église de Belgrade
Paroisse Saint Joseph
Belgrade
Le Christ réssuscité de Jean Willame

Mes frères et sœurs,

 

Après une belle et fervente semaine sainte, laissons le Christ nous pénétrer de sa vie de Ressuscité.

 

Il a été intéressant de renouveler notre profession de foi lors de la veillée pascale. Une chose est de professer notre foi, une autre est de vivre selon la foi professée. Retenons que la résurrection du Christ est une réalité inouïe qui nous porte à être vivantes et vivants dans un monde qui a tant besoin et soif de paix et de justice. Par manque de paix, écrasés par la misère et les injustices sociales, nombreux sont ceux et celles qui n’ont pas eu à rayonner de la joie pascale. Ils sont considérés comme étant dans des tombeaux fermés où la mort crie victoire. Ce n’est pas dans un tombeau que l’on retrouve Celui qui est la Vie ! Ce n’est pas là non plus qu’il veut nous voir enfermés !

 

Le monde attend des signes, de notre part, pour lui annoncer la victoire du Ressuscité. Si la victoire du Ressuscité n’est pas la nôtre, à quoi peuvent servir toutes nos belles célébrations. Le Christ lui-même a donné des signes de sa résurrection, et déjà, par toute sa vie, ses gestes et ses paroles, il nous a signifié qu’il est venu pour que nous ayons la vie, que nous l’ayons en abondance (cf. Jean 10,10).

 

Baptisés dans le Christ, nous avons revêtu le Christ (Galates 3,27) pour être messagers de l‘amour qui l’a conduit jusqu’à la mort sur une croix. Pour nous, il a donné sa vie, car « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jean 15,13). Chacune, chacun de nous est aimé personnellement par le Christ qui nous invite à faire comme lui. Avant de mourir, il nous a montré ce qu’est le véritable amour et comment nous pouvons devenir servantes et serviteurs de nos frères et de nos sœurs. Il a quitté son vêtement, la veille de sa passion, pour laver les pieds de ses disciples. Par ce geste, il nous invitait à quitter notre orgueil, notre folie de grandeur. C’est un exemple qu’il nous a donné pour vivre Pâques avec lui.

 

Pour sortir du regard pessimiste que nous portons sur l’avenir de notre société ou de notre Église, chacune, chacun de nous peut offrir des signes allant dans ce sens-là. Faut-il croire que l’avenir de l’Église dépend seulement du pape ou des évêques, et celui de notre société des hommes au pouvoir ? N’est-ce pas que nous sommes tous responsables de notre avenir, bien qu’à des degrés différents ? Autant de lieux, dans la vie ecclésiale comme dans la vie sociétaire, demandent d’être habités par des hommes et des femmes qui sont porteurs et porteuses du souffle de la Résurrection. Du coup, nous pouvons revoir notre manière d’affronter le mal, les épreuves, le jeu des pouvoirs, qui marquent notre temps.

 

En nous laissant pénétrer de la vie du Christ Ressuscité, puissions-nous nous insérer dans l’histoire en assumant le présent pour un avenir en Dieu, éclairé par le mystère pascal, et en restant solidaires de ceux et celles qui, sans partager nos convictions chrétiennes, abordent les questions les plus graves qui habitent notre monde et œuvrent pour un monde meilleur. Cela exige bien sûr une volonté de puissance pour nous désolidariser de ceux et celles qui poussent le monde ou l’Église à être un tombeau où la mort crie victoire. Dans ce sens, nous chrétiennes, chrétiens, étant ensevelis avec le Christ par le baptême dans la mort, comme lui est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous devons vivre nous aussi dans une vie nouvelle (cf. Rm 6,3-4). Cette vie nouvelle est appel à la conversion et au renouvellement constant. Ce sera notre nouveau départ dans notre Galilée moderne ; là le monde reconnaîtra, par nous, que Christ est réellement ressuscité.

 

Dans l’Octave de Pâques, soyons toujours rayonnants de la joie du Christ Ressuscité !

Alléluia !

Abbé Christophe Bikuika

Diocèse de Namur         Doyenné de Saint-Servais           Secteur de Saint Servais