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Mort d'Arnaud Beltrame : l'hommage du prêtre qui l'a accompagné jusqu'à la mort


C'est au hasard d'une rencontre lors d'une visite de notre abbaye, Monument Historique, que je fais connaissance avec le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame et Marielle, avec laquelle il vient de se marier civilement le 27 août 2016. Nous sympathisons très vite et ils m'ont demandé de les préparer au mariage religieux que je devais célébrer près de Vannes le 9 juin prochain. Nous avons donc passé de nombreuses heures à travailler les fondamentaux de la vie conjugale depuis près de 2 ans. Je venais de bénir leur maison le 16 décembre et nous finalisions leur dossier canonique de mariage. La très belle déclaration d'intention d'Arnaud m'est parvenue 4 jours avant sa mort héroïque.
Ce jeune couple venait régulièrement à l'abbaye participer aux messes, offices et aux enseignements, en particulier à un groupe de foyers, ND de Cana. Ils faisaient partie de l'équipe de Narbonne. Ils sont venus encore dimanche dernier.
Intelligent, sportif, volubile et entraînant, Arnaud parlait volontiers de sa conversion. Né dans une famille peu pratiquante, il a vécu une authentique conversion vers 2008, à près de 33 ans. Il reçoit la première communion et la confirmation après 2 ans de catéchuménat, en 2010.
Après un pèlerinage à Sainte-Anne-d'Auray en 2015, où il demande à la Vierge Marie de rencontrer la femme de sa vie, il se lie avec Marielle, dont la foi est profonde et discrète. Les fiançailles sont célébrées à l'abbaye bretonne de Timadeuc à Pâques 2016.
Passionné par la gendarmerie, il nourrit depuis toujours une passion pour la France, sa grandeur, son histoire, ses racines chrétiennes qu'il a redécouvertes avec sa conversion. En se livrant à la place d'otages, il est probablement animé avec passion de son héroïsme d'officier, car pour lui, être gendarme voulait dire protéger. Mais il sait le risque inouï qu'il prend.
Il sait aussi la promesse de mariage religieux qu'il a fait à Marielle qui est déjà civilement son épouse et qu'il aime tendrement, j'en suis témoin. Alors ? Avait-il le droit de prendre un tel risque ? Il me semble que seule sa foi peut expliquer la folie de ce sacrifice qui fait aujourd'hui l'admiration de tous. Il savait comme nous l'a dit Jésus, qu' « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » (Jn 15, 13). Il savait que, si sa vie commençait d'appartenir à Marielle, elle était aussi à Dieu, à la France, à ses frères en danger de mort. Je crois que seule une foi chrétienne animée par la charité pouvait lui demander ce sacrifice surhumain.
J'ai pu le rejoindre à l'hôpital de Carcassonne vers 21h hier soir. Les gendarmes et les médecins ou infirmières m'ont ouvert le chemin avec une délicatesse remarquable. Il était vivant mais inconscient. J'ai pu lui donner le sacrement des malades et la bénédiction apostolique à l'article de la mort. Marielle alternait ces belles formules liturgiques.
Nous étions le vendredi de la Passion, juste avant l'ouverture de la Semaine Sainte. Je venais de prier l'office de none et le chemin de croix à son intention. Je demande au personnel soignant s'il peut avoir une médaille mariale, celle de la rue du Bac de Paris, près de lui.
Compréhensive et professionnelle, une infirmière, la fixe à son épaule. Je n'ai pas pu le marier comme l'a dit maladroitement un article, car il était inconscient. Arnaud n'aura jamais d'enfants charnels. Mais son héroïsme saisissant va susciter, je le crois, de nombreux imitateurs, prêts à au don d'eux-mêmes pour la France et sa joie chrétienne.

Père Jean-Baptiste - chanoine de l’abbaye de Lagrasse - 24 mars 2018


Pourquoi des conférences de Carême à l'ère de l'intelligence artificielle ?

https://www.youtube.com/watch?v=7zUyPzqmqv4


UNE BRISE LÉGÈRE

Méditation, prière à la lumière de l'Évangile et du quotidien

http://une-brise-legere.over-blog.com/


CARÊME, UN TEMPS POUR LES AMOUREUX

En 2018, le hasard du calendrier fait que le Mercredi des Cendres, l’entrée dans la période du Carême coïncide avec la fête de Saint Valentin, fête des amoureux !
Concurrence festive ou opportunité à saisir ?
Je ne voudrais pas lire dans ce chevauchement de date, un empêchement pour découvrir le cœur de Dieu dans l’austérité d’un temps.
Dieu doit se réjouir que des êtres humains prennent le temps d’un peu d’intimité pour se dire, en se regardant dans les yeux, « Je t’aime ».
Au contraire, dans l’anonymat et dans la froideur de notre monde, il doit s’émerveiller de ces rencontres empreintes de tendresse, de délicatesse et de bonheur... et d’un peu de place dans le portefeuille.
Bonne fête donc, à tous les amoureux ! Bonne fête de Saint Valentin !

Mais, cette année, si Dieu avait envie d’élargir le public concerné par cette fête de l’Amour ?
Et si c’était pour cela que Saint Valentin était cette année, le porte-drapeau du Carême, dans lequel nous entrons ?
Ce mot « Carême », nous l’avons tellement défiguré, que pour beaucoup il n’a plus aucun sens.
Nous en avons fait un temps de régime, au nom de privations qui ne profitent à personne, si ce n’est à celui de la maîtrise de notre poids.
Nous en avons fait un temps pour des bonnes actions qui n’engagent souvent que notre superflu.
Nous en avons fait un temps qui se termine souvent de la même manière : « ça s’est passé si vite, j’ai été tellement occupé, que je n’ai pas eu le temps ! »

Et voilà que le hasard des dates de cette année place devant nos yeux une nouvelle opportunité !
Et si le Carême devenait une invitation pour les « aimés de Dieu » ?
Une invitation pour les chercheurs de sens, pour ceux qui ont un peu de place dans leur vie pour y placer l’autre et donc Dieu et son rêve d’amour, pour ceux qui ont envie de « changer et de croire en l’Évangile » ?
Une invitation pour des amoureux qui ont à se découvrir pour pouvoir se dire, au matin de chaque jour : je t’aime.

Aimer Dieu dans le silence d’une rencontre, dans le murmure d’une brise légère ...
Aimer Dieu en laissant résonner en nous ses lettres familières d’amour, son Évangile, sa Bonne Nouvelle que nous lisons si peu ...
Aimer Dieu en découvrant que son visage s’imprime dans tellement de visages d’hommes et femmes, de jeunes et de vieux, autour de nous ...
Aimer Dieu ... et aimer l’homme, ce frère, cette sœur que j’avais oublié de regarder dans le fond des yeux ...
Aimer Dieu ... et aimer l’homme, jusqu’à allumer un feu de solidarité et de partage qui réchauffe enfin cette planète ...
Aimer Dieu, aimer l’homme ... et m’aimer moi-même. J’avais oublié qu’un jour Dieu avait imprimé sa ressemblance dans mon existence.
Aimer Dieu, aimer l’homme, m’aimer moi-même ... celui qui ne croyait n’être qu’un numéro, celui qui ne méritait pas la confiance, celui qui ne comptait pas dans les décisions du monde.

Je ne sais pas vous, mais j’ai envie de m’asseoir sur ce banc que le carême m’offre !
M’asseoir avec Dieu ...
M’asseoir avec mon frère, avec ma sœur ...
M’asseoir avec moi-même ...
Et prendre le temps de nous regarder dans le fond des yeux pour y lire ce rêve divin : « Je t’espérais ».
Bon Carême, dans vos différentes communautés !

Guy De Smet (Carême 2018)


PAROLES DU PAPE FRANÇOIS AUX JEUNES DU CHILI ...

Un jour, un jeune a fait la remarque au Pape : « Je suis perdu quand le téléphone portable n’a plus de batterie ou quand je perds la connexion à Internet
 Je rate tout ce qui est en train de se passer, je reste hors du monde, comme suspendu.
À ces moments, je sors en courant chercher un chargeur ou un réseau Wi-Fi et le mot de passe pour me reconnecter ».
La réponse du Pape François :
« Avec la foi il peut nous arriver la même chose, a alors expliqué le pape : notre bande passante commence à baisser et nous commençons à être sans connexion, sans batterie. (…) Sans la connexion avec Jésus, nous finissons par noyer nos idées, nos rêves, notre foi, et nous sommes gagnés par la mauvaise humeur ».
Je suis inquiet quand en perdant la "connexion” beaucoup pensent qu’ils n’ont rien à apporter et sont comme perdus.
 Le mot de passe, la batterie pour allumer notre cœur, allumer la foi et l’étincelle dans les yeux.
Le mot de passe de Hurtado (un Jésuite chilien) était très simple. Il se demandait "Que ferait Jésus à ma place?"
 À l’école, à l’université, dans la rue, à la maison, entre amis, au travail, devant celui qui vous brime. "Que ferait Jésus à ma place?
 Quand vous sortez danser, quand vous faites du sport ou allez au stade: "Que ferait Jésus à ma place?, voilà: cest cela être protagoniste de lhistoire. 
Viendra le moment où vous le connaîtrez par cœur, et viendra le jour où sans vous en rendre compte, vos cœurs battront comme celui de Jésus.
 Au milieu du désert, du chemin, de l’aventure, il y aura toujours une connexion, il y aura toujours un chargeur !


LETTRE À UN PRÊTRE DÉCOURAGÉ


Frère, 

Ce soir, tu t'affales dans un fauteuil devant la télé, tu te sens vide, tu n'as même plus envie de penser.
Tu es au bord des larmes ou de la nausée, tu aurais envie de disparaître en t'endormant. Tant d'années harassantes passées au service de ta paroisse. Tes yeux tombent sur ton agenda dont chaque page est entièrement noircie de tes notes prises à la hâte : baptême de X, préparation au mariage de Y, réunion de l'équipe paroissiale, fabrique d'église, pouvoir organisateur de l'école, réunion de secteur, aller voir la veuve de Charles, Mimi à l'hôpital, préparer homélie du week-end, souper annuel de la chorale, faire réparer le micro de l'église, aller voir M et N au bord du divorce, écrire article pour Noël .
Des joies, certes, mais tant d'énergie, de fatigue et de peine et tu en arrives à te demander pour quel résultat ?
Tu vois l'assemblée du dimanche fondre comme neige au soleil. Les jeunes ont déserté ton église depuis belle lurette. Tu vois des bébés qui ne sont plus baptisés, des couples qui se séparent pour un oui pour un non, des enfants qui ne viennent plus au caté parce que plus attirés par le foot ou les jeux vidéo, des fiancés qui te demandent le sacrement de mariage on se demande pourquoi, les messes de semaine où tu te retrouves pratiquement seul et le confessionnal qui n'est plus fréquenté que par Léon le samedi saint.
Comme je voudrais retrouver en toi celui que j'ai connu à ses débuts et qui nous entraînait par sa foi communicative.

Que s'est-il passé pour que nous en arrivions là ?
Difficile à dire, mais je voudrais tout de même te livrer mes réflexions à ce sujet, au risque de te paraître orgueilleux car je n'ai aucune compétence dans ce domaine, tu le sais.

Notre Église, du moins dans nos régions, me semble être devenue aujourd'hui une sorte de grand parti politique, soucieux de justice sociale, de bien-être général, et animé par quelques valeurs telles que les droits de l'homme, la non-violence, l'écologie.
Une Église qui, en voulant tellement se rapprocher du monde, s'est éloignée de sa source au point de s'affadir. De spirituelle, elle est devenue sociologique.
Jésus, je ne t'apprends rien, nous a résumé ton message en deux commandements : le premier : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force » ; le second : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Marc 12, 30-31).

Pourquoi un premier et un second alors que Jésus nous dit par ailleurs que le second est semblable au premier ?
Je pense que c'est parce que le second découle, est une conséquence, un fruit du premier.
Le Malin, qui mérite bien son nom, ne nous a-t-il pas conduit à intervertir ces deux commandements en laissant s'estomper progressivement le premier ?
Cela ne nous a-t-il pas amené, dans notre orgueil, à vouloir construire l'Église en nous passant de Jésus ?
Quelques exemples ?
Souviens-toi de toutes ces réunions de chrétiens, pourtant engagés et convaincus, qui débutaient sans un vrai moment de prière. De ces articles de théologiens ou d'auteurs en vue qui prenaient si aisément la place de l'Évangile dans nos réflexions. De ces multiples plans pastoraux qui se succédaient sans même prendre la peine de demander : "Mais Toi, Seigneur, quel est ton plan pour notre communauté ? Que veux-tu que nous fassions ? Quelle est ta volonté ?"
Ce n'était pas nécessaire, dans la pile de papiers que l'on recevait, tout était prévu.
« Il ne suffit pas de dire Seigneur, Seigneur », clamait-on de tous côtés ; pourtant, combien répondaient à ton invitation à former un groupe de prière ?
Or, l'avertissement de Jésus est on ne peut plus clair : « sans moi, vous ne pouvez rien faire ».
C'est Jésus qui va "attirer à lui tous les hommes" comme il l'a annoncé. Pas nous !
Le Sauveur du monde, c'est lui. Pas nous !
Ne crois-tu pas que nous avons essayé de nous débrouiller sans lui ?
Et nous nous sommes donc retrouvés avec nos cinq pains et nos deux poissons pour nourrir toute cette foule, parce que nous avions oublié une chose : c'était de les lui apporter d'abord.
Je ne prétends pas connaître Jésus, mais j'ai dans l'idée que chaque fois que nous voulons agir par nous-mêmes, lui se retire sur la pointe des pieds. Idem pour Marie.
Je te le dis tout net : je crois vraiment qu'aucun plan pastoral n'est aussi "efficace" que l'eucharistie vécue intensément.
Que des heures d'adoration devant le Saint-Sacrement ramèneront bien plus de gens dans notre église que toutes nos tentatives de battre le rappel de ceux qui ont déserté nos célébrations.
Que le rétablissement du sacrement de réconciliation est à même d'augmenter l'ouverture et la solidarité de notre communauté bien plus que toutes les campagnes et les exhortations au partage et à la justice.

Je pense que nous devons "re-spiritualiser" notre Église.
Redonner à Jésus et à sa mère la place qui leur revient pour que eux puissent agir à travers nous.
«J'avais faim, j'avais soif ».
La famine spirituelle est devenue criante dans ce monde déboussolé.
C'est là, je pense, que les gens nous attendent
Et pour nous conduire à cette conversion, Frère, nous avons besoin de toi. 


UNE HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

« Être heureux n'est pas une fatalité du destin, mais une réussite pour ceux qui peuvent voyager en eux-mêmes »

« Vous pouvez avoir des défauts, être anxieux et toujours en colère, mais n'oubliez pas que votre vie est la plus grande entreprise au monde. Seulement vous pouvez l'empêcher d'échouer. Beaucoup vous apprécient, vous admirent et vous aiment. Rappelez-vous qu'être heureux ce n'est pas avoir un ciel sans tempête, une route sans accidents, un travail sans fatigue, des relations sans déceptions.
Être heureux c'est trouver la force dans le pardon, l'espoir dans les batailles, la sécurité dans les moments de peur, l'amour dans la discorde. Ce n'est pas seulement de goûter au sourire, mais aussi de réfléchir à la tristesse. Ce n'est pas seulement pour célébrer les succès, mais pour apprendre les leçons des échecs. Ce n'est pas seulement de se sentir heureux avec les applaudissements, mais d'être heureux dans l'anonymat.
Être heureux n'est pas une fatalité du destin, mais une réussite pour ceux qui peuvent voyager en eux-mêmes. Être heureux c'est arrêter de devenir une victime et devenir l'auteur de votre destin. C'est traverser les déserts pour pouvoir encore trouver une oasis au fond de notre âme. C'est pour remercier Dieu pour chaque matin, pour le miracle de la vie.
Être heureux ne craint pas tes propres sentiments. C'est pouvoir parler de vous. C'est avoir le courage d'entendre un « non ». La confiance est à l'affût des critiques, même si elles ne sont pas justifiées. C'est d'embrasser vos enfants, de choyer vos parents, de vivre des moments poétiques avec des amis, même s'ils nous blessent.
Être heureux c'est laisser vivre la créature qui vit dans chacun d'entre nous, libre, joyeuse et simple. Il faut avoir la maturité pour pouvoir dire : « J’ai fait des erreurs ». C'est avoir le courage de dire "Je suis désolé". C'est d'avoir la sensibilité de dire « J'ai besoin de toi ». C'est avoir la capacité de dire « Je t'aime ».
Que votre vie devienne un jardin d'opportunités pour le bonheur ... Au printemps, un amoureux de la joie. En hiver, un amoureux de la sagesse. Et lorsque vous faites une erreur, recommencez. Car seulement alors, vous serez amoureux de la vie. Vous constaterez que le fait d'être heureux n'est pas d'avoir une vie parfaite. Mais utilisez les larmes pour irriguer la tolérance. Utilisez vos pertes pour raffermir la patience. Utilisez vos erreurs pour sculpter la sérénité. Utilisez la douleur comme plâtre du plaisir. Utilisez les obstacles pour ouvrir les fenêtres d'intelligence.
Ne jamais abandonner ... Ne jamais abandonner les gens qui vous aiment. Ne jamais abandonner le bonheur, car la vie est une manifestation (performance) incroyable. »

Pape François