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JOUR DE NOËL

(25 décembre)

- Abbé Guy De Smet -

« Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu… »
Si les contes de fées commencent par « Il était une fois » … c’est à un commencement tout aussi extraordinaire que nous invite l’Évangile.

« Le verbe était la vraie lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde ».
Oui, frères et sœurs, tout commence par une Parole, celle de Dieu.
Une Parole qui éclaire l’homme sur la route de son quotidien.
Une Parole, qui vient nous ouvrir les yeux et qui nous fait découvrir chaque chose, chaque visage sous un jour nouveau.
C’est la Parole de la création, à travers laquelle Dieu vit «  que cela était bon ».
C’est la Parole qui a pris l’intensité de la voix des prophètes de tous les temps, qui au nom de Dieu, venait rappeler à l’homme la beauté de l’Alliance.
C’est la Parole qui a fini par prendre visage en Jésus. 
Un visage fait de la tendresse du sourire d’un petit enfant couché dans une crèche. Un visage fait de la vérité d’un amour, qui dans chaque rencontre s’en va révéler l’homme à lui-même.
Un visage fait encore de la beauté d’une vie donnée ou d’un pain partagé, soulageant une humanité ployant sous le poids d’un fardeau.
Et voici plus de 2000 ans, que cette Parole et que ce visage nous sont offerts !

Mais qui dit cadeau, dit aussi accueil !
L’Apôtre jean, dans son prologue nous écrit :
« Le monde ne l’a pas reconnu … il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu ».
Cette nuit de Noël déjà, arrivés à Bethléem, « il n’y avait pas de place à l’hôtellerie » pour ces pauvres parents, venus se faire inscrire, en réponse à l’ordre de l’empereur.
Plus tard, il y aura le rejet des Pharisiens, des détenteurs de la Foi.
Il y aura l’exclusion de Nazareth, où il venait annoncer la venue du Royaume d’Amour de Dieu.
Il y aura le rejet suprême de la croix, dans lequel nous devons bien lire le message que l’humanité adressera à Dieu : «  nous ne voulons pas de toi ».
Et aujourd’hui encore, que de ténèbres qui obscurcissent une lumière qui demande pourtant à briller.
Ce sont les ténèbres des sans papier et des migrants, qui s’en viennent honteusement frapper à la porte des pays riches espérant un peu de compréhension et de reconnaissance d’une dignité. Des discours politiques indignes, des pays à la mémoire courte et c’est l’être humain qui est spolié, alors qu’on ne cesse de nous vanter les droits de l’homme.
Ce sont les ténèbres des sans-abris, qui cette nuit, ont été aveuglés par des lumières que nous leur avons imposées, pour une fête, de laquelle, ils étaient exclus.
Ce sont les ténèbres de tous les mal-aimés de nos familles, de nos quartiers, de nos sociétés, qui, eux non plus, n’ont pas trouvé d’hôtellerie, comme jadis, à Bethléem.
Ce sont les ténèbres de tant de jeunes à qui un avenir semble refusé : pas d’emploi, pas d’expérience, conjoncture difficile … il paraît qu’il faut comprendre, c’est la crise !
Ce sont les ténèbres de ces hommes et de ces femmes qui sont exclus du chômage, alors que pour beaucoup la vie n’a cessé d’être une exclusion du droit au travail.
Ce sont les ténèbres d’une Église qui célèbre une naissance, avec un arrière-goût d’enterrement et de morosité… Le Pape François ne cesse de pointer du doigt, toutes ces maladies qui défigurent l’Église.

Et pourtant !
« Le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous ».
Jésus est venu à la rencontre des ruines de Jérusalem, au point de confirmer les paroles du Prophète : «  Éclatez en cris de joie, ruines de Jérusalem, car le Seigneur a consolé son peuple ». Il est « le Seigneur qui revient à Sion ».
Jésus est aussi celui qui s’en vient nous montrer son Père. Saint Jean dira : «  Dieu, personne ne l’a jamais vu ; mais le fils unique qui est dans le sein du Père, c’est lui qui a conduit à le connaître ».
Il est « le reflet resplendissant de la gloire du Père, l’expression parfaite de son être ».
C’est ce qu’ont vu les bergers de la nuit, dans le sourire de ce petit enfant de la crèche. C’était, pour eux, un moment de paix et de joie, un moment de bonheur profond et intime : «  Douce nuit, sainte nuit ».
Avec Jésus, c’est le début d’une histoire d’Amour, qui rend Dieu proche de l’homme.
Une histoire, faite de tendresse, de douceur, de complicité…
Une histoire de libération et de renouveau pour l’homme blessé, qui accepte de se laisser aimer.
Une histoire de vérité et d’audace, offrant à l’homme la chance, d’une vie nouvelle.
Ce sourire de Dieu je l’ai vu dans le regard d’un jeune coiffeur et dans celui d’un clochard.
Tous les jours, le jeune sillonne les rues de Marseille, à la rencontre de ceux qui n’ont que la rue pour vivre. Il leur propose de les coiffer pour leur offrir un peu de dignité. C’est ça le soleil de Noël aujourd’hui, loin de toutes ces décorations des Champs Elysées français qui ont dû être les témoins de la colère d’un peuple de pauvres qui se bat lui aussi pour sa dignité.

Et si, frères et sœurs, ce Noël devenait pour nous, aujourd’hui, un commencement ?
Si nous osions devenir les reflets de «  Dieu Avec Nous », pour l’homme perdu dans la solitude et dans l’anonymat de nos grands ensembles, de nos quartiers, de nos villes ?
Si nous osions devenir les bras, les jambes et le cœur de «  Dieu Avec Nous » pour le pauvre qui frappe à notre porte ou qui nous fait honte dans la rue, lui offrant un regard de dignité et de respect ?
Si nous osions devenir ces rayons qui sortent de la crèche de Bethléem et qui nous font devenir lumière pour offrir, respect et dignité à l’homme, à la femme que nous rencontrons ?
Si nous osions penser comme «  Dieu Avec Nous » tentant le dialogue avec celui qui ne pense pas comme nous, celui qui n’a pas la même couleur de peau que nous, celui qui n’est pas de notre milieu que nous… laissant là, une fois pour tous nos jugements, nos condamnations et nos étiquettes ?
Oui, si nous osions faire Noël chaque jour, puisque Noël, c’est l’Amour !

Pour que le monde soit plus beau, Seigneur, 
je voudrais allumer des étoiles dans la nuit.
Une étoile du regard pour un peu de lumière dans le cœur de ceux
à qui personne ne fait jamais attention.
Une étoile d'écoute pour un peu de chaleur dans le cœur de ceux 
à qui personne ne donne de temps.
Une étoile de parole pour un peu de joie procurée par quelques mots
d'encouragement, de merci, de tendresse.
Une étoile de service pour un peu de partage
avec des mains qui se tendent, qui travaillent, qui s'unissent.
Une étoile de parfum pour respirer à fond la vie, 
pour admirer et ressentir les merveilles qui nous entourent.
Je voudrais, Seigneur, allumer juste quelques petites étoiles
pour conduire le monde jusqu'à toi.

JOYEUX NOËL !

 


NUIT DE NOËL

(25 décembre)

- Abbé Guy De Smet -

« Je viens vous annoncer une Bonne Nouvelle … »
Une lumière, un chant, c’est le ciel qui offre une Bonne Nouvelle au monde !

Une Bonne Nouvelle de lumière, pour « Le peuple qui marchait dans les ténèbres ».
On le connait bien celui-là …
C’est le peuple de la guerre et de la violence qui s’en meurt du bruit des canons et de l’intolérance qui tue en Syrie, au Yémen ou ailleurs. Jamais une éclaircie. Tout est destruction, air de fin du monde, massacre, pillage.
C’est le peuple de la famine, qui n’a même plus la force de pleurer. Le ventre est vide. Pendant ce temps-là les nations riches vivent dans une orgie d’indifférence et de suffisance.
Un petit pourcentage des humains détient la majorité des ressources et des biens de la terre !
C’est le peuple des sans voix, des sans noms, des sans-papiers, le peuple des migrants. Ils n’intéressent personne et sont même souvent perçus comme étant une tache dans nos sociétés de nantis qui ne veulent rêver que de réussite et de grandeur.
On leur ferme nos portes. On leur crie, comme hier à Bethléem : « Pas de place dans nos hôtelleries de riches ».
C’est le peuple des victimes de la crise, le peuple des gilets jaunes, de celles et de ceux qui n’en peuvent plus des fins de mois impossibles et des petits plaisirs rangés dans les placards des fantasmes inaccessibles … tous ceux pour qui il n’y a pas de place, pendant que d’autres délocalisent pour gagner plus ou se remplissent les poches sur le dos des autres.
C’est le peuple des blessés de la vie et des blessés de l’amour, qui vivent la solitude comme un cancer qui les minent et les anéantit à petit feu.

Et pourtant, au milieu d’eux, on a « vu se lever une grande lumière ».
La lumière d’un amour qui semblait impossible : l’amour distillé dans des gestes de solidarité et d’attention qui rendent un peu de dignité, là où l’inhumanité est le quotidien.
L’amour qui se fait tendresse et émerveillement dans ces animations que connaissent nos quartiers en ces temps de fête.
L’amour qui se fait vérité quand le cœur de l’homme rencontre enfin un peu de respect et de tendresse, quand enfin un peu de sentiment s’exprime dans ce monde froid et dur.
L’amour qui se fait colère et solidarité pour ceux qui n’en peuvent plus de survivre.
Oui, frères et sœurs, comme il est beau et grand ce « Peuple qui marchait dans les ténèbres et qui a vu se lever une grande lumière ».

Cette Bonne Nouvelle de lumière qui éclaire les bergers indique aussi une direction, celle de Bethléem.
C’est là que Marie et Joseph devaient se rendre, pour donner suite à une convocation de l’empereur qui voulait un recensement.
C’est là que Marie allait mettre au monde un enfant, alors « Qu’il n’y avait pas de place pour eux à l’hôtellerie ».
C’est là que les anges vont rassurer des bergers qui gardaient leurs moutons : « Ne craignez pas ».
Oui, en cette nuit de Noël tout nous dit une Bonne Nouvelle : « Un enfant nous est né ; un fils nous a été donné ».
Il est le signe d’un amour qui s’en vient sourire aux hommes de bonne volonté.
Il est un signe qui nous chante que : « La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes ».
Cet enfant, il vient là où il n’y avait pas de place pour l’accueillir.
Il vient au cœur de notre fête de ce soir, où il découvre une société qui n’a pas fait ni de lui, ni de sa tendresse, ni de sa paix une priorité. Mais il est là, à nous de le contempler, si nous le voulons.

Cette nuit, c’est la Bonne Nouvelle d’une lumière, d’une Espérance auprès de l’impossible de l’amour.
Bonne Nouvelle de lumière pour des parents qui ne comprennent plus toujours ce jeune qu’ils ont mis au monde.
Bonne Nouvelle de lumière pour des Chrétiens qui se sentent trop souvent incompris, alors qu’ils tiennent dans leurs mains incertaines le sourire d’un petit enfant qui vient renouveler le cœur de tout homme.
Bonne Nouvelle de lumière pour un monde qui aspire à la paix, à la solidarité, à la justice, à l’amour et qui attend une étoile pour découvrir ces valeurs comme des réalités vécues.
Et si nous portions ce soir cette tendresse de noël dans nos quartiers et dans nos familles ?

Allez viens ! C’est Noël !
C’est le jour de l’Amour,
celui de notre Dieu pour nous les hommes.
Regarde, il nous donne son Fils.

Allez viens ! C’est Noël !
C’est la fête des enfants.
Quoi de plus beau qu’un enfant.
Quoi de plus beau que l’Enfant-Dieu.
Laisse battre ton cœur, si tu veux …

À toutes et à tous, joyeux Noël !

AMEN.


PREMIER DIMANCHE DE L'AVENT

(2 décembre)

- Abbé Guy De Smet -

Chaque dimanche de l’Avent, à 10h00, homélie partagée : laissons-nous interpeller par la Parole de Dieu au cœur de notre quotidien.


DEUXIÈME DIMANCHE DE L'AVENT

(9 décembre)

- Abbé Guy De Smet -

Chaque dimanche de l’Avent, à 10h00, homélie partagée : laissons-nous interpeller par la Parole de Dieu au cœur de notre quotidien.


TRENTE-DEUXIÈME DIMANCHE ORDINAIRE

(11 novembre)

- Abbé Guy De Smet -

« Elle a tout donné … »
Un simple regard, un simple geste, une tendre attention et voilà que Jésus nous révèle la profondeur du cœur de Dieu.

Cette veuve ! Elle n’avait probablement pas grand-chose pour vivre, à tel point que plus de 2000 ans plus tard, on parle encore d’elle comme quelqu’un qui a de quoi nous en apprendre.
Jésus se trouve là dans ce temple merveilleux.  Un bâtiment qui déborde de luxe et de raffinement. Il a fallu tellement de temps pour le construire. On imagine ces candélabres d’or, ces pièces d’orfèvrerie, ces sculptures placées là pour la plus grande gloire de Dieu, au départ.
On y voit ces bêtes pour les sacrifices qui auraient pu nourrir ou améliorer l’ordinaire de pas mal de familles … On y perçoit les odeurs d’encens et de parfums : rien n’est trop beau pour Dieu !
Il y a aussi tous les serviteurs de ce temple : les Scribes, les Pharisiens.
Ils sont les gérants de toute cette beauté du temple, ils sont ceux qui savent comment aborder Dieu, comment lui plaire. Ils ont des droits et des jugements sur les manières de vivre, grâce à la Loi, ces 613 préceptes dont ils sont les détenteurs.
Ils aiment se pavaner dans leurs tenues hétéroclites. Ils aiment en mettre plein la vue, au point que Jésus dira d’eux : « Méfiez-vous » !
Tout ce petit monde se presse et se bouscule dans le temple, qui en dévotion ou en prière, qui à la recherche d’animaux pour le sacrifice, qui à l’écoute d’un maître ou l’autre …
Au milieu de cette foule, il y a cette pauvre veuve que personne ne remarque.
Déjà, elle est veuve et donc, elle n’est pas bénie des dieux. De plus, il s’agit d’une femme et quand on sait le poids que les femmes ont à l’époque … pas grand monde ne doit la côtoyer, ou la remarquer !
Pas grand monde, si ce n’est Jésus !
Il se trouve là avec ses disciples et il regarde cette foule qui se presse.
Il voit cette femme. Il voit même ce qu’elle dépose dans le tronc : cette piècette qui lui permettait de survivre.
La voyant faire, Jésus dira : « Elle a tout donné, tout ce qu’elle a pour vivre ».
Grandeur de cette femme, importance qu’elle occupe aux yeux de Dieu.
Pour Dieu, elle n’est pas qu’une anonyme dont le sacrifice lui ferait honte. Non ! Elle est cette personne unique qu’il aime, dont le nom est gravé dans la paume de sa main.
Jésus ne va pas s’arrêter à la beauté et à la grandeur qui éblouit le monde, mais à celle, bien plus précieuse, qui l’habite.
Ce faisant, il en fait un témoin qui lui ressemble, qui aussi donnera tout, y compris sa vie, pour que tout homme puisse découvrir la grandeur d’être aimé.
Il fera de cette pauvre femme un modèle pour aborder Dieu : tout lui donner, pour qu’il puisse se donner à son tour.

Jésus doit certainement regarder de la même manière l’Église de ce temps.
Et que voit-il ? Certainement bien des visages différents.
Il voit une certaine Église qui se complait dans le luxe et dans le pouvoir que ce luxe confère, dans les honneurs et dans la recherche des premières places.
Il voit une certaine Église qui juge et qui condamne tout qui ne pense pas comme elle ou tout qui risque de mettre en péril la doctrine qu’elle professe et qui lui donnait un pouvoir moral.
Il voit une Église qui se déchire aux noms de tendances ou de chemins théologiques différents, professant en même temps que sa richesse réside dans sa diversité. Il voit une Église qui se lamente : plus de vocation, diminution de la pratique religieuse, fermeture de maisons religieuses … Une Église qui a froid et qui se replie sur elle-même trouvant aujourd’hui l’énergie pour une restauration de la messe en latin ou pour des rites du passé qui rassurent.
Tout cela donne peut-être à Jésus l’occasion de pleurer comme il le fera plus tard sur Jérusalem, appelée à ne devenir qu’un tas de ruines.
Mais Jésus doit certainement voir aussi une autre Église qui se lève et qui lui fait retrouver le sourire et la joie de se donner.
C’est l’Église des vrais priants, de celles et de ceux qui, au cœur de la nuit du monde, en toute humilité, se font guetteur de l’aurore d’un amour appelé à transfigurer le monde. Une aurore qui nous vient de Dieu, un Dieu qui attend notre disponibilité pour nous la confier.
C’est l’Église de la vraie fraternité, celles et ceux qui dans la foulée des grands témoins de notre Foi, en toute simplicité, sont sur la brèche au quotidien pour que l’homme se relève, soit un homme debout qui éclate de vie et d’espérance.
C’est l’Église des engagés qui ne se contentent pas d’un petit air de messe de temps en temps, mais qui ose traduire ce qu’elle y a reçu en actes et en paroles de vie, là où ils vivent.
C’est l’Église qui en ces temps de crise ose sortir de sa réserve pour dénoncer ce qui opprime le licencié, le chômeur, le sans avenir. L’Église qui à travers ses bras et ses cœurs les plus précieux est cette attention, cette proximité, cette aide qui dépanne … des attitudes qui sont comme autant de manières de proclamer la dignité de tout être humain.
Il s’agit là d’une Église qui va nous déranger, qui va nous bousculer … mais n’est-ce pas le but de l’Évangile ?
Il y va cependant de la vérité de l’Évangile, que nous appelons une parole de vie. Elle est là pour nous transfigurer et faire de nous des hommes et des femmes de Bonne Nouvelle au cœur d’un monde qui se cherche des raisons d’espérer.

Cette pauvre veuve, en ce 11 novembre me place aussi devant les yeux ces visages de ces milliers de jeunes inconnus, oubliés, anonymes qui reposent désormais dans des cimetières militaires au lendemain de cette horrible boucherie de 14-18. Ils venaient des quatre coins du monde, convoqués par leurs dirigeants et leurs soucis de pouvoir.
Ils ont laissé là leurs familles, leurs amis, leurs compagnes, leurs fiancées.
Ils avaient devant eux une vie qui ne demandait qu’à leur sourire, un avenir qui se dessinait.
Ils ont été fauchés dans leur élan par une guerre atroce, une guerre inutile qui allait préparer la suivante.
Il aura fallu ce 11 novembre, voici 100 ans pour mettre fin à ce massacre de la jeunesse d’un monde qui avait mieux à faire.
Il aura fallu ce 11 novembre pour que se taisent les canons, les nouvelles armes au gaz, les duels corps à corps …
Il aura fallu ce 11 novembre pour que la colombe de la paix prenne son envol, qui allait s’interrompre quelques années plus tard …
L’orgueil des nations et entre autres de l’Allemagne allait être remis à sa place, laissant aux alliés l’occasion de déployer un autre orgueil, celui du vainqueur qui allait permettre la seconde guerre mondiale.
Le 11 novembre, c’est d’abord la fin d’un massacre et l’écho d’un cri, celui de la femme, de la mère, de l’épouse qui pleure la disparition brutale de l’être aimé … au point que, jusqu’à aujourd’hui, les anciennes générations nous disent : « Plus jamais ça ! »

Je vous laisse cette lettre d’un dégoûté de la guerre, celle de 40-45, mais qui pourrait s’adresser à tous les décideurs de conflits :

« Chez nous il y aura bientôt 80 ans,
sur notre terre de limon coulait le sang.
Un dictateur élu par un peuple chômeur
rêvait de devenir un magicien tout-puissant.

Son peuple s’agenouillant devant lui comme devant un Dieu
sa voix retentissait sur les places publiques.
En uniforme noir ou gris marchait au pas sa jeunesse.
Quelques anciens aussi attendaient un meilleur lendemain.

Et tout s’est mis en place.
Certains devinrent complices de ce mal.
D’autres ne faisaient que suivre béatement.
Quatre années la bête immonde en maître a régné.

Alors, moi, je vous en prie,
Messieurs les dictateurs, ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui,
ceux de la recherche du pouvoir et ceux de la finance,
arrêtez d’impliquer dans vos petits jeux
des enfants, des femmes et des hommes innocents. »

Amen