PAROISSE NOTRE-DAME DE L'ASSOMPTION

QUINZIÈME DIMANCHE ORDINAIRE

(16 juillet)

- Abbé Guy De Smet -

« Le semeur est sorti pour semer … »
Un temps de moisson, un temps d’Espérance pour l’Église et pour le monde de ce temps … pour vous et pour moi, en quête de Bonne Nouvelle …

« Le semeur est sorti pour semer » …
Ce semeur, c’est Dieu, Le Père dont Jésus nous a longuement parlé, qui vient à la rencontre de l’homme avec le désir de le combler d’Espérance et de vie …
Cette semence, qu’offre Dieu à la terre, c’est celle de sa Parole, une Parole dans laquelle il est question d’aimer, il est question d’alliance, il est question de l’Espérance d’un souffle neuf pour animer les quotidiens. Une Parole qui s’est faite personne, en Jésus.
« Le semeur est sorti pour semer » et c'est toute la logique de l’œuvre de création, qui vient illuminer nos projets, nos choix, nos attentes d’un monde meilleur. 
Toute l’Histoire sainte du Peuple de Dieu est construite sur cette idée d’une semence, qui ne demande qu’à porter du fruit. Que d’heures de joie et de consolation, mais aussi, que d’heures de déception … qui ont dû être les heures de Dieu !
Et pourtant Dieu continue imperturbablement à oser sa tâche d’ensemencer, sûr de ce qu’Il nous dit par son prophète : « la pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, ainsi ma parole, qui sort de ma bouche ne me reviendra pas sans avoir accompli sa mission ».
Dieu ose, contre vents et marées, nous confier sa Bonne Nouvelle, pour en faire le ciment d’une création nouvelle ! Quelle confiance et quelle audace !

Pourtant, même si Dieu est Dieu Il doit se faire au Mystère de la terre, qui est le mystère du cœur de chacun.
Il y a en chacun de nous, en chacune de nos communautés, différents terrains susceptibles d’accueillir ou de rejeter la Parole.
Il y a le terrain du bord du chemin, quand la Parole est d’office contredite par les bruits du monde et les choix plus alléchants d’une société qui sait éblouir.
Il y a le sol pierreux qui fait de nous les hommes et les femmes d’un moment. On est bien conscient que la Parole de Dieu pourrait être la chance d’une vie nouvelle, mais rien dans le vécu du moment ne nous aide à l’enraciner dans notre cœur. Et Dieu n’aura qu’à recommencer !
Il y a les ronces, qui étouffent la moindre bonne volonté d’humanité et d’amour et qui nous habite si souvent.
Certes la Parole de Dieu est belle, elle nous enchante le temps d’une célébration, d’une fête, d’un temps fort, mais bien vite les soucis quotidiens effacent tous les effets et tout reste à recommencer.
Et puis, quand même, il y la bonne terre, cette part la meilleure du cœur de l’homme, qui ose témoigner de l’amour de Dieu au grand jour.
Comme ils font du bien, ces Chrétiens qui par leur seule présence, nous donnent envie de Dieu, d’entendre sa Parole et d’en devenir des instruments. Mais comme ils sont rares et précieux !
Ces différents terrains cohabitent en nous, et autour de nous, au gré de notre vécu, au gré de nos humeurs, de nos fatigues, de nos déceptions, ou de nos enthousiasmes.
Face à cela, Dieu se fait mendiant, au gré de sa prodigalité et de sa bonté sans limite. Il y jette sa semence, osant espérer ne fusse qu’un témoin qui donne envie de son amour et qui d’abord y réponde.
Mystère de la Patience de Dieu et de la grandeur de son cœur de Père, qui ose croire en ses enfants !

Ces quatre terrains sont aussi ceux que rencontre la mission d’évangélisation, mission première de toute communauté chrétienne.
Le terrain de l’opposition à tout ce qui pourrait être une Parole ex-cathedra qui limiterait notre liberté. La religion est alors opium, secte, fanatisme et surtout à rejeter aux oubliettes d’un obscurantisme dépassé.
Le terrain de l’indifférence et de l’ignorance qui fait que toute cette Parole de Dieu est bien loin des soucis de tous les jours : on n’a pas le temps … désastre de tant de familles d’aujourd’hui, qui courent après le temps, sans jamais le rattraper.
Le terrain des soucis qui étouffent, des déceptions face aux chrétiens et face à Dieu, des contre témoignages qui empêchent la joie de l’Évangile de trouver un lieu de crédibilité.
Le bon terrain, enfin, qui porte du fruit, et qui se dessine en tant et tant de petits lieux qui donnent envie de s’arrêter et d’écouter une autre musique, pourquoi pas celle de Dieu ?
C’est face à tant de diversités, que Dieu ne cesse de proposer de nous prendre par la main et de nous indiquer la voie du bonheur qu’il a envie de créer avec nous autour de la réalité d’aimer.

Guidés par la grisaille et par la monotonie de nos jours et par les interrogations que suscite notre monde en crise, nous pourrions croire que ce rêve de Dieu, cet ensemencement de nos terres n’est qu’un vieux rêve, qui ne nous préoccupera que plus tard.
Pourtant des signes sont déjà présents et ils nous crient la Bonne Nouvelle de Dieu.
Il y a l’engagement de ces hommes et de ces femmes de bonne volonté qui sur tous les chantiers de guerres, des conflits et des violences sont comme autant de gouttes d’eau qui s’en viennent abreuver le cœur asséché de l’homme.
Un autre signe, il nous faut le trouver auprès de tous ces bénévoles qui, en toute discrétion, vivent la solidarité avec les paumés de nos sociétés performantes, dans tant d’associations et de groupement dont le souci premier est de relever l’homme écrasé par la haine et l’injustice.
Ils ne sont pas les Héraults de loi anti-mendicité, comme peuvent l’être les lâches qui se ferment les yeux sur les pourquoi. Ils sont les Héraults d’un cœur qui a entendu : « aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ».
Un autre signe encore, il me plait de le chercher auprès de ces familles dans lesquelles se vit le souci de l’autre, loin des impératifs et des modes d’une société de consommation. On y prend le temps d’un repas, loin de la télévision. On prend le temps d’activités dans lesquelles petits et grands peuvent s’épanouir. On prend le temps du dialogue, de l’écoute et de l’encouragement …
Oui, frères et sœurs, Dieu est à l’œuvre aujourd’hui, à nous de savoir le reconnaître sur nos pas de tous les jours.

Choisir d'ouvrir ses mains.
Choisir de suivre ses rêves.
Choisir de rire et d'aimer.
En toutes circonstances,
Seigneur, tu nous appelles
à choisir la vie.
Car tu n'es pas le Dieu
des morts
mais celui des vivants !
Ta joie, c'est notre bonheur,
ta gloire, c'est l'homme debout.
Apprends-nous
à écouter ta voix,
à marcher dans tes chemins
et à garder
tes commandements.
Alors, nous connaîtrons la vie !

Amen

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