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CINQUIÈME DIMANCHE DE PÂQUES

(19 mai)

- Abbé Guy De Smet -

 

« Si quelqu’un m’aime… »
C’est à une amitié que nous ouvre l’Évangile d’aujourd’hui … une amitié avec Dieu et une nouvelle relation avec l’homme.

« … Il restera fidèle à ma parole », ajoute Jésus !
Se sentir ainsi aimé par Dieu ne peut qu’engendrer notre réponse … comme l’enfant aimé par ses parents ne peut que grandir dans l’amour.
Un jour, nous avons rencontré l’amour.
Il est venu à nous à travers la parole, ou l’attitude de nos parents, de nos grands-parents.
Il est venu à nous à travers tel prêtre, tel missionnaire, telle religieuse qui nous a parlé de Dieu, d’une manière telle, que nous aurions voulu lui dire, nous aussi : « Reste avec nous ».
Il est venu à nous à travers tel chrétien engagé au service des autres : des hommes et des femmes qui ne vivaient pas repliés sur eux-mêmes, sur leur petite santé, sur leurs petites préoccupations, mais qui vivaient donnés aux autres.
Nous pourrions tous en trouver des exemples dans nos vies : de ces femmes, de ces hommes qui respiraient le commandement nouveau de Jésus : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ».
Ces hommes et ces femmes, ces visages qui nous ont marqués, nous ne leur serons jamais assez reconnaissants : ils nous ont donné envie d’aimer comme eux … d’aimer comme eux étaient aimés !
Leur réponse, comme notre réponse, trouve sa nourriture dans la Parole de Jésus qui est venu cheminer au milieu des hommes.
Car Jésus, l’Aimé du Père est venu vivre comme Envoyé du Père, pour y dire, par tout ce qu’il était, que l’amour était aussi un cadeau pour nous, faits à l’image et à la ressemblance de Dieu.
Là, que de paroles, que de rencontres, que de signes qui ont été source de vie et d’Espérance pour tant d’hommes et de femmes.
Que de paroles, que de gestes qui ont été à la démesure d’une vie toute donnée : « Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même », chantons-nous parfois dans nos églises !
Et si nous prenions l’habitude de lire la Parole de Dieu, pour imprimer le visage d’amour de Jésus dans nos manières d’être et de vivre.

Cette rencontre de l’Amour nous ouvre les portes d’un monde nouveau et d’un ciel nouveau. Il nous ouvre les portes de nouvelles relations, marquées de l’empreinte de la nouvelle création : « Mon Père l’aimera ».
Regardons bien l’icône de la Trinité que Roublev a peint, un jour, du fond de sa joie de croire.
Nous y voyons trois personnages assis autour d’une table. Leur visage est remarquablement jeune. Dans leurs traits, nous ne découvrons que la paix et la sérénité. Entre eux ne règnent que l’harmonie et le calme de la tendresse.
Au milieu de la table se trouve une coupe, celle de la vie donnée de Jésus, celle que Jésus aurait voulu voir s’éloigner de lui, mais qu’il boira, par souci d’accomplir la volonté de son Père, qui est de dire par tous les moyens que l’homme est fait pour aimer et pour être aimé.
Autour de cette table, ils sont trois. Il y a pourtant une place vide : elle nous est destinée.
Si nous acceptons d’entrer dans la logique d’amour de Dieu, nous sommes les invités à sa table.
Nous avons la joie de pouvoir boire avec lui à la coupe de l’amour donné, de la vie livrée.
Nous avons la joie de pouvoir nous abreuver à la coupe qui nous redynamisera et qui fera de nous des artisans d’amour au cœur des questions de nos sociétés.

Cet amour rencontré et vécu, s’il nous comble de joie au jour le jour, nous invite aussi à nous réunir dans la paix : « C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne ».
N’y aurait-il pas là, frères et sœurs, une mission pour nos communautés et pour nos groupes chrétiens ?
Notre monde ne cesse de connaître des crises, des angoisses, des guerres.
Des hommes, des femmes et des enfants meurent, des images en peuplent l’actualité chaque jour.
Violence, attentats, exclusions …Ce qui se vit là est à l’image de toute l’injustice et de toute l’angoisse qui habitent le cœur de l’humanité, depuis que l’homme est homme.
L’Église elle-même ne semble pas être épargnée, nous livrant l’horrible spectacle de porte-paroles de l’Évangile qui sombrent dans des abus ignobles et criminels.
Si nous osions, loin de tout cela, devenir des Églises de paix et de pacification, dans lesquelles l’homme puisse trouver un peu de repos et de compréhension, un peu d’écoute et une main tendue dans le respect et dans la vérité ?
Si nous osions devenir des communautés chrétiennes, qui offrent un peu d’amour et de tendresse, au cœur d’une société qui ne compte que par chiffres et dans laquelle nous ne sommes trop souvent que des numéros ?
Si nous osions devenir des Chrétiens qui ne montrent pas du doigt, si ce n’est tout ce qui cause l’injustice et le non-respect du visage de l’homme, au milieu de procès d’intention, de la corruption, qui défigurent, jusqu’à la honte, la conscience de l’humanité et de l’Église ?
Oui, si nous osions être des signes vrais et heureux de cet amour que Dieu ne cesse de nous donner, lui qui prend la peine de venir chez nous et de demeurer auprès de nous ?

Toi qui es présent dans nos cœurs
Toi qui es présent dans nos vies,
guide nos pas vers la lumière,
guide nos pas vers le jour,
guide nos pas vers la joie,
guide nos pas vers la paix,
guide nos pas vers les autres,
guide nos pas vers l'amitié.

Esprit de Dieu souffle de vie,
Esprit de Dieu souffle d'amour,
agis en chacun et chacune de nous

Amen