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Homélie du troisième dimanche ordinaire

(21 janvier)

- Abbé Guy De Smet -

« Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent ».
Un appel, une réponse ... et c’est l’arc-en-ciel de l’Alliance entre Dieu et les hommes qui s’établit devant nous.

Jésus est venu rejoindre la terre des hommes ... comme si Dieu, cette fois, après tous ses échecs de connexions à l’humanité voulait s’adresser aux hommes directement.
Pour lui, il y a urgence : « Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ».
Oui les temps des errements sont révolus.
Les temps des divisons ne peuvent plus exister : c’est une question de crédibilité et d’amour.
Les temps des essais sur le mode : « J’voudrais bien, mais je ne peux point » n’ont rien donné.
Aujourd’hui, c’est le temps de Dieu qui approche.
C’est le temps d’un amour, d’une tendresse.
C’est le temps de la paix dans la Justice et dans la vérité.
C’est le temps d’un ciel nouveau et d’une terre nouvelle.
C’est le temps de geste nouveau, comme celui du pain partagé ou du lavement des pieds.
C’est le temps de paroles nouvelles : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ».
Il nous reste à nous « convertir », à changer de vie, à changer de priorités.
Il nous reste à nous laisser aimer pour pouvoir aimer à notre tour.
Il nous reste à ne plus croire que tout dépend de nous.
Aujourd’hui, c’est le temps de « l’Évangile ».
C’est le temps d’une Bonne Nouvelle qui s’est faite visage : Jésus.
Un Jésus à regarder ...
Un Jésus à aimer ...
Un Jésus à rencontrer ...
Contemplation, amour, rencontre !
Et si, en réponse, il nous restait une vie à donner ?

Chez Saint Marc, la réponse est limpide et se dit en trois expressions : « Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent ».
« Aussitôt » !
Jésus ne nous appelle pas hier ou demain.
Il nous appelle aujourd’hui !
Il a besoin et envie de nous, aujourd’hui !
Aujourd’hui, c’est un temps pas facile, un temps de crise, un temps d’anonymat de chacun pour soi avec toute la violence que cela entraîne.
Aujourd’hui, c’est un temps de repli sur soi, un temps de peur, un temps de questionnement.
Aujourd’hui, c’est le temps du temporaire, pas d’un engagement qui dure ...
Et l’homme lui, il est là avec ses questions, ses peurs, ses envies d’aimer et d’être aimé.
L’homme, il est là et il a besoin de nous et donc, Dieu a besoin de nous !

« Laissant là leurs filets ».
Ceux que Jésus appelle ne sont pas des spécialistes qui se cacheraient derrière des diplômes et derrière des connaissances.
Il a besoin des gens du tout-venant, de ceux qui sont derrière les filets de leurs vies.
Il a besoin de la maman ou du papa, attelé à ses tâches familiales.
Il a besoin du jeune rempli d’idéal et de toutes ses angoisses.
Il a besoin de la personne âgée, enrichie par son expérience et par sa sagesse.
Il a besoin du malade, habité par sa patience et par son courage.
Il a besoin du travailleur, de l’employé qui vit son bonheur et sa fierté dans ce qu’il réalise et dans ce qu’il est.
Il a besoin du prêtre découragé, de la religieuse fatiguée ou du laïc qui estime qu’on fait trop souvent appel à lui.
Il a besoin que nous lui laissions une place et que nous lui accordions une importance pour aimer avec lui.

« Ils le suivirent ».
Dieu a besoin de nous.
Dieu se fait mendiant de notre bonne volonté, de notre sens de l’écoute, de nos épaules de solidarité.
Dieu a besoin de chacune et de chacun de nous.
Dieu se fait mendiant de nos rêves et de nos pieds sur terre.
Il a besoin que, dans la foulée des paroles du Pape François aux jeunes du Chili, nous nous posions la question de notre mot de passe pour nous connecter et au monde et à Dieu : « Que ferait Jésus à ma place ? »
Oui, toi qui vis la vie que tu mènes ...
Toi qui connais les heures de doutes et les heures de nuit ...
Toi à qui tout réussit et toi qui resplendis de talents cachés ...
Toi qui crois que tu n’es rien et que ton action ou que ta parole ne sont rien ...
Toi qui vois les grands défis de ce monde et les interpellations qui nous rejoignent chaque jour : « Que ferait Jésus à ta place ? »

Il faut choisir : s'ouvrir ou se fermer.

Tous ceux qui sont sans amour t'attendent,
car Dieu n'a d'autre cœur
que le tien pour les aimer,
car Dieu n'a d'autres mains
que les tiennes pour les soulager,
ni d'autres oreilles pour écouter leur souffrance,
ni d'autres yeux pour voir leur solitude et pour pleurer,
ni d'autres sourires que le tien pour les accueillir.

Et la vie, ce court passage
entre ta naissance et ta mort,
n'aura de sens que si tu aimes.

Il faut choisir, il faut choisir d'aimer !
Tout est "entre tes mains" !

Amen