PAROISSE NOTRE-DAME DE L'ASSOMPTION

DEUXIÈME DIMANCHE DE PÂQUES

(23 avril)

- Abbé Guy De Smet -

« La Paix soit avec vous ! »
Un souhait aux disciples du premier soir, un souhait à vous et à moi, venus ici pour célébrer l’Eucharistie.

Cette paix n'est plus le quotidien des disciples.
Ils vivent verrouillés dans leurs peurs et dans leurs questions sans réponses … un peu comme tant d'hommes et de femmes, de Chrétiens même, aujourd'hui.
Et c'est là que Jésus ressuscité se manifeste. Il les rejoint, au-delà des portes fermées, leur ouvrant celle de la joie.
Oui, ils avaient eu raison de le suivre.
Oui, il était vivant et il était bien là au milieu d'eux.
Oui, la mort et la haine n'avaient pas eu le dernier mot.
La paix s'installe dans leur cœur suite à cette rencontre inespérée … et de cette paix pourra naître une mission, celle de la miséricorde, celle du pardon. Une mission impossible pour l'homme, mais que Dieu vient vivre avec lui : « Recevez le Saint Esprit ».
C'est cette même paix que le Ressuscité vient offrir à nos communautés chrétiennes rassemblées, le premier jour de la semaine.
À nos messes, frères et sœurs, nous sommes venus avec nos peurs, avec nos questions face à la vie, face à l'avenir, avec nos angoisses face à ce terrorisme qui ne cesse de défigurer notre vivre ensemble.
Nous y sommes venus avec nos inerties et nos envies de monde meilleur.
Nous y sommes venus avec nos envies de mains tendues, mais aussi avec le poids de nos cœurs fermés … et tout cela se bouscule dans nos esprits verrouillés !
C'est pourtant là que le Ressuscité nous rejoint. Il se fait Parole d'espérance, il se fait cadeau de pardon, il se fait nourriture pour la route.
Il ne vient pas ouvrir un tiroir, à côté de ce qui fait notre quotidien. Non ! Il vient au cœur de ce que nous sommes pour nous y dire : « Je t'aime, j'ai besoin de toi ».
L’avons-nous vus, présent, dans la pièce de nos vies ?

De cette paix qu'offre le Ressuscité, c'est une communauté qui naît.
C'est la communauté idéale de la primitive Église.
Imaginez : « Tous ceux qui étaient devenus croyants vivaient ensemble et ils mettaient tout en commun ». « Ils louaient Dieu et ils trouvaient un bon accueil auprès de tout le peuple ».
De cette Paix du Ressuscité, c'est un style de vie, une manière d'être qui va surgir. L'Évangile va se traduire en actes et en paroles.
Il va engendrer de nouvelles relations entre les hommes, des relations aux couleurs du commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ».
Fini le chacun pour soi, place au partage et à la solidarité.
Finies la haine et la violence, place à la tendresse et au respect de l'autre.
Finis l'orgueil et la soif de puissance, place à l'imitation de l'humilité de Dieu.
Aujourd'hui encore une communauté peut naître de la paix offerte par le Ressuscité. Il suffit de laisser là nos routines et nos habitudes pour oser les pas de la nouveauté de l'Évangile.
Paix, quand des Chrétiens se réunissent pour se tourner ensemble vers un Dieu qui les attend et qui les aime … au point d'accepter de se recevoir de lui, de recevoir de lui la force d'aimer.
Paix quand des Chrétiens deviennent ce qu'ils reçoivent, "d'autres Christ", capables de tout donner, de se donner pour aimer.
Paix quand le pardon et l'acceptation de l'autre deviennent des balises de la vie, loin de toutes les rancunes et de toutes les étiquettes qui se collent si bien sur le dos de l'autre.
Cette paix, elle jaillit de la source de notre Baptême, celle qu'il nous faut laisser rejaillir en nous, pour qu'en sorte un torrent qui abreuve et qui fait du bien ?

Cette paix du Ressuscité, elle naît d'un regard de Dieu sur l'homme, que nous appellerons sa "Miséricorde".
Imaginez, si Dieu avait été rancunier !
Il a libéré son peuple d'Égypte, il lui a ouvert les portes d'une terre nouvelle, où coulent le lait et le miel.
Il a suscité des prophètes pour inviter à une vie meilleure, il n'a rencontré que mépris et rejet, au point de permettre l'Exil. Il n'a pu s'y résoudre et le peuple a retrouvé sa terre.
Il a envoyé son Fils pour révéler son visage de Père, il a reçu en réponse les clous de la croix. Il a pourtant offert son pardon : « Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font ».
Suite à ce pardon, des hommes et des femmes vont se mettre dans le sillage de Pierre et des autres pour devenir des témoins d'un monde nouveau habité par l'Amour. Pour le faire, ils pourront dire : "L'amour existe, je l'ai rencontré !"
Aujourd'hui encore, la Résurrection, si elle est avant tout le cadeau d'un Père à son Fils bien-aimé, elle est aussi le moment d'un autre regard de Dieu sur nous. Un regard qui va au-delà de nos rejets, de nos infidélités, mais qui nous appelle avec tendresse par notre prénom.
Dieu ne nous en veut pas ! Il nous prend tels que nous sommes. Il vient faire toutes choses nouvelles en nous. Il vient aimer avec nous.
L'aventure des grands témoins de notre Foi, si elle devenait la nôtre, celles d'artisans de paix et d'unité, là où nous passons ?
Où donc verra-t-on le Christ
sinon à travers des communautés rassemblées
pour célébrer sa mort et sa Résurrection
et la joie qui en jaillit pour le monde ?

Où donc entendra-t-on le Christ
sinon à travers des communautés
qui annoncent sa parole de libération
à travers des actes de pardon et de paix ?

Où donc brillera le visage du Christ
sinon à travers des communautés
vivant concrètement selon son Esprit
et pratiquant chaque jour son Évangile ?

Seigneur Jésus,
envoie-nous sur les chemins quotidiens !
Envoie-nous donner notre bienveillance,
accorder notre attention,
engager notre solidarité,
travailler pour la dignité,
prendre du temps pour la prière, et qu'ainsi
à travers notre existence menée selon l'Évangile,
apparaisse le Visage du Christ
pour nos frères de ce temps !

Amen


VEILLÉE PASCALE

(15 avril)

- Abbé Guy De Smet -

« Soyez sans crainte ! »
Paroles de réconfort, au lendemain des heures tragiques qui ont vu le désarroi et la peur des disciples accompagner Jésus vers la mort et le tombeau.
Paroles d’Espérance pour l’Église qui se réunit en cette nuit d’un monde dont nous connaissons les ténèbres.

Ces pauvres femmes ! Nous imaginons les images qui peuvent se bousculer dans leur tête !
C’est ce Jésus qu’elles ont suivi sur les routes de Palestine, où il n’a cessé de passer en faisant le bien.
Que de visages de malades, d’exclus qui se sont allumés, alors que le quotidien les avait éteints.
Que de foules qui sont reparties, le cœur regonflé, après avoir entendu ses mots d’Amour et d’Espérance.
Que de vies transformées ! Ils ont tout laissé là pour le suivre et pour devenir, à sa suite, des pêcheurs d’hommes.
Et puis, il y a eu cette montée vers Jérusalem et cette fête de la Pâque qui restera à jamais marquée dans leur mémoire.
Il y a eu l’entrée dans la ville sainte, un véritable triomphe …
Il y a eu ce repas de la Pâques avec ses amis dans la salle Haute … et ces paroles et ces gestes mystérieux …
Il y a eu cette veillée à Gethsémani, une veillée toute de ténèbres, au cours de laquelle trahison, reniement et arrestation deviendront les signes de la lâcheté dont les hommes sont capables …
Il y aura eu ce semblant de procès, ces accusations absurdes, ces coups et cette violence, jusqu’en haut du Golgotha …
Il y a eu l’ombre de cette croix, ce supplice du Juste, ces dernières paroles pleines d’amour : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».
Tout était fini. Le rêve était brisé … comment continuer le chemin désormais ?
Il restait à rendre hommage, à honorer ce tombeau du souvenir … « Qui leur roulera la lourde pierre, pour achever le travail de respect qui n’avait pu se faire ? »

« Vous cherchez Jésus le crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait ».
Ils sont finis les jours de la Passion !
Elle est terminée la haine plus forte que l’amour !
Il est derrière nous le spectre de la mort qui serait le dernier mot de la vie !
Jésus ressuscité … Il est Vivant … Il n’y a plus qu’à aller l’annoncer aux autres …
C’est ainsi que Pâques devient le début d’un grand témoignage qui dure jusqu’à aujourd’hui : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront ».

Cette nouveauté de Pâques, cette envie de témoigner, l’Église, en cette veillée pascale, nous l’indique à travers trois signes.
Et si nous les endossions, pour les signifier à ceux que nous rencontrerons ?

Il y a d’abord le signe d’une Parole.
C’est la Parole d’un Dieu qui aime et qui « vit que cela était bon ».
C’est la Parole d’un Dieu qui relève, l’homme qui ploie sous l’injustice, sous la haine, sous le racisme et sous les étiquettes.
C’est la Parole d’un Dieu qui chante la vie pour l’homme enfermé dans son moi-je, dans son égoïsme, dans ses replis et dans ses fermetures.
C’est la Parole d’un Dieu qui nous invite à aimer pour transfigurer le quotidien : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ».
Cette Parole de Dieu, si nous prenions le temps de la lire, d’en être curieux ? Elle se lit dans la Bible, mais aussi dans ce qui fait la vie du monde chaque jour.
Cette Parole de Dieu, elle se lit dans chacune de nos célébrations … et si nous l’écoutions, si nous l’emportions avec nous, pour la ruminer et pour lui faire une demeure dans nos quotidiens ?

La nouveauté de Pâques, elle se dit aussi à travers le signe de la lumière.
La lumière d’une présence, d’une solidarité face à ceux pour qui l’horizon n’est que ténèbres : ténèbres de la séparation, ténèbres de la solitude ou de la maladie, ténèbres de l’exclusion et du rejet.
La lumière d’une main tendue et d’un cœur ouvert vers l’enfant qui a peur de grandir, vers l’adulte qui a peur de mal vivre, vers le vieux qui a peur de l’inutilité.
La lumière d’une vérité qui se fait question, là où l’idéologie impose … qui se fait direction, là où les points de repères semblent embrouillés … qui se fait rebondissement, là où le mensonge et la tromperie se sont installés.
Une Lumière pour l’homme qui passe par notre regard, lui-même transfiguré par celui du Ressuscité … qui passe aussi par notre engagement pour que l’homme devienne plus homme et pour que Dieu puisse faire sa demeure chez nous.

La nouveauté de Pâques c’est encore le signe d’une eau, celle qui rafraîchit, celle qui lave et qui purifie … l’eau de notre Baptême.
C’est l’eau qui abreuve celui qui a soif de tendresse quand il rencontre quelqu’un qui prend un peu de temps et d’attention pour lui.
C’est l’eau qui purifie celui que le monde salit au nom de sa race, de sa réputation, au nom de ce qu’il est et de ce qu’il vit.
C’est l’eau qui se fait douceur face à la violence, face à la haine qui défigure tant de visages de nos contemporains et qui coule à travers nos mains, si nous acceptons de répondre à l’attente de Dieu.
C’est l’eau qui nous confère la dignité d’enfant de Dieu, depuis notre Baptême et qui nous propose d’en inonder ceux avec qui nous partageons le quotidien, en aimant … simplement.
Une eau qui ne nous étonne plus et qui pourtant pourrait changer tant de rapports entre les hommes !

La nouveauté de Pâques se fait enfin signe d’une table, celle de l’Eucharistie, celle où s’écrit notre véritable identité d’amis de Dieu et donc de frères des hommes.
C’est la table à laquelle nous apportons ce que nous sommes, sans masques et sans nécessité de paraître.
C’est la table à laquelle l’Absolu de l’Amour se laisse reconnaître. Il se fait Pain de Vie et Coupe du Don pour que l’homme puisse se nourrir d’un amour qui le fasse grandir.
C’est la table, d’où l’on repart avec la mission d’y convier d’autres, pour que eux aussi soient aimés du même amour et capables de semer l’amour à leur tour.
C’est la table de l’Eucharistie qui nous fait revêtir les habits d’un nouveau printemps pour le monde : « Sois sans crainte … va annoncer la Vie à tes frères … »

Pâques, frères et sœurs, ce n’est pas qu’une date au calendrier ou un nom de vacances à supprimer.
Pâques, c’est une rencontre, celle de la Vie qui a besoin de nous pour devenir des artisans de bonheur pour tous.
Pâques, c’est un nouveau départ qui nous fait quitter les tombeaux fermés de nos habitudes et de nos idées toutes faites, pour oser les pas de la liberté de l’amour.
Pâques, c’est Jésus qui s’en vient être Bonne nouvelle au cœur de nos vies … si nous lui ouvrons nos portes et nos fenêtres.

Où donc verra-t-on le Christ
sinon à travers des communautés rassemblées
pour célébrer sa mort et sa Résurrection
et la joie qui en jaillit pour le monde ?

Où donc entendra-t-on le Christ
sinon à travers des communautés
qui annoncent sa parole de libération
à travers des actes de pardon et de paix ?

Où donc brillera le visage du Christ
sinon à travers des communautés
vivant concrètement selon son Esprit
et pratiquant chaque jour son Évangile ?

Seigneur Jésus,
envoie-nous sur les chemins quotidiens !
Envoie-nous donner notre bienveillance,
accorder notre attention,
engager notre solidarité,
travailler pour la dignité,
prendre du temps pour la prière, et qu'ainsi
à travers notre existence menée selon l'Évangile,
apparaisse le Visage du Christ
pour nos frères de ce temps !

À toutes et à tous, sainte fête de Pâques !

Amen


JEUDI SAINT

(13 avril)

- Abbé Guy De Smet -

« Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout ».
Ce soir du Jeudi-saint, c’est le soir d’un Amour, le soir d’une vie toute donnée … pour vous, pour moi, pour toute l’Église à laquelle nous nous unissons

Nous arrivons avec Jésus et ses disciples au terme d’une longue route.
Ils ont marché sur cette route des hommes pour y semer l’amour : un peu de tendresse pour cette femme adultère, pour cette samaritaine du bord du puits.
Un peu d’écoute pour Nicodème ou pour ce jeune homme riche en quête d’un sens pour guider leur existence.
Un peu de pardon pour Zachée et Marie-Madeleine, avides d’un nouveau départ dans l’existence.
Un peu d’attention pour ces enfants qui semblaient de trop, selon les adultes.
Un peu d’avenir pour les paralytiques, les aveugles, les rejetés qui ont eu le bonheur de croiser Jésus dans leurs épreuves.
Jésus et ses disciples ont aussi cheminé sur les routes des hommes pour y rencontrer l’incompréhension et les rejets : ce sont ces scribes et ces Pharisiens qui voient en Jésus un danger pour leur autorité … comment peut-on parler d’amour alors que pour eux tout est loi, règlements, dogmes ?
Ce sont ces foules versatiles qui acclamaient hier ce qu’elles rejettent aujourd’hui.
Ce sont ces trahisons et ces reniements des déçus, qui trouveront en Pierre et en Judas, des porte- paroles impressionnants.
Ils cheminent sur la route des hommes et ils se souviennent de l’amour de Dieu pour son Peuple : c’est la Pâque ! C’est pour cela qu’ils sont réunis à Jérusalem.

Et au terme de cette lente montée vers Jérusalem, nous rejoignons Jésus et ses amis dans la chambre haute.
Finis les grands discours et les belles déclarations !
C’est désormais l’heure des gestes forts et de quelques paroles qui en disent long !
Tout d’abord, Jésus se met à genoux devant ses disciples et il leur lave les pieds.
Geste scandaleux réservé aux serviteurs et aux derniers des esclaves.
Geste de Jésus pour dire la vérité de ce qu’il est : un serviteur amoureux de l’homme qu’il n’a cessé de vouloir relever, un esclave de l’homme !
« Vous m’appelez « Maître » et « Seigneur », et vous avez raison, car vraiment je le suis » … et il est là, à genoux, devant l’homme qu’il est venu aimer et guider vers l’avenir.
Humilité de Dieu, qui jusqu’au bout se fera mendiant de la réponse de l’homme !
Ce premier geste sera suivi par deux autres, tout aussi impressionnants.
Il prend un peu de pain : « Ceci est mon Corps, qui est pour vous ».
Il prend un peu de vin : « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ».
Corps ! Sang ! C’est Jésus qui se donne tout entier.
Il se livre, comme il sera livré dès demain sur la croix.
Il se donne pour que sa vie coule en nous, pour que l’amour coule dans nos veines et vivifie nos cœurs.
Humilité d’un Dieu, qui va jusqu’à se donner pour que l’homme vive, pour que l’homme aime !
Humilité d’un Dieu, dont nous sommes les témoins, à chaque Eucharistie.

« Faites cela en mémoire de moi ».
Des gestes et des paroles pour aujourd’hui.
Des gestes et des paroles qui nous concernent maintenant et ici !
« Vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres », dira Jésus.
Notre monde est dur et violent.
La Syrie croule sous la haine et sous l’indifférence des nations qui n’y voient qu’un jeu pour y affirmer leur pouvoir.
Des migrants boutent le feu à un camp, exaspérés par cette indifférence des pays riches qui ne veulent pas d’eux.
Une crise économique sans nom s’abat sur nos pays, créant une misère sans nom, véritable honte pour nos pays développés, enfermés dans leurs égoïsmes.
Nos familles sont secouées, l’homme est bafoué, l’anonymat et le chacun pour soi habillent nos quotidiens.
L’orgueil, les masques, les faux-semblants habitent tant de nos manières d’être …
Et, face à tout cela, Jésus nous dit : « aime ».
Mets-toi à genoux devant ton frère et lave lui les pieds, deviens son serviteur, deviens serviteur de l’amour et de la tendresse.
Mets-toi à genoux devant ton frère et respecte-le.
Mets-toi à genoux devant ton frère et ose avec lui la fraternité, la tolérance et le partage.
Mets-toi à genoux devant ton frère et ne le juge pas, ne le condamne pas … aime, c’est tout ! De là coulera le bonheur d’un nouveau printemps sur ta vie.

Comme au soir du premier Jeudi-saint, chaque jour, si nous le voulons, chaque dimanche, Jésus nous redit : « Ceci est mon Corps, ceci est mon sang, livrés pour vous ».
Jésus vient se donner en nourriture, pour que nous osions devenir comme lui, d’autres Christ, capables d’aimer et de se donner jusqu’au bout.
Jésus vient se donner en nourriture pour dépasser nos peurs, nos hontes, nos crises et devenir des reflets de sa lumière pour tant d’hommes enfermés dans des ténèbres … parfois simplement à côté de chez nous.
Jésus vient se donner en nourriture pour que nous devenions des signes visibles d’une solidarité et d’un partage qui offrent un avenir à l’homme mon frère … des signes visibles d’un amour qui ne demande qu’à se communiquer et à devenir contagieux.
Trop souvent, nous abordons l’Eucharistie, la messe comme de vieux habitués que plus rien n’étonne … or, n’est-ce pas étonnant que Dieu, en Jésus, ne cesse de nous attendre pour nous redire qu’il nous aime ?
Trop souvent, nous rejetons ces rendez-vous que Dieu nous fixe, parce que nous n’avons pas le temps, parce que nous n’avons pas envie, parce que nous semblons y perdre notre temps.
Trop souvent, nous faisons de nos Eucharisties un bon de commande pour que Dieu réponde à nos besoins : tel défunt, telle opération, tel problème de santé, tel examen … et dire que lui veut simplement s’asseoir à côté de nous, comme ont envie de le faire deux amoureux, qui repartiront plus forts de leur rencontre.
L’Eucharistie est un trésor merveilleux fait d’accueil, de parole de vie, de pain partagé, de vie donnée et de l’attente d’une réponse, la nôtre, appelés à oser témoigner d’autant d’amour rencontré.

Seigneur,
tu as lavé les pieds des disciples,
et par ton geste de service et d’humilité
tu bouleverses notre idée de Dieu.
Avec Toi, plus de hiérarchie, plus de domination.
Tu nous demandes de ne plus nous imposer par la force.
Tu veux que nous soyons tendresse, relation, rencontre avec l’autre.
Tu nous montres le pardon possible pour tout homme.

Merci pour cet autre regard que tu nous proposes, ce soir.

Amen

Homélies des semaines précédentes