PAROISSE NOTRE-DAME DE L'ASSOMPTION

   

 


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-57- BELGIQUE, QU’ES-TU DEVENUE ?


Dans quelques semaines, nous allons nous souvenir !
Ce sera le 11 novembre, souvenir d’une Armistice, mémoire de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui se sont battus, qui ont souffert, qui sont morts pour que notre pays connaisse une ère de liberté, de justice et de dignité.
Nos mandataires politiques seront plus nombreux que d’habitude au pied des monuments ... pas tellement au nom d’un sursaut de patriotisme, mais bien plutôt dans un souci d’être vus : année électorale oblige !
J’ai pourtant l’impression, en suivant notre actualité, que tous ces sacrifices humains ont été piétinés par les aléas d’une politique qui a sacrifié l’humain au profit de l’argent.
Aurait-on remplacé une dictature par une autre ?
Aujourd’hui, Belgique, terre qui m’a portée jusqu’à présent, je me permets de t’interroger : qu’ont-ils fait de toi ? Qu’es-tu devenue ?
Belgique, qui es-tu pour qu’une de tes institutions se permette de remettre un prix de la Démocratie et des Droits de l’Homme ?
Certes, le combat de cette femme à qui a été remis ce prix est audacieux et tellement précieux. Elle va à la rencontre de jeunes que notre vie en société inonde de violence. Elle va leur parler de son fils mort debout, assassiné par un monstre s’étouffant d’idées de destruction et de vengeance.
Seule, elle a plus d’importance que n’importe quelle banque que tu sauves avec empressement ... mais recevoir un prix des mains de tes représentants frôle l’insulte !
As-tu vu l’état de tes prisons ?
As-tu mesuré le respect que tu donnes à ces hommes et à ces femmes que tu enfermes dans la violence, en ne leur donnant pas des conditions de vie, dignes d’un être humain ?
As-tu compté les condamnations que t’ont valu les décisions de nos gouvernants qui accordent tellement plus de place à la rentabilité et à la finance qu’à l’élémentaire respect des droits de l’homme ?
Que fais-tu des armes que tu viens de décider de vendre à l’Arabie saoudite, ce pays qui ne sait même pas ce que les Droits de l’homme signifient ?
Que fais-tu de ces femmes, de ces jeunes, de ces hommes, soudanais et autres, dont la souffrance te demeure étrangère ?
Que fais-tu de tes nationaux que tu laisses enfermer dans une précarité innommable ?
Serais-tu devenue cette femme indigne qui se prostitue à n’importe quel prix ?
Honte à toi !
Belgique qu’es-tu devenue quand tu tolères l’action de ton secrétaire d’État à l’asile et à la migration ?
Rtbf.be nous a livré ces jours-ci un article remarquable d’une citoyenne. Le titre a lui seul fait froid dans le dos : « Je vis dans un pays qui organise des rafles ».
Tout se passe au parc Maximilien à Bruxelles, dimanche soir.
À ce moment, quelques bénévoles de la plateforme citoyenne d’aide aux réfugiés sont en, action, quand, tout à coup, la police déboule et saisit ceux qui s’y trouvent, les emmenant vers l’inconnu et l’arbitraire.
C’est à ce moment que Anne-Catherine de Nève, auteur de l’article, ramène un jeune réfugié de 16 ans qu’elle avait secouru et hébergé pendant quelques jours. Elle ne cesse, aujourd’hui, de s’en mordre les doigts !
Il sera saisi, comme les autres, laissant dans la bouche de celle qui l’aura recueilli pour quelques instants de paix, ces paroles amères : « J’ai mis longtemps à m’en convaincre : je vis dans un pays qui organise des rafles. C’est l’image de M. peut-être, sans doute, emmené dans ce bus qui me convainc aujourd'hui de la réalité de ce concept. C'est concret. C'est réel. Ça s'est passé. Ça se passe chez nous. Je l’imagine ne pas savoir où on l’emmène, être trimbalé dans la nuit jusqu'à une caserne, un centre – ils les emmènent où d’ailleurs ? – n’avoir aucune personne à qui demander de l’aide »
La déclaration du Président de la Ligue des Droits de l’homme, prédisant la « rafle » de quelques 250 migrants, devenait une réalité ! 
Cette déclaration, il l’avait faite sur les ondes de la télévision nationale, la noyant dans l’indifférence générale et complice !
Cette honte nous la devons à Théo Francken, ce monstre flamand qui confond asile et oppression, qui confond misère et terrorisme, qui confond humanité et soif de pouvoir !
Cette rafle nous rappelle que l’état de droit n’a aucune importance pour lui.
Elle nous rappelle sa sympathie pour d’autres époques qui le séduisent, comme il le prouve en rejoignant les petites fêtes de ses amis, les anciens collaborateurs de 1940-1945. Il était décrit à sa juste valeur dans la caricature de Ecolo J que j’ai beaucoup appréciée ! Mais il faut croire que la vérité blesse !
Elle nous crie à la figure combien de tels personnages sont dangereux pour l’avenir de la démocratie et de nos libertés.
Avec Francken, les leçons de l’histoire n’ont aucune importance. Nous pensions que Nuits et brouillards, les rafles dans les ghettos ou celle du Vel d’hiv étaient définitivement impossibles ! Elles ont lieu, aujourd’hui, dans un parc à Bruxelles, capitale de l’Europe de l’infamie !
Elles ont lieu au nom de l’excuse de tous les lâches : « nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde » - sauf quand ils sont concernés : souvenez-vous de l’aventure stupide de la faillite des banques !
Cet infâme personnage se situe dans la droite ligne du comportement de tout un gouvernement :
assassinat des malades pour qui les soins ne sont plus accessibles.
Humiliation des chômeurs pour qui de véritables chasses aux sorcières sont organisées, alors que les comptes-titres et les fraudes des riches sont accompagnées avec beaucoup de compréhension.
Cynisme face aux exclus du monde du travail à qui un Premier-Ministre incompétent crie « Job, job, job » en ne leur proposant que les résidus d’emplois précaires.
Écrasement des retraités, arrivés à un âge où un peu de repos serait bien mérité, à qui on promet monts et merveilles s’ils acceptent d’encore travailler pour compléter leurs maigres revenus.
Insulte à toute une population à qui on promet une augmentation de salaire, grâce à quelques magouilles utiles en période électorale. On s’empresse d’oublier de parler de la libéralisation du prix de l’électricité, des plafonds d’impôts qui seront dépassés et j’en passe !
Il n’y a plus qu’à ouvrir des camps contre « les populistes » qui se rebellent contre la dictature de la finance !
Et dire que chacune de nos trois couleurs nationales nous promettaient autre chose !
Elle nous parlait de compassion dans le noir du deuil.
Elle nous parlait d’empathie et de colère face au rouge du sang et du désarroi.
Elle nous parlait de bonheur face au jaune de nos joies et de nos soifs d’avenir.
Les ripoux qui nous dirigent les ont remplacées par un coq perché sur le fumier que nous connaissons, un lion qui rugit dans le vide d’une politique qui asservit l’homme et une fleur d’iris qui se fane à force d’être piétinée par l’injustice.
Ils se sont amassé un magot sur la détresse de ceux qu’ils oppriment, convaincus que les citrons pressés que nous sommes ne se rebelleront jamais !
Qu’ils se méfient toutefois : les rafles ont suscité la résistance !
Elles ont été l’étincelle qui a poussé les exploités et les écrasés à se battre !
Elles sont restées l’aiguillon de nos révoltes !
Toi qui a subi la rafle dans ce parc, un soir de septembre ... jamais nous ne t’oublierons : tu resteras, à jamais, le moteur de nos soulèvements et du bannissement de ceux qui ont fait de l’oppression leur commerce quotidien !
Belgique : regarde ce qu’ils ont fait de toi !

Guy De Smet (19 octobre 2017)


-56- L’ILLÉGALITE AU POUVOIR

Ce n’est pas la première fois que la Belgique, dirigée par les voyous que nous connaissons se fait rappeler à l’ordre par les instances judiciaires européennes et nationales.
Le champion du déshonneur national est ainsi porté par l’action de notre sulfureux secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration : Théo Francken.
Son ego est tellement flatté quand on parle de lui, qu’en périodes calmes, il se réveille et via Twitter lance une bombe qui lui permettra de ne pas se faire oublier.
Il sera soutenu à chaque fois par la NV-A, son parti d’origine, qui ne peut cacher son attirance pour des modèles dictatoriaux et afficher sa xénophobie primaire, à moins que ce ne soit celle de ses électeurs.
Il sera aussi soutenu par les moutons bêlants du gouvernement qui ne peuvent que suivre la voix de leur mentor Bart De Wever, ce ténébreux petit professeur d’Histoire.
Nous ne rappellerons pas toutes les fois où son action ministérielle s’est inscrite dans l’illégalité : les décisions de justice sont là pour en témoigner !
Dernièrement, il a voulu cacher sa veulerie derrière des contacts avec le Soudan.
Cette république, mise au ban des nations à cause de sa dictature sanguinaire et de ses crimes contre l’humanité, est devenue l’interlocuteur privilégié du secrétaire d’État. L’argent n’a pas d’odeur !
Il a sollicité l’aide d’une équipe de reconnaissance émanent de ce gouvernement étranger, pour identifier les migrants présents sur notre sol.
Il pouvait ainsi, en toute hypocrisie, renvoyer ces ressortissants vers leurs pays d’origine, les livrant ainsi à un avenir plus qu’incertain : tortures, assassinats, brimades y sont le lot quotidien ... mais qu’à cela ne tienne !
Heureusement la vigilance de deux avocates, de la Ligue de Droits de l’Homme et du Tribunal de Première Instance de Liège en a décidé autrement.
Ces expulsions arbitraires doivent être stoppées sous peine d’une astreinte de 20.000 €
Il s’agit là d’un signal fort, adressé au gouvernement : la finance c’est une chose : le droit c’est autre chose !
Dans sa colère, le secrétaire d’État ne mesure plus ses paroles. Il vient de s’en prendre violemment au Maroc, qui vient de déposer plainte contre notre pays, après avoir signé des accords en bonne et due forme avec nos autorités.

En réaction à l’opposition à son action par Écolo J qui l’avait affublé d’une tenue nazie dans un photomontage, il a demandé à être jugé sur le contenu de sa politique, au lieu d’être la victime innocente d’une criminalisation.
C’est bien ce que nous faisons aujourd’hui.
Nous l’accusons de populisme, soucieux de flatter les sentiments d’un électorat xénophobe et de Belges en manque de bouc-émissaires face à la crise.
Nous l’accusons de faire de l’inhumanité, une manière d’être, parlant de nettoyer une société, alors qu’il s’agit de rencontrer des hommes et des femmes dont les yeux débordent de détresse.
Nous l’accusons de faire de son idéologie d’extrême-droite une arme contre la démocratie, allant jusqu’à bafouer les droits élémentaires d’êtres humains. Ses sympathies pour les anciens collaborateurs qu’il aime rejoindre ou pour un Vlaams Belang qu’il sait flatter quand nécessaire, sont là pour en témoigner.
Nous l’accusons de faire de l’illégalité un mode de gouvernance. Sans honte et avec beaucoup de mépris, il bafoue les règles du droit international, reléguant notre pays au rang des pires dictatures qui défigurent la planète. L’ensemble du gouvernement en soutenant son action se rend complice de ses agissements.
Si le citoyen vit dans l’illégalité, il doit payer ... c’est le lot de milliers d’entre eux !
Théo Francken n’est pas au-dessus des lois : lui aussi doit « payer » pour sa politique et pour ses actes.
Nous ne lui donnons pas le droit de s’exprimer au nom d’un pays, qui, par ses trois couleurs nationales, ne cesse de clamer son combat pour le respect de la liberté et des droits inaliénables des citoyens et des humains.
Nous ne lui donnons pas le droit d’outrepasser par ses décrets, les décisions de la Justice. En démocratie, la séparation des pouvoirs, cela se respecte !
Nous exigeons son départ du gouvernement, et que cela soit un coup de semonce pour tout qui exerce un pouvoir dans notre pays !

Mais j’en entends déjà me rétorquer : pourquoi s’en prendre à lui, il fait du bon travail ! Les sondages d’opinion sont là pour en témoigner.
Vous qui voyez dans ces migrants un danger ...
Vous qui estimez qu’ils viennent manger le pain des Belges ...
Vous qui trouvez – à juste titre – qu’il ne nous est pas possible de porter toute la misère du monde ...
Vous qui criez haut et fort que nos gouvernants feraient mieux de s’occuper des autochtones avant de s’occuper des étrangers ...
Je ne vous accorde pas le droit de traiter des humains comme du bétail.
Je ne vous donne pas le droit de rejeter ces hommes et ces femmes sans chercher, avec eux et avec leurs pays d’origine, des solutions à leurs drames.
Je ne vous donne pas le droit de nourrir la haine et l’intolérance.
En même temps, je me plais à vous imaginer à leur place !
Je vous vois bien sur les routes de l’exil, parce que votre pays ne vous offre plus d’avenir.
Je vous vois bien sur les routes de l’exil parce que le bruit du canon a couvert celle de vos aspirations à la paix et à la justice.
Je vous vois bien sur les routes de l’exil sur lesquelles vos égoïsmes rencontreraient les poings fermés des indifférences.
Je vous vois bien sur les routes de l’exil, tombant de fatigue et de misère et devant abandonner vos enfants pour qui vous ne pourriez plus rien.
Je le vois d’autant mieux, que pendant ce temps, ceux qui aliment notre peur des migrants, comme Francken, nous assènent de lois qui font qu’il n’y a plus de travail pour tout le monde.
Pendant ce temps, ils rendent vos fins de moins difficiles, sacrifiant tout votre bien-être sur l’autel de la rentabilité et des soifs des plus riches.
Pendant ce temps, ils chassent les chômeurs, ils ponctionnent les retraités, ils abandonnent les malades, les jeunes, les familles, pourvu que les dividendes des actionnaires soient assurés.
Ils ont eu le génie d’inventer un coupable : le migrant, face à qui nous ne remplissons même pas la norme des quotas imposés par une Europe méprisante !
Ils ont eu le génie d’inventer un argument imparable : nous en pouvons pas porter la misère du monde ... pas même la vôtre qui êtes de « ceux qui ne sont rien » !

Aujourd’hui la Justice a mis le doigt sur l’illégalité dont usent nos gouvernants pour arriver à leurs fins.
Et si nous mettions fin au massacre de l’homme par ces hyènes de la finance, dont ces minables à la Francken sont les valets ?

Guy De Smet (10 octobre 2017)

-55- UNE RÉPONSE À LA GRÈVE ?

Un peu partout en Europe, la colère gronde.
L’Europe et son patron « Finance » imposent - grâce à une crise qui tombait bien – une austérité qui ne cesse de faire des victimes.
En Allemagne, des retraités sont obligés de se trouver un emploi complémentaire pour suppléer à une retraite insuffisante.
En Allemagne toujours, des travailleurs qui font vivre l’économie allemande au prix de grands sacrifices se voient affublés du statut de « travailleur pauvre ». Ils vivent au seuil de la pauvreté, ne sachant pas de quoi demain sera fait.
En France, le massacre du code du travail a fait de la précarité des travailleurs une nouvelle manière de vivre, dont ils n’ont qu’à se satisfaire, pendant que les plus riches profitent de cadeaux indécents. Dès demain, les travailleurs en engrangeront les dégâts !
En Grèce, les habitants en sont réduits à la misère par des institutions européennes et par des pays qui profitent de leur détresse pour se remplir les poches de bénéfices juteux. À quand notre tour ?

Et chez nous ?
Les travailleurs du rail n’en peuvent plus de la menace qui pèse sur leur emploi comme une épée de Damoclès.
Le service public, dans son ensemble, se sent asphyxié dans son fonctionnement.
Les pensionnés se demandent de quoi ils vivront demain, pendant qu’une certaine classe politique se pavane dans des avantages immérités et scandaleux.
Beaucoup de familles connaissent des fins de mois difficiles pendant que la crise, dont ils ne sont en rien responsables s’abat sur leurs épaules.
Des employés de banque vivent la peur du lendemain comme un cauchemar, confrontés qu’ils sont à la veulerie de leurs patrons qui estiment qu’après un certain âge, et sans discussion, il n’y a plus de place pour eux dans l’entreprise. Pendant ce temps-là les banquiers – véritables djihadistes de la finance – se réjouissent de leurs profits.
Les travailleurs, comme ceux de RTL, ces derniers jours, sont jetés, comme de vulgaires mouchoirs en papier, non au nom d’une baisse de rendement de la société, mais au nom d’une soif de plus de bénéfices et de parts de marché.
Nous pourrions évoquer la situation des malades, des jeunes, des femmes, des écoles, de la justice, de nos infrastructures ...
Notre pays commence à ressembler à ces entrepôts que la justice est bien obligée de fermer à cause de leur vétusté ... mais, à part ça, tout va très bien, la reprise est là, selon les chantres du libéralisme !

Le gouvernement Michel, un des plus sordides depuis l’après-guerre, se défend et reste sourd à la voix du peuple qui crie son désarroi.
Il se targue de créer des emplois, sans en préciser la nature. Des études montrent qu’il s’agit avant tout d’emplois précaires, voulus au nom d’une flexibilité jugée indispensable. Comment construire une vie dans de telles conditions ?
Il se targue de vouloir remplacer une concertation sociale impossible par des décisions unilatérales et imbéciles.
Il se targue de respecter des normes européennes, justifiant son massacre social par des décisions venant d’ailleurs.
Il se targue d’une « bonne politique », fermant les yeux et se bouchant les oreilles face aux désenchantements de toute une population laborieuse.

Aujourd’hui des hommes et des femmes en ont assez.
Ils en ont assez de ces factures qui s’accumulent et qu’ils ne peuvent payer à cause de leurs salaires gelés et d’un coût de la vie, sans cesse en hausse ou d’une TVA injustifiée, comme celle sur l’électricité.
Ils en ont assez de vivre dans l’insécurité et de ne même plus voir l’horizon d’un avenir pour leurs enfants.
Ils en ont assez de ne pouvoir que « survivre » dans cette société qui devient, chaque jour un peu plus inhumaine.
Certains ont décidé, en ce 10 octobre, de faire grève et de manifester leur ras-le-bol.
Un mouvement d’humeur certes, mais modéré face à l’ampleur du mécontentement !
Un mouvement d’humeur qui n’est pas du goût de tout le monde !
Il n’est pas apprécié par le gouvernement qui ne voit dans sa politique que la seule possibilité qu’accepte la dictature de la finance, son patron.
Et dire que le Premier-Ministre devait se lancer, ce même jour, dans un auto-encensement qui devait être une jouissance !
Il n’est pas apprécié par nos égoïsmes et nos individualismes, tellement appréciés en libéralisme.
Face au droit de grève, ils évoqueront le droit au travail.
Face au « bordel » que cela crée, ils préfèrent insulter et traiter les mécontents de fainéants qui « feraient mieux de chercher du boulot ».
Qui sont -ils, ces « gens qui ne sont rien » pour empêcher l’accroissement des bénéfices « de eux qui réussissent » ?
Mais, en Belgique, il y a toujours bien un surréaliste pour proposer une idée !
Nous l’avons trouvé en la personne du ministre Bellot (MR) !
Parlant de la grève, ils évoquent l’irresponsabilité syndicale : elle ne serait pas un bon signe face à la politique du gouvernement qui supplée à un dialogue social inexistant.
Il parle « d’un mauvais signe » face à une population qui a besoin de se déplacer.
Il utilise la fermeture d’un viaduc bruxellois, fermé à quelques heures de la grève pour ouvrir à nouveau, comme par hasard, au lendemain du mouvement social. Chantage et malhonnêteté intellectuelle ... armes des faibles !
Il revendique avec ses collègues criminels un service minimum pour permettre un autre droit, celui au travail !
Mais qui sont-ils donc ces manants qui osent se rebeller contre leurs conditions d’existence ?

Pour qui nous prennent-ils ?
Vient un moment, où la population n’en peut plus d’être considérée comme un citron pressé.
Vient un moment, où la précarité n’est plus un choix voulu par les travailleurs. Elle devient, au contraire, chaque jour un peu plus, les prémices d’une révolution qui ne cesse de couver dans l’opinion.
Vient un moment où l’arrogance de la soif de bénéfices des entreprises devient un camouflet et une injustice pour ceux qui en sont les victimes.
Quant à ceux qui réclament un droit au travail ... souvenez-vous !
Vous aimez les congés payés, les avantages sociaux dont vous bénéficiez encore : vous les devez aux luttes sociales de nos prédécesseurs. Pas à votre petit « moi je » insupportable !
Vous aimez un pouvoir d’achat qui vous respecte : des hommes et des femmes se battent pour que votre voix soit entendue.
Vous aimez la sécurité de vos conditions de travail et les envies de rationalisation de votre patron vous font peur : les luttes de vos représentants au sein de l’entreprise sont vos « veilleurs ».
Vous aimez pouvoir exprimer vos opinions : vous le devez au combat de ceux qui ont lutté pour que cela reste possible.
Vous réclamez un droit au travail ... il y en a dans notre société qui aimeraient eux aussi pouvoir en profiter ! Et vous-mêmes, en profiterez-vous toujours ?
Au lieu de vous enfermer dans vos égoïsmes, rejoignez plutôt ceux qui – comme vous – ont peur de l’avenir.

Certes qu’est-ce qu’une journée de grève, face à l’ampleur du désastre social ?
Nous pourrions déplorer l’absence de certains syndicats dans la lutte d’aujourd’hui.
Quand ils s’acharnent à vouloir déclarer leur indépendance des partis politiques au pouvoir, sont-ils bien crédibles ? J’ose quelques doutes !
Il s’agit du désarroi d’hommes et femmes ... et pas de leur petite place au soleil !
Le courage syndical, cela existe !
Nous attendrions une réponse plus musclée, à moins que les penseurs de la société libérale aient réussi leur mission de nous transformer en moutons bêlants.
Nos parents, nos grands-parents nous avaient pourtant laissé un modèle ... souvenez-vous de l’hiver 1960 ?
C’est tout un pays qui fut bloqué, face à l’arrogance d’une loi unique, appelée la « loi inique » qui voulait déjà instaurer l’austérité.
C’est tout un gouvernement qui fut obligé de faire marche arrière : l’humain a toujours ses droits, même si certains se plaisent à lui redire ses devoirs !
C’est tout un peuple qui s’imposait face aux diktats de la finance !
Cette révolution ne fut pas d’abord syndicale. Elle fut l’œuvre de tout un peuple, qui, sous l’habit de la révolution, rendait sa dignité aux travailleurs.
Et si le combat de l’époque était celui d’aujourd’hui ?
Et si nous adaptions nos moyens de nous défendre et de nous protéger ?
Victimes du libéralisme économique, unissez-vous !

Guy De Smet (10 octobre 2017)


-54- VISCA CATALUNYA LLIOURE !

« Vive la Catalogne libre », c’est là bien l’expression qui me vient à l’esprit après les événements qui ont sali l’espérance d’un peuple ... au XXIème siècle, ce dimanche !
Les autorités régionales catalanes avaient décidé de donner la voix au peuple pour un référendum.
Celui-ci devait faire écho à un souhait de la population, rassemblée en masse dans les rues et les villages de cette belle région ... et ce, depuis bien longtemps !
Fallait-il rester attaché au Royaume d’Espagne ou fallait-il se lancer dans l’aventure d’une république libre ?
Après des siècles de luttes, de désenchantements et d’humiliations, le peuple catalan avait décidé se choisir son avenir.
La région est prospère et elle vit, au quotidien, l’impression d’être abandonnée par l’État espagnol.
Sa richesse semble se diluer dans la dette d’un pays, noyé, comme le reste de l’Europe, dans un assassinat financier.
« Ça suffit », répond le peuple, voyant dans son autonomie, un moyen pour construire son avenir.
Nous avons pu assister, tout au long de ce week-end, à des scènes dignes des grands moments de résistance dont une nation est capable : des écoles occupées, afin de permettre le scrutin, des manifestations de masse à quelques encablures des attentats qui ont endeuillé la région, des couleurs or et rouge qui scintillaient sous le soleil catalan.
En même temps, un débat démocratique aurait pu s’installer, permettant aux opposants à l’indépendance d’exprimer, eux aussi leur opinion.
Un referendum qui aurait pu être un grand moment de démocratie !

C’était sans compter sur la force et la brutalité de l’Espagne, soutenue par les peurs indépendantistes de l’Europe.
La Justice espagnole avait décrété que ce scrutin populaire était anticonstitutionnel.
Le premier ministre libéral avait envoyé sa police avec tout son arsenal de force, d’armes et de personnel.
La police, répondant aux ordres de Madrid, n’a pas hésité à charger la foule, à tirer dans des manifestants, chantant pacifiquement leur hymne national.
Hier, c’étaient des terroristes qui assassinaient la liberté à Barcelone, aujourd’hui, c’est la police d’un État musclé qui tire sur la foule !
Des victimes sont tombées !
Du sang a coulé, semant à jamais de la graine de martyrs dans le sol catalan !
Et si c’était le pas de trop ?
Jamais, la force n’a fait taire la voix de la liberté, au contraire !
Jamais, la voix d’un peuple n’a été muselée par l’utilisation de l’intimidation et par le crépitement des armes !
Jamais, les revendications des hommes et des femmes libres n’ont pu être détruites par la répression et par la puissance d’une autorité autiste.
Au contraire, l’Histoire est là pour en témoigner, l’utilisation de la violence a toujours été une aiguillon pour stimuler l’avènement de la liberté.
Que les petits Franco en puissance se le disent !

Je ne sais pas si la Catalogne doit être indépendante.
Je ne sais pas si une Constitution sert à museler la voix d’un peuple.
Je ne sais pas si les exigences de l’économie et de la finance ont le droit d’utiliser la violence contre une population qui subit ses effets pervers, au quotidien.
Ce qui est certain, c’est que la voix du peuple est souveraine !
Ce qui est certain, après ce « coup d’État » de l’Espagne, c’est que les minorités régionales européennes se sentent plus que jamais proches du sort et des aspirations légitimes de la Catalogne.
Le Premier Ministre espagnol, au nom imprononçable, a eu tort d’utiliser la force et, tel Don Quichotte se battant contre des moulins à vent, de s’opposer aux revendications d’une région qui voulait se faire entendre.
Le dialogue n’a pas été inventé pour les chiens !
Aujourd’hui, il a du sang sur les mains et il n’est plus à la hauteur - l’a-t-il déjà été ? – pour diriger une grande nation fière comme l’Espagne.
Son attitude dictatoriale et sanguinaire ne lui donne plus aucune légitimité pour diriger une nation européenne.
Sa place est de subir le sort de tous les dictateurs qui, comme Franco, n’ont eu qu’à sombrer dans les oubliettes de la honte de l’Histoire.
Ce qui est certain, c’est que la violence n’aura jamais le dernier mot !

Mais, il n’y a pas que lui qui, dans cette aventure, vient de perdre sa raison d’être.
Les autorités européennes n’ont cessé de soutenir l’action du premier ministre espagnol.
Elles n’ont cessé d’être sourdes aux revendications économiques et sociales de la Catalogne, comme elles le sont face aux revendications de toutes les régions qui se sentent loin de tous pouvoirs.
Savoir que la situation économique est prospère n’a, pour l’Europe, un intérêt que si cela permet de profiter à la dette espagnole, sucrerie favorite des milieux économiques et financiers, dont le FMI et la banque centrale européenne sont de puissants manipulateurs.
Les conditions de vie de la population que cela entraîne sont les derniers de ses soucis !
Aujourd’hui, en ne prenant pas distance face aux actes et aux décisions de Madrid, Juncker et sa clique d’euro-optimistes ont du sang sur les mains, eux aussi.
Pour peu qu’ils en aient jamais eu, ils n’ont plus aucune légitimité.
Au lendemain de la forfaiture espagnole, des dirigeants européens condamnent du bout des lèvres ; d’autres, parlant pour ne rien dire, évoquent l’urgence de solutions politiques ...
Un peu tard, le mal est fait et les cicatrices resteront béantes pour des siècles !
Ce qui est embarrassant pour l’Europe, c’est qu’hier, dimanche 1 octobre 2017, toutes les minorités européennes étaient au balcon.
Pas sûr, cependant, que cela ne la pousse vers une réflexion dont elle est incapable !
Depuis longtemps, des régions européennes rêvent d’un Brexit à leur dimension. Elles veulent prendre leurs distances face à un pouvoir qui est bien trop éloigné de leurs préoccupations journalières et qu’elles ressentent comme une oppression économique et sociale.
Demandez aux pêcheurs bretons qui ont vu leurs flottes de pêche anéanties au nom de quotas imbéciles.
Demandez aux producteurs de camembert normand qui voient leur fierté fromagère noyée dans des laits qui ne proviennent même plus de leur région : la loi du marché imposée par l’Europe en a décidé ainsi !
Demandez aux sidérurgistes lorrains ou liégeois quoi n’ont pu compter sur aucun soutien européen lors des crises d’appétit d’ArcelorMittal et d’autres monstres économiques.
Demandez aux Flamands, aux Corses, aux Alsaciens, aux Bretons et à tant d’autres régions européennes qui se sentent étouffer dans les carcans de décisions qui les dépassent.
Ils savent aujourd’hui que l’Europe qui, hier se battait pour son indépendance, enverra la force de ses armes pour s’opposer à toute velléité de liberté, dont la finance ne veut pas.

Citoyens, levons-nous pour défendre le drapeau de notre indépendance et de notre liberté.
Citoyens, devenons tous « catalans » : il y va de notre fierté et de notre dignité face à des mastodontes politiques et financiers qui cherchent à nous réduire en esclavage.
Citoyens, battons-nous pour une Europe aux couleurs de la différence régionale et luttons contre l’impérialisme de l’argent qui ne voient dans nos avenirs que des citrons à pressez !
Vivent toutes les Catalognes libres !

Guy De Smet (2 octobre 2017)