jusqu’à ce que la voix du peuple soit enfin entendue.
Il nous faut « boycotter » le monde de la banque et de la finance : sans nos dépôts, aussi petits soient-ils, elles ne sont rien !
Il nous faut consommer ailleurs, pour ne pas alimenter cette pompe à fric qu’est la TVA.
Vaste entreprise !
Mais pouvons-nous laisser mettre en place une société dans laquelle il n’y a pas de place pour les plus faibles ?

Guy de Smet (14 septembre 2016)


- 87 - PAS D’AMALGAME !

En ces temps de crise et d’angoisse, cette expression « Pas d’amalgame » s’entend au quotidien.
Elle s’est trouvée des chantres patentés en nos gouvernants et auprès d’un certain monde politique, dépassés par les événements. Ils ne cessent d’appeler à « vivre normalement », comme s’il était possible de faire l’impasse sur les drames vécus ou ressentis.
Elle est le slogan favori de la Ligue des Droits de l’Homme et des Églises qui ont peur que la haine ne prenne le pas sur un « vivre ensemble » qui semble devenu illusoire.
La communauté musulmane, elle aussi, met régulièrement en garde la population contre un racisme primaire qu’elle ressent et qui ne lui semble pas justifié.
Tous ces discours tombent dans le fouillis d’un monde explosé par l’intolérance, par le chacun-pour-soi, par un individualisme suicidaire. Ce sont là les conséquences d’une crise créée de toutes pièces par le Monopoly de la finance !
Que constate la population ?
Je me permets là de répercuter ce qui s’entend dans nos conversations, dans les rumeurs de la rue ou encore dans tous ces cercles qui sont le nid de nos colères et de nos incompréhensions.
Il s’agit de réflexions qu’il serait trop facile d’évacuer d’un revers de la main, au nom d’un populisme qui dérangerait !

La population réagit à l’arrivée massive de tous ces migrants. Elle les perçoit comme un danger et comme une menace pour l’emploi.
Peut-on vraiment leur donner tort, quand la Chancelière d’Allemagne – tout comme le patronat, chez nous - voit dans la vague migratoire une opportunité pour l’économie ?
Peut-on lui donner tort quand l’Europe – au nom de Schengen - a transformé nos frontières en un gruyère ingérable, ouvrant la porte à tous et à n’importe qui ?
Du travail pour les migrants … et des exclus autochtones du chômage.
Des logements sociaux pour les migrants … des files d’attentes pour les nationaux.
Une aide médicale pour les migrants … une exclusion des soins de santé pour les plus pauvres de chez nous !
En tirant sur les migrants, ne nous trompons-nous, cependant, pas de cible ?
Le coupable n’est-il pas plutôt à chercher du côté des décideurs, de celles et de ceux que nous avons placés au pouvoir et qui vivent à mille lieux de nos préoccupations ? Ce sont eux qui ont mis en place les conditions que nous dénonçons !
La misère des gens ne sera jamais une « opportunité ». Elle ne s’inscrira jamais dans des « quotas » !
Elle sera toujours un échec, dont nous portons, parfois, les responsabilités !

La population réagit en fonction de la peur suscitée par les attentats et les menaces qui se découvrent chaque jour.
Paris, Bruxelles, Nice, Saint-Etienne-du-Rouvray, Orlando … et demain où ?
Rien qu’en un jour de cette semaine : une voiture contenant des bonbonnes de gaz retrouvées aux abords de Notre-Dame de Paris. Deux individus fichés ont été arrêtés pendant que l’État islamique réclame un attentat à la voiture piégée.
Un groupe d’amis a été tabassé par des jeunes à l’origine marquée, aux abords d’une cité à Toulon. Les femmes cyclistes portaient des shorts, estimés trop courts ! Ces amies rejoignent d’autres femmes qui avaient subi le même sort, au début des vacances !
Des policiers agressés à l’arme blanche à Molenbeek par un individu en séjour illégal. Cet incident fait suite à une autre agression à Molenbeek lors d’un contrôle à une station de métro. L’auteur : un Français se réclamant de la mouvance de l’État islamique. Selon le Parquet, il ne s’agirait pas d’actes terroristes … comme si la population faisait la différence : la peur est née un jour !
Une peur s’est installée, la méfiance s’est installée. Elles se sont trouvées des cibles : burquini, femmes voilées, viande Hallal …
Mais là encore, ne nous trompons-nous pas de cible.
Nous avons à exiger de nos autorités de mettre en place les conditions maximales de sécurité en utilisant des lois d’exceptions qui correspondent à une situation de guerre : frontières sécurisées, peines incompressibles et radicales, expulsions, refus de retour de djihadistes …
Pour recréer un climat de tolérance, il faut rétablir des signes clairs d’un respect inconditionnel de la culture du pays d’accueil.

La population entend, comme l’ont voulu les responsables de l’État islamique, que les candidats au Djihad ne doivent plus se rendre en Syrie, mais opérer près de chez eux… Tous les moyens sont bons !
Interrogé, le fils de l’Imam de Verviers dévoile ainsi que des responsables de Daesh ont incité à un massacre à la tronçonneuse dans un centre commercial. Ils ont aussi décidé de punir les radicalisés qui ne passeraient pas à l’acte.
Propagande, penseront certains …
Source d’inquiétude, penseront d’autres …
Serions-nous autistes, au point de refuser de reconnaître les faits qui se déroulent chaque jour ?
Serions-nous tellement intelligents, au point de pouvoir reconnaître un musulman radicalisé d’un autre qui vit sa Foi et sa culture sans agressivité ?
Il faudrait pour cela une plus grande lutte des Musulmans contre un certain militantisme et un certain communautarisme qui salissent nos relations.
Il faudrait pour cela aussi un pouvoir politique et judiciaire qui soient plus en phase avec une guerre qui s’invite chez nous, sans y être attendue.
Nous ne sommes pas à un moment favorable pour découvrir les richesses culturelles du monde.
Nous vivons une époque de repli et de froid, d’insécurité et d’angoisse. L’Européen a besoin de signes visibles pour lui indiquer les repères de sa culture et de son horizon. Tout le reste sera perçu comme une agression !

Ne nous trompons donc pas de cible !
Les Musulmans qui vivent ou débarquent chez nous sont tissés de la même fibre que nous.
Certains utilisent les lois et les règlements et ils tâchent d’en tirer le meilleur profit.
Certains constatent aussi que les sanctions promises, en cas de débordement, sont souvent lettre morte.
Ils constatent que s’ils mettent la barre de leurs exigences plus haute, cela ne risque pas grand-chose. L’argument du racisme potentiel fera le reste !
Ils constatent, comme nous, que les sanctions mises en place sont insignifiantes face à l’ampleur des dégâts : que risquent-ils ?
Ne ferions-nous pas la même chose ?

C’est de nos gouvernants qu’il faut exiger une politique qui permette une réelle sécurité.
C’est de nos politiciens qu’il faut exiger des lois d’exceptions qui répondent aux besoins d’une guerre.
C’est à nos responsables judiciaires que nous devons imposer des sanctions exemplaires et des condamnations fermes et incompressibles.
Quelqu’un qui ne respecte pas nos règles de vie, notre culture, n’a tout simplement pas sa place chez nous … cela devrait être inscrit dans des textes incontournables.
Ne pas entendre le grondement du peuple, ce serait ouvrir la porte à une aventure de violence ou de populisme incontrôlable.
Ne pas écouter les craintes du citoyen, ce serait ouvrir les vannes d’un racisme et d’une haine que personne ne pourrait plus arrêter !
Je vous laisse avec cette maxime de Hyppolyte Taine : « N’ayez de l’intolérance que vis-à-vis de l’intolérance » !

Guy de Smet (8 septembre 2016)


- 86 - CHERCHE DES VÊTEMENTS !

En feuillant les pages de l’actualité, je n’ai pu m’empêcher de me laisser interpeller par un article de presse paru dans Trends Tendance.
Il y est fait écho d’une réflexion de Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Le temps d’un « mot », il se fait l’exégète de la situation économique et sociale que nous vivons un peu partout dans le monde, mais, entre autres, chez nous en Belgique.

Est-il besoin de rappeler le drame social que vivent pas mal de nos concitoyens, ces jours-ci ?
Caterpillar, 2200 emplois sacrifiés, sans compter les dégâts collatéraux que ce gâchis va entraîner.
Axa et près de 650 à 850 emplois sacrifiés sur l’autel de la rentabilité.
Ces chiffres sont le reflet de drames et d’humiliations que vont subir des milliers de familles.
Ils sont l’illustration d’un pays qui va mal, alors que nos gouvernants se font les chantres d’une reprise et d’une sortie de crise illusoire.
Ils sont aussi la preuve du mépris qu’éprouve le « Grand capital » pour un pays, mais aussi pour ses forces vives qui font, pourtant, l’explosion de ses bénéfices.
Ces chiffres représentent aussi l’essoufflement et l’impuissance d’un système : toujours plus … mais pour qui … pourquoi ?
Il est beaucoup question dans les discours politiques et institutionnels de l’importance de la démocratie.
Régulièrement, nous sommes mis en garde sur les dérives possibles de mouvements populistes qui risquent de mettre en cause notre vivre ensemble, nos valeurs, notre soif de droits et de liberté.
« ON » nous explique que ce n’est pas bien, mais jamais pourquoi ni pour qui !
Nous venons d’entendre, que dans l’affaire Caterpillar, Charles Michel a été prévenu comme vous et moi, brusquement. En même temps, nous apprenions que son agenda était trop chargé que pour rejoindre les familles dans leurs effondrements.
Nous apprenons que la Wallonie se met à l’écoute du drame, mais sans trouver de répondant avec qui discuter : les instances de Caterpillar se camouflant derrière un silence qui serait leur droit.
Le Parlement fédéral se prépare à « entendre » les gérants du drame social, en enregistrant la place vide du patronat qui ne juge pas nécessaire de faire la clarté. Ils se cache même derrière la loi, celle de la procédure Renault pour le faire !
Pendant ce temps-là des travailleurs pleurent sur leur avenir et celui de leurs familles.
Pendant ce temps-là des actionnaires se frottent les mains face au profit qu’ils vont pouvoir tirer de l’exploitation d’autres esclaves.
Bonjour, la démocratie !

Dans son article, Amid Faljaoui nous propose de ne pas nous étonner de ce genre de situation.
Selon lui, il y a bien longtemps que le pouvoir économique échappe à nos volontés démocratiques.
Il y a longtemps, par exemple, que les taux d’intérêts, celui des prêts hypothécaires ou de notre carte de crédit sont fixés par la Banque européenne et par les marchés financiers.
Il y a longtemps que le taux de l’Euro et de la monnaie est fixé par la loi de l’offre et de la demande et non par les décideurs politiques.
Même nos ministres des finances tant nationaux que régionaux n’ont plus rien à dire ! Ils ont le droit et le devoir d’exécuter !
Ainsi, quand le Ministre des finances propose une baisse de l’impôt des sociétés, qui devait être neutre budgétairement, il se fait recadrer par la Commission Européenne.
Amid Faljaoui d’écrire : « on a le droit d'avoir des idées, on peut même les exposer, mais pour ce qui est de l'appliquer, il faut demander l'autorisation à des technocrates européens qui nous imposent de respecter des normes de Maastricht que nous avons nous-mêmes voté. »
Il vient d’arriver en Irlande un incident qui en dit long sur la dérive économique que nous subissons de plein fouet.
Pour attirer des entreprises chez elle, l’Irlande a décidé de limiter au maximum l’impôt redevable par « Apple », comme elle l’a fait pour d’autres entreprises.
Mal lui en a pris : la Commission Européenne lui impose d’accepter une amende fixée à 13 milliards d’Euros.
Sanction cornélienne : l’accepter, serait pour l’Irlande assister, impuissante, au départ de nombreuses multinationales qui ont trouvé là un paradis fiscal.
La refuser, ce serait accepter le hold-up des entreprises sur un État : c’est bien ce que nous vivons chez nous avec ce drame de Caterpillar et de tant d’autres qui avaient tracé la voie, avant.

Face à cette dictature de l’argent, nos gouvernants sont bien impuissants.
Ils ressemblent à des « rois nus », à qui il faut d’urgence trouver des vêtements.
Pour cela, il nous faudrait, d’une part, trouver des mandataires politiques et sociaux qui ne soient pas des valets de la finance, au nom d’intérêts qu’ils y puiseraient.
D’autre part, il nous faut « boycotter » au maximum la finance et tous ces systèmes macroéconomiques qui nous exploitent. Nous en avons le pouvoir !
Voyez City 2 ou les magasins de la rue Neuve à Bruxelles.
Poussé par les lobbies économiques, le gouvernement avait autorisé leur ouverture le dimanche.
À peine ouverts … À peine fermés … faute de clients !
Il est temps de retrouver des vêtements pour habiller notre dignité !
Et si nous agissions ainsi dans nos manières de consommer, en devenant « responsables » et « solidaires » ?
Si nous agissions ainsi avec notre argent en « boycottant » les banques et leur indécence ?
Si nous agissions ainsi face à toutes ces exigences que placent devant nos yeux les marchés économiques, les grandes entreprises, l’Europe, les lobbies en tous genres ?
Si nous luttions contre ces volontés exacerbées de nous imposer un traité Europe-États-Unis qui ne tient même plus compte de la qualité de notre vie ? Entre parenthèses, l’Europe de Juncker compte bien poursuivre les négociations malgré les avis défavorables de certains États-membres ! Démocratie ?
Il nous faut « tuer » le néolibéralisme et le Grand capital et nous préserver de ses valets.
Il nous faut éradiquer tout ce qui ne respecte pas l’homme.
Prochainement divers mouvements sociaux nous serons proposés.
Ne les boudons pas trop vite, au nom de notre liberté de travailler ou de nous mouvoir. Demain, nous pourrions en être les victimes !
Ils sont une veilleuse et un baromètre de notre avenir !
Un monde est à construire.
L’humain doit en être la trame !

Guy de Smet (6 septembre 2016)


- 85 - JORDI

Tu avais 19 ans.
Ton frêle corps d’adolescent vient d’être retrouvé, sans vie, sous une tente, dans un parc gantois.
Le premier qui t’a découvert, c’est un chien … symbole de toute une vie !
Noyé dans nos indifférences, tu es mort de faim et de soif là où, d’habitude, on meurt de trop bien manger et de trop bien boire.
Au cœur de l’été, tu es mort, dans l’indifférence générale, de faim et de soif … au XXIème siècle !
Tu en avais pourtant lancé des appels à exister, entre autres, sur ces foutus réseaux sociaux. Ils nous offrent tellement l’illusion d’exister pour quelqu’un.
Ta vie fut un cauchemar !
Placé en institution, après une maladie cardiaque de ta mère, tu es allé de placements judiciaires en bonheurs éphémères de familles d’accueil.
À côté de toi, il y avait des professionnels de l’éducation, alors qu’il t’aurait fallu de la tendresse.
À côté de toi, il y avait une dure réalité, alors que ton quotidien n’était fait que de règlements, de dotations et de solitude.
À côté de toi, tu aurais aimé, comme tous les jeunes, un peu d’amour et de fierté et tu n’as eu que l’horizon de murs d’institutions.
Et puis est venu l’âge du « tout possible », l’âge de la liberté retrouvée !
Tu as dû décompter les jours, comme le font les prisonniers ou encore les miliciens de jadis qui coupaient des morceaux de rubans.
Que d’espoirs, tu as dû placer dans cette porte qui s’ouvrait enfin sur une vie à construire !
Et là, le cauchemar t’accompagnait. Comme toi, il avait fait ses valises, pour te coller à la peau.
Tu as bien essayé de retourner vivre chez ta mère. Cela n’a pas duré. Vous étiez devenus des étrangers l’un pour l’autre : que se dire encore après tant d’années et après une telle impression d’abandon ?
Tu as découvert la noirceur d’une solitude qui tue. Tu n’existais pour personne, si ce n’est pour ta petite amie, qui était bien impuissante face à ton désarroi.
Tu n’as trouvé que l’abri d’une tente, plantée dans l’anonymat d’un parc public.
Au cœur de l’été tu as dû les voir, ces enfants qui jouaient à côté de toi, sans te voir.
Tu as dû les voir ces amoureux qui se bécotaient sur les bancs publics, sans te remarquer. Déjà, d’habitude, ils ne remarquent personne, enfermés qu’ils sont dans leur bulle de bonheur.
Tu as dû les suivre des yeux ces familles dans lesquelles il semblait faire bon vivre, dans lesquelles la table du repas les attendait, ainsi que la fraîcheur d’un peu d’eau.
Sans qu’il n’y ait de raisons, tu as été exclu de tout cela, sans être coupable de rien.
Tu as lancé des appels à travers les réseaux sociaux, sur lesquels il semble plus facile de se pavaner pour exposer ses photos de vacances ou les péripéties d’une soirée d’anniversaire.
Personne ne t’a entendu.
Personne ne t’a vu !
Un chien, un soir d’été, reniflera ton corps et attirera l’attention des aveugles qui ne t’avaient même pas croisé.
Tu es mort de faim et de soif.
Tu es mort d’indifférence et de solitude.
Tu es mort, sans personne pour te tenir la main ou fermer tes yeux ou te serrer contre son cœur.
Ironie du sort, aujourd’hui, on parle de toi sur les réseaux sociaux ou encore dans la presse. Il existe même des initiatives qui veulent cacher la honte du genre humain !

Ce drame est survenu dans le beau pays dans lequel tout va bien, la Flandre de Bart De Wever et de ceux qui pensent comme lui.
Ce dernier s’est fait le champion du néolibéralisme.
Il s’est fait le serviteur incontrôlable d’un système économique pourri, dont nous voyons les effets, chaque jour.
Il s’est fait le chantre de la réussite, tant économique que sociale … Une Flandre qui gagne, une Flandre qui brille … Mais à quel prix !
La Flandre libérale de De Wever, c’est celle dans laquelle il n’y a pas de place pour Jordi et pour ceux qui lui ressemblent.
La Flandre Libérale de De Wever, c’est celle qui ne s’embarrasse pas d’aide sociale ou de subsides sociaux. L’aide aux entreprises qui délocaliseront, demain, y est tellement plus importante !
Il est possible dans cette région d’être un jeune « oublié », d’être un vieux enfermé dans la noirceur de homes où les soins sont devenus impossibles, faute de subsides.
Il est possible pour un jeune d’y être enfermé dans des institutions privées de dotations, au point de ne pouvoir aider à l’insertion ou à l’accompagnement. Il est facile, alors, de se cacher derrière le prétexte prude et sordide : « À 18 ans, ils sont majeurs. Ils doivent faire eux-mêmes la demande d’un suivi ».
Il est possible d’y être exclu du travail et de l’existence, simplement parce qu’on y est chômeur.
Pauvre monde qui a remplacé la contemplation et le respect de l’homme et de ses valeurs par la contemplation et le respect de l’argent !
Pauvre monde qui a remplacé les droits de l’Homme par les exigences de l’argent et de la finance !
Pauvre monde qui a remplacé l’empathie par l’indifférence et par le chacun pour soi !

Mais tout cela, Jordi, ne te rendra pas la vie, tes rêves, tes amours …
Tu resteras la victime de notre inhumanité.
Tu resteras un « sacrifié » sur l’autel de la réussite et d’une Flandre qui gagne.
Tu resteras un martyr et un décapité de notre « vivre ensemble ».
À jamais, tu seras en droit de nous dire : « Vous êtes passés à côté de moi … sans me voir ! »
Face au crime de notre indifférence, laisse-nous pourtant te demander « Pardon » !
Laisse-nous au moins graver dans nos actes et ceux des modèles politiques et sociaux que nous laissons mettre en place : « Plus jamais ça »
Mais qui peut pardonner la destruction d’un enfant ?

Guy de Smet (6 septembre 2016)


- 84 - FERMETURE DE CATERPILLAR

Ce vendredi matin est une journée noire - une de plus - pour la Wallonie.
L’usine Caterpillar vient de fermer ses portes, laissant sur le carreau 2200 ouvriers et employés.
La raison invoquée est une baisse de la demande des produits manufacturés. Cela entraînera une relocalisation ailleurs en Europe, mais aussi dans d’autres régions du monde – pour le plus grand bonheur de l’actionnariat de l’entreprise – .

Drame pour ces familles qui voient leur « vie » s’écrouler.
Des factures à payer, une rentrée scolaire, un pouvoir d’achat qui n’était déjà pas brillant …. De quoi, l’avenir sera-t-il fait demain ?
C’est là le moindre souci de la multinationale américaine. Pour elle, ce qui compte ce sont les bénéfices, la compétitivité, la rentabilité … l’argent !
Cette entreprise n’a aucune considération pour le travail d’hommes et de femmes dont le sort était lié à l’activité industrielle.
Il y a quelques temps déjà, en raison de la crise économique, des licenciements massifs avaient été opérés et des efforts substantiels avaient été demandés aux travailleurs restants.
Ceux-ci s’étaient sacrifiés, se privant pour que quelques voyous industriels profitent jusqu’au bout d’une manne financière non négligeable.
Toutes ces manœuvres avaient suscité une grogne syndicale qui a eu l’art d’en agacer plus d’un … Égoïsme quand tu nous tiens !
Cette fermeture est une honte, un scandale et une traitrise !

Depuis son installation dans notre pays, l’usine américaine a su profiter de tous les filons d’aide proposés par l’État.
Des millions ont été investis par l’État fédéral et par la Région Wallonne, dépassant de loin, le capital initial.
En quelque sorte, cette société, dans un contexte juridique normal, aurait dû tenir compte d’un actionnaire majoritaire, qui est l’État, donc les travailleurs, donc les citoyens. Ceux-ci ont tout simplement été bafoués !
En délocalisant, aujourd’hui, nous assistons, impuissants, à un hold-up de la finance « mondialisée » au détriment de simples travailleurs qui avaient misé leur avenir sur le travail de leurs mains.
Ils n’ont pas hésité, en même temps, à mettre à sac l’économie d’une région qu’ils ont sucée jusqu’au sang.
En délocalisant, ils extorquent les « aides » de l’État et des Régions qui leur a permis d’engranger des fortunes importantes, qu’ils n’ont même pas la décence de rembourser. Cela s’appelle « vol » !
Voilà les véritables « Djihadistes » qui assassinent un pays tout entier !
Mais il valait mieux nous distraire avec le burquini ou avec l’aventure de deux femmes voilées dans un restaurant !

Pendant ce temps-là, nos excellences se prélassent dans des châteaux pour fixer des caps pour demain.
Ils envisagent des aides pour ces entreprises qui n’auront, demain, aucun scrupule à mettre la clé sous la porte, pourvu que les bénéfices soient plus importants ailleurs.
Michel et son équipe de « véreux » afficheront certainement une mine de circonstance pour exprimer leur soutien aux travailleurs … Hypocrites !
Ils ne cessent de ramper devant ces grands patrons, vendant jusqu’à l’âme qu’ils n’ont pas.
Ils ne cessent de ponctionner le portefeuille des Belges pour alimenter l’appétit gargantuesque des entreprises qui n’en ont jamais assez. Pour arriver à leurs fins, celles-ci n’hésitent pas à faire du chantage leur arme de destruction massive.
Ils ne cessent de rêver de plans d’investissements qui leur sont imposés par la finance, au détriment d’une population qui n’arrive plus à boucler les fins de mois.
Ils ne cessent de vanter les vertus d’emplois précaires, remplaçant ces contrats à plus long terme qui permettaient de construire un avenir, aussi simple soit-il.
Ils paupérisent des travailleurs en leur imposant des conditions de travail et des salaires qui frôlent l’exploitation.
La région wallonne devra, une fois de plus, endosser son habit de « pompier » pour calmer le feu d’une misère sociale qui ne cesse de se déployer au sein de la population.
Elle actera, une fois de plus, son impuissance à collaborer avec une finance qui a revêtu les habits de la mafia.
Quant aux travailleurs et leurs familles, ils n’auront que leurs larmes pour pleurer en voyant s’envoler leurs rêves les plus légitimes.
La détresse et l’humiliation seront les seuls fruits qu’ils récolteront de ce jeu de dupes, pour lequel ils ont payé le prix fort.

Jusqu’à quand laisserons-nous les financiers piller notre vivre ensemble ?
Jusqu’à quand laisserons-nous les valets politiques des « banquiers » et de l’Europe détruire le modèle social que nous avions construit au fil des ans, dans la sueur et dans le sang ?
Jusqu’à quand nous laisserons-nous déposséder et voler par ces multinationales qui se comportent comme autant « d’états islamiques » assassins ?
Aujourd’hui, les larmes de 2200 travailleurs coulent dans le ciel de la Wallonie. Elles sont rejointes par la colère de toute une population qui dit « stop » à cette finance irresponsable, criminelle et mortifère !

Guy de Smet (2 septembre 2016)


- 83 - DJIHADISME ?

Voilà un mot qui doit battre les records d’utilisation, ces dernières années.
J’ai donc voulu savoir ce qu’il signifiait exactement.
Pour ce faire, j’ai consulté mon « Petit Larousse » et j’y ai trouvé deux définitions du Djihad :
«  Effort sur soi-même pour atteindre le perfectionnement moral ou religieux.
 Combat, action armée pour étendre l’Islam et, éventuellement, le défendre. (C'est abusivement que le mot est employé au sens de « guerre sainte ».) »

Le sens premier correspond assez bien à la « conversion » chrétienne.
Le second nous rapproche des croisades et d’une époque qui nous semble bien lointaine, même si de vieux démons subsistent dans tous les courants de pensée !
Il ne s’agit, en aucune manière, précisent le dictionnaire et les spécialistes qui ont été consultés, d’une « guerre sainte » qui serait instaurée par Dieu lui-même.
C’est avec ces lunettes, que je me suis permis de relire l’actualité de ces derniers mois.

Nous avons d’abord connu les attentats qui depuis des années déchirent l’Occident. Le souffle d’explosion issu du 11 septembre à New-York semble avoir dévasté sur son passage un certain mode de vie et une certaine pensée occidentale qui dérange.
Madrid, Londres, Paris, Bruxelles, Nice, Saint-Etienne-du-Rouvray et tant d’autres villes de notre vieille Europe sont devenues les victimes des fous de Dieu. Ceux-ci semblent initier un conflit que Dieu n’a jamais souhaité ou revendiqué ou approuvé.
Que de sang innocent a coulé pour assouvir la soif de terreur qui habite le cœur d’hommes et de femmes issus de la planète musulmane.
Que de familles sont à jamais déchirées par des actes d’une barbarie sans nom, sous les cris de « Allah est grand ».
Que de haine qui ne cesse d’envahir le cœur de l’homme terré dans ses peurs et dans ses angoisses.
Ce souffle mortifère nous vient des déserts d’Irak et de Syrie, où quelques fanatiques ont rêvé d’établir un califat et de conquérir le monde au nom de l’Islam. Ils se sont appelés eux-mêmes : État islamique, se revendiquant d’une religion pour laquelle ils sont une honte et un blasphème.
Ses combattants sèment la mort, l’horreur et l’humiliation, faisant un pied de nez à une coalition qui semble bien impuissante à éradiquer le mal aussi vite qu’elle l’aurait souhaitée.
Ils sont aussi chez nous, à travers, ces centaines de jeunes qui se découvrent une âme de martyr, se sacrifiant au nom d’Allah qu’ils ne connaissent pas.
L’important est de « casser » la société occidentale et les valeurs qui la guident.
L’important est de défier ses forces de défense et de Justice, limitées par leurs soucis de droits démocratiques.
Aujourd’hui, les penseurs du mouvement invitent ces jeunes à ne plus se rendre en Syrie, mais à perpétrer leurs « actes courageux » au plus près de la population occidentale … là où ils vivent !
Face à eux, nos dirigeants semblent bien impuissants, même si, j’ose l’espérer, la volonté de nous protéger existe.

Une deuxième forme de « djihadisme » selon les normes du dictionnaire, il me plaît de la lire dans les différentes manifestations d’un « militantisme musulman » qui éclate à nos yeux étonnés, chaque jour.
Il y a eu l’exigence d’heures de piscine pour les femmes musulmanes, il y a eu la volonté d’imposer la viande Hallal dans les cantines publiques, il y a eu l’opposition aux signes culturels dans les lieux publics à Noël ou dans les cimetières, il y a eu, au Canada, l’invasion perturbante d’une église pendant la célébration d’une messe, il y a eu l’insoumission du voile intégral et de la burqa, il y a eu l’installation, dans notre pays, d’un parti politique voulant imposer la Charia, la Loi  de Dieu  … et j’en passe.
Dernièrement, au lendemain des attentats de Nice, il y la volonté d’imposer le burquini avec toute la polémique stérile qui a suivi.
Il y a eu aussi cet incident monté en épingle de deux femmes musulmanes éjectées d’un restaurant, vidéos à l’appui, parce qu’elles portaient le voile. Le lendemain, de jeunes musulmans sommaient, avec violence, le commerçant de se justifier !
À travers ces provocations, le militantisme musulman est parvenu à ébranler notre « vivre ensemble », imposant une culture qui n’est pas celle de l’Occident.
Il est arrivé à monter les uns contre les autres des citoyens qui avaient pourtant bien d’autres défis à relever, au plan social ou au plan économique.
Il s’est donné pour mission d’ébranler nos autorités déchirées entre les valeurs de la démocratie et leur impuissance à affronter ces mouvements sauvages.
Il est parvenu à attiser les scories d’un racisme facile et bêtifiant.
Il s’agit là d’attentats, certes moins sanguinaires, mais tout aussi violents !

Une religion, une culture, cela ne s’impose pas !
En venant habiter en Occident, les Musulmans ont fait un choix, celui d’appartenir à un monde guidé par des valeurs de justice, d’égalité, de fraternité. Cela se respecte : pour les mettre en place, il aura fallu bien des combats !
En venant habiter en Occident, ils ont fait le pari de « profiter » d’une culture et d’un mode de vie qui allait leur offrir un avenir, sans quoi, ils seraient restés au pays.
Cette liberté-là, JAMAIS, ils ne nous l’enlèveront !
Aujourd’hui, ils se plaisent à nous qualifier de racistes, parce que nous ne plions pas face à leurs exigences. Et cela fonctionne tellement, nous sommes abreuvés de « Droits de l’Homme » !
Aujourd’hui, la provocation semble être la seule arme qu’ils aient trouvée, là ou respect et dialogue auraient pu ouvrir les portes de la compréhension et de la fraternité.
Cela ne mérite que notre mépris !
J’aimerais simplement soumettre à leur réflexion l’exemple du Qatar.
Ce pays vient de publier une liste de vêtements occidentaux désormais interdits sur le territoire.
Les autorités réfutent avec force l’impression qu’elles seraient racistes. Elles prétendent simplement « protéger » leur culture, d’un Occident envahissant !

Le seul militantisme, le seul Djihad dont peut se réclamer un croyant, c’est celui de l’Amour, parce que Dieu, dans la Torah, dans le Coran, dans la Bible est Amour.

Guy de Smet (31 août 2016)


- 82 - SCANDALE OU PROVOCATION ?

Une fois de plus, la France est en émoi, au nom d’un incident qui ne méritait pas toute l’attention d’une « presse-poubelle » qui n’a rien à se mettre sous la dent au mois d’août.
Un restaurateur, dans un de ces coins perdus du pays, a refusé de servir deux femmes musulmanes, parce qu’elles étaient voilées.
Il en a profité, dans le feu de l’emportement, pour exprimer sa colère à travers des propos pour le moins islamophobes, dans la mouvance d’une certaine vision française et européenne, au lendemain des attentats.
Itélé, cette télévision qui doit produire des nouvelles pour tenir une journée, s’enflamme !
Les réseaux sociaux s’enfoncent dans une litanie de pugilats qui font le « buzz » d’un instant.
Des interpellations – jusqu’au plus haut niveau politique – font le bonheur de celles et de ceux qui n’attendaient que cela pour enfin exister !

Qu’en penser sur le fond ?
La situation vécue par le restaurateur le place dans son droit. Il reçoit chez lui qui il veut et il n’a pas à justifier que tel ou tel client soit ou non le bienvenu.
Quand une interdiction d’entrée survient dans une boîte de nuit ou dans un restaurant chic cela ne dérange personne !
« Complet » … ce mot n’a pas été inventé par hasard !
Ces femmes voilées pourraient, selon son estimation, semer le trouble auprès de ses autres clients, pas encore remis de la dernière vague d’attentats. Il veille donc sur la sécurité de son établissement. Nous ne pouvons que l’en féliciter !
Selon son jugement, il vaut mieux prévenir que guérir. C’est ce qui justifie sa décision !
Malheureusement, dans le feu du pugilat qui a dû suivre, il s’emporte et lance de malheureuses invectives qui empêcheront toute sérénité. Cela jetterait-il l’opprobre sur un droit qui lui appartient ?

Mais mon propos ne souhaite pas en rester là !
Si ces femmes avaient décidé d’entrer dans ce restaurant, sans en faire une provocation, il aurait fallu, comme le prévoit la coutume musulmane, qu’elles soient accompagnées par un homme ! Un petit détail qui change tout !
Et là, personne … si ce n’est un malheureux téléphone portable qui immortalisera la scène !
Itélé se fera du bien en rachetant cette vidéo et en soignant ainsi son audimat. La chaîne en diffusera la partie qui l’intéresse !
Si ces deux femmes avaient été sérieuses en se revendiquant d’une coutume musulmane, il aurait peut-être fallu la suivre entièrement … et s’encombrer d’un chaperon !
À moins que, dans la foulée du burquini, il y ait une volonté explicite d’imposer le statut de la femme musulmane chez nous, dans notre culture. N’est-ce pas cela que nous appelons « provocation » ?
Ce serait là un pas de trop qui risquerait, demain, de transformer nos rues en terrains d’émeutes.
Ceci d’autant plus que les revendications culturelles et communautaires ne cessent de pleuvoir, ces derniers temps, semant une curieuse impression d’invasion indigeste.
Nos pays ont connu des vagues de terreur qui de Nice à Bruxelles, en passant par Saint-Etienne du Rouvray ont semé la peur dans les consciences.
Ces attentats étaient le fait d’hommes qui vivaient chez nous. Ils étaient nos voisins. Nous les croisions dans la rue et rien ne permettait de les distinguer.
Ils ont utilisé nos armes démocratiques et nos « dérives naïves » des Droits de l’Homme pour commettre leurs méfaits.
Cela ne semble pas être le meilleur moment pour étaler des signes culturels qui de richesses pourraient bien devenir des stigmatisations.
La peur n’est pas bonne conseillère, mais elle dépasse notre raison !
Dès lors, ce genre d’incident, passera toujours, dans la pensée collective de nos sociétés comme une provocation intolérable. Iront-ils jusqu’à l’étincelle fatale ?
Il serait si simple de s’intégrer, en ces temps de crise, sans se faire remarquer !
Aurions-nous d’ailleurs le droit d’agir autrement dans leurs pays d’origine ?
Aujourd’hui, ces femmes doivent jubiler : grâce à leur fanatisme, elles existent et elles ont bousculé la pensée de l’Occident ! Grâce à leur intolérance elle ont fait avancer la « cause musulmane » qui a selon elles et leurs mentors, à s’imposer dans nos pays !
N’est-ce pas le but recherché par tous les djihadistes de sinistre mémoire ?

Je souhaite encore faire un pas de plus dans ma réflexion !
Il est curieux de voir s’enflammer le monde politique au sujet de cet incident.
Selon certains, il faudrait sanctionner.
Selon d’autres, il faudrait légiférer.
Selon la ministre des Droits de la femme, il faut condamner, alors que la population attend encore sa réaction face à l’agression subie par deux jeunes françaises, parce que leurs tenues étaient trop légères !
Mais de qui se moque-t-on ?
Il aura fallu ces faits divers liés à un voile ou à un burquini (et que trouvera-t-on à se mettre sous la dent, demain ?) pour réveiller le monde politique ?
Dans ce combat « virtuel » je les trouve tous, très audacieux et pathétiques : on va voir ce qu’on va voir !
Depuis plus de trente ans, ils n’ont rien vu venir et aujourd’hui nous subissons leurs négligences calculées !
Pendant ce temps-là, notre société, de par l’inhumanité de son économie, crée des exclus, institue la pauvreté comme modèle social, crée des conditions de travail et des horaires proches de l’esclavage, trafique l’importance des chiffres inquiétants du chômage …
Pendant ce temps-là, des jeunes croupissent dans la précarité de petits boulots qui ne mènent nulle part.
Pendant ce temps-là, des vieux se voient exclus des soins de santé, des aides bancaires, d’une retraite digne.
Heureux incidents qui sont l’arbre qui cache la forêt !
C’est pourtant là que le monde politique est attendu.
C’est là qu’un peu d’espérance doit être apportée.
C’est là qu’un peu d’humanisme devrait atténuer l’éblouissement de l’argent et de tout ce qui brille.
Mais sur ce terrain, nos gouvernants n’affichent que leur impuissance face aux exigences scandaleuses de la finance et du monde des nantis.
Ils camouflent leur incompétence en distillant un racisme facile, aidés par une presse qui se comporte comme un vulgaire outil de propagande.
Ils se retranchent derrière les Droits de l’homme en oubliant ceux qui les pointent du doigt, comme le droit au travail ou aux soins de santé ou au logement, pour ne citer qu’eux !
Ils nous parlent de « guerre » en oubliant de nous protéger de ses effets néfastes.
Ils nous parlent de « vivre ensemble » en oubliant de nous en donner les moyens.
Ils nous parlent et agissent si peu !

Scandale ou provocation ?
Je crois que les deux ne sont pas de trop pour indiquer la dérive d’une société enfoncée dans ses crises !

Guy De Smet (29 août 2016)


- 81 - UN PEU DE RECUL

L’actualité de cet été a été chaude, tant du point de vue de la chaleur des températures que de celle de l’actualité.
Souvenez-vous !
Au mois de juin dernier, la tonalité était morose : crise insoluble des migrants, difficultés économiques, grogne sociale … les rues pourraient encore nous faire vibrer au rythme des angoisses des citoyens.
En Belgique, la flexibilité du travail était dans tous les esprits. Cette loi allait s’ajouter à d’autres tout aussi injustes, pendant que quelques fraudeurs fiscaux, avec la complicité des autorités, se la coulaient douce au soleil de Panama.
En France la loi « travail » avait mis en émoi la France entière, faisant resurgir le spectre d’une précarité qui avait déjà fait tant de blessures.
Juillet commençait avec des départs en vacances, des pauvretés qui s’étaient déjà bien installées, un flot migratoire qui nous étouffait … Le tout, sous le regard d’une météo peu encourageante.
Il y eut alors l’attentat de Nice avec le cortège d’indécences politiques qui allaient l’accompagner. On aurait presque mis sous le boisseau la douleur des familles décimées par le drame.
Quelques jours plus tard, l’assassinat lâche du Père Hamel allait, une fois de plus, retourner le couteau dans la plaie et concentrer notre attention sur ces « Musulmans qui nous font peur ! »
Et puis … plus rien … comme si le vent d’un « terrorisme imminent » s’était calmé, tout en maintenant un climat de peur, dans lequel le monde politique nous invitait à ne pas sombrer, tout en l’agitant.
Mais ces autorités de nos pays avaient encore la délicate mission de mettre en place les mesures impopulaires qu’ils avaient décidées : la structuration des mesures rendant le travail plus flexible et fixant l’avenir des travailleurs dans des normes injustes et destructrices.
La recherche de taxes et de moyens pour financer les déficits, afin de respecter les normes de la dictature européenne.
La recherche d’artifices permettant une aide substantielle aux entreprises, dans l’espoir d’hypothétiques créations d’emplois …
Si l’actualité n’avait plus rien à se mettre sous la dent, tous ces « marchandages » allaient être publics.
Bienheureux Burquini qui survint à ce moment-là !
Une fois de plus, le pouvoir, aidé par son organe favori, la presse, allait orchestrer une diabolisation d’une situation qu’il a laissé mettre en place.
Il a déchaîné les chiens d’un racisme facile qui allait motiver les citoyens pendant qu’ils œuvraient dans l’ombre.
Et, ça marche !
Les réseaux sociaux s’enflamment.
Les médias sont à la traque de situations susceptibles de faire bouillir l’opinion.
Les politiques orchestrent les « peurs », parlant de guerre, tout en laissant une vie se poursuivre sans oser prendre les mesures qui s’imposeraient.

Me vient donc une question : qui est le vrai djihadiste qui met l’Occident à genoux ?
Certes, il y a ces « radicalisés » pour lesquels on a parfois peur de réveiller le juge, la nuit.
Certes, il y a ces morts qui se trouvaient à la mauvaise place au mauvais moment, mais qui n’émeuvent pas très longtemps.
Eux, il y aurait moyen de les neutraliser si une volonté politique offrait les moyens de le faire.
Par contre, selon moi, le vrai djihadiste, c’est le néolibéralisme qui met à feu et à sang les citoyens que nous sommes.
Il s’est accouplé à des valets politiques nationaux, américains ou européens …  Et tel un bulldozer, il casse tout sur son chemin.
Il casse le modèle social au nom d’une soif de bénéfices et de marges financières.
Il détruit le tissu social, poussant des hordes de travailleurs dans la précarité et dans un esclavage indigne.
Il détruit notre bien le plus précieux, cellule de base de notre société, la famille, lui arrachant les derniers moyens de vivre unie et stable. Comment, en effet, envisager de construire une famille quand les moyens financiers ne sont plus là, que le travail ne permet plus de vivre, quand les horaires de travail deviennent aléatoires ?
Le Président français disait, au début de son quinquennat : « Mon ennemi, c’est la finance ».
Plus tard, il dira : « Nous sommes en guerre ».
J’emprunte ces mots (mais que cela !) pour dire : mon ennemi, c’est la finance représentée par cette banque qui me connait quand j’y dépose de l’argent, mais qui m’ignore quand j’ai besoin d’aide, représentée par cette rage taxatoire qui me pousse à faire mes courses à l’étranger.
Mon ennemi, c’est l’Europe, qui nous enferme dans des quotas et dans des normes financières irréalistes et peu soucieuses, d’un citoyen qu’elle ne connait pas.
Mon ennemi, ce sont ces gouvernements néolibéraux, comme celui qui dirige mon pays. Il fait de l’injustice un mode de gouvernance et de l’asservissement de la population, une arme.
Mon ennemi, c’est celui qui écrase et humilie l’exclu du chômage, celui qui semble ne plus être rentable, celui qui n’a que son travail pour s’exprimer et pour survivre.
Mon ennemi, c’est cet ex-roi qui n’a même pas la décence de cacher son amertume face à une baisse d’une dotation injustifiée, d’encore plus de 900.000 euros, ce qui représente plus de 76.000 euros par mois … Aujourd’hui il fait la honte de notre Belgique !
Sait-il qu’un simple citoyen à qui on impose de payer sa dotation, devra travailler plus de 40 mois, pour être rémunéré comme lui ?
Ils sont les relents des poubelles de nos sociétés !

Face à cela, il nous faut rester vigilants et s’imprégner de l’idée : « Nous sommes en guerre » !
Ce sera avec toutes les forces démocratiques qu’il nous faudra quitter les rives d’un fatalisme nauséabond et partir en guerre pour ouvrir l’espérance d’une nouvelle société, dont l’Homme sera le centre.

Guy De Smet (26 août 2016)


- 80 - BURQUINIS ET APRÈS ?

Nous connaissions déjà le maillot de bain en une seule pièce, le bikini, le monokini… voici un nouveau modèle : le burkini !
Ce que nous connaissions jusque-là fut le fruit d’un long combat social et culturel que les femmes occidentales ont mené avec force et réussite.
Il est le signe d’une libération de la femme qui, jusqu’à aujourd’hui, réclame une vigilance de tous les instants.
Il est aussi l’illustration d’une conquête humaine, malgré le poids des traditions et des religions, celle de l’acceptation d’un corps.
Le chemin fut long et les obstacles furent nombreux pour que le corps puisse enfin s’exposer, sans arrière-pensée, à la lumière du soleil.
Ce petit bout de tissu est devenu aujourd’hui, le symbole d’une culture et d’un Occident qui cherche à se libérer.
L’arrivée massive d’une population arabe et musulmane, imprégnée d’Islam, nous offre aujourd’hui le triste spectacle du risque d’un choc des cultures.
Cette population arrive chez nous, déracinée, s’accrochant à ce qu'elle peut pour affirmer son identité.
Elle n'a pas trouvé l’Eldorado dont elle avait rêvé.
Elle n'a que rarement décroché l’espoir d’une vie meilleure.
Hommes et femmes ont découvert un train de civilisation en marche, dans lequel il ne semblait pas y avoir beaucoup de place pour eux.
Ils se sont alors raccrochés à leurs piliers, ceux qui les avaient guidés jusque-là : religion, culture, coutumes …
Ils se sont regroupés entre eux, avec la ferme volonté d’afficher leurs différences face à cet Occident qui leur échappe.
Voile intégral, mariages coutumiers, viande Hallal, horaires spécifiques de piscine, la burqa, le refus des signes de l’Occident, les exigences de convertis … et maintenant le burquini.
En ces temps de crise et de peur, ces signes distinctifs passent mal.
Des piscines, des plages leur sont interdites.
Un climat de racisme et de rejet se développe.
Jusqu’où ira cette surenchère de « signes », perçus comme des provocations et comme autant de recherches identitaires ?

Aujourd’hui, l’Occident a froid.
Il ne sait plus trop de quoi l’avenir sera fait : la crise économique et sociale a fait son œuvre ainsi qu’un profond travail de sape de ses points de repères.
Le monde politique, par une ouverture migratoire irréfléchie et électoraliste, a mis en danger une manière de vivre qui nous était propre.
Les attentats successifs ont créé un climat de méfiance et un besoin renforcé de protection et de sécurité.
Nous ne pouvons que rêver avec la chanson : « Ça ira mieux demain ! »
Alors que conseiller aux musulmans qui ont souhaité s’établir chez nous ? 
Vous avez choisi, pour des raisons qui vous sont personnelles, de vivre chez nous.
Vous avez voulu quitter vos zones de guerre et de conflits.
Vous avez voulu quitter les vies précaires qui pesaient sur vous.
Vous avez trouvé dans l’Islam de votre conversion une manière de vous démarquer de cette société occidentale dont vous provenez et qui semble ne plus vous convenir.
Nous vous ouvrons les portes de nos démocraties, avec ses droits et ses devoirs. Nous vous demandons de les respecter.
C’est ce qui nous est imposé quand nous allons dans vos contrées !
Vous arrivez dans une culture que vous devez découvrir. Vous évoluez dans des coutumes qui vous sont étrangères. Vous avez un chemin d’intégration à parcourir, comme nous aurions à le faire si nous nous installions dans vos pays d’origine.
Vous arrivez dans des contrées où Dieu n’a plus la première place, même si une certaine culture judéo-chrétienne y a fortement modelé les manières de vivre et de penser.
Vous arrivez dans des mentalités assoiffées de justice et de liberté… et c’est bien notre droit !
Commencez par respecter ce que vous y trouvez. Tâchez de vous y intégrer avec bonheur, sans quoi vous ouvrez les portes d’un racisme qui s’abattra sur vous.
Ne nous imposez pas vos modes de vies, vos coutumes culturelles ou vestimentaires ou alimentaires : elles sont perçues, aujourd’hui, comme une provocation que nous ne pouvons supporter.
Si notre mode de vie et de penser ne vous conviennent pas, ce que nous pourrions comprendre, rentrez chez vous.
Si nos plages ou nos tenues vestimentaires vous sont insupportables, rentrez chez vous.
Si les précarités que vous partagez avec bon nombre d’entre nous vous sont un fardeau, rentrez chez vous.
Mais n’en ajoutez pas à notre peine commune !
Comme vous, nous subissons les vagues d’attentats qui nous défigurent.
Comme vous, nous connaissons la peur d’un cauchemar qui ne semble pas finir.
Comme vous, nous rêvons d’une impossible paix et d’un monde meilleur utopique.
Le moment d’étaler vos exigences et vos revendications semble très mal choisi !
Nous n’accepterons jamais un djihadisme destructeur.
Nous n’accepterons jamais, non plus, une « islamisation » obscure et sournoise de notre vivre ensemble.
D’autant plus que votre présence active et engagée serait tellement plus productive dans les pays de vos origines, où de courageux guerriers mènent des combats, abandonnés par ceux qui viennent se pavaner en Occident.
Vivre chez nous, c’est se laisser emporter dans le tourbillon d’une liberté qui fait grandir.
Vivre chez nous, c’est laisser la chaleur du soleil colorer la peau des teintes de la liberté et de la paix.
Si notre projet vous attire, soyez les bienvenus !
S’il vous semble impossible, partez vers des levers de soleil qui vous soient plus cléments !

Guy De Smet (18 août 2016)


- 79 - FRAUDE ?

Le Gouvernement Michel nous a déjà habitué, depuis son installation, à pas mal d’injustices et à pas mal de contradictions.
Au cœur de l’été, en sournois, une fois de plus, il vient de frapper.
Le Ministre, en charge de l’économie, Jan Van Overvelt vient d’accorder une grâce fiscale à près de 301 dossiers de « pénalités et de majorations fiscales ».
Celles-ci s’ajoutent aux nombreuses autres, accordées les années précédentes.
La bonté gouvernementale s’adresserait à des « contribuables confrontés à de graves difficultés sociales, humanitaires ou financières ».
Quand il s’agit de fraude fiscale, ce gouvernement se découvre un talent de « miséricorde » impressionnant.
Il se situe là dans la droite ligne du néolibéralisme qui ne cesse d’imposer sa Loi et ses critères de justice ou d’injustice.
Les fraudeurs fiscaux savent qu’ils ne risquent pas trop et qu’une certaine complaisance à leur égard semble de mise.
Que voulez-vous : « les amis de mes amis sont mes amis » !
Par contre, quand il s’agit de fraude ou de dumping social, d’exclusion des chômeurs, de chasse au travail au noir, de taxations … là le zèle n’est pas le même.
Quand il s’agit d’orchestrer une hausse des prix phénoménale qui touche de près les citoyens, et surtout les plus faibles d’entre eux, l’énergie dépensée se décuple.
Quand il s’agit d’imposer des conditions de travail qui conduisent vers la précarité ou des âges de retraite qui frôlent l’indécence, là encore l’imagination ne cesse d’être au pouvoir.
Il faut bien que quelqu’un paie !
Dans tous ces cas de figure, il n’est pas question de s’encombrer des difficultés d’ordre financier, social ou humanitaire.
Il s’agit de condamner la victime qui convient au système !
Il y aurait donc deux poids, deux mesures. Il y aurait deux types de citoyens.
Il y aurait ceux qui n’ont que leurs bras pour s’exprimer à travers leur travail et avec leurs faibles moyens.
Il y aurait ceux qui manipulent l’argent, au point de se payer le luxe de pouvoir frauder.
Il y aurait d’une part, ceux qui sont utiles au système.
Il y aurait, d’autre part, ceux qu’il faut utiliser, montrer du doigt et éliminer.
Ce gouvernement a fait le choix d’une société qui brille et qui rejette tout ce qui lui fait de l’ombre.
Ce gouvernement n’a qu’un dieu : l’argent, peu importe le joug qu’il fasse peser sur l’homme.
Saurons-nous nous en souvenir lors des prochaines élections ?

Guy De Smet (11 août 2016)


- 78 - TERRORISME ET ÉTAT DE DROIT

Les derniers mois ont vu nos pays d’Occident submergés par une vague terroriste impressionnante.
On ne compte plus les victimes innocentes, baignant dans leur sang, là où tout, pourtant, devait chanter la vie.
L’État islamique nous considère comme son ennemi, se plaisant à semer la mort au cœur d’un mode de vie qu’il combat avec force et violence.
Face à cela, nos responsables politiques ne cessent de nous répéter que « nous sommes en guerre ».
En même temps, ils nous invitent à « vivre normalement », vaquant à nos occupations et à nos fêtes insouciantes.
Ils iraient même jusqu’à mettre sous le boisseau une crise économique qu’ils gèrent hors transparence, nous laissant un catalogue de décisions qui coloreront notre avenir, sans que nous n’ayons rien vu venir...
Que voulez-vous nos esprits ne peuvent pas s’inquiéter de tout !
Parlant de guerre, ces mêmes gouvernants n’hésitent pas à nous prédire de « prochaines victimes innocentes », révélant une impuissance qui fait peur.
L’heure serait grave, toute comme notre impuissance !

Face à une telle situation quelque peu chaotique, certains prônent des « mesures exceptionnelles », allant jusqu’à la peine de mort pour cause de trahison.
Mais nos dirigeants ne cessent de nous dire qu’il faut raison garder.
Les seules armes qu’ils emploieront, ce seront les bombardements de la coalition en Irak et en Syrie et les armes de l’État de Droit, face au terrorisme dans nos régions.
Nous prenons acte, tout en étant quelque peu sceptiques !
Pourtant, il nous faut bien, en même temps, faire le point sur ces « armes de l’État de Droit ».
Quelques faits : à Nice, les forces de l’ordre semblaient être en nombre très faible face à l’importance de la foule. De même les conditions de sécurité ne semblaient pas être optimales : fermeture de la promenade des Anglais, plots de sécurité …
À Saint-Etienne du Rouvray, l’assassin du prêtre s’était radicalisé en prison. Il avait été libéré. Il portait un bracelet électronique qui lui a permis de perpétrer son forfait en toute tranquillité.
Il a pu bénéficier de réseaux sociaux, que notre soif de liberté d’expression rechigne à museler en cette période exceptionnelle.
Il a pu bénéficier de complicités connues des services de police, de fiches « S » qui s’avèrent inefficaces face à la menace.
En Europe, les filières de migrants se révèlent être un mélange de misère humaine et de stratégies d’invasions face auxquelles nous ne sommes pas équipés.
L’Allemagne qui a largement ouvert ses portes en paie un lourd tribut !
Chez nous, une terroriste réputée, organisatrice de filières djihadistes, condamnée à 15 ans de prison, a été libérée anticipativement, dans la mesure où elle ne se rendait pas à Molenbeek, entre autres.
L’agresseur de Charleroi aurait dû être expulsé vers son pays depuis longtemps, mais la procédure semblait bien difficile à mettre en pratique.
À Verviers un jeune radicalisé peu proférer des menaces contre les Chrétiens, sans que l’on puisse intervenir énergiquement avant qu’un drame ne survienne. Son père peut se réclamer d’un statut d’Iman contre qui nous ne pouvons rien, malgré ses discours de haine !
Dans notre pays, hors des raisons économiques, pourquoi un niveau de menace différent pour la population et pour la police. Les impératifs budgétaires seraient-ils plus importants que la vie d’un être humain ?
Et nous pourrions poursuivre ce catalogue piégé par les Droits de l’homme ainsi que par une magistrature dépassée et qui révèle une grande insécurité au sein de la population.
La « guerre » ne nécessite-t-elle pas des lois d’exception ?
Notre liberté aurait-elle plus de poids que notre sécurité, ou bien cette dernière serait-elle un corolaire pour pourvoir vivre nos projets et nos rêves ?
Les lois de la démocratie sont-elles compatibles avec les ukases de la guerre ?
Bref nos lois et nos moyens de défense ne seraient-ils pas de l’empire des bisounours, peu adaptés à une menace qui nous dépasse et qui frappe n’importe où et n’importe quand ?

Je ne suis pas juriste. Je suis un simple citoyen et je me pose des questions.
À ceux que j’ai aidé à mettre au pouvoir, par mon vote électoral, je réponds : vos interprétations de la menace ne nous conviennent plus.
Notre sécurité ne semble plus sauvegardée.
Notre mode de vie à l’Occidental se voit noyé sous l’intolérance d’autres cultures que nous avions accueilli un peu naïvement.
Malgré vos discours, vous laissez la peur dominer nos réactions et nos choix de vie.
Sachez qu’un mort est un mort de trop !
Sachez que la perte de terrain de l’État islamique coïncide étrangement avec une montée d’un radicalisme « sauvage » chez nous.
Vous nous parlez de « guerre », restez cohérents avec vos discours.
Vos paroles nous laissent de marbre. Seules vos réactions fermes auront du poids dans nos existences et dans l’Histoire.
Les lois de l’État de Droit semblent bien désuètes face au péril noir qui s’abat sur nous.
Elles sont une aubaine pour les djihadistes de par leur tiédeur.
Elles sont un tremplin pour une Extrême-Droite qui rêve de nouvelles nuits de Cristal.
Combien de « victimes innocentes » vous faudra-t-il encore ?

Guy De Smet (9 août 2016)


- 77 - DÉRAPAGES !

À Nice, à Ansbach, à Saint-Étienne-du-Rouvray … des hommes, des femmes, des enfants sont morts sous les coups d’une idéologie moyenâgeuse et mortifère.
Des milliers de bougies ont été allumées dans la nuit de notre monde.
Des milliers de fleurs ont recouvert la terre qui a vu couler le sang des martyrs.
Des milliers de cris de colère ont bouché le ciel des djihadistes qui croyaient y avoir droit.
Une nuit se serait-elle installée sur notre monde ?
La violence ne cesserait-elle d’engendrer de nouvelles violences ?
Suite à tous ces drames, il me semble avoir découvert trois dérapages qui pourraient devenir source d’une autre terreur.

Le premier dérapage me semble être le discours politique.
Alors que le sol est encore jonché de victimes innocentes, voilà que nos vieilles querelles partisanes se réactivent, sans honte.
Gauche, droite, chacun aurait fait mieux !
Chacun propose une surenchère et un arsenal d’armes, soit liées à l’état de droit, soit à une loi d’exception.
Et pendant ce temps, le peuple se cherche des raisons de croire et d’espérer.
Il cherche où s’abriter en sécurité.
Il cherche de quoi sera fait l’avenir.
Les citoyens découvrent des effets de lois qui ont révélé leur aspect pervers et leurs déficiences.
Ils découvrent un État islamique qui semble toujours un temps d’avance.
Ils découvrent, qu’ils n’ont aucune envie d’être de ces nouvelles victimes prophétisées par le pouvoir et qui joncheront les trottoirs de la lâcheté, demain.
À vos responsabilités … que diable !
Il ne vous est pas demandé de préparer le carnet nécrologique de demain.
Il vous est demandé d’assurer la paix et la sécurité avec des moyens efficaces.
Lois de l’État de Droit ou encore celles de l’exception : vous sembliez avoir moins d’appréhension, quand il s’agissait de contourner nos Constitutions pour mettre en place le hold-up financier, couvert par l’Europe !
L’argent aurait-il plus de poids qu’une vie humaine ?
Pour nous, sachez-le, ce qui importe, c’est la mémoire des victimes et notre sécurité !

Le deuxième dérapage, je l’ai découvert avec stupeur dans les déclarations du Cardinal de Paris, Monseigneur André Vingt-trois.
Rassemblé, avec les autres autorités religieuses de France, s’exprimant au lendemain de l’assassinat d’un prêtre catholique, le prélat lance ces mots : « silence des élites devant les déviances des mœurs et la léga­li­sa­tion des déviances ».
Des propos hors contexte !
Des propos qui exigent, pour le moins, des excuses, aujourd’hui ! Pas du style habituel : j’ai dit, mais je n’ai pas voulu dire !
Des propos qui sont loin d’être à l’honneur de l’Église, devant qui, en ces jours noirs, tout le monde s’incline.
L’Église ne semble pas encore avoir digéré l’adoption de la loi permettant le mariage pour tous.
Elle fut moins prolixe quand il s’agissait de s’opposer à la Loi travail. Il est vrai que la bourgeoisie qui soutient l’Église se sent moins concernée !
Par son discours haineux, avec l’air de ne pas y toucher, elle a pointé du doigt une communauté d’hommes et de femmes qui ne lui demandaient rien. Elle a déchaîné la bête de la haine.
Elle a permis une explosion de l’homophobie, égorgeant à sa manière des hommes et des femmes qui n’aspiraient qu’au bonheur.
Elle a été à la source d’un « djihadisme chrétien » qui salit tout sur son passage.
Nous sommes loin du langage du Pape François, qui face au terrorisme n’a pas hésité à oser des paroles de paix et de justice !
Cette Église-là, qui se cache derrière autant d’injustice, me dégoute !
Qui serions-nous pour ne pas respecter une Loi voulue par le peuple ?
Qui serions-nous pour « juger » des êtres qui vivent des différences ?

Le troisième dérapage, il me semble devoir le constater dans tous ces propos et dans toutes ces attitudes racistes qui polluent notre vivre ensemble.
La première victime de tous ces attentas djihadistes, que nous le voulions ou non, c’est la communauté musulmane. Elle est coupable, selon Daesh de s’être acoquinée avec les mécréants que nous sommes. Il est donc important de lui rendre la vie impossible et de mettre en péril notre démocratie, en nous montant les uns contre les autres.
Pétitions, insultes, incendies de mosquées … serions-nous devenus des « abrutis de la raison » ?
Notre cerveau serait-il simplement à la hauteur des Pokémons que nous cherchons de manière pathétique ?
Le racisme ne nous mènera nulle part !
Les premiers coupables d’une mauvaise intégration de tous ces étrangers qui ont cherché asile chez nous, ce sont ceux qui détiennent le pouvoir. Ne nous trompons pas de cible !
Ils ont vu en eux une chance pour notre démographie et pour notre économie.
Ils ont vu en eux, une manne céleste, véritable réservoir de voix et de pouvoir.
Ils ont vu en eux une richesse culturelle, fermant les yeux sur un monde qu’ils ne connaissaient pas.
Nos politiciens réagissent aujourd’hui, mais un peu tard !
Nous reprochons aux musulmans leurs tenues, leurs coutumes alimentaires et autres …
Nous reprochons aux musulmans leurs prières et leurs mosquées …
Nous reprochons aux femmes musulmanes le port du voile intégral, interdit pourtant par la Loi …
Nous reprochons … après avoir laissé faire pendant tant d’années !
Serons-nous de ceux qui imposent de « nouvelles étoiles jaunes », aujourd’hui ?
Mais nos décideurs ne se sont pas inquiétés.
Ils n’ont pas vu qu’une certaine pauvreté conduit au radicalisme.
Ils n’ont rien encadré et ils n’ont proposé aucune raison d’espérer à ces gens qu’ils n’ont même pas accueillis dignement.
Ils n’ont pas vu que l’intégration ne pouvait pas se faire à n’importe quel prix.
Ils n’ont pas perçu que nos démocraties étaient fragiles et qu’elles valaient plus qu’un enjeu électoral.
Aurions-nous les politiciens que nous méritons ?

Tous ces dérapages ne servent qu’à mettre de l’huile sur le feu.
Ils ne servent qu’à attiser le feu d’une haine qui ne nous mènera nulle part.
Ils ne servent qu’à instaurer l’impossibilité d’un amour, d’une fraternité, qui sont, pourtant, notre seul avenir.

Politiciens, responsables d’Église, racistes primaires … il est l’heure de vous réveiller.
Notre humanité est en danger !
Nos luttes intestines ne sont pas à la hauteur de la grandeur de l’homme et d’un avenir à construire.
Nos peurs ne peuvent nous conduire que dans l’obscurité d’impasses nauséabondes.
Nos incompétences et nos rancunes ne nous permettront jamais de découvrir que derrière tout homme, peu importe la couleur de sa peau, de sa religion, de son état, de sa sexualité … se cache un frère, une sœur en humanité !

Guy De Smet (29 juillet 2016)


- 76 - FAIRE DU BRUIT ET VIVRE

Telle est la première consigne donnée par le Pape François aux milliers de jeunes réunis à Cracovie pour les JMJ, un mercredi soir de juillet.
Un appel qui résonne, à seulement quelques heures du lâche assassinat du Père Jacques Hamel, dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray, alors qu’il célébrait l’Eucharistie.
Nous sommes loin des divisions politiques, des gênes de la magistrature, de la recherche effrénée d’un coupable ou encore d’un racisme facile et stupide.
Le Pape demande à ces jeunes de faire ce qu’ils font de mieux : Vivre !
Il leur demande de faire entendre leur voix chrétienne, loin des idéologies mortifères de Daesh.
Il leur demande de se faire entendre, dans un monde qui explose de bruits qui tuent.
Il leur demande d’être l’écho de la voix de ce prêtre assassiné, alors qu’il prononçait les paroles d’Amour de l’Eucharistie.
Il leur demande de ne pas être les victimes d’une guerre, mais les artificiers qui désamorcent les armes de guerre.
Et si c’était là le plus grand message de ces JMJ ?

« Faire du bruit et vivre », c’est aussi ce qui est proposé à chaque communauté chrétienne.
Elles pourraient se replier sur leur peur, sur leur haine …
Elles pourraient se cacher dans des catacombes qui n’intéressent personne …
Elles pourraient se confondre en bondieuseries et en silences pesants, sentant le moisi et le musée …
Non, ici, il est question, plus que jamais, de se faire entendre et de diffuser la douce mélodie de la paix et de la justice de l’Évangile.
Il est question d’unir les notes de l’Évangile à celles du Coran ou de la Torah ou encore à toute parole humaine qui construit.
« Faire du bruit et vivre », c’est oser, à la face du monde, un commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ».
« Faire du bruit et vivre », c’est oser le regard sur ses ennemis et se couler, le mieux possible, dans la prière de Jésus : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».
« Faire du bruit et vivre », c’est signifier, par toute sa vie et tout son être, la beauté des paroles que prononçait Jacques Hamel, au nom du Christ, avant d’être égorgé, comme une autre brebis menée à l’abattoir : « Faites cela en mémoire de moi ».
« Faire du bruit et vivre », dans un monde qui pour survivre se met à chasser des Pokémons, lassé qu’il est d’une existence qui lui pèse.
« Faire du bruit et vivre », au milieu d’hommes et de femmes qui n’en peuvent plus de devoir « survivre ».

Jacques Hamel, ce prêtre de 86 ans, ne devait pas se douter que son témoignage allait devenir « l’invité d’honneur » de ces JMJ !
Le Chrétien, comme n’importe quel croyant, n’a aucune raison de se taire ou de s’excuser d’oser croire.
Le Chrétien, comme n’importe quel croyant, a sa place dans la construction d’une société humaine et juste, parce que ce qui parle d’Amour est une pierre d’un « vivre ensemble » à construire.
Le Chrétien, comme n’importe quel croyant, n’a pas à se laisser mettre au placard d’une vie privée. C’est cette vie-là, et elle seule, qui est le ferment de toute convivialité.
Chrétiens, nous avons besoin de vous voir vous réunir, loin de vos timidités et de vos tiédeurs de Foi.
Chrétiens, nous avons besoin que vous habitiez, avec fierté, vos églises.
Chrétiens, nous avons besoin d’entendre la voix de l’Évangile qui a permis un jour d’apporter sa pierre à la construction d’une civilisation.
Chrétiens, nous avons besoin de vos bras et de vos cœurs, peu importe votre âge, pour construire un monde meilleur.
On nous parle aujourd’hui de la crise de l’Église. On nous montre des « vieux » estimés inopérationnels !
Son vécu semble, pour certains, un arsenal de croyances d’un autre temps, de naïvetés et de conservatismes imbuvables.
Son message semble suranné, comme si une parole qui parle d’aimer n’avait plus à nous surprendre.
À Saint-Étienne-du-Rouvray, ce sont des « vieux » qui nous ont ouvert les portes de la jeunesse.
Ce sont des vieux qui ont eu l’audace de croire, jusqu’au bout, jusqu’au don de la vie.
Ce sont eux qui nous invitent à la beauté d’un témoignage qui s’appelle « Amour ».
« Faites du bruit et vivez ! »

Et si, aujourd’hui, la parole de ce vieux penseur chrétien, Tertullien, devenait réalité : « le sang des martyrs est semence de Chrétiens ! »

Guy De Smet (28 juillet 2016)


- 75 - LETTRE À JACQUES HAMEL

Cher jacques,
Je ne te connaissais pas et pourtant, en quelques instants tu as occupé l’horizon de ma vie.
Tu étais un prêtre de Jésus-Christ, tout empreint de son sourire et de sagesse.
Ton visage était creusé et habité par les événements de l’existence que tu as accompagnés.
Ces hommes, ces femmes, ces enfants que ton ministère te faisait rencontrer, tu les aimais.
Ils étaient tellement précieux pour toi, que tu leur as offert ta retraite. Tu avais 86 ans et ton repos c’était d’être disponible pour eux.
Ta vie sacerdotale, tu l’auras consacrée à leur annoncer l’Évangile.
Tu n’auras cessé de parler d’amour.
Tu seras allé à la rencontre de chacun, en respectant leurs différences.
Tu auras été un artisan du dialogue interreligieux, entre autres, avec la communauté musulmane de ton lieu de vie. L’imam était devenu ton ami. Ensemble, vous œuvriez pour vous découvrir et tourner vos regards et vos prières vers le même Dieu.
Ce Dieu, tu nous l’as dit, il t’étonnait. Jésus, le Fils de Dieu, le Tout grand, s’est fait le tout petit … tout cela pour nous aimer !
Qui serions-nous pour faire autrement ?
Le chant de ta vie, c’était : « Aimez, c’est tout donner et se donner soi-même ».
Ta longue vie, tu l’auras vécue sur le modèle du Christ que tu voulais suivre.
Pour toi, il n’y avait pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
Ton témoignage, tu auras eu l’occasion de le vivre jusqu’au bout.
C’est en célébrant le sommet de ta vie de prêtre, l’Eucharistie, que le martyre t’a donné rendez-vous.
La terreur t’aura abattu et égorgé, comme a pu l’être le Christ lui-même.
Le Christ fut cloué sur une croix. Toi, tu fus cloué sur le sol, dans une mort ignoble.
Ton témoignage restera une perle précieuse et rare de notre Église d’Occident !
Jacques, tu étais un grand.
Tu offres le joyau de ta vie à ces milliers de jeunes réunis à Cracovie pour les JMJ.
Tu leur offre les lunettes pour regarder l’Amour s’écouler du cœur du Christ !
Tu leur proposes tes mains pour construire une civilisation de l’Amour.

Jacques, pour toi, le chemin se termine.
Tu te retrouves dans les bras de Celui qui t’aime depuis le matin de ta vie.
Tu te retrouves, parce qu’il t’a trouvé prêt à le rejoindre. Tu l’as rejoint en aimant.
Pour nous qui restons, c’est l’heure de la tristesse et l’heure de la colère.
Nous ne voudrions pas que notre cœur déborde de haine et de vengeance : tes bourreaux n’en valent pas la peine !
Nous ne voudrions pas que nos mains se tendent vers un ennemi à dénoncer et à humilier.
Nous ne voudrions pas que nos yeux se ferment sur ce qui peut rapprocher les êtres et leur ouvrir les portes d’un plus grand respect et d’une plus grande justice.
La tentation est grande pourtant, de laisser nos regards s’habiller de haine à l’égard des Musulmans.
La tentation est grande de suivre les traces des extrêmes et de faire de la violence un mode d’action.
Du ciel que tu as rejoint, nous aurons encore besoin de toi !
Viens ouvrir nos poings fermés.
Viens dessouder nos cœurs remplis de colère et de haine. Aide-nous à voir, malgré les circonstances, en chaque homme, en chaque femme, un frère, une sœur.
Viens insuffler dans nos vies le souffle d’un Amour qui seul pourra nous faire dire, par tout ce que nous sommes, que Dieu est grand … que l’Amour supporte tout, qu’il endure tout qu’il peut tout, qu’il ne passera jamais.
Viens nous aider à nous protéger, sans altérer le visage d’Amour de Dieu.

Jacques, tu resteras à jamais un prêtre merveilleux qui ouvre nos cœurs à l’essentiel, à la Parole de Dieu : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ».

Guy De Smet (27 juillet 2016)


- 74 - LA TERREUR DE TROP !

Ce matin, une fois de plus, la terreur de l’État islamique a frappé, en France.
Cette fois, les événements tragiques se déroulent dans un petit village, à 10 Km de Rouen.
Le lieu du drame est la petite église du village, dans laquelle ce matin, des paroissiens se réunissaient pour célébrer l’Eucharistie.
Deux individus sont entrés sournoisement dans le lieu de culte pour s’en prendre aux fidèles rassemblés.
Le prêtre de 84 ans a été égorgé. Des Chrétiens ont été retenus en otage.
Des sans-dieux ont saccagé la maison de Dieu, révélant le fond de leur bestialité.
Des crapules ont assassiné un homme de Dieu, pour assouvir leur soif de sang et de terreur.
Des lâches ont voulu atteindre notre civilisation et nos convictions, brisant l’humilité de celui qui se tourne vers un Absolu que leurs bourreaux ne connaissent pas.
Horreur, consternation, tristesse, colère … ce sont là des sentiments qui m’habitent au moment d’écrire ce « Billet », alors que résonnent encore le bruit de coups de feu.

Ces « fous », débordant de violence, s’en sont déjà pris à notre liberté d’expression, à nos modes de vie, à notre joie de vivre …
Ils ont déjà détruit l’homme, la femme, l’enfant qui se rendent au travail, qui utilisent les moyens de transport ou qui vaquent à leurs occupations …
Désormais, ils s’en prennent aux fondements de notre civilisation occidentale, à nos raisons de croire et d’espérer, à une Foi qu’ils combattent …
Certes, nous étions prévenus !
Le Premier-Ministre français, dans un langage qui ressemble à de la complicité, nous avait prévenu qu’il y aurait encore des attentats, qu’il y aurait encore des victimes innocentes.
Son discours se situe dans la droite ligne de toute cette « démission politique » que nous découvrons chaque jour comme réponse au terrorisme, un peu partout dans nos démocraties occidentales. Leurs lois bisounours ne nous sauveront pas !
À la terreur, ils répondent par les Droits de l’Homme et par la notion de démocratie et de Droit.
À la terreur, ils répondent par un appel à ne pas faire d’amalgame et à éviter cette « guerre raciste » qui couve dans nos rues et dans nos quartiers. Ils nous demandent de rester unis, sans nous en donner les moyens.
À la terreur, ils répondent par « des mesures pour nous rassurer », alors qu’un électrochoc est attendu !
Combien faudra-t-il encore de « victimes innocentes » avant que ce cancer issu de la sphère musulmane soit éradiqué ?

Aujourd’hui un prêtre est devenu un martyr.
Aujourd’hui, à travers ce prêtre, c’est toute la communauté chrétienne qui est humiliée et traînée dans la boue.
Certes leur fondateur, Jésus a dit : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».
Mais sommes-nous « Jésus », pour avoir une telle audace de Parole ?
Ce n’est pas aujourd’hui, l’heure du pardon, ce serait inhumain.
C’est aujourd’hui l’heure de la tristesse, mais aussi de la colère ; l’heure de la protection et l’heure de l’interpellation.
Que ce prêtre ne soit pas mort pour rien !
Que les traumatismes d’aujourd’hui ne restent pas sans réponse !

Aujourd’hui, il faut se protéger de toutes ces exigences issues du monde musulman et arabe.
Il faut se protéger contre ceux qui veulent imposer la Loi islamique chez nous, alors que cette religion n’est pas celle qui a construit notre civilisation.
Il faut exclure le moindre signe qui rendra le musulman ou l’arabe suspect à nos yeux. Ils ont voulu vivre chez nous. Cela leur accorde des droits, mais cela leur impose aussi des devoirs.
Chez nous, le voile, la burqa, la djellaba ne sont pas les bienvenus dans nos lieux publics. Certains signes sont même interdits par la loi, qu’elle soit appliquée dans son intégralité. ! Cela ne se discute pas ! Il s’agit d’une évidence qui s’impose.
Chez nous, la viande Hallal n’a pas à être imposée dans nos lieux publics. Nos piscines communales n’ont pas à s’adapter à des horaires communautaristes, venant de communautés que nous accueillons dans notre vivre ensemble.
Chez nous, des croix et d’autres signes culturels n’ont pas à être mis au rancart pour ne pas déplaire à une communauté qui s’impose sans raison. Ils font partie de notre mode de penser d’Occident : c’est à prendre ou à laisser.
Chez nous, appartenir à l’Administration de l’État ne peut tolérer une double nationalité. Il faut choisir, pour avoir l’honneur de servir le pays qui vous fait vivre !
Que l’on vibre avec ses origines, c’est normal, qu’on soit, sans ambiguïté, de la nation qui vous accueille, me semble une évidence !
Il faut se protéger contre les djihadistes, ceux qui viennent de l’extérieur, mais aussi ceux qui qui vivent chez nous. À eux s’applique la seule loi de la guerre. Elle n’est ni chrétienne, ni dans nos habitudes : tu as semé la mort, tu dois être mis hors de danger de nuire … et pour cela tous les moyens sont bons, y compris la peine de mort ! C’est cela la Loi de la guerre !
Cela s’applique aussi à leurs familles et à leurs sympathisants : expulsion ! S’il s’agit de nationaux : bannissement à jamais !
Musulman, arabe, aujourd’hui, tu m’as blessé dans ce que j’ai de plus cher.
Face à ma douleur, tu n’as pas réagi ou si faiblement.
Désormais, je me protège contre toi …
Il me faudra du temps pour découvrir en tes yeux, le soleil d’un Absolu et d’un Amour à construire !
Si tu vis chez nous, acceptes-en les codes ou rentre chez toi !
Je n’éprouve pas de haine à ton égard. Ma colère ne s’adresse pas à toi. Elle s’adresse à ceux qui en ne me respectant pas ne te respectent pas !
Je ne veux pas sombrer dans le racisme, mais aide-moi à comprendre qu’au-delà de ton visage, il y a un humain qui demande à devenir mon frère.
Puisse Dieu m’aider à changer, un jour, de regard et à oser le pardon !

Guy DE SMET (26 juillet 2016)


- 73 - MÊME PAS PEUR !

Cette expression, fortement utilisée par ceux qui vivaient loin des attentats perpétrés dans nos régions, a été forgée de toute pièce par la propagande de nos gouvernants.
Il fallait réagir, au nom de notre modèle de société.
Il fallait ne pas se laisser gagner par la peur, ce qui aurait fait le jeu des terroristes.
Il fallait permettre l’organisation de grands événements, producteurs de tellement de bénéfices.
Il fallait donner « l’impression » que la vie normale suivait son cours. Ce n’étaient pas quelques vulgaires terroristes qui allaient remettre en question notre civilisation et notre mode de vie.
En Allemagne, Angela Merkel, allait jusqu’à lire dans l’arrivée de plus d’un million de réfugiés sur son territoire, un avenir démographique intéressant pour l’économie du pays.
Dans un même temps, ils se complaisaient dans des expressions vides de sens : « Nous sommes en guerre ». Aucune mesure appropriée ne semblait empêcher l’installation d’un climat de terreur.

Depuis cette logorrhée gouvernementale, l’été fut chaud … et il n’est pas fini !
Il y eut l’attentat de Nice, avec son cortège d’horreur et de détresse.
Il y eut ces coups de couteau contre une mère et ses filles, en France, parce que leur tenue était trop courte.
Il y eut les morts d’un marché du Pakistan.
Il y eut l’hécatombe allemande : Reutlingen, Munich, Ansbach.
Il y eut ce mardi matin, Tokyo, sans que l’on connaisse déjà les motivations.
Certes, il ne faut pas faire d’amalgame.
Certes, nous ne connaissons pas les motivations intimes de tous ces tueurs, même si certains attentats ont été revendiqués par l’EI.
N’empêche que cela devient un peu beaucoup pour lancer naïvement : « Même pas peur ! »
Que de morts, que de sang, que de blessés au nom d’une folie meurtrière incontrôlée !

Le premier-Ministre français nous avait prévenu : « il y aura encore des attentats. Il y aura encore des victimes innocentes … »
La Chancelière allemande se refuse à établir un lien entre son accueil inconsidéré de migrants et les événements. Ils ne sont pas tous terroristes, dit-elle … Encore bien !
N’empêche que la réponse des pouvoirs publics ne nous satisfait plus.
Si nous sommes en guerre, ne faut-il pas garantir la sécurité des citoyens par d’autres lois que nous avons connues à d’autres époques ?
Si nous sommes en guerre faut-il permettre l’implantation de partis politiques à visée islamique, comme chez nous, en Belgique ?
Certains partis veulent son interdiction … mais n’est-ce pas là du poujadisme, après l’avoir laissé se créer lors des dernières élections communales ?
Si nous sommes en guerre, ne devons-nous pas nous donner les moyens d’identifier l’ennemi. En Occident, il existe des codes culturels qui se traduisent dans le port de vêtements, dans la nourriture, dans la philosophie d’un État. Devons-nous tolérer autre chose ?
Si nous sommes en guerre, devons-nous accepter le retour sur notre sol de djihadistes. À d’autres moments de conflits, ils auraient été éliminés et leurs familles pourchassées. La terreur et la riposte seraient-elles devenues plus douces, aujourd’hui ?
Aujourd’hui, on nous parle de Droits de l’homme !
Les victimes n’avaient-elles pas un Droit à la vie et devront-elles se contenter du statut de victimes innocentes d’une propagande ?
Qui dit « guerre », dit « lois spéciales » chez nous et pas que dans les pays ciblés par les armes de la coalition … Sommes-nous prêts à l’accepter et à limiter notre soif absolue de liberté ?
Aujourd’hui, ce qui devient visible, c’est que le peuple en a assez. Le peuple a peur … et celle-ci est mauvaise conseillère !
Il fustige ses gouvernants. Il cherche à établir des responsabilités. Il veut « un coupable » à ses malheurs et à son insécurité.
Ne pas l’entendre, ce serait mettre en place les conditions d’un racisme et d’une division de la société que rien n’arrêtera.
Ne pas l’entendre, ce serait ouvrir les portes d’une guerre interne aux accents raciaux et bestiaux : les prémices s’en ressentent déjà sur les réseaux sociaux.

Il devient urgent d’agir et de se protéger !

Guy De Smet (26 juillet 2016)


- 72 - OÙ EST PASSÉE LA MONARCHIE ?

21 juillet, souvenir d’une prestation de serment royal … temps de fête pour notre pays, la Belgique.
Cette année, cet événement survenait après une vague d’attentats qui n’a pas épargnée nos concitoyens.
Cette fête nationale se voulait un petit air d’espérance au milieu d’une crise qui détruit, lentement mais sûrement, notre vivre ensemble.
Et là, surprise !
D’une part, le peuple a répondu, nombreux, aux appels à se rassembler, malgré les peurs et les risques liés aux attentats.
Une belle fête populaire, toute teintée de l’esprit bon enfant qui nous habite !

Pourtant des nuages obscurciront à jamais l’édition de cette année.
Il y eut d’abord le discours du Roi, dans lequel la « marque gouvernementale » formait un fil rouge nauséabond.
Le roi a vanté les valeurs de dynamisme et de volontarisme qui caractérise l’entreprenariat des jeunes générations.
Il nous a vanté les mérites d’une Europe forte, dont, pourtant, tant de citoyens européens ont envie de se débarrasser.
Il faut se méfier, disait-il dans son sermon, des « faux-prophètes », sauf de ceux qui, par leurs lois et leurs mesures ne cessent de « massacrer le petit peuple.
Aurait-on oublié de lui parler de ceux qui souffrent, de ceux qui sont sans emploi ou chômeurs ou malades de longue durée, de ceux qui sont désenchantés par leurs conditions de retraites ou par les emplois précaires qui leur sont proposés comme avenir.
Un discours à mille lieues des préoccupations premières des Belges !
Cynisme ou naïveté concertée ?

Mais le « délire royal » n’allait pas s’arrêter là !
Pour des raisons qui leur sont personnelles, nos anciens souverains, les Princesses Astrid et Claire, le Prince Lorenz n’ont pas trouvé nécessaire de rejoindre la tribune officielle pour le défilé militaire.
Le Prince Laurent, quant à lui, était bien présent mais pour n’y manifester, selon son habitude de sale gosse, que son ennui et sa grossièreté.
Albert et Paola naviguaient sur le yacht et faisaient escale en Sardaigne, accompagnés par les militaires de notre composante navale, que nos autorités mettent à leur disposition, sans raison.

Quant à Claire, elle était en vacances et ne voyait aucune nécessité à les annuler.
Y aurait-il malaise dans la famille entre les couples royaux, cela m’indiffère !
Leur attitude serait-elle une réponse au « rabotage » des dotations indues, cela m’insupporte, d’autant plus si je la compare à la situation des travailleurs de notre pays !
Ils se sont comportés comme des « petits bourgeois », imbus d’eux-mêmes et des avantages qu’ils usurpent effrontément.
Leur absence est une faute grave et une insulte au peuple « souverain » que nous formons.
Leur absence est un mépris manifeste de ces Belges qui se déplacent pour eux, plaçant en eux tant d’espoirs et tant de rêves.
Leur absence demande des sanctions, entre autres, la suppression pure et simple des dotations qu’aucune constitution ne prévoit de leur payer.
De plus, il devient indécent de mettre à leur disposition des moyens et du personnel suite à leur nouvelle situation de « retraités » ou suite à la non-prestation de services non-rendus.
Le Moyen-âge et ses avantages sont passés depuis longtemps. Il est peut-être temps d’adapter nos us et coutumes.
Une monarchie utile qui soit un service : oui.
Une monarchie parasite : non !
Aujourd’hui, la cohésion nationale semble plus que jamais compromise. La réflexion de plus d’un parti politique s’oriente dans cette direction.
La Monarchie ne semble plus être un élément d’unité. Des Belges l’auraient souhaité, la famille royale semble l’ignorer !
Pauvre Belgique, ton honneur mérite mieux !

Guy De Smet (22 juillet 2016)


- 71 - DÉTECTER L’INDÉTECTABLE

Nous avons encore tous devant les yeux ces terribles images liées à l’attentat de Nice.
Elles ressemblent à celles que connaissent aujourd’hui la Bavière, à travers un massacre de passagers d’un train.
Elles ressemblent à ces scènes atroces qui nous ont hantés, après les massacres de Madrid, de Londres, de Paris, de Bruxelles, de Nice et de tant d’autres lieux de par le monde.
La vie ne semble avoir que peu de prix !
Un islamisme radical aveugle frappe quand il l’a décidé et où il l’a décidé. Il vit infiltré chez nous, sans que nous nous en rendions compte !
Il ne s’encombre pas l’esprit face aux moyens à utiliser : tous sont bons, pourvu qu’ils sèment la terreur et la mort.
Rien ne semble devoir les arrêter et certainement pas les bombardements en Syrie ou en Irak, même si ceux-ci s’avèrent peut-être nécessaires.
Un mot juste a été employé par nos responsables politiques : c’est la guerre !
Ils nous la prédisent longue, ce qui ne cadre guère avec nos mentalités pressées.
Ils nous l’annoncent meurtrière, ce que nous n’attendons que dans les films.
Ils nous l’annoncent sans pitié, alors que nous n’estimons ne mériter aucune colère.

Nos responsables invitent la population à surmonter ses peurs.
Ils nous incitent à nous rassembler, toutes les mesures de sécurité étant prises, selon eux.
Ils veulent entendre dans nos bouches cette parole qui fait trembler : « Même pas peur ! »
Quand un problème survient, comme ces derniers jours en France, nos politiciens nous offrent le spectacle affligeant de déchirures, de discours incendiaires et extrêmes … et de tellement d’incompétence et d’amateurisme !
La loi de la guerre ne demande-t-elle pas, pourtant, de se battre avec les armes de l’adversaire ?
Comme à chaque fois, ils se renvoient la balle, les uns s’estimant nettement plus compétents que les autres.
La seule chose de sûre, c’est qu’à Nice, la Promenade des Anglais était jonchée de cadavres, dont des enfants, des adolescents qui rêvaient de vivre et de sourire !
Il y aura bien des hommages, des minutes de silence, des condoléances soutenues, mais cela ne leur rendra pas la vie, ce seul cadeau que ces victimes avaient reçu et qui en valait la peine.
Orgueil politique, jusqu’ à quand continueras-tu à faire des dégâts ?

Ce qui est interpellant dans ces vagues successives d’attentats, c’est l’évolution du mode opératoire, défini par les « penseurs » de l’État islamique, eux-mêmes.
Au début de leurs actions terroristes, ils utilisaient des commandos formés spécialement. Ils utilisaient des armes de guerre.
Aujourd’hui, ils utilisent de simples « soldats », des visages qui ressemblent à tellement d’autres visages que nous côtoyons chaque jour. Notre laxisme a laissé s’installer tant de gens d’autres cultures, sans aucun discernement … et ce, jusqu’à aujourd’hui ! Nous pouvons les trouver à tous les niveaux de notre société !
Un voyageur muni d’une hache, en Bavière.
Des fous qui tirent sur une place à Liège.
Un camion-bélier à Nice.
À chaque fois, ils frappent des innocents, comme ils estiment que nous le faisons chez eux, en bombardant.
À chaque fois, ils tuent, là où notre insouciance d’occidental est la plus atteinte. Nous tenons tellement à notre liberté et à nos modes de vie. C’est donc là qu’ils estiment devoir nous atteindre … et ils y réussissent.
Face à cela, nos gouvernants, tout en parlant de guerre, nous incitent à vivre comme si les risques n’existaient pas.
Ils nous incitent à nous réunir pour des Euros de foot, des tours de France, des feux d’artifices, des jeux olympiques, des fêtes nationales …
Ils nous incitent à ne pas casser le modèle économique en nous réfugiant dans nos peurs et dans nos angoisses. L’économie semble être le seul crédo qu’ils connaissent !
Ils nous supplient de ne pas arrêter de vivre, au nom d’une guerre pour laquelle ils auraient prévu les instruments de combat.
Le faire, nous disent-ils, ce serait jouer le jeu de l’ennemi … et, en bons moutons, nous répondons « présents ».
En même temps, ils ne rougissent pas de nous annoncer qu’il y aura encore des victimes ! Peut-être vous, demain !
Mais, une telle attitude, ne serait-ce pas simplement de l’aveuglement idéologique ou une provocation stupide ?
Il est vrai que les risques ne sont pas les mêmes pour tout le monde.
Jusqu’à présent, il n’y a pas eu beaucoup de dégâts dans le monde politique ou au détriment d’instances internationales.
À Nice, par exemple, la terrasse des officiels était hyper-protégée, alors qu’il n’y avait que trois policiers pour intercepter le camion de l’assassin !
Il n’y avait pas moyen de s’approcher du restaurant des politiques, mais un camion pouvait livrer des glaces dans une foule, à 22h30, alors que tout accès y est interdit.
Ne cherchons pas à comprendre !
Qui dit « guerre », dit « peur », dit « moyens spéciaux », dit « lois spéciales ».
Il vous suffit de demander à vos grands-parents ! La guerre, ils ont connu !
Est-il normal qu’en état d’urgence, des rassemblements de foules soient autorisés ?
Est-ce normal que la presse puisse nous faire vivre une enquête en direct, comme si un attentat était une émission de télé-réalité ? Sauf peut-être la propagande !
Est-il normal que des djihadistes puissent rentrer au pays et y vivre, moyennant quelques soucis avec la justice ?
Est-ce normal que les familles de ces criminels ne soient pas inquiétées et puissent se contenter de nous dire qu’elles n’ont rien vu venir ?
Est-ce normal qu’un étranger surpris en flagrant délit d’une action entraînant une condamnation ne soit pas expulsé vers son pays d’origine ?
Est-ce normal que des signes culturels qui nous sont étrangers et que la sécurité ne maîtrise pas soient autorisés comme une provocation défendue par les Droits de l’Homme ?
Est-ce normal qu’un parti politique « Islam » puisse s’implanter, en cette période, chez nous ?
Est-il possible d’affirmer une telle impuissance, malgré les moyens déclarés, alors que la colère ne cesse de monter dans la population, en quête d’une « vraie » sécurité ?
Est-il possible de multiplier à l’infini une présence policière et militaire pour donner à la population l’impression d’une sécurité ?
Un simple mouvement de foule à la Foire de Bruxelles, ou place de la République à Liège et c’est la panique ?
Est-il possible de « détecter l’indétectable », au point de pouvoir faire le tri entre une personne radicalisée et une autre ?
Quelques questions et un appel : Protégez-vous !
Nous ne sommes pas tous nés pour être des héros ou des victimes collatérales de conflits géopolitiques qui nous dépassent.
Exigez de vos responsables des politiques claires, dont le souci est le bien-être et la sécurité des citoyens.
Exigez une Justice qui soit une tolérance zéro, face à toute forme de criminalité.
Exigez une immigration « contrôlable » qui respecte nos modes de penser et nos modes de vie. Nous parlerons de « différences culturelles », dans des temps meilleurs !
Exigez un mode de vie à l’Occidental en Occident, comme d’autres régions du monde n’hésitent pas à le faire. Cela s’appelle le respect du pays d’accueil !
Ne pas le faire serait aller au-devant de l’explosion d’un racisme incontrôlable. Nous en sommes à eux pas !
Populisme diront certain.
Qu’à cela ne tienne ! L’important, c’est que vous puissiez vivre heureux et en bonne santé le plus longtemps possible.
La guerre a sa logique. Puisqu’elle s’impose à nous, assumons-là, nous-mêmes, en nous protégeant, loin des fanfaronnades de nos gouvernants.

Guy De Smet (19 juillet 2016)


- 70 -  ÇA SUFFIT !

Nice !
Une fois de plus l’horreur a frappé, comme elle aurait pu le faire à n’importe quel endroit du monde civilisé.
Des êtres ignobles sont en liberté et peuvent semer la mort à tout moment et n’importe où !
En France, le monde politique a déployé de grands moyens sous le couvert de « état d’urgence ».
Des policiers, des soldats patrouillent dans les rues au point de s’y essouffler. Mais est-il possible de mettre un agent de sécurité à côté de chaque citoyen ?
Cette loi d’urgence donne des possibilités nouvelles aux forces de l’ordre … et dans le même temps, les mesures qui y sont liées ne sont pas prises : les rassemblements de foule sont, en principe, interdits … Un exemple parmi d’autres !
Des zones sont dites sécurisées et pourtant des camions déferlent sur des foules, sans que la présence d’un tel moyen de transport ne soit suspect en pleine zone touristique et privatisée.
Dans le même temps, des discours irresponsables et lénifiants s’appuient sur des foules déboussolées pour inviter à ne pas céder devant le terrorisme ….
Or, qu’avons-nous vu ces derniers temps : des manifestations, un championnat d’Europe de football, un tour de France et ces feux d’artifices aux quatre coins de France ? Je n’ose pas imaginer !
Inconscience ou provocation inutile ?
En Belgique, nous avons un niveau de sécurité équivalent qui prévoit la possibilité imminente d’un attentat.
Là aussi, des mesures sont prises et d’étranges rassemblements de foules sont promus dans des festivals ou dans des fêtes qui sont devenues des cibles.
L’argument commercial et économique semble souvent l’emporter sur les réalités liées à la sécurité.
Je m’étonne, par exemple, que ce soit la police qui invite les citoyens belges à se rassembler nombreux à Bruxelles pour les festivités de la fête nationale.
Là encore, je n’ose pas imaginer !
Complicité ou irresponsabilité ?

Dans son discours, le Président français parlait de la compassion de la « nation éplorée ».
Ça suffit !
Il y a des solutions radicales à prendre … il est urgent de se protéger contre la folie des hommes et l’intolérance des religions et d’autres modes de pensée.
Il est urgent de ne plus se contenter de services de renseignements qui ne semblent pas à la hauteur.
Il est indispensable de se donner les moyens absolus pour protéger une population qui a droit à une sécurité inconditionnelle.
Il n’y a pas trente-six solutions. Seule la tolérance zéro doit être de mise !
Ce qui suffit aussi, c’est l’irresponsabilité de l’Europe.
Face aux réfugiés, elle impose des quotas, offrant des frontières « trouées » à des candidats djihadistes qui n’hésitent pas à se mêler aux miséreux qui nous rejoignent.
Elle s’enferme dans des sommets incompétents.
Elle se noie dans des querelles idéologiques.
Elle affiche un désintérêt absolu face à ces drames qui frappent les européens. Elle s’étonne qu’on ne puisse pas l’aimer ou encore la quitter.
Ils profitent pour cela de l’irresponsabilité politique des autorités européennes qui devient une bêtise inqualifiable. J’oserais même dire une faute !
Quand l’Europe prendra-t-elle la mesure des événements qui touche sa population ?

Face au terrorisme, ce ne sont plus les lois démocratiques qui sont à mettre en avant.
Il s’agit d’une « guerre ». Nos chefs d’État ne cessent de l’affirmer.
Usons donc des lois appropriées, liées à l’état de guerre et sifflons la fin du massacre !
Certains défendront les droits de l’Homme en venant aux secours de ceux qui sèment la mort.
D’autres attireront l’attention sur les déficits démocratiques qui risquent d’entourer les condamnations des criminels.
D’autres encore s’inquièteront de la mise en cause de la richesse des différences culturelles
Aujourd’hui, c’est la guerre !
Des lois spéciales existent ! À nos responsables de les assumer !
Ne pas le faire, ce serait aller au-devant de lynchages de population !

Guy De Smet (15 juillet 2016)


- 69 - COLÈRE

La carte du monde commence à ressembler à un terrible monument aux morts.
Des milliers de victimes innocentes, tombées sous la lâcheté des balles de monstres sanguinaires !
Madrid, Londres, Paris, Bruxelles, Nice … pour ne parler que de lieux qui nous sont proches. Désormais le ciel de ces régions est rouge de sang et noyé sous des larmes d’une douleur que rien ne pourra combler.
Ils sont morts parce qu’ils profitaient de la vie sur le confort d’une terrasse, parce qu’ils s’en allaient au travail, parce qu’ils devaient se déplacer … Ils étaient à la mauvaise place au mauvais moment !
Ils sont nos proches, nos amis, nos frères et sœurs en civilisation …. Et ils nous manquent !

Face à eux, nous trouvons des fanatiques que rien n’arrête.
Des opportunistes manipulant la religion et la bêtise humaine pour asseoir leur soif de pouvoir et de domination.
Des radicaux qui nous soulent en évoquant en Dieu qui les reniera et qu’ils ne connaissent pas.
Des recrutés parmi les mécontents de nos démocraties à qui un monde meilleur est promis s’ils acceptent de sacrifier leur vie.
Des réfugiés supposés qui se sont mêlés à la misère du monde pour perpétrer leurs forfaits chez nous, profitant là des faiblesses de nos démocraties.
Leur raison d’être, c’est de semer la mort et d’anéantir tout ce qui fait la grandeur de l’être humain : sa liberté, sa fierté, son honneur.
Leur cible, ce sont de pauvres innocents qui ne peuvent même pas se défendre et qui vivent à mille lieues de leurs envies de guerre et de destruction.
Leur attitude, c’est l’intolérance à tout ce qui n’est pas leur Loi.
Dès lors, ils condamnent, ils tuent, ils massacrent !
Et nous, nous restons impuissants !

Le monde politique se déchire et affiche ses contradictions. Pourquoi autoriser un feu d’artifice en période d’état d’urgence, par exemple ?
Le monde judiciaire se noie en confondant la Loi de la guerre et celle de la Paix.
Le Monde de la sécurité se perd dans des inadéquations et dans des "guéguerres"  de services : pourquoi confondre la loi de la guerre et celle de la paix ?
Les Grands de ce monde en profitent pour se placer sur l’échiquier d’un pouvoir mondial à engranger.
Et pendant ce temps-là l’homme, la femme, l’enfant de chez nous croulent sous la lâcheté de balles d’animaux sans Foi ni Loi.

Musulmans, qui vivez chez nous, sachez que nous sommes en colère.
Votre religion nous la respectons … surtout, si comme l’exige la Loi, vous la vivez dans votre sphère privée.
Vos signes particuliers, vos voiles, vos viandes Hallal, vos exigences rituelles ou culturelles, nous ne les supportons plus. Ils polluent nos possibilités de dialogue et de vie communautaire.
Vos doubles nationalités nous les considérons comme des refus d’intégration. Assumez vos choix !
Vous avez fait le pari de vivre en Occident … il vous suffit de vous adapter … et si cela ne vous convient pas : RENTREZ CHEZ VOUS. Nous ne vous retiendrons pas.
Quand nous allons dans vos contrées, nous sommes bien obligés de nous habituer à vos us et coutumes sous peine de graves ennuis.
Pourquoi la vie en Occident serait-elle différente ?
Votre visage ressemble tellement à celui de ceux que nous arrêtons au lendemain des attentats … comprenez notre peur et notre désarroi !
Quant à vous les familles de tous ces terroristes … vous êtes les proches et parfois le terreau de toute cette haine.
Votre présence dans nos quartiers nous est insupportable.
Vos revendications, au nom des Droits de l’homme, nous sont une blessure auditive.
Avez-vous songé, ne fusse qu’un instant, que les familles de victimes de vos enfants auraient aimé un soupçon de référence au droit élémentaire à la Vie ?
Aujourd’hui, vous n’avez plus votre place chez nous : votre nom restera entaché à jamais d’un opprobre nauséabond ! DÉGAGEZ !

Vivre en Occident vous offre certes des droits …mais aussi des devoirs.
Votre liberté s’arrête là où commence celle des autres.
La manière de vivre, est celle que nous nous sommes donnée au long de notre Histoire : elle est non-négociable !
Vous espériez trouver l’Eldorado, chez nous. Il n’est pas ici.  À vous de le chercher ailleurs … et pourquoi pas le construire chez vous, dans vos pays d’origine.
Nous vous avons ouverts les portes de nos pays, apprenez au moins à respecter les règles de l’hospitalité qui vous sont chères.

Aujourd’hui mon cœur pleure avec Nice et d’autres lieux ensanglantés.
Mon cœur est en colère parce que des gens de chez vous sont venus, une fois de plus, ternir l’éclat du cadeau de la vie !
Jamais, Dieu ne pardonnera, même si c’est sa vocation première !

Guy De Smet (15 juillet 2016)


- 68 - JE SUIS NIÇOIS

C’était un soir de 14 juillet.
Le ciel venait de s’illuminer des milliers de « belles blanches, de belles rouges » … d’un feu d’artifice.
La promenade des Anglais était remplie de touristes insouciants, de familles, d’enfants qui profitaient de cette belle soirée d’été pour vivre un bon moment.
C’est ce moment que choisit un fou, à l’abri dans son camion, pour foncer dans la foule et abattre ses cibles comme on le ferait avec des lapins.
Plus de 80 morts, des dizaines de victimes !
Ce matin, mon cœur pleure : pourquoi tant de violence ? Pourquoi tant d’innocents fauchés ?
Non seulement, mon cœur pleure, mais il est rempli de colère.

Il n’est plus possible de supporter ce terrorisme aveugle qui tue gratuitement.
Il n’est plus possible de supporter cet État Islamique dont le secret est d’exister grâce à la terreur qu’il sème.
Il n’est plus possible de supporter ces « radicaux religieux » de l’Islam, mais aussi des autres religions, qui font de l’intolérance et du fanatisme une arme de destruction massive.
Comment pouvons-nous tolérer que des centaines de Français, de Belges … combattent dans les rangs de DAESH, alors que nos démocraties restent impuissantes pour les combattre ?
Ils rentrent chez nous … et notre justice se veut démocratique !
Comment pouvons-nous laisser la parole à l’avocat d’Abdeslam réclamant de meilleures conditions de détention ?
Il revendique une référence aux Droits de l’Homme … qu’a-t-il fait … que font-ils tous ces terroristes assoiffés de sang et de mort ?
Sa place est en enfer … et que chaque journée de sa vie se transforme désormais en destruction à petit feu !
Comment pouvons-nous établir une différence entre un terroriste et sa famille ?
Ils n’ont rien vu venir, ils auraient le droit de protéger leur enfant… c’est aussi ce que pensaient les victimes !
Entre les victimes et les criminels, le choix est vite fait !
La victime et les siens ont droit à ma compassion.
Les autres ont droit à l’exclusion de notre vie commune !
Comment pouvons-nous encore entendre tous ces discours creux et politiques qui parlent de « vivre ensemble », d’acceptation des différences … alors que s’installe l’étrange impression que tant de « terroristes » circulent librement autour de nous ?
DAESH, c’est comme un cancer. Il faut éradiquer toutes les cellules, tous les individus cancéreux … et pour cela, il n’existe pas beaucoup de manières.
DAESH est une création de l’Occident, à cause d’une intervention irréfléchie en Irak, au nom de stratégies géopolitiques qui nous dépassent. Il est peut-être temps, aujourd’hui, face à autant de victimes innocentes, de prendre ses responsabilités et d’assumer un combat contre « cette bête », créée de toutes pièces.
DAESH est cette idéologie immonde qu’il faut étouffer dans l’œuf de toute urgence !

Ce matin, je me réveille Niçois.
Je suis couché sous le poids de la croix de l’humanité sur la promenade des Anglais.
Osons espérer que ceux-là qui, il y a quelques heures encore avaient les yeux ouverts sur le pétillement d’un feu d’artifice, entendrons bientôt l’éclatement d’une Justice qui leur aura rendu leur dignité.

Guy De Smet (15 juillet 2016)


- 67 - LE MIEL DE SYNTHÈSE

Cela vous a peut-être échappé, mais l’été sera chaud !
Un nouveau mouvement de grève vient de s’inscrire dans le ciel européen. Il est annoncé par un collectif d’insectes : les abeilles.
Désolé pour Monsieur Bourgeois, elles ne sont pas toutes wallonnes !
Il paraîtrait qu’elles sont moins courageuses que jadis.
Il paraîtrait aussi qu’un peu partout les colonies s’effondrent. Donc, notre future dégustation de bon miel, gavé de soleil, risquerait d’être compromise.
Mais c’est là que survient la surpuissance de l’homme et de son serviteur économique : l’Europe ! Toujours prêts à venir à notre secours !
Le Rambo des ruches est arrivé !
Face à la catastrophe annoncée, le Consortium européen des industries pétrochimiques et alimentaires (CEDIPA) a décidé d’unir ses forces pour créer un miel de synthèse qui viendra s’ajouter à ces milliers d’exhausteurs de goûts et d’arômes artificiels qui font le « bonheur » de notre alimentation.
Leur démarche est vigoureusement défendue par les sages du Comité d’Éthique et Développement de la Commission Parlementaire Européenne (CEDCPE).
Ils le font en tout désintéressement et pour notre bien : « Il n’a échappé à personne que la production de miel tend à s’effondrer du fait de la régression constante des colonies d’abeilles. Des groupuscules écologistes extrémistes ont tenté de faire porter cette responsabilité aux pesticides néonicotinoïdes distribués par nos amis industriels alors que la cause repose uniquement sur une mauvaise gestion des apiculteurs. Peu importe, la demande en miel devenant largement supérieure à l’offre, les prix dans ces conditions ne peuvent que s’envoler. Il est de notre devoir de protéger le consommateur en lui proposant une nourriture saine, bon marché et de qualité. »
Grâce à la douce complicité de l’Europe ce miel de synthèse, dans un souci de répondre à l’attente du consommateur, recevra le label de « Bio Europe » !
« Les apiculteurs qui voudraient persister à en produire naturellement devront dans tous les cas s’acquitter d’une redevance établie sur la base de 4,25 € le kilogramme. », ajoute le très sérieux magazine Scienceinfo.fr. (MDR)

Face à cette menace scientifique qui risque de révolutionner l’avenir de la planète et les cours des marchés, je ne puis que me ranger derrière la bannière des abeilles.
Quoi de plus extraordinaire que de découvrir au détour d’un sentier de vacances, ce bon pot de miel aux saveurs de lavande, d’eucalyptus, d’acacias ….
Quoi de plus mystique que de rencontrer un apiculteur vêtu de son étrange combinaison et de son chapeau d’un autre temps pour aller à la rencontre de cet insecte infatigable, pour sortir cette douce production qui fera merveille dans nos palais.
Pauvres abeilles …
Elles n’ont pas encore compris que cet or qu’elles produisent rend l’homme jaloux.
Lui, il voit couler cette matière gouleyante qui pourrait se transformer en chiffres sur n’importe quel compteur.
Lui, il connait la valeur des choses, au point de ne pas les confier au hasard d’une nature qui pourrait être capricieuse. L’homme a appris à maîtriser la nature et à faire en sorte qu’elle lui rapporte des devises sonnantes et trébuchantes.
Lui, il sait que la santé de l’être humain a nettement moins de valeur que les cours du marché qui feront son profit.
C’est là que s’affiche ce mariage plus que ténébreux entre les lobbies scientifiques et ses valets européens.
L’important, c’est que cette opération soit « juteuse », non de miel, mais de dividendes.
L’important, c’est que les milieux financiers puissent, une fois de plus profiter, de nos envies et de nos goûts, au point de les encadrer.
Cette nouvelle opération européenne vient en rejoindre tant d’autres, dans lesquelles l’important c’est l’argent, peu importe l’envie et la santé de l’homme.

Pauvre Europe …
Et tu voudrais que nous t’aimions ?
Vois, certains te quittent aujourd’hui, d’autres en rêvent, d’autres encore te vomissent …
Tu te prépares encore à nous « solder » dans ce fameux traité intercontinental que tu trafiques, en bonne dictature, avec tes cousins financiers d’Amérique.
Nous avons envie de te crier : couché ! À la niche !
La qualité de ce que nous mangeons ou de ce que nous consommons t’importe peu.
L’accès des citoyens aux soins de santé est le cadet de tes soucis.
Le souci de la qualité de notre vie et de notre environnement ne t’est autorisé que sous certaines conditions.
À tes yeux seul l’argent, la finance a de la valeur … et tu le paieras cher, jusqu’au prix de ton existence et de ta survie.
Nous sommes fatigués de toi.
Nous ne voulons plus de toi, ni de tes quotas, ni de tes lois non-démocratiques.
Nous ne voulons plus te voir nous indiquer une austérité que tu ne t’appliques pas, ni à ton personnel. Tu as déjà fait assez de dégâts en son nom ! Le peuple grec et le monde du travail en général peuvent en témoigner.
Mais tout cela, nous savons que tu t’en moques : Nous ne t’aimons pas, qu’à cela ne tienne ! Ton modèle économique, imposé par la finance, te semble invincible. Le vieillard qui te dirige est tout un symbole de cette pensée toxique !
N’oublie pourtant pas que ce ne serait pas le premier empire qui s’effondre : une autre manière de vivre ensemble est possible.
N’oublie pas cette parole d’un sage africain : « Nous préférons la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage » Sékou Touré en 1958.  (Merci Olivier !)
Abeilles, nous voilà … Humains de tous pays, unissez-vous !

Guy De Smet (12 juillet 2016)


- 66 - CRACHER

Le Ministre-Président flamand n’a pas lésiné sur les formules pour affirmer son dégoût du Citoyen, confronté à son avenir.
Parlant de la frontière linguistique de notre pays, il la définit comme étant «Devenue aussi une frontière de la grève, et les Flamands crachent sur cela ».  
Quel mépris de la population !
Quel langage archaïque que la Flandre nationaliste ne rejoint même plus au pèlerinage de l’Yser ! (Ils étaient seulement une dizaine de rescapés des foules d’hier !)
Si le Wallon se voit contraint de se rebeller face à la situation sociale que les politiques veulent lui imposer, c’est qu’il a ses raisons.
C’est le travailleur qui fait ses comptes à la fin du mois ! C’est lui qui se rend compte que les prix de la vie ne sont plus à sa portée !
C’est le travailleur qui voit son accès aux soins de santé, à la retraite mis en question !
C’est le travailleur qui ne voit pas un avenir dans les emplois précaires que le gouvernement et que le patronat veulent lui fourguer.
Le wallon est un « latin ». Il n’a pas l’habitude de fonctionner selon la logique germanique du « Eins, Zwei … » !
Pour dire sa colère, n’était-il pas d‘ailleurs rejoint par des flamands qui partageaient son opinion ?
Les dockers anversois pourraient lui donner une leçon de lutte des classes, tellement incompatible avec son idéologie économique et bourgeoise.
Et qui serait Monsieur Bourgeois pour se placer en travers de la saine réaction d’un travailleur qui ne prend pas toute décision ministérielle pour argent comptant ?
Ce « crachat » éructé par le Ministre-Président au nom de ses compatriotes est une insulte qui ne restera pas sans réaction !
Nous savons que la NV-A est obligée de se refaire une santé pour ne pas perdre tout son électorat.
Nous savons qu’elle est prête à utiliser n’importe quel argument pour exister, mais de là à faire de l’insulte un mode de vie, il y a un pas !

À l’occasion des discours de la "fête nationale flamande", le Président du Parlement flamand se sent obligé d’en remettre une couche et d’orienter l’avenir de la Flandre, hors d’un contexte fédéral.
Il en appellerait ainsi à une collaboration avec les Pays-Bas, la Belgique ayant perdu bien trop de temps à se tourner vers la France.
Et moi qui croyait que le modèle du gouvernement Michel était l’Allemagne de Madame Merkel !
En affirmant ce souhait de collaboration, Jan Peumans commet, entre autres, une grave erreur historique.
Dans l’histoire, tout a séparé la Flandre catholique et le Nord protestant, au point d’évacuer définitivement les Nassau en 1830.
Il existe donc très peu, jusqu’à aujourd’hui, de passerelles identitaires entre les deux pays.
Certes, l’économie est capable d’engager d’autres partenariats, parfois contre-nature !
Mais sera-t-il possible éternellement de faire de l’économie contre l’avis des citoyens ?
En attendant, cela lui a permis de flatter les Flamands soucieux d’une langue qui, dans ce cas, n’est certainement pas un lien.
Le 11 juillet était-il le moment opportun pour affirmer ce désir, alors qu’une trêve communautaire devait s’imposer jusqu’en 2019 … à moins qu’une urgence électorale ne dessine les contours d’un autre scénario !
Pauvre Flandre, noyée dans autant de contradictions et dans autant de complexes !
Pauvre Flandre menée par autant d’opportunistes et autant de Machiavel !
Pauvre Flandre, dans laquelle le crétinisme semble être un atout de pouvoir !

L’idée de ce « crachat » m’insupporte au plus haut point, d’autant plus que mes origines flamandes me font vivre une autre réalité que je rencontre au quotidien.
Le peuple Wallon est un peuple qui a des raisons d’être fier de ses régions et de ses citoyens.
Il a de quoi être fier des luttes et des combats qui ont gravé la fierté sur son visage.
Le syndicalisme aura écrit la dignité de l’ouvrier en lettres de sang dans les vieux bassins miniers de nos gloires anciennes.
Le vent des forêts d’Ardenne et de Gaume aura dessiné le caractère d’un peuple qui sait se battre quand il le faut et s’émerveiller quand il en est l’heure.
Le noir du charbon liégeois et carolo aura distillé une perle ardente qui s’appelle solidarité et fraternité.
L’onde mosane aura façonné la patience d’hommes et de femmes qui savent que la vie ne s’écrit pas dans le creux de paroles vides, mais dans le doux murmure d’actions qui construisent.
Il a de quoi s’émerveiller de cette « langue belle » qui l’unit à la Francophonie, terre de culture et d’épanouissement, du Canada à l’Afrique en passant par l’extrême Orient.
Il a de quoi se vanter de ses efforts pour créer, au jour le jour, une économie et une paysage social qui respecte le citoyen.
Ils peuvent chanter, sans complexe : « Nos estan fier d’ies Wallon »

L’idée de « crachat » m’indispose aussi quand il sort de la bouche d’un responsable politique.
Le citoyen est son bien le plus précieux.
C’est vers lui qu’il doit se tourner lors de chaque scrutin électoral pour pouvoir exister.
NV-A de cœur, indépendantiste, certes, Monsieur Bourgeois appartient d’abord à un parti qui a voulu tenir les rênes d’un pouvoir fédéral.
De quel droit se permettrait-il de « cracher » sur la part « belge » qui ne lui convient pas.
Le citoyen a le droit d’être écouté et d’être respecté !
Il a le droit et le devoir d’exprimer son opinion.
Il a le droit d’exprimer sa pensée philosophique ou politique et de la traduire dans des actes.
L’homme politique a le devoir de respecter celui qu’il sert !

À moins que le crachat ne soit l’expression d’un « moins que rien » nauséabond qui n’aurait droit qu’à notre mépris ?

Guy De Smet (11 juillet 2016)


- 65 - ALLEZ LES BLEUS !

Ce cri des supporters français aura frôlé le délire durant près d’un mois.
Nous allions voir ce que nous allions voir … et nous l’avons vu : victoire écrasante et humiliante du Portugal.
Ils vont où les Bleus, maintenant ?
Nous connaissions les magouilles financières qui ont entouré l’organisation de cette fête du football : des impôts offerts à l’UEFA, des cadeaux aux villes organisatrices, pendant que les contribuables français ouvraient le portefeuille pour financer les infrastructures. Le journal « Les Échos », un journal économique au-dessus de tout soupçon, a largement développé le sujet !
Un tirage au sort, comme par hasard, favorable aux Bleus. Cela permet depuis le début de la compétition, de ménager sa monture.
Un penalty offert par l’arbitre et un autre refusé à l’équipe d’Allemagne en demi-finale, cela ouvre des places indues.
En finale, enfin, dans laquelle tout se mettait en place pour une belle victoire.
À la 25ème minute, il suffisait d’éliminer le meilleur joueur sur le terrain, Ronaldo, ce que l’arbitre ne remarquera même pas.
Il suffisait d’un match « français » peu attentif à la technique portugaise …
Et tous les plans de victoire étaient déjoués !
Comme quoi, il y a quand même une justice !
La fête n’aura pas lieu !
Waterloo, Berezina … faudra-t-il y ajouter Paris 2016 ?
Ce match restera une heure française sombre, malgré une victoire éblouissante du Portugal.
Ce sera, dès aujourd’hui, l’heure des règlements de comptes et de la recherche du coupable idéal.
Mais en attendant, que coule le Porto, pendant que s’évaporent les bulles du Champagne !

Pauvre France !
À force de se regarder le nombril, elle oublie qu’il ne suffit pas de se considérer comme le centre du monde pour l’être.
Elle oublie que le sport est un « jeu » et donc « que le meilleur gagne » ou encore, comme le disait l’un de ses fils que « l’important, c’est de participer ».
Elle oublie que le fair-play est une qualité qui vaut une victoire. Ce n’est peut-être pas pour rien que ce mot n’est pas issu de la langue française.
Elle oublie que dans le sport, les seules règles qui comptent, c’est le travail physique et l’humilité de l’intelligence qui permettent de faire partie des « premiers ». L’Islande et le Portugal nous en ont donné une belle leçon !
Le 14 juillet d’après-match n’aura donc pas lieu … la fête est brisée … du moins en France !
Et Bravo au Portugal qui vient d’inscrire son nom, malgré le sort réservé à Ronaldo, au panthéon des « dieux du stade ».

Désormais, il restera à la France à se réveiller, même si le Tour de France est là pour la faire rêver …  Et pourquoi pas les jeux olympiques de Rio ?
En attendant, elle restera avec son quotidien, fait d’une situation économique et sociale peu enviable, d’une Loi travail qui durant l’Euro aura changé la donne, d’un « état d’urgence » qui humilie le pays des Droits de l’Homme, de la médiocrité de Flamby, de la perspective d’une élection présidentielle qui ne changera en rien le quotidien des citoyens …
Elle restera cette partie du moteur européen qui devra apprendre à vivre avec de plus petites nations qui sont parfois plus performantes.
Elle restera ce beau pays de nos vacances, fait de sites éblouissants et d’une douceur de vivre appréciable.
Elle restera le pays du fromage, du jambon-beurre, de l’excellente cuisine du terroir et de ce vin prodigieux qui sème des gouttelettes de bonheur aux quatre coins de ses régions.
Elle restera cette terre sur laquelle il fait bon vivre et sur laquelle se muse la chansonnette de la joie de vivre.

Bon 14 juillet !

Guy De Smet (11 juillet 2016)


- 64 - MORTE DE FAIM

Une jeune femme est morte de faim … à Tourcoing, dans le Nord de la France, au XXIème siècle !
Qu’une telle nouvelle arrive en Éthiopie ou encore dans un camp de réfugiés, cela nous semblerait une banalité … comme si une vie humaine était banale.
Cette nouvelle, révélée par un journal français, nous parle d’une ville de chez nous. Cela nous semble impensable !
Cette femme a été retrouvée sans vie, ainsi que son chat qui fut son dernier compagnon de vie.
Cette femme était fragile. Jusqu’en 2015, elle était sous tutelle. Une association était chargée de son accompagnement et du suivi de son quotidien.
En 2015, elle ne se présente pas au tribunal pour une mise à jour de son dossier : affaire classée !

Un incident dramatique qui me remplit de tristesse, mais aussi de colère.
Comment ne pas être triste quand une vie est fauchée si jeune, alors que, dans d’autres conditions, tout aurait pu lui sourire ?
Comment ne pas pleurer parce que cette femme a enduré une mort atroce, sans que personne ne puisse entendre ses cris, ni essuyer ses larmes ?
Comment ne pas être triste face au cadavre de quelqu’un qui ne comptait pour personne ?
Nous vivons décidément dans une société dans laquelle il vaut mieux être riche et en bonne santé, que pauvre et malade !
Les priorités que se fixent nos gouvernants et nos sociétés sont assez parlantes dans ce domaine.
Je me suis permis régulièrement d’attirer notre attention sur ce mode de fonctionnement qui ne cesse de crier vengeance au ciel.
Tant que nous laisserons créer une communauté de vie où seul l’argent a du prix, nous aurons ce genre d’assassinat de l’être humain !
Un monde froid, dans lequel nous en serions que des numéros, cela suffit !
Mais loin des décisions qui nous échappent, nous touchons du doigt, à travers ce drame de Tourcoing, le cancer de l’indifférence. Et cela nous concerne tous, au quotidien !
Nous sommes capables de communiquer avec les petits Chinois, grâce à Internet. Par contre notre voisin est souvent un illustre inconnu, à qui nous ne parlons pas, que nous ne connaissons pas et qui nous est indifférent.
Cette femme retrouvée sans vie avait des voisins. Pendant plus d’un an, ceux-ci ne se sont pas inquiétés de ne pas la voir, de ne pas la rencontrer.
Il aura fallu une odeur pestilentielle pour être intrigué par le sort de cette femme !
Les associations qui l’aidaient ne se sont pas inquiétées de ne plus la rencontrer.
Une simple absence au tribunal suffit pour classer un dossier qui, jusque-là, suscitait des inquiétudes.
Ses proches, eux aussi, ont été aux abonnés absents et ne se sont pas posé la question de son devenir.
Les hasards et les portes fermées dans les familles sont source de tellement de solitude qui tuent !
Aujourd’hui cette femme est morte de faim, dans l’indifférence générale.

Honte à notre société qui se vante de ses paradis fiscaux et des strass qui habillent les riches.
Honte à nos passions qui nous mobilisent pour des soirs de football, alors que le sort de ceux que nous côtoyons nous laisse de marbre.
Honte à notre mode de vie basé sur un nombrilisme et sur un « moi je » criminels.
Honte à ceux qui exercent des responsabilités politiques ou associatives. Ils ne cessent de nous parler d’austérité, tout en disant que tout va mieux en économie. En même temps, ils n’ont aucun souci de ces hommes et de ces femmes qui ne peuvent pas suivre le rythme et qui vivent en marginaux et en exclus.
Honte à une certaine administration qui se contente d’ouvrir des dossiers, mais qui est incapable de la moindre once d’humanité envers ceux qui crèvent de ne pas en rencontrer.

Si cette mort pouvait au moins nous aider à faire un examen de conscience et à traquer cet égoïsme qui tue et qui, chez nous, aussi a trouvé le moyen de s’installer ?

Guy De Smet (6 juillet 2016)


- 63 - BREXIT

En Grande-Bretagne, le peuple souverain s’est exprimé dans un référendum attendu.
Il a choisi de quitter l’Union européenne, qui ne correspondait plus à ses attentes.
Un choix qu’il lui reste maintenant à afficher dans le concret de son quotidien.
Depuis cette date funeste pour l’Europe, bien des commentaires ont envahi l’espace médiatique.
Le Premier-Ministre a démissionné.
L’Europe se réveille « groggy ».
Les milieux financiers affichent la fièvre d’une panique.
Les agences de notation, à qui personne ne demande rien, jugent l’économie anglaise.
La commission européenne, non contente des réactions immatures de son président, se réfugie derrière des peurs qu’elle aime brandir face aux Britanniques coupables de félonie.
Quant à la presse, il n’y a pas un jour où elle ne sanctionne cette décision populaire qui ne va pas dans le sens des intérêts des lobbies financiers qui la dirigent.

Face au résultat inattendu de l’opinion, plus d’un se sont lancés dans des « exégèses » partisanes.
Pour certains, le résultat ne semblait pas significatif : 52 % contre 48 %. Nos amis anglais ne nous ont-ils, pourtant, pas appris qu’un chiffre est plus important qu’un Lord-Mayor.
Cela n’a pas empêché des citoyens anglais de se lancer dans une pétition réclamant un nouveau référendum. Il parait que cela s’appelle « Démocratie » !
D’autres y ont lu une catastrophe économique ou encore un péril pour les citoyens britanniques vivant sur le continent.
D’autres encore ont prédit à l’Angleterre, un enfer dont elle ne se remettra pas.
Le monde politique, quant à lui se cache devant des échéances de négociation du Brexit, espérant bien y engranger quelques avantages sordides.

Tout ce méli-mélo pro-européen me parait bien pitoyable.
Le peuple a exprimé son avis et son attente pour l’avenir. C’est son choix et cela mérite le respect !
Le peuple des banlieues ouvrières ou des régions industrielles du nord de Londres a dit « non » à une Europe qui ne les comprend pas, qui ne les écoute pas.
Il a dit « non » à l’emprise de la finance qui fait office de bulldozer sur tout ce qui fait la vie du simple citoyen.
Il a dit « non » à une Europe dont le seul projet est la finance et la création d’un vaste marché, oubliant l’existence de l’homme et de ses droits élémentaires.
Cette Europe-là impose l’austérité, jusqu’à traîner des peuples courageux, comme les Grecs, dans la boue et dans la honte.
Cette Europe-là impose des conditions de vie précaires à des jeunes au lieu de projets pour en vivre.
Cette Europe-là rêve de taxes, de contributions, d’efforts, là où le simple citoyen rêve d’un bonheur à sa portée.
Le Brexit, pour ces gens-là, est comparable à la Révolution française. Ils espèrent qu’il servira de point de départ à la construction d’une indépendance retrouvée, loin des égoïsmes financiers qui tuent.
Et si cela donnait des idées à d’autres citoyens à qui on a forcé le modèle européen ?
Il n’est pas possible de bâtir une société sur le mythe de l’argent. Elle serait source d’injustices et d’inégalités … nous en faisons l’expérience au quotidien.
Il n’est pas possible de laisser les valets politiques de la finance construire notre avenir.
L’argent est certes un moteur de notre vivre ensemble.
Le travail et les compétences des travailleurs en sont une autre.
L’un ne peut se passer de l’autre, sous peine de révolution.
Il n’est pas possible d’enfoncer plus loin des hommes, des femmes, des familles entières dans le marasme d’une austérité qui finira par voir s’élever sur nos places des monuments à ses victimes.

Au matin du Brexit, comme au matin de chaque belle révolution, c’est le même sursaut du bon sens des peuples qui se fait entendre : « Allons enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé » !

Guy De Smet (2 juillet 2016)


- 62 - EXIT DIABLES

Vendredi soir, le verdict est tombé : La Belgique n’ira pas plus loin dans l’Euro 2016 !
Un score implacable : 3-1 !
Un adversaire brillant : le Pays de Galles !
Et ce, malgré des supporters enthousiastes et un vent de folie qui n’a cessé de souffler tout au long de cette fameuse journée.

Pour les amateurs de football, ce fut un mois de beau spectacle, d’une fierté nationale rarement exprimée à ce point, loin d’une austérité qui tue à petit feu.
Pour les mordus de commerce, ce fut une période faste, faite de foules, de consommation et de bénéfices non négligeables en ces temps de crise.
Pour les autres, ce furent des soirées pénibles, toutes emboucanées dans le bruit et dans les brumes de maux de têtes de lendemains de veille.

Nous aurions pu nous dire que ce n’était déjà pas si mal d’être arrivé en quart de finale.
Nous avions une équipe jeune, qu’il fallait encore amener à maturité, mais les promesses étaient déjà grandes.
C’était sans compter sur les avis d’après-match !
Il fallait du changement à la tête de l’équipe !
Les joueurs étaient trop jeunes et ils manquaient d’expérience, comment l’entraîneur avait -il osé les aligner ?
J’en passe … et des meilleures !
Il ne fut que rarement déclaré que l’équipe du Pays de Galles était une équipe au top.
Nous sommes loin de l’idéal olympique qui proclamait que « l’important, c’est de participer ! »
Nous sommes loin de la loi du sport qui exige un gagnant et un perdant.

Ce match nous livre une grande leçon de vie.
Ce n’était pas l’entraîneur qui était sur le terrain. C’étaient onze individus, grassement payés, qui n’était pas à même d’affronter les qualités de l’adversaire.
Pourquoi nous faut-il toujours un coupable pour pallier à nos faiblesses ?
D’autre part, l’argent occupe une place prépondérante dans ce sport qui déplace des foules.
Cela va du salaire exorbitant des joueurs, aux retombées économiques juteuses pour des sponsors avides de bénéfices et pour des commerçants assoiffés de chiffres d’affaire.
Mais l’argent ne peut pas tout. Le talent et l’expérience sont d’autres facteurs qui donnent du goût à la vie.
Peut-être bien que des joueurs plus présents sur un terrain d’entraînement et moins devant les caméras publicitaires auraient été un atout supplémentaire !
La vie ne s’achète pas. Elle se construit et elle devient un cadeau.
Enfin, l’échec est aussi une leçon de vie.
Il n’est pas une humiliation qui fait qu’il soit nécessaire de se cacher et de rentrer aux petites heures du matin.
Il n’est pas un tribunal qui fait oublier les belles heures vécues grâce à l’effort et à la motivation.
Il n’est pas un jeu d’enfant qui permet de détruire aujourd’hui ce qu’on a adoré hier.
L’échec, c’est ce qui permet d’évoluer, ce qui permet de s’améliorer en en tirant les leçons et en se forgeant une expérience.
L’échec est le pas vers une autre victoire qui s’écrit dans l’humilité et dans l’efficacité.
Tout cela a de quoi inspirer nos expériences quotidiennes, loin du désenchantement issu de la défaite de nos Diables.

L’Euro 2016 se termine pour la Belgique. Le suivant se profile à l’horizon.
Joueurs à vos entrainements et que le meilleur gagne !

Guy De Smet (2 juillet 2016)

- 61 - TERRORISME

Un mot qui fait peur … et qui jusqu’ici s’adressait à ces vagues de terreur qui en Israël ou chez nous sont l’œuvre de fanatiques sanguinaires.
En Israël, ce mot s’applique à un État avec qui, sans scrupule, nous maintenons des relations diplomatiques.
Chez nous, à Paris, à Bruxelles et ailleurs, ils sont l’œuvre d’ennemis jurés de la civilisation occidentale et de la démocratie.
Dans les deux cas, ils s’en prennent à des victimes innocentes, dont le seul tort est d’avoir été là, au mauvais moment.

C’est pourtant ce mot « terrorisme » que Monsieur De Wever applique à l’action des syndicats, en Belgique, ces derniers jours.
Il visait concrètement la mise en scène montoise, lors de la dernière manifestation syndicale, de la pendaison et de la décapitation de l’effigie de Michel et de son gouvernement.
En « vierges effarouchées », des Belges ont trouvé que cela allait trop loin, au point que le populisme de De Wever a appuyé volontiers cet état d’esprit.
L’image, pourtant, en dit long sur le ras-le-bol des travailleurs qui n’en peuvent plus de crouler sous le poids de mesures iniques et d’un autre temps.
L’image en dit long sur le souhait des travailleurs de voir disparaître ces hommes et ces femmes politiques « mafieux » qui ne cessent de se comporter en « agents » de la finance mondiale.
« Luxleaks », entre autres, ne met-il pas le doigt sur une manière d’agir, propre à la mafia ?
Le Président de la Commission européenne n’en serait-il pas le « parrain » ?
Ces manifestations, ces grèves seraient politiques. Elles seraient l’œuvre de « fous » et « d’irresponsables », selon les dire de ce même leader flamand, qui dans le domaine n’a guère de leçons à donner !
Et que font-ils du désarroi des travailleurs ?
N’en déplaise à Monsieur De Wever, je crains qu’il n’y ait plus « terroriste » que ce signe des manifestants montois !
N’est-ce pas plus « terroriste » de tirer les ficelles d’un gouvernement, au nom de la lente mise en place des structures d’une Belgique voulue moribonde, afin de pouvoir mieux y établir ses ambitions personnelles d’une Flandre indépendante ?
N’est-ce pas plus « terroriste » d’imposer une flexibilité de l’emploi qui, comme à la SNCB, impose de sacrifier un salaire décent et des conditions de travail acceptables au nom d’une productivité et d’une rentabilité dont le libéralisme a le secret ? Travailler plus, pour gagner moins ?
N’est-ce pas plus « terroriste » et digne des manières de faire de Daesh, de répondre au mécontentement des travailleurs par des notions telles que la « délation », « la sanction », « la réquisition », « l’exclusion », « la taxation » … ?
N’est-ce pas plus « terroriste » de couvrir le patronat de subsides indécents, venant de la poche des contribuables, alors qu’il ne cesse d’exporter des bénéfices vers les paradis fiscaux, dont nous connaissons si bien les fonctionnements ?
N’est-ce pas plus « terroriste » de mettre à mal la qualité de vie des travailleurs en leur imposant des horaires et des durées de carrières inhumaines et scandaleuses … au nom d’une soif de profits démesurée ?
N’est-ce pas plus « terroriste » de sacrifier les forces vives d’un pays, l’être humain, au dieu « finance », dont l’Europe est la protectrice ?
N’est-ce pas plus « terroriste » de laisser sur le bas-côté de la route les plus faibles de nos sociétés que sont les jeunes, les vieux, les malades, les femmes enceintes, les migrants, les exclus du chômage … ?

Si les images de la « pendaison de Mons » peuvent choquer, il y a d’autres « pendaisons » qui choquent, celles que vous les politiques vous commettez au quotidien.
Vous vous dites « déterminés » dans les choix que vous faites.
Les Belges sont déterminés à vous faire part de leur agacement, à vous bousculer et à vous empêcher de nuire plus.
Vous vous dites assurés d’avoir fait « le bon choix ».
Les Belges vous feront comprendre, dans les larmes et dans le sang, que le seul bon choix était celui de la démocratie et d’une vraie concertation sociale.
Vous êtes conscients « d’engager l’avenir ». C’est peut-être le seul point sur lequel ce gouvernement a raison : il a créé le « travailleur pauvre », celui qui demain fera du « marche ou crève » la devise qu’il lui faudra intégrer. Il a divisé le peuple en riches, protégés et en pauvres, exploités.

Aujourd’hui, des Belges, libérés de cet individualisme qui les tuera demain, vous disent : STOP !
Nous ne voulons plus de vos mesures !
Nous ne voulons plus d’un libéralisme de gauche ou de droite qui tue.
Nous ne voulons plus de ce dieu « Argent », votre seule idéologie.
Nous ne voulons plus de vos usurpations de pouvoir qui transforment les échéances électorales en des dictatures qui arrangent vos dynasties familiales.
Nous ne voulons plus de ces systèmes économiques et financiers qui ne cessent de s’essouffler en massacrant d’humbles citoyens.
Vos politiques sont des « attentats » aussi meurtriers et indécents que ceux de Paris ou de Bruxelles.
L’être humain mérite mieux qu’une société dans laquelle il n’est rien, si ce n’est un esclave de vos inhumanités.

Guy De Smet (2 juin 2016)


- 60 - MARC GOBLET ET LES ÉTUDIANTS

Cette semaine, au pays du surréalisme, nous avons assisté à un échange de propos curieux entre un responsable syndical et une association représentative d’étudiants.
Le sujet de la discorde résidait dans l’impossibilité d’utiliser les moyens de transports durant les grèves. Pauvres examens !
Marc Goblet, fidèle à son franc-parler disait : « Je n’arrive pas à imaginer qu’ils ne sachent jamais trouver une alternative. Ça fait partie de l’action de faire en sorte que ça touche l’économie et dérange. C’est le seul moyen de faire prendre conscience aux dirigeants qu’ils doivent changer d’attitude. Ce qui est dommage, c’est que notre société va de plus en plus vers l’individualisme. On a perdu le sens de la solidarité tant qu’on n’est pas directement concerné »
La Vice-présidente de l’Unecof de répondre : « Ce que nous n’arrivons pas à imaginer, c’est comment un syndicat de travailleurs aux revendications socialistes n’ait pas le sens des réalités au point de ne pas "imaginer" ce qu’est la vie en milieu rural, de ne pas "imaginer" qu’on puisse être isolé sur le plan familial et relationnel, de ne pas "imaginer" qu’un étudiant qui vit chez sa mère célibataire, quand elle travaille elle-même en bus dans le village d’à côté, n’a pas d’alternative que les bus et les trains pour se rendre en examens, de ne pas "imaginer" que la vie en Gaume, en Ardenne, dans la botte du Hainaut ou en Wallonie Picarde n’est pas la même qu’en centre-ville, de ne pas "imaginer" que les bus et les trains représentent pour la partie la plus précarisée de la population leur seule possibilité de mobilité, de ne pas "imaginer" qu’en cas de grève sauvage, les étudiants les moins "débrouillards" sont en fait ceux qui sont le plus dans le besoin. »

Un dialogue de sourds, à la hauteur des préoccupations d’une société : « Moi, je » !
Les étudiants rejoignent là le souci de tant d’autres qui mettent sur le même pied le droit de grève inaliénable et le droit au travail qui mérite le même respect.
La grève serait d’un autre temps … aux syndicats d’adapter leurs moyens de grogne à l’époque individualiste, dans laquelle nous vivons.
Là, on croit rêver !
Des mesures irresponsables sont prises qui engagent l’avenir de milliers de travailleurs, de malades, de retraités.
Des horizons se bouchent pour des milliers de jeunes déversés sur le marché de l’emploi, après des études qui n’ouvrent aucune porte, si ce ne sont celles de nouvelles formations en vue d’acquérir de l’expérience.
Des travailleurs se voient imposer des conditions de travail qui empêchent un épanouissement familial et humain harmonieux.
Des hommes et des femmes, arrivés au terme de leur vie, se voient imposer des retraites de misère et des travaux forcés inhumains.
Des malades sont niés dans leur précarité et remis de force au travail, sans oublier les soins de santé qui ne sont plus accessibles à tous.
Des chercheurs d’emploi sont stigmatisés, sanctionnés et traités comme des criminels … et les syndicats devraient se taire ou trouver des « moyens qui ne dérangent pas » !
Je crains que notre société ne soit gravement malade. Elle me semble atteinte d’un cancer qu’il devient urgent d’éradiquer : l’individualisme !
Les travailleurs n’ont pas d’autres armes que la révolte et la colère pour exprimer leur désarroi.
La grève est leur seule arme de défense contre celle utilisée par la brutalité de finance, du patronat et de ses valets politiques.
La grève est la seule manière possible quand la concertation sociale et le dialogue ne cessent d’être mis à mal par un pouvoir autiste.

Vous qui vous en prenez aux mouvements sociaux qui dérangent vos petites habitudes, si vous preniez le temps de la lucidité face à tous ce qu’ils vous ont déjà apporté : ces vacances, ces congés payés que vous appréciez …
Le travail des enfants qui a été banni, une fois pour toutes dans nos régions …
Ces horaires de travail qui vous permettent de construire des projets et une vie de famille …
Ces conditions de travail qui ont le souci de l’hygiène et de la sécurité de vos personnes …
Ces soins de santé qui, jusqu’il y a peu, étaient accessibles à un maximum de citoyens …
La vigilance face à un patronat qui n’a pas les mêmes priorités que ses salariés …
Aujourd’hui, le mouvement syndical devrait s’adapter … mais à quoi ?
Les décisions du gouvernement et les applaudissements du patronat sont assez éloquents pour indiquer l’horizon noir et orageux des travailleurs.
Nous ne serons jamais des humains seuls. Nous aurons toujours besoin des autres … cela s’appelle la solidarité !

Pour terminer, je ne puis m’empêcher de me tourner vers les étudiants.
À les écouter, nous nous croirions revenu au pays de Cosette !
Vous vous présentez à nous comme des êtres précaires, parce que vous habitez dans les campagnes ou parce que vos parents sont obligés de travailler.
N’empêche que cette précarité vous donne le droit, aujourd’hui de faire des études. Ce ne fut pas toujours le cas ! C’est une chance qui vous est offerte et pour laquelle d’autres, avant vous, se sont battus !
D’autre part, votre précarité … en êtes-vous tellement sûrs : faites vos comptes : soirées d’étudiants, vos guindailles, votre budget vêtements et autres équipements, vos notes de smartphones et d’ordinateurs ou tablettes …
Vous prenez aujourd’hui le prétexte des « examens ». Pour combien parmi vous, le blocus a-t-il été la plus grande période de découverte de cours auxquels vous vous êtes si peu appliqués durant l’année.
Et nous pourrions poursuivre cet inventaire nous révélant que vous n’êtes pas les plus précaires de ce pays !
Certains travailleurs ont logé dans leur bureau, cette nuit, loin des leurs. Ils se sont solidairement associés pour trouver des solutions … et vous, l’avenir de nos pays, vous n’en seriez pas capables ?
Je vous laisse avec ces mots de Marc Goblet qui pourraient avoir de quoi vous faire réfléchir : « Nos actions n’ont pas d’autre but que d’offrir aux jeunes un avenir digne de ce nom. Nous veillons systématiquement à prévoir nos actions suffisamment longtemps à l’avance pour que les étudiants puissent s’organiser au mieux. Mais une chose est sûre, ce n’est pas un hasard si le gouvernement ou la SNCB poussent les travailleurs à la grève maintenant. Ils veulent nous diviser. Parce qu’ils savent que nos revendications sont justes et communes à toutes et tous »

Guy De Smet (31 mai 2016)


- 59 - AU PAYS DE MACHIAVEL

Il y a des jours où votre origine devient une source de honte.
C’est un peu ce que je ressens en laissant mon cœur battre au diapason des événements qui s’abattent sur notre pays.
Anversois d’origine, j’ai honte, aujourd’hui, d’avoir un nom lié à cette Cité dont le « Führer » n’est autre que Bart De Wever.
Tout en lui n’est que mépris et arrogance.
Tout n’est que suffisance et populisme, même si pour arriver à ses fins, il doit sacrifier ses citoyens les plus modestes.
Une verrue sur le nez de la Belgique, mais aussi d’une Flandre qui se réveillera bien un jour !
Il se veut le porte-parole d’un mouvement flamand pour qui il est une insulte. J’ose le dire au nom de mon histoire familiale.
Il l’aura utilisé comme un tremplin pour réaliser ses ambitions personnelles et celles de quelques parvenus de la Flandre des riches.
Où était-il pour défendre ceux que la guerre a considéré, à tort ou raison, l’Histoire jugera - comme des collaborateurs et des inciviques ?
Où était-il pour défendre la dignité des Flamands, victimes de conditions de vie, issues des humiliations de quelques notables imbus d’eux-mêmes ?
Où était-il pour soutenir les revendications – justifiées ou non – d’une amnistie pour celles et ceux « qui se sont sacrifiés pour l’honneur flamand » ?
Leurs descendants, j’en suis sûr, attendaient un peu de grandeur d’âme qui soit respect pour leur mémoire ! Il ne sera à leurs yeux qu’un usurpateur malhonnête.
Qui est-il, aujourd’hui, pour « parler » au nom de Flamands qui ont fait depuis longtemps de la Belgique leur maison commune, loin des idées de revanche ou de replis sur soi qui ne sont que stériles ?
Parmi eux, certains sont venus au Sud, parce que le Nord n’en voulait plus !
Avec les mesures qu’il prône, il se comporte comme ces Fransquillons qui, hier, dirigeaient les villages flamands.
Il ne cesse d’imposer un joug fiscal et social qui impose autant d’œillères qui empêchent de se respecter et de s’indigner.
Il pousse le mépris jusqu’à nier tout besoin de combat pour une population qu’il asservit, alors que la Wallonie croule sous les conflits.

Il a fait du mouvement flamand une courbe économique, faisant croire à ses concitoyens qu’ils étaient supérieurs aux autres belges.
Il a été jusqu’à endosser la séparation du parti flamingant d’origine, pour faire de l’ultralibéralisme son arme de destruction massive.
Il a fait de l’économie et de la finance le fer de lance de son combat qui doit enfin venger la Flandre.
Il a mis son populisme au service de son entrée dans un gouvernement national … ce qui est aux antipodes des statuts de son parti. L’indépendance de la Flandre reste son credo et l’anéantissement de la Belgique son seul plan.
Aux commandes d’un pays qu’il exècre, il se comporte comme un imposteur et un tyran.
Il a pris les manettes de la Maison Belgique pour s’approprier ses richesses et pour accentuer ses faiblesses, laissant à la médiocrité et à l’incompétence de Michel le soin d’en porter le chapeau.
Il a aidé à mettre en place des mesures impopulaires, profitant des avantages et des inconvénients de cultures citoyennes différentes. Diviser pour mieux régner est son mode d’action !
Aujourd’hui, après deux ans de pouvoir national, il ne cesse de dénigrer le sud de du pays.
Il ne cesse de mépriser des travailleurs qui se battent pour leur emploi.
Il ne cesse de comparer des situations qui ne se ressemblent en rien, pointant du doigt une région qu’il veut voir à genoux.
Là où il faudrait apaiser et pousser au dialogue, il ne cesse de jeter de l’huile sur le feu, pourvu que la Maison Belgique brûle … et Michel ne voit toujours rien venir !
Grâce à ce machiavélisme de bas étage, il se met à rêver : et si demain s’ouvrait une période sans Belgique, une période de confédéralisme qui se transformerait bien vite en indépendance ?
Est-il si sûr de sa réussite ?
Une chose est à remarquer dans les sondages : la montée du Vlaams Belang.
Oui, les Flamands ne sont pas tous derrière son discours méprisant.
Tous les Flamands ne supportent pas ses mesures économiques inhumaines, même si des promesses d’avenir meilleur, loin de la Wallonie, ornent ses discours.
Tous les Flamands n’acceptent pas la venue d’un nouveau « Führer », qui rêve et pense à leur place. Dans le domaine, mal lui en a pris, elle a déjà donné !

La Flandre et ses fantômes du passé ont produit un monstre …
Ne laissons pas la « bête » détruire nos envies de paix et de bonheur ?
Ne la laissons pas devenir le fossoyeur de notre devise nationale : « L’union fait la force ».

Guy De Smet (30 mai 2016)


- 58 - DES CHUTES SYMBOLIQUES

Au moment où notre pays connait un printemps social exceptionnellement « chaud », il compte aussi deux nouveaux « délinquants routiers » de poids (et je pèse mes mots !) 
La semaine dernière, en effet, deux cyclistes ont été renversés par deux ministres du Gouvernement Michel, Maggie De Block et Alexander De Croo (comme par hasard, tous deux Libéraux !)
Ouvrant leur portière, ils ont heurté deux cyclistes qui respectaient le code de la route et dont le seul tort était de passer par là.

Accident banal, si ce n’est la personnalité des deux contrevenants au code de la Route, dont l’un est ministre de la santé publique !
Si tout semble rentré dans l’ordre, à l’amiable, je me permets toute fois d’y lire le symbole d’une autre chute, celle du citoyen belge … de vous, de moi.
Depuis deux ans, nous subissons une avalanche de mesures d’austérité dont le but est de répondre aux soifs des milieux financiers soutenus par l’Europe et le FMI.
Saut d’index, gel des salaires, exclusions des chômeurs, hausses indécentes de la TVA sur, entre autres, l’électricité et les carburants, démantèlement de la sécurité sociale, agressions sur les retraités ….
Cette sinistre litanie concerne une partie de la population, celle qui travaille ou encore celle qui le voudrait bien.
Pendant ce temps-là, les grands patrons et les nantis se retrouvent comblés par une manne inespérée, issue de ce hold-up citoyen.
Le Premier-Ministre, face à de tels propos, parle d’une désinformation qui l’agace. Elle est pourtant la réalité de pas mal de Belges, aujourd’hui … cela lui aurait-il échappé ?

Un peu partout la colère gronde. Le peuple exprime son ras-le-bol face à cette politique qui le mine. Grèves, manifestations, blocages, mécontentements autant de prémices d’une guerre civile ?
Alors que le dialogue et la concertation sociale devraient être de mise, selon des normes démocratiques, c’est la sanction, la réquisition, le mépris, l’autisme et l’enlisement qui sont de mise.
Bart De Wever en profite pour relancer son fantasme communautaire, comme si les événements conséquents à sa politique ne faisaient que renforcer ses plans. L’indépendance de la Flandre se précise déjà dans ses vues !
L’action de ce Gouvernement, le plus néfaste depuis des décennies, est à l’image de ces portières ministérielles qui s’en viennent faucher les cyclistes.
À l’image de ces sportifs, les travailleurs sont abattus dans leur effort, dans leur envie de se réaliser par des ministres qui ne les voient pas, qui ne les comprennent pas et qui vont jusqu’à nier leurs envies les plus légitimes.
Ils sont couchés au sol par le mépris d’hommes et de femmes qui ne rêvent que de carrière, de gloire, même si pour cela, ils doivent tout écraser sur leur passage.
Répondre aux Maîtres de la finance qui les ont mis en place est leur seul combat !
Leurs outils, leurs mains, leur intelligence, à l’image des vélos, sont spoliés par les ministres, engoncés dans leur incompétence et dans leur méconnaissance de l’Homme.
Cette chute restera-t-elle impunie ?
J’ose espérer que le programme social de ce printemps sera à la hauteur de la réponse à apporter à l’humiliation que tant d’hommes et de femmes vivent au quotidien, à cause de cette austérité qui tue.

Guy De Smet (30 mai 2016)


- 57 - TRAVAILLEZ, PRENEZ DE LA PEINE …

Ces mots tirés d’une fable de Jean de La Fontaine restent, aujourd’hui encore, le fil conducteur de la destinée de l’Homme.
C’est ainsi que certains travaillent pour vivre et faire vivre leur famille.
D’autres travaillent par passion et par idéal.
D’autres travaillent dans des secteurs difficiles, comme la prison, pour voir diminuer leurs salaires et leurs primes justifiées. Un d’entre nous nous disait perdre 100 € par mois, parce que ses heures supplémentaires seront payées moins !
D’autres encore aimeraient bien trouver un emploi, mais le sort semble s’acharner sur eux.
Parmi eux, certains connaissent l’exclusion et la stigmatisation : leur manque de travail ferait d’eux des parasites à éliminer.
D’autres, enfin n’en éprouvent pas le besoin : ils semblent être nés au paradis des nantis pour qui le concept « travail » ne fait pas partie des nécessités premières.

Aujourd’hui, ce mot devient porteur d’une tourmente qui, un peu partout dans nos pays riches, fait vaciller nos modèles de vivre ensemble.
Manifestations, grèves, mécontentements, mouvements d’opinion … autant d’éléments d’un mal être qui secoue nos démocraties.
En France, la rue devient, chaque jour, le théâtre d’un nouveau « mai 68 », à moins qu’il ne soit un appel à « casser » une politique qui tue.
En Grande-Bretagne, « marche ou crève » est devenu une institution et un mot d’ordre qui s’impose à chaque demandeur d’emploi, peu importe ce qui lui est proposé et l’inadéquation avec ses compétences.
En Belgique, la grève des personnels de prisons et la grogne de tant d’autres est le signe que, chez nous aussi, les limites du supportable sont dépassées.

Le monde politique, fournisseur de décideurs, a fait de ce mot « travail » une bannière pour justifier sa gestion de la crise.
Il fallait permettre aux entreprises de se rénover, d’investir : la compétitivité et les attentes des actionnaires étaient en jeu.
Il fallait attendre la création d’emplois qui semblent en vue, une fois que les statistiques du chômage sont bien trafiquées.
Les exclusions, les formations aléatoires allaient déjà permettre d’envisager une embellie : le chômage diminue, disent-ils, sans trop insister sur les raisons.
En même temps, les responsables sont tout heureux de pouvoir annoncer la création d’emplois, grâce à une flexibilité imposée et sordide.
Il est, dans leur bouche, rarement question de la qualité de ces emplois : CDD ou CDI ? Ils préfèrent laisser mettre en place une précarité des conditions de travail et un nouveau concept, celui du « travailleur pauvre ». Il paraît qu’en société libérale, c’est là l’avenir !

Parmi les idées à la mode, dans ce microcosme économique libéral, il y a celui de repousser l’âge de la retraite.
Ils imposent désormais de travailler plus longtemps, sans toutefois profiter de l’occasion pour réduire le chômage des jeunes.
Ils imposent sans trop tenir compte de la révolution culturelle et physique qu’ils imposent à des femmes et à des hommes « fatigués » par des carrières astreignantes.
Ils espéraient une fin de vie plus calme, plus branchée sur leurs aspirations : cela leur sera désormais refusé.
Pourtant, cette même politique, qui veut sacrifier l’homme au profit de la finance, se noie dans ses contradictions.
Ainsi la France !
Il est un secteur ou des hommes et des femmes étaient prêts à travailler plus longtemps.
Ils espéraient, longtemps encore pouvoir mener leur barque. Ils en avaient le dynamisme et la force.
Ces hommes, ces femmes, vous les connaissez. Ils sont les animateurs préférés de vos soirées télévisées : Julien Lepers, Patrick Sabatier, bientôt Patrick Sébastien ou encore Michel Drucker.
France Télévision a estimé qu’il fallait désormais un look plus jeune, des idées plus innovantes pour pouvoir être une vitrine de la marque.
Ces responsables, nommés par le gouvernement, ne sont-ils pas en totale contradiction avec les décisions qui viennent d’être prises : travailler plus longtemps ?
Si ces animateurs, en raison de leur âge, ne répondent plus aux critères de compétitivité de l’entreprise, pourquoi les travailleurs le seraient-ils dans d’autres domaines ?
Notre société ne commencerait-elle pas à marcher sur la tête ?
Ne serait-il pas temps, enfin, d’oser une nouvelle politique et une nouvelle économie basée sur l’être humain et sur son épanouissement.
Le libéralisme forcené semble être arrivé au terme de sa course et de sa stupidité. On ne compte plus ses victimes !
À vous les économistes, les penseurs, les artistes, les humains d’imaginer un monde dans lequel il fasse, enfin, bon être Homme et Vivant !

Guy De Smet (18 mai 2016)


- 56 - EUROVISION : CONCOURS OU MASCARADE ?

Une fois encore, la télévision a voulu tenir en alerte l’opinion publique, avec une de ces Grand-messes dont elle a le secret.
Des pays, avec plus ou moins de bonheur, avaient choisi des voix pour les représenter dignement.
Les artistes avaient tous rendez-vous en Suède pour ce qui devait être un sommet de la saison télévisuelle !
Pendant des semaines, on avait « chauffé » l’opinion.
La Belgique avait déjà trouvé la nouvelle Sandra Kim.
En France, Amir signait déjà les autographes du vainqueur.
Mais les temps semblent avoir changé … Où est donc passé la bonne vieille Eurovision, celle qui avait un sens ?
Jeux sans frontières, compétition sportive, concert de Nouvel an, mariages princiers … que d’évènements qui ont ainsi commencé avec un générique qui se loge encore dans un coin de nos mémoires !
Les pays concernés de l’époque, c’étaient ceux qui allaient former l’Europe, ce projet qui nous empoisonne l’existence, aujourd’hui.
Les chansons de l’époque, nous nous en souvenons toujours ! De « Waterloo » à « L’oiseau et l’enfant » sans oublier « j’aime la vie » … que de souvenirs !
Le petit écran nous faisait, en même temps, découvrir des régions nouvelles qui allaient permettre des jumelages passionnants.

Les temps ont bien changé !
Dans les pays participant au concours eurovision de la chanson, nous trouvons des pays qui n’ont rien à faire sous le ciel européen : Israël, l’Ukraine, la Russie, l’Azerbaïdjan et j’en passe …
L’Europe serait-elle devenue le monde ?
Ah ! Décidément, quand la grenouille veut se faire aussi grosse que le bœuf !
Au soir de la finale, croyant que, seules les règles de l’art pouvaient motiver un concours musical, les téléspectateurs s’étaient déjà mis à rêver ?
Il aura fallu attendre le passage d’un des derniers concurrents pour découvrir le vainqueur : l’Ukraine !
Je ne me permettrais pas de mettre en question la qualité de l’œuvre musicale : tous les goûts sont dans la nature !
Je me sens pourtant incapable de me souvenir de la moindre parole ou de la moindre mélodie de ce nouveau « succès » européen.
Par contre, ce qui a eu l’art de m’énerver, c’est qu’une fois de plus, une chanson venant hors des frontières de l’Europe se pavane sur la première marche du podium.
À moins que les intérêts politiques et stratégiques de l’Europe n’aient été aux commandes du choix.
En soutenant l’Ukraine, l’Europe affiche son désir d’une guerre froide que tous les observateurs voient se mettre en place entre la Fédération de Russie et l’Occident.
En soutenant l’Ukraine, elle prend parti dans un conflit qui ne la concerne pas, si ce n’est pour asseoir sa soif de s’étendre là où un nouveau marché économique pourrait combler ses intérêts.
En soutenant l’Ukraine et sa future adhésion, l’Europe oublie ces autres pays qu’elle fait crouler sous son joug, à l’image de la Grèce et du désastre qu’elle y installe au quotidien.
Non content de cette situation, voilà que le podium de l’Eurovision de la chanson se transforme en mondovision.
À la deuxième et à la troisième place, nous allons trouver l’Australie et la Russie …
Le cadeau à cette dernière permet de sauvegarder une impression de neutralité au paradis des faux jetons !
Cherchez l’erreur ou la magouille … à moins que cela ne s’appelle « diplomatie » ?
Certes les parts de marché sont importantes dans l’audiovisuel, mais de là à se prostituer dans la médiocrité d’un concours sans importance, il y a une note que l’honneur des vrais Européens ne peut supporter.
Décidément, ce concours est à l’image du grotesque d’une institution qui n’a d’autres raisons d’être que celle qui détruit l’homme au nom de l’argent.
À vous, les artistes européens, pardon d’avoir livré votre talent en pâture à quelques géopoliticiens, ignorants de votre art, tout comme ils ignorent les aspirations de l’Homme qu’ils devraient servir !

Guy De Smet (18 mai 2016)


- 55 - SCHENGEN S’EFFONDRE

Il y a des signes qui ne trompent pas ou qui vous font déjà prendre vos rêves pour des réalités.
C’est ce qui m’est arrivé, en lisant dans les grandes lignes une information que nous dévoilait la presse.
Mardi soir, le toit du musée de Schengen s’est effondré, peu après la fermeture des portes. Les deux visiteurs et le gardien venaient à peine de quitter les lieux.
Un incident banal et qui se termine bien, sinon qu’il se déroule dans un lieu hautement symbolique de la construction européenne.
Schengen, c’est cette paisible cité luxembourgeoise, baignée par la quiétude des eaux de la Moselle.
C’est là, dans une certaine douceur de vivre, que les grands de l’Europe se sont réunis en 1985 pour mettre sur pied « la libre circulation des personnes et des biens ».
Cela allait, selon eux, permettre de grandes avancées économiques qui, ajoutées à la monnaie unique, allaient permettre de s’imposer sur les marchés financiers.
Accessoirement, cela allait permettre aux Européens de circuler librement en Europe et d’y investir, faisant fi des tracasseries administratives que tout cela allait comporter.
Démagogie, quand tu nous tiens !

L’incident du musée intervient alors que la maison Europe semble prendre l’eau de toute part.
Il y a l’humiliation de la Grèce, sponsorisée par la Commission européenne.
Au nom d’une dette dont ils ne sont en rien responsables, les grecs se voient contraints de faire de la misère et de l’austérité un mode de vie.
Nous en sommes aujourd’hui à des pays européens et à des banques qui s’enrichissent sur le dos de partenaires « punis », de manière scandaleuse.
Les banquiers y puisent des bénéfices inespérés. Les Grecs, quant à eux, se priveront de retraite et de soins de santé !

Il y a la honte européenne suite à la faillite de la gestion de la crise migratoire.
Des hommes et des femmes se sauvent, confrontés à la misère, à la guerre et à la faim. Ils fuient leurs maisons détruites, leurs pays dévastés ou corrompus pour venir se heurter à des fils barbelés faits de mains et de cœurs fermés.
De visages, de blessures, ils ont été réduits à n’être que des chiffres de quotas.
De blessés et d’abandonnés, ils sont devenus des exclus et des parias.
Des terroristes dangereux ont profités de notre inefficacité politique et judiciaire ainsi que de nos frontières poreuses pour s’infiltrer chez nous et y semer le désarroi.
Nous avions ouvert nos frontières en oubliant de sécuriser nos extérieurs !

Il y a ces normes économiques et financières qui sont le poumon de l’Europe. Elles ont simplement oublié qu’il y avait des hommes et des femmes qui y vivaient et qui n’avaient que leur travail et leurs pauvres moyens pour exister.
L’austérité est devenue un credo incontournable, peu importe la misère qu’elle crée sur son passage : l’important, c’est le marché !
Nos politiciens rêvent de création d’emplois. Ils ne suggèrent que des boulots précaires.
Ils sont assoiffés de compétitivité. Ils n’hésitent pas à sacrifier l’homme sur l’autel des actionnaires et de leurs besoins de dividendes.
Ils échafaudent de grands plans d’assainissement des finances de partout. Ils mettent en danger notre sécurité et notre quotidien.

Il y a tous ces sceptiques qui ne veulent plus entendre parler d’Europe.
Les Anglais prônent un « Brexit » pourfendu par des étrangers comme Juncker qui n’hésite pas à diaboliser les partisans de la sortie.
Les Allemands verraient bien une Zone Euro sans la France.
Les Autrichiens se sentiraient plus libres et plus épanouis hors de l’Europe.
Les Islandais déclinent les invitations à y entrer.
Les extrémistes de gauche et surtout de droite y trouvent du carburant pour leurs succès électoraux.

Il y a le scandale du procès de Luxleaks, dans lequel le pays de Juncker préfère s’en prendre à des créateurs d’alertes citoyennes qui dénoncent des injustices, au lieu de placer devant leurs responsabilités des fraudeurs et un ancien Premier-Ministre qui a permis le forfait.

Mais ne rêvons pas !
Ce n’était que le toit du musée de Schengen qui s’est effondré. Il parait qu’il faudrait entamer d’urgence des travaux.
Et si l’Europe demandait à être complètement démantelée pour en reconstruire une nouvelle, aux dimensions des aspirations de l’Homme ?
Pour cela, il n’y a pas que le toit qui devrait s’effondrer, mais toute la construction !

Guy De Smet (12 mai 2016)


- 54 - UNE LÂCHETÉ DE PLUS

Lors de la visite de Monsieur Reynders en Israël et en Palestine, il a été possible de dénicher deux gestes, porteurs de tellement de lâcheté.
Le premier, je l’ai ressenti dans la poignée de main, pour le moins chaleureuse, entre notre ministre des affaires étrangères et le Premier-Ministre israélien.
Il y a des jours où les droits de l’homme n’ont que peu de prix !
Cette poignée de mains, c’est un coup de poignard porté à l’encontre des Palestiniens chassés de leurs villages et de leurs terres par des Sionistes assoiffés d’humiliations et d’expansion.
Elle est un coup de poignard dans le dos de ceux qui luttent contre un mur de la honte qui s’élève là où des constructeurs de ponts auraient été plus utiles.
Elle est un coup de poignard dans le dos de ce peuple palestinien confiné dans des espaces qui lui empêchent tout avenir.
Elle est un coup de poignard à l’encontre d’un peuple palestinien, victime au quotidien de l’arrogance et de la force démesurée de Sionistes aux mains pleines de sang.
Il est vrai que Monsieur Reynders, au nom des intérêts supérieurs du pays, n’en était pas à son coup d’essai. Les Émirats arabes et l’Arabie saoudite, entre autres, ont été les terrains d’exploits peu glorieux de la diplomatie belge.
C’était, pour lui, une manière d’en remettre une couche à ses incompétences dont nous avions déjà été les victimes lors de son passage au Ministère des Finances.
Que voulez-vous les enjeux pétroliers ou stratégiques ou financiers et diamantaires sont tellement plus importants que les conditions d’hommes et de femmes que personne ne veut voir !

Mais sa lâcheté ne s’est pas arrêtée là !
Lors de son voyage, ses pas l’ont aussi emmené en terre de Palestine.
Il est allé y saluer l’engagement de la Belgique dans la reconstruction d’une école, qu’Israël détruira probablement lors de prochains bombardements.
Il y fut accueilli par les autorités, acclamé par les enfants, adulé par une population qui avait trouvé en lui un interlocuteur potentiel pour être leur voix à l’extérieur.
Il lui fut remis une écharpe typique des foulards palestiniens.
D’un côté, il y avait un drapeau belge, de l’autre, un symbole palestinien.
Croyant être hors de portée des caméras et des micros, il a vite suggéré à son entourage de retirer l’écharpe, ce cadeau qui semblait bien gênant.
Il est vrai qu’une écharpe du Standard de Liège aurait été plus seyante sur la scène diplomatique !
Non seulement, il y là un manque de savoir vivre à la hauteur d’un mépris qui n’hésite pas s’afficher.
Il y a là, en plus une insulte à un peuple qui croyait pouvoir afficher un espoir, alors que les portes lui sont fermées.
Il y a là un désaveu d’une partie importante de la population belge qui n’en peut plus de l’arrogance d’Israël qui écrase tout pour afficher sa supériorité et son orgueil.
On est loin de la grandeur d’âme d’un Jacques Chirac, qui lors d’un de ces voyages dans cette terre maudite, n’hésitait pas à remettre des forces de sécurité israéliennes à leur place, face aux humiliations qu’elles faisaient subir aux Palestiniens.
Il est vrai que pour ce faire, il faudrait l’étoffe d’un homme d’État !

Guy De Smet (12 mai 2016)


- 53 - HEIL DE BLOCK !

Ce salut hitlérien nous l’aurions plus imaginé à d’autres époques et sous d’autres cieux.
Il est pourtant celui qu’adressent les sondages à cette « tueuse de citoyens », notre Magda De Block fédérale.
De peur que nous l’oubliions, elle s’est lancé dans une nouvelle déclaration et dans de nouvelles mesures, que d’aucun apprécieront.
Elle avait déjà réduit l’accès à la médecine pour bon nombre d’entre nous.
Elle avait déjà méprisé les avis de médecins qui, eux, avaient eu le courage d’investir dans leur profession au lieu de s’en laisser rayer.
Elle avait déjà réduit le personnel soignant à n’être que quelques miettes de son dédain.
Elle entre aujourd’hui dans la cour des grandes idéologies qui ont marqué le XXème siècle, plus spécialement le National-socialisme.
Au nom des règles budgétaires régies par la « nécessaire austérité », elle décide de remettre au travail des malades de longue durée.
Au nom de quelques certificats de complaisance frauduleux, comme celui dont a bénéficié sa collègue Jacqueline Galand, elle entre en guerre en généralisant sa position.
Elle estime que les malades et les handicapés coûtent trop cher au budget de l’État et donc, « Arbeit macht frei ! »

Hitler et ses sbires, eux aussi, estimaient que les handicapés et les malades étaient des parasites dont il fallait se séparer et écraser.
Ils ont ouvert pour ce faire des camps de concentration et ils ont mis en place une politique d’humiliation et de négation du droit à l’existence.
Ils les ont transformés en objets d’expériences médicales et en rebus d’une société qui devaient briller de la grandeur aryenne.
Cette période de l’Histoire fait, aujourd’hui encore, la honte d’une civilisation européenne qui se croyait fondatrice de tellement de valeurs.

À travers ces mesures prises par la Ministre de la santé, nous entendons déjà le même bruit de bottes déferler sur notre pays.
Il sera question désormais, de palper, d’auditionner, de disséquer l’état de santé d’un travailleur.
Il sera question de douter de l’avis de spécialistes qui ont décrété un handicap ou une maladie de longue durée.
Il sera question d’humilier des hommes et des femmes dans des tâches à mille lieues de leurs compétences, pourvu que les quotas budgétaires soient respectés.
Décidément, en société libérale, il ne fait pas bon être faible ou de connaître des épreuves et des difficultés !
Il y avait déjà la chasse aux chômeurs et leur exclusion …
Il y avait déjà la délation sociale conseillée par les ministres …
Il y avait déjà la remise en cause des conditions de vie et du modèle social qui faisait la sécurité des travailleurs …
Décidément, il faut mieux être le grand, blond, efficace et musclé dont le libéralisme a besoin pour répondre aux exigences du monde de la finance !

Dans le domaine de la santé, Magda De Block touche du doigt les questions existentielles de l’être humain.
Sa santé, c’est le signe d’une vie possible.
Sa santé, c’est ce qui lui permet d’occuper une place épanouissante dans la société.
Sa santé, c’est le signe d’une fragilité qui le préoccupe et qui façonne son avenir.
Qui est-elle pour piétiner cela avec ses gros sabots ?
Qui est-elle pour intervenir dans le délicat dialogue entre le patient et son médecin, au point de remettre en question ses conditions de soins ou son état ?
Qui est-elle pour imposer à cet homme, à cette femme, un tribunal pour évaluer ses capacités et lui imposer un quotidien qu’il lui sera difficile d’assumer ?
Qui est-elle pour imposer à un malade l’univers concentrationnaire d’un travail forcé … au nom d’une finance qui n’arrête pas de sucer le citoyen, surtout s’il est modeste ?
Personne n’a choisi d’être malade ou handicapé, obèse ou sportif, jeune ou vieux !
Personne n’a demandé à être remis au travail à l’âge raisonnable de la retraite avec les limites physiques qui s’imposent à lui !
Personne n’a le droit d’être pointé du doigt comme étant un parasite, simplement parce qu’il est fragile !
Personne n’a le droit d’être abandonné sur le bord de la route de la vie au nom d’une idéologie qui s’avère, chaque jour un peu plus, criminelle !

Malgré cela, Magda De Block occupe une place importante dans le cœur des sondés de ces derniers mois.
Il serait intéressant de relire l’Histoire : Hitler, lui aussi, était en tête des élections, avant que nos ancêtres ne deviennent les victimes de ses monstruosités !

Guy De Smet (12 mai 2016)


- 52 - PRISONS ET AUSTÉRITÉ

Il ne fait pas bon être détenu ou gardien de prison par les temps qui courent.
Il est vrai que la gloire de l’austérité nécessite des « sacrifiés » … et là, la Belgique, enfoncée dans ses aberrations européennes et financières, occupe une place de choix.
La prison, c’est l’état d’un pays vécu au sein d’un microcosme, y compris au niveau du mécontentement.
Depuis des jours qui n’en finissent pas, les gardiens de prisons, soutenus par leurs syndicats, ont entamé un mouvement de grève au finish.
Ils sont en lutte contre le plan gouvernemental qui veut, là aussi, établir ses règles de rationalisation.
Le ministre Geens souhaite faire des économies de près de 10 % de la masse salariale. Cela entraînera une diminution de 20 % du personnel.
Avant l’existence de ce plan diabolique, la situation était déjà catastrophique. Il manquait déjà de personnel. Les conditions de détention étaient déjà dégradées, au point que la Justice a déjà, à maintes reprises, condamné notre pays pour ses atteintes aux droits de l’homme.
Le ministre souhaite revoir les heures d’utilisation du personnel et donc, la possibilité pour les détenus d’accéder aux droits qui sont les leurs : visites, activités, soins ...
Ce faisant, le ministre remet en cause des acquis des travailleurs : primes de nuit, mais aussi la sécurité, car qui dit moins de personnel, dit insécurité.
Il met aussi entre parenthèses la décence des conditions de vie des détenus et ouvre les portes à une violence carcérale qui n’aura pas fini de faire parler d’elle.
Cette dernière idée du ministre n’a été qu’une étincelle qui aura fini par mettre le feu aux poudres d’une grogne qui couvait.
Cette grogne couve comme dans tout le reste de la population. La cause en est la remise en question du modèle social dans lequel nous vivons au nom d’une crise économique dont les victimes sont toujours les mêmes : les petites gens, les travailleurs ou encore les faibles de la société.
Aujourd’hui, nous sommes face à un mouvement de grève qui dépasse les pires cauchemars syndicaux, pour ne découvrir que l’autisme d’un gouvernement de barbares.

Pendant ce temps-là, les médias nous promènent.
Ils nous parlent très peu des raisons d’être de la grève et des conditions de vie de ces hommes et de ces femmes pour qui l’emploi devient un calvaire.
Ils nous parlent de la réponse peu glorieuse des autorités : l’envoi de la police, l’appel à l’armée.
Ces organismes ne sont pas des acteurs d’une quelconque mission humanitaire.
Ils sont les signes d’une répression et d’une crise autoritaire, seule réponse ministérielle à un drame social. Cela se passe d’ailleurs, selon les dires des intéressés, dans le chaos le plus total !
Cette manière de faire a généré la création d’un nouveau mot : « austéritaire », belle contraction d’austérité et d’autoritaire !
Les médias insistent aussi lourdement sur la grogne des détenus, dont ces grévistes seraient la cause.
Ils ne peuvent plus se doucher. Ils ne reçoivent plus les visites de leurs familles ou de leurs enfants. Ils n’ont plus de drogue.
Est-ce cette énumération de malheurs qui va améliorer les conditions de travail de celles et de ceux qui doivent assurer ces services ?
La presse évoque aussi la colère des directeurs de prisons, coincés entre leur hiérarchie et leurs travailleurs.
D’un côté, ils comprennent les grévistes. D’autre part, ils voient leurs établissements devenir des bombes à retardement.
Est-ce la peur de l’incendie qui doit justifier une précarité du personnel ?
Les caméras de télévisons aiment nous placer devant les yeux les images-choc d’huissiers ou de policiers qui viennent défendre le sacro-saint droit au travail.
La force et l’autorité, ne seraient-elles pas des réponses, dignes de dictatures ?
Cela peut-il cacher que le droit à une Justice sociale est plus important qu’un droit au travail, dans des conditions de crise ?
Cela peut-il cacher que certains travailleurs n’ont pas d’autres moyens que le travail pour juguler une crise qui ne cesse de s’abattre sur eux : faire grève serait un luxe qu’ils ne peuvent se permettre ?
La presse s’étale moins sur les injustices créées par l’austérité, avec ce fossé entre riches et pauvres qui s’accentue et qui est même défendu par ce gouvernement de larbins de la finance.
Elle insiste moins sur l’argument du ministre selon laquelle son enveloppe budgétaire serait vide.
Il préfère, en bon lâche, de laisser pourrir la situation, en pointant du doigt d’autres coupables. Nos journaux sont les relais de la propagande !

Cette gestion d’une crise n’est qu’un élément dans le puzzle de désarroi dans lequel vivent les citoyens de ce pays, depuis un peu plus d’un an. Nous nous en sommes fait largement l’écho dans ces Billets d’humeur.
Jusqu’à quand laisserons-nous l’être humain être terrassé sous le poids d’une croix imposée par une finance dictatoriale qui se manifeste comme un cauchemar immonde ?

Guy De Smet (12 mai 2016)


- 51 - VINCENT KOMPANY

À quelques semaines de l’Euro 2016 de football, notre équipe nationale a bien des problèmes.
Vincent Kompany, une des figures de proue de l’équipe se retrouve privé de pelouses, jusqu’en septembre, suite à une blessure.
Pour Marc Wilmots, le sélectionneur des Diables rouges, c’est le début de longues nuits blanches : qui pourra remplacer ce capitaine irremplaçable ?
À moins que …
Sur le site « Bellega … les dépêches qui vont plus vite que l’information », une proposition qui ne manque pas d’intérêt a retenu mon attention.
Et si la solution se trouvait dans ce communiqué imaginaire de Charles Michel : « Depuis des mois, nos soldats ont fait preuve de flexibilité et ont démontré qu’ils pouvaient s’adapter à toutes les situations. Ils sont ainsi devenus tour à tour concierges dans nos écoles, accompagnateurs de trains ou même plus récemment gardiens de prisons. Je n’ai aucun doute sur leurs capacités à intégrer rapidement la défense des Diables Rouges. Marc Wilmots sait mieux que quiconque que nous aurons besoin de guerriers sur le terrain, je les lui offre volontiers. »
Pas bête, l’idée ! Que de génies dans ce gouvernement !
Que ce soit aux abords de l’aéroport de Kaboul, que ce soit dans la mission de surveillance des rues et du métro à Bruxelles, que ce soit pour le sauvetage de migrants en Méditerranée, notre armée se révèle être d’une efficacité redoutable.
Avec peu de moyens, nos militaires sont capables de missions remarquables ! Toute l’Histoire est là pour en témoigner !
C’est bien un 10 mai que ce billet d’humeur est écrit !
Il reste, selon l’agence de presse satyrique, une question qui ne manque pas de piquant ?
Notre armée sera-t-elle disponible à cette époque et ne faudra-t-il pas repousser les dates de l’Euro vers des périodes plus propices ?
À partir du 10 juin prochain, nos militaires devront affronter une nouvelle mission capitale : « la distribution des copies lors des examens de fin d’année dans nos écoles, le contrôle des billets d’entrée à Walibi, la surveillance des plages de la Côte, la récolte des fraises de Wépion, l’asphaltage des nids de poules de la E19 et le ramassage des gobelets en plastique lors des festivals ».
La polyvalence de nos militaires est ainsi mise à rude épreuve !

L’armée a laissé le souvenir de grands noms, de belles opérations qui ont fait la gloire du pays.
Aujourd’hui, elle est réduite à n’être une équipe d’hommes et de femmes à tout faire.
Leurs moyens sont dérisoires.
La considération qu’il mérite n’est pas au rendez-vous des priorités de ceux qui politiquement les dirigent.
Leur vie d’hommes et de citoyens n’est en rien respectée : missions peu valorisantes, vies familiales sacrifiées pour des futilités, idéal rangé au placard des objets encombrants et inutiles …
Ils sont devenus des bouche-trous à la solde de l’incompétence de gouvernants et de valets de la finance hystériques.
Ils sont réduits à n’être que des boucliers impuissants de citoyens sans valeur, vous et moi !
Engagez-vous, qu’ils disaient !

Guy De Smet (10 mai 2016)


- 50 - GARDE À VOUS !

Décidément, rien ne va plus au Royaume de Belgique.
Ils nous ont dit qu’il n’y avait plus d’argent pour financer les retraites ou encore les soins de santé.
Ils nous ont dit que nous vivions au-dessus de nos moyens et ils ont mis en place des taxes, des sauts d’index, des gels de salaires.
Ils nous ont dit que c’était pour notre bien. Ils ont distribué de l’argent aux patrons, espérant des emplois illusoires. Ils ont protégé les milieux de la finance. Ils ont exclu les chômeurs. Ils ont refoulé les migrants. Ils ont transformé l’avenir des travailleurs en austérité et en précarité, jusque dans la manière de concevoir l’emploi.
Des mouvements sociaux bousculent notre vivre ensemble : des manifestations, des grèves nationales, des blocages de frontières sont annoncés.
Mais tout va bien, puisque nous nous approchons des exigences européennes, qui en indiqueraient bien plus de pistes vers des économies.
À l’image de ce qui se passe en Grèce, la finance est une machine gloutonne qui se nourrit de la vie et de l’espoir des citoyens, jusqu’à les vider de leurs moyens et de leurs rêves légitimes.

Depuis près de 15 jours, c’est le monde des prisons qui est entré en ébullition.
Il est pourtant un indicateur précieux de l’état de santé d’un pays !
Le personnel n’en peut plus de crouler sous l’ampleur de la tâche, alors que de moins en moins de personnel est mis à la disposition pour l’exécuter.
Ces conditions de travail ne sont pas sans risque, tout en niant les droits élémentaires des prisonniers.
Les gardiens se sont mis en grève – au finish – dépassant même les exigences des syndicats.
Les délégations syndicales négocient avec l’impression de s’affronter à un mur gouvernemental.
La ligue des Droits de l’Homme tire la sonnette d’alarme.
Les détenus s’en réfèrent, avec succès, à la Justice pour non-respect de leurs droits.

Chaque jour, des familles sont privées de visite. Des enfants ne voient plus leur parent, enfermé derrière les barreaux, avec toutes les conséquences psychologiques que cela entraîne.
Chaque jour qui passe est une chance perdue en vue d’une réinsertion réussie, ce qui, au-delà de la punition, est la raison d’être de la prison.
Chaque jour les conditions de vie élémentaires, comme la douche, la promenade, les soins, les liens avec les avocats ou avec les bénévoles sont reportées à des moments plus favorables.
Pendant ce temps-là aussi, des familles de grévistes se demandent de quoi demain sera fait ; comment, ils vont affronter les traites et les factures.
Pendant ce temps-là des hommes et des femmes sont stigmatisés parce qu’ils dérangent les projets politiques d’un gouvernement, noyé dans ses contradictions.
Le Ministre de la Justice se cache derrière des mesures budgétaires qui permettent au Premier-Ministre de s’enfoncer la tête dans le sable pour nous mentir : « Tout va mieux ! »
Avec ce gouvernement, une chose est claire : il n’y a pas d’argent pour la sécurité sociale. Il n’y a pas d’argent pour les migrants. Il n’y a pas d’argent pour les travailleurs et pour ceux qui sont exclus de l’emploi. Il n’y a pas d’argent pour l’enseignement. Il n’y a pas d’argent pour les infrastructures, ni pour les retraites.
Bref, il n’y a pas d’argent pour celui qui paie ses impôts !
Par contre, il y a de l’argent pour être un va-t-en guerre sur des scènes de guerre qui sont bien lointaines.
Il y a de l’argent pour subvenir aux besoins importants du personnel politique, députés et ministres, sans oublier la famille royale.
Il y a de l’argent pour améliorer les bénéfices des entreprises ou pour venir au secours de banques mafieuses.
Il y a de l’argent à protéger, celui des riches et de ceux qui éludent l’impôt en toute légalité.

Face au désastre des prisons, le gouvernement a donc fait appel à l’armée !
Ce sont des pelotons de militaires qui vont assurer le quotidien des prisons… et cela, dans un état démocratique : on croit rêver !
La raison d’être de l’armée, c’est la défense du territoire et de ses citoyens.
Ce n’est pas de faire de l’humanitaire.
Ce n’est pas de remplacer du personnel gréviste, dans des lieux aussi risqués que la prison.
Les militaires n’ont reçu aucune formation pour aller au-devant de la colère qui gronde dans les prisons.
Leur psychologie, c’est celle qui vaut en temps de guerre ou pour préparer la paix entre les peuples. Elle n’est pas celle qui a pour but de recréer des êtres détruits par la violence ou par des crises qu’ils ont traversées.
Les militaires patrouillent dans nos rues ou sur les champs de bataille pour détruire tout ce qui menace la sécurité des citoyens. Ils ne sont pas là pour s’opposer à des êtres humains qui réclament l’application de leurs droits.
Symboliquement, un soldat, c’est un citoyen à qui on a placé une arme entre les mains.
Ils sont là pour le maintien de l’ordre, pas pour l’accompagnement d’hommes et de femmes à qui il faut indiquer les voies d’une nouvelle vie.
Ils sont là pour réprimer la violence, pas pour en comprendre les raisons.
Ce gouvernement a une farouche tendance à utiliser l’armée pour venir au secours de son incurie à gérer.
Cela se passe ainsi dans toutes les dictatures qui n’en ont que faire des droits des citoyens.
Notre Belgique serait-elle tombée aussi bas sous l’impulsion de Michel et de sa clique ?

Guy De Smet (9 mai 2016)


- 49 - PRÊTRES EN DANGER

« Il était une fois … »
C’est ainsi que commencent les contes de fées, mais aussi, parfois, les drames annoncés.
J’ai ainsi eu l’occasion, avec quelques amis, d’être l’oreille attentive d’un prêtre que j’oserais qualifier aujourd’hui de « persécuté ».
Un jour, son Évêque lui confie une première nomination de curé, dans un lieu, habitué depuis des années à un défilé sacerdotal impressionnant. Soit, les prêtres ne convenaient pas, soit, ils ne répondaient pas aux critères pastoraux de laïcs « promus par l’Esprit-Saint ».
Ce nouveau curé arrive, conforté par son Évêque, qui lui tape sur l’épaule pour l’encourager : « Tu verras, ça ira ! »
Il y vient avec tout l’idéal de la nouveauté.
Il y vient pour construire, dans la ligne de sa formation, une communauté centrée sur l’Évangile et sur Jésus-Christ.
Il y vient avec ses convictions, avec sa Foi, avec sa prière et son amour du Christ que personne n’oserait lui contester.
Il y vient avec ses envies, mais aussi avec ses maladresses, avec ses espérances, mais aussi avec ses limites – comme vous et moi !
Il y vient, lâché dans la nature, avec comme seule force sa bonne volonté et son désir de bien faire … tout en se plaçant à l’écoute de l’Esprit-Saint.
Son arrivée pouvait être une aubaine pour une communauté paroissiale.
Il pouvait y avoir là l’audace d’un nouveau départ, en unissant les forces vives, en prenant le temps de la découverte et du dialogue. Un oiseau a besoin de temps pour construire son nid !
Il pouvait … mais, c’était sans compter sur un nouveau cléricalisme, plus virulent que l’ancien, celui de laïcs convaincus de leur mission divine.
Ils étaient ceux qui savaient !
Ils étaient ceux qui s’étaient octroyés le pouvoir des clés et des comptes !
Ils s’étaient même arroger le droit de définir la manière de célébrer la Liturgie et de conduire les étapes de la vie des Chrétiens qui vivaient sous leur joug.
Ils se sont laissés influencer par d’autres prêtres, dont la grande expérience et la stature patriarcale auraient dû servir à tempérer un conflit, au lieu de l’attiser.
L’accueil s’est transformé en pugilat.
La Charité chrétienne est devenue une foire d’empoigne.
La collaboration prêtres – laïcs est devenue une impossibilité.
Injures, incompréhensions, humiliations, écrits, courrier à l’autorité … tous les moyens ont été utilisés pour salir un prêtre, dont le seul tort est d’avoir voulu suivre Jésus, un jour.
Ils l’ont exclu de leurs assemblées et de leurs réunions.
Ils lui ont fermé la porte, refusant de croire qu’en lui aussi, il pouvait exister une part du merveilleux de Dieu.
Son action ne fut que l’occasion de procès d’intentions qui frôlaient la malhonnêteté intellectuelle.

Pauvre Jésus-Christ, crucifié encore aujourd’hui, plus de 2000 ans plus tard !
Pauvre Évangile, bafoué par des Chrétiens eux-mêmes !
Le prêtre, envoyé par l’Évêque vers une communauté, n’est-il pas une « chance » pour pouvoir vivre ensemble l’Évangile ?
Le prêtre, envoyé par l’Évêque, n’est-il pas le premier responsable de l’annonce de Jésus-Christ sur le territoire qui lui a été confié ? À lui de veiller à une collaboration constructive !
La mission de l’Église ne demande-t-elle pas une synergie entre des mains qui se tendent et des collaborations qui se tissent - dans l’humilité et dans la fraternité ?
L’Église ne se vit-elle qu’en termes de « pouvoir » ou est-elle un service qui nous place, laïcs engagés et prêtres, au service de tous ?
La paroisse ne serait-elle qu’un lieu d’expression pour « petits seigneurs féodaux » en mal d’existence ?

Aujourd’hui, ce prêtre est en danger.
Ne pas dénoncer ce qu’il vit, ce serait de la non-assistance à personne en danger.
Ne pas être son oreille attentive ou les bras qui l’accueillent dans sa détresse, ce serait un coup bas, plus grave encore.
Ne pas dénoncer de tels comportements, émanant de Chrétiens, ce serait une insulte à Dieu lui-même.
Avec mes amis, nous en appelons à son Évêque : sauvez ce prêtre, livré à la vindicte de quelques passionnés de pouvoir. Lui dire que tout ira bien ne suffit plus. Montrez-lui qu’il est un bon prêtre, avec ses qualités et avec ses défauts.
Dites-lui, par votre sollicitude pastorale et par vos décisions, que l’Église a besoin de lui !
Nous en appelons aussi aux Chrétiens. L’Évangile est un trésor qui nous a été confié, laïcs et prêtres : qui serions-nous pour le dénaturer ?
Si vous voulez être respectés, commencez par respecter celui qui vous est envoyé !
Si votre curé ne vous convient pas, vous, convenez-vous aux Chrétiens du lieu que vous investissez avec suffisance ?

Les contes de fées se terminent avec ces mots : « Ils furent heureux … »
Et si ce drame annoncé se terminait par une Parole d’Évangile : « Lorsqu’on ne vous recevra pas et qu'on n'écoutera pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville et secouez la poussière de vos pieds. » (Mt 10)

Guy De Smet (6 mai 2016)


- 48 - UN PAYS EN RUINE

Notre Premier-Ministre a utilisé, au Parlement, une formule qui ne peut laisser indifférent : « Nous sommes sur le bon chemin ».
Il a simplement oublié d’en indiquer la destination.

Si lui semble y lire les signes d’une grandeur, je crains que nous n’ayons pas le même opticien !
Ce que le citoyen découvre avant tout, c’est une ruine des infrastructures.
Il découvre des routes dans un état déplorable, un éclairage autoroutier plus performant le jour que la nuit, des nids de poule dignes des restes d’un bombardement, des travaux incessants qui à peine terminés sont déjà un désastre - le contournement de Mons est là pour en témoigner -, des tunnels bruxellois fermés, symboles de tellement d’incompétences …
Il découvre, d’une part, des gares rutilantes et, d’autre part, des abris au bord des rails, indignes du moindre animal.
Il constate qu’il lui est plus aisé de rejoindre Paris au départ de Bruxelles que de rejoindre Bruxelles au départ de n’importe quel coin de campagne.
Il pleure sur des moyens de transports en commun qui lui sont conseillés et qui ne lui permettraient jamais de rejoindre son lieu de travail dans les délais. Utiliser sa voiture est une nécessité qui ne cesse, pourtant, de lui être reprochée à chaque fois qu’il fait le plein d’essence.
Il est effaré par l’état d’abandon dans lequel survivent certains bâtiments publics, s’ils ne sont pas simplement vendus pour combler une dette nationale insatiable.
Il découvre à Bruxelles un piétonnier qui devient, chaque jour un peu plus, un cauchemar pour les riverains et pour ceux qui n’ont que leur audace pour en vivre.
Pendant ce temps-là, le pouvoir politique s’obstine, comme si l’avenir de la planète en dépendait !
Il vit dans des communes fusionnées qui n’ont plus l’ombre de leur aura d’antan : saleté, routes défoncées, cimetières non entretenus, égouts bouchés, impossibilité de déplacements en hiver …
Il rejoint des aéroports et des métros qui deviennent inopérants suite à un excès de zèle qui s’avère inutile, dès le lendemain.
Il angoisse au rythme de centrales nucléaires d’un autre temps, alors qu’aucune alternative sérieuse ne lui est proposée.

Ce que le citoyen découvre aussi, c’est la ruine des institutions d’un pays.
Il y a cette dispersion du pouvoir : un petit pays, grand comme un mouchoir de poche, dirigé par cinq gouvernements, régis par cinq parlements et plus encore de commissions …
Il y a cette pléthore de personnel politique : ministres, secrétaires d’État, députés, sénateurs, députés permanents, gouverneurs avec un concert de décisions qui ne sont guère souvent en harmonie.
Il y a ces services de Justice et de sécurité, cette armée à qui il est demandé d’assurer des missions pour lesquelles les moyens ont été oubliés.
Il y est ainsi possible, chez nous, de retirer des agents à l’aéroport de Bruxelles, la veille des attentats pour les affecter à Adinkerke, où il passe plus de chats que de gens.
Il y a ces écoles pour lesquelles un pacte d’excellence est souhaité, alors que dans le même temps, le travail des enseignants n’est pas considéré et la formation élémentaire des étudiants n’est que mal assurée.
Oui, à un cours de citoyenneté … Difficile de sortir du primaire en sachant lire et écrire ! Cherchez l’idéologie ?
Il y a la médecine, confiée aux bons soins de madame De Block.
Grâce à elle, la médecine est définitivement hors de portée de bon nombre de citoyens. Il faut être riche pour être malade et donc pouvoir se payer le luxe d’assurances complémentaires en tous genres !
Il y a la fonction royale qui se révèle de jour en jour d’une inutilité foudroyante … et dire qu’elle nous coûte si cher !
Des politiciens envisagent même de la transformer en « Monarchie républicaine ».
Tout est possible au pays du surréalisme !
Les partisans nous parlent d’un parcours sans faute, mais à quel prix et pour quelle efficacité ?
Certes, d’autres systèmes coûteraient cher.
Ne serait-il pas possible de donner à cette fonction une raison d’être qui en vaille la peine, confiée à des hommes ou à des femmes à la hauteur du défi ?
Il y a la scandaleuse gestion de la crise migratoire qui transforme la détresse en quotas. Le mépris inspirant le racisme est l’attitude émanant de nos responsables pour affronter des êtres humains à qui la vie et l’égoïsme ont tout pris ! Est-ce acceptable ?

Ce que le citoyen découvre encore, c’est une grave crise de la confiance.
Elle se traduit dans une défiance envers le monde politique, envers la Justice, envers toutes les institutions qui de la religion à d’autres pierres de notre vie commune sont contestées.
Elle se traduit dans une grave crise sociale qui fait de l’exclusion, de l’austérité, de la misère des habitudes qu’il nous faut intégrer.
Il paraît que nous vivons au-dessus de nos moyens, pendant que nos responsables politiques s’accordent des avantages non-négligeables.
À chaque mois, sa grève, sa manifestation, sa pétition … signes d’une population qui n’en peut plus d’être les citrons pressés d’un système qui l’ignore.
À chaque conflit, sa sape d’une concertation sociale qui assurait pourtant l’espérance d’un modèle social « équitable ».
À chaque âge de la vie des perspectives qui sont détruites par un pouvoir qui mise tout sur la compétitivité et le pouvoir des lobbies financiers : pas de travail pour les jeunes, pas de retraites pour les plus âgés, des fins de mois difficiles, pas d’avenir pour les exclus du travail, pas d’embauche pour les plus vieux relégués dans les oubliettes de l’emploi …
De quoi demain sera-t-il fait ? Personne n’ose une réponse à cette question pourtant tellement importante pour l’équilibre humain ?
Au lieu de projets, il est question de taxes …
Au lieu d’investissements, il est question de bénéfices …
Au lieu de rêves, il n’est question que d’horizons qui s’éloignent …

Quand j’entends un Premier-Ministre nous dire : « nous sommes sur le bon chemin », je m’interroge ?
Ne serait-ce pas le « bon chemin » vers une ruine à contempler.
Il est vrai qu’en temps de conflit, elle aurait plus de valeur que l’être humain : voyez l’attention portée à Palmyre, pendant que le citoyen d’Alep croule sous les bombes !
En écoutant Charles Michel, j’ai déjà l’impression d’entendre : « N’oubliez pas le guide ! »

Guy De Smet (5 mai 2016)


- 47 -  ISRAËL ET L’OTAN

Ce 4 mai 2016 restera une date noire pour la démocratie en Europe.
L’Otan vient d’accepter la présence d’un représentant officiel d’Israël au sein de l’organisation.
Ce pays y disposera, désormais, d’un bureau permanent.
Si la mouvance sioniste trouve cela « une étape importante et positive pour la sécurité d’Israël », il n’est pas sûr que les tenants de l’honneur européen puissent se réjouir de la même manière.

Il y a là deux raisons de s’inquiéter : la première me semble être d’ordre sécuritaire.
Nous vivons depuis 2011, en Occident, sous l’emprise d’une terreur islamique douloureuse : attentats, violences gratuites et sordides … autant de raisons de nous enfermer dans des niveaux d’insécurité et des états d’urgence qui font peur.
Cela ne doit pas suffire à guider nos choix !
Nous ne sommes pas sans savoir que bon nombre d’États musulmans ressentent, avec raison, la constitution unilatérale de l’État d’Israël comme une injustice et un affront.
Nous ne sommes pas sans savoir que l’indépendance de ce pays, décidée par les sionistes à la solde de Ben Gourion, a pu se faire grâce à la lâcheté et à la duplicité de l’Occident qui, dans la foulée des Alliés d’après-guerre voulaient se débarrasser d’un cancer et d’une mauvaise conscience issue de la Shoah.
Tout cela ne fait que renforcer le climat de défiance qui empoisonne les relations entre nos pays européens et les contrées arabes.
Lier notre effort militaire en Syrie ou en Libye et ailleurs à cet allié dogmatique et fasciste fait peur !
La politique que mène Israël ne lui donne, dans de telles circonstances, aucune place dans le concert des nations, si ce n’est celui d’apprendre l’humilité et l’interrogation sur sa propre histoire et sur ses propres agissements.
Alors, la présence d’Israël à proximité de l’Otan et une collaboration avec cet État fasciste est une injure à nos démocraties et à notre honneur.

L’autre raison de s’inquiéter est la situation que vit ce pays, au nom d’un mirage sécuritaire.
Depuis 1948, les territoires palestiniens sont spoliés. Ils sont volés et réduits à n’être que des résidus marginaux pour une race qui devrait, selon les dires des précurseurs de l’État d’Israël, disparaître et se liquéfier, ailleurs, dans le monde arabe.
La reconnaissance d’un État palestinien semble en proie à bien des remises en question et à des impossibilités provoquées par l’arrogance sioniste.
Des murs, des humiliations, des vexations en tous genres sont le quotidien d’une population palestinienne qui vit dans la peur sur ses propres terres et sur celles qui lui furent volées.
On reproche aux Palestiniens d’être des terroristes … et s’ils résistaient tout simplement, comme nos pères l’on fait face à l’occupant nazi ?
En Europe un peu partout, d’honnêtes citoyens invitent les citoyens amoureux de la paix et de la Justice à boycotter les produits israéliens, porteurs de tellement d’atteintes aux Droits élémentaires de l’Homme.
Israël est un fibrome dangereux dont il faut se protéger : l’actualité des rues de Jérusalem et d’autres lieux en sont des signes criants.
Ce ne sera pas le rappel incessant de la Shoah ou l’intolérance et les gesticulations de l’un ou l’autre grand rabbin raciste et ridicule qui nous fermera les yeux et les oreilles, au point de ne plus voir et de ne plus entendre le Palestinien trébuchant, une fois de plus, sous le poids de sa croix.
C’est l’armée d’Israël qui a bombardé lâchement des innocents dans la bande de Gaza.
C’est l’armée d’Israël dont les mains dégoulinent encore du sang de ces femmes égorgées et de ces hommes torturés au nom de leur soif de liberté et de justice.
C’est l’armée d’Israël qui arrête en pleine rue des enfants dont le seul tort est d’être arabe et de vivre dans la misère.
Aurions-nous laissé l’Allemagne aux mains des bourreaux nazis ?
Laisserons-nous Israël aux mains des tortionnaires sionistes ?

La nouvelle de ce jour est un coup de poignard dans notre honneur d’Occidentaux.
Elle est l’abandon d’un peuple qui espérait tant des leaders européens, assoiffés de popularité.
Elle est une goutte d’huile pour éclairer la lampe d’un antisémitisme qui ne manquera pas de se réveiller pour l’occasion.
Avant de s’humilier à s’asseoir à la table de bourreaux ne serait-il pas plus grand d’ouvrir d’abord les portes d’une Justice pour rétablir le droit des peuples, dont celui de Palestine qui crie sa souffrance ?
À quand un « procès de Nuremberg » pour les criminels sionistes et leurs alliés ?

Guy De Smet (4 mai 2016)


- 46 - À NOS VOISINS FRANÇAIS

Vous avez la chance d’habiter un bien beau pays, celui, si cher, de votre enfance. Des sommets du Mont blanc, au soleil de la Méditerranée, en passant par les splendeurs de Paris ou par le goût de la Provence … tout nous y chante la beauté et un certain génie.
Dommage qu’un ego démesuré fasse de vous les chantres d’un orgueil souvent mal placé.
Au lendemain des attentats de Paris, nous avons pleuré et nous étions choqués avec vous. Beaucoup d’entre vous ont fait de même lors de ceux de Bruxelles et nous vous en remercions.
Nous avions trouvé impossible que la haine et la violence défigurent à jamais le modèle de vie que vous représentiez à nos yeux
Avec vous, nous avons découvert l’ampleur de la vague terroriste qui, de la lointaine Syrie en passant par nos quartiers de Molenbeek, allait créer un tsunami de terreur et de honte.
Vous vous êtes alors acharnés sur la Belgique, sur Molenbeek, mettant tout le monde dans le même panier.
Nous avons remarqué que quelques efforts de prononciation ne seraient pas inutiles, même si nous savons que l’apprentissage des langues étrangères n’est pas une de vos spécialités !
Vous avez pointé du doigt notre laxisme politique et judiciaire.
Vous avez stigmatisé des lieux qui nous collent à la peau, comme peuvent vous coller à la peau Barbès ou la rue des Rosiers ou encore le 93.
Vous avez fait de notre pays un repère de brigands et d’assassins qui auraient trouvé chez nous un havre de paix pour organier leurs forfaitures.
Vous avez dénigré nos moyens de lutte inconsistants et nos collaborations défaillantes.
Vous aviez peut-être raison, puisque ce fut l’occasion d’un choc électrique et de l’accélération d’une enquête qui ne souffrait plus aucun atermoiement.
Abdeslam fut arrêté. Il vous fut livré … Que Justice soit faite désormais !

Permettez-moi seulement de vous rappeler qu’attirer l’attention sur la paille qui obstrue l’œil du voisin ne doit pas vous empêcher de contempler la poutre qui encombre le vôtre.
L’idée m’en est venue avec la désignation de l’avocat que vous paierez à Abdeslam.
Vous avez choisi un ténor du barreau qui s’illustra avec brio lors du procès d’Outreau.
Manque de pot, YouTube, notre mémoire collective et visuelle, propose depuis quelques jours des vidéos retraçant les zones obscures de ce procès mémorable.
Des enfants de 6-7 ans, les frères Delay, entre autres, ont été livrés par leurs parents aux assauts sexuels d’adultes dépravés. Parmi eux, il y avait des proches, des voisins, des notables.
Vous avez condamné certains et innocenté d’autres, alors que les enfants les avaient reconnus.
Vous avez traité ces enfants de menteurs, assassinant à tout jamais leur enfance.
Vous les avez soumis à des interrogatoires et à des pressions immondes.
Vous avez préféré en faire, lâchement le procès d’un juge d’instruction, le procès d’une Justice qui dérangeait vos classes dirigeantes.
Vous avez sacrifié la parole et la peur d’enfants meurtris pour un show médiatique qui fait honte à la Patrie qui a vu naître la déclaration universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen.
Votre presse s’est comportée comme une serpillère ordurière, livrant ces innocents mineurs à la vindicte populaire.
Aujourd’hui, ces enfants sont majeurs … et après bien des galères, ils parlent ! Eh oui ! Vous avez oublié de les assassiner !
Votre passé, votre laxisme vous rattrapent, aujourd’hui.
Ils vous empêchent désormais de vous comporter en donneurs de leçons.
Ils ne vous permettent pas de juger les autres et de les humilier.
Ces enfants resteront à jamais le miroir d’une société, la vôtre, qui tue ce qu’elle a de meilleur.
Ils resteront un cauchemar pour une Justice française confrontée à ses collusions.
Ils resteront un scandale pour votre monde politique qui semble avoir oublié que l’enfant d’hier est l’électeur de demain.
Ils resteront une plaie béante causée par une Justice de classe qui, aujourd’hui comme hier, scelle le destin de tant d’hommes et de femmes.

Mais, si nous ne réécrirons pas l’Histoire, nous pourrions quand même faire en sorte que la France reste belle et grande.
Pour cela, il vous suffit d’accepter qu’elle soit habitée par des Français, d’humbles hommes et femmes capables de faillir, de se tromper, de tomber.
Pour cela, il vous suffit de ne plus vous limiter aux beaux discours égocentriques des salons parisiens.
Pour cela, il suffit d’accepter que tous, nous avons à progresser et à faire progresser nos institutions vers plus d’humanité et vers plus de vérité.
Pour cela, il vous suffit d’accepter que la grandeur de la France ne s’écrive que sur la carte d’un monde d’hommes et de femmes de bonne volonté … vous et moi !
Vous aurez toujours besoin « d’un sang impur pour abreuver vos sillons » !
Alors, « Aux armes citoyens » … mais, cette fois, celle de l’honneur et de la décence.

Guy De Smet (4 mai 2016)


- 45 - LE SPECTRE DU NUCLÉAIRE

Ils nous assomment de chiffres et de normes.
Ils nous inondent d’études scientifiques en sens divers.
Partisans et opposants à l’avenir de nos centrales nucléaires se livrent des batailles idéologiques et politiques qui seraient byzantines, si elles ne faisaient naître un sentiment de peur et d’angoisse dans la population du pays.
Sous le mot « nucléaire » se cache un mystère ambigu.
D’une part, nous y lisons tous les signes d’un progrès qui tant en médecine que dans notre vie quotidienne apporte bien des nouveautés, des espérances et un certain confort.
C’est l’énergie d’une certaine époque qui allait d’audace en audace, faisant croire à l’homme sa toute-puissance.
D’autre part, c’est l’énergie qui a détruit Hiroshima, qui a fait souffler un vent de panique sur les effluves de Tchernobyl, qui a fait de Fukushima l’emblème d’un « plus jamais ça ».
Aujourd’hui, après des années de bons et loyaux services, elles semblent dépassées. Elles ne répondent plus aux critères de sécurité qu’impose notre vie en société.
Malgré leur durée de vie, limitée au départ, le pouvoir politique ne cesse de vouloir les prolonger.
Pour cela il s’engage à les soutenir en les plaçant sous perfusion financière et technologique … pourvu qu’elles tiennent encore quelques années : il paraît qu’il faut se donner les moyens d’une transition énergétique !

Aujourd’hui, des milieux politiques, moins suspects de « magouilles financières » et soucieux de l’environnement s’évertuent à signaler la dangerosité de ces centrales et de ce choix énergétique.
Des études scientifiques viennent corroborer leurs déclarations.
Nos voisins allemands et néerlandais exigent la fermeture de ces centrales jugées dangereuses à leurs frontières.
Le gouvernement belge se fait le chevalier de la bonne gouvernance : tout va très bien, Madame la Marquise !
Des citoyens sont inquiets, parce que, régulièrement elles sont à l’arrêt pour maintenance ou en sécurité.
Ils s’interrogent aussi quant à la suffisance de nos capacités en matière d’électricité. Ils se souviennent encore des « certificats verts » et des cafouillages de l’éolien.
Ils savent aussi que des pays nordiques qui avaient misé sur les énergies renouvelables, de manière intensive, font aujourd’hui marche arrière.
Ils savent enfin que l’énergie est un défi dans une société en crise qui a oublié l’existence de l’homme dans ses choix.

Et nos gouvernants, les voilà qu’ils se mettent à souffler le chaud et le froid.
D’une part, les centrales sont bonnes pour le service, même s’il faut les affubler de béquilles pour survivre. Elles assurent notre autonomie et restent un choix financier judicieux – ce n’est pas Electrabel qui contredira !
Arrivées au terme d’une vie raisonnable, comme aux retraités remis au travail, ils leur accordent 10 ans de plus !
D’autre part, Madame De Block, notre ministre de la santé – eh oui, encore elle – sort son parapluie. Elle préconise de distribuer des pilules d’iode à l’ensemble de la population belge qui vit dans les zones à risque, entourant les centrales nucléaires.
Il y a de quoi y perdre son latin : dangereux, pas dangereux ?
Ce genre de discours gouvernemental n’est plus crédible. Il y va de notre santé, de notre sécurité !
Certes, l’aspect économique de ces centrales n’est pas négligeable.
Certes, l’avenir de la planète est important, même si je reste convaincu que Doel et Tihange, à elles seules, ne sont qu’un épiphénomène de la pollution aux dimensions mondiales.
Ce qui me semble fondamental par contre, dans les choix qui doivent être faits, ce sont la sécurité et la santé des citoyens.
Dans ce domaine, il n’y a droit à aucune incertitude, à aucun accident, à aucune considération d’ordre financier.
Mesdames, messieurs les politiciens, cessez de vous lancer à la figure vos chiffres et vos enquêtes.
Cessez de jouer à l’apprenti sorcier et concernez-nous dans des décisions aussi importantes. Le referendum n’a pas été inventé pour les chiens !
Cessez de nous enfermer dans vos discours idéologiques et dans vos contradictions.
Cessez de nous vanter une démocratie à laquelle vous avez peur de vous confronter.
Et si nous cherchions ENSEMBLE le monde dans lequel nous voulons vivre ?
Et si nous cherchions ENSEMBLE à humaniser ce que vous avez enfermé dans des chiffres et dans la finance ?
Maggy De Block avait une pilule pour ingurgiter le nucléaire …
Nous, nous vous proposons la nôtre, celle de l’écoute et de la réflexion commune, loin des lobbies qui vous dirigent !

Guy De Smet (4 mai 2016)


- 44 - POPULISME

Il est des mots qui éclosent à certaines périodes de l’Histoire, au fil de l’actualité, qui ont l’art de susciter des réactions.
« Populisme » est un de ceux-là, qui ne laissent pas indifférent !
Certains s’en revendiquent, pendant que d’autres le colorent de toutes les dérives de la pensée.
J’ai donc feuilleté les pages de mon dictionnaire. J’y ai trouvé 4 définitions, dont celle que je vous livre : « Souvent péjoratif. Attitude politique consistant à se réclamer du peuple, de ses aspirations profondes, de sa défense contre les divers torts qui lui sont faits ».
C’est ce mot qu’a utilisé Monsieur Baquelaine, Ministre des pensions, en réponse à une interpellation qui lui était faite au Parlement.
Un responsable du PTB l’interrogeait sur le bien-fondé des pensions ministérielles et de celles des députés.
Il dénonçait la différence des montants perçus par les travailleurs ou les fonctionnaires, d’une part et par le personnel politique, d’autre part.
Si un travailleur devra se contenter d’une pension minimum de 1100 €, le député, ayant rempli un mandat, partira avec plus de 1400 €. Il pourra aller jusqu’à 5110 € s’il a fait 5 mandats. À cela il faudra ajouter les avantages issus du cumul !
Il dénonçait aussi l’âge à laquelle nos excellences peuvent envisager un départ à la retraite : à 55 ans au lieu de 65 (67 ans en 2030) pour vous et moi … de manière anticipée après 20 ans de carrière, à 52 ans, au 1 juin 2014, au lieu de 63 ans et une carrière de 42 ans pour les autres … pension de survie pour le (la) conjoint(e), sans tenir compte de l’âge alors que pour les autres, elle n’est accordée qu’à 50 ans (55 ans en 2025).
D’un revers de la main, le Ministre des pensions tacle son interlocuteur de « populiste ».
Hélas, ceux qui se cachent derrière l’accusation de « populisme » sont aussi ceux qui méprisent avec ardeur le peuple !
Je retirerais à l’expression la connotation « péjorative » qu’indique le dictionnaire, car c’est bien ce que pensent les travailleurs de ce pays qui suscite le dédain du Ministre.
Ils se sont vu imposer un recul de l’âge légal de la pension.
Il leur a été demandé des sacrifices, afin de sauvegarder un système.
Ils ont vu leur horizon se boucher et se limiter à des conditions de travail qui ne les satisfont pas.
Ce cri de désespoir mérite au moins d’être entendu par ces enfants gâtés qui n’écoutent rien et ne comprennent rien.
Le travail leur est une planète inconnue.
La précarité, ils ne l’ont ni rencontrée, ni partagée.
L’anonymat, ils ne peuvent l’imaginer.
Face à cette incurie, être populiste semble devenir un devoir.
Être populiste, c’est être à l’écoute, c’est entendre la détresse du citoyen, loin des critères d’une finance qui n’a que faire de l’être humain.
Être populiste, face à ceux qui nous dirigent, c’est vibrer au diapason du peuple, est un honneur que je revendique.
Être populiste, aujourd’hui, c’est être le signal d’alarme pour un pouvoir qui vit à mille lieues de ce que vit le citoyen.
Être populiste, c’est rejeter cette classe politique qui se souvient du citoyen quand il devient électeur, jusqu’à le séduire ou l’assommer de promesses qui ne seront pas tenues.
Le populisme, vu ainsi, risque d’être le grain de sable qui, demain, enraiera la machine libérale et financière.
Il risque d’être la cause d’une révolution qui fera mal à notre vivre ensemble.
Il risque d’être le point de départ d’une autre vision du monde qui mettra, enfin, l’homme au centre des préoccupations.
Certains évoqueront des dérives possibles, comme celle des extrêmes, tant de gauche que de droite. À nous de rester vigilants dans nos comportements citoyens !
Je crois, cependant, qu’en saine démocratie, les magouilles des partis resteront toujours une faiblesse face à la voix du Peuple.
Notre Constitution ne dit-elle pas que Lui seul, le Peuple, est souverain ?

Guy De Smet (2 mai 2016)


- 43 - EN ROUTE VERS UNE EXPLOSION SOCIALE

Voilà bien une expression qui fait peur aujourd’hui, même si elle nous semble lointaine, si pas impossible.
Un peu partout des mouvements de mécontentement s’installent, relayés par la toile bien tissée des réseaux sociaux.
Un peu partout des grèves, des humeurs de contestation viennent bousculer le déroulement de notre quotidien.
Des pétitions essaiment sur internet, n’attendant que notre signature pour dénoncer des injustices qui nous accablent.

Chez nos voisins français, depuis la proposition d’une loi sur la réforme du code du travail, des citoyens se sont levés, aux accents de leur hymne national, pour afficher un divorce clair d’avec les autorités au pouvoir : « Aux armes citoyens » !
Manifestations violentes, Nuits debout … autant de phénomènes qui pourraient bien mettre le feu aux poudres !
Lors du 14 juillet 2015, ils voulaient déjà, à l’image des révolutionnaires de 1789, contester ouvertement le pouvoir de la République.
Les responsables politiques ne veulent y voir que l’action de quelques « casseurs » ou de quelques anarchistes soucieux de détruire le pays.
Il est vrai que le combat pour leur réélection semble plus important et captivant. L’avenir nous dira s’il fallait vraiment « minimiser » !

Quand l’averse arrose nos voisins, il tombe aussi des gouttes annonciatrices chez nous, en Belgique.
Depuis des mois, des actions bousculent le bon déroulement de l’activité économique : grèves, manifestations, actions musclées comme celle des agriculteurs ou encore des routiers …
Depuis des mois, des mesures impopulaires s’abattent sur une partie de la population pendant que l’autre se cramponne à ses avantages.
Les syndicats, que le pouvoir souhaite museler, s’en prennent aujourd’hui, ouvertement, au gouvernement Michel : il écoute ou il dégage !
Une manifestation nationale est prévue en mai. Une grève générale devrait paralyser le pays, fin juin prochain.
Seraient-ce là les premiers signes d’une violente lame de fond ?

Une chose est sûre : les simples citoyens, comme vous et moi, n’en peuvent plus !
Ils voient leur avenir bouché, sans perspective, même pas celle d’une retraite décente. La caisse de leur pension commence à ressembler de plus en plus à un cercueil, l’âge oblige !
Ils doivent accepter cela, alors que les excellences qui fixent ces paramètres de vie, s’octroient des pensions et des conditions de fin de carrière indécentes et amorales. On comprend pourquoi certains se pressent en politique !
Ils voient leurs conditions de travail les précipiter vers des gouffres de précarité et de fins de mois difficiles, pendant que des riches se complaisent dans l’azur de paradis fiscaux ou dans l’oubli légal d’impôts éhontés.
Ils voient les portes d’une médecine se fermer devant eux au nom de l’argent et au nom d’économies qui serviront à engraisser quelques veaux gras de la finance.
Ils voient l’enseignement se perdre dans des pactes d’excellence bien éloignés de l’excellence dont pourrait rêver un jeune en quête d’avenir.
Ils voient un monde bancaire qui les suce, qui les harcèle, sans aucune contrepartie, pas même celle d’accompagner de petits projets susceptibles d’ouvrir l’espérance d’une promesse.
Ils voient leur sécurité mise à mal par l’incompétence de quelques responsables qui n’ont pas hésité à sabrer dans les moyens mis à la disposition pour l’assurer.
Pas facile d’être d’honnêtes citoyens en société libérale !
Pas facile de se projeter dans l’avenir, quand un frémissement de l’économie arrive à peine à masquer la pauvreté issue d’une austérité forcée.
Pas facile d’encore croire en la politique, quand ses représentants vivent du mensonge et de l’autisme.
Ils ont l’impression de vivre sous le joug du plus mauvais gouvernement depuis la fin de la dernière guerre mondiale.
Ils découvrent en Charles Michel, le Camille Gutt * du XXIème siècle : tous deux auront fait de la ruine du citoyen, un credo.

Aujourd’hui, le peuple se fâche !
Demain, sa colère ne risque-t-elle pas de devenir « Révolution » ?

Guy De Smet (2 mai 2016)

  • Camille Gutt (Guttenstein jusqu'en 1922) est né de Marie-Paule Schweitzer et de Max Guttenstein. De 1920 à 1924, il fut secrétaire général de la délégation belge à la Commission des réparations et chef de cabinet de l'homme politique Georges Theunis. Il fut ministre des finances de Belgique de 1940 à 1945 avant de devenir le premier directeur général du Fonds monétaire international de 1946 à 1951
  • Alors que le spectre de l'inflation hérité de l'entre-deux-guerres plane en Belgique, l'opération Gutt permet, en octobre 1944, de procéder au remplacement du papier-monnaie tout en bloquant les avoirs en banque et aux comptes chèques postaux. En contrôlant la masse monétaire puis en autorisant le déblocage progressif, le gouvernement jugule le danger d'une inflation galopante.

Cette opération va avoir lieu en plusieurs étapes : tous les citoyens belges vont recevoir, en échange de leurs anciens billets, 2000 nouveaux francs belges. Le surplus va alors être transformé en avoirs bloqués, qui vont être remboursés peu à peu par la reprise de la production. On rembourse ainsi 34 milliards de francs belges.
Les 64 milliards non encore remboursés sont convertis en emprunt financé par un impôt spécifique.
La masse monétaire est considérablement réduite : on passe de 140 milliards de billets de banque à 25 milliards.
De plus, le gouvernement belge s'abstient de toute demande d'avances à la Banque Centrale nationale.
Wilhipedia


- 42 - L’ARROGANCE DE LA FINANCE

Lorsque Français Hollande devenait président de la République française, il affirmait : « Mon ennemi, c’est la finance ».
Ce fut, probablement, la seule parole historique de son quinquennat.
Il aurait pu la prononcer au nom de nous tous, victimes au quotidien de l’arrogance de la finance et de ses valets.
Simplement deux faits pour illustrer mon propos : le premier fait écho au vécu d’un honnête citoyen wallon.
Dans une mouvance du moment, il s’est lancé dans la fabrication d’une bière artisanale. La bière des « Sans grade ». Dans le bonheur de sa création, il lui a adossé le nom d’une association dont il était à l’initiative : « Au bon vieux temps ».
Cela n’a pas plu aux grands du monde brassicole, dont AB-INBEV, célèbre dans notre région pour son « implication » dans le château de Flawinne.
Ils n’ont pas digéré que cette nouvelle bière fasse de l’ombre à une de celles qu’ils brassaient ou dont la marque leur appartenait : « Vieux temps ».
Une action judiciaire a donc été entamée à l’encontre de cet honnête citoyen encore tout émoustillé par les effluves d’un succès espéré.
Décidément, les grands capitaines d’entreprises ne tolèrent pas trop ces « initiatives sauvages » qui risquent de leur faire de l’ombre et de leur faire perdre des parts de marché. Le soleil ne peut briller que pour eux !
Ils veulent rester les maîtres d’une jungle commerciale dont ils fixent les règles !
Savent-ils ces grands Seigneurs qu’ils sont, pour nous, « une montagne à rincer » d’ordures et de miasmes irrespirables ?
Savent-ils que leurs noms, figurant dans les « Panama Papers », sont une insulte pour le peuple belge qu’ils abreuvent de leur poison et de leur malhonnêteté ?
Savent-ils que leurs fraudes qu’ils justifient avec la complicité de leurs valets au pouvoir sont une spoliation d’une population qui croule sous les contributions d’un État à sauver, pendant qu’eux ne cessent de se remplir les poches, sans scrupule ?
Il y a là un appel aux consommateurs de bières à se tourner vers les petites marques artisanales brassées par des mains propres et à délaisser les autres !

Le deuxième fait qui, selon moi, illustre l’arrogance de la finance, je le lis à travers le signe d’un procès qui vient de s’ouvrir à Luxembourg, celui de « Luxleaks ».
Un bref rappel des faits.
Un employé avait dévoilé une liste de noms d’entreprises qui – en toute légalité, pour la plupart, et avec la complicité des gouvernements – avaient construits des « magouilles » leur permettant d’échapper au fisc.
Monsieur Juncker, actuel Président de la Commission européenne, fut une des « Vierges aveugles » qui permit la mise en place de ces systèmes mafieux.
Cet employé fut relayé dans son action par un journaliste économique qui croyait détenir un « scoop » !
Tous deux se retrouvent, aujourd’hui, poursuivis par la Justice pour « Vol de données ».
On croit rêver !
L’honnête citoyen qui dénonce une injustice, qui croule comme les autres sous des taxes et des impôts souvent injustes se voit imposer un procès crapuleux, pendant que des magnats de la finance se pavanent dans des châteaux, dans le luxe ou dans des paradis fiscaux avec la bénédiction du pouvoir qu’ils ont laissé mettre en place : serait-ce cela, la trajectoire d’une démocratie soucieuse des droits de l’homme ?
Par ailleurs, notre Premier-ministre, un de ces valets tortueux de la finance, qui impose la délation pour dénoncer une éventuelle fraude sociale marginale : serait-ce cela le guide soucieux du bonheur du peuple qui lui est confié ?

Ajoutons à cela les aides irraisonnées aux entreprises au nom de la compétitivité et au nom d’une création hypothétique d’emplois stables …
Ajoutons à cela les exigences d’une flexibilité de l’emploi et des horaires qui transforment la vie des travailleurs en un véritable esclavage …
Ajoutons à cela le comportement des banques qui s’affirme, chaque jour un peu plus, comme étant de la délinquance en col blanc …
Oui, vraiment, j’ai un ennemi à détruire : la finance !

Guy De Smet (2 mai 2016)

- 41 - PAS BESOIN DE PREUVE

Suivre l’actualité dans notre pays est une véritable aubaine pour les chroniqueurs en manque de « Billets d’humeur ».
Les nombreux dérapages des membres du gouvernement n’y sont pas pour rien !
Ce gouvernement restera ainsi, un des pires cauchemars, depuis la deuxième guerre mondiale.

Le dernier raté en date, nous le devons au ministre de l’Intérieur, Monsieur Jan Jambon (NV-A).
Dans une déclaration au quotidien « De Standaard », il avait suggéré qu’un « nombre significatif » d’individus, issus de la communauté musulmane, aurait dansé à l’occasion des attentats.
Interpellé par les parlementaires, siégeant au sein de la Commission de l’Intérieur, il a éludé la question.
La question des preuves d’un « nombre significatif » ne se justifie pas.
Selon lui, « pas besoin de preuve, tout le monde sait que de tels faits ont eu lieu ».
Cela lui suffit pour mettre en cause l’intégrité de la communauté musulmane, qui, dans sa grande majorité, pourtant, ne cesse de condamner autant de violence au nom de l’Islam.
Cela lui permet d’enfoncer encore un peu plus des hommes et des femmes montrés du doigt et stigmatisés au nom de leur appartenance à une race et à une religion.
Certes, il existe chez eux des brebis galeuses, comme dans tant de milieux … même en politique !

Plus besoin de preuve pour arrêter, pour poursuivre …
Plus besoin de preuve pour juger et condamner …
Plus besoin de preuve pour détruire la réputation et la vie d’êtres humains … sauf peut-être pour fustiger la politique de ce gouvernement !

Les Nazis n’avaient pas besoin de preuve pour arrêter et torturer tout ce qui les dérangeaient.
Les dictatures n’ont pas besoin de preuve pour se lancer dans des campagnes d’exactions dénoncées par la Ligue des Droits de l’Homme.
Israël et ses fascistes au pouvoir n’ont pas besoin de preuve pour abattre un Palestinien en pleine rue.
Madame Galant n’a pas besoin de preuve face à ceux qui osent mettre en doute son sérieux.

N’en déplaise au ministre de l’Intérieur, nous sommes dans un État de droit. Nous vivons en démocratie.
Rien ne l’autorise à être l’apôtre d’un racisme facile.
Rien ne lui permet de se placer au-dessus des lois.
Rien ne lui permet de pointer du doigt un bouc-émissaire facile en ces temps de crise.
Un seul fait suffisait à poursuivre les auteurs d’actes criminels et à « travailler » en silence, rendant compte de ses enquêtes à qui de droit.
Un seul fait permettait de pointer du doigt une collaboration terroriste ponctuelle.
Un seul fait lui donnait le droit de pousser ses services à une enquête approfondie, liée à tel ou tel crime.
La Justice de notre pays se chargerait de la condamnation !
Tout le reste doit -  heureusement -  être IMPOSSIBLE, en État de droit !

Évidemment, un ministre belge qui peut justifier l’occupation durant la dernière guerre mondiale …
Un ministre, capable de propos pour le moins racistes et injurieux …
Un ministre qui compare la cache des Juifs durant la guerre par des réseaux à la collaboration dont a bénéficié Abdeslam …
Un ministre divisant pour mieux régner ne peut comprendre ce qu’est un État de Droit …
Un tel ministre se croit autorisé d’afficher son mépris à l’égard de tout qui ne représente pas ses intérêts !
Madame Galant, il a fallu la pousser dans ses derniers retranchements avant de la voir fuir dans la honte.
Nous faudra-t-il utiliser les mêmes arguments face à ce triste sire ?

Le laisser agir, c’est la porte ouverte à toutes les dérives.
Il ne faudra plus de preuve pour condamner un innocent !
Il ne faudra plus de preuve pour persécuter une minorité ou une religion !
Il ne faudra plus de preuve pour écarter un gêneur politique !
Soyons vigilants, à travers la NV-A et ceux qui s’allient à lui, l’Extrême-Droite et ses fantômes ne sont pas loin !

Guy De Smet (21 avril 2016)


- 40 - GAMINS DE MERDE

Cette expression sort de la bouche de Monsieur Goblet, responsable syndical bien désarmé face aux injustices sociales, en ces temps qui courent.
Elle en rejoint une autre, utilisée pour définir nos responsables politiques : sales gosses de riches ! Elle jalonne régulièrement ces billets d’humeur !
Cela me semble être la meilleure définition « courte » de ce gouvernement !
Si Monsieur Ducarme trouve ces manières de s’exprimer injurieuses et peu propices à la concertation sociale, elles me paraissent, pourtant, indiquer de manière éloquente, le ressenti de la majorité de nos concitoyens.
Ils n’en peuvent plus de ces mesures sociales unilatérales qui les transforment en citrons pressés.
Ils n’en peuvent plus du sacrifice du travailleur au profit de l’arrogance de la finance.
Ils n’en peuvent plus des fins de mois impossibles pendant que d’autres se paient le luxe d’apparaître dans des listes de fraudeurs fiscaux.
Ils n’en peuvent plus de se faire battre et de se faire signifier, en même temps que, ce serait pour leur bien et pour leur avenir.

RTL Infos nous présente dans ses colonnes, ces jours-ci le témoignage de « chômeurs de longue durée ».
Ils nous parlent de leur galère pour arriver sur le marché de l’emploi.
Ils pointent du doigt l‘inadéquation entre les diplômes, délivrés par les écoles et le monde du travail.
Pour eux, aucune perspective et cette terrible impression d’avoir gâché leur vie !
Ces hommes et ces femmes sont aujourd’hui pointés du doigt : ils seraient des fainéants, des parasites. Ils coûteraient trop cher à la société.
Il faut les sanctionner, les obliger, les rayer, les exclure et leur pourrir une vie déjà détruite par l’inutilité et par la honte.

Le ministre du travail, lui, se lance dans d’autres déclarations tonitruantes, au lendemain du dernier conclave budgétaire.
Il estime que le Belge, celui qu’il vient de ponctionner tant et plus, vit au-dessus de ses moyens.
Lors du prochain épisode budgétaire, il devra participer encore plus, affirme-t-il, au comblement du gouffre de la dette qui semble être un puits sans fond. Il promet même que cela va faire mal !
Avec quoi et comment, cela ne semble pas être l’affaire du ministre !
Mais qui vit au-dessus de ses moyens ?
Serait-ce vous et moi, confrontés aux factures qui pleuvent, aux taxes qui nous dévorent et aux fins de mois impossibles ?
Ne serait-ce pas, plutôt, ces riches qui sont préservés et échappent au contrôle du fisc en se pavanant sous le soleil des tropiques ?
Ne serait-ce pas les institutions de notre pays : primes et pensions exorbitantes aux ministres et aux parlementaires, dotations royales irraisonnables, frais de fonctionnement des cabinets ministériels, pléthore de gouvernements et de ministres, doublets de services d’État qui se marchent sur les pieds, une sixième réforme de l’État qui multiplie les intermédiaires et les intervenants dans des dossiers qui pourraient être simples, sans oublier les partis politiques qui engloutissent des subsides d’État …

Madame Galant, encore elle, après des erreurs professionnelles inconsidérées, refuse de démissionner. Il faut plutôt la forcer à le faire, là où ailleurs elle serait licenciée pour faute grave.
Alors que tout l’inviterait à se morfondre dans la honte, elle brigue déjà un mandat de présidente de commission à la région wallonne, pour y semer, là aussi, j’imagine, le trouble.

Monsieur Jambon, confronté à une haine qui se lève suite aux attentats, se sent obligé d’en remettre une couche en pointant du doigt quelques excités qui auraient dansé suite au succès des attentats. Son comparse, chargé de l’asile, se félicite  de venir le soutenir par d’autres propos haineux.
Est-il nécessaire de condamner plus une communauté musulmane qu’il aurait peut-être fallu mieux encadrer dès sa constitution ?
Est-il nécessaire qu’un ministre conforte une population dans un racisme qui permet de camoufler tellement bien un attentat social perpétré par le gouvernement au quotidien ?
Est-il responsable de corrompre ainsi l’opinion, alors que dans un même temps, nous apprenons que sa police aurait laissé entrer sur notre territoire d’autres terroristes, dont le frère d’Abaoud. Aurait-il oublié que ces passoires que sont nos frontières sont de sa responsabilité ?

Le Premier ministre, quant à lui, relayant son ministre de l’emploi, se fait le chantre de la flexibilité des horaires de travail au profit d’un patronat, sans cesse plus gourmand et au détriment d’une classe laborieuse de plus en plus exploitée.
Dans quelques temps, notre pays, sera au niveau de ces pays du Tiers-Monde qui voient se rassembler, chaque matin, à un carrefour, des esclaves, en quête de quelques heures de travail pour survivre. Ils y attendent la bonne volonté d’un employeur qui, chaque matin, en fonction de ses besoins, viendra remplir sa camionnette de cette « marchandise » qu’il rejettera quand il n’en aura plus l’utilité.

N’en déplaise à Monsieur Ducarme, de telles attitudes irresponsables, ajoutées à tant d’autres dont les Belges sont déjà victimes, sont des réactions de « Gamins de merde », de « sales gosses de riches ».
Leurs décisions sont irrévocables et ne demandent une concertation sociale que pour les appliquer.
Quand ils parlent du travail, ils ne savent pas de quoi ils parlent.
Quand ils voient un travailleur ils ne comprennent pas que cet être a une vie, une famille, un cœur qui bat, une santé.
Issu du monde ouvrier, je crois être bien placé pour décrire le mépris qu’il ressent face au regard et à l’indifférence de son patron.
Quand ils décident de mesures qui permettraient une compétitivité, ils ne savent pas qu’en même temps, ils font rêver une classe ouvrière qui n’en voit pas les moindres fruits, si ce n’est une précarité et une pauvreté qui tissent la toile de son désespoir.
Nos responsables se comportent comme de vrais « gamins de merde ».
Ils ont fait du mépris de l’autre un credo, de l’arrogance, un moyen pour arriver à leurs fins, de l’incompétence une manière d’agir, de la faillite du pays et du rapport entre les Belges un avenir incontournable.
Peuple Belge, tu mérites mieux que la spoliation, faite par ces sales gosses de riches qui défigurent ton vivre ensemble !

Guy De Smet (20 avril 2016)


- 39 - SOS BELGIQUE !

Rien ne va plus au Royaume de Belgique !
Cette idée s’est ancrée en moi après avoir visionné, comme tout le monde, les images ahurissantes de travailleurs qui saccagent leur entreprise et qui en viennent à des mesures extrêmes à l’encontre de leur employeur.
D’habitude, ils protègent leur outil de travail, mais là, les raisons de la colère sont trop importantes !
Ces hommes et ces femmes n’avaient pas reçu leur salaire du mois précédent, alors que factures, traites et fins de mois difficiles faisaient déjà les échéances mensuelles incontournables.
Le patronat, pendant ce temps, à l’écoute de ses actionnaires, concoctait un plan de reprise qui devait lui être avantageux.
Si la violence n’est pas une solution, il y a des situations où elle peut se comprendre.
Qu’aurions-nous fait à la place de ces travailleurs spoliés dans leur vie ?
Cela méritait plus qu’un silence méprisant du gouvernement !

Ce qui n’aurait pu être qu’un fait divers parmi d’autres est venu s’ajouter à une longue liste qui nous indique clairement la faillite d’un État.
Certes, Charles Michel ne peut concevoir que le pays qu’il ne cesse de détruire est défaillant … les faits sont là !
Il y a ces maladies spontanées des employés de Belgocontrol qui n’en peuvent plus d’être les oubliés de plans sociaux qui ne cessent de s’en prendre à leurs revenus.
Leur vécu est difficile, stressant. Il mérite au moins autant de considération que le bilan économique de l’aéroport !
La réponse du Premier irresponsable du pays, Charles Michel, est d’afficher sa colère face à ces « grèves sauvages » et face à qu’il estime être des certificats médicaux de complaisance. Il y voit une atteinte économique, sans même s’arrêter aux raisons de ce conflit social.
Il s’agit là du seul refrain dont il est capable !
Il y a la colère des transporteurs qui en arrivent à devoir bloquer un pays, face à une taxe kilométrique qu’on leur impose et qui est, pour les concernés, la taxe de trop !
Le dialogue social sera remplacé par l’envoi des forces de l’ordre !
Cela s’était vu en Chine populaire, où le gouvernement envoyait l’armée face à la contestation. Souvenez-vous de l’image de ce char, face à un seul homme, dans la solitude et la froideur d’une grande place vide !
Il y a l’irresponsabilité « à répétition » des membres du gouvernement Michel.
La dernière illustration de cet autisme politique nous vient de Madame Galant, encore elle !
Son incompétence « crasse » a encore frappé, en détournant des parties de son budget, prévues pour la sécurité de l’aéroport de Bruxelles-National, à la gestion d’une restructuration de Belgocontrol.
Non contente de son erreur, qu’elle refuse d’assumer, elle se plait à affirmer qu’elle est en accord avec les décisions européennes.
Pourtant, en même temps, sont publiés des documents émanant de l’Europe, tirant la sonnette d’alarme face à l’insécurité de nos aéroports belges.
Un mensonge de plus, s’ajoutant à une guéguerre criminelle entre administration et cabinets ministériels !
La presse nous annonce la démission du Président du SFP Mobilité qui ne supporte plus les méthodes dignes de la Gestapo, utilisées par la ministre Galland. Lui, au moins, connait le sens de l’honneur, tandis que cette ministre se vautre dans la malhonnêteté, dans l’incompétence et dans la méchanceté. !
Des hommes, des femmes sont morts dans les attentats de Bruxelles, d’autres gisent sur un lit d’hôpital, cela méritait un peu plus de professionnalisme !
Les attentats ne seraient-ils que la seule œuvre de Djihadistes ou seraient-ils liés aussi à des manques flagrants de sécurité, dont nos ministres sont responsables ?
Ce n’est pas la première fois que Madame Gallant écrit une page du surréalisme belge, grâce à son incompétence et à ses maladresses.
La réponse nationale se joue au Parlement qui réclame une démission, alors que ce serait plutôt une inculpation qui s’imposerait : il y a eu mort d’homme !
Son irresponsabilité mériterait aussi des sanctions … jusqu’à empêcher toute nouvelle illégibilité. On ne dirige pas un ministère par l’arrogance, par le mensonge et par l’incompétence.
Au moment où je termine ce billet d’humeur, une éclaircie semble se dessiner dans le ciel belge : Madame Galant, notre ministre de l’immobilité, a, enfin, présenté sa démission. Il faut dire que la dose de mensonges fut de poids !
Il est grand temps qu’elle s’en aille pour se perdre dans les dédales des erreurs de notre Histoire !
Cette lacune ministérielle s’ajoute à tant d’autres qui ont éclaté en plein ciel, lors des attentats de Paris et de Bruxelles, liées à un laxisme et une bêtise politiques immondes.
La dernière en date, nous la devons à Jan Jambon qui compare la cache de Salah Abdeslam à la cache des Juifs poursuivis par les Nazis durant la dernière guerre.
À l’entendre ou bien les Juifs, comme le Djihadiste bruxellois sont des criminels et il aura fallu les Nazis du bord du ministre pour les poursuivre.
Ou bien, il vient de commettre sa Nième bourde politique et diplomatique et dans ce cas qu’il apprenne à se taire !
De tels propos ne sont pas dignes d’un ministre qui nous représente !
Une chose est sûre : de mensonges en contradictions, d’imprévoyance en erreurs budgétaires, de mesures d’austérité en diktats européens, ils ont sacrifié la sécurité des citoyens, ainsi que l’image de notre pays.
Il y a cette gestion inhumaine de la crise des migrants qui a vu le retour des fascistes et des racistes. Monsieur Francken fut leur porte-drapeau sinistre et éloquent !
Comment est-il possible de réduire la détresse humaine à des quotas ?
Comment est-il possible de « salir » les visages d’êtres humains au nom de plans économiques et de conceptions financières qui ne rêvent que de bénéfices et de brillance ?
Comment est-il possible de n’avoir que le mépris à offrir en réponse à la misère ?
Il y a cette erreur politique majeure de l’austérité qui n’a ni relancé l’économie ni permis une reprise de la consommation.
Le libéralisme est mort et l’équipe Michel est devenue l’artisan d’un acharnement thérapeutique, guidé par l’Europe, qui est intenable tant d’un point de vue social que d’un point de vue économique.
Cette politique obstinée nous conduit droit vers des lendemains qui déchantent !
Il y a, depuis un peu plus d’un an, cet enfer que vit le Belge au quotidien.
Il vit confiné dans les limites d’une rage taxatoire insupportable.
Il voit son pouvoir d’achat, ses moyens de subsistance, l’accès aux soins de santé, rabotés de mois en mois.
Les possibilités d’emplois sont devenues nulles ou précaires, malgré des « cadeaux » appréciables à un patronat qui se terre derrière ses barrières, fixées par un actionnariat, assoiffé de bénéfices.
La chasse et l’humiliation des chômeurs sont devenus un credo, faisant d’eux des parias, refoulés d’une planète voulue brillante. Les kapos gouvernementaux iront jusqu’à vérifier la consommation d’eau et d’énergie des chômeurs : il pourrait y avoir de la fraude … alors qu’il est possible pour les riches de frauder en toute légalité !
Pendant ce temps-là, un fossé de plus en plus profond s’installe entre riches et pauvres, avec la bénédiction des autorités.
Des injustices criantes rappellent aux Belges qu’ils ne sont pas égaux devant la Loi. Certains paient des impôts pendant que des grandes fortunes les éludent en toute légalité !
Il y a cette concertation sociale qui ne fonctionne plus.
Patronat et syndicats ne s’écoutent plus. Le chantage patronal est devenu la nouvelle norme insupportable de ce qui devrait être un dialogue.
Les syndicats sont devenus muets, pendant que le peuple gronde, tant sur le terrain que sur les réseaux sociaux.
Un mouvement citoyen de contestation « Nuit debout » se met en place, au grand dam du monde politique qui y lit une menace pour son autorité.
Pendant ce temps-là, la sécurité sociale, les modalités du travail subissent un hold-up qui ne pourra qu’éclater en colère et en barricades … il y a des signes qui ne trompent pas !
Il y a ce discours du Premier des Wallons qui, lui aussi, se met à chanter : « Tout va très bien Madame la Marquise ».
Son indécence s’exprime alors que les citoyens connaissent des difficultés au quotidien, pendant que des enfants vivent sous le seuil de pauvreté, pendant que des exclus en tous genres frôlent les murs de la honte dans nos rues.
Il nous dit de « consommer » wallon … encore faut-il avoir les moyens de consommer.
Il nous dit que la Wallonie « ne vit pas au crochet des flamands », alors qu’il existe un plan financier de transfert Nord-Sud établi sur plusieurs années encore.
Il serait utile d’entendre l’avis des premiers concernés !
Il nous dit d’afficher nos fiertés, encore faut-il en avoir les moyens et les envies, après la sinistrose qui s’abat sur nous, chaque jour.
Il y a cette dernière trouvaille de la NV-A, rarement à la traîne quand il s’agit de dénicher des stupidités.
Il est question, cette fois, de revoir le statut de notre Monarchie.
La NV-A souhaite la vider de sa substance constitutionnelle pour en faire une « Monarchie républicaine ».
S’il y a deux termes qui ne vont pas ensemble, ce sont bien ceux-là. Demandez à Louis XVI !
Ou bien, il s’agit d’une « monarchie » qui ressemble à celle que nous connaissons ou plus protocolaire comme dans les pays nordiques.
Ou bien il s’agit d’une « république », comme en connaissent d’autres pays européens ou comme celle qui est inscrite dans les statuts du parti flamand.
À cela, il faut ajouter ces réformes de l’État qui finissent par enfanter d’un monstre, tel qu’il se révèle dans la gestion des tunnels routiers bruxellois ou dans nos délégations surdimensionnées à l’étranger lors de réunions importantes.
Et nous pourrions continuer cette liste de crises qui nous font lancer un « SOS Belgique » !

Notre pays est en danger.
Son modèle politique n’est plus crédible.
Son modèle social a été détruit.
Des barricades sont dans les rêves et dans les projets de révoltés salutaires.
Ses institutions sont désavouées par une population qui ne comprend plus.
La colère du citoyen devient une réponse à l’injustice institutionnalisée.
Nos gouvernants sont coupables d’un attentat qui a désarticulé le citoyen.
Et s’il devenait prioritaire de remettre de l’ordre dans tout cela ?
S’il devenait urgent d’inscrire dans les faits un article de notre Constitution : « la souveraineté nationale appartient au peuple … »
Nous pourrions alors veiller à ce que l’article 23 de cette même Constitution devienne enfin une réalité : « Chacun a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine.
À cette fin, la loi, le décret ou la règle visée à l'article 134 garantissent, en tenant compte des obligations correspondantes, les droits économiques, sociaux et culturels, et déterminent les conditions de leur exercice.
Ces droits comprennent notamment :
1° le droit au travail et au libre choix d'une activité professionnelle dans le cadre d'une politique générale de l'emploi, visant entre autres à assurer un niveau d'emploi aussi stable et élevé que possible, le droit à des conditions de travail et à une rémunération équitables, ainsi que le droit d'information, de consultation et de négociation collective ;
2° le droit à la sécurité sociale, à la protection de la santé et à l'aide sociale, médicale et juridique ;
3° le droit à un logement décent ;
4° le droit à la protection d'un environnement sain ;
5° le droit à l'épanouissement culturel et social »

Face à notre Constitution, nos gouvernants ne cessent d’opérer un coup d’État.
L’urgence … elle est pour AUJOURD’HUI !

Guy De Smet (14 avril 2016)


- 38 - VERS DES SEMAINES DE 45 HEURES ?

Nous aurions presque des raisons de redouter que nos ministres se retirent pour quelques jours dans un château et qu’ils se mettent à y réfléchir.
C’est pourtant ce qu’ils viennent de faire en s’enfermant à Val Duchesse.
Cette fois, il leur fallait trouver un peu plus de deux milliards, même si les chiffres évoluaient au gré des communications.
Heureusement, grâce aux attentats de Bruxelles, à moins que ce ne soit grâce au niveau 4 de la menace, la population n’a pas été trop attentive. Les coulisses de l’exploit ont été préservées et la critique n’a pas eu l’occasion de se déchainer.
Quoique, un récent sondage RTBF - La Libre Belgique nous procure des chiffres inquiétants, si du moins on savoure le pouvoir.
Les intentions de vote des citoyens se détournent en masse des partis au pouvoir.  De nombreux « petits partis » ont le vent en poupe, dont l’Extrême-Droite dans la Flandre de Bart De Wever.
Dans le même temps, des mouvements sociaux comme « Nuit debout » et d’autres sur les réseaux sociaux alimentent une opposition qui dépasse les frontières de la politique !
Nos ministres cherchent donc, une nouvelle fois de l’argent frais.
Ils tardent pourtant, avec un certain plaisir, à récolter la manne de près de 20 milliards que la Justice leur prépare suite aux affaires de fraude fiscale.
Seulement un peu plus de 1 milliard a ainsi été récupéré, jusqu’à présent.
Une lenteur qui en dit long !
Il y a ces « Lux Leaks » et autres « Panama papers », qui nous font découvrir des affaires dans lesquelles le pouvoir semble complice, tout comme l’Europe, pour avoir permis ce genre d’opération « en toute légalité ».
Il est vrai que les amis, cela se soigne !

Un nouveau conclave, donc, se penche sur notre mode de vie et sur l’état de nos finances personnelles, jugées trop florissantes.
Je ne voudrais, dans ce billet d’humeur, épingler qu’une mesure qui pourrait séduire les négociateurs.
Il s’agit de la mise en place de la flexibilité des horaires de travail.
Le travailleur pourrait connaître des semaines de 45 heures, même si, la moyenne des 38 heures sur l’année serait sauvegardée.
À cela s’ajouterait des quotas d’heures supplémentaires, dont on a oublié d’évoquer la fiscalité !
Les travailleurs pourraient donc voir leurs semaines dépendre du bon vouloir de leurs patrons : des semaines de 45 heures et d’autres, plus courtes.
Ce qui est consternant, c’est la motivation que Kris Peeters, notre pétillant ministre du travail, a émis : « Mieux gérer le rythme de production de l'entreprise et permettre un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée ».
La première raison, nous l’entendons, il s’agit de comprendre les entrepreneurs.
Ce nouveau cadeau s’ajoute à tant d’autres déjà, depuis plus d’un an.
Cela devait permettre une reprise de l’activité.
Cela devait être une aide à la compétitivité sur un marché qui ne reprend que timidement.
Cela devait aussi permettre d’investir et d’embaucher … mais là le citoyen ne voit rien venir, si ce n’est dans des proportions minimes.
On nous fait bien miroiter des chiffres du chômage à la baisse, mais on oublie, en même temps de nous indiquer les raisons de la manipulation de chiffres : les exclusions, les stages bidons. Pas question, non plus de la précarité des nouveaux emplois créés ! …
Les patrons wallons ont d’ailleurs annoncé la couleur, après avoir empoché les premières aides : pas question d’investir pour le moment et donc, pas question d’embaucher. Conjoncture et soif de bénéfices, quand vous vous imposez !
La deuxième raison nous parait plus sibylline.
Présenter cette mesure de flexibilité des horaires, comme un soutien à une vie de famille harmonieuse me parait pousser le bouchon un peu loin.
On nous avait déjà appris beaucoup de choses sur la vie de famille. Nous ne savions pas, par contre, que son existence se mesurait au rythme de spasmes.
Des moments intenses qui requièrent la présence de tous et d’autres, où parents et enfants pourraient bien vivre chacun de leur côté.
Il faut être issu d’un parti politique d’origine chrétienne pour pondre de telles âneries ?
Si une telle mesure se met en place, bonjour l’organisation de la vie de famille …
À espérer que le monde des crèches et de la garde des enfants s’adapte à un tel changement !
À espérer que les écoles adaptent les rythmes scolaires à la présence ou à l’absence des parents à la maison !
À espérer que les parents trouvent des solutions à l’accueil de leurs enfants en période de 45 heures !
À espérer que les banques, en attente de paiement de crédits, aient la même patience, les mois de moindres rentrées financières !
Il n’était pas nécessaire au ministre d’emballer sa mesure, qui sera impopulaire, dans les sucres d’une hypocrisie qui cache si mal son jeu.
Si une telle mesure se met en place, bonjour la gestion de la vie familiale.
Il y a souvent une maison à payer, des crédits à assumer, des factures à payer … cela demande un salaire régulier qui ne dépende pas de la fantaisie de rentabilité d’un patron.
Il y a les dépenses scolaires et extra-scolaires des enfants qui ne tolèrent aucun retard de paiement sous peine d’être privés de moments épanouissants.
Et nous pourrions détailler plus encore les contingences matérielles qui entourent un cocon familial. Je vous en ferai grâce !
Il est vrai que Monsieur Chastel nous a appris à distinguer ce que nous avons à payer et les salaires que nous recevons !
Il y a longtemps que nous avons compris que la vie de famille n’intéresse pas ce gouvernement, sinon il n’y aurait pas eu de saut d’index, de chasse aux chômeurs, de gel des salaires, de rage taxatoire injustifiée …
Il y a longtemps que nous ressentons que la vie d’une famille est bien éloignée des préoccupations des lois du marché, si chères à l’Europe.
La vie de famille, que le veuille ce gouvernement de la honte ou non, nécessite de la stabilité.
Les parents ont besoin d’une vie régulière qui leur permette de gérer un quotidien qui s’impose à eux, ce qu’ils doivent faire avec des moyens moindres que nos gouvernants ne leur ont pas encore confisqués.
Les parents, bien obligés de travailler, parce qu’ils n’ont pas les moyens de caser leur fortune au Panama, n’ont pas que leur emploi dans leur vie.
Pour beaucoup, le travail est un mal nécessaire qui leur permet de nouer les deux bouts.
Certes, les patrons aiment à dire aujourd’hui que leur entreprise est une « grande famille ».
Ils aiment rassembler leurs employés pour des excursions, des sorties, des repas, des stages … du temps pris sur une vie privée qu’ils ont mission d’assumer au mieux.
Les travailleurs ont déjà une famille… et cela leur suffit !
Une vie de famille, cela se construit au jour le jour. Le nombre de drames issus du divorce ou d’autre disfonctionnements familiaux sont suffisamment parlants que pour respecter ces liens sacrés.
Une vie de famille, cela demande du temps « régulier » pour se parler, pour s‘écouter, pour partager les émotions, les peurs et les joies du moment.
Une famille, c’est une alliance d’êtres fragiles qui ne se bousculent pas au nom d’impératifs économiques étrangers.
Les enfants, eux, ont besoin de leurs parents.
Ils ont besoin d’une présence régulière, d’un soutien, d’une oreille attentive.
Parmi nous, beaucoup ont eu le privilège de ne pas avoir dû traîner dans la rue après l’école, parce que les parents étaient absents. Il y avait quelqu’un à la maison qui les attendait, qui était là pour eux … un luxe, déjà, aujourd’hui !
Les enfants ont besoin d’aide pour vérifier leur fidélité scolaire ou pour soigner les maladies qui les affectent ou pour les protéger sur les réseaux sociaux : cela ne se fait pas sur rendez-vous, quand on a enfin un peu de temps !
Tout cela semble bien impossible quand une flexibilité d’horaires bouscule une vie familiale déjà mise à mal, aujourd’hui.
Allons-nous sacrifier sur l’autel de la compétitivité le seul lien fort qui unisse une société ?
Allons-nous rayer de la carte, au nom de courbes boursières, ces lieux affectifs précieux qui permettent à l’être humain d’exister ?
Allons-nous priver le travailleur de sa seule raison d’être : l’amour qu’il a choisi, les enfants qui font sa fierté, au nom d’un salaire qui sera de toute façon gelé, au nom d’un égoïsme qui ne fait la fortune que de quelques-uns ?
Ces choix délibérés ne sont-ils pas l’annonce d’un point de non-retour, qui permet d’écrire un slogan lu sur Facebook : « Peuple belge … soulève-toi … Le gouvernement se fout de nous. Arrêtez d’être des moutons !

Guy De Smet (9 avril 2016)


- 37 - NUIT DEBOUT

Depuis quelques années, notre société connait une crise profonde, aux conséquences financières et sociales impressionnantes.
Les autorités politiques « bricolent » des solutions, afin de garder la tête hors de l’eau, guidées en cela par les milieux financiers.
Elles vont de contrôles budgétaires en séances plénières, constatant sans cesse la même déprime.
Leur but est de faire redémarrer la machine économique, peu importe les dégâts collatéraux que cela entraîne.
C’est ainsi, qu’en ce moment, nous voyons le gouvernement Michel se débattre dans l’aménagement du temps de travail. Pour ce faire, il n’a que faire des revendications des travailleurs et des jeunes qui voudraient bien envisager leur avenir.
De toute façon, en cas de désaccord, sa police fera le reste !
L’important, ce sont les normes européennes et les diktats financiers qui dessinent les décisions !
45 heures par semaine, travail dominical, emplois précaires … des notions qu’ils manipulent avec facilité, oubliant que derrière ces impératifs se dessinent la vie d’êtres humains.
Le monde syndical, face à cela, fait ce qu’il peut, révélant la lourdeur d’une machinerie datant d’une autre époque et surtout d’une léthargie déroutante.
On le sent impuissant et silencieux, empêtré dans des missions qui semblent impossibles.
Nous sommes bien obligés de constater qu’aujourd’hui, qu’il baisse souvent l’échine face à l’arrogance indécente du monde patronal.
Son désamour auprès des travailleurs en est un signe troublant !
Parmi tous ces « négociateurs », peu de responsables se posent la question des limites de notre système économique et politique.
Le libéralisme ne serait-il pas arrivé au bout de sa course ?
Le clivage « gauche-droite » ne serait-il pas d’un autre temps ?
La loi du marché rencontre-t-elle encore les aspirations des simples citoyens ?
Le monde de la finance, l’Europe et ses grandes institutions de l’argent ne finissent-ils pas par ressembler à ces grenouilles qui veulent se faire plus grosse que le bœuf ?
Des économistes tirent la sonnette d’alarme, en nous prédisant une très prochaine crise économique, sans aucune comparaison avec celle dont nous souffrons aujourd’hui.
Non seulement, ils pointent du doigt une catastrophe de l’ampleur du réchauffement climatique, mais en plus, ils proposent des chemins nouveaux conduisant vers de nouvelles priorités pour construire une vraie existence.
Il faut bien reconnaître que peu de gouvernants en tiennent compte !
Irions-nous droit dans un mur, sans réagir ?

Cette réflexion ne concerne pas que notre petit pays.
Il y a eu le mouvement des « indignés », qui en Espagne a déjà vu l’arrivée au pouvoir d’un mouvement alternatif « Podemos ». Barcelone en a déjà vu les fruits !
D’autres, du même genre, ont essaimé un peu partout.
Il y a eu ce même mouvement en Grèce que les puissants de ce monde, voyant venir le danger, ont étouffé sous leurs impositions iniques. Jalousie du pouvoir !
Une bataille a été perdue … la finance gagnera-t-elle la guerre ?
En France … et depuis peu en Belgique … il aura fallu le projet de loi sur le changement du code du travail pour que la population, et plus particulièrement les jeunes, se réveillent.
La place de la République, à Paris, est devenue un haut-lieu d’une remise en cause profonde de la société.
Chaque nuit, elle est occupée par des centaines de jeunes, guidés par leur colère et par une soif insatiable de changement.
Ils s’y croisent, s’y rencontrent. On y fraternise, on y rêve.
Ils ont soif de dialogue, de changement, de fête … et surtout de perspectives.
Il est important que ce mouvement vienne des jeunes : ils sont l’avenir de la planète, plus que ces malades qui nous dirigent.
Ils en ont assez que quelques notables décident de leur sort et de leur avenir.
Ils en ont assez de ces lois iniques qui les condamnent à la précarité, pendant que d’autres se dorent au soleil.
Ils en ont assez d’un monde qui veut se construire sans eux.
Ils en ont assez de faire des études qui ne mènent nulle part.
Ils en ont marre de chercher des petits boulots pour survivre.
Ils n’en peuvent plus de n’être que des pions dans une course sordide vers la rentabilité et vers l’accroissement de la richesse de quelques fortunes.
Chaque soir, ils se réunissent pour des nuits de palabres et d’écoute.
Ils se sont donné des codes et des temps de paroles.
Ils se respectent et s’écoutent.
Ils font de la fraternité une urgence à déployer.
Ils rêvent leur monde, mais surtout, ils forment un mouvement social face auquel le pouvoir risque, un jour, d’être bien impuissant.
La démocratie participative est leur credo.
La solidarité et la justice sont leurs moteurs.
La réflexion, loin de tous les marchandages et de tous les compromis, est leur priorité.
Leur mouvement est apolitique. Ils ne supporteront aucune récupération en ce sens.
Ils ne croient d’ailleurs plus en la politique, qu’ils jugent vieillotte, dépassée et en proie à trop de compromissions.
Ce qui leur importe, c’est d’être, le plus vite possible, les acteurs d’une nouvelle société, dans laquelle domine enfin l’humain et ce qui contribue à son épanouissement.
Ils ont décidé de tout mettre à plat : l’école, l’université, l’économie, les impasses sociétales, les relations entre les hommes, les rapports à la nature, les modes de gestion de la Cité …
Pas de tabou.
Place à la créativité et à l’expression du plus grand nombre.
Ce qui en sortira, personne ne le sait.
Ce qui est source d’espérance, c’est qu’enfin, cela existe.
Enfin, des citoyens ont dit non aux décisions politiques qui les asservissent.
Enfin, des citoyens ont laissé là les magouilles et les désirs de domination qui dirigent nos sociétés vieillissantes.
Enfin, des jeunes ont décidé de prendre leur avenir en mains. Ils n’ont pas besoin que d’autres s’en chargent.
C’est un mouvement plein d’espérance qui a vu le jour. J’ose croire qu’il deviendra contagieux et qu’il remettra les pendules à l’heure pour faire avancer le monde dans la bonne direction.

« Nuit debout » n’est pas sans rappeler mai 68, avec toutes les conséquences qu’il a généré dans sa foulée.
Le monde politique a vacillé, tout comme la hiérarchie des valeurs.
Le visage de la société a changé, laissant le soleil de la liberté et de la nouveauté l’inonder.
Une nouvelle manière d’être homme, dégagée de contraintes d’un autre siècle, a permis à l’être humain d’écrire des pages d’une Histoire dépoussiérée.
Ce fut un grand moment dans l’évolution du monde occidental, au lendemain des crises créées par les guerres successives.
Charles De gaulle, l’inébranlable, s’en est allé, dépassé par ces aspirations à un monde nouveau plus libre et moins hypocrite.
Certes, les enjeux sont différents, mais la dynamique reste la même.

Aujourd’hui, ce mouvement de « contestation positive » semble renaître, poussé par d’autres soucis et par d’autres réalités.
Les jeunes ne veulent plus de ce monde dirigé par l’empire des banques.
Ils ne veulent plus de ce monde politique sclérosé qui ne les entend même plus dans leurs prises de décisions.
Ils n’en peuvent plus d’être privés d’un envol dans la vie, au nom de freins sociaux, engendrés par des priorités boursières, de compétitivité et de rentabilité.
Ils ne veulent plus de ces écoles et de ces universités qui soient des portes ouvertes au chômage.
Ils ne veulent plus d’une société dans laquelle, il n’y a pas de place pour eux !
J’ose espérer que ce mouvement fera tache d’huile dans tous les secteurs de la vie de la société et aussi dans nos manières de créer l’humanité.
Pourquoi pas une Justice, des Églises, des entreprises, des parlements, des partenaires sociaux qui décident de vivre « debout » ?
Ce mouvement « Nuit debout » est un réel cadeau que les jeunes font à notre vieux monde en crise.
Chapeau, les jeunes !
Il n’est plus possible de poursuivre les mêmes dérives qui conduisent à la misère et à l’injustice.
Il n’est plus possible de s’enfermer dans des conservatismes qui tuent.
Il n’est plus possible d’oublier que l’Amour est la seule valeur qui change un monde.
Il n’est plus possible de laisser les marchands d’armes et les pollueurs invétérés détruire une planète et une humanité au nom d’égoïsmes et d’arrogances immondes.
Il faut se réunir, échanger, s’accorder sur la constitution d’un nouveau monde.
Il faut rêver ce monde et faire qu’il se réalise, avec au cœur ces mots d’un président des États-Unis : « Yes, we can ».
Ne jugeons pas trop vite, en imaginant que cela passera. L’horloge du temps s’imposera à nouveau, avec ses rythmes et ses échecs ? J’ose à peine l’imaginer !
La pensée dont l’homme est capable, quand il décide de s’asseoir, peut engendrer de grands changements.
Elle n’est jamais stérile et elle finit toujours par gagner !
Partis traditionnels, politiques d’un autre temps, institutions d’un autre âge … souvenez-vous de mai 68 et commencez à trembler : vos jours sont peut-être comptés et je m’en réjouis !

Guy De Smet (8 avril 2016)


- 36 - LETTRE OUVERTE AUX RICHES

Il vous était déjà difficile de passer par le trou d’une aiguille pour entrer dans le Royaume de Dieu, écrivait l’auteur de l’Évangile.
Il vous est impossible d’échapper à mon mépris, après les révélations des « Panama Papers ».
Vous vivez dans des quartiers qui en jettent plein la vue.
Vous vous cachez derrière les portes blindées de fortunes, dont il est préférable d’ignorer l’origine.
Vos voitures, vos moyens d’expression et de communication, le « bling bling » qui vous entoure sont comme autant de masques qui camouflent vos visages défigurés par votre égoïsme et par vos lâchetés.
Vos parfums, vos odeurs sont aussi irrespirables que l’air de vos poubelles et de vos charniers.
Vos poignées de main sont un coup de couteau dans nos faiblesses.
Votre médiocrité est à la hauteur du mirage parasite que vous représentez.
Bref, vous me dégoûtez.
Vos noms viennent d’être livrés en pâture suite à une enquête de journalistes qui, comme moi, vous soupçonnaient de malhonnêteté et d’injustice.
Le soleil du Panama et d’autres lieux idylliques étaient vos repaires de pirates et de mafieux.
Vous ne valez guère mieux que le vulgaire voleur qui s’en prend à nos biens ou à ces djihadistes qui tuent par idéologie.
Votre regard et votre vie ressemblent à ceux d’Abdeslam ou de Couachy.
Vous n’êtes que de piètres "djihadistes financiers" assoiffés de gloire à n’importe quel prix, cachés pudiquement derrière le confort d’une loi qui vous serait favorable.
Vous avez bénéficié de la complicité d’États, de structures politiques, de banques, de l’Europe même qui vient d’être démasquée comme étant l’un de vos soutiens.
Vous avez aidé à l’organisation d’une crise économique et financière qui ne pouvait que vous engendrer des profits.
Vous nous avez parlé de la crise, du haut de vos statuts de commandeurs d’entreprises.
Vous avez réclamé des aides.
Vous avez imposé des restrictions.
Vous avez délocalisé, licencié au gré de vos avantages et des marchés économiques que vous dominiez.
Vous avez exploité des esclaves du Tiers-Monde pour être vos petites mains au service de vos comptes en banque et de vos vies faciles.
Vos valets politiques sont bien silencieux et bien seuls aujourd’hui, face au désastre annoncé. Seraient-ils donc complices … et à quel prix ?
Vous aviez donné vos instructions pour remédier à la crise : toucher à la vie des travailleurs, oui … à vos richesses, non.
Pour appuyer vos recommandations, vous n’avez pas hésité à user du chantage.
Il fallait s’en prendre aux avantages des travailleurs : pourquoi offrir un âge intéressant de retraite, alors qu’il faut faire fructifier votre argent ?
Pourquoi proposer des soins de santé accessibles, alors que demain la machine pourrait remplacer l’homme ?
Pourquoi tolérer l’existence des chômeurs. Ils ne sont que des oisifs dans vos projets ?
Pourquoi donner aux jeunes l’horizon d’un avenir, alors qu’ils vous conviennent tellement mieux en marionnettes à manipuler : un CDI quand vous l’aurez décidé !
Pourquoi accorder un salaire décent et une durée de travail compatible avec une vie de famille … ces avantages vous sont réservés ?
Pourquoi des congés, des vacances ou un repos dominical : ce n’est que du temps perdu dans votre quête de performance et puis, ces concepts vous vont tellement comme un gant !
Pendant ce temps-là, vous avez magouillé en sous-main.
Vous avez volé les États qui vous ont vu naître et qui aident vos activités.
Leurs responsables cherchent à boucher une dette qui vous permet de spéculer. Vous, vous engrangez le produit de vos larcins, impunément.
Certains d’entre vous poussent le cynisme jusqu’à venir nous narguer sous nos propres fenêtres.
Notre pays est votre paradis fiscal, dont vous nous ne laissez que les miettes d’un enfer.
Vous laissez le travailleur se plier à l’impôt, pendant que vous n’en payez pas une once … et cela ne vous dérange pas. Il est vrai qu’il vous faudrait une conscience pour ça !
Vous vous pavanez dans un égoïsme qui vous rend propriétaire des richesses du monde, pendant que d’autres crèvent de faim et de misère … à cause de vous !
Les armes, l’alcool ou d’autres ordures que vous vendez sèment la désolation, là où, demain, vous espérez bien agrandir vos empires de pourriture et stupre.
Vous êtes pour nous un ennemi aussi foudroyant que l’État islamique. Les dégâts que vous occasionnez sont aussi impressionnants que la destruction de villes comme Alep, en Syrie.
Vous êtes de vulgaires criminels de guerre, vivant au-dessus de la raison d’être des lois.
Vos forfaits mériteront peut-être demain, la reconnaissance de décorations qu’un certain pourvoir corrompu et complice se plaira à vous octroyer.
Vos « redressements » fiscaux éventuels viendront se perdent parmi les autres milliards volés, déjà découverts, sans que justice ne soit faite. L’opinion publique oubliera vite, prise qu’elle est dans le tourbillon d’une actualité qui change.
Vos visages sont pour nous des insultes vivantes.
Vos existences n’ont à nos yeux aucun intérêt : que votre argent malhonnête vous pourrisse dans la main et salisse à jamais votre image de marque qui vous est si précieuse.
Un jour viendra, comme pour tout citoyen, où il vous faudra rendre des comptes.
Ne comptez-pas sur nous pour nous apitoyer sur votre sort.
La Justice, celle de Dieu, de la nature ou des hommes, aura bien un jour le dernier mot !

Guy De Smet (7 avril 2016)


- 35 - DÉFAILLANT ?

Charles Michel, notre Premier-Ministre, fidèle à sa politique de l’autruche et armé de la méthode Pavlov, qui lui est habituelle, a rencontré la presse internationale.
Affublé d’un costume aussi étriqué que son discours et que ses mensonges, il l’a fait au lendemain des attentats de Bruxelles, la conscience en paix et avec au cœur la certitude d’un travail bien fait.
On croit rêver !
Il a entendu, comme toute le monde, les récentes critiques, relayées par les médias internationaux, concernant le « laxisme et le surréalisme à la belge ».
Il a mal digéré l’image écornée de la Belgique, persiflée par tous, pour son incapacité et pour la faillite de sa gestion.
C’est donc un Premier-Ministre, tel un chevalier blanc, que nous retrouvons pour défendre sa politique. Il le fera avec volontarisme et l’arrogance d’un clown triste qui ne convainc personne.
« Je ne peux pas accepter l'idée qu'il y aurait un État défaillant » affirme-t-il en réponses à celles et à ceux qui n’hésitent pas à mettre notre pays en cause, suite aux attentats de Paris.
Il se met alors à comparer l’incomparable : « Il a fallu "quelques mois" à la Belgique pour arrêter Salah Abdeslam, le suspect-clé de ces attaques. Pour arrêter Ben Laden, on a mis dix ans ».
Les États-Unis sauront apprécier !
Il a alors vanté le « réveil belge » : la Belgique aurait condamné une centaine de personnes dans des dossiers terroristes en 2015. « Un état défaillant ne serait pas en situation », conclut-il.
Les victimes auraient préféré un réveil plus hâtif !
Face au reste de son "bavardage", j’ai cessé d’écouter en me disant au fond de moi-même : Pauvre type !
Comment fera-t-il avaler cela aux victimes du Bataclan ou à celles des terrasses parisiennes ?
Comment fera-t-il avaler cela aux « abandonnés » des attentats de Bruxelles qui ont été livrés à eux-mêmes pendant de longs instants, avant de pouvoir comprendre ce dont ils étaient la proie ?
Comment le fera-t-il avaler aux familles des victimes des assassinats lâches de Bruxelles, pour qui la défaillance est devenue une place vide à leurs côtés ?
Comment le fera-t-il avaler aux voisins d’Abdeslam, ignorant qu’ils vivaient depuis décembre à côté d’un individu dangereux, alors que la police le savait ?
Comment le fera-t-il avaler à ceux qui ont entendu les propos de Jan Jambon qui se sont avérés être des mensonges éhontés.
C’est bien à un « attentat sécuritaire » que s’est livré ce gouvernement !
Face à un tel aplomb, il me semble nécessaire de nous rafraîchir la mémoire et de faire le tour de quelques pièces de la maison Belgique, pour découvrir l’état des lieux et de juger de la « défaillance », dont est victime notre pays.

  • C’est bien de Belgique que venaient les différents acteurs du terrorisme qui a frappé l’Europe, ces dernières années.

Des années de laxisme politique – tous bords confondus et le parti libéral chaque fois partie prenante de la coalition – ont permis la création d’ilots de pauvreté et d’islamisation. Molenbeek, Schaerbeek, et tant d’autres quartiers de nos villes sont devenus des « jungles ».
Moureau, certes, mais la bourgmestre molenkeekoise actuelle aussi, au pouvoir depuis 5 ans !
Pendant longtemps, ils ont été considérés comme des lieux où se développait « la richesse des différences culturelles ».
Pendant des années, ils vont vu éclore des mosquées, comme autant de lieux qui allaient s’avérer être des bombes potentielles d’un radicalisme incontrôlé.
Crise aidant, ils sont devenus des lieux qui font peur, des lieux pointés du doigt pour étayer un racisme primaire.
Nous y découvrons une police qui sait, qui fiche … et qui laisse faire.
Elle répondra qu’elle gère : nous en avons vu le résultat : Paris, Bruxelles et demain ?
Pour défendre cette police, je dirais qu’elle ne peut faire qu’avec les moyens qu’on lui laisse et avec les restructurations qu’on lui improvise.

  • C’est bien en Belgique que nous trouvons un roi en thalassothérapie, pendant que les Bruxellois sont confinés chez eux … le tout avec la bénédiction du gouvernement.

Certes, le couple royal fut bien présent au lendemain des attentats de Bruxelles, mais cela cache quoi ?
Une leçon retenue ou un écran de fumée pour cacher la gestion gouvernementale, ses contradictions et ses mensonges ?

  • C’est bien en Belgique que nous assistons à une piètre communication des forces de sécurité, tout en appelant à une concertation européenne. Et si nous commencions déjà chez nous ?

Pas grand-chose ne semble avoir évolué depuis l’affaire Dutroux : des systèmes de communications qui sont en panne, des informations qui ne circulent pas, des libérations de suspects qui s’avèrent être des personnages dangereux …

  • C’est bien en Belgique, qu’une manifestation contre la peur fut interdite à Bruxelles, « faute de personnel pour l’encadrer ».

Le moindre psychologue insistera sur l’importance de la Parole, sur l’importance de rassemblements dans de telles circonstances.
Chez nous c’est impossible, parce que les forces de l’ordre sont trop peu nombreuses. Il est vrai que le Ministre de l’Intérieur venait de transférer des agents de Bruxelles-National vers la frontière à Adinkerke, où le miel coule plus que le sang des migrants potentiels.
Et nous pourrions ajouter tant de disfonctionnements de l’État face au terrorisme, entre autres … Mais à part ça, tout va très bien, Madame la Marquise !
Il est des jours, où il est préférable de se taire que de se lancer dans des discours lénifiants : rien n’excusera jamais autant de laxisme et autant d’incompétence !
Aucune explication ne servira de consolation aux morts des « sacrifiés » d’un terrorisme qu’on a laissé se développer.

Mais il n’y a pas que dans ce domaine de la sécurité que la gestion de notre pays s’avère « défaillante ».

  • Nous pourrions évoquer « l’attentat social » perpétré par le gouvernement Michel.

Il a conduit à l’appauvrissement de la population appelée à faire des efforts, pendant que les gestionnaires du Capital se remplissaient les poches, parfois même de manière frauduleuse.
L’austérité aura été un credo imposé par l’Europe, cette pieuvre du mal, qui ne cesse de nous encombrer.
Il aura été préférable de sacrifier l’humain sur l’autel de la finance … pour le plus grand bonheur des banques qui ne cessent de traiter leurs clients avec mépris …
Pour le bonheur du monde de l’entreprise qui reçoit des aides, sans aucune contrepartie, pas même un emploi sérieux.
Des hommes et des femmes se seront vu amputés de moyens d’existence au nom d’un saut d’index et d’un gel des salaires injustifiés, si ce ne sont les critères européens et l’importance des marchés.
Des hommes et des femmes se sont vu retirés des avantages pour lesquels ils avaient lutté et économisé toute leur vie, au nom de leur dignité, pendant que d’autres contournent le fisc en toute légalité ou se pavanent sous le soleil de Panama, sans aucune inquiétude à se faire.
Des hommes et des femmes se voient confinés dans des emplois précaires ou dans des exclusions scandaleuses, comme les chômeurs. Ils sont devenus des « travailleurs pauvres », incapables de vivre de leur travail. Cela ne semble pas déranger les autorités, en quête, chaque jour, de nouvelles sanctions.

  • Nous pourrions évoquer « l’attentat financier » exercé sur les Belges.

À chaque fois qu’un ministre se met à réfléchir, il manque des milliards au budget. Prévisions trop optimistes, magouilles qui nous dépassent …
À chaque fois aussi, c’est vers le portefeuille des mêmes citoyens que l’attention de nos édiles se tournent : le vôtre, le mien, surtout si vous n’êtes que des travailleurs ou des petits indépendants.
Taxes, taxes, taxes, cela semble être le refrain préféré de nos ministres, au point de faire de notre pays un des états où le citoyen est le plus taxé.
Le tout ne servant qu’à combler une dette dont nous serions responsables et que nous n’aurions pas le droit de transmettre aux générations suivantes.
À moins que des enjeux plus sournois ne forment un nid douillet pour une dette qui n’est pas perdue pour tout le monde.
Notre pouvoir d’achat diminue, pas toujours au nom de l’augmentation du prix des denrées, mais plutôt suite à l’accumulation de taxes indirectes. Le carburant en est une belle illustration !
S’en plaindre ne nous est pas autorisé, sans quoi, le Ministre de l’Intérieur enverra sa police, comme il vient de le faire face aux revendications des transporteurs. N’importe quelle dictature est capable de nous offrir le même spectacle navrant. Tien-Allmen serait-il devenu un nouveau faubourg de la Belgique ?
L’écoute, non … la force, oui !
Leur devise est simple : « Paie et tais-toi ! »
N’empêche que la Belgique est devenue un paradis fiscal pour quelques exilés français, entre autres, alors qu’elle est un enfer pour les simples citoyens qui travaillent.

  • Nous pourrions évoquer « l’attentat raciste » que commet notre pays au quotidien face aux migrants.

Certes, nous ne pouvons accueillir la misère du monde …
Certes une crise économique et sociale s’est abattue sur nos concitoyens …
Cela n’autorise pas le mépris affiché par Monsieur Francken ou encore par le Ministre de l’Intérieur.
Nous nous souviendrons longtemps, au moins jusqu’aux prochaines élections, des conditions d’accueil du parc Maximilien ou des places trop peu nombreuses dans un bâtiment d’État.
Nous nous souviendrons des manques de moyens mis à la disposition de la Croix-Rouge pour pouvoir assurer un accueil décent.
Nous nous souviendrons des lettres invitant les migrants à ne pas venir chez nous.
Nous nous souviendrons des impositions dictatoriales qui ont remplacé le dialogue avec les autorités locales, quant à l’attribution de quotas de migrants.
Nous nous souviendrons de la noirceur de l’affirmation de quotas, là où un peu d’humanité aurait été de mise.
Nous nous souviendrons de l’irresponsabilité de ces ministres et de ces partis au pouvoir, qui face au drame humain, n’avaient qu’un discours à la bouche … ce n’est pas moi, ce sont les autres !

  • Nous pourrions évoquer « l’attentat structurel » dans lequel ce gouvernement ne cesse de se complaire.

Deux faits simplement : un Premier-Ministre qui ne doit sa fonction qu’à un peu plus de 9 % de l’électorat et au bon plaisir d’une belle-mère anversoise, soucieuse de ne pas endosser les responsabilités, est-ce cela un prix Nobel de démocratie ?
Des arrangements en cabinet restreint en repoussant des obligations parlementaires, seule instance souveraine dans ce pays, est-ce si démocratique ?
Un deuxième fait, je veux le voir dans la gestion des tunnels bruxellois.
Est-il bien sérieux de vanter les mérites d’une réforme de l’État qui a permis une telle cacophonie ?
On ne compte plus les instances communales, régionales, fédérales qui seraient des acteurs de ce disfonctionnement.
La seule chose qui est sûre, c’est que rouler dans la capitale du pays est devenu un cauchemar pour plus d’un automobiliste … tout comme rouler sur les routes pour y accéder.
Le Maestro serait-il devenu le chef d’un orchestre qui manquerait d’instruments et de virtuoses ?
Serait-il devenu le gestionnaire d’un fédéralisme qui court à sa ruine ?
Il suffit que les responsables soient de sensibilités politiques différentes, pour que tout un pays soit bloqué !

  • Nous pourrions évoquer « l’attentat sur les soins de santé », devenus inaccessibles à certains et tant d’autres domaines qui font le quotidien des Belges et qui sont des échecs tonitruants…mais à quoi bon !

Ce qui est assourdissant dans ce pays, c’est que le peuple vit la défaillance de l’État au quotidien dans tellement d’aspects de son vécu et que le premier d’entre eux ne s’en rend même pas compte.
J’ose espérer que son discours et son optimisme ne sont motivés que par des raisons bassement électorales.
Sans quoi, la rondeur de ses lunettes ne serait qu’un écran pour une bêtise qui semble lui coller à la peau.
Il ne s’agit pas là d’une critique politicienne.
Il ne s’agit pas là d’un populisme ou d’un poujadisme qui exploiterait la misère du peuple.
Il s’agit là d’une colère face à ce que nous subissons au fil de nos journées, depuis un peu plus d’un an.
Il y a des jours où la démission n’est plus une option, mais une obligation éthique !
Mais où est l’éthique dans la conscience de ceux qui nous dirigent ?

Guy De Smet (7 avril 2016)


- 34 - LES EFFETS D’UNE TAXE

Depuis quelques jours s’installe en Belgique un mouvement de grogne d’une profession.
Elle suscite des réactions et des commentaires en tous genres.
Il s’agit de la taxe kilométrique, venue remplacer un forfait que payaient déjà les transporteurs.
Tout aurait été tout seul, s’il n’y avait pas eu l’Europe et son diktat de la finance et de l’argent.
Austérité, restreindre, sanctionner, appauvrir, ce sont là quelques mots clés qui dirigent les décisions de ces parasites fainéants qui dirigent cette institution.
À leurs valets nationaux, c’est-à-dire les gouvernements fédéraux et régionaux que nous avons élus, de se charger de la sale besogne … et de mettre en œuvre la rage taxatoire.
Depuis le 1 avril, cette taxe kilométrique est donc entrée en vigueur, dans un climat d’improvisation totale.
Des appareils qui ne fonctionnent pas et qui ne sont même pas communs à toute l’Europe.
Des satellites qui ne captent pas les trajets.
Des factures illisibles.
Des terrains privés qui sont considérés comme des routes d’état … une cacophonie surréaliste !
Résultat, rien ne roule plus au Royaume de Belgique !

Les victimes de ce jeu de dupes ont des visages bien différents : ce sont les petits patrons qui font rouler quelques camions et qui se verront, demain, dans l’obligation de déposer le bilan.
Ce sont les automobilistes et tous ceux qui empruntent les routes et qui sont confrontés à un chaos inimaginable.
Ce sont les consommateurs, vous et moi, qui demain verront les prix augmenter, à cause de la répercussion de cette taxe nouvelle.
C’est tout un pays qui voit poindre le spectre de pénuries dans les magasins et dans les stations d’essence.
Le monde politique s’insurge : comment peut-on mettre en question leurs décisions, même s’ils acceptent la mise en place de certaines adaptations ?
Le monde politique minimise, relayé par les médias : cette taxe coûte moins cher qu’ailleurs, l’impact ne peut donc être conséquent !
Les organisations syndicales se taisent dans toutes les langues : il est toujours dérangeant de devoir constater que d’autres osent ce qu’eux n’osent pas.
Bref, le Belge râle !
Il en est bien ainsi quand la solidarité est balayée par l’individualisme !

À travers cette action, je ressens un raz-le bol qui s’installe dans la population, auprès de celles et de ceux qui osent entreprendre, auprès de celles et de ceux qui voient leur emploi en péril. Il dépasse tous les clivages politiques !
Comme tous les automobilistes, les Belges sont pressurisés et écrasés par des taxes qui s’accumulent pour se perdre dans le gouffre de la dette de l’État et des régions.
Chaque automobiliste, depuis le jour où il a pris possession de sa voiture, est noyé sous un cumul de taxes en tous genres : achat, carburant, entretiens, pièces de rechange, euro vignette pour certains, taxes kilométriques pour d’autres … et les routes belges ressemblent toujours à un gruyère.
Tant de taxes et une débauche de travaux sensés réparer les impossibilités ou les négligences ou les pots de vins du passé … d’autres freins au roulage serein !
À tout cela s’ajoute aujourd’hui, une possible augmentation des prix à la consommation : il faut bien répercuter cette taxe à quelqu’un !
Elle intervient après un gel des salaires, un saut d’index, des exclusions, des délocalisations, un taux de chômage abyssal … pendant que d’autres rêvent sous le soleil de Panama ou d’autres nids de bonheur de la finance.
Aujourd’hui, c’est le citoyen, vous et moi, qui a des raisons d’en avoir assez … et là ce mouvement des transporteurs tombent à pic !
Leur cible est double : aller au finish, d’une part et bloquer le pays, d’autre part.
Il est temps de faire comprendre à ceux qui nous dirigent que les normes peu démocratiques de l’Europe, cela suffit !
Il est temps de faire comprendre à ceux qui nous dirigent qu’une société a besoin d’autre chose qu’un plan de taxes pour subsister. Un projet humain ne serait pas du luxe !
Il est temps de faire comprendre à nos gouvernants que le citoyen existe en-dehors des périodes électorales et qu’il imposera sa voix, s’ils refusent de l’entendre.
Certes, un tel mouvement dérange !
Certes, il change nos habitudes et nos priorités !
Certes, il risque de nous faire connaître une période de disette !
C’est hélas, la seule manière de se faire entendre dans ce pays. Les politiciens décident et nous subissons … sans en voir les résultats : ça suffit !

Les décisions de nos gouvernements ont d’abord vidé nos portefeuilles et nos maigres réserves, pour satisfaire le monde du capital.
Aujourd’hui, leur mode de gestion de l’État risque de vider nos moyens d’existence : magasins, stations-services …
Pour éclairer la population, il aura fallu recourir au blocage des frontières.
Pour se faire entendre et pour crier son désarroi, il aura fallu recourir à des extrêmes qui sont comme autant de sonnettes d’alarme sur l’état du pays.
Puisque la misère de l’homme, du chômeur, du migrant n’a pas pu nous émouvoir, au point de pousser nos gouvernants à la réflexion, peut-être que les restrictions de nos possibilités de consommation due à des magasins vides, saura nous faire devenir des citoyens DEBOUT.
Nous n’avons pas pu vibrer au rythme des files de migrants ou d’exclus du chômage, nous laisserons-nous interpeller par les fils en quête de carburant ou de produits de première nécessité ?
Quand serons-nous assez adultes que pour ne pas nous laisser manipuler par le monde politique et financier ?
Je dis tout mon soutien au mouvement des routiers.
M … à l’Europe et à ses eurocrates inconscients tout comme à ces gouvernements qui nous font honte.

Guy De Smet (6 avril 2016)


- 33 - VENDUS POUR TRENTE DENIERS

Trente deniers, c’était la somme pour laquelle Judas allait livrer Jésus, son ami, à la mort.
Les Chrétiens viennent de commémorer cet événement au cours de la Semaine sainte.
Ce marchandage immonde, il est de tous les temps de tous les systèmes.
Dans nos régions, guidées par le libéralisme, chaque jour, nous pouvons suivre les traces de méfaits semblables.
L’homme est sacrifié sur l’autel de l’argent, avec la bénédiction de tous les assoiffés de pouvoir de la planète : l’Europe, le FMI, les banques, le grand Capital et leurs valets politiques.
Les victimes se comptent par millions, sillonnant les allées de désespoir du monde, les yeux aveuglés par les portes qui se ferment et par les horizons bouchés et sans avenir.

La dernière tractation de ce genre qui fait honte à la conscience de l’humanité, nous la trouvons dans un accord en neuf points entre l’Union européenne et la Turquie.
Le but affiché de la négociation entre les deux parties est de lutter contre le trafic des passeurs et, ainsi, de protéger la vie des migrants.

  • Il sera désormais prévu de renvoyer tous les migrants, arrivés en Grèce, en situation irrégulière. Pour eux, ce sera le retour inconditionnel vers la Turquie qui s’engage à les recevoir dans des camps de fortune.
Pour ce faire, une administration tatillonne sera mise en place, dont l’objectif sera de faire le tri entre ceux qui ont des raisons de demander l’asile et ceux qui ne l’auraient pas.
  • Comme s’il s’agissait d’une prime, pour chaque citoyen syrien renvoyé vers la Turquie, un autre aura le droit de venir s’installer en Europe, selon les modalités qu’elle aura prévues.
Cela se fera selon des calculs d’apothicaires, dont ces nouveaux marchands de chair humaine et de quotas ont le secret.
  • Les points 3 et 4 de l’accord envisagent de lutter, ensemble, avec force contre l’immigration irrégulière, sans tenir compte un seul instant de la détresse qui pousse ces femmes, ces hommes et ses enfants à tout quitter pour enfin trouver une vie.
Pourquoi une immigration serait-elle régulière pendant que des fonctionnaires auraient décidé qu’une autre ne l’est pas ?
Aurions-nous inventé un top 50 des critères de la misère ?
  • Les paragraphes suivants de l’accord se félicitent des liens retrouvés entre les deux parties.
Ils envisagent aussi les montants des monnaies d’échange. Ils sont indicateurs de la valeur de l’existence d’un homme !
On se croirait au marché aux bestiaux, à l’heure de la conclusion des ventes.
  • Sur ce nid de mépris humain, chacun se félicite de la progression des démarches d’adhésion de la Turquie, peu importe son niveau économique et social, peu importe aussi son attention aux droits élémentaires de l’homme.
  • Enfin dans un dernier codicille, l’Europe et la Turquie s’engagent, du bout des lèvres, à travailler à une amélioration des conditions de vie et de sécurité de la Syrie, sans qu’aucun lien n’existe avec le pouvoir en place dans ce pays. Il faut se donner les moyens d’une bonne conscience à bon compte !
Certains liront dans cet accord un progrès.
Désormais la vie des migrants sera protégée, à moins qu’elle ne soit enfermée dans l’enfer de camps sans espoir et sans avenir et dans une stigmatisation qui ne restera qu’à leur faire sentir. D’autres se verront expulsés vers les rives du désespoir qu’ils cherchaient à quitter.
Personnellement, je veux y lire un retour de Judas.
Peu importe qui a créé les conditions de non-vie et de non-droits qui ont poussé des hommes à quitter les ruines et la détresse qui fait leur quotidien.
Peu importe le commerce des armes dans lequel nous excellons et qui sème la terreur dans ces régions détruites de Syrie et d’ailleurs.
Peu importe l’exploitation occidentale et le pillage opéré par les nations riches sur les ressources naturelles des pays pauvres.
Peu importe la guerre, la destruction, les ruines, la famine, les camps …
Ce qui importe pour les dirigeants occidentaux et pour l’Europe, c’est de ne pas être envahis par la misère des autres qui ferait de l’ombre à leur soif de développement financier et économique.
Ce qui importe, c’est de se donner bonne conscience en accueillant quelques migrants que nous utiliserons, comme le fait l’Allemagne pour des petits boulots à un euro de l’heure.
Ce qui importe, c’est de combler les vides juridiques créés par des traités irréfléchis et partisans comme celui de Schengen … cette aberration dont nos pays ne cessent de payer les conséquences.
L’Europe, usurpatrice d’un Prix Nobel de la paix, fait alliance avec les ténèbres de la Turquie, dont l’islamisation et le mépris des droits de l’homme sont une réalité vécue au quotidien par les Turcs.
Elle nous avait déjà habitués à ce genre de comportement à travers ses rapports privilégiés avec Israël, avec la Chine ou encore avec les États arabes, producteurs de pétrole, comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite.
L’Europe de Juncker semble être tombée bien bas, faisant de sa conscience un dépotoir mafieux dont elle semble avoir le secret.

Syrien mon frère, toi qui auras la chance de venir vivre chez nous, sache que notre accueil restera amer.
Pour que tu puisses vivre chez nous et te reconstruire, il aura fallu sacrifier un humain, victime comme toi de l’égoïsme des hommes.
Tu auras été le bénéficiaire de la perversité d’un système !
Europe, mon cauchemar, jusqu’à quand resteras-tu ce projet d’injustice qui sème la mort et l’humiliation sur son passage ?

Guy De Smet (5 avril 2016)


- 32 - LES DROITS ET LES DEVOIRS

Notre société, dans un souci de probité, aime, aujourd’hui, insister sur les droits et les devoirs des citoyens.
Ce faisant – ce qui pourrait sembler être une bonne chose – nos responsables politiques donnent priorité aux « devoirs » qui semblent avoir été les grands oubliés des dernières décennies.
Les chantres de ces droits et de ces devoirs (surtout les devoirs !), nous les trouvons, en masse, dans le gouvernement Michel, où ils ont l’air de profiter d’un système qui leur convient.

Le ministre Borsus, chargé de l’intégration sociale, est un de ces sinistres porte-paroles d’une politique des « devoirs ».
Il s’adresse aux bénéficiaires du RIS (Revenu d’intégration sociale).
À partir du 1 septembre prochain, ils devront signer un PIIS (Projet individualisé d’intégration sociale).
À travers ce document, CPAS et bénéficiaires du RIS seront liés dans leur marche vers une réintégration sociale : « Le but de la réforme est très clairement de soutenir l'intégration sociale et l'insertion professionnelle des bénéficiaires d'un RIS, mais aussi de les responsabiliser ».
Le cabinet du ministre d’ajouter : « En effet, un PIIS est à la fois un instrument d'accompagnement et de suivi "sur mesure" mais également un réel contrat avec des droits et des devoirs qui incombent aux deux parties. »

Tout cela semble presque trop beau pour être vrai. Mais peut-on justifier un attentat social ?
Cette nouvelle mesure du gouvernement Michel n’indique pas le contenu des droits, ni les modalités de l’accompagnement … ce qui laisse la porte ouverte à toutes les dérives souvent proches de l’esclavage.
Il parle d’intégration, de responsabiliser … mais face à quel menu d’emplois disponibles ?
À moins qu’il ne s’agisse de ces formations qui ne mènent nulle part ou encore de ces emplois précaires dont ils ont le secret et qui créent ce nouveau concept, importé d’Allemagne, du « travailleur pauvre ».
Cette nouvelle mesure n’indique pas le personnel qui sera déployé pour exercer cette nouvelle charge, ni le budget disponible auprès des CPAS pour s’acquitter de cette tâche.
Par contre, le projet de loi s’étend longuement sur « la gradation des sanctions ». 
Il s’agit là d’un maillon important de l’accord immonde qui a permis la création de ce gouvernement.

Dans ce projet, pas un mot sur l’identité de ces bénéficiaires du RIS. La seule chose que l’on sait, c’est qu’en 2015, le nombre a augmenté de 12,5 %, notamment en raison de l’augmentation du chiffre des exclus du chômage.
Ce sont des jeunes, sans expérience, que personne n’engage et qui ont fini par perdre le goût du travail.
Ce sont des femmes, maillon faible de la chaîne du travail, en qui le patron voit un risque plus souvent qu’une chance. L’égalité, ce sera pour plus tard !
Ce sont de plus âgés, victimes de délocalisations et de plans sociaux sordides. Leur profil et leurs compétences ne leur permettent plus d’occuper une place dans la course à la rentabilité et à la compétitivité, deux piliers de la société libérale !
Ce sont des hommes et des femmes à qui la chance n’a pas souri et pour qui la société n’a même pas quelques miettes à offrir.
Ce sont des êtres humains, sacrifiés sur l’autel de la rentabilité et de la soif de bénéfices, ces charniers néolibéraux que nous ne pouvons que déplorer.
Pour eux, il n’y a pas d’emploi, sans quoi ils l’auraient peut-être trouvé.
Pour eux, il n’y a pas de CV attractif, la vie n’aura été souvent qu’une accumulation d’échecs et de « pas de chance ».
Pour eux, pas de moyens pour se défendre : ils ne sont que des taches dans une société qui rêve de réussite.
Ils sont allés de déchéance en déchéance, jusqu’à devenir des mendiants d’un « droit » auprès des CPAS. Ils y ont perdu leur fierté et l’envie de vivre.
Le quotidien n’a pour eux que le goût amer de la privation et de l’échec.
Ils sont devenus les parias d’un monde qui n’a plus besoin d’eux !
C’est à eux que Monsieur Borsu, au nom d’un gouvernement ignoble, va imposer des droits, dont il ne souffle mot et des sanctions, qu’il détaille volontiers.

Nous aimerions voir à l’œuvre la même fougue quand il s’agit de fraude fiscale ou d’évasion de capitaux au Panama.
Nous aimerions voir autant d’acharnement face à l’indécence des banques qui profitent des attentats de Bruxelles pour poursuivre la spoliation des livrets d’épargne.
Nous aimerions voir les mêmes belles intentions quand il s’agit de diminuer les avantages sonnants et trébuchants d’un pouvoir dont certains profitent avec bonheur.

Certes, il est important pour des responsables de la Cité d’envisager les droits et les devoirs des citoyens.
Mais il serait aussi important de balayer d’abord devant son propre seuil.
Les responsables politiques ont eux aussi des devoirs.
Les milieux financiers et bancaires ont eux aussi des devoirs.
Les riches, oubliés de la fiscalité, ont eux aussi des responsabilités.
Les patrons d’entreprises, mendiants d’aide et de subsides, ont eux aussi des devoirs.
Qu’ils montrent l’exemple, puisque la vie leur en a donné la chance.
Qu’ils fassent de la justice et de l’équité un combat de tous les instants. Ils sont en place pour le faire !
Qu’ils contribuent au bonheur de tous, en y faisant participer tous les citoyens.
Ce n’est ni l’impression, ni la réalité que nous offre le gouvernement Michel, depuis son accession au pouvoir.
Depuis un an, nous assistons à un hold-up du pouvoir sur les moyens d’existence et sur les raisons de vivre des plus faibles de la société.
Il est préférable d’y être riche et en bonne santé que travailleur et pauvre.
Il est préférable d’y être commandeur d’entreprise, même mafieux, que salarié ou demandeur d’emploi ou retraité.
La précarité est devenue une imposition faite à une majorité de la population pendant que d’autres se la coulent douce sous le soleil des avantages en tous genres, au Panama ou ailleurs.
Au nom du PIIS, verrons-nous demain de nouveaux esclaves contraints de nettoyer nos parcs et nos jardins ?
Au nom du PIIS, verrons-nous des êtres humains, porteurs d’étiquettes indiquant leur déchéance et leur condition ?
Au nom du PIIS, ferons-nous du ban de la société, un jugement définitif pour des hommes et des femmes dont le seul tort est d’exister ?
Au nom du PIIS, de nouveaux pauvres seront-ils des raisons pour ne plus combattre la pauvreté ?
Et si, demain, il s’agissait de vous … dans le viseur de Monsieur Borsu ?

Guy De Smet (5 avril 2016)


- 31 - SOYONS ATTENTIFS LES UNS AUX AUTRES

C’est cette perle rare que l’évêque de Namur a proposé aux jeunes prêtres de son diocèse, qu’il rencontrait à quelques heures de la messe chrismale.
Qu’attendre d’autre d’un évêque, si ce n’est ce message tout empreint de l’Évangile.

Ces jeunes prêtres sont embarqués, depuis peu, sur la barque d’une Église ballottée selon le vent du matérialisme, de l’indifférence et d’autres crises.
Celles-ci posent à l’homme la question du sens de sa vie, qu’il doit aborder, souvent, dans une solitude qui fait peur.
Beaucoup vivent dans l’enthousiasme des débuts, dans la découverte d’un Évangile qu’ils peuvent semer dans le cœur des hommes.
Beaucoup découvrent la mise en œuvre d’une Liturgie, comme expression de la beauté de Dieu et de l’éclat qu’il offre aux hommes qui se rassemblent.
Beaucoup ont trouvé dans leurs aubes, leurs chasubles, leurs cols romains … des signes d’une identité nouvelle qui les remplit de bonheur. Ils sont prêtres de Jésus-Christ, c’est là leur joie et leur fierté … et ils ont raison !
Pour d’autres, déjà, l’échec a croisé leur destinée.
Ils découvrent que personne ou peu de monde ne se presse pour les entendre ou s’arrêter à leurs conseils.
Ils découvrent un décalage impressionnant entre leurs dogmes et la réalité de la vie du monde dans lequel ils sont plongés.
Ils découvrent qu’ils n’annoncent pas une Parole qui s’impose, qu’ils ne sont plus des personnages qui font autorité, comme jadis.
Ils partagent l’expérience de tant de diplômés qui découvrent le hiatus qui peut exister entre la théorie des salles de cours et la réalité d’une Évangélisation à tous vents.
Pour eux, c’est souvent l’heure de la solitude, de l’incompréhension et d’une fraternité sacerdotale qui semble bien lointaine.
Parmi eux, certains vivent la désillusion comme un drame vécu au quotidien.
D’autres, s’isolent, loin de tous rassemblements de confrères, vivant l’abandon diocésain comme un enfant vivrait l’abandon d’un guide.
C’est à eux que l’Évêque de Namur parle d’attention les uns aux autres.
Il les invite même à faire le premier pas pour aller à la rencontre de leurs confrères perdus dans leur solitude.
Belles paroles qui, j’ose l’espérer, ne donnera pas à Jésus d’exprimer une fois de plus sa suprême condamnation : « Sépulcres blanchis » ! Quoique !
Il est des discours qui sont perçus comme des coups de poings dans la figure !
Sans aucune envie de polémiquer, je ne puis, pourtant, qu’apporter mon propre témoignage.

Voici trois ans, j’entrais en urgence en clinique pour un problème cardiaque sérieux.
Durant trois semaines d’hospitalisation, je fus ainsi, comme d’autres malades, confrontés à l’angoisse de l’avenir.
Allais- je m’en sortir ?
Allais-je devoir laisser là des projets, des visages aimés ?
Heureusement des médecins compétents, du personnel infirmier délicat, des amis et des proches attentionnés et débordants de tendresse allaient m’entourer et m’aider à remonter la pente.
Les confrères furent rares, si ce n’est un doyen et l’un ou l’autre confrère, soucieux de m’aider.
J’eus la joie de recevoir la visite de l’évêque auxiliaire, qui me proposait de nous revoir dès ma sortie d’hôpital.
J’eus la joie de recevoir UNE visite du délégué épiscopal auprès des confrères malades.
Pour le reste, je ne vis rien venir, pas même un petit mot de l’évêque, dont l’attention qu’il propose aux autres d’exercer, fut d’une discrétion remarquable.
Depuis lors, le temps a passé.
L’attention médicale est toujours là ; tout comme les traitements et les besoins de vigilance.
Je n’ai jamais revu l’évêque auxiliaire, un homme, par ailleurs, dont j’apprécie l’humilité et la sobriété verbale.
Je n’ai jamais eu l’occasion de partager avec l’Évêque, que je n’ai croisé qu’une seule fois, comme je le ferais d’un étranger.
Pas un échange, pas une question concernant la santé … mais un silence qui me rend "étranger" dans le Diocèse que je sers.
Aujourd’hui, j’ai appris à "vivre avec" et à me passer de ce contact qui devrait pourtant être important dans la vie d’un prêtre.
Non seulement, je m’y suis fait, mais en plus, le temps d’un nouveau contact me semble faire partie des impossibles qui me permettent d’avancer.

Si mon humeur se fend aujourd’hui d’un billet, ce n’est pas pour lancer un appel à l’Évêque. Je serais qui pour le faire ? En plus, quel en serait l’intérêt ?
Si je le fais, c’est pour dénoncer un discours vide de sens.
Avant d’inviter des confrères à être attentifs les uns aux autres, il serait préférable de montrer l’exemple.
Avant d’utiliser des mots à mille lieux de ses propres préoccupations, il serait plus judicieux de laisser les actes correspondre aux paroles.

Être prêtre aujourd’hui demande une proximité de l’Évêque, de celui qui envoie en mission.
La mission n’est pas facile. Elle se heurte, au quotidien, à l’opposition et à l’indifférence.
Elle se vit dans des conditions matérielles et de solitude qui enferment tant de mes confrères dans une précarité que nous louerons "chrétiennement" au nom de la pauvreté. Elle est pourtant une misère, tant matérielle, qu’affective et finalement spirituelle qui nécessiterait les bras ouverts d’un évêque, soucieux des conditions élémentaires d’une bonne évangélisation.
Elle se vit avec de pauvres moyens, comme la santé dont personne n’est maître et qui suscite pourtant tant d’angoisses, comme autant de freins à un épanouissement humain et chrétien indispensable.
Elles se vit dans le contexte d’une fraternité sacerdotale qui est loin d’être une évidence. Certes, elle connait des moments merveilleux, mais aussi des tempêtes imprévisibles aux conséquences définitives.
La place d’un évêque, c’est d’être là, d’être attentif à ce que vit le prêtre qu’il a ordonné.
La place de l’évêque, c’est d’être la brise légère dans la tempête, la force dans la faiblesse, la main tendue dans l’épreuve.
La place de l’évêque, c’est celle d’un roseau qui ne plie pas, mais qui a l’audace d’enlacer les plus faibles pour les soutenir.
Ce n’est pas cette présence-là, dont j’ai eu la joie d’être entouré !

« Soyons attentifs les uns aux autres ».
Cette belle phrase, j’aurais envie de la modifier quelque peu et de l’adresser à cet évêque qui ose de tels discours.
« Soyez attentif aux autres ».
Soyez attentif à vos prêtres que vous envoyez en mission, dans des conditions qui souvent vous échappent.
Il sera trop tard demain pour mesurer les conséquences d’un échec, tant d’un point de vue personnel que d’un point de vue pastoral.
Soyez attentif à leur santé. Comme vous, ils n’en ont qu’une !
Se soignent-ils ? En ont-ils les moyens ?
Une chose est sûre, votre simple attention épiscopale sera pour eux un précieux réconfort !
Soyez attentif à leurs conditions de vie ! Un presbytère trop grand, des fins de mois difficiles, des heures de sommeil reportées, des repas irréguliers …
C’est au départ de ces équilibres humains, que vous pourrez leur proposer un chemin spirituel et pastoral équilibré.
Il doit être rassurant de se croire féru en psychologie livresque. Il est préférable d’être « psychologue » et de se couvrir les mains de miséricorde et de bon sens.
Il doit être important de distiller des conseils évangéliques. Il semble plus adéquat de les vivre d’abord, sans quoi le discours religieux devient un piège et une forme de djihadisme insupportable.
Il doit être primordial et bienfaisant de rencontrer des sourires de fans. Il est plus rayonnant d’être un sourire pour ce confrère qui sera vos bras et vos jambes pour vivre au quotidien la mission d’être le cœur de Dieu.

Être évêque, comme être un homme, ne doit pas être une mission facile.
Les sollicitations et les enjeux doivent être multiples.
Les angoisses et les échecs doivent être des sources d’inquiétude.
Pourtant, la mission première, c’est celle du « premier de cordée » qui, à la suite du Christ de Pâques, ose la parole et la présence qui rassurent chacun, reliés à la corde de l’aventure évangélique.
Belle idée de conversion, en cette année de la Miséricorde !

Guy De Smet (1 avril 2016)

- 30 - PALMYRE

Un site emblématique d’une grande civilisation.
Des ruines qui ouvrent les portes sur un monde de rêve et d’opulence.
Palmyre, une ville antique, fleuron d’un désert de Syrie, en proie, aujourd’hui, au feu de la destruction et de la barbarie d’idéologies sauvages.
Ces ruines, joyau du patrimoine mondial, furent la cible de la terreur générée par l’État islamique.
Elles furent le théâtre de massacres et de décapitations.
Ce qui y fut sauvé, au-delà des ans, fut l’objet de dynamitage et d’acharnement destructeur, au point d’émouvoir les autorités culturelles et politiques du monde entier.
Nous apprenons, qu’aujourd’hui, qu’après d’âpres combats, la position de Palmyre est reprise aux Djihadistes.
La ville devenait ainsi le symbole d’une reconquête, rendue possible par l’aide militaire internationale.
Jour de gloire : nous venons de sauver des ruines !

Pendant ce temps, le peuple, encore vivant, de Syrie est sur les routes de l’exil ou il se terre dans d’autres ruines créées au fil de l’actualité.
Pendant ce temps, des hommes, des femmes, des enfants sont morts ou ont été blessés dans des bombardements qui ont tout détruit.
Pendant ce temps, une fumée étouffante s’élève de ces amas de pierres et de tôles et un cri de désespoir s’élève de la gorge d’êtres humains rayés de la carte de l’humanité.
Pendant des années, nous avons assisté, en spectateurs ahuris ou indifférents, au massacre d’innocents sur qui le sort et l’ignominie s’acharnaient avec véhémence.
Nos responsables politiques, férus de démocratie, ont laissé faire, les enjeux stratégiques étant ailleurs.
Ils sont allés de déclarations en conférences, laissant l’urgence de la Justice et de la paix aux oubliettes de leurs intérêts.
L’Europe s’est revêtue de la pudeur d’un prix Nobel de la Paix injustifié pour transformer le visage du blessé et du meurtri en quotas abjects et en normes embryonnaires d’un racisme qui nous éclate, aujourd’hui, à la figure.
Notre petit pays s’est caché derrière des discours à la Francken qui font honte, au soupçon d’humanité qui pourrait encore nous habiter.

Au lendemain de la libération de Palmyre, l’Occident se réveille.
Des experts sont dépêchés sur place pour faire l’état des lieux.
Il est question de reconstruction, de ce qui, jusque-là, était déjà une ruine, aussi prestigieuse soit-elle.
Il est question de rendre au site un visage pour les touristes qui, demain, arpenteront les allées de la cité antique, les yeux remplis d’émerveillement.
Souci légitime ou imbécile d’une futilité face à l’ampleur d’une catastrophe humaine qui a dévasté la Syrie toute entière ?
Priorité d’un monde, dont la seule ambition est de briller ?

Depuis près de cinq années de guerre, des villes et des quartiers ont été anéantis, rayés de la carte.
Des morts, des blessés jonchent le sol de cimetières ou d’hôpitaux de fortune.
Des enfants, entre deux bombardements, se hasardent dans des rues, au milieu d’amas de ferrailles et de béton, pour découvrir l’horizon bouché et pour respirer l’air souillé par la mort.
Un génocide s’opère sans que rien ne semble pouvoir l’arrêter.
L’avenir est à peine imaginable, l’ampleur de la destruction atteignant des chiffres imprononçables.
Pour les survivants de cet enfer, pas de perspective, pas de travail, pas de rêve … seul existe le cauchemar de découvrir qu’ils ne sont rien pour personne.
Ils seront à jamais les sacrifiés d’une Histoire qui n’intéresse personne, si ce ne sont les marchands d’armes et les va-t-en-guerre de l’Occident.

Palmyre serait-il en train de devenir le symbole de l’indécence dont l’Occident est capable ?
Nous sommes capables de pleurer sur des ruines.
Nous sommes capables de nous satisfaire d’un pourcentage de sauvegarde de vieilles pierres, après l’occupation djihadiste.
Nous sommes capables d’envisager la gestion future du site.
Par contre, le migrant, pourchassé sur nos routes, nous en faisons une entité de quota ou un ennemi qui nous encombre.
Par contre, le territoire syrien, nous sommes capables de le transformer en un lieu de commerce et d’expérimentation pour nos technologies destructrices et pour nos coalitions de recherche de suprématie.
Par contre, nous sommes capables de faire de l’avenir de cette région un simple enjeu de stratégies géopolitiques sans importance.
L’être humain n’a décidément aucun poids dans la hiérarchie de nos valeurs.
Sa mort et sa destruction ne sont qu’un spectacle à l’heure de nos déjeuners d’affaire.
La misère d’une enfance massacrée et humiliée au quotidien n’a même pas le don de nous ouvrir les cœurs et de faire tendre les bras de la solidarité et de la justice de ceux que nous avons mandatés pour un pouvoir.
Pauvre monde !
Ton enfant pleure de détresse et tu ne le vois pas.
Ton enfant est martyrisé par la barbarie qui peut jaillir du cœur de l’homme et tu ne t’en émeus pas.
Ton enfant pleure toutes les larmes de son corps, parce que jamais il ne rencontre une once de tendresse et de paix et cela te laisse indifférent.
Mais, l’Occident s’apitoie sur le sort de ruines !
L’Occident rêve déjà de prochaines sources de revenus rétablies.
L’Occident se place au chevet d’une culture venant du fond des âges, imprégnée du meilleur de l’homme … alors que l’aujourd’hui ne le touche pas.
Pardon d’appartenir à cet Occident.
Pardon d’appartenir à cette humanité toute baignée d’égoïsme et d’injustice.
Pardon d’être de ce monde, dont seul l’argent est devenu le guide et la référence.
Mon frère Syrien … pourras-tu nous pardonner un jour ou reprendras-tu à ton compte le cri du Christ des Impropères du Vendredi saint : « Que t’ai-je fait ? »

Guy De Smet (1 avril 2016)


- 29 - DÉMISSION

Voici une semaine, notre pays se réveille en plein cauchemar, suite aux attentats de Bruxelles.
Des morts, des blessés, une onde de choc qui semble tout noyer sur son passage.
Des perquisitions, des arrestations, des niveaux de menaces, des libérations … c’est tout un pays qui semble ne pas retrouver son souffle.
Un aéroport fermé, une station de métro soufflée … c’est une peur sournoise qui s’installe dans la durée.
Nous savions que tout cela pouvait arriver.
Nous savions que le terrorisme lâche et aveugle allait devenir une réponse à une puissance occidentale tentaculaire.
Nous savions … mais nous l’attendions tellement ailleurs que chez nous !
Désormais, Bruxelles allait s’ajouter à la longue liste de blessures béantes, créées par des attentats lâches et apocalyptiques.

Nous pensions pouvoir commencer un lent travail de deuil et de reconstruction. C’était sans compter sur les dérapages politiques et judiciaires, dont notre petit pays semble avoir le secret.
Les familles n’ont pas encore récupéré les dépouilles de leurs disparus que déjà le monde politique se déchire.
Nous nous croirions dans une cour de récréation dans laquelle des sales gosses se disputent : « Ce n’est pas moi, c’est lui ! »
Le drame couve depuis la fin des années 70 !
Une certaine naïveté et un certain laxisme politique ont fait d’opportunités électorales des chances culturelles.
Des quartiers entiers de nos villes sont devenus des terres étrangères, des nids de peur et d’insécurité.
Des populations entières se retrouvent enfermées dans des ghettos de honte et de misère, après avoir fui la misère et l’hostilité de leurs contrées.
Nos politiciens ont laissé se construire, chez nous, un monde dont ils ignoraient tout, un monde qui leur échappait. À qui rapporte le crime ?
Ils ont laissé ouvrir des salles de prière, des centres culturels dont ils ne comprenaient pas le langage.
Ils ont laissé pourrir une jeunesse, belge et immigrée, à qui ils n’avaient rien à proposer. Ils les ont réduits à des « oubliés » de leurs politiques !
Ils ont semé la division, le racisme et la haine, là où le citoyen attendait paix, justice et chance pour l’avenir.
Aujourd’hui, à l’heure des attentats sanglants de Bruxelles, c’est à un autre double attentat que nous assistons, impuissants.

Un attentat judiciaire tout d’abord.
Nous découvrons, une fois de plus, le lamentable spectacle de forces de sécurité qui ne communiquent pas ou qui n’en ont pas les moyens : un policier de Malines ne parvient pas à transmettre à sa hiérarchie une information qui semble pourtant capitale. Depuis le début décembre, il connaît l’adresse de Salah Abdeslam … et personne ne l’écoute.
La Turquie transmet à la Belgique une information capitale concernant un terroriste et la Belgique ne juge pas nécessaire de la prendre en compte.
Pire, le ministre de l’Intérieur, jette l’opprobre sur un fonctionnaire belge à Ankara, en vacances au moment des faits !
Un système de communication, Astrid, tombe en panne au moment où il s’avère être indispensable … et les autorités se contentent d’en prendre bonne note ! Une enquête sera ouverte par la commissaire fédérale ! On croit rêver !
Aucun progrès ne semble avoir été mis en place depuis l’affaire Dutroux : c’est la même guerre des polices !
C’est le même manque cruel de moyens humains et techniques !
C’est la même disette des services de renseignements !
C’est la même incompétence qui ne cesse de faire notre honte à l’étranger.
Au lendemain des attentats de Bruxelles, les citoyens belges découvrent qu’ils sont victimes d’un attentat sécuritaire, organisé par leurs propres autorités.
Où est notre sécurité, alors que tous les voyants d’alerte clignotent pour nous avertir du danger ?

À cela s’ajoute un autre attentat, politique, celui-là.
Au nom de l’austérité, au nom des critères européens, des coupes sombres ont été opérées dans les moyens de sécurité, par ce gouvernement qui nous conduit à la ruine. Le ministre de la Justice, Koen Geens, minimise ! Il gère, il promet, il assure !
De qui se moque-t-il ?
Nous nous trouvons, désormais, avec des forces de l’ordre qui doivent combattre l’impossible avec les armes du dérisoire ! La Belgique n’est pas le pays du surréalisme pour rien !
À cela s’ajoute un autre missile destructeur : le mensonge.
Jan Jambon affirme avoir donné l’ordre de fermer des gares et des stations de métro après les explosions de l’aéroport, alors que la STIB affirme n’avoir rien reçu.
Il tâche ensuite de s’en sortir en plaçant la faute sur le dos de la région, qui aurait dû relayer l’injonction.
Concernant la mise en cause par le président turc de la responsabilité belge, il se contente de pointer du doigt un fonctionnaire, dont il est le seul responsable hiérarchique.
Son irresponsabilité est au diapason de son incompétence et de sa lâcheté ! Le mensonge est devenu son mode d’expression favori !
Il interdit une manifestation du cœur contre la peur, alors qu’il laisse, impunément quelques hooligans semer l’invective et la violence, là où ne devrait régner que le recueillement et la dignité.
Même une demande de commission d’enquête se transforme en combines politiques qui ne sont qu’un camouflet à la vérité.
Tout ce lamentable spectacle, qu’aucun cirque n’engagerait, tellement il est de mauvais goût, il est organisé par un pantin grotesque, le Premier-Ministre.
Il court de déclarations, en mutisme pour camoufler une arrogance du pouvoir qui n’est pas à la hauteur de notre devise nationale : « l’union fait la force ».
Il refuse des démissions qui s’imposent pourtant comme des verrues sur un nez.
Il empêche le peuple belge de se rassembler contre la peur, pour le simple motif de « manque de personnel » … ce personnel, dont il n’a cessé de diminuer les effectifs, au nom d’une dette qui l’arrange.
Il se cache derrière une communauté européenne, qui en ouvrant ses frontières, à laisser semer la poudre qui nous explose à la figure.
Selon lui, l’Europe est notre seule chance, alors que tant au plan économique, qu’au plan social, qu’au plan sécuritaire, elle se révèle être une aberration criminelle et sordide.

Décidément, ce gouvernement est un spécialiste en attentats. Il aurait de quoi inspirer plus d’un djihadiste.
Nous avons connu un attentat financier et économique qui a permis aux riches de devenir plus riches.
Les grands commandeurs de la finance et de l’industrie sont devenus les manipulateurs des marionnettes que nous sommes, juste bons à payer des taxes injustes et mortifères. Et nos responsables nous chantent les vertus de la démocratie !
Ils n’ont cessé de recevoir des cadeaux substantiels au mépris des attentes les plus élémentaires des travailleurs et des citoyens. Au contraire, ils ne leur envoient en retour que la misère et le mépris !
Nous avons connu un attentat social, créant de l’exclusion, faisant de la pauvreté et de l’horizon bouché le seul avenir accessible à bon nombre de travailleurs et de citoyens.
Nous avons connu un attentat de la communication, faisant des migrants des ennemis à abattre. Nos responsables n’ont pas hésité à mettre en place les conditions d’un racisme, sous la houlette d’un Francken démoniaque.
Nous avons connu un attentat sur les soins de santé, sur la retraite, faisant de la précarité le seul mode d’existence possible pour tant de nos proches.
Nous avons connu un attentat sur les projets d’une société, ne nous offrant que la perspective de taxes et d’impôts, dont l’utilité reste plus que douteuse, si ce n’est qu’elle arrange une certaine clientèle électorale.
Il ne fait pas bon être jeune, aujourd’hui, belge ou étranger. La seule chose qui compte, c’est la dette !
Pas de travail, pas d’avenir, pas de rêve … et nous nous étonnerions que nos villes explosent.

La démission de l’équipe de honte de Michel, au-delà des guéguerres politiques, s’impose comme une évidence.
Le niveau de bassesse et d’incompétence est tel que nos sinistres sires n’ont plus de place aux commandes de notre pays et de nos destinées.
Le niveau d’alerte « inhumanité » est devenu tellement élevé qu’il devient urgent de nous protéger !
Certes, tout cela couve depuis des années, mais sur un navire, seul le capitaine est responsable, pendant que la Belgique se demande s’il y a un pilote dans l’avion.
Michel et ta clique, dégage … tu nous salis !

Guy De Smet (31 mars 2016)


- 28 - C’ÉTAIT AU TEMPS OÙ BRUXELLES …

Ce matin, j’ai le cœur gros. Bruxelles ne rêve plus, il ne « bruxelle » plus.
La voix du Grand Jacques ne chante plus la place De Brouckère. Elle n’attend plus Mathilde.
C’est Dalida qui laisse désormais monter sa mélopée : « il pleut sur Bruxelles ».
Ce matin, Bruxelles pleure !
La lâcheté et la barbarie ont déferlé sur notre capitale.
Des crapules, empreintes de leur bestialité, ont assassiné des innocents et semé la terreur sur leur passage.
La haine et l’intolérance ont couché par terre de simples citoyens dont le seul crime est d’être des Occidentaux épris de vie, d’envie de bonheur et de paix.
Par deux fois, ils ont planté leurs armes dans le cœur de ce que nous avons de meilleur : des hommes, des femmes, des enfants s’égayant dans la farandole de la vie.
L’obscurantisme et le fanatisme ont fauché en plein vol des humains dont le seul tort est d’avoir croisé ces monstres assoiffés de sang et de mort.

Ils ont atteint la vie en deux endroits symboliques : l’aéroport de Bruxelles-National et dans la station de métro de Maalbeek.
Deux lieux de passage.
Deux lieux de foules.
Deux lieux, porteurs de tellement de symboles que ces assassins ont voulu briser.
Un aéroport, c’est une ouverture sur le monde. C’est un endroit où des hommes se pressent pour vivre leurs projets et leurs rêves.
Les passagers se croisent, venant des quatre coins de la planète.
Ils sont d’un monde libre qui aspire à l’émerveillement, à la réussite, à la découverte.
Ils ont l’esprit ouvert, capables de vibrer au diapason des sons du monde.
Ils ont en eux la jeunesse d’une audace et d’une liberté qui leur fait traverser toutes les frontières.
Ils sont d’une société dont le cœur bat au rythme d’un soleil, brillant au-dessus des nuages.
Ils ont les mains tendues vers de nouvelles solidarités et vers de nouvelles amitiés à construire.
Ils ont les yeux ouverts sur d’autres horizons remplis d’espoir et de bonheurs nouveaux.
C’est tout cela que, ce mardi 22 mars a vu abattre froidement par des lâches sans scrupule et sans humanité.
Une station de métro, c’est un lieu précieux, où des hommes se croisent, s’en vont chacun vers leur travail, vers leurs préoccupations.
Ils ont l’agenda d’une vie bien remplie, faite de rendez-vous et de projets à concrétiser.
Ils ont en mémoire ces visages qu’ils aiment et qu’ils retrouveront bientôt.
Ils transportent les secrets qui font la trame cachée d’une existence.
Ils ont la montre du temps qui passe et qui s’égrène au rythme de leurs pas vers un avenir meilleur.
Là encore, une bombe a refoulé vers le néant toute cette envie de vivre, tout ce dynamisme qui fait notre richesse et notre fierté.
Ces deux lieux se situent au cœur de l’Europe.
Un endroit qui fait rêver, mais qui, en même temps est empreint de fragilité.
Un endroit intolérable pour les ennemis de la liberté de vivre et de penser.
Un endroit d’où partira un combat contre toute forme d’idéologie mortifère, comme celle que vomit l’État islamique.

Aujourd’hui Bruxelles se réveille groggy. Il pleure.
Il compte ses morts et ses blessés.
Des familles voient leur avenir devenir un enfer, à cause d’une place vide qu’il leur faudra supporter … Mais peut-on supporter l’insupportable ?
Un deuil national de trois jours a été décrété par les autorités … Le Roi, les autorités se sont exprimés avec dignité en rejoignant l’abyssale tristesse de toute une population et de familles défigurées par le chagrin.
Nos trois couleurs nationales sont en berne, couvant d’un voile de pudeur une peine que rien ne peut consoler.
Les victimes méritent tout notre respect, leurs familles, toute notre compassion.
Jamais nous ne les oublierons !
Nous n’oublierons pas non plus les forces de sécurité, ces hommes et ces femmes, qui, au péril de leurs vies, ont sauvé, soigné, aidé, regardant dans les yeux la détresse humaine.
Nous n’oublierons jamais l’investissement des médecins et du personnel soignant. Ils n’ont compté ni leurs heures, ni leur énergie pour mettre leurs compétences au service de ces malheureuses victimes.
Nous n’oublierons jamais l’effort des médias pour nous informer sur l’indicible.
Nous n’oublierons pas ces foules qui spontanément se sont rassemblées pour éclaircir la noirceur de nos pavés de message de paix et d’espérance.
Ce fut, dans le malheur, un grand moment de solidarité et d’unité.

Mais, nous n’en resterons pas là.
Notre colère d’aujourd’hui doit devenir force pour lutter efficacement contre toute idée de soumission à une idéologie barbare et lâche.
Le laxisme et la naïveté ont été trop longtemps une manière d’être dont nous payons aujourd’hui les pots cassés.
Il est une conception de la démocratie, qui frôle le pathétique quand elle ne s’écrit qu’à coups de revendications !
Vivre en Europe, vivre en Belgique, cela se mérite !
Vivre chez nous, c’est entrer en démocratie comme on entre en religion, avec ses droits et avec ses devoirs.
Vivre chez nous, c’est s’intégrer dans un mode de vie qui passe aussi par un code vestimentaire et une culture indiscutables … comme cela se passe dans les régions d’où tant d’immigrés proviennent. Notre demande n’a donc rien d’exceptionnelle !
Vivre chez nous, c’est faire du respect de l’autre, une valeur inconditionnelle.

Quant à vous les Djihadistes d’origines étrangères ou autochtones, vous n’avez pas votre place chez nous. Vous n’êtes pas les bienvenus.
Votre intolérance nous étouffe.
Vos discours nous assomment.
Votre présence nous remplit le cœur de colère.
Si c’est mieux ailleurs, allez-y, nous ne vous retenons pas !
Si nous sommes votre ennemi, sachez que vous êtes le nôtre. Nous ne vous laisserons pas devenir notre cauchemar.
Partout où vous serez, nous vous pourchasserons comme des rats … jusqu’à ce que vos crimes soient jugés et condamnés.
Pour vous, pas de pardon, pas de circonstances atténuantes. Vos crimes sont à la hauteur de votre lâcheté.
Vous avez apporté la guerre, nous vous traiterons selon les lois de la guerre !
Dieu lui-même fera de vos rêves de paradis des réalités d’enfer.
Vous êtes, pour lui, une trahison et une négation de sa Miséricorde : que sa colère s’abatte sur vous !

Guy De Smet (23 mars 2016)


- 27 - LETTRE OUVERTE À SALAH ABDESLAM

Il aura fallu la rue des quatre vents pour que tu arrêtes de semer cette tornade d’opprobre et de chienlit dont tu nous assailles depuis des mois.
Il aura fallu la froideur d’une balle, que plus d’un t’aurait logé ailleurs que dans la jambe, pour arrêter ta cavale.
Il aura fallu l’audace et le courage des forces de l’ordre belges et françaises pour mettre fin à cette angoisse criminelle qui te suivait.
Tu te sens « content » que ce soit terminé. Ta famille se sent, quant à elle, soulagée.
Nous, nous n’en avons que faire : cela ne rendra pas la vie à tes innocentes victimes.
Tu te verrais bien « indicateur », lorsque tes péripéties judiciaires se termineront.
Pour certains, la prison est une école de réinsertion. Pour toi, nous la voulons comme un lieu de rejet et d’oubli.
Nous, nous te refusons un avenir, tout comme tu l’as refusé aux innocents des attentats de Paris.

Ton nom restera à jamais porteur de dégoût et de honte pour l’ensemble de la communauté musulmane.
Tu as sali le nom de ton Dieu. De « Miséricordieux », tu en as fait un « assassin ».
Lui qui a voulu la Vie a trouvé en toi un destructeur de son image.
Tu as sali une religion, porteuse de paix et d’unité, manipulé que tu étais par des individus ignobles, dont le seul intérêt était de faire de toi un maillon dans leur chaîne de terreur, au service d’une idéologie d’anéantissement.
Pour eux aussi, ton existence n’avait aucune importance !
Ils t’avaient promis le paradis des martyrs, tu n’as même pas eu le courage de tes convictions et tu t’es comporté comme un lâche vis-à-vis de tes complices.
Tu ne fus que le vulgaire spectateur d’une mort que tu leur avais préparée.
Aujourd’hui, c’est le monde civilisé qui t’adresse une Fatwa : tu n’appartiens plus à la race humaine. Tu es un monstre contre lequel il nous faut nous protéger.

Ton nom restera à jamais porteur de dégoût et de honte pour le pays qui t’avait accueilli avec ta famille.
Tu as sali l’image de notre pays.
Tu as sali ta ville de Molenbeek, le quartier de ton enfance, celui de la solidarité et de l’accueil qui t’ont permis de vivre.
Ta famille y avait reçu de l’aide, au point d’y trouver l’idée d’un nouveau départ dans la vie, loin des terres qu’ils avaient quittées.
Malgré vos erreurs de jeunesse, toi et tes frères aviez reçu une deuxième chance.
Tu as couvert de honte toute une population qui ne cherchait que tranquillité et paix.
Tu as cassé un « vivre ensemble » au nom d’un radicalisme inconsistant.
Tu as fait de ton quartier un nœud de vipères, dans lequel radicalisation, extrémisme et violence ont trouvé un creuset.
Tu as abusé de la naïveté politique de ceux qui croyaient en une richesse des différences, alors que toi, tu l’utilisais pour construire ta haine.
Tu as voulu « exister » en écrasant les autres. Quelle attitude minable !
Aujourd’hui, alors que tu refuses d’être extradé vers le pays de tes méfaits, tu dois savoir que nous ne voulons plus ni de toi, ni de tes semblables …
Notre Justice n’est pas « du spek pour ton bec ».
Même la terre de vos ancêtres refuse le corps de vos pseudo-martyrs !

Ton nom restera à jamais porteur de honte et de dégoût pour ces migrants syriens et irakiens que tu as sali en utilisant leur misère pour infiltrer ta haine chez nous.
À cause de verrues dans ton genre des frontières se ferment devant eux et devant leur misère.
À cause de nuisibles comme toi, leurs espoirs d’un monde meilleur se sont envolés.
À cause de cancers de ton espèce, leur quotidien est un nouvel enfer.
À cause de racailles dans ton genre, le racisme s’est installé chez nous, avec toutes les souffrances et les dérapages qu’il engendre au quotidien.
La prison est pour toi, même en haute sécurité, un sort bien trop léger.
Tes refus d’extradition sont une insulte à une clémence à laquelle tu n’as pas droit, toi qui l’as bafouée en tuant.

Ton nom restera à jamais porteur de dégoût et de honte aux yeux des défenseurs de la liberté.
130 personnes ont été privées de vie par ta folie d’intolérance et de barbarie, la tienne et celle de tes complices.
130 personnes !
Ils étaient jeunes. Ils avaient soif de vie et de paix.
Ils ont croisé « vos sales gueules haineuses ».
Jamais plus, ils n’auront droit à la vie dont tu profites encore, ni aux soins que tu as réclamés.
130 personnes assassinées lâchement …
130 coups de couteau dans le cœur de ce que l’humanité a de meilleur : sa culture, sa civilisation, sa liberté, sa démocratie, sa jeunesse …
Il n’y aura jamais une punition qui soit à la hauteur du drame dont tu es la cause, toi et tes complices … si ce n’est celle que nos arsenaux juridiques ne possèdent plus !
Tu n’es qu’un pauvre type qui ne mérite aucune circonstance atténuante !
Notre mépris sera notre seul jugement !

Ton nom restera à jamais porteur de dégoût, de colère et de honte pour tous les assoiffés de paix.
Tu n’es qu’une larve pathétique, dont les mains dégoulinent du sang des innocents que tu as abattu froidement, un soir de novembre.
Tu n’es qu’un cloporte méprisable. C’est par des types comme toi que la paix est assassinée au quotidien.
Tu n’es qu’un monstre à perdre dans les oubliettes de l’Histoire.
Comme pour Hitler et d’autres, le jour qui t’a vu naître n’aura été qu’un gaspillage de matériel génétique qui crie scandale au ciel.
Tu n’es que violence, mort et terreur … rien ne pourra jamais effacer tes crimes.

Des partisans des religions, me diront que le « pardon » existe.
Les Chrétiens et les Musulmans n’invoquent-ils pas la Miséricorde et la Clémence divines ?
Certes, mais ce n’est pas à nous de te donner le pardon.
Ils me parleront de la parcelle d’éternité qui se loge en toi. L’aurais-tu explosée, elle aussi ?
Ce n’est pas à nous de te remettre un ticket pour une deuxième chance.
C’est à la détresse de tes victimes de te le donner.
C’est à la déchirure de leurs familles d’avoir le droit de te regarder dans les yeux.
Quant à Dieu … chacun son métier !

Ton nom restera imprononçable à jamais.
Ton nom restera comme une « Shoah » de l’indicible.
Ton nom restera une plaie béante dans la conscience de l’Humanité.
Ton nom restera à jamais une honte et un malheur.
Erre désormais dans l’espace des exclus et que jamais ta conscience – si tu en as une – ne te laisse en repos !

Guy De Smet (22 mars 2016)

- 26 - ENFANT DE SYRIE

Tu as 5 ou 6 ans, aujourd’hui.
Chez nous, nous dirions : quel bel âge, celui du jeu, de l’insouciance, celui de l’émerveillement et du fantastique.
Dans ton pays, depuis que tu es né, tu n’as vu que des destructions.
Tu as côtoyé la mort qui a abattu des proches, des amis.
Ta musique, c’est celle des bombardements ou des balles qui sifflent dans ton quartier.
Tes jeux, ce sont ceux de la guerre, de batailles à gagner, d’ennemis à renverser.
La poussière, la destruction sont ton horizon.
L’école, ce sera pour plus tard. Ce qui compte aujourd’hui, c’est de courir vers les abris, loin de ta classe qui a été démolie.
Pour toi, pas de bonbons et de ces petites douceurs qui font pâlir d’envie tous tes semblables en Occident. Ta pitance, c’est celle des colis qui seront arrivés, malgré des conditions difficiles.
Pour toi pas de nouveaux vêtements à la mode ou de jeux, dernier cri… il y a des choix tellement plus importants, comme celui de survivre au chaos.
Les larmes et les cris sont plus souvent au rendez-vous que la joie et les sourires.
« Pas de chance », c’est ta vie, jusqu’à aujourd’hui !

L’idée que tu dois te faire de l’humanité ne doit pas être reluisante.
Ce sont des guerriers qui ont tout « cassé » chez toi.
Ce sont eux qui se font exploser, au nom de la religion, sur les marchés que tu fréquentes et où des proches sont devenus un amas de chairs sanguinolentes.
Ce sont eux, des étrangers, qui déversent des bombes sur ton quartier. Ils invoquent des priorités géopolitiques qui te dépassent.
Ce sont eux qui se disputent au nom de dictateurs et d’idéologies qui n’ont pas de place dans ton univers d’enfant.
Nous te voyons, parfois, sur nos écrans de télévision, les yeux remplis de détresse et d’envie de vivre.
Nous sommes désarmés face aux souffrances qui sont ta réalité quotidienne ou face à la mort qui t’a enserré dans ses pinces.
Enfant de Syrie, quelle horrible croix, bien trop lourde pour toi !

La peur, le désarroi ont poussé tes parents à des choix dont ils espéraient un avenir meilleur.
Ils sont partis, abandonnant tout sur place : maisons, souvenirs, espoir, ruines…
Ils ont voulu te sortir de cet enfer, espérant trouver des portes qui s’ouvrent en Occident, où semble couler « le lait et le miel ».
Que d’amour dans leurs yeux et dans leurs cœurs ! Tu as raison d’être fier d’eux !
Ils ont pris les routes d’un exil incertain et ce sont les portes d’un nouvel enfer qui se sont ouvertes devant toi et devant ceux que tu aimes.
Ils ont marché des heures, des jours, des mois.
Ils ont affronté des mers hostiles, mais moins insurmontables que l’horreur du pays.
Ils ont été la proie des « marchands » exploitant leur détresse … pourvu qu’un jour le soleil se remette à briller.
Le froid, la faim, la maladie sont devenus ton lot, rejetant à demain la possibilité de jours meilleurs.
Mais ce « demain qui chante » ne semble pas être pour toi, ni pour les tiens.
L’égoïsme de l’Occident a fermé les frontières avec des murs et des barbelés.
L’humiliation et le rejet sont devenus l’ombre de vous-mêmes, celle qui vous poursuit et qui vous détruit à petit feu.
Nous avons serré nos poings, au rythme de nos peurs et de notre chacun-pour-soi.
Nous t’avons réduit à une religion, même à une parodie islamique, qui risquerait de mettre en question notre sécurité et notre liberté.
Nous avons vu en toi un péril pour nos ambitions économiques et financières.
Nous avons décidé de t’enfermer dans un enfer tout aussi sordide que celui que tu venais de quitter.
Les jeux de nos enfants ne sont pas pour toi.
Les écoles et la soif de connaissance de nos enfants, nous refusons de t’en faire profiter.
Les rêves et les sources de joie qui font le bonheur de nos enfants, nous te les refusons.

En lisant cela, enfant de Syrie j’ai honte de l’Occident. J’ai honte de mes dirigeants politiques. J’ai honte de l’Europe.
Ne serions-nous qu’un ramassis d’hypocrites qui parlent de paix en semant la guerre et la violence ?
Ne serions-nous que des exploiteurs sans scrupule qui veulent bien du pétrole de tes régions, mais pas de toi ?
Ne serions-nous que des êtres sans morale qui préfèrent sauver des banques que sauver des êtres humains, des enfants comme toi ?
Plus que la honte, j’ai mal à l’amour.
Toute notre musique, toute notre littérature, tout notre cinéma parle d’amour … et pourtant, ce mot semble si éloigné de nos choix.
Note que chez nous, on meurt aussi de ne pas être aimé, de ne compter pour personne.
Chez nous aussi des hommes, des femmes sont exclus parce qu’ils sont malades, sans emploi.
Chez nous aussi des enfants connaissent la pauvreté au quotidien.
Nos « valeurs » nous les avons placées ailleurs.
C’est cet argent qui pourrit tout.
C’est notre soif de liberté qui nous fait faire n’importe quoi.
C’est notre petit « Moi je » pour lequel nous sommes prêts à tout sacrifier, même notre honneur.
Alors, pardon, mais nous ne t’avons pas vu.
Nous n’avons pas entendu ton appel, assourdis que nous sommes par nos bruits.
Nous n’avons pas saisi ta main tendue, parce que nous avions peur d’y perdre de notre superflu.
Nous n’avons pas écouté battre ton cœur, le nôtre étant atrophié.
Sache pourtant que dans cet eldorado dont tu rêvais, beaucoup pensent à toi. Ils t’aiment. Ils ont envie de t’aider et de serrer contre leurs cœurs.
Nous en appelons à des politiciens qui ont de l’honneur, loin de tous ces monstres qui nous dirigent dans nos capitales européennes.
Nous en appelons à des « responsables », capables de nous aider à vous ouvrir nos portes et nos maisons.
Nous en appelons à une vraie solidarité qui nous redit qu’il y a tellement plus de joie à donner qu’à recevoir.
Nous en appelons à des « humains » capables de se laisser émerveiller par le sourire d’un enfant.
Enfant de Syrie, mon frère … ton cri déchire la nuit du monde … jusqu’à quand resterons-nous sourds ?

Guy De Smet (18 mars 2016)


- 25 - L’HOMME, UNE VALEUR ?

À chaque fois que nous lisons un journal ou que nous visionnons l’actualité télévisée, il est une question qui ne peut nous laisser indifférents : l’homme a-t-il encore une valeur ?
Chaque jour, nous offre le triste spectacle d’êtres humains abattus par la violence, par l’échec, par l’exclusion.
Chaque jour, des larmes coulent des yeux d’hommes, de femmes, d’enfants … pour qui l’existence se vit sur le mode d’un cauchemar que rien ne semble pouvoir arrêter.
Ce sont les larmes des victimes de la guerre et de la violence aveugle aux quatre coins du monde.
Ce sont les larmes de ces enfants qui ne comptent pour personne.
La déchirure, l’abandon, la violence sont leur quotidien.
Ce sont les larmes des retraités, de celles et de ceux qui avaient de petites économies et qui voient leurs raisons d’exister s’en aller dans des enjeux économiques qui les dépassent.
Ce sont les larmes de ces exclus de la vie sociale sur qui le chômage, les délocalisations arbitraires, les enjeux financiers amoraux se sont abattus comme une honte insupportable.
Ce sont les larmes de toutes celles et de tous ceux qui n’en peuvent plus parce que la vie va trop vite, parce que le burn-out est devenu le signe du poids d’une existence, parce que la course après le temps est devenue un rythme inhumain.
Ce sont les larmes de ceux qui sont victimes des conséquences de notre peu de respect de la nature.
Ils paient au quotidien, un égoïsme aveugle.
Que de larmes, que de tristesse, à chaque fois que l’homme croule sous le poids d’une croix qui lui est imposée !

Nous serions en droit de nous demander si l’homme a encore une valeur dans les choix du monde d’aujourd’hui.
Quelques doutes nous semblent permis !
Dans nos pays riches, une crise économique et financière a été mise sur pied, sournoisement.
Les conséquences n’ont pas tardé !
Le monde de la finance a imposé sa loi, loin de tous les critères démocratiques qui nous sont chers.
L’argent est devenu un dieu qui dirige les moindres facettes de nos existences, de nos choix, de nos priorités.
Le monde de l’entreprise s’y est très vite adapté. Faire du "Chiffre", à n’importe quel prix, est devenu sa raison d’être.
La dictature de la banque et la veulerie de ceux qui la dirigent sont devenues des impératifs incontournables.
Les délocalisations, les impositions d’efforts aux salariés, le chantage d’entrepreneurs véreux sont devenus des procédés communs.
Les rachats d’entreprises, la création de groupes sans cesse plus grands sont devenus des options indispensables.
La loi du marché est celle qui dépasse toutes les lois humaines qui, jusque-là, dirigeaient la vie en société.
La nouvelle identité du « travailleur pauvre » est devenue le seul concept acceptable en société libérale.
Dans un tel concert de monnaies sonnantes et trébuchantes, il n’y a pas de place pour les aspirations de l’homme !

D’autres doutes, quant à la valeur de l’homme, éclaboussent aussi le domaine moral.
Ce qui compte, aujourd’hui, c’est que l’homme coïncide aux choix d’une société, sous peine de n’être qu’un marginal à détruire.
Le travailleur doit se soumettre aux règles du patronat … jusqu’à justifier le silence assourdissant du monde syndical.
Il doit accepter la flexibilité de l’emploi qui rendra son avenir incertain, tant dans l’organisation de son quotidien que dans les moyens de vie qu’il pourra tirer de son travail.
Il doit accepter de travailler au-delà d’un âge raisonnable, parce que son bien-être et sa santé ont un poids moindre que l’importance d’outil de production qu’il est réduit à être.
Il doit accepter de travailler le dimanche, parce que la soif de bénéfices n’a que faire du besoin de repos ou du confort d’une vie familiale épanouie.
Il doit accepter de se priver de soins de santé … car quelle est l’importance d’un outil que le besoin de productivité pourra remplacer à loisir ? 
Il doit accepter de disposer de moins de moyens pour vivre, même si les prix des biens élémentaires de consommation augmentent.
Il doit accepter d’être représenté par des politiciens qui ne soient que des valets de la finance et de ceux qui la dirigent.
Notre choix démocratique n’a aucune importance !
L’Europe, le monde bancaire nous le rappellent tous les jours !
Ce qui importe, aujourd’hui aussi, c’est que l’homme se comporte selon des règles et des normes.
Il n’est pas bon d’être différent, aujourd’hui.
Il n’est pas bon d’être jeune et de rêver, aujourd’hui.
Il n’est pas bon d’être handicapé ou malade, aujourd’hui.
Il n’est pas bon d’être travailleur et d’envisager de vivre de son travail.
Il n’est pas bon d’être homosexuel et de trouver son bonheur dans son choix de vie.
Il n’est pas bon d’être une femme, même si des progrès de la cause féminine voient le jour au quotidien.
Ce qui importe encore dans notre société, c’est que l’homme ne soit pas une tache dans le paysage.
Il faut cacher ces images de la misère qui défigure le monde et qui manifeste tellement les inégalités que nous avons créées.
Il faut fermer sa porte à ces migrants qui risquent de remettre en cause les balises de nos sociétés riches.
À moins qu’ils ne deviennent de nouveaux outils de production pour nos économies qui se cherchent un nouveau souffle !
Nos gouvernants sont prêts à payer n’importe quoi, pourvu qu’ils ne viennent pas envahir nos villes et nos sécurités.
Les droits élémentaires de l’homme n’ont aucun poids dans la balance des décisions à prendre.
Après tout, n’est-il pas juste de penser qu’il nous est impossible de porter la misère du monde ?
Il faut exclure ces chômeurs qui donnent une image négative de nos choix industriels.
Ils sont une offense pour notre soif de bons chiffres et pour nos belles courbes de statistiques.
Ils sont un camouflet pour nos représentants politiques qui, avantages aidant, brigueraient bien un autre mandat.
Il faut empêcher que des malades trop nombreux se pressent aux portes des envies de soins qui les démangent. S’en débarrasser et les laisser mourir semble un choix bien plus rentable.
Il faut rendre la Justice inaccessible à tous. Cela risquerait d’encombrer les tribunaux et de mettre à mal une « Justice de classe » qui semble encore avoir de beaux jours en perspective.
Il faut débarrasser nos rues et nos quartiers de ces mendiants, de ces sans-abris, de ces sans-valeur, de ces verrues qui défigurent la belle image que nous aimerions donner de nos sociétés.
Il faut débarrasser nos écrans de télévison de toutes ces images de faim, de misère et de guerre qui sont une atteinte aux entreprises de spoliation que nous menons sans honte, aux quatre coins de la planète.

L’homme est, aujourd’hui, une espèce en danger.
Son bonheur, sa liberté, ses droits n’ont que peu de prix face aux adorations exigées par le dieu Argent.
Il est beaucoup question, de nos jours, de l’avenir de la planète.
Le réchauffement climatique est devenu une préoccupation de tous les instants et une opportunité économique et financière incommensurable.
Une planète propre, c’est une chose … Mais pour quelle humanité qui elle, a de plus en plus froid ?

Guy De Smet (15 mars 2016)


- 24 - HYSTÉRIQUE !

Ce mot fort, utilisé en politique, nous le devons à Jan Jambon, notre ministre de l’Intérieur au sujet de nos empreintes digitales : « Je ne comprends pas bien les réactions hystériques » !
Après une visite au Maroc, un pays qui ne se caractérise pas par une première place au championnat de la démocratie ou en recherche des Droits de l’Homme, notre ministre y a puisé l’idée d’indiquer sur nos cartes d’identité, nos empreintes digitales.
Il est vrai que tous, nous sommes des criminels potentiels et qu’il est donc utile de pouvoir nous traquer dans nos moindres faits et gestes !
Il est vrai que l’actualité récente nous a démontré l’utilité d’une telle collecte : Abdeslam court toujours !
Cacophonie au gouvernement, le secrétaire d’État chargé de la protection de la vie privée trouve, quant à lui, que l’idée de son collègue n’est pas opportune : « Cette mesure est-elle vraiment proportionnelle ? Sans parler de son coût. Nous devons avant tout miser sur une gestion efficace des banques de données actuelles au lieu de collecter le plus possible de données. »
Et d’ajouter : « Il va de soi que la collecte des empreintes digitales ne pose aucun problème lorsqu’il s’agit de personnes qui représentent un risque pour notre société et notre sécurité. D’ailleurs, cette collecte a déjà lieu. Mais la collecte de toutes les empreintes digitales pour l’ensemble de la population belge me semble disproportionnée par rapport à l’objectif. Non seulement cette collecte systématique coûterait beaucoup d’argent au contribuable, mais je me demande aussi si elle aurait la moindre utilité. N’oublions pas la libre circulation qui s’applique en Europe, ni que cette collecte systématique n'a pas lieu dans nos pays voisins ».
La commission de la protection de la vie privée, elle aussi, manifeste quelques états d’âme face à la proposition du ministre : « un prélèvement généralisé des empreintes digitales n'est pas possible, car cela enfreindrait la Convention européenne des droits de l'Homme ».
Et de préciser : « Un prélèvement généralisé des empreintes digitales ne peut pas être accepté et contrevient à l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'Homme. Cet article ne s'oppose pas au fait pour la police ou la Justice de prélever dans certaines circonstances les empreintes digitales de certaines personnes (condamnées). C'est déjà le cas depuis des décennies en Belgique, tout comme dans la plupart des autres pays ».

Il est vrai que des prédécesseurs de la mouvance politique de ce ministre, lors de la dernière guerre, avaient l’habitude d’aller quémander leurs ordres à Berlin ! En dictature, ils s’y connaissent !
D’autres régimes politiques semblent avoir la préférence de la NV-A, c’est son droit. De là à les imposer à l’ensemble de la population, il y a un pas à ne pas franchir !
Le Maroc, s’il est un partenaire que la Belgique a choisi, ce pays n’est toutefois pas une référence en Droits de l’Homme ! Plus d’un prisonnier, plus d’un opposant politique ou plus d’une minorité pourraient en témoigner !
La Belgique me semble mériter mieux qu’une idée puisée auprès d’un tel régime !
Mais Monsieur Jambon ne serait plus lui-même, si de telles provocations ne pouvaient illuminer son discours. Et, de plus, cela permet tellement bien de détourner les yeux des vrais problèmes !
C’est lui qui allait nettoyer les rues de Molenbeek.
C’est lui qui refoule des miséreux franchissant nos frontières, sans même prendre la peine de les regarder.
C’est lui et son parti qui verraient bien un fichage des chômeurs et une enquête sur leurs revenus.
C’est encore lui et ses sbires de la NV-A qui verraient bien une mise hors la loi des syndicats.
C’est lui et son obédience politique qui transformeraient bien les conditions de travail en une telle précarité que l’esclavage pourrait avoir de beaux jours, demain.
Le citoyen n’est qu’un pion pour conforter une ambition.
Il n’est qu’une marionnette dont il se verrait bien le manipulateur.
Il n’est qu’un citron qu’on presse pour mettre en place l’arme de destruction massive de l’ultralibéralisme.
Décidément, ce gouvernement est dangereux !
Il y a, d’une part, des clowns tristes qui, comme Michel, rêveraient d’enfanter une nouvelle Europe et un paysage social fait de la lumière de ceux qui réussissent et des taches de ceux qui ne sont rien.
Il y a des clowns comiques qui comme Galant se confondent en stupidités et en contradictions.
Il y a aussi des monstres comme Jambon ou Francken ou encore De Block pour qui l’être humain n’a aucun poids … leur moindre décision en est un signe !
Il y a des opportunistes sanguinaires, comme Reynders, qui n’ont aucun scrupule à sacrifier l’honneur du pays qu’il représente à des poignées de mains qui nous insultent.
Aujourd’hui, ils veulent nous ficher comme de vulgaires criminels.
Demain, élections obligent, ils nous considéreront comme leurs fidèles partenaires, les indispensables naïfs dont ils ont besoin.
Oserons-nous, au nom de l’honneur de l’homme, de la femme que nous sommes, oublier les larmes qu’ils ont fait couler ?

Guy De Smet (2 mars 2016)


- 23 - UN MUR CONTRE L’EUROPE

S’il y a quelques années, l’engouement citoyen se portait vers la destruction des murs, aujourd’hui, le vent semble avoir changé de direction.
Israël construit des murs de séparation.
Les pays de l’est européen construisent des clôtures, pendant que d’autres ferment leurs frontières.
Le candidat à l’investiture républicaine aux États-Unis souhaite de tous ses vœux, lui aussi, un mur qui sépare son pays du Mexique.
Décidemment, le monde politique a une brique dans le ventre, à défaut de volonté et de moyens intelligents pour bâtir des tunnels.

Il est un pays, aujourd’hui, qui nous indique l’urgence pour vous et moi de construire un mur pour se protéger de l’Europe.
Yvon Englert, professeur de médecine à l’ULB, nous ouvre les portes du « Grexit des soins de santé ».
Plus de 2,5 millions de Grecs n’ont plus accès aux soins de santé !
L’accès à la santé a toujours été une valeur fondamentale de l’Europe. Il nécessite une structure financière solide, unissant les États et les travailleurs.
Le taux de chômage est devenu tel, suite aux licenciements, aux délocalisations, au manque d’embauche malgré les aides d’État que ce mécanisme de financement ne fonctionne plus. Cela ne peut qu’avoir des conséquences sur l’ensemble de la société grecque … et pourquoi pas la nôtre, demain ?
« Des directeurs d’hôpitaux m’ont expliqué, les larmes aux yeux, que tous les lundis matin, ils réunissent les chefs de services pour déterminer les soins qui ne seront pas distribués, faute d’argent. », nous déclare-t-il avec émotion.
Ce pays manque de médicaments, comme n’importe quel pays du Tiers-Monde.
Ce pays, en plus de son désastre social, se trouve sous la pression de l’Europe pour l’accueil des migrants qui, quotidiennement, débarquent sur ses îles.
Des patients se font refouler de l’hôpital public, parce qu’ils ne peuvent plus payer une opération chirurgicale.
D’autres sont obligés de faire la file durant des heures aux urgences gratuites, parce qu’il leur est impossible de consulter un médecin traitant.
La Grèce, c’est ce pays qui a été « fauché » par l’Europe.
Un chantage innommable s’est opéré visant à le mettre à genoux, au nom d’une dette, qui n’est pas plus impressionnante que celle de la France ou d’ailleurs.
La Grèce, c’est ce pays d’Europe qui compte un nombre impressionnant de suicides de personnes qui ont tout perdu par la faute du cynisme européen. La chancelière Merckel a été aux avant-postes d’un génocide qui ne dit pas son nom. Il est vrai que les Allemands en ont une certaine habitude !
La Grèce, c’est ce pays qui illustre, on ne peut mieux, le choix des autorités européennes : l’argent, la compétitivité au détriment de l’homme et de sa quête de vie.
Si la situation dans laquelle ce pays a été abandonné par l’Europe est dramatique, elle n’est hélas pas la seule à nous inquiéter.
Il existe bien d’autres voyants qui clignotent sur le tableau de bord du navire Europe : le dérèglement du marché de l’emploi qui rend certains travailleurs plus compétitifs que d’autres Européens.
La course à la macro-économie qui asphyxie des agriculteurs, des artisans, d’honnêtes travailleurs au nom d’une recherche effrénée de bénéfices et de rentabilité. Toujours plus imposant, toujours plus ! Souvenez-vous d’une certaine grenouille …
La non-gestion de la crise des migrants qui semble devenir l’étincelle qui risque de faire exploser l’Europe.
Les facilités européennes accordées au grand capital, aux banques, aux grandes multinationales qui ne paient pas d’impôts.
Les fermetures de frontières causées par l’imprévoyance européenne qui a vu une opportunité financière dans l’ouverture des frontières intérieures en oubliant de sécuriser l’extérieur … à moins que cela aussi ne soit voulu !
Les souhaits de nations entières à quitter le bateau Europe au nom du déficit démocratique qui se fait sans cesse plus fort à l’intérieur de l’Union et de ses institutions. On ne parle plus de l’Europe, on parle de « Bruxelles » et de sa dictature de commissaires.
Tous ces faits nous relatent, en suffisance, l’urgence de se protéger contre l’Europe.
Ce projet, né au lendemain de la guerre, devait être gage de paix, de justice et de réconciliation. Il est devenu pervers et dangereux.
Il met la vie du citoyen en danger.
Il semble avoir oublié tout simplement, que le citoyen existe.

Nos gouvernants sont sans cesse à l’affût des décisions de la commission européenne.
Ils sont devenus les valets de normes, de quotas et de règles « anonymes » qui sont autant de sacrifices pour la population.
Ils sont devenus des exécutants de politiques pour lesquels ils n’ont pas été élus.
Ils n’ont le droit de n’être que les acteurs d’un marché économique qui dépasse de loin et n’envisage en rien les intérêts des citoyens.
Et si la Grande Bretagne donnait le signal de départ ?
Si nous aussi, nous imposions de quitter « ce machin » qui nous coûte plus qu’il ne rapporte ?
Si nous aussi, nous décidions de n’accepter de vivre que dans une société dont l’homme est le centre, loin d’impératifs mafieux ou économiques surréalistes ?
Aujourd’hui, il nous faut construire un mur pour nous protéger de l’Europe.
Pour protéger notre santé.
Pour protéger nos économies victimes d’un euro assassin.
Pour protéger notre emploi et ses conditions d’existence.
Pour protéger notre souhait de vivre dans une démocratie, dans laquelle chacune et chacun a le droit, dans la solidarité et dans la Justice, d’envisager un bonheur pour tous.
Pour protéger notre avenir, tout simplement !
Les files des hôpitaux grecs, sont aujourd’hui, un appel à entrer en résistance !
Un défi pour chacun d’entre nous !

Guy De Smet (26 février 2016)


- 22 - CHÔMEUR, MIGRANT … MÊME COMBAT !

La lecture de la déclaration universelle des Droits de l’Homme nous introduit dans un rêve merveilleux, dans une société utopique. Elle n’a, cependant, jamais connu l’opportunité de séduire nos responsables politiques.
Il y est, par exemple, question de l’égalité des citoyens, alors que le quotidien ne cesse de mettre en avant des inégalités.
C’est ainsi qu’un homme n’est pas une femme.
C’est ainsi qu’un enfant n’est pas un adulte.
C’est ainsi qu’un Syrien ou un Irakien n’est pas un Belge ou un Français.
C’est ainsi qu’un migrant n’est pas un homme libre ou un exilé fiscal.
C’est ainsi qu’un chômeur n’est pas un banquier ou un patron de grande entreprise.
Cela se répercute dans leurs vies de tous les jours.
Le Vif- l’Express nous révèle ainsi le témoignage d’une chômeuse. Il compare sa situation à celle qui serait la sienne, si elle avait le bonheur de détenir un emploi.   Cette dame est donc à la recherche d’un emploi, tout en vivant, en même temps, le sort peu enviable de devoir soigner sa mère, atteinte d’un cancer.
Une humiliation qui s’ajoute à tant d’autres !
Cette dame rejoint la situation de ces plus de 6000 personnes, dont 93 % de femmes, qui vivent ce drame !
La loi le lui permettait, jusqu’ici, tout en adaptant son allocation de chômage. Son pécule devenait moindre : 260 €, le premier mois, 211 € le deuxième mois. Déjà pas facile à vivre !
Depuis le premier janvier 2016, le plan d’austérité et d’activation du gouvernement Michel et passé par là : désormais, l’allocation de chômage est tout simplement supprimée.
Nos autorités ont décidé que le demandeur d’emploi devait rester disponible sur le marché de l’emploi, peu importe les circonstances de la vie !
Une pression syndicale les obligerait bien à un compromis, mais c’est à l’étude, pour l’instant !
Par contre, si cette dame avait eu le bonheur de bénéficier d’un emploi, elle aurait pu solliciter une adaptation de son temps de travail ou d’une interruption de carrière pour raison médicale.
Le « crédit-temps pour soins » est ainsi passé de 26 mois à 48 mois !
Une certaine pression compte s’exercer là aussi !

Ce qui guide la vie de l’homme, aujourd’hui, c’est la loi du marché … que ce soit économiquement, que ce soit sur le plan de l’emploi.
C’est avec effroi que je lis la conclusion du journaliste : « Tout, et tout le monde doit fonctionner à l'aune du marché de l'emploi, et le fait qu'il y ait 650.000 chômeurs et trop peu d'emplois n'y change rien. C'est devenu une politique européenne. Plus il y a de gens activés, plus on peut comprimer les conditions de salaire et de travail. Et pour ceux qui ne se laissent pas pousser dans cet entonnoir, sanctions et suspensions sont prévues. Vous devez soigner une amie atteinte d'un cancer ? Dommage ! Vous devez vous occuper de votre fils souffrant d'un trouble autistique ? Dommage ! À vous de vous débrouiller... »

Le quotidien du migrant n’est guère plus enviable !
Le sinistre bourgmestre de Knokke vient d’éructer une de ces déclarations dont il a le secret.
Suite au contrôle à nos frontières, ce gardien de zoo pour riches affirmait sans rire : « Qu’on fasse un camp comme à Guantanamo. Sans les torturer. Et qu’on les envoie dans leur pays ».
Pour lui, les migrants ne sont pas des êtres humains. Ils ne sont qu’un exutoire permettant aux Français de laver plus blanc que blanc suite à la montée du Front National. Ils ne sont que des chiens que l’on refoule quand ils s’approchent de trop près.
Ce dinosaure qui se réclame d’un parti chrétien (du moins dans ses origines !) en vient même à saluer les ministres NV-A du gouvernement pour leur action dans ce domaine.
Incongru, quand on sait que cet aristocrate arrogant et dégénéré, a créé une forteresse pour les « Fransquillons » riches en plein milieu de la Flandre prospère.
Incongru aussi, quand on connait la filiation intéressée qui l’unit à la Cour de Belgique, ses attaches aux Royaume de Belgique et son rejet de toute idée de république indépendante.
Si ses propos sont choquants, ils ne sont toutefois pas étonnants.
C’est lui, déjà, qui a interdit les frigo-box sur les plages de sa ville, en 1986. Cela allait faire tache dans une cité qui se permet le carnaval de la place « m’as-tu vu » ou des villas superbes et vides de quelques richards exilés dans son paradis fiscal.
C’est lui, encore, qui voulait déplacer la gare de sa ville dans les champs, afin de freiner au maximum le tourisme de masse et l’arrivée intempestive de tous ces « pauvres » qui polluent et qui sentent mauvais.
Mais ses migrants ont un cœur, une santé, une vie.
Ils ont une famille, des enfants, des espoirs.
Ils ont quitté l’enfer pour se retrouver prisonniers de notre égoïsme.
Ils ont quitté la guerre pour laquelle nous avons vendu des armes.
Ils ont quitté l’humiliation des combats et des bombardements pour en faire leur quotidien chez nous.
Ils sont des êtres humains … pour qui un jour des responsables ont écrit la Convention de Genève ou la Déclaration universelle des Droits de l’homme.

Migrants, chômeurs … même débâcle !
Et dire qu’un certain machiavélisme et un certain populisme cherchent à les opposer : les premiers seraient une menace pour les seconds !
Pauvre société !
Au point qu’un responsable du centre d’action sociale de l’université d’Anvers écrit : « La volonté d'accroître le taux d'activation est de plus en plus orientée vers les recoins les plus petits de la société. Cela se traduit presque par une chasse aux sorcières à l'encontre de ceux qui ne se sont pas encore sur le marché de l'emploi. Pour ce groupe, la politique est de plus en plus sévère ».

Le seul statut de « malheureux » qui vaille la peine, au point d’en faire son quotidien, c’est celui de banquier.
Pour lui, le statut d’allocataire et de mendiant est un bonheur et une aubaine.
Le secteur bancaire, lors de la dernière crise, a ainsi pu bénéficier d’une aide de 1.600 milliards d’euros … sans aucune contrepartie !
Notre ministre des finances étudie, aujourd’hui, la demande de la banque nationale d’augmenter, une fois de plus, les frais bancaires.
Cette injustice est résumée par le journaliste de manière parlante : « C'est ainsi que nous nous allons toujours plus loin dans le sens d'une société à deux voies. Pour une classe de gens, il n'y a que peu de soutien, beaucoup de conditions et des sanctions sévères. Pour l'autre classe, il y a beaucoup de soutien, quasiment aucunes conditions, et des sanctions que l'on peut éviter en payant. »

« Stop » !
Cela devrait être le cri de colère sortant de la bouche des citoyens que nous sommes.
Stop à la négation de l’humain. Il doit rester le centre des préoccupations de notre société.
Le plus faible doit être l’aune de l’avancée sociale.
Stop à l’absolutisme de l’argent. Il doit pouvoir rester ce pour quoi il est fait : un moyen pour vivre et non une fin en soi.
Stop à la discrimination entre les hommes. Il n’y a pas d’une part les pauvres à réprimer et de l’autre les les riches à encenser.
Il n’y a que des hommes, des femmes, des enfants avec un cœur qui bat et des yeux qui espèrent la Vie.
Stop à ces « pourris » qui nous dirigent » et qui font de la démocratie un jouet lancé selon le vent de leurs avantages de de leurs crédos.
Il nous reste à méditer l’actualité de ces paroles d’un sage, l’abbé Pierre : « Les hommes politiques ne connaissent la misère que par les statistiques. On ne pleure pas devant des chiffres ».

Guy De Smet (25 février 2016)


- 21 - LA BELGIQUE A FROID

Il est des périodes dans l’Histoire, dans lesquelles il ne fait pas bon appartenir à la race humaine.
Le monde, issu de la crise financière et sociale que nous connaissons, appartient, probablement, à ce temps maudit.
Notre ministre de l’Intérieur, appuyé par le secrétaire d’État à l’asile, vient de prendre une décision qui fait fi des idées les plus généreuses qui aurait pu illuminer l’Europe.
Il vient de décréter la fermeture des frontières aux abords de la mer du Nord.
Ce qui l’a guidé dans sa décision, c’est l’arrêté de la Justice française qui compte fermer la partie sud de la jungle de Calais.
La jungle de Calais, c’est ce bidonville de la honte, qui au XXIième siècle, est le seul havre de survie qu’ont pu trouver des migrants dont personne ne veut.
Elle est ce camp de concentration innommable issu d’une volonté délibérée de l’Angleterre et de l’impuissance consentante de ses partenaires.
Le ministre belge estime que ces hommes, ces femmes, ces enfants sont aujourd’hui un danger pour la côte belge à quelques encablures de la saison touristique.
Ils sont une tache de misère qui risquerait bien d’impacter l’ambiance de carte postale qui inonde nos plages grises et venteuses …
À l’entendre, il vaut encore mieux ouvrir la porte à un envahisseur francophone qu’à un migrant et à son poids de misère !
La xénophobie serait-elle plus puissante que l’extrémisme flamand ?
Les frontières sont donc fermées. Les forces de l’ordre sont mobilisées, à la chasse de criminels dont le seul délit est d’avoir voulu fuir l’enfer de leurs pays.
Zeebrugge ou La Panne ne deviendront pas ces portes ouvertes permettant de découvrir l’égoïsme britannique qui, de tout temps, n’a été intéressé que par son nombril.
Décidément, pour avoir le droit d’exister dans notre pays, il y a bien des critères :
il faut travailler et ce jusqu’au moment où les forces ne le permettent plus ou quand la mort s’installe dans votre vie.
Il faut être en bonne santé et ne pas venir plomber les caisses de la sécurité sociale, dont un meilleur usage pourrait être fait.
Il ne faut pas être âgé, sous peine de devenir un poids insupportable pour la société.
Il ne faut pas être navetteur et poser des exigences concernant les transports.
Il ne fait pas être chômeur ou pauvre sous peine de devoir endosser l’habit du criminel et de l’exclu … de l’encombrant qui dérange.
Il ne faut pas avoir une « sale gueule » sous peine d’être pointé du doigt et harcelé de contrôles incessants.
Il ne faut pas être étranger sous peine d’être rejeté et pointé du doigt comme source de tous nos malheurs.
Il vaut mieux être riche, apparatchik, voleur ou fraudeur !

Dans la décision de monsieur Jambon, deux réalités me choquent : premièrement, cet ostracisme à l’égard des migrants.
Est-ce leur faute, si leurs pays connaissent la guerre et la désolation ?
Est-ce leur faute s’ils ont tout perdu : maison, famille, travail, avenir ?
Est-ce leur faute si leur connaissance de l’Europe se limite au bien -être dont nous aimons donner l’image ?
Est-ce leur faute, si nous traitons leurs pays, comme des lieux favorables à nos commerces d’armes et à nos exploitations de leurs sous-sols ?
Est-ce leur faute, si l’improvisation et la volonté de ne pas accueillir a été notre politique fédérale ?
Ils ont pris la route, espérant rencontrer un peu d’humanité. Ils se heurtent à nos visages, nos poings fermés et la haine qui nous sort de partout.
Ils sont venus chez nous, espérant y trouver un espace pour un peu de dignité. Ils y sont marqués et parqués comme des animaux. Ils sont livrés à notre indifférence et à nos peurs égoïstes.
Honte à nous qui permettons et approuvons ces décisions !
La deuxième raison de mon trouble face à la décision du ministre, c’est le prétexte qu’il utilise : sauver le tourisme de la côte belge.
La côte belge, comme toutes les rives des mers, était splendide avant que des humains ne s’y installent.
Ils en ont fait un cordon de béton, hérissé de bâtiments qui rivalisent en laideur.
Ils en ont fait des attrape-nigauds, assoiffés par nos portefeuilles.
Ils en ont fait un étal de crêpes de gaufres, de frites et de bières, interdisant certaines plages, comme celle de Knokke, ce jardin zoologique des riches, aux « frigo box », qu’ils considèrent comme les garde-mangers des pauvres, indésirables, eux aussi.
Ils en ont fait un catalogue de loyers impossibles qui fait que plus d’un citoyen a choisi la France ou d’autres régions du monde pour y passer ses moments de détente, à des prix abordables.
La côte belge, aujourd’hui, n’est qu’un gouffre financier pour touriste en mal d’évasion !

Au nom des migrants, je prends la décision de ne plus fréquenter la côte belge.
Si comme eux, je connaissais le malheur, je n’y serais pas le bienvenu… autant anticiper !
Au nom des migrants, je ne donnerai pas à ce gouvernement le droit d’humilier l’être humain. Je m’opposerai avec attention et vigueur, au nom d’un certain humanisme, à l’action de ces criminels contre l’humain … à la côte, comme ailleurs !
Sur certaines digues du littoral, les autorités anticipent la montée des eaux qui, un jour, risque de noyer le paysage.
Il serait urgent d’anticiper une autre marée, celle de notre boycott et de notre mépris au nom de la beauté et de la grandeur du visage de l’homme !

Guy De Smet (24 février 2016)


- 20 - INTERDIT

La presse nous livre chaque jour son flot d’informations.
Certaines nous laissent indifférentes, d’autres nous font sourire, d’autres encore suscitent notre colère.
Parmi elles, je voudrais en épingler une, qui non seulement m’a fait sourire, mais qui en plus a suscité mon adhésion.
Un restaurateur de Rueil Malmaison, près de Paris, vient d’ouvrir sa table au public.
À l’entrée de son établissement, il a posé un panneau : « chiens acceptés – banquiers interdits (sauf un droit d’entrée de 70.000 €) ».
Choquant, dans une société où « interdire d’interdire » semble être un dogme.
Et pourtant, l’action de ce commerçant n’a rien de répréhensible, au contraire, me semble-t-il.
Quand lui est venu l’idée de rénover son entreprise - florissante, par ailleurs - le prêt de 70.000 € qu’il sollicitait lui a été refusé.
« Je crois à la réciprocité. Ils m'ont pris pour un con alors moi aussi, je leur dis : voilà vous n'avez pas le droit de venir manger chez moi. C'est interdit, vous ne rentrez pas. Si je suis capable de mettre une pancarte, comme ça à la vue de tout le monde, je ne vais pas reculer. C'est comme ça et pas autrement. C'est moi qui décide chez moi. Ils ne veulent pas de moi, je ne veux pas d'eux », déclare le restaurateur sur les ondes de RTL France.

Ah ! Les banques !
Jusqu’à il y a peu, le banquier était une relation « humaine » sérieuse.
Nous pouvions compter sur lui pour un conseil ou pour un encouragement ou encore pour un avertissement.
Nous prenions rendez-vous avec lui, sachant que nous serions écoutés et guidés.
Lui confier nos projets et nos rêves était un réflexe, à lui de nous en indiquer la possibilité.
Depuis quelque temps, tout a changé.
Nous avons découvert un autre aspect du monde bancaire.
Elle n’était plus cette institution soucieuse de la proximité avec ses clients. Il y a bien toujours un employé pour nous recevoir, mais surtout pour nous faire remplir des documents.
Elle n’était plus cette institution au-dessus de tous soupçons, à qui on pouvait confier ses économies sans arrière-pensée.
Elle était devenue un « casino », jouant avec l’argent de ses clients.
Elle leur imposait des normes et des frais indus, oubliant que sans l’argent de ses clients, elle n’était rien.
Crise des subprimes américains, le jeu s’arrête. Les banques sont au bord de l’effondrement et de la faillite. Les États viennent à leur secours, c’est-à-dire vous et moi et nos portefeuilles.
Aujourd’hui, alors que les responsables politiques conseillent d’oser entreprendre, les banques se font frileuses dans leurs capacités de prêts.
Elles ne stimulent en rien la reprise de l’activité économique, soucieuses seulement du poids qu’elles occupent dans la vitrine de la finance.
Elle se cachent avec pudibonderie derrière la prudence face aux risques, alors que leur quotidien d’après la crise est celui d’avant la crise. Elles vivent de l’argent de leurs clients, mais sans rien donner en retour.
Que de projets humains auxquels aucune chance d’existence n’a ainsi été donnée !
Que de misère s’est installée à cause des « petits caractères » de fins de contrats !
Que d’envols humains et que de créations d’emplois ont ainsi été refusés au nom de la rentabilité des institutions bancaires !
Si jadis, nous étions un visage pour le banquier, aujourd’hui nous ne sommes qu’un numéro de dossier ou de carte.
Si jadis, la banque avait le souci d’être un service, aujourd’hui, elle est une note de frais et d’intérêts volés aux clients.
Si jadis, la banque était respectable, aujourd’hui elle suscite d’abord notre méfiance et notre angoisse face à l’avenir.
Un signe de ce qu’elle est, j’aime à le lire dans sa manière de traiter son personnel à qui elle impose des normes de productivité, sans cesse plus élevé.
« Plus avec moins de moyens », semble être devenue sa devise !
Il est une banque bruxelloise où les responsables aiment à se vanter de leur modernité et de leur qualité d’employeur modèle.
Le bâtiment compte sept étages, ce dernier étant celui de la direction.
Dans les toilettes de ce 7ème étage, coule de l’eau chaude à tous les robinets, aussi sophistiqués soient-ils.
Dans les toilettes des 6 autres étages, les employés n’ont qu’à se contenter d’eau froide !
Un fait anecdotique, me direz-vous, et cependant, je le trouve tellement indicateur de la valeur de l’être humain !

J’applaudis à l’initiative de ce restaurateur.
Si le banquier n’a pas trouvé bon de soutenir son projet, il n’y a aucune raison à ce qu’il puisse y trouver une table à la taille de sa faconde.
Il est bon que la logique bancaire soit ainsi confrontée à la logique humaine !
Ce ne doit pas être impunément que la finance humiliera l’homme qui a envie de vivre !

Guy De Smet (19 février 2016)


- 19 - ATTENTION TITANIC !

Cette semaine, j’ai eu l’occasion de rencontrer une dame rentrant de son travail.
Elle s’y était rendue tôt le matin, pressée, affairée … et vers 20h, elle rejoignait une réunion liée à un autre aspect de son existence.
Tout au long de la réunion, je la voyais bailler avec énergie. Fatigue ? ennui ? Lui posant la question, elle m’avoue n’avoir pas encore eu le temps de manger.
Son quotidien au travail, c’est d’être performante en oubliant d’exister.
Ce qui la guide se sont les impératifs et les objectifs professionnels … dure loi du marché de l’emploi !
Son employeur prévoit même de placer au poignet de ses employés une montre particulière qui ne les quittera plus. Ainsi, ils pourront établir leur quota de pas à faire dans la journée, afin de stimuler leur réactivité.
Un reportage télévisé nous dévoilait, lui, le témoignage d’une autre dame. Elle fut cadre dans une grande entreprise, depuis l’âge de 35 ans.
Pour assurer son emploi et sa dignité, elle devait se donner à fond, sacrifiant vacances, week-end et temps personnel.  L’important, c’était la gestion des dossiers, au point d’occulter toutes les autres facettes de son existence.
Son entreprise, c’était le tout de sa vie !
Un jour, la machine corporelle s’est rappelée à l’existence et tout s’est écroulé. Elle a perdu ses amis, ses relations de travail, sa fonction … Mais, enfin, après trois ans de reconstruction, soutenue par ses proches, elle vit !
Ils appellent ça le « burn-out », le réduisant souvent à une faiblesse ou à une fatalité.
Un autre fait dévoilé par la presse, c’est la colère des agriculteurs. Ils sont levés dès avant l’aube. Ils prestent des heures d’enfer … et ils ne sont pas rétribués pour leur travail.
Des intermédiaires véreux, tels des rapaces, refusent de payer le juste prix pour des produits qu’ils revendent avec des marges bénéficiaires scandaleuses.
Des exploitations agricoles ferment. Des avenirs se bouchent. L’anéantissement de vies entières est ainsi programmé !
Une émission très intéressante de la RTBF nous a ouvert, quant à elle, les portes de la veulerie qui peut hanter le monde médical.
Nous apprenons ainsi que certains chirurgiens n’hésitent pas à imposer une chambre particulière à l’hôpital, sous peine de refuser une opération.
La raison n’est pas à chercher dans une meilleure qualité des soins, mais dans des profits financiers plus substantiels.

Quatre faits qui en disent long sur l’état de santé de notre société libérale.
Il y a des mots qui nous sont assénés chaque jour, comme des évidences. Ils ne sont pourtant que des armes de destruction massive.
« Productivité », « rentabilité », « compétitivité », « consommation ».
Les politiques, les industriels, les financiers, tous, ils n’ont que ces mots à la bouche.
Ils doivent susciter de nouveaux rêves … et s’envole une farandole d’autres mots qui font rêver : « richesses », « bénéfices », « dividendes », « domination », « leadership » …
Dans l’espoir de voir leurs désirs devenir des réalités, ils se sont construits des cathédrales : « la Bourse », « les Banques », « les paradis fiscaux », « la fraude », « le blanchiment d’argent », « les agences de notations », « la mondialisation » …
La seule musique qui résonne, avec bonheur, aux oreilles d’une telle société, c’est la mélodie de l’argent tombant dans l’escarcelle. C’est là la symphonie du bonheur de ce début de XXIème siècle !
Cette société néolibérale s’est aussi trouvée des valets et des esclaves pour arriver à ses fins : le monde politique, les tenants des grands marchés, comme l’Europe et les travailleurs.
Le seul mot qui ne semble plus coller aux impératifs d’une telle société, c’est le mot : « Humanité » !
Les malades, les retraités sont de trop, parce qu’ils coûtent cher.
Les chômeurs sont de trop, parce qu’ils coûtent cher.
Les migrants sont de trop, parce qu’ils coûtent cher.
Les handicapés sont de trop, ils coûtent trop cher.
Les jeunes sont de trop, parce qu’ils n’ont pas d’expérience et qu’ils risquent de coûter cher.
Les pauvres sont devenus une tache.
Mon voisin est devenu un risque.
Mon collègue est devenu un danger à écraser.

Si je devais illustrer notre monde de ce début de siècle par une image, je prendrais volontiers celle du Titanic.
Ce bateau était parfait, insubmersible. Nous allions voir ce que nous allions voir !
Nous avons vu : au premier iceberg, il a sombré corps et bien !
C’est bien ce qui risque d’être l’avenir de notre société.
Pour la bâtir, nous avons oublié l’homme ou plutôt nous avons voulu l’asservir.
Nous avons voulu le réduire à une unité de production.
Nous allons jusqu’à lui nier le droit de manger, d’avoir une vie de famille et de relations, de se reposer …
Nous lui imposons des cadences de travail qui ne le respectent pas.
Nous lui ordonnons de travailler jusqu’à ce que l’âge de la mort arrive.
Nous lui imposons des conditions de vie qui ne lui permettent pas de vivre de son travail.
Nous lui imposons une nouvelle famille, l’entreprise, lui demandant de délaisser ses sentiments et ses liens naturels.
Nous lui « jetons », un salaire qui ne lui permet pas de vivre décemment.
Nous faisons de sa santé un enjeu de chantage et d’injustice.
Nous ne voulons plus entendre son cri de désespoir et de colère, aveuglés que nous sommes par notre soif de « toujours plus ».

Aujourd’hui, une colère se met à gronder.
Des hommes et des femmes de Justice pointent du doigt des injustices inacceptables.
Des mouvements citoyens réveillent nos consciences et dénoncent l’iceberg qui nous menace.
Tous, ils pointent du doigt l’idéologie qui gouverne le monde : le libéralisme et son économie de marché.
Il est une aberration de l’esprit : comment a-t-il été possible de penser à construire une société dans laquelle l’homme n’aurait pas sa place ?
Il est une injustice faisant de l’argent un dieu qui ne peut cependant rien sans le travail de l’homme.
Il est un crime contre l’Humanité, laissant derrière lui un cortège de victimes, de miséreux, d’hommes et de femmes détruits et exploités.
Il est une motivation de combat pour toutes celles et pour tous ceux qui, au nom de la grandeur de l’homme, sont prêts à libérer le monde de ce cancer qui nous ronge.
Ce combat, homme de bonne volonté,  il commence aujourd’hui !

Guy De Smet (18 février 2016)


- 18 - AVEC FRANCKEN EN « ABSURDIE » !

La presse nous apprend que les migrants refoulés à Couvin se plaignent. Ils promettent même de manifester publiquement leur mécontentement.
Les plus chagrins, parmi nous, ne comprendront pas cette attitude : comment osent-ils se plaindre, alors que nous leur avons ouvert les portes de notre pays et de notre bon cœur. Ah ! Les violons de l’ingratitude !
Ils seront relayés, dans ces affirmations, par des candidats réfugiés : « Je ne dirai jamais assez merci à la Belgique et aux Belges pour leur accueil. On a un toit et parfois de la nourriture. Mais nous avons besoin d’un peu plus que ça. Et ici, on ne nous l’offre pas pour l’instant. Ça devient difficile au quotidien ».
Pour comprendre ce mécontentement, il suffit de s’intéresser aux conditions dans lesquelles se réalisent cet accueil, telles que nous les relatent Sud-presse :
> De très mauvais repas servis dans des « gamelles » et en quantité souvent insuffisante. Il leur est, en effet, interdit de se resservir et, au début, leur main était marquée pour éviter les « abus ».
> L’absence de service postal. Service qui leur est essentiel pour pouvoir suivre leur dossier et accomplir les démarches nécessaires.
> Pas d’accès à une machine à laver. Un problème technique les empêche de laver leurs vêtements, et ce, depuis leur arrivée.
> Un confort plus que restreint. Certaines chambres ne disposant même pas de papier toilette en suffisance.
> Pas d’argent ni de tickets de trains pour se rendre à leurs rendez-vous obligatoires. Le système se met doucement en place. Mais comme on leur a prélevé une garantie financière à leur arrivée, certains n’ont plus du tout d’argent.
> Le Wi-Fi uniquement dans le hall d’entrée.
Rien que cela !
La plupart de ces hommes et de ces femmes sont jeunes, en pleine force de l’âge.
Ils ne mangent pas à leur faim. Les responsables vont même jusqu’à l’humiliation de les marquer, comme on le ferait pour le bétail.
Parents, essayez ce système avec vos adolescents !
Pour les « parquer », les autorités les ont placés à Couvin, alors que leurs dossiers  se traitent à Bruxelles. Cherchez l’erreur !
Certes, il faut répartir le nombre de candidats réfugiés pour respecter les normes imposées par l’Europe.
Mais alors, ou bien on invente un service postal performant, car il y a urgence, après des mois et des années d’enfer … ou bien on invente une administration locale qui, aidée par l’informatique, permet à ces êtres humains de penser à vivre enfin ou bien on dit « non » aux quotas et on ferme ses frontières.
Et dire, que quand nous attendons un colis ou une nouvelle prévue, nous râlons déjà sur le retard de notre facteur !
Le troisième grief concerne l’hygiène. Ces « déplacés » ne disposent pas d’une garde-robe impressionnante. Leur question du matin n’est pas : « que vais-je mettre aujourd’hui ? »
Ils n’ont souvent que les maigres biens qu’ils ont pu emporter ou ceux qu’ils ont reçus, de l’une ou l’autre association, au terme de leur route.
Une machine à laver est bien la moindre chose dont ils pourraient rêver. Celle-ci semble d’ailleurs avoir été prévue … mais depuis des mois, elle ne fonctionne pas !
Et dire que notre impatience se manifeste déjà dès que le bac à linge est plein !
Ils se plaignent aussi du confort – entre autre du papier toilette qui manque !
Il est vrai que le ministre avait promis qu’il n’y aurait pas de luxe dans l’accueil. De là à codifier les besoins naturels, il y a des limites à ne pas franchir.
Décidément, la perversion de ce monstre ministériel est un puits sans fond !
Et il ose se vanter quand des migrants préfèrent rejoindre leur enfer par des charters de dégoût. Il est une honte pour notre pays !
Le grief suivant s’apparente au vol.
En arrivant chez nous, on leur a prélevé sur leurs maigres biens, une garantie financière. Certains se retrouvent ainsi sans argent.
On les enferme aux confins du pays, dans une région qui n’est pas facile d’accès et dans laquelle ils n’avaient pas imaginé devoir vivre.
En plus, on ne les aide pas à se rendre là où leur présence est indispensable.
Où sont passés les subsides de 6000 € par migrant promis par l’Europe : il est vrai que c’était en septembre dernier et que depuis l’oubli semble avoir fait le reste !
À quoi sert le budget de ce ministère, financé par NOS impôts ?
À moins que le but ultime de ces complications ne soit d’indiquer que vraiment ils ne sont pas les bienvenus chez nous !
D’autre part, nous avons pu assister à ce spectacle pathétique de Louis Michel s’en prenant à une ministre danoise. Elle venait d’un pays où les autorités OSENT confisquer des biens aux migrants pour assurer leur accueil.
La même chose se passe chez nous … et ce bull-dog reste muet dans toutes les langues !
Enfin dernier grief : il n’y a qu’un point d’accès au Wi-Fi : le hall du centre !
Des centaines de migrants pour un seul coin d’immeuble : on croit rêver !
Même la prison est plus performante dans ce domaine !
Nous sommes au 21ème siècle !
Tout se fait par l’informatique aujourd’hui : dossiers, recherches d’emplois, contacts avec la famille …
Imaginez-vous dans vos maisons : parents, enfants, confinés, dans votre hall d’entrée, pour communiquer. Nous nous plaignons déjà quand un téléchargement est trop lent !
Mais si ces conditions sont déjà plus que précaires, en frôlant l’inhumain, c’était sans compter sur la réaction du ministre.
Il la formule sur Twitter, en néerlandais, pour des migrants parqués à Couvin ! Cherchez l’erreur !
Mais, comme si son mépris d’une de nos langues nationales ne lui suffisait pas, il se permet des propos pour le moins insultants.
Traduit, voici le message du Ministre :
« Les demandeurs d’asile vont manifester parce que la nourriture et les conditions d’accueil ne leur conviennent pas. J’ai été pendant six ans dans un internat et là il n’y avait qu’une seule règle : manger ce qu’il y avait. Si la nourriture et les conditions d’accueil ne leur conviennent pas, ils peuvent toujours se rendre dans un autre pays européen, parfait et sûr comme La Roumanie, la Bulgarie ou la Grèce. Ils ne manquent pas de culot »
Là, nous sommes entrés au pays de l’absurde !
Non seulement, il frôle l’incident diplomatique avec des pays avec qui nous formons « la grande et belle Europe ».
Il met à mal une solidarité européenne qui a déjà toutes les peines du monde à se mettre en place.
Mais en plus, il compare sa situation de sale gosse de riches avec celles de ces hommes qui ont quitté l’enfer pour en retrouver un autre, celui du froid, de la faim, du désespoir et de l’inhumanité.
Ce ministre n’est décidément qu’un minable, représentant bien le gouvernement dont il provient.
Ce ministre est une honte pour un pays dont l’hospitalité a toujours été une règle précieuse.
Jusqu’à il n’y a pas longtemps, ne pouvions-nous pas lire à l’entrée de notre région : « Wallonie, terre d’accueil » ? Fallait-il lire en « Absurdie » ?
Il n’aime pas les manifestations, ni les grèves. La seule norme qui vaille, c’est son mépris des hommes et des femmes dont il a la responsabilité.
Son parti va jusqu’à remettre en cause l’existence du droit syndical.
Les droits élémentaires de l’homme sont le cadet de ses soucis.
Ce ministre est dangereux … une récompense de dignité sera offerte à ceux qui l’empêcheront de nuire !

Guy De Smet (11 février 2016)


- 17 - LAVER PLUS BLANC QUE BLANC

La Justice allemande se prépare à « réparer » l’image de l’Allemagne en inaugurant le procès de deux hommes, soupçonnés de collaboration active au IIIème Reich.
Ils sont jugés coupables d’avoir participé activement au fonctionnement de camps d’extermination. Ils sont aujourd’hui âgés de 94 et 95 ans !
Le Procureur fédéral estime que leur âge est sans importance, même si on ne peut reprocher des faits précis à ces deux soldats du IIIème Reich.
Mais, en même temps, ces procès tombent bien, alors que plus d’un épinglent l’arrogance de la réussite allemande en plein cœur de la crise qui frappe le monde.
Que reproche-t-on à ces jeunes ?
Il est intolérable qu’ils aient appartenu à un peuple qui avait trouvé en Hitler un Messie.
Il est inacceptable d’appartenir à un peuple qui n’avait pas d’autre choix que celui de suivre les arcanes de la dictature.
Il est impensable, comme soldat, d’oser revêtir un uniforme qui allait devenir symbole de mort et de destruction.
Aujourd’hui, après 71 ans, ils doivent payer pour des actes qu’on peine à leur trouver, si ce n’est d’avoir travaillé dans des camps d’extermination. Avaient-ils seulement le choix à l’époque ?
Certes, il s’est trouvé une quarantaine de rescapés de la Shoah pour se porter partie civile … Une heure de gloire de plus à inscrire à leur palmarès du courage !
Dire cela, ce n’est pas minimiser cette extermination barbare et inhumaine de toute une race.
Dire cela, ce n’est pas vouloir oublier ces pages sombres de notre Histoire européenne.
Dire cela, aujourd’hui, c’est affirmer qu’il n’a jamais été très courageux, dans l’Histoire de s’en prendre aux lampistes.
Ces lampistes appartiennent à un peuple qui a cru dans le National-Socialisme.
Ces lampistes n’ont pas eu d’autres choix – comme le reste du peuple – de se taire et de fermer les yeux.
Il est facile de réécrire l’Histoire 71 ans après !
Une condamnation sera prononcée.
L’honneur de l’Allemagne sera sauf, comme si nous allions oublier les cauchemars qu’elle a occasionnés.
La bonne conscience de l’Humanité aura fait un pas de plus dans son ronron habituel … à moins que ce ne soit la lâcheté de notre conscience qui, une fois de plus, se soit moquée de nous.

Aujourd’hui, il existe d’autres crimes qui nous indiquent, avec honte, que le « Plus jamais cela » de l’Histoire a, une fois de plus, été bafoué.
Et là pas de tribunal, pas de procureur !
Il y a ce crime qui pousse sur les routes des milliers de migrants fuyant la guerre ou la faim. Il est l’œuvre d’égoïsmes puissants et d’indifférences assassines.
Il y a le crime commis par Israël à Gaza ou dans les territoires occupés. Des hommes, des femmes, des enfants, des familles y sont spoliés au nom d’une arrogance sioniste effrayante.
Les victimes d’hier sont devenues les bourreaux d’aujourd’hui. Leurs forfaits sont une insulte à la Shoah et une honte pour un Judaïsme qui se réclame être l’Élu de Dieu.
Il y a le crime commis, au quotidien, par le néolibéralisme, aux quatre coins du monde.
Que d’êtres humains qui ont ainsi été sacrifiés sur l’autel du dieu Argent, sans que cela ne suscite la moindre réaction.
Les victimes, ce sont nos proches, nos voisins ... ils font désormais partie du paysage, sans que cela n’engage personne !
Aujourd’hui, en Italie, des petits épargnants ont tout perdu, parce qu’ils avaient confié leur argent à une banque éprise de jeux de casino !
Il y a les crimes issus du terrorisme et de la violence qui ne rencontrent que notre impuissance, si pas notre complaisance.
Des hommes tuent, détruisent pour se donner une aura … et le monde reste impuissant.
Pourtant, les coupables, nous les connaissons.
Ils ont le visage de dictateurs et d’irresponsables politiques connus.
Ils ont le visage d’empires économiques et financiers redoutables.
Ils ont le visage d’un peuple qui se cache derrière le Sionisme et la terreur qu’il engendre, comme s ‘il s’agissait d’un bouclier.
Ils ont le visage d’organisations, comme Daesh, qui ne méritent que notre mépris.
Ils sont le visage de notre indifférence et de nos petits « moi je » égoïstes.
Pour eux, il n’y aura pas de procès. Il y aura simplement un silence lourd et équivoque.
Pour eux, il n’y aura pas de condamnation. Il y aura simplement une envie de tourner la page, comme si rien ne s’était passé.
À moins que ce ne soit l’Histoire qui, un jour, rendra Justice aux victimes que nous avons laissé créer.

Guy De Smet (10 février 2016)


- 16 - À BOUT DE SOUFFLE

En se plongeant, chaque jour, dans l’actualité qui fait le monde, nous sommes bien obligés de constater que tout ne tourne pas rond sur cette terre.
L’injustice gouverne la vie en société. Les inégalités sont criantes. Le désespoir est au rendez-vous de tellement de personnes humaines.
La nature, l’environnement, eux aussi, sont malades, victimes de tellement peu d’attention et de tant d’égoïsmes et d’intérêts sordides.
La guerre ne cesse de détruire les relations entre les hommes.
Le bruit des armes et les miasmes de la violence ne cessent de défigurer les projets des hommes.
La faim fait hurler de détresse une grosse partie de l’humanité, pendant que l’autre meurt de trop de facilités.
Des maladies nouvelles, des épidémies révèlent tant de peurs et tant de désespoirs.
Chaque page de nos journaux, chaque minute du fil de l’actualité sur nos écrans sont ainsi source d’une angoisse que rien ne semble pouvoir combler.
Nous aurions pu essayer un sursaut, comme on le constate auprès d’une bête blessée, tant chez les individus, qu’auprès de ceux qui ont la responsabilité de gérer la Cité.
Et là … rien !

L’homme d ‘aujourd’hui se replie sur lui-même.
Il vit son environnement comme une agression, comme une atteinte à sa liberté et à son épanouissement. Son petit « Moi je » est mis en danger !
Il faut reconnaître que la vie le lui rend bien, en lui offrant tellement peu de champs d’existence.
S’il veut se pencher sur sa santé, il est un numéro.
S’il veut envisager son avenir, il est un numéro.
S’il va vers sa boîte aux lettres, il y découvrira des numéros à payer, des factures.
S’il veut se confronter à son identité, il est un numéro, si pas une puce électronique.
Du rayon boucherie à la sécurité sociale, il n’existe que sous la forme d’un numéro, à rappeler, avant même de donner son nom.
S’il possède ce sésame qu’est ce numéro, il a une importance en fonction d’un autre chiffre : celui de son compte en banque et de son argent.
J’ai toujours été interpellé par la question que posait Jacques Martin aux enfants dans l’École des fans : « Que fait ton papa ? »
C’est une question qui a aussi de beaux jours dans certaines écoles !
En réponse, il vaut mieux être fils de notable que fils de chômeur ou de repris de justice !
L’hommes semble, dans notre société, avoir de la valeur en fonction de ce qu’il possède.
Ainsi, par les temps qui courent, il vaut mieux s’appeler Gérard Depardieu et être un exilé fiscal dans notre pays que Mohammed et être migrant !
À l’école, que d’enfants auront pu faire l’expérience qu’il est plus commode d’être le fils ou la fille de Madame Untelle que le rejeton de n’importe quel manœuvre ou de l’étranger du coin.
Face à toutes ces atteintes, donc, l’homme d’aujourd’hui se replie sur lui-même et fait de son miroir et de son cocon son lieu d’existence.
Il justifie, en plus son attitude, assez facilement : « Vous comprenez, on ne peut pas épouser la misère du monde entier ! »
Cette réaction du citoyen que nous sommes est aussi celle de ceux qui nous dirigent.
Le repli sur ses petits intérêts, le repli dans un nationalisme morbide sont devenus des attitudes très en vogue par les temps qui courent.
La vie semble faite comme s ‘il fallait s’en protéger !
J’ai été très frappé, la semaine dernière, par la tenue des débats de nos parlementaires, tant fédéraux que régionaux.
Il n’y était question que de taxes : taxshift d’un côté, taxes sur les rénovations d’habitations de l’autre.
N’importe quel problème de société est avant tout une question d’argent. C’est bien ce qui justifie tous nos replis sur nous-mêmes.
Depuis des années, nos gouvernants nationaux nous chantent les mérites de l’austérité. Pour ce faire, ils vont de plan d’assainissement en plan d’assainissement.
Ils inventent des taxes, au point de sembler oublier leur utilité, si ce n’est de boucher un gouffre qui ne cesse de s’approfondir.
L’Europe, elle-même, n’est plus qu’un « machin » dont le but n’est que de servir le dieu Argent.
Les dirigeants européens ont, par exemple, préféré mettre le peuple grec à genoux que de lui proposer un avenir à construire.
Ces mêmes dirigeants préfèrent encourager une agriculture noyée dans la mondialisation et dans la productivité, qu’une agriculture à taille humaine et de qualité.
L’important, ce sont les chiffres, les statistiques, les normes de croissance.
La seule inquiétude, c’est un grand marché économique.
Et l’Homme dans tout cela ?
Depuis longtemps, la société n’est plus dirigée par un souffle créateur de vie et de bonheur.
La quête du bonheur est conditionnée par la rentabilité de l’argent et par la soif de production.
Aujourd’hui, il faut être performant, pas en création de conditions de bonheur, mais en données économiques et financières.
Et, à ce jeu : que d’exclus !
Que d’hommes et de femmes qui ne suivent plus la marche du monde et pour qui le burn-out est le seul horizon.
Que de jeunes qui étudient sans motivation, parce qu’ils ne savent pas où cela va les conduire.
Que d’exclus de la société pour qui l’échec leur collent à la peau, au point de devoir justifier la mendicité qui fait leur allocation de survie et leur honte.
Que de vieux pour qui la fin de vie est une vallée amère qu’ils espèrent bien voir abréger le plus vite possible.
Notre société a besoin de trouver le chemin vers le service des urgences.
Elle a besoin, de toute urgence, de replacer le bonheur de l’homme au centre de ses préoccupations, sous peine d’imploser et de disparaitre à la manière des dinosaures.
Si cela concerne la société, cela vous concerne aussi vous, qui me lisez.
Le seul cadeau d’une journée, c’est d’ouvrir les yeux et de vivre.
Le seul plaisir d’une journée c’est le sourire que nous pouvons donner et que nous pouvons recevoir.
Le seul essentiel, c’est celui qui vient du cœur et qui est invisible aux yeux du monde.
La seule raison d’être d’une journée, c’est d’y créer, avec l’aide d’autres, le cocon pour votre bonheur.
C’est cela seul qui suivra votre corbillard, un jour !
Pour qu’une journée soit tout cela, nous avons besoin des autres et ils ont besoin de nous.
C’est là l’unique secret de notre bonheur.

Guy De Smet (9 février 2016)


- 15 - STOP NOURRITURE !

Depuis des mois, il est question des migrants.
Certains parlent d’eux en termes d’invasion. D’autres, les enferment derrière les chiffres de quotas. D’autres encore n’envisagent qu’un « accueil de base, sans luxe ». Parfois même, les déclarations deviennent des écrits qui fleurent bon le racisme et la xénophobie à bon marché.
Une chose est claire, nos pays n’en veulent pas. Ils sont de trop chez nous, confrontés que nous sommes déjà à une crise économique et sociale impressionnante.
Nous connaissions le cynisme de Théo Francken. Armé d’un sourire sadique, il ne peut cacher son dégoût pour cette population qui s’en vient mettre en cause les projets ultralibéraux du gouvernement.
Nous connaissions l’incompétence et le désintérêt de l’Europe pour ces hommes et ces femmes qui sont devenus un danger à « parquer ».
Le Gouverneur de Flandre occidentale, Monsieur De Caluwe vient d’en remettre une couche !
Il invite les habitants de sa province à ne plus nourrir ces migrants qui seraient un danger environnemental et social pour le bien-être de la Côte belge.
Les nourrir et leur venir en aide, c’est encourager une migration, dont les autorités ne veulent pas. Ils ne manquent pas de le faire savoir !
Il s’en prend ainsi à l’action humaine des associations et de l’Église qui sont sur la brèche pour offrir un peu d’humanité à tous ces naufragés de la vie.
Il refuse à ces hommes et à ces femmes, confrontés à la détresse et au néant, le statut d’être humain !

Derrière les chiffres, les ukases et les décisions irresponsables des autorités, il y a pourtant des visages.
Ils vivaient heureux sur leurs terres, à l’abri de leur maison, dans la générosité du soleil qui abreuve leurs contrées.
Ce qu’ils avaient, ils s’étaient battus pour le construire ou ils l’avaient reçu de leurs parents et de leurs familles.
Il est vrai que leurs pays avaient été des enjeux de l’Empire britannique et de la stratégie mondiale. Ils ont été lâchement livrés à eux-mêmes, devenant les jouets de parasites et de dictateurs, assoiffés de pouvoir et d’idéologie.
Mais la guerre, les luttes entre ethnies, les radicalisations religieuses ont semé le chaos, emportant tout sur leur passage.
Aujourd’hui leurs villages et leurs villes sont dévastés. Leurs maisons sont des ruines. Leurs vies sont devenues des ilots de misère.
Il leur reste à fuir, dans l’espoir de jours meilleurs.
Il leur reste à fuir, espérant trouver un avenir … auprès de ceux qui ont occupé leurs terres jadis, l’Angleterre !
Mais la fière Grande-Bretagne est devenue l’avare Angleterre. Elle vit aujourd’hui au rythme de la City, de ses courbes et de ses chiffres. Il y a longtemps que le cœur a pris la forme d’un portefeuille !
Les Anglais ne veulent pas d’eux pour des raisons essentiellement politiques et donc dénuées de sens.
Qu’est-ce que la politique, si elle n’est plus un service de l’homme et de sa vie dans la Cité ?
Depuis des décennies donc, des migrants, entrés légalement en Europe, campent à la frontière fermée d’Outre-Manche.
Calais est devenu le synonyme d’avilissement et d’assassinat légaux.
Ils y connaissent l’insalubrité, la misère.
Ils sont réduits à l’état de rats dont on cherche aujourd’hui à éradiquer les nids de fortune qu’ils se sont trouvés.
Ils vivent le rejet et la stigmatisation, comme les pestiférés du Moyen-Âge.
L’enfer est leur quotidien … et cela ne semble pas concerner celles et ceux qui nous dirigent. Il est tellement plus facile pour eux de s’appuyer sur un populisme qu’ils alimentent généreusement.
Certains parmi les migrants ont tenté leur chance chez nous, espérant y trouver une lucarne vers l’Angleterre.
Sur leurs chemins, ils ont rencontré des mains tendues. Ils ont trouvé une oreille attentive à leur détresse : oui, ils étaient encore des êtres humains !
C’était sans compter sur l’inhumanité du Gouverneur de la Flandre occidentale : « Ne plus nourrir les migrants ».
Ces propos sont choquants, insultants et criminels !
Criminels, car la « non-assistance à personne en danger » vaut aussi pour un responsable politique.
Insultants vis-à-vis des migrants qui, comme tout humain confronté à l’enfer, espéraient bien un verre d’eau et un peu de force.
Insultants vis-à-vis des mains tendues : comment peut-on reprocher à un homme d’être tout simplement humain ?
Choquants, enfin, ces propos reflètent une atteinte majeure aux Droits de l’Homme, dont les politiciens se veulent les chantres, par ailleurs.
Pour les Chrétiens dont il se réclame, cela devrait être traduit en excommunication !
De tels propos devraient pouvoir être sanctionner par une démission, si pas par une condamnation majeure.
La dernière fois que de telles déclarations ont été proférées à la Côte belge, il était question de mouettes.
Elles, non plus, il ne fallait plus les nourrir pour éviter qu’elles ne pullulent et qu’elles abîment notre environnement.
Désormais, mouette ou migrant : même combat !
J’ai honte de vivre dans un pays dans lequel une telle inhumanité est possible.
J’ai honte de ces responsables politiques que nous nous sommes donnés et qui ont oublié la valeur absolue de l’humain pour construire une société.
J’ai honte de voir des hommes devenir pire que des loups pour d’autres hommes.
Est-il encore possible de descendre plus bas dans le niveau de bassesse ?

Guy De Smet (4 février 2016)


- 14 - DÉCUS …

Cette impression, c’est celle que ressentent plus d’une centaine de migrants irakiens qui sont retournés « volontairement » dans leur pays.
Ils avaient fait des milliers de kilomètres, espérant trouver une terre, sur laquelle ne résonnait aucun bruit de guerre.
Ils avaient laissé là leurs maisons détruites, leurs vies explosées, leurs espoirs d’un monde meilleur envolés.
Certains étaient venus avec leur femme et leurs enfants, pariant sur une autre vie possible.
D’autres hommes étaient venus en éclaireurs, dans l’espoir de trouver des conditions pour un nouveau départ, loin d’une guerre qui a tout ravagé sur leur passage.
Ils ont très vite dû déchanter.
Ils ont été comptés et vérifiés comme du bétail.
Ils ont été parqués dans des conditions d’hygiène et d’insalubrité, indignes de pays qui se veulent les ambassadeurs des Droits de l’Homme.
Ils ont été refoulés de bureau en bureau, de date de rendez-vous en date de rendez-vous, sans jamais trouver une écoute ou un peu d’humanité.
Dans le froid de nos hivers, ils ont été livrés à eux-mêmes, faisant de l’ennui et de l’attente, un quotidien. Les rues de Namur et les abords de son centre « d’accueil » peuvent en témoigner !
Certes, ils avaient cru trouver, chez nous l’Eldorado. Ils n’y ont trouvé que les miasmes d’un libéralisme qui humilie et qui tue.
Certes, ils ont cru trouver chez nous un accueil, après la misère qu’ils avaient connue. Ils n’ont rencontré que les tracas administratifs et l’immobilité d’États repliés sur eux-mêmes.
Ils ont été accrochés par les griffes du cynisme de la politique d’asile dont notre pays a le secret. Théo Francken, ce bourreau de l’espoir, a été jusqu’à leur écrire pour leur conseiller de retourner chez eux, parce qu‘ils n’étaient pas les bienvenus chez nous. Il a même été jusqu’à considérer la situation de leur pays d’origine comme « normale » !
Pauvre type ! Il appartient à ces Pharisiens capables de débusquer la paille danoise, alors qu’ils sont encombrés par la poutre qu’ils ont créée.
Il s’est contenté du strict minimum, passant pour un bon élève de normes européennes ignobles.
Les conditions de l’accueil étaient le moindre de ses soucis. Son incapacité à gérer cette crise en est un signe !
Il les a répartis. Il en a fait des chiffres pour des statistiques … mettant de l’eau au moulin d’une population qui avait ainsi de quoi s’exciter sur autre chose que sur les mesures gouvernementales.
Il a pu démontrer à son électorat qui retrouvait les berges du Vlaams Belang qu’il était un bon raciste et un excellent xénophobe … du moins face aux pauvres !
En filigrane, que ces braves électeurs n’oublient pas de lire : « Votez pour moi ! »
Lundi dernier, vers 6h30, ces migrants, tels des pestiférés qu’il faut évacuer de nuit, s’en sont retournés « volontairement » chez eux !
La grand-messe libérale de l’austérité pouvait poursuivre ses objectifs, sans être détournée de ses objectifs par les cris de ces migrants imprévus et indésirables.
Il est vrai que Monsieur Francken appartient à un gouvernement pour lequel il ne fait pas bon d’être un travailleur, d’être pauvre, malade, retraité et en mauvaise santé !

Si les migrants étaient déçus de l’accueil rencontré chez nous, qu’ils sachent que pour nous, ce lundi était un jour de honte.
Je vous livre les paroles, dignes d’un dépotoir, qui ont pu sortir de la bouche de ce « moins que rien », chargé de l’Asile dans notre pays.
Il a fait cette déclaration, se pavanant dans le hall de l’aéroport, au nez et à la barbe de ceux qu’il humiliait : « C’est clair que les Irakiens sont très déçus : ils pensaient qu’ils allaient recevoir des fortunes ici, que l’Europe était l’Eldorado, le pays du miel et du lait. Ils pensaient qu’ils allaient recevoir cash 3000 euros par mois, qu’ils allaient recevoir une voiture et que la famille allait être autorisée à les rejoindre de suite. Ce n’est pas la vérité. L’accueil est très basique. Pas de luxe. Et pour eux, ce n'est pas évident. Ils voient cela et sont déçus en se disant : "Ah c’est ça la Belgique ?" Alors ils veulent retourner. Il y a beaucoup d’intéressés qui veulent retourner vers Bagdad. Nous avons eu un flux énorme de migrants originaires de Bagdad pendant les mois de septembre et octobre. Des milliers d’Irakiens sont venus ici. On constate que plus de 1000 d’entre eux sont déjà retournés et qu’il y a encore beaucoup d’autres réfugiés intéressés de retourner à Bagdad. C’est la première fois qu’on affrète un charter avec une ONG. Il y a une grande demande, c’est une primeur européenne et je suis très content de cela. Si les gens veulent retourner, moi je ne vais pas les arrêter ».
Outre une expression dans un français déplorable, ces propos ne sont pas dignes d’un responsable « courageux ».
J’ose espérer pour la conscience du ministre – si du moins il en a une – que parmi ces hommes, ces femmes et ces enfants, expulsés volontaires, il n’y en aura pas un à être victime de la violence quotidienne qui déchire l’Irak. Cela ferait de lui et de tout ce gouvernement Michel des « criminels de guerre », coupables d’un crime contre l’Humanité.
Pour l’heure, c’est le sentiment de honte qui devrait dominer nos consciences nationales.
Nous avons renvoyé vers l’enfer des hommes et des femmes qui n’étaient en rien responsables du sort qui s’acharne sur eux.
Jamais, ils ne vivront dans un pays apaisé ou reconstruit … et dans cette situation mortifère, la responsabilité de l’Occident est lourdement engagée.

Mais, ce qui vient d’arriver là ne doit pas nous étonner.
Cet épisode appartient au triste spectacle que nous livre ce gouvernement, depuis plus d’un an.
Il ne fait pas bon être pauvre ou avoir de petits revenus, chez nous. Ceux-là aussi sont déçus !
Il ne fait pas bon y être malade, retraité ou chômeur. Ceux-là aussi sont déçus !
Il ne fait pas bon y être jeune, à la recherche d’un avenir. Lui aussi est déçu !
Il y est tellement plus confortable d’être un « grand patron », un actionnaire assoiffé de dividendes ou un riche dont le secret est de frauder.
Il vaut mieux s’appeler Delhaize, Imbev ou Proximus et être en situation d’éluder l’impôt.
Il vaut mieux être dans les bénéficiaires du régime, être prince râleur ou ministre ou député.
Il vaut mieux s’appeler Arnaud, Depardieu ou Arthur. Il vaut mieux avoir revêtu le costume d’exilé fiscal. Alors, les portes du pays vous seront ouvertes et le tapis rouge sera déroulé.
Il est vrai, si on suit la logique gouvernementale, qu’un sac Vuiton a plus de valeur qu’un migrant et donc qu’une personne humaine !
Heureux les riches et les bien-portants, le Royaume de Belgique est pour eux ». Ce sera bien là la nouvelle Béatitude libérale, version belge !
Aujourd’hui, j’ai mal à mon pays. Il est dirigé par des irresponsables et par de sales gosses de riches qui ne connaissent rien de la détresse humaine.
S’ils ne pouvaient - ne fusse qu’un jour - partager le sort de ceux qu’ils expulsent et qu’ils rejettent !
Mais il s’agit là d’un autre rêve, plus inaccessible encore !

Guy De Smet (2 février 2016)


- 13 - COLÈRE AU PARLEMENT

Cette semaine, Louis Michel a failli nous quitter « en direct ».
Quelle ne fut pas ma stupeur de le découvrir, en pleine séance du Parlement européen, au bord de l’apoplexie.
Rouge de colère, il s’en prenait à la représentante du Danemark. Elle était venue présenter les mesures prises par son pays, pour freiner l’arrivée massive des migrants.
Comme l’ont fait d’autres pays, le Royaume de Danemark a décidé de faire participer les migrants au financement de leur séjour.
Pour cela, les autorités prévoient de confisquer les biens personnels des migrants, pour autant qu’ils dépassent une certaine somme et qu’ils ne soient pas porteurs d’une connotation sentimentale.
Elles envisagent aussi de rendre plus contraignantes les mesures permettant le regroupement familial.
Par ces nouvelles lois, et d’autres en élaboration, ce pays prévoit de sauvegarder son modèle de vivre ensemble.
Cette conception de l’immigration ne rencontre pas les faveurs de l’Europe qui le crie haut et fort … en n’ayant rien à proposer !
Elle ouvre ses frontières, mais ne sait que faire de ceux qui débarquent, si ce n’est des robots économiques !
Louis Michel, député européen, s’est fait le porte-parole de l’opposition à la situation danoise. Il s’est fait le chantre de la démocratie, qu’il aime côtoyer auprès de ses amis de la N-VA ou auprès de ses autres amis congolais.
Il faisait pitié à voir ! Pathétique ! Ridicule !
Car enfin, de quoi se mêle-t-il ?
Le Danemark est un pays souverain. Il connait ses limites et ses possibilités et il n’a que faire de l’avis ou de la colère de quelques « donneurs de leçons » en manque d’auditoire.
Certes, l’Europe impose des quotas, fixe des normes et des conditions … en oubliant une présence active sur le terrain.
Le site de Calais en est une brillante illustration !
Les impossibles surveillances des frontières extérieures en sont une autre !
Il semble avoir plus de moyens pour rétribuer ses fonctionnaires que pour venir en aide à ceux qui, dans la détresse, frappent à sa porte !
Le Danemark n’a pas à recevoir de leçons de démocratie d’un personnage pour qui la démagogie est un mode de fonctionnement et les ténèbres une face cachée qu’il ne fait pas bon de remuer.
D’autre part, qui est-il, Monsieur Michel pour se présenter comme la « Jeanne d’Arc » de la démocratie ?
Aurait-il oublié que son parti, qui détient le poste de Premier-Ministre dans notre pays, a renié tous ses engagements pré-électoraux, au point de participer à un gouvernement dont il dénonçait la possibilité, hier ?
Aurait-il oublié que son fils détient le poste de Premier-Ministre avec l’aval de seulement un peu plus de 9% de l’électorat belge ?
Aurait-il oublié que son parti, le MR, préfère conclure l’étude des dossiers au sein du comité restreint, au lieu de se soumettre aux votes des instances du Parlement ?
Aurait-il oublié qu’un des fonctionnements de son parti est de parler de concertation sociale quand, en même temps, il réfute des projets d’amendement de ses lois iniques ?
La concertation sociale ne serait qu’une signature d’un chèque en blanc, offert à Michel et à sa clique ?
Enfin, l’énergie de Monsieur Michel varie de puissance selon les moments et selon les événements. Elle peut même se faire silence complice !
Il fut moins loquace face aux dérapages verbaux et face aux mesures de Monsieur Francken.
Plus d’un osaient affirmer que ce sinistre individu s’exprimait en fonction de la perte de popularité de son parti en Flandre. Le Vlaams Belang était à nouveau à conquérir ! Et là, silence du tonitruant Michel !
Il fut moins loquace quand Francken se permettait, en notre nom, d’écrire aux migrants pour leur signifier qu’ils n’étaient pas les bienvenus chez nous ?
Quand on se permet de s’exprimer au nom d’autres, il paraît pourtant « démocratique » de leur demander leur avis ! Là encore, pas de Michel outré !
Nous n’avons pas eu l’occasion d’entendre la colère de Monsieur Louis Michel face aux délocalisations abusives et au chantage innommable des entreprises.
Nous ne l’avons pas entendu rugir face à la situation misérable des exclus du chômage ou des petits retraités ou encore des jeunes pour qui il n’y a pas d’avenir.
Nous n’avons pas entendu sa solidarité face aux malades qui ne peuvent plus se permettre les soins de santé ou face à ceux pour qui les fins de mois sont devenues une impossibilité à cause du gel des salaires, du saut d’index ou d’autres mesures vexatoires.
La cour des récompensés de sa politique semblait lui suffire !
À moins, qu’enfin, il nous ait présenté son vrai visage, celui d’un clown grotesque, celui d’un politicien dinosaure qui casse la crédibilité du système.
Dans ce domaine, il n’en était pas à ses premières armes.
Nous connaissions les accusations de fraudeur qui pèse sur ses actes. La presse nous en abreuve régulièrement.
Nous connaissions son goût irraisonnable pour le Congo et pour l’Afrique … sa nouvelle terre d’intérêt.
Nous connaissions sa veulerie qui fait de sa soif de pouvoir et d’avantages qui y sont liés le fil d’Ariane d’un parcours politique qui le conduit à l’Europe, un eldorado pour politicien en mal de crédibilité.
Il est temps pour ce triste personnage de comprendre, une fois pour toute, que nous ne sommes plus dupes.
La démocratie, elle a bon dos, après avoir été spoliée par ceux qui en ont tiré tous les profits.
La démocratie est un bien trop précieux que pour la confier à ces monstres, dont la seule ambition est d’exercer le pouvoir.
Il est essentiel pour lui de comprendre que si nous avons les gouvernants que nous méritons, les temps pourraient changer.
Il existe, aujourd’hui, des hommes, des femmes, des mouvances, pour qui la Justice et la Vérité sont des critères pour construire une société humaine.
Il est temps de comprendre que, pour nous, il restera, à jamais, un fossoyeur de la démocratie.
Il est urgent d’écrire une nouvelle page de l’Humanité !

Guy De Smet (29 janvier 2016)

- 12 - LES CURIEUSES COÏNCIDENCES DE L’ACTUALITÉ

Il est des coïncidences dans le fil de l’actualité qui devraient pour le moins nous pousser à un questionnement.
En 2014, toute notre attention était concentrée sur les mesures du gouvernement Michel et ses mesures antisociales.
On prévoyait, estimions-nous, une apocalypse sociale proportionnelle à l’injustice financière créée par les responsables politiques.
Des foules nombreuses descendaient dans les rues, des mouvements sociaux importants signifiaient une opposition et une angoisse.
En France, nous assistions à la mise en place de l’impopularité croissante du Président de la République, suite à la hausse massive du chômage et à la politique d’aide inconsidérée au patronat.
En Europe, nous suivions, avec dégoût, la pression exercée sur la Grèce. Ce pays n’arrivait pas à se relever d’une situation économique désastreuse, si ce n’est en ponctionnant les plus faibles de la société. Nous allions de plan de redressement en plan de redressement … en n’en voyant pas la fin.
Et tout à coup, changement d’intérêt !
Il n’est plus question de la Grèce. Sa dette ne semble plus intéresser personne. Monsieur Tsipras peut retourner dans l’anonymat.
Il n’est plus question des conséquences du saut d’index ou du gel des salaires ou encore de l’âge de la pension.
Les temps changent !
Le Président français grimpe dans les sondages, à chaque attentat.
L’Europe devient ce malade qui s’ignore et qui n’intéresse personne.
Depuis le début 2015, il n’est plus question que de flux des migrants et de terrorisme.
On « découvre » des guerres qui déchirent le Moyen-Orient depuis des décennies, produisant des flux de réfugiés qui, jusque-là, ne nous concernaient pas.
Tout à coup naît un nouvel ennemi, Daesh, remplaçant des Talibans qui ne font plus recette.
Apparaissent des attentats qui, outre leur caractère barbare, permettent la mise en place de mesures impressionnantes de sécurité. Un climat de « guerre » est créé et change les comportements et les intérêts des citoyens. Il oriente désormais les uniques intérêts du monde politique, sauf en sous-main !
Certaines de ces cellules terroristes sont connues par les autorités compétentes depuis longtemps, sans que cela ne suscite aucune mesure radicale.
On sait même, aujourd’hui, que les autorités connaissaient les recherches d’armes des auteurs des attentats de Paris.
On découvre que certains djihadistes arrêtés à l’étranger étaient des indicateurs de police, chez nous.
Et si tout cela tombait bien ?
La religion musulmane devient, tout à coup, le nouveau bouc-émissaire d’un monde occidental qui part à la dérive.
L’intégration devient un credo alors que la multiculturalité était considérée, jusqu’alors, comme une richesse.
Des responsables politiques et des ministres lancent des déclarations qui réveillent les racismes et les peurs « utiles ».
Tout cela, comme une aubaine, trouve un écho dans la formatation de l’opinion publique par les médias. Sont-ils au service de la vérité ou au service du pouvoir ?
Pendant une journée entière, ils se feront, par exemple, l’écho de l’assaut de Saint-Denis, au lendemain des attentats de Paris !
Le sort des licenciés abusifs ou des chômeurs a nettement moins fait la une !
Pendant ce temps-là, le chômage et ses injustices ne cessent de croître alors que les migrants sont pressentis comme l’eldorado d’un emploi nouveau, moins cher.
Les conditions de travail sont revues, mettant en place un nouveau type de salarié : « le travailleur pauvre ». Son quotidien est l’incertitude, son avenir est le néant, sa valeur est insignifiante.
L’aide, ou plutôt les cadeaux, aux entreprises est, chaque jour, un objectif pressant, rêvant d’emplois que personne ne voit venir.
Les fins de mois sont difficiles, stigmatisant la présence encombrante de tous ces migrants qui ne respecteraient rien ni personne. Pour eux, il y aurait de l’aide, pour nous, les autochtones, il n’y aurait rien ! Cherchez l’erreur !
Pendant ce temps-là l’Europe pleure sur son sort, restant vigilante sur le front de l’économie et de la finance.

Le monde politique nous connait bien. Il sait que nous sommes des amnésiques qui s’ignorent.
Nous aimons remplacer l’actualité par une autre, comme nous changeons de vêtements ou de meubles.
Et si cela servait leurs desseins ?
J’ai comme l’impression que le flux des migrants et les vagues d’attentats tombent à point nommé.
Les phares ne sont plus braqués désormais sur le social.
Cela permet de poursuivre des réformes économiques et sociales impopulaires, loin de la lumière des projecteurs.
Cela permet de ne plus fixer notre attention sur le chiffre impressionnant des exclus que crée notre modèle socio-économique.
Cela permet d’oublier les cadeaux fiscaux faits aux nantis, aux actionnaires et à des entreprises dont le cadet des soucis est d’embaucher.
La mise en avant de la peur et de ses corollaires a permis d’occulter la faillite d’une société.
J’oserais même parler de « complicité », face aux errements de nos responsables.
En voici quelques signaux :

  • Depuis les années 80, des intellectuels attirent l’attention sur l’implantation d’un Islam sauvage, chez nous. Des rues entières de nos grandes villes voient pousser des « Maisons de prière » occultes. Elles ont le statut de « terre sacrée ». Elles sont des fiefs d’États musulmans dont le rêve est de s’implanter en Occident. On s’en inquiète, aujourd’hui !
  • Depuis longtemps, Molenbeek est devenue Marrakech-sur-Senne, tout comme Barbès à Paris est un peu de Maghreb en France. Jusque-là c’était de l’exotisme, aujourd’hui, c’est inadmissible !
  • On laisse s’implanter des parti politiques islamistes, on voit débarquer des mandataires se réclamant d’une double nationalité. Aujourd’hui, on imposerait des critères d’intégration !
  • Depuis des années, des flots de migrants inondent les rives européennes, fuyant des guerres et des injustices assassines. Sur fond de crise économique, leur venue chez nous est considérée, aujourd’hui, comme une invasion inacceptable.
  • Ce n’est pas d’hier que Calais est ce bidonville de la honte que nous imposons à des frères et à des sœurs en humanité. Aujourd’hui, ça dérange !
  • Lors des attentats en France, il est curieux de constater que l’impopularité de François Hollande devient encensement à chaque attentat. En temps normal, il est en mode « plongée sous-marine » !
  • On relève aujourd’hui une radicalisation insupportable, oubliant qu’à toutes les époques, la terreur a été la réponse de certains à un mal-être et à un mal-vivre intolérables.

Lire l’actualité ne doit pas nous faire oublier l’importance de la mémoire.
Ce n’est pas un hasard si les faits qui font la trame de l’actualité se succèdent.
Ce n’est pas un hasard si l’attention braquée sur les migrants et sur le terrorisme est une aubaine. C’est à ce prix que le projet d’un grand marché économique peut avoir une chance de voir le jour.
Ce n’est pas un hasard si nos politiciens préfèrent nous entretenir de l’accueil des migrants en oubliant la situation catastrophique des Grecs ou encore celle des exclus du chômage ou des délocalisations de la honte.
Ce n’est pas un hasard si une certaine extrême-Droite s’infiltre dans un pouvoir assoiffé de populisme et d’autorité.
« La mémoire » semble pointer deux raisons à cet état de fait.
D’une part, la situation économique issue de la crise financière oblige à des décisions impopulaires. Si le néolibéralisme veut avoir un avenir, il a besoin de pouvoir agir dans l’ombre. Il faut donc une nouvelle victime à mettre sous la dent des citoyens : l’immigration !
J’irais même jusqu’à pointer du doigt les États-Unis, pour qui le chaos créé par les migrants serait une aubaine, dans la guerre économique qu’ils ne cessent de livrer au vieux continent.
Il est curieux de relever que les Américains ne souffrent que très peu du terrorisme. Je ne parlerais pas des attentats de New-York, sur lesquels planent de grosses zones d’ombre.
Nous avons au moins eu la décence de ne pas traiter leur pays de « trou à rats » !
Il est curieux de constater qu’à l’occasion du retour de l’Iran sur la scène internationale, un ministre israélien, fidèle allié des États-Unis, n’hésite pas à déclarer sa préférence pour Daesh. Il est vrai que ce pays n’est jamais la cible des terroristes de l’État islamique. Ce ne seraient pourtant pas les raisons qui manqueraient !
D’autre part, le jeu de casino que fut la mise ne place des conditions de la crise financière, a besoin d’un « coupable », d’un « bouc-émissaire ».
Il n’est pas bon que les yeux restent fixés sur ceux qui profitent de cette crise !
La vague migratoire est un coupable idéal. Ces hommes et ces femmes sont présentés comme des dangers pour nos modes de vie, pour nos cultures.
Ils sont considérés comme une « invasion » qui s’en vient déstructurer nos sociétés.
Pendant que certains se prélassent en thalassothérapie, d’autres devront rester confiner chez eux, l’urgence de la situation l’impose !
Quel merveilleux camouflage pour une Europe et pour une idéologie libérale qui ont semé la misère sociale sur leur passage !
La mise en cause de l’Islam tombe lui aussi à pic. Elle permet de pointer du doigt des pays qui risquent de mettre en cause notre bien-être. La manne du pétrole est leur propriété. C’est d’elle que dépend notre progrès ! Inacceptable en libéralisme !
De plus, elle permet de mettre sous tutelle et de réduire au silence des mouvances religieuses, régulièrement contestataires des dérives du pouvoir.
La laïcité serait, enfin, la mise sous le boisseau d’une voix qui dérange !
Au terme de cette réflexion, en méditant sur les flux de l’actualité, je me permets, une fois de plus, de vous laisser avec une question : à qui profite le crime ?
Répondre à cette énigme, ce serait nous « réveiller » !

Guy De Smet (28 janvier 2016)


- 11 - MOLENBEEK-SAINT-JEAN

Il est des noms qui resteront difficiles à porter. Celui de cette commune bruxelloise, aux forts accents arabes, restera de ceux-là.
En lisant la presse, ce matin, on croit rêver.
Un incident, un de plus, a fait l’actualité de la délinquance dans cette commune.
Un groupe de militaires patrouillait dans une station de métro de Molenbeek, quand des jeunes s’en viennent discuter avec eux. D’autres jeunes arrivent et s’en prennent aux premiers. Une bagarre éclate. Un militaire sort sa matraque et frappe un des protagonistes. Celui-ci doit être hospitalisé.
L’étonnant, le lendemain, ce n’est pas le fait de la violence de ces jeunes.
La pertinence de l’intervention des militaires semble être le point de mire de la contestation.
Là, on croit rêver !
Qui aurait pu croire, un seul instant, que la présence des soldats était de l’ordre de la comédie ?
Qui aurait pu croire que l’intervention de militaires, responsables de leurs armes, était susceptible de soupçons ou d’attaques incontrôlées ?
Qui aurait pu s’imaginer que notre « naïveté » démocratique irait jusqu’à mettre en question les moyens que les citoyens se sont donnés pour se protéger ?
Ces militaires sont là au service de notre sécurité et non pas comme des cibles pour nos débats idéologiques hors-propos !
Ceci n’était qu’un épisode de la présence quotidienne de Molenbeek dans l’actualité !
Ce mercredi encore, une perquisition dans cette commune a conduit à une arrestation. Encore une !
Le Ministre lui-même, va jusqu’à confier que les auteurs des faits de Paris ont dû profiter d’une importante complicité à l’intérieur de la communauté musulmane.
Cela s’ajoute à toutes ces autres connexions établies entre Molenbeek-Saint-Jean et le terrorisme de ces derniers mois.
Nous finirons par comprendre la décision de la maman d’une victime du Bataclan qui a décidé de porter plainte contre l’inaction de la Belgique !
La détresse d’une maman ça se respecte !

Depuis des mois, nous assistons à des mises au point politiques au sujet de Molenbeek : la multiculturalité de la commune n’aurait jamais posé problème.
La communauté musulmane ne serait en rien concernée par le soutien au terrorisme.
Les familles des terroristes seraient éminemment respectables.
Monsieur Moureaux et ses successeurs n’auraient rien vu venir !
Tout cela, nous voulons bien le croire … Mais pourquoi tant d’angélisme et autant de laxisme ?
Les responsables ont peut-être minimisé l’importance des faits.
La Justice a fait son travail en condamnant, sans poursuivre.
Les habitants de la commune ne savaient pas et n’ont rien remarqué.
Il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages !
Il est impressionnant de constater les liens territoriaux qui unissaient tous ces terroristes bruxellois.
Ils pouvaient circuler dans les rues sans susciter la moindre inquiétude, malgré des signes de radicalisation que des musulmans attentifs pouvaient reconnaître.
Il y a des indices qui ne trompent pas ! Les familles, la communauté auraient pu les desceller, encore fallait-il en avoir la volonté.
Les premiers responsables ne sont pas les responsables politiques ou encore l’impuissance de la justice et des forces de l’ordre.
Ce qui pourrait leur être reproché c’est leur négligence et parfois même leur silence complice.
Ce qui pourrait leur être reproché c’est d’avoir permis le terreau d’autant de haine, en ne créant pas les conditions d’un bonheur pour tous.
Les responsables, ce sont ces jeunes qui se sont enfoncés dans le radicalisme pour y puiser leur seule planche de salut. S’il peut y avoir des explications, il n’y a pas d’excuses !
Les responsables, ce sont les complices qui ont caché, véhiculé, ouvert leurs maisons, parfois même encouragé et soutenu.
Ils vivent noyés dans la promiscuité d’une communauté musulmane qui a fait de ses coutumes, de ses traditions, de ses comportements un écran de fumée qui a permis tant de morts et tant de violence.
C’est bien là que nous attendons une réponse adéquate pour mettre fin à une telle opprobre et une telle insécurité.
Il est affligeant, aujourd’hui, de devoir constater que notre désir légitime de protection se heurte, à chaque fois, à nos notions de démocratie ou de Droits de l’homme.
À chaque perquisition, à chaque intervention militaire ou policière, à chaque déclaration politique engagée, il y a toujours l’un ou l’autre "naïf" pour brandir la mise en péril de nos valeurs démocratiques ou pour désigner des atteintes aux droits fondamentaux ?
Mais, les jeunes qui étaient installés aux terrasses de Paris n’avaient-il pas le droit de vivre ?
Les spectateurs du Bataclan n’avaient-ils pas le droit de se détendre, le temps d’une soirée ?
Les visiteurs du musée juif de Bruxelles n’avaient-ils pas le droit de pousser les portes de leur curiosité ?
Les occupants de l’hôtel de Bamako ou de celui de Ouagadougou n’avaient-ils pas le droit de séjourner en toute quiétude dans ces endroits qu’ils avaient choisis ?
Cette maman française qui s’en prend à notre pays n’a-t-elle que le droit d’être terrassée par sa douleur ?
En faudra-t-il encore beaucoup avant que cela ne cesse ?
Le terrorisme n’est pas un droit démocratique.
Il ne se combat pas avec des armes démocratiques. Ne nous a-t-on pas toujours dit que s’il fallait se battre, il fallait le faire avec les armes de l’adversaire ?
Comment combattre efficacement le terrorisme dans un État de droit ?
Les pacifistes de tous bords, d’habitude si loquaces, semblent bien muets et inopérationnels !
Nous aimons dire que nous sommes « en guerre ». Est-ce un fait ou de la rhétorique ?
Pour arriver à la paix, il aura fallu, dans l’Histoire, bien des batailles et faire bien des sacrifices … c’est la logique de toutes les guerres, hélas !
Laissons-là nos naïvetés qui frôlent l’injustice !
Aujourd’hui, nos yeux sont braqués sur la communauté musulmane de Molenbeek-Saint-Jean.
Dernièrement, le Recteur de la grande mosquée de Paris relevait les indices d’un bouillon de culture, porteur de terrorisme chez nous.
Que cela soit arrivé à Molenbeek ne semblait pas l’étonner !
Cela doit changer ! Il n’y a pas le choix !
Aujourd’hui, il est urgent d’apprendre à vivre à l’occidentale, dans ces rues et dans ces quartiers.
Aujourd’hui, il est devenu indispensable de faire preuve de la connaissance d’une langue de chez nous. Il est devenu incontournable d’épouser les codes vestimentaires et les habitudes de chez nous. Cela s’appelle l’intégration !
Un voile, une burqa sont devenus des signes de peur. Ils ne sont plus tolérables en public !
Nos marchés ne sont pas des souks ou des Marrakech du Nord !
Un parti politique « Islam » est devenu une insulte à notre mode de vie et à nos lois, ainsi qu’une aberration politique.
Nous ne pouvons pas laisser remettre en question nos valeurs par quelques excités qui n’ont pas eu le courage de transformer leurs pays d’origine. Ils se sont lâchement installés chez nous, en crachant dans la soupe et en profitant d’un système !
La ghettoïsation d’une communauté qui s’enferme dans une communautarisation morbide est devenue insupportable. C’est là le point de départ d’une terreur qui nous dépasse.
Si nous voulons la sécurité ou la paix, donnons-nous-en les conditions et utilisons les bons moyens.
Aujourd’hui, j’ai mal à mon pays.
Quelques sinistres individus le salissent et le défigurent.
Jusqu’à quand devrons-nous le supporter ?

Guy De Smet (21 janvier 2016)


- 10 - TOMBE LA NEIGE …

On n’y croyait plus ! Janvier tombe encore en hiver !
Pourtant, nous les avons tous entendu : les agitateurs climatiques qui ne cessent de brandir devant nos yeux la menace d’un réchauffement, les sceptiques qui se souvenaient d’autres hivers tardifs, les parasites politiques qui y voyaient l’opportunité de nouvelles taxes. Même les oiseaux, les bourgeons et les libellules n’avaient pas été avares de leur présence.
Il y avait même des poètes pour s’impatienter : il parait que les paysages enneigés sont enchanteurs !
Depuis une semaine, les météorologues se faisaient forts de nous indiquer quand le froid allait arriver et quand la neige allait tomber.
La carte météo de la RTBF de ce jeudi soir saupoudrait le pays de flocons du nord au sud, d’est en ouest. On ne sait jamais, notre pays est si petit, face à l’ampleur d’une dépression !
La directrice d’un centre de déneigement nous expliquait, sans rire, que tout était prévu. On allait voir ce qu’on allait voir !
Tous, nous étions prévenus, sauf les services concernés !
Les intempéries s’étaient invitées là, où les spécialistes de la météo et des infrastructures ne les avaient pas imaginées !
Ce vendredi matin, nous assistons à des kilomètres de bouchons, à des aiguillages non dégivrés. Des camions se sont mis en ciseaux, des citoyens sont en difficultés…
Les transports en commun, eux aussi, sont, dans certains endroits, aux abonnés absents ! Et dire que certains voudraient les imposer ou du moins les rendre indispensables ! 
Ils sont même parvenus à inviter les automobilistes à n’utiliser que les routes dépourvues de côtes : il suffit d’oser !
C’est le règne de la débrouille, des cauchemars annuels de l’hiver … et cela ne semble intéresser personne parmi ceux qui ont la charge de la gestion de l’hiver !
Il est vrai que si la neige ne demande même pas la permission de tomber en Flandre, à Bruxelles ou en Wallonie, nos excellences, férues en compétences régionales, ne s’y retrouveront jamais !
Et pourtant tout comme moi, vous avez fait le compte de vos impôts, des centimes additionnels et des autres taxes dont nos gouvernants ont le secret. Il devrait y avoir de quoi faire !
Nos responsables régionaux nous vantaient que tout était prêt pour affronter l’hiver ! Parole, paroles, paroles … une fois de plus !

Nous sommes bien obligés de constater que notre quotidien de citoyen n’intéresse personne.
Je ne dirais pas la même chose de notre portefeuille … mais pour quel usage ?
Aujourd’hui, la neige tombe, comme nos larmes citoyennes.
Quand il s’agit de notre santé, il y a bien une De Block pour nous fermer les portes d’accès aux soins.
Quand il s’agit de sécurité, il y a bien un Francken ou un de ses collègues pour nous en limiter les possibilités.
Quand il s’agit d’énergie, il y a bien une Van Marghem pour nous pousser vers des aventures irrationnelles et vers des angoisses justifiées.
Quand il s’agit de salaire, de retraite, il y a bien un Michel pour nous en réduire les moyens ou pour nous faire rêver par la naissance de son enfant, ce qui n’intéresse personne.
Quand il s’agit de mobilité, il y a bien une Galand pour se couvrir de ridicule.
J’ose à peine imaginer ce qui serait passé, si, face à cette offensive de l’hiver, elle avait pris des initiatives !
Aujourd’hui encore, le citoyen est le grand abandonné des autorités responsables.
La situation d’urgence est déclarée quand le mal est fait.
Les moyens de déblocage ne semblent pas connaître l’importance de la prévention.
Bonjour les carabiniers d’Offenbach !
Bonjour l’incompétence !
Pardon aux ouvriers qui seront les boucs-émissaires de la nullité de leurs dirigeants !
Pour se dédouaner, les responsables se cachent derrière le mythe de l’imprévu, alors que tous les travailleurs se trouvent confrontés à un employeur qui estime lui, qu’ils n’avaient qu’à prévoir au lieu d’être en retard. Quant aux étudiants, neige ou pas, leur présence s’impose !
D’autres, en mal de déclarations, attirent notre attention sur le fait que la prévention hivernale coûte cher, même s’ils disposent de tous les moyens qu’ils ont puisés dans nos escarcelles.
Citoyens, il nous est rarement donné l’occasion de leur manifester que les ponctions sur nos comptes nous coûtent une belle somme également, jusqu’à devoir affronter des fins de mois difficiles.
Certes, le Belge est un râleur … et il aime le faire savoir !
N’empêche que sa participation aux finances publiques lui donne le droit de disposer de services qui soient à la hauteur.
Ce matin, j’ai l’impression d’avoir encore assisté à une nouvelle histoire belge !

Guy De Smet (15 janvier 2016)


- 9 - ADIEU L’ARTISTE

Tout commence fort en 2016 … entre autre, l’œuvre de la grande faucheuse !
Michel Delpech, Michel Galabru, Pierre Boulez, David Bowie, Alan Rickman, René Angelil … Quelques instants de rêves qui s’envolent, emportés, trop tôt, par la mort.
La musique, la chanson, le cinéma … Ils ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour nous laisser vibrer au diapason d’un monde meilleur et plus beau.
Pierre Boulez a enchanté nos oreilles, nous ouvrant les portes de la grande musique et d’un monde que nous ne pouvons pénétrer que sur la pointe des pieds.
Michel Delpech a chanté l’amour, l’amitié. Sa voix chaude et sensuelle restera pour beaucoup de fans l’éveilleur de souvenirs et de moments de joie de vivre.
David Bowie aura incarné une forme de charme et de beauté qui en a fait rêver plus d’une et plus d’un. Il est d’un monde des stars, faisant de nos nuits des instants d’éternité.
Michel Galabru restera ce grand Monsieur qui, au théâtre ou au cinéma, incarnera à jamais l’humour nécessaire pour affronter l’existence.
Alan Rickman sera, à jamais, cet acteur et ce réalisateur de cinéma, qui du Sheriff de Nottingham à Harry Potter, illuminera nos petits instants de bonheur d’une lumière bienfaisante.
René Angelil, outre le Seigneur du show-biseness qu’il était, chantera à jamais l’amour dont il aura été l’incarnation dans ce merveilleux couple qu’il formait avec Céline Dion.
Certains sont partis à des âges respectables, même si ceux que nous aimons partent toujours trop tôt.
D’autres sont enfin libérés de maladies qui les minaient.
D’autres encore avaient à peine 69 ans, l’âge auquel les sinistres clowns du néolibéralisme, comme Michel et d’autres concèderaient bien, dans leur grande générosité, le début d’une retraite méritée.
Leur départ nous plonge dans la tristesse, mais aussi dans la reconnaissance.
Merci pour ce qu’ils ont été et pour et qu’ils ont réalisé.
Merci pour leur merveilleux pouvoir de nous combler de bonheur.
Ils resteront dans le ciel de nos rêves, des étoiles que rien n’éteindra jamais.

Dans ce départ massif des artistes, j’ai envie de lire un signe.
Le bonheur de l’homme est comme une plante fragile.
Il ne supporte pas les guerres, les crises, les divisions, les haines ou encore les violences. C’est bien tout cela qui fait, pourtant, la une de l’actualité de 2016 naissant.
Il ne supporte pas l’égoïsme, le chacun-pour-soi, la cupidité qui si souvent nous divisent.
Il ne supporte pas ces doctrines économiques, ces idéologies, ces dérives du pouvoir qui sèment la peur, l’angoisse, la misère et la faim.
Ces artistes ont été l’incarnation de nos soifs de bonheur et de rêve.
Ils ont préféré s’en aller, puisque de toute façon notre monde ne s’est pas laissé séduire par leurs accents de muse.
Ils en ont conclu qu’ils n’avaient pas de place dans ce monde, enfermé dans ses ténèbres et dans ses larmes de sang.
Ils ont essuyé la poussière de leurs pieds sur la grisaille de nos fadeurs, emportant avec eux une culture dont nos sociétés ne sont pas dignes.

Si j’avais été la grande faucheuse j’aurais exercé mes talents sur d’autres cibles, celles qui encombrent le monde.
Il y a ceux qui anéantissent l’être humain au nom d’une crise économique et sociale qu’ils entretiennent scrupuleusement.
Il y a ceux qui n’hésitent pas à semer la mort sur leur passage, faisant de l’ignominie du terrorisme leur œuvre de lâches.
Il y a ces leaders politiques qui maintiennent leurs populations sous une oppression ou sous une colonisation qui tue.
Ceux-là ne nous auraient pas manqué !
J’aurais même des visages à faucher … mais voilà, je ne suis pas la grande faucheuse !
« Nul ne sait ni le jour, ni l’heure » !

En de début 2016, nous nous sentons orphelins, comme si une part de nous-mêmes nous avaient été arrachée.
Mais « Show must go on ».
Michel, Pierre, David, René et vous tous qui nous avez quitté trop tôt.
Vous étiez nos compagnons, nos poètes, nos permis de rêver et de vivre. Merci !
Je laisse ces derniers mots à Michel Delpech et, avec lui … Bonne route parmi les étoiles !

Voici la fin de mon chemin sur terre.
Je suis à toi. Accueille-moi, mon père 
voici mon âme.
Séchez vos larmes, mes frères 
je m’en vais là où brille la lumière
chère Sarah, ouvre tes bras, j’arrive 
tu penses à moi : prépare-moi la rive
voici la fin de mon chemin sur terre.
Je viens vers toi, accueille-moi, mon père
adieu la vie. 
Mais je bénis ma chance
la vérité, l’éternité commence.

Guy De Smet (15 janvier 2016)


- 8 - LE PORT DE LA KIPPA

La France, une nouvelle fois, s’est réveillée, les derniers jours, sous la terreur d’attentats insensés.
Cette fois, c’est à Toulouse, qu’un professeur de confession juive s’est fait agresser par un jeune. Celui-ci se réclamait de la mouvance de l’État islamique qui l’avait séduit sur Internet.
Crime antisémite, explosion de violence terroriste … une chose est sûre, une fois de plus, la barbarie a eu le dernier mot … inadmissible !
À cette occasion le responsable de la synagogue de Toulouse invite ses coreligionnaires à ne pas porter la Kippa en public, l’insécurité et les risques étant trop importants.
Ce faisant, ce responsable religieux semble bien éloigné de l’affirmation du Premier-ministre français. Selon lui, la France ne serait rien sans les Juifs. Quant au droit des Juifs de porter la Kippa, rien ne s’y opposerait, pas même la sacro-sainte laïcité.
Ne sommes-nous pas là dans la confusion et dans l’incompréhensible ?
La Kippa est bien un signe religieux distinctif de la communauté juive. Si elle n’est pas une obligation, elle est bien une tradition qui indique, de manière visible, le ralliement à la communauté juive.
Elle est aussi un signe d’humilité du croyant qui se couvre face à son Dieu. Elle doit donc aussi s’afficher en public. Son origine est donc bien d’ordre religieux !
La porter est une source de fierté !
Et cela ne dérange en rien ni les autorités, ni les adeptes d’une laïcité pure et dure, ni le public !
L’attitude ne fut pas la même face aux autres signes et aux autres traditions, comme celle de la crèche ou du sapin ou encore de la croix dans les lieux publics.
Eux aussi, s’ils se réfèrent à la religion chrétienne, ils sont devenus les signes d’une tradition judéo-chrétienne qui a fait la base de notre civilisation.
Dans certains de nos ministères wallons et belges, il n’est pas toujours de bon ton de faire référence à sa Foi, de reconnaître son Baptême ou sa pratique religieuse. Il y a parfois de gros risques d’être bloqués dans sa carrière ou encore d’être mis à l’écart de toute promotion.
Concernant l’Islam, nous assistons au même ostracisme.
Le voile, la Burqa sont devenus des objets de scandale par les temps qui courent. Ils sont les signes d’une tradition et d’une religion qui nous font peur.
Nos États se sont même crus obligés d’établir des lois pour s’en protéger.
Dans les rues et des quartiers de nos villes, le port de la djellaba ou d’autres vêtements arabes dérangent. Ils sont des signes d’invasion et de non-inculturation.
Il faut donc s’en prémunir !
La laïcité semble être le bon remède pour se protéger contre toutes ces religions et ces traditions qui en sont issues … du moins quand cela arrange !
Par contre qu’un quartier entier d’Anvers ou de Bruxelles ou de n’importe quelle grande ville européenne soit une copie conforme des faubourgs de Jérusalem, cela ne dérange personne.
Qu’un homme, qu’un garçon sillonnent nos rues, s’assoient dans nos transports en commun en portant une Kippa, cela ne semble pas être un risque pour la sécurité !
Avouez qu’il y a de quoi y perdre son latin !
Il y a des égoïsmes qui tuent !

Si les signes ou les traditions religieuses doivent être réservées à la sphère privée, cela doit concerner – en toute justice – toutes les religions, y compris le Judaïsme.
Pourquoi le fait d’être Juif leur confèrerait-il des droits supplémentaires ? Ne sommes-nous pas tous égaux devant la loi ?
Et pourtant, il nous faut bien constater que l’Occident adopte une toute autre attitude vis-à-vis de la religion juive que vis-à-vis de n’importe quelle autre religion, dont il trouverait l’influence néfaste.
Un exemple révélateur d’un traitement différent est à trouver dans le fait qu’aux lois interdisant le racisme, il a fallu ajouter une réglementation particulière concernant l’antisémitisme.
Cela semble, pour le moins, irrationnel.
La seule explication que je trouve à cette situation explosive, c’est une « mauvaise conscience » collective issue du génocide perpétré par les Nazis, durant la deuxième guerre mondiale.
Hitler, dans une rage meurtrière sans précédent, s’est lancé dans l’extermination systématique d’une race, sans d’ailleurs y parvenir.
Lors de la Libération, les soldats américains, et avec eux, le monde entier, découvrent l’existence des camps de concentration.
Nait, en même temps, une culpabilité sans fond : comment l’homme a-t-il pu en arriver là ? Pourquoi tant de haine ?
Nous savons aujourd’hui que les responsables alliés savaient.
Nous savons que les dirigeants juifs savaient. Ils ont même, parfois, été jusqu’à confier des listes de victimes potentielles à leurs bourreaux. L’exemple liégeois est criant dans ce domaine !
Nous savons que les Allemands savaient, mais la peur et la complicité de certains ont permis de fermer les yeux.
Au lendemain de la guerre, un appel à « Plus jamais ça » s’est ancré dans la conscience collective.
Les Juifs, errant depuis des siècles, se voyaient décerner une terre, celle d’Israël, avec toutes les injustices dont nous sommes les témoins impuissants, aujourd’hui.
Les communautés juives implantées dans nos pays se voyaient entourées, tout à coup, d’attention et de considération. Les murs des ghettos devenaient des mains tendues et des cœurs ouverts.
L’influence juive se faisait à nouveau sentir dans toutes les sphères de la société : la finance, la presse, la culture, la politique.
En France, cette influence devenait une autorité incontournable, à laquelle tous les présidents de la cinquième république, sauf De Gaulle, se sont soumis.
Aujourd’hui encore, le CRIF marque de son empreinte toutes les décisions politiques de la vie française. Le chantage n’est pas le seul de ses arguments !
Chez nous, le moindre risque d’insécurité nationale pousse nos autorités à entourer d’un cordon sécuritaire la communauté juive.
Lors de la moindre mise en cause de l’État d’Israël, les responsables des associations juives crient au scandale, au nom du martyre qu’ils ont subi.
Au Parlement européen se réunissent régulièrement des parlementaires au nom de leur appartenance à une communauté juive, y tissant des liens obscurs avec l’État d’Israël.
Et nous pourrions détailler ces signes de l’influence juive sur la vie de nos pays.
Il est curieux de constater le silence complice de nos gouvernants, alors que l’ingérence au nom de motifs religieux est évidente.
Le toléreraient-ils si cela trouvait son origine dans la communauté chrétienne ou musulmane ?

Aujourd’hui, la Kippa n’a pas lieu d’être portée en public.
Elle y est une source d’insécurité mettant en danger la population toute entière.
Il n’est pas sécurisant de s’asseoir dans un bus, dans un tram ou dans un train à côté d’un Juif portant la Kippa. Il ne s’agit pas d’antisémitisme. Il s’agit d’un risque de violence, dont nous pourrions bien être des victimes collatérales.
Il n’est pas rassurant de se promener dans un quartier juif. Là encore que de dangers qui nous guettent au tournant !
Nous pourrions nous interroger sur les raisons de tant de susceptibilités face aux Juifs.
Je ne suis pas convaincu, sauf dans le chef de quelques nostalgiques revanchards et malades, qu’il s’agisse d’un problème racial.
Je crois bien plutôt, qu’aujourd’hui, des citoyens du monde, partisans de la Justice et des Droits de l’Homme, en ont assez de l’arrogance de l’État d’Israël.
Ils en ont assez de ce Sionisme qui, dans les faits, peut se comparer au National-socialisme.
Ils en ont assez de l’humiliation du Peuple palestinien. Leurs terres ont été volées. Leurs oliviers ont été arrachés. Leur honneur ne cesse d’être bafoué.
À chaque fois que les yeux de l’opinion de braquent sur les méfaits d’Israël, ses représentants et les associations juives présentes chez nous nous collent devant les yeux les atrocités de l’Holocauste, comme si nous en étions responsables.
Le port de la Kippa est aujourd’hui assimilé au soutien inconditionnel d’Israël et cela est intolérable.
Tant qu’un Palestinien sera victime de l’oppression israélienne et sioniste, il ne fera pas bon porter la Kippa.
Je crains que Dieu lui-même n’y voit qu’une insulte à son Nom.
Si malgré cela, les Juifs du monde entier s’accrochent au port de la Kippa, je leur conseillerais de la porter dans leur intimité la plus profonde, sur le cœur.
Elle y retrouvera sa raison d’être : un signe d’humilité devant Dieu et devant les hommes !
Vaste chantier !

Guy De Smet (15 janvier 2016)


- 7 - L’ÉCONOMIE SELON DE WEVER

Le Bourgmestre d’Anvers n’a pu s’empêcher, une nouvelle fois, de nous offrir une recette pour « un vivre mieux ».
Comme vous et moi, il n’est pas sans savoir qu’assainir les finances publiques est une priorité incontournable en société libérale. La Loi du marché nous l’impose !
Les premières mesures prises par le Gouvernement Michel sont là chaque jour pour nous en rappeler l’importance.
Notre portefeuille, à chaque fois qu’il s’ouvre, ne peut que constater le hold-up accompli « pour la bonne cause ». Il ne cesse d’en pleurer.
Saut d’index, rabotage de la sécurité sociale, gel des salaires, hausse des taxes et de TVA, augmentation du prix des énergies, exclusion des chômeurs, manipulation des chiffres du chômage, cadeaux aux entreprises …
Il ne fait pas bon être citoyen et travailleur dans un État comme le nôtre !
Mais plus nos gouvernants ponctionnent, moins le gouffre de la dette se comble.
Il reste bien des économies à faire, sur le dos des mêmes.
Heureux ceux qui ont la chance d’appartenir aux oubliés de la crise et de la solidarité qu’elle impose. Pour cela, il suffit d’être du monde des riches ou des politiciens !
Bart De Wever, en bon gestionnaire du plombage de notre pays, a donc encore eu des idées !
Ah ! S’il pouvait prendre quelques vacances et se taire … ce ne serait que du bonheur !
Trends, une revue économique qui ne cache pas son bord, tout en étant fiable, nous livre les cinq dernières propositions du Président de la NV-A.

Rendre les allocations de chômage encore plus rapidement dégressives dans le temps. Résultat : entre 400 millions et 2 milliards d'euros.

Aujourd’hui déjà, le chômeur est devenu un citoyen de seconde zone. L’exclusion a fait son œuvre !
Il lui est demandé de chercher un emploi qui n’existe pas.
Il lui est demandé d’oublier de vivre, d’oublier qu’il possède une dignité, d’oublier qu’une famille est un lieu pour se construire.
Il lui est demandé de vivre de mendicité et de s’inscrire dans des formations qui ne mènent nulle part.
De Wever propose d’aller plus loin.  Il couperait les moyens de subsistance des demandeurs d’emplois plus vite. Il propose aussi de les priver d’économies et de les poursuivre.
Pour beaucoup, cela signifiera qu’une perte d’emploi équivaut à un permis de suicide.
Que de drames humains et sociaux en perspective si nos lois rejoignent les délires de ce pervers social !
Il serait, peut-être, aussi possible de pourchasser les causes du chômage : ces licenciements abusifs, ces délocalisations intempestives, ces soifs de bénéfices et de rentabilité qui asservissent l’être humain.
Il serait, peut-être, bienvenu de s’intéresser à la qualité des emplois qui se créent et qui ouvre la porte à tous les abus.
Être un « travailleur pauvre » n’est pas un statut de vie. La précarité n’est pas un chemin vers le bonheur. Elle conduit plutôt vers des révolutions que rien ne peut contenir.
Il serait peut-être juste de poursuivre un patronat véreux qui, comme Monsieur Gattaz, en France, optimise sa fiscalité en délocalisant. Aujourd’hui, il ne paie plus que 3 % d’impôt au lieu de 25 % auparavant !
J’ai choisi un exemple français, parce qu’il y aurait eu trop de choix, chez nous !
Il aurait pu imposer des créations d’emplois à des entrepreneurs qui pensent tellement plus à l’augmentation de leurs bénéfices qu’à la création d’emplois. La distribution de cadeaux serait venue après !

Accélérer la fin de la prépension. Résultat : 220 millions d'euros.

Aujourd’hui la prépension a été remplacée par un régime de chômage avec complément d’entreprise. Il ne devient possible qu’à 62 ans, sauf pour ceux, par exemple, dont le métier est pénible.
Il est aussi une opportunité pour les entreprises, confrontées à des difficultés et qui peuvent ainsi licencier, sans licencier !
Il est vrai que quand on n’a jamais dû travailler dans des conditions épouvantables, il est difficile de comprendre ceux dont c’est le quotidien !
Par contre Monsieur De Wever n’est en rien loquace quand il s’agit de dotation royale, d’avantages offerts aux parlementaires ou aux ministres.
Après tout, pourquoi scierait-il la branche sur laquelle il est installé ?

L'instauration d'un malus sur la pension. Résultat : 400 millions d'euros.

En 2025, l’âge de la pension sera fixé à 66 ans. En 2019, ce sera à 63 ans !
À titre d’exemple, Michel Delpech ou David Bowie viennent de mourir à l’âge de 69 ans.
Que de nouveaux pensionnés, dont le sort est celui-là : il suffit de lire les nécrologies et non les statistiques !
Pour faire des économies, De Wever propose d’instaurer un « malus » sur les pensions. Celui ou celle qui partirait avant l’âge, perdrait une partie de son allocation … de l’argent qui aura été prélevé sur son salaire, tout au long de sa carrière !

 S'attaquer à l'interruption de carrière des fonctionnaires. Résultat : 180 millions d'euros.

De tous temps, pour diverses raisons, les fonctionnaires ont eu droit à des conditions particulières.
L’interruption de carrière pourrait selon le Président de la NV-A être financée par le « pot de pensions des fonctionnaires ». Ils financeraient eux aussi leur départ anticipé, laissant là des droits reconnus et acceptés et légaux !

Davantage d'économies dans les soins de santé. Résultat : 600 millions d'euros.

Le Gouvernement Michel a placé dans ses priorités la réduction de moitié de la croissance réelle des dépenses en soins de santé.
Nous sommes passés ainsi de 3 % à 1,5 % !  La principale victime en est la sécurité sociale.
Pour bon nombre d’entre nous, une visite chez le médecin ou chez le dentiste ou encore une hospitalisation ne fait plus partie des priorités, ni des possibilités.
Bart De Wever propose d’aller plus loin et de réduire encore la croissance des frais de santé pour en arriver à 1 %
Il vaudrait décidément mieux être riche et en bonne santé pour habiter en Belgique, et demain, dans la Flandre dont il rêve.

En lisant cet article, je me suis dit : il suffit d’oser !
Comment est-il possible pour un homme politique qui se veut crédible, d’être aussi méprisant avec sa population ?
Comment est-il possible d’oublier, avec autant de vigueur, que la politique est avant tout un service de tous les citoyens et non d’une caste privilégiée de nantis ?
Comment peut-il se vouloir l’inspirateur des priorités de l’État, alors qu’un gouvernement « élu démocratiquement » est à la manœuvre ?
Monsieur De Wever fait partie de ce groupe de politiciens dont il faut se méfier.
Sa manière de penser et d’agir m’inspirent d’autres époques et d’autres Führer, incompatibles avec les valeurs pour lesquelles nos prédécesseurs se sont battus.
Il est vrai que, pour lui, la notion « d’ancêtre » n’a de valeur que dans les dédales tortueux de ses gadgets de professeur d’Histoire. À preuve, son courage nationaliste d’après-guerre et sa lâcheté par rapport à ceux qui ont fait l’Histoire du mouvement flamand !
Comme flamand, il ne m’inspire que l’aversion et le mépris.
Comme citoyen, il ne m’inspire que le rejet.
Comme être humain, il n’est que ce rapace contre qui il faut se protéger.
Quand sonnera la fin de tyrans qui, comme lui, n’hésitent pas à tirer sur l’homme écrasé et couché sur le bord de nos routes ?

Guy De Smet (14 janvier 2016)


- 6 - MUSULMAN, MON FRÈRE !

Depuis les attentats de Paris, l’assaut de Verviers, la stupeur s’est installée chez nous, dans notre petit pays.
La guerre en Syrie, cela nous semblait loin.
Daesh nous semblait un monstre issu du cinéma hollywoodien.
Vos pays d’origine étaient nos lieux de vacances privilégiés.
Votre couscous et autres tajines ou encore votre thé à la menthe faisaient le bonheur de nos papilles.
Vous côtoyer ou partager des moments de convivialité avec vous faisaient partie de notre différence et de notre richesse culturelle.
Vous ouvrir nos portes et celles de nos pays étaient une bonne affaire, tant pour vous que pour nous.

Depuis novembre dernier, la terreur s’est installée chez nous, à notre porte.
Des hommes de votre race, se réclamant de votre religion, ont semé la mort dans l’insouciance de nos vies d’occidentaux.
Ils ont décimé notre jeunesse, nos fêtes, un soir d’automne, après avoir donné un premier coup de semonce en janvier dernier, lors des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hypercasher.
Depuis lors, l’état d’urgence et un niveau de menace élevé empêchent nos rassemblements et nos événements, dans la sérénité.
Nous avons l’impression que désormais une blessure s’est imposée dans la chair de notre cœur et de notre mémoire.
La méfiance a brouillé notre vue, au point de nous sentir trahis et spoliés.
Les enquêtes, au lendemain des événements tragiques de Paris, apportent chaque jour un lot de révélations et de lacunes.
Ces terroristes nous ont salis. Ils nous ont trahis en profitant de nos politiques d’immigrations naïves et complices. Ils ont marché dans nos rues. Ils ont partagé nos lieux de vie, nos commerces, nos lieux de loisirs.
Rien ne les distingue d’autres amis musulmans que nous connaissons et avec qui il nous arrive de partager.
D’une part, elles mettent en évidence les ratés de notre sécurité.
Manque de moyens, économies irresponsables, discours politique naïf et incompétent, thalassothérapie… autant d’éléments qui nous font douter de notre sécurité.
Flux imposé des migrants, normes européennes surréalistes, logements d’hommes et de femmes dans des conditions indécentes et inhumaines … autant de « casseroles à pression » qui ne demandent qu’à exploser.
À cela s’ajoutent maintenant les agressions sexuelles de la nuit de la Saint-Sylvestre, dans lesquelles bon nombre de réfugiés, venant de vos pays, sont impliqués.
Nous avons l’impression que cela ne s’arrêtera jamais, d’autant plus que des spécialistes nous annoncent des événements plus apocalyptiques encore, à l’avenir.
Nos ministres s’agitent. Ils se perdent dans des déclarations que nous n’entendons même plus.
D’autre part, rien ne nous indique que tel visage, d’un voisin, d’un passant, d’un collègue n’est pas celui d’un « radicalisé ».
Des signes, qui jusque-là nous laissaient indifférents, tels le voile ou vos tenues, nous sont devenus insupportables. Vos insistances à les exiger nous semblent suspectes et intolérables.
Vos prières, nous les ressentons comme des provocations. Leurs incantations ressemblent tellement aux cris de haine qui ont accompagné la terreur des attentats.
Vos présences chamarrées dans certains quartiers de nos villes émoussent notre patience. De là, à imaginer qu’elles ne nous sont plus admissibles, il n’y a qu’un pas !
Nos yeux sont embués par nos larmes de peurs. Nous ne distinguons plus le musulman fréquentable de celui qui s’est radicalisé.
Et, comme vous le savez, la peur est mauvaise conseillère … mais rien ne semble l’empêcher !
Comme nous aimerions que cela change !
Comme nous aimerions que vous nous aidiez à discerner le bon grain de l’ivraie.
Comme nous aimerions vous entendre dénoncer ces monstres qui insultent votre communauté et agir pour qu’ils ne puissent plus nuire.
Comme nous aimerions !

Aujourd’hui, les événements nous imposent, tout comme à vous, de nouveaux comportements.
Si vous avez fait le choix de vivre chez nous, il vous faudra accepter les règles de notre hospitalité.
Elles passent par une volonté d’intégration, à l’image de celle qui nous serait imposée, si nous décidions d’aller vivre dans vos pays d’origine.
Il est chez nous des us et coutumes, des valeurs qui nous sont chères. Tout comme vous souhaitez le respect, nous souhaitons que nos manières de vivre rencontrent le vôtre.
Vous n’avez pas à nous imposer votre morale, votre religion ou vos lois, vos heures de piscine.
Vous n’avez pas à témoigner votre mépris pour l’Occident en vous affublant de signes qui sont des contestations visibles de la vie de chez nous.
Vous n’avez pas à vous enfermer ou à vous laisser enfermer dans des ghettos qui sont autant de sources de mécontentements et de radicalisation.
Nos démocraties se sont donné des lois et des modes de fonctionnement ; qui seriez-vous pour ne pas vous y soumettre tout comme nous ?
L’Europe, nos pays ne sont pas l’Eldorado dont vous rêviez.
La vie y est difficile, surtout si une crise économique et sociale s’abat sur des citoyens qui en sont les victimes … tant pour les nationaux que vous qui avez déposé vos valises chez nous.
Y être jeune est une source d’angoisse face à l’avenir.
Le choc culturel vous y semble énorme et insoutenable, tout comme vos styles de vie sont à mille lieues de nos imaginaires.
Les choix de société sont parfois en contradiction avec vos valeurs, tout comme nous pourrions le ressentir, s’il nous arrivait de nous installer là où sont vos racines.
Mais qui êtes-vous pour voir dans nos sapins de Noël une insulte, alors que le Qatar interdit la célébration de Noël sur son territoire ?
Le racisme est devenu une réponse à une politique migratoire qui dépasse le simple citoyen. Il n’a jamais donné mandat à personne pour imposer la présence de l’autre comme une source de peur.
Quand donnerez-vous tort à ce qu’expliquait, un jour, un guide touristique dans un de vos pays en parlant de vous : « Vous les avez voulus, gardez-les maintenant » ?
Si tout cela est trop lourd à supporter, ce que nous pouvons comprendre, le retour au pays me semble être un bon conseil, si pas la seule solution !
Certains parleront d’échec … je parlerais plutôt de choix !
La radicalisation ne sera jamais que l’expression d’une humiliation qui crie vengeance au ciel.
À ceux qui en sont là, ne serait-il pas plus opportun de porter la contestation là où elle a lieu d’être, c’est-à-dire dans ces pays qui font de vos racines un brasier de corruption et de haine.
Quant à nos dirigeants qui se sentent l’âme de Zorro pour y déployer leurs armes, qu’ils n’oublient jamais d’abord que Zorro était habité par un sens de l’honneur qui ne se négociait pas en fonction du prix du pétrole ou des bénéfices du commerce des armes ou de quelque autre intérêt partisan.

Il est bien difficile d’être musulman dans nos contrées, au lendemain des attentats de Paris.
Il est tout aussi difficile d’être pauvre ou travailleur au cœur d’une société en pleine crise économique.
Il serait pourtant bon qu’un jour, par-delà nos différences et nos difficultés, nous puissions à nouveau laisser s’envoler la colombe qui nous révélera notre seule dignité, celle de notre humanité.

Guy De Smet (13 janvier 2016)


- 5 - PUBLIER « MEIN KAMPF » ?

Nous avions cru en avoir fini avec les horreurs de la dernière guerre mondiale !
C’était sans compter sur les scories de la pensée d’une l’époque qui attise encore le feu des peurs d’aujourd’hui.
Au lendemain du conflit, nous espérions qu’Hitler aurait enfin été réduit au silence.
Mais il restait le flot des mots de son livre « Mein Kampf ».
Aujourd’hui, il nous rejoint tel un boomerang, ses droits étant tombés dans le domaine publique.
Ce livre nous était devenu insupportable. Il était la description angoissante des horreurs qui allaient tourmenter la conscience humaine, jusqu’à aujourd’hui : massacre des Juifs, supériorité d’une race, apologie de la haine.
Lire cet écrit était une abomination et un négationnisme inacceptable.
Mais voilà, le droit international permet aujourd’hui de publier, à nouveau, ce livre, le livrant en pâture à des esprits qui pourraient y découvrir une voie.
Un vaste débat a, dès lors, vu le jour, opposant des partisans et des opposants à l’impression du livre.
Des spécialistes et des historiens proposent d’en faire une édition critique, en entourant le texte de commentaires et d’annotations utiles à une bonne compréhension.
Des éditeurs y voient une aubaine commerciale intéressante et un filon financier à ne pas négliger.
Auraient-ils tous oublié que ce texte est accessible, en quelques clics sur internet ?
S’ils avaient voulu lui faire de la publicité, ils ne s’y seraient pas mieux pris !
Le monde politique occidental, lui aussi, confronté à des montées en puissance de l’extrême droite et à une résurgence des mouvements néo-nazis se sont, eux aussi lancés dans le débat.
Chez nous, en Belgique, le MR a proposé d’en interdire la publication !
Une nouvelle proposition qui frôle l’absurde à une époque où tout qui le veut peut lire ce livre !
S’il fallait commencer à interdire tout ce qui nuit la vie en société sur le Net, il y aurait du boulot pour plus d’une législature !
Mais, je peux comprendre leur souci d’interdiction ; car, enfin, ce « chef d’œuvre littéraire d’Hitler » a vu le jour dans un contexte historique et sociétal bien concret.

« Mein Kampf » n’a jamais eu droit à un succès extraordinaire au nom de sa qualité littéraire reconnue comme médiocre ou au nom du moindre intérêt culturel.
Le contexte qui a vu son éclosion, lui, par contre, ne manque pas d’intérêt ! Il n’est pas sans rappeler d’autres temps ! Il transpire au fil des pages du livre contesté !
Ce qui a fait le succès de ce livre, c’est qu’il proposait des solutions à la dérive d’une société et à la chute de l’empire germanique.
L’Allemagne était exsangue.
Des traités, moins splendides que les palais qui les ont vu naître, avaient mis l’Allemagne à genoux.
La misère était coutumière.
La faim était un combat de tous les jours.
La dévaluation monétaire était source de drames et de ruines sociales monstrueuses.
Les partis politiques inféodés au pouvoir n’avaient plus rien à proposer que la corruption, l’enrichissement que leur procurait l’asservissement des plus faibles …
Hitler pointe du doigt des coupables.
Il propose une révolution. Il installe alors la spirale de la violence et de l’ordre qui allaient mener à la dictature sanglante dont les hommes ont souffert et que l’Histoire a condamnée.
Il invite à une reconstruction de l’Allemagne et de sa monnaie en lançant de grands chantiers et en ouvrant les portes à de grands projets qui avaient de quoi faire rêver toute une population.
La suite, nous la connaissons : l’arrogance d’un dictateur, la pourriture d’un milieu proche assoiffé de pouvoir et de profits, l’extermination d’une race et d’opposants dont le seul tort est de ne pas entrer dans les critères du parti et de servir de justification à la haine, une guerre ignoble qui allait mettre le monde à feu et à sang…

Il est curieux de constater que des partis de la Droite d’aujourd’hui, comme le MR, proposent d’interdire la publication du livre d’Hitler.
S’ils vous disent que c’est au nom du respect des victimes ou au nom de la condamnation des bourreaux, ils mentent. Ce ne serait jamais qu’une fois de plus !
La montée de l’Extrême-Droite, un peu partout en Europe, la publication de ce livre tombe en plein milieu d’une crise économique et financière qui taraude notre vivre ensemble. Et cela dérange !
Ces phénomènes, pourtant, ne surviennent pas par hasard.
Aujourd’hui encore, les pays croulent sous les dettes.
Aujourd’hui encore, le prix des biens de consommation augmente sans contrôle.
Aujourd’hui encore, la sécurité des citoyens n’est que difficilement assurée … et encore plus, si des guerres extérieures ou des flots de migrants s’en mêlent.
Aujourd’hui, un certain patronat profite de la difficulté de la conjoncture pour réaliser des bénéfices qui crient au scandale.
Aujourd’hui, le monde bancaire expose son arrogance en oubliant l’aide que les banques ont mendiée auprès des États et des citoyens.
Aujourd’hui encore, le monde politique se fait le valet de ces usuriers qui enfoncent le peuple dans la misère et qui pousse les nantis du régime vers le haut. Leurs intérêts personnels sont à ce prix !
Aujourd’hui encore, l’emploi est un rêve inaccessible ou une voie précaire qui ne permet pas au citoyen de vivre …
Et si interdire la publication de « Mein Kampf », c’était tout simplement faire oublier la similitude des situations et des époques ?
Si interdire ce livre, c’était débrancher le projecteur des visages de ces responsables qui ont poussé les citoyens dans la précarité d’une crise voulue par ceux qui y avaient intérêt ?
Stigmatiser « Mein Kampf », aujourd’hui, c’est oublier les intérêts notionnels qui ont enrichi quelques grands groupes d’amis industriels.
C’est oublier les avantages offerts au patronat sans contrepartie ou encore l’oubli de la taxation du capital, laissant à ceux qui travaillent le poids d’une dette qui n’a pas de fin et dont ils ne sont en rien responsables.
C’est oublier le désastre social créé pour ces exclus du chômage ou encore ces jeunes qui ne trouvent pas d’emploi et de tant d’autres pour qui l’avenir est inexistant.
C’est oublier le mépris d’une population qui doit se contenter de miettes et de fins de mois difficiles.
C’est oublier que le néolibéralisme est une doctrine aussi criminelle que le National-socialisme, avec le même univers concentrationnaire, avec les mêmes larmes, avec le même anéantissement d’hommes et de femmes abandonnés au bord du chemin.
Comme il aurait été plus judicieux de pouvoir rééditer ce livre d’Hitler et ne pas être obligé de rêver de son interdiction, si une politique juste et humaine avait été mise en place.
La réédition de « Mein Kampf » aurait été un détail de l’Histoire, s’il ne pointait pas tant le doigt vers une verrue libérale qui défigure, au quotidien, le visage de l’homme.
Cette réédition aurait été une illustration de la réussite d’une politique économique et sociale qui contredit les dires d’un monstre, fut-il Adolphe Hitler.
La peur du MR est symptomatique des angoisses d’un pouvoir qui, partout en Europe, se fait le fossoyeur de l’Humain.
Et si leur peur était la porte ouverte d’une curiosité et d’un avenir incertain ?
Nous assistons aujourd’hui à un divorce remarquable entre les responsables politiques et les électeurs.
Ces derniers se sentent trahis par une caste qui ne les aborde que le temps d’une élection, le temps de créer des dynasties de pouvoir.
Aujourd’hui de nouvelles voix se font entendent et séduisent, tout en semant peur et angoisse.
Aujourd’hui, les extrêmes ont la cote … à qui la faute ?

Guy De Smet (12 janvier 2016)


- 4 - LE MACHIAVÉLISME EN POLITIQUE

Il est des jours où l’écoute du monde politique nous introduit dans une autre dimension, celle du machiavélisme. Il s’agit là d’un cocktail sournois fait d’actions tortueuses, toutes empreintes de perfidie.
C’est l’impression profonde que j’ai pu ressentir en lisant dans la presse les propos de Monsieur Chastel, Président du MR.
Il s’en est pris violemment à l’action des syndicats, au lendemain de la grève qui a paralysé les chemins de fer.
Cette action était un écho à la gestion lamentable faite par Madame Galand, qui une fois de plus aura brillé par son incompétence, si pas par sa bêtise.
Elle se voulait aussi un SOS lancé face au projet de restructuration de l’entreprise qui estime pouvoir se développer sans tenir compte de l’avis et de la vie de ceux qui la font prospérer.
Certes, une grève dérange, sans quoi, elle n’aurait aucune raison d’être.
Elle attire, en même temps, l’attention des citoyens sur l’angoisse de travailleurs qui ont perdu tout espoir en l’avenir.
Des plans économiques se mettent en place, visant des économies substantielles, au détriment des travailleurs qui, dans le système libéral, n’ont aucune importance.
Des investissements, des dépenses somptuaires sont faites par l’entreprise, sans qu’il n’y ait aucune retombée sur l’emploi, si ce n’est leur suppression.
Dans ses vœux de nouvel an, Monsieur Chastel fustige donc les syndicats, faisant de l’insulte et de la dérision son mode d’expression.
Lui qui représente un parti qui n’a obtenu qu’un peu plus de 9 % des suffrages lors des dernières élections et qui aurait pu avoir la décence d’en tirer les conclusions qui s’imposaient, il se permet de s’en prendre à des hommes et à des femmes qui n’ont qu’une manière de se faire entendre !
Décidément, ces sales gosses de riches, rien ne les arrêtent !
Il ose mettre en avant la concertation sociale et ses bienfaits.
C’est au nom de sa non-existence que les syndicats montent aux barricades.
Une concertation sociale ne commence pas par une affirmation du premier-ministre selon laquelle « le plan concernant la SNCB est non-négociable ».
Une concertation sociale n’est pas tributaire de l’arrogance d’une ministre qui camoufle son incompétence par des portes fermées.
Une concertation sociale, si elle veut avoir des chances d’aboutir, n’est pas la signature d’un chèque en blanc qui fait prendre pour argent comptant les dérives d’un patronat scandaleusement asocial.
Une concertation sociale n’est pas un appui imposé à une politique gouvernementale que les travailleurs ne peuvent digérer.
Pour conforter son attaque, il vante le nouveau système des pensions qui n’offre plus aucune perspective de bonheur aux travailleurs.
Il met sur le pavois sa défense du système de protection sociale que lui et ses amis n’ont cessé de raboter au profit de patrons sans cesse plus gourmands.
Selon lui les syndicats seraient d’un autre temps, niant le droit des travailleurs de se protéger et d’assurer leurs arrières.
Le chantage à l’emploi et à la délocalisation reste la seule alternative offerte aux travailleurs.
Les empires patronaux restent eux plus que fréquentables. Il est vrai qu’un bon valet doit faire allégeance à son maître !
Selon lui aussi, les syndicats ne seraient qu’un ramassis d’irresponsables.
Leurs actions empêcheraient le développement du capital en Wallonie. Y investir serait impossible, puisqu’il faudrait tenir compte de la voix des travailleurs qui, aux yeux du Capital, n’a aucune importance.
Enfin Monsieur Chastel se permet de mettre en avant l’augmentation du salaire net que le gouvernement Michel vient de mettre en place.
Quelques miettes tombées de la table de subsides accordés aux entreprises et il faudrait se réjouir.
Aurait-il oublié le saut d’index, le gel des salaires qui n’a cessé de handicaper le pouvoir d’achat des travailleurs ?
Aurait-il oublié les hausses incessantes des prix, camouflées par des indices santé trafiqués de toutes parts et par une politique européenne injuste ?
Aurait-il oublié la rage taxatoire du gouvernement qui transforme la TVA en un OPA mafieuse au profit d’un État qui, lui, ne fait aucune économie ?
Aurait-il oublié la hausse de la TVA sur les boissons, sur les cigarettes ?
Il paraît que la nicotine ou l’alcool tuent : il suffit donc de les interdire, au lieu d’en faire une source non-négligeable de recettes !
Aurait-il oublié la déconfiture des automobilistes qui d’une part, assistent à la baisse du prix des produits pétroliers et qui d’autre part, sont confrontés à une hausse des taxes, en bons presse-citrons qu’ils sont ?
Face à cela, la hausse du salaire net est une imposture dont nous saurons nous souvenir, le moment venu.
Il n’y a vraiment pas là de quoi faire rêver le travailleur !
Il est vrai que Monsieur Chastel nous avait déjà invité à ne pas mettre en balance le cadeau reçu avec les factures qui nous assaillent.
Ne lui aurait-on pas dit que c’est le même portefeuille qui gère les entrées et les sorties ?
Je crois personnellement que si les syndicats sont d’un autre temps, il est un système économique qui lui est arrivé en bout de course.
Il laisse sur son passage des drames humains innommables, faits de misère, d’exclusion et d’un gâchis social impardonnable.
Il a exclu l’être humain de ses valeurs, réduisant son existence à des notions de rentabilité et de productivité.
Il a fait de l’argent un dieu irresponsable et dictatorial, laissant à des organismes comme les Bourses, l’Europe, le FMI, les banques un pouvoir qui n’a pas à être le leur.
Il a tué la démocratie, faisant du « chiffre », la seule valeur qui s’impose à l’être humain.
Pour arriver à ses fins, il s’est choisi des valets, ceux d’un monde politique assoiffé d’avantages, de carrière et d’une jungle pour y régner.

Écouter Monsieur Chastel et ses coreligionnaires me remplit de dégoût.
Son arrogance et son mépris sont les prémices d’extrémismes qui risquent de nous mener à l’aventure dès demain.
Le bonheur de l’être humain mérite mieux que ces charlatans de l’égoïsme économique et de ces bourreaux des liens entre les hommes !

Guy De Smet (9 janvier 2016)

- 3 - AMALGAME ET CLIMAT DE PEUR

2015 vient de s’achever avec, en bouche, un goût amer laissé par les attentats terroristes.
Des hommes, des femmes, des innocents ont été meurtris dans leur chair ou éliminés, parce qu’ils étaient des Occidentaux.
Leur manière de vivre, leurs valeurs ne convenaient pas à quelques fanatiques islamistes sur leurs chemins de conquête du monde.
Il nous reste à nous souvenir.
Il nous reste à affirmer nos volontés de ne pas céder à la peur sur fond de mesures de sécurité impressionnantes et aussi de « ratés » angoissants.
Nous aurions aimé que 2016 soit l’occasion de tourner la page.
Tout semble, pourtant, avoir mal commencé : des festivités annulées, des déploiements policiers et militaires dignes d’un état de guerre, des violences gratuites et imbéciles …
Cologne, tout comme Zürich, auront été le théâtre d’agressions ignobles contre des femmes. Décidément notre style de vie occidental dérange et il est combattu par les tenants d’un obscurantisme sournois et méchant.
Bruxelles est, chaque jour, le terrain de nouvelles découvertes issues de la conjonction du laxisme des autorités, de la naïveté des doux rêveurs d’un monde meilleur et de la détermination des forces du mal à tuer au nom d’un fanatisme que rien n’arrête.
La France reste, elle aussi, traumatisée par les attentats au point de s’enliser dans des déclarations vides de sens et dans des états d’urgence qui ne cessent de déraper.
En Arabie Saoudite, une terreur d’État met le feu aux poudres, créant les conditions idéales pour un conflit incontrôlable entre familles arabes.
Les conséquences s’en ressentent jusque chez nous, où le commerce des armes est un autre aspect de notre souci de la Démocratie et de la Justice.
À cela viennent s’ajouter d’autres événements qui ont de quoi nous interpeller.
En Belgique, le secrétaire d’État à l’asile (encore lui !) envisage de mettre sur pied des cours pour apprendre aux migrants le respect des femmes. Ceux-ci ressentiraient le mode de vie en Occident comme un choc culturel insurmontable. Il faut donc les initier à nos manières d’être !
De là, à imaginer que les femmes … et demain d’autres catégories de citoyens … sont en danger, il n’y a qu’un pas !
Il aura fallu chez nous des siècles pour reconnaître l’existence de la femme … et lui ferait cela en quelques cours !
Il faudrait ajouter à cela tant de signes d’une volonté de non intégration qui font peur !
En Belgique toujours, le Procureur fédéral informe, via la presse, d’un danger d’attentat le vendredi 15 janvier prochain. Où ? Quand ? Comment ? Tout cela n’est pas précisé, mais l’information est lancée en pâture à une opinion publique désarmée et dubitative.
Un spécialiste en antiterrorisme lance lui une analyse selon laquelle, les terroristes de l’État islamique envisageraient bien un « 11 septembre européen ». Peut-être même qu’il serait moins virtuel que celui de New-York !
Pour étayer son affirmation, il relève que les jeunes européens de retour de Syrie ne sont plus motivés par l’impression de s’être trompés. Ils sont formés pour être des relais de l’action djihadiste partout en Europe, y semant la peur et la déstabilisation.
À Paris, un homme est abattu, en pleine rue, parce qu’il tentait d’agresser un commissariat de police du 18ème arrondissement. Il avait sur lui des tracts de propagande de l’État islamique. De là, à suspecter tout « basané » rencontré, il n’y a qu’un pas !
Face à tout cela, le discours politique reste angélique.
En France, Jack Lang parle de Paris, comme d’une « capitale arabe européenne » !
La Maire de Paris, en plein débat sur la Laïcité, envisagerait bien la création de festivités pour la fin du Ramadan !
La ministre de la Justice a du mal avec la déchéance de nationalité, alors que la simple idée d’une double nationalité s’avère être une injustice criminelle, dont nous voyons les conséquences !
La ministre de l’enseignement souhaiterait des cours de Coran pour les jeunes Français et même des cours d’arabe pour mieux se comprendre !
En Belgique, notre laxisme a permis la mise en place d’un parti politique qui verrait bien notre pays devenir un état islamique gouverné par la Charia !
Et nous pourrions poursuivre cet inventaire de la logorrhée politique navigant entre l’incompétence, le laxisme et la complicité.
Ah ! Les politiques ! Quel bonheur quand, enfin, ils se taisent !

Certes, l’amalgame n’est pas une solution. Il serait même une injustice : tous les Musulmans ne sont pas des terroristes ou des fanatiques dangereux.
Tous les migrants ne sont pas prêts à se faire exploser aux quatre coins de nos rues ou à violer tout qui ils rencontrent.
Tous les étrangers ne sont pas là pour voler notre travail ou nos biens.
Cela n’empêche que des conditions d’intégration indiscutables doivent être mises en place.
Il existe chez nous des lois, des Constitutions, des traditions, des us et coutumes.
Nous ne donnons à personne le droit de les mettre en cause.
Ceux à qui cela ne convient pas n’ont qu’à en tirer les conclusions et s’en aller !
Si vivre en Occident a des avantages aux yeux de ceux qui frappent à nos portes, cela répond toutefois à certaines conditions tant matérielles que culturelles. Sans quoi notre « vivre ensemble » est en péril ! Ils ne seraient même pas les bienvenus !
Pour éviter l’amalgame, il faut afficher une « tolérance zéro » indiscutable.
La loi qui gère l’immigration doit s’appliquer sans aucune faiblesse, par-delà les barrières religieuses ou culturelles de ceux qui demandent à vivre chez nous. La Loi, c’est la Loi !
Nous serait-il possible, en nous installant dans leurs pays d’origine, d’exiger la construction de lieux de cultes, d’heures d’ouverture de piscines, de ports spécifiques de vêtements dans certains endroits, d’un verre de bière ou d’alcool en terrasse ou de célébrer nos fêtes traditionnelles … ?
Nous serait-il possible de nous poser en candidat lors d’une élection ?
Nous serait-il possible d’imposer nos choix et nos différences, que nous estimons être nos richesses ?
Pourquoi le serait-ce chez nous, en Occident.
Être accueilli chez quelqu’un ne donne pas à l’invité le droit d’imposer sa manière d’être ou sa manière de penser.
Être invité, cela comporte le respect de l’autre et des règles dont le but est de faire de la convivialité une perle rare à ne pas éparpiller !
Aujourd’hui, dans la rue, les citoyens aiment se rassembler pour clamer haut et fort : « Même pas peur » … et si nous nous en donnions les moyens ?

Guy De Smet (8 janvier 2016)


- 2 - ET SI … ?

Depuis la vague d’attentats djihadistes qui a secoué l’Europe, deux lames de fond ont modifié la pensée des citoyens et de ceux qui les gouvernent.
Il y a eu d’abord, la peur.
La guerre ne concerne plus, désormais, les pays lointains dont nous parle la presse. Elle est à nos portes, mettant en cause une certaine insouciance de vivre et une forme de civilisation qui nous est précieuse.
Curieux réveil pour des contrées qui n’ont plus entendu le bruit des canons et des bombes depuis des décennies !
L’autre inquiétude majeure, ce sont les religions.
Beaucoup de nos contemporains les ressentent comme des dangers face à la liberté de penser et d’agir qui nous motive au quotidien.
Désormais, des fanatiques tuent au nom de Dieu. Ils sèment la terreur et l’absurde au nom d’un être mystérieux qui nous échappe.
D’autres encore se cachent derrière lui pour imposer leurs lois morales ou leurs visions de la société … ce qui semblent intolérables ! Il faut donc se protéger des religions !
Le monde politique a lu dans ces peurs une aubaine pour ressortir de vieux plans qui les hantaient depuis toujours.
Et si nous inscrivions la « laïcité » dans notre Constitution nationale ? Elle remplacerait la notion de « neutralité » qui la guide aujourd’hui.
Le Président de la Chambre des représentants prévient : « Je ne suis pas contre l'organisation d'un tel débat, (...) je suis prêt à en discuter, mais je dis qu'il faut être conscient de la portée des discussions ».
Et d’ajouter : « Entre la laïcité à la française, claire et nette, et le pluralisme actif, où l’État organise en son sein la manifestation des cultes et tendances, la Belgique occupe, dirais-je, une position intermédiaire, se "contentant" de subsidier les cultes et courants philosophiques (…) Quoi qu’il en soit, veut-on modifier la Constitution ? Pour y insérer la notion de laïcité ? Voyons. Mais alors, je le répète, on n’évitera pas le débat sur le réseau d’enseignement libre chez nous, qui occupe une place importante on le sait, représentant par exemple 75 % de l’enseignement en Flandre ».
Il n’est plus ici question de se protéger d’attentats djihadistes ou d’une quelconque violence liée à une mauvaise utilisation des religions.
Il est question ici de s’en prendre au rôle de l’Église catholique, dans tout ce qui fait sa participation à la vie de la société.
Le Grand-Duché de Luxembourg vient de franchir le pas, il y a quelques mois !
Pour bien comprendre la portée de ce débat, j’ai repris entre les mains mon bon vieux dictionnaire.
Au mot « Laïcité », j’ai trouvé la définition suivante :  « 1. Caractère de ce qui est laïque, indépendant des conceptions religieuses ou partisanes. 2. Système qui exclut les Églises de l’exercice du pouvoir politique ou administratif, et en particulier de l’organisation de l’enseignement public ».
C’est le choix qu’a fait la France en 1905 en instituant la séparation de l’Église et de l’État, renvoyant la religion dans la sphère privée de l’individu.
C’est aussi ce qu’a mis en place l’Allemagne, en envisageant un impôt sur le culte, obligeant chaque citoyen à financer « la sphère privée » dont il se réclame.
Le Luxembourg, quant à lui, s’inscrit dans la « laïcité » à la française, n’envisageant aucun partenariat avec aucune Église.
Finis les subsides délivrés à l’enseignement, aux institutions catholiques ou encore au fonctionnement des cultes.
C’est un choix que je respecte, encore faudrait-il en mesurer les conséquences.

Je me permets toutefois de mettre sur le tapis l’une ou l’autre interrogation inquiétante.
La laïcité, en Belgique, a revendiqué, depuis des années, le statut de « confession » s’alignant ainsi sur les autres cultes reconnus par l’État.
Cela implique des subsides, une structure reconnue, une présence au même titre qu’une religion dans des hôpitaux, des prisons ou encore à d’autres niveaux de notre vie communautaire.
Déclarer aujourd’hui que la Belgique est un pays laïque, ce serait mettre en avant une « religion » au détriment des autres. Elle ne serait plus reléguée à la sphère privée, mais elle deviendrait une forme de pensée unique. Il s’agirait là d’une décision partisane peu compatible avec notre Constitution.
Un autre dégât non négligeable, ce serait la stigmatisation de catégories de citoyens et le rejet des services qu’ils rendent en suppléant aux manques d’un État généreux.
Il est clair que l’Église catholique ne pourrait plus se mettre à la disposition de citoyens qui attendent d’elle un service, comme un Baptême ou des funérailles.
Les ministres du culte se verraient dans l’obligation de ne plus être des permanents au service d’une population en attente de services précis, coïncidant avec des moments-clés de leurs existences.
Finie l’époque du prêtre qui doit être présent quand j’en ai besoin (funérailles, baptêmes …) !
Un certain bénévolat social qui remplace aujourd’hui souvent les insuffisances de l’État ne serait plus disponible.
Une troisième question que me poserait l’inscription de la laïcité dans la Constitution, ce serait la suppression d’une garantie de la transmission des valeurs d’une société.
Je prends l’exemple de l’enseignement.
Aujourd’hui, l’enseignement libre est subventionné. Cela implique des avantages, mais aussi des devoirs et des contraintes.
Cela signifie que toutes les écoles sont tenues de présenter un projet pédagogique crédible.
Elles sont tenues d’accepter les règles contraignantes d’une inspection d’État. Celle-ci a pour but de permettre l’intégration de l’individu dans une certaine société.
En arriver à un réseau unique n’empêchera pas l’éclosion d’écoles privées. Celles-ci se développeront selon leurs idéologies et selon leurs priorités, avec tous les risques de dérapages éducatifs et idéologiques que cela contient.
Chrétiens, Musulmans ou d’autres encore pourraient mettre en place des structures et des radicalisations, hors de tout contrôle étatique, avec tous les risques que cela comporte.
D’autres part, pourquoi les parents qui feraient le choix d’un enseignement privé, en en supportant les conséquences financières, devraient-ils être solidaires d’un enseignement public auquel ils ne participent pas ?
La solidarité elle marche dans les deux sens !
Tous ces risques n’étaient-ils pas mieux encadrés dans le contexte de « neutralité » que connait notre pays aujourd’hui ?

Professer une croyance reste un droit élémentaire de l’homme.
Une diversité de pensées crée la richesse d’une société en quête de vraies valeurs. Elle suppose débat, écoute, attention et respect.
Renvoyer la religion dans la sphère privée est certes une option sociétale. Elle est aussi aujourd’hui, une stigmatisation dont les conséquences pourraient être désastreuses.
Certes, cela servirait les intérêts de quelques politiciens pour qui l’anticléricalisme est une raison d’être.
Est-elle, pour cela, une garantie d’un meilleur « vivre ensemble » ?

Le monde traverse aujourd’hui une grave crise identitaire. Il cherche des raisons d’espérer et de croire en un avenir.
Est-ce le bon moment de sortir ces vieux dossiers pleins de rancœur et d’intolérance ?
Est-ce le bon moment de faire des religions et des formes de pensée des ennemis, alors qu’elles devraient aider à créer les ponts qui manquent tellement aujourd’hui ? L’État serait en droit de l’exiger !
Croire ou ne pas croire ne peut qu’influer sur la vie en société et sur les choix de bonheur que l’homme veut se donner.
Il y a aujourd’hui des dérives de la pensée nettement plus intolérable que les religions, comme, par exemple, le système économique dont nos gouvernants ont fait un dieu.
Qui serions-nous pour le nier ?
Inscrire la laïcité dans la Constitution serait un rendez-vous manqué de plus dans la construction d’un pluralisme qui est notre seul avenir.
Inscrire la laïcité dans la constitution, aujourd’hui … à qui profite le crime ?

Guy De Smet (5 janvier 2016)


- 1 - JE NE SUIS PLUS CHARLIE !

Nous avons encore tous en mémoire les sinistres évènements qui ont ensanglanté Paris en 2015.
En janvier, il y avait les horribles attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher.
Des morts pour rien, si ce n’est pour satisfaire la bestialité jaillie du cœur de monstres venus d’Orient.
Ils se cachaient derrière un dieu qu’ils ne connaissaient pas pour tuer et détruire, pour libérer leur haine d’une société qui leur était devenue insupportable.
En novembre dernier, ces fanatiques hideux s’en prenaient à de pauvres innocents qui, un soir d’automne, profitaient, en toute insouciance, d’un moment de convivialité.
Ces drames avaient suscité un énorme élan de solidarité qui dépassaient toutes les barrières que les hommes ont pu se construire, y compris celle des religions.
Chrétiens, Juifs, musulmans, athées s’accordaient pour dénoncer l’innommable qui avait confisqué le nom de Dieu.
Ces Djihadistes étaient reconnus pour être des sans-dieux. Ils cachaient leur mal de vivre derrière des propos religieux que rien ne justifiait.
Plusieurs fois, les Musulmans sont montés au créneau pour condamner haut et fort tous ces attentats : « Pas en mon nom ! »
Un peu partout fleurissait une revendication, porteuse d’une solidarité qui semblait indestructible : « Je suis Charlie ». Une expression fédératrice que nous avions cru capable de nous unir dans un « vivre ensemble » retrouvé.
Entre ces deux événements dispersés entre janvier et novembre, bien d’autres éléments sont venus compliquer le débat.
Il y a eu le flot des migrants qui s’abattait sur nos régions. Un certain racisme et une certaine peur sont venus obscurcir le tableau du « Vivre ensemble ».
Il y a la situation de nos rues barricadées derrière des « états d’urgence » ou derrière des « niveaux élevés de menaces ». L’insécurité devenait une obsession de tous les instants.
Il y a cette présence inquiétante de soldats et de policiers aux quatre coins des rues : aurions-nous réellement des raisons d’avoir peur ?
Il y a cette crise qui nous fait voir dans chaque étranger un ennemi potentiel. Leurs coutumes et leurs habillements nous sont devenus insupportables. Ils n’ont qu’à s’intégrer ou disparaître, penserions-nous assez facilement !
Il y a des propos et des décisions surréalistes de nos gouvernants qui, ce faisant, pointent du doigt des hommes, des femmes, des religions, des modes de penser qui les encombrent.
Il y a un président français, véritable Titanic des sondages politiques qui, consciemment ou non, surfe sur ces atrocités pour se refaire une popularité. La France en guerre est devenue un mirage qui cacherait bien les échecs de la gestion d’une crise économique !

À l’aube de 2016, un an après l’attentat de Charlie Hebdo, l’hebdomadaire passe une nouvelle fois à l’attaque.
Je ne me situerai pas dans son sillage : « Je ne suis plus Charlie » !
Pour commémore l’anniversaire, il sort un numéro exceptionnel au titre percutant : « 1 an après, l’assassin court toujours »
Pour illustrer cette affirmation, les rédacteurs y ajoutent un dessin suggestif. On y découvre un dieu barbu ensanglanté. Il est armé d’une kalachnikov.
La manière de représenter ce Dieu n’est plus celle des caricatures qui ont mis le feu aux poudres.
Désormais, plus de turban, mais il ressemble à n’importe quel dieu … aussi à celui qui justifie la Foi de milliards de croyants honnêtes de par le monde.
Derrière sa tête apparait une auréole en forme de triangle.
Ce n’est là, en aucune manière, une façon musulmane de représenter Dieu, mais bien celle qui s’est imposée dans la pensée judéo-chrétienne.
Si nous interprétons bien ce dessin et ce titre, ce ne sont désormais plus les Djihadistes et leur utilisation fanatique de dieu qui est en cause.
Désormais, les mises au points des Musulmans sont dénoncées. Ce ne sont pas les caricatures qui sont de trop. C’est l’existence de Dieu, dans le cœur des croyants, qui est mise en question et combattue.
Désormais, ce qui est pointé du doigt, au nom d’une laïcité bête et méchante, c’est le droit de croire en un Dieu, de le prier, de le célébrer. Vous et moi qui partageons une religion, nous sommes devenus de trop !
Si la Foi fait partie de nos convictions, il ne s’agit pas, aujourd’hui, d’ouvrir les portes de nouvelles guerres de religions stériles.
Il ne s’agit pas de s’enfermer dans les catacombes d’une honte qui n’a pas lieu d’être.
Il ne s’agit pas de ressortir les armes de l’intolérance et de l’exclusion.
Ce serait donner raison, à toutes celles et à tous ceux qui n’attendent que l’implosion de l’Occident.
Il s’agit bien au contraire de devenir de vrais croyants en un Dieu qui parle d’aimer et de respecter ceux avec qui nous partageons l’humanité.
Il s’agit de laisser là nos tiédeurs religieuses et nos bondieuseries à bon marché pour oser le costume de celui qui a rencontré Dieu, au point d’avoir envie d’aimer comme lui.
Cet Amour implique l’écoute, la main tendue, le cœur ouvert.
Cet Amour implique la recherche de la paix dans la justice et dans la solidarité.
Cet amour implique le concert d’un pluralisme qui nécessite que chaque homme soit appelé à devenir « plus homme ».
Et si c’était là notre réponse ?
Le dessin de Charlie et son commentaire me peinent au plus haut point !
Ses auteurs auraient-ils décidé de devenir les Djihadistes d’une laïcité destructrice et despotique ?
Il y a quelques jours, le ciel du monde ne s’illuminait-il pas d’une espérance : « Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté » ?

Guy De Smet (4 janvier 2016)